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Exposition chimique en dépollution des sols

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ÉTUDES & SOLUTIONS

Étude de cas

EXPOSITION CHIMIQUE
DES SALARIÉS DANS
LES ACTIVITÉS DE DÉPOLLUTION
DES SOLS CONTAMINÉS
PAR HYDROCARBURES

wwLA PROBLÉMATIQUE : La réhabilitation des site reçoivent toute l’année des camions de terres
PASCAL sites et des sols pollués est un secteur d’activité polluées provenant de chantiers temporaires.
POIROT en plein essor en raison de l’augmentation du Dans les deux cas, des visites préliminaires ont per-
INRS, nombre de friches industrielles et de l’action du mis d'étudier la faisabilité d'une intervention. Sept
département ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la campagnes de mesures ont été réalisées sur cinq
Ingénierie des Mer (MEEM) qui en a fait une priorité du Grenelle chantiers temporaires (A, B, C, D, G) et deux sites
procédés de l’environnement. Du fait d’une réglementation permanents (E et F) en fonction de l’importance
contraignante, mais aussi d’une demande foncière du site et de divers paramètres (nombre de sala-
FRÉDÉRIC forte, ce marché est en augmentation de 9,5 % par riés, durée du chantier, éloignement…) suivant dif-
CLERC an. Au-delà des risques que ces sites présentent férentes techniques de dépollution (Cf. Encadré 2)
INRS, pour les personnes et son environnement, la propres aux hydrocarbures. En raison de la variabi-
département dépollution des sols suscite des questions quant lité de nombreux paramètres (en plus de ceux cités
Métrologie aux risques chimiques encourus par le personnel ci-dessus), comme la quantité de polluants dans le
des polluants travaillant sur les sites pollués d’autant que les sol, le site lui-même ou les conditions météorolo-
études scientifiques dans ce domaine sont peu giques, on ne peut parler, dans ce contexte, d’une
nombreuses [1, 2]. En coopération avec l'Union des
professionnels de la dépollution des sites (UPDS)
[3], principal syndicat professionnel représentant ENCADRÉ 1
55 % du marché, l’INRS a mené une campagne de LES DIFFÉRENTS TYPES
mesures visant à évaluer le niveau d’exposition
DE CHANTIERS
chimique du personnel travaillant sur les sites pol-
lués par les hydrocarbures. Les chantiers temporaires correspondent
à un lieu donné dont il faut dépolluer la terre
et n’existent plus lorsque la dépollution
wwLA RÉPONSE DE L’INRS : La coopération avec
est terminée.
l’UPDS a permis de faciliter les contacts et les Pour y parvenir trois techniques existent :
interventions sur les chantiers, toujours délicates • in situ : la terre est dépolluée sur place sans
en raison des incertitudes concernant la nature des excavation ;
polluants, des variations géographiques ou tem- • sur site : la terre est excavée mais traitée
porelles des concentrations (hétérogénéité), de la sur le chantier lui-même à proximité
multiplicité des intervenants et du caractère tem- de la fouille ;
poraire des chantiers de dépollution. Cette colla- • hors site : la terre excavée est transportée
sur une plate-forme permanente de
boration a permis de sélectionner des chantiers
dépollution fonctionnant toute l’année.
temporaires de dépollution avec traitement in situ Bien que l’excavation ne soit pas en
(sans excavation) ou hors site après excavation sur elle-même un traitement du sol (mais du
la base d’une liste fournie en fonction de différents site), elle est souvent rencontrée sur les
critères (Cf. Encadré 1). chantiers, car il s’agit bien d’une étape
La sélection des chantiers a été complétée par celle incontournable pour les professionnels
de sites ou plates-formes de traitement perma- du secteur.
nent. Ces plates-formes qui font du traitement hors

