RESUME
Le présent travail porte sur la biolixiviation de la carrolite comme minéral pur et l’application
de celle-ci comme technique alternative de traitement des minerais sulfurés polymétalliques de
l’Arc Cuprifère du Katanga (cas de la mine de Kamoya/Kambove) en République
Démocratique du Congo (RDC).
Une première étude, sur la biolixiviation de la carrolite en présence des bactéries mésophiles, a
permis de mettre en évidence l’influence du pH initial (pH=1,5 ; 2,0 et 2,5), de la granulométrie
(-53µm, -75+53µm, -106+75µm), de la densité de pulpe (dp=2,5 et 10) sur le pH, le potentiel
d’oxydoréduction de la solution et sur le rendement de dissolution des métaux cuivre, cobalt et
nickel.
Les résultats obtenus à ce stade ont montré que le pH initial, la granulométrie et la densité de
la pulpe influencent largement le processus de biolixiviation de la carrolite. L’évolution, au
cours du temps, du pH, du potentiel d’oxydoréduction de la solution et du rendement de
dissolution des métaux en fonction de ces trois paramètres est caractéristique de la croissance
bactérienne. Une bonne activité bactérienne et des rendements de dissolution élevés des métaux
sont obtenus à pH initial de 2,0, granulométrie de -53µm et densité de pulpe de 2%.
Une deuxième étude a permis de mettre en évidence le mécanisme de dissolution des métaux
cuivre, cobalt et nickel au cours de la biolixiviation. L’évolution de la population bactérienne ,
les observations au Microscope Optique (MO), au Microscope Electronique à Balayage (MEB),
au Microscope Confocale à Balayage Laser (CLSM) des grains de carrolite en cours de
biolixiviation et les analyses par spectroscopies de diffraction des rayons X (XRD) et
Infrarouge à Transformée de Fourrier (FTIR) des résidus de biolixiviation nous ont permis de
mettre en évidence le rôle et l’importance des bactéries fixées sur la surface des grains de
carrolite d’une part et, des ions ferriques d’autre part, dans le processus de biolixiviation de la
carrolite. Une forte adhésion des bactéries à la surface des grains de carrolite a été observée en
début de biolixiviation jouant ainsi un rôle important dans le processus par le fait qu’elle serait
à l’origine de la libération des ions ferreux en solution par un mécanisme de contact direct
bactérie-minéral d’une part et à l’origine de l’oxydation des ions ferreux, du soufre élémentaire
et ou des composés soufrés d’autre part, lesquels composés s’accumuleraient à la surface des
grains de
carrolite.
Le nombre de bactéries libres en solution augmente ensuite favorisant ainsi l’oxydation des
ions ferreux en ions ferriques, lesquels ions oxydent le minéral par le mécanisme indirect. Le
nombre de bactéries libres en solution et celui de bactéries fixées deviennent constants au cours
du temps ce qui suggèrerait un mécanisme coopératif de biolixiviation de la carrolite.
Enfin, une étude statistique de la biolixiviation d’un concentré de Kamoya par la méthodologie
de Taguchi et l’analyse de variance (ANOVA) a permis d’investiguer l’influence de différents
paramètres physicochimiques ( pH initial, température, agitation, densité de pulpe et temps de
biolixiviation) sur l’efficience de ce processus. Les résultats obtenus à partir de cette approche
statistique ont montré la possibilité de l’application de biolixiviation comme technique
alternative au traitement des minerais sulfurés polymétalliques de l’Arc Cuprifère du Katanga
en République Démocratique du Congo mais des investigations ultérieures faisant usage de
bactéries thermophiles devront être envisagées pour améliorer les résultats obtenus.
INTRODUCTION GENERALE
Actuellement, les grands enjeux techniques et technologiques se situent dans
le traitement des matières difficiles, dont les espèces minéralisées sont soit
inaccessibles, soit inadaptées pour le traitement par les techniques classiques
ou encore extrêmement difficiles à récupérer pour lesquels il faut envisager
des technologies de pointe pour les mettre en solution, les concentrer, les
purifier, les séparer et les récupérer. Pour faire face à ce défit,
l’hydrométallurgiste doit faire appel au bon procédé en combinant les
techniques nécessaires et en faisant appel aux technologies adaptées
(Benzakour I., 2005).
