Guide technique sur le drainage routier
Guide technique sur le drainage routier
techniques
des routes
et autoroutes mars 2006
Guide technique
Drainage routier
Guide technique
Drainage routier
2 Drainage routier
Sommaire
Introduction
1- Notions générales sur le drainage 7
1.1 - Définition du drainage 8
1.2 - Critères à prendre en compte lors d’une étude de drainage 9
1.3 - Effets du drainage sur l’environnement 13
2 - Drainage dans un projet routier neuf 15
2.1 - Règles générales de dimensionnement 16
2.2 - Travaux de terrassements 20
2.3 - Plates-formes support de chaussée (PST + couche de forme) 24
2.4 - Chaussée 29
3 - Drainage d’une chaussée existante 33
3.1 - Type de désordres rencontrés sur chaussées 34
3.2 - Etablissement du diagnostic 36
3.3 - Définition des solutions de travaux 38
3.4 - Dimensionnement ou évaluation des débits à drainer au travers de la chaussée 38
4 - Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces dispositifs 39
4.1 - Ouvrages et dispositifs de drainage 41
4.2 - Prescriptions relatives aux matériaux 56
4.3 - Ouvrages annexes 63
5 - Exécution des travaux, application de l’assurance qualité, achèvement des travaux de drainage, 65
exploitation et entretien
5.1 - Exécution des travaux 66
5.2 - Application de l’assurance qualité 69
5.3 - Achèvement des travaux de drainage 71
5.4 - Exploitation et entretien 71
Annexes
1- Études hydrogéologiques particulières 73
2 - Amélioration des conditions hydriques des matériaux 75
3 - Évaluation des débits à drainer 77
3.1 - Au travers des sols support 77
3.2 - Au travers de la chaussée 79
4 - Éléments pour l’établissement du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) 83
5 - Bibliographie 87
6 - Abréviations et glossaire 89
3
4 Drainage routier
Introduction
L’eau est présente en plus ou moins
Ce guide est le premier document
grande quantité dans l’environnement de
méthodologique sur le drainage routier
la route, que ce soit dans les talus de
qui incite à la prise en compte
déblai ou de remblai, à l’intérieur
systématique des besoins de drainage
même de la chaussée ou dans les sols
dans les travaux routiers. Il propose des
sous-jacents ou contigus des
solutions en terme de type d’ouvrage,
accotements.
d’implantation, de dimensionnement et
Une chaussée bien drainée a un meilleur d’entretien pour les projets routiers
comportement mécanique sur un sol neufs, y compris les terrassements et
support dont la portance est également pour les chaussées existantes.
améliorée. La chaussée et la plate-forme
Ce document s’adresse aux maîtres
étant à une teneur en eau plus faible tout d’œuvre et d’ouvrage, aux
au long des cycles climatiques, il en gestionnaires, aux bureaux d’études et
résulte une augmentation sensible de la entreprises de travaux publics concernés
durée de vie de la chaussée, un plus par l’étude du drainage routier, sa
grand espacement des séquences réalisation et sa maintenance.
d’entretien et une protection efficace
contre les effets destructeurs des
phénomènes de gel - dégel.
Les termes « drainage » et «
assainissement » sont utilisés pour
traiter indifféremment de l’évacuation
des eaux de ruissellement ou de
l’élimination des eaux internes. Pour
éviter toute confusion dans la finalité et
la conception des dispositifs, les
fonctions spécifiques des systèmes de
drainage interne des chaussées sont
clairement différenciées de celles de
l’assainissement de surface, comme
indiqué au chapitre 1.
Intoduction 5
6 Drainage routier
Chapitre 1
8 Drainage
Schéma 1 : distinction entre les fonctions de drainage et d’assainissement routier
1 Drainage
Schéma 2 : drainage des sols support, couche de forme et chaussée.*
10 Drainage
Carte n° 1 : répartition de l’humidité en France. Carte réalisée à partir de l’étude Météo France [16].
Il est possible de calculer avec une plus grande précision la valeur des indices climatiques d’un
site particulier si l’on dispose de relevés météorologiques à proximité. Cependant, cet
accroissement de précision peut n’être qu’illusoire car le climat en un point donné subit des
fluctuations importantes et ne se reproduit pas à l’identique chaque année.
Carte n° 2 : variation de l’indice de gel* atmosphérique. Carte réalisée à partir de l’étude Météo France
12 Drainage
[16].
I ≥ 250 : régions marquées par de longs hivers avec des températures basses (gel). Le front de gel pénétre en
profondeur dans le sol, d’où des dégradations lors du dégel. 100 ≤ I ≤ 250 : régions marquées par des
fluctuations de température autour de 0° C. Certaines années les cycles gel - dégel peuvent affecter les matériaux
des couches d’assise. I < 100 : régions marquées par des hivers moyens. Les gels d’importance modérée n’ont
une incidence que sur certaines structures de chaussées souples légères.
14 Drainage
Matériaux composant les couches de chaussées
Ces matériaux voient en général leurs
performances mécaniques chuter en
présence d’eau. L’évolution est cependant
variable selon la technique retenue et la
manifestation des pathologies est également
en relation avec le type de technique de
chaussée.
On distinguera des techniques :
• favorables : ce sont des structures peu
influencées par la présence d’eau lorsqu’elles
sont correctement réalisées tels que les
couches en matériaux traités au liant
hydrocarboné ;
• défavorables : les matériaux traités aux liants
hydrauliques et les couches en béton ont des
besoins particuliers de drainage, en relation
avec la manifestation de fissures ;
• très défavorables : il s’agit des couches en
Graves Non Traitées (GNT) dont les
performances sont très dépendantes de la
teneur en eau.
16 Drainage
Notions générales sur le drainage
Chapitre 2
20 Drainage
• la difficulté dans l’appréciation de la
perméabilité des sols.
Pour toutes ces raisons, nous proposons :
•d’utiliser des drains de diamètre de 100 ou
150 mm pour tous les cas courants
(rabattement inférieur à 2 m et sols de
perméabilité inférieure ou égale à 1.10 -5
m/s) ;
•de déterminer le diamètre nécessaire à
l’issue d’une étude hydrogéologique
spécifique pour tous les autres cas. Cette
étude déterminera en particulier le
surdimensionnement à prendre en compte
pour le diamètre du drain (avec coefficient
multiplicateur pour les débits ≥ à 3).
FT : fissure
transversale PL :
fissure
Chaussée neuve ou
entretenue
22 Drainage
L’évaluation des débits aboutit à une
drains ou de dispositifs de drainage
fourchette de 400 à 6 000 l/h pour 100
équivalent de Ø 100 à 150 mm.
m/linéaire ; pour les chaussées neuves
et entretenues, on pourra se
contenter de
24 Drainage
Schéma n°6 : les trois principales causes provoquant un besoin de drainage en phase de travaux de
terrassement
26 Drainage
Adapté dans le cas de rabattement Nécessite des moyens en
de nappe située dans un contexte matériel et matériaux
Drainage vertical d’alternance de couches perméables spécifiques, devant être
par et peu perméables. prévus par avance.
pompage Convient surtout aux sols très Contraintes de chantier.
perméables où les débits sont élevés.
Adapté pour le rabattement de nappe Nécessite des moyens en
Drainage vertical dans des matériaux sableux et pouvant matériel spécifique,
par pointe présenter des phénomènes de devant être prévus par
filtrante boulance*. avance. Contraintes de
chantier.
Le tableau n°2 : dispositifs d’amélioration des états hydriques des sols (cas d’utilisation les plus
courants)
28 Drainage
Venues d’eau ponctuelles travaux par des constats contradictoires.
Dans les cas les plus courants d’arrivées Par ailleurs, lorsque les désordres qui
d’eau ponctuelles (sources, zone faillée), la pourraient se manifester sont sans
solution la plus fréquente est l’éperon danger ni pour l’ouvrage ni pour les
drainant. L’eau est évacuée vers un usagers et que les venues d’eau ne sont
collecteur drainant en pied de talus relié à pas visibles au moment des travaux, une
un exutoire. solution pragmatique consiste également
à effectuer le minimum de travaux, à
Lorsque l’on est confronté à certains savoir un simple réglage, sur les talus et
matériaux rocheux où les écoulements de laisser passer un premier hiver.
empruntent des cheminements préférentiels,
par exemple les calcaires avec leurs réseaux Ceci permettra de localiser avec
« karstiques », ces cas particuliers appellent précision les venues d’eau (eau gelée,
des solutions spécifiques (fossés, collecteurs, débits plus importants, apparitions des
puits) qui ne sont pas traitées dans ce guide. premiers désordres), puis d’effectuer les
travaux de drainage.
Venues d’eau ponctuelles non prévisibles
L’étude géotechnique ne permet pas
toujours de localiser toutes les venues
d’eau ponctuelles. Dans les cas les plus
simples, l’implantation et le
dimensionnement définitif des ouvrages de Schéma n° 7 : interception de la nappe,
drainage pourra se faire au cours des travaux étanchéité latérale et stabilisation des talus de
de terrassement. Le marché prévoira une déblais par écran étanches ou soutènement
quantité estimative, précisée en cours de étanches
(1) Les nappes varient le plus souvent avec les saisons, les « hautes eaux » se situant le plus souvent en hiver-printemps, les «
basses eaux » en été et début automne.
Transition déblai-remblai
Cette zone fait l’objet d’une
2 La zone de transition constituée de substitution par des matériaux
matériaux altérés souvent perméables drainants associés à des drains en
favorise l’infiltration d’eau et la formation fond de fouille, reliés à un
d’un piège à eau. exutoire.
Résurgences en surface
L’étude géotechnique doit recenser les
apparitions ou les résurgences d’eau à Ces zones sont assainies au moyen
3
flanc de versant. Ces zones se de couche drainante et d’un drain
retrouvant sous le remblai sont à relié à un exutoire.
l’origine
d’infiltrations lentes et continues, pouvant
« saper » la base du remblai.
Il suffit d’intercepter les remontées
Zone de nappe affleurante d’eau par le biais d’une couche
Les remblais en matériaux fins tels que drainante dont l’épaisseur sera
des limons ou des cendres volantes, supérieure aux tassements estimés
4 peuvent favoriser des remontées d’eau et sera d’au minimum 1 mètre.
capillaire dans le corps de remblai
Les zones humides peuvent
lorsque également faire l’objet d’une
le sol support de remblai se situe dans une opération de drainage afin
zone compressible ou de nappe d’évacuer l’eau du sol support et
affleurante. Ce phénomène est d’autant améliorer la portance par des
plus important que le matériau utilisé est tranchées / écrans drainants ou des
constitué de sols fins à l’état sec. fossés profonds.
Points bas du profil en long
Les points bas du profil en long font Réalisation d’épis drainants
5
30 Drainage
l’objet d’un drainage classique pour reliés à un exutoire.
éviter l’accumulation d’eau dans le cas
de matériaux sensibles à l’eau.
Si le matériau constituant le
Les obstacles et les points durs tels
remblai technique est insensible à
que les ouvrages d’art et soutènements
6 l’eau le drainage s’effectuera
doivent être drainés pour éviter
gravitairement, dans le cas
l’accumulation d’eau au contact avec le
contraire des solutions avec un
remblai, du côté amont de la pente.
géocomposite peuvent s’envisager.