72 Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016


ENCADRÉ 2
PROCÉDÉS ET TECHNIQUES DE DÉPOLLUTION
Les HCT (hydrocarbures ou durée de dépollution. l’Agence de l’environnement et de
hydrocarbures totaux) issus de la En ce qui concerne les hydrocarbures, la maîtrise de l’énergie (Ademe),
famille des carburants pétroliers, les principaux procédés sont : qu’ils soient avec ou sans apport
facilement biodégradables, sont • ventilation forcée des sols in situ de bactéries/nutriments. Ils sont
les principaux polluants des sols, (traitement biologique, bioventing) efficaces sur un grand nombre de
seuls ou en mélanges avec d’autres pour les chantiers in situ ; polluants organiques et, en particulier,
hydrocarbures type BTEX (benzène, • ventilation forcée des sols in situ les hydrocarbures et les solvants
toluène, éthylbenzène et xylènes) (couplée à l’air, sparging) pour les halogénés. Ces types d’installation
ou encore type HAP (hydrocarbures chantiers in situ ; (décrits sur [Link]) ont
aromatiques polycycliques). • ventilation forcée des sols en tertre été rencontrés lors de cette étude
Le marché de la dépollution des sols hors site (traitement biologique, mais sans ajout de nutriments/
utilise des techniques très variées biotertre biopile). Il s’agit souvent bactéries et ne nécessitent donc
qui sont classées en quatre grandes de plates-formes de valorisation de pas d’évaluation spécifique de
catégories : le confinement, les terres excavées. l’exposition biologique des salariés.
procédés biologiques, les procédés Ces trois techniques sont assez Il est à noter cependant que des
physico-chimiques et les procédés similaires dans leur fonctionnement micro-organismes sont naturellement
thermiques. Le mode de mise en et, dans la plupart des cas, la présents dans les sols ; la plupart
œuvre de ces techniques peut ventilation des terres polluées sont non pathogènes, mais certains
également se distinguer selon permet la stimulation des peuvent présenter un danger pour la
qu’il s’agit de traitements hors microorganismes naturellement santé (bacille du tétanos, parasites…).
site, sur site et in situ. Chacune présents dans le milieu pour dégrader Des mesures de prévention contre
correspond à des contraintes les hydrocarbures. Dans certains les risques biologiques sont donc à
spécifiques résultant à la fois de la cas, l’ajout de microorganismes a respecter (cf. Risques biologiques et
nature des polluants et du sol, des pour but d’augmenter la vitesse de biodépollution des sols, INRS, Hygiène
objectifs de dépollution, du contexte biodégradation. Ces traitements et sécurité du travail, 230, ND 2372,
environnemental, des coûts et de la sont qualifiés de biologiques selon 2013).

bonne représentativité des chantiers investigués, avec forages et mise en place des drains lorsque
mais plutôt d’un bon aperçu. l’INRS est intervenu.
Les plates-formes E et F (Cf. Figure 2 et 3) valori-
Les types de chantiers de dépollution saient les terres polluées issues de divers chantiers.
Les chantiers A, D et G concernaient des zones en La terre, une fois mise en biotertre (andains de
milieu urbain nécessitant l’excavation des terres. terre équipés de drains d’aération), subit une ven-
Les terres excavées par pelle mécanique étaient tilation forcée hors site pour être dépolluée. Selon
envoyées par camion soit dans des centres de trai- le taux de pollution en HCT (hydrocarbures totaux)
tement hors site, soit en comblement de carrières et plus particulièrement en HAP (hydrocarbures
selon la nature et les concentrations en polluants, aromatiques polycycliques), l’air envoyé dans les
soit encore en exutoire local pour les déchets drains peut être enrichi en microorganismes ou en
ultimes. Sur ce type de chantiers, les salariés apport nutritif pour augmenter la vitesse de dégra-
potentiellement exposés aux polluants chimiques dation des polluants — ce qui n’a pas été le cas lors
sont les conducteurs d’engins (personnel sous- des campagnes INRS.
traitant) et les techniciens de sols des entreprises Dans l’ensemble, les chantiers employaient rare-
de dépollution. Il est à noter la spécificité du chan- ment plus de quatre opérateurs par poste de tra-
tier G (Cf. Figure 1) qui, en raison de la proximité vail. L’équipe-type sur un chantier ou un site était
d’habitations, était clos sous un chapiteau avec constituée d’un ou deux conducteurs de pelle et
ventilation. d’un ou deux opérateurs polyvalents ou techni-
Le chantier B, situé dans une ancienne usine à gaz, ciens de sol, dont le chef d’équipe lui-même. La
présentait des sols pollués par hydrocarbures aro- conduite des pelles représentait environ 80 % du
matiques ou BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène temps de travail des opérateurs. Les cabines des
et xylènes) jusqu’au niveau de la nappe phréatique. engins étaient équipées de systèmes de filtration,
Le procédé de traitement in situ mis en œuvre était pour les poussières, a minima. Il est à noter que les
le venting (ventilation forcée) couplé à l’air spar- conducteurs de pelles et de tombereaux (camions
ging, en raison de la présence des nappes d’eau assurant les transports de matière entre le chantier
souterraines à faible profondeur. et les zones de stockage) appartenaient souvent à
Le chantier C était en phase d’installation de venting des entreprises de sous-traitance. q

Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016 73


ÉTUDES & SOLUTIONS

Par ailleurs, les salariés, sur le terrain ou au sol,


généralement issus de l’entreprise de dépollu-
tion, étaient polyvalents, car peu nombreux. Leurs
tâches étaient donc très variées : entretiens divers,
criblage, traçage au sol dans les fouilles, prélève-
ments de terre, intervention sur les installations
en cas d’incident, ce qui rendait leur exposition
potentielle individuelle très variable. Ce person-
nel était également amené à effectuer diverses
interventions sur la base de vie du chantier. Ces
travailleurs étaient équipés d’appareils de pro-
tection respiratoire et portaient des gants et des
combinaisons contre l’exposition cutanée. Les tra-
vailleurs portaient également des détecteurs spé-
cifiques avec alarme en rapport avec les polluants
pouvant être présents dans le sol. Les caracté-
ristiques des chantiers ainsi que les conditions

© ERC
météorologiques et les périodes des campagnes
D FIGURE 1 Opérateur dans la fouille du chantier G. sont résumées dans le tableau 1.

Les prélèvements et mesurages


57 prélèvements individuels complétés par
59 mesurages en ambiance ont été effectués sur la
durée d’un poste complet durant trois jours consé-
cutifs sur l’ensemble des chantiers.
Les mesurages ont été réalisés suivant les
méthodes de prélèvements et de dosages classi-
quement utilisées à l'INRS et qui sont regroupées
dans le recueil de méthodes d’évaluation des
expositions MétroPol 1. Les matières particulaires
totales (MPT) issues de l’action mécanique ou phy-
sique des engins sur ou dans le sol peuvent for-
tement contribuer au niveau d’empoussièrement
© Serge Morillon/INRS

de l’atmosphère de travail, particulièrement en


période sèche. Ces concentrations pondérales en
MPT ont été mesurées par gravimétrie à hygromé-
trie compensée. La technique utilisée est décrite
dans la fiche MétroPol 002. Ces prélèvements sont
D FIGURE 2 Engins évoluant sur le site E.
également à la base des analyses quantitatives de
métaux éventuellement présents dans le sol.
Les hydrocarbures ont été prélevés sur tube de
charbon actif SKC 226-06 à un débit de 200 ml/min
ou sur badge GABIE (fiche MétroPol C V01). Les
analyses qualitative et quantitative ont été effec-
tuées par couplage chromatographie en phase
gazeuse/spectrométrie de masse (GC-MS). En
outre, l’utilisation d’appareils de mesure à lecture
directe équipés d'un détecteur à photo-ionisation
(PID) a permis de mettre en évidence les varia-
tions de concentration en composés organiques
volatils (COV) pendant un poste de travail ou à un
poste fixe.
© Serge Morillon/INRS

Exposition des salariés


Les principaux résultats concernant les MPT et les
COV (regroupés sous forme d’un indice d’exposition
avec Iexp = C1/VL1 + C2/VL2 +…Cn/VLn) sont présentés
D FIGURE 3 Montage d’un biotertre sur le site F. sur deux graphiques (Cf. Figures 4 et 5). La figure 4