C’est ainsi que, compte tenu des nouveaux enjeux, un intérêt particulier a été
mis, par la communauté scientifique, sur les techniques et procédés offrant
une flexibilité dans leurs applications et leurs utilisations : la mise en solution
avec ses différentes possibilités, acide, alcaline, à pression atmosphérique ou
sous pression en autoclave, la purification par voie chimique, électrochimique
ou par extraction par solvant. Dès lors, il est indispensable de trouver des
alternatives fiables et économiques pour les minéralisations réfractaires et
difficiles à traiter. Nous assistons actuellement à un très fort investissement
en termes de Recherche et Développement (R&D) dans les nouvelles
techniques et technologies du futur (Benzakour I., 2005).
L’extraction des métaux à partir de leurs minerais et ou concentrés se fait par
la voie physicochimique , pyrométallurgique ou par la voie
hydrométallurgique selon la forme sous laquelle se trouvent les métaux à
valoriser. La voie hydrométallurgique exige la mise en solution des minéraux
porteurs des métaux à valoriser avant leur récupération par cémentation ou par
extraction par solvant et électrowining (SX-EW). Cette mise en solution,
appelée aussi lixiviation, constitue donc une étape importante et déterminante
dans le processus d’extraction des métaux par voie hydrométallurgique si bien
que la conduite des opérations de lixiviation, dans toute usine
hydrométallurgique, conditionne, au final les rendements de récupération
globaux de toute les opérations jusqu’à l’obtention du métal.
La lixiviation des minerais oxydés est facile tandis que celle des minerais
sulfurés est difficile en milieu acide sulfurique et exige des conditions
oxydantes, lesquelles conditions sont obtenues en utilisant un oxydant qui
peut être de l’oxygène, de l’acide nitrique ou tout autre oxydant tel que le
KMnO4 etc.
Malgré les conditions oxydantes, ces réactions exigent des températures et des
pressions élevées pour améliorer leur cinétique, avec comme conséquence des
investissements élevés dans des équipements très onéreux. La solution
alternative de traitement par voie pyrométallurgique des minerais sulfurés ou
combinant la pyrométallurgie (grillage à mort ou sulfatant) à
l’hydrométallurgie se bute à un problème sérieux de pollution de
l’environnement dont l’assainissement a un coût non négligeable.
Dans ce contexte, les scientifiques se sont penchés sur l’utilisation des
microorganismes naturellement présents dans certaines minéralisations pour
l’industrie extractive en développant la biohydrométallurgie comme une
alternative aux techniques classiques évoquées à consommation d’énergie et
coût d’investissement très élevés (traitement sous pression en autoclave, le
grillage …).
En effet, depuis une cinquantaine d’années, l’utilisation des procédés de
biolixiviation a augmenté de façon importante à l’échelle internationale
(Chartier et al., 2001). La part de la biolixiviation dans la production mondiale
du cuivre est estimée à 20-25% (Brierley, 2008). A Escondida Mine au Chili,
BHP Billiton a initié en 2006 un dump bioleach dont la production annuelle
projetée est de 180 000 à 200 000 tonnes de cuivre. Kasese Cobalt Company
en Ouganda a, depuis 1999, commencé un traitement des rejets pyriteux par
le procédé de biolixiviation avec une production annuelle de 1000 tonnes de
cobalt (Brierley, 2008).
La biolixiviation a l’avantage d’être moins coûteuse et moins polluante.
L’unique désavantage étant, dans certaines conditions de température, un
faible rendement en métaux valorisables. Cependant, la découverte des
bactéries thermophiles, qui ont la faculté de catalyser l’oxydation des
minéraux réfractaires comme la chalcopyrite, a renouvelé l’intérêt de ce
procédé (Morin [Link] al., 2006).
