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Nombres réels et propriétés des suites

Le document traite des nombres réels et des suites numériques, en présentant les ensembles des entiers naturels, relatifs, rationnels, et décimaux, ainsi que les propriétés des majorants et minorants. Il aborde également la notion de borne supérieure et inférieure, ainsi que la caractérisation des intervalles de R et la définition de la partie entière d'un nombre réel. Des exemples et exercices illustrent ces concepts mathématiques fondamentaux.

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Nombres réels et propriétés des suites

Le document traite des nombres réels et des suites numériques, en présentant les ensembles des entiers naturels, relatifs, rationnels, et décimaux, ainsi que les propriétés des majorants et minorants. Il aborde également la notion de borne supérieure et inférieure, ainsi que la caractérisation des intervalles de R et la définition de la partie entière d'un nombre réel. Des exemples et exercices illustrent ces concepts mathématiques fondamentaux.

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Nombres réels et suites numériques

A- Nombres réels

1 Ensemble de nombres réels

1.1 Introduction

Dans l’ensemble des nombres réels on trouve


• N : ensemble des entiers naturels, N = {0, 1, 2, 3, · · · }.
• Z : ensemble des entiers relatifs, Z = {· · · , −3, −2, −1, 0, 1, 2, · · · }
p
• Q : ensemble des rationnels, Q = { , p ∈ Z, q ∈ N∗ }
q
a
• D : ensemble des décimaux, il est contenue dans Q, D = { n , a ∈ Z, n ∈ N}
10
On a 0 ∈ N ⊂ Z ⊂ D ⊂ Q ⊂ R.

Toutes ces inclusions sont strictes ; par exemple 2 ∈ R \ Q (il s’agit d’un nombre irration-
nel).
Il y a aussi R∗ := R \ {0}, Q∗ , R+ , R∗+ , · · ·
Proposition. Un nombre x est rationnel si et seulement s’il admet une écriture décimale
périodique ou finie (le deuxième cas signifie que x appartient à D).
3 1
Exemples. = 0, 25, = 1, 333... 2, 37 502 502 502...
4 3
√ √
Exercice. Montrer que 2 est irrationnel c-à-d 2 ∈ R \ Q.

Réponse. Par l’absurde : supposons que 2 ∈ Q. Il existe alors p ∈ Z, q ∈ N∗ tels que
√ p p
2 = où p et q sont premiers entre eux (la fraction est sous forme irréductible).
q q
p2
On a 2 = cela signifie que
q2
2q 2 = p2 (∗).
Alors 2 | p2 donc 2 | p. Ainsi p est pair : p = 2p′ , p′ ∈ Z.
Revenons à la relation (∗) : on a q 2 = 2p′ , alors 2 | q aussi.
En résumé, 2 divise p et q, et cela contredit le fait que p et q sont premiers entre eux. Il en

résulte que 2 ∈/ Q.


Exemples 1.1: 2 ≈ 1, 4142..., π ≈ 3, 141592..., e ≈ 2, 718... : se sont des irrationnels

1
Cours de mathématiques

√ 1
/ Q et 1 − √ ∈
Exercice. Montrer que 2 − 3 2 ∈ /Q
2

2 Propriétés de la borne supérieure

2.1 Majorant et minorant (Rappel)

Définitions. Soit A une partie de R et M, m deux réels.

• Le réel M est un majorant de A si ∀ x ∈ A x ≤ M .


On dit alors que A est majorée (par M ).
• Le réel m est un minorant de A si ∀ x ∈ A x ≥ m.
On dit alors que A est minorée (par m).

Remarques.
1) Si M est un majorant de A alors ∀ M ′ ≥ M, M ′ est un majorant de A.
2) Si M est un minorant de A alors ∀ m′ ≤ m, m′ est un minorant de A.
Définition.

• Une partie A de R est dite bornée s’il existe M, m ∈ R tel que ∀ x ∈ A m ≤ x ≤ M.


⇔ A est à la fois minorée et majorée
⇔ ∃ M ∈ R+ | ∀ x ∈ A |x| ≤ M.

2.2 Plus grand élément et plus petit élément (Rappel)

Définitions. Soit A une partie de R et a, b deux réels.