Tableau n°3 : solutions de drainage pour les différents cas d’interception des venues d’eau en remblai
32 Drainage
Schéma n° 9 : définition des différents termes
Sol naturel
sensible à Très Très faible PST1 Drainage inutile
l’eau Etat h faible
Sol naturel Rabattement par PST3-AR1
sensible à Nappe fossés profonds,
l’eau Etat m intermittent bonne Faible PST2-AR1
tranchées etc.
e
34 Drainage
Tableau n° 4 : redimensionnement des PST - AR grâce aux dispositifs de drainage
(1)cf. § 2.3.2 : l’objectif étant d’éviter l’humidification du sol support de la chaussée, ce sera le domaine
préférentiel des écrans drainants en rive de chaussée (EDRC). A noter que les dispositifs de drainage en base de
couche de forme (dans le cas des couches de forme en matériau très perméable) tels que les drains, couches
drainantes, même s’ils sont indispensables, ne peuvent garantir l’absence d’infiltrations.
(2)le drainage demeure nécessaire pour diminuer la sensibilité au gel de la structure et pour améliorer les conditions de
terrassement.
36 Drainage
Traitement des points singuliers du profil en long
L’arase des terrassements ou la PST
doivent faire l’objet de drainage dans les
cas suivants du profil en long : points
bas, zones de transition déblai-remblai
et pentes importantes.
•Les points bas : ils seront
systématiquement drainés par un
dispositif de type épi drainant ;
•la zone de transition déblai-remblai :
elle est traitée spécifiquement et de
manière quasi systématique. L’objectif
est de réaliser une purge des matériaux
de surface et de drainer les arrivées
d’eau éventuelles provenant du déblai Schéma n° 13 : exemple d’utilisation d’une couche drainante
(cf. schémas n° 13 et 14) ;
• les zones de forte pente (≥ 5 %) et de
surcroît sur un linéaire important (≥ 500
mètres) favorisent la collecte d’eau et
leur mise en charge éventuelle au niveau
des couches en matériau granulaire (PST
ou couche de forme). La solution
permettant d’éviter ce cas de figure est
de capter l’eau régulièrement par des
épis drainants. (cf. schéma n° 15)
38 Drainage
Schéma n° 18 : en remblai. Schéma n° 20 : calage des exutoires
40 Drainage
Couche de
Exigences de drainage Dispositifs de drainage
chaussée
possible
Matériau Pas d’exigence de
x drainage stricto sensu
bitumineu (sauf enrobés drainants)
x mais rôle de protection
des couches sous-
jacentes à assurer par :
•entretien du
revêtement, imper-
méabilisation… ;
•contrôle du
compactage des
joints, du collage
des couches.
Matériau •évacuation des •en entretien : imperméabilisation du revêtement de surface ;
traité eaux infiltrées dans •en prévention : préfissuration des couches traitées aux liants
aux les fissures. hydrauliques ;
liants s •solution 1 : drainage latéral sur la hauteur de la couche en
hydrauliq rive de chaussée côté accotement ou côté terre-plein central
ue (selon la pente du profil en travers), par des tranchées ou des
écrans drainants
•solution 2 : drainage latéral par les accotements ou le terre-plein
central (selon la pente du profil en travers), constitués en matériau
drainant et une évacuation des eaux vers un exutoire par des
drains.
Béton •évacuation des •en prévention : étanchéification des fissures par des joints en
eaux infiltrées dans produit imperméable (joint d’arrêt, de fin de journée, joint
les fissures. longitudinaux et transversaux, contacts entre la dalle et le terre
plein central, la bande d’arrêt d’urgence ou l’accotement) ;
•réalisation d’une couche drainante sous la structure béton ;
•pour les structures en béton armé, association d’un drainage
latéral par :
- solution 1 : des ouvrages longitudinaux tels tranchée ou écran
drainant ;
- solution 2 : des accotements en matériau drainant et une
évacuation des eaux vers un exutoire par des drains.
42 Drainage
2.4.2 - Dispositifs de drainage des Îlot séparateur, îlot directionnel et îlot obstacle
points singuliers Selon la pente de la plate-forme support,
un ou deux drains (obstrués en amont)
Accotement et Bande d’Arrêt d’Urgence (BAU) seront posés en limite de chaussée sous
l’îlot et raccordés en fin d’ouvrage par
L’eau infiltrée sous accotement ou Bande une demi-traversée vers un système
d’Arrêt d’Urgence (BAU), doit s’évacuer collecteur en rive de chaussée. Ces
soit par un drain au point bas du profil drains devront être résistants pour ne
en travers soit par un fossé profond pas s’écraser lors de la mise en œuvre
latéral lorsqu’il y a continuité de la des matériaux constituants l’îlot.
structure sous BAU jusqu’au fossé.
Giratoire
Terre-plein central
Les règles de sécurité y excluent les
Pour permettre l’implantation des fossés latéraux au profit des dispositifs
supports pour glissières, des supports enterrés.
pour l’éclairage, des systèmes de
collecte des eaux de ruissellement,
l’ouvrage de drainage pourra être décalé
de l’axe du terre-plein central.
Le système de drainage doit amener les
eaux collectées, soit au passage
déblai/remblai vers une demi-traversée,
soit à l’amont d’un ouvrage de type
passage inférieur (portique, cadre ou
buse métallique) vers une demi-
traversée également.
Dans tous les cas, le drain doit être assez
profond pour supporter sans dommage
la circulation de chantier (cf. chapitre
4.3.1, les caractéristiques des
traversées). Il devra être positionné de
façon à pouvoir collecter les eaux
circulant au dessus d’un niveau peu
perméable (la plate-forme support de
chaussée généralement).
Dans le cas des chaussées avec inversion
de dévers, les eaux ont tendance à se
concentrer dans le terre-plein central. Il
faut prévoir un drain enterré disposé au-
dessus du collecteur (cf. schéma n° 22).
44 Drainage
Drainage dans un projet routier neuf
Chapitre 3
34 Drainage
Photo n° 3 : exemple d’orniérage d’une Photo n° 4 : développement de l’érosion autour
chaussée souple causé par l’assise non traitée d’une fissure dans des graves hydrauliques de
et le sol support (photo Sétra) structures renforcées, R.N. 59 à St Dié
(photo J.L. BIETH, CETE de l’EST - LRPC
Strasbourg)
36 Drainage
Photo n° 5 : exemple de dégradation dans Photo n° 6 : les résurgences depuis les îlots
une chaussée en béton (photo Sétra) centraux (photo CETE Normandie-Centre, LRPC
Blois)
38 Drainage
Tableau n° 6 : exemple de synthèse de notes sur un itinéraire (note 0 = absence de problème, note 2 =
problème important).
Interprétation du tableau
Étanchéité du revêtement, r
r = 0 : couche de roulement en enrobés
bitumineux en bon état (compacité de
l’enrobé > 93 % pour 95 % des
mesures) ;
r = 1 : couche de roulement en enrobés
de compacité insuffisante ou constituée
par un enduit superficiel en bon état ;
r = 2 : couche de roulement
relativement perméable
>10-7 m/s et comportant des fissures non
étanchées.
Assainissement superficiel, a
a = 0 : assainissement superficiel
entretenu et efficace (fossés en bon état,
accotements imperméabilisés ou très bon
ruissellement sur les accotements vers
les fossés...), contexte topographique
favorable au ruissellement (route en
remblai de hauteur > 1m). Le profil en
long permet un écoulement satisfaisant
des eaux de ruissellement ; a = 1 :
assainissement superficiel peu efficace,
écoulement des eaux de ruissellement
moyen (présence de végétation dans les
fossés), fil d’eau en rive de chaussée bien
que les accotements soient dérasés,
accotements végétalisés perméables. La
route (ou la section considérée) est en
40 Drainage
circulation d’eau, ni résurgence Sensibilité des matériaux d’assise de
permanente ou non ; h = 1 : possibilités chaussée, m m = 0 : BAC, Grave
d’alimentation en eaux internes par le bitume (base et fondation) ;
bassin versant latéral ; m = 1 : Graves hydrauliques, béton, structure
h = 2 : profil mixte avec alimentation en mixte ;
amont, zone de transition déblai - remblais, m = 2 : Graves non traitées.
forte puissance du bassin versant latéral
(alimentations en eau du corps de la Grille de décision
chaussée par des circulations dans les La note de synthèse s’établit par sections
fissures de la roche ou par des couches plus élémentaires d’au moins 100 mètres de
perméables dans le profil géotechnique long. Elle correspond à la Note de risque
naturel). La nappe varie dans une plage qui hydrique = r + a + h + d + s + m
recoupe la PST, voire la couche de forme et Cette note représente le risque dû à une
la fondation de la chaussée. combinaison de facteurs défavorables et
Drainage de la chaussée, d permet l’évaluation d’un itinéraire quel
d = 0 : un dispositif de drainage interne en que soit son état.
bon état existe. Sa position dans le profil en La note de risque varie entre 0 et 12 et
travers lui permet d’évacuer les circulations fait apparaître les zones sensibles à
d’eau dans la structure de chaussée et dans partir de l’échelle de risque suivante :
le sol support, plus particulièrement dans les •pas de risque d’évolution : 0 à 3
zones critiques ; •risque faible : 4 à 7
d = 1 : un dispositif de drainage existe, sa •risque important d’évolution : 8 à 12.
position dans le profil en travers est assez La mise en évidence des zones sensibles
satisfaisante, mais l’état d’entretien du selon la procédure décrite ci-dessus
réseau de drainage est tel qu’il n’est pas permet de définir les sections
d’une efficacité absolue ; d’intervention quand il y a convergence
d = 2 : pas de dispositif de drainage ou entre :
dispositif ne fonctionnant pas ou inadapté au •les zones avec notes de risque les plus
contexte local. élevées : note de risque élevée comprise
Sensibilité des sols support, s entre 8 et 12 ;
s = 0 : sol insensible à l’eau ou sols support •l’analyse de l’état structurel de la
traités (avec effet durable dans le temps) ; chaussée : déflexions dm > 200/100 mm,
s = 1 : sols supposés sensibles à l’eau, mais relevé de dégradations significatif de
ne manifestant pas de signe de sensibilité à désordres (battement de dalle,
l’eau ; remontées de boues, orniérage
s = 2 : sols sensibles à l’eau. longitudinal...).
S’il y a convergence entre une note de risque élevée et un mauvais état structurel de la chaussée,
c’est que les dégradations de la chaussée sont dues à l’eau ou aggravées par elle et que des
travaux de drainage sont justifiés.
S’il n’y a pas convergence, c’est que les dégradations sont d’un autre ordre (sous-dimensionnement
42 Drainage
est un objectif difficile et
•réfection de chaussées et/ou substitution des sols ;
demandant un délai parfois
important. Dans certains
cas (sols très défavorables)
le drainage n’apportera
pas d’amélioration.
Sensibilité des Évacuation des eaux •réalisation de drains de rive de chaussée ;
matériaux de internes, protection des •imperméabilisation de la surface et des fissures, reprofilage,
chaussée (m) couches sous-jacentes par programmation de campagne d’entretien.
entretien et/ou réfection
de la couche de roulement
Tableau n° 7 : solutions et dispositifs en fonction des exigences de drainage
(1) dans le respect des règles de sécurité
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces dispositifs
40 Drainage
4.1 - Ouvrages et dispositifs de
drainage
41
42 Drainage
4.1.1 - Fossés profonds remplacer le fossé profond par un
système de drainage enterré
(tranchée drainante).
