Mesure de Débit des Cours d'Eau
Mesure de Débit des Cours d'Eau
Thierry JACQUIN
I.U.T Mesures physiques
Metz Technopôle 2000
SOMMAIRE
Remerciements…………………………………………………………………. p
Introduction…………………………………………………………………….. p
Rappels…………………………………………………………………………. p
- Jaugeages au moulinet………………………………………………. p
Application………….. ………………………………………………p
- Le courantomètre électromagnétique……………………………….. p
Domaines d’application………………………………………………………. p
Conclusion……………………………………………………………………. p
Bibliographie…………………………………………………………………. p
Annexes………………………………………………………………………. p
REMERCIEMENTS
Le sujet de mon rapport est la réalisation d’un descriptif des techniques couramment mises
en œuvre dans la pratique des mesures de débits en milieu naturel en vue de définir leurs domaines
d’application.
Il faut ensuite introduire et décrire les méthodes de mesures et de calculs des débits parmi
lesquelles celles mises en œuvre à l’Agence de l’Eau.
Enfin, il est nécessaire de définir les méthodes applicables aux différents types d’écoulement
et de cerner la finalité de ces mesures et les différentes étapes qui y mènent.
L’établissement en 1964 de la première loi sur l’eau, relative au régime et à la répartition des
eaux et à la lutte contre la pollution, a entraîné la création des Agences de l’Eau.
Les Agences de l’Eau sont des établissements publics de l’état à caractère administratif
jouissant de l’autonomie financière. Elles se placent sous la double tutelle du Ministère de
l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement et du Ministère de l’économie, des finances et
de l’industrie.
L’agence de l’Eau Rhin-Meuse exerce sa compétence sur la partie française des bassins du
Rhin, de la Moselle (et Sarre) et de la Meuse. Sa mission principale est d’aider financièrement et
techniquement les opérations d’intérêt général au service de l’eau et de l’environnement du bassin.
Elle couvre trois régions : Lorraine, Alsace et, en partie, Champagne-Ardennes; soit huit
départements. Le bassin Rhin-Meuse occupe ainsi une superficie de 31 300 km2 et abrite une
population de 4 millions d’habitants répartis au sein de 3263 communes administratives. La
situation frontalière du bassin Rhin-Meuse fait qu’il est très marqué par son contexte européen.
L’Agence de l’eau est gérée par un conseil d’administration, un comité de bassin et un directeur. En
1999 son effectif était de 225 personnes, son budget primitif était de 1171,57 millions de francs
(178,60 millions d’euros).
- la Division Redevances,
- la Division Industrie et Agriculture,
- la Division Collectivités Territoriales,
- la Division Milieu Naturel et Données Techniques,
- la Division Ressources Humaines,
- la Division des Systèmes d’Information et de la Logistique,
- la Division Administration et Finances.
La Division Milieu Naturel et Données Techniques :
Les mesures de débits sont réalisées par une équipe d’hydrométrie appartenant au pôle
Milieu Naturel.
RAPPELS
Notion de débit :
Le débit volumique est le volume de fluide écoulé, pendant l’unité de temps, à travers une
section déterminée. Il s’exprime en m3.s-1 et est généralement désigné par la lettre Q.
a) [Q] = L3T-1
Sous cette forme, le débit apparaît comme le quotient d’un volume L3 par un temps T et sera
donc déduit par la mesure de ces deux grandeurs.
b) [Q] = L2 LT-1
Sous cette forme, le débit apparaît comme le produit d’une surface L2 par une vitesse LT-1
qui sont alors les deux grandeurs à mesurer pour sa détermination.
Notons que l’on peut également parler de débit massique. Il s’agit alors de la masse de fluide
écoulée à travers la section pendant l’unité de temps (kg.s-1).
Définitions :
Section mouillée S : section du cours d’eau limitée par la surface libre, le lit, et les rives.
