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Gestion des déchets de construction en Algérie

Ce document traite de la gestion des déchets de construction en Algérie, soulignant les défis environnementaux liés à l'urbanisation rapide et à la production de déchets. Il met en évidence l'importance d'une gestion efficace des déchets pour le développement durable et présente des études de cas sur la gestion des déchets issus de chantiers et de démolitions. L'étude conclut que la prise en charge des déchets de construction est insuffisante, nécessitant une sensibilisation et des solutions alternatives.

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Gestion des déchets de construction en Algérie

Ce document traite de la gestion des déchets de construction en Algérie, soulignant les défis environnementaux liés à l'urbanisation rapide et à la production de déchets. Il met en évidence l'importance d'une gestion efficace des déchets pour le développement durable et présente des études de cas sur la gestion des déchets issus de chantiers et de démolitions. L'étude conclut que la prise en charge des déchets de construction est insuffisante, nécessitant une sensibilisation et des solutions alternatives.

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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou
Faculté du génie de la construction
département d’Architecture

DE MASTER EN ARCHITECTURE

Option : Architecture et environnement

GESTION DES DÉCHETS


DE CONSTRUCTIONS EN ALGERIE

Présenté par :Dirigé par :


Dehbia REBOUH M. SELMI

Année universitaire : 2018/2019


Dédicaces

À mon petit frère Aris.

i
Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier toutes les personnes qui ont contribué de
prèsou de loin à l’élaboration de ce modeste travail, et plus particulièrement mon
encadreur M. Selmi pour ses conseils précieux, sa patience et son soutien.

Un grand merci àmes chers parentsqui me soutiennent etm’encouragent sans


relâche depuis mon premier pas dans la vie.

J’aimerai remercie spécialement ma grand-mère « Dehbia sénior » qui m’a


transmet son prénom et son courage, mes sœurs et frères, mes nièces et neveux,
mes belles-sœurs et mes beaux-frères, mes cousins et mes amis pour leur aide et
leur soutien.

Je remercie aussi la personne qui était d’une grande aide et patience avec
moi « mon partenaire dans la vie » et ses chers parents.

ii
Résumé

L'urbanisation rapide etanarchiquedes pays d'Afrique a causé la détérioration de


l'environnement. L'une de ses conséquences les plus inquiétantes dans le monde en
développement, et particulièrement en Afrique, réside d'ailleurs dans les problèmes de gestion
des déchets. Cette gestion des déchets est un processus qui intègre à la fois la production des
déchetsetleur traitement. La production correspond aux choix des produits à la source, à leur
utilisation et à leur valorisation. Le traitement correspond au tri des déchets, à leur collecte, au
transport, etau traitement et/ou le stockage des déchets.

La bonne gestion des déchets apparaît comme une nécessité pour le


développementdurable. Ce problème constitue aujourd'hui une des préoccupations majeuresde
la population et des autorités publiques eu égard aux risques encourus pour ledéveloppement
humain et la sauvegarde des écosystèmes.

La construction reste aujourd’hui une des activités qui génère le plus de déchets dans
le [Link] nombreux chantiers ouverts pour la construction et la réhabilitation des
bâtiments et les nombreuses démolitions d’immeubles génèrent des quantités importantes de
débris de toutes sortes.

Nous avons élaboré l’hypothèse que les déchets de construction en Algérie ne sont pas
pris en charge par les organismes concernés, comme base de notre recherche. Et pour
approfondir notre recherche, nous avons recouru à des enquêtes et entretiens. Ces derniers
abordent des situations différentes, dont la première consiste à enquêter sur le sort des déchets
et débris des constructions engendrées par le séisme de [Link] la deuxième situation, il
s’agit de recenser les déchets issus d’un chantier de construction d’un programme étatique et
d’enquêter sur leurs modes de traitement. Nous avons aussi opté pour un cas de démolition
d’une construction d’un particulier.

À travers les différents cas d’étude, nous avons constaté qu’une gestion judicieuse des
déchets de construction en Algérie n’est assurée qu’exceptionnellement par des particuliers.
Dans ce cas elle constitue une solution durable d’un point de vue environnemental et
économique.

Mots clés :déchet, construction, démolition, cycle de vie, fin de vie, élimination,
valorisation, prévention.

iii
Sommaire
Dédicace................................................................................................................ i
Remerciements .................................................................................................... ii
Résumés ............................................................................................................... iii

CHAPITRE INTRODUCTIF
Introduction ............................................................................................... 1
I. Problématique ...................................................................................................... 2
II. Hypothèses .......................................................................................................... 3
III. Objectifs ................................................................................................... 3
IV. Méthodologie et structuration du mémoire .............................................. 3

CHAPITRE I : Généralités sur les déchets de construction.

I.1 L’intérêt du développement de la gestion des déchets dans le secteur de la


construction ............................................................................................... 4
I.2 Définition du mot déchet ........................................................................... 5
I.2.1 Définition littéraire ........................................................................ 5
I.2.2 Définition selon la norme algérienne ............................................. 5
I.2.3 Définition selon la réglementation Européenne ............................ 5
I.3 Définition des déchets de construction ...................................................... 6
I.4 Les catégories des déchets de construction ............................................... 6
I.4.1 Les déchets inertes ......................................................................... 6
I.4.2 Les déchets non dangereux ............................................................ 7
I.4.3 Les déchets dangereux ................................................................... 8
I.5 Principales sources de production des déchets du secteur de la
construction ............................................................................................... 9

CHAPITRE II : Cycle de vie du matériau et du déchet.


Introduction ........................................................................................................... 10
II.1 Le cycle de vie d’un matériau ................................................................... 10
II.1.1 La phase de fabrication du matériau .............................................. 11
II.1.2 La phase de mise en œuvre sur le chantier .................................... 11
II.1.3 La phase de vie en œuvre du matériau........................................... 11
II.1.4 La phase de fin de vie du matériau ................................................ 12
II.2 Les étapes de la phase fin de vie du matériau ........................................... 13
II.2.1 Tri des déchets sur chantier ........................................................... 13
a) Avantages du tri sur chantier ............................................................ 13
b) Le tri sur les chantiers de construction ............................................. 14
c) Le tri sur les chantiers de démolition ............................................... 16
II.2.2 Transport des déchets de construction ........................................... 16
II.2.3 Les axes de fin de vie des déchets ................................................. 17
a) Enfouissement .................................................................................. 17
b) Incinération ...................................................................................... 18
c) Pyrolyse ............................................................................................ 18
d) Recyclage ......................................................................................... 18
e) Réemploi (avec exemple) ................................................................. 19
f) Réutilisation (avec exemple) ............................................................ 21
g) Prévention des déchets ..................................................................... 22
Conclusion ............................................................................................................. 27

CHAPITRE III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.


Introduction ...................................................................................................................... 28

III.1 Cadre réglementaire de la gestion des déchets de construction en Algérie ...... 29


III.2 Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie .............. 32
III.3 Flux des déchets en Algérie .................................................................... 33
III.3.1 Production des déchets ................................................................ 33
III.3.2 Élimination des déchets ............................................................... 34
a) Dépotoirs et décharges sauvages ...................................................... 34
b) Enfouissement technique.................................................................. 35
c) Incinération ...................................................................................... 35
III.3.3 Valorisation, recyclage......................................................................... 36
III.4 Les matériaux de construction les plus employés en Algérie ................. 36
III.4.1 Le béton ....................................................................................... 36
a) Caractéristique et utilisation ............................................................. 36
b) Recyclage de sans produits industriels ............................................. 37
c) Taux de renouvellement ................................................................... 37
d) Fin de vie et capacité du système à se renouveler ............................ 38

III.4.2 L’acier ......................................................................................... 38


a) Caractéristiques et utilisation ........................................................... 39
b) Fin de vie capacité de système à se renouveler ................................ 39
III.4.3 La brique ..................................................................................... 39
a) Caractéristiques et utilisation ........................................................... 40
b) Taux de renouvellement et évolutivité ............................................. 40
c) Fin de vie et capacité du système à ses renouveler .......................... 40

III.4.4 Lesplastiques ............................................................................... 41


a) Caractéristiques et utilisation ........................................................... 41
b) Vieillissement des plastiques ........................................................... 41
c) Fins de vie. Capacité du système à se renouveler ............................ 41
d) Valorisation des plastiques ............................................................... 42
e) Élimination des plastiques................................................................ 43
III.4.5 Le verre ....................................................................................... 43
a) Caractéristiques et utilisation ........................................................... 43
b) Fabrication du verre plat .................................................................. 44
c) Mise en œuvre sur chantier .............................................................. 44
d) Taux de renouvellement ................................................................... 44
e) Fin de vie et capacité du système à se renouveler ............................ 44
f) Recyclage du verre ........................................................................... 45
III.4.6 La peinture................................................................................... 46
a) Caractéristique et utilisation ............................................................. 46
b) Fin de vie et capacité du système à se renouveler ............................ 47
Conclusion ...................................................................................................................... 47
CHAPITRE IV : Cas d'étude.

Introduction ........................................................................................................... 48
IV.1 Les déchets et débris de construction issus du séisme .............................. 49
IV.1.1 La gestion des déchets issus du séisme 2003 dans la wilaya
d’Alger et de Boumerdès ............................................................. 49
IV.1.2 La gestion des déchets issus du séisme de 2003 dans
la ville de Thenia ......................................................................... 50
IV.2 Les déchets issus d’un chantier de construction de 3 000 logements
AADL à Khemis-El-Khechna .................................................................. 52
IV.2.1 Situation et présentation du projet ............................................... 52

IV.2.2 Les sources de production des déchets sur le chantier ................ 53


IV.2.3 Les modes d’élimination des déchets du chantier ....................... 57
IV.3 Les déchets de démolition d’une villa d’un particulier dans la ville de T.O 61
IV.3.1 Situation et présentation du cas d’études .................................... 61
IV.3.2 La procédure de démolition et d’élimination des déchets ........... 61
IV.3.3 La gestion des déchets de démolition dans la ville de T.O ......... 63
Conclusion ..................................................................................................... 66
IV.4 Recommandations et solutions à envisager ............................................... 67
Conclusion générale ............................................................................................ 69
Liste des figures, tableaux & schémas ............................................................... 70
Abréviation ..................................................................................................... 72
Bibliographie ..................................................................................................... 73
Chapitre introductif

INTRODUCTION :

L’approche environnementale englobe elle-même plusieurs problématiques telles la


consommation d’énergie, la gestion des ressources et la production des dé[Link] c’est ce dernier
point qui nous intéresse.

Les déchets créent des problèmes de pollution et donc de dégradation


del’environnementet également des problèmes de santé publique. Et l’accroissement de
lapopulation, l’augmentation de la production et de la consommation et le changement de
modedevie sont la cause de multiplication de la quantité et des caractères nocifs de cesdéchets.

Avec cette augmentation croissante du volume des déchets produits par notre mode de
vie, lagestion des déchets est devenue un enjeu majeur de la société. Cet enjeu est rendu
important par la montée des préoccupations liées au développement durable et le refus de plusen
plus net du gaspillage. Le coût exorbitant du traitementdesdéchets joue d’autre part un rôle
prépondérant dans la volonté d’action des politiquesgouvernementales.

La gestion des déchets est un processus qui intègre à la fois la production des
déchetsetleur traitement. La production correspond aux choix des produits à la source, à leur
utilisation à leur valorisation. Le traitement correspond au tri des déchets, au transport, etau
traitement et/ou le stockage des déchets.

La bonne gestion des déchets apparaît comme une nécessité pour le


développementdurable. C'est pour cela que ce problème constitue aujourd'hui une des
préoccupations majeuresde la population et des autorités publiques eu égard aux risques encourus
pour ledéveloppement humain et la sauvegarde des écosystèmes.

1
Chapitre introductif

I. PROBLÉMATIQUE :

L’explosion démographique des cent dernières années est un phénomène sans précèdent
dans l’histoire de l’humanité.

Au début du XXI siècle, 50% de la population sont concentrés dans les villes. Pour plus
de 70% des habitants de l’Union européenne, la qualité de vie passe par celle de leur
environnement urbain.L’explosion urbaine est telle qu’en l’espace de trente ans l’homme a
construit autant que dans le restant de son histoire.

On estime qu’il faudra bâtir dans les quarante années à venir l’équivalent de 1 000 villes
de 3 millions d’habitants essentiellement dans les pays en voie de développement1.
Une telle perspective donne un sens concret à la nécessité d’inscrire l’édification du monde de
demain dans une logique de développement durable. Car "nous n'héritons pas de la terre de nos
ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"2.

La construction reste aujourd’hui une des activités qui génère le plus de déchets dans le
[Link] nombreux chantiers ouverts pour la construction et la réhabilitation des bâtiments et
les nombreuses démolitions d’immeubles génèrent des quantités importantes de débris de toutes
[Link] France, à lui seul, le monde du Bâtiment en a produit près de 40 millions, décomposés
entre les chantiers de démolition (22 millions), de réhabilitation (14 millions) et de construction
(4 millions)3. En Algérie, l'étendue des quantités de déchets générées par les chantiers est
abondante, mais reste [Link] ces quantités, l’enjeu du tri et de la valorisation des
déchets de chantier paraît donc important, voire primordial.

Cette réflexion nous a conduits à poser les questions suivantes4 :


• Quels sont les modes de traitementdes déchets de construction ?
• Quel est l’avenir des déchets de construction ?
• Comment les déchets de construction sont-ils pris en charge en Algérie ?

1
Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, l’urbanisme durable : concevoir un écoquartier, Le moniteur
2
Citation d’Antoine de Saint-Exupéry
3
SoeS « Service de l’Observation et des Statistiques »
4
Jean Hetzel, indicateurs du développement durable dans la construction, afnor.

2
Chapitre introductif

II. HYPOTHÈSE :
Les déchets de construction en Algérie ne sont pas pris en charge par les organismes
concernés, créant une pollution tant atmosphérique que visuelle (zone d’entreposage des déchets
de chantier). Une gestion judicieuse des déchets de construction constitue une solution durable
d’un point de vue environnemental et économique.
III. OBJECTIFS :
• Sensibiliser les pouvoirs publics concernés par le secteur de la construction et de
l’environnement sur l’importance du traitement des déchets de construction.
• Sensibiliser les acteurs de la construction sur les solutions alternatives à la gestion des
déchets de chantier.

IV. MÉTHODOLOGIE ET STRUCTURATION DU MÉMOIRE :


Ce travail de recherche est structuré d’une part sur un socle théorique qui nous permet
d’appréhender les différents aspects de la problématique traitée par une meilleure compréhension
de ces diverses dimensions et d’autre part sur une étude de terrain qui nous renseigne sur la prise
en charge de cette problématique dans notre pays à travers quelques exemples concrets.
Le socle théorique est constitué de trois chapitres :
• Le premier chapitre comprenddes généralités surles déchets de construction,et les
différentes catégories qu’ils constituent.
• Le deuxième chapitre aborde le cycle de vie d’un matériau, en se basant sur la phase de
fin de vie et les différentes étapes de transformation du déchet.
• Le troisième chapitre dresse un état des lieux sur la situation de la gestion des déchets en
Algérie, pour cela une liste des matériaux de construction les plus employés sont décrit
avec leurs caractéristiques et les différentes possibilités de traitement de leurs déchets.
L’étude de terrain est appréhendée dans le quatrième chapitre à travers des cas d’étude
concrets à savoir :
- Les déchets et débris des constructions engendrées par le séisme de 2003 dans les
wilayas d’Alger, Boumerdès et en particulier dans la ville de Thenia.
- Les déchets issus d’un chantier de construction de 3 000 logements AADL à Khemis-
El-Khechna.
- Et enfin les déchets de démolition d’une villa en RDC+[Link] dans le lotissement El-
Bordj dans la ville de Tizi-Ouzou, pour aborder la gestion des déchets de construction
par les particuliers.

3
GÉNÉRALITÉS SUR LES DÉCHETS
DE CONSTRUCTION
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

I.1 L’intérêt du développement de la gestion des déchets dans le secteur de la


construction :

- Raréfaction des ressources naturelles :

Les ressources naturelles ne sont pas illimitées et leur extraction entraine une raréfaction
de certains matériaux avec les implications connexes que cela engendre sur l’homme et
l’environnement. Exemple del’extraction des galets et graviers de rivières / coupe des forêts
primaires…

- Nuisance des décharges et fin de disponibilité :

Les décharges destinées à accueillir les déchets ne constituent plus une solution. Leurs
impacts sont considérables et irréversibles. Les sites actuels arrivent à saturation et ne
permettent plus d’accueillir le flux croissant des déchets, en outre la politique de gestion des
déchets de plus en plus restrictive n’autorise plus l’ouverture de nouvelles décharges.

- Nuisance des procédés d’incinération (avec ou sans valorisation énergétique) :

Les procédés d’incinération avec ou sans valorisation énergétique sont à l’origine de gaz
polluants extrêmement nocifs pour l’homme et l’environnement et ce bien que des
dispositions ‘antipollution’ soient actuellement imposées.

- Coûts croissants de la gestion des déchets

- Flux croissant des déchets du secteur de la construction dû aux modes constructifs et


aux principes d’exploitation des constructions :

Actuellement, de nombreuses constructions ou rénovations ne sont plus uniquement le fait


d’une ‘usure’ des bâtiments, mais peuvent être liées à l’évolution des tendances esthétiques ou
fonctionnelles, au changement d’affectation, ou encore découler d’une analyse financière
mentant en évidence l’intérêt économique d’une démolition-reconstruction par rapport à une
rénovation.

4
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

I.2 Définition du mot déchet :

I.2.1 Définition littéraire :


« Le déchet est le produit ou le résultat d’une déchéance, une chute qui fait tomber de,
depuis, à partir de ». Selon François Guéry, le déchet tombe de quelque chose, il est un reste
d’un matériau que l’on aura amputé d’une partie superflue et qui chutera au sol. Le mot vient
en effet du verbe déchoir, lui-même provenant du latin-cadresignifiant tomber. C’est
d’ailleurs à partir d’une ancienne forme de conjugaison à la troisième personne de ce verbe, il
déchiet, que se forme le mot déchietaux alentours du XVème siècle, mot qui va ensuite perdre
son i pour devenir celui que nous utilisons aujourd’hui.
Un déchet est donc une partie en trop, une fraction d’un ensemble dont il n’est pas nécessaire
de faire usage pour accomplir une tâche ou atteindre un objectif. Mais le déchet de l’un n’est
pas forcément celui de tout le monde5.

I.2.2 Définition selon la norme Algérienne :


L’article 3 de la Loi du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à
l'élimination des déchets (arrêté officiel), définit un déchet comme : "tout résidu d'un
processus de production, de transformation ou d'utilisation. Et plus généralement toute
substance, ou produit et tout bien meuble dont le propriétaire ou le détenteur se défait, projette
de se défaire, ou dont il a l'obligation de se défaire ou de l'éliminer"6.

Classification réglementaire et législative des déchets :


Dans l’article 5 de la loi 01/19relative à la gestion, au contrôle et à l'élimination des déchets,
classe les déchets en trois grandes classes :
- Les déchets spéciaux y compris les déchets spéciaux dangereux ;
- Les déchets ménagers et assimilés ;
- Les déchets inertes.
I.2.3 Définition selon la réglementation Européenne :

Selon la Directive Européenne du 11 novembre 2004 (arrêté officiel), le déchet est


« toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou
l’obligation de se défaire »7.

5
Déchets, réemploi, recyclage : la déconstruction, nouvelle responsabilité de l'architecte ? PubliéNovembre 26,
2017- [Link]
6
Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets.
7
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]

5
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

I.3 Définition des déchets de construction :

Un Déchet de chantier désigne un déchet issu des travaux de construction, de


réhabilitation et de démolition de bâtiments. Les Déchets de chantier n'incluent pas les
déchets issus des travaux publics8.

I.4 Les catégories des déchets de construction :

Le secteur du bâtiment génère chaque année plus de 40 millions de tonnes de


déchets9dont :
- 75 %d’inertes,
- 23 % de déchets non dangereux
- et 2 % de déchets dangereux.

Le principe de classement10:

I.4.1 Les déchets inertes :

Les Déchets Inertes (DI) ou déchets de CLASSE 3 sont des déchets stables dans le
temps qui, pendant leur stockage, ne subissent aucune modification physique, chimique ou
biologique importante. Ils ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune
autre réaction physique ou chimique, ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas les
autres matières avec lesquelles ils entrent en contact. Ils sont issus de la fin de vie de produits
naturels ou de produits manufacturés, et constituent 75 % des déchets du Bâtiment.

Exemple de déchets inertes :

- Pierre, Béton, Ciment, mortier,gravier, Sable, Terre non contaminée,


- Briques, Tuiles,
- Ardoise, Faïence, Céramique,
- Mélange de ces différents déchets (appelés aussi Gravats),
- Verre ordinaire (partie vitrage uniquement).

8
[Link]
9
ADEME, les déchets du bâtiment (chiffres 2008, actualisés pour l’année 2010), [Link]
10
ADEME, Gestion et valorisationdes déchets de chantierde construction

6
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

Stockage :
- Les DI non valorisables doivent être stockés dans des Installationsde Stockage des
Déchets Inertes (ISDI), anciennement appelésCET de classe III.
- Ils peuvent aussi être utilisés en remblaiement de carrières (assimilé à de la
valorisationmatière).

Traitement :
- Recyclage
- Centre d'enfouissementtechnique (CET).

I.4.2 Les déchets non dangereux :

Les Déchets non dangereux(ou déchets de CLASSE 2), aussicommunément appelés


Déchets IndustrielsBanals (DIB), sont par définition des déchets nondangereux, non toxiques
et non inertes produitspar les entreprises. La plupart d’entre eux sontfaits de matières
valorisables. Toutefois, le faitqu’ils soient mélangés peut être préjudiciable à leur
valorisation,notamment lorsque des déchets dangereux sont présents(résidus et emballages de
colles, mastics, peintures, solvants,etc.).
Une fois encore, plus le tri des DND sera différencié etpoussé, et plus :
- les risques sur l’environnement seront réduits,
- la valorisation sera possible,
- le coût sera réduit.

Exemples de DND / DIB :

- Déchets de démolition mélangés,


- Complexes isolants,
- Matières plastiques : PVC, polystyrène,
- Plâtre, enduits, plaques de plâtre,
- Bois non traités (classe A et B),
- Peintures et vernis en phase aqueuse,
- Colles et mastics à solvant aqueux,
- Adjuvants pour béton (selon leur nature),
- Aluminium, cuivre, zinc, ferraille,
- Ardoises en fibrociment, synthétiques
- Bitume, membranes d'étanchéité,

7
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

- Câbles électriques;
- Complexes alliant plusieurs matériaux (plâtre, polystyrène, carton, bois, acier…).

Stockage :
Les DND non valorisables doivent être orientés vers lesInstallations de Stockage des
Déchets non dangereux (ISDND), anciennement appelées CET de classe II.
Le stockage est réglementairement limité aux seuls déchetsultimes. De plus, les DND ne
peuvent pas être stockés en mélangeavec des Déchets Inertes dans des ISDI.
Traitement :
- Recyclage
- Valorisation énergétique
- Incinération
- Centre d'enfouissementtechnique (CET).
Les déchets non dangereux du BTP sont globalement peu valorisés (hormis les métaux),
comme l’a montré une étude ADEME de 2010, et ce, malgré l’existence de filières pour
certains flux spécifiques (bois, plâtre, PVC).

I.4.3 Les déchets dangereux :

Les déchets dangereux (ou déchets de CLASSE 1), anciennement nommés déchets
industriels spéciaux (DIS):contiennent dessubstances toxiques et/ou nocives pour
l’environnement ou la santé.Etnécessitent destraitements spécifiques lors de leur élimination.

Exemples de déchets dangereux :

- Amiante et matériaux associés,


- Peintures et vernis à solvants non aqueux (organiques, plomb…),
- Goudron et produits associés,
- Déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE),
- Silicone et produits associés,
- Bois traités et produits de traitement du bois,
- Adjuvants pour béton, pour peintures, vernis,
- Déchets de démolition mélangés, contaminésou provenant de bâtiments industriels,
- Produits contenant des métaux lourds,
- Terres de déblais contaminées.

Stockage :

8
Chapitre I : Généralités sur les déchets de construction

Les DD non valorisables doivent être orientés vers lesInstallations de Stockage des Déchets
dangereux (ISDD), anciennement appelées CET de classe I.

Traitement :
- Valorisation énergétique
- Incinération
- Centre d'enfouissement technique (CET)

I.5 Principales sources de production des déchets du secteur de la construction :

Les déchets du secteur de la construction proviennent de plusieurs sources :


- Déchets de mise en œuvre initiale (en atelier ou sur chantier).
- Déchets liés à rénovation / maintenance.
- Déchets liés à la démolition.
- En outre il est important de garder à l’esprit que le processus de fabrication des matériaux
et composants de construction alimente aussi le flux des déchets (déchets en phase de
production des produits de construction en industrie). Néanmoins une grande majorité de
ces déchets sont réinjectés / réexploités dans les processus de fabrication.
- Un chantier de construction neuve produit généralement moins de déchets qu’un chantier
de démolition ou de rénovation lourde. En outre, une rénovation légère est souvent à
l’origine de faibles quantités de déchets.

9
CYCLE DE VIE DU MATÉRIAU ET
DU DÉCHET
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

INTRODUCTION :

La plupart des objets, des outils, des instruments qu'utilise l'homme ont été façonnés en
utilisant des matériaux extraits de matières premières naturelles. Après usage ou détérioration,
ils constituent des déchets.
Le devenir des matériaux qui constituent les déchets est très variable et dépend de leur
nature et de leur constitution. Les principaux matériaux recyclables sont le verre, l'acier,
l'aluminium et certaines matières plastiques.

Dès lors la prise en compte de l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, en anticipant son
évolution future et en optimisant la gestion de la matière, apparait incontournable.

Les différentes étapes prises en compte pour le cycle de vie d’un produit de construction,
selon la norme NF P01-010 11 sont les suivantes :
- La production : de l’extraction des matières premières jusqu’à la sortie du produit
manufacturé.
- La mise en œuvre : de l’arrivée du produit jusqu’à la réception de l’ouvrage.
- La vie en œuvre : entretiens et réparations durant toute l’occupation.
- La fin de vie : destruction de l’ouvrage et traitement de fin de vie.

On évalue ici la capacité du produit à être déposé et réutilisé ou recyclé. Dans la négative,
on prend en compte le transport des déchets de démolition jusqu’à un site de valorisation.

II.1 LE CYCLE DE VIE D’UN MATÉRIAU :

Au cours de son cycle de vie, le matériau subit un certain nombre de transformations, du


fait des différents acteurs qui s’en emparent. Ces transformations, matérielles ou
conceptuelles, lui confèrent des propriétés précises à un temps T de son évolution, définies par
son état. Dans une économie durable, la succession de ces états s’enchaine en boucle, selon un
processus qui se renouvelle sur lui-même 12.
En remontant le cycle de la matière, nous tenterons de comprendre le changement de statut qui
s’opère lorsqu’un matériau devient « déchet » ainsi les différentes qualités que ce dernier peut
avoir, en fonction du parcours qu’il a subi tout au long de son cycle d’usage.

11
Dominique Gauzin Muller, L’architecture écologique 29 exemples Européens, Le moniteur.

Nadia Hoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés physiques et


12

architecturales Approche environnementale, DUNOD.

10
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

II.1.1 La phase de fabrication du matériau :


La connaissance de la fabrication des matériaux renseigne sur la nature et la quantité de
matières premières et d’énergie nécessaire. Cette information, d’ordre environnemental, est
utile pour comprendre l’impact de la mise en œuvre du matériau aussi bien au niveau local
que global. Cette information vient en complément des données qui concernent les propriétés
du matériau, son comportement dans l’ouvrage construit et sa pérennité.
On peut parler de « système-matériau » plutôt que de matériau. Pour prescrire un matériau
dans cette configuration, il est indispensable d’être informé du mode de composition des
éléments du système et de leurs propriétés.
Plus les opérations nécessaires à la fabrication d’un matériau sont nombreuses et
énergivores, plus le matériau gagnera en complexité. Tout matériau, tout système, va donc
stocker une partie de l’énergie nécessaire à sa fabrication, puis la restituer lors de sa fin de vie.
Les opérations de traitement du matériau, devenu déchet, seront d’autant plus complexes que
le degré de complexité de sa fabrication.
II.1.2 La phase de mise en œuvre sur le chantier :
Les propriétés du matériau qui sont privilégiées à cette étape concernent sa capacité à être
travaillé, manipulé, façonné dans des conditions physiques et climatiques difficiles du
chantier.
Les déchets de mise en œuvre des matériaux peuvent être réduits lors de la conception avec un
calepinage qui intègre la coordination dimensionnelle des éléments entre eux pour éviter les
chutes.
II.1.3 La phase de vie en œuvre du matériau :
Les aspects liés au comportement physique des matériaux en œuvre déterminent leur
prescription dans l’ouvrage. Ils sont par ailleurs codifiés par les différentes règlementations de
la construction, pour satisfaire aux garanties des ouvrages.
Le choix des matériaux peut prévenir l’entretien et la maintenance des ouvrages pour en
minimiser l’impact.
La vie d’un matériau en œuvre entraine des opérations de maintenance et d’entretien qui
sont consommatrices d’énergie ou de produits. Par ailleurs, l’utilisation du bâtiment sur la
durée nécessite souvent des adaptations fonctionnelles ou programmatiques. Certains
procédés de construction sont plus aptes à supporter la modification des ouvrages que
d’autres. Certains requièrent en effet des démolitions destructives alors que d’autres sont
démontables et autorisent de ce fait des transformations mécaniques avec une réutilisation
des matériaux.

11
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

II.1.4 La phase de fin de vie du matériau :

L’obsolescence d’un matériau ne peut plus, idéalement, se traduire par une mise en
décharge. Les principes d’un développement durable visent à réintégrer les produits devenus
déchets dans un nouveau cycle de transformation. Certaines filières, comme celles de la
biomasse fonctionnent selon le principe de l’écosystème où tout se recycle, où le déchet
devient énergie ou nouvelle matière. L’écologie industrielle prend ce principe pour modèle en
faisant du recyclage une source de richesses nouvelles.

La connaissance de ces informations procède de l’analyse du cycle de vie du produit


pour comprendre d’où proviennent les contributions aux impacts environnementaux. Cela
permet en outre d’identifier les pistes éventuelles d’amélioration du produit.

Schéma 2.1 : Principes de conception des bâtiments pour limiter la production de déchets 13

A priori nous allons détailler les différentes étapes ainsi les modes de transformation
d’un matériau lors de sa phase fin de vie.

13 ADEME, [Link]

12
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

II.2 LES ÉTAPES DE LA PHASE FIN DE VIE DU MATÉRIAU :

2.1 Tri des déchets sur chantier :


Bien qu’aucune obligation réglementaire n’existe actuellement, le tri des déchets dès le
chantier constitue l’une des exigences des opérations à haute qualité environnementale
(HQE).

a) Avantages du tri sur chantier :


• Impact environnemental :
Mettre en place une politique de tri des déchets de chantier permet de réduire les
comportements non respectueux de l’environnement, tels que le stockage de déchets dans
des décharges sauvages, les brûlages intempestifs ou les enfouissements directement sur le
chantier...
Toutes ces pratiques irresponsables et illégales génèrent des pollutions importantes :
- Dans l’air (dégagements toxiques, risques d’incendie, fermentation et production de
méthane...)
- Dans le sol (contamination des sols par des métaux lourds ou hydrocarbures...)
- Dans l’eau (ruissellements des eaux de pluie, infiltrations dans les nappes phréatiques,
eutrophisation...)
- Sans oublier de mentionner les risques importants sur la faune locale (pièges,
intoxication...) et sur la santé publique (milieux propices aux nuisibles et à la
prolifération de gènes pathogènes)
Parallèlement, un bon tri des déchets de chantier permet la valorisation et/ou le recyclage
d’une grande d’entre eux : bois pour fabriquer des panneaux de particules, concassage des
déchets inertes...
• Impact économique :
Point encore trop peu connu, assurer un tri des déchets sur le site même de l’opération
permet de réaliser des gains à fait substantiel. En moyenne, une gestion efficace des déchets de
chantier permet une réduction des coûts de l’ordre de 30 à 40% 14.
Le tri des déchets sur un chantier de construction s’inscrit donc tout à fait dans une démarche
de développement durable.

14
ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction,[Link]

13
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

b) Le tri sur les chantiers de construction :


En construction neuve, la gestion des déchets de chantier repose sur les principes suivants :
- La réduction du volume de déchets produits,
- Le non-mélange des déchets destinés à des filières d'élimination différentes.

Afin d'assurer le bon fonctionnement du tri sur chantier, il faut assurer les conditions
suivantes :
• Le tri sur chantier le plus simple devrait au moins comporter trois bennes : Déchets Inertes
(DI) – Déchets non Dangereux (DND/DIB) – Déchets Dangereux (DD/DIS).
• Mettre en place une signalétique visible et claire.
• Les bennes doivent être facilement accessibles par tous les corps d’état tout en permettant
leur évacuation aisée.
• Veiller à l’évacuation des bennes avant débordement.
• Le stockage séparé des déchets dangereux doit être assuré par un collecteur étanche et
protégé, ne présentant aucun risque de pollution des sols et de l’air.
• Éviter tout mélange susceptible de réagir chimiquement, quitte à trier séparément chaque
type de déchets dangereux.

Exemple d’Opération “Place de la République” : projet de 39 logements.

Figure 2.1 : Structure brique mono mur en terre cuite du projet des 39 logements, France 15.

L’entreprise générale choisie pour l’opération “ Place de la République ” a assuré un


suivi détaillé des déchets produits et traités tout au long du chantier. Cette opération présente
le bilan “ déchets ” suivant :

14
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Tableau 2.1 : Bilan des déchets produits dans le chantier des 39 logements, France 15.

Tableau 2.2 : Valorisation des déchets du chantier des 39 logements, France 15.

15
ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction,[Link]

15
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

L’opération “ Place de la République ” atteint elle aussi un taux global de valorisation


poussé de près de 75% 16.
L’importance de la production de déchets inertes sur cette opération et leur bonne
valorisation explique principalement ce chiffre exemplaire. Bien qu’évident, il convient de
remarquer que le système constructif adopté sur cette opération (briques de terre cuite
Monomur) génère beaucoup plus de déchets inertes qu’une opération en béton banché. Le
respect du tri des déchets inertes est donc d’autant plus primordial sur ce type d’opérations.
Outre les déchets inertes, le bois et la ferraille ont aussi fait l’objet d’un tri afin de les traiter et
valoriser à hauteur de 100%.
c) Le tri sur les chantiers de démolition :
La réalisation d’un tri après démolition traditionnelle ne peut se faire que partiellement
et complémenter un tri hors chantier, généralement dans un centre de tri adapté.
Aujourd’hui, la démolition peut se faire par une déconstruction sélective, qui peut se définir
comme suit : « Démontage sélectif d'installations techniques et de certains éléments d'ouvrage
afin d'en augmenter le taux de valorisation. Les techniques de déconstruction des bâtiments
peuvent en effet s’avérer plus performantes, plus simples et globalement moins coûteuses que
la réalisation d’un tri complet après démolition traditionnelle dans un centre de tri adapté. Elles
peuvent cependant n’être que partielles et complémenter un tri hors chantier ».

II.2.2 Transport des déchets de construction :


Le transport des déchets de construction était basé sur une logique linéaire, puisque tous
les déchets suivaient la même direction sans que l’on se préoccupe de leur origine ou de leur
dangerosité. Par conséquent, les transports qui en découlaient étaient généralement très courts
du fait d’un nombre très important de décharges (qui sont généralement sauvage).
Les nouvelles priorités en matière de traitement ont entraîné une importante modification des
schémas logistiques, puisqu'avec la gestion multi-filière actuelle, où les déchets peuvent
prendre de nombreuses directions (décharges, unités d’incinération, filières de recyclage...), la
logistique a dû s’adapter.
Cela se traduit par une organisation de type “systémique“ constituée d’un ensemble
d’éléments en interaction, avec une boucle de rétroaction pour la réintroduction des déchets
dans le circuit économique après recyclage.

16 ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction,[Link]-energie-franche-


[Link]

16
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

II.2.3 Les axes de fin de vie des déchets


La logique de fin de vie des déchets s’organise actuellement autour de deux grands
axes : la prévention, et la gestion.
Dans le domaine de la prévention il existe 3 stratégies appelées les 3R : réduire, réutiliser et
réemployer. Ces trois stratégies relèvent tout simplement du bon sens :
- Consommer moins (effort quantitatif),
- Consommer mieux en utilisant le potentiel d’un objet à son maximum (effort qualitatif),
- Consommer de manière plus maligne en changeant l’emploi de l’objet lorsqu’il devient
obsolescent dans son premier emploi (effort créatif).
Dans le domaine de la gestion, il existe deux stratégies : éliminer ou recycler.
L’élimination est la solution qui reste actuellement largement majoritaire et se fait
principalement en broyant, brulant ou en enfouissant le déchet.
a) Enfouissement 17:
Pour la grande majorité des déchets de démolition, c’est cette dernière filière qui est
encore utilisée. Il est important de localiser ces décharges dans des sites peu sensibles sur le
plan environnemental.
Certains déchets ne posent guère de problèmes. Ce sont les matériaux créés à partir de
ressources naturelles avec des procédés relativement simples. Les rendre à l’environnement ne
fait que boucler un cycle quasi naturel. L’argile des briques retourne à la terre sous forme de
sable et gravillons, et c’est le cas de divers matériaux proches de leur état naturel.
Cela se complique quand des produits toxiques sont associés ou intégrés dans les matériaux de
construction et qu’ils prennent le chemin de cette même décharge : métaux lourds dans les
peintures, produits chimiques de synthèse dans le bois, plus toutes les combinaisons
chimiques inattendues que produisent ces voisinages aléatoires de substances de toutes
origines, au cœur même de la décharge. C’est pourquoi on appelle ces décharges de matériaux
en vrac des décharges bioactives ou bioréacteurs. En ajoutant un zeste de pluie acide, il
résultera une vraie bombe à retardement pour l’environnement.
- Pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques par les lixiviats qui suintent de
la décharge ;
- Production de gaz qui parfois s’enflamment spontanément.
- Dioxines et autres furanes sont dégagés par des produits aussi inoffensifs que des
plastiques ou des laques synthétiques, non toxiques à l’origine.

17 Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ? terre vivante.

17
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

b) Incinération 18 :

Cette technologie a vu le jour en 1865 en Grande-Bretagne avec le British Destructor,


puis a été exportée aux États-Unis et en Europe (Bertolini, 2005).
L’incinération est utilisée pour le traitement de nombreux différents types de déchets.
Le but de l’incinération des déchets est de les traiter pour réduire leur volume, et aussi les
risques qu’ils peuvent représenter, tout en captant (et donc en concentrant) ou en détruisant
des substances potentiellement dangereuses qui sont, ou qui pourraient être, rejetées pendant
l’incinération. Les procédés d’incinération peuvent aussi être un moyen permettant la
récupération du contenu énergétique, minéral ou chimique du déchet.
L’incinération se fait dans des fours de grandes dimensions et permet de récupérer une partie -
certes dérisoire- de l’énergie investie dans la fabrication et le transport du matériau initial.

Un processus technologique concurrent en est encore au stade expérimental : il s’agit


de la pyrolyse, qui permet également de réduire les volumes de déchets par décomposition
chimique, tout en dégageant des combustibles réutilisables, sous forme gazeuse ou liquide.

c) Pyrolyse :

La pyrolyse est un gros avantage sur l’incinération : elle ne dégage pas de toxiques. Les
charbonniers la connaissent depuis toujours pour transformer le bois en un combustible noble,
le charbon de bois. Mais aujourd’hui, les processus technologiques à l’échelle industrielle ne
sont pas encore tout à fait au point. Il reste à espérer que les quelques installations pilotes
actuelles arriveront à affiner le procédé et à l’étendre à d’autres catégories de déchets.

d) Recyclage :

Consiste à transformer la matière originelle du déchet pour produire un nouveau


matériau, a pour avantage d’éviter le gaspillage pur et simple de l’objet d’origine. C’est en ce
sens qu’en par le procédé de valorisation des déchets. Cependant, la plupart du temps
l’intégrité du matériau de base est mise à mal (transformation de pierre en poudre, de plastique
en fibre, etc.), la quantité de matière récupérée étant faible en comparaison avec la quantité de
matière fournie. À cela s’ajoute une importante dépense énergétique nécessaire pour effectuer
ce procédé si bien que l’intérêt écologique même du recyclage peut être, dans bien des cas,
remis en question.

18
Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ? terre vivante.

18
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Il y a deux manières de recycler : soit on décompose le matériau en fin de vie pour


isoler les composants de départ et recréer un nouveau produit à partir de composants «
rafraichis » soit on utilise l’ancien matériau, tel quel ou légèrement retravaillé en général
reconcassé et tiré pour une utilisation « dégradée » par rapport à l’usage initial. Exemple :
briques, bétons ou pierres naturelles deviennent, après traitement, des matériaux de
comblement ou d’assise de routes. Malheureusement, seule une infime partie des volumes de
gravats de chantier sont réutilisés de cette manière.

Dans l’article L.541-1-1 du Code de l’Environnement 19, le recyclage est défini comme :
« toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques,
sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à
d’autres fins. Les opérations de valorisation énergétique des déchets, celles relatives à la
conversion des déchets en combustible et les opérations de remblaiement ne peuvent pas être
qualifiées d’opérations de recyclage. » Le recyclage est une opération de valorisation matière.

e) Réemploi :

Est l’action d’employer une nouvelle fois, ce qui signifie bien que l’on garde la
matière et la forme pour un nouvel usage.
Le réemploi est considéré comme le moyen le plus efficace de traiter un déchet, cette
action ne nécessitant aucune énergie particulière et n’altérant pas les propriétés du déchet
réemployé.
L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie) le définit
comme « l’opération par laquelle un produit est donné ou vendu par son propriétaire initial à
un tiers qui a priori lui donner une seconde vie. Le produit garde son statut de produit et ne
devient à aucun moment un déchet ».

Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]


19

19
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Selon l’article L.541-1-1 du Code de l’Environnement 20 est : « toute opération par


laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés à
nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. »

Exemple d’un projet de construction d’un lieu de vie à Argentan (France), en 2007 21 :
Maitre d’œuvre : « Construire » avec « Constructlab », Sonia Vu, Alexander Romer,
Felix Jeschek.
Type de matériaux réutilisés : poteaux et poutres en bois, charpente en bois, tôle
ondulée et fenêtres.
Type de matériaux réemployés : blocs de béton et container de stockage en métal.

Figure 2.2 : façades de la construction d’Argentan (France), avec les matériaux réemployés et réutilisés 21

20
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]

21
Source : ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]

20
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

f) Réutilisation :
Consiste à utiliser une nouvelle fois un objet, mais cette fois-ci selon les mêmes
principes que sa précédente utilisation.
La réutilisation est considérée comme une technique permettant une prolongation optimale de
la durée de vie d’un matériau.
La réutilisation est une opération qui s’amorce lorsqu’un propriétaire d’un bien usagé
s’en défait sans le remettre directement à une structure dont l’objet est le réemploi. Le bien
usagé prend alors un statut de déchet. Il subit ensuite une opération de traitement des déchets
appelée « préparation en vue de la réutilisation », lui permettant de retrouver son statut de
produit. Il peut alors bénéficier à un détenteur qui lui donnera une seconde vie.
22
Selon l’article L.541-1-1 du Code de l’Environnement est : « toute opération par
laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés à
nouveau. »

Exemple d’un projet de construction d’un musée d’histoire de Ningbo (Chine), en 2008 23 :
Maitre d’œuvre : Wang Shu, Amateur Architecture Studio.
Type de matériaux réutilisés : pierre, briques.
Type de matériaux réemployés : tuiles.

Figure 2.3 : Façades du musée d’histoire de Ningbo (Chine) avec les matériaux réutilisés 23.

22
Site pour consultation de la législation française, Légifrance - [Link]
23
ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]

21
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

L’architecte Wang Shu a créé en 2008 un musée d’histoire faisant appel à des
matériaux de réemploi. Se présentant sous la forme d’immenses monolithes assimilés à des
montagnes, il tient sa singularité de la composition de ses façades. Ces dernières sont
composées d’un revêtement en briques et en tuiles locales disparates issues de la démolition
d’une vingtaine de villages dans les environs de Ningbo. Contrairement à l’idée reçue,
l’accumulation d’une telle diversité d’éléments n’enlève pas à l’édifice son caractère
harmonieux. En effet on perçoit en premier lieu la spatialité et la masse des différents corps de
bâtiment, puis, dans un second temps on atteint un deuxième niveau de lecture du bâtiment en
s’attardant dans le détail sur la matérialité des façades. Celles-ci sont le reflet de l’histoire
locale, comme une trace de ces villages disparus qui charge ce bâtiment lui-même dédié à
l’histoire d’une forte valeur symbolique et émotionnelle. Ces qualités ont contribué à ce que
son architecte obtienne le prix Pritzker en 2008.
g) Prévention des déchets :
24
En France, avec plus de 225 millions de tonnes de déchets produits par an , la
prévention et le recyclage des déchets du BTP sont au cœur des priorités de la politique
nationale au travers notamment des objectifs fixés par le Programme National de Prévention
des déchets 2014-2020 et la loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015.
BAZED : Une approche circulaire pour réduire l’impact environnemental des bâtiments et
leur production de déchets :

La finalité de BAZED (Bâtiment Zéro Déchet) est d’initier une dynamique concertée
de la chaîne des acteurs en orientant leurs choix dès la phase de conception pour limiter
l’empreinte carbone du bâtiment, en réduisant sa production de déchets et le recours aux
matières premières vierges.

Conçus pour inspirer et faciliter les futurs choix des maîtres d’ouvrage et maîtres
d’œuvre, un guide et un site internet public ([Link]) énoncent les principes, présentent
les solutions techniques et référencent des projets exemplaires. Les principales thématiques
abordées tournent autour des principes de conception pour la conservation, du réemploi, du
chantier, de l’entretien-maintenance, de l’évolutivité et de la démontabilité. L’amélioration de
la prise en compte de la fin de vie des bâtiments en ACV (Analyse de Cycle de Vie) a
également été étudiée à travers un cas d’étude. Les acteurs sont guidés dans la marche à suivre
pour concevoir un bâtiment « zéro » déchet et sur les bénéfices économiques, sociaux et
environnementaux attendus.

24
Source : ADEME, Economie [Link]
22
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Achevé fin décembre 2015 avec la mise en ligne du site internet ([Link]) et la
parution du guide de synthèse, ce projet aura permis de :

- Définir les concepts généraux, principes et solutions techniques pour la conception


visant la conservation de l’existant, la limitation des déchets en phase chantier, la réduction
des déchets d’entretien/maintenance, l’évolutivité, la démontabilité, le réemploi et la
réutilisation.
- Détailler la prise en compte de ces concepts dans les certifications HQE®, LEED® et
BREEAM® et les bénéfices attendus.
- Établir un état des connaissances scientifiques et techniques en France et à
l’international pour une conception limitant la production de déchet sur l’ensemble du cycle
de vie du bâtiment.
- Recenser et analyser les guides/outils existants.
- Réaliser un retour d’expérience des projets de construction exemplaires et les présenter
en fiches.
- Apporter une analyse des méthodes ACV existantes pour la prise en compte de la fin de
vie des bâtiments et du recyclage. Tester l’optimisation de l’outil ACV (EQUER) sur un cas
pilote.
- Évaluer, par l’ACV sur un cas pilote, la réduction des déchets (et les impacts) apportée
par plusieurs scénarios de conception préventive.
- Proposer les actions à prévoir pour chaque acteur (MOA, MOE, entreprises) et pour
chaque étape d’un projet de construction (de la programmation à la réception du bâtiment). -
Accompagner les acteurs du bâtiment dans leur conception de bâtiment « zéro » déchet
(MOA, MOE) : application des principes dans les projets de conception, premier
démonstrateur BAZED en cours...
- Communiquer, former et sensibiliser : conférence, Débatek, intervention dans les écoles
et universités, formation professionnelle...

23
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Figure2.4 : Façades en palettes démontables 25

DEMODULOR : Nouveaux systèmes constructifs démontables pour le réemploi et le


recyclage :
Réunis au sein de l’alliance MECD, quatre centres techniques de la construction
(CTICM, CERIB, CTMNC et FCBA) ont choisi d’engager une recherche commune de
solutions constructives favorisant la prévention de déchets grâce à une approche systématique
de démontabilité. Le projet DEMODULOR vise les techniques de mise en œuvre
représentatives du gros œuvre et de l’enveloppe à l’origine du volume important de déchets
attribué à la construction.
Mené sur un peu plus de deux ans, le projet s’est déroulé en phases successives :
- L’analyse des marchés et des volumes de matériaux et de déchets,
- La sélection de solutions constructives selon l’évaluation de leur potentiel,
- La conception de leur adaptation et la réalisation de maquettes à échelle 1 pour les
premiers essais mécaniques de validation et enfin,
- Une analyse environnementale et socio-économique des potentialités.

Quatre systèmes distincts et combinables ont été développés : mur précontraint en briques
et acier, plancher sec acier-béton-bois, plancher mixte acier-béton, façade à ossature bois et
languette acier. Associés, ils visent les usages résidentiels et bureaux. Les capacités
potentielles de montage-démontage et de résistance mécanique de chaque association ont été
testées en grandeur réelle.

25
ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets, [Link]

24
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

L’approche innovante multi matériaux portée par les partenaires a permis de


sélectionner des solutions constructives facilitant :
- La séparation des systèmes et composants sur chantier,
- La séparation des matériaux en vue d’un recyclage ou d’une élimination optimisée,
- La réutilisation ou le réemploi des matériaux et composants.

DEMODULOR a permis de développer un ensemble de solutions constructives multi


matériaux (béton, bois, acier, terre cuite) innovantes qui prend en compte la déconstruction
(ou la rénovation) des bâtiments futurs et les solutions de prévention de la production de
déchets grâce à une approche systématique de démontabilité, dont les atouts sont de faciliter :
- La séparation des systèmes et composants sur chantier,
- La séparation des matériaux en vue d’un recyclage ou d’une élimination optimisée,
- La réutilisation ou le réemploi des matériaux et composants.

L’analyse économique devient intéressante sur deux cycles de construction/déconstruction


lorsque le montage/ démontage reproduit plusieurs fois durant la vie des produits permet
d’absorber les opérations de démantèlement et de logistique, plus longues par rapport à une
démolition traditionnelle.

Les perspectives de développement sont prometteuses tant pour la


construction/déconstruction que pour l’utilisation des bâtiments (évolutivité, maintenance,
gestion en coût global, curage, etc.). L’Institut MECD a participé au concours de l’Innovation
2017 de Batimat, dans la catégorie Structure et Enveloppe. La pertinence de Démoduler a été
reconnue par la profession puisque ce projet a obtenu la médaille de bronze dans ce concours.

Les partenaires du projet DEMODULOR souhaitent aujourd’hui prolonger la démarche


en associant des industriels, maitres d’ouvrages, maîtres d’œuvre, entreprises de construction
et déconstruction pour aboutir au montage de projets démonstrateurs.

Au préalable, les premiers objectifs seront avec ces nouveaux partenaires


l’optimisation des composants pour l’industrialisation des solutions DEMODULOR, la
caractérisation des performances complémentaires et l’appropriation des nouvelles pratiques.

À terme, il s’agira d’étendre à d’autres systèmes constructifs le concept de


démontabilité pour consolider les filières de réemploi et de valorisation en fin de vie.

25
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

REVALO Qualité intégrée : Produire bien du premier coup :

La non-qualité en gros œuvre sur les chantiers est une source de gaspillage de
ressources et de temps qui induit des surcoûts financiers, la dégradation des conditions de
travail et une production de déchets non négligeable. Elle correspond à la démolition /
reconstruction d’ouvrages mal réalisés sans valeur ajoutée pour le maître d’ouvrage. Le
principe pour la réduire est de générer moins de défauts en produisant bien du premier coup.
Cette démarche permet de standardiser les processus, d’instaurer le principe
d’autocontrôle et de développer des détrompeurs spécifiques au processus de construction.
Ainsi, les objectifs fixés par le projet Qualité Intégrée sont :
- Répondre aux besoins des chantiers sur les thématiques d’amélioration continue et de
qualité ;
- Rendre l’occurrence de non-qualité exceptionnelle et l’utilisation du marteau piqueur
inutile ;
- Réduire à la source la production de déchets associée à la non-qualité ;
- Améliorer l’ergonomie des postes de travail ;
- Diminuer le coût de la non-qualité.
La démarche Qualité Intégrée est innovante dans le sens où elle est basée sur une approche «
bottom-up » (du bas vers le haut). Les solutions aux problématiques de qualité rencontrées
sont très généralement connues des ouvriers et chefs de chantier (ceux qui réalisent la tâche).
Cette approche très opérationnelle a été complétée par des compétences d’analyse et de
modélisation poussées permettant de capitaliser les données remontées et de modéliser en
approche globale la non-qualité (coûts, déchets ...).
La mise en œuvre des activités de recherche précitées se fait dans le cadre d’un projet,
BÂTIMENT 2.0, lauréat de l’AMI ADEME « Méthodes industrielles pour la rénovation et la
construction de bâtiments » édition 2014. Piloté par GTM Bâtiment pour une durée de cinq
ans, il vise à mieux construire et rénover en intégrant les nouvelles technologies et les
méthodes industrielles sur 18 opérations pilotes de construction et de réhabilitation.
Cette démarche d’audit qualité et d’analyse des causes est menée au sein de la DO
Habitat IDF. Une personne est spécialement attitrée à cette mission et permet ainsi de
travailler sur les causes racines pour améliorer notre qualité de mise en œuvre. Des actions
d’amélioration ont été mises en place et sont partagées au travers des réunions de
préconisations au démarrage des opérations.

26
Chapitre II : Cycle de vie du matériau et du déchet.

Conclusion

Différentes fins de vie sont possibles pour les matériaux de construction : la


réutilisation, le réemploi et le recyclage pour redonner une deuxième vie aux matériaux, la
valorisation énergétique (combustion) ou l’enfouissement.

Le réemploi et la réutilisation sont considérés comme des pratiques plus vertueuses


aux yeux des experts. En effet, contrairement au recyclage, ces procédés ne nécessitent que
très peu, voire aucune dépense énergétique liée à la transformation du matériau. Selon
François Dagognet « Le résidu n’est pas à détruire, il n’est qu’une ressource, dans l’attente
d’un retour ».

Le déchet pourrait alors être une simple étape dans le cycle de vie d’un matériau, d’un
objet et non pas une finalité.

27
SITUATION DE LA GESTION DES
DÉCHETS DE CONSTRUCTION EN
ALGÉRIE
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

INTRODUCTION :

Dans une logique de développement durable, la valorisation des déchets issus duBTP est
devenue nécessaire afin de réduire les incidences globales liées à l’élimination des déchets et
à l’utilisation de ressources naturelles non renouvelables. Dans ce contexte, deux évolutions
majeures ont modifié fondamentalement la réglementation en France concernant la prévention
et la gestion des déchets du BTP.

Le Plan National de Prévention des déchets 2014-2020 : L’ambition de ce Programme est


de rompre progressivement le lien entre la croissance économique et la production de déchets.
Son élaboration s'est inscrite dans le contexte de la directive-cadre européenne sur les déchets
(directive 2008/98/CE du 19 novembre 2008, cf. § 2.1.3), qui prévoit dans son article 29 une
obligation pour chaque État membre de l'Union européenne de mettre en œuvre des
programmes de prévention des déchets, en examinant un certain nombre de types d'actions
pour déterminer la pertinence de les mettre enœuvre, et d'évaluer périodiquement ces plans
[Link] a été adopté par arrêté ministériel du 18 août 2014.

Planification de la prévention et de la gestion des déchets de chantier : L’obligation de


planification pour les déchets du BTP est instaurée par l’article 202 de la loi du 12 juillet
2010, dite « Loi Grenelle 2 », qui introduit un article spécifique au Code de l’environnement
(Art. 541-14-1)26.

Ces lois sont promulguées en France dans le but de contrôler et améliorer la gestion
des déchets de construction. Alors qu’on est-il de la réglementation Algérienne ? Prenne-t-elle
ces déchets en charge ?

26
Site internet Légifrance - Consultation des textes de lois de la réglementation Française :
[Link]

28
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.1 CADRE RÉGLEMENTAIRE DE LA GESTION DES DÉCHETS DE


CONSTRUCTIONEN ALGÉRIE :

L’Algérie a fixé des objectifs à l’horizon 2025 dans le domaine de l’aménagement du


territoire dans lequel elle intègre le concept du développement durable. Cette nouvelle vision
est basée sur la croissance économique, l’équité sociale et la protection de l’environnement.
Elle vise l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être de la population dans une logique
de gestion durable des déchets. Les objectifs nationaux algériens sont la réduction des
quantités de déchets produites et l’atténuation de l’impact de leur élimination sur
l’environnement. Le gouvernement algérien a envisagé une stratégie nationale
environnementale (SNE) qui devra permettre de poser les premiers jalons du développement
durable.

À cet effet, l’Algérie a introduit la loi 01-19 du 12 décembre 2001 27, relative à la gestion,
au contrôle et à l’élimination des déchets qui constitue d’une part le point de départ et la
référence de cette nouvelle stratégie.
Des dispositions pénales sont instaurées par loi 01-19 du 12 décembre 2001Article 57, qui
stipule que quiconque dépose, jette ou abandonne des déchets inertes sur tout site non désigné
à cet effet et notamment sur la voie publique est puni d’une amende de dix mille (10.000) à
cinquante mille dinars (50.000). En cas de récidive, l'amende est portée au double28.

En matière d’installations de stockage de déchets, le décret du 03 novembre 1998 établit


les différentes catégories des installations soumises à une autorisation, ou à une déclaration,
ainsi que les organismes aptes à la délivrance de ces autorisations et ces déclarations29. Des
règles d’aménagement et d’exploitation des installations de traitement ont été instaurées en
2004. De même, les conditions d’admission de déchets au niveau de ces installations sont
mises en place, ainsi qu’une liste de type d’installations de traitement : centre
d’enfouissement technique (CET), centre de décharge, installations d’incinérations et
installations de valorisation30.

27
Journal officiel, Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôleet à l’élimination des
déchets.
28
Journal officiel, Loi n° 01 - 19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôleet à l’élimination des
déchets.
29
Décret exécutif nº 98-339 du 3 novembre 1998 définissant la réglementation applicable aux installations
classées et fixant leurs nomenclatures.
30
Décret exécutif nº 04-410 du 14 décembre 2004 fixant les règles générales d’aménagement et d’exploitation
des installations de traitement des déchets et les conditions d’admission de déchets au niveau de ces
installations.

29
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

Un plan national d’actions pour l’environnement et le développement durable (PNAE-


DD) en 2002, qui propose une vision du futur et engage notre pays à investir dans un
développement écologiquement durable.

Afin de maitriser sa politique environnementale notamment celle des déchets, l’Algérie a


créé des institutions spécifiques telles que :
- Le Ministère de l’Aménagement du Territoire de l’Environnement et du Tourisme
(MATET), responsable de la stratégie de gestion des déchets solides, conçoit les programmes
de formation et de sensibilisation, et réalise les centres d’enfouissement techniques.

- L’Agence Nationale des Déchets (AND)31 créée par le décret exécutif n°02-175 du 20
mai 2002 et placée sous la tutelle du MATET. Elle permet de disposer d’un instrument
adéquat pour apporter de l’aide aux collectivités locales en matière de mise en œuvre de la
politique nationale des déchets. Il lui permet de promouvoir les activités liées à la gestion
intégrée des déchets, notamment, lesactivités de tri, de collecte, de traitement, de valorisation
et d’élimination des déchets,d’un côté ; et de l’autre, elle contribue à la réalisation d’études,
de recherches et deprojets de démonstration, en diffusant l’information scientifique et
technique et en aidant à la mise en œuvre de programmes de sensibilisation et d’information.

- L’Observatoire National de l’Environnement et du Développement


Durable(ONEDD)32est créé le 3 avril 2002. L’ONEDD estcompétent en matière de collecte,
de traitement, de production et de diffusion del’information environnementale.

- Le Conservatoire National des Formations à l’Environnement (CNFE)33 a été créé en


août 2002. Ilassure deux missions principales : la formation des différents intervenants publics
ou privés dans le domaine de l’environnement, et l’éducation à l’environnement pour le grand
public.

31
Le décret exécutif n°02-175 du 20 mai 2002 relatif la création de l’AND
32
Décret exécutif n°02-115 du 03 avril 2002 relatif la création de l’ONEDD.
33
Décret exécutif n°02-263 du 17 août 2002 relatif la création du CNFE.

30
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

- Les Inspections Régionales de l’Environnement34 : sont l’un des organesdécentralisés


de l’État. Elles ont été créées par le décret n° 88-227 du 5 novembre 1988. Ces inspections
ont pour mission deveiller au respect de la législation et de la réglementation dans le domaine
de laprotection de l'environnement, de constater et de rechercher les infractions en lamatière.

- Les Directions de l’Environnement de Wilaya (DEW), créées par le décretexécutif


n°96-60 du 27 janvier 1996, sont venues succéder aux inspections de l’environnement de
wilaya35. Les directions de wilaya ont trois grands axes d’activité : la coordination, le contrôle
et l’information.

- Police de l'Urbanisme (PUPE) et Cellules de Protection de l'Environnement : dans le


but de prévenir et de diminuer les infractions à la législation relative à la protection de
l'environnement, la " Police de l'Urbanisme et de la Protection de l'Environnement (PUPE), a
été créée par la Direction Générale de la Sécurité Nationale (DGSN) et des Cellules de
Protections de l'Environnement par la Gendarmerie Nationale.

34
Décret exécutif n° 96-59 du 27 janvier 1996 portant les missions de l’inspection générale de l’environnement.
35
Ce décret a été modifié et complété par le décret exécutif n° 03-494 du 17 décembre 2003.

31
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.2 SITUATION DE LA GESTION DES DÉCHETS DE CONSTRUCTION EN


ALGÉRIE :

La production des déchets ne fait qu’augmenter en Algérie comme partout dans le monde.
Les transformations socioéconomiques et démographiques qu’a connu le pays durant ces
trente dernières années ont été accompagnées par des modifications notables au niveau des
quantités et de la qualité des déchets produits.

L'enquête réalisée par des services du Ministère de l'Environnement en 2005, fait état
de2100 décharges sauvages sur le territoire national, dont 350 décharges sauvages au niveau
de40 grandes villes du pays et occupent une superficie totale de 22000 ha. 90 CET sont
finalisés et lancés pour exploitation, et au niveau de la wilaya d’Alger, 4 CET sont en cours de
lancement (Staouali, Hamici, Korso, et Reghaia)36.

À ce jour, la principale voie de traitement des déchets en Algérie est la mise en


décharge. Cette technique est souvent utilisée dans les Pays en voie de développement, mais
elle aboutit souvent à des décharges incontrôlées. La notion décharge contrôlée et des
différents modes d'exploitation visant la protection de l'environnement apparaît pour la
première fois en 1983 loi n° 83.03 du05 février 1983, relative à la protection de
l'environnement, elle précise la nocivité des déchets et demande à mettre fin à la mise en
décharge brute des ordures.

En effet, la loi relative à la gestion des déchets, est une avancée qui amène des
mesures positives, qui joueront un rôle dans la résorption des décharges sauvages et
l’introduction de la pratique des décharges contrôlées appelée actuellement Centre de
Stockage de Déchets (CSD), ou encore Centre d’Enfouissement Technique (CET), mais les
textes d'application de cette dernière sont insuffisants.

36
Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la Terre Département des Mines-
Annaba- 2014.

32
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.3 FLUX DES DÉCHETS EN ALGÉRIE :

III.3.1 Production des déchets :

Les déchets de construction ce sont notamment des déchets inertes qui ne subissent
aucunemodification physique, chimique ou biologique lors de leur mise en décharge.
Cesdéchets proviennent des travaux dedémolition, de construction ou de rénovation, et ils ne
sont pas contaminés par dessubstances dangereuses ou autres éléments générateurs de
nuisances, susceptibles denuire à la santé et à l’environnement. Et elle prévoit que la gestion
de ce type dedéchets relève de la gestion communale.

En absence d’un service fiable de la collecte des déchets inertes et l’inexistence des
décharges destinées à ce type de déchets ou des CET de classe I le recensement de la quantité
produite est impossible à l’heure actuelle. Les principales sources de ces déchets sont
notamment les chantiers de bâtiment, de travaux publics et de particuliers qui réhabilitent
leurs maisons. Ils sont composés essentiellement de gravats, décombres, déblais et autres
rebuts de démolition et de chantiers (bois, acier, plâtres…).

Face à cette situation, des dépotoirs sauvages sont apparus dans toutes les communes
et parfois même au sein des quartiers et des villages. Une estimation a été effectuée par le
Centre National d’Étude et de Recherche Intégrée en Bâtiment (CNERIB) sur les déchets
inertes de quatre wilayas de la région du centre, il l’estime entre 300 mille à 500 mille t/an,
dont 12% d’acier et 40% de béton37. En 2003, suite au séisme qui a touché la wilaya de
Boumerdès plus de 2,5 M de tonnes de déchets inertes ont été enregistrées (MATE, 2005).
Cependant, la valorisation est basée uniquement sur la réutilisation de ce type de déchets dans
le remblayage. Le PROGDEM a pour objectif de créer des CET de classe II réservés aux
déchets inertes.

37
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise"
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004

33
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.3.2 Élimination des déchets :

Nous exposons les deux approches adoptées à l’élimination et au traitement des


déchets (l’élimination et la valorisation). En général, l’élimination reste la solution appliquée
à 97 % des déchets produits en Algérie. Les déchets destinés à l’élimination sont mis en
décharges sauvages à (57%), brulés à l’air libre dans des décharges publiques ou communales
non contrôlées (30%), en décharge contrôlée et des CET (10%). Le nombre de décharges
sauvages est passé de 2000 en 1980 à 3130 en 2007. Par contre, les quantités destinées à être
valorisées sont trop faibles, dont seulement 2% par recyclage, et 1% par compostage
(MATE2004).

Diagramme 3.1 :Modes d’élimination des déchets en Algérie (MATE 2004).

Les modes d’élimination des déchets inertes utilisés en Algérie sont :

a) Dépotoirs et décharges sauvages :

La solution d’élimination des déchets la plus adoptée dans les pays en voie de
développement est la mise en décharges ouvertes qu’elles soient sauvages ou contrôlées par
les autorités locales. Ces décharges posent des risques environnementaux engendrant
notamment d’importants déséquilibres écologiques à la terre, la contamination de l’eau à
travers les lixiviats et la pollution atmosphérique liée aux fumées dégagées.

En Algérie, l’élimination des déchets par la voie de la mise en décharges sauvages est le
mode le plus utilisé avec un taux de 87%. Malgré l’existence d’une politique
environnementale et d’une réglementation en matière d’élimination des déchets, leur nombre
34
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

ne cesse d’augmenter. Selon une enquête menée par les services du MATE 38, plus de 3 130
décharges sauvages ont été recensées sur les 48 wilayas avec une superficie de l’ordre de
4552.50 ha. La majorité de ces décharges est caractérisée par une localisation géographique
quasi similaire. Elles se trouvent au long des rivières, des routes ou sur des terres agricoles.
L’autre point commun est que la plupart de ces décharges sont quasi saturées et ne peuvent
pratiquement plus recevoir de déchets. Leur état actuel menace l’environnement et la santé
publique des habitants résidant à proximité.

b) Enfouissement technique :

L’enfouissement des déchets est une opération de stockage des déchets en Sous-Sol (voir
chapitre II page 17). Nous distinguons trois types de CET : classe I, classe II et classe III (voir
chapitre I page 6, 7 & 8).

Depuis 2001, le gouvernement algérien a fait le choix d’éliminer tous les déchets par
enfouissement, il a ainsi lancé un ambitieux programme de centres d’enfouissement technique
sur tout le territoire national. L’un des objectifs du PROGDEM est d’abandonner le mode
traditionnel d’élimination des déchets par la mise en décharge.

Cette nouvelle politique nécessite une prospection de sites potentiels pour accueillir des
CET, le choix proprement dit du site et la réalisation des études d’impact. La construction
d’un CET nécessite une assez grande superficie de l’ordre de 40 ha en moyenne qui doit être
clôturée et aménagée avec des pistes internes. La durée de vie d’un CET se situe entre 7 et 15
ans avec un tonnage de 100 000 tonnes par an. Ces CET doivent obligatoirement être pourvus
d’installations de récupération des biogaz à travers le traitement de lixiviats.

c) Incinération :

La Commission européenne (CE) dans une communication de 1996 relative à la stratégie


des déchets a renforcé la notion d’hiérarchie d’actions liées aux déchets, d’où l’incinération
voir chapitre II page 18) qui est placée tout en aval juste avant la mise en décharge. En
Algérie, l’incinération est appliquée uniquement pour les déchets hospitaliers au sein des
hôpitaux. Pour les déchets de construction, ce mode de traitement n’est pas adopté même si
cette solution semble plus écologique que l’enfouissement.

38
Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme deDocteur 3ème cycle, la gestion des déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la TerreDépartement des Mines-
Annaba- 2014.

35
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.3.3Valorisation, recyclage :
La valorisation des déchets de construction est un procédé qui est en plein essor (voir
chapitre II page 18). À cet effet, le gouvernement algérien a comme objectif pour 2025
d’augmenter le taux de recyclage global et par matière, et d’éradiquer les décharges sauvages.

III.4 LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION LES PLUS EMPLOYÉS EN


ALGÉRIE :

III.4.1 Le béton :
Le béton est un mélange de sable et de graviers en présence d’un liant. Ce mélange a
la faculté de se durcir dans l’eau. Ce matériau de construction est par nature composite : il
comprend des granulats (cailloux et/ou sable) agglomérés par la présence du liant et contient
de l’air (ciment). On peut mélanger tous ces composants dans une bétonnière sur le chantier
ou produire le béton industriellement dans un silo à béton et le transporter frais jusqu’au
chantier dans des camions-malaxeurs spéciaux39.

Le béton est maintenant devenu le matériau de construction le plus couramment utilisé


à travers le monde et plus. Il est utilisé dans le secteur du bâtiment comme matériau de
structure, et il peut aussi être employé comme matériau d’enveloppe.

a) Caractéristiques et utilisation :

Les qualités les plus remarquables du béton sont une masse volumique (densité) élevée, un
poids important, une dureté presque égale à celle de la pierre, une grande résistance à l’usure,
une étanchéité à l’eau presque parfaite et une remarquable résistance au gel et aux
intempéries. Dans la construction, le béton est apprécié pour ces propriétés d’isolation
phonique et pour sa capacité à stocker la chaleur. En revanche comme tout bon conducteur de
la chaleur, c’est un très mauvais isolant.

La grande innovation qu’a apporté le béton, c’est de pouvoir être moulé dans n’importe quelle
forme, d’où son usage si répandu.

39
Jean Louis Granju, introduction au béton armé théorie et applications courantes selon l’Eurocode 2, Afnor.

36
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

- Le béton de chantier :
Le béton peut être préparé sur le chantier dans des toupies mobiles et selon les dosages
exigés par l’opération. Ce type de préparation est réservé aux petits ouvrages.

- Le béton prêt à l’emploi : BPE


Le « béton prêt à l’emploi » est produit industriellement dans une centrale à béton qui le
livre, frais, sur le chantier dans des camions-toupies. Il est prêt à être mis en œuvre ; le
mouvement continu de la toupie ralentit la prise ; toutefois le béton doit être immédiatement
coulé lorsqu’il arrive sur le chantier.
Les usines de BPE contrôlent précisément la composition du béton et peuvent fournir
toutes les catégories de béton, en fonction des conditions de mise en œuvre ou des utilisations
envisagées.

- Le béton préfabriqué et industrialisé :


Les usines de préfabrication du béton possèdent leurs propres centrales pour assurer leurs
besoins. Les formulations sont réalisées en fonction des ouvrages fabriqués et des traitements
de surfaces qui permettent d’obtenir des produits de très grande variété.

b) Recyclage de sous-produits industriels :


La fabrication du béton a depuis longtemps intégré dans son processus des sous- produits
en provenance d’autres industries.
Les recherches se poursuivent dans ce domaine. Citons l’exemple récent du recyclage des
verres parce qu’ils contiennent des impuretés. Un procédé récent consiste à réduire ces verres
issus majoritairement des collectes sélectives en une poudre extrêmement fine, dont les grains
sont de la taille du micron. Le verre micronisé, très réactif, est utilisé pour stabiliser des sols
extérieurs.

c) Taux de renouvellement :

Le taux de renouvellement d’une construction en béton est proche de celui de la pierre dès
l’instant qu’il n’a pas subi d’altération qui endommage les ferraillages. L’histoire récente du
matériau, à peine plus de deux siècles, ne peut donner de références quant à sa longue
pérennité. Signalons toutefois que certaines maçonneries romaines qui ont été bâties avec le
béton de pouzzolane sont encore debout40.

40
NadiaHoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés physiques et
architecturales Approche environnementale, DUNOD.

37
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

d) Fin de vie et capacité du système à se renouveler :

La démolition d’un bâtiment en béton est de type destructif. Les éléments récupérés sont
des gravats de chantier à recycler. Les ferraillages du béton armé sont aisément dissociables
avec de puissants aimants…

- Transformation et exutoires des bétons


Pour les bétons de très grosse dimension, la première étape est de réduire la taille à l’aide
d’une pince pour démolition, d’une brise roche ou d’un broyeur béton.

- Transformation et exutoires des inertes de démolition en mélange


Les gravats, après un tri manuel pour retirer les gros refus, sont concassés puis criblés en
fonction de ce que l’onsouhaite obtenir. Uneunité mobile permet lerecyclage direct desbétons
et autres produits de démolition.

Le produit fini est dans ce cas directement commercialisé en :


• Tout-venant : grave munie d’une portion d’éléments fins (terre) ;
• Ballast : lit de pierres, de taille moyenne à grande, concassées ;
• Sables à tranchée : grains minéraux résultant de la désagrégation desroches de couleur
beige clair ;
• Gravier : petit morceau de caillou pouvant être petit à moyen.
Les déchets inertes en mélange propre peuvent être utilisés en remblaiement decarrière ou
en couche de forme.

III.4.2 L'acier :
L’acier est un solide cristallin isotrope, c’est-à-dire qu’il peut être sollicité dans toutes
les directions.
Les matières premières de l’acier sont essentiellement le minerai de fer, le charbon et
la ferraille. L’acier obtenu à partir du minerai de fer résulte d’une transformation en deux
temps. La première étape consiste à fondre dans le haut-fourneau, à 1 250 °C, le minerai de
fer avec du charbon distillé, le coke. On obtient de la fonte liquide qui est débarrassée du
carbone dans le convertisseur de l’aciérie41.
L’acier produit à partir du recyclage est obtenu directement par la fonte de ferrailles
dans un four électrique.

41
Friedrich Kur, l’habitat écologique quels matériaux choisir ? terre vivante.

38
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

a) Caractéristiques et utilisation :

Contrairement au fer, l’acier est élastique et se laisse facilement laminer et forger. Il est
même possible de le plier à froid. Mais il résiste moins bien que le fer à la corrosion. L’acier
est principalement utilisé dans la construction pour des poutrelles ou des poteaux, comme
armature dans le béton.

b) Fin de vie et capacité du système à se renouveler

Même protégés, les aciers se corrodent lentement. Les objets en acier corrodé peuvent
ensuite être recyclé[Link] production de l'acier est un procédé qui consomme énormément
d’énergie et qui pollue l’environnement, alors que le recyclage permet de préserver les
ressources naturelles, de réduire l'utilisation d'énergie et de diminuer l'émission de gaz à effet
de serre.

III.4.3 La brique :

La terre cuite argileuse est un matériau naturel qui respecte l’environnement tout en
possédant des caractéristiques intéressantes tant du point de vue de la structure que des autres
points de vue : thermique, hygroscopique, de résistance aux agresseurs biologiques, de santé
des utilisateurs, de durabilité, de cout, de facilité de mise en œuvre… ses techniques de
fabrication se sont largement modernisées, afin de fournir un matériau aux caractéristiques
garanties. Ce matériau est donc depuis toujours largement employé dans le BTP.

La terre cuite est un matériau de construction très ancien et universellement répandu. La


composition de la terre peut varier, mais il s’agit toujours de terres plus au moins argileuses :
lœss, marnes ou argile pure.

Pour éviter trop de retrait à la cuisson, les fabricants complètent souvent le mélange par
du ballast constitué de déchets de briques déjà cuites et pilées. La couleur rosée à rouge
caractéristique de la brique est donnée par des oxydes de fer contenus dans la terre d’origine.
Si la brique tire plutôt sur le jaune, c’est qu’à terre argileuse contenait une certaine proportion
de chaux42.

42
Christian Lemaitre, Mise en œuvre et emploi des matériaux de construction, Eyrolles.

39
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

a) Caractéristiques et utilisation :

Les matériaux de construction fabriqués en terre cuite se caractérisent par une bonne
résistance mécanique ainsi qu’une bonne résistance à l’usure. Ils sont chimiquement inertes et
résistants au feu.

b) Taux de renouvellement et évolutivité :

La construction d’un mur maçonné en terre cuite forme un ensemble aux éléments
difficilement dissociables. Son évolutivité est souvent soumise à des démolitions. Des
interventions mineures peuvent être réalisées avec des disques diamantés, comme pour le
percement d’une ouverture par exemple.

c) Fin de vie et capacité du système à se renouveler

La démolition d’une construction en terre cuite est de type destructif. Les gravats sont
des déchets inertes qui ne se recyclent pas.

40
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.4.4 Les plastiques :

Les matières plastiques sont des polymères auxquels sont ajoutés certains additifs tels
que des pigments, des stabilisants, etc.
Ces polymères synthétisés par polymérisation de monomères sont obtenus à partir du
pétrole.

a) Caractéristiques et utilisation :

Recherchés pour leurs propriétés remarquables (légèreté, longue durée de vie, isolant
électrique et thermique, faible dégradabilité, grande diversité d'utilisation), les plastiques sont
très largement utilisés. Malheureusement, certains de ces avantages se transforment en
inconvénients quand ces produits deviennent des déchets.

b) Vieillissement des plastiques :

Les matières plastiques s'altèrent au cours du temps et leurs propriétés se dégradent :


elles vieillissent. Les facteurs de vieillissement sont la température, la lumière, les contraintes
mécaniques, l'humidité et les agentsoxydants tels que le dioxygène.
Pour ralentir ce vieillissement, on ajoute aux matériaux polymères des adjuvants tels
que des anti UV, des antioxydants, etc.
Ces adjuvants, dont certains ne sont pas sans danger, peuvent être lentement libérés
lors du vieillissement des matières plastiques. C'est le cas des phtalates, utilisés comme
plastifiants, du bisphénol A, utilisé comme antioxydant.

c) Fin de vie et capacité du système à se renouveler :

La production annuelle mondiale de matières plastiques est très importante. Et compte


tenu du vieillissement de ces matières et de leur utilisation parfois éphémère, leur recyclage se
développe de plus en plus.

Le recyclage mécanique consiste en un broyage des matériaux, après un tri et un


lavage rigoureux ; ils sont ensuite directement transformés en produits finis. C'est le cas des
matières plastiques non fusibles, dites thermodurcissables.

Le recyclage chimique consiste en une dépolymérisation du polymère permettant de


récupérer le monomère.

41
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

d) Valorisation des plastiques 43 :


Les déchets de plastiques, surtout les plastiques mélangés difficiles, voire impossibles
à recycler dans l’industrie plastique, peuvent être employés dans différents domaines de la
construction routière, mais leur application reste assez marginale. Les usages les plus connus
sont les blocs en plastique compressé qui permettent de réaliser des remblais légers sur des
sols à faible portance.
Les plastiques recyclés peuvent aussi entrer dans la confection de murs antibruit et,
sous forme de fibres, dans la réalisation de terre armée pour des remblais ou la stabilisation de
talus sujets au glissement. Les granulats de polyéthylène recyclé pourraient être utilisés
comme modificateurs pour les liants bitumineux.
Les plastiques ou polymères forment une famille de matières provenant du raffinage
du pétrole. La fraction d’essences légères est isolée, puis “craquée” à la vapeur pour obtenir
des monomères (éthylène, propylène, etc.) constitués pour l’essentiel d’atomes de carbone,
d’hydrogène et d’oxygène. On peut ensuite assembler les molécules de monomère entre elles
sous forme de chaînes (polymères) linéaires ou en réseau. D’autres éléments (chlore, azote,
etc.) interviennent dans la composition des polymères pour leur conférer des caractéristiques
spécifiques.
On distingue trois grandes familles de produits : les thermoplastiques, les
thermodurcissables et les élastomères.
Les thermoplastiques sont des plastiques malléables qui peuvent être chauffés et
refroidis pour leur donner une forme, puis chauffés à nouveau pour obtenir une autre forme.
Cette caractéristique les rend aptes à être recyclés.
Les thermodurcissables caractérisent les plastiques qui se rigidifient dès la première
transformation; ils ne supportent pas d’autres transformations et sont très difficiles à recycler
(ex. polyuréthannes, silicones).
Les élastomères caractérisent les plastiques qui se déforment et sont recyclables
(caoutchouc).
Hormis les CET, qui, par définition, ne recyclent pas, il existe des filières qui
acceptent des déchets de PVC et peut-être une pour la famille des polyéthylènes. En ce qui
concerne le PVC, il s’agit le plus souvent de produits rigides (tuyaux d’amenée et
d’évacuation d’eau, gouttières, bardages, planchettes et planches de rive, châssis de fenêtre
sans verre, ni quincaillerie).

43
Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pourle recyclage desdéchets du
bâtiment ?Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006

42
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

e) Élimination des plastiques :

Lorsque les matières plastiques ne peuvent être recyclées, on peut les valoriser
énergétiquement en les incinérant de façon contrôlée. Cette combustion permet de récupérer
ou d'économiser de l'énergie, mais génère, outre de l'eau et du dioxyde de carbone, des gaz ou
des substances toxiques, qu'il convient d'éliminer.
Ainsi, la combustion du polychlorure de vinyle (PVC) libère du chlorure d'hydrogène,
HCl.
Le pouvoir calorifique inférieur, PCI, correspond à l'énergie thermique, ou chaleur,
dégagée par la combustion d'une unité de masse de combustible. Il s'exprime généralement en
[Link]-1.

Tableau 3.1 :Le pouvoir calorifique PCI de quelques matériaux38


Source : site du Cercle National du Recyclage, [Link]

III.4.5 Le verre :

Le verre est fabriqué à partir de sable de quartz. Il devient, par fusion à 1400°C, une
masse amorphe (non cristalline). On peut y ajouter, en cours de fabrication, de la soude ou de
la potasse, du calcin pour en faciliter la fluidification et des additifs, tels que du sulfate de
sodium ou de la poudre de calcaire, pour en améliorer les qualités finales. Des oxydes
métalliques permettent de teinter le verre 44.

a) Caractéristiques et utilisation :
Le verre est un solide non cristallin, obtenu par solidification d’un mélange de sable pur et
de soude, fondu à une température de l’ordre de 1 500 °C. Des additifs, choisis en fonction
des usages, améliorent et modifient les propriétés du verre ainsi que le procédé de fabrication.
Les productions en verre se présentent sous deux formes : les verres creux et les verres
plats. Ce sont les verres plats qui sont utilisés dans la construction, à l’exception des briques
de verre.

44
Bureau Véritas, guide des bonnes pratiques menuiseries fenêtres portes-fenêtres vitrage, le moniteur

43
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

b) Fabrication du verre plat :

Le verre plat est composé pour l’essentiel de sable, de soude et de chaux. Le sable, ou
silice représente 70 à 72% de l’ensemble des matières premières. Cette matière constitue « le
corps vitrifiant » qui confère notamment la transparence au matériau. Pour aider le sable à
fondre à une température moins élevée, on ajoute « un fondant ». La soude présente sous
forme de carbonate et de sulfate assure la fonction de fondant. Elle représente 14 % du
mélange. La chaux sous forme de calcaire est ajoutée au mélange pour 10 % environ. Cette
roche stabilise le processus de transformation.

Ces matières sont fondues pour former la pâte vitreuse qui sera mise en forme en fines
plaques d’épaisseur constante.
Pour abaisser la température de fusion est possible d’ajouter « du calcin » qui est du verre
issu du recyclage, au lieu du calcaire45.

c) Mise en œuvre sur chantier :


Le verre est un matériau de remplissage qui intervient sur le chantier lorsque l’essentiel de
la construction est achevé.

Dans les cas où la plaque de verre est insérée dans une menuiserie, il est de plus en plus
fréquent que la pose du vitrage soit effectuée dans l’atelier. Dans tous les cas, il est livré aux
dimensions requises, ce qui limite les déchets aux seuls incidents de casse ; le verre est alors
recyclé.

d) Taux de renouvellement :
Il existe des verres datant de plusieurs millénaires. Si ces derniers sont entretenus et
protégés de tout accident, leur durée de vie correspond à celle du bâtiment.

Toutefois, dans les fabrications récentes notamment celles de vitrages isolants, on a


parfois constaté des défauts dans les vitres nécessitant un remplacement prématuré.

e) Fin de vie et capacité du système à se renouveler :


Le verre est recyclable, mais l’introduction des ouvrages en verre d’un immeuble démoli
sous-entend un démontage préalable des volumes de verre.

45
Nadia Hoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés physiques et
architecturales Approche environnementale, DUNOD.

44
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

La transformation des déchets de verre plat en calcin nécessite différentes étapes.


La qualité du verre est vérifiée à l'entrée de l'installation. Le verre est ensuite trié etréparti
dans divers compartiments avant de lui faire subir les traitements suivants :
− Prébroyage
− Retrait manuel des grosses impuretés
− Retrait de pièces métalliques à l'aide depuissants aimants
− Broyage du verre
− Retrait des films par soufflerie (si besoin)
− Tri des divers fragments à l'aide de crible
− Retrait d'éléments non ferreux
− Dépistage d'éléments CPP (Céramique,Pierre, Porcelaine) au laser qui sontensuite
éliminés à l'aide d'un pistolet à air
− Contrôle qualité
− Stockage dans différentes alvéoles
En fonction de sa qualité, le calcin pourra alimenterun four verrier. Les fours verriers qui
nécessitent laqualité la plus stricte sont ceux du verre plat, suivisde la fabrication de la laine
de verre puis dupackaging.
Les techniques de micronisation du verre, c’est-à-dire son broyage très fin à l’échelle du
micron, permettent le réemploi du verre qui n’est plus recyclable. Il est utilisé comme un
ciment pour confectionner des sols compactés.
f) Recyclage du verre :
- La réutilisation de volumes de verre en nouveaux vitrages pour une autre construction
est possible, mais ne fait pas partie des habitudes. On préfère sa réintroduction dans le
cyclecomplet de production, au cours du recyclage. Notons qu’un vitrage isolant ne peut pas
être recoupé ce qui complexifie sa réutilisation en œuvre.
- Recyclage dans l’industrie du ciment.
- Des recherches récentes ont été effectuées pour étudier le recyclage de verre dans sa
totalité, y compris au bout de plusieurs cycles de recyclage. Le procédé de micronisation du
verre figure parmi ces formes de recyclage.
- La micronisation du verre recyclé, c’est-à-dire son broyage puis sa réduction en une
poudre très fine, permet de nouvelles applications dans le génie civil, notamment la
fabrication de sols stabilisés. Il permet de réduire de 30 %les quantités de ciment utilisées.

45
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

III.4.6La peinture :

a) Caractéristiques et utilisation46 :

Les peintures sont essentiellement des matières liquides qui, appliquées en couches
minces sur différents supports, forment sur ceux-ci un revêtement solide, adhérent et durable,
conférant au matériau des qualités décoratives, protectrices ou [Link] peinture contient :

• Un liant, constituant principal de la peinture ou du vernis, dont le rôle est d’assurer


l’adhérence au support, le lien entre tous les constituants de la peinture et la durabilité du film.
Les liants (ou résines) permettent de classer les peintures en diverses catégories en fonction de
l’application : alkydes, acryliques, époxydes, polyuréthannes, aminoplastes, vinyliques,
polyesters, bitumineuses, phénoliques, à base de caoutchouc chloré, de silicones. La nature
chimique de ces liants rend les peintures incompatibles entre elles.
• Un durcisseur, produit nécessaire dans certaines formulations pour faire réagir les
molécules de liant entre elles et obtenir un film aux propriétés mécaniques et chimiques
voulues.
• Des solvants, choisit en fonction de la nature du liant ; ils servent à dissoudre le liant
pour faciliter la fabrication, le stockage et l’application de la peinture. À l’exception de l’eau,
ces solvants sont des dérivés d’hydrocarbures, aussi appelés composés organiques volatils
(COV).
• Des pigments, qui sont des poudres insolubles dont la dispersion dans le liant donnera
à la peinture les caractéristiques recherchées, telles que le pouvoir couvrant, la résistance à la
vapeur d’eau, la couleur, le pouvoir anticorrosion, etc. Les pigments sont soit des matières
minérales, comme des oxydes métalliques, soit des composés organiques de synthèse.
• Des charges minérales, qui n’ont qu’un faiblepouvoir couvrant ou colorant, mais
permettentd’obtenir d’autres caractéristiquestechniques comme la densité, la viscositéou la
diminution de brillance.
• Des additifs, utilisés pour obtenir des caractéristiquestechniques particulières ; ils
représententmoins de 1 % de la matière. Cesont par exemple des plastifiants destinés
àmaintenir la souplesse du film après séchage.

46
Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pourle recyclage desdéchets du
bâtiment ?Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006.

46
Chapitre III : Situation de la gestion des déchets de construction en Algérie.

b) Fin de vie de la peinture 47 :


Les surplus de peinture générés par les entreprises sont en majorité des déchets
dangereux.
Le recours croissant aux peintures à l’eau ne change rien au caractère dangereux des
déchets, même s’ils sont bien moins nocifs pour la santé de l’homme et pour l’environnement
en général.

Il existe un procédé de recyclage qui consiste à vider les pots et à les nettoyer au
moyen de sciure de bois. Les pots métalliques sont recyclés en sidérurgie; quant au mélange
de sciure et de peinture, il sert de combustible alternatif en [Link] jusqu’à présent la
totalité, des déchetsde peinture sont encore incinérés ou mis en décharge.

Conclusion :

Les matériaux de construction les plus employés en Algérie sont des matériaux
durables et qui peuvent être valorisés, avec différents modes de transformations selon leurs
caractéristiques. La plupart de ces matériaux ont des larges possibilités à se renouveler.
Malheureusement l’Algérie, à l’instar de tous les pays du tiers monde enregistre un retard
considérable dans ce domaine, et ne dispose que d’une poignée des structures adaptées. De ce
fait les autorités doivent s’intéresser de plus près à la question et dynamiser le marché de la
valorisation, en encourageant les investisseurs à créer un réseau d’installations de tri, de
valorisation et/ou d’élimination à l’échelle nationale, et d’encadrer le tout avec des textes
réglementaires rigoureux afin de mettre fin aux dépotoirs et décharges sauvages.

La promulgation de la loi 01-19 du12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle


et à l’élimination des déchets vise à mettre fin à la gestion anarchique des déchets et mieux
contrôler les conditions de leur élimination. À cet effet, cette loi, définit le cadre général du
contrôle et de l’élimination des déchets et consacre les principes d’une gestion rationnelle et
saine des déchets et l’ensemble des activités qui s’y rapportent notammentle tri, le transport,
la valorisation et le traitement. Mais les textes d’application de cette dernière sont insuffisants.

47
Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ? terre vivante.

47
CAS D'ÉTUDE
Chapitre IV : Cas d'étude.

INTRODUCTION :

Dans ce chapitre, nous tenterons de répondre à la démarche méthodologique suivante :

D’abord en fonction des données statistiques disponibles, des entretiens et des enquêtes
auprès des détenteurs de déchets et les responsables de la gestion des déchets, nous traiterons
trois cas d’études :

- Le premier casd’étude :Les déchets et débris des constructions engendrées par le


séisme de 2003 dans les wilayas d’Alger, Boumerdès et en particulier dans la ville de
Thenia.
- Le deuxième cas d’étude : Les déchets issus d’un chantier de construction de 3 000
logements AADL à Khemis-El-Khechna.
- Le troisième cas d’étude : Les déchets de démolition d’une villa en RDC+[Link] dans
le lotissement El-Bordj, dans la ville de Tizi-Ouzou.

Ensuite, nous tenterons de confirmer ou d’infirmer nos hypothèses, puis nous appuyons
par des recommandations.

Afin de réaliser cette partie, on a effectué des enquêtes préliminaires au niveau :

 De la Direction de l’Environnement de la wilaya de Tizi-Ouzou.


 De la Direction de l’Environnement de la wilaya de Boumerdès.
 De la Direction de Logements de la wilaya de Boumerdès.
 Du Service Technique de l’APC de Thenia.
 De la Subdivision d’Hydraulique de la commune de Thenia.
 Ainsi auprès d’un citoyen détenteur de déchets de démolition.

48
Chapitre IV : Cas d'étude.

IV.1 LES DECHETS ET DEBRIS DE CONSTRUCTION ISSUS DU SEISME :

IV.1.1 La gestion des déchets issus du séisme 2003 dans la wilayad’Alger et de


Boumerdès :

Le violent séisme de 2003 a généré des dizaines de milliers de tonnes de débris et gravats
de constructions. Selon des estimations publiées par le CNERIB48et vérifiées auprès de la
Direction de Logements de la Wilaya de Boumerdès :
- Le nombre de logements démolis à Boumerdès : 16.000 logements.
- Le nombre de logements démolis à Alger : 4.000 logements.
Pour un estimatif de tonnage moyen d’un logement démoli de 130 tonnes par unité de
logement (F3 en moyenne), le tonnage des déchets produits dans les deux wilayas est de 2.6
millions de tonnes de déchets inertes, dont :
• 1 million de tonnes de béton.
• 30.000 tonnes d’acier.

Les déchets de construction générés par ce séisme dans la wilayad’Alger sont répartis en
plusieurs endroits notamment à la Rassauta, près de Rouiba. À Boumerdès, les déchets sont en
grande partie mis en décharge dans des zones de gravats situées en bordure de mer et dans
toutes les villes durement touchées par le séisme, à savoir Boumerdès, Zemmouri,Thenia,
Corso, Boudouaou…

48
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise".
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004

49
Chapitre IV : Cas d'étude.

IV.1.2 La gestion des déchets


d issus du séisme de 2003 dans la ville de Thenia :

Dansla ville de Thenia, les débris de constructions sont évacuéss dans


dan une chaabat, et
sontexploités comme remblais.
[Link] cours d’eau est situé à la sortie dee la ville
v de Thenia, et
traverse la RN 05 et l’ex RN 05.
05

Figure 4.1 : Situation


Situ du cours d'eau de la ville Thenia (Google-Earth)
Earth).

Cette chaabat acheminai


minait l’eau de l’oued de l’Hôpital vers l’ouedGue
Guedara, mais depuis
le séisme de 2003, elle estt exploitéecomme
expl dépotoir. Cela a posé plusieurs
ieurs fois
f des problèmes
d’inondations dans la ville(d’
(d’après l’étude de la protection de la ville
lle de Theniacontre les
inondations).

Le cours d’eau
avant le séisme

Image satellite de Mars 2003, à Thenia (Google-Earth)


Figure 4.2 :Im arth)

50
Chapitre IV : Cas d'étude.

Aucune trace
du cours d’eau

Figure 4.3 : Image satellite de Mai 2019, à Thenia (Google-Earth)

Figure 4.4 : Vue sur les remblais du cours d'eau(Source : auteur).

Figure 4.5 :Affaissement des terres sur une partie des remblais(Source : auteur).

51
Chapitre IV : Cas d'étude.

IV.2 LES DÉCHETS ISSUS D’UN CHANTIER DE CONSTRUCTIO


CTION DE 3 000
LOGEMENTSAADL À KHEMIS-EL-KHECHNA
KHE :

IV.2.1 Situation et prés


présentation du projet

Le projet de réalisation
on de 3 000 logements Location-vente AADL
L est ssitué dans la Daïra
de Khemis El Khechna– Wilaya de Boumerdèset occupe une superficie d’environ30
d’en hectares,
délimité entre la ville de Hemm
emmadi côté Ouest, la ville de Larbatache côté Est, le barrage de
Hamiz côté Sud et l’autoroute
oute Est-Ouest
E côté Nord.

Figure 4.6 : Situation du


u projet
proje de 3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna((Google-Earth).

L’entreprise réalisatrice
atrice de ce projet est l’entreprise Turque nommé
ommée KUZU GRUP.
Cette dernière a pris en charge
harge l’étude(logements, locaux de service ett VRD)
VRD et la réalisation
des 3 000 logements en
n tous
tou corps d’état (TCE) avec locaux à usage
us commercial,
professionnel et conciergeries.
eries.

Le principe qui a été retenu pour la réalisation de cette opération


opéra est du type
TUNNEL : le coulage dess voiles
voil et du plancher (dalles pleines) se fait
ait en même temps, les
façades quant à eux, elles
es seront
sero traitées en maçonneries dimensionnées
nnées suivant les plans
d’exécution.

52
Chapitre IV : Cas d'étude.

L’ensemble des travaux de maçonnerie et seconds œuvres restent de formes


traditionnelles, comportant tous les équipements prévus au marché de réalisation ainsi que les
finitions nécessaires pour l’achèvement des ouvrages.
Surfaces (m²)
Type de logements Nombre de logements
Considérée Total
F3 1 500 70 105 000
F4 1 500 85 127 000
Total 3 000 77.5 232 500

Tableau 4.1 : Consistance du projet 3000


Source : marché des travaux de réalisation du projet 3 000 logements AADL de KEK.

IV.2.2 Les sources de production des déchets sur le chantier


L’estimation des déchets peut être déterminée en considérant que lors de la réalisation
d’unlogement, celui-ci peut engendrer une quantité de déchets d’environ 5% du poids total de
labâtisse49.
Vu l'importance des malfaçons constatées sur ce chantier et l'ampleur des réparations
effectuées, ainsi le gaspillage énorme des matériaux de construction engendré par la mauvaise
gestion et l'approvisionnement de quantités puis les étaler sur tous le chantier faute de
l'aménagement d'un espace de stockage dédié, nous considérerons que la quantité des déchets
produite est de l'ordre de 8% du poids total de la bâtisse.

Figure 4.7 :Réparation des ségrégations dans un voile d’un bloc du projet de
3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna.(Source : auteur)

49
Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise"
LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIÉE AUX DÉCHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC – Juin 2004

53
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.8 :Matériaux de construction mal stockéset éparpillés dans tout le chantier
de 3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna. (Source : auteur)

En partant de l’hypothèse du poids moyen d’un logement (type F3) d’environ


130tonnes (y compris le poids des fondations), et de 160 tonnes (y compris le poids des
fondations) pour d’un logement (type F4).

Type de Poids d'un Nombre de Poids des Poids des déchets de


logements logement (tonnes) logements logements (tonnes) tous les logements
(tonnes)
F3 130 1 500 195 000 15 600
F4 160 1 500 240 000 19 200
Total 3 000 435 000 34 800

Tableau 4.2 : Poids des déchets engendrés par la construction des 3 000 logements AADL à Khemis-El-
KhechnaSource : Auteur.

Nous obtiendrons une quantité de déchets de 34 800 tonnes engendrée seulement par la
construction des logements. À cela s'ajoutent les différentes contraintes du site qui sont aussi
des sources de déchets, à savoir :

 La démolition des bâtisses existantes sur site, sachant qu’il a été déclaré que ses
dernières étaient occupées par 168 familles, et occupent une surface totale de 3 350 m²
alorson peut estimer leurs déchets approximativement à6000 tonnes.
(Voir l’emplacement desbâtisses démolies, sur le plan d’aménagement du projet 3 000
logements AADL de KEK, annexe 01)

54
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.9 :Vue sur les bâtisses existantes sur le site des 3 000 logements AADL à Khemis-El-
Khechna,avant leurdémolition (Source : Auteur)

 L’implantation des blocs est faite sans une étude de sol détaillée du site, alors lors de
la réalisation une zone s’est avérée instable qui a causé des fissurations au niveau des
radiers de 2 blocs, ces derniers ont été démolis.
Sachant que la surface de chaque radier est de 360m², on déduit que la quantité de
béton démolie est de (360m² x 0.6m x 2.5 tonnes x 2 = 1 080 tonnes).

Figure 4.10 :Affaissement des terres et fissuration du radier dans le chantier de


3 000 logements AADL de KEK (Source : auteur)

55
Chapitre IV : Cas d'étude.

 Sur ce chantier, les blocs sont implantés sans prendre en considération la


morphologie du terrain, ce qui a engendré des terrassements titanesques et
d’énormes quantités de terres.(voir l’implantation des blocs par rapport aux
courbes de niveau, sur le plan d’aménagement du projet 3 000 logements AADL
de KEK, annexe 01)

Figure 4.11 : Terrassements importants en cours dans le chantier de 3 000 logements AADL à KEK
(source : auteur)

Et d’après les chiffres déclarés par l’entreprise, le volume des terres est de 110 518.89 m3. Ce
qui nous donne 198 934 tonnes (110 518.89 m3 x 1.8 tonnes).

Pour récapituler, la quantité des déchets de construction produite sur ce chantier est de :

Source du déchet Déchets des Déchets des Déchets Déchets de Déchets de


terrassements radiers des Atalus construction démolition

Quantité (tonnes) 198 934 1 080 500 435 000 6 000

Type de déchet Terre Béton armé Autres déchets inertes


naturelle

Quantité (tonnes) 198 934 1 580 441 000

Total 641 514 tonnes

Tableau 4.3 : Récapitulatif des quantités de déchets générées dans le chantier de 3 000 logements AADL à
KEK. (Source : auteur)

56
Chapitre IV : Cas d'étude.

Ces quantités énormes de déchets sont causées par :

- La mauvaise gestion du chantier en termes d’approvisionnement et stockage des


matériaux.
- Absence de planification en amont et durant le chantier.
- Absence de coordination entre les responsables des différentes taches sur chantier, si
nous prenantl’exemple des équipes de maçonnerie interviennent toujours avant les
équipes de conduites de fumées (shunts), et parfois les murs piétinent sur les
réservations des shunts, ce qui oblige ces dernières à le démolir et le reconstruire
ensuite.
- L’étude du projet est une adaptation d’un autre projet sur ce site, et beaucoup de
contraintes liées au terrain ne sont pas prises en charge. Les modifications s’effectuent
sur chantier, ce quiengendre évidemment plus des déchets.

IV.2.3 Les modes d’élimination des déchets du chantier

L’entreprise déverse une grande partie des déchets dans une décharge sauvage qui se situe
à la limite du chantier. Cette décharge est à l’origine une retenue collinaire, exploitée ensuite
illégalement par l’entreprise. Cette dernière est appelée à remettre tout à son état initial avant
de quitter les lieux, surtout qu’un projet de DALOT est prévu au niveau de la retenue
collinaire, mais elle continue toujours à déverser ces déchets dans cet endroit.

Figure 4.12 :La retenue collinaire exploitée comme décharge pour les déchets de
construction du chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)

57
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.13 :Situation de la décharge


décha par rapport au chantier de 3 000 logements AADL à KEK (Google-
Earth)

Figure 4.14 :Etat actuel dee la décharge


dé du chantier de 3 000 logements AADL à KEK (Google-Earth)

58
Chapitre IV : Cas d'étude.

Une partie des déchets est exploitée comme remblai dans les travaux VRD, mais
malheureusement cette opération ne se fait pas dans les normes, du fait qu’elle se fait sans
aucun tri au préalable.

Figure 4.15 :Un tas de déchets déchargé pour les travaux d’aménagement d’une voie dans le
chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)

Le reste des déchets est jeté sur les limites du chantier, surtout aux bordures du
Chemin Communal (voir figure 4.6 : situation du projet).

Figure 4.16 :Déchets déversés sur la limite Sud-Est du chantier de 3 000


logements AADL à KEK (source : auteur)
59
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.17 :Déchets déversés sur la bordure du Chemin Communal, à côté du


chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)

Malgré l’existence de dispositions pénales qui stipule que quiconque dépose, jette ou
abandonne des déchets inertes sur tout site non désigné à cet effet et notamment sur la voie
publique est puni d’une amende de dix mille à cinquante mille dinars (voir chapitre III page
29).L’entreprise n’est jamais pénalisée pour ses pratiques illégales.

60
Chapitre IV : Cas d'étude.

IV.3 LES DECHETS


S DE DEMOLITION D’UNE VILLA D’UN
N PA
PARTICULIER
DANS LA VILLE DE [Link] :

IV.3.1 Situation et prés


présentation du cas d’études

La bâtisse démolie est une


un villa d’un particulier, qui se situe dans
ans le lotissement « El-
Bordj », commune de Tizi-Ouz
Ouzou. Elle est d’une surface d’emprise au
u sol de
d 135.00 m² et se
développe en RDC + S. Sol.

Figure 4.18 : Situation de la villa


vil démolie dans le lotissement El-Bordj, à Tizi-Ouzou
Ouzou (Google Earth).

IV.3.2 La procédure
ure de démolition et d’élimination des déchets

Avant d’entamer la démolition,


dém le propriétaire a récupéré toutes
es les portes et fenêtres
de cette bâtisse afin de les utiliser
uti dans une autre bâtisse en cours de construction
co qui lui
appartient. Il a pris le soin
in de les enlever avec précautions et d’adapter
pter les
le dimensions des
ouvertures de la nouvelle construction
constr aux dimensions des ouvrants qu’il
’il a pu
p récupérer.

61
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.19 :Ouvrants enlevés avant la démolition de la villa du lotissement El-Bordj


(source : auteur)

Le propriétaire à appliquer la technique de « la réutilisation » (voir chapitre II), qui


permet la prolongation de la durée de vie du matériau, et dans ce cas ces menuiseries ne sont
plus considérées comme des déchets. Par cette initiative, le propriétaire a respecté
l’environnement et a économisé de l’argent.

Une fois la démolition est achevée, les aciers ont été séparés du béton, et grâce au tri le
propriétaire a pu vendre 23.40 tonnes de ferraille et06 tonnes d’acier à un collecteur privé.

Pour les autres déchets (blocs en béton, briques, terres…), le propriétaire a produit une
quantité qui avoisine les 480 tonnes, mais ce dernier a su comment les expédier à moindre
cout. Il a trouvé un chantier près du sien (à nouvelle ville, les environs de la clinique
Slimana), où l’éboulement des terres à la limite du terrain côté route a causé la fermeture
d’une voie, alors ce dernier a transporté ces déchets afin de les utiliser comme remblais et
assise solide pour la route endommagée.

62
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.20 :Le trajet parcouru


couru pour le transport des déchets mélangés de la démolitio
molition de la villa du
lotissement El-Bordj (source : auteur)

Ce particulier a fait des


es économies
éco sur le transport des déchets le fait qu’il
q les a déplacé
sur un trajet d’environ 1.5 kilomètre,
kilom et cela tout en respectant l’environneme
nnement.

IV.3.3 La gestion des déchets


d de démolition dans la ville de Tizi--Ouzou
Une gestion efficacee des déchets de démolition par les générat
énérateurs, se résume
malheureusement à des cas isolés,
iso plus précisément dans la ville de Tizi
izi-Ouzou, où nous
avons constaté l’abondance
ce des décharges et dépotoirs en plein milieu
u de la ville.D’après les
services du Ministère de l'Environnement,
l'Env la wilaya de Tizi-Ouzou comp
compte plus de 1 236
décharges sauvages sur une
ne superficie
sup totale évaluée à 202,35 ha50.

50
Hamza CHENITI, Thèse pour obten
btenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des
es dé
déchets urbains solides
: cas de la ville d’Annaba, Université
rsité Badji Mokhtar, Faculté des Sciences de la Terre Dép
Département des Mines-
Annaba- 2014.

63
Chapitre IV : Cas d'étude.

Figure 4.21 :Décharge sauvage au-dessous du quartier les genets, ville de Tizi-
Ouzou(source : auteur)

Figure 4.22 :Dépotoir sauvage au sein du quartier les 600, nouvelle-ville de Tizi-Ouzou (source :
auteur)

64
Chapitre IV : Cas d'étude.

Afin de lutter contre ces décharges et dépotoirs sauvages, le projet de réalisation d’un
Centre d’Enfouissement pour les déchets inertesest en cours d’étude.

Il sera implanté dans la commune de Tizi-Ouzou, le lieu-ditBouaid, situé à l'ouest du


chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, d'une superficie de 7 ha (voir annexe 04).

Les déchets admissibles dans ce centre sans essais51sont :

- Les bétons ;
- Les pierres ;
- Les tuiles et les céramiques ;
- Les briques ;
- Les déchets de verre ;
- L’amiante lié aux matériaux inertes (en alvéoles spécifiques) ;
- Les enrobés bitumineux, sans goudron.

Il est toutefois rare de trouver des déchets inertes matériellement séparés de résidus
organiques ou non inertes. C’est pourquoi il reste essentiel de procéder au tri préalable des
déchets et à la déconstruction sélective.

51
Notice d’impact sur l’environnement du centre pour déchets inertes de Bouaid, Direction de l’environnement
de la wilaya de Tizi-Ouzou.

65
Chapitre IV : Cas d'étude.

Conclusion :

Les différentes enquêtes effectuées sur terrain, et l’analyse des différents cas d’étude
ont permis de confirmer que les déchets de construction en Algérie ne sont pas pris en charge
par les organismes concernés. En effet, comme nous l’avons constaté dans le cas d’étude des
déchets et débris des constructions issus du séisme de 2003, les installations d’élimination
existantes sont insuffisantes et les déchets sont déversés dans des décharges sauvages. Comme
c’est le cas pour la ville de Thenia a déversé ces déchets dans une chaabat. Mais remblayer un
cours d'eau n'est pas une solution durable, car la nature revient toujours à ces origines, et c'est
ce que nous avons pu constater sur terrain.

Pour le cas du projet étatique de 3 000 logements à Khemis-El-Khechna nous avons


aussi constaté qu’il n’y a aucune surveillance n’est effectuée par l’état et les textes
règlementaires ne sont pas appliqués. L’entreprise se retrouve libre dans sa gestion des
déchets et aucune contrainte n’est imposée par le maitre de l’ouvrage. La traçabilité des
déchets devient une tâche impossible malgré l’importance du projet et des quantités des
déchets générées.

Dans le cas de la gestion des déchets de démolition par un particulier, l’exemple que
nous avons suivi est plutôt un modèle à suivre. Grâce au tri et à la valorisation des déchets de
cette démolition, et la diminution du trajet de transport de ces déchets, le propriétaire a pu
faire des économies considérables, tout en respectant l'environnement.

Ce genre d'attitude doit s'étaler à plus grande échelle, et pour cela les autorités
concernées doivent prendre des initiatives afin d'encourager et d'informer les citoyens de
l'importance de la gestion des déchets, en mettant à leurs dispositions les moyens nécessaires
(centres de tri, centres d'enfouissement).

66
Chapitre IV : Cas d'étude.

IV.4 RECOMMANDATIONS ET SOLUTIONS À ENVISAGER

La problématique de la gestion des déchets de chantier est un sujet très sensible qui devait
être pris en charge dans les médiats et nos recommandations sont les suivantes :

- Sensibiliser et informer les maîtres d'ouvrage et les maîtres d’œuvre sur la nécessité de
prendre en compte le coût et les moyens à mettre en œuvre pour une bonne gestion des
déchets et leur valorisation dans les marchés.
- Assurer des contrôles sur le respect des textes réglementaires et des lois qui ont été
promulguées.
- Développer une stratégie qui repose sur le principe de précaution-prévention, le
principe du pollueur-payeur, le principe de producteur-récupérateur, et le rôle de
l’information et de la sensibilisation du citoyen.
- Accompagner l'information et la formation des acteurs du secteur du BTP afin de
développer le tri sur chantier et les bonnes pratiques environnementales,
- Intégrer dans le cahier des charges des clauses précises relatives à la gestion des
déchets de chantier concernant : le tri sélectif ; la protection des déchets contre les
dégradations (ex : intempéries) ; la levée et la dépose des containers…
- Intégrer en amont du projet un expert ayant pour objectif d’analyser le futur projet
(construction/ rénovation / démolition) et de définir avec les autres acteurs (architecte /
entreprises / MO…) les possibilités de réduire la production des déchets (choix des
principes constructifs / matériaux…) ; la planification de la gestion des déchets
produits sur le chantier (identification de la typologie des déchets/ recherche des
filières de reprise / localisation et taille des containers / information et formation des
ouvriers…)
- Recenser les installations de stockage, de regroupement et de valorisation des déchets
du BTP et informer les entreprises de leur localisation pour en faciliter l’accès,
- Développer et dynamiser le marché de la valorisation (récupération ; recyclage...).
Ce développement quia pour effet retour de favoriser le tri et la gestion intégrée des
déchets de chantier sur chantier.

67
Chapitre IV : Cas d'étude.

- Valoriser les déchets par réemploi, recyclage ou toute autre action visant à obtenir à
partir des déchets des matériaux réutilisables ou de l'énergie ;
- Choisir, lors de la construction, si possible des matériaux recyclables, réutilisables ou,
au minimum, éliminables sans danger, lorsque le bâtiment devra être démoli ;
- Encourager via divers mécanismes l’écoconstruction (une construction plus durable
contenant moins de substances dangereuses, utilisant des techniques et matériaux qui
facilitent le démontage ou la réutilisation, contenant plus de matériaux recyclés et
recyclables, mais moins de matériaux composites qui compliquent ultérieurement le
tri…)
- Inciter des fabricants à mettre sur le marché des matériaux et produits de constructions
recyclables et recyclés de manière effective.

68
Liste des figures :

Figure 2.1 : Structure brique mono mur en terre cuite du projet des 39 logements, France.
(ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) ...........................14

Figure 2.2 :façades de la construction d’Argentan (France), avec les matériaux réemployés et
réutilisés.(ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets)20

Figure 2.3 : Façades du musée d’histoire de Ningbo (Chine) avec les matériaux réutilisés.
(ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets) ................21

Figure2.4 : Façades en palettes démontables.(ADEME, Bâtiments et Travaux Publics -


Prévention et valorisation des déchets) ....................................................................................24

Figure 4.1 : Situation du cours d'eau de la ville Thenia (Google-Earth)...............................50

Figure 4.2 : Image satellite de Mars 2003, à Thenia (Google-Earth) .....................................50

Figure 4.3 : Image satellite de Mai 2019, à Thenia (Google-Earth) .......................................51

Figure 4.4 : Vue sur les remblais du cours d'eau (Source : auteur) .........................................51

Figure 4.5 : Affaissement des terres sur une partie des remblais (Source : auteur) ................51

Figure4.6 : Situation du projet de 3 000 logements AADL à Khemis-El-Khechna (Google-


Earth) ........................................................................................................................................52

Figure 4.7: Réparation des ségrégations dans un voile d’un bloc du projet de 3 000 logements
AADL à Khemis-El-Khechna(Source : auteur) .......................................................................53

Figure 4.8 : Matériaux de construction mal stockés et éparpillés dans tout le chantier de 3 000
logements AADL à Khemis-El-Khechna (Source : auteur) .....................................................54

Figure 4.9 : Vue sur les bâtisses existantes sur le site des 3 000 logements AADL à Khemis-
El-Khechna, avant leur démolition (Source : auteur) ..............................................................55

Figure 4.10 : Affaissement des terres et fissuration du radier dans le chantier de 3 000
logements AADL de KEK (Source : auteur) ...........................................................................55
Figure 4.11 : Terrassements importants en cours dans le chantier de 3 000 logements AADL
à KEK (source : auteur) ............................................................................................................56

Figure 4.12 : La retenue collinaire exploitée comme décharge pour les déchets de
construction du chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur) ........................57

Figure 4.13 : Situation de la décharge par rapport au chantier de 3 000 logements AADL à
KEK(Google-Earth) .................................................................................................................58

Figure 4.14 : Etat actuel de la décharge du chantier de 3 000 logements AADL à KEK
(Google-Earth) .........................................................................................................................58

Figure 4.15 : Un tas de déchets déchargé pour les travaux d’aménagement d’une voie dans le
chantier de 3 000 logements AADL à KEK (source : auteur)..................................................59

Figure 4.16 : Déchets déversés sur la limite Sud-Est du chantier de 3 000 logements AADL à
KEK (source : auteur) ..............................................................................................................59

Figure 4.17 : Déchets déversés sur la bordure du Chemin Communal, à côté du chantier de
3000 logements AADL à KEK (source : auteur) .....................................................................60

Figure 4.18 : Situation de la villa démolie dans le lotissement El-Bordj, à Tizi-Ouzou


(Google-Earth) .........................................................................................................................61

Figure 4.19 : Ouvrants enlevés avant la démolition de la villa du lotissement El-Bordj


(source : auteur) ........................................................................................................................62

Figure 4.20 : Le trajet parcouru pour le transport des déchets mélangés de la démolition de la
villa du lotissement El-Bordj (source : auteur) ........................................................................63

Figure 4.21 : Décharge sauvage au-dessous du quartier les genets, ville de Tizi-Ouzou
(source : auteur) ........................................................................................................................64

Figure 4.22 : Dépotoir sauvage au sein du quartier les 600, nouvelle-ville de Tizi-Ouzou
(source : auteur) ........................................................................................................................64
Liste des tableaux et schémas :

Schéma 2.1 : Principes de conception des bâtiments pour limiter la production de


déchets(ADEME, Economie circulaire) ...................................................................................12

Tableau 2.1 : Bilan des déchets produits dans le chantier des 39 logements, France.
(ADEME, Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) ...........................15

Tableau 2.2 : Valorisation des déchets du chantier des 39 logements, France. (ADEME,
Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction) .............................................15

Diagramme 3.1 : Modes d’élimination des déchets en Algérie (MATE 2004) ......................34

Tableau 3.1 : Le pouvoir calorifique PCI de quelques matériaux. (Cercle National du


Recyclage) ................................................................................................................................44

Tableau 4.1 : Consistance du projet 3000 (marché des travaux de réalisation du projet 3 000
logements AADL de KEK) ......................................................................................................53

Tableau 4.2 : Poids des déchets engendrés par la construction des 3 000 logements AADL à
Khemis-El-Khechna(Source : auteur) ......................................................................................54

Tableau 4.3 : Récapitulatif des quantités de déchets générées dans le chantier de 3 000
logements AADL à KEK (Source : auteur) .............................................................................56
LISTE DES ABREVIATION :

ADEME :Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (en France).

AND : Agence Nationale des Déchets (en Algérie).

BTP et TP (secteurs) : Bâtiment & Travaux publics ou Travaux publics seuls.

CET :Centre d’Enfouissement Technique.

CNFE :Conservatoire National des Formations à l’Environnement (en Algérie).

HQE :Haute Qualité Environnementale.

MATE :Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement jusqu’à 2007.

MATET :Ministère de l’Aménagement du Territoire de l’Environnement et du Tourisme.

ONEDD :Observatoire National de l’Environnement et du Développement Durable.

PED :Pays En voie de Développement.

PNAE-DD :Plan National d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (en


Algérie).

PRPGD : plan régional de prévention et de gestion des déchets (plan « unique » pour DND,
DD et déchets duBTP).

SNE :Stratégie Nationale Environnementale (en Algérie).

SOGED : Le Schéma d’Organisation et de Gestion des Déchets(en France).

SOES : désormais SDES, Service des Données et Etudes Statistiques du ministère chargé de
l’écologie (en France).

SOSED :Schéma d’Organisation et de Suivi de l’Elimination des Déchets de chantier.

TECV : loi de Transition énergétique pour la croissance verte (en France).

72
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Alain Liébard, André De Herde (2004), Traité d’architecture et d’urbanisme bioclimatiques :


Concevoir, édifier et aménager avec le développement durable, [Link].

Bureau Véritas, guide des bonnes pratiques menuiseries fenêtres portes-fenêtres vitrage, le
moniteur.

Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, l’urbanisme durable concevoir un


écoquartier, Le moniteur.

Christian Lemaitre, Mise en œuvre et emploi des matériaux de construction, Eyrolles.

Dominique Gauzin Muller, l’architecture écologique 29 exemples Européens, Le moniteur.

Francis D. K. Ching, Guide technique et pratique de la construction, Modulo.

Friedrich Kur, l’habitat écologique Quels matériaux choisir ?, terre vivante.

Jean Hetzel, (2014), Bâtiments et aménagement durable : Bien-être, vie urbaine et


écoquartier, AFNOR.

Jean Hetzel, indicateurs du développement durable dans la construction, afnor.

Jean Louis Granju, introduction au béton armé théorie et applications courantes selon
l’Eurocode 2, Afnor.

Nadia Hoyet, Matériaux et architecture durable Fabrication et transformations Propriétés


physiques et architecturales Approche environnementale, DUNOD.

73
Thèses doctorales :

Taoufik Saoumi (2009), Ecoquartiers : secrets de fabrication, Le carnet de l’info.


Fadila MEZOUARI. SANDJAKDINE, Thèse pour obtenir le grade de Docteur De l’Ecole
Polytechnique D’architecture et d’Urbanisme en co-tutelle avec l’Universite de Limoges,
Discipline: Architecture et EnvironnementChimie et Microbiologie de l’eau, le 17 Mars
2011.

Hamza CHENITI, Thèse pour obtenir le diplôme de Docteur 3ème cycle, la gestion des
déchets urbains solides : cas de la ville d’Annaba,Université Badji Mokhtar, Faculté des
Sciences de la Terre Département des Mines-Annaba- 2014.

Rapports :

Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 3 – 3e trimestre 2005, Quelles solutions pour le recyclage
des déchets du bâtiment ? Des questions et des réponses, PUBLIÉ EN FÉVRIER 2006
Notice d’impact sur l’environnement du centre pour dechets inertes de Bouaid, Direction de
l’environnement de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Programme d’Aménagement Côtier (PAC) "Zone côtière algéroise"

LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIEE AUX DECHETS SOLIDES - DIAGNOSTIC –


Juin 2004

Sites internet :

ADEME, Bâtiments et Travaux Publics - Prévention et valorisation des déchets,


[Link]

ADEME – consultation des articles publiés par l’Agence de l’Environnement et de la


Maitrise de l’Energie : [Link]
impacts/reduire-cout-dechets/dossier/dechets/quest-quun-dechet

ADEME – consultation des rapports de l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de


l’Energie : [Link]/mediatheque

74
ADEME, Rapport« Economie circulaire »,
[Link]
8&ved=2ahUKEwiLgafr4pTjAhUlx4UKHXruA7QQjhx6BAgBEAI&url=https%3A%2F%2
[Link]%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fassets%2Fdocuments%2Fcide-btp-2018-
[Link]&psig=AOvVaw3h_OV-5eNG1XPk3jmMV9Dy&ust=1562106623588059

ADEME, Rapport« Gestion et valorisation des déchets de chantier de construction »,


[Link]
&ved=2ahUKEwjq-
fus6pTjAhVRzBoKHa2JB3cQFjAAegQIAhAC&url=https%3A%2F%[Link]-energie-
[Link]%2Fged%2Fademe-guide7-
[Link]&usg=AOvVaw3cmUYyTjyRMAk8YYlIpg6R

Label Chantiers verts: [Link]

Légifrance - Consultation des textes de lois françaises : [Link]

Loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTECV)[Link]-


[Link]

Plateforme ÉcoQuartier et son centre de documentation:


[Link]

Programme national de prévention des déchets 2014-2020 (PNPD) [Link]-


[Link]

Service public - Consultation des textes de lois françaises : [Link]

Site du Cercle National du Recyclage, [Link]

Site officiel de l’Assemblée Populaire Nationale- consultation des textes de lois et décret
algériens : [Link]

75

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