Gestion des déchets de construction en Algérie
Gestion des déchets de construction en Algérie
DE MASTER EN ARCHITECTURE
i
Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier toutes les personnes qui ont contribué de
prèsou de loin à l’élaboration de ce modeste travail, et plus particulièrement mon
encadreur M. Selmi pour ses conseils précieux, sa patience et son soutien.
Je remercie aussi la personne qui était d’une grande aide et patience avec
moi « mon partenaire dans la vie » et ses chers parents.
ii
Résumé
La construction reste aujourd’hui une des activités qui génère le plus de déchets dans
le [Link] nombreux chantiers ouverts pour la construction et la réhabilitation des
bâtiments et les nombreuses démolitions d’immeubles génèrent des quantités importantes de
débris de toutes sortes.
Nous avons élaboré l’hypothèse que les déchets de construction en Algérie ne sont pas
pris en charge par les organismes concernés, comme base de notre recherche. Et pour
approfondir notre recherche, nous avons recouru à des enquêtes et entretiens. Ces derniers
abordent des situations différentes, dont la première consiste à enquêter sur le sort des déchets
et débris des constructions engendrées par le séisme de [Link] la deuxième situation, il
s’agit de recenser les déchets issus d’un chantier de construction d’un programme étatique et
d’enquêter sur leurs modes de traitement. Nous avons aussi opté pour un cas de démolition
d’une construction d’un particulier.
À travers les différents cas d’étude, nous avons constaté qu’une gestion judicieuse des
déchets de construction en Algérie n’est assurée qu’exceptionnellement par des particuliers.
Dans ce cas elle constitue une solution durable d’un point de vue environnemental et
économique.
Mots clés :déchet, construction, démolition, cycle de vie, fin de vie, élimination,
valorisation, prévention.
iii
Sommaire
Dédicace................................................................................................................ i
Remerciements .................................................................................................... ii
Résumés ............................................................................................................... iii
CHAPITRE INTRODUCTIF
Introduction ............................................................................................... 1
I. Problématique ...................................................................................................... 2
II. Hypothèses .......................................................................................................... 3
III. Objectifs ................................................................................................... 3
IV. Méthodologie et structuration du mémoire .............................................. 3
Introduction ........................................................................................................... 48
IV.1 Les déchets et débris de construction issus du séisme .............................. 49
IV.1.1 La gestion des déchets issus du séisme 2003 dans la wilaya
d’Alger et de Boumerdès ............................................................. 49
IV.1.2 La gestion des déchets issus du séisme de 2003 dans
la ville de Thenia ......................................................................... 50
IV.2 Les déchets issus d’un chantier de construction de 3 000 logements
AADL à Khemis-El-Khechna .................................................................. 52
IV.2.1 Situation et présentation du projet ............................................... 52
INTRODUCTION :
Avec cette augmentation croissante du volume des déchets produits par notre mode de
vie, lagestion des déchets est devenue un enjeu majeur de la société. Cet enjeu est rendu
important par la montée des préoccupations liées au développement durable et le refus de plusen
plus net du gaspillage. Le coût exorbitant du traitementdesdéchets joue d’autre part un rôle
prépondérant dans la volonté d’action des politiquesgouvernementales.
La gestion des déchets est un processus qui intègre à la fois la production des
déchetsetleur traitement. La production correspond aux choix des produits à la source, à leur
utilisation à leur valorisation. Le traitement correspond au tri des déchets, au transport, etau
traitement et/ou le stockage des déchets.
1
Chapitre introductif
I. PROBLÉMATIQUE :
L’explosion démographique des cent dernières années est un phénomène sans précèdent
dans l’histoire de l’humanité.
Au début du XXI siècle, 50% de la population sont concentrés dans les villes. Pour plus
de 70% des habitants de l’Union européenne, la qualité de vie passe par celle de leur
environnement urbain.L’explosion urbaine est telle qu’en l’espace de trente ans l’homme a
construit autant que dans le restant de son histoire.
On estime qu’il faudra bâtir dans les quarante années à venir l’équivalent de 1 000 villes
de 3 millions d’habitants essentiellement dans les pays en voie de développement1.
Une telle perspective donne un sens concret à la nécessité d’inscrire l’édification du monde de
demain dans une logique de développement durable. Car "nous n'héritons pas de la terre de nos
ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"2.
La construction reste aujourd’hui une des activités qui génère le plus de déchets dans le
[Link] nombreux chantiers ouverts pour la construction et la réhabilitation des bâtiments et
les nombreuses démolitions d’immeubles génèrent des quantités importantes de débris de toutes
[Link] France, à lui seul, le monde du Bâtiment en a produit près de 40 millions, décomposés
entre les chantiers de démolition (22 millions), de réhabilitation (14 millions) et de construction
(4 millions)3. En Algérie, l'étendue des quantités de déchets générées par les chantiers est
abondante, mais reste [Link] ces quantités, l’enjeu du tri et de la valorisation des
déchets de chantier paraît donc important, voire primordial.
1
Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, l’urbanisme durable : concevoir un écoquartier, Le moniteur
2
Citation d’Antoine de Saint-Exupéry
3
SoeS « Service de l’Observation et des Statistiques »
4
Jean Hetzel, indicateurs du développement durable dans la construction, afnor.
2
Chapitre introductif
II. HYPOTHÈSE :
Les déchets de construction en Algérie ne sont pas pris en charge par les organismes
concernés, créant une pollution tant atmosphérique que visuelle (zone d’entreposage des déchets
de chantier). Une gestion judicieuse des déchets de construction constitue une solution durable
d’un point de vue environnemental et économique.
III. OBJECTIFS :
• Sensibiliser les pouvoirs publics concernés par le secteur de la construction et de
l’environnement sur l’importance du traitement des déchets de construction.
• Sensibiliser les acteurs de la construction sur les solutions alternatives à la gestion des
déchets de chantier.
3
GÉNÉRALITÉS SUR LES DÉCHETS
DE CONSTRUCTION
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
Les ressources naturelles ne sont pas illimitées et leur extraction entraine une raréfaction
de certains matériaux avec les implications connexes que cela engendre sur l’homme et
l’environnement. Exemple del’extraction des galets et graviers de rivières / coupe des forêts
primaires…
Les décharges destinées à accueillir les déchets ne constituent plus une solution. Leurs
impacts sont considérables et irréversibles. Les sites actuels arrivent à saturation et ne
permettent plus d’accueillir le flux croissant des déchets, en outre la politique de gestion des
déchets de plus en plus restrictive n’autorise plus l’ouverture de nouvelles décharges.
Les procédés d’incinération avec ou sans valorisation énergétique sont à l’origine de gaz
polluants extrêmement nocifs pour l’homme et l’environnement et ce bien que des
dispositions ‘antipollution’ soient actuellement imposées.
4
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
5
Déchets, réemploi, recyclage : la déconstruction, nouvelle responsabilité de l'architecte ? PubliéNovembre 26,
2017- [Link]
6
Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets.
7
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]
5
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
Le principe de classement10:
Les Déchets Inertes (DI) ou déchets de CLASSE 3 sont des déchets stables dans le
temps qui, pendant leur stockage, ne subissent aucune modification physique, chimique ou
biologique importante. Ils ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune
autre réaction physique ou chimique, ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas les
autres matières avec lesquelles ils entrent en contact. Ils sont issus de la fin de vie de produits
naturels ou de produits manufacturés, et constituent 75 % des déchets du Bâtiment.
8
[Link]
9
ADEME, les déchets du bâtiment (chiffres 2008, actualisés pour l’année 2010), [Link]
10
ADEME, Gestion et valorisationdes déchets de chantierde construction
6
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
Stockage :
- Les DI non valorisables doivent être stockés dans des Installationsde Stockage des
Déchets Inertes (ISDI), anciennement appelésCET de classe III.
- Ils peuvent aussi être utilisés en remblaiement de carrières (assimilé à de la
valorisationmatière).
Traitement :
- Recyclage
- Centre d'enfouissementtechnique (CET).
7
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
- Câbles électriques;
- Complexes alliant plusieurs matériaux (plâtre, polystyrène, carton, bois, acier…).
Stockage :
Les DND non valorisables doivent être orientés vers lesInstallations de Stockage des
Déchets non dangereux (ISDND), anciennement appelées CET de classe II.
Le stockage est réglementairement limité aux seuls déchetsultimes. De plus, les DND ne
peuvent pas être stockés en mélangeavec des Déchets Inertes dans des ISDI.
Traitement :
- Recyclage
- Valorisation énergétique
- Incinération
- Centre d'enfouissementtechnique (CET).
Les déchets non dangereux du BTP sont globalement peu valorisés (hormis les métaux),
comme l’a montré une étude ADEME de 2010, et ce, malgré l’existence de filières pour
certains flux spécifiques (bois, plâtre, PVC).
Les déchets dangereux (ou déchets de CLASSE 1), anciennement nommés déchets
industriels spéciaux (DIS):contiennent dessubstances toxiques et/ou nocives pour
l’environnement ou la santé.Etnécessitent destraitements spécifiques lors de leur élimination.
Stockage :
8
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction
Les DD non valorisables doivent être orientés vers lesInstallations de Stockage des Déchets
dangereux (ISDD), anciennement appelées CET de classe I.
Traitement :
- Valorisation énergétique
- Incinération
- Centre d'enfouissement technique (CET)
9
CYCLE DE VIE DU MATÉRIAU ET
DU DÉCHET
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
INTRODUCTION :
La plupart des objets, des outils, des instruments qu'utilise l'homme ont été façonnés en
utilisant des matériaux extraits de matières premières naturelles. Après usage ou détérioration,
ils constituent des déchets.
Le devenir des matériaux qui constituent les déchets est très variable et dépend de leur
nature et de leur constitution. Les principaux matériaux recyclables sont le verre, l'acier,
l'aluminium et certaines matières plastiques.
Dès lors la prise en compte de l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, en anticipant son
évolution future et en optimisant la gestion de la matière, apparait incontournable.
Les différentes étapes prises en compte pour le cycle de vie d’un produit de construction,
selon la norme NF P01-010 11 sont les suivantes :
- La production : de l’extraction des matières premières jusqu’à la sortie du produit
manufacturé.
- La mise en œuvre : de l’arrivée du produit jusqu’à la réception de l’ouvrage.
- La vie en œuvre : entretiens et réparations durant toute l’occupation.
- La fin de vie : destruction de l’ouvrage et traitement de fin de vie.
On évalue ici la capacité du produit à être déposé et réutilisé ou recyclé. Dans la négative,
on prend en compte le transport des déchets de démolition jusqu’à un site de valorisation.
11
Dominique Gauzin Muller, L’architecture écologique 29 exemples Européens, Le moniteur.
10
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
11
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
L’obsolescence d’un matériau ne peut plus, idéalement, se traduire par une mise en
décharge. Les principes d’un développement durable visent à réintégrer les produits devenus
déchets dans un nouveau cycle de transformation. Certaines filières, comme celles de la
biomasse fonctionnent selon le principe de l’écosystème où tout se recycle, où le déchet
devient énergie ou nouvelle matière. L’écologie industrielle prend ce principe pour modèle en
faisant du recyclage une source de richesses nouvelles.
Schéma 2.1 : Principes de conception des bâtiments pour limiter la production de déchets 13
A priori nous allons détailler les différentes étapes ainsi les modes de transformation
d’un matériau lors de sa phase fin de vie.
13 ADEME, [Link]
12
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
14
ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction,[Link]
13
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Afin d'assurer le bon fonctionnement du tri sur chantier, il faut assurer les conditions
suivantes :
• Le tri sur chantier le plus simple devrait au moins comporter trois bennes : Déchets Inertes
(DI) – Déchets non Dangereux (DND/DIB) – Déchets Dangereux (DD/DIS).
• Mettre en place une signalétique visible et claire.
• Les bennes doivent être facilement accessibles par tous les corps d’état tout en permettant
leur évacuation aisée.
• Veiller à l’évacuation des bennes avant débordement.
• Le stockage séparé des déchets dangereux doit être assuré par un collecteur étanche et
protégé, ne présentant aucun risque de pollution des sols et de l’air.
• Éviter tout mélange susceptible de réagir chimiquement, quitte à trier séparément chaque
type de déchets dangereux.
Figure 2.1 : Structure brique mono mur en terre cuite du projet des 39 logements, France 15.
14
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Tableau 2.1 : Bilan des déchets produits dans le chantier des 39 logements, France 15.
Tableau 2.2 : Valorisation des déchets du chantier des 39 logements, France 15.
15
ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction,[Link]
15
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
16
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
17
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
b) Incinération 18 :
c) Pyrolyse :
La pyrolyse est un gros avantage sur l’incinération : elle ne dégage pas de toxiques. Les
charbonniers la connaissent depuis toujours pour transformer le bois en un combustible noble,
le charbon de bois. Mais aujourd’hui, les processus technologiques à l’échelle industrielle ne
sont pas encore tout à fait au point. Il reste à espérer que les quelques installations pilotes
actuelles arriveront à affiner le procédé et à l’étendre à d’autres catégories de déchets.
d) Recyclage :
18
Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ? terre vivante.
18
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Dans l’article L.541-1-1 du Code de l’Environnement 19, le recyclage est défini comme :
« toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques,
sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à
d’autres fins. Les opérations de valorisation énergétique des déchets, celles relatives à la
conversion des déchets en combustible et les opérations de remblaiement ne peuvent pas être
qualifiées d’opérations de recyclage. » Le recyclage est une opération de valorisation matière.
e) Réemploi :
Est l’action d’employer une nouvelle fois, ce qui signifie bien que l’on garde la
matière et la forme pour un nouvel usage.
Le réemploi est considéré comme le moyen le plus efficace de traiter un déchet, cette
action ne nécessitant aucune énergie particulière et n’altérant pas les propriétés du déchet
réemployé.
L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie) le définit
comme « l’opération par laquelle un produit est donné ou vendu par son propriétaire initial à
un tiers qui a priori lui donner une seconde vie. Le produit garde son statut de produit et ne
devient à aucun moment un déchet ».
19
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Exemple d’un projet de construction d’un lieu de vie à Argentan (France), en 2007 21 :
Maitre d’œuvre : « Construire » avec « Constructlab », Sonia Vu, Alexander Romer,
Felix Jeschek.
Type de matériaux réutilisés : poteaux et poutres en bois, charpente en bois, tôle
ondulée et fenêtres.
Type de matériaux réemployés : blocs de béton et container de stockage en métal.
Figure 2.2 : façades de la construction d’Argentan (France), avec les matériaux réemployés et réutilisés 21
20
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]
21
Source : ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]
20
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
f) Réutilisation :
Consiste à utiliser une nouvelle fois un objet, mais cette fois-ci selon les mêmes
principes que sa précédente utilisation.
La réutilisation est considérée comme une technique permettant une prolongation optimale de
la durée de vie d’un matériau.
La réutilisation est une opération qui s’amorce lorsqu’un propriétaire d’un bien usagé
s’en défait sans le remettre directement à une structure dont l’objet est le réemploi. Le bien
usagé prend alors un statut de déchet. Il subit ensuite une opération de traitement des déchets
appelée « préparation en vue de la réutilisation », lui permettant de retrouver son statut de
produit. Il peut alors bénéficier à un détenteur qui lui donnera une seconde vie.
22
Selon l’article L.541-1-1 du Code de l’Environnement est : « toute opération par
laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés à
nouveau. »
Exemple d’un projet de construction d’un musée d’histoire de Ningbo (Chine), en 2008 23 :
Maitre d’œuvre : Wang Shu, Amateur Architecture Studio.
Type de matériaux réutilisés : pierre, briques.
Type de matériaux réemployés : tuiles.
Figure 2.3 : Façades du musée d’histoire de Ningbo (Chine) avec les matériaux réutilisés 23.
22
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]
23
ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]
21
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
L’architecte Wang Shu a créé en 2008 un musée d’histoire faisant appel à des
matériaux de réemploi. Se présentant sous la forme d’immenses monolithes assimilés à des
montagnes, il tient sa singularité de la composition de ses façades. Ces dernières sont
composées d’un revêtement en briques et en tuiles locales disparates issues de la démolition
d’une vingtaine de villages dans les environs de Ningbo. Contrairement à l’idée reçue,
l’accumulation d’une telle diversité d’éléments n’enlève pas à l’édifice son caractère
harmonieux. En effet on perçoit en premier lieu la spatialité et la masse des différents corps de
bâtiment, puis, dans un second temps on atteint un deuxième niveau de lecture du bâtiment en
s’attardant dans le détail sur la matérialité des façades. Celles-ci sont le reflet de l’histoire
locale, comme une trace de ces villages disparus qui charge ce bâtiment lui-même dédié à
l’histoire d’une forte valeur symbolique et émotionnelle. Ces qualités ont contribué à ce que
son architecte obtienne le prix Pritzker en 2008.
g) Prévention des déchets :
24
En France, avec plus de 225 millions de tonnes de déchets produits par an , la
prévention et le recyclage des déchets du BTP sont au cœur des priorités de la politique
nationale au travers notamment des objectifs fixés par le Programme National de Prévention
des déchets 2014-2020 et la loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015.
BAZED : Une approche circulaire pour réduire l’impact environnemental des bâtiments et
leur production de déchets :
La finalité de BAZED (Bâtiment Zéro Déchet) est d’initier une dynamique concertée
de la chaîne des acteurs en orientant leurs choix dès la phase de conception pour limiter
l’empreinte carbone du bâtiment, en réduisant sa production de déchets et le recours aux
matières premières vierges.
Conçus pour inspirer et faciliter les futurs choix des maîtres d’ouvrage et maîtres
d’œuvre, un guide et un site internet public ([Link]) énoncent les principes, présentent
les solutions techniques et référencent des projets exemplaires. Les principales thématiques
abordées tournent autour des principes de conception pour la conservation, du réemploi, du
chantier, de l’entretien-maintenance, de l’évolutivité et de la démontabilité. L’amélioration de
la prise en compte de la fin de vie des bâtiments en ACV (Analyse de Cycle de Vie) a
également été étudiée à travers un cas d’étude. Les acteurs sont guidés dans la marche à suivre
pour concevoir un bâtiment « zéro » déchet et sur les bénéfices économiques, sociaux et
environnementaux attendus.
24
Source : ADEME, Economie [Link]
22
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Achevé fin décembre 2015 avec la mise en ligne du site internet ([Link]) et la
parution du guide de synthèse, ce projet aura permis de :
23
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Quatre systèmes distincts et combinables ont été développés : mur précontraint en briques
et acier, plancher sec acier-béton-bois, plancher mixte acier-béton, façade à ossature bois et
languette acier. Associés, ils visent les usages résidentiels et bureaux. Les capacités
potentielles de montage-démontage et de résistance mécanique de chaque association ont été
testées en grandeur réelle.
25
ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]
24
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
25
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
La non-qualité en gros œuvre sur les chantiers est une source de gaspillage de
ressources et de temps qui induit des surcoûts financiers, la dégradation des conditions de
travail et une production de déchets non négligeable. Elle correspond à la démolition /
reconstruction d’ouvrages mal réalisés sans valeur ajoutée pour le maître d’ouvrage. Le
principe pour la réduire est de générer moins de défauts en produisant bien du premier coup.
Cette démarche permet de standardiser les processus, d’instaurer le principe
d’autocontrôle et de développer des détrompeurs spécifiques au processus de construction.
Ainsi, les objectifs fixés par le projet Qualité Intégrée sont :
- Répondre aux besoins des chantiers sur les thématiques d’amélioration continue et de
qualité ;
- Rendre l’occurrence de non-qualité exceptionnelle et l’utilisation du marteau piqueur
inutile ;
- Réduire à la source la production de déchets associée à la non-qualité ;
- Améliorer l’ergonomie des postes de travail ;
- Diminuer le coût de la non-qualité.
La démarche Qualité Intégrée est innovante dans le sens où elle est basée sur une approche «
bottom-up » (du bas vers le haut). Les solutions aux problématiques de qualité rencontrées
sont très généralement connues des ouvriers et chefs de chantier (ceux qui réalisent la tâche).
Cette approche très opérationnelle a été complétée par des compétences d’analyse et de
modélisation poussées permettant de capitaliser les données remontées et de modéliser en
approche globale la non-qualité (coûts, déchets ...).
La mise en œuvre des activités de recherche précitées se fait dans le cadre d’un projet,
BÂTIMENT 2.0, lauréat de l’AMI ADEME « Méthodes industrielles pour la rénovation et la
construction de bâtiments » édition 2014. Piloté par GTM Bâtiment pour une durée de cinq
ans, il vise à mieux construire et rénover en intégrant les nouvelles technologies et les
méthodes industrielles sur 18 opérations pilotes de construction et de réhabilitation.
Cette démarche d’audit qualité et d’analyse des causes est menée au sein de la DO
Habitat IDF. Une personne est spécialement attitrée à cette mission et permet ainsi de
travailler sur les causes racines pour améliorer notre qualité de mise en œuvre. Des actions
d’amélioration ont été mises en place et sont partagées au travers des réunions de
préconisations au démarrage des opérations.
26
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.
Conclusion
Le déchet pourrait alors être une simple étape dans le cycle de vie d’un matériau, d’un
objet et non pas une finalité.
27
SITUATION DE LA GESTION DES
DÉCHETS DE CONSTRUCTION EN
ALGÉRIE
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
INTRODUCTION :
Dans une logique de développement durable, la valorisation des déchets issus duBTP est
devenue nécessaire afin de réduire les incidences globales liées à l’élimination des déchets et
à l’utilisation de ressources naturelles non renouvelables. Dans ce contexte, deux évolutions
majeures ont modifié fondamentalement la réglementation en France concernant la prévention
et la gestion des déchets du BTP.
Ces lois sont promulguées en France dans le but de contrôler et améliorer la gestion
des déchets de construction. Alors qu’on est-il de la réglementation Algérienne ? Prenne-t-elle
ces déchets en charge ?
26
Site internet Légifrance - Consultation des textes de lois de la réglementation Française :
[Link]
28
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
À cet effet, l’Algérie a introduit la loi 01-19 du 12 décembre 2001 27, relative à la gestion,
au contrôle et à l’élimination des déchets qui constitue d’une part le point de départ et la
référence de cette nouvelle stratégie.
Des dispositions pénales sont instaurées par loi 01-19 du 12 décembre 2001Article 57, qui
stipule que quiconque dépose, jette ou abandonne des déchets inertes sur tout site non désigné
à cet effet et notamment sur la voie publique est puni d’une amende de dix mille (10.000) à
cinquante mille dinars (50.000). En cas de récidive, l'amende est portée au double28.
27
Journal officiel, Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôleet à l’élimination des
déchets.
28
Journal officiel, Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôleet à l’élimination des
déchets.
29
Décret exécutif nº 98-339 du 3 novembre 1998 définissant la réglementation applicable aux installations
classées et fixant leurs nomenclatures.
30
Décret exécutif nº 04-410 du 14 décembre 2004 fixant les règles générales d’aménagement et d’exploitation
des installations de traitement des déchets et les conditions d’admission de déchets au niveau de ces
installations.
29
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
- L’Agence Nationale des Déchets (AND)31 créée par le décret exécutif n°02-175 du 20
mai 2002 et placée sous la tutelle du MATET. Elle permet de disposer d’un instrument
adéquat pour apporter de l’aide aux collectivités locales en matière de mise en œuvre de la
politique nationale des déchets. Il lui permet de promouvoir les activités liées à la gestion
intégrée des déchets, notamment, lesactivités de tri, de collecte, de traitement, de valorisation
et d’élimination des déchets,d’un côté ; et de l’autre, elle contribue à la réalisation d’études,
de recherches et deprojets de démonstration, en diffusant l’information scientifique et
technique et en aidant à la mise en œuvre de programmes de sensibilisation et d’information.
31
Le décret exécutif n°02-175 du 20 mai 2002 relatif la création de l’AND
32
Décret exécutif n°02-115 du 03 avril 2002 relatif la création de l’ONEDD.
33
Décret exécutif n°02-263 du 17 août 2002 relatif la création du CNFE.
30
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
34
Décret exécutif n° 96-59 du 27 janvier 1996 portant les missions de l’inspection générale de l’environnement.
35
Ce décret a été modifié et complété par le décret exécutif n° 03-494 du 17 décembre 2003.
31
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
La production des déchets ne fait qu’augmenter en Algérie comme partout dans le monde.
Les transformations socioéconomiques et démographiques qu’a connu le pays durant ces
trente dernières années ont été accompagnées par des modifications notables au niveau des
quantités et de la qualité des déchets produits.
L'enquête réalisée par des services du Ministère de l'Environnement en 2005, fait état
de2100 décharges sauvages sur le territoire national, dont 350 décharges sauvages au niveau
de40 grandes villes du pays et occupent une superficie totale de 22000 ha. 90 CET sont
finalisés et lancés pour exploitation, et au niveau de la wilaya d’Alger, 4 CET sont en cours de
lancement (Staouali, Hamici, Korso, et Reghaia)36.
En effet, la loi relative à la gestion des déchets, est une avancée qui amène des
mesures positives, qui joueront un rôle dans la résorption des décharges sauvages et
l’introduction de la pratique des décharges contrôlées appelée actuellement Centre de
Stockage de Déchets (CSD), ou encore Centre d’Enfouissement Technique (CET), mais les
textes d'application de cette dernière sont insuffisants.
36
Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la Terre Département des Mines-
Annaba- 2014.
32
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
Les déchets de construction ce sont notamment des déchets inertes qui ne subissent
aucunemodification physique, chimique ou biologique lors de leur mise en décharge.
Cesdéchets proviennent des travaux dedémolition, de construction ou de rénovation, et ils ne
sont pas contaminés par dessubstances dangereuses ou autres éléments générateurs de
nuisances, susceptibles denuire à la santé et à l’environnement. Et elle prévoit que la gestion
de ce type dedéchets relève de la gestion communale.
En absence d’un service fiable de la collecte des déchets inertes et l’inexistence des
décharges destinées à ce type de déchets ou des CET de classe I le recensement de la quantité
produite est impossible à l’heure actuelle. Les principales sources de ces déchets sont
notamment les chantiers de bâtiment, de travaux publics et de particuliers qui réhabilitent
leurs maisons. Ils sont composés essentiellement de gravats, décombres, déblais et autres
rebuts de démolition et de chantiers (bois, acier, plâtres…).
Face à cette situation, des dépotoirs sauvages sont apparus dans toutes les communes
et parfois même au sein des quartiers et des villages. Une estimation a été effectuée par le
Centre National d’Étude et de Recherche Intégrée en Bâtiment (CNERIB) sur les déchets
inertes de quatre wilayas de la région du centre, il l’estime entre 300 mille à 500 mille t/an,
dont 12% d’acier et 40% de béton37. En 2003, suite au séisme qui a touché la wilaya de
Boumerdès plus de 2,5 M de tonnes de déchets inertes ont été enregistrées (MATE, 2005).
Cependant, la valorisation est basée uniquement sur la réutilisation de ce type de déchets dans
le remblayage. Le PROGDEM a pour objectif de créer des CET de classe II réservés aux
déchets inertes.
37
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise"
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004
33
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
La solution d’élimination des déchets la plus adoptée dans les pays en voie de
développement est la mise en décharges ouvertes qu’elles soient sauvages ou contrôlées par
les autorités locales. Ces décharges posent des risques environnementaux engendrant
notamment d’importants déséquilibres écologiques à la terre, la contamination de l’eau à
travers les lixiviats et la pollution atmosphérique liée aux fumées dégagées.
En Algérie, l’élimination des déchets par la voie de la mise en décharges sauvages est le
mode le plus utilisé avec un taux de 87%. Malgré l’existence d’une politique
environnementale et d’une réglementation en matière d’élimination des déchets, leur nombre
34
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
ne cesse d’augmenter. Selon une enquête menée par les services du MATE 38, plus de 3 130
décharges sauvages ont été recensées sur les 48 wilayas avec une superficie de l’ordre de
4552.50 ha. La majorité de ces décharges est caractérisée par une localisation géographique
quasi similaire. Elles se trouvent au long des rivières, des routes ou sur des terres agricoles.
L’autre point commun est que la plupart de ces décharges sont quasi saturées et ne peuvent
pratiquement plus recevoir de déchets. Leur état actuel menace l’environnement et la santé
publique des habitants résidant à proximité.
b) Enfouissement technique :
L’enfouissement des déchets est une opération de stockage des déchets en Sous-Sol (voir
chapitre II page 17). Nous distinguons trois types de CET : classe I, classe II et classe III (voir
chapitre I page 6, 7 & 8).
Depuis 2001, le gouvernement algérien a fait le choix d’éliminer tous les déchets par
enfouissement, il a ainsi lancé un ambitieux programme de centres d’enfouissement technique
sur tout le territoire national. L’un des objectifs du PROGDEM est d’abandonner le mode
traditionnel d’élimination des déchets par la mise en décharge.
Cette nouvelle politique nécessite une prospection de sites potentiels pour accueillir des
CET, le choix proprement dit du site et la réalisation des études d’impact. La construction
d’un CET nécessite une assez grande superficie de l’ordre de 40 ha en moyenne qui doit être
clôturée et aménagée avec des pistes internes. La durée de vie d’un CET se situe entre 7 et 15
ans avec un tonnage de 100 000 tonnes par an. Ces CET doivent obligatoirement être pourvus
d’installations de récupération des biogaz à travers le traitement de lixiviats.
c) Incinération :
38
Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme deDocteur 3ème cycle, la gestion des déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la TerreDépartement des Mines-
Annaba- 2014.
35
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
III.3.3Valorisation, recyclage :
La valorisation des déchets de construction est un procédé qui est en plein essor (voir
chapitre II page 18). À cet effet, le gouvernement algérien a comme objectif pour 2025
d’augmenter le taux de recyclage global et par matière, et d’éradiquer les décharges sauvages.
III.4.1 Le béton :
Le béton est un mélange de sable et de graviers en présence d’un liant. Ce mélange a
la faculté de se durcir dans l’eau. Ce matériau de construction est par nature composite : il
comprend des granulats (cailloux et/ou sable) agglomérés par la présence du liant et contient
de l’air (ciment). On peut mélanger tous ces composants dans une bétonnière sur le chantier
ou produire le béton industriellement dans un silo à béton et le transporter frais jusqu’au
chantier dans des camions-malaxeurs spéciaux39.
a) Caractéristiques et utilisation :
Les qualités les plus remarquables du béton sont une masse volumique (densité) élevée, un
poids important, une dureté presque égale à celle de la pierre, une grande résistance à l’usure,
une étanchéité à l’eau presque parfaite et une remarquable résistance au gel et aux
intempéries. Dans la construction, le béton est apprécié pour ces propriétés d’isolation
phonique et pour sa capacité à stocker la chaleur. En revanche comme tout bon conducteur de
la chaleur, c’est un très mauvais isolant.
La grande innovation qu’a apporté le béton, c’est de pouvoir être moulé dans n’importe quelle
forme, d’où son usage si répandu.
39
Jean Louis Granju, introduction au béton armé théorie et applications courantes selon l’Eurocode 2, Afnor.
36
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
- Le béton de chantier :
Le béton peut être préparé sur le chantier dans des toupies mobiles et selon les dosages
exigés par l’opération. Ce type de préparation est réservé aux petits ouvrages.
c) Taux de renouvellement :
Le taux de renouvellement d’une construction en béton est proche de celui de la pierre dès
l’instant qu’il n’a pas subi d’altération qui endommage les ferraillages. L’histoire récente du
matériau, à peine plus de deux siècles, ne peut donner de références quant à sa longue
pérennité. Signalons toutefois que certaines maçonneries romaines qui ont été bâties avec le
béton de pouzzolane sont encore debout40.
40
NadiaHoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés physiques et
architecturales Approche environnementale, DUNOD.
37
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
La démolition d’un bâtiment en béton est de type destructif. Les éléments récupérés sont
des gravats de chantier à recycler. Les ferraillages du béton armé sont aisément dissociables
avec de puissants aimants…
III.4.2 L'acier :
L’acier est un solide cristallin isotrope, c’est-à-dire qu’il peut être sollicité dans toutes
les directions.
Les matières premières de l’acier sont essentiellement le minerai de fer, le charbon et
la ferraille. L’acier obtenu à partir du minerai de fer résulte d’une transformation en deux
temps. La première étape consiste à fondre dans le haut-fourneau, à 1 250 °C, le minerai de
fer avec du charbon distillé, le coke. On obtient de la fonte liquide qui est débarrassée du
carbone dans le convertisseur de l’aciérie41.
L’acier produit à partir du recyclage est obtenu directement par la fonte de ferrailles
dans un four électrique.
41
Friedrich Kur, l’habitat écologique quels matériaux choisir ? terre vivante.
38
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
a) Caractéristiques et utilisation :
Contrairement au fer, l’acier est élastique et se laisse facilement laminer et forger. Il est
même possible de le plier à froid. Mais il résiste moins bien que le fer à la corrosion. L’acier
est principalement utilisé dans la construction pour des poutrelles ou des poteaux, comme
armature dans le béton.
Même protégés, les aciers se corrodent lentement. Les objets en acier corrodé peuvent
ensuite être recyclé[Link] production de l'acier est un procédé qui consomme énormément
d’énergie et qui pollue l’environnement, alors que le recyclage permet de préserver les
ressources naturelles, de réduire l'utilisation d'énergie et de diminuer l'émission de gaz à effet
de serre.
III.4.3 La brique :
La terre cuite argileuse est un matériau naturel qui respecte l’environnement tout en
possédant des caractéristiques intéressantes tant du point de vue de la structure que des autres
points de vue : thermique, hygroscopique, de résistance aux agresseurs biologiques, de santé
des utilisateurs, de durabilité, de cout, de facilité de mise en œuvre… ses techniques de
fabrication se sont largement modernisées, afin de fournir un matériau aux caractéristiques
garanties. Ce matériau est donc depuis toujours largement employé dans le BTP.
Pour éviter trop de retrait à la cuisson, les fabricants complètent souvent le mélange par
du ballast constitué de déchets de briques déjà cuites et pilées. La couleur rosée à rouge
caractéristique de la brique est donnée par des oxydes de fer contenus dans la terre d’origine.
Si la brique tire plutôt sur le jaune, c’est qu’à terre argileuse contenait une certaine proportion
de chaux42.
42
Christian Lemaitre, Mise en œuvre et emploi des matériaux de construction, Eyrolles.
39
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
a) Caractéristiques et utilisation :
Les matériaux de construction fabriqués en terre cuite se caractérisent par une bonne
résistance mécanique ainsi qu’une bonne résistance à l’usure. Ils sont chimiquement inertes et
résistants au feu.
La construction d’un mur maçonné en terre cuite forme un ensemble aux éléments
difficilement dissociables. Son évolutivité est souvent soumise à des démolitions. Des
interventions mineures peuvent être réalisées avec des disques diamantés, comme pour le
percement d’une ouverture par exemple.
La démolition d’une construction en terre cuite est de type destructif. Les gravats sont
des déchets inertes qui ne se recyclent pas.
40
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
Les matières plastiques sont des polymères auxquels sont ajoutés certains additifs tels
que des pigments, des stabilisants, etc.
Ces polymères synthétisés par polymérisation de monomères sont obtenus à partir du
pétrole.
a) Caractéristiques et utilisation :
Recherchés pour leurs propriétés remarquables (légèreté, longue durée de vie, isolant
électrique et thermique, faible dégradabilité, grande diversité d'utilisation), les plastiques sont
très largement utilisés. Malheureusement, certains de ces avantages se transforment en
inconvénients quand ces produits deviennent des déchets.
41
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
43
Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pourle recyclage desdéchets du
bâtiment ?Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006
42
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
Lorsque les matières plastiques ne peuvent être recyclées, on peut les valoriser
énergétiquement en les incinérant de façon contrôlée. Cette combustion permet de récupérer
ou d'économiser de l'énergie, mais génère, outre de l'eau et du dioxyde de carbone, des gaz ou
des substances toxiques, qu'il convient d'éliminer.
Ainsi, la combustion du polychlorure de vinyle (PVC) libère du chlorure d'hydrogène,
HCl.
Le pouvoir calorifique inférieur, PCI, correspond à l'énergie thermique, ou chaleur,
dégagée par la combustion d'une unité de masse de combustible. Il s'exprime généralement en
[Link]-1.
III.4.5 Le verre :
Le verre est fabriqué à partir de sable de quartz. Il devient, par fusion à 1400°C, une
masse amorphe (non cristalline). On peut y ajouter, en cours de fabrication, de la soude ou de
la potasse, du calcin pour en faciliter la fluidification et des additifs, tels que du sulfate de
sodium ou de la poudre de calcaire, pour en améliorer les qualités finales. Des oxydes
métalliques permettent de teinter le verre 44.
a) Caractéristiques et utilisation :
Le verre est un solide non cristallin, obtenu par solidification d’un mélange de sable pur et
de soude, fondu à une température de l’ordre de 1 500 °C. Des additifs, choisis en fonction
des usages, améliorent et modifient les propriétés du verre ainsi que le procédé de fabrication.
Les productions en verre se présentent sous deux formes : les verres creux et les verres
plats. Ce sont les verres plats qui sont utilisés dans la construction, à l’exception des briques
de verre.
44
Bureau Véritas, guide des bonnes pratiques menuiseries fenêtres portes-fenêtres vitrage, le moniteur
43
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
Le verre plat est composé pour l’essentiel de sable, de soude et de chaux. Le sable, ou
silice représente 70 à 72% de l’ensemble des matières premières. Cette matière constitue « le
corps vitrifiant » qui confère notamment la transparence au matériau. Pour aider le sable à
fondre à une température moins élevée, on ajoute « un fondant ». La soude présente sous
forme de carbonate et de sulfate assure la fonction de fondant. Elle représente 14 % du
mélange. La chaux sous forme de calcaire est ajoutée au mélange pour 10 % environ. Cette
roche stabilise le processus de transformation.
Ces matières sont fondues pour former la pâte vitreuse qui sera mise en forme en fines
plaques d’épaisseur constante.
Pour abaisser la température de fusion est possible d’ajouter « du calcin » qui est du verre
issu du recyclage, au lieu du calcaire45.
Dans les cas où la plaque de verre est insérée dans une menuiserie, il est de plus en plus
fréquent que la pose du vitrage soit effectuée dans l’atelier. Dans tous les cas, il est livré aux
dimensions requises, ce qui limite les déchets aux seuls incidents de casse ; le verre est alors
recyclé.
d) Taux de renouvellement :
Il existe des verres datant de plusieurs millénaires. Si ces derniers sont entretenus et
protégés de tout accident, leur durée de vie correspond à celle du bâtiment.
45
Nadia Hoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés physiques et
architecturales Approche environnementale, DUNOD.
44
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
45
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
III.4.6La peinture :
a) Caractéristiques et utilisation46 :
Les peintures sont essentiellement des matières liquides qui, appliquées en couches
minces sur différents supports, forment sur ceux-ci un revêtement solide, adhérent et durable,
conférant au matériau des qualités décoratives, protectrices ou [Link] peinture contient :
46
Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pourle recyclage desdéchets du
bâtiment ?Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006.
46
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.
Il existe un procédé de recyclage qui consiste à vider les pots et à les nettoyer au
moyen de sciure de bois. Les pots métalliques sont recyclés en sidérurgie; quant au mélange
de sciure et de peinture, il sert de combustible alternatif en [Link] jusqu’à présent la
totalité, des déchetsde peinture sont encore incinérés ou mis en décharge.
Conclusion :
Les matériaux de construction les plus employés en Algérie sont des matériaux
durables et qui peuvent être valorisés, avec différents modes de transformations selon leurs
caractéristiques. La plupart de ces matériaux ont des larges possibilités à se renouveler.
Malheureusement l’Algérie, à l’instar de tous les pays du tiers monde enregistre un retard
considérable dans ce domaine, et ne dispose que d’une poignée des structures adaptées. De ce
fait les autorités doivent s’intéresser de plus près à la question et dynamiser le marché de la
valorisation, en encourageant les investisseurs à créer un réseau d’installations de tri, de
valorisation et/ou d’élimination à l’échelle nationale, et d’encadrer le tout avec des textes
réglementaires rigoureux afin de mettre fin aux dépotoirs et décharges sauvages.
47
Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ? terre vivante.
47
CAS D'ÉTUDE
Chapitre IV : Cas d'étude.
INTRODUCTION :
D’abord en fonction des données statistiques disponibles, des entretiens et des enquêtes
auprès des détenteurs de déchets et les responsables de la gestion des déchets, nous traiterons
trois cas d’études :
Ensuite, nous tenterons de confirmer ou d’infirmer nos hypothèses, puis nous appuyons
par des recommandations.
48
Chapitre IV : Cas d'étude.
Le violent séisme de 2003 a généré des dizaines de milliers de tonnes de débris et gravats
de constructions. Selon des estimations publiées par le CNERIB48et vérifiées auprès de la
Direction de Logements de la Wilaya de Boumerdès :
- Le nombre de logements démolis à Boumerdès : 16.000 logements.
- Le nombre de logements démolis à Alger : 4.000 logements.
Pour un estimatif de tonnage moyen d’un logement démoli de 130 tonnes par unité de
logement (F3 en moyenne), le tonnage des déchets produits dans les deux wilayas est de 2.6
millions de tonnes de déchets inertes, dont :
• 1 million de tonnes de béton.
• 30.000 tonnes d’acier.
Les déchets de construction générés par ce séisme dans la wilayad’Alger sont répartis en
plusieurs endroits notamment à la Rassauta, près de Rouiba. À Boumerdès, les déchets sont en
grande partie mis en décharge dans des zones de gravats situées en bordure de mer et dans
toutes les villes durement touchées par le séisme, à savoir Boumerdès, Zemmouri,Thenia,
Corso, Boudouaou…
48
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise".
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004
49
Chapitre IV : Cas d'étude.
Le cours d’eau
avant le séisme
50
Chapitre IV : Cas d'étude.
Aucune trace
du cours d’eau
Figure 4.5 :Affaissement des terres sur une partie des remblais(Source : auteur).
51
Chapitre IV : Cas d'étude.
Le projet de réalisation
on de 3 000 logements Location-vente AADL
L est ssitué dans la Daïra
de Khemis El Khechna– Wilaya de Boumerdèset occupe une superficie d’environ30
d’en hectares,
délimité entre la ville de Hemm
emmadi côté Ouest, la ville de Larbatache côté Est, le barrage de
Hamiz côté Sud et l’autoroute
oute Est-Ouest
E côté Nord.
L’entreprise réalisatrice
atrice de ce projet est l’entreprise Turque nommé
ommée KUZU GRUP.
Cette dernière a pris en charge
harge l’étude(logements, locaux de service ett VRD)
VRD et la réalisation
des 3 000 logements en
n tous
tou corps d’état (TCE) avec locaux à usage
us commercial,
professionnel et conciergeries.
eries.
52
Chapitre IV : Cas d'étude.
Figure 4.7 :Réparation des ségrégations dans un voile d’un bloc du projet de
3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna.(Source : auteur)
49
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise"
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004
53
Chapitre IV : Cas d'étude.
Figure 4.8 :Matériaux de construction mal stockéset éparpillés dans tout le chantier
de 3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna. (Source : auteur)
Tableau 4.2 : Poids des déchets engendrés par la construction des 3 000 logements AADL à Khemis-El-
KhechnaSource : Auteur.
Nous obtiendrons une quantité de déchets de 34 800 tonnes engendrée seulement par la
construction des logements. À cela s'ajoutent les différentes contraintes du site qui sont aussi
des sources de déchets, à savoir :
La démolition des bâtisses existantes sur site, sachant qu’il a été déclaré que ses
dernières étaient occupées par 168 familles, et occupent une surface totale de 3 350 m²
alorson peut estimer leurs déchets approximativement à6000 tonnes.
(Voir l’emplacement desbâtisses démolies, sur le plan d’aménagement du projet 3 000
logements AADL de KEK, annexe 01)
54
Chapitre IV : Cas d'étude.
Figure 4.9 :Vue sur les bâtisses existantes sur le site des 3 000 logements AADL à Khemis-El-
Khechna,avant leurdémolition (Source : Auteur)
L’implantation des blocs est faite sans une étude de sol détaillée du site, alors lors de
la réalisation une zone s’est avérée instable qui a causé des fissurations au niveau des
radiers de 2 blocs, ces derniers ont été démolis.
Sachant que la surface de chaque radier est de 360m², on déduit que la quantité de
béton démolie est de (360m² x 0.6m x 2.5 tonnes x 2 = 1 080 tonnes).
55
Chapitre IV : Cas d'étude.
Figure 4.11 : Terrassements importants en cours dans le chantier de 3 000 logements AADL à KEK
(source : auteur)
Et d’après les chiffres déclarés par l’entreprise, le volume des terres est de 110 518.89 m3. Ce
qui nous donne 198 934 tonnes (110 518.89 m3 x 1.8 tonnes).
Pour récapituler, la quantité des déchets de construction produite sur ce chantier est de :
Tableau 4.3 : Récapitulatif des quantités de déchets générées dans le chantier de 3 000 logements AADL à
KEK. (Source : auteur)
56
Chapitre IV : Cas d'étude.
L’entreprise déverse une grande partie des déchets dans une décharge sauvage qui se situe
à la limite du chantier. Cette décharge est à l’origine une retenue collinaire, exploitée ensuite
illégalement par l’entreprise. Cette dernière est appelée à remettre tout à son état initial avant
de quitter les lieux, surtout qu’un projet de DALOT est prévu au niveau de la retenue
collinaire, mais elle continue toujours à déverser ces déchets dans cet endroit.
Figure 4.12 :La retenue collinaire exploitée comme décharge pour les déchets de
construction du chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)
57
Chapitre IV : Cas d'étude.
58
Chapitre IV : Cas d'étude.
Une partie des déchets est exploitée comme remblai dans les travaux VRD, mais
malheureusement cette opération ne se fait pas dans les normes, du fait qu’elle se fait sans
aucun tri au préalable.
Figure 4.15 :Un tas de déchets déchargé pour les travaux d’aménagement d’une voie dans le
chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)
Le reste des déchets est jeté sur les limites du chantier, surtout aux bordures du
Chemin Communal (voir figure 4.6 : situation du projet).
Malgré l’existence de dispositions pénales qui stipule que quiconque dépose, jette ou
abandonne des déchets inertes sur tout site non désigné à cet effet et notamment sur la voie
publique est puni d’une amende de dix mille à cinquante mille dinars (voir chapitre III page
29).L’entreprise n’est jamais pénalisée pour ses pratiques illégales.
60
Chapitre IV : Cas d'étude.
IV.3.2 La procédure
ure de démolition et d’élimination des déchets
61
Chapitre IV : Cas d'étude.
Une fois la démolition est achevée, les aciers ont été séparés du béton, et grâce au tri le
propriétaire a pu vendre 23.40 tonnes de ferraille et06 tonnes d’acier à un collecteur privé.
Pour les autres déchets (blocs en béton, briques, terres…), le propriétaire a produit une
quantité qui avoisine les 480 tonnes, mais ce dernier a su comment les expédier à moindre
cout. Il a trouvé un chantier près du sien (à nouvelle ville, les environs de la clinique
Slimana), où l’éboulement des terres à la limite du terrain côté route a causé la fermeture
d’une voie, alors ce dernier a transporté ces déchets afin de les utiliser comme remblais et
assise solide pour la route endommagée.
62
Chapitre IV : Cas d'étude.
50
Hamza CHENITI, Thèse pour obten
btenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des
es dé
déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba, Université
rsité Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la Terre Dép
Département des Mines-
Annaba- 2014.
63
Chapitre IV : Cas d'étude.
Figure 4.21 :Décharge sauvage au-dessous du quartier les genets, ville de Tizi-
Ouzou(source : auteur)
Figure 4.22 :Dépotoir sauvage au sein du quartier les 600, nouvelle-ville de Tizi-Ouzou (source :
auteur)
64
Chapitre IV : Cas d'étude.
Afin de lutter contre ces décharges et dépotoirs sauvages, le projet de réalisation d’un
Centre d’Enfouissement pour les déchets inertesest en cours d’étude.
- Les bétons ;
- Les pierres ;
- Les tuiles et les céramiques ;
- Les briques ;
- Les déchets de verre ;
- L’amiante lié aux matériaux inertes (en alvéoles spécifiques) ;
- Les enrobés bitumineux, sans goudron.
Il est toutefois rare de trouver des déchets inertes matériellement séparés de résidus
organiques ou non inertes. C’est pourquoi il reste essentiel de procéder au tri préalable des
déchets et à la déconstruction sélective.
51
Notice d’impact sur l’environnement du centre pour déchets inertes de Bouaid, Direction de l’environnement
de la wilaya de Tizi-Ouzou.
65
Chapitre IV : Cas d'étude.
Conclusion :
Les différentes enquêtes effectuées sur terrain, et l’analyse des différents cas d’étude
ont permis de confirmer que les déchets de construction en Algérie ne sont pas pris en charge
par les organismes concernés. En effet, comme nous l’avons constaté dans le cas d’étude des
déchets et débris des constructions issus du séisme de 2003, les installations d’élimination
existantes sont insuffisantes et les déchets sont déversés dans des décharges sauvages. Comme
c’est le cas pour la ville de Thenia a déversé ces déchets dans une chaabat. Mais remblayer un
cours d'eau n'est pas une solution durable, car la nature revient toujours à ces origines, et c'est
ce que nous avons pu constater sur terrain.
Dans le cas de la gestion des déchets de démolition par un particulier, l’exemple que
nous avons suivi est plutôt un modèle à suivre. Grâce au tri et à la valorisation des déchets de
cette démolition, et la diminution du trajet de transport de ces déchets, le propriétaire a pu
faire des économies considérables, tout en respectant l'environnement.
Ce genre d'attitude doit s'étaler à plus grande échelle, et pour cela les autorités
concernées doivent prendre des initiatives afin d'encourager et d'informer les citoyens de
l'importance de la gestion des déchets, en mettant à leurs dispositions les moyens nécessaires
(centres de tri, centres d'enfouissement).
66
Chapitre IV : Cas d'étude.
La problématique de la gestion des déchets de chantier est un sujet très sensible qui devait
être pris en charge dans les médiats et nos recommandations sont les suivantes :
- Sensibiliser et informer les maîtres d'ouvrage et les maîtres d’œuvre sur la nécessité de
prendre en compte le coût et les moyens à mettre en œuvre pour une bonne gestion des
déchets et leur valorisation dans les marchés.
- Assurer des contrôles sur le respect des textes réglementaires et des lois qui ont été
promulguées.
- Développer une stratégie qui repose sur le principe de précaution-prévention, le
principe du pollueur-payeur, le principe de producteur-récupérateur, et le rôle de
l’information et de la sensibilisation du citoyen.
- Accompagner l'information et la formation des acteurs du secteur du BTP afin de
développer le tri sur chantier et les bonnes pratiques environnementales,
- Intégrer dans le cahier des charges des clauses précises relatives à la gestion des
déchets de chantier concernant : le tri sélectif ; la protection des déchets contre les
dégradations (ex : intempéries) ; la levée et la dépose des containers…
- Intégrer en amont du projet un expert ayant pour objectif d’analyser le futur projet
(construction/ rénovation / démolition) et de définir avec les autres acteurs (architecte /
entreprises / MO…) les possibilités de réduire la production des déchets (choix des
principes constructifs / matériaux…) ; la planification de la gestion des déchets
produits sur le chantier (identification de la typologie des déchets/ recherche des
filières de reprise / localisation et taille des containers / information et formation des
ouvriers…)
- Recenser les installations de stockage, de regroupement et de valorisation des déchets
du BTP et informer les entreprises de leur localisation pour en faciliter l’accès,
- Développer et dynamiser le marché de la valorisation (récupération ; recyclage...).
Ce développement quia pour effet retour de favoriser le tri et la gestion intégrée des
déchets de chantier sur chantier.
67
Chapitre IV : Cas d'étude.
- Valoriser les déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à
partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie ;
- Choisir, lors de la construction, si possible des matériaux recyclables, réutilisables ou,
au minimum, éliminables sans danger, lorsque le bâtiment devra être démoli ;
- Encourager via divers mécanismes l’écoconstruction (une construction plus durable
contenant moins de substances dangereuses, utilisant des techniques et matériaux qui
facilitent le démontage ou la réutilisation, contenant plus de matériaux recyclés et
recyclables, mais moins de matériaux composites qui compliquent ultérieurement le
tri…)
- Inciter des fabricants à mettre sur le marché des matériaux et produits de constructions
recyclables et recyclés de manière effective.
68
Liste des figures :
Figure 2.1 : Structure brique mono mur en terre cuite du projet des 39 logements, France.
(ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) ...........................14
Figure 2.2 :façades de la construction d’Argentan (France), avec les matériaux réemployés et
réutilisés.(ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets)20
Figure 2.3 : Façades du musée d’histoire de Ningbo (Chine) avec les matériaux réutilisés.
(ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets) ................21
Figure 4.4 : Vue sur les remblais du cours d'eau (Source : auteur) .........................................51
Figure 4.5 : Affaissement des terres sur une partie des remblais (Source : auteur) ................51
Figure 4.7: Réparation des ségrégations dans un voile d’un bloc du projet de 3 000 logements
AADL à Khemis-El-Khechna(Source : auteur) .......................................................................53
Figure 4.8 : Matériaux de construction mal stockés et éparpillés dans tout le chantier de 3 000
logements AADL à Khemis-El-Khechna (Source : auteur) .....................................................54
Figure 4.9 : Vue sur les bâtisses existantes sur le site des 3 000 logements AADL à Khemis-
El-Khechna, avant leur démolition (Source : auteur) ..............................................................55
Figure 4.10 : Affaissement des terres et fissuration du radier dans le chantier de 3 000
logements AADL de KEK (Source : auteur) ...........................................................................55
Figure 4.11 : Terrassements importants en cours dans le chantier de 3 000 logements AADL
à KEK (source : auteur) ............................................................................................................56
Figure 4.12 : La retenue collinaire exploitée comme décharge pour les déchets de
construction du chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur) ........................57
Figure 4.13 : Situation de la décharge par rapport au chantier de 3 000 logements AADL à
KEK(Google-Earth) .................................................................................................................58
Figure 4.14 : Etat actuel de la décharge du chantier de 3 000 logements AADL à KEK
(Google-Earth) .........................................................................................................................58
Figure 4.15 : Un tas de déchets déchargé pour les travaux d’aménagement d’une voie dans le
chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)..................................................59
Figure 4.16 : Déchets déversés sur la limite Sud-Est du chantier de 3 000 logements AADL à
KEK (source : auteur) ..............................................................................................................59
Figure 4.17 : Déchets déversés sur la bordure du Chemin Communal, à côté du chantier de
3000 logements AADL à KEK (source : auteur) .....................................................................60
Figure 4.20 : Le trajet parcouru pour le transport des déchets mélangés de la démolition de la
villa du lotissement El-Bordj (source : auteur) ........................................................................63
Figure 4.21 : Décharge sauvage au-dessous du quartier les genets, ville de Tizi-Ouzou
(source : auteur) ........................................................................................................................64
Figure 4.22 : Dépotoir sauvage au sein du quartier les 600, nouvelle-ville de Tizi-Ouzou
(source : auteur) ........................................................................................................................64
Liste des tableaux et schémas :
Tableau 2.1 : Bilan des déchets produits dans le chantier des 39 logements, France.
(ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) ...........................15
Tableau 2.2 : Valorisation des déchets du chantier des 39 logements, France. (ADEME,
Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) .............................................15
Diagramme 3.1 : Modes d’élimination des déchets en Algérie (MATE 2004) ......................34
Tableau 4.1 : Consistance du projet 3000 (marché des travaux de réalisation du projet 3 000
logements AADL de KEK) ......................................................................................................53
Tableau 4.2 : Poids des déchets engendrés par la construction des 3 000 logements AADL à
Khemis-El-Khechna(Source : auteur) ......................................................................................54
Tableau 4.3 : Récapitulatif des quantités de déchets générées dans le chantier de 3 000
logements AADL à KEK (Source : auteur) .............................................................................56
LISTE DES ABREVIATION :
PRPGD : plan régional de prévention et de gestion des déchets (plan « unique » pour DND,
DD et déchets duBTP).
SOES : désormais SDES, Service des Données et Etudes Statistiques du ministère chargé de
l’écologie (en France).
72
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Bureau Véritas, guide des bonnes pratiques menuiseries fenêtres portes-fenêtres vitrage, le
moniteur.
Jean Louis Granju, introduction au béton armé théorie et applications courantes selon
l’Eurocode 2, Afnor.
73
Thèses doctorales :
Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des
déchets urbains solides : cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des
Sciences de la Terre Département des Mines-Annaba- 2014.
Rapports :
Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pour le recyclage
des déchets du bâtiment ? Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006
Notice d’impact sur l’environnement du centre pour dechets inertes de Bouaid, Direction de
l’environnement de la wilaya de Tizi-Ouzou.
Sites internet :
74
ADEME, Rapport« Economie circulaire »,
[Link]
8&ved=2ahUKEwiLgafr4pTjAhUlx4UKHXruA7QQjhx6BAgBEAI&url=https%3A%2F%2
[Link]%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fassets%2Fdocuments%2Fcide-btp-2018-
[Link]&psig=AOvVaw3h_OV-5eNG1XPk3jmMV9Dy&ust=1562106623588059
Site officiel de l’Assemblée Populaire Nationale- consultation des textes de lois et décret
algériens : [Link]
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