En République Démocratique du Congo, un pays renfermant des réserves
importantes des métaux de base dans le monde (environ 200 Mt Cu et 8 Mt
de Co ensemble avec la Zambie), l’industrie minérale se trouve, depuis un
certain temps, confronté à la rareté des matières premières se prêtant
facilement au traitement métallurgique.
Cette situation a été accentuée avec l’avènement du nouveau code minier qui
a introduit des contraintes environnementales contraignant ainsi la plupart
d’opérateurs miniers à recourir aux minerais oxydés et ceux-ci, pour la
plupart, deviennent de plus en plus pauvres. De ce fait, les gisements
contenant les minerais sulfurés sont abandonnés ou tout simplement
inexploités. C’est le cas de la mine de Kamoya qui renferme des minerais
sulfurés polymétalliques contenant du cuivre, du cobalt et du nickel sous
forme de carrolitte comme minéral.
Cette mine a été anciennement exploitée par la Gécamines et les minerais
extraits étaient traités par concentration suivi d’un grillage sulfatant au four
fluo-solid. Les calcinés issus de ce grillage étaient traités aux usines
hydrométallurgiques de Shituru en vue de l’extraction du cuivre et du cobalt,
le nickel étant considéré comme impureté dans le circuit d’extraction du
cobalt. Mais, suite aux difficultés financières que traversait la Gécamines et
compte tenu de la capacité limitée de dénickelage des usines de Shituru qui se
faisait par cémentation sulfurante sur du cobalt métallique, l’exploitation de
cette mine a été abandonnée depuis 1998.
Le présent travail s’inscrit donc dans le cadre de l’application de la
biolixiviation aux minerais de l’Arc Cuprifère du Katanga en vue de la
valorisation de certains gisements des minerais et rejets miniers contenant les
métaux valorisables sous forme de minéraux sulfurés dont le traitement par
les techniques communément utilisées sont lourdes en termes de
consommation d’énergie et d’investissement et sont moins respectueuse de
l’environnement. Car si l’innovation technologique joue un rôle clé dans la
mise en place d’une production plus propre et d’une croissance industrielle
durable, il est aussi vrai que l’industrie est durable lorsqu’elle produit des
biens et services de façon à répondre aux besoins et aspirations du présent
sans compromettre la capacité des générations futures de subvenir à leurs
besoins (Benzakour I., 2005).
Ce travail poursuit un double objectif :
- fondamental : étudier la biolixiviation de la carrolite en tant que
minéral pur et porteur des métaux valorisables dans la plupart des
minéralisations des gisements de l’Arc Cuprifère du Katanga en
général et, dans celle de la mine de Kamoya en particulier.
Le but poursuivi ici étant, la mise à niveau des connaissances sur la
biolixiviation de la carrolite compte tenu de l’insuffisance de
recherches dans la littérature, à ce jour, en rapport avec ce sujet.
- pratique : étudier la biolixiviation d’un concentré sulfuré
polymétallique de minerais de la mine de Kamoya dans le but
d’investiguer l’influence des paramètres physicochimiques par une
approche statistique utilisant le plan d’expérience de Taguchi et
l’analyse de variance (ANOVA) et de ce fait, démontrer et promouvoir
l’application de la biolixiviation aux minerais sulfurés des gisements
de l’Arc Cuprifère du Katanga en République Démocratique du Congo
(RDC).
Hormis, les considérations géologiques de l’Arc Cuprifère du Katanga, les
généralités sur le minéral carrolite et une brève historique sur l’évolution de
la métallurgie appliquée pour le traitement des minerais dans l’Arc Cuprifère
du Katanga qui constituent le premier chapitre de ce travail, nous présentons
au deuxième chapitre une revue bibliographique sur la biolixiviation des
sulfures métalliques. Le troisième chapitre présente le matériel et les
méthodes utilisés au cours des essais effectuées dans le cadre des études sur
les facteurs influençant la biolixiviation de la carrolite et sur le mécanisme de
dissolution des métaux cuivre, cobalt, nickel et que nous présentons
respectivement au quatrième et cinquième chapitre. Enfin, une étude
statistique de la biolixiviation d’un concentré sulfuré polymétallique de
minerais de la mine de Kamoya est présentée au sixième chapitre et une
conclusion générale clôturera le présent travail.
