Mes travaux portent sur plusieurs thématiques, dont la plupart sont tirées d’expériences personnelles et de
différents styles artistiques. Je nourris mon travail de ma culture, de tout mon parcours et de mon quotidien.
Mon approche de l'art est résolument enthousiaste, et dépend de mon intérêt pour l'expérimentation. Cette
dimension positive ne m'empêche pas de réfléchir à des questions plus profondes liées à la société actuelle.
Le masque social et le rapport à l’identité sont les grandes thématiques de mon premier axe de travail. C’est un
axe qui englobe les sujets de l’expression des émotions et de la construction de soi que j’explore de différentes
manières en alternant le support et le choix des médiums, passant de l’animation en stop-motion (cf.
« Jasmin ») au volume (cf. « Stone-Faced »). Je m’intéresse aux travaux de Mark Kostabi et de Cindy Sherman
qui ont une démarche autour de l’identité et notre rapport à la société. L’idée de la protection par la fleur vient
aussi s’incorporer dans mes travaux avec le thème du masque social. La fleur représente la féminité, les
émotions, la beauté et est omniprésente dans pleins de cultures, tel que la culture tunisienne où le jasmin est
une fleur emblématique du pays. Je l’utilise comme leitmotiv dans mes travaux pour parler d’une partie
submergée qu’on essaie de dissimuler mais qui arrive toujours à éclore à la fin. Cette idée est mise en avant
dans mon travail d’animation « Jasmin », où je dépeins cette fleur comme un élément perturbateur qui revient
sans cesse et qui dérange les deux protagonistes. Je m’inspire d’ailleurs de l’aspect graphique et humoristique
de la série d’animation South Park, de Trey Parker et Matt Stone, et la troupe de Monty Python pour dépeindre
cette scène absurde.
L’absurde et le comique tiennent une place importante dans mon travail. J’associe le côté sérieux et engagé de
certains de mes travaux à des situations humoristiques. Je trouve qu’on peut transmettre un message et une
idée tout en étant dans le comique et sans pour autant s’éloigner du sujet. Le style « camp » est parfait pour
illustrer mon propos. C’est un style dont je puise beaucoup mon inspiration, il démystifie les formes de la
culture dominante par la mise en scène de sa propre personne et par l'utilisation de l'ironie ou de l'humour. La
parodie est aussi une forme que j’utilise dans mes travaux, comme dans « Mais oui ! », où je parodie une
émission télévisée en traitant un fait d’actualité. Cette forme d’humour et d’art peut être retrouvée dans les
travaux d’Eric Duyckaerts dont je m’inspire fortement.
Je développe aussi des moyens de protection qu’on peut retrouver dans mon travail artistique, comme dans
« Un masque printanier », où je m’inspire du concept de masque social et des œuvres d’Aldo Lanzini. Cette idée
de se protéger du regard de la société, vient s’associer à la symbolique de la fleur, qui évoque l’éclosion des
émotions et donc une forme de liberté. Je m’inspire aussi des dessins de Alexandra Exster pour la conception
de certains projets, tel que « Puzzle Me », dont le thème est la construction de soi à travers les photos.
Mon pays et sa culture tiennent une place importante dans mes travaux. Ils constituent une de mes principales
inspirations, comme les mosaïques, l’art du Jelliz et l’architecture. Je les mets en avant pour célébrer ma
culture mais aussi pour dénoncer certains méfaits et comportements, tels que la situation politique et
l’homophobie.
Mon deuxième grand axe regroupe les thématiques de l’imaginaire et de l’enfance tout en gardant une touche
d’absurdité. Je propose un univers coloré et gai où je m’inspire du mouvement surréaliste, et notamment de
René Magritte, qui met en avant des scènes décalées et emploi des couleurs vives. Je puise aussi mon
inspiration des contes de Grimm, de Roald Dahl et de la série d’animation de Rebecca Sugar Steven Universe.
Les thématiques de l’enfance, du temps qui passe et de l’expression de soi sont traitées, tout en suggérant un
monde joyeux et coloré. C’est d’ailleurs un aspect que je propose dans ma stop-motion « Conte d’humain » où
il est question du temps qui passe et de l’enfance, raconté à la manière d’un conte de fées.
Enfin, j’accorde aussi une place importante à l’expérimentation. Les dessins d’observation et tenir un carnet de
croquis me permettent d’améliorer et de perfectionner mes techniques en variant le médium et le support,
comme le dessin, le collage ou la peinture, mais aussi d’en tester de nouvelles, comme l’animation en
rotoscopie.