S
Rayon hydraulique Rh : c’est le rapport
P
LA MESURE DE DEBITS EN MILIEU NATUREL
La gestion des ressources en eau exige une bonne connaissance du milieu aquatique tant au
point de vue qualitatif que quantitatif. La discipline dont l’objet est la mesure du débit des cours
d’eau se nomme l’hydrométrie. Son rôle consiste à réaliser l’estimation des débits des écoulements
de surface (rivières, fleuves, canaux…) grâce à la mise en œuvre de mesures et d’enregistrement de
données. La connaissance des débits est indispensable en matière d’utilisation des ressources en
eau, de protection de ces ressources et de maîtrise des crues et des étiages. De plus, l’aspect
quantitatif des écoulements, reliés aux paramètres qualitatifs déterminés lors d’analyses physico-
chimiques, permet de calculer les flux de polluants transitant au sein des cours d’eau. Ceci afin de
maîtriser l’impact des rejets dans le milieu naturel.
L’hydrométrie est une branche d’un domaine scientifique qui est l’hydrologie et dont le but
est l’étude de l’ensemble des phénomènes relatifs à la nature des ressources en eau. On appelle
‘jaugeage’, l’opération visant à réaliser la mesure du débit d’une rivière. Le technicien chargé
d’effectuer cette tâche est désigné par l’appellation d’’hydromètriste’ ou encore de ‘jaugeur’.
La difficulté de ce type de mesure réside dans l’instabilité du milieu dans lequel elle est
réalisée. En effet, les cours d’eau subissent tout au long de leur parcours un ensemble d’évènements
qui tendent à modifier les conditions d’écoulement. Ces évènements peuvent être de nature
physique, géologique ou anthropique. Parmi ces phénomènes nous pouvons citer la pluviométrie,
les infiltrations, les résurgences, les rejets industriels ou ménagers, les prises d’eau, l’érosion, les
variations de pente, la végétation aquatique…etc… Et la liste n’est pas exhaustive ! Autant de
perturbations qui peuvent, au cours du jaugeage, faire varier les vitesses du courant, les hauteurs
d’eau et, s’il y a modification du volume, les débits eux-mêmes.
Ainsi, déjà en 1909, Monsieur Barbillon déclarait au sujet des mesures du débit des turbines,
lors des essais de réception des usines hydro-électriques : « Le problème de la mesure des débits
constitue l’une des plus pénibles incertitudes scientifiques actuelles ». Il semble que cette citation
soit toujours d’actualité tant les sources d’imprécisions sont difficiles à maîtriser.
On distingue principalement deux types de méthode pour l’exécution des jaugeages, les
méthodes par exploration du champ de vitesse, et les méthodes par dilution appelées aussi
‘jaugeages chimiques’. Ces deux catégories regroupent un ensemble de techniques d’hydrométrie
qui utilisent des propriétés physiques ou chimiques très variées présentant chacune son lot
d’avantages et d’inconvénients. Le technicien dispose ainsi d’une palette d’outils qui lui
permettront d’effectuer le meilleur choix en fonction de la configuration du cours d’eau à jauger.
Les sections de jaugeages sont équipées d’un dispositif d’enregistrement des hauteurs d’eau
et constituent un réseau un réseau de mesures suivi dans le temps. Les hauteurs doivent être
relevées au début et à la fin de chaque jaugeage. Lorsque l’on dispose dans nombre suffisant de
mesures, on peut établir une relation hauteur-débit appelée ‘courbe de tarage’. Cette courbe et
l’enregistrement des hauteurs permettent de calculer les débits au niveau de la section de mesure de
manière continue.
Méthodes par exploration du champ de vitesse
Biblio 3
La section de jaugeage doit être choisie de telle sorte qu’elle présente un écoulement dont
les lignes de courant sont parallèles. Si possible, éviter les sections présentant d’importants
tourbillons, des zones d’eau morte et des remous. En théorie, la préférence du technicien doit aller
vers un tronçon d’allure rectiligne entre des berges franches sur une distance d’au moins cinq fois la
largeur en amont et trois fois la largeur en aval. Un lit régulier et bien calibré est un atout
supplémentaire. Ces conditions sont malheureusement parfois difficiles à réunir.
La méthode consiste à mesurer les vitesses d’écoulement ponctuelle vj en des points répartis
le long de plusieurs verticales perpendiculaires à la droite représentant la largeur et dont les
hauteurs hi correspondent à la profondeur de la rivière au niveau de ces verticales. Les vitesses
mesurées permettent de définir le polygone des vitesses propre à chaque verticale.