CHAPITRE I : ARC CUPRIFERE DU KATANGA ET LE MINERAL
CARROLITE
I.1 L’Arc Cuprifère du Katanga : considérations géologiques
L’Arc Cuprifère du Katanga est assez bien connu au point de vue de la
cartographie géologique de surface, plus particulièrement dans les régions
Ouest (Kolwezi) et centrale (Likasi) (fFgure1). Il est composé d’un chapelet
de plus de 200 sites cupro-cobaltifères distribués sur une distance d’environ
300 km entre Kolwezi et Lubumbashi (François 1973, 1987, 1995).
Figure 1 : Arc cuprifère du Katanga (Arc Lufilien)
Les mines de cuivre et cobalt exploitées dans la province du Katanga en
République
Démocratique du Congo ont conféré à ce pays une position géostratégique de
premier plan en Afrique Centrale. Sur le plan économique, avant 1991 la
production était de 500 000 tonnes de cuivre métal et d'une dizaine de milliers
de tonnes de cobalt métal. Ces deux métaux, à eux seuls, ont fourni les 70 %
des ressources du pays en devises. Ces ressources minières ont constitué, en
outre, une bonne garantie de remboursement des prêts contractés par le Congo
auprès des organismes de la communauté internationale.
Aujourd'hui cette production a considérablement chutée et elle n'est plus que
de moins de 50 000 tonnes de cuivre métal et de quelques milliers de tonnes
de cobalt pour la Gécamines. Cette baisse de production devient un frein au
développement du pays. Aujourd'hui plus que jamais, la maîtrise des
techniques minières et ou d’extraction des métaux contenus devient un
impératif pour la République Démocratique du Congo. On comprend alors la
place du géologue, du mineur et du métallurgiste dans ce pays (Okitaudji,
2001).
L’arc cuprifère katangais est localisé dans une dépression orientée sud-est et
nord-ouest. Celui-ci est bordé au sud et sud-est par les massifs anciens de
Kabombo, Solwezi, Kakonta, Luina et Mokambo ; au nord et nord-ouest par
les massifs Kibariens, les plateaux du Kundelungu et de Biano. On distingue
dans la région trois formations stratigraphiques : l’antékibarien, le Kibarien et
le Katangien. Cette dernière formation comprend le Kundelungu au sommet,
où se trouve l’étage minéralisé de Kakontwe, et la série des mines à la base.
La série des mines est à son tour subdivisée en Roan inférieur, non minéralisé
; Roan moyen dont font partie la plupart des gisements de cuivre et cobalt du
Katanga avec une teneur en cuivre dans la roche allant parfois au delà de 10%,
et en Roan supérieur, peu minéralisé (Wendorff, 2005a).
Les premières données géologiques relatives au Katanga remontent à l’époque
de l’expédition Bia-Francqui (1891-1893), au cours de laquelle le géologue
Jules Cornet a pu faire un nombre considérable d’observations qui lui
permirent d’élaborer une série de publications du plus haut intérêt (Robert,
1956).
Les travaux de Jules Cornet relatifs à la géologie du Katanga furent complétés
par plusieurs auteurs, notamment Gysin (1934 a, b, c, et d); Cahen (1954);
Cahen et Mortelmans (1940); Robert (1950 et 1956); François (1973),
Lepersonne (1974); Ngoyi et Dejonghe (1995); Kampunzu et Cailteux (1999);
Kampunzu et al. (2000); Wendorff (2003; 2005b; 2005a) ; Master et al.
(2005) ; Cailteux et al. (2007) et Batumike et al. (2007).
La géologie du Katanga se compose d’un soubassement Protérozoïque et
d’une couverture tabulaire Phanérozoïque. Le terme « soubassement » est
utilisé dans la littérature géologique du Katanga pour désigner le
Protérozoïque dans son ensemble. Le terme « socle » est réservé pour les
Méso- et Paléoprotérozoïques (Ngoyi et Dejonghe, 1995). Robert (1950)
désignait la couverture tabulaire par « Système Lualaba-Lubilashi ».
