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Guide technique sur le drainage routier

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Sétra service d'Études

techniques
des routes
et autoroutes mars 2006

Guide technique

Drainage routier
Guide technique

Drainage routier

collection les outils

Document édité par le Sétra dans la


collection "les outils". Cette collection regroupe
les guides, logiciels, supports pédagogiques,
catalogues, données documentaires et annuaires.
Ce guide « Drainage routier » a été rédigé
par un groupe de travail constitué de :
•Marie-Odile Cavaillès (Sétra)
•Yasmina Boussafir (CETE Normandie-Centre - LRPC
Blois)
•Marc Valin (CETE Nord-Picardie)
• Francis Van laethem (CETE Nord-Picardie - LRPC
Lille)

L’équipe s’est notamment appuyée sur


le travail approfondi réalisé en 1997 par :
- Jean-Louis Paute (CETE de L’Ouest - LRPC
Saint-Brieuc) avec la participation de :
- Yves Arnaud (CETE de Lyon - LRPC
Clermont- Ferrand),
- Jean-Louis Aussedat (Scetauroute),
- Véronique Berche (CETE Normandie-Centre - LRPC
Saint-Quentin),
- Patrice Bioche (CETE de L’Ouest - LRPC Angers),
- Pierre-Yves Bot (DDE du Morbihan),
- Didier Giloppe (CETE Normandie-Centre),
- Hervé Havard (LCPC),
- Alain Quibel (CETE Normandie-Centre).

Aide à la lecture du guide


- Les renvois bibliographiques : dans le
texte, les numéros entre crochets [ ]
correspondent aux documents
mentionnés dans la bibliographie en
annexe 5
- Les abréviations rencontrées dans le
texte sont explicitées en annexe 6.1
- Les renvois vers le glossaire : dans le
texte, les mots ou expressions repérés par
* correspondent aux termes explicités en
annexe 6.2

2 Drainage routier
Sommaire

Introduction
1- Notions générales sur le drainage 7
1.1 - Définition du drainage 8
1.2 - Critères à prendre en compte lors d’une étude de drainage 9
1.3 - Effets du drainage sur l’environnement 13
2 - Drainage dans un projet routier neuf 15
2.1 - Règles générales de dimensionnement 16
2.2 - Travaux de terrassements 20
2.3 - Plates-formes support de chaussée (PST + couche de forme) 24
2.4 - Chaussée 29
3 - Drainage d’une chaussée existante 33
3.1 - Type de désordres rencontrés sur chaussées 34
3.2 - Etablissement du diagnostic 36
3.3 - Définition des solutions de travaux 38
3.4 - Dimensionnement ou évaluation des débits à drainer au travers de la chaussée 38
4 - Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces dispositifs 39
4.1 - Ouvrages et dispositifs de drainage 41
4.2 - Prescriptions relatives aux matériaux 56
4.3 - Ouvrages annexes 63
5 - Exécution des travaux, application de l’assurance qualité, achèvement des travaux de drainage, 65
exploitation et entretien
5.1 - Exécution des travaux 66
5.2 - Application de l’assurance qualité 69
5.3 - Achèvement des travaux de drainage 71
5.4 - Exploitation et entretien 71
Annexes
1- Études hydrogéologiques particulières 73
2 - Amélioration des conditions hydriques des matériaux 75
3 - Évaluation des débits à drainer 77
3.1 - Au travers des sols support 77
3.2 - Au travers de la chaussée 79
4 - Éléments pour l’établissement du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) 83
5 - Bibliographie 87
6 - Abréviations et glossaire 89

3
4 Drainage routier
Introduction
L’eau est présente en plus ou moins
Ce guide est le premier document
grande quantité dans l’environnement de
méthodologique sur le drainage routier
la route, que ce soit dans les talus de
qui incite à la prise en compte
déblai ou de remblai, à l’intérieur
systématique des besoins de drainage
même de la chaussée ou dans les sols
dans les travaux routiers. Il propose des
sous-jacents ou contigus des
solutions en terme de type d’ouvrage,
accotements.
d’implantation, de dimensionnement et
Une chaussée bien drainée a un meilleur d’entretien pour les projets routiers
comportement mécanique sur un sol neufs, y compris les terrassements et
support dont la portance est également pour les chaussées existantes.
améliorée. La chaussée et la plate-forme
Ce document s’adresse aux maîtres
étant à une teneur en eau plus faible tout d’œuvre et d’ouvrage, aux
au long des cycles climatiques, il en gestionnaires, aux bureaux d’études et
résulte une augmentation sensible de la entreprises de travaux publics concernés
durée de vie de la chaussée, un plus par l’étude du drainage routier, sa
grand espacement des séquences réalisation et sa maintenance.
d’entretien et une protection efficace
contre les effets destructeurs des
phénomènes de gel - dégel.
Les termes « drainage » et «
assainissement » sont utilisés pour
traiter indifféremment de l’évacuation
des eaux de ruissellement ou de
l’élimination des eaux internes. Pour
éviter toute confusion dans la finalité et
la conception des dispositifs, les
fonctions spécifiques des systèmes de
drainage interne des chaussées sont
clairement différenciées de celles de
l’assainissement de surface, comme
indiqué au chapitre 1.
Intoduction 5

6 Drainage routier
Chapitre 1

1- Notions générales sur le drainage

1.1 - Définition du drainage 8


1.2 - Critères à prendre en compte lors d’une étude de drainage 9
1.2.1 - Quand doit-on drainer ? 9
1.2.2 - Contexte climatique ou météorologique 10
1.2.3 - Contexte hydrogéologique 11
1.2.4 - Nature des sols support et des couches de chaussée 12
1.2.5 - Points singuliers de la chaussée 12
1.3 - Effets du drainage sur l’environnement 13

Notions générales sur le drainage


1.1 - Définition du drainage

Le drainage routier correspond à la interfaces couches de chaussée et


collecte et à l’évacuation des eaux chaussée/sol support, alimentées par la
présentes dans le sol support et dans plate-forme ;
les chaussées. Il constitue l’un des
trois volets du domaine de • des venues d’eau issues de
l’assainissement routier (cf. guide l’environnement latéral, vers les
technique [21]) avec la collecte et interfaces chaussée/sol support et le
l’évacuation des eaux de surface sol support, et qui ont pour origines les
(assainissement superficiel) et le bassins versants, les déblais et les
rétablissement des écoulements émergences de nappe phréatique.
naturels. Même si les réseaux de drainage et
Le drainage participe de façon d’assainissement rejoignent souvent des
essentielle au bon comportement exutoires communs, il est indispensable
mécanique de la chaussée et contribue de les différencier car ils remplissent
ainsi largement à la pérennité des des fonctions distinctes : en particulier,
ouvrages routiers. le réseau de drainage qui véhicule une
eau dite « propre » (non souillée) ne doit
Les eaux internes à drainer proviennent en aucun cas être perturbé par les eaux
: de ruissellement, souvent polluées
• des infiltrations au travers de la (boues, huiles, végétation, etc.) et de
chaussée, vers les interfaces couches de débit plus conséquent (pour éviter une
chaussée et chaussée/sol support ; mise en charge).

• des infiltrations depuis les


accotements, vers les

8 Drainage
Schéma 1 : distinction entre les fonctions de drainage et d’assainissement routier

Notions générales sur le drainage


1.2 - Critères à
prendre en compte lors
d’une étude de drainage

1.2.1 - Quand doit-on drainer ?


La prise en compte du climat sur le
territoire français impose de drainer de •trafic PL très faible (T5) pour chaussée
façon systématique les sols supports, la correctement dimensionnée ;
couche de forme et la chaussée. • contexte hydrogéologique favorable, sol
On peut, cependant, se soustraire à support et nature des couches de
l’obligation de drainage dans les cas chaussées favorables à court et à long
suivants : terme (cf. § 1.2.3).

•contexte climatique favorable ; en


phase terrassement, le drainage doit être
analysé plus particulièrement par
rapport au contexte hydrogéologique
(cf. §1.2.2) ;

1 Drainage
Schéma 2 : drainage des sols support, couche de forme et chaussée.*

Notions générales sur le drainage


1.2.2 - Contexte climatique ou Cette caractéristique s’aggrave lorsque
les températures deviennent négatives et
météorologique que l’eau gèle dans les structures. (cf.
La cartographie repose sur carte n° 2). Cette carte prend en compte
l’implantation et la densité des stations l’indice de gel maximum (hiver
météorologiques. rigoureux exceptionnel) relevé pendant
la période 1951-1991 sur 95 stations.
Les études ont montré qu’en France le
climat est généralement humide à très En limite de zone, le projeteur aura
humide (cf. carte n°1) avec de rares intérêt à prendre le critère le plus
zones sèches. Cependant, quel que soit défavorable.
le type de climat, la répartition de
Selon la position géographique du projet,
l’humidité au cours du cycle saisonnier,
on distinguera des contextes :
avec de fortes concentrations sur
quelques mois, présente une • où l’on peut se soustraire au besoin de
accentuation du risque de dégradation drainage : variations climatiques sèches
des chaussées par l’humidité. avec des variations climatiques modérées
;
Le degré d’humidité des sols et des
matériaux de chaussées est lié au climat •où le drainage est à envisager
et à ses fluctuations. Or, l’eau diminue systématiquement : en zone climatique
les caractéristiques mécaniques des sols humide à très humide.
et des matériaux (cf. § 3.1).

10 Drainage
Carte n° 1 : répartition de l’humidité en France. Carte réalisée à partir de l’étude Météo France [16].
Il est possible de calculer avec une plus grande précision la valeur des indices climatiques d’un
site particulier si l’on dispose de relevés météorologiques à proximité. Cependant, cet
accroissement de précision peut n’être qu’illusoire car le climat en un point donné subit des
fluctuations importantes et ne se reproduit pas à l’identique chaque année.

Notions générales sur le drainage


En conclusion, dans la plupart des cas, • défavorable : lorsque la chaussée
le drainage est nécessaire à l’exception intercepte des systèmes
des zones sèches avec variations hydrogéologiques plus ou moins
saisonnières modérées (sud de la Corse, pérennes, ou plus ou moins importants.
une partie des Bouches-du-Rhône et une Ce cas de figure se rencontre souvent
partie de l’Alsace (cf. carte n° 1). lors d’une succession de déblais/
remblais, ou pour des chaussées en profil
mixte. Ceci s’aggrave lorsque le dévers
1.2.3 - Contexte hydrogéologique accentue la concentration de l’eau en
(cf. annexe 1) certaines zones ;
• très défavorable lorsque le tracé
Ce contexte doit être défini au moins
intercepte de manière certaine des
dans l’étude géotechnique. Les cas
systèmes hydrogéologiques connus.
particuliers feront l’objet d’études
Typiquement, ce sont les chaussées en
complémentaires.
profil rasant en plaine, les chaussées en
Le contexte hydrogéologique est : déblai, et en profil mixte.
• favorable lorsque la chaussée Il est à remarquer que selon
n’intercepte aucun système l’avancement du projet, le contexte peut
hydrogéologique connu. C’est souvent le évoluer favorablement en modifiant les
cas d’une chaussée où de longues critères géométriques du tracé : en
sections sont en remblai ou en crête sur remontant la ligne rouge*, en créant des
un relief ; remblais, en modifiant l’implantation du
tracé...

Carte n° 2 : variation de l’indice de gel* atmosphérique. Carte réalisée à partir de l’étude Météo France
12 Drainage
[16].

I ≥ 250 : régions marquées par de longs hivers avec des températures basses (gel). Le front de gel pénétre en
profondeur dans le sol, d’où des dégradations lors du dégel. 100 ≤ I ≤ 250 : régions marquées par des
fluctuations de température autour de 0° C. Certaines années les cycles gel - dégel peuvent affecter les matériaux
des couches d’assise. I < 100 : régions marquées par des hivers moyens. Les gels d’importance modérée n’ont
une incidence que sur certaines structures de chaussées souples légères.

Notions générales sur le drainage


1.2.4 - Nature des sols support R31, R34, R5, certains R43 et R63.

et des couches de chaussée


sols support
Certains sols support, voient leur
performance en terme de portance
chuter dans le temps sous l’effet des
infiltrations d’eau ou des remontées de
nappe. Ce sont des sols « sensibles à
l’eau ». Cette caractéristique est prise en
compte lors du dimensionnement de la
Partie Supérieure des Terrassements de
l’Arase (AR) et de l’épaisseur de la
couche de forme [9].
Il faut distinguer des sols de nature (cf.
tableau n° 14 de l’annexe 2) :
•favorable (sol drainant) : ce sont des
sols insensibles à l’eau ne nécessitant
pas de précaution particulière en terme
de drainage (D, B1, B3,certains C1 et
C2) ;
• défavorable (sols sensibles à l’eau) :
leur état hydrique peut s’améliorer ou
rester constant sous l’effet d’une action
de drainage, dans des délais
raisonnables (A1, B2, B4, B5, certains
B6) ;
•très défavorable (sols imperméables) : ces
sols sensibles à l’eau ne peuvent
quasiment pas voir leur teneur en eau
diminuer par une action de drainage s’ils
sont dans des états hydriques humides
au départ, tout en restant dans des délais
raisonnables (A2, A3, A4, certains B5,
B6).
Dans les roches, l’eau circule par le biais
des fissures ou des discontinuités
d’une manière générale (stratification,
fracturation, ...).
La plupart des roches ne se désagrègent
pas sous l’effet de l’eau (par opposition à
un sol), mais peuvent évoluer dans la
partie concernée par les terrassements
sous l’action du trafic de chantier, de tirs
à l’explosif, des opérations de reprises...
Dans ce cas, la zone rocheuse
susceptible d’évoluer sera assimilée à un
sol par le géotechnicien et classée selon
les mêmes critères.
Il est souvent admis la répartition
suivante :
• favorable : certains R1, certains R2,
certains R4, certains R6 ;
•défavorable : R11, R21, R22, R32,
R33, R41, R42, R61, R62 ;
• très défavorable : R12, R13, R23,

14 Drainage
Matériaux composant les couches de chaussées
Ces matériaux voient en général leurs
performances mécaniques chuter en
présence d’eau. L’évolution est cependant
variable selon la technique retenue et la
manifestation des pathologies est également
en relation avec le type de technique de
chaussée.
On distinguera des techniques :
• favorables : ce sont des structures peu
influencées par la présence d’eau lorsqu’elles
sont correctement réalisées tels que les
couches en matériaux traités au liant
hydrocarboné ;
• défavorables : les matériaux traités aux liants
hydrauliques et les couches en béton ont des
besoins particuliers de drainage, en relation
avec la manifestation de fissures ;
• très défavorables : il s’agit des couches en
Graves Non Traitées (GNT) dont les
performances sont très dépendantes de la
teneur en eau.

1.2.5 - Points singuliers de la chaussée


Certaines parties d’ouvrage nécessitent plus
que d’autres du drainage quels que soient les
critères météorologiques, hydrogéologiques*
ou la nature des matériaux. Il s’agit :
•des terre-pleins et des îlots centraux ;
•des zones de transition déblai/remblai ;
•des points bas du profil en long ;
•des zones de dévers en déblai.
Photo n° 1 : l’eau accumulée dans l’îlot central
ressort au point le plus bas et coule sur la
chaussée.
(Photo CETE Normandie - Centre / LRPC Blois)

Notions générales sur le drainage


1.3 - Effets du drainage On peut citer certains effets négatifs
induits du drainage et des travaux de
sur l’environnement terrassement :
• l’effet sur la végétation en particulier
arbustive au voisinage des ouvrages par
assèchement des sols (ainsi des gros
Les eaux de drainage sont des eaux dites chênes que l’on a voulu sauvegarder en
« propres » (non souillées par le bordure de déblai sont-ils devenus
système qui les recueille) qui sont rapidement des risques importants pour
évacuées vers le milieu naturel par le les usagers par leur dépérissement et le
biais d’un exutoire. risque de chute) ;
La réalisation d’ouvrages de drainage •la réduction des zones humides que l’on
entraîne des modifications plus ou a asséchées (non traité dans ce guide) ;
moins importantes de l’environnement. • le tassement d’ouvrages fondés sur des
Le projeteur doit en avoir conscience au sols peu compacts, siège d’une nappe
regard : que l’on a rabattue sans précaution
•de la réglementation en vigueur [15] ; particulière (non traité dans ce guide) ;
• des engagements de l’Etat quant à la • la modification des sens des
protection de l’environnement du projet écoulements des eaux par effet de
et également vis-à-vis des riverains. barrières.

16 Drainage
Notions générales sur le drainage
Chapitre 2

2 - Drainage dans un projet routier neuf

2.1 - Règles générales de dimensionnement 16


2.1.1 - Conception du projet de drainage 16
2.1.2 - Optimisation du tracé du projet routier 16
2.1.3 - Entretien ultérieur 16
2.1.4 - Caractéristiques géométriques 16
2.1.5 - Règles pour l’évacuation des eaux 16
2.1.6 - Impacts sur l’environnement 17
2.1.7 - Evaluation des débits 18
2.2- Travaux de terrassements 20
2.2.1 - Portance et circulation de chantier 20
2.2.2 - Amélioration de l’état hydrique des sols à extraire 21
2.2.3 - Interception des venues d’eau en déblai 22
2.2.4 - Interception des venues d’eau en remblai 23
2.3- Plates-formes support de chaussée (PST + couche de forme) 24
2.3.1 - Partie Supérieure des Terrassements (PST) 24
2.3.2 - Couche de forme 28
2.4- Chaussée 29
2.4.1 - Dispositifs de drainage de la chaussée 29
2.4.2 - Dispositifs de drainage des points singuliers 31

Drainage dans un projet routier neuf


Dans la réalisation d’un projet routier vie.
neuf, on distingue 3 étapes :
•les travaux de terrassement ; 2.1.4 - Caractéristiques
• les plates-formes support de
chaussées (partie supérieure des géométriques des dispositifs de
terrassements et couche de forme) ; drainage
•les chaussées. Les caractéristiques géométriques
Ce chapitre donne les règles générales des dispositifs de drainage (hauteur,
de dimension- nement puis présente pour profondeur, pente) dépendent :
chaque étape les besoins en drainage et • de la partie d’ouvrage à drainer
les règles de dimensionnement (corps de chaussée, accotement,
spécifiques. terre-plein central, déblai, culée
d’ouvrage...),

2.1 - Règles •du dispositif de drainage retenu ;


•de la contrainte de réalisation du
générales de projet ;

dimensionnement •des quantités d’eau à évacuer ;

2.1.1 - Conception du projet de


drainage
Le drainage doit être examiné à chaque
phase du projet depuis l’étude
préliminaire jusqu’à la réalisation des
travaux. Les niveaux d’études relatifs au
projet de drainage sont définis en annexe
1.
Aujourd’hui, la tendance au niveau
conception est de
« coller » le plus possible au terrain
naturel (objectifs route apaisée, insertion
paysagère...).

2.1.2 - Optimisation du tracé du projet


routier
Le projeteur a la possibilité d’adapter
son projet pour optimiser le drainage en
modifiant la ligne rouge* et en évitant :
•les longues rampes ;
•les pentes < 0,5% ;
•les points bas en zone de déblai ;
•les déblais dans des nappes
phréatiques ;
•les zones humides.

2.1.3 - Entretien ultérieur


L’effet du drainage est pris en compte
dans le dimensionnement mécanique de la
plate-forme pour son fonctionnement à
long terme ; il est donc indispensable
d’organiser le récolement et de
programmer l’entretien du système de
drainage afin d’augmenter sa durée de
16 Drainage
• de la prise en compte de la pente •en profil mixte
longitudinale de la chaussée ; Les eaux collectées en déblai seront
•de la prise en compte des pentes ramenées vers le fossé de pied de
transversales et en particulier des dévers qui remblai par des traversées sous
accentuent les concentrations de l’humidité chaussées et renvoyées sur les talus par
aux points bas ; des descentes d’eau comme dans le cas
des remblais.
• du choix de la position des dispositifs de
drainage dans le profil en travers ;
•de la localisation des exutoires possibles.
Une description des différents ouvrages de
drainage et une indication sur les ordres de
grandeur de dimensions de ces ouvrages se
trouvent dans le chapitre 4.
La pente, un des paramètres majeurs, doit
concilier les impératifs suivants :
• une pente minimale > 2 % est nécessaire.
Une pente plus faible (jusqu’à 0,5 %) impose
un surdimensionnement des drains et un
entretien plus fréquent. Ces valeurs peuvent
varier d’un ouvrage à l’autre (cf. chapitre 4) ;
• les trop fortes pentes (supérieures à 5 à 10
%) que l’on a par exemple en montagne
conduisent à des vitesses particulières de
l’eau excessives en particulier vis-à-vis des
problèmes d’érosion des ouvrages (fossés,
talus...), nécessitant des précautions
adaptées (fossés stabilisés, cloisonnement
de fossés, ouvrages de dissipation
d’énergie, multiplication des traversées).

2.1.5 - Règles pour l’évacuation des eaux de


drainage
En règle générale, il y a tout intérêt à ne pas
mélanger les eaux de drainage, évacuées en
priorité vers le milieu naturel, avec les eaux
de ruissellement routier afin d’optimiser le
dimensionnement des ouvrages. Dans
certains cas (par ex : dans le sud de la
France) l’apport d’eau de drainage dans les
bassins de traitement des eaux pluviales
permet d’améliorer leur efficacité (meilleure
oxygénation des eaux et maintien du volume
mort...)
•en déblai
L’évacuation se fera à la sortie de la
tranchée de déblai. A l’instar des dispositifs
d’assainissement, l’ouvrage collecteur
installé en limite de plate-forme de déblai
doit se raccorder à un ouvrage de collecte en
pied de talus de remblai (fossé, cunette...)
poursuivi jusqu’à un exutoire naturel.
•en remblai
Les eaux drainées par l’ouvrage de collecte
seront évacuées en pied de remblai par des
descentes d’eau en fonction de la pente
longitudinale (plus la pente est faible, plus
la distance entre descentes doit être faible)
et au minimum dans les points bas.
Drainage dans un projet routier neuf
2.1.6 - Impacts sur l’environnement Rappel : la réalisation d’un réseau de
drainage modifie la teneur en eau des
Impact sur l’eau sols environnants et détourne ou
Les activités et dispositifs de drainage interrompt des écoulements
prévus relatifs à la réalisation souterrains. Ces perturbations
d’infrastructures routières sont soumis modifient l’écologie du site. Au travers
aux autorisations ou déclarations prévues de ces rubriques, il s’agit de protéger et
par les articles de préserver les nappes d’eau
L. 214.1 à L. 214.6 du code de souterraines qui peuvent être des
l’environnement (ancien article 10 de la ressources en eau très importantes et
loi n° 92-3 sur l’eau du 3 janvier 1992). fragiles. De même, la protection des
La police de l’eau s’applique à toutes les zones humides fait partie des priorités
eaux superficielles, souterraines, nationales (milieux présentant une
domaniales ou non domaniales, aux eaux grande diversité et richesse
maritimes littorales ainsi qu’aux milieux écologique). Il faut donc éviter ou
humides. limiter leur dégradation.

Le décret 93-743 du 29 mars 1993 Sur un plan général, le drainage


établit la nomenclature des aboutit à une concentration des eaux à
opérations ainsi soumises à l’origine plus ou moins réparties sur le
autorisation (A) et à déclaration (D). Les terrain, vers l’exutoire. On augmente
rubriques susceptibles de concerner plus donc fortement en un point donné, les
particulièrement les travaux de drainage apports en eau, et il n’est pas anodin
sont
- « les 1.1.0.
rubriquesSondage,
suivantes : forage, d’évaluer cette action notamment sur un
création de puits ou d’ouvrage terrain sensible, afin d’éviter l’apparition
souterrain, non destiné à un de désordres à l’aval.
usage domestique, exécuté en L’idéal pour le choix d’un point de rejet
vue de la recherche ou de la est de choisir ou de trouver sur le terrain
surveillance d’eaux souterraines une zone d’écoulement naturel
ou en vue d’effectuer un préexistante, sans signe de désordre et
prélèvement temporaire ou pouvant absorber les eaux drainées.
permanent dans les eaux
Il sera également utile d’accompagner
souterraines y compris dans les
les eaux de drainage depuis l’exutoire
nappes d’accompagnement de
jusqu’à l’écoulement naturel récepteur,
cours d’eau... D ».
sur quelques mètres pour prévenir en
-« 1.1.1. Prélèvements particulier les problèmes d’érosion ou
permanents ou temporaires issus l’effet de dépôts naturels.
d’un forage, puits ou ouvrage
En cas de pollution accidentelle, le
souterrain dans un système
gestionnaire devra surveiller les
aquifère à l’exclusion des
exutoires et les points de rejets.
nappes d’accompagnement de
cours d’eau, par pompage,
drainage, dérivation ou tout autre Gestion des déchets
procédé : 1° capacité totale Il s’agit des matériaux extraits en
maximale des installations de cours de travaux qui seront dans le
prélèvement supérieure ou égale meilleur des cas réemployés.
à 80 m3 / h... A L’évacuation des déblais excédentaires
2° capacité totale maximale des sortant de l’emprise du chantier doit être
installations de prélèvement réalisée conformément au Schéma
supérieure à 8 m3 / h mais d’Organisation de Gestion et
inférieure à 80 m3 / h... D d’Évacuation des Déchets SOGED (cf.
- 4.1.0. Assèchement, mise en eau, CCTP type terrassements).
imperméabilisation, remblais de
zones humides ou de marais, la
zone asséchée ou mise en eau
étant :
1° Supérieure ou égale à 1 ha... A
2° Supérieure à 0,1 ha, mais
inférieure à 1 ha... D »
18 Drainage
*Cette rubrique ne concerne généralement
pas les infrastructures routières et est
surtout utilisée dans le cadre du drainage
agricole.