74 Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016


Étude de cas

PROCÉDÉ ET
TECHNIQUE DE CONDITIONS
ORIGINE POLLUANTS C MOY DES NB DE PT T°C
CHANTIER/ DÉPOLLUTION NB DE MÉTÉO :
DE LA PRINCIPAUX POLLUANTS DE PRÉL PÉRIODE MIN---
SITE (ÉTAPE PENDANT SALARIÉS ÉTAT DU SOL/
POLLUTION (SOURCE M O) EN MG/KG AMB MAX
L’INTERVENTION TERRE
INRS)

excavation,
ancienne criblage : stockage
A HCT 5900 1,3--- humide : sol
usine sur site et/ou max 4 2 janvier
temporaire COHV <1 9,3 boueux
métallurgique traitement hors
site

venting/sparging
B ancienne 1,3--- humide : sol
BTEXN 10 000 in situ extraction 2 2 janvier
temporaire usine à gaz 9,3 boueux
triple phase

ancienne venting in situ


C HCT 8 000 (max) humide : sol
usine prévu mise en 3 2 mars 7---13
temporaire COHV 80 boueux
metallurgique place de forage

excavation,
D ancien atelier HCT, HAP, stockage hors site 6--- soleil : sol sec
non connu 2 2 avril
temporaire imprimerie métaux et/ou traitement 21,5 en surface
hors site

plate- soleil : terre


(bio)venting hors
E forme de HCT 910 10--- rapportée
site montage de 6 6 octobre
permanent dépollution HAP 170 19 sèche en
biotertre
permanente surface

terre stockée
plate- humide : terre
sous hall avant
F forme de HCT 3 000 > C < rapportée
(bio)venting hors 3 4 mai 17---22
permanent dépollution HAP 5 000 traces sèche en
site montage de
permanente surface
biotertre

chantier sous
ancienne tente excavation,
G HCT 4 300 soleil : sol sec
station criblage : et 4 4 juin 19---28
temporaire BTEX 1 200 en surface
service traitement hors
site

montre l’exposition des salariés en indiquant les plus sèche due au confinement et à la période de D TABLEAU 1
Caractéristiques
moyennes et écarts-types géométriques des deux prélèvement. des chantiers/
polluants principaux par chantier et distingue les sites.

deux catégories de personnel. La figure 5 reprend Les composés organiques volatils (COV)
la même disposition et montre les concentrations Les COV ont été prélevés et dosés sur tous les chan-
mesurées en ambiance par chantier et moyennées tiers et sites permanents. Les analyses quantitatives
sur l’ensemble des chantiers. ont mis en évidence, dans l’atmosphère de travail
essentiellement, des hydrocarbures aromatiques
Les matières particulaires totales (MPT) (dont les BTEX) en très faibles concentrations sur
Les chantiers ou sites à ciel ouvert visités étaient l’ensemble des sites, à l’exception des chantiers
des lieux peu empoussiérés. Les MPT sont en effet B et G où les sols étaient particulièrement pollués
émises dans l’atmosphère par effet mécanique des par ces substances selon les maîtres d’ouvrage.
engins évoluant sur terrain sec. Les concentra- Sur le chantier B, pourtant à ciel ouvert, des mesures
tions mesurées en ambiance s’étendent de 0,04 à ambiantes ont indiqué la présence de benzène à
1,23 mg/m3. Sur ces chantiers, l’exposition des opé- des concentrations de la moitié de la valeur limite
rateurs, bien que plus élevée que celle mesurée en d’exposition professionnelle (VLEP). Sur le chantier
ambiance, était à des niveaux relativement faibles couvert G, la présence de BTEX conduit à un indice
(entre 0,07 et 2,54 mg/m3). Sur le chantier G sous d’exposition/pollution maximal de 41 %. L’utilisation
tente fermée, malgré la ventilation et l’extraction d’appareils à lecture directe, type PID, montre que
de l’air, la concentration en ambiance s’étend de les variations d’exposition peuvent être importantes
1,89 à 7,74 mg/m3. Cependant et à l’inverse des au cours du temps et que les opérateurs au sol sont
autres chantiers, les concentrations individuelles soumis à des pics d’exposition [4] comme en atteste
sont inférieures (C moy = 1,53 mg/m3) en moyenne la figure 6, réalisée à partir de valeurs enregistrées
aux valeurs mesurées en ambiance et très disper- sur le chantier G. Les pics d’exposition, n’indiquant
sées (C Max = 7,74 mg/m3) ; les plus fortes valeurs pas la valeur limite à court terme (VLCT) définie
sur ce chantier pouvant s’expliquer par de la terre sur 15 minutes, ne doivent cependant pas occulter

Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016 75


ÉTUDES & SOLUTIONS

3 3
m
3 g/ ) 3 m
g/ )
m
g/ )
3
m 6 m ,63 m
g/ ) 4 m ,38
6 m ,87 g/ ) 0,9 D=1 3
2 m ,10 0,8 D=2
3
m 0,6 D=1 0 m ,64 (G
S m
g/ ) 0,6 D=4 (G
S m
3

1,00 g/ ) (G
S 0,5 D=2 7 m ,16 S g/ )
9 m ,27 S (G 8 m ,73
(G 0,3 D=3
0,2 D=2 (G
S 0,3 D=2
S S
(G (G
3
m
g/
9m )
0 50 1,29
0,10 ,
0 D
S
=
(G 5 )
20 ,02
0,0 D=5
S
(G

0,01
0 )
6 ) 02 ,26
01 ,57 5
01 ,84
) 0,0 D=4
0
01 ,89
) 0,0 D=1 0,0 D=6 (G
S
S
0,0 D=2 (G ( G S
S 5 )
(G ) 00 ,49 4 )
4 00 ,20
0,00 00 ,03 0,0 D=1
0,0 D=1 (G
S 0,0 D=1
S S
FIGURE 4 Qw (G (G
Expositions
individuelles -
moyennes et
écarts types 0,00
géométriques A B C D E F G Personnel Conducteur
(GSD : écart type au sol
géométrique). MPT IE – COV
3
m
g/ )
7 m ,54
2,9 D=1
S
3
(G
m
g/ ) 3
5 m ,71 3 m
g/ )
0,5 D=1 m
3
1,00 m
g/ ) S g/ ) 1 m ,61
(G 6 m ,88 0,3 D=4
3 1 m ,42 3
0,2 D=1 S
0,2 D=2 m
3
m
g/ ) m g/ ) S 6 ) (G
g/ S (G 79 ,96
0 m ,78 0m ) (G 0 m ,67 0,0 D=3
0,1 D=1 65 4,46 0,1 D=3 S
S , 0
0 D= (G
S (G
(G
0,10 (G
S

0,01
7 6)
01 0,9
0,0 D=1
7 ) G S
00 ,91 6
00 ,72
) (
0,0 D=1 0,0 D=2 4 ) 4 ) 4 )
0,00 (G
S S 00 ,07 00 ,10 00 ,19
FIGURE 5 Qw (G 0,0 D=1 0,0 D=1 0,0 D=1
S S S
(G (G (G
Concentrations
ambiantes -
moyennes et
écarts types 0,00
géométriques A B C D E F G Tous
(GSD : écart type chantiers
géométrique). MPT IE – COV

l’exposition moyenne prépondérante calculée sur la chantiers : les conducteurs d’engins et les opéra-
durée d’un poste de travail. teurs au sol.

Protection des travailleurs Discussion et conclusion


Ces campagnes de mesures montrent que les conduc- Les campagnes de mesures INRS ont permis d’éta-
teurs d’engins, qu’ils soient employés par la société blir un panorama de l’exposition chimique des sala-
de dépollution ou par une entreprise de sous-trai- riés et de la pollution des atmosphères ambiantes
tance, sont relativement bien protégés en restant lors du travail de dépollution des sols pollués par
dans leurs cabines équipées de caisson filtrant avec des hydrocarbures totaux avec utilisation de tech-
une moyenne géométrique de 0,38 mg/m3 en MPT niques appropriées, qu’il s’agisse de traitement in
alors que celle-ci s’élève à 0,84 mg/m3 pour les opé- situ ou hors site par ventilation forcée (venting)
rateurs au sol. La différence est nettement moins ou simplement d’excavation, procédé largement
marquée en ce qui concerne les COV, en raison de répandu en zone urbaine.
l’incertitude liée aux très faibles concentrations en
général. En revanche, l’exposition des techniciens
au sol mesurée à l’extérieur de l’appareil de pro- POUR EN SAVOIR
tection respiratoire (APR), quand ils en portent, est
plus élevée que celles des conducteurs d’engin. Il • Outil interactif de présélection des techniques
ressort de ces campagnes de mesures que, vis-à-vis de dépollution réalisé par le Bureau de recherches
de la pollution particulaire ambiante, deux catégo- géologiques et minières (BRGM) et l’Ademe
ries de salariés se distinguent sur presque tous les et consultable sur [Link]