Biblio 2
Il faut noter que la configuration du polygone de vitesse est variable en fonction du type
d’écoulement :
Biblio 2
Détail du calcul :
Si l’on considère que la vitesse vj à travers un petit élément de surface dS est constante, le
débit dQ sera donné par :
dQ = v j ⋅ dS
Q= ∫∫ v .dS
S
j
Cette formulation indique qu’il faut définir une vitesse moyenne sur toute la hauteur afin de
définir un ‘débit élémentaire’ appelé ‘profil unitaire’ (désigné par le symbole pu) qu’il faudra
ensuite sommer sur toute la largeur.
Par intégration sur la profondeur hi, on calcule le profil unitaire propre à la verticale i.
hi
pu = ∫
0
v j ⋅ dh [m2.s-1]
b
Q= ∫ 0
pu ⋅ db [m3.s-1]
vm = Q/S
Il est cependant possible de définir la vitesse moyenne suivant des horizontales sur toute la
largeur. On peut ainsi déterminer un profil unitaire propre à chaque horizontale dont la sommation
sur la profondeur permet de calculer le débit total.
On a alors :
hi b b hi
Q= ∫0
v ⋅ dh ⋅ ∫ db = ∫ v ⋅ db ⋅ ∫ dh
0 0 0
Nous allons maintenant décrire les méthodes couramment utilisées pour effectuer ces
mesures.
JAUGEAGES AU MOULINET
Moulinet :
Système de palettes ou d’hélices montées sur un axe vertical ou horizontal qui est mis en
mouvement par la vitesse de l’eau.
Principe général :
Les vitesses sont obtenues à partir de la vitesse de rotation du moulinet (nombre de tours n
par unité de temps), au moyen de la relation :
v = f(n) [m.s-1]
Cette relation est établie au cours de l’opération d’étalonnage réalisée par le constructeur.
Les configurations (moulinets + hélices) sont livrées accompagnées de leurs formules de tarage.
La formule de tarage est sensiblement linéaire pour une gamme de vitesses déterminée. Elle
est représentée par une ou plusieurs droites d’équation :
v = a⋅n +b
Avec :
Les coefficients a et b sont déterminés expérimentalement pour chaque appareil. Notons que
le pas de l’hélice correspond à la distance parcourue par le moulinet déplacé en eau calme lorsque
l’hélice a fait exactement un tour.
Par cette méthode, on détermine la vitesse moyenne propre à une verticale de mesure en
faisant circuler, à vitesse constante, le moulinet le long de cette verticale. La durée de la mesure
d’une verticale doit être autant que possible supérieure à 30 secondes.
Le temps de déplacement du moulinet, ainsi que le nombre de tours effectué par l’hélice
durant ce déplacement permettent, grâce à la formule de tarage de l’hélice, de calculer la vitesse
moyenne associées à la verticale.
pu = vm . hi [m2.s-1]
L’Agence de l’Eau utilise deux types de moulinet pour la mise en œuvre des jaugeages.
Le diamètre et le pas des hélices sont choisis en fonction des vitesses d’écoulement.
L’utilisation des moulinets nécessite que ceux-ci soient installés sur un support relié à un
équipement permettant la réalisation de la mesure. Le choix du support est directement lié à la
configuration de la section au sein de laquelle on désire mesurer un débit. Il convient d’adjoindre au
moulinet un ensemble de matériels dont l’objectif est de mesurer l’abscisse et la hauteur de chaque
verticale ainsi que le nombre de tours effectué par l’hélice et le temps qu’aura durée cette mesure.
La perche de jaugeage par intégration :
- d’une perche en aluminium équipée d’un pied assurant son assise sur le lit du
cours d’eau,
- d’un boîtier électronique assurant la mesure et l’affichage du nombre de tours
effectué par l’hélice, du temps de mesure et de la profondeur du point de mesure
ou de la verticale,
- d’un chariot mobile permettant le déplacement du moulinet le long de la perche,
- d’un moteur électrique commandant le translation du chariot.