Objectif
Ce type de fossé, de profondeur
supérieure à 50 cm, remplit
essentiellement deux fonctions : il
recueille les eaux de ruissellement et
permet le rabattement de la nappe sous
certaines conditions.
Il est très utilisé en phase provisoire,
pendant les terrassements. Dans ce
dernier cas, il peut parfois faciliter les
opérations en diminuant les teneurs en
eau des sols à extraire (réutilisation plus
aisée et traficabilité améliorée), cf.
annexe 2.
La sensibilité du milieu récepteur pourra
parfois interdire ou limiter l’utilisation
de cette technique où les eaux de
ruissellement et de drainage interne
sont mêlées.
Schémas type
En ouvrage définitif : (cf. schéma
n°23)
Pour le drainage des couches de
chaussées et du sol support, l’efficacité
d’un fossé profond est tributaire de son
positionnement qui doit être le plus
proche possible de la chaussée (distance
de la rive de la chaussée de 1 à 2 m) en
association avec un accotement en
matériau drainant.
Pour le réseau routier national et compte
tenu des contraintes de sécurité routière,
il n’est pratiquement plus possible
d’utiliser le fossé profond en tant
qu’ouvrage de drainage définitif des eaux
internes de la chaussée. Les règles de
sécurité imposent le respect d’une zone
de sécurité d’un minimum de 7 mètres
pour les routes neuves
multifonctionnelles et 4 mètres pour
celles existantes. Même en cas de mise
en place de glissières de sécurité, une
zone de récupération d’une largeur de 2
mètres comprise entre le bord de la
voie de circulation et le droit de la
glissière doit être respectée [18] [19] et
[20].
En conséquence, dans le meilleur des cas
l’axe du fossé profond se situera à plus de
4 mètres de la chaussée, ce qui le rend
du fait de son éloignement quasiment
inefficace dans son rôle d’ouvrage de
drainage. Il est donc préférable de
En ouvrage provisoire pendant les terrassement excéder celle que l’on donne à ce
: matériau en talus de déblai.
(cf. schéma n°24)
Dans le cas où les sols sont sensibles à
Une variante possible consiste à réaliser les l’érosion, les talus peuvent être revêtus
déblais par demi plate-forme. On l’utilise en d’une couche stabilisatrice perméable :
pied de talus de remblai en terrain naturel. enrochements ou matériaux synthétiques
à base de géotextiles.
La pente longitudinale du fossé doit être
comprise entre 0,5 % et 2,5 % (attention aux En ouvrage de drainage provisoire de
problèmes de stagnation ou de ravinement). phase terrassement, le fossé profond
représente souvent la solution la moins
Le fil d’eau sera situé à 0,20 m au moins en
onéreuse et la plus simple à réaliser. Une
dessous de la couche de forme en rive ou 1m
variante peut consister en la réalisation
au-dessous de l’arase (pour la phase
des déblais par demi plate-forme ce qui
terrassement).
permet à une moitié du déblai de
Plus le fossé sera profond, plus il sera efficace bénéficier de conditions d’assainissement
plus avantageuses.
Mode d’exécution Le fossé doit descendre d’au moins 1
La plupart du temps, il est réalisé à la pelle mètre sous l’arase prévisionnelle des
mécanique. Les pentes latérales sont parfois terrassements pour drainer également la
trop raides : il faut contrôler la stabilité de la PST. L’évacuation des eaux en fond de
pente du talus du fossé (condition évidente fossé se fait soit de manière gravitaire
de son efficacité) ; celle-ci ne doit pas par le fil d’eau, soit par pompage en fond
de fossé, lorsque cela ne peut être évité.
42 Drainage
Pérennité et entretien Éléments nécessaires au dimensionnement
Se reporter au guide de « l’entretien • géométrie du projet (et en particulier
courant de l’assainis- sement routier les pentes de talus) ;
» [10]. •prise en compte de la sécurité ;
Dans la mesure où le respect des • nappe phréatique (profondeur,
conditions d’implan- tation énoncées variations saisonnières et annuelles, sens
précédement est maintenu, le fossé d’écoulement, perméabilité) et tous
profond remplira pleinement sa fonction. éléments nécessaires au calcul des
Le contrôle de son fonctionnement et son débits d’exhaure ;
entretien sont aisés sauf lorsque les • nature des sols : le tableau n° 14 de
pentes du talus du fossé sont trop raides l’annexe 2 indique l’aptitude au
ou lorsque de l’eau stagne au fond et que drainage des sols en fonction de leur
l’on n’a pas protégé les talus. classification.
L’entretien consiste habituellement à Points particuliers à examiner :
faucher une ou deux fois par an avec •stabilité de la pente des talus de déblai
possibilité au préalable de ramassage ou de fossé. cette évaluation nécessite
des déchets, à curer et à reconstituer le des éléments de mécanique des sols
profil tous les cinq à dix ans. (angle de frottement et cohésion des
A l’inverse, il peut jouer un rôle très sols) et des calculs de stabilité ;
défavorable et alimenter la chaussée ou • sensibilité aux ravinements et aux
la couche de forme en eau si sa turbulences (cas général des sols sableux
profondeur est insuffisante ou si son A1, B5, B6, D1, D2) cf. annexe 2 tableau
entretien n’est plus assuré, (lorsque le n° 14 ;
fossé est obstrué ou que le fil d’eau ne •sensibilité du milieu récepteur dans le
permet plus l’écoulement vers un cas où les eaux de ruissellement et de
exutoire). drainage interne sont mêlées.
44 Drainage
Schéma n° 25 : tranchées drainantes peu profondes Schéma n° 26 : tranchée drainante profonde
(1) L’utilisation de telles machines de rendement élevé puisqu’elles peuvent atteindre plus de 1 km de tranchée
par jour dans de bonnes conditions est cependant limité à des sols fins meubles, sans blocs et où la portance est
suffisante.
46 Drainage
Photo n° 8 et n° 9 : tranchée drainante mise en place à la trancheuse dans une plate- forme autoroutière
(photo CETE Nord-Picardie, LRPC Lille)
(1) Valeur moyenne, la fréquence réelle est à adapter en fonction des résultats de la visite annuelle
48 Drainage
4.1.3 - Saignées drainantes et épis d’eau vers la chaussée.
drainants
Objectif
La saignée drainante est à mettre en
place sous accotements dans des zones
d’accumulation d’eau (point bas). Son
objectif est l’évacuation des eaux qui
percolent au travers de la chaussée. Elle
doit toujours être associée à une couche
drainante ou à une couche de forme
drainante dont elle constitue l’exutoire
(vers un fossé ou une tranchée
drainante).
L’épi drainant est une variante de
saignée transversale implantée sous la
plate forme. Son rôle est habituel-
lement de récupérer les eaux en points
bas ou en points singuliers (par exemple
passage d’un déblai à un remblai). Elle
peut parfois aussi renforcer la couche
drainante (écrêtage de la nappe).
Schémas type
(cf. schémas n° 28, 29 et 30)
Ces dispositifs sont peu profonds
(habituellement 0,3 à 0,6 m) et leurs
largeurs peuvent être variables (0,3 à 1
m) ; ils sont réalisés en matériau
drainant, et contiennent ou non un drain
perforé permettant d’accélérer
l’évacuation de l’eau. Leurs coupes
transversales s’apparentent ainsi à celle
de la tranchée drainante peu profonde
(voir paragraphe précédent). En sol fin
colmatant, une enveloppe géotextile est
nécessaire.
Mode d’exécution
Peu profonds ils ne posent
habituellement pas de problème
particulier (réalisés à la pelle
mécanique). Il faut cependant veiller à la
régularité des pentes (surtout si la
longueur est importante, cas des épis
drainants).
Pérennité et entretien
Complètement recouverts, ces ouvrages
peuvent difficilement faire l’objet d’un
entretien régulier sauf s’ils renferment
des drains accessibles.
L’essentiel de l’entretien doit se focaliser
sur l’exutoire pour éviter toute mise en
charge qui entraînerait des remontées
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4
Éléments nécessaires au dimensionnement
•géométrie du projet ;
• nappe phréatique (profondeur, variations
saisonnières et annuelles, sens d’écoulement,
perméabilité) et tous éléments nécessaires
au calcul des débits d’exhaure* ;
•nature des sols :
- type des sols : le tableau n° 14 de
l’annexe 2 indique l’aptitude au drainage
des sols en fonction de leur
classification ;
- la granulométrie (en particulier d85*)
permet de déterminer l’ouverture de
filtration du géotextile.
D’autres éléments de reconnaissance sont
utiles pour s’assurer entre autre de la
régularité du futur fond de fouille et
l’absence d’éléments agressifs vis-à-vis du
géotextile
50 Drainage
4.1.4 - Écrans drainants de rives de •dans l’axe d’un terre-plein central ;
chaussée (EDRC) • en rive de chaussée au contact de la
structure de chaussée en structure semi-
Pour plus d’information sur ce dispositif, rigide ou éventuellement rigide, lorsque
se reporter au guide EDRC [12]. le matériau constituant l’accotement est
moins perméable que celui de la
Objectif chaussée.
L’EDRC peut, selon le cas, avoir une
Un sol drainé efficacement devient un sol
profondeur de pose plus ou moins grande
non-saturé, il conserve une teneur en eau
selon que l’on s’intéresse uniquement
plus ou moins élevée suivant ses
au corps de chaussée ou à son sol
caractéristiques de succion et les
support :
déplacements de l’eau dans un tel sol
sont complexes. • en drainage de chaussée souple,
l’amélioration de l’état hydrique est
L’objectif principal recherché par l’EDRC recherchée sur toute la hauteur du corps
est d’améliorer l’état hydrique des de chaussée et sur au moins les 0,30 m
matériaux du corps de chaussée et du sol supérieurs du sol support ;
support, sur une épaisseur qui est
• dans le cas d’une chaussée rigide et
fonction du type de chaussée, d’évacuer
semi-rigide la profondeur du dispositif
les eaux ayant pénétré dans la chaussée
sera limitée au corps de chaussée avec
et de limiter les venues d’eau en
pour rôle essentiel l’évacuation des eaux
provenance des accotements.
d’infiltration au niveau des interfaces,
Contrairement à la tranchée drainante,
des fissures et/ou des joints non
l’EDRC ne peut être posé à de grandes
imperméabilisés ;
profondeurs (1,5 m maximum) et ne doit
pas être utilisé pour rabattre une nappe. • pour assurer l’évacuation des sur-
pressions interstitielles lors du dégel, la
Si le but habituel est d’améliorer la profondeur de pose devra être supérieure à
portance générale de la chaussée, la profondeur de gel correspondant à
l’utilisation de l’EDRC peut être l’indice de gel d’alerte suivant le type de
également recommandée pour lutter chaussée considéré ;
contre la dessiccation* et pour obtenir
•pour le drainage de la PST, la
une meilleure protection vis-à-vis du gel-
profondeur de pose peut être limitée à 50
dégel.
cm sous l’arase lorsque l’objectif est de
protéger préventivement contre les
Schémas type infiltrations en eau et d’améliorer les
L’EDRC est un produit soit manufacturé et états hydriques des sols.
mis en œuvre sur site avec des engins
spécifiques, soit construit en place. Il est
essentiellement constitué par
un filtre en géotextile,
enveloppant une âme
drainante avec
éventuellement un dispositif
collecteur en partie inférieure
(cf. photo 10). Les épaisseurs
d’un écran drainant
manufacturé sont très
inférieures à celles d’un écran
drainant construit en place
(entre 2 et 4 cm pour le
premier contre 15 à 25 cm
pour le deuxième).