Actuellement, on la dénomme « Karroo » comme son équivalent d’Afrique
Australe (Ngoyi et Dejonghe, 1995). Le Karroo est constitué des formations
allant du Miocène au Carbonifère supérieur. Au Katanga, il se limite à des
formations continentales (Kasongo, 2009).
I.1.1. Le soubassement Katangais
Le soubassement Katangais peut être subdivisé en trois ensembles
respectivement d’âge Néo, Méso- et Paléoprotérozoïque, à savoir le
Katanguien, le Kibarien et l‟Ubedien. Cette subdivision est essentiellement
basée sur les évènements orogéniques majeurs qui l’affectent (Ngoyi et
Dejonghe, 1995).
I.1.1.1 Le Katanguien
On appelle Katanguien toutes les formations plissées entre 950 Ma et 600 Ma
et non affectées par les plissements antérieurs à 950 Ma. Elles ont donc été
plissées vers 950 Ma par l’orogenèse Lomamienne, vers 850 Ma par
l’orogenèse Lusakienne et vers 600 Ma par l’orogenèse Lufilienne. La
dernière orogenèse est la plus importante car elle a imprimé aux roches du
Protérozoïque supérieur de la province cuprifère, la configuration en arc que
nous observons actuellement (Ngoyi et Dejonghe, 1995; Kampunzu et
Cailteux, 1999; Kampunzu et al., 2000, Batumike et al., 2007; Cailteux et al.
2007).
On peut observer dans le Katanguien, l’existence de deux tillites continues qui
se seraient déposées synchroniquement dans le tout le bassin et dont la
présence permettrait de diviser le Katanguien en trois groupes que sont de
bas en haut : le groupe de Roan, le groupe de Nguba et le groupe de
Kundelungu (Tableau 1). En outre, le katanguien serait constitué de
sédiments concordants qui affleureraient au Sud-Est de la chaîne Kibarienne
et comprendrait l’arc plissé du Katanga méridional et de la Zambie (Kasongo,
2009 ; Batumike et al., 2007)
(a) Le groupe de Roan (R)
Il s’agit d’un ensemble de dolomies plus ou moins siliceuses et de pélites ou
arénites à ciment dolomitiques, déposé probablement dans un milieu
lagunaire. Son épaisseur totale pourrait dépasser 1500 m.
Tableau 1 : Litostratigraphie du supergroupe du Katanguien au Katanga (modifiée de
François, 1973 ; 1987;
1995 ; Kampunzu et Cailteux, 1999 ; Cailteux, 2003 et Batumike et al., 2007)
Super groupe Groupe Sous groupe Formation Ancienne Lithologie
nomenclature
(François, 1987)
+/- 500Ma Kundelungu Biano Ku 3 Ks 3 Arkose, conglomérat, grès argileux
Ku
(ancien
Kundelungu
Supérieur) Ngule- Ku 2 Ks2.2 Pélites dolomitiques, argilo-microgréseux
Sampwe-Ku 2.3
Ks2.1 Grès dolomitique, microgrès et pélites
Kiubo-Ku 2.2
Ks1.3 Pélites dolomitiques, microgrès et grès
Mongwe-Ku 2.1
Ks1.2.4 Alternances calcaires et lits sablo-carbonatés
Lubudi-Ku 1.4
Gombela Ku 1
(anciennement
Likasi)
Ks1.2.2 et 1.2.3 Shales et microgrès carbonatés
Kanianga-Ku1.3
Ks1.2.1
Ks1.1
Calcaire Rose
Lusele-Ku1.2
Petit Conglomérat tillite/diamictite
Kyandamu-Ku1.1
+/- 620 Nguba Bunkeya Monwenzi- Ng2.2 Ki2 Grès dolomitiques, microgrès et pélites
Ng Ng2
(ancien
Kundelungu
Inférieur)
Katete-Ng2.1
Muombe Kipushi-Ng1.4
Ki1.3 Grès dolomitiques alternant avec Shales
Ng1