(
a est un majorant de A
• a = max(A) ⇔
a∈A
(
b est un minorant de A
• b = min(A) ⇔
b∈A
• Le plus grand élément (max(A)) s’il existe est unique.
Le plus petit élément (min(A)) s’il existe est unique.

Exemple. [0, 1[ possède un minimum qui est 0. Il ne possède pas de maximum.

2
Cours de mathématiques

2.3 Borne supérieure et borne inférieure

Définition 2.1: Soit A une partie non vide de R et m, M deux réels.


• M est la borne supérieure de A si M est un majorant de A et si c’est le plus petit
des majorants de A.
si elle existe, elle est unique et on la note sup(A)

(
M est un majorant de A
M = sup(A) ⇔
∀ c majorant de A, on a M ≤ c

• m est la borne inférieure de A si m est un minorant de A et si c’est le plus grand des


minorants de A.
si elle existe, elle est unique et on la note inf(A)

(
m est un minorant de A
m = inf(A) ⇔
∀ c minorant de A, on a c ≤ m

Remarques.

1. Si A admet un maximum alors c’est aussi la borne supérieure de A.


2. Si A admet une borne supérieure sup(A) alors c’est un maximum de A si, et seulement
si, sup(A) ∈ A.

On a des remarques analogues pour la borne inférieure et le minimum.

Exemple 2.1: A = [0, 1[ ∗ 0 = min(A) = inf(A).


∗ Montrons que 1 = sup(A)
(i) 1 est un majorant de A.
(ii) Soit c un majorant de A. On veut montrer que 1 ≤ c.
Méthode 1. par l’absurde, supposons que c < 1. On a

0≤c<1 (faire un dessin)


1+c
Soit x0 = . On a x0 ∈ A et x0 > c. Ceci contredit le fait que c est un majorant de A.
2
Alors 1 ≤ c.
Méthode 2. On a ∀; x ∈ A, x ≤ c. En faisant tendre x vers 1, on obtient 1 ≤ c
En conclusion : d’après (i) et (ii), 1 = sup(A).

Question. Déterminer l’ensemble des minorants et l’ensemble des majorants de [0, 1[. (faire
le dessin dans la réponse)

IPEIS 3 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

À retenir.
• sup([a, b]) = max([a, b]) = b, inf([a, b]) = min([a, b]) = a.
• sup(]a, b]) = max(]a, b]) = b, inf(]a, b]) = a, pas de minimum.
• inf(]a, +∞[) = a, pas de minimum. ]a, +∞[ n’admet pas de borne sup...etc.

Théorème 2.1 (Axiome de la borne supérieure): Toute partie de R, non vide et


majorée admet une borne supérieure.
De la même façon : Toute partie de R, non vide et minorée admet une borne inférieure.

1
 
Exemple 2.2: Soit A = un = 1 − , n ∈ N∗
n

∀ n ∈ N∗ , 0 ≤ un < 1
A est une partie de R, non vide et bornée alors elle admet une borne supérieure et une
borne inférieure.
(
0 = u1 ∈ A
• alors 0 = min(A) = inf(A).
0 minorant de A
• On veut montrer que 1 = sup(A).
(i) déjà 1 est un majorant de A.
(ii) Soit c un majorant de A, on montre (comme dans l’exemple précédent) que 1 ≤ c.
Ainsi 1 = sup(A).

Exercice. (cours) Soit A une partie de R et M ∈ R.


( (
M est un majorant de A M est un majorant de A
M = sup(A) ⇔ ⇔
∀c<M ∃x∈A c<x ∀ ε > 0 ∃ x ∈ A M − ε < x.

⋆ Donner une version analogue pour la borne inférieure.


Réponse. Première équivalence : En fait la phrase "tout majorant de A est ≥ m" sig.
"∀ c < M, c n’est pas un majorant de A" sig. "∀ c < M ∃ x ∈ A c < x"
Deuxième équivalence : on prend ε = M − c.
Exercice (cours).
1. Toute partie de Z, non vide et majorée admet un maximum.