76 Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016


Étude de cas

100

Concentration en ppm équivalent isobutylène


90

80

70

60

50

© Gaël Kerbaol/INRS
40

30

20
Lors d'une opération de dépollution et de réhabilitation d'un
ancien site chimique, des opérateurs interviennent sous la 10
pause
tente pour réaliser des prélèvements de la nappe mise à jour. déjeuner
0
7:45 9:08 10:31 11:55 13:18 14:41 16:05

Le degré d’empoussièrement est nettement infé- l’autre. Une estimation a priori des concentrations D FIGURE 6
Exposition
rieur à la VLEP des matières particulaires sur émises dans l’air de travail en fonction de différents aux COV d'un
tous les chantiers dont l’activité est réalisée en paramètres intégrés est incertaine et seules des technicien au sol :
chantier G.
extérieur, mais néanmoins très variable selon les campagnes de mesures permettent d’évaluer avec
plates-formes. Il dépend de plusieurs paramètres, précision les niveaux d’exposition sur un chantier.
dont l’activité des engins mécanisés, le degré de Les actions de prévention collectives étant difficiles
confinement du milieu de travail et, très probable- à établir sur les chantiers en raison de la variation
ment, le taux d’humidité des terres excavées ou spatio-temporelle de l’activité, le port de l’APR et
mises en biotertre. de détecteurs spécifiques est plus que recommandé
Les mesures de COV montrent que les substances aux salariés hors cabine d’engin (voire, éventuelle-
retrouvées dans l’atmosphère de travail étaient ment, pour les conducteurs d’engins en fonction de
essentiellement des BTEX, probablement en raison l’évaluation des risques). Les engins, quant à eux,
de leur volatilité, même si des hydrocarbures du doivent être équipés de cabines climatisées pressu-
type fuel lourd ou gazoil étaient potentiellement risées à air épuré (CPAE). L’aide-mémoire technique
présents dans tous les sols selon les sociétés assu- ED 6228 édité par l’INRS [5] décrit les bonnes pra-
rant la dépollution. Bien qu’elles soient faibles tiques correspondantes qui permettent aux conduc-
sur la plupart des chantiers, des concentrations
atmosphériques relativement élevées peuvent être
teurs de travailler dans un air assaini. •
1. MétroPol est une base de données consultable
mesurées sur des chantiers « relativement impré- sur [Link]
gnés » comme le chantier B ou sur des chantiers
clos comme le chantier G.
Les concentrations en MPT et en COV dépendent Remerciements
de nombreux paramètres dont la température, le Les auteurs remercient J. Kunz-Iffli, N. Monta, T. Nicot
confinement, le criblage à proximité… y compris et J. Grosjean pour leur participation à l’étude.
sur un même chantier. Les résultats concernent
les chantiers visités à un moment donné et ne
sont certainement pas représentatifs de tous les
chantiers de dépollution aux hydrocarbures, tant
les paramètres régissant ces chantiers sont nom- BIBLIOGRAPHIE
breux. Les phases de diagnostic concernant le type [1] MAISON A., HÉRY M., MOUTON C. Protection des travailleurs sur les chantiers
de polluant et la concentration dans le sol, toujours de réhabilitation de sites industriels pollués, ED 866, INRS - Ademe, 2002,
réalisées en amont, peuvent laisser de surcroît des pp. 1-209.
incertitudes temporelles ou spatiales sur l’exposi- [2] FONTENEL F. La prévention des risques professionnels lors de la dépollution
tion chimique des salariés et la nature même des des sites et sols pollués en Île-de-France, Mémoire de prévention d’ingénieur-
conseil, Cramif, 2009.
polluants susceptibles d’être rencontrés.
En conclusion, l’exposition aux agents chimiques [3] [Link]

est avérée et même si, globalement, les concentra- [4] NISSE C. 30es journées nationales de santé au travail dans le bâtiment
tions sont inférieures aux VLEP elles demeurent très et les travaux publics, Blois, 10 - 12 juin 2009.

variables sur un même chantier et d’un chantier à [5] Assainissement de l'air des cabines d'engins mobiles, INRS, ED 6228, 2015.

Hygiène et sécurité du travail – n°245 – décembre 2016 77

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