Ki1.2.2 Dolomies et Shales dolomitiques
Kakontwe-Ng1.3
Kaponda-Ng1.2
Carbonates
Shales carbonatés et microgrès ;
Ki1.2.1
Mwale-Ng1.1 « Dolomie tigrée » à la base
Grand conglomérat tillite/diamictite
Ki1.1
+/- 750 Roan Mwasha Kanzadi-R4.3 Mwansha Sandstone or alterning silstones and
R (ancien Supérieur R4.2 Shales
Mwansha
Supérieur)
R4
Shales carbonates
Kafubu-R4.2
Shales dolomitiques, microgrès et grès
Kamoya-R4.1 Avec inclusion des lits conglomératiques
et des cherts dans des positions variables
Dolomie avec des lits volcanistiques
Dipeta
R3 Kasunki-R3.4
Katanguien Mwansha Dolomie, dolomie arénique, microgrès
Inférieur R4.1 Dolomitiques
Mofya-R3.3 Microgrès argilo-dolomitiques avec
Intercalations de grès feldspathiques ou de
dolomies
R3.2
Roches Gréso-Schisteuses (Microgrès
Argilo-dolomitiques
Dolomies argilo-talqueuses laminaires et
stromatolitiques
R.G.S.-R3.1 Shales dolomitiques avec 3 horizons
Carbonés
Mines Kambove 2.3
R2 Dolomies stromatolitiques (RSC),
Shales dolomies silicifiées et arénitiques
(RSF/[Link].) et Microgrès argilo-
Dolomitiques- R2.2
dolomitique grise (RAT grise)
Kamoto-R2.1
Microgrès argilo-dolomitiques rouge et des
grès (Roches Argilo-Talqueuses)
R.A.T
R1
La base de la RAT
n’est pas bien
connue
<900Ma Conglomérat de base
Il est mal connu car des brèches microgréseuses interrompent la succession
des sédiments le long de quelques horizons bien déterminé, parallèlement à la
stratification (François, 2006).
Ceux-ci permettent de diviser l’ensemble en quatre unités :
- Le sous-groupe de Roches Argileuses et Talqueuses (R1) :
Ce sont des roches argilo-talqueuses appelées communément RAT. Cet
ensemble est une formation tendre, toujours tectonisée et parcourue par de
nombreuses failles qui y interrompent la continuité des couches. Sa base est
inconnue.
- Le sous-groupe des Mines (R2) :
C’est le mieux connu du Katanga. Il recèle les principaux gisements
cuprifères. Il est connu sous le nom du « série des mines ».
- Le sous-groupe de Dipeta (R3) :
Il est mieux représenté au nord du polygone de Tenke-Fungurume et
comprend quatre formations (Cailteux et al., 2007) : un microgrès ou shale
gréseux massif, roche siliceuse gréseuse (R.G.S.) (R3.1), un microgrès argilo-
dolomitique avec les intercalations des grès feldspathiques ou des dolomies
blanches (R3.2), la formation de Mofya constituée d’une alternance de
dolomies, de dolomies gréseuses et de microgrès dolomitiques (R3.3) et la
formation de Kansuki (R3.4) qui comprend des dolomies avec des lits
d’intercalation volcanoclastiques.
- Le sous-groupe de Mwashya (R4) :
Il est souvent rencontré à son état alteré, présentant des teintes gris vert ou
lilas a brun rougeâtre, on y reconnait trois formations (Cailteux et al., 2007) :
la formation de Kamoya (R4.1) constituée de shales dolomitiques, microgrès,
grés avec les nodules des cherts et des roches pyroclastiques; la formation de
Kafubu (R4.2) constituée de shales carbonates, et la formation de Kanzadi qui
comprend une alternance des microgrès et shales (R4.3).
(b) Le groupe de Nguba
Le Nguba (anciennement Kundelungu inferieur) est constitué à la base d’une
épaisse mixtite, appelée le « Grand Conglomérat » surmontée par des
sédiments détritiques à ciment plus ou moins dolomitique, le tout s’étant
déposé dans un milieu marin. Deux cycles sédimentaires permettent de le
diviser en deux sous-groupes (François, 2006 ; Cailteux et al., 2007) :
- Le sous-groupe de Muombe (Ng1):
A prédominance terrigène et dolomitique, ce sous-groupe débute à sa base par
la formation de Mwale (Ng1.1), le Grand Conglomérat. C’est une tillite
(diamictite) qui marque le contact entre le groupe de Roan et celui de Nguba.
La formation de Kaponda (Ng1.2) apparait en deuxième position et est
constituée des dolomies, calcaires et shales gréseux, rarement micacés. Puis
apparait la formation de Kakontwe (Ng1.3) qui comprend des shales gréseux,
parfois argileux et peu carbonatés et des microgrès arkosiques. Enfin, la
formation de Kipushi (Ng1.4) composée des dolomies et des shales argileux
ou gréseux, assez dolomitiques (Kasongo, 2009).
- Le sous-groupe de Bunkeya (Ng2):
Ce sous-groupe comprend la formation Katete (Ng2.1, ancien Ki1.3) qui est
constituée de grés dolomitiques alternant avec des shales et la formation
Monwenzi (Ng2.2, ancien Ki2), constituée de grés dolomitiques, microgrès et
pélites (Fancois, 2006; Batumike et al., 2007). A prédominance terrigène et
feldspathique, c’est une composition de grés, microgrès, shales gréseux,
argileux plus ou moins carbonatés. Il est composé de deux formations: la
formation de Katete (Ng2.1) constituée de grés dolomitiques ou de microgrès
dans le faciès du nord de l’arc cuprifère et des shales et de bancs dolomitiques
appelés aussi ‘séries récurrentes’ dans la partie sud de l’arc; et la formation de
Monwezi (Ng2.2) formée de grès dolomitiques et de microgrès (Kasongo,
2009).
(c) Le groupe de Kundelungu
Il débute vers le bas par une mixtite épaisse d’environ 40 m, nommée le « Petit
Conglomérat ».
Elle est surmontée par des sédiments presque exclusivement détritiques à
ciment plus ou moins dolomitique. Le tout s’est déposé dans un milieu marin.
Deux cycles sédimentaires permettent de le diviser en trois sous-groupes de
haut en bas (Francois, 2006; Batumike et al., 2007) : le sous groupe Gombela
ou Ku1 (ancien Ks1), le sous groupe Ngule ou Ku2 (ancien Ks2) et le sous
groupe Biano ou Ku3 (ancien Ks3).
- Le sous groupe Gombela (Ku1):
Cet ensemble est constitué par la succession des formations suivantes de haut
en bas (Francois, 2006; Batumike et al., 2007):
• la formation Lubudi, Ku1.4, ancien Ks 1.2.4, formée d’une alternance
de calcaire avec des lits sablo-carbonatés;
• la formation Kanianga, Ku1.3, ancien Ks1.2.2 et 1.2.3, constituée des
shales et microgrès carbonatés;
• la formation Lusele, Ku1.2, ancien Ks1.2.1: c’est de la dolomie
massive ou finement et régulièrement litée, de teinte rose ou gris clair.
Elle est communément nommée « Calcaire rose »;
• la formation Kyandamu, Ku1.1, ancien Ks1.1: il s’agit d’une mixtite
massive : ‘petit conglomérat’, dont le ciment est constitué de grains
détritiques entourés par une pâte séricito-dolomitique très fine.
- Le sous groupe Ngule (Ku2):
Cet ensemble est constitué de bas en haut par la succession des formations
Mongwe ou Ku2.1 (ancien Ks1.3), Kiubo ou Ku2.2 (ancien Ks2.1) et Sampwe
Ku2.3 (ancien Ks2.2). La formation Mongwe est constituée des pélites
dolomitiques, des siltstones et de grès. Celle de Kiubo comprend le grès
dolomitique, le microgrès et des pélites tandis que la formation Sampwe est
constituée de pélites dolomitiques et argilo-microgréseux (Francois, 2006;
Batumike et al., 2007).