Drainage dans un projet routier neuf


2.1.7 - Evaluation des débits Schéma n° 3 : débits de la nappe en
fonction de la perméabilité des sols
Drainage des sols support pour un côté de tranchée et une
longueur de 100 m
Les diagrammes, regroupés en annexe n°
3.1 et dont un cas seulement est
présenté ci-après, (cf. schéma n° 3)
indiquent les ordres de grandeur des
débits de drainage (en litres par heure et
pour une longueur de 100 m) dans le cas
d’une tranchée drainante captant d’un
seul côté dans divers contextes. Ces
derniers sont différenciés par la
perméabilité du milieu, l’épaisseur de la
nappe, la profondeur de rabattement (cf.
schéma n° 4)
Les diagrammes montrent que, pour la
plupart des sols, et ce quelle que soit la
géométrie de la nappe et du dispositif de
rabattement, des diamètres de drains
courants (100-150 mm) sont a priori
largement surdimensionnés. En pratique,
il faut cependant tenir compte d’autres
phénomènes tels que :
• la diminution du diamètre utile du
drain par ovalisation, écrasement ou
obstruction (accumulation de sédiments
décantés, en particulier dans le cas des
contre pentes ou encore présence de
racines, animaux etc.) ;
• les venues d’eau parasites ou non
prévues : si par exemple, le réseau de
drainage est mis en place en phase
terrassement, il constituera souvent
pendant cette période, non seulement
l’unique exutoire des eaux de nappe mais
également celui des eaux pluviales. Le
diamètre des drains est dans ce cas trop
faible et le risque d’obstruction par la
boue est réel ;

20 Drainage
• la difficulté dans l’appréciation de la
perméabilité des sols.
Pour toutes ces raisons, nous proposons :
•d’utiliser des drains de diamètre de 100 ou
150 mm pour tous les cas courants
(rabattement inférieur à 2 m et sols de
perméabilité inférieure ou égale à 1.10 -5
m/s) ;
•de déterminer le diamètre nécessaire à
l’issue d’une étude hydrogéologique
spécifique pour tous les autres cas. Cette
étude déterminera en particulier le
surdimensionnement à prendre en compte
pour le diamètre du drain (avec coefficient
multiplicateur pour les débits ≥ à 3).

Schéma n° 4 : débits en fonction de la


perméabilité du milieu, de l’épaisseur de la
nappe et la profondeur de rabattement.

Drainage dans un projet routier neuf


Drainage de la Chaussée
(cf. annexe 3.2 « Evaluation des débits à drainer au travers de la chaussée »).

FT : fissure
transversale PL :
fissure

Schéma n° 5 : représentation schématique des différents types d’écoulement sous chaussées et


accotement.
•Qe, à travers la couche de roulement ;
•Qft, par les fissures transversales, et Qfl, par les fissures longitudinales ;
•Qr, à l’interface chaussée accotement ;
•Qa, correspondant aux apports provenant de l’accotement et du bassin versant latéral ;
•Qi débits transitant aux interfaces ;
•Qs débits alimentant le sol support.

L’estimation par excès du débit des eaux d’infiltration est


donnée par la somme : Q = Qe + Qfl + Qft + Qr + Qa

Chaussée neuve ou
entretenue

Débit Débit Débit


Dénominat
minimum maximum maximum
ion
évalué évalué théorique(1)

Débit résultant de la perméabilité de 125 l/h


Qe 0,0125 l/h 3,75 l/h
l’enrobé (évoluant avec l’âge et la (enrobés
compacité) drainants)
Débit proportionnel au nombre de
Qf 1,25 l/h 25 l/h 250 l/h
fissures transversales et à leur
l
ouverture
Débit proportionnel au nombre de
Qf fissures longitudinales (y compris axe 1,00 l/h 15 l/h 150 l/h
l et rive Qr) et à
leur ouverture
Débit proportionnel à la
Qa 1,80 l/h 18 l/h 18 l/h
perméabilité des matériaux de
l’accotement
Débit total évacué par la chaussée
Q
par mètre linéaire 4,06 l/h 61,75 l/h 543 l/h

Tableau n° 1 : évaluation des débits des eaux d’infiltration.


(1) ce cas suppose que toute l’eau des précipitations s’infiltre dans une demie chaussée de 3,50 m

22 Drainage
L’évaluation des débits aboutit à une
drains ou de dispositifs de drainage
fourchette de 400 à 6 000 l/h pour 100
équivalent de Ø 100 à 150 mm.
m/linéaire ; pour les chaussées neuves
et entretenues, on pourra se
contenter de

Drainage dans un projet routier neuf


2.2- Travaux de terrassements 2.2.1 - Portance et circulation de chantier
La portance varie suivant la teneur en
eau, surtout pour les sols fins
En phase terrassement, les difficultés difficilement drainés.
(évolution des machines, compactage, Différentes solutions peuvent être
stabilité des plate-formes et des talus) proposées en fonction de la nature des
sont le plus souvent liées à un excès sols, de la position de la nappe et des
d’eau. Il est donc bien évident que l’on a conditions météorologiques :
tout intérêt à réaliser cette phase en
période sèche. 1e drainage par fossés ou tranchées
latérales pour les sols drainants ;
Le drainage dans cette phase peut, en l’efficacité de ce dispositif sera fonction
partie, remédier aux difficultés également de l’état de surface, d’où
rencontrées mais, lorsque ce besoin de l’importance du réglage de surface
drainage apparaît en phase de travaux et (pente en travers).
qu’il n’a pas été prévu au niveau du
projet, il est souvent trop tard pour agir lorsque le drainage est insuffisant
avec efficacité : les actions pour améliorer la portance, on
d’amélioration se répercuteront au envisagera soit :
niveau des coûts et des délais. •l’ apport de matériaux non sensibles à
l’eau en piste de chantier :
Pour ces raisons, il est nécessaire de - suffisamment dimensionnée, cette piste
définir avec précision dès la conception du pourra être réutilisée dans la couche de
projet des hypothèses de drainage en forme ;
liaison avec les prévisions météorologiques - souvent réalisée en matériaux
et hydrogéologiques du site (cf. chapitre graveleux drainants (piège à eau), la
1-2 « critères à prendre en compte lors piste devra être conçue pour permettre
d’une étude de drainage » et schéma n° une évacuation rapide des eaux
6). infiltrées (profil en toit accentué et
Pendant cette phase de travaux, les fossés latéraux, voire tuyaux drainants
objectifs poursuivis avec les techniques à la base) ;
de drainage sont les suivants : • le traitement des sols selon les
nécessités et les possibilités.
1 - Portance et circulation de chantier ;
On rappelle que les règles de l’art
2 - Amélioration de l’état hydrique des imposent le maintien des exutoires et des
matériaux à extraire ; fossés, l’entretien des surfaces (réglage,
3 - Interception des venues d’eau en lissage et compactage) cf. CCTG Travaux
déblai ; [8].

4 - Interception des venues d’eau en Le cas particulier des zones


remblai (stabilisation des talus de déblai compressibles doit être traité à part : si
et parfois des versants naturels). le problème de la portance peut être
réglé par la mise en place de pistes
épaisses à l’avancement
(éventuellement après curage), les
problèmes posés par l’amplitude et la
durée des tassements sous surcharge
imposent souvent le recours à des
techniques particulières de drainage
visant à expurger l’eau du sol support
plus rapidement par le biais de drains
verticaux ou de techniques plus pointues.
Ces méthodes particulières ne sont pas
traitées dans ce guide [14].

24 Drainage
Schéma n°6 : les trois principales causes provoquant un besoin de drainage en phase de travaux de
terrassement

Drainage dans un projet routier neuf


2.2.2 - Amélioration de l’état matériaux plus secs, à traiter au liant
hydraulique (le plus souvent à la chaux
hydrique des sols à réutiliser vive) ou à mettre en œuvre le matériau
L’amélioration n’est possible qu’au sein trop humide dans des conditions
de matériaux aptes au drainage et à adaptées (compactage moyen ou faible
condition que la durée du drainage mais en contrepartie limitation des
précédant l’extraction du matériau soit épaisseurs pour éviter des tassements
suffisante (cf. annexe 2) ce qui impose la trop importants). Ces techniques sont
mise en place du système de drainage développées dans le guide « Réalisation
bien avant les terrassements proprement des remblais et des couches de forme »
dits. [9].
Il ne faut cependant pas en attendre de Les dispositifs les plus couramment
miracle : dans la plupart des sols fins, les adoptés pour améliorer l’état hydrique
délais sont trop importants, la succion de matériaux de déblai, des sols supports
trop élevée ce qui ne permet pas de remblai et des sols servant pour une
d’obtenir (même si le drainage apporte piste de chantier sont :
une réelle amélioration) un abaissement •les fossés profonds ;
suffisant de la teneur en eau pour une • les écrans drainants ou les tranchées
réutilisation en l’état. drainantes en talus (qu’il est parfois
En complément, les solutions possible de mettre en place avant
consisteront à favoriser l’évaporation terrassement, même sans exutoire
(foisonnement - mise en place en gravitaire, par pompage ou dépression :
couches fines et étendues), à pompe à vide) ;
mélanger avec des •drainage vertical (cf. tableau n°2).

Dispositif de Conditions d’utilisation Inconvénients


drainage
Dispositif adapté en période de pré- Génère des matériaux de
terrassement pour améliorer les déblai à évacuer ou à
conditions hydriques des sols stocker.
moyennement à peu perméables se Organisation de la sécurité du
prêtant au drainage (Tableau n°14 chantier (accès restreint,
Fossé profond annexe 2). balisage, pente de talus
Réalisable avec des moyens adaptée...).
classiques, pour des profondeurs Diminution du volume global
d’action ≤ 5 mètres (éventuellement des déblais réutilisables.
6 ou 7 mètres selon les pelles).
Ne convient pas pour des
Convient pour des pentes de l’ordre matériaux facilement érodables.
de 2,5 % ou moins.
Dispositif à privilégier lorsque l’on Nécessite des moyens en
cherche également une stabilisation matériel et matériaux
des talus de déblai dans le long terme spécifiques, devant être
ou une diminution des pressions prévus par avance.
interstitielles. Nécessite des plans de
Adapté pour stabiliser des matériaux récolement et un entretien
homogènes et rabattre un niveau programmé.
Tranchée ou d’eau.
écran Conception pour des ouvrages
drainant courants jusqu’à 6 ou 7 mètres de
profondeur, et jusqu’à 20 mètres
avec des matériels particuliers
(haveuse).
Convient pour toutes les pentes de
profil en long.
Génère peu de déblai, et s’intègre
discrètement au projet.
Peut fonctionner temporairement sans
exutoire gravitaire (pompe à vide).

26 Drainage
Adapté dans le cas de rabattement Nécessite des moyens en
de nappe située dans un contexte matériel et matériaux
Drainage vertical d’alternance de couches perméables spécifiques, devant être
par et peu perméables. prévus par avance.
pompage Convient surtout aux sols très Contraintes de chantier.
perméables où les débits sont élevés.
Adapté pour le rabattement de nappe Nécessite des moyens en
Drainage vertical dans des matériaux sableux et pouvant matériel spécifique,
par pointe présenter des phénomènes de devant être prévus par
filtrante boulance*. avance. Contraintes de
chantier.

Le tableau n°2 : dispositifs d’amélioration des états hydriques des sols (cas d’utilisation les plus
courants)

Drainage dans un projet routier neuf


2.2.3 - Interception des venues d’eau (surtout si l’écran peut jouer le rôle
de soutènement : palplanches,
en déblai parois moulées) (cf. schéma n°7).
Photo n° 2 : fossé, utilisé pendant la phase
Venues d’eau généralisées et stabilisation de talus terrassement et intégré au projet définitif,
C’est le cas traditionnel où la « ligne interceptant des venues d’eau circulant à
rouge » intercepte la « ligne bleue », l’interface entre des sables et un
c’est-à-dire lorsque les terrassements substratum argileux (A85 - Romorantin
descendent sous le niveau de la nappe Theillay)
phréatique. Les conditions de
terrassements pourront être en partie
améliorées si :
•le profil en long est remonté au
maximum en prenant en compte les
objectifs de l’insertion paysagère ;
•le réseau de drainage est mis en place
suffisamment à l’avance (voir §
précédent) ;
• la période des terrassements est
programmée en période de basses eaux1.
Dans tous les cas de ce type, une étude
hydrogéologique particulière s’impose
(cf. annexe 1). Elle précisera en
particulier les débits , les conditions de
stabilité des talus et proposera des
parades adaptées (rabattement de
nappe, masque drainant, etc.)
Les solutions sont les mêmes que dans le
cas précédent
§2.2.2 (fossés tranchées, puits etc.) La
différence essentielle réside dans la
stabilisation des talus : si les solutions
précédentes permettent de couper les
venues d’eau, elles ne garantissent pas
nécessairement la stabilité des talus (en
particulier pour les fossés).
Pour assurer cette stabilité, on aura
recours aux tranchées drainantes, aux
fossés latéraux, à la mise en place de
dispositifs tels que les masques et
éperons drainants (à noter qu’il est
parfois possible de limiter
l’appareillage d’un seul côté lorsque les
sens d’écoulement sont bien marqués et
transverses par rapport au déblai).
Il faut par ailleurs rappeler que la
solution « écran étanche » représente
parfois une variante intéressante

28 Drainage
Venues d’eau ponctuelles travaux par des constats contradictoires.
Dans les cas les plus courants d’arrivées Par ailleurs, lorsque les désordres qui
d’eau ponctuelles (sources, zone faillée), la pourraient se manifester sont sans
solution la plus fréquente est l’éperon danger ni pour l’ouvrage ni pour les
drainant. L’eau est évacuée vers un usagers et que les venues d’eau ne sont
collecteur drainant en pied de talus relié à pas visibles au moment des travaux, une
un exutoire. solution pragmatique consiste également
à effectuer le minimum de travaux, à
Lorsque l’on est confronté à certains savoir un simple réglage, sur les talus et
matériaux rocheux où les écoulements de laisser passer un premier hiver.
empruntent des cheminements préférentiels,
par exemple les calcaires avec leurs réseaux Ceci permettra de localiser avec
« karstiques », ces cas particuliers appellent précision les venues d’eau (eau gelée,
des solutions spécifiques (fossés, collecteurs, débits plus importants, apparitions des
puits) qui ne sont pas traitées dans ce guide. premiers désordres), puis d’effectuer les
travaux de drainage.
Venues d’eau ponctuelles non prévisibles
L’étude géotechnique ne permet pas
toujours de localiser toutes les venues
d’eau ponctuelles. Dans les cas les plus
simples, l’implantation et le
dimensionnement définitif des ouvrages de Schéma n° 7 : interception de la nappe,
drainage pourra se faire au cours des travaux étanchéité latérale et stabilisation des talus de
de terrassement. Le marché prévoira une déblais par écran étanches ou soutènement
quantité estimative, précisée en cours de étanches

(1) Les nappes varient le plus souvent avec les saisons, les « hautes eaux » se situant le plus souvent en hiver-printemps, les «
basses eaux » en été et début automne.

Drainage dans un projet routier neuf


2.2.4 - Interception des venues Cas particulier des versants naturels
d’eau en remblai Le drainage, superficiel ou profond, est
une des techniques les plus efficaces et
Cas général les plus employées pour stabiliser les
versants naturels instables (cf. guide
L’interception par drainage des venues « Stabilisation des glissements de
d’eau dans le cas des remblais s’impose terrain » [17]). Il est cependant utile de
dans les cas suivants (cf. schéma n° 8 et savoir que la plupart de ces désordres ne
tableau n° 3) : sont que la réactivation de désordres
anciens et qu’ils sont par conséquent le
plus souvent détectables par une bonne
étude géotechnique* et
hydrogéologique* avant les travaux (cf.
annexe 1).

Cas ① par la chaussée ou réseau divers


Cas ② par la zone de transition déblai-remblai Cas ③ par des résurgences à flanc de versant sous le remblai
Cas  par des remontées capillaires
Cas ⑤ par le biais de points bas du profil en long
Cas ⑥ par arrêt sur un obstacle (piedroit* d’un ouvrage)

Schéma n° 8 : identification des possibilités d’alimentation en eau vers le remblai


Suggestions de
Cas Exigences de drainage
dispositifs (hors

dimensionnement)

Transition déblai-remblai
Cette zone fait l’objet d’une
2 La zone de transition constituée de substitution par des matériaux
matériaux altérés souvent perméables drainants associés à des drains en
favorise l’infiltration d’eau et la formation fond de fouille, reliés à un
d’un piège à eau. exutoire.
Résurgences en surface
L’étude géotechnique doit recenser les
apparitions ou les résurgences d’eau à Ces zones sont assainies au moyen
3
flanc de versant. Ces zones se de couche drainante et d’un drain
retrouvant sous le remblai sont à relié à un exutoire.
l’origine
d’infiltrations lentes et continues, pouvant
« saper » la base du remblai.
Il suffit d’intercepter les remontées
Zone de nappe affleurante d’eau par le biais d’une couche
Les remblais en matériaux fins tels que drainante dont l’épaisseur sera
des limons ou des cendres volantes, supérieure aux tassements estimés
4 peuvent favoriser des remontées d’eau et sera d’au minimum 1 mètre.
capillaire dans le corps de remblai
Les zones humides peuvent
lorsque également faire l’objet d’une
le sol support de remblai se situe dans une opération de drainage afin
zone compressible ou de nappe d’évacuer l’eau du sol support et
affleurante. Ce phénomène est d’autant améliorer la portance par des
plus important que le matériau utilisé est tranchées / écrans drainants ou des
constitué de sols fins à l’état sec. fossés profonds.
Points bas du profil en long
Les points bas du profil en long font Réalisation d’épis drainants
5

30 Drainage
l’objet d’un drainage classique pour reliés à un exutoire.
éviter l’accumulation d’eau dans le cas
de matériaux sensibles à l’eau.
Si le matériau constituant le
Les obstacles et les points durs tels
remblai technique est insensible à
que les ouvrages d’art et soutènements
6 l’eau le drainage s’effectuera
doivent être drainés pour éviter
gravitairement, dans le cas
l’accumulation d’eau au contact avec le
contraire des solutions avec un
remblai, du côté amont de la pente.
géocomposite peuvent s’envisager.
Tableau n°3 : solutions de drainage pour les différents cas d’interception des venues d’eau en remblai

Drainage dans un projet routier neuf


2.3- Plates-formes support de •le sol en place (épaisseur prise en compte environ
1 m) ;
chaussées •une épaisseur moindre de sol en place
traité aux liants hydrauliques ;
• une épaisseur variable de matériau de
Elles sont constituées de deux entités :
substitution ou d’apport.
•la couche de forme ;
La définition des cas possibles fait l’objet
• la Partie Supérieure des Terrassements
du guide pour la « Réalisation des
(PST) dont la surface constitue l’arase
remblais et des couches de forme »[9].
(AR).
Selon ce document, la nature du support
La définition de ces entités et de leur (sol en place ou remblai) sa sensibilité à
classement fait l’objet du guide « l’eau et son état hydrique permettent de
Réalisation des remblais et des couches distinguer 7 cas de PST (PST0 à PST6).
de forme » [9] voir schéma n°9. La qualité (Portance) de la PST
différencie quant à elle 4 catégories
d’arase (AR1 à AR4).
2.3.1. - Partie Supérieure des Terrassements La prévision des besoins de drainage
(PST) de la PST et des dispositifs possibles
impose la connaissance et l’identification
La définition du besoin de drainage de la des sols supports (en particulier,
Partie Supérieure des Terrassements
appréciation de leur aptitude au
(P.S.T.), répond à deux problématiques :
drainage), des niveaux de nappe
• le classement de la PST selon le guide extrêmes (piézométrie) et des zones de
[9] et son éventuelle amélioration : tous venues d’eau ponctuelles. Le
les sols, sauf ceux insensibles à l’eau géotechnicien précisera notamment si
(naturellement ou après traitement) ont des études spécifiques sont nécessaires
des propriétés mécaniques qui s’altèrent pour préciser les premières
avec l’augmentation de teneur en eau. informations. Dans certains cas, il
Les opérations de drainage s’imposent pourra être important de réaliser une
donc lorsque la P.S.T est située dans un étude hydrogéologique sur au moins une
contexte hydrique défavorable et de année.
surcroît constituée de matériau sensible
à l’eau et au gel ; La connaissance des matériaux et des
conditions hydrogéologiques influent
•le traitement des points singuliers du
sur les stratégies de réalisation des
profil en long : certains points singuliers
terrassements.
du profil en long ou du profil en travers
sont des zones d’accumulation Le projet de drainage retenu sera issu de la
potentielle d’eaux d’infiltrations et confrontation économique des différentes
nécessitent ainsi un dispositif de techniques d’amélioration de l’arase
drainage spécifique. Sans être exhaustif, (drainage, traitement ou substitution) en
on peut citer : les zones de transition terme de faisabilité et d’efficacité, et des
déblai-remblai, les points bas en remblai, techniques (en particulier les
les fortes pentes, les points bas en épaisseurs) retenues dans le
dévers. dimensionnement de la structure de
chaussée.
Classement et amélioration de la PST (Partie Supérieure Vis-à-vis du drainage, on peut distinguer
des Terrassements) les 3 cas suivants :
La Partie Supérieure des Terrassements •en déblai ou profil rasant : dans la
(PST) dont la surface constitue l’arase plupart des cas, on aura intérêt à prévoir
(AR) peut être constituée par : un ouvrage utile en phase terrassement
et qui pourra être repris comme ouvrage
définitif. L’aspect sécurité est à prendre
en compte dès la conception du projet
(cf. guides [18] et [20]). Le tableau n° 4
propose le redimensionnement des PST-
AR grâce aux dispositifs de drainage ;

32 Drainage
Schéma n° 9 : définition des différents termes

Drainage dans un projet routier neuf


Portanc Portan PST-AR PST-
Type de sol Nappe e ce long initial Ouvrages de AR
initiale terme drainage final
Sol naturel Rabattement par
sensible à Baigné par fossés profonds,
la nappe nulle Très faible PST0-AR0 PST1-AR1
l’eau Etat th tranchées etc.

Sol naturel
sensible à Très Très faible PST1 Drainage inutile
l’eau Etat h faible
Sol naturel Rabattement par PST3-AR1
sensible à Nappe fossés profonds,
l’eau Etat m intermittent bonne Faible PST2-AR1
tranchées etc.
e

Sol naturel Pas de Faible Drainage de la


sensible à nappe ou bonne (infiltration PST3-AR1 chaussée et de la PST3-AR2
l’eau Etat m nappe pluie) couche de forme
rabattue (1)

Sol naturel Rabattement par


Amélioré par Baigné par Bonne à fossés profonds, PST4-AR2
la nappe Variable très bonne PST4-AR2 (2)
traitement tranchées etc.

Sol Rabattement par PST5 et


Non Baigné par fossés profonds, 6
la nappe Bonne Bonne PST 5 et
sensible A 6 tranchées etc. AR 2,3,4
l’eau (2)

34 Drainage
Tableau n° 4 : redimensionnement des PST - AR grâce aux dispositifs de drainage

(1)cf. § 2.3.2 : l’objectif étant d’éviter l’humidification du sol support de la chaussée, ce sera le domaine
préférentiel des écrans drainants en rive de chaussée (EDRC). A noter que les dispositifs de drainage en base de
couche de forme (dans le cas des couches de forme en matériau très perméable) tels que les drains, couches
drainantes, même s’ils sont indispensables, ne peuvent garantir l’absence d’infiltrations.
(2)le drainage demeure nécessaire pour diminuer la sensibilité au gel de la structure et pour améliorer les conditions de
terrassement.

Drainage dans un projet routier neuf


• en remblai : pas de drainage de la PST
(sauf cas particulier) ;
•lorsque le besoin de drainage est
nécessaire pour la PST et la couche de
forme, il pourra être judicieux
d’envisager un ouvrage commun
indépendamment du système
d’assainissement superficiel, tel que le
schéma de principe n° 10.
Le cas échéant, il conviendra de veiller à
l’implantation des ancrages de supports
(cf. § 4.1.2) par rapport au réseau de
drainage pour éviter leurs perforations.
Les ouvrages sont divers, drains
longitudinaux, tranchées, EDRC,
couches drainantes, épis drainants etc. Schéma n°10 : tranchée drainante implantée en pied de talus
(cf. chapitre 4).
En cas de necessité on peut compléter le
dispositif de drainage par :
•des drains transversaux dans la Partie
Supérieure des Terrassements (cf.
schéma n° 11) ;
• des drains obliques sur l’axe (en «
arêtes de poisson »), pour permettre
leur écoulement vers les drains
longitudinaux ou un drain longitudinal
axial (cf. schéma n° 12).
Il faut dimensionner la distance entre
deux drains et la profondeur des drains
en fonction des caractéristiques
hydrogéologiques et géotechniques du
site et du projet.