Selon qu’il s’agit d’une route Schéma n° 31 : profil en travers type d’une
neuve ou ancienne, d’une chaussée équipée d’un EDRC situé en limite
chaussée souple ou d’une de l’accotement et de la structure de
chaussée rigide, les fonctions chaussée
à assurer sont différentes.
52 Drainage
Mode d’exécution Ils exigent aussi un entretien régulier
La mise en œuvre d’un EDRC peut se grâce à des plans de récolement dûment
faire selon deux types de poses, soit établis, avec des visites d’inspection des
manuelle après ouverture de la tranchée, ouvrages annexes (contrôle des
soit mécanisée (conseillée). écoulements au niveau des regards de
visite et des exutoires) et curage des
Il est généralement mis en place dans drains. Les EDRC en pose automatisée
une tranchée étroite avec une profondeur ont cependant l’avantage d’une garantie
de pose variant généralement de 30 cm à de qualité plus particulièrement pour
1 mètre. l’exécution en tranchée de faible pente.
La largeur de la fouille est fonction de la Une visite annuelle et un hydrocurage
pelle mécanique ou de la trancheuse tous les 3 à 5 ans sont conseillés1.
utilisée (30 à 50 cm). L’espace est
ensuite remblayé par le matériau extrait
compacté. Éléments nécessaires au dimensionnement
Sur le plan technique, le choix d’un
Pour une meilleure régularité de la EDRC est fonction des critères suivants :
pente, il est conseillé d’utiliser un laser
pour le réglage. En cas de pose •géométriques : la hauteur de l’EDRC
manuelle, le placage de l’EDRC sur la (He) varie en fonction des
paroi verticale côté chaussée doit être caractéristiques de la chaussée (nature,
maintenu pendant le remblaiement. En épaisseur, position) et du type de
pose mécanisée, la mise en place de problème à résoudre (drainage,
l’EDRC est automatique grâce au caisson gel/dégel, dessiccation) ;
de pose qui le plaque contre la paroi côté •hydrauliques : la capacité d’évacuation
chaussée. longitudinale nécessaire dépend
essentiellement des caractéristiques de
Le remblayage s’effectue avec le transmissivité de l’EDRC et de la
matériau du site. Toutefois, il convient perméabilité des terrains encaissants ;
autant que possible d’évacuer les blocs
plus gros (maxi 100 mm). • les contraintes de pose prévisibles :
obstacles ou réseaux enterrés dans le cas
Lorsque c’est possible, il faut procéder de chaussées anciennes, tenue de la
au remblayage partiel de la tranchée, tranchée (nature des matériaux), la
alternant avec un compactage nature et la granulométrie des sols.
conformément aux prescriptions du Guide
« Remblayage des Tranchées » [11].
Pérennité et entretien
La réalisation des EDRC demande un
contrôle des produits et de leur mise en
œuvre approprié (le problème du
compactage de la tranchée est à
examiner soigneusement). Les tampons de
regard de drain doivent résister aux
charges roulantes et avoir une dimension
intérieure suffisante (conseillé 0,70 x
0,40 m) pour faciliter l’introduction de
matériels d’hydrocurage.
50 Drainage
mini-drains.
52 Drainage
4.1.6 - Puits (drainage vertical) •soit pour effectuer un rabattement et
injecter l’eau de l’aquifère supérieur
Objectif vers l’aquifère profond (puits d’injection,
cf. schéma n° 37) ;
Les puits assurent ponctuellement •soit pour diminuer la pression de l’eau
l’évacuation verticale des eaux par dans l’aquifère inférieur en permettant
relèvement jusqu’à un exutoire en l’expansion vers l’aquifère supérieur
surface. Ils sont le plus souvent utilisés (puits de décharge, cf. schéma n° 37) ;
de manière temporaire, au moment des
terrassements. (cf. schéma n° 35). Compte tenu des problèmes de mise en
œuvre que ces techniques posent
La zone où le niveau de la nappe est (colmatage, entretien, pollution etc.),
abaissé (zone d’influence du leur utilisation doit rester exceptionnelle
rabattement), varie en fonction de la et n’est pas traitée ici.
perméabilité des sols.
L’utilisation des puits de préférence à
Ainsi, pour qu’une ligne de puits joue un la tranchée drainante profonde peut
rôle de barrière, la distance entre les s’imposer dans des contextes
puits pourra demeurer assez lâche (20- particuliers tels que :
30 m) dans les sols très perméables
(perméabilité > 10-5 m/s), mais devra être • débits potentiels d’exhaure* très élevés
très resserrée (jusqu’à moins de 1,5 m) (ce qui correspond à une zone
d’influence du rabattement très
dans les sols peu perméables (< 10 -6
importante, souvent supérieure à 500
m/s).
m) ;
Dans le premier cas, on utilisera de •profondeur de rabattement à moduler
préférence des puits classiques équipés ponctuellement pour des problèmes
de pompes immergées centrifuges et la d’environnement (par exemple pour
hauteur de relèvement ne sera pas limiter les tassements sous
limitée (sauf par la puissance des constructions proches) ;
pompes) ; dans le deuxième cas on utilise
habituellement des puits étroits •profondeur de rabattement importante
supérieure à la profondeur maximale des
(diamètre < 10 cm) raccordés en surface
tranchées mécanisées (environ 6 m)1 (cf.
à une pompe à vide. La hauteur de
§ 4.1.2) ;
relèvement est alors limitée à 6-7 m
(cf. schéma n° 36). •absence d’exutoire gravitaire à la cote de
rabattement.
A noter que certains dispositifs de type
puits mais sans pompe peuvent avoir
pour objectif de mettre en relation deux Schémas type
aquifères* différents : (cf. schéma n° 36).
54 Drainage
Mode d’exécution Éléments nécessaires au dimensionnement
Le mode d’exécution de ces ouvrages •géométrie du projet ;
demande un savoir-faire et un matériel •caractéristiques hydrodynamiques
spécifique qui doit être adapté à chaque détaillées (géométrie des aquifères,
cas particulier, par exemple : discontinuités, perméabilités verticales
•forage du trou par lançage, fonçage, et horizontales, transmissivité, porosité
battage, rotation avec ou sans fluide de de drainage, sens d’écoulement,
forage (eau, boue, air) ; variations piézométriques) ;
•tubage métal ou PVC, crépine rapporté •nature des sols :
(manufacturée) ou non, type et densité de - le tableau n° 14 de l’annexe 2 indique
perforation, filtre en matériau naturel l’aptitude au drainage des sols en
(sable ou gravier) ou manufacturé (filtre fonction de la classification des sols ;
sable+résine, géotextile) ; - la granulométrie (en particulier d85*)
•types des pompes et puissance ; permet de déterminer l’ouverture de
•écartement des puits (et nombre de filtration du géotextile ;
lignes en cas d’ouvrage linéaire) à •éléments particuliers à ces techniques :
déterminer ; - sensibilité des ouvrages proches aux
tassements différentiels (fréquents
• mise en place d’un collecteur provisoire
dans ce type d’opération) et aux
jusqu’à l’exutoire.
déficits d’alimentation (plans d’eau et
cours d’eau proches en équilibre avec
Pérennité et entretien le niveau de la nappe).
Sauf cas tout à fait particulier, les
ouvrages de rabattement ne sont utilisés
que de manière provisoire, pendant les
terrassements. Les problèmes de
pérennité et d’entretien ne se posent
pas.
54 Drainage
4.1.7 - Dispositifs de stabilisation de
talus (masques et éperons)
Mode d’exécution
Objectif Par principe destinés à stabiliser des
Leur objectif est d’intercepter l’eau dans talus peu stables, ces ouvrages sont
les talus (et ils contribuent ainsi à souvent réalisés dans des conditions de
l’assainissement de la plate- forme) mais chantier difficiles (stabilité critique,
aussi d’agir comme massif de retenue venues d’eau, sols peu portants). Dans le
afin d’accroître la stabilité générale. Ils cas des masques, l’avancement par plots
sont donc utilisés dans les déblais de longueur limitée permet d’assurer
descendant (même temporairement) sous une meilleure stabilité pendant la durée
le niveau de la nappe phréatique. La du chantier.
mise au point du système et surtout de Les terrassements et la pose du massif sont
sa géométrie imposent des calculs ainsi réalisés le plus souvent à la pelle
spécifiques où les caractéristiques mécanique à petite cadence.
mécaniques des sols encaissants
prédominent. Compte tenu des conditions souvent
difficiles, il ne faut pas se focaliser sur
la régularité des parois et du fond de la
Schémas type zone d’extraction, qui peuvent être et
Le masque (cf. schéma n° 38) substitue demeurer irréguliers (surtout, ne pas
au sol en place un massif de sol drainant reprofiler à l’aide des matériaux
et frottant sur une grande longueur extraits...). La régularité de la pente du
(dans toute la zone potentiellement tuyau drainant de collecte et
instable). Excepté dans le cas où le d’évacuation est par contre impérative ;
matériau drainant peut jouer le rôle de pour des problèmes de précision, éviter
filtre vis-à-vis du sol encaissant (peu d’adopter des pentes inférieures à 5 cm
fréquent), le massif repose sur un par mètre pour les éperons, 2 cm pour
géotextile filtre et renferme en pied un les masques.
tuyau drainant destiné à faciliter et La végétalisation, si elle s’impose, peut
accélérer l’évacuation des eaux s’effectuer en intercalant un filtre
collectées. Ce tuyau drainant doit géotextile et à l’aide d’un géosynthétique
impérativement être obstrué en amont. alvéolaire* ou d’une géogrille*.
L’éperon (cf. schéma n° 39) repose sur A noter que, dans certains cas
un principe analogue, la substitution est particuliers, un géocomposite* peut
dans ce cas perpendiculaire à l’axe du être utilisé à la place ou en complément
déblai. du matériau drainant (cf. schéma n° 40).
Le système « éperons » est préférable
au système Pérennité et entretien
« masque » lorsque la stabilité du talus à
court terme (lors de la mise en place du La masse drainante, enfouie, ne peut
système drainant) est vraiment critique faire l’objet d’un quelconque entretien.
ou lorsque les venues d’eau sont Le drain d’évacuation doit pouvoir être
ponctuelles. D’autres paramètres, tels accessible et comporter des regards de
l’importance des débits, l’esthétique visite tous les 25 à 50 m (selon le degré
des talus, les problèmes de sécurité voulu) pour les masques, à
d’engazonnement, les volumes de chaque piquage sur le collecteur
matériaux à déplacer, sont également à longitudinal pour les éperons.
prendre en compte mais peuvent varier Une visite complète (y compris par vidéo
d’un site à l’autre. dans les drains) est souhaitable à l’issue
Des techniques particulières permettent du chantier et un plan de récolement
de raidir la pente propre du masque précis est indispensable.