Ce matériel est également utilisable pour les mesures au point par point.
Le moulinet fixé sur le chariot est placé au niveau du point de mesure dans le cas d’une
mesure au point par point. Si c’est le méthode par intégration qui est choisie, le chariot effectuera
un déplacement à vitesse constante le long de la perche sur toute la hauteur de la verticale.
L'affichage du boîtier électronique permet de relever les paramètres relatifs à la mesure. Ces
paramètres doivent être rigoureusement notés sur la feuille de jaugeage en vue du calcul du débit.
La perche de jaugeage permet l’utilisation des deux types de moulinets. Elle autorise la
réalisation de la mesure dans le sens de la montée ou de la descente le long de la verticale.
Ce matériel est utilisé dans le cas où il est possible de réaliser une mesure à gué.
La cyclo-potence :
Cet équipement est mis en œuvre lorsque les hauteurs d’eau ou les vitesses n’autorisent pas
une mesure à gué. Pour les mesures de crues, c’est le matériel qui est systématiquement mobilisé.
Ici, le moulinet est monté sur un lest de forme hydrodynamique appelé ‘saumon’. Le
saumon est équipé d’une dérive qui lui permet de se placer systématiquement dans le sens de
l’écoulement. Il est relié par un câble à une potence équipée d’un moteur électrique qui lui permet
de se positionner dans le cours d’eau. La potence ainsi que le dispositif de commande sont installés
dans un camion de jaugeage, ceci nécessite de pouvoir effectuer la mesure à partir d’un pont. En
général, la mesure est effectuée dans le sens de la descente le long de la verticale. L’Agence de
l’Eau possède trois saumons de masses différentes (25, 50 et 100kg) que l’opérateur sélectionne en
fonction de l’importance des vitesses. Un saumon trop léger n’offre pas un comportement stable
quand les vitesses sont élevées. A l’instar de la perche de jaugeage, les matériels sont connectés à
un dispositif permettant de relever les paramètres relatifs à la mesure. Le saumon est équipé d’un
contacteur de fond qui interrompt la mesure lorsque le lit du cours d’eau est atteint.
Il faut noter que l’utilisation de la cyclo-potence nécessite la réalisation d’une correction des
profondeurs mesurées. En effet, lors de l’introduction du saumon dans le courant, celui-ci subit une
dérive consécutive à la force qu’exerce sur lui le courant. De ce fait, le câble qui le relie à la potence
fait un angle avec une ligne perpendiculaire à celle-ci. En conséquence, la longueur de câble
dévidée est supérieure à la hauteur d’eau réelle.
Schéma :
Biblio 4
⎛ Ha ⎞
He = ⎜ Hd + ⎟ ⋅ cos αf − Ha
⎝ cos αd ⎠
Avec :
- Ha : hauteur d’air,
- Hd : longueur dévidée,
- He : hauteur explorée,
- αd : angle de début,
- αf : angle de fin.
Nous pouvons constater, grâce à cette représentation, que la hauteur d’eau totale n’est pas
explorée. En effet il existe, lors de chaque mesure, une hauteur dite ‘aveugle’ dont le moulinet ne
peut mesurer la vitesse. On parle alors de constante de fond. Cette hauteur dépend du diamètre de
l’hélice utilisée et de son support (pied de la perche de jaugeage ou contacteur de fond du saumon).
Il faut alors calculer le profil unitaire à proximité du fond. On utilise la relation suivante :
2
pufond = constante de fond ⋅ ⋅ vitesse moyenne de la verticale
3
Ce débit élémentaire est alors ajouté au profil unitaire de la hauteur explorée de la verticale
afin d’obtenir le profil unitaire total.
L’ensemble des calculs nécessaires à l’obtention du débit est réalisé à l’aide d’un logiciel
créé dans ce but. Il convient de saisir tous les paramètres inhérents à la mesure qui nécessitent
l’utilisation d’un facteur correctif. Dans ce sens, il est très important de relever tous les évènements
qui pourraient survenir au cours du jaugeage.
L’Agence de l’Eau utilise le logiciel BAREME élaboré et mis à disposition par la Direction
Régionale de l’Environnement Rhône-Alpes.