- Le sous groupe Biano (Ku3) :
Ce sous groupe est formé d’arkoses, conglomérats et des grés argileux.
I.1.1.2. Le Kibarien ou système du Kibara
Le système de Kibara est défini comme étant l’important paquet sédimentaire
affecté par les mouvements de la période orogénique Kibarienne. Il se
superpose aux couches du Complexe de base plissées par les mouvements de
périodes orogéniques plus anciennes et est sous-jacent aux formations
mentionnées ci-dessus qui sont affectées par les mouvements de la période
orogénique Kundelunguienne (Robert, 1956). Tous les sédiments qui
affleurent dans les monts Bia et Hackanson ainsi qu’au plateau des Kibara
appartiennent au Kibarien (Lepersonne, 1974; Ngoyi et Dejonghe, 1995). Ces
sédiments ont une orientation Nord-NordEst Sud-Sud-Ouest. Ils sont recoupés
par des granites syntectoniques dont les âges avoisinent 1300 Ma et des
granites post-tectoniques datés à 1030 Ma. Les sédiments Kibariens sont aussi
intrudés par des granites accompagnés de nombreuses pegmatites et veines de
quartz. La séparation des couches du système de Kibara et celles des systèmes
sous-jacents est généralement bien marquée, non seulement par une
discordance, mais aussi par l’existence d’une période de dénudation
(Lepersonne, 1974).
I.1.1.3. L’Ubendien ou complexe de base
Le complexe de base, constitué par les roches du bouclier ancien et affecté par
les mouvements de plusieurs périodes orogéniques très anciennes, peut être
défini comme comprenant toutes les formations géologiques situées en-
dessous du système des Kibaras et dont l’âge est antérieur aux couches de ce
système. Il a pu être divisé en deux systèmes superposés: un système inférieur
formé par des roches cristallines, à faciès archéen, et un système supérieur
formé de couches moins métamorphisées que les sous-jacentes et même
parfois peu ou très peu métamorphisées. Ce dernier système supérieur peut
être rapporté à l’Algonkien ancien (Robert, 1956; Lepersonne, 1974). Le
Nord-Est du Katanga est la région type des formations appartenant au cycle
Ubendien. La chaîne Ubendienne présente une allure générale Nord-Ouest
Sud-Est.
On lui associe les formations suivantes: les ignimbrites du Marungu et les
plutonites du NordEst du Katanga. Au Sud-Est du Katanga, de part et d’autre
de la frontière apparait une multitude de petites crêtes rocheuses qui sont
tantôt isolées, tantôt groupées en massifs (Ngoyi et Dejonghe, 1995).
I.1.2. Les formations du type Kalahari
Durant la longue période continentale qui a suivi le dépôt des dernières
couches du système du Karroo, la surface continentale africaine, soumise à la
pénéplanation, subit des actions érosives, des altérations superficielles et vit
se déposer des formations lacustres, fluviales, colluviales et éoliennes dont
l’épaisseur, qui peut atteindre exceptionnellement plus de 200 m, varie d’un
endroit à l’autre. Ces dépôts qui ont une large extension dans tout l’intérieur
du continent et qui ont dû se déposer dans des milieux très divers, ont été
étudiés non seulement au Kalahari et au Botswana, mais aussi en Zambie, en
Angola ainsi que dans le bassin du Congo. Le manteau assez discontinu
constitué par ces formations est formé, d’une façon générale, par des sables
supérieurs, parfois épais de plus de 100 m et dont l’origine est souvent
éolienne. En dessous apparaît un étage des roches silicifiées; ce sont des
dépôts calcaires et calcaro-gréseux, des sables et des grès souvent ferrugineux,
des grès polymorphes, ayant subi une silicification plus ou moins intense. Il
est généralement admis que l’étage silicifié du Kalahari pourrait être daté de
l’Eocène et l’Oligocène. Quant à l’étage sableux supérieur, qui est une
formation de climat sec à tendance désertique, il doit dater de la fin du
Tertiaire, mais il devrait être antérieur à la période humide qui a coïncidé avec
l’installation au centre Africain de la bande climatique équatoriale (Robert,
1956).