(mélange de sable et de fils synthétiques,
clouages par pieux ou cornières)
56 Drainage
En ce qui concerne l’entretien, il faut
prévoir un relevé visuel (appréciation
des débits et surtout du colmatage) de
l’état des orifices des drains à chaque
regard et selon un rythme plus soutenu
en début de vie de l’ouvrage ; par
exemple visite à 1 mois - 3 mois
- 6 mois - 1 an.
Un hydrocurage est conseillé au moins
tous les 3 à 5 ans (plus souvent si le
suivi précédent a montré une tendance
à un encroûtement rapide).
58 Drainage
4.2- Prescriptions relatives aux •moins de 5% de fines inférieures à 80 µm ;
60 Drainage
•ES (équivalent de sable) > 50 ou VBS Remarque relative aux bétons poreux
≤ 0,1 g de bleu par 100 g de sol ;
•passant à 2 mm < 10 % ; Cette technique semble peu usitée mais
elle peut apporter des avantages :
•un pourcentage de fines inférieures à
80 µm limité à 5 %. •dans certains cas de chantier d’accès
difficile lorsque le compactage peut
D’autres critères peuvent être poser problème ;
également retenus pour prendre en
compte les limites liés à l’ouvrage en •lorsque les réseaux sont denses et les
particulier : possibilités de compactage réduites ;
•la mise en place (D largement inférieur • lorsque la zone drainante doit posséder
à 3 ou 4 fois l’épaisseur de la couche) ; des résistances mécaniques élevées.
•les risques d’endommagement pour les Un béton poreux a une porosité comprise
filtres textiles (il est préférable de entre 15 et 25 % et aura des critères de
réduire la granulométrie avec des résistance en compression à 90 jours
matériaux concassés) ; voisines de 10 MPa. La nature
•un matériau très propre (sans fine avec minéralogique des granulats et le type de
un pourcentage de fines < 1 % pour un liant hydraulique seront choisis en
matériau uniquement drainant.) fonction de l’agressivité des eaux locales.
Les granulométries les plus couramment
utilisées sont inférieures à 30-40 mm.
Le tableau n° 9 propose une classification
des matériaux granulaires non traités
basée uniquement sur leur aptitude au
drainage à partir de trois paramètres :
D : la dimension des plus gros
éléments f : la teneur en fines
(passant à 80 m)
d10 la dimension des grains
correspondant au tamisat de 10 %
Autres critères
Pour les sols :
•la résistance mécanique et surtout la
sensibilité à l’attrition* (en première
approche, coefficients LA et MDE
inférieurs ou égaux à 45) ;
•la résistance au gel (en principe
respectée avec les caractéristiques
mécaniques) ;
• la résistance vis-à-vis de l’agressivité
des eaux du milieu ou des eaux utilisées
pour le décolmatage (incompatibilité des
granulats calcaires et des milieux
acides).
Pour les matériaux élaborés de type GNT
(granulats de catégorie C voire D sous
réserve) : les valeurs sont reprises dans
la norme XPP 18-540 [3].
0/D, (14 < D < 31,5 mm) ≤2 ≥ 0,8 ≥ 10-5 matériau très
drainant
d/D ( D ≤ 40 mm) ≤1 ≥8 ≥ 10-1 matériau très
drainant
Tableau n° 9 : classification des matériaux granulaires non traités
62 Drainage
4.2.2 - Géotextiles et produits drainant. (cf. schéma n° 43)
Schéma n° 42 : emploi des géotextiles pour les ouvrages de drainage Schéma n° 43 : formation d’un
filtre naturel stable en amont du géotextile
64 Drainage
La définition de fourchettes de valeurs ne •la résistance à la traction et la
peut s’envisager compte tenu de la déformation sous charge maximale
variabilité et de la spécificité des cas seront choisis en fonction de la
possibles. D’une manière globale, on déformabilité et de la portance du
retiendra que les valeurs doivent tendre support avec un allongement de 50 % au
vers un optimum qui peut varier selon moins sur sol meubles ou irréguliers ;
les utilisations. Ainsi :
•la résistance au poinçonnement
• la souplesse doit être maximale sur les statique, la résistance à la perforation
fonds de fouille irréguliers et en dynamique limitent les risques
particulier dans les tranchées d’endommagement au contact des
drainantes, elle peut être moindre sur les aspérités ;
fonds de fouille réglés et compactés ;
•l’épaisseur ainsi que le fluage en
compression peuvent faire varier la
transmissivité.
66 Drainage
Éléments nécessaires au choix du géotextile Photo n° 11 : drain souple annelé
enrobage végétal (coco) (photo
Selon le système de drainage à réaliser, CETE Nord - Picardie / LRPC)
les données principales à collecter sont
les suivantes :
•le type et la géométrie de l’ouvrage (le
dimension- nement dépend de la position
du géotextile dans l’ouvrage, de sa
fonction soit de drainage vertical ou
horizontal, soit de filtration) ;
• le débit à drainer et donc les
caractéristiques hydrodynamiques des
sols ;
•la granulométrie des sols (type de sol à
filtrer) ou du matériau dans lequel se
produit l’écoulement ;
•le type de granulat utilisé ;
•les contraintes exercées sur le
géotextile (hauteur de déversement des
matériaux, profondeur de pose, dans le
cas d’une couche drainante son
épaisseur et la rigidité du sol support,
charge hydraulique).
Le marquage CE est précisé dans la
norme NF EN 13252 [7]. Il s’agit d’ un
marquage légal obligatoire pour la libre
circulation des produits au sein de la
Communauté Européenne.
La certification volontaire ASQUAL est
une marque de qualité : elle apporte un «
plus » par rapport au marquage CE et
garantit les caractéristiques annoncées
selon un référentiel précis.
Avertissement :
la norme NF G 38 061 est en cours de
révision car elle fait référence à des
normes françaises obsolètes, remplacées
par les normes CEN énumérées dans le
tableau n°10 et qui ne sont pas
strictement équivalentes. Il convient
donc d’être prudent dans son utilisation
pour la détermination des
caractéristiques des géotextiles
68 Drainage
4.2.3 - Drains ou tuyaux drainants couronnes de longueur importante pour
les formes souples (section ronde et
Rôle et types matériaux synthétiques) (cf. photos 11,
12, 13 et 14).
Les drains ou tuyaux drainants sont
La collecte des eaux sur la périphérie
destinés :
s’effectue soit par pores diffus (béton
•à assurer la collecte de l’eau par leur poreux) soit par des fentes ou des
périphérie ; perforations de dimensions variables
•à faciliter son évacuation rapide (bétons de fibre et matières de synthèse).
(fonction drainage au sens propre). Ces orifices peuvent être répartis sur
Lorsqu’ils ne collectent pas l’eau par toute la périphérie ou localisés dans la
leur périphérie, même si l’usage veut partie haute seulement (drains à «
qu’on les dénomme parfois « drains », il cunettes »).
ne s’agit en fait que de tuyaux simples On notera enfin que la plupart des drains
qui ne font pas l’objet de ce guide. en matière de synthèse, peu épais, voient
Ils peuvent se présenter sous diverses leur résistance à l’ovalisation et à
formes (rond ou de forme « tunnel », l’écrasement renforcée par des
ovoïde ou à fond plat) et matières (la cannelures (formes annelées). Ces
terre cuite, actuellement abandonnée, le cannelures permettent la souplesse
grès, le béton poreux ou fibreux et longitudinale mais augmentent la
surtout les matières synthétiques, rugosité interne (diminution des débits).
polyéthylène et PVC pour l’essentiel). La Certains modèles rigides comportent
matière et les formes déterminent la ainsi deux enveloppes, une enveloppe
rigidité des éléments qui se présentent extérieure cannelée et une enveloppe
pour l’essentiel sous deux types : les intérieure lisse.
éléments longitudinaux de longueur A titre indicatif, les tableaux n° 11 et 12
variable mais limitée à quelques mètres donnent quelques unes de leurs
(section ronde ou tunnel, béton ou caractéristiques principales et de leurs
matières synthétiques) et les domaines d’utilisation préférentiels.
70 Drainage
En ce qui concerne les drains routiers, Plus la pente des drains est faible,
les profondeurs de pose sont définies par plus le diamètre du drain doit être
la norme NFP 16-351 : sans charge surdimendionné pour tenir compte
roulante de surface et à partir de 0,8 m des zones de rétention et de
de profondeur, on utilisera les drains de sédimentation dans le réseau de
la catégorie ND. Dans tous les autres drainage. A l’inverse, les pentes trop
cas, on choisira la catégorie SD. fortes peuvent générer des
Pour les drains agricoles, aucune phénomènes d’érosion et de
norme ne permet de préciser : on cavitation entre le sol et le drain.
admettra dans ce cas une profondeur Pour les pentes fortes, il est
minimale de l’ordre du mètre. préférable de diminuer les pentes
par des chutes aux regards.
Préenrobage Un drain mal nivelé (ou
insuffisamment entretenu) présente
Le préenrobage (avant pose par un filtre des zones de rétention d’eau ayant
fixé sur le drain) est toujours à l’effet inverse du drainage : mieux
préconiser car il permet de réduire vaut ne pas drainer que mal drainer.
sensiblement le risque d’entraînement
des particules fines du sol et ainsi les
risques d’obstruction interne du drain et
de désordre en surface (tassements).
Il est à réaliser avec un géotextile
convenablement dimensionné (règles du
paragraphe précédent, en particulier en
ce qui concerne l’ouverture de filtration).
L’emploi de fibres végétales (coco),
souvent proposé, est à éviter en raison
des risques de putréfaction, en
particulier si le drain est posé dans une
zone alternativement noyée-dénoyée.
72 Drainage
4.3- Ouvrages annexes Certains ont une forme rectangulaire
(0,40 x 0,70 m).
S’ils n’équipent pas de drains de
rives, ils sont implantés en dehors
Pour des raisons de sécurité, ces des BAU, sur la berme* et situés soit
ouvrages doivent être pris en compte dès au point de changement de direction
la conception et conformément aux ou en section courante pour respecter
principes généraux du guide « les exigences imposées par
Traitement des obstacles latéraux » [20] l’entretien. Ils comportent un radier
en partie inférieure, un coffre de
4.3.1- Traversées hauteur variable et une tête dans
laquelle s’emboîte le couvercle
Les traversées sont des canalisations amovible.
enterrées canalisant l’eau et lui
permettant de franchir la chaussées en Les regards de surveillance et
souterrain. Elles permettent notamment d’entretien sont à poser tous les 70 à
de raccorder des ouvrages de drainage 80 m environ et à tous les endroits
situés dans un terre-plein central ou d’un utiles pour l’entretien. La distance
côté de la chaussée (cas des profils maximum est de 100 m
mixtes ou des chaussées à dévers
unique) vers des collecteurs ou un
exutoire situé vers le côté aval du profil
en travers.
Ces parties d’ouvrage seront conçues
soit comme des raccordements
classiques (tuyaux non drainants) soit
comme les ouvrages de drainage qu’ils
prolongent (tranchées, saignées, épis,
écrans drainants). La partie drainante
(buse en acier, drain PVC...) sera
préférentiellement composée d’un seul
élément, garantissant un écoulement
continu vers l’aval.
Le raccordement aval est à soigner et à
contrôler en phase travaux, car les
déboîtements peuvent engendrer des
désordres liés à l’eau qui s’infiltre au lieu
de s’écouler.