Avantages de la mesure au moulinet :
Inconvénients :
- frottements mécaniques,
- le mouvement de l’hélice peut être gêné par la présence de végétation aquatique
et de matériaux véhiculés par le courant.
Application :
Ces méthodes mettent à profit les propriétés physiques des ondes sonores, en l’occurrence, il
s’agit d’ultrasons.
Une onde sonore est caractérisée par sa fréquence f et sa longueur d’onde λ. Sa vitesse de
propagation est liée au milieu extérieur, dans l’eau, la célérité c des ondes acoustiques est d’environ
1500 m.s-1.
Ces caractéristiques sont liées par la formule :
C = f.λ
Principe :
Un oscillateur est installé sous l’eau à une certaine profondeur, sur chacune des rives, de
façon à ce que la droite qui les relie fasse un certain angle avec la direction du courant. Les
oscillateurs s’envoient alternativement des impulsions à travers l’eau de la rivière. Les impulsions
de l’oscillateur 1 en direction de l’oscillateur 2 se propagent un peu plus rapidement que les
impulsions dirigées en sen inverse parce qu’elles se déplacent dans le sens du courant, alors que les
autres le remontent. Cette différence des temps de transmission, de l’ordre de 1/10 000 de seconde
suffit pour déterminer de manière très précise la vitesse moyenne du courant.
Oscillateur 2
a
direction
du courant
Oscillateur 1
Fonctionnement :
L
t1 = (avec L = distance entre les deux oscillateurs)
c + v. cos a
L
t2 =
c − v. cos a
Fréquence f1 :
1 c + v. cos a
f1 = =
t1 L
Fréquence f2 :
1 c − v. cos a
f1 = =
t2 L
D’où :
2v cos a
f1-f2 = Δf =
L
Donc :
L
v = Δf .
2 cos a
Le débit recherché est alors calculé en multipliant cette vitesse par la section mouillée à la
station de mesure.
La formule permettant le calcul est le suivante :
Q = v m . S = S . vh . S
Avec :
vm : vitesse moyenne du courant dans la section de mesure (déterminée par exemple à l’aide
d’un moulinet).
vh : vitesse moyenne au niveau de l’émetteur électro-acoustique.
S : surface mouillée à la section de mesure (fonction de la hauteur d’eau).
v
K:K= m
vh
Théoriquement, le facteur K dépend du débit et du niveau de l’eau. Mais, il a été observé
expérimentalement que ce facteur ne varie que très peu, quelles que soient les conditions de débit et
de remous. On admet qu’il est une constante à déterminer une fois pour toutes à chaque station. La
détermination du débit se réduit donc à la mesure de la vitesse du courant au niveau de l’émetteur
des ultrasons. La mesure de la surface de la section mouillée nécessite la réalisation d’un relevé
topographique ainsi que l’installation d’un dispositif d’enregistrement des hauteurs d’eau.
Notons que cette technique ne constitue pas une méthode de mesure ponctuelle. Il s’agit
d’un équipement installé de façon durable au niveau d’une station hydrométrique qui répond en
général à une demande particulière en terme de donnée hydrométrique.
Inconvénients :
Cette méthode à été initialement élaborée par les océanographes dans le but de déterminer
les caractéristiques des courants marins. Il s’est avéré que la technique pouvait tout à fait être
adaptée à la mesure des débits des cours d’eau.
La mesure de la vitesse du courant utilise le déplacement des particules en suspension dans
le cours d’eau. Ces particules supposées sans mouvement propre se meuvent grâce au courant qui
les véhicule et en adoptent donc la vitesse. Ce sont elles qui sont utilisées comme réflecteur par
l’adcp.
Le profileur de courant est muni généralement de quatre transducteurs acoustiques se
comportant chacun en émetteur et en récepteur. Il y a donc un double effet Doppler.
L’effet Doppler :
Principe de la mesure :
⎛v⎞
Fd = 2 . Fs . ⎜ ⎟
⎝c⎠
- Fs : fréquence nominale,
- c : célérité du son,
- v : vitesse des particules par rapport au transducteur.