4
Cours de mathématiques

2. Toute partie de Z, non vide et minorée admet un minimum.


Réponse. 1) Soit A une partie de Z, non vide et majorée. Par l’axiome de la borne sup.,
A admet une borne sup. M ∈ R. Supposons que M ∈ / A ( en particulier M ∈ / Z), alors
∀ a ∈ A, a < M . Maintenant, M − 1 n’est pas un majorant de A, il existe alors a0 ∈ A tel
que M − 1 < a0 . Aussi a0 n’est pas un majorant de A (A n’admet pas de max), il existe
alors a1 ∈ A tel que a0 < a1 .
On a M − 1 < a0 < a1 < M (faire un dessin). En particulier a1 − a0 < 1 ce qui est
impossible, puisque a0 et a1 sont deux entiers.
n n
   
Exercice. Soit A = ∗
, (m, n) ∈ (N ) 2 et ; B = , (m, n) ∈ (N) 2
mn + 1 mn + 1
Déterminer, en cas d’existence, la borne sup, la borne inf, le max et le min de A.
Réponse. On montre que inf(A) = 0 et sup(A) = 1. Pas de max et pas de min.
inf(B) = min(B) = 0 et B est non majorée.

2.4 Caractérisation des intervalles de R

Proposition 2.2: Les intervalles de R sont les parties I de R vérifiant :

∀ x, y ∈ I | x ≤ y, [x, y] ⊂ I. (∗)

Démonstration. On sait que tout intervalles de R vérifie cette propriété. Inversement, soit
A une partie non vide de R vérifiant la propriété (∗).
(
b = sup(A) si A est majorée et b = +∞ sinon.
Soit a ≤ b les bords de A :
a = inf(A) si A est minorée et b = −∞ sinon.
et on montre que A = (a, b) où ici on n’a pas précisé si a ou b n’appartiennent pas à A.

3 Partie entière

Théorème 3.1 (Partie entière): Etant donné x ∈ R, il existe un unique entier relatif n
tel que
n≤x<n+1 propriété carac. 1
Cet unique entier relatif, appelé partie entière de x et noté E(x) ou [x] ou ⌊x⌋.

Démonstration. Nous proposons ici une démonstration indépendante de "la propriété d’Ar-
chimède".
• Unicité. Soient n1 et n2 deux entiers relatifs vérifiant :

n1 ≤ x < n1 + 1 et n2 ≤ x < n2 + 1.

IPEIS 5 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

On en déduit que

x − 1 < n1 ≤ x et − x ≤ −n2 < 1 − x.

En sommant ces deux encadrements, on obtien,

−1 < n1 − n2 < 1.

Comme n1 et n2 sont deux entiers, cela donne n1 − n2 = 0, c’est-à-dire n1 = n2 .


• Existence. Considérons l’ensemble A = {k ∈ Z | k ≤ x}.
A est une partie de Z, non vide et majorée, et donc possède un plus grang élément. En
notant n ce plus grand élément, on a n ≤ x (car n ∈ A) et n + 1 > x (car n + 1 ∈/ A).
Autrement dit, n vérifie la condition souhaitée.

Exemple 3.1: E(2, 514) = 2, E(π) = 3, E(−3, 0428) = −4.


E(x) = 3 ⇔ 3 ≤ x < 4.

• Courbe.

• À retenir. ∀ x ∈ R

E(x) ≤ x < E(x) + 1

cela signifie aussi

x − 1 < E(x) ≤ x

6
Cours de mathématiques

• E(x) est le plus grand entier relatif inférieur ou égal à x.


• Une autre caractérisation de la partie entière de x (propriété carac. 2) :

c’est l’unique entier relatif n tel que x s’écrive x = n + y avec y ∈ [0, 1[.

• L’application x 7→ E(x) est croissante.


• E(x) = k ∈ Z ⇔ k ≤ x < k + 1.

Exercice. Montrer que ∀ x ∈ R, ∀ p ∈ Z, E(x + p) = E(x) + p.


Réponse. Soit x ∈ R et p ∈ Z. Par définition de la partie entière on a

E(x) ≤ x < E(x) + 1.

En ajoutant p à chaque terme, cela donne :

E(x) + p ≤ x + p < (E(x) + p) + 1.