4.3.3 - Exutoires
Il s’agit du point de rejet des eaux hors de
l’emprise et plus généralement tout ce qui
permet d’évacuer l’eau collectée (fossé,
canalisation...). Il est généralement
matérialisé par un regard de visite qui met
en relation le réseau de drainage et le réseau
d’assainissement de la plate-forme routière.
Pour des raisons de sécurité, et ce quelle que
soit la capacité d’évacuation longitudinale
des dispositifs, on a tout intérêt à ne pas
trop espacer les exutoires. Leur position peut
être jumelée avec celle des regards de visite.
Dans la mesure du possible, la distance entre
un point haut du drain et l’exutoire
immédiatement situé en aval ou entre deux
exutoires situés sur un même écoulement ne
doit pas dépasser 500 m. Si la configuration
du terrain s’y oppose, on a recours à la mise
en place d’un collecteur spécifique.
Le rejet des eaux est généralement effectué
dans un fossé ; s’il est situé le long d’une voie
ouverte à la circulation, il devra comporter
une tête de sécurité. Dans tous les cas, la
sortie du drain doit être matérialisée par une
tête d’exutoire bétonnée comportant une
grille anti-rongeurs. La tête de drain doit
être implantée en surélévation dans le talus
74 Drainage
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 7
Chapitre 5
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
5.1 - Exécution des les effets néfastes
augmentation d’humidité lors des
d’une
66 Drainage
teneur en eau n’est pas trop basse (avant
l’apparition des fissures) ;
- dans le cas de travaux curatifs (fissures
déjà apparues), il n’y a plus de période optimale.
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
5.1.2 - Actions particulières de •au nivellement régulier par passage
d’une lame (niveleuse ou bouteur) pour
drainage en phase de travaux de éliminer en cours de journée les
terrassement matériaux excédentaires et réduire
l’orniérage, afin d’assurer la continuité
L’exécution des travaux de terrassement du ruissellement,
pour la réalisation des remblais, des déblais
et des couches de forme ne peut se réaliser •au réglage et à la fermeture journalière
sans le respect de certaines règles des surfaces par un compactage de
élémentaires dans le domaine de la préférence au pneu, même peu
maîtrise de l’eau. important, en déblai comme en remblai.
68 Drainage
Photo n° 16 : exemple de déblai sans exutoire. L’accumulation des eaux de pluie a provoqué un
effet « piscine « [la flèche rouge indique un repère commun] (photo CETE Normandie-Centre,
LRPC Blois)
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
Quelques règles de conduite de travaux
5.1.3 - Contrôles
•éviter la formation de cuvettes ou de
points bas qui sont autant de pièges à Selon les précisions du marché, divers
eau. La réalisation des ouvrages pour contrôles sont possibles et peuvent être
passage inférieur ou l’exécution des réalisés sous la responsabilité de
déblais à partir d’un point haut sans l’entreprise ou celle du maître d’ œuvre.
assurer d’exutoire sont des situations Ce guide technique ne donne pas une
pouvant momentanément bloquer un répartition type des contrôles entre ces
chantier par accumulation d’eau ; deux interlocuteurs (Entreprise - Maître
•veiller à maintenir une pente d’œuvre). Se reporter au chapitre 5.2.2 «
longitudinale vers un exutoire afin de ne Plan d’assurance Qualité » pour la liste
pas créer d’effet « piscine ». Lorsque ces des contrôles avec les points d’arrêts* et
situations sont inévitables ; elles devront les points critiques*, donnée à titre
être prévues dans le cadre du marché afin indicatif, à effectuer pendant et après la
de faire réaliser par l’entrepreneur des réalisation des travaux (cf. tableau n°
opérations permettant malgré tout 13).
l’évacuation de l’eau (pompage, fonçage
de drain…) ;
• réaliser les terrassements en suivant la
baisse du niveau d’eau dans les sols peu
perméables et en présence d’une
nappe : des travaux menés trop
rapidement pourraient rendre les talus
instables, malgré une pente
correctement évaluée, à long terme. Une
solution alternative consiste à rabattre la
nappe avant le début de l’extraction des
sols ;
•commencer normalement les déblais
par leur côté aval sur profil en long, pour
qu’ils puissent être assainis en
permanence ;
•compacter les bords du remblai
comme le cœur du remblai car les talus
mal compactés d’un remblai sont sujets à
des infiltrations rapides donc causes de
désordres. Les compacteurs ne travaillent
pas pour des raisons de sécurité en
bordure d’un talus ; il est donc conseillé
de réaliser la plate-forme avec une sur
largeur au moins égale à 1 mètre, qui est
ensuite ôtée à la pelle ou à la lame. Cela
nécessite temporairement une emprise
au sol plus importante. cf. art 5.8 «
Remblais » du fascicule 2 du CCTG [8] ;
•il s’avère souvent que les drains sont
très détériorés après l’exécution des
terrassements ou après celle des
chaussées. Ce point doit être contrôlé
attentivement, si l’action des drains est
prise en compte à terme dans le
dimensionnement des chaussées.
70 Drainage
5.2- Application de l’assurance stipulations techniques exprimées
dans le Cahier des Clauses
qualité dans les travaux de Techniques Particulières (CCTP - cf.
annexe 4) doivent figurer au SOPAQ.
drainage Le maître d’œuvre doit définir au
Règlement de la Consultation (RC)
les exigences que l’entrepreneur
Pour plus d’information, se reporter doit prendre en compte pour établir
au guide « Organisation de son SOPAQ. Ces besoins varient selon
l’assurance qualité dans les travaux le dispositif de drainage retenu et
de terrassement » [13]. sont exposés en détail dans le
Dossier de Consultation des
Entreprises (DCE).
La pose d’un ouvrage de drainage est un
cas d’application particulièrement
intéressant pour une démarche qualité à
double titre :
•le soin apporté aux travaux dans leurs
moindres détails conditionne la qualité
de l’ensemble ;
•les malfaçons ne sont pas faciles à
constater après la pose et encore moins
à repérer. La reconstruction totale est
bien souvent leur seul remède.
On voit là tout l’intérêt d’une démarche
qualité qui assurera au moment même de
la pose le suivi de toutes les
composantes de la qualité.
Que les travaux de drainage fassent
l’objet de marchés spécifiques ou qu’ils
représentent une partie de marchés
plus importants (terrassements,
chaussées), ceux-ci devront intégrer
l’assurance de la qualité des travaux de
drainage.
L’intérêt du maître de l’ouvrage ou de
son maître d’ œuvre à la gestion de la
qualité par l’entreprise, s’exprime lors de
la constitution du Dossier de
Consultation des Entreprises (DCE). Ce
DCE définit :
•les stipulations techniques de ou des
ouvrages à construire (CCTP) ;
•l’organisation de l’assurance de la
qualité exigée de l’entrepreneur :
- les contrôles à la charge de
l’entrepreneur (CCTP) ;
- les points critiques* (PC) et les points
d’arrêt *(PA) (CCTP) ;
- le contenu du SOPAQ (RC) et du PAQ
(CCTP).
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
Le SOPAQ comprend l’organigramme de Le tableau n° 13 donne quelques Points
l’entreprise avec les différentes fonctions, la d’Arrêts* (PA) et Points Critiques* (PC).
nature des prestations sous-traitées et les Certaines tâches communes aux
principaux sous-traitants, la provenance terrassements (signalisation, sécurité, …)
des fournitures, la description des moyens et ne sont pas reprises dans ce tableau.
méthodes d’exécution utilisées ainsi que les
moyens et méthodes de contrôles envisagés.
Si le RC le demande, l’entreprise décrira
dans ce document les particularités
techniques du procédé de drainage à mettre
en oeuvre, comme par exemple les moyens
de tranchage utilisés, le type de guidage
dans le cas d’utilisation d’une trancheuse,
l’assemblage des géosynthétiques, les
moyens de compactage, l’exploitation de la
route sous chantier, etc.
Le SOPAQ est remis par l’entrepreneur avec
son offre et constitue son engagement en
matière d’assurance de la qualité et
représente une des pièces importantes de la
démarche car il sert de jugement des offres
d’une part et préfigure le PAQ d’autre part.
Le SOPAQ doit être contractualisé par le CCAP
et demeure la référence contractuelle
pendant le chantier.
72 Drainage
• Agrément des éléments préfabriqués P
Vérification de la conformité aux spécifications du marché (EDRC. A
manufacturés, équipements d’ exutoires, regards, géotextile, drains,
canalisations… ).
• Agrément des matériaux
Vérification des caractéristiques et agrément des matériaux : composition P
du béton poreux, des Graves Non Traitées, des matériaux granulaires de A
remplissage, …
• Sécurité du chantier
Travaux sous circulation, stabilisation des talus, verticalité des parois de P
tranchée, … C
P
C
P
A
P
C
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
P
C
Tableau n° 13 : quelques Points d’Arrêts (PA) et Points Critiques (PC).
74 Drainage
5.3- Achèvement des travaux gestionnaire de la route dispose d’un
plan de récolement établi après la
de drainage réalisation du réseau de drainage.
Le plan de récolement indique
l’emplacement réel des dispositifs,
des exutoires, des regards, etc.
5.3.1 - Réception
La réception est prononcée au vu des
contrôles effectués en fin de chantier. Ils
peuvent être visuels, effectués par
prélèvement, levée par géomètre,
piézométrie, investigations par sondage,
par fouille, méthode géophysique
(géoradar), passage de caméra…
On vérifiera :
•la conformité des travaux ;
•la mesure de la compacité des
matériaux de remblai : elle peut être
réalisée à l’aide du pénétromètre
dynamique. Cet essai, bien que ponctuel,
peut être multiplié et utilisé dans un plan
de sondages à valeur statistique ;
•la continuité des écoulements : une
fois les ouvrages construits, on peut
injecter de l’eau contenue dans un
réservoir, dans le réseau à partir des
regards et vérifier que l’on retrouve bien
les écoulements en aval. Il convient
d’analyser ce test avec prudence. S’il se
révèle positif, il ne garantit pas la
régularité du fil d’eau. Dans le cas des
EDRC, cette méthode ne peut être
interprétée que si l’écran dispose d’un
dispositif collecteur étanche à sa base.
La vérification peut également être faite
avec la caméra, avec le passage de
l’hydrocureuse (contrôle direct du
fonctionnement) dans les parties du
système de drainage composées de
collecteurs généralement visitables, ce
qui, rappelons-le, limite l’espacement
maximum des regards à 100 mètres.
En cas de litige, on peut procéder à
l’ouverture de la tranchée.
76 Drainage
Dans un deuxième temps, et si cela est
nécessaire à la compréhension du 5.4.3 - Travaux d’entretien et de maintenance
dispositif de drainage, on pourra avoir Si le gestionnaire s’est trouvé dans
recours à des ouvertures comme l’obligation d’établir un point zéro et de
indiqué au procéder à des travaux de remise en
§ 5.3.1. conformité, il s’agit d’une tâche
Le point zéro doit préciser l’état préliminaire qui doit faire l’objet d’une
d’entretien de toutes les parties du étude après expertise.
dispositif de façon à dresser, La nature et l’importance des travaux
éventuellement, la liste des travaux de sont à définir à partir des règles
premier entretien indispensable au bon précisées au chapitre 5.1.2.
fonctionnement de l’ouvrage.