En fait, les signaux émis par les transducteurs ont plusieurs fonctions :
- rapidité d’exécution,
- absence de pièces mobiles (frottements),
- mesures possibles des grandes profondeurs,
- possibilité d’installer le dispositif sur un véhicule flottant radiocommandé,
- mesures réalisables sur des sections inaccessibles au camion de jaugeage
(absence de pont).
Inconvénients :
Le courantomètre est équipé d’un capteur de mesure dans lequel une bobine d’induction crée
un champ magnétique entre deux électrodes fixes. Cette technique utilise le principe de Faraday.
Selon ce principe, le déplacement d’un conducteur dans un champ magnétique crée une
tension aux bornes de ce conducteur. Cette tension est mesurée par le biais des électrodes situées
dans le capteur de mesure et, est proportionnelle à la vitesse de déplacement du conducteur, à la
puissance du champ magnétique et à la longueur du conducteur correspondant à la distance séparant
les électrodes.
Si l’on considère que le champ magnétique B et que la longueur du conducteur L sont des
grandeurs constantes, on peut, par la mesure de la tension U, déterminer la vitesse v du
déplacement. Dans le cadre de l’hydrométrie, le conducteur utilisé est l’eau. Par conséquent, cette
méthode permet de repérer la vitesse d’écoulement du fluide qui permettra le calcul du débit.
En utilisant la relation :
U = B.L.v
U
v=
B⋅L
Si l’on effectue cette mesure en différents points de verticales située au sein de la section de
mesure, on peut calculer le débit par l’application de la méthode de calcul utilisée pour les
jaugeages au moulinet au point par point. En effet, si les techniques employées pour la mesure de la
vitesse sont différentes, le mise en œuvre du jaugeage est similaire (choix des verticales et nombre
de points par verticale).
Inconvénients :
Principe :
On injecte dans le cours d’eau un traceur chimique et on cherche dans quelle proportion
cette solution a été diluée par l’eau de la rivière. Cette dilution étant fonction du débit, on peut
établir une relation à partir de laquelle il est possible de déterminer le débit du cours d’eau.
Pour que la méthode soit applicable, il faut pouvoir réunir certaines conditions :
- le débit doit rester à peu près constant durant la mesure,
- la totalité du traceur doit passer par la section de prélèvement,
- le mélange doit être homogène, la quantité de traceur doit être la même en tout point de la
section de prélèvement.
Calcul de débit :
Soient :
- A, le point de prélèvement,
- dS, une surface élémentaire de la section S au point A dans laquelle passe un débit dQ,
- TA, le temps de passage du nuage de traceur dans la section dS,
- c2, la concentration à l’instant t dans la section dS,
- m, la masse de traceur qui traverse l’élément dS pendant le temps TA.
On a :
TA TA
m= ∫0
dQ.c 2 .dt = dQ. ∫ c 2 .dt
0
(1)
Si T est la limite supérieure des temps de passage au divers points de la section S, la masse
totale M de traceur passant dans cette section pendant le temps T est :
T
M= ∫∫
S
0
dQ.c 2 .dt (2)
T
En admettant que ∫0
c 2 .dt est indépendant de la position de l’élément dS dans la section, on
peut écrire :
T T
M= ∫0
c 2 .dt.∫ dQ = Q. ∫ c 2 .dt
S
0
T
M = V.C1 = Q. ∫ c 2 .dt
0
Ou encore :
V .C1
Q= T
(3)
∫ 0
c 2 .dt
Avec C2, la concentration moyenne d’un échantillon global obtenu en prélevant dans la
section dS le débit dQ pendant le temps TA, l’équation (3) peut s’écrire :
V .C1
Q=
C 2 .T A
C’est cette relation qui est à la base de la méthode et qui sera utilisée pour déterminer le
débit.
q.C1 = (Q+q).C2
q.C1 = Q.C2
donc :
C1
Q = q.
C2
Schéma du passage du traceur :
Biblio 2
Produits utilisés :
Autrefois, le traceur employé n’était rien d’autre que du sel de cuisine (chlorure de
potassium). L’inconvénient de ce produit réside dans le fait qu’il en fallait de grandes quantités de
l’ordre de 10 kg par m3. A partir des années 60, on utilisa plutôt le bichromate de sodium qui
présente l’avantage de nécessiter des quantités moins importantes, de l’ordre de 1 kg par m3.