Comme E(x) + p est entier, on en déduit que E(x) + p est la partie entière de x + p
N.B. En général E(x + y) ̸= E(x) + E(y) et E(nx) ̸= nE(x) même si n est entier.
Par exemple, prendre x = 0, 7 ; y = 0, 5 ; n = 2.
⋆ Tu peux vérifier que pour tous x, y ∈ R, on a

E(x + y) ∈ {E(x) + E(y), E(x) + E(y) + 1}

Approximation d’un réel.


Par exemple si x = 7, 123456, l’approximation de x à 10−3 près par défaut est 7, 123 qui est
7123 E(103 x) 3
−3 près est 7, 124 qui est E(10 x) + 1 .
= . L’approximation de x par excès à 10
1000 103 103
Plus généralement on a le résultat suivant pour x ∈ R.
Pour tout n ∈ N il existe un nombre décimal rn tel que

1
rn ≤ x < rn +
10n

E(10n x) E(10n x) + 1
Réponse. On a E(10n x) ≤ 10n x < E(10n x) + 1 alors ≤ x < . Il
10n 10n
E(10n x)
suffit de prendre rn = . Le nombre décimal rn est une approximation décimale par
10n
−n
défaut de x à la précision 10 . (en fait il s’agit d’une approximation par défaut)

IPEIS 7 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

4 Parties denses dans R

Définition 4.1: Soit A une partie de R. On dit alors que A est dense dans R. si entre deux
réels distincts, il existe aux moins un élément de A c’est-à-dire

∀ x, y ∈ R tq x < y, ∃ a ∈ A tq x < a < y.

⋆ Il est clair que si A ⊂ B ⊂ R et si A est dense dans R alors B l’est aussi.

Théorème 4.1: Les ensembles Q et R \ Q sont denses dans R.

⋆ Entre deux réels distincts on peut trouver une infinité de nombres rationnels (resp. une
infinités de nombres irrationnels).

p
Démonstration. Densité de Q. Soit a, b ∈ R tel que a < b et on cherche r := (p ∈ Z et
q
∗ p
q ∈ N tel que a < < b c-à-d qa < p < qb. Pour assurer l’existence d’un tel p, on impose
q
1  1 
qb − qa = q(b − a) > 1 c-à-d q > . Il suffit de prendre q = E + 1.
b−a b−a
En conclusion ∀ a, b ∈ R tels que a < b, il existe r ∈ Q tel que a < r < b. Ainsi Q est dense
dans R.
a b
Densité de R \ Q. Soit a, b ∈ R tel que a < b. On a √ < √ . Comme Q est dense dans R,
2 2
a b √ √
il existe r ∈ Q tel que √ < r < √ , cela s’écrit aussi a < r 2 < b. Mais r 2 ∈ R \ Q.
2 2
Alors R \ Q est dense dans R.

5 Droite numérique achevée

On appelle droite numérique achevée l’ensemble R := R ∪ {−∞, +∞}.


On prolonge la relation ≤ à R en convenant que :

∀ x ∈ R, x ≤ +∞, et ∀ x ∈ R, x ≥ −∞

On prolonge parallèlement à R les opérations de R selon les tableaux suivants.


× −∞ y<0 0 y>0 +∞
+ −∞ y∈R +∞ −∞ +∞ +∞ ? −∞ −∞
−∞ −∞ −∞ ? x<0 +∞ xy 0 xy −∞
x∈R −∞ x+y +∞ 0 ? 0 0 0 ?
+∞ ? +∞ +∞ x>0 −∞ xy 0 xy +∞
+∞ −∞ −∞ ? +∞ +∞
( ?) : pour dire que l’opération correspondante n’est pas définie.

8
Cours de mathématiques

B- Suites numériques

1 Rappel sur les suites

1.1 Introduction

Une suite numérique est une application u : N → E = R ou C, c’est une suite réelle si
E = R et complexe si E = C.

• pour n ∈ N, on note u(n) par un : c’est le terme d’indice n (ou terme général de la
suite).
• La suite u est souvent notée (un )n∈N ou (un )n≥0 ou simplement (un ).
• