Architecture communautaire en Suisse
Architecture communautaire en Suisse
Enoncé théorique
Réalisé par:
Noémie Tschabold
Introduction p.6
Conclusion p.78
Introduction
6
Stand à Nyon, choisies pour leur diversité de processus de construc-
tion. Elles me permettent ensuite de procéder à une analyse des
éléments spatiaux communautaires qui leur sont similaires, et d’en
extraire des schémas.
7
Définition préalable
8
Lacroix, la manière dont la communauté se détache de la société
dominante du plus simple au plus radical. Les six variables sont :
le travail, l’argent, les tâches, l’autorité, la sexualité et l’éducation.
Celles-ci sont suffisantes pour Lacroix afin de comprendre et clas-
ser les communautés. Chacune de ces variables ont un impact plus
ou moins important sur le bâtiment. Par exemple, si le travail de
subsistance est à l’extérieur de l’aire communautaire, les individus
ont besoin principalement d’un lit et d’une cuisine qu’ils et elles
n’occupent même pas la moitié de la journée. Alors que si le travail
est interne, certaines pièces doivent y être dédiées, comme un bu-
reau si c’est de l’administratif, un atelier pour des artistes ou encore
une grange pour l’agriculture. Concernant la sexualité, si elle reste
dans le cadre du couple légal, le couple partage une chambre indi-
viduelle pour préserver son intimité. Si la sexualité est collective,
alors le degré de privacité est peut-être plus faible et on peut retrou-
ver des dortoirs plutôt que des chambres individuelles. Le nombre
de pièces, ou de lits dans les communautés peuvent donc varier.
Ce sont ces conséquences spatiales, ces changements apportés par
la communauté qui vont m’intéresser pour la suite de ce travail. Car
la spatialité permet de comprendre des aspects sociaux, politiques
mais aussi des modes de fonctionnement d’une communauté et vice
versa.
9
Les communautés en Suisse
De 1900 à aujourd’hui
2. Line Fontana, Renouveler la ville depuis l’intérieur : explorer les conditions ar-
chitecturales d’un commun (Genève: HEAD - Genève, 2021).
3. Kaj Noschis, Monte Verità: Ascona et le génie du lieu, Le savoir suisse 73. Arts
& culture (Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romandes, 2011).
10
1914-1918 : Première Guerre mondiale4
Il est bien connu aujourd’hui, que la neutralité de la Suisse ne l’a
pas entièrement protégée de la guerre. Certaines conséquences ont
apporté, pour l’industrie des machines, des armes et les banques
un bilan positif mais les conséquences étaient principalement néga-
tives, comme l’importation des matières premières qui, entre 1913
et 1917, a diminué de moitié5. Le coût de la vie pendant la guerre
double et le salaire moyen n’augmente pas suffisamment. Un écart
se creuse entre la classe moyenne qui s’appauvrit et la classe ai-
sée qui s’enrichit encore plus. Ces effets auront une grande consé-
quence sur la classe ouvrière qui se révolte en 1918 ce qui a été « la
crise sociale la plus profonde de son [la Suisse] histoire. » (Gubler).
Un problème s’ajoute à la crise des classes : celui du logement, car
la demande est supérieure à l’offre et les loyers augmentent. Il y a
donc dès 1918 un nouveau besoin en logements adaptés aux moyens
financiers de la classe ouvrière qui apparaît, une classe qui est à ce
moment dénigrée et ignorée par la classe bourgeoise qui en a peur.
Face à ces inégalités générales et la grève, la Confédération inter-
vient, le parti socialiste peut occuper de manière proportionnelle le
parlement et une taxe est ajoutée sur les hauts capitaux fondés pen-
dant la guerre.
11
Par cette exposition, le Schweizerischer Werkbund prend une posi-
tion politique, défendant la classe ouvrière, ce sera très mal perçu
par la corporation de l’Heimatschutz par exemple, très conserva-
trice, qui dénonce ces idées, défendant que chaque classe sociale
a son logement et qu’une villa n’est pas destinée à une famille ou-
vrière.
1919
Après une année de débats et de questionnements, 1919 a été une
année de projets intéressants. A Olten, une association se crée,
souhaitant regrouper les modèles coopératifs suisses. Elle se
nomme « L’Union suisse pour l’amélioration du logement », USAL.
Ses membres viennent de diverses régions et de 17 cantons diffé-
rents. Elle a comme objectifs d’« étudier puis définir les formules
optimales de la coopérative d’habitation, diffuser largement une
méthode opérationnelle, influencer la législation, nouer des contacts
avec des associations étrangères œuvrant dans un sens identique,
prendre parti pour une politique foncière « sociale », dénoncer et
combattre la spéculation immobilière. »6. L’UVAL a réussi à obtenir
quelques crédits de la confédération, mais pas des sommes suffi-
santes à leurs objectifs, ni régulières. L’association n’a pas réussi
à exercer une influence nationale comme elle le désirait mais elle a
cependant beaucoup influencé des villes comme Bâle, Zürich et Ge-
nève. C’est par l’UVAL que l’on retrouve les principes des cités-jar-
dins en Suisse, déjà présents avant la guerre en Angleterre ou en
Allemagne.
12
mobiles et, pendant la guerre, d’armes). En plus des appartements
de 3.5 pièces, le programme demandait des espaces communs et
de loisirs comme un restaurant, une bibliothèque, une buanderie,
une salle de réunion, un espace pour les jeunes, pour les personnes
retraitées, … Le deuxième prix du concours revient à Hans Schmidt,
jeune diplômé de l’école polytechnique et élève de Hans Bernoulli
(jury), qui dessine un projet nouveau, axé sur l’utilitaire. Il propose
des rues sur un axe nord-sud pour un bon ensoleillement des fa-
çades orientées est-ouest et certaines typologies sont traversantes
avec une Wohnküche. Schmidt utilise le tracé des sentiers pour pré-
server la privacité de chaque logement, tout en gardant une forme
régulière de parcelle. Dans son projet, Schmidt résout les questions
d’égalité des logements et de privacité, sans hiérarchie car on ne
retrouve pas de maisons de maîtres.
13
terminer les différents besoins variants suivant le nombre de per-
sonnes au sein d’un foyer et leur revenu. De manière très fonction-
nelle, six catégories d’appartement en sont ressorties. Une maison
communautaire est aussi prévue « Genossenschaftshaus », sur l’axe
principal avec un place centrale sur laquelle se trouve une fontaine
et une pyramide commémorative.
Le projet a aussi un aspect très économique, même si à la fin de la
construction le budget sera dépassé. L’économie se traduit par l’or-
thogonalité, les parcelles systématisées et la normalisation des ma-
tériaux. Ces aspects donnent aussi un caractère uniforme au quar-
tier. Pour pousser la réflexion sociale, Hannes Meyer va habiter cinq
ans dans le Freidorf afin de prolonger son engagement d’architecte
à la vie collective du terrain. Il a occupé un logement de la partie sud
du Freidorf qui forme aussi une placette avec une fontaine et dont
les loyers sont plus élevés.
14
destiné surtout aux femmes de la coopérative mais ouvert à tous et
géré par l’association des femmes de Zürich. Dans ce bâtiment les
logements sont organisés en dix chambres individuelles mais parta-
geant des salles de bains communes. On remarque par ce projet que
le logement coopératif s’ouvre à d’autres publics que les ouvriers et
les familles.
Le livre fait ensuite un saut dans les projets suisses jusqu’à 1960.
C’est à partir de là que le mot Siedlung commence à apparaître, que
l’on peut traduire en français par lotissement. Hans Schmidt et Paul
Artaria ont été précurseurs en dessinant, avec leurs expériences al-
lemandes respectives, le projet du Siedlung Spitzwaldstrasse déjà
en 1927. Le lotissement a deux façades différentes, une côté jardin,
l’autre côté rue, la toiture est plate et les fenêtres sont en longueur.
Le Siedlung est l’évolution des coopératives vues précédemment et,
au lieu de se baser sur des aspects néoclassiques, utilise le béton
armé qui est en plein essor dans les années 30. C’est la prouesse du
matériau et l’architecture moderne qui en découle qui est mise en
avant plutôt que l’aspect social.
11. Margrit Hugentobler, Andreas Hofer, et Pia Simmendinger, More than Housing:
Cooperative Planning - A Case Study in Zurich (Birkhäuser, 2015).
12. « Siedlung Halen », Siedlung Halen, consulté le 12 janvier 2023, [Link]
[Link]/.
15
buanderies, une piscine couverte, des places de jeux, un magasin
et un café.
Le début des années 1970 est fortement influencé par les manifes-
tations de mai 68. Venant de France, le mouvement arrive dans les
villes proches de la frontière, Genève, Bâle et Zürich. La dernière se
fait vite reprendre par la main policière « à l’allemande »14 mais à
Bâle le mouvement persiste et l’Organisation progressive (OPB) est
créée par des étudiants et des apprentis. Elle va cependant se sépa-
rer en deux groupes, les partisant-e-s de la drogue et les autres qui
forment Hydra. Le groupe milite au début pour les droits et le respect
des apprentis, ensuite pour la défense des immigrés et, devenant
de plus en plus influent, le groupe attaque des grandes multinatio-
nales. Les actions d’Hydra font peur et le groupe subit de plus en
plus d’attaques. Il décide alors de proposer, en 1972, quelque chose
de nouveau : un texte, La crise, une offensive « la date est à noter
car, au début de 1972, rares étaient ceux qui voyaient la crise ! »15 .
16
embouteillées, de mauvaises écoles, souvent sans instituteurs,
misère des hôpitaux et manque de médecins, misère des logements
ou logements trop chers. »
« Nous respirons des gaz, buvons de la lessive, bercés au chant des
marteaux-piqueurs. Notre journée est un horaire, notre rendement
est exactement mesuré. L’usine programme notre rythme de vie :
travail productif, loisir récréatif, (…). Dans les 3 pièces-cuisine, les
tensions entre parents et enfants deviennent explosives. C’est ce
que les gens instruits appellent le conflit des générations. Faute
d’amour, de tendresse, les jeunes sont rejetés, de plus en plus nom-
breux, dans les poubelles et la soi-disant délinquance. Ils fuient pour
chercher une issue : drogue, alcool, suicide. Leurs émotions et leurs
tendances les plus naïves et les plus normales sont férocement ré-
primées, leurs énergies systématiquement saccagées par des mass
médias abrutissantes, canalisées et régies par toutes sortes de bu-
reaucraties étatiques. »
17
En Suisse et particulièrement à Genève, un autre mouvement est
né de mai 68 et dénonce, comme dans le texte Hydra, la crise du
logement. Ce mouvement décide de s’installer dans des bâtiments
qui sont voués à être détruits, et par la présence physique de ses
occupants, retarder ou annuler leur démolition. Ce mouvement est
celui du squat. Spatial Agency en donne une définition dans son
livre other ways of doing architecture : « Squatting is defined in the
broadest sense as the occupation and transformation of land and
buildings that are unused or underused. It is based on the assump-
tion that occupation and use constitutes a right in itself, above and
beyond legal ownership. »16
16. Awan Nishat, Tatjana Schneider, et Jeremy Till, SPATIAL AGENCY, other ways
of doing architecture, s. d.
17. « Ne détruisez pas les Grottes! », video, [Link], 10 février 1981, [Link]
[Link]/archives/tv/divers/regards-presence-protestante/10366140-ne-detruisez-
[Link].
18. P.M., Bolo’ bolo (Paris: Ed. de l’Eclat, 2020).
19. P.M.
18
nécessaire à l’autosuffisance et au circuit court est mis en place.
Le BOLO urbain va réutiliser les bâtiments existants, supprimant la
voiture, réutilisant la rue comme lieu de vie en y construisant des
espaces de circulation couverts. Les immeubles réhabilités sont re-
liés entre eux et les supermarchés et les banques sont transformés
en ateliers.
Cette utopie réalisable m’a suivi tout au long de ma réflexion et j’ai
décidé de reprendre certains principes, particulièrement des élé-
ments de l’ASA’PILI, pour mon analyse. Je vois dans BOLO un mé-
lange de toutes les utopies actuelles ou passées, entre des principes
aujourd’hui appelés écovillage ou squat urbain.
19
1991 : Ouverture du squat de Wohlgroth, Zürich22
Au début, 30 personnes squattent dans cinq bâtiments, trois de
l’usine et deux immeubles voisins. Les habitant-e-s organisent ra-
pidement la « Volksküche », une cuisine ouverte à tous. Le squat
développera un cinéma, une salle de concert, des ateliers d’artistes
et une bibliothèque et occupera de plus en plus d’espace dans le
quartier, en y ajoutant des bâtiments, et prendra plus de place dans
la culture zurichoise. Ce sont finalement plus de 500 personnes qui
sont évacuées en 1993.
A la fin des années 1990, avec l’arrivée du contrat de confiance et le
mode de vie tout de même intense et incertain des squats, de nou-
velles formes d’organisations se créent, des nouvelles coopératives
de logement. Contrairement à celles des années 1920, ces coopéra-
tives émergent directement de groupes d’habitant-e-s de squat qui
souhaitent pouvoir pérenniser leur habitat. Ce principe donne ac-
cès à la vie communautaire à un autre public qui trouvait les squats
peut-être trop extrêmes. Si les squats ont été éphémères, la plupart
de ces coopératives créées dans ces années existent encore.
22. Maryam Khatibi, « A Socio-Spatial Approach to the First Legal Hall Dwelling
Setting in Switzerland: The Case Study of Hallenwohnen in Zurich », Journal of
Housing and the Built Environment, 23 septembre 2022, [Link]
s10901-022-09980-y.
23. « Genossenschaft Karthago Geschichte », consulté le 12 janvier 2023, https://
[Link]/geschichte/.
20
1997 : Création de la Codha, rachat du squat Plantamour, Genève24
L’immeuble rue Plantamour a été occupé pendant plusieurs années,
jusqu’à ce que la Coopérative de l’habitat associatif (Codha) le ra-
chète. Elle propose une nouvelle manière d’opérer dans laquelle
l’habitant-e s’implique dans le processus de rénovation. Cette action
permet des loyers modérés dans le quartier des Pâquis, tout proche
du lac.
21
pour justifier une nouvelle construction, qu’elle ait une tendance
communautaire ou non.
22
2018 : Écoquartier de la Jonction, Dreier Frenzel architecture et
communication, Genève30
Le site du projet accueillait de base les services industriels de Ge-
nève, mais ceux-ci ont déménagé au Lignon à la fin des années 90.
Dès 1996, le site est transformé de manière autogérée par la culture
alternative de Genève et devient Artamis, qui y installe quatre salles
de concert, un café, un lieu pour travailler, une boîte de nuit, une
salle polyvalente… Mais dans les années 2000, la ville de Genève fait
un état des lieux de ses sites pollués et Artamis en fait partie. La
ville décide de procéder à un assainissement et demande à Artamis
de partir, ne pouvant pas relocaliser la plupart de ses services. C’est
sur ce site dépollué qu’un projet d’écoquartier d’environ 300 loge-
ments va naître dont l’un est géré par la Codha, un autre le logement
social de la ville de Genève et un privé. Les rez-de-chaussée sont
commerciaux, les toitures sont des jardins communs et au sein des
bâtiments on retrouve la même structure mais des appartements de
toutes tailles dont des clusters.
23
2022 : Écoquartier du Stand, farra zoumboulakis et associés, Nyon
Les maîtres d’ouvrages sont la Codha et la ville de Nyon et un
concours d’architecture a eu lieu en 2013. C’est le projet des archi-
tectes farra zoumboulakis et associés, trois immeubles accueillant
au total 127 appartements, du 2.5 pièces au cluster qui l’a rempor-
té. Le projet joue avec la pente et plusieurs hauteurs pour obtenir
un maximum de lumières dans les appartements. On retrouve aussi
beaucoup d’espaces communs: un local ado, des jardins, des salles
communes, une place de jeux, qui sont gérés par la coopérative mais
aussi une crèche et un local de quartier gérés par la ville de Nyon.
24
Auto-construction
31. « Notre histoire », Les Castors (blog), consulté le 31 décembre 2022, https://
[Link]/notre-histoire/.
32. « Coopératives d’autoconstruction », Autoconstruction - Selbstbau - Autocos-
truzione (blog), consulté le 31 décembre 2022, [Link]
tives-dauto-construction/.
33. Mélanie Laurent, « Mémoire de fin d’études : “L’évolution de l’auto-construc-
tion : de la construction accompagnée à l’ubérisation” », Université de Liège - Fa-
culté d’architecture, 2020 2019.
25
to-construits existants ont été faits de manière officieuse et illégale,
dans des friches, des squats ou des jardins et ceux-ci restent donc
souvent éloignés des procédures légales.
En 2020 j’ai rencontré Nicole au festival de la terre à Prilly. Elle y
exposait le projet de sa maison avec des murs en pailles et un re-
vêtement terre crue qu’elle a auto-construite avec l’aide d’ami-e-s.
Cependant, elle témoigne tout de même de la difficulté de trouver
un ou une architecte acceptant de faire la procédure et de suivre le
chantier.
Lorsque je vais utiliser le terme d’auto-construction dans la suite de
cet énoncé, je parlerai de la façon illégale de procéder, sans mise à
l’enquête, sans architecte.
Démarches participatives
Les démarches participatives sont une manière d’aborder la
construction et la planification autrement, venant souvent de l’envie
des architectes de se rapprocher du processus de la construction et
des futur-e-s habitant-e-s.
Le Freidorf d’Hannes Meier est l’un des premiers exemples de parti-
cipation de l’architecte dans le processus de construction (à grande
échelle) mais aussi dans celui de la vie collective en y habitant les
cinq années suivant la construction.
Nishat Awan, Ttjana Schneider et Jeremy Til se sont engagés en-
semble pour former Spatial Agency34. Leur livre explique pourquoi
le groupe a décidé de se nommer ainsi et non pas en tant qu’ «al-
ternative architectural practice». Pour le groupe, le mot alternatif,
suggère automatiquement une alternative à quelque chose, donc
une opposition à la norme. Le terme architectural ne convient pas
non plus car la définition globale d’un-e architecte se limite au des-
sin d’un bâtiment. Il manque à la définition, selon spatial agency, les
notions du processus de la production, de l’occupation, de la tem-
poralité et des relations à la société et la nature. Le dernier terme,
practice, que l’on peut traduire en français par exercer ou pratiquer,
est limité selon le groupe par le marché et une temporalité courte.
Spatial agency requestionne aussi le principe de répétition mais sur-
tout le dire que la répétition et l’expérience permettent d’appliquer
34. Nishat, Schneider, et Till, SPATIAL AGENCY, other ways of doing architecture.
26
les mêmes principes partout, ne faisant plus attention au contexte
de manière individuelle.
« Spatial Agency is a project that presents a new way of looking at
how buildings and space can be produced … a much more expan-
sive field of opportunities in which architects and non-architects can
operate ». Le processus d’aménagement spatial est pour le groupe
un domaine non réservé aux architectes qui a aussi d’autres moti-
vations tel que la politique, la profession, la pédagogie, l’éthique et
l’écologie. Le rôle et l’engagement de l’architecte d’aujourd’hui est
donc remis en question.
Je considère aussi les démarches de la Coopérative de l’habitat
associatif (Codha) participatives, leurs buts étant de sortir du mar-
ché spéculatif, d’intégrer les futur-e-s habitant-e-s aux projets de
construction, remettre la gestion des immeubles aux habitant-e-s,
garantir un loyer modéré et de construire à des hauts standards éco-
logiques.
Les deux se rejoignent sur les valeurs d’écologie, de participation et
de politique, remettant en question le processus de construction et
de conception.
Les contreparties des démarches participatives en Suisse, comme
celles de la Codha, sont un financement et un engagement à long
terme, sachant que le temps entre le début de la coopérative et la fin
des travaux peut être d’une dizaine d’années. Les places disponibles
à la fin des travaux, sans faire partie de la coopérative, sont très de-
mandées. Dans la coopérative Kraftwerk I à Zürich par exemple, la
file d’attente, après avoir payé une caution est de plus d’une dizaine
d’années35.
Planification architecturale
J’utilise le mot planification pour parler de la démarche « classique »
de notre système actuel de construction. C’est celle que j’ai pu ob-
server lors de mes stages à l’échelle privée, de la maison indivi-
duelle ou l’immeuble de bureau, et à l’échelle publique, du concours
d’architecture par exemple. Dans les démarches privées de rénova-
tions, de transformations ou de nouvelles constructions que j’ai pu
suivre, les questions de temps et d’argent sont très présentes, que
27
ce soit une famille en attente de la chambre pour accueillir le der-
nier enfant ou une entreprise qui a besoin d’agrandir ses locaux. J’ai
aussi participé à plusieurs concours d’architecture où la question du
temps, des délais de rendus ou du besoin urgent de l’infrastructure,
est aussi présente. La planification classique, par les soucis finan-
ciers et de calendrier, limite la disponibilité de l’architecte à visiter,
comprendre et connaître le site et ses habitant-e-s ou futur-e-s ha-
bitant-e-s.
Formes vides
La forme vide apparaît lorsqu’il y a un décalage entre la planification
architecturale et l’usage. Au niveau d’un quartier ou d’un immeuble,
ce sont des espaces prévus à l’usage commun qui restent vides. Ce
phénomène peut être expliqué par un manque de besoin ou de suivi.
« Cependant, pour que cela fonctionne, les habitants doivent
premièrement le vouloir puis être capables d’interagir entre eux.
Ces deux réalités semblent ne pas avoir été intégrées par les archi-
tectes dans leurs projets et par les propriétaires et les régies dans
leur sélection des habitants puis dans leur absence de suivi de la
gestion des espaces communautaires. »36 Ce sont donc entre trois
entités, les architectes, les propriétaires/régies et les habitant-e-s
qu’il manque de la communication afin d’activer un lien social, com-
munautaire au sein du logement.
Il existe d’ailleurs des services comme Pro Senectute37, principale-
ment axé sur les liens des personnes âgées avec leurs environne-
ment, qui interviennent dans des immeubles ou des quartiers à la
demande de la commune. Dans sa démarche pour des quartiers so-
lidaires, Pro Senectute propose un suivi de cinq ans généralement,
pour mettre en place un local de quartier, un groupe de travail et
plusieurs activités régulières comme la marche ou le jardinage. Au-
jourd’hui Pro Senectute et l’institut TRANSFORM se sont associés
pour essayer d’intégrer de plus en plus tôt des projets de quartiers.
Ce nouveau pôle propose d’accompagner les maîtres d’ouvrages et
les architectes-urbanistes afin d’aider l’intégration des habitant-e-s
36. Mobil’homme et EnQuêtes, « Rapport au logement des personnes au bénéfices
du logement social, volet qualitatif », 2019.
37. Magnolia International Ltd, « Pro Senectute Suisse », Pro Senectute Schweiz,
consulté le 2 janvier 2023, [Link]
28
au sein du projet.
Ce processus est une solution actuelle pour résoudre les problèmes
de forme vide, de manque d’usage ou d’appropriation et pour favo-
riser une vie de quartier. C’est un processus nécessaire lors d’une
planification architecturale classique dans laquelle le rôle de l’archi-
tecte s’arrête à la conception et au design des bâtiments. Ceci va à
l’encontre de la pensée de Spatial Agency ou du processus partici-
patif, qui intègre directement l’architecte dans le processus d’appro-
priation et qui ne font donc pas appel à des entités externes.
29
Ces trois processus, l’auto-construction, les démarches participa-
tives et la planification architecturale me permettent de placer sur
un graphique les différents projets vus précédemment afin d’avoir
une vue d’ensemble des quelques projets à tendances commu-
nautaires du 20ème siècle et de comprendre quel rôle l’architecte y
a joué. Ce graphique montre que les quatre projets que j’ai choisis
à analyser de manière approfondie sont bien répartis sur l’échelle
de l’auto-construction à la planification. Ils sont plutôt récents, pour
comprendre quels éléments des projets de la chronologie précé-
dente se retrouvent encore actuellement et s’ils y ont exercé une
influence. Cela va aussi me permettre de mieux comprendre le rôle
de l’architecte au sein d’une communauté. Quels éléments spatiaux
sont créés par la communauté ? Lesquels viennent de la planifica-
tion architecturale ?
fig. 1: Graphique des projets de la chronologie placés selon deux échelle: tempo-
relle et du processus de construction
30
communauté auto-construite Le Montois
Monte Verità
Squat Wohlgrot
Roseville
Squat des Grottes Karthago
Bolo’bolo
Plantamour
Ecovillage Berber
Kraftwerk I
Freidorf, H. Meier
Siedlung Halen
Café Boy
Im Vogelsang Ecoquartier
Lettenhof du Stand
Ecoquartier
de la Jonction
communauté planifiée
Cité Lignon
Concours Pic-Pic
31
Utilisation de l’ASA’PILI, vocabulaire de p.m.
32
SIBI : art, artisanat, architecture, industrie, production d’outils et
de machines
(Bolo’bolo, p.126-127)
« Un BOLO n’a pas seulement besoin de nourriture, il a aussi
besoin d’objets et de services »
33
SADI : marché, foire, centre d’échange
(Bolo’bolo, p.180-181)
« La plupart des arrondissements ou comtés organisent des
marchés quotidiens, hebdomadaires ou mensuels »
« Autour des marchés se développent toute une série d’activités
sociales »
34
Le Montois, Longo Maï, Undervelier, visité le 11.12.22
TAKU :
Chaque personne de la communauté a sa chambre privée. Les
couples ont une chambre pour deux et une autre chambre pour
les enfants, qui est parfois partagée entre les frères et sœurs. Les
chambres donnent sur un espace de distribution généreux qui est
considéré comme « une plazza », un espace où ils et elles se ren-
contrent, discutent et où les enfants peuvent jouer. A l’étage des
chambres de Lucie et Thomas, une zone de lecture a été construite
sur mesure dans un coin difficile à meubler autrement. A l’extérieur
de la grande ferme, certaines personnes de la communauté vivent
dans des roulottes qui sont situées à côté du hangar. Il y a aussi un
« stöckli », petite maison en bois dans laquelle une personne loge.
Lucie a décidé avec l’aide de ses amies de relever un défi pour son
anniversaire : construire une cabane suspendue entre trois arbres.
Lucie m’a présenté le chantier lors de ma visite et elle m’a racon-
té pourquoi elle en avait besoin. Elle veut y mettre juste un lit, afin
d’avoir son propre endroit où venir se ressourcer et du calme. Ce-
pendant elle dit aussi qu’elle n’est pas fermée à l’idée de partager
cet espace de temps en temps, à condition qu’il reste une petite
échappatoire au milieu de la forêt.
Lise, de la première génération, ne pouvait plus vivre à 100% avec
la communauté et a donc décidé de prendre un appartement dans
le village. Elle vient tout de même presque tous les jours au Montois
pour les repas et pour y passer du temps.
En ce qui concerne les meubles communs, seulement un ou deux ti-
roirs sont étiquetés avec le nom d’une personne de la communauté.
Le meuble à chaussures à l’entrée a cependant le nom de chaque
personne de la communauté, ainsi qu’un compartiment « visiteur »
dans lequel on trouve des pantoufles à disposition.
35
fig. 5: Croquis d’enquête, axonométrie du site, Le Montois
36
NIMA :
Longo Maï est une culture communautaire datant des années 70
dans laquelle on retrouve encore beaucoup de liens et de projets
d’entraide, entre les coopératives mais aussi avec d’autres per-
sonnes dans le besoin. Par exemple, lorsque j’y suis allée, le maga-
sin était rempli de cartons qui devaient partir prochainement pour
l’Ukraine. Longo Mai s’investit dans la cause des migrants depuis
son début, et dans la politique en général avec beaucoup d’affiches
aux propos communistes, anticapitalistes ou encore contre l’armée.
Lors de l’inauguration de la pompe électrique par exemple, il y avait
écrit :
KODU :
L’agriculture et le lien avec la nature est l’un des principes de base de
Longo Maï, mouvement qui a commencé lorsque la société surcons-
ommait et que l’industrie prenait de plus en plus de place. Au Mon-
tois, il y a environ 50 moutons mais aussi des poules et des canards,
des ruches, deux grands jardins potagers et deux vergers.
La ferme principale a gardé son étable initiale dans laquelle se
trouvent les moutons mères, le bouc et les agneaux. Les moutons
sont principalement utilisés pour la viande, que la coopérative vend
et consomme, mais aussi pour la laine qui est récupérée.
Une bergerie annexe a été construite par la communauté dans la-
quelle se trouvent les autres moutons en hiver et les poules toute
l’année. Les deux ruchers sont situés à l’est de la ferme, proche du
stöckli.
YALU :
La cuisine est le lieu central, sa disposition au centre de la maison
est plus importante que la salle à manger/salon car on y passe beau-
coup plus souvent. Selon Thomas et d’autres, elle est parfois trop
centrale car lorsque l’on cuisine, tout le monde passe et le téléphone
sonne donc on n’y trouve rarement de la tranquillité. L’organisation
des repas se fait par inscription, le nombre de personnes au sein de
la communauté permet de diviser en 7 les repas. Une personne ne
cuisine donc qu’une fois par semaine mais comme c’est en grandes
37
quantités, cela prend souvent toute la matinée. Les repas ont lieu à
12h30 et 19h et c’est avec une corne que l’on appelle les personnes
à l’extérieur à venir à table. Le petit déjeuner est le seul repas pris
de manière individuelle car les horaires matinaux sont différents.
SIBI :
Concernant la construction, c’est toujours au sein de la communauté
que cela s’est déroulé. La première génération ayant habité le Mon-
tois avait des grandes connaissances techniques mais aujourd’hui
elle n’a plus la force pour les travaux et la suivante peine à trouver
du temps, mais elle souhaite tout de même apprendre pour pouvoir
se débrouiller sans aide extérieure. Bernard me dit : « il y a beau-
coup de choses à refaire car on n’a pas fait tout juste à l’époque ». La
construction la plus récente est celle de la véranda, elle fait office de
pièce annexe polyvalente, Raymond y fait du miel, d’autres y font le
pain, des légumes en bocal ou on y regarde la télévision. Le magasin
qui se trouve dans le hangar vient d’être rénové et la construction qui
est en cours est le projet personnel de Lucie.
38
Au niveau de la ferme de 1870, la structure et l’organisation générale
sont d’origine. Il y a seulement les chambres/mezzanines qui ont été
ajoutées dans les combles et la vieille écurie pour les vaches qui a
été rénovée en une cave et un stockage de nourriture. Les outils se
trouvent dans le hangar où il y a plusieurs machines et un atelier
pour le métal. Le bois cependant, comme celui pour la cabane, ap-
partient à Longo Mai mais Lucie est allée à la scierie d’Undervelier
pour le travailler. Dans une petite pièce des combles a été installé un
espace couture.
PALI :
Le chauffage est relié aux panneaux thermiques par un système de
boilers mais pour compléter il y a un chauffage bois qui est relié au
séchoir des plantes, légumes et champignons. C’est principalement
la salle commune, celle des repas, des réunions ou de lecture qui
est chauffée.
Au niveau de la lessive, il manque selon Thomas et Lucie un espace,
une pièce chaude pour faire sécher les habits en hiver. Lors de ma
visite j’ai effectivement pu observer des vêtements mis à sécher un
peu partout: sur des portes, sur des cintres, accrochés au mur, etc.
SUFU :
La communauté a la chance d’avoir accès à une source d’eau et la
première génération a décidé d’en profiter pleinement et de l’utili-
ser pour produire de l’électricité. Deux étangs ont été construits,
l’un dix mètres en dessous de l’autre. La pression de la chute d’eau
active une turbine reliée à une petite centrale électrique. La commu-
nauté pourrait être autonome en énergie grâce à ce système mais il
est obligatoire en Suisse d’être relié au réseau.
Les toilettes sont communes, il y en a une par étage. Elles ont été
ajoutées au premier étage et aux combles en dessus des toilettes
existantes, ce qui permet une seule descente d’eau.
GANO :
La limite foncière est délimitée principalement par les arbres et vers
le verger, par une route agricole. Autrement pas de portail pour ac-
céder à la route du Montois, même si celle-ci ne dessert que leur
propriété.
39
Les différentes coopératives de Longo Mai sont en contacts régu-
liers et une personne d’une coopérative peut facilement se déplacer
dans une autre, pour un ou plusieurs jours. Par exemple, lorsque
je suis allée rendre visite au Montois, plusieurs personnes d’autres
coopératives étaient présentes, celles qui s’occupaient des marchés
de noël dont une équipe pour la Suisse allemande et une pour la
Suisse romande. Pour accueillir toutes ces personnes, la coopéra-
tive propose des petites chambres dans les combles, des roulottes
proches du hangar, l’étage inférieur du stöckli ou encore dans les
bureaux situés au village d’Undervelier. Tout cela permet d’accueillir
une quinzaine de personnes, en plus de celles déjà dans la commu-
nauté.
PILI :
Afin de communiquer, et c’est pareil dans toutes les coopératives
de Longo Mai, une réunion a lieu tous les lundis. Elle sert à prendre
des décisions communes, comme la date de ma venue, qui peut em-
mener Thomas à la gare de Bassecourt, les colis pour l’Ukraine, la
venue de l’équipe du marché de noël, la vente des agneaux, etc.
En ce qui concerne les petites choses du quotidien, il y a quelques
affiches explicatives; aux toilettes par exemple, il y a une feuille pour
expliquer quelle éponge est pour quelle surface ou un petit mot
pour rappeler les habitant-e-s de garder le linge humide dans leur
chambre.
40
KENE :
Le travail interne est organisé en spécialisation, les moutons, le
miel, le jardin, le verger, etc. Tout le monde serait capable de rem-
placer quelqu’un mais cette spécialisation permet à chacun-e de
s’organiser comme il ou elle le souhaite. Parfois, il y a des périodes
ou des personnes doivent venir aider au jardinage, tout dépend des
récoltes. Les lieux de travail sont donc principalement à l’extérieur.
Il y a aussi une personne qui travaille dans les combles pour créer
des savons, des produits à base d’herbes aromatiques venant du jar-
din. C’est au même endroit qu’il y a un petit poste de travail mais le
bureau principal de la coopérative se trouve au village et celui de
Longo Mai, la centrale, est à Bâle. Le travail fourni par les membres
de la coopérative n’est pas rémunéré individuellement, l’argent des
ventes appartient à la communauté et il comprend la totalité des
coûts des assurances, des trajets, des dépenses de nourritures sup-
plémentaires, des réparations, etc.
TEGA :
La ferme n’a pas de lien direct de voisinage, étant au bout d’une
route dans les hauteurs d’Undervelier. Comme c’est un petit village,
j’ai demandé si la coopérative était appréciée et on m’a dit qu’en
général oui mais pas forcément de tout le monde. Elle entretient
cependant une très bonne relation avec la coopérative du Pichoux
qui habite dans un ancien hôtel et qui propose un magasin avec des
produits locaux.
SADI :
Le Montois a un magasin dans le hangar, qui a été rénové pendant le
Covid pour avoir plus d’espaces, afin de préparer les colis des ventes
en ligne même si le magasin propose aussi de la vente directe. La
coopérative fait aussi en été quelques marchés, lorsque les récoltes
sont trop conséquentes par rapport à leurs besoins, et en hiver des
marchés de noël vendant aussi la production des autres coopéra-
tives Longo Mai.
41
Roseville, Corseaux, visité le 08.12.22
TAKU :
Roseville est une colocation particulière car les quatre habitants,
Saus, Dom, Pierre et Ed41 ont un contrat de confiance avec le proprié-
taire qui ne savait pas quoi faire du bâtiment protégé par l’UNESCO
après l’achat du terrain. Ils ont un appartement dans cette ancienne
Roseraie où ils ont chacun une chambre, qui est leur espace person-
nel et privé. Ed a un des murs de sa chambre, construit par la colo-
cation, qui donne sur l’espace salon, il est donc le seul à entendre un
peu plus les bruits à l’extérieur de sa chambre mais ça ne le dérange
pas. Au niveau des meubles personnels, la plupart sont dans leurs
chambres respectives à part un meuble à chaussure dans le hall. A
la cuisine, les meubles sont communs à part un seul tiroir avec le
nom de Pierre dessus.
NIMA :
Les quatre colocataires sont des artistes et leurs modes de vie va-
rient beaucoup. Pierre fait régulièrement du bénévolat pour des évé-
nements musicaux alors son rythme est plutôt nocturne. Dom a un
rythme universitaire car il fait une école d’Arts. Saus peint beaucoup
et il a d’ailleurs peint tout le long de ma visite, dans la cuisine ou sur
la terrasse. Il a offert une toile à chacun, qu’ils ont mis dans leurs
chambres respectives.
KODU :
L’agriculture n’est pas un objectif en soi mais ils ont quand même
décidé, cet été, de créer un potager. Ils l’ont installé contre le mur
viticole derrière la terrasse qui a bonne orientation. C’est surtout
grâce à Ed, qui a des bases de jardinage, qu’ils ont pu cultiver des
légumes (tomates, fenouils, salade, etc.). Ils ont même réussi à ré-
cupérer un plan de vigne qui leur a donné du raisin. Le jardin est
surtout une question de plaisir, pas une recherche d’autosuffisance
alimentaire.
Saus a un chien et garde aussi celui de sa sœur et les laisse sortir
sur la terrasse ou le champ derrière la maison. Ils ont aussi quatre
chats dans l’appartement, c’est surtout Ed qui s’en occupe.
41. Je leur ai donné quatre faux noms afin de préserver leur identité.
42
fig. 10: Croquis d’enquête, banderole redessinée à partir d’une photo, Le Montois
43
YALU :
Il n’y a pas de planning des repas, si un repas est organisé cela se
fait de manière plus ou moins improvisée. La cuisine se fait donc
principalement de manière individuelle. Lors de ma visite, Dom avait
cuisiné le soir précédent et ce qui restait était à la disposition de
tout le monde. Un ami avait prévu de venir le soir pour cuisiner un
couscous et Saus a prévenu les autres qui étaient évidemment aussi
conviés.
La cuisine est d’origine, ils ont simplement ajouté des étagères et
le lave-linge. La grande table a été récupérée d’un squat précédent
qui l’avait récupérée d’une chaîne de restauration. Tous les meubles,
la vaisselle ou les ustensiles sont récupérés, rien n’est acheté neuf.
SIBI :
Toutes les réparations ont été faites par eux-mêmes, ayant beau-
coup appris lors des anciens squats. L’écoulement du lavabo de la
salle de bains, par exemple, est bricolé avec un autre tuyau pour
amener l’eau dans une grille. La vitre sur la porte d’entrée a été
réparée avec du scotch et le bar sur la terrasse a été fabriqué avec
pleins de petites planches récupérées ailleurs, comme des pan-
neaux de coffrage.
44
Le propriétaire leur a demandé de ne pas toucher la façade qui
est protégée mais les espaces intérieurs peuvent être modifiés li-
brement, ils les adaptent donc à leur quotidien. Un mur avait été
construit pour créer une chambre supplémentaire mais lorsque la
personne est partie, ils l’ont rapidement cassé pour ouvrir l’espace
et en faire un salon, où il y a pour l’instant une batterie et un fauteuil.
La terrasse a été aménagée aussi, ils y ont construit une scène en
hauteur pour pouvoir y installer la batterie en été lors de sessions
jam. Ils utilisent aussi un espace à l’étage inférieur comme atelier
dont l’aménagement est en cours car ils ont d’abord dû y vider les
meubles qui avaient été attaqués par des souris. Il y a donc un es-
pace pour peindre de grandes toiles et pour plusieurs instruments.
45
PALI, SUFU :
Le chauffage et l’eau courante étaient existants, ils n’ont pas eu be-
soin de les modifier. Avoir les deux était pour eux un luxe car là où
ils ont habité avant, ils n’avaient ni chauffage, ni eau courante, ni
électricité.
GANO :
La propriété inclut le terrain à l’arrière, le jardin, la terrasse et les
trois espaces sont bien exploités. Il n’y a ni haies, ni portails, simple-
ment de la végétation et des murs viticoles. On n’y voit pas non plus
de panneaux pour montrer une privatisation de l’espace, la seule
écriture extérieure étant ROSEVILLE sur le balcon. Même la porte en
bas de l’immeuble était ouverte.
Cette ouverture vient avec un esprit de partage, ils veulent ouvrir la
terrasse en été à tout le monde pour offrir un espace bar et jam qui
offre une vue et une proximité au lac gratuitement.
PILI :
Il n’y a à Roseville ni autorité, ni organisation, le fait qu’ils soient
quatre (parfois 5 ou 6) leur permet de pouvoir communiquer et dis-
cuter en se croisant ou si besoin sur un groupe what’s app. Ils ont
tous à peu près le même âge et se connaissent depuis longtemps
venant tous de Vevey et ses alentours.
KENE :
Le travail interne consiste principalement au ménage, qui se fait sans
organisation particulière mais plutôt par initiatives individuelles. Les
pièces communes deviennent parfois des lieux de travail alors que
l’atelier à l’étage inférieur n’a pas d’autres utilités.
Le travail externe est spécifique à chacun mais sans pression finan-
cière car le propriétaire ne demande pas une grande somme pour
le loyer.
46
47
TEGA :
Ils ont comme voisin Daniel qui vit au-dessus. Le proprié-
taire voulait le faire partir mais Daniel est resté, simplement
sans payer. Il fait de la musique, ce qui dérange parfois Saus:
« l’autre jour il travaillait sur une prod’ à 3h du mat’ avec la
même mesure en boucle et c’était horrible. ». Il lui en a parlé
le lendemain et c’était réglé. Il y a aussi une dame qui loue
un espace au rez-de-chaussée où elle gère une escape room
mais ils ne la connaissent pas et je n’ai pas pu la rencontrer.
La maison se situe entre une grande route et des vignes, alors
il n’y a pas d’autres voisins, pas de vis-à-vis. Les volets étaient
ouverts et depuis la terrasse, j’ai pu voir Daniel travailler dans
une pièce de son appartement.
48
Écovillage Berber, ECOPOL, Grandvaux, visité le 11.11.22
49
TAKU :
On a pu visiter qu’une seule chambre qui était spécialement ouverte
pour la visite, et donc entièrement rangée. On a aussi pu passer par
la cuisine d’un des petits appartements de l’écovillage dont deux
grandes armoires, avec une étiquette « privé » dessus, séparaient
l’espace cuisine-séjour de l’espace chambre à coucher que je n’ai
donc pas pu observer. Il y avait une étiquette « privé » presque sur
toutes les portes, même sur deux frigos au rez-de-chaussée. Les
portes des chambres ont toutes une sonnette, qui est une petite
boîte à musique. Il y a des rideaux à chaque fenêtre, très souvent
fermés et les stores des fenêtres en vis-à-vis l’étaient aussi.
NIMA :
La communauté organise des soirées culturelles animées par ses
membres, surtout Alberto Alvim qui est dans la septantaine qui
a, par exemple, récemment organisé une soirée Freud. Les habi-
tant-e-s de l’écovillage n’ont pas de lien culturel fort qui les unit,
à part l’écologie, car ils et elles viennent de milieux très différents.
Cependant la décoration générale est assez engagée et accueille
parfois même des expositions temporaires dans le couloir du rez-
de-chaussée. Lors de ma visite, l’exposition portait sur une revue
d’articles parlant de clusters, de communautés en Suisse allemande
et d’environnement. Dans l’ascenseur, il y a une grande fresque, ap-
pelée « l’ascenseur social », qui dénonce la société actuelle et ses
différentes classes sociales. Il y a aussi une bibliothèque dans la
pièce commune avec quelques livres et des jeux de société et une
table avec un échiquier intégré. La salle polyvalente a été beaucoup
rangée pour notre visite mais Théo Bondolfi, notre guide, nous a dit
qu’il y a normalement une table de ping-pong et d’autres choses
mais que tout a été rangé dans le local adjacent.
KODU :
Le jardin se situe au-dessus des garages et du bureau et Valérie en
est la responsable. Elle n’habite pas dans l’écovillage et travaille à
Vevey à plein temps, alors c’est que les weekends, lorsqu’il fait beau,
qu’elle se rend à Grandvaux. Si Valérie ne vient pas, personne ne
prend le relais, sauf si cela a été convenu avec elle. Cet été ce sont
tout de même quelques légumes qui ont pu être récoltés mais la
50
communauté ne cherche pas l’auto-suffisance, la taille du jardin ne
serait de toute manière pas suffisante.
Le jardin a causé quelques problèmes de fuites et d’infiltrations
d’eau dans les salles du rez-de-chaussée qui, après plusieurs inter-
ventions, ont pu être réparées.
À l’arrière des maisons, dans la pente, quelques arbres fruitiers ont
été plantés en terrasse.
51
YALU :
Les repas sont généralement individuels, sauf lorsqu’Alberto cuisine
pour tout le monde, généralement une fois par semaine. C’est aussi
lui qui s’occupe du stock de nourriture qui est inclus dans le loyer et
donc disponible pour toute la communauté. Ce système convient à
tout le monde et ce sont seulement des denrées spécifiques, comme
des barres chocolatées, qui doivent être achetées indépendamment.
La cuisine commune est récente et performante et est à moi-
tié ouverte sur la table à manger. Il y a beaucoup de planches en
bois arrondies, utilisées comme plan de travail ou pour cacher les
poubelles. Dans la salle à manger, les meubles ont été récupérés
et parfois offerts par des personnes de la communauté. Il y a une
longue table pour les repas collectifs mais c’est aussi à cet endroit
que les réunions ont lieu.
La kitchenette destinée principalement aux cinq chambres du pre-
mier étage est plus petite, avec deux plaques pour cuisiner et une
table arrondie autour de laquelle environ trois personnes peuvent
s’asseoir.
SIBI :
La coopérative a acheté les plans du bâtiment déjà mis à l’enquête
ainsi que le terrain pour environ quatre millions. Elle ne pouvait donc
pas apporter de modification sur son volume mais a tout de même
effectué des modifications, au niveau de la façade par la création
des terrasses communes et à l’intérieur en réduisant au maximum
les espaces privés (les chambres) afin d’augmenter les zones com-
munes. En ce qui concerne la construction, 80% du béton est recy-
clé et les chutes de bois du chantier ont été récupérées pour créer
une fresque murale dans la salle polyvalente. Tous les éléments de
construction comme les portes et les fenêtres ont été achetés neufs.
La coopérative a engagé des entreprises pour effectuer les travaux
principaux. Aujourd’hui, c’est une personne qui vient trois mois par
année vivre à l’écovillage qui s’occupe des réparations et de nou-
veaux travaux.
L’écovillage n’a pas encore fêté son inauguration finale, disant
qu’« une maison est un être vivant qui prend environ six ans pour
s’établir », la maison est alors constamment en travaux jusqu’en
2023.
52
fig. 16-18: Croquis d’enquête, plan du rez, rez sup., 1er étage, stylo sur calque,
base: plans de Bâtir Groupé, source: [Link]
53
PALI :
Le système de chauffage est un système à pellets ou à eau dans
le bureau, qui doivent être activés manuellement. La livraison et le
stock des pellets sont gérés par Alberto qui a installé un système de
récupération des sacs à pellets en plastique pour les apporter direc-
tement à la décharge. Le stock se trouve sous un escalier à côté des
boîtes aux lettres et les poêles sont toujours visibles et accessibles
pour que les personnes de la communauté puissent et pensent à les
remplir.
SUFU :
Un seau est entreposé dans le jardin pour récupérer un peu d’eau de
pluie mais pas de système pour la maison. En ce qui concerne les
toilettes, toutes fonctionnent à l’eau sauf une toilette sèche à côté de
la cuisine commune, son compost se trouve dans le jardin à l’arrière
et est camouflé dans une fausse pierre.
GANO :
La propriété est délimitée par la route de la gare et la voie de che-
min de fer au sud, par la pente au nord et par deux barrières, à l’est
et à l’ouest, qui font office de main courante pour les escaliers, qui
permettent un accès piéton depuis la gare aux habitations d’en des-
sus. Le projet est assez dense pour la parcelle, deux maisons sur un
socle, alors que le projet précédent comportait qu’un seul bâtiment.
PILI :
La réunion a lieu une fois par mois, afin d’établir le planning du mois
qui suit, fonctionnant sur inscription, rempli, puis accroché sur un
tableau dans le couloir. Alberto gère la maintenance de toute la coo-
pérative, le stock, la coordination mais les rapports humains aussi
et il est rémunéré à 40% pour ce travail. En ce qui concerne l’en-
tente générale au sein de la coopérative, c’est le comité qui essaie
de choisir une diversité planifiée pour les habitant-e-s et d’éviter les
conflits. Par exemple, il y a déjà eu dans le passé des problèmes avec
un habitant qui buvait trop d’alcool et qui faisait trop de bruit le soir,
le comité lui a donc demandé de partir. Les habitant-e-s de la com-
munauté actuellement sont principalement des personnes seules et
il manque, selon Théo Bondolfi, des familles pour plus de diversité.
54
KENE :
La plupart des habitant-e-s travaillent à 60% à l’extérieur de la
communauté et le comité demande en général un investissement au
sein de la coopérative de 16h par mois la première année et ensuite
de 8h par mois. Le travail interne inclut les inscriptions au planning
(principalement pour du ménage), les soirées à organiser, les visites,
etc. Il y a aussi un espace coworking au rez-de-chaussée où l’on peut
louer une place de travail sans faire partie de la coopérative mais ce
sont aussi les bureaux d’ECOPOL et d’un de ses partenaires : Bâtir
Groupé, qui s’occupe de la construction des écovillages.
TEGA :
Les habitant-e-s de l’écovillage n’ont pas beaucoup de relation avec
les personnes du voisinage. La coopérative connaît un peu les ha-
bitant-e-s à l’est car la maison est en rénovation, ce qui a amené
des discussions, et les jeunes de la coopérative ont créé quelques
contacts avec les voisin-e-s au nord.
SADI :
La coopérative n’a pas de magasin, elle propose que les visites et
parfois des workshops, par exemple, pour apprendre à faire des sa-
vons solides. Elle a tout de même au rez-de-chaussée une petite
épicerie bio, un stock de nourriture de la région réservé aux habi-
tant-e-s.
Un habitant de la communauté de Cheiry (autre coopérative d’Ecopol
dans le canton de Fribourg) est à l’origine d’une entreprise qui met
en vente des pâtisseries ou du pain de la veille. Il apporte ce qu’il ne
peut pas forcément revendre et met ces invendus à la disposition
des différentes coopératives ce qui leur permet d’avoir presque tou-
jours des salades, des sandwichs ou encore des pâtisseries dans le
frigo et du pain.
55
Écoquartier du Stand, Nyon, visité le 21.12.22
TAKU :
Chaque logement est privé, les tailles des appartements varient du
2.5 au 5.5 pièces et deux clusters de 5 chambres et deux autres de
4 chambres. Chaque appartement s’organise indépendamment et
dans les couloirs, il y a parfois un meuble à chaussures, une pous-
sette ou quelques affaires.
L’intimité de quelques logements a été bousculée récemment par
des vols, mais aussi du vandalisme dans les caves (ouvertures de
cartons, fouille, etc.).
NIMA :
Le quartier étant récent, il est difficile d’observer de grandes tradi-
tions communes qui sont répétitives. Lors de ma visite j’ai tout de
même vu plusieurs affiches sur les portes d’entrée, dont une pour
l’apéro de Noël le 22.12.22, une du local de quartier et une du local
ados concernant principalement leurs horaires.
Les salles communes à disposition sont principalement réservées
pour les réunions des différents groupes de travail ou par des fa-
milles souhaitant y organiser un repas d’anniversaire ou une fête
privée.
Le but du quartier était de proposer une mixité sociale et donc diffé-
rents loyers, 30% de loyers modérés seulement ouverts à des Nyon-
nais-e-s, 40% de loyers abordables et 30% de loyers libres (qui sont
principalement les logements au sud). Pour permettre de réduire
la taille des logements, des chambres d’ami-e-s communes sont
mises à disposition dans chaque bâtiment et peuvent être réservées
sur la plateforme (PILI).
KODU :
Au sein du quartier se trouvent deux jardins sur les toits-terrasses
et un au sol. Très rapidement, les habitant-e-s ont décidé de former
un groupe potager dont il faut faire partie pour pouvoir participer au
jardinage et récolter les légumes. Le groupe se réunit en général le
mercredi de 9-12h et le dimanche de 16h-19h.
56
57
YALU :
L’organisation des repas se fait de manière individuelle au sein de
chaque appartement, les clusters sont aussi divisés en sous-appar-
tement qui ont une petite cuisine chacun. Il y a aussi une cuisine
commune au quartier sur les deux toits-terrasses, sans réservation
particulière et dont tous les habitant-e-s ont accès. Les deux salles
communes ont aussi une cuisine très spacieuse et bien équipée.
Il y a des groupes en création concernant l’alimentation ou les re-
pas : groupe congélateur commun, vrac, panier de fruits et légumes
ou encore le groupe cantine intergénérationnelle. Chaque groupe n’a
pas encore eu le temps d’organiser beaucoup d’activités, le quartier
étant récent.
Tous les appartements du quartier ont une cuisine ouverte sur le
salon, dans l’appartement que j’ai pu visiter, la séparation est visible
que sur le mur derrière la cuisinière lorsque le carrelage s’arrête.
fig. 20: Croquis d’enquête, plan de l’appartement visité (3.5 pièces), écoquartier du
Stand
58
SIBI :
Les architectes du projet sont farra zoumboulakis et associés SA
avec comme ingénieur civil MP ingénieurs Conseils SA et le bu-
reau de paysage J.-J. Borgeaud comme architectes paysagistes.
La construction étant neuve, elle n’a pas encore été sujette à de
grandes modifications mais de petits problèmes sont signalés sur
la plateforme en ligne (PILI). Il y a un problème récurrent de réso-
nance, autant dans les appartements, les couloirs ou dans le local de
quartier, qui est dû à la construction en béton mais aussi au manque
de meubles et d’appropriation. D’autres problèmes ont été signalés
en ligne dans l’onglet « incidents » dont les lunettes de toilettes mal
fixées (quatre personnes ont ce problème), le sol trop chaud (sept
personnes ont ce problème), ou encore les températures qui sont
trop hautes de manière générale (onze personnes ont ce problème).
PALI :
Les températures sont en général trop élevées, en tout cas par rap-
port au vote qui avait eu lieu pour chauffer les appartements à 20°C.
Il y a aussi un groupe d’énergie et thermique qui travaille sur l’éco-
nomie d’énergie générale au quartier mais aussi sur ces problèmes
de chauffage pour pouvoir les résoudre au sein de la coopérative.
GANO :
Le contraste entre ce quartier et celui à l’est, des années 1980, est
fort surtout au niveau des éléments de privacité. L’écoquartier n’a
planté aucune haie, seulement des arbres ponctuellement alors que
dans le quartier à l’est, chaque jardin privé est entouré d’haies. Le
quartier n’a pas non plus de portail ni de barrière, tous les chemins
sont ouverts et accessibles pour offrir un espace public.
PILI :
Les habitant-e-s peuvent communiquer via une plateforme mise en
place par la Codha43. Elle propose différents onglets : l’actualité,
le tableau de bord, l’agenda, les réservations, la boites à idées, les
incidents, les documents et les contacts c’est-à-dire le Nom, Pré-
nom, numéro d’appartement et parfois le numéro de téléphone de
chaque habitant-e-s et les différents groupes de travail créés. Elle
43. « PNP », consulté le 6 janvier 2023, [Link]
59
est beaucoup utilisée par les habitant-e-s et permet aussi à la Co-
dha de comprendre le fonctionnement du quartier et de certains de
ses besoins ainsi que de suivre son évolution.
KENE :
Les personnes travaillant à l’écoquartier du Stand sont soit enga-
gées par la ville de Nyon, pour le local de quartier et la crèche, soit
par la Codha, pour les deux responsables de suivi du quartier. Les
autres travaux internes au quartier sont bénévoles, pour les diffé-
rents groupes de travail et le local ado. L’investissement dans le tra-
vail interne au quartier n’est pas du tout obligatoire.
TEGA :
Les trois bâtiments n’ont pas de vis-à-vis avec d’autres habitations
mais il y en a beaucoup au sein-même du quartier. Un parti pris du
projet a été de proposer des coursives communes par étage et les
séparations à dispositions sont des rideaux dont le rail permet de
fermer entièrement la terrasse devant un appartement. Lors de ma
visite j’ai remarqué que la plupart des rideaux étaient fermés sur
les côtés mais pas forcément devant car les habitant-e-s ont plutôt
ajouté des rideaux intérieurs pour ne pas avoir besoin de fermer les
stores. Il y a un logement du bâtiment 3 qui a aussi ajouté un rem-
plissage du garde-corps, le rendant complètement opaque.
60
Éléments spatiaux similaires aux quatre communautés
61
Un élément se retrouve dans chaque communauté : le TAKU, l’es-
pace réservé à un individu. Cet élément c’est toujours la chambre
à coucher, nécessaire pour dormir mais elle n’est jamais meublée
que d’un lit. L’individu y installe des armoires ou des commodes
pour ses habits mais parfois aussi pour des livres, des affiches, des
photos, etc. Cet espace personnel est directement lié aux nombres
de personnes au sein de la communauté et reste rarement vacant.
Lorsqu’une personne quitte la communauté, et donc sa chambre,
celle-ci devient rapidement convoitée surtout si elle a beaucoup de
qualité (taille, ensoleillement, isolation phonique), transformée pour
accueillir une autre fonction si la communauté en a besoin ou lais-
sée vacante.
Dans le cas de Roseville, après le départ d’une habitante, la chambre
a été rapidement transformée, par l’abattement d’un mur, en salon
commun car la communauté ne recherche pas forcément une per-
sonne pour combler la chambre alors que l’écovillage à Grandvaux
va rapidement remettre la chambre à louer, la laissant vacante que
si personne ne la souhaite. Au Montois, les combles sont un puzzle
de plusieurs chambres ayant été ajoutées au fur et à mesure. Ber-
nard m’a même dit que les chambres n’ont pas pu être réfléchies
comme un ensemble et qu’il y a, par exemple, deux escaliers pour
atteindre une même hauteur, mais chacun menant à une chambre
différente.
Pour reprendre le terme de p.m., TAKU est, selon mes observa-
tions, une chambre, privatisée par un ou une individu-e, principa-
lement utilisée pour dormir et y stocker des objets, des habits ou
des meubles appartenant à l’individu-e. Il est nécessaire d’avoir une
chambre par personne d’une communauté, à l’exception des per-
sonnes, des couples par exemple, qui choisissent d’en partager une.
Le minimum d’une chambre consiste en un élément d’entrée (porte,
planche, rideau, etc.), un élément apportant de la lumière naturelle
(fenêtre, porte-fenêtre, trou, etc.), un élément pour dormir (lit, cana-
pé, matelas au sol, etc.) et un élément pour entreposer des affaires
personnelles (commode, armoire, coffre, étagère, etc.).
62
En plus des chambres nécessaires pour chaque personne de la
communauté, les quatre coopératives observées ont des chambres
d’ami-e-s ou, en tout cas, un espace disponible si une personne en
visite souhaite dormir sur place. A Roseville, c’est la pièce la plus pe-
tite qui est proposée, au Montois, il y a une mezzanine, les roulottes
ou le stöckli, à l’écovillage Berber une chambre au rez-de-chaussée
ou la salle polyvalente et à l’écoquartier un système de chambres
d’ami-e-s qui peuvent être réservées en ligne via la plateforme PNP.
Cet espace d’accueil prend une forme différente à chaque commu-
nauté et est proportionnel à sa taille.
Les chambres privées des coopératives visitées sont généralement
plus petites qu’un logement non communautaire afin de privilégier
les espaces communs. Leur surface varie aux alentours de 12m2
ce qui ne laisse pas toujours la place à des éléments de détente,
comme un canapé, un fauteuil, une bibliothèque, etc.
63
Ces éléments se retrouvent alors communs, dans un ou plusieurs
espaces appelés « salon » dans l’écoquartier, à Roseville et au Mon-
tois et zone commune ou zone partagée dans l’écovillage. Comme
dans les différentes communautés, beaucoup de zones sont com-
munes ou partagées, je préfère utiliser le mot « salon ». Cet espace
est accessible à toute la communauté, aménagé, meublé et décoré
par une ou plusieurs personnes, généralement après une discussion
commune. Le salon retranscrit le NIMA de la communauté. A
Roseville, par la présence de la batterie et des tableaux de Saus au
mur, à l’écovillage, par des décorations faites maison avec des maté-
riaux recyclés et au Montois, par plusieurs étagères avec beaucoup
de livres ou d’albums photos. Les salons des appartements de l’éco-
quartier sont meublés et décorés de manières différentes selon les
locataires.
Le salon est au départ un espace neutre, approprié au fur et à me-
sure par la communauté dans lequel on retrouve tout de même des
éléments essentiels ; des murs, pour le séparer de l’extérieur ou des
espaces privés, qui permettent d’accrocher des peintures, des af-
fiches, des tapisseries, etc..., et un élément apportant de la lumière
naturelle (fenêtre, porte-fenêtre, baie vitrée, etc.). La taille du salon
doit être proportionnelle à celle de la communauté.
64
En plus de retranscrire une partie du NIMA de la communauté, le sa-
lon accueille parfois la table-à-manger lorsqu’il est directement en
lien avec la cuisine, comme le principe de la Wohnküche (cuisine-sé-
jour). C’est le cas au Montois, à l’écovillage Berber et à l’écoquartier
du Stand. Dans les deux premiers cas, la cuisine-séjour ne distribue
aucune pièce alors que dans certains appartements de l’écoquartier
du Stand, elle sert aussi d’espace de distribution, des chambres ou
des toilettes. Dans tous les cas, le principe permet d’y positionner la
table à manger commune qui est généralement grande et a de mul-
tiples fonctions, dont la principale est d’accueillir les repas trois fois
par jour. Sa seconde fonction, c’est le cas au Montois et à l’écovillage
Berber, est d’accueillir les réunions hebdomadaires ou mensuelles
et autrement, la table est un lieu qui permet de s’asseoir et discuter
avec un thé, un café, etc. Lorsque la table à manger se situe dans
le salon, elle a généralement un lien visuel direct avec la cuisine,
permettant des aller-retours faciles lorsque le repas est servi. A Ro-
seville, une porte sépare la cuisine du hall et du salon alors, lorsque
j’y suis allée en visite, c’est tout de même à la table de la cuisine
qu’on a discuté et qu’ils se retrouvent aussi pour échanger, ou en-
core comme Saus, pour peindre. Alors même séparée du salon, la
table à manger est polyvalente.
65
Un élément qui se retrouve dans les quatre communautés est le
lave-linge, un appareil essentiel à notre quotidien aujourd’hui, mais
qui n’est pas forcément utilisé de manière journalière. Pour des rai-
sons économiques il est alors utile de le partager au sein de la com-
munauté, ce qui est d’ailleurs souvent le cas des immeubles avec ou
sans tendances communautaires. Le lave-linge est souvent lié à un
séchoir et dans l’écovillage par exemple, une seule pièce est prévue
pour les deux. A Roseville, le linge sèche dehors dès qu’il ne pleut
pas, mais au Montois, comme précisé précédemment, il manque
une zone pour étendre le linge.
Une buanderie n’a pas besoin de forme spécifique cependant le
nombre de machines doit pouvoir correspondre aux demandes de la
communauté et l’espace de séchage en être proportionnel, pour des
raisons pratiques mais aussi pour éviter le conflit.
66
Les espaces de travail varient beaucoup selon les communautés et
sont plus importants à Roseville et au Montois car le travail est ef-
fectué presque entièrement sur place. A Roseville, c’est un local à
part, un étage en dessous, qui est utilisé, ce qui est très pratique au
niveau sonore, pour jouer de la musique, et de l’isolement physique
pour peindre. Ce local pourrait accueillir d’autres fonctions, s’il y a
un jour un besoin. Au Montois, les espaces de travail sont bien plus
importants que les espaces de vie, car la communauté tend vers
l’auto-suffisance par l’agriculture. Elle a au total 11 hectares et les
considère tout juste suffisants pour subvenir à ses besoins. En plus
des espaces agricoles, comme la communauté est presque auto-suf-
fisante au niveau de la construction, de grands espaces sont prévus
afin de stocker le matériel, les machines et les outils. Le Montois
a également plusieurs surfaces de bureaux à l’extérieur de la coo-
pérative mais aussi dans les combles de la ferme principale. Dans
les deux autres cas, l’écovillage et l’écoquartier, comme la majorité
des individu-e-s travaille à l’extérieur de la communauté, aucun es-
pace de travail interne est prévu. C’est d’ailleurs une différence avec
certaines des premières coopératives vues précédemment comme
Lettenhof et Café Boy, qui prévoyaient un restaurant géré par ses
habitant-e-s et ouvert au public.
67
Je reprends les éléments de travail de la ferme du Montois comme
exemple car ils sont très complets et tous nécessaires à une coopé-
rative qui recherche l’auto-suffisance. Pris individuellement, chaque
élément de travail peut être repris dans d’autres coopératives, sui-
vant les besoins. Le Montois a aussi un magasin d’une surface d’en-
viron 50m2, pour vendre ses produits mais aussi des produits des
autres coopératives de Longo Maï, et il propose aussi des livraisons.
68
fig. 30: Schéma d’élément d’agriculture, prés et bergerie
fig. 31: Schéma d’élément d’agriculture, verger
69
La ferme du Montois dédie la majorité de ses espaces extérieurs à
l’agriculture et aux moutons alors que les trois autres coopératives
ont un balcon ou une terrasse. L’écoquartier du Stand a comme par-
ticularité de longues coursives à chaque étage, faisant la totalité de
la longueur des trois façades sud, avec devant chaque appartement,
des rideaux qui peuvent fermer entièrement la terrasse. C’est exac-
tement le même principe à l’écovillage Berber mais sans aucun élé-
ment de séparation. A Roseville, il y a aussi un balcon sur la façade
sud qui relie trois chambres sur les quatre au total et une terrasse
bien plus généreuse d’une surface d’environ 100m2, et qui est acces-
sible depuis la cage d’escalier, la cuisine et la chambre d’ami-e-s.
Sa surface a permis à la communauté d’en profiter pleinement par
l’installation du bar et de la scène.
70
Rappel du processus de construction des communautés
analysées
71
L’écoquartier du Stand est un projet de bien plus grande densité (127
appartements), avec comme maître d’ouvrage la ville de Nyon et la
Codha. La procédure a commencé par un concours d’architecture,
dont le programme comportait déjà des surfaces communes : deux
salles communes, des chambres d’ami-e-s, une buanderie et des
clusters. Le concours a été remporté par le bureau farra zoumbou-
lakis et associés. Selon la marche à suivre de la Codha, quelques
futur-e-s habitant-e-s, faisant partie de la coopérative, peuvent par-
ticiper au processus en faisant part de certains besoins, certaines
envies pour le futur quartier. La ville de Nyon a aussi inséré dans le
programme la crèche et le local de quartier, qu’elle gère de manière
indépendante. La Codha s’occupe d’engager deux personnes pour
accueillir les habitant-e-s, de fournir une plateforme de discussion
et d’organiser les premières réunions, afin de créer des groupes
pour développer des projets communs et maintenir les espaces par-
tagés (jardin, repas, salles communes, etc.). Cependant, chaque ha-
bitant-e est locataire, ce qui leur permet de quitter l’appartement s’il
ne leur convient pas mais pas de le modifier, alors le seul élément de
la communauté, créé par ses habitant-e-s est le jardin, même si sa
surface était existante.
Le processus de construction des quatre enquêtes varie sur l’échelle
de l’auto-construction à la planification architecturale et me permet
maintenant de reprendre un par un les éléments communautaires
essentiels que j’ai isolés précédemment, afin d’essayer de com-
prendre s’ils peuvent être intégrés à une planification architecturale
ou non.
72
Auto-construction, démarches participatives ou
planification
Chambre :
La chambre est un élément existant de la planification architec-
turale dans les quatre communautés. Cependant, le nombre de
chambres nécessaires peut varier et c’est pourquoi, à Roseville et
au Montois, des nouvelles chambres ont été créées par la commu-
nauté-même. L’auto-construction est alors utilisée dans ce cas pour
s’adapter rapidement aux besoins de la communauté, ce qui ne peut
pas faire partie d’une planification antérieure. A l’écovillage et à
l’écoquartier, il faut prévoir à l’avance, se projeter, pour savoir quel
type d’appartement est nécessaire, car une fois loué, le nombre de
chambres ne peut pas varier, seulement le nombre de personnes
par chambre. Si l’appartement ne correspond plus aux besoins des
locataire, ils et elles doivent alors trouver un autre appartement plus
adéquat.
Chambre d’ami-e-s :
En ce qui concerne les chambres d’ami-e-s, pour les visites, elles font
parties, à l’écoquartier du Stand, des démarches participatives de la
Codha, qui a traduit ce besoin de la coopérative dans le programme
du concours. Ce sont cinq chambres d’ami-e-s qui sont mises à dis-
positions des 127 appartements, avec actuellement, au moins une
réservation par semaine. A l’écovillage Berber, les chambres d’ami-
e-s ne faisaient pas parties de la planification architecturale, car
sur les plans, la petite chambre au rez-de-chaussée était initiale-
ment un atelier et n’a donc pas de lumière naturelle. A Rosevillle,
la chambre disponible est une chambre trop petite pour être utili-
sée à long terme par quelqu’un de la communauté. Au Montois, les
chambres d’ami-e-s sont principalement des éléments extérieurs
à la ferme principale et ont été ajoutées, comme les chambres, au
fur et à mesure, suivant les besoins. Lors des marchés de noël par
exemple, toute la communauté s’adapte pour accueillir les nom-
breuses personnes en visite mais comme le nombre peut varier, les
aménagements et les espaces prévus diffèrent.
Cet élément peut être prévu dans la planification architecturale mais
aussi à travers des démarches participatives, afin de comprendre
73
quelle surface est nécessaire à la communauté. Il y a de toute ma-
nière une part d’imprévu et un besoin d’adaptation. Au Montois,
certaines chambres d’ami-e-s sont utilisées autrement lorsque
personne n’est en visite. Donner une double fonction à ces espaces
d’accueil est une solution intéressante pour économiser de la sur-
face sans interposer deux programmes nécessaires au quotidien.
Salon, salon-cuisine :
Au Montois, la communauté a modifié la ferme existante afin d’en
agrandir la pièce commune et a cassé un mur pour la lier directe-
ment à la cuisine. Cet espace a suffi plusieurs années, mais lorsque
des enfants sont arrivés dans la communauté, une véranda a été
ajoutée pour avoir un espace commun plus polyvalent supplémen-
taire. Dans les trois autres communautés, le salon a fait partie de
la planification architecturale. Son emplacement central à la mai-
son ou à l’appartement est essentiel pour que l’accès soit commun
et que les personnes de la communauté puissent s’y retrouver et
échanger. Le salon-cuisine permet d’avoir plus de communication,
d’échange et d’accessibilité, de ne pas isoler la ou les personnes
cuisinant et permet aussi de gagner de la place en devenant parfois
aussi un espace de distribution. Ce principe de la Wohnküche est
apparu en 1918 en Suisse et se retrouve actuellement à l’écovillage,
l’écoquartier et au Montois, il est donc un élément important d’une
communauté, pouvant faire partie de planification architecturale.
Balcon/terrasse :
La zone commune extérieure a été prévue dans la planification ar-
chitecturale à Roseville, à l’écovillage et à l’écoquartier, mais en
laissant la possibilité d’un aménagement ultérieur (chaises, tables,
pots de fleurs, etc.). L’élément fait entièrement partie du bâtiment,
ce qui amène parfois, comme à l’écoquartier, à une réaction des ha-
bitant-e-s, souhaitant garder plus de privacité, par l’installation sup-
plémentaire de rideaux ou de remplissages. Le balcon étant compté
dans la surface des appartements, il est un élément privé, qui se
partage tout de même par le visuel et l’accessibilité.
Cet entre-deux, privé-commun, amène parfois une non-utilisation
totale de la surface, une forme vide au sein-même de l’appartement
74
Lorsque la terrasse est externe au bâtiment et entièrement com-
mune, comme au Montois ou à Roseville, elle est alors beaucoup
plus utilisée et appropriée par la communauté. Il peut être tout de
même intéressant de la compléter par un espace plus isolé, qui peut
être utilisé de manière individuelle, comme l’exemple de la cabane
suspendue, au Montois.
Buanderie :
La buanderie est un élément pratique lorsqu’il est intégré à la pla-
nification architecturale comme à l’écoquartier et à l’écovillage. A
Roseville et au Montois, aucun espace intérieur n’était prévu pour
cette fonction, seulement un étendoir à l’extérieur, amplement
suffisant en été mais inutilisable en hiver, particulièrement au
Montois. Cet espace est difficile à intégrer par la suite, nécessitant
un système de ventilation pour éviter un taux d’humidité trop éle-
vé. A Roseville, comme la communauté ne compte que quatre per-
sonnes, elle n’a pas exprimé un besoin de buanderie, exploitant tout
de même le soleil en hiver sur la terrasse ou le hall pour sécher son
linge dont les faibles quantités le permettent. Cet élément est donc
pratique à intégrer dans la planification architecturale en fonction de
la taille de la communauté, si l’ensoleillement et les températures
ne permettent pas de sécher le linge toute l’année à l’extérieur.
Installations techniques :
Si la communauté, comme celle du Montois, a les compétences pour
créer ou adapter les installations techniques à ses besoins, c’est un
moyen efficace et économique, ne sollicitant pas d’aide extérieure.
La communauté de l’écovillage Berber a aussi voulu s’occuper elle-
même des problèmes d’infiltrations d’eau dans le bureau, qui étaient
dû à l’arrosage du jardin, et ceci a demandé plusieurs interventions.
Elle a fini par comprendre le problème et a appris à le résoudre,
ce qui lui a permis de développer des compétences techniques. Ce
n’est pas le souhait de toutes les communautés; à l’écoquartier par
exemple, au vu de la grandeur du projet, les installations techniques
ont été installées et se font réparer par des entreprises extérieures
spécialisées. Ces éléments techniques sont essentiels au bon fonc-
tionnement du bâtiment et font partie du projet, qu’il soit pour un lo-
gement communautaire ou non. Cependant, les laisser en partie ap-
75
parents peut permettre à la communauté, qui en a les compétences
ou qui souhaite apprendre, de les réparer de manière autonome.
76
77
Conclusion
78
J’ai pu isoler, dans cet énoncé, des éléments spatiaux qui se re-
trouvent habituellement dans des logements communautaires, ce-
pendant leurs surfaces et leurs quantités seront toujours dépen-
dantes de la communauté, de ses valeurs et de son évolution.
Le processus est difficile pour l’architecte et demande plus de temps
que ce que la société actuelle ne laisse à la planification mais, ses
compétences de coordination et sa vision de l’ensemble peuvent ap-
porter une base solide et légale, afin de laisser ensuite la commu-
nauté se l’approprier. La grande difficulté sera, selon moi, de savoir
où l’intervention de l’architecte doit s’arrêter: aux discussions, aux
idées, aux plans, à la mise à l’enquête, à la construction, à l’emmé-
nagement ou à une, deux, cinq ou 20 années après l’emménage-
ment? Une longue durée d’intervention de l’architecte peut l’aider à
mieux comprendre les besoins actuels et futurs de la communauté,
afin de proposer un projet, une architecture qui puisse s’adapter aux
changements, aux imprévus de la communauté.
79
80
Annexes
81
YALU : aliments, cuisine, style de cuisine, gastronomie
(Bolo’bolo, p.122)
« Dans la plupart des cas, la cuisine est un élément essentiel de
l’identité culturelle d’un BOLO »
« C’est cette identité culturelle (NIMA) qui fait avancer la variété des
cuisines et non pas la valeur des ingrédients. »
82
« La distribution de l’espace n’est pas réglée par des lois, car les
besoins sont déterminés par l’identité culturelle. »
83
Rapports d’enquête: écovillage Berber
84
85
86
Rapports d’enquête: Roseville
87
88
89
Rapports d’enquête: Le Montois
90
91
92
Rapports d’enquête: écoquartier du Stand
93
94
[Link]
95
Bibliographie:
ouvrages:
Noschis, Kaj. Monte Verità: Ascona et le génie du lieu. Le savoir suisse 73.
Arts & culture. Lausanne: Presses polytechniques et universitaires ro-
mandes, 2011.
Willette, Luc. Longo Maï: vingt ans d’utopie communautaire. Paris: Syros,
1993.
96
ling Setting in Switzerland: The Case Study of Hallenwohnen in Zurich ».
Journal of Housing and the Built Environment, 23 septembre 2022.
[Link]
Laurent, Mélanie. « Mémoire de fin d’études : “L’évolution de l’au-
to-construction : de la construction accompagnée à l’ubérisation” ». Uni-
versité de Liège - Faculté d’architecture, 2020 2019.
Sites Web:
97
Ltd, Magnolia International. « Pro Senectute Suisse ». Pro Senectute
Schweiz. Consulté le 2 janvier 2023. [Link]
Figurations:
Toutes les figurations ont été réalisées par l’auteure, sauf mention contraire,
dont la provenance est signalée en bas de page (fig.).
98
MERCI