Cependant, le chrome hexavalent présentant une certaine toxicité, son usage est généralement
abandonné.
De nos jours, le traceur utilisé est l’amidorhodamine. Il présente l’avantage de pouvoir être
utilisé en faibles quantités (10g.m3) et de ne pas nuire au milieu naturel. Son inconvénient majeur
est sa faible solubilité de l’ordre de 3 g.l-1 dans l’eau froide, si on dépasse cette concentration, il
convient d’effectuer un brassage de la solution de traceur pendant toute la durée de l’injection.
Il est important de déterminer cette grandeur, car elle situe l’emplacement où seront
effectués les prélèvements.
On peut, préalablement, effectuer un essai de coloration afin de visualiser les conditions de
mélange et de déterminer la vitesse du courant et le moment auquel les prélèvements doivent être
réalisés. Ceci permet également de faire une estimation grossière du débit. Les colorants utilisés
sont généralement la fluorescéine, la fuchsine ou le bleu de méthylène.
L = a ⋅Q 3
Avec :
2) Formule de Rimar :
b2
L = 0,13 ⋅ k ⋅
d
3) Formule de Pérez :
L = 9,5 ⋅ n ⋅ d
n : coefficient n = 0,32 ⋅ k ⋅ R 6 ,
k : coefficient de Strickler,
R : rayon hydraulique,
d : profondeur du cours d’eau.
Les méthodes chimiques imposent au jaugeur un certain nombre de contraintes qui rendent
la mesure longue à mettre en œuvre :
- mesure possible dans les cours d’eau où les méthodes physiques ne peuvent être
appliquées.
Inconvénients :
C’est une question qui reste au cœur du débat qui anime les acteurs de l’hydrométrie. Nous
avons vu, au début de ce rapport, que le défi des jaugeurs est de mesurer une grandeur qui peut être
ponctuellement variable. Le milieu naturel ne présente pas les conditions de mesures qui peuvent
exister en laboratoire ou dans le cadre d’un écoulement artificiel.
La charte de qualité de l’hydrométrie stipule que, pour les méthodes par exploration du
champ de vitesses, les formules de calcul proposées jusqu’alors n’offrent pas la pertinence requise
conduisant à des résultats exploitables dans le domaine de l’hydrologie. Seules la multiplication de
mesures comparatives et une bonne connaissance du milieu peuvent conduire à cerner l’ordre de
grandeur des incertitudes sur les jaugeages.
La charte précise que le respect des procédures, l’étalonnage et l’entretien régulier des
matériels ainsi que la formation des personnels garantissent un niveau global d’incertitudes dans
l’ordre de grandeur de 6 %.
Pour les mesures par dilution, l’application mathématique est réalisable. Il a été déterminé
que la méthode par intégration et la méthode à débit constant conduisent à des incertitudes du même
ordre. Suite à une application numérique menée sur une centaine de jaugeages par dilution, on a pu
avancer que :
- 80 % des jaugeages sont réalisés avec une incertitude inférieure ou égale 6 %
- 2 % des jaugeages sont réalisés avec une incertitude supérieure à 20 %
L’hydrométrie est une discipline dont les matériels évoluent aujourd’hui rapidement et qui
présente encore sous de nombreux aspects une image artisanale. Il est encore difficile de conclure
sur le sujet de la précision de la mesure hydrométrique. On peut dire actuellement qu’une mesure
effectuée dans le respect des protocoles définis dans la charte offre une précision de l’ordre de 5 à
7 %.
Nous verrons plus loin que le jaugeage n’est qu’une étape dans la chaîne d’acquisition et de
traitement des données. Chacune de ces étapes est soumise à une critique systématique qui permet
de revenir sur les valeurs douteuses et, éventuellement, de les invalider. Il est très important que
l’hydrométriste et l’hydrologue collaborent étroitement afin de permettre un suivi cohérent de
l’ensemble des opérations. Il est impératif que l’hydrologue possède une bonne connaissance du
terrain et une aptitude à réaliser les mesures dans le but de pouvoir aiguiser son sens critique à
l’égard des données issues de la mesure et de l’enregistrement.