Remarque relative au gel :


• le drainage, en réduisant la quantité
d’eau, contribue à la protection de la
chaussée vis-à-vis du gel. Ce dispositif Schéma n° 11 : exemple de disposition de drainage complexe
n’élimine cependant pas totalement les
risques (cas des sols fins à succion
élevée) ;
•le mode de dimensionnement de la

Schéma n °12 : Répartition des drains ou saignées compleme

36 Drainage
Traitement des points singuliers du profil en long
L’arase des terrassements ou la PST
doivent faire l’objet de drainage dans les
cas suivants du profil en long : points
bas, zones de transition déblai-remblai
et pentes importantes.
•Les points bas : ils seront
systématiquement drainés par un
dispositif de type épi drainant ;
•la zone de transition déblai-remblai :
elle est traitée spécifiquement et de
manière quasi systématique. L’objectif
est de réaliser une purge des matériaux
de surface et de drainer les arrivées
d’eau éventuelles provenant du déblai Schéma n° 13 : exemple d’utilisation d’une couche drainante
(cf. schémas n° 13 et 14) ;
• les zones de forte pente (≥ 5 %) et de
surcroît sur un linéaire important (≥ 500
mètres) favorisent la collecte d’eau et
leur mise en charge éventuelle au niveau
des couches en matériau granulaire (PST
ou couche de forme). La solution
permettant d’éviter ce cas de figure est
de capter l’eau régulièrement par des
épis drainants. (cf. schéma n° 15)

Schéma n° 14 : exemple d’utilisation des drains en zone de tra

Schéma n° 15 : schéma de principe de positionnement de dra

Drainage dans un projet routier neuf


2.3.2 - Couche de forme • dans le cas d’une couche de forme
rapportée en matériau insensible à
Le dimensionnement de la couche de l’eau : le drainage est indispensable
forme est prévu dans le guide «
lorsqu’il y a risque de création d’un
Réalisation des remblais et des couches
véritable piège à eau qui pourra être
de forme » [9] :
alimenté par les eaux pluviales dès la
• dans le cas d’une couche de forme pose, avant la couverture par les
constituée par les sols en place : le chaussées. Le drainage s’effectuera le
drainage ne s’impose que sous le niveau plus souvent soit par tranchées latérales,
de la nappe, pour éviter les remontées de soit par drains longitudinaux latéraux
nappe au sein de la couche de forme ou disposés à la base de la couche de forme
l’ennoyage du projet. Il s’agira le plus combinés si besoin avec le drainage de la
souvent de tranchées latérales ; PST (cf. schémas n° 16, 17, 18 et 19).
•dans le cas d’une couche de forme
Dans tous les cas, si le rejet s’effectue
traitée aux liants hydrauliques : le
vers un fossé, le projeteur prendra soin
matériau traité pourra être considéré
de caler les exutoires au- dessus du
comme neutre (indifférent au drainage),
niveau d’eau maximum des fossés. (cf.
le drainage s’impose cependant sous le
schéma 20).
niveau de la nappe pour éviter les
remontées d’eau par la fissuration. Il
s’agit le plus souvent de tranchées
latérales qui peuvent être combinées
avec le drainage de la PST ;

Schéma n° 16 : en déblai ou profil rasant en zone hors nappe

Couche de forme (continuité


Tranchée hydraulique) Schéma n° 19 : mise en place d’un drain
Tranchée drainante
axiale latérale en bord de couche de forme.
complémentaire
si nécessaire

Schéma n° 17 : en déblai ou profil rasant en zone sous nappe drainée

38 Drainage
Schéma n° 18 : en remblai. Schéma n° 20 : calage des exutoires

Drainage dans un projet routier neuf


2.4- Chaussée
Une structure de chaussée peut voir ses
caractéristiques mécaniques et ses
performances diminuer très
nettement dans le temps en présence
d’eau, souvent à l’origine de pathologies
généralement irréversibles : apparitions
de flaches*, affaissements de rives,
faïençage, remontées de boues,
battement de dalle. C’est pour cela que
l’on recherchera également à drainer le
corps de la chaussée.

Schéma n° 21 : fonctions à assurer et


emplacements possibles des dispositifs de
drainage

Les besoins de drainage de la structure


de chaussée dépendent étroitement de
la nature des matériaux et des points
singuliers (Terre-Plein Central et de la
Bande d’Arrêt d’Urgence).
On pourra se reporter au chapitre 3 pour
la description des désordres rencontrés
sur chaussées en l’absence de drainage et
pour le recensement des points
singuliers de la chaussée vis-à-vis du
drainage.

2.4.1 - Dispositifs de drainage des


couches de chaussées
Le tableau n° 5 synthétise les
principales exigences de drainage, en
apportant des éléments de réponse en
terme de dispositifs de drainage
possibles.

40 Drainage
Couche de
Exigences de drainage Dispositifs de drainage
chaussée
possible
Matériau Pas d’exigence de
x drainage stricto sensu
bitumineu (sauf enrobés drainants)
x mais rôle de protection
des couches sous-
jacentes à assurer par :
•entretien du
revêtement, imper-
méabilisation… ;
•contrôle du
compactage des
joints, du collage
des couches.
Matériau •évacuation des •en entretien : imperméabilisation du revêtement de surface ;
traité eaux infiltrées dans •en prévention : préfissuration des couches traitées aux liants
aux les fissures. hydrauliques ;
liants s •solution 1 : drainage latéral sur la hauteur de la couche en
hydrauliq rive de chaussée côté accotement ou côté terre-plein central
ue (selon la pente du profil en travers), par des tranchées ou des
écrans drainants
•solution 2 : drainage latéral par les accotements ou le terre-plein
central (selon la pente du profil en travers), constitués en matériau
drainant et une évacuation des eaux vers un exutoire par des
drains.

Béton •évacuation des •en prévention : étanchéification des fissures par des joints en
eaux infiltrées dans produit imperméable (joint d’arrêt, de fin de journée, joint
les fissures. longitudinaux et transversaux, contacts entre la dalle et le terre
plein central, la bande d’arrêt d’urgence ou l’accotement) ;
•réalisation d’une couche drainante sous la structure béton ;
•pour les structures en béton armé, association d’un drainage
latéral par :
- solution 1 : des ouvrages longitudinaux tels tranchée ou écran
drainant ;
- solution 2 : des accotements en matériau drainant et une
évacuation des eaux vers un exutoire par des drains.

Graves •évacuation des •en prévention et en entretien : imperméabilisation du revêtement


non eaux libres, de surface ;
traitées diminution des •choix d’une GNT drainante :
pressions
interstitielles ; - solution 1 : drainage latéral sur la hauteur de la couche en rive
de chaussée côté accotement ou côté terre-plein central (selon
•éliminer les la pente du profil en travers), par des tranchées ou des écrans
accumulations d’eau drainants ;
dans les points bas.
- solution 2 : drainage latéral par les accotements ou le terre-
plein central (selon la pente du profil en travers), constitués en
matériau drainant de perméabilité supérieure à celle de la GNT
et une évacuation des eaux vers un exutoire par des drains ;
•drainage transversal des points bas par des épis drainants.

Drainage dans un projet routier neuf


Tableau n° 5 : dispositifs de drainage en fonction des exigences de drainage

42 Drainage
2.4.2 - Dispositifs de drainage des Îlot séparateur, îlot directionnel et îlot obstacle
points singuliers Selon la pente de la plate-forme support,
un ou deux drains (obstrués en amont)
Accotement et Bande d’Arrêt d’Urgence (BAU) seront posés en limite de chaussée sous
l’îlot et raccordés en fin d’ouvrage par
L’eau infiltrée sous accotement ou Bande une demi-traversée vers un système
d’Arrêt d’Urgence (BAU), doit s’évacuer collecteur en rive de chaussée. Ces
soit par un drain au point bas du profil drains devront être résistants pour ne
en travers soit par un fossé profond pas s’écraser lors de la mise en œuvre
latéral lorsqu’il y a continuité de la des matériaux constituants l’îlot.
structure sous BAU jusqu’au fossé.
Giratoire
Terre-plein central
Les règles de sécurité y excluent les
Pour permettre l’implantation des fossés latéraux au profit des dispositifs
supports pour glissières, des supports enterrés.
pour l’éclairage, des systèmes de
collecte des eaux de ruissellement,
l’ouvrage de drainage pourra être décalé
de l’axe du terre-plein central.
Le système de drainage doit amener les
eaux collectées, soit au passage
déblai/remblai vers une demi-traversée,
soit à l’amont d’un ouvrage de type
passage inférieur (portique, cadre ou
buse métallique) vers une demi-
traversée également.
Dans tous les cas, le drain doit être assez
profond pour supporter sans dommage
la circulation de chantier (cf. chapitre
4.3.1, les caractéristiques des
traversées). Il devra être positionné de
façon à pouvoir collecter les eaux
circulant au dessus d’un niveau peu
perméable (la plate-forme support de
chaussée généralement).
Dans le cas des chaussées avec inversion
de dévers, les eaux ont tendance à se
concentrer dans le terre-plein central. Il
faut prévoir un drain enterré disposé au-
dessus du collecteur (cf. schéma n° 22).

Drainage dans un projet routier neuf


Schéma n° 22 : implantation d’une tranchee drainante dans le TPC
le drain est donc particulièrement
vulnérable aux percements effectués en
aveugle après sa mise en place. Une
inspection de ce drain en fin de travaux
semble une précaution élémentaire

44 Drainage
Drainage dans un projet routier neuf
Chapitre 3

3 - Drainage d’une chaussée existante

3.1 - Type de désordres rencontrés sur chaussées 34


3.1.1 - Cas des chaussées souples 34
3.1.2 - Cas des chaussées rigides ou semi-rigides 35
3.1.3 - Cas des chaussées en béton de ciment 35
3.1.4 - Cas des couches en matériaux bitumineux 35
3.1.5 - Cas des chaussées en matériaux modulaires 35
3.1.6 - Recensement des points singuliers de la chaussée 35
3.2- Établissement du diagnostic 36
3.2.1 - Recueil des informations 36
3.2.2 - Élaboration du diagnostic 37
3.3- Définition des solutions de travaux 38
3.4- Dimensionnement ou évaluation des débits à drainer au travers de la chaussée 38

Drainage d’une chaussée 3


3.1 - Types de désordres
rencontrés sur chaussées

3.1.1- Cas des chaussées souples


Les Graves Non Traitées (GNT) qui
constituent l’assise des chaussées
souples présentent un comportement
mécanique qui dépend étroitement de
leur teneur en eau. L’augmentation des
teneurs en eau résiduelles induit une
baisse du module de rigidité et une
augmentation des déformations
permanentes.
Les structures de chaussées en GNT
doivent plus que toutes autres faire
l’objet d’un drainage soigné, car les
Une teneur en eau excessive pathologies qui se développent
dans les couches de chaussées apparaissent rapidement sur plusieurs
due à des infiltrations mètres (cf. photo n° 3). Le manque de
d’origines diverses (eaux de drainage pour les chaussées sous-
ruissellement, eaux internes...) dimensionnées se traduit alors par :
provoque de façon très •des déformations permanentes.
significative une accélération L’orniérage longitudinal à grand rayon de
du vieillissement des courbure qui se crée sous le passage des
chaussées. Ces dégradations roues des poids lourds et dont la largeur
augmentent lorsque des de trace peut atteindre 0,80 m est le plus
phénomènes de gel-dégel caractéristique. On note aussi
s’additionnent. l’apparition de flaches* d’affaissement de
Les couches de roulement des rives ;
chaussées laissent passer des •de la fissuration longitudinale dans les
quantités d’eau non bandes de roulement. Elle apparaît dans
les bandes de roulement, se ramifie et se
transforme en un faïençage à mailles
plus serrées.
Une chaussée souple soumise aux
infiltrations avant une période de gel
présente en période de dégel une
accélération de ces deux types de
dégradations.

34 Drainage
Photo n° 3 : exemple d’orniérage d’une Photo n° 4 : développement de l’érosion autour
chaussée souple causé par l’assise non traitée d’une fissure dans des graves hydrauliques de
et le sol support (photo Sétra) structures renforcées, R.N. 59 à St Dié
(photo J.L. BIETH, CETE de l’EST - LRPC
Strasbourg)

Drainage d’une chaussée 3


3.1.2 - Cas des chaussées rigides ou 3.1.4 - Cas des couches en
semi- rigides matériaux bitumineux
Les matériaux traités aux liants L’effet de l’eau est peu significatif par
hydrauliques sont peu ou pas sensibles à rapport aux dommages crées par la
l’action de l’eau, grâce aux fatigue mécanique. En revanche,
caractéristiques mécaniques l’apparition de fissures favorisera
développées par la prise hydraulique. l’infiltration d’eau dans les structures
Les infiltrations d’eau sont favorisées sous-jacentes.
dans les cas suivants : Il n’est pas nécessaire de drainer ces
•en présence de fissures transversales couches, mais leur entretien est
de retrait ce qui augmente la taille des primordial, car il est garant de l’imper-
fissures et diminue le collage entre méabilisation par protection des couches
couches ; sous-jacentes.
•lorsque la fissuration verticale atteint le
sol support, il y a perte de portance,
développement du phénomène de 3.1.5 - Cas des chaussées en
pompage, remontées de boue, puis du
faïençage de forme circulaire et enfin
matériaux modulaires (pavés et dalles)
des flaches* et des nids de poules (cf. L’eau peut s’accumuler dans le lit de pose en
photo n° 4) ; sable.
•lorsqu’il y a un défaut de compactage
du joint entre les bandes formées à la
mise en œuvre. 3.1.6 - Recensement des points
Dans le cas des structures mixtes, on singuliers de la chaussée vis-à-vis du
observe les mêmes types de dégradations
(quoique plus rarement) liées à la nature
drainage
de la couche de fondation. Ces Certains points singuliers nécessitent un
dégradations sont atténuées toutefois en drainage adapté par exemple :
raison de l’épaisseur des couches • les îlots centraux et le TPC (souvent
bitumineuses. constitués de Grave Non Traitée ou de
béton maigre) (cf. photo n° 6) ;
•les piédroits d’ouvrage.
3.1.3 - Cas des chaussées en
L’eau peut facilement s’y infiltrer et se
béton de ciment concentrer soit du fait d’une forte
Pour les chaussées rigides, le « pompage perméabilité soit du fait de la fissuration
» provoqué par l’accumulation d’eau au importante ou d’un mauvais état de
droit des joints de dalles et en rives a surface.
été reconnu comme étant la cause L’accumulation progressive d’eau peut
majeure des dégradations des chaussées créer une zone de faiblesse mécanique
en béton par battement de dalles et mise ou, le plus souvent, être un point de
en « marches d’escalier » (cf. photo n° ressuage de l’eau accumulée, ce qui
5). constitue une zone sensible (glissance,
gel qui sont des facteurs d’accident
notamment pour les 2 roues).

36 Drainage
Photo n° 5 : exemple de dégradation dans Photo n° 6 : les résurgences depuis les îlots
une chaussée en béton (photo Sétra) centraux (photo CETE Normandie-Centre, LRPC
Blois)

Drainage d’une chaussée 3


3.2 - Établissement du • l’environnement hydrogéologique
(h) de la chaussée : importance de
diagnostic l’alimentation en eau par le bassin
versant, résurgences d’eau, nappe
affleurante, remontées d’eau
Le diagnostic doit permettre la capillaire ;
distinction entre les dégradations liées à • l’efficacité du dispositif de drainage interne
l’eau et les dégradations liées à un sous- éventuel
dimensionnement de la structure ou à un (d) : mauvais état des drains et des exutoires ;
autre problème de qualité de l’ouvrage. •la sensibilité à l’eau et l’aptitude au
drainage des sols supports (s) ;
3.2.1 - Recueil des informations •et la sensibilité à l’eau et l’aptitude au
drainage des couches de matériaux de
Le risque que ces dégradations se chaussées (m).
développent rapidement en présence d’eau
excédentaire, peut s’évaluer à partir des L’analyse des besoins de drainage résulte
d’un constat de terrain (visite en continu
six paramètres principaux suivants :
de l’itinéraire qui permettra de détecter
• le manque d’étanchéité du les secteurs sensibles et de faire la part
revêtement (r) : le mauvais état entre un déficit de drainage et un défaut
général du revêtement, perméabilité structurel du corps de chaussée).
des revêtements, fissurations ... sont
des causes d’infiltration d’eau dans la Un recueil d’ informations devrait
structure ; comprendre, outre le schéma
d’itinéraire, un relevé de dégradations,
• l’assainissement des eaux
un dossier de récolement des dispositifs
superficielles (a) : fossés inexistants,
d’assainissement s’il existe et si cela est
entretien des fossés et des accotements
nécessaire une étude géotechnique* ou
inexistant, retenues d’eau, accotements
hydrogéologique*. Il peut être envisagé
surélevés, importance des débits observés,
également une inspection visuelle des
contexte topographique défavorable ;
regards et des exutoires, de réaliser des
sondages, des mesures de déflexion...

38 Drainage
Tableau n° 6 : exemple de synthèse de notes sur un itinéraire (note 0 = absence de problème, note 2 =
problème important).

Drainage d’une chaussée 3


3.2.2 - Élaboration du diagnostic profil mixte ou en successions de
déblais et de remblais ; a = 2 :
Le diagnostic pourra être réalisé à l’aide assainissement superficiel inefficace,
des outils décrits dans les paragraphes fossés inexistants ou en mauvais état,
suivants. accotements surélevés ou très
déformés retenant les eaux de
Systèmes de notation ruissellement. La route (ou la section
À chaque section identifiée, une note de considérée) est située en terrain
risque est attribuée dans un tableau plat. L’écoulement des eaux dans les
d’analyse et de constat. En sommant les fossés et dans les ouvrages de
facteurs de risque, le schéma d’itinéraire drainage est très médiocre, les
permet de repérer les zones sensibles exutoires sont inopérants.
nécessitant a priori du drainage. Les Environnement hydrogéologique
zones les plus sensibles ont la note la de la chaussée, h h = 0 : la nappe
plus élevée. est inexistante ou très profonde (à
L’évaluation des conditions hydriques de plus de 5 m sous la chaussée). La
l’itinéraire est établie par sections « chaussée n’intercepte ni
homogènes » de 200 m de longueur, pour
chacun des paramètres r, a, h, d, s, m
décrits ci-après et en utilisant un barème
de notation à trois niveaux : 0 =
conditions ne favorisant pas les
dégradations par l’eau (et le gel) ;
1 = conditions moyennes pouvant
contribuer à l’apparition ou à
l’évolution rapide des dégradations par
l’eau (et le gel)
; 2 = conditions déterminantes réunies
pour l’apparition ou l’évolution rapide des
dégradations par l’eau (et le gel).

Interprétation du tableau
Étanchéité du revêtement, r
r = 0 : couche de roulement en enrobés
bitumineux en bon état (compacité de
l’enrobé > 93 % pour 95 % des
mesures) ;
r = 1 : couche de roulement en enrobés
de compacité insuffisante ou constituée
par un enduit superficiel en bon état ;
r = 2 : couche de roulement
relativement perméable
>10-7 m/s et comportant des fissures non
étanchées.
Assainissement superficiel, a
a = 0 : assainissement superficiel
entretenu et efficace (fossés en bon état,
accotements imperméabilisés ou très bon
ruissellement sur les accotements vers
les fossés...), contexte topographique
favorable au ruissellement (route en
remblai de hauteur > 1m). Le profil en
long permet un écoulement satisfaisant
des eaux de ruissellement ; a = 1 :
assainissement superficiel peu efficace,
écoulement des eaux de ruissellement
moyen (présence de végétation dans les
fossés), fil d’eau en rive de chaussée bien
que les accotements soient dérasés,
accotements végétalisés perméables. La
route (ou la section considérée) est en

40 Drainage
circulation d’eau, ni résurgence Sensibilité des matériaux d’assise de
permanente ou non ; h = 1 : possibilités chaussée, m m = 0 : BAC, Grave
d’alimentation en eaux internes par le bitume (base et fondation) ;
bassin versant latéral ; m = 1 : Graves hydrauliques, béton, structure
h = 2 : profil mixte avec alimentation en mixte ;
amont, zone de transition déblai - remblais, m = 2 : Graves non traitées.
forte puissance du bassin versant latéral
(alimentations en eau du corps de la Grille de décision
chaussée par des circulations dans les La note de synthèse s’établit par sections
fissures de la roche ou par des couches plus élémentaires d’au moins 100 mètres de
perméables dans le profil géotechnique long. Elle correspond à la Note de risque
naturel). La nappe varie dans une plage qui hydrique = r + a + h + d + s + m
recoupe la PST, voire la couche de forme et Cette note représente le risque dû à une
la fondation de la chaussée. combinaison de facteurs défavorables et
Drainage de la chaussée, d permet l’évaluation d’un itinéraire quel
d = 0 : un dispositif de drainage interne en que soit son état.
bon état existe. Sa position dans le profil en La note de risque varie entre 0 et 12 et
travers lui permet d’évacuer les circulations fait apparaître les zones sensibles à
d’eau dans la structure de chaussée et dans partir de l’échelle de risque suivante :
le sol support, plus particulièrement dans les •pas de risque d’évolution : 0 à 3
zones critiques ; •risque faible : 4 à 7
d = 1 : un dispositif de drainage existe, sa •risque important d’évolution : 8 à 12.
position dans le profil en travers est assez La mise en évidence des zones sensibles
satisfaisante, mais l’état d’entretien du selon la procédure décrite ci-dessus
réseau de drainage est tel qu’il n’est pas permet de définir les sections
d’une efficacité absolue ; d’intervention quand il y a convergence
d = 2 : pas de dispositif de drainage ou entre :
dispositif ne fonctionnant pas ou inadapté au •les zones avec notes de risque les plus
contexte local. élevées : note de risque élevée comprise
Sensibilité des sols support, s entre 8 et 12 ;
s = 0 : sol insensible à l’eau ou sols support •l’analyse de l’état structurel de la
traités (avec effet durable dans le temps) ; chaussée : déflexions dm > 200/100 mm,
s = 1 : sols supposés sensibles à l’eau, mais relevé de dégradations significatif de
ne manifestant pas de signe de sensibilité à désordres (battement de dalle,
l’eau ; remontées de boues, orniérage
s = 2 : sols sensibles à l’eau. longitudinal...).

S’il y a convergence entre une note de risque élevée et un mauvais état structurel de la chaussée,
c’est que les dégradations de la chaussée sont dues à l’eau ou aggravées par elle et que des
travaux de drainage sont justifiés.
S’il n’y a pas convergence, c’est que les dégradations sont d’un autre ordre (sous-dimensionnement

Drainage d’une chaussée 4


3.3- Définition des solutions de 3.4 - Dimensionnement ou
travaux évaluation des débits à drainer au
travers de la chaussée ancienne
(cf. annexe 3.2)
Les dispositifs de drainage à envisager
peuvent être multiples. L’analyse des Dans le cas d’une chaussée ancienne,
paramètres ayant servi à établir la note le dispositif de drainage doit permettre
de risque doit aider à les définir. Le l’évacuation de l’eau en excès dans la
tableau n° 7 résume les différents structure de chaussée et éventuellement
moyens d’action (les dispositifs de dans le sol support jusqu’à 1 m sous la
drainage proprement dit étant décrits structure de chaussée (PST) ; on pourra
plus en détail dans le chapitre 4) ; ces se contenter de drains ou dispositifs
moyens ne devront pas dégrader la équivalents de Ø 100 mm à 150 mm pour
situation par rapport au traitement des un débit maximum largement inférieur à
obstacles latéraux dans le cas du 10000 l/h pour 100 m linéaire : un drain
reprofilage des fossés par exemple [20]. de Ø 100 à 150 mm sera presque
toujours suffisant.
Les autres cas feront l’objet d’études
spécifiques : rabattement de nappes,
fissuration importante ou état de surface
fortement dégradé.

Paramètre Exigences de drainage Solutions et dispositifs de drainage possibles


Etanchéité du Imperméabiliser le Pose d’un enduit, d’un pontage, fraisage et réfection de la
revêtement (r) revêtement couche de roulement.
Assainissement Rétablir les écoulements, Remise en état des systèmes d’assainissement :
superficiel (a) éviter les stagnations d’eau •examen des sens d’écoulement des eaux, augmentation
des pentes, création d’exutoires plus opérants ;
•curage et reprofilage des fossés ;
•dérasement des accotements ;
•réalisation de saignées superficielles(1) ;
•étanchéification et remise en état des cunettes ;
•vérification de l’état des exutoires, des regards de visite ;
•curage des canalisations ;
•modification du profil en long (de la chaussée ou des systèmes
de drainage
existant) ou du profil en travers ;
Environnement Interception des arrivées •captage des arrivées d’eau en talus par
hydrogéologique d’eau, rabattement de la des éperons ou des masques drainants ;
défavorable (h) nappe sous le niveau de la •rabattement du niveau de la nappe (drain subhorizontal,
PST, création ou entretien tranchée ou écran drainant, pompage) ;
des exutoires. •interception des alimentations en eau superficielle (fossé
Selon la complexité des profond, tranchée ou écran drainant) ;
cas, une étude
hydrogéologique* peut
être nécessaire pour
dimensionner les
ouvrages et définir
leurs
caractéristiques.
Drainage de la Remise en état ou •curage des canalisations ;
chaussée (d) réfection du réseau de •vérification et remise en état des drains, des exutoires, des
drainage regards de visite ;
Sensibilité des Protection des sols supports •interception des alimentations en eau superficielles ou des
sols support (s) sensibles à l’eau infiltrations d’eau par les accotements (tranchée ou écran
d’éventuelles infiltrations. drainant) ;
L’amélioration de l’état
hydrique des sols lorsque
ceux-ci s’y prêtent (cf.
tableau n° 14 annexe 2)

42 Drainage
est un objectif difficile et
•réfection de chaussées et/ou substitution des sols ;
demandant un délai parfois
important. Dans certains
cas (sols très défavorables)
le drainage n’apportera
pas d’amélioration.
Sensibilité des Évacuation des eaux •réalisation de drains de rive de chaussée ;
matériaux de internes, protection des •imperméabilisation de la surface et des fissures, reprofilage,
chaussée (m) couches sous-jacentes par programmation de campagne d’entretien.
entretien et/ou réfection
de la couche de roulement
Tableau n° 7 : solutions et dispositifs en fonction des exigences de drainage
(1) dans le respect des règles de sécurité

Drainage d’une chaussée 4


Chapitre 4

4 - Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux


utilisés dans ces dispositifs

4.1 - Ouvrages et dispositifs de drainage 41


4.1.1 - Fossés profonds. 42
4.1.2 - Tranchées drainantes 44
4.1.3 - Saignées drainantes et épis drainants 47
4.1.4 - Écrans drainants de rives de chaussée (EDRC) 48
4.1.5 - Couches drainantes 50
4.1.6 - Puits (drainage vertical) 52
4.1.7 - Dispositifs de stabilisation de talus (masques et éperons) 54
4.2- Prescriptions relatives aux matériaux 56
4.2.1 - Matériaux drainants et filtrants 56
4.2.2 - Géotextiles et produits apparentés 58
4.2.3 - Drains ou tuyaux drainants 61
4.3- Ouvrages annexes 63
4.3.1 - Traversées 63
4.3.2 - Regards de visite 63
4.3.3 - Exutoires 64

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces dispositifs
40 Drainage
4.1 - Ouvrages et dispositifs de
drainage

Photo n° 7 : réalisation mécanisée de


la tranchée (photo CETE Nord-
Picardie)
L’objet de ce chapitre est d’abord de
décrire les dispositifs de drainage les
plus courants, avec leurs principales
caractéristiques. Cette description doit
permettre au projeteur de s’assurer
que la méthode de drainage qu’il
envisage est bien adaptée et l’aider à
définir les spécifications
correspondantes.
La deuxième partie est consacrée aux
prescriptions relatives aux matériaux
utilisés dans ces ouvrages.
Les dispositifs de drainage décrits dans ce chapitre •Couches drainantes ;
sont les suivants : •Puits (drainage vertical) ;
•Fossés profonds ;
et, bien qu’il ne s’agisse pas réellement
•Tranchées drainantes ; d’ouvrages de drainage de plate-forme
•Saignées drainantes (et épis drainants) ; routière, les dispositifs de stabilisation
•Écrans drainants de rives de chaussée (EDRC) ; de talus (masques, éperons).

41

42 Drainage
4.1.1 - Fossés profonds remplacer le fossé profond par un
système de drainage enterré
(tranchée drainante).
Objectif
Ce type de fossé, de profondeur
supérieure à 50 cm, remplit
essentiellement deux fonctions : il
recueille les eaux de ruissellement et
permet le rabattement de la nappe sous
certaines conditions.
Il est très utilisé en phase provisoire,
pendant les terrassements. Dans ce
dernier cas, il peut parfois faciliter les
opérations en diminuant les teneurs en
eau des sols à extraire (réutilisation plus
aisée et traficabilité améliorée), cf.
annexe 2.
La sensibilité du milieu récepteur pourra
parfois interdire ou limiter l’utilisation
de cette technique où les eaux de
ruissellement et de drainage interne
sont mêlées.

Schémas type
En ouvrage définitif : (cf. schéma
n°23)
Pour le drainage des couches de
chaussées et du sol support, l’efficacité
d’un fossé profond est tributaire de son
positionnement qui doit être le plus
proche possible de la chaussée (distance
de la rive de la chaussée de 1 à 2 m) en
association avec un accotement en
matériau drainant.
Pour le réseau routier national et compte
tenu des contraintes de sécurité routière,
il n’est pratiquement plus possible
d’utiliser le fossé profond en tant
qu’ouvrage de drainage définitif des eaux
internes de la chaussée. Les règles de
sécurité imposent le respect d’une zone
de sécurité d’un minimum de 7 mètres
pour les routes neuves
multifonctionnelles et 4 mètres pour
celles existantes. Même en cas de mise
en place de glissières de sécurité, une
zone de récupération d’une largeur de 2
mètres comprise entre le bord de la
voie de circulation et le droit de la
glissière doit être respectée [18] [19] et
[20].
En conséquence, dans le meilleur des cas
l’axe du fossé profond se situera à plus de
4 mètres de la chaussée, ce qui le rend
du fait de son éloignement quasiment
inefficace dans son rôle d’ouvrage de
drainage. Il est donc préférable de
En ouvrage provisoire pendant les terrassement excéder celle que l’on donne à ce
: matériau en talus de déblai.
(cf. schéma n°24)
Dans le cas où les sols sont sensibles à
Une variante possible consiste à réaliser les l’érosion, les talus peuvent être revêtus
déblais par demi plate-forme. On l’utilise en d’une couche stabilisatrice perméable :
pied de talus de remblai en terrain naturel. enrochements ou matériaux synthétiques
à base de géotextiles.
La pente longitudinale du fossé doit être
comprise entre 0,5 % et 2,5 % (attention aux En ouvrage de drainage provisoire de
problèmes de stagnation ou de ravinement). phase terrassement, le fossé profond
représente souvent la solution la moins
Le fil d’eau sera situé à 0,20 m au moins en
onéreuse et la plus simple à réaliser. Une
dessous de la couche de forme en rive ou 1m
variante peut consister en la réalisation
au-dessous de l’arase (pour la phase
des déblais par demi plate-forme ce qui
terrassement).
permet à une moitié du déblai de
Plus le fossé sera profond, plus il sera efficace bénéficier de conditions d’assainissement
plus avantageuses.
Mode d’exécution Le fossé doit descendre d’au moins 1
La plupart du temps, il est réalisé à la pelle mètre sous l’arase prévisionnelle des
mécanique. Les pentes latérales sont parfois terrassements pour drainer également la
trop raides : il faut contrôler la stabilité de la PST. L’évacuation des eaux en fond de
pente du talus du fossé (condition évidente fossé se fait soit de manière gravitaire
de son efficacité) ; celle-ci ne doit pas par le fil d’eau, soit par pompage en fond
de fossé, lorsque cela ne peut être évité.

Schéma n° 23 : fossé longitudinal profond Schéma n° 24 : évolution du profil à


l’approfondissement des terrassements
(ouvrage provisoire)

42 Drainage
Pérennité et entretien Éléments nécessaires au dimensionnement
Se reporter au guide de « l’entretien • géométrie du projet (et en particulier
courant de l’assainis- sement routier les pentes de talus) ;
» [10]. •prise en compte de la sécurité ;
Dans la mesure où le respect des • nappe phréatique (profondeur,
conditions d’implan- tation énoncées variations saisonnières et annuelles, sens
précédement est maintenu, le fossé d’écoulement, perméabilité) et tous
profond remplira pleinement sa fonction. éléments nécessaires au calcul des
Le contrôle de son fonctionnement et son débits d’exhaure ;
entretien sont aisés sauf lorsque les • nature des sols : le tableau n° 14 de
pentes du talus du fossé sont trop raides l’annexe 2 indique l’aptitude au
ou lorsque de l’eau stagne au fond et que drainage des sols en fonction de leur
l’on n’a pas protégé les talus. classification.
L’entretien consiste habituellement à Points particuliers à examiner :
faucher une ou deux fois par an avec •stabilité de la pente des talus de déblai
possibilité au préalable de ramassage ou de fossé. cette évaluation nécessite
des déchets, à curer et à reconstituer le des éléments de mécanique des sols
profil tous les cinq à dix ans. (angle de frottement et cohésion des
A l’inverse, il peut jouer un rôle très sols) et des calculs de stabilité ;
défavorable et alimenter la chaussée ou • sensibilité aux ravinements et aux
la couche de forme en eau si sa turbulences (cas général des sols sableux
profondeur est insuffisante ou si son A1, B5, B6, D1, D2) cf. annexe 2 tableau
entretien n’est plus assuré, (lorsque le n° 14 ;
fossé est obstrué ou que le fil d’eau ne •sensibilité du milieu récepteur dans le
permet plus l’écoulement vers un cas où les eaux de ruissellement et de
exutoire). drainage interne sont mêlées.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4


4.1.2 - Tranchées drainantes Mode d’exécution
Tranchée peu profonde
Objectif
Elle est réalisée, soit à la pelle
Les tranchées drainantes ont pour
mécanique (cas le plus fréquent), soit à
objectif : la trancheuse mécanique. Sa largeur
•de drainer le sol support ; varie en fonction de l’outil utilisé : de
• d’abaisser le niveau d’eau sous la plate- 0,30 à 0,50 m, voire plus (cf. photos 8 et
forme (gain de portance à court ou long 9).
terme, protection vis-à- vis du gel-dégel). Elle est remplie d’un matériau drainant
Elles sont essentiellement utilisées lorsque (dont la perméabilité sera supérieure à
la réalisation du déblai nécessite un celle du matériau encaissant) qui peut
rabattement de nappe et c’est là que être entouré d’un filtre géotextile pour
réside la différence essentielle avec les rendre cet ouvrage pérenne.
écrans drainants en rive de chaussée. A sa base, il y a généralement un drain
Dans le cas de déblai important, leur reposant sur le fond de tranchée
profondeur est variable (maximum actuel correctement réglé.
6 mètres en tranchée mécanisée).
La pose d’un drain sera obligatoire si les
Elles peuvent parfois n’être utilisées matériaux sont susceptibles d’être
qu’en phase provisoire, pour les entraînés en présence d’eau. Dans
terrassements (même en l’absence d’un certains cas, le matériau drainant peut
exutoire gravitaire, avec utilisation d’un être constitué de béton poreux.
rejet par pompage classique ou par
pompe à vide). Tranchée profonde
Cette solution alternative à la réalisation
Schémas type de fossés, mobilise moins de terrain
En fonction de la profondeur de pose et (moins d’emprise pour la réalisation,
des objectifs à atteindre, plusieurs moins de matériaux extraits et donc
schémas type peuvent être proposés: moins d’évacuation ou de stockage), et
autorise des profondeurs supérieures,
Tranchées drainantes peu profondes avec un maximum de l’ordre de 6 mètres
(maximum de l’ordre de 2,5 m). (cf. lorsque l’on peut utiliser des trancheuses
schéma n° 25). mécanisées1.
Si le matériau drainant peut être colmaté La tranchée a l’avantage de s’insérer
par le sol environnant, un géotextile doit discrètement dans le paysage, et peut
assurer le rôle de filtre. servir comme ouvrage de drainage
Tranchées drainantes profondes (2,5 à définitif des futurs talus ou de la PST en
6 m) (cf. schéma n° 26). profil rasant.
Ces ouvrages sont surtout utilisés Elle descendra au moins 1 mètre sous
lorsque la réalisation du déblai nécessite l’arase prévisionnelle des terrassements
un rabattement de nappe et que la afin de drainer également la PST. (cf.
hauteur du talus est importante. Dans ce schéma n° 27).
cas, la mise en place d’un géotextile est
difficile voire impossible. Seul le drain
est alors protégé par un enrobage
géotextile.
Ces tranchées drainantes mises en
œuvre suffisamment tôt avant le début
des travaux permettent d’abaisser le
niveau de la nappe et facilitent les
terrassements. Elles sont placées de
façon à contribuer en phase définitive à
la stabilisation du talus de déblai.

44 Drainage
Schéma n° 25 : tranchées drainantes peu profondes Schéma n° 26 : tranchée drainante profonde
(1) L’utilisation de telles machines de rendement élevé puisqu’elles peuvent atteindre plus de 1 km de tranchée
par jour dans de bonnes conditions est cependant limité à des sols fins meubles, sans blocs et où la portance est
suffisante.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4


Le tableau n° 8 ci-après précise selon la • espacés au maximum tous les 100
profondeur de pose les diverses mètres (idéal 70 à 80 mètres).
possibilités de mise en œuvre.
Dans le cas où les tranchées
Ces ouvrages ne doivent pas recueillir à drainantes sont mises en place avant les
la fois les eaux superficielles et les eaux terrassements, il est impératif de
internes : s’assurer de leur état et de leur bon
•la mise en charge du réseau par les fonctionnement à l’issue des
eaux superficielles aboutit à l’effet terrassements (absence de ruptures,
inverse de l’effet recherché ; déboîtement, écrasement, colmatage) ;
• les risques et charges de pollution ne les réparations lourdes après la pose des
sont pas les mêmes, ce qui complique les chaussées sont très difficiles et
filières de traitement avant rejet au onéreuses.
milieu naturel. Ces ouvrages exigent aussi un entretien
régulier grâce à des plans de récolement
Pérennité et entretien dûment établis, avec des visites
d’inspection des ouvrages annexes
La réalisation des tranchées (contrôle des écoulements au niveau des
drainantes demande un contrôle des
regards de visite et des exutoires) et
produits et de leur mise en œuvre
curage des drains.
appropriée. Il est important de prévoir
des regards sur drain : Une visite annuelle et un hydrocurage
• de dimension intérieure suffisante tous les 3 à 5 ans1 sont conseillés.
(conseillé 0,70 x 0,40 mètre) pour
faciliter l’introduction de matériels
d’hydrocurage ;
Profondeur Out Système drainant
il
Pelle Trancheuse Géotext Drain Drain
(1) ile nu enrobé (2)
Faible (< 1 m) Oui non Oui Oui non
Moyenne (1 m à environ Oui non Oui Oui non
2,5 m)
non Oui Oui Oui non
Profonde (2,5 - 6 m) non Oui non non Oui
Tableau n° 8 : possibilités de mise en œuvre en fonction de la profondeur de pose
(1) si absence de bloc - (2) par géotextile

46 Drainage
Photo n° 8 et n° 9 : tranchée drainante mise en place à la trancheuse dans une plate- forme autoroutière
(photo CETE Nord-Picardie, LRPC Lille)

(1) Valeur moyenne, la fréquence réelle est à adapter en fonction des résultats de la visite annuelle

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4


Éléments nécessaires au dimensionnement
•géométrie du projet ;
• nappe phréatique (profondeur,
variations saisonnières et annuelles, sens
d’écoulement, perméabilité) et tous
éléments nécessaires au calcul des
débits d’exhaure* ;
•nature des sols :
- le tableau n° 14 de l’annexe 2 indique
l’aptitude au drainage des sols en
fonction de la classification des sols ;
- la granulométrie (en particulier
d85*) permet de déterminer
l’ouverture de filtration du
géotextile ;
•points particuliers à examiner :
- éléments de reconnaissance permettant
de s’assurer de l’absence de réseaux
ou de blocs enterrés et de vérifier la
tenue des sols en paroi verticale ;
- résistance du drain (aux chocs ou à
l’ovalisation, selon norme NF P 16-
351 [5] ;
- position des ancrages de supports
(glissières, panneau, mur anti-bruit,
candélabre).

Schéma n° 27 : exemple de tranchée drainante profonde

48 Drainage
4.1.3 - Saignées drainantes et épis d’eau vers la chaussée.

drainants
Objectif
La saignée drainante est à mettre en
place sous accotements dans des zones
d’accumulation d’eau (point bas). Son
objectif est l’évacuation des eaux qui
percolent au travers de la chaussée. Elle
doit toujours être associée à une couche
drainante ou à une couche de forme
drainante dont elle constitue l’exutoire
(vers un fossé ou une tranchée
drainante).
L’épi drainant est une variante de
saignée transversale implantée sous la
plate forme. Son rôle est habituel-
lement de récupérer les eaux en points
bas ou en points singuliers (par exemple
passage d’un déblai à un remblai). Elle
peut parfois aussi renforcer la couche
drainante (écrêtage de la nappe).

Schémas type
(cf. schémas n° 28, 29 et 30)
Ces dispositifs sont peu profonds
(habituellement 0,3 à 0,6 m) et leurs
largeurs peuvent être variables (0,3 à 1
m) ; ils sont réalisés en matériau
drainant, et contiennent ou non un drain
perforé permettant d’accélérer
l’évacuation de l’eau. Leurs coupes
transversales s’apparentent ainsi à celle
de la tranchée drainante peu profonde
(voir paragraphe précédent). En sol fin
colmatant, une enveloppe géotextile est
nécessaire.

Mode d’exécution
Peu profonds ils ne posent
habituellement pas de problème
particulier (réalisés à la pelle
mécanique). Il faut cependant veiller à la
régularité des pentes (surtout si la
longueur est importante, cas des épis
drainants).

Pérennité et entretien
Complètement recouverts, ces ouvrages
peuvent difficilement faire l’objet d’un
entretien régulier sauf s’ils renferment
des drains accessibles.
L’essentiel de l’entretien doit se focaliser
sur l’exutoire pour éviter toute mise en
charge qui entraînerait des remontées
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4
Éléments nécessaires au dimensionnement
•géométrie du projet ;
• nappe phréatique (profondeur, variations
saisonnières et annuelles, sens d’écoulement,
perméabilité) et tous éléments nécessaires
au calcul des débits d’exhaure* ;
•nature des sols :
- type des sols : le tableau n° 14 de
l’annexe 2 indique l’aptitude au drainage
des sols en fonction de leur
classification ;
- la granulométrie (en particulier d85*)
permet de déterminer l’ouverture de
filtration du géotextile.
D’autres éléments de reconnaissance sont
utiles pour s’assurer entre autre de la
régularité du futur fond de fouille et
l’absence d’éléments agressifs vis-à-vis du
géotextile

Schéma n° 28 : saignée latérale reliée à la couche de


forme

Schéma n° 29 : saignée longituinale avec drain

Schéma n° 30 : épis drainants (sous la couche de


forme ou la couche drainante

50 Drainage
4.1.4 - Écrans drainants de rives de •dans l’axe d’un terre-plein central ;
chaussée (EDRC) • en rive de chaussée au contact de la
structure de chaussée en structure semi-
Pour plus d’information sur ce dispositif, rigide ou éventuellement rigide, lorsque
se reporter au guide EDRC [12]. le matériau constituant l’accotement est
moins perméable que celui de la
Objectif chaussée.
L’EDRC peut, selon le cas, avoir une
Un sol drainé efficacement devient un sol
profondeur de pose plus ou moins grande
non-saturé, il conserve une teneur en eau
selon que l’on s’intéresse uniquement
plus ou moins élevée suivant ses
au corps de chaussée ou à son sol
caractéristiques de succion et les
support :
déplacements de l’eau dans un tel sol
sont complexes. • en drainage de chaussée souple,
l’amélioration de l’état hydrique est
L’objectif principal recherché par l’EDRC recherchée sur toute la hauteur du corps
est d’améliorer l’état hydrique des de chaussée et sur au moins les 0,30 m
matériaux du corps de chaussée et du sol supérieurs du sol support ;
support, sur une épaisseur qui est
• dans le cas d’une chaussée rigide et
fonction du type de chaussée, d’évacuer
semi-rigide la profondeur du dispositif
les eaux ayant pénétré dans la chaussée
sera limitée au corps de chaussée avec
et de limiter les venues d’eau en
pour rôle essentiel l’évacuation des eaux
provenance des accotements.
d’infiltration au niveau des interfaces,
Contrairement à la tranchée drainante,
des fissures et/ou des joints non
l’EDRC ne peut être posé à de grandes
imperméabilisés ;
profondeurs (1,5 m maximum) et ne doit
pas être utilisé pour rabattre une nappe. • pour assurer l’évacuation des sur-
pressions interstitielles lors du dégel, la
Si le but habituel est d’améliorer la profondeur de pose devra être supérieure à
portance générale de la chaussée, la profondeur de gel correspondant à
l’utilisation de l’EDRC peut être l’indice de gel d’alerte suivant le type de
également recommandée pour lutter chaussée considéré ;
contre la dessiccation* et pour obtenir
•pour le drainage de la PST, la
une meilleure protection vis-à-vis du gel-
profondeur de pose peut être limitée à 50
dégel.
cm sous l’arase lorsque l’objectif est de
protéger préventivement contre les
Schémas type infiltrations en eau et d’améliorer les
L’EDRC est un produit soit manufacturé et états hydriques des sols.
mis en œuvre sur site avec des engins
spécifiques, soit construit en place. Il est
essentiellement constitué par
un filtre en géotextile,
enveloppant une âme
drainante avec
éventuellement un dispositif
collecteur en partie inférieure
(cf. photo 10). Les épaisseurs
d’un écran drainant
manufacturé sont très
inférieures à celles d’un écran
drainant construit en place
(entre 2 et 4 cm pour le
premier contre 15 à 25 cm
pour le deuxième).
Selon qu’il s’agit d’une route Schéma n° 31 : profil en travers type d’une
neuve ou ancienne, d’une chaussée équipée d’un EDRC situé en limite
chaussée souple ou d’une de l’accotement et de la structure de
chaussée rigide, les fonctions chaussée
à assurer sont différentes.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


L’EDRC est généralement Coté Coté
positionné en limite de Chaussé Accotement
e
l’accotement et de la
structure de la route (cf.
schémas n° 31 et 32). Il peut enveloppe géotextile
être implanté : filtrante remblai

• latéralement en pied de âme intérieure à fort indice de vide


talus de déblai ; drain ou zone drainante

• latéralement sous les bords


extrêmes des couches de
forme ou de fondation pour
les chaussées souples ;

Photo n° 10 : exemple d’écran


drainant manufacturé (photo CETE
Schéma n° 32 : mise en place d’un EDRC
Nord-Picardie, LRPC Lille) en limite de chaussée

52 Drainage
Mode d’exécution Ils exigent aussi un entretien régulier
La mise en œuvre d’un EDRC peut se grâce à des plans de récolement dûment
faire selon deux types de poses, soit établis, avec des visites d’inspection des
manuelle après ouverture de la tranchée, ouvrages annexes (contrôle des
soit mécanisée (conseillée). écoulements au niveau des regards de
visite et des exutoires) et curage des
Il est généralement mis en place dans drains. Les EDRC en pose automatisée
une tranchée étroite avec une profondeur ont cependant l’avantage d’une garantie
de pose variant généralement de 30 cm à de qualité plus particulièrement pour
1 mètre. l’exécution en tranchée de faible pente.
La largeur de la fouille est fonction de la Une visite annuelle et un hydrocurage
pelle mécanique ou de la trancheuse tous les 3 à 5 ans sont conseillés1.
utilisée (30 à 50 cm). L’espace est
ensuite remblayé par le matériau extrait
compacté. Éléments nécessaires au dimensionnement
Sur le plan technique, le choix d’un
Pour une meilleure régularité de la EDRC est fonction des critères suivants :
pente, il est conseillé d’utiliser un laser
pour le réglage. En cas de pose •géométriques : la hauteur de l’EDRC
manuelle, le placage de l’EDRC sur la (He) varie en fonction des
paroi verticale côté chaussée doit être caractéristiques de la chaussée (nature,
maintenu pendant le remblaiement. En épaisseur, position) et du type de
pose mécanisée, la mise en place de problème à résoudre (drainage,
l’EDRC est automatique grâce au caisson gel/dégel, dessiccation) ;
de pose qui le plaque contre la paroi côté •hydrauliques : la capacité d’évacuation
chaussée. longitudinale nécessaire dépend
essentiellement des caractéristiques de
Le remblayage s’effectue avec le transmissivité de l’EDRC et de la
matériau du site. Toutefois, il convient perméabilité des terrains encaissants ;
autant que possible d’évacuer les blocs
plus gros (maxi 100 mm). • les contraintes de pose prévisibles :
obstacles ou réseaux enterrés dans le cas
Lorsque c’est possible, il faut procéder de chaussées anciennes, tenue de la
au remblayage partiel de la tranchée, tranchée (nature des matériaux), la
alternant avec un compactage nature et la granulométrie des sols.
conformément aux prescriptions du Guide
« Remblayage des Tranchées » [11].

Pérennité et entretien
La réalisation des EDRC demande un
contrôle des produits et de leur mise en
œuvre approprié (le problème du
compactage de la tranchée est à
examiner soigneusement). Les tampons de
regard de drain doivent résister aux
charges roulantes et avoir une dimension
intérieure suffisante (conseillé 0,70 x
0,40 m) pour faciliter l’introduction de
matériels d’hydrocurage.

(1) valeur moyenne, la fréquence réelle est à adapter en

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 4


4.1.5 - Couches drainantes Schémas type
(cf. schémas n° 33 et 34)
Objectifs
La couche drainante est constituée d’un Mode d’exécution
matériau granulaire très perméable pour
intercepter un courant d’eau ascendant Constituées de matériaux drainants
ou descendant. On la trouvera ainsi : granulaires, les couches drainantes sont
mises en place par engins de
•intercalée entre chaussée et sol support terrassement classiques à lame. La mise
; elle récupère les éventuelles venues en place doit s’effectuer sur un sol
d’eau au travers de la chaussée et suffisamment portant et bien réglé pour
surtout les arrivées d’eau en provenance éviter les flaques et ornières (sur sol peu
du sol support, par exemple : portant le réglage est effectué en rétro
- sous une structure de chaussée en béton, alors que le matériau drainant est poussé
pour assurer le drainage vertical des à l’avancement en une seule couche,
eaux d’infiltrations ; suffisamment épaisse pour éviter la
- sur passage déblai-remblai pour déformation sous le poids des engins).
évacuer les venues d’eau de la plate- Pour la réalisation des couches
forme du déblai et empêcher leur drainantes qui peuvent être assimilées à
progression vers le remblai (substitution des couches de formes particulières, on
ou purge de la zone de transition déblai- appliquera les spécifications du guide sur
remblai) ; la « Réalisation des remblais et couches
- sous une chaussée en déblai ou en profil de forme » [9].
rasant, lorsque la nappe (ou toute autre
arrivée d’eau apparaissant sous la plate- L’épaisseur est fonction des débits à
forme) est susceptible de remonter au collecter (des drains peuvent y être
niveau de la structure (selon les insérés en cas de débits importants) mais
terminologies, on pourra parler soit surtout du rôle transitoire que joue cette
d’une substitution de la partie supérieure couche lors de la phase terrassement
des terrassements soit d’une couche de (piste) ou de son intégration dans la
forme en matériau granulaire, dont le couche de forme qu’elle peut remplacer
dimensionnement sera réalisé partiellement ou totalement. Lorsqu’on est
spécifiquement) ; en présence de sols fins peu perméables,
l’épaisseur nécessaire pour évacuer les
- en zones plates ou inondables, comme débits pourrait être réduite (< 0,10 m)
couches s’opposant aux remontées d’eau mais les conditions de mise en œuvre
capillaires (base de remblai en matériau (portance insuffisante, déformabilité)
drainant) ; imposent souvent une épaisseur > 0,40
- sous un remblai situé en zone m.
compressible ou humide (base drainante)
; La mise en œuvre d’un géotextile à la base
est nécessaire si le pourcentage de fines
- sous la chaussée et le remblai en profil est > 5 %.
mixte ;
Une variante géosynthétique peut
• intercalée entre une couche
toutefois être envisagée :
imperméable (radier, géomembrane) et
le sol support. Dans ce cas, l’objectif est •si les débits sont limités ;
l’interception des venues d’eau issues du • si le rôle mécanique de cette couche
sol support et la diminution des sous est réduit (portance du sol support
Remarque importante : bien que ce cas
pressions. suffisante pour supporter le trafic
sorte du contexte du guide, il faut rappeler chantier) ;
que la couche drainante peut également
intercepter l’air occlus ou les gaz de
• et si les tassements différentiels du sol
fermentation sous géomembrane.
support ne dépassent pas quelques
Ce dispositif est impératif lorsque les
centimètres.
Il s’agit alors de géocomposites* pouvant
comporter une âme drainante ou des

50 Drainage
mini-drains.

Schéma n° 33 : couche drainante en déblai Schéma n° 34 : couche drainante en remblai

(1) valeur moyenne, la fréquence réelle est à adapter en

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Pérennité et entretien - d’autres éléments de reconnaissance
Recouverte, la couche drainante n’est sont utiles pour par exemple
pas visitable et ne permet pas s’assurer de la régularité du futur
d’entretien. Il est donc impératif de la fond de fouille et l’absence
dimensionner avec soin en s’assurant d’éléments nocifs vis-à-vis du
d’une bonne sécurité (par exemple en géotextile ;
prenant en compte un coefficient de - la portance prévisible à la mise en
sécurité au moins égal à 2 sur les débits place est également à prendre en
calculés). compte.
Les exutoires et collecteurs d’exhaure
doivent être mis en place et entretenus
comme dans les dispositifs précédents
(regard visitable tous les 70-80 m de
dimensions suffisantes, visite annuelle et
hydrocurage tous les 3 à 5 ans)1.

Éléments nécessaires au dimensionnement


•Géométrie du projet.
•Nappe phréatique (charge hydraulique
et variations de charge, perméabilité) et
tous éléments nécessaires au calcul des
débits d’exhaure*.
•Nature des sols :
- le tableau n° 14 de l’annexe 2 indique
l’aptitude au drainage (sols pouvant
être drainés et sols drainants
utilisables en couche drainante) en
fonction de la classification des sols ;
- la granulométrie (en particulier d
85) permet de déterminer
l’ouverture de filtration du
géotextile ;

52 Drainage
4.1.6 - Puits (drainage vertical) •soit pour effectuer un rabattement et
injecter l’eau de l’aquifère supérieur
Objectif vers l’aquifère profond (puits d’injection,
cf. schéma n° 37) ;
Les puits assurent ponctuellement •soit pour diminuer la pression de l’eau
l’évacuation verticale des eaux par dans l’aquifère inférieur en permettant
relèvement jusqu’à un exutoire en l’expansion vers l’aquifère supérieur
surface. Ils sont le plus souvent utilisés (puits de décharge, cf. schéma n° 37) ;
de manière temporaire, au moment des
terrassements. (cf. schéma n° 35). Compte tenu des problèmes de mise en
œuvre que ces techniques posent
La zone où le niveau de la nappe est (colmatage, entretien, pollution etc.),
abaissé (zone d’influence du leur utilisation doit rester exceptionnelle
rabattement), varie en fonction de la et n’est pas traitée ici.
perméabilité des sols.
L’utilisation des puits de préférence à
Ainsi, pour qu’une ligne de puits joue un la tranchée drainante profonde peut
rôle de barrière, la distance entre les s’imposer dans des contextes
puits pourra demeurer assez lâche (20- particuliers tels que :
30 m) dans les sols très perméables
(perméabilité > 10-5 m/s), mais devra être • débits potentiels d’exhaure* très élevés
très resserrée (jusqu’à moins de 1,5 m) (ce qui correspond à une zone
d’influence du rabattement très
dans les sols peu perméables (< 10 -6
importante, souvent supérieure à 500
m/s).
m) ;
Dans le premier cas, on utilisera de •profondeur de rabattement à moduler
préférence des puits classiques équipés ponctuellement pour des problèmes
de pompes immergées centrifuges et la d’environnement (par exemple pour
hauteur de relèvement ne sera pas limiter les tassements sous
limitée (sauf par la puissance des constructions proches) ;
pompes) ; dans le deuxième cas on utilise
habituellement des puits étroits •profondeur de rabattement importante
supérieure à la profondeur maximale des
(diamètre < 10 cm) raccordés en surface
tranchées mécanisées (environ 6 m)1 (cf.
à une pompe à vide. La hauteur de
§ 4.1.2) ;
relèvement est alors limitée à 6-7 m
(cf. schéma n° 36). •absence d’exutoire gravitaire à la cote de
rabattement.
A noter que certains dispositifs de type
puits mais sans pompe peuvent avoir
pour objectif de mettre en relation deux Schémas type
aquifères* différents : (cf. schéma n° 36).

(1) valeur moyenne, la fréquence réelle est à adapter en

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Schéma n° 35 : schéma de principe d’un drainage vertical par puits Schéma n° 36 : méthodes de
drainage vertical
(1) Dans certains cas particuliers on peut utiliser des panneaux drainants (forage à la benne ou la haveuse) dont
la profondeur peut-être largement supèrieure aux 6 m des tranchées mécanisées actuelles.

54 Drainage
Mode d’exécution Éléments nécessaires au dimensionnement
Le mode d’exécution de ces ouvrages •géométrie du projet ;
demande un savoir-faire et un matériel •caractéristiques hydrodynamiques
spécifique qui doit être adapté à chaque détaillées (géométrie des aquifères,
cas particulier, par exemple : discontinuités, perméabilités verticales
•forage du trou par lançage, fonçage, et horizontales, transmissivité, porosité
battage, rotation avec ou sans fluide de de drainage, sens d’écoulement,
forage (eau, boue, air) ; variations piézométriques) ;
•tubage métal ou PVC, crépine rapporté •nature des sols :
(manufacturée) ou non, type et densité de - le tableau n° 14 de l’annexe 2 indique
perforation, filtre en matériau naturel l’aptitude au drainage des sols en
(sable ou gravier) ou manufacturé (filtre fonction de la classification des sols ;
sable+résine, géotextile) ; - la granulométrie (en particulier d85*)
•types des pompes et puissance ; permet de déterminer l’ouverture de
•écartement des puits (et nombre de filtration du géotextile ;
lignes en cas d’ouvrage linéaire) à •éléments particuliers à ces techniques :
déterminer ; - sensibilité des ouvrages proches aux
tassements différentiels (fréquents
• mise en place d’un collecteur provisoire
dans ce type d’opération) et aux
jusqu’à l’exutoire.
déficits d’alimentation (plans d’eau et
cours d’eau proches en équilibre avec
Pérennité et entretien le niveau de la nappe).
Sauf cas tout à fait particulier, les
ouvrages de rabattement ne sont utilisés
que de manière provisoire, pendant les
terrassements. Les problèmes de
pérennité et d’entretien ne se posent
pas.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Schéma n° 37 : dispositifs de type puits

54 Drainage
4.1.7 - Dispositifs de stabilisation de
talus (masques et éperons)
Mode d’exécution
Objectif Par principe destinés à stabiliser des
Leur objectif est d’intercepter l’eau dans talus peu stables, ces ouvrages sont
les talus (et ils contribuent ainsi à souvent réalisés dans des conditions de
l’assainissement de la plate- forme) mais chantier difficiles (stabilité critique,
aussi d’agir comme massif de retenue venues d’eau, sols peu portants). Dans le
afin d’accroître la stabilité générale. Ils cas des masques, l’avancement par plots
sont donc utilisés dans les déblais de longueur limitée permet d’assurer
descendant (même temporairement) sous une meilleure stabilité pendant la durée
le niveau de la nappe phréatique. La du chantier.
mise au point du système et surtout de Les terrassements et la pose du massif sont
sa géométrie imposent des calculs ainsi réalisés le plus souvent à la pelle
spécifiques où les caractéristiques mécanique à petite cadence.
mécaniques des sols encaissants
prédominent. Compte tenu des conditions souvent
difficiles, il ne faut pas se focaliser sur
la régularité des parois et du fond de la
Schémas type zone d’extraction, qui peuvent être et
Le masque (cf. schéma n° 38) substitue demeurer irréguliers (surtout, ne pas
au sol en place un massif de sol drainant reprofiler à l’aide des matériaux
et frottant sur une grande longueur extraits...). La régularité de la pente du
(dans toute la zone potentiellement tuyau drainant de collecte et
instable). Excepté dans le cas où le d’évacuation est par contre impérative ;
matériau drainant peut jouer le rôle de pour des problèmes de précision, éviter
filtre vis-à-vis du sol encaissant (peu d’adopter des pentes inférieures à 5 cm
fréquent), le massif repose sur un par mètre pour les éperons, 2 cm pour
géotextile filtre et renferme en pied un les masques.
tuyau drainant destiné à faciliter et La végétalisation, si elle s’impose, peut
accélérer l’évacuation des eaux s’effectuer en intercalant un filtre
collectées. Ce tuyau drainant doit géotextile et à l’aide d’un géosynthétique
impérativement être obstrué en amont. alvéolaire* ou d’une géogrille*.
L’éperon (cf. schéma n° 39) repose sur A noter que, dans certains cas
un principe analogue, la substitution est particuliers, un géocomposite* peut
dans ce cas perpendiculaire à l’axe du être utilisé à la place ou en complément
déblai. du matériau drainant (cf. schéma n° 40).
Le système « éperons » est préférable
au système Pérennité et entretien
« masque » lorsque la stabilité du talus à
court terme (lors de la mise en place du La masse drainante, enfouie, ne peut
système drainant) est vraiment critique faire l’objet d’un quelconque entretien.
ou lorsque les venues d’eau sont Le drain d’évacuation doit pouvoir être
ponctuelles. D’autres paramètres, tels accessible et comporter des regards de
l’importance des débits, l’esthétique visite tous les 25 à 50 m (selon le degré
des talus, les problèmes de sécurité voulu) pour les masques, à
d’engazonnement, les volumes de chaque piquage sur le collecteur
matériaux à déplacer, sont également à longitudinal pour les éperons.
prendre en compte mais peuvent varier Une visite complète (y compris par vidéo
d’un site à l’autre. dans les drains) est souhaitable à l’issue
Des techniques particulières permettent du chantier et un plan de récolement
de raidir la pente propre du masque précis est indispensable.
(mélange de sable et de fils synthétiques,
clouages par pieux ou cornières)

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Schéma n° 38 : masque drainant Schéma n° 39 : éperons drainants

56 Drainage
En ce qui concerne l’entretien, il faut
prévoir un relevé visuel (appréciation
des débits et surtout du colmatage) de
l’état des orifices des drains à chaque
regard et selon un rythme plus soutenu
en début de vie de l’ouvrage ; par
exemple visite à 1 mois - 3 mois
- 6 mois - 1 an.
Un hydrocurage est conseillé au moins
tous les 3 à 5 ans (plus souvent si le
suivi précédent a montré une tendance
à un encroûtement rapide).

Éléments nécessaires au dimensionnement


• géométrie du projet (en particulier la
pente du terrain naturel en travers) ;
•caractéristiques hydrodynamiques des
sols (géométrie des aquifères,
discontinuités, perméabilités, sens
d’écoulement, variations piézométriques)
;
• nature des sols : le tableau n° 14 de
l’annexe 2 indique l’aptitude au
drainage des sols en fonction de la
classification des sols ;
•éléments particuliers à ces techniques :
- blocométrie* et granulométrie (en
particulier d85* des sols) pour
l’appréciation de l’état du fond de
fouille et de l’ouverture de filtration
du géotextile ;
- caractéristiques géomécaniques
détaillées (cohésion C et angle de
frottement interne des sols
encaissants).

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Schéma n° 40 : géocomposite utilisé à la place ou en complément du matériau drainant.

58 Drainage
4.2- Prescriptions relatives aux •moins de 5% de fines inférieures à 80 µm ;

matériaux • un équivalent de sable (ES) supérieur


à 50, ou VBS ≤ 0,1 ;
• un passant à 2 mm inférieur à 10 %
pour un enrobage de drain en béton
poreux, inférieur à 15 % pour un
enrobage de tuyau drainant PVC.
4.2.1 - Matériaux drainants et filtrants (cf. schéma n°41)
Le drainage consiste à laisser passer A noter que, dans le cas des tranchées
l’eau le plus rapidement possible d’un mécanisées profondes, où il est rarement
milieu « aquifère » à un ouvrage drainant possible de mettre en place un géotextile
et au-delà vers un exutoire. La filtration enveloppe, le filtre est mis en place
tempère ce passage en retenant les directement autour du drain («
éléments qui constituent le milieu chaussette géotextile ») et la grave ne
aquifère. sert qu’au remplissage de la tranchée. La
seule exigence concerne la facilité de
Pouvoir filtrant mise en place et l’auto serrage, on
demandera ainsi :
Le pouvoir filtrant d’un matériau vis-à-vis
d’un autre matériau s’apprécie au •une grave roulée de préférence à un concassé ;
travers des caractéristiques •une granulométrie continue ;
granulométriques et de règles qui •une taille de particule limitée (D) à 20
s’appuient sur ces caractéristiques. mm (tranchée étroite) ;
Dans la plupart des cas, l’application de • un pourcentage de fines inférieures à
ces règles est délicate car elles sont 80 µm limité à 5 %.
établies pour des sols homogènes et font
appel à des matériaux souvent très Pouvoir drainant
élaborés et coûteux. Il est donc plus
fréquent de confier ce rôle à un C’est la facilité avec laquelle l’eau
géotextile. Le matériau d’apport n’a plus s’écoulera au sein du matériau, ou plus
dans ces conditions qu’à évacuer l’eau précisément la réduction des pertes de
rapidement et a donc un rôle drainant charge (d’énergie) par frottement. Plus
seul. les vides seront importants mieux l’eau
s’écoulera, l’idéal étant de réduire les
Pour des ouvrages « rustiques » ne frottements au minimum comme dans les
comportant pas de géotextile et donc à la tuyaux. On voit ainsi l’incompatibilité
fois filtrants et drainants (en phase avec le pouvoir filtrant.
terrassement par exemple ou lorsque
la mise en œuvre d’un géotextile n’est A titre indicatif les caractéristiques
pas possible), on peut utiliser une grave d’une grave uniquement drainante
routière de granularité continue1 (une (située derrière un filtre) pourraient être
grave creuse est plus facilement les suivantes :
colmatable) 0-30 ou 0-40 mm avec : •grave creuse (voir plus haut) ;

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 5


Schéma n° 41 : forme de courbes granulométriques continue ou discontinue
(1) Chaque classe granulométrique est représentée, la forme de la courbe tend à s’approcher de la diagonale. L’inverse est
la granulométrie discontinue ou la courbe est très creuse.

60 Drainage
•ES (équivalent de sable) > 50 ou VBS Remarque relative aux bétons poreux
≤ 0,1 g de bleu par 100 g de sol ;
•passant à 2 mm < 10 % ; Cette technique semble peu usitée mais
elle peut apporter des avantages :
•un pourcentage de fines inférieures à
80 µm limité à 5 %. •dans certains cas de chantier d’accès
difficile lorsque le compactage peut
D’autres critères peuvent être poser problème ;
également retenus pour prendre en
compte les limites liés à l’ouvrage en •lorsque les réseaux sont denses et les
particulier : possibilités de compactage réduites ;
•la mise en place (D largement inférieur • lorsque la zone drainante doit posséder
à 3 ou 4 fois l’épaisseur de la couche) ; des résistances mécaniques élevées.
•les risques d’endommagement pour les Un béton poreux a une porosité comprise
filtres textiles (il est préférable de entre 15 et 25 % et aura des critères de
réduire la granulométrie avec des résistance en compression à 90 jours
matériaux concassés) ; voisines de 10 MPa. La nature
•un matériau très propre (sans fine avec minéralogique des granulats et le type de
un pourcentage de fines < 1 % pour un liant hydraulique seront choisis en
matériau uniquement drainant.) fonction de l’agressivité des eaux locales.
Les granulométries les plus couramment
utilisées sont inférieures à 30-40 mm.
Le tableau n° 9 propose une classification
des matériaux granulaires non traités
basée uniquement sur leur aptitude au
drainage à partir de trois paramètres :
D : la dimension des plus gros
éléments f : la teneur en fines
(passant à 80 m)
d10 la dimension des grains
correspondant au tamisat de 10 %

Autres critères
Pour les sols :
•la résistance mécanique et surtout la
sensibilité à l’attrition* (en première
approche, coefficients LA et MDE
inférieurs ou égaux à 45) ;
•la résistance au gel (en principe
respectée avec les caractéristiques
mécaniques) ;
• la résistance vis-à-vis de l’agressivité
des eaux du milieu ou des eaux utilisées
pour le décolmatage (incompatibilité des
granulats calcaires et des milieux
acides).
Pour les matériaux élaborés de type GNT
(granulats de catégorie C voire D sous
réserve) : les valeurs sont reprises dans
la norme XPP 18-540 [3].

Matéri f d1 Perméabilité Typ


au 0 e
en % en mm en
m/s

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 6


0/D suivant NF P 98- <5 ≥ 0,1 10-6< K ≤ 10-5 GNT
129 (14 < D < 31,5 drainante
mm)

0/D, (14 < D < 31,5 mm) ≤2 ≥ 0,8 ≥ 10-5 matériau très
drainant
d/D ( D ≤ 40 mm) ≤1 ≥8 ≥ 10-1 matériau très
drainant
Tableau n° 9 : classification des matériaux granulaires non traités

62 Drainage
4.2.2 - Géotextiles et produits drainant. (cf. schéma n° 43)

apparentés A ces caractéristiques fonctionnelles


il faut ajouter des caractéristiques
Les géotextiles et produits apparentés mécaniques et de durabilité
permettent d’améliorer le comportement minimales
mécanique et hydraulique du sol et leur
emploi en technique routière s’est
largement développé dans des domaines
très diversifiés : le nombre de produits
offerts est maintenant très important.
Les principales fonctions sont au nombre
de cinq : la séparation, la filtration, le
drainage le renforcement et la
protection. Selon les fonctions qu’ils
doivent assurer, les propriétés requises
varient.

Rôle dans les ouvrages de drainage


Dans les ouvrages de drainage, les
géotextiles et produits apparentés
permettent le remplacement de systèmes
drainants granulaires parfois complexes,
difficiles à dimensionner et coûteux à
mettre en œuvre. Il seront la plupart du
temps constitués par une ou plusieurs
nappes de fines fibres synthétiques
enchevêtrées tissées ou non tissées
(thermoliées ou aiguilletées) associées
ou non à d’autres géosynthétiques
(géoespaceurs*, minidrains, etc.) où les
fonctions de drainage et de filtration
seront privilégiées. (cf. schéma n°42)
Comme pour les matériaux granulaires,
la fonction drainage caractérise la
capacité du géotextile à collecter et
transporter l’eau dans son épaisseur
(notion de transmissivité). Cette
capacité pourra varier en fonction de
l’épaisseur et donc de son comportement
lorsqu’il sera comprimé (fluage en
compression).
La fonction de filtration s’oppose à
l’entraînement des particules de sol qui
pourraient migrer sous l’ action de
forces hydrodynamiques, tout en
permettant la libre circulation de l’ eau
au travers du filtre. Dans le cas du
géotextile, il y a fréquemment
réorganisation du sol et formation d’une
couche filtrante au contact sol-géotextile.
Les mécanismes sont complexes et
dépendent de caractéristiques
fonctionnelles du géotextile (ouverture
de filtration caractéristique, perméabilité
perpendiculairement au plan, ...). Cette
fonction est à privilégier lorsque le
géotextile est en contact avec le sol et
enveloppe le drain ou le matériau
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 6
pour éviter l’endommagement du géotextile de VH50 varie de 0,5 à 30 mm/s.
lors de la mise en œuvre et au cours de la vie
Résistance à la pénétration de l’eau.
de l’ouvrage.
Ce paramètre n’apparaît pas dans le
La norme NF EN 13252 [7] définit les tableau n°10. Il exprime l’épaisseur
caractéristiques requises pour l’utilisation minimale de la lame d’eau nécessaire
dans les ouvrages de drainage. Le tableau pour que l’eau commence à pénétrer le
n° 10 suivant en est extrait. géotextile. La valeur habituellement
requise est inférieure à 50 mm.
Caractéristiques principales à déterminer Fonction drainage
Fonction filtration Capacité de débit dans le plan
(équivalent à la transmissivité). Elle doit
Ouverture de filtration caractéristique
correspondre à la transmissivité minimale
O90. Elle doit être inférieure au d85 du sol
requise pour évacuer les débits affectés
multiplié par un coefficient C variable selon
d’un coefficient. Ce coefficient, repris lui
les cas d’utilisation (filtre seul ou filtre-
drain), les caractéristiques du sol et les aussi dans le norme G38-061 peut varier
de 3 à 100.
conditions hydrauliques. Ce mode de calcul
est explicité dans la norme G38-061 [6]. Caractéristiques mécaniques
Perméabilité perpendiculaire au plan : Outre l’endommagement à la mise en
indice de vitesse VH50. La perméabilité du œuvre, la résistance à la traction, la
géotextile est spécifiée à partir de la déformation sous charge maximale, la
perméabilité du sol avec un facteur correctif résistance à la perforation dynamique,
variable suivant les cas d’utilisation (type d’ d’autres paramètres non repris dans le
ouvrage) et les caractéristiques de fluage en tableau n° 10 peuvent venir compléter si
compression du géotextile. Pour des nécessaire la liste des paramètres requis.
ouvrages courants (non sensibles) la valeur

Schéma n° 42 : emploi des géotextiles pour les ouvrages de drainage Schéma n° 43 : formation d’un
filtre naturel stable en amont du géotextile

64 Drainage
La définition de fourchettes de valeurs ne •la résistance à la traction et la
peut s’envisager compte tenu de la déformation sous charge maximale
variabilité et de la spécificité des cas seront choisis en fonction de la
possibles. D’une manière globale, on déformabilité et de la portance du
retiendra que les valeurs doivent tendre support avec un allongement de 50 % au
vers un optimum qui peut varier selon moins sur sol meubles ou irréguliers ;
les utilisations. Ainsi :
•la résistance au poinçonnement
• la souplesse doit être maximale sur les statique, la résistance à la perforation
fonds de fouille irréguliers et en dynamique limitent les risques
particulier dans les tranchées d’endommagement au contact des
drainantes, elle peut être moindre sur les aspérités ;
fonds de fouille réglés et compactés ;
•l’épaisseur ainsi que le fluage en
compression peuvent faire varier la
transmissivité.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 6


Tableau n° 10 : caractéristiques requises pour l’utilisation dans les ouvrages de drainage

66 Drainage
Éléments nécessaires au choix du géotextile Photo n° 11 : drain souple annelé
enrobage végétal (coco) (photo
Selon le système de drainage à réaliser, CETE Nord - Picardie / LRPC)
les données principales à collecter sont
les suivantes :
•le type et la géométrie de l’ouvrage (le
dimension- nement dépend de la position
du géotextile dans l’ouvrage, de sa
fonction soit de drainage vertical ou
horizontal, soit de filtration) ;
• le débit à drainer et donc les
caractéristiques hydrodynamiques des
sols ;
•la granulométrie des sols (type de sol à
filtrer) ou du matériau dans lequel se
produit l’écoulement ;
•le type de granulat utilisé ;
•les contraintes exercées sur le
géotextile (hauteur de déversement des
matériaux, profondeur de pose, dans le
cas d’une couche drainante son
épaisseur et la rigidité du sol support,
charge hydraulique).
Le marquage CE est précisé dans la
norme NF EN 13252 [7]. Il s’agit d’ un
marquage légal obligatoire pour la libre
circulation des produits au sein de la
Communauté Européenne.
La certification volontaire ASQUAL est
une marque de qualité : elle apporte un «
plus » par rapport au marquage CE et
garantit les caractéristiques annoncées
selon un référentiel précis.

Avertissement :
la norme NF G 38 061 est en cours de
révision car elle fait référence à des
normes françaises obsolètes, remplacées
par les normes CEN énumérées dans le
tableau n°10 et qui ne sont pas
strictement équivalentes. Il convient
donc d’être prudent dans son utilisation
pour la détermination des
caractéristiques des géotextiles

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 6


Photo n° 12 : drain souple annelé enrobage
géotextile synthétique (photo CETE Nord - Picardie /
LRPC)

Photo n° 13 : drain rigide annelé à cunette


(photo CETE Nord - Picardie / LRPC)

Photo n° 14 : drain « routier » à


cunette (photo CETE Nord -
Picardie / LRPC)

68 Drainage
4.2.3 - Drains ou tuyaux drainants couronnes de longueur importante pour
les formes souples (section ronde et
Rôle et types matériaux synthétiques) (cf. photos 11,
12, 13 et 14).
Les drains ou tuyaux drainants sont
La collecte des eaux sur la périphérie
destinés :
s’effectue soit par pores diffus (béton
•à assurer la collecte de l’eau par leur poreux) soit par des fentes ou des
périphérie ; perforations de dimensions variables
•à faciliter son évacuation rapide (bétons de fibre et matières de synthèse).
(fonction drainage au sens propre). Ces orifices peuvent être répartis sur
Lorsqu’ils ne collectent pas l’eau par toute la périphérie ou localisés dans la
leur périphérie, même si l’usage veut partie haute seulement (drains à «
qu’on les dénomme parfois « drains », il cunettes »).
ne s’agit en fait que de tuyaux simples On notera enfin que la plupart des drains
qui ne font pas l’objet de ce guide. en matière de synthèse, peu épais, voient
Ils peuvent se présenter sous diverses leur résistance à l’ovalisation et à
formes (rond ou de forme « tunnel », l’écrasement renforcée par des
ovoïde ou à fond plat) et matières (la cannelures (formes annelées). Ces
terre cuite, actuellement abandonnée, le cannelures permettent la souplesse
grès, le béton poreux ou fibreux et longitudinale mais augmentent la
surtout les matières synthétiques, rugosité interne (diminution des débits).
polyéthylène et PVC pour l’essentiel). La Certains modèles rigides comportent
matière et les formes déterminent la ainsi deux enveloppes, une enveloppe
rigidité des éléments qui se présentent extérieure cannelée et une enveloppe
pour l’essentiel sous deux types : les intérieure lisse.
éléments longitudinaux de longueur A titre indicatif, les tableaux n° 11 et 12
variable mais limitée à quelques mètres donnent quelques unes de leurs
(section ronde ou tunnel, béton ou caractéristiques principales et de leurs
matières synthétiques) et les domaines d’utilisation préférentiels.

Drain ou collecteur Drain ou collecteur Drain annelé


drainant en béton drainant synthétique souple
ou grès Rigides ou à cunettes (1) synthétique
Longueur Variable, 0,5 à 1 m 4à6m Couronnes
Diamètre 75 à plus de 1000 mm 80 à 630 mm 5 à 200 mm
Perforations Variable, jusque 13 mm 0,8 à 3,5 mm Environ 1 mm
Position Pourtour ou partie Pourtour ou partie Pourtour
des supérieure supérieure
perforations
Inconvénient Lourd et fragile Semi-rigide S’écrase
majeur
Tableau n° 11 : caractéristiques principales des drains

Perforations ou fentes Usage préférentiel Usage à éviter


sur
Drains souples Surface totale Pose mécanisée avec Faible
annelés (2) profondeur importante (au profondeur
moins >1m) (3) (risque
d’aplatissement)
Drains rigides Surface totale Profondeur faible Sols hétérogènes
avec nappes
perchées
Drains à Partie supérieure Forts débits
cunette Sols érosifs (risques
d’entraînement des
fines)

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 6


Drains Partie inférieure ou Sols érosifs (risques
préenrobés surface totale d’entraînement des
fines)
Tableau n° 12 : domaines préférentiels

(1)cf. norme NF P 16-351 [5]


(2) En conformité avec le nouveau fascicule 70 titre II, § II 6, « les drains de type agricole (référence à la norme NF U
51.101) peuvent être utilisés sous les espaces non circulés ». Les filtres doivent cependant être dimensionnés comme pour
les ouvrages routiers classiques (ouverture de filtration caractéristique O 90, cf. § 4.2.2 ) et non pas selon les pratiques
habituelles du drainage agricole qui, avec une ouverture plus largement dimensionnée, favorisent le passage de l’eau au
risque de favoriser également le passage d’éléments fins.
(3)Le choix du drain en fonction de la profondeur de pose dépend de la résistance mécanique du matériau et du
contexte général de pose : charge roulante éventuelle de surface, largeur de la fouille, matériau de remblai,
mode de compactage.

70 Drainage
En ce qui concerne les drains routiers, Plus la pente des drains est faible,
les profondeurs de pose sont définies par plus le diamètre du drain doit être
la norme NFP 16-351 : sans charge surdimendionné pour tenir compte
roulante de surface et à partir de 0,8 m des zones de rétention et de
de profondeur, on utilisera les drains de sédimentation dans le réseau de
la catégorie ND. Dans tous les autres drainage. A l’inverse, les pentes trop
cas, on choisira la catégorie SD. fortes peuvent générer des
Pour les drains agricoles, aucune phénomènes d’érosion et de
norme ne permet de préciser : on cavitation entre le sol et le drain.
admettra dans ce cas une profondeur Pour les pentes fortes, il est
minimale de l’ordre du mètre. préférable de diminuer les pentes
par des chutes aux regards.
Préenrobage Un drain mal nivelé (ou
insuffisamment entretenu) présente
Le préenrobage (avant pose par un filtre des zones de rétention d’eau ayant
fixé sur le drain) est toujours à l’effet inverse du drainage : mieux
préconiser car il permet de réduire vaut ne pas drainer que mal drainer.
sensiblement le risque d’entraînement
des particules fines du sol et ainsi les
risques d’obstruction interne du drain et
de désordre en surface (tassements).
Il est à réaliser avec un géotextile
convenablement dimensionné (règles du
paragraphe précédent, en particulier en
ce qui concerne l’ouverture de filtration).
L’emploi de fibres végétales (coco),
souvent proposé, est à éviter en raison
des risques de putréfaction, en
particulier si le drain est posé dans une
zone alternativement noyée-dénoyée.

Dimensionnement : Débit- Diamètre - Pentes


Le débit peut être calculé avec les
formules classiques intégrant diamètre
et pente ; le schéma n° 44 est donné à
titre indicatif pour des drains annelés
(coefficient de rugosité 45).
Le diamètre est à déterminer en fonction
des débits captés, cependant, compte
tenu des incertitudes sur les paramètres
« sols » (homogénéité, perméabilité
etc.), il est indispensable de
surdimensionner (au moins par 2). Ce
coefficient devra encore être augmenté
lorsque le réseau de drainage est mis en
place avant ou pendant les
terrassements (débits plus élevés et
colmatage partiel inévitable).
Il est par ailleurs impératif de
prendre toutes précautions pour éviter
les obstructions :
•mise en place de grilles ou clapets anti-
intrusion pour les animaux ;
• éviter la plantation d’une végétation
arborée à proximité ou à l’aplomb du
drain.
La pente est un facteur très important.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 7


Pérennité et entretien
Le principal paramètre est la résistance aux
différentes sollicitations telles que le
compactage ou la circulation de chantier, qui
peuvent sérieusement endommager les
drains (par écrasement, déformation) ou
l’enrobage et donc réduire voire empêcher,
et ce dès la mise en œuvre, l’ouvrage de
drainage de fonctionner.
Pour les canalisations plastiques, la norme NF P 16 -
351
[5] indique des valeurs minimales de rigidité
et résistance aux chocs, mais dans tous les
cas présentant des risques d’écrasement
(drains encastrés dans une couche drainante
par exemple), on recommande des planches
de référence pour agréer les produits en
fonction de leur comportement à la mise
en œuvre ou sous trafic.
A noter que la nouvelle version du fascicule
70 (titre II § II-6) indique que « Pour les
espaces non circulés, les drains agricoles
peuvent être utilisés ». Pour ces
canalisations, voir norme NF U51-101 [2]
En fin de chantier, la réception impose
la visite de l’ensemble des regards,
exutoires et rejets ainsi qu’une auscultation
vidéo des sections a priori les plus
critiques.
Par la suite, le rythme des relevés est à
moduler en fonction de l’ouvrage auquel les
drains participent (tranchée, éperon, couche
drainante, etc.). Le maintien en bon état de
l’exutoire et des orifices est essentiel.

Schéma n° 44 : débit pour des drains annelés en


fonction de la pente et du diamètre

72 Drainage
4.3- Ouvrages annexes Certains ont une forme rectangulaire
(0,40 x 0,70 m).
S’ils n’équipent pas de drains de
rives, ils sont implantés en dehors
Pour des raisons de sécurité, ces des BAU, sur la berme* et situés soit
ouvrages doivent être pris en compte dès au point de changement de direction
la conception et conformément aux ou en section courante pour respecter
principes généraux du guide « les exigences imposées par
Traitement des obstacles latéraux » [20] l’entretien. Ils comportent un radier
en partie inférieure, un coffre de
4.3.1- Traversées hauteur variable et une tête dans
laquelle s’emboîte le couvercle
Les traversées sont des canalisations amovible.
enterrées canalisant l’eau et lui
permettant de franchir la chaussées en Les regards de surveillance et
souterrain. Elles permettent notamment d’entretien sont à poser tous les 70 à
de raccorder des ouvrages de drainage 80 m environ et à tous les endroits
situés dans un terre-plein central ou d’un utiles pour l’entretien. La distance
côté de la chaussée (cas des profils maximum est de 100 m
mixtes ou des chaussées à dévers
unique) vers des collecteurs ou un
exutoire situé vers le côté aval du profil
en travers.
Ces parties d’ouvrage seront conçues
soit comme des raccordements
classiques (tuyaux non drainants) soit
comme les ouvrages de drainage qu’ils
prolongent (tranchées, saignées, épis,
écrans drainants). La partie drainante
(buse en acier, drain PVC...) sera
préférentiellement composée d’un seul
élément, garantissant un écoulement
continu vers l’aval.
Le raccordement aval est à soigner et à
contrôler en phase travaux, car les
déboîtements peuvent engendrer des
désordres liés à l’eau qui s’infiltre au lieu
de s’écouler.

4.3.2- Regards de visite


De formes différentes, rondes, carrées,
rectangulaires, les regards de visite
peuvent être préfabriqués en cas de
répétition ou coulés en place. Ils doivent
être dimensionnés correctement avec un
minimum de 0,70 x 0,70 m (pour le
passage d’un homme ou de
l’hydrocureuse dans tous les cas) et
doivent être arasés au niveau du terrain
fini.
Certains fabricants d’EDRC proposent
des éléments préfabriqués en PVC qui
s’emboîtent en partie inférieure sur le
drain. Ces dispositifs conviennent pour
des profondeurs inférieures à 1m. Leur
diamètre intérieur de 0,40 m et la forme
adaptée (entrée « courbe ») doit
permettre le passage de l’hydrocureuse.

Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 7


pour permettre le passage de l’hydrocureuse du fossé afin qu’elle ne constitue pas une
(en principe tous les trois ou cinq ans). gêne pour le fauchage.
L’implantation doit être déterminée
Pour les rejets en zone d’écoulement
précisément en veillant à ce que les regards ne
naturel, il peut être utile d’accompagner
débouchent pas dans des zones de
les rejets au moins sur quelques mètres,
concentration des eaux de ruissellement de
ou mieux jusqu’à l’écoulement naturel
plate forme (cunette par exemple).
récepteur. Les descentes les plus
Les tampons des regards de visite ou des utilisées sont constituées d’éléments
regards d’exutoire, dans la mesure où ils sont emboîtés (tuiles), ou d’éléments en arc
proches des voies en circulation, doivent être de cercle (demi-buses métalliques). Les
calculés pour résister à des charges premières vieillissent fréquemment mal
roulantes importantes (1/2 essieu) selon le (déboîtement), du fait souvent d’une
lieu d’utilisation (trottoir, accotement, bande mauvaise pose.
routière...). Lorsque les regards sont situés en
rive de chaussée, il est préférable, pour des
questions de sécurité, de prévoir des
couvercles en fonte à verrouiller sur le
regard afin de limiter les risques pour la
sécurité des usagers ainsi que les dépenses
d’entretien. Les regards doivent être
également judicieusement placés pour
permettre aux agents d’entretien d’y accéder
en toute sécurité.
L’état des regards doit faire l’objet de visite à
rythme soutenu. Il est par ailleurs
recommandé de soulever les tampons
chaque année pour vérifier le bon
fonctionnement de l’ensemble et ainsi mettre
en évidence les éventuelles mises en charge.

4.3.3 - Exutoires
Il s’agit du point de rejet des eaux hors de
l’emprise et plus généralement tout ce qui
permet d’évacuer l’eau collectée (fossé,
canalisation...). Il est généralement
matérialisé par un regard de visite qui met
en relation le réseau de drainage et le réseau
d’assainissement de la plate-forme routière.
Pour des raisons de sécurité, et ce quelle que
soit la capacité d’évacuation longitudinale
des dispositifs, on a tout intérêt à ne pas
trop espacer les exutoires. Leur position peut
être jumelée avec celle des regards de visite.
Dans la mesure du possible, la distance entre
un point haut du drain et l’exutoire
immédiatement situé en aval ou entre deux
exutoires situés sur un même écoulement ne
doit pas dépasser 500 m. Si la configuration
du terrain s’y oppose, on a recours à la mise
en place d’un collecteur spécifique.
Le rejet des eaux est généralement effectué
dans un fossé ; s’il est situé le long d’une voie
ouverte à la circulation, il devra comporter
une tête de sécurité. Dans tous les cas, la
sortie du drain doit être matérialisée par une
tête d’exutoire bétonnée comportant une
grille anti-rongeurs. La tête de drain doit
être implantée en surélévation dans le talus

74 Drainage
Caractéristiques des dispositifs de drainage et des matériaux utilisés dans ces 7
Chapitre 5

5 - Exécution des travaux, application de l’assurance qualité


achèvement des travaux de drainage, exploitation et entretien

5.1 - Exécution des travaux de drainage 66


5.1.1 - Réalisation des travaux 66
5.1.2 - Actions particulières de drainage en phase de travaux de terrassement 67
5.1.3 - Contrôles 68
5.2- Application de l’assurance qualité dans les travaux de drainage 69
5.2.1 - Schéma Organisationnel du Plan d’Assurance Qualité (SOPAQ) 69
5.2.2 - Plan d’Assurance Qualité (PAQ) particulier au chantier 69
5.2.3 - Schéma Directeur de la Qualité (SDQ) 70
5.3- Achèvement des travaux de drainage 71
5.3.1 - Réception 71
5.3.2 - Remise du plan de récolement 71
5.4- Exploitation et entretien des dispositifs de drainage 71
5.4.1 - Visite de l’ouvrage avec plan de récolement 71
5.4.2 - Établissement du point zéro en l’absence d’un plan de récolement 71
5.4.3 - Travaux d’entretien et de maintenance 72

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
5.1 - Exécution des les effets néfastes
augmentation d’humidité lors des
d’une

travaux de drainage périodes pluviales ou à renforcer la


protection vis-à- vis du gel-dégel, la
période optimale se situe lorsque
On pourra se reporter également les teneurs en eau sont les plus
au chapitre 7 du guide « Écrans
basses, c’est-à-dire en France,
drainants en rive de chaussée » pour
entre juillet et octobre ;
la réalisation des travaux [12].
- lorsqu’il est destiné à lutter contre
les dessiccations*, la période
Une fois la décision d’équipement prise, optimale se situe plutôt entre la fin
les dispositifs de drainage, sont des du printemps et le début de l’été,
ouvrages dont la qualité de pose est le au moment où la
seul véritable gage de la pérennité de la
chaussée. Au pire, ce type d’ouvrage
peut alimenter en eau les chaussées et
leur support et l’on peut voir alors les
dégradations s’accélérer bien plus que
dans la situation sans dispositif de
drainage.
L’exécution des différents dispositifs de
drainage est traitée dans le chapitre 4 de
ce guide qui aborde la réalisation des
travaux, les actions particulières de
drainage en phase de travaux de
terrassement et les contrôles.

5.1.1 - Réalisation des travaux


Période optimale des travaux
La période optimale de réalisation des
dispositifs de drainage dépend de
l’étape des travaux où l’on se situe :
• s’il s’agit du drainage de rabattement
de la nappe par ouvrage profond, il faut
choisir une période de basses eaux
(généralement été début automne) pour
profiter de l’abaissement de la teneur en
eau des sols, il faut intégrer le délai
prévu dans l’étude géotechnique* ou
hydrogéologique* ;
• dans le cas de drainage d’ouvrages
superficiels en terrassement, de
drainage de chaussées neuves, de
drainage de chaussées anciennes, il faut
éviter comme pour les travaux de
terrassement les périodes pluvieuses, car
la partie superficielle des sols génère
des boues et donc une pollution lors de la
mise en œuvre ;
• dans le cas particulier des travaux de
pose de drains de rives (tranchée
drainante ou EDRC) la période optimale
dépend des objectifs visés :
- si le dispositif est destiné à atténuer

66 Drainage
teneur en eau n’est pas trop basse (avant
l’apparition des fissures) ;
- dans le cas de travaux curatifs (fissures
déjà apparues), il n’y a plus de période optimale.

Gestion des interfaces


La plupart des dispositifs de drainage
traditionnels - saignée drainante, épis
drainants, couche drainante, tranchée
drainante - ne se prêtent pas à une
construction évolutive pouvant aller de la
phase terrassement à la réalisation de la
chaussée elle-même. Avec certains types
d’EDRC manufacturés, il est possible
d’envisager ce scénario.
La mise en oeuvre des drains de rives de
chaussée est différente selon que la chaussée
et l’accotement sont déjà réalisés ou ne le
sont pas. Cet aspect des phases de chantier
a une importance sur le choix des ouvrages
longitudinaux (tranchée drainante, écran
drainant manufacturé, écran drainant
construit en place).
Les interfaces de marchés ou d’entreprises
feront l’objet de points d’arrêt*, lorsqu’il y a
au moins 2 entreprises, permettant de
vérifier la continuité de l’ouvrage de
drainage.

Photo n° 15 : mauvaise organisation de chantier


provoquant une stagnation d’eau au point bas de
la piste, malgré la présence de fossés de part et
d’autre (photo CETE Normandie-Centre, LRPC
Blois)

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
5.1.2 - Actions particulières de •au nivellement régulier par passage
d’une lame (niveleuse ou bouteur) pour
drainage en phase de travaux de éliminer en cours de journée les
terrassement matériaux excédentaires et réduire
l’orniérage, afin d’assurer la continuité
L’exécution des travaux de terrassement du ruissellement,
pour la réalisation des remblais, des déblais
et des couches de forme ne peut se réaliser •au réglage et à la fermeture journalière
sans le respect de certaines règles des surfaces par un compactage de
élémentaires dans le domaine de la préférence au pneu, même peu
maîtrise de l’eau. important, en déblai comme en remblai.

Certaines de ces dispositions


constituent les règles de l’art en Évacuation des eaux de pluie
terrassement, et sont mentionnées dans Cette opération s’effectue avec des
le CCTG Travaux [8] fascicule 2 - ouvrages provisoires qui sont entretenus
articles 5.10 quotidiennement en période pluvieuse
« Assainissement et drainage provisoire comme en période sèche.
du chantier » et 5.15 « Ouvrages
En déblai, il faut assurer la continuité du
drainants ».
fil d’eau en pied de talus relié à un
Les travaux de terrassement exutoire. En remblai, pour éviter le
(extraction, trafic, compactage, ...) ruissellement anarchique et le
sont rendus difficiles lorsque ravinement le long des talus, un
l’ouvrage est fragilisé par les infiltrations bourrelet de terre en bordure du talus
d’eau (chute des portances, rupture de canalise l’eau jusqu’à une descente d’eau
talus, ravinement...). Les répercussions (provisoire ou définitive) positionnée en
sur les délais et les coûts sont loin d’être point bas et soigneusement raccordée.
négligeables (obligation de traitements,
Les talus d’un déblai comme d’un
substitutions, retards d’exécution…).
remblai doivent être protégés des eaux
de ruissellement. En attente (le cas
Entretien des surfaces échéant) d’un ouvrage définitif, des
Tant en déblai qu’en remblai, il est descentes d’eau provisoires pourront
primordial d’entretenir les surfaces être exécutées. Dans le cas des déblais,
terrassées où à terrasser. La justification un fossé en crête de talus est souvent
de cette opération est multiple et profite réalisé : il sera important de ne pas
autant à l’entreprise qu’au maître oublier son existence en fin de chantier
d’ouvrage, car : afin d’éviter toute stagnation d’eau en
haut d’un talus.
•elle favorise le ruissellement, donc
diminue du même coup l’infiltration ; Le renvoi des eaux collectées sur le
•elle maintient l’état hydrique des chantier au milieu naturel doit se faire
matériaux et la portance des sols ; en conformité avec la réglementation de
la loi sur l’eau et les engagements pris au
•elle favorise la circulation des engins ; niveau du dossier de la police des eaux
•elle minimise le volume de traitement [15]. En effet, il convient de débarrasser
des sols nécessaire ; les eaux du chantier des matières en
•les délais d’exécution des travaux sont suspension qu’elles contiennent
raccourcis. L’entretien consiste (pollution au moins minérale par la boue
du chantier) par des bacs de décantation
habituellement : et d’éventuels barrages en paille ou
•à la création et au maintien d’une pente autre avant leur renvoi au milieu
transversale d’au moins 4 % (dévers naturel.
unique ou en toit),

68 Drainage
Photo n° 16 : exemple de déblai sans exutoire. L’accumulation des eaux de pluie a provoqué un
effet « piscine « [la flèche rouge indique un repère commun] (photo CETE Normandie-Centre,
LRPC Blois)

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 6
Quelques règles de conduite de travaux
5.1.3 - Contrôles
•éviter la formation de cuvettes ou de
points bas qui sont autant de pièges à Selon les précisions du marché, divers
eau. La réalisation des ouvrages pour contrôles sont possibles et peuvent être
passage inférieur ou l’exécution des réalisés sous la responsabilité de
déblais à partir d’un point haut sans l’entreprise ou celle du maître d’ œuvre.
assurer d’exutoire sont des situations Ce guide technique ne donne pas une
pouvant momentanément bloquer un répartition type des contrôles entre ces
chantier par accumulation d’eau ; deux interlocuteurs (Entreprise - Maître
•veiller à maintenir une pente d’œuvre). Se reporter au chapitre 5.2.2 «
longitudinale vers un exutoire afin de ne Plan d’assurance Qualité » pour la liste
pas créer d’effet « piscine ». Lorsque ces des contrôles avec les points d’arrêts* et
situations sont inévitables ; elles devront les points critiques*, donnée à titre
être prévues dans le cadre du marché afin indicatif, à effectuer pendant et après la
de faire réaliser par l’entrepreneur des réalisation des travaux (cf. tableau n°
opérations permettant malgré tout 13).
l’évacuation de l’eau (pompage, fonçage
de drain…) ;
• réaliser les terrassements en suivant la
baisse du niveau d’eau dans les sols peu
perméables et en présence d’une
nappe : des travaux menés trop
rapidement pourraient rendre les talus
instables, malgré une pente
correctement évaluée, à long terme. Une
solution alternative consiste à rabattre la
nappe avant le début de l’extraction des
sols ;
•commencer normalement les déblais
par leur côté aval sur profil en long, pour
qu’ils puissent être assainis en
permanence ;
•compacter les bords du remblai
comme le cœur du remblai car les talus
mal compactés d’un remblai sont sujets à
des infiltrations rapides donc causes de
désordres. Les compacteurs ne travaillent
pas pour des raisons de sécurité en
bordure d’un talus ; il est donc conseillé
de réaliser la plate-forme avec une sur
largeur au moins égale à 1 mètre, qui est
ensuite ôtée à la pelle ou à la lame. Cela
nécessite temporairement une emprise
au sol plus importante. cf. art 5.8 «
Remblais » du fascicule 2 du CCTG [8] ;
•il s’avère souvent que les drains sont
très détériorés après l’exécution des
terrassements ou après celle des
chaussées. Ce point doit être contrôlé
attentivement, si l’action des drains est
prise en compte à terme dans le
dimensionnement des chaussées.

70 Drainage
5.2- Application de l’assurance stipulations techniques exprimées
dans le Cahier des Clauses
qualité dans les travaux de Techniques Particulières (CCTP - cf.
annexe 4) doivent figurer au SOPAQ.
drainage Le maître d’œuvre doit définir au
Règlement de la Consultation (RC)
les exigences que l’entrepreneur
Pour plus d’information, se reporter doit prendre en compte pour établir
au guide « Organisation de son SOPAQ. Ces besoins varient selon
l’assurance qualité dans les travaux le dispositif de drainage retenu et
de terrassement » [13]. sont exposés en détail dans le
Dossier de Consultation des
Entreprises (DCE).
La pose d’un ouvrage de drainage est un
cas d’application particulièrement
intéressant pour une démarche qualité à
double titre :
•le soin apporté aux travaux dans leurs
moindres détails conditionne la qualité
de l’ensemble ;
•les malfaçons ne sont pas faciles à
constater après la pose et encore moins
à repérer. La reconstruction totale est
bien souvent leur seul remède.
On voit là tout l’intérêt d’une démarche
qualité qui assurera au moment même de
la pose le suivi de toutes les
composantes de la qualité.
Que les travaux de drainage fassent
l’objet de marchés spécifiques ou qu’ils
représentent une partie de marchés
plus importants (terrassements,
chaussées), ceux-ci devront intégrer
l’assurance de la qualité des travaux de
drainage.
L’intérêt du maître de l’ouvrage ou de
son maître d’ œuvre à la gestion de la
qualité par l’entreprise, s’exprime lors de
la constitution du Dossier de
Consultation des Entreprises (DCE). Ce
DCE définit :
•les stipulations techniques de ou des
ouvrages à construire (CCTP) ;
•l’organisation de l’assurance de la
qualité exigée de l’entrepreneur :
- les contrôles à la charge de
l’entrepreneur (CCTP) ;
- les points critiques* (PC) et les points
d’arrêt *(PA) (CCTP) ;
- le contenu du SOPAQ (RC) et du PAQ
(CCTP).

5.2.1 - Schéma Organisationnel du


Plan d’Assurance Qualité (SOPAQ)
Toutes les dispositions retenues par
l’entrepreneur pour satisfaire aux

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
Le SOPAQ comprend l’organigramme de Le tableau n° 13 donne quelques Points
l’entreprise avec les différentes fonctions, la d’Arrêts* (PA) et Points Critiques* (PC).
nature des prestations sous-traitées et les Certaines tâches communes aux
principaux sous-traitants, la provenance terrassements (signalisation, sécurité, …)
des fournitures, la description des moyens et ne sont pas reprises dans ce tableau.
méthodes d’exécution utilisées ainsi que les
moyens et méthodes de contrôles envisagés.
Si le RC le demande, l’entreprise décrira
dans ce document les particularités
techniques du procédé de drainage à mettre
en oeuvre, comme par exemple les moyens
de tranchage utilisés, le type de guidage
dans le cas d’utilisation d’une trancheuse,
l’assemblage des géosynthétiques, les
moyens de compactage, l’exploitation de la
route sous chantier, etc.
Le SOPAQ est remis par l’entrepreneur avec
son offre et constitue son engagement en
matière d’assurance de la qualité et
représente une des pièces importantes de la
démarche car il sert de jugement des offres
d’une part et préfigure le PAQ d’autre part.
Le SOPAQ doit être contractualisé par le CCAP
et demeure la référence contractuelle
pendant le chantier.

5.2.2 - Plan d’Assurance Qualité (PAQ)


particulier au chantier
Dans la période de préparation du chantier,
l’entrepreneur établit, à partir de son SOPAQ,
un projet de PAQ. Après mise au point, le PAQ
est visé par le maître d’œuvre.
Le CCTP précise que le PAQ est constitué des
éléments suivants :
•une note d’organisation générale qui
comprend notamment :
- l’affectation des tâches ;
- la gestion des interfaces ;
- l’organisation du contrôle intérieur ;
- les principes de gestion et de traitement
des non conformité ;
•les procédures d’exécution définissant :
- les moyens et les conditions d’exécution
des travaux ;
- les méthodes d’implantation et du suivi topo ;
- les contrôles et essais réalisés (nature, fréquence)
;
- les Points d’Arrêt* et Points Critiques* en
plus de ceux définis dans le CCTP ;
•les fiches de suivi et de résultats à raison
d’une fiche par tâche élémentaire et/ou par
journée de travail, ces fiches fournissent la
preuve au maître d’œuvre que les stipulations
du marché ont bien été respectées. Elles
servent également à l’établissement du
dossier de récolement.

72 Drainage
• Agrément des éléments préfabriqués P
Vérification de la conformité aux spécifications du marché (EDRC. A
manufacturés, équipements d’ exutoires, regards, géotextile, drains,
canalisations… ).
• Agrément des matériaux
Vérification des caractéristiques et agrément des matériaux : composition P
du béton poreux, des Graves Non Traitées, des matériaux granulaires de A
remplissage, …
• Sécurité du chantier
Travaux sous circulation, stabilisation des talus, verticalité des parois de P
tranchée, … C

• Les contrôles à la mise en oeuvre


Ils comportent au moins la vérification des points suivants :
- des implantations de l’ouvrage à l’emplacement voulu dans le profil en P
travers ; C
Une rigueur plus importante doit être apportée dans l’implantation des
ouvrages lorsque ceux-ci sont posés en fin de travaux de terrassement
- de la largeur des ouvrages ; P
- de la profondeur des ouvrages et de la régularité de la pente C
longitudinale : cela peut nécessiter un système de référence de nivellement P
précis (laser, fil, etc). On cherchera à éviter tout point bas en cours C
d’exécution de l’ouvrage ;
- de la propreté et la régularité du fond de fouille ;
- de la nécessité de réaliser des purges ; P
- du raccordement des drains, des canalisations, des géotextiles dans C
les tranchées drainantes, les écrans manufacturés ou les enveloppes filtres P
des EDRC construits en place, l’intégrité des assemblages après leur
passage dans le caisson ; A
- de la continuité des systèmes de guidage, des raccordements aux regards P
et aux exutoires, de la vérification de leur fonctionnement, sauf si on ne C
peut pas prévoir de réception de l’ouvrage dans ce cas PA ;
- de la pose des ouvrages annexes en général (sorties d’exutoires, grilles
anti-rongeurs…) ; P
- de la verticalité de la pose des ouvrages longitudinaux (écran dans le C
caisson, dans la tranchée) et de leur placage contre les interfaces à drainer
;
- du nettoyage des abords de l’ouvrage ; P
- du réglage de la surface de l’accotement ; C
P
- de la conformité du matériel de compactage ;
C
- de la qualité du compactage des couches mises en œuvre (nombre et
épaisseur des couches de remblai, nature et état des matériaux, nombre de
passes de compactage, largeur de compactage, vitesse des compacteurs) P
[11] après réalisation d’une planche de convenance C
qui elle, est marquée par un point d’arrêt ; P
- de la régularité des approvisionnements, de leur conformité et de C
l’absence de ségrégation des matériaux ;
P
- de la régularité du remplissage des tranchées.
A
P
C

P
C
P
A
P
C

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
P
C
Tableau n° 13 : quelques Points d’Arrêts (PA) et Points Critiques (PC).

5.2.3 - Schéma Directeur de la Qualité


(SDQ) Ce schéma comprend notamment :
Pendant la période de préparation du •les Plans d’Assurance Qualité (PAQ) des
chantier, le maître d’œuvre établit en différents intervenants ;
concertation avec l’entrepreneur et le
•l’organisation du contrôle extérieur*
contrôle extérieur le Schéma Directeur
vis-à-vis du contrôle intérieur* ;
de la Qualité (SDQ). Il n’est pas
contractuel ; son but est de s’assurer de •la liste des points critiques* et des points
la cohérence de la démarche qualité d’arrêt* ;
attendue de chaque intervenant par •la gestion des interfaces entre les
l’examen global des actions prévues. Il prestations assurées par les différentes
peut évoluer durant toute la durée du entreprises. Ces interfaces sont
chantier. C’est la description précise de fréquemment à l’origine d’un manque
toutes les tâches à exécuter, en de qualité.
désignant si possible, les personnes
chargées de leur réalisation.

74 Drainage
5.3- Achèvement des travaux gestionnaire de la route dispose d’un
plan de récolement établi après la
de drainage réalisation du réseau de drainage.
Le plan de récolement indique
l’emplacement réel des dispositifs,
des exutoires, des regards, etc.

5.3.1 - Réception
La réception est prononcée au vu des
contrôles effectués en fin de chantier. Ils
peuvent être visuels, effectués par
prélèvement, levée par géomètre,
piézométrie, investigations par sondage,
par fouille, méthode géophysique
(géoradar), passage de caméra…
On vérifiera :
•la conformité des travaux ;
•la mesure de la compacité des
matériaux de remblai : elle peut être
réalisée à l’aide du pénétromètre
dynamique. Cet essai, bien que ponctuel,
peut être multiplié et utilisé dans un plan
de sondages à valeur statistique ;
•la continuité des écoulements : une
fois les ouvrages construits, on peut
injecter de l’eau contenue dans un
réservoir, dans le réseau à partir des
regards et vérifier que l’on retrouve bien
les écoulements en aval. Il convient
d’analyser ce test avec prudence. S’il se
révèle positif, il ne garantit pas la
régularité du fil d’eau. Dans le cas des
EDRC, cette méthode ne peut être
interprétée que si l’écran dispose d’un
dispositif collecteur étanche à sa base.
La vérification peut également être faite
avec la caméra, avec le passage de
l’hydrocureuse (contrôle direct du
fonctionnement) dans les parties du
système de drainage composées de
collecteurs généralement visitables, ce
qui, rappelons-le, limite l’espacement
maximum des regards à 100 mètres.
En cas de litige, on peut procéder à
l’ouverture de la tranchée.

5.3.2 - Remise du plan de récolement


Contrairement aux dispositifs
d’assainissement dont la quasi-totalité
des éléments est en surface et donc
repérables, la presque totalité des
éléments d’un réseau de drainage sont
enterrés ce qui ne facilite ni la
vérification de leur existence ni leur état
d’entretien. C’est pourquoi il est
indispensable que le service
Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
5.4- Exploitation et entretien des diamètres des drains ;
•protection des têtes d’exutoires.
dispositifs de drainage

L’équipement d’une chaussée par un


dispositif de drainage est un investissement
qui a un objectif permanent : évacuer les
excès d’eau dans les structures de chaussées
et les sols support afin d’éviter l’apparition de
dégradations précoces et/ou leur
accélération. Les réseaux de drainage
doivent donc être l’objet d’un suivi et d’un
entretien au même titre que
l’assainissement.

5.4.1 - Visite de l’ouvrage avec plan de


récolement
Dès la remise de l’ouvrage, il est
recommandé au service chargé de l’entretien
d’effectuer une visite complète de l’ouvrage
en s’appuyant sur le dossier de récolement
pour reconnaître toutes les parties du
dispositif de drainage et sur la notice
d’entretien de ces ouvrages. Cette opération
est indispensable avant d’établir le
programme de visites et d’entretien
périodiques.
On situera, en particulier :
•l’accessibilité et la protection des tampons
des regards de visite et d’exutoires ;
•la position des têtes d’exutoires.

5.4.2 - Établissement du point zéro en


l’absence d’un plan de récolement
Si le dossier de récolement fait défaut, le
service gestionnaire exploitant se doit de
constituer le « point zéro » à la prise de
possession de l’ouvrage.
Dans un premier temps, la lecture des pièces
du marché permet de prendre connaissance
des solutions de drainage prévues. Il
convient ensuite de vérifier sur le terrain si
elles existent. Les dispositifs étant enterrés,
un indice de leur présence peut être donné
par les regards de visite et les exutoires qu’il
convient de localiser avec précision. Il est
ainsi possible d’avoir une vue d’ensemble des
dispositifs :
•géométrie et accessibilité des ouvrages ;
•pente des fils d’eau des drains ;
•raccordement des dispositifs aux exutoires ;
•position des regards de visite,

76 Drainage
Dans un deuxième temps, et si cela est
nécessaire à la compréhension du 5.4.3 - Travaux d’entretien et de maintenance
dispositif de drainage, on pourra avoir Si le gestionnaire s’est trouvé dans
recours à des ouvertures comme l’obligation d’établir un point zéro et de
indiqué au procéder à des travaux de remise en
§ 5.3.1. conformité, il s’agit d’une tâche
Le point zéro doit préciser l’état préliminaire qui doit faire l’objet d’une
d’entretien de toutes les parties du étude après expertise.
dispositif de façon à dresser, La nature et l’importance des travaux
éventuellement, la liste des travaux de sont à définir à partir des règles
premier entretien indispensable au bon précisées au chapitre 5.1.2.
fonctionnement de l’ouvrage.
La maintenance d’un réseau de drainage
On vérifiera, en particulier : comporte deux parties ; la surveillance et
•le bon écoulement de l’eau dans les l’entretien.
fossés ou dans les caniveaux ou
descentes d’eau après une période La surveillance
pluvieuse et son évacuation
(vérification du niveau du fil d’eau des La surveillance doit être régulière et
fossés par rapport aux exutoires du s’effectuer conjointement à celle de
dispositif de drainage) ; l’assainissement général [10].
•l’absence de coulées de boues aux Il faut noter que les périodes les plus
exutoires (leur présence est l’indice propices pour déceler des anomalies de
d’une détérioration du filtre en géotextile fonctionnement se situent pendant un
du dispositif de drainage ou pire de son épisode pluvieux ou juste après.
absence).
La totalité de ces constatations doit être L’entretien et la périodicité de l’entretien
reportée sur la plan « point zéro » du
Pour l’entretien des différents dispositifs
réseau de drainage. Ceci permet
de drainage, il faut se reporter au
d’affecter des priorités aux actions de
chapitre 4 de ce guide.
réparation selon l’ampleur des dégâts
constatés.
Si de telles dispositions ne sont pas très
contraignantes pour un service
spécialisé chargé de l’entretien d’une
voie express ou d’une autoroute, il
n’est pas sûr qu’il en soit de même
pour les services qui ont en charge les
réseaux courants de routes nationales
ou départementales. Néanmoins, cette
tâche est primordiale et doit être réalisée
dans toute la mesure du possible.

Exécution des travaux, application de l’assurance qualité achèvement des travaux de drainage, exploitation et 7
Annexe 1

Les études hydrogéologiques*


particulières

Les études hydrogéologiques* qui


peuvent être demandées dans le cadre
d’un projet nécessitant des conditions de
drainage particulières (existence d’une
nappe phréatique, captage des
arrivées d’eau en talu, …) comporteront
selon la mission géotechnique de type
demandée (norme NF P 94-500 [4]) :

Mission de type G11, étude préliminaire de


faisabilité
L’étude géotechnique aura mis en
évidence le besoin de recourir à des
parades, avec souvent des difficultés à
préciser des ordres de grandeurs pour
ces ouvrages. Le nombre des sondages
réalisés ainsi que leur nature influe
beaucoup sur la précision des
conclusions. L’étude précisera
néanmoins dans le rapport et/ou sur le
profil en long géotechnique, les déblais
ainsi que les numéros de profils
concernés par des arrivées d’eau
lorsqu’elles ont été détectées.
Elle doit mettre également en évidence
la présence d’eau en précisant dans la
mesure du possible :
•s’il existe une nappe et suivre son
évolution sur au moins une année voire
plus d’un an si nappe de forte capacité ;
•s’il y a des arrivées d’eau ;
•si l’eau est pérenne ou sujette à assèchement ;
•s’il existe des circulations d’eau, des
résurgences connues ou tout autre
élément que seule une investigation de
terrain permet de connaître.
Il est important également de préciser le

Ann 7
contexte météorologique dans lequel les
sondages ont été réalisés ; en période de
sécheresse les résultats sont souvent
optimistes. D’autres sources
d’informations pourront être consultées :
bibliographie, connaissance régionale,
enquête de terrain…

74 Drainage
L’étude géotechnique indiquera
également lorsque cela est prévisible, si Mission de type G 12, étude de faisabilité
les ouvrages sont nécessaires sur les géotechnique*
deux talus : il peut arriver que les venues
d’eau s’assèchent sur le talus opposé au Il s’agit d’une étude particulière pour
sens de circulation préférentielle des valider les hypothèses de drainage et
eaux internes définir précisément les principes
Il sera nécessaire de préciser : généraux de construction des ouvrages
de drainage. Pour cela, il sera nécessaire
•la présentation des grandes unités de définir :
hydrogéologiques locales ou des
écoulements souterrains, dans le cadre •la géométrie détaillée du réservoir
des connaissances régionales ou aquifère1 (positions du toit, du mur,
d’expériences antérieures ; pentes…) ;
•l’évaluation approximative des •les caractéristiques hydrauliques de
conséquences possibles de l’aquifère1 (perméabilités, carte
l’hydrogéologie sur le projet ; piézométrique…) ;
•réciproquement, l’impact prévisible •le bilan de l’alimentation et des pertes
du projet sur l’hydrogéologie locale (traçages éventuels) ;
(modifications des écoulements…) ; •l’équipement du site pour suivi de
•une évaluation des incertitudes de l’évolution de la piézométrie (pose de
l’étude sur les informations fournies ; piézomètres…) ;
•la définition du programme des études •l’évaluation des contraintes apportées
de type G 12 par l’aquifère dans l’élaboration du
à entreprendre sur le sujet. projet, et réciproquement l’évaluation
de l’influence prévisible du projet sur les
perturbations de l’aquifère1 ;
•une évaluation des incertitudes de
l’étude sur les informations fournies ;
•la définition du programme des études de
type G2
à entreprendre sur le sujet.

Mission de type G 2, étude de projet


géotechnique*
Cette mission doit permettre d’établir
très exactement la géométrie de
l’ouvrage et son dimensionnement. La
phase 1 comprend quelques notes de
calcul de dimensionnement, une
estimation des quantités, des délais et
coûts d’exécution des ouvrages et la
phase 2 les documents nécessaires à la
consultation des entreprises.

Ann 7
(1)Le terme d’aquifère est utilisé ici au sens très large du terme et peut regrouper l’ensemble des systèmes hydriques tels que
nappe aquifère, source, eau souterraine…

76 Drainage
Annexe 2

Amélioration des conditions


hydriques des matériaux

Il s’agit de réaliser des ouvrages destinés


à collecter les eaux de surface ou
souterraines et à drainer le terrain
naturel, ouvrages provisoires qui
peuvent selon les cas, être intégrés dans
les systèmes de drainage ou
d’assainissement définitifs.
Ces travaux assureront de meilleures
conditions de réalisation des
terrassements, et un meilleur taux de
réutilisation des matériaux. Mais, il
convient d’ajouter que même si la
situation initiale est améliorée en
réduisant les teneurs en eau des
matériaux, le drainage ne permet pas
d’éviter dans tous les cas le traitement
des matériaux par des réactifs adaptés.
Lorsqu’une amélioration de l’état
hydrique des matériaux est recherchée,
les études auront défini (cf. annexe 1) :
•la nature des sols à drainer, leur état
hydrique, et leur géométrie ;
•l’évaluation de leur perméabilité ;
•les conditions météorologiques au
moment des sondages notamment et leur
influence par rapport au besoin de
drainage ;
•les caractéristiques de la nappe, ou les
conditions hydrogéologiques en général ;
•les conséquences du projet sur
l’environnement (et réciproquement) ;
•les moyens possibles de réalisation du
drainage et le dimensionnement.
Les études doivent évidemment cerner
les conditions hydrogéologiques les plus
défavorables. Dans l’idéal, le suivi des
niveaux d’eau se fera sur au moins une
année, en précisant le contexte

Ann 7
climatique (année humide ou année de
sécheresse).

78 Drainage
En plus des moyens classiques de évacuation de l’eau. Les techniques
sondage et de reconnaissance de terrain abordées dans ce guide permettent
(piézomètres, prélèvements d’effectuer des opérations de drainage
d’échantillon, essais de pompage…) de faible envergure pour préparer
l’apport de la photo-interprétation peut l’accès à un terrain dans des zones non
avoir un certain intérêt pour détecter les compressibles mais de portance très
zones humides et les indices hydriques, faible (épaisseur des sols à améliorer
hydromorphologiques ou ≤ 1 m).
phytographiques.
Dans le cas de sols compressibles*, une
D’autres sources d’informations étude spécifique sera réalisée en prenant
peuvent être intéressantes : en compte la mécanique des sols supports
bibliographie, connaissance régionale, et les charges imposées (cf. guide «
enquête de terrain… Réalisation des remblais sur sols
Cas particulier : Les opérations de compressibles » [14])
drainage des sols supports d’un remblai L’abaissement de la teneur en eau par
(zones tourbeuses, marécageuses ou drainage sera préconisé si la nature
humides, zones compressibles d’une des sols s’y prête.
manière générale) permettent une
consolidation des sols par

Coefficient
Identificat Délai d’essorage
de
ion des Description des sols approximatif en
perméabil
sols condition
ité
(selon NF météorologique
P11-300) habituel
favorable
(en
m/s)
A1, B5, certains B6 Limons, sables fins argileux 10-5 à 10-9 minimum 6 mois, voir
+
B1, B2, B4, D1 Sables fins, graves faiblement 10-3 à 10-5 3 à 6 mois
argileuses
D2, D3, B3, Graves propres, éboulis, 1 à 10-3 ≤ 3 mois
R11, R21, R22, roche fracturée et
R32, R33, R41, microfissurée (calcaire,
R42, R61, R62, schiste argileux, grès
poudingue, roche
magmatique et
métamorphique)
R12, R13, R23, Craie, roches évolutives Matériaux se prêtant
R31, R34, R43, sous l’influence de l’eau diffici- lement à des
R63 (calcaire tendre, roche améliorations par
argileuse, silts, roches dures drainage sauf étude

Ann 7
altérées) spécifique tenant
compte de la
fracturation, la
microfis- suration et
la perméabilité
intrinsèque du
matériau en place
C1, C2 Sols à éléments Se reporter aux
grossiers (Dmax > 50 caractéris- tiques de la
mm) fraction 0/50 mm

A2, A3, A4, Argiles, marnes, argiles 10-9 à 10-13 Matériaux ne se


certains B6, R5, sableuses, roche saline, prêtant pas à une
R3 roche argileuse évolutive, amélioration par
roche non fissurée drainage
Tableau n° 14 : identification des sols (selon la norme NF P 11-300) pouvant faire l’objet de drainage

80 Drainage
Annexe 3

Evaluation des débits à drainer

3.1 - Au travers des sols support


Selon la texture du substratum et son
intersection avec la chaussée, des
venues d’eau provenant d’un bassin
versant plus ou moins important peuvent
s’infiltrer dans les terrains et alimenter
la chaussée
« par le bas ».
Leur mise en évidence reste souvent
délicate (de très faibles débits
saisonniers sont suffisants pour faire
varier très sensiblement la teneur en eau
des sols et des matériaux non traités de
la structure).
Elles peuvent généralement être
décelées lors des travaux de
terrassement en période humide.
Sur chaussée en service, les résurgences
sont le plus facilement mises en évidence
par temps sec, après une période
humide.
Lorsque l’on est en présence de
résurgences diffuses dans une zone
localisée, leur captage peut se faire par
tranchées drainantes longitudinales ou à
l’aide d’une couche drainante. On notera
également l’efficacité des fossés
profonds pour s’opposer aux venues
d’eau latérales dans les zones en déblai.
Par contre, lorsqu’une résurgence
ponctuelle est décelée, on a recours au
captage en un point précis.
En tout état de cause, l’évaluation des
débits provenant des résurgences que l’on
a détectées doit être fournie par une étude
hydrogéologique de type G2 (cf. annexe
1).

Ann 8
Ci-après diagrammes sur les débits en Le dimensionnement s’appuiera sur
fonction du rabattement, de l’épaisseur d’autres paramètres (risque
de la nappe, et de la perméabilité des d’obstruction, d’écrasement, de
sols pour une tranchée drainante. décantation) qui nécessitent un
L’objectif de ces diagrammes est de coefficient de sécurité élevé.
montrer que le débit (et donc la Ainsi, dans les cas les plus courants
perméabilité du sol) n’est, la plupart du (argiles limoneuses ou sableuses à sables
temps, pas dimensionnant vis-à-vis du fins), un tuyau de 150 mm pourra être
tuyau de drainage puisqu’il faut retenu sans grand risque.
atteindre des perméabilités très élevées
(1E-3 et 1E-2) pour commencer à Par contre, dès que l’on aura affaire à
rencontrer des difficultés dans des sols de forte perméabilité
l’évacuation avec des drains courants. (supérieure à 1E-5), il est vivement
souhaitable de procéder à une étude
hydrogéotechnique spécifique qui
dimensionnera le réseau de drainage.

Echelle de perméabilité (rappel) : Inf à 1E-9 : argiles


1E-7 à 1E-9 : limons argileux, sables argileux,
graves argileuses 1E-5 à 1E-7 : limons, sables
limoneux, graves limoneuses
1E-5 à 1E-4 : sables propres
supérieur à 1E-4 : roches fissurées (y compris
craie) et graves propres

82 Drainage
En noir : débits d’exhaure* de la nappe en fonction de la perméabilité des sols pour un côté
de tranchée (pour le débit total de la tranchée, multiplier le chiffre obtenu par deux) et une
longueur de 100 m. Les 4 diagrammes correspondent à des épaisseurs de nappe (au repos)
différentes : 5, 10, 15, 20 m.
En rouge : débit maximum d’un drain annelé penté à 2,5 %, en fonction des diamètres des drains 100,
150 et 300 mm.

Ann 8
3.2- Au travers de la chaussée 3.2.1 - Infiltrations diffuses par les couches de surface
Pour dimensionner les dispositifs de Les débits Qe dépendent du coefficient
drainage, qui généralement recueillent de perméabilité de l’enrobé. A partir du
des effluents relativement modestes, il coefficient de perméabilité (tableau n°
peut être suffisant d’obtenir une 15, colonne 2) on obtient pour une durée
estimation par excès des débits d’eau de précipitation d’une heure les valeurs
entrant dans la structure de chaussée d’infiltration théorique de la colonne 3
par les précipitations. en faisant l’hypothèse que la surface de
la chaussée est toujours alimentée. En
Les différents éléments intervenant dans la
réalité, si l’on prend en compte les
détermination du débit sont présentés
hauteurs des précipitations et les
dans le schéma n° 45.
durées, on obtient les valeurs de la
Le principe du calcul est d’estimer les colonne 4 qui donnent la proportion
débits à drainer par mètre linéaire de d’eau infiltrée à travers un enrobé par
chaussée à partir de la durée rapport à la hauteur des précipitations1.
journalière, D, des précipitations, P, et
Il apparaît clairement que ce n’est que
du ruissellement. On suppose que les
lorsque la compacité est supérieure à 93
infiltrations ont lieu lorsque la surface
% qu’une couche d’enrobés de surface
du revêtement est recouverte d’un film
peut vraiment s’opposer aux infiltrations.
d’eau (la surface de la chaussée est
soumise à potentiel hydraulique de Le schéma n° 46 a été établi pour
gradient égal à l’unité). On distingue : illustrer ce point avec une dispersion de
•les débits entrant dans la chaussée : la compacité de ± 2 points ou
- Qe, à travers la couche de roulement ± 3 points par rapport à la moyenne.
;
- Qft, par les fissures transversales, ou
Qfl, par les fissures longitudinales ;
- Qr, à l’interface chaussée
accotement ;
- Qa, correspondant aux apports
provenant de l’accotement et du
bassin versant latéral ;
•les débits transitant aux interfaces, Qi
;
•les débits alimentant le sol support,
Qs.

Schéma n° 45 : représentation schématique Schéma n° 46 : relation entre la compacité


des différents types d’écoulement sous de la couche de surface et l’infiltration de la
chaussées et accotement pluie dans la chaussée

(1) (2) (3) (4)

Ann 7
Coefficient
Coefficient de Infiltration théorique
Compacité (%) d’infiltration moyen
perméabilité (l/h) en alimentation
annuel m (en % des
(m/s) continue
hauteurs de pluies)
85 1.10 250 100
-5

92 3.10 7,5 60
-7

93 1.10 2,5 30
-7

95 1.10 0,02 <5


-9
5
Tableau n° 15 : infiltration à travers une couche de roulement en enrobé non fissuré pour 1 mètre
linéaire d’une chaussée de 7 m de largeur.

(1)Moyenne de 3 précipitations types : 4 mm en 4 heures ; 4 mm en 12 heures ; 40 mm en 12 heures. Ces trois


cas simulent bien un climat type du Sud de la france. Pour le Nord, les durées plus élevées peuvent augmenter
les valeurs de la colonnes (4).

80 Drainage
3.2.2- Infiltration par les fissures (cf. schéma n° 45) Les débits Qi (des interfaces) sont plus
Les infiltrations, Qf, par les fissures faibles que les infiltrations à travers le
dépendent de leur ouverture. On revêtement, car une mise en charge des
distingue les infiltrations par les fissures couches est nécessaire pour qu’ils
transversales, Qft, , et les infiltrations apparaissent, sauf lorsque des venues
par les fissures longitudinales ou de d’eau souterraines sont interceptées par
rive, Qfl ou Qr (cf. tableaux n° 16 et la chaussée. Ces débits seront donc
17). considérés comme négligeables.
Les infiltrations de type Qa provenant Les valeurs des débits Qs (des sols
des accotements, du bassin versant supports) sont difficiles à évaluer et
latéral, de l’interception de sources et sans objet pratique pour l’objectif visé,
nappes captives par la chaussée sont ou alors dimensionnés par une étude
plus délicates à évaluer. Dans la mesure hydrogéologique.
du possible, toute arrivée d’eau
ponctuelle, ou limitée dans l’espace, doit
A Pour
titre le dimensionnement
indicatif, le tableau n° d’un
18 drain
donne
faire l’objet d’un traitement spécifique. de rive, l’estimation par excès du
une estimation du débit total des eaux
Les flux d’eaux transitant aux débit des eaux d’infiltration,
d’infiltration par le revêtement d’une Qt,
interfaces, de débit Qi, correspondent à arrivant au
chaussée dispositif de
présentant desdrainage
fissuresparde
différents apports en raison des contrastes mètre etlinéaire
retraits de longitudinale.
une fissure chaussée est Les
de perméabilité entre couches voisines et donnéeélevées
valeurs par la somme
montrent: tout l’intérêt
au fait que la zone de l’interface possède de procéder au pontage des fissures et
une perméabilité plus forte que celle des d’obtenir des enrobés une compacité
matériaux en pleine épaisseur. Les minimale acceptable.
infiltrations de type Qa alimentent
également les flux d’eau aux interfaces.
Ces apports provoquent une saturation
locale qui favorise les écoulements en
régime saturé.

Ouverture des fissures


transversales (mm)
Ouverture des fissures longitudinales
0,1 0,4 2,4 (mm)

8,5 85 840 0,1 0,4 2,4


3
(65 (100 (100 1 (15 10 (70 100 (100
%) %) %)(1) %) %) %)(1)
Distance
Tableau n° 17 : infiltrations par une fissure
entre 5,0 50 500
5 longitudinale ou par un joint de rive pour 1
fissures (50 (100 (100 ml de chaussée en litres/h (entre
transversa %) %) %)(1) parenthèses pourcentage d’eau infiltrée par
les rapport aux précipitations)
(m)
2,5 25 250
10
(30 (100 (100
%) %) %)(1)
Tableau n° 16 : infiltrations par les fissures
transversales, en litres / h, pour 1 mètre
linéaire d’une chaussée de 7 m en fonction
de la distance entre fissures, (pourcentage
d’eau infiltrée par rapport aux précipitations)

(1) valeur théorique trés spérieure au volume des précipitations

Conditio Coefficient de perméabilité du revêtement (m/s)


ns

Ann 8
3.10 -7
1.10 -7
1.10 -9

Non fissuré 60 % 30 % <5%


Avec fissures transversales de
80 % 70 % 65 %
0,1 mm espacées de 3 m
Avec fissure longitudinale de
100 % 95 % 90 %
0,4 mm en rive
Tableau n° 18 : influences conjuguées de la compacité du revêtement et de la présence de
fissure sur le pourcentage d’eau infiltrée à travers la couche de roulement d’une chaussée

82 Drainage
Exemple d’estimation du Il convient d’y ajouter le débit capable
dimensionnement d’un dispositif de d’être collecté par la face côté
drainage. accotement du drain. Soit une largeur de
Examinons le cas d’une demi-chaussée 1 m de rive concernée, sur la hauteur
(voie de 3,50 m) en pente longitudinale de 0,50 m :
de 2 %, constituée d’un Béton Qa = 10-6 × 1 × 0,5 × 3600 × 1000 = 1,8 l/h.
Bitumineux (BB) + Assise + Support.
Le débit collecté est donc de l’ordre de 11
Les données prises en compte sont : l/h par mètre linéaire soit 3.10−3 l/s
- Compacité BB = 92 % ;
On trouve dans les abaques
- Existence d’une fissuration
(documentation des fournisseurs), qu’un
transversale tous les
3 m, ouverture 0,1 mm ; drain de 90 mm de diamètre, dont la
- Existence d’une fissuration pente est de 2 %, évacue 15.000 l/h
longitudinale en rive, ouverture 0,1 soit 4,2 l/s. La distance entre exutoires
mm ; voisins pourrait être d’1 km (car
- Perméabilité de l’accotement, 10- 6 15.000/11 > 1.000 m), mais on se
m/s soit 3,6 mm/ h. limitera à 500 m.

Un EDRC de 0,50 m de profondeur, HD, Vérification de l’utilité de drainer


dont le drain collecteur a un diamètre de L’utilité de drainer peut être vérifiée. Un
90 mm est projeté. On cherche à estimer sol support relativement perméable
l’écoulement maximal susceptible d’être absorberait les 9 l/h avant le drain. Pour
capté par lui. cela, il faudrait qu’il ait une perméabilité
On calcule alors les débits entrant dans (supposée à l’état saturé) supérieure à :
la chaussée, par mètre linéaire. Ils sont
9 × 10-3 / 3600 / 3,5= 7 × 10-7 m/s.
la somme de trois termes :
Dès que le support est moins perméable,
1. Qe = débit traversant le BB. C = 92 % il va se produire des stockages
conduit à une infiltration théorique de
temporaires dans l’assise, qui, s’ils ne
7,5 l/h pour 7 m de largeur (tableau n°
sont pas drainés, risquent de nuire à son
15) d’où Qe = 7,5 × 3,5/7 = 3,75 l/h ;
fonctionnement correct (une GNT
2. Qft = débit dû à la fissuration chutera fortement en rigidité aux
transversale. Le tableau n° 16 indique périodes de durées importantes de
une entrée de 8,5 l/h pour 7 m de précipitations ; une assise traitée pourra
largeur, donc Qft = 8,5 × 3,5/7 = 4,25 l/h présenter un décollement avec le BB,
; etc.).
3. Qr = débit dû à l’entrée en rive. Le Remarque : comme le montrent les
tableau n° 17 indique 1 l/h par mètre calculs ci-dessus, les résultats dépendent
linéaire. étroitement de la valeur du coefficient de
perméabilité pris en compte.
Débit total en provenance de la
chaussée = Si la nature des matériaux est telle qu’ils
sont ou très perméables ou très peu
Qe + Qft + Qr = 9 l/h perméables, le risque d’erreur est sans
qui, sous un régime de précipitation conséquence pratique.
établie (durée longue), et dans le cas Par contre, pour les cas intermédiaires,
d’un support de très faible perméabilité, des erreurs grossières peuvent être
alimenteront le drain de rive. faites si le coefficient de perméabilité
est seulement estimé à partir des
caractéristiques d’identification. Il y a
lieu, alors de se référer à des résultats
d’essais normalisés.

Ann 8
84 Drainage
Ann 8
Annexe 4

Eléments pour l’établissement


du cahier des clauses
techniques particulières (CCTP)

Cette annexe ne constitue pas un CCTP


type mais plutôt un canevas qui pourra
être adapté à chaque cas de chantier. Il
intègre un souci de gestion de la qualité
des travaux.
Il convient de rappeler que les travaux
de drainage s’intègrent, dans un bon
nombre de cas, à des travaux de
terrassement, de construction de
chaussées (ou d’entretien ou de
réhabilitation). Ceux-ci
comprennent, très généralement,
des travaux d’assainissement. La
gestion des interfaces entre ces
différents travaux devra être traitée dans
l’un ou l’autre des CCTP.

Ann 8
1- Description des travaux a réaliser les géotextiles ou géomembranes
- Composition des bétons poreux,

1.1 - Localisation des travaux

1.2 - Description générale des travaux dévolus à


l’entreprise
- Désignation du type d’ouvrage de
drainage à
réaliser
- Données hydrauliques
- Données géotechniques
- Travaux préparatoires

1.3 - Travaux non compris dans le marché

1.4 - Références aux plans extraits du projet


d’équipement

2 - Assurance de la qualité
- Conditions de service de l’ouvrage
de drainage
- Dispositions générales pour la
maîtrise de la qualité
- Degré de développement du PAQ
- Type du chantier
- Traitement des anomalies
- Plan d’assurance qualité
- Points critiques
- Points d’arrêt
- Organisation du contrôle extérieur
- Organisation du contrôle intérieur

3 - Spécifications des matériaux, produits


et composants
3.1 - Caractéristiques exigées des dispositifs de drainage
- Typologie du dispositif
- Caractéristiques géométriques,
mécaniques, hydrauliques (cf.
chapitre 4)

3.2- Matériaux pour les terrassements et le remblayage


•Sols, GNT, graves d/D
- Classification annexe 5 [1]. Taille des
plus gros éléments par rapport à
l’épaisseur de la couche compactée
- Type de matériaux en fonction de
l’objectif de densification
- Dispositions particulières ou refus de
certains matériaux (gélivité des
sols, sous-produits industriels)
- Agressivité (chimique, biologique) de
certains sols ou sous-produits
industriels vis-à-vis des réseaux posés
ou de certains composants tels que

84 Drainage
•Géotextiles recouvrement par couture, par
thermo-soudure, par agrafage, par
Géotextile certifié, non certifié pour...
collage, action du vent
(destination du géotextile), contrôle...
- Mise en oeuvre en tranchée ...
Les caractéristiques des géotextiles à déterminer :
- Résistance à la traction
- Déformation sous charge maximale
- Résistance à la perforation dynamique
- Perméabilité à l’eau normalement au plan
- Ouverture de filtration, Of, et la
résistance à la pénétration de l’eau
•Drains
- Destination du drain, type de drain,
caractéristiques hydrauliques, stabilité
chimique, stabilité vis-à-vis des agents
atmosphériques, dispositif collecteur pour
écran de rive de chaussée, ...
•Écrans drainants de rive de chaussée
- Destination de l’EDRC, caractéristiques
hydrauliques, épaisseur, hauteur, ...
- EDRC préfabriqué, EDRC fabriqué en place.
- Géotextile associé (Of ), matériaux
drainants, béton poreux, caractéristiques
de l’ âme drainante,
nature du matériau, caractéristiques
hydrauliques, souplesse, stabilité
mécanique.

3.3- Ouvrages annexes


Exemple : regards (dimensions, couvercles...),
exutoires (diamètre, grille anti-rongeurs, tête
d’exutoire).

4 - Mode d’exécution des travaux (exemple pour


tranchées drainantes et EDRC)
4.1 - Spécifications sur l’implantation et le piquetage des
dispositifs
- Implantation en plan (désignation des sections à
traiter, distance par rapport à l’axe de la voie)
- Implantation en nivellement (pentes des
profils, du fil d’eau).

4.2- Réception et stockage des fournitures et matériaux

4.3- Mode d’exécution de la tranchée


- Largeur (suivant le procédé retenu), profondeur
- Préparation, ouverture de la tranchée,
caractéris- tiques du fond de fouille,
blindages éventuels

4.4- Spécifications de mise en oeuvre


- Mise en oeuvre des matériaux pour lit de
pose, des matériaux drainants, des drains,
des géotextiles
- Plan de pose (calepinage), coupe des
rouleaux, du géotextile, assemblage par
Ann 8
Mise en oeuvre des EDRC
Pose de l’EDRC à l’aide d’un matériel de
mise en oeuvre muni de caisson
- Edrc fabriqué en place, EDRC préfabriqué
- Remplissage avec du béton poreux
- Pose de l’EDRC sans caisson
- Exécution du décaissement
- Préparation du fond de fouille
- Mise en place et ancrage du textile,
mise en place des matériaux.

4.5- Spécifications de compactage


Cf. guide « Remblayage des tranchées » [11]

4.6- Traitement des points singuliers


Franchissement des voies, des
réseaux enterrés transversaux

4.7- Pose des regards, raccordements aux exutoires

4.8- Travaux annexes


Par exemple, couche d’imperméabilisation
au-dessus d’un Edrc ou d’une tranchée
drainante.

4.9- Exploitation de la route pendant le chantier


- Disposition de protection, longueur de l’alternat
- Repliement du matériel le soir, le week-end, ...

5 - Contrôle et qualité
5.1 - Planches de référence de compactage
Cf. guide « Remblayage des tranchées » [11]

5.2- Contrôle aux points d’arrêt

5.3- Contrôles de réception - Plan de récolement

86 Drainage
Ann 8
Annexe 5

Bibliographie

Normes :
[1] NF P 11-300 : Exécution des
terrassements. Classification des
matériaux utilisables dans la
construction des remblais et des couches
de forme d’infrastructures routières.
AFNOR, septembre 1992.
[2]NF U 51-101 : Drainage agricole.
Tubes annelés en polychlorure de vinyle
non plastifié. Spécifications. AFNOR -
Décembre 1987.
[3] XPP 18-540 : Granulats -
définitions, conformité, spécifications.
AFNOR, octobre 1997.
[4] NF 94-500 : Missions
géotechniques – classification et
spécifications. AFNOR, juin 2000.
[5] NF P 16-351 : Plastiques.
Systèmes de canalisations en plastique
pour drainage enterré. Spécification pour
le génie civil. AFNOR, juillet 1998.
[6]NF G 38 061 : Recommandations
pour l’emploi des géotextiles et produits
apparentés. Détermination des
caractéristiques hydrauliques et mise en
œuvre dans les systèmes de drainage et
de filtration. AFNOR, février 1993. (en
cours de révision)
[7] NF EN 13252 : Géotextiles et produits
apparentés
– caractéristiques requises pour
l’utilisation dans les systèmes de
drainage. AFNOR, novembre 2001.
[8] CCTG travaux – fascicule 2 :
Terrassements généraux. AFNOR, mars
2003.

88 Drainage
Documents techniques : Pour information :
[9] Réalisation des remblais et des Loi N° 92-3 du 3 janvier 1992 sur
couches de forme - Guide technique. l’eau et ses décrets d’application
Fasc. 1et 2. Sétra – LCPC, septembre
1992, Réf. D9233. Aide aux Choix des Solutions
d’Assainissement et de drainage sur
[10]L’entretien courant de Routes Existantes (ACSARE)
l’assainissement de la route - Guide - Guide technique. Sétra, 1993, Réf. D9232.
pratique. Sétra, 1998, Réf. D9841.
Conception et dimensionnement des
[11] Remblayage des tranchées et structures de chaussées - Guide
réfection des chaussées - Guide technique. Sétra – LCPC, 1995, Réf.
technique. Sétra – LCPC, 1994, Réf. D9511.
D9441.
Entretien préventif du réseau routier
[12] Écrans drainants en rives de national -
chaussées - Guide technique. Sétra – Guide technique. Sétra - LCPC, 1979, Réf.
LCPC, 1992, Réf. D9237. D7905.
[13]Organisation de l’assurance Prise en compte des
qualité dans les travaux de mo t o c yc l i s t e s dans
terrassements – Guide technique. l’aménagement et la gestion des
Sétra infrastructures - Guide technique.
- LCPC, 2000, Réf. D.9923. Sétra - CERTU, 2000, Réf E 0026.
[14] Réalisation des remblais sur sols
compressibles - Guide technique. Sétra
– LCPC, 2000, Réf. D.0034.
[15] L’eau et la route – dispositifs de
traitement des eaux pluviales -
volume 3 et 7 - Guide Sétra, 1997, Réf. B
9741.
[16] Caractérisation du climat pour le
drainage des chaussées. C. DEVRETON,
1997, Étude réalisée par le Service
Central d’Exploitation de la
Météorologie. Météo-France.
[17] Stabilisation des glissements de
terrain – Guide technique LCPC –
technique et méthode des LPC, 1998.
[18] Aménagement des Routes
Principales (ARP) -
Guide technique. Sétra, 1994, Réf.
B9668.
[19] Instruction sur les Conditions
Techniques d’Aménagement des
Autoroutes de Liaison (ICTAAL) –
Guide technique. Sétra, décembre 2000,
Réf. B0103.
[20] Traitement des obstacles
latéraux – Guide technique. Sétra, 2002,
Réf E0233.
[21] Assainissement routier - Guide
technique. Sétra, Réf. - à paraître en
2006.

Ann 8
Annexe 6

Abrévations et glossaire
6.1 - Abréviations
AR : Arase des
terrassements BAC :
Béton Armé Continu BAU :
Bande d’Arrêt d’Urgence BB
: Bêton bitumineux
CCAG : Cahier des Clauses
Administratives Générales
CCTP : Cahier des Clauses Techniques
Particulières CE : Communauté
européenne
DCE : Document de Consultation des
Entreprises EDRC : Ecran Drainant de
Rive de Chaussée
ES : Equivalent de
Sable GNT : Grave Non
Traitée
LA : coefficient Los Angeles
(norme NF P 18-573)
MDE : coefficient micro-Deval
(norme NF P 18-
572) PAQ : Plan
d’Assurance Qualité
PST : Partie Supérieure des
Terrassements RC : Règlement de
Consultation
SOGED : Schéma d’Organisation de Gestion
et d’Évacuation des Déchets
SOPAQ : Schéma Organisationnel du
Plan d’Assurance Qualité
SDQ : Schéma Directeur de la

90 Drainage
Qualité TPC : Terre-Plein Central
VBS : valeur de bleu d’un sol

Ann 9
6.2- Glossaire sous tous les aspects qui intéressent
l’ingénieur de génie civil.

Les termes du glossaire sont reperés


par * dans ce guide.

Aquifère : zone contenant de l’eau en


partie mobilisable par gravité
Attrition : phénomène produisant une
modification de la couche
granulométrique résultant d’une
diminution de la taille de certaines
particules. il peut être observé lorsque
les particules se heurtent entre elles ou
contre les obstacles.
Berme : partie non roulable de
l’accotement, se situe entre les
structures stabilisées et les talus ou
cunettes.
Blocométrie : taille des éléments
blocailleux d’un matériau
Boulance : le phénomène de Boulance
s’observe dans certains sols, lorsque la
pression de l’eau généralement
ascendante est susceptible de liquéfier
ce sol en mettant les grains en
suspension dans l’eau, en annulant la
contrainte effective - les sables mouvants
sont une manifestation de ce phénomène.
Contrôle extérieur : vérification de
l’application du Plan d’Assurance
Qualité de l’entreprise et à l’évaluation
de la fiabilité du contrôle intérieur par le
maître d’œuvre.
Contrôle intérieur : comprend le
contrôle interne (assuré par le chef de
chantier) et le contrôle externe (assuré
par le responsable Qualité de
l’entreprise)
d85 : critère granulométrique déterminé
sur la courbe de l’analyse
granulométrique : le d85 est le diamètre
des éléments du sol tel que 85 % en
poids des éléments de ce sol soient
inférieurs à ce diamètre.
Déblai : en dessous du niveau du
terrain naturel
Dessiccation : perte de l’eau que
renferme le sol
Etude hydrogéologique : étude qui
donne des informations relatives à la
circulation des eaux souterraines et au
comportement des nappes.
Etude géotechnique : étude des sols
92 Drainage
Exhaure : eaux de drainage
Flache : affaissement hors rive de forme circulaire
Géocomposite : assemblage manufacturé de
matériaux dont au moins un des composants
est un produit géosynthétique.
Géoespaceur : structure tridimensionelle à
base de polymère conçue pour créer un
espace d’air dans le sol et/ou dans d’autres
matériaux dans les domaines de la
géotechnique et du génie civil.
Géogrille : structure plane à base de
polymère constituée par un réseau ouvert et
régulier d’éléments résistants à la traction et
pouvant être assemblés par extrusion, par
collage ou par entrelacement, dont les
ouvertures ont des dimensions supérieures à
celles des constituants.
Géosynthétique : géotextile,
géomembrane et produits apparentés.
Géosynthétique alvéolaire : structure
tridimensionnelle en nid d’abeille ou similaire,
perméable, à base de polymère, constituée
de bandes de géosynthétiques reliées entre
elles.
Géotextile : matière textile plane, perméable
et à base de polymère (naturel ou
synthétique) pouvant être non tissée,
tricotée ou tissée, utilisée en contact avec le
sol ou avec d’autres matériaux dans les
domaines de la géotechnique et du génie
civil.
Indice de gel : grandeur mesurable
caractérisant la rigueur d’un hiver pour les
structures de chaussées. Elle est définie
comme étant, pour un lieu et une période
donnés, la valeur absolue de la somme des
températures moyennes journalières
négatives.
Ligne bleue : ligne matérialisant la surface
de l’eau sur un profil
Ligne rouge : ligne matérialisant la surface
de la chaussée
Réseau karstique : les phénomènes
karstiques résultent de la dissolution des
calcaires par les eaux d’infiltrations. Ces
phénomènes se manifestent en surface et en
souterrain en créant des réseaux de cavités
plus ou moins continus et plus ou moins
importants.

Ann 9
Partie Supérieure des Terrassements
(PST) : elle est constituée par le(s)
matériau(x) situé(s) à environ 1 m en
dessous de la couche de forme (ou en
dessous de la couche de fondation en
l’absence de couche de forme)
Piédroit : montant vertical sur lequel
retombent les voussures d’un ouvrage
Plate-forme support de chaussée :
surface plane sur laquelle est mise en
œuvre la première assise de chaussée ;
c’est la plate-forme de la couche de
forme ou l’arase de terrassement en
absence de couche de forme.
Points d’Arrêts (PA) : points définis
dans un document approprié au-delà
desquels une activité ne doit pas se
poursuivre sans l’accord d’un organisme
ou d’une autorité désignée.
Points Critiques (PC) : situations
pour lesquelles il a été décidé
d’effectuer un contrôle intérieur à un
intervenant, le contrôle extérieur étant
formellement informé du moment de son
exécution et/ou de son résultat.
Profil mixte : profil en travers de plate-
forme de terrassement dont un côté se
situe en remblai et l’autre en déblai.
Profil rasant : profil en travers de plate-
forme de terrassement situé à un niveau
proche du terrain naturel.
Remblai : volume de terre rapportée
pour combler ou relever le terrain
naturel.
Sol compressible : (ou sol mou) est un
sol assez déformable tels les sables
lâches, les tourbes, les loess, les vases,
les argiles molles et certains limons
argileux.

94 Drainage
Ann 9
Sétra
service d'Études
techniques
des routes
et autoroutes

46 avenue
Aristide Briand
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92225 Bagneux Cedex
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téléphone :
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internet : [Link].
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Ce guide technique « Drainage routier » est le premier


document méthodologique qui incite à la prise en
compte systématique des besoins de drainage dans les
travaux routiers. Il propose des solutions en terme de
type d’ouvrage, d’implantation, de dimensionnement et
d’entretien pour les projets routiers neufs y compris les
terrassements et pour les chaussées existantes.

Ce guide s’adresse aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage,


aux gestionnaires, aux bureaux d’études et entreprises
de travaux publics concernés par l’étude du drainage
routier, sa réalisation et sa maintenance.

L’autorisation du
Sétra est
Document disponible au bureau de vente du Sétra indispensable pour
la reproduction,
46 avenue Aristide Briand - BP 100 - 92225 Bagneux même partielle, de
ce document
Cedex - France téléphone : 33 (0)1 46 11 31 53 - © 2006 Sétra - Dépôt
télécopie : 33 (0)1 46 11 33 55 Référence : 0605 - légal : 1 er trimestre
2006 - ISBN : 2-11-
Prix de vente : 20 € 094639-3
Crédit photos : Alis (A28-Rouen/Alençon en construction) - Yasmina Boussafir (CETE
Normandie - Centre - LRPC Blois) - Marc Valin (CETE Nord-Picardie) - Francis
Vanlaethem (CETE Nord-Picardie - LRPC Lille)
Conception graphique - mise en page : Domigraphic
de l'Équipement
Le Sétra appartient au Réseau Scientifique et Technique

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