La maintenance d’un réseau de drainage
On vérifiera, en particulier : comporte deux parties ; la surveillance et
•le bon écoulement de l’eau dans les l’entretien.
fossés ou dans les caniveaux ou
descentes d’eau après une période La surveillance
pluvieuse et son évacuation
(vérification du niveau du fil d’eau des La surveillance doit être régulière et
fossés par rapport aux exutoires du s’effectuer conjointement à celle de
dispositif de drainage) ; l’assainissement général [10].
•l’absence de coulées de boues aux Il faut noter que les périodes les plus
exutoires (leur présence est l’indice propices pour déceler des anomalies de
d’une détérioration du filtre en géotextile fonctionnement se situent pendant un
du dispositif de drainage ou pire de son épisode pluvieux ou juste après.
absence).
La totalité de ces constatations doit être L’entretien et la périodicité de l’entretien
reportée sur la plan « point zéro » du
Pour l’entretien des différents dispositifs
réseau de drainage. Ceci permet
de drainage, il faut se reporter au
d’affecter des priorités aux actions de
chapitre 4 de ce guide.
réparation selon l’ampleur des dégâts
constatés.
Si de telles dispositions ne sont pas très
contraignantes pour un service
spécialisé chargé de l’entretien d’une
voie express ou d’une autoroute, il
n’est pas sûr qu’il en soit de même
pour les services qui ont en charge les
réseaux courants de routes nationales
ou départementales. Néanmoins, cette
tâche est primordiale et doit être réalisée
dans toute la mesure du possible.
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
Annexe 1
Ann 7
contexte météorologique dans lequel les
sondages ont été réalisés ; en période de
sécheresse les résultats sont souvent
optimistes. D’autres sources
d’informations pourront être consultées :
bibliographie, connaissance régionale,
enquête de terrain…
74 Drainage
L’étude géotechnique indiquera
également lorsque cela est prévisible, si Mission de type G 12, étude de faisabilité
les ouvrages sont nécessaires sur les géotechnique*
deux talus : il peut arriver que les venues
d’eau s’assèchent sur le talus opposé au Il s’agit d’une étude particulière pour
sens de circulation préférentielle des valider les hypothèses de drainage et
eaux internes définir précisément les principes
Il sera nécessaire de préciser : généraux de construction des ouvrages
de drainage. Pour cela, il sera nécessaire
•la présentation des grandes unités de définir :
hydrogéologiques locales ou des
écoulements souterrains, dans le cadre •la géométrie détaillée du réservoir
des connaissances régionales ou aquifère1 (positions du toit, du mur,
d’expériences antérieures ; pentes…) ;
•l’évaluation approximative des •les caractéristiques hydrauliques de
conséquences possibles de l’aquifère1 (perméabilités, carte
l’hydrogéologie sur le projet ; piézométrique…) ;
•réciproquement, l’impact prévisible •le bilan de l’alimentation et des pertes
du projet sur l’hydrogéologie locale (traçages éventuels) ;
(modifications des écoulements…) ; •l’équipement du site pour suivi de
•une évaluation des incertitudes de l’évolution de la piézométrie (pose de
l’étude sur les informations fournies ; piézomètres…) ;
•la définition du programme des études •l’évaluation des contraintes apportées
de type G 12 par l’aquifère dans l’élaboration du
à entreprendre sur le sujet. projet, et réciproquement l’évaluation
de l’influence prévisible du projet sur les
perturbations de l’aquifère1 ;
•une évaluation des incertitudes de
l’étude sur les informations fournies ;
•la définition du programme des études de
type G2
à entreprendre sur le sujet.
Ann 7
(1)Le terme d’aquifère est utilisé ici au sens très large du terme et peut regrouper l’ensemble des systèmes hydriques tels que
nappe aquifère, source, eau souterraine…
76 Drainage
Annexe 2
Ann 7
climatique (année humide ou année de
sécheresse).
78 Drainage
En plus des moyens classiques de évacuation de l’eau. Les techniques
sondage et de reconnaissance de terrain abordées dans ce guide permettent
(piézomètres, prélèvements d’effectuer des opérations de drainage
d’échantillon, essais de pompage…) de faible envergure pour préparer
l’apport de la photo-interprétation peut l’accès à un terrain dans des zones non
avoir un certain intérêt pour détecter les compressibles mais de portance très
zones humides et les indices hydriques, faible (épaisseur des sols à améliorer
hydromorphologiques ou ≤ 1 m).
phytographiques.
Dans le cas de sols compressibles*, une
D’autres sources d’informations étude spécifique sera réalisée en prenant
peuvent être intéressantes : en compte la mécanique des sols supports
bibliographie, connaissance régionale, et les charges imposées (cf. guide «
enquête de terrain… Réalisation des remblais sur sols
Cas particulier : Les opérations de compressibles » [14])
drainage des sols supports d’un remblai L’abaissement de la teneur en eau par
(zones tourbeuses, marécageuses ou drainage sera préconisé si la nature
humides, zones compressibles d’une des sols s’y prête.
manière générale) permettent une
consolidation des sols par
Coefficient
Identificat Délai d’essorage
de
ion des Description des sols approximatif en
perméabil
sols condition
ité
(selon NF météorologique
P11-300) habituel
favorable
(en
m/s)
A1, B5, certains B6 Limons, sables fins argileux 10-5 à 10-9 minimum 6 mois, voir
+
B1, B2, B4, D1 Sables fins, graves faiblement 10-3 à 10-5 3 à 6 mois
argileuses
D2, D3, B3, Graves propres, éboulis, 1 à 10-3 ≤ 3 mois
R11, R21, R22, roche fracturée et
R32, R33, R41, microfissurée (calcaire,
R42, R61, R62, schiste argileux, grès
poudingue, roche
magmatique et
métamorphique)
R12, R13, R23, Craie, roches évolutives Matériaux se prêtant
R31, R34, R43, sous l’influence de l’eau diffici- lement à des
R63 (calcaire tendre, roche améliorations par
argileuse, silts, roches dures drainage sauf étude
Ann 7
altérées) spécifique tenant
compte de la
fracturation, la
microfis- suration et
la perméabilité
intrinsèque du
matériau en place
C1, C2 Sols à éléments Se reporter aux
grossiers (Dmax > 50 caractéris- tiques de la
mm) fraction 0/50 mm
80 Drainage
Annexe 3
Ann 8
Ci-après diagrammes sur les débits en Le dimensionnement s’appuiera sur
fonction du rabattement, de l’épaisseur d’autres paramètres (risque
de la nappe, et de la perméabilité des d’obstruction, d’écrasement, de
sols pour une tranchée drainante. décantation) qui nécessitent un
L’objectif de ces diagrammes est de coefficient de sécurité élevé.
montrer que le débit (et donc la Ainsi, dans les cas les plus courants
perméabilité du sol) n’est, la plupart du (argiles limoneuses ou sableuses à sables
temps, pas dimensionnant vis-à-vis du fins), un tuyau de 150 mm pourra être
tuyau de drainage puisqu’il faut retenu sans grand risque.
atteindre des perméabilités très élevées
(1E-3 et 1E-2) pour commencer à Par contre, dès que l’on aura affaire à
rencontrer des difficultés dans des sols de forte perméabilité
l’évacuation avec des drains courants. (supérieure à 1E-5), il est vivement
souhaitable de procéder à une étude
hydrogéotechnique spécifique qui
dimensionnera le réseau de drainage.
82 Drainage
En noir : débits d’exhaure* de la nappe en fonction de la perméabilité des sols pour un côté
de tranchée (pour le débit total de la tranchée, multiplier le chiffre obtenu par deux) et une
longueur de 100 m. Les 4 diagrammes correspondent à des épaisseurs de nappe (au repos)
différentes : 5, 10, 15, 20 m.
En rouge : débit maximum d’un drain annelé penté à 2,5 %, en fonction des diamètres des drains 100,
150 et 300 mm.
Ann 8
3.2- Au travers de la chaussée 3.2.1 - Infiltrations diffuses par les couches de surface
Pour dimensionner les dispositifs de Les débits Qe dépendent du coefficient
drainage, qui généralement recueillent de perméabilité de l’enrobé. A partir du
des effluents relativement modestes, il coefficient de perméabilité (tableau n°
peut être suffisant d’obtenir une 15, colonne 2) on obtient pour une durée
estimation par excès des débits d’eau de précipitation d’une heure les valeurs
entrant dans la structure de chaussée d’infiltration théorique de la colonne 3
par les précipitations. en faisant l’hypothèse que la surface de
la chaussée est toujours alimentée. En
Les différents éléments intervenant dans la
réalité, si l’on prend en compte les
détermination du débit sont présentés
hauteurs des précipitations et les
dans le schéma n° 45.
durées, on obtient les valeurs de la
Le principe du calcul est d’estimer les colonne 4 qui donnent la proportion
débits à drainer par mètre linéaire de d’eau infiltrée à travers un enrobé par
chaussée à partir de la durée rapport à la hauteur des précipitations1.
journalière, D, des précipitations, P, et
Il apparaît clairement que ce n’est que
du ruissellement. On suppose que les
lorsque la compacité est supérieure à 93
infiltrations ont lieu lorsque la surface
% qu’une couche d’enrobés de surface
du revêtement est recouverte d’un film
peut vraiment s’opposer aux infiltrations.
d’eau (la surface de la chaussée est
soumise à potentiel hydraulique de Le schéma n° 46 a été établi pour
gradient égal à l’unité). On distingue : illustrer ce point avec une dispersion de
•les débits entrant dans la chaussée : la compacité de ± 2 points ou
- Qe, à travers la couche de roulement ± 3 points par rapport à la moyenne.
;
- Qft, par les fissures transversales, ou
Qfl, par les fissures longitudinales ;
- Qr, à l’interface chaussée
accotement ;
- Qa, correspondant aux apports
provenant de l’accotement et du
bassin versant latéral ;
•les débits transitant aux interfaces, Qi
;
•les débits alimentant le sol support,
Qs.
Ann 7
Coefficient
Coefficient de Infiltration théorique
Compacité (%) d’infiltration moyen
perméabilité (l/h) en alimentation
annuel m (en % des
(m/s) continue
hauteurs de pluies)
85 1.10 250 100
-5
92 3.10 7,5 60
-7
93 1.10 2,5 30
-7
80 Drainage
3.2.2- Infiltration par les fissures (cf. schéma n° 45) Les débits Qi (des interfaces) sont plus
Les infiltrations, Qf, par les fissures faibles que les infiltrations à travers le
dépendent de leur ouverture. On revêtement, car une mise en charge des
distingue les infiltrations par les fissures couches est nécessaire pour qu’ils
transversales, Qft, , et les infiltrations apparaissent, sauf lorsque des venues
par les fissures longitudinales ou de d’eau souterraines sont interceptées par
rive, Qfl ou Qr (cf. tableaux n° 16 et la chaussée. Ces débits seront donc
17). considérés comme négligeables.
Les infiltrations de type Qa provenant Les valeurs des débits Qs (des sols
des accotements, du bassin versant supports) sont difficiles à évaluer et
latéral, de l’interception de sources et sans objet pratique pour l’objectif visé,
nappes captives par la chaussée sont ou alors dimensionnés par une étude
plus délicates à évaluer. Dans la mesure hydrogéologique.
du possible, toute arrivée d’eau
ponctuelle, ou limitée dans l’espace, doit
A Pour
titre le dimensionnement
indicatif, le tableau n° d’un
18 drain
donne
faire l’objet d’un traitement spécifique. de rive, l’estimation par excès du
une estimation du débit total des eaux
Les flux d’eaux transitant aux débit des eaux d’infiltration,
d’infiltration par le revêtement d’une Qt,
interfaces, de débit Qi, correspondent à arrivant au
chaussée dispositif de
présentant desdrainage
fissuresparde
différents apports en raison des contrastes mètre etlinéaire
retraits de longitudinale.
une fissure chaussée est Les
de perméabilité entre couches voisines et donnéeélevées
valeurs par la somme
montrent: tout l’intérêt
au fait que la zone de l’interface possède de procéder au pontage des fissures et
une perméabilité plus forte que celle des d’obtenir des enrobés une compacité
matériaux en pleine épaisseur. Les minimale acceptable.
infiltrations de type Qa alimentent
également les flux d’eau aux interfaces.
Ces apports provoquent une saturation
locale qui favorise les écoulements en
régime saturé.
Ann 8
3.10 -7
1.10 -7
1.10 -9
82 Drainage
Exemple d’estimation du Il convient d’y ajouter le débit capable
dimensionnement d’un dispositif de d’être collecté par la face côté
drainage. accotement du drain. Soit une largeur de
Examinons le cas d’une demi-chaussée 1 m de rive concernée, sur la hauteur
(voie de 3,50 m) en pente longitudinale de 0,50 m :
de 2 %, constituée d’un Béton Qa = 10-6 × 1 × 0,5 × 3600 × 1000 = 1,8 l/h.
Bitumineux (BB) + Assise + Support.
Le débit collecté est donc de l’ordre de 11
Les données prises en compte sont : l/h par mètre linéaire soit 3.10−3 l/s
- Compacité BB = 92 % ;
On trouve dans les abaques
- Existence d’une fissuration
(documentation des fournisseurs), qu’un
transversale tous les
3 m, ouverture 0,1 mm ; drain de 90 mm de diamètre, dont la
- Existence d’une fissuration pente est de 2 %, évacue 15.000 l/h
longitudinale en rive, ouverture 0,1 soit 4,2 l/s. La distance entre exutoires
mm ; voisins pourrait être d’1 km (car
- Perméabilité de l’accotement, 10- 6 15.000/11 > 1.000 m), mais on se
m/s soit 3,6 mm/ h. limitera à 500 m.
Ann 8
84 Drainage
Ann 8
Annexe 4
Ann 8
1- Description des travaux a réaliser les géotextiles ou géomembranes
- Composition des bétons poreux,
…
1.1 - Localisation des travaux
2 - Assurance de la qualité
- Conditions de service de l’ouvrage
de drainage
- Dispositions générales pour la
maîtrise de la qualité
- Degré de développement du PAQ
- Type du chantier
- Traitement des anomalies
- Plan d’assurance qualité
- Points critiques
- Points d’arrêt
- Organisation du contrôle extérieur
- Organisation du contrôle intérieur
84 Drainage
•Géotextiles recouvrement par couture, par
thermo-soudure, par agrafage, par
Géotextile certifié, non certifié pour...
collage, action du vent
(destination du géotextile), contrôle...
- Mise en oeuvre en tranchée ...
Les caractéristiques des géotextiles à déterminer :
- Résistance à la traction
- Déformation sous charge maximale
- Résistance à la perforation dynamique
- Perméabilité à l’eau normalement au plan
- Ouverture de filtration, Of, et la
résistance à la pénétration de l’eau
•Drains
- Destination du drain, type de drain,
caractéristiques hydrauliques, stabilité
chimique, stabilité vis-à-vis des agents
atmosphériques, dispositif collecteur pour
écran de rive de chaussée, ...
•Écrans drainants de rive de chaussée
- Destination de l’EDRC, caractéristiques
hydrauliques, épaisseur, hauteur, ...
- EDRC préfabriqué, EDRC fabriqué en place.
- Géotextile associé (Of ), matériaux
drainants, béton poreux, caractéristiques
de l’ âme drainante,
nature du matériau, caractéristiques
hydrauliques, souplesse, stabilité
mécanique.
5 - Contrôle et qualité
5.1 - Planches de référence de compactage
Cf. guide « Remblayage des tranchées » [11]
86 Drainage
Ann 8
Annexe 5
Bibliographie
Normes :
[1] NF P 11-300 : Exécution des
terrassements. Classification des
matériaux utilisables dans la
construction des remblais et des couches
de forme d’infrastructures routières.
AFNOR, septembre 1992.
[2]NF U 51-101 : Drainage agricole.
Tubes annelés en polychlorure de vinyle
non plastifié. Spécifications. AFNOR -
Décembre 1987.
[3] XPP 18-540 : Granulats -
définitions, conformité, spécifications.
AFNOR, octobre 1997.
[4] NF 94-500 : Missions
géotechniques – classification et
spécifications. AFNOR, juin 2000.
[5] NF P 16-351 : Plastiques.
Systèmes de canalisations en plastique
pour drainage enterré. Spécification pour
le génie civil. AFNOR, juillet 1998.
[6]NF G 38 061 : Recommandations
pour l’emploi des géotextiles et produits
apparentés. Détermination des
caractéristiques hydrauliques et mise en
œuvre dans les systèmes de drainage et
de filtration. AFNOR, février 1993. (en
cours de révision)
[7] NF EN 13252 : Géotextiles et produits
apparentés
– caractéristiques requises pour
l’utilisation dans les systèmes de
drainage. AFNOR, novembre 2001.
[8] CCTG travaux – fascicule 2 :
Terrassements généraux. AFNOR, mars
2003.
88 Drainage
Documents techniques : Pour information :
[9] Réalisation des remblais et des Loi N° 92-3 du 3 janvier 1992 sur
couches de forme - Guide technique. l’eau et ses décrets d’application
Fasc. 1et 2. Sétra – LCPC, septembre
1992, Réf. D9233. Aide aux Choix des Solutions
d’Assainissement et de drainage sur
[10]L’entretien courant de Routes Existantes (ACSARE)
l’assainissement de la route - Guide - Guide technique. Sétra, 1993, Réf. D9232.
pratique. Sétra, 1998, Réf. D9841.
Conception et dimensionnement des
[11] Remblayage des tranchées et structures de chaussées - Guide
réfection des chaussées - Guide technique. Sétra – LCPC, 1995, Réf.
technique. Sétra – LCPC, 1994, Réf. D9511.
D9441.
Entretien préventif du réseau routier
[12] Écrans drainants en rives de national -
chaussées - Guide technique. Sétra – Guide technique. Sétra - LCPC, 1979, Réf.
LCPC, 1992, Réf. D9237. D7905.
[13]Organisation de l’assurance Prise en compte des
qualité dans les travaux de mo t o c yc l i s t e s dans
terrassements – Guide technique. l’aménagement et la gestion des
Sétra infrastructures - Guide technique.
- LCPC, 2000, Réf. D.9923. Sétra - CERTU, 2000, Réf E 0026.
[14] Réalisation des remblais sur sols
compressibles - Guide technique. Sétra
– LCPC, 2000, Réf. D.0034.
[15] L’eau et la route – dispositifs de
traitement des eaux pluviales -
volume 3 et 7 - Guide Sétra, 1997, Réf. B
9741.
[16] Caractérisation du climat pour le
drainage des chaussées. C. DEVRETON,
1997, Étude réalisée par le Service
Central d’Exploitation de la
Météorologie. Météo-France.
[17] Stabilisation des glissements de
terrain – Guide technique LCPC –
technique et méthode des LPC, 1998.
[18] Aménagement des Routes
Principales (ARP) -
Guide technique. Sétra, 1994, Réf.
B9668.
[19] Instruction sur les Conditions
Techniques d’Aménagement des
Autoroutes de Liaison (ICTAAL) –
Guide technique. Sétra, décembre 2000,
Réf. B0103.
[20] Traitement des obstacles
latéraux – Guide technique. Sétra, 2002,
Réf E0233.
[21] Assainissement routier - Guide
technique. Sétra, Réf. - à paraître en
2006.
Ann 8
Annexe 6
Abrévations et glossaire
6.1 - Abréviations
AR : Arase des
terrassements BAC :
Béton Armé Continu BAU :
Bande d’Arrêt d’Urgence BB
: Bêton bitumineux
CCAG : Cahier des Clauses
Administratives Générales
CCTP : Cahier des Clauses Techniques
Particulières CE : Communauté
européenne
DCE : Document de Consultation des
Entreprises EDRC : Ecran Drainant de
Rive de Chaussée
ES : Equivalent de
Sable GNT : Grave Non
Traitée
LA : coefficient Los Angeles
(norme NF P 18-573)
MDE : coefficient micro-Deval
(norme NF P 18-
572) PAQ : Plan
d’Assurance Qualité
PST : Partie Supérieure des
Terrassements RC : Règlement de
Consultation
SOGED : Schéma d’Organisation de Gestion
et d’Évacuation des Déchets
SOPAQ : Schéma Organisationnel du
Plan d’Assurance Qualité
SDQ : Schéma Directeur de la
90 Drainage
Qualité TPC : Terre-Plein Central
VBS : valeur de bleu d’un sol
Ann 9
6.2- Glossaire sous tous les aspects qui intéressent
l’ingénieur de génie civil.
Ann 9
Partie Supérieure des Terrassements
(PST) : elle est constituée par le(s)
matériau(x) situé(s) à environ 1 m en
dessous de la couche de forme (ou en
dessous de la couche de fondation en
l’absence de couche de forme)
Piédroit : montant vertical sur lequel
retombent les voussures d’un ouvrage
Plate-forme support de chaussée :
surface plane sur laquelle est mise en
œuvre la première assise de chaussée ;
c’est la plate-forme de la couche de
forme ou l’arase de terrassement en
absence de couche de forme.
Points d’Arrêts (PA) : points définis
dans un document approprié au-delà
desquels une activité ne doit pas se
poursuivre sans l’accord d’un organisme
ou d’une autorité désignée.
Points Critiques (PC) : situations
pour lesquelles il a été décidé
d’effectuer un contrôle intérieur à un
intervenant, le contrôle extérieur étant
formellement informé du moment de son
exécution et/ou de son résultat.
Profil mixte : profil en travers de plate-
forme de terrassement dont un côté se
situe en remblai et l’autre en déblai.
Profil rasant : profil en travers de plate-
forme de terrassement situé à un niveau
proche du terrain naturel.
Remblai : volume de terre rapportée
pour combler ou relever le terrain
naturel.
Sol compressible : (ou sol mou) est un
sol assez déformable tels les sables
lâches, les tourbes, les loess, les vases,
les argiles molles et certains limons
argileux.
94 Drainage
Ann 9
Sétra
service d'Études
techniques
des routes
et autoroutes
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Aristide Briand
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2006 - ISBN : 2-11-
Prix de vente : 20 € 094639-3
Crédit photos : Alis (A28-Rouen/Alençon en construction) - Yasmina Boussafir (CETE
Normandie - Centre - LRPC Blois) - Marc Valin (CETE Nord-Picardie) - Francis
Vanlaethem (CETE Nord-Picardie - LRPC Lille)
Conception graphique - mise en page : Domigraphic
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