Les différentes techniques que nous venons de décrire présentent chacune leur lot
d’avantages et d’inconvénients qui les destinent à des domaines d’application relativement
spécifiques.
Il convient, en premier lieu d’effectuer un choix judicieux afin de définir la section de
mesure. Il faut ensuite évaluer correctement les conditions d’écoulement au sein de cette section.
Enfin, au regard de ces renseignements, il s’agit de choisir la méthode de mesure la mieux adaptée.
La nature subjective de certains de ces choix implique que l’opérateur soit correctement
formé à la réalisation de jaugeages.
Nous allons définir pour chacune des méthodes de jaugeages ponctuels qui ont été
précédemment présentées les configurations de cours d’eau où elles peuvent être utilisées.
ECOULEMENTS TORRENTIELS
Configuration de moulinet Courantomètre ADCP Jaugeages
la section électromagnétique Chimiques
Faibles hauteurs X
Hauteurs X X
importantes
ECOULEMENTS FLUVIAUX
Vitesses<0,10m.s-1 X (1)
Point par point
He<15cm X (1)
Point par point
15cm<He<90cm X X
He>90cm X X
Végétation X
Aquatique
Largeur>20m X X X
Largeur<20m X X (1)
Eaux chargées en X X
en matières en
suspension
He = hauteur d’eau
(1) : sous réserve d’une bonne homogénéité du mélange
UTILISATION DES MESURES HYDROMETRIQUES
Les mesures réalisées ont, en général, un caractère ponctuel. Elles ne permettent de définir le
débit d’écoulement qu’à l’instant du jaugeage. Cependant, l’hydrologue a besoin, dans le cadre de
son étude sur la connaissance des cours d’eau, de données qui présentent un caractère continu. Dans
ce but, et afin de donner une signification hydrologique aux campagnes de mesures, il importe de
mettre les débits mesurés en relation avec d’autres données relatives à la station de jaugeage.
Les sites où sont effectuées les mesures de débits, sont généralement équipés d’un dispositif
qui permet l’enregistrement graphique ou numérique des hauteurs d’eau par le biais de systèmes à
flotteurs où de capteurs de pression.
A sa manière, la mesure de débit des cours d’eau participe de façon active à une meilleure
connaissance du milieu naturel.
Représentation de la chaîne de traitement :
Jaugeages
Débits
Statistiques
Résultats
Utilisateurs
CONCLUSION
La rédaction de ce rapport a été pour moi l’occasion d’explorer une palette d’outils entrant
dans le cadre du jaugeage des cours d’eau. La liste des méthodes décrites est loin d’être exhaustive,
elle a pour but de présenter les techniques les plus fréquemment rencontrées en hydrométrie.
Nous avons pu constater que les mesures réalisées dans le milieu naturel ne sont pas toujours
très aisément applicables. La nature a la particularité d’être imprévisible et oblige les techniciens à
faire preuve d’une grande adaptabilité. Cependant, la mesure reste possible dans la majorité des cas
du fait de la complémentarité des différentes méthodes existantes.
L’hydrométrie reste une discipline qui soulève de nombreuses questions au sujet de la
précision des mesures. De ce fait, il est important, quand cela est possible, de multiplier les mesures
afin de disposer d’un large échantillon de données exploitable dans le traitement statistique des
débits.
Le métier de jaugeur est une activité privilégiée qui permet à celui qui la pratique de côtoyer
un large éventail de disciplines scientifiques touchant à la mesure physique et de manipuler de
nombreux appareils d’acquisition de données ainsi que les logiciels destinés au traitement des
mesures et des enregistrements. Chaque mesure est un cas particulier, ainsi, la routine n’existe pas
et le praticien peut quotidiennement mettre à l’épreuve ses capacités de jugement et sa technicité.
BIBLIOGRAPHIE
3) M. Aldegheri
Mesure des débits à partir des vitesses
1979
5) [Link]é
Hydrométrie pratique des cours d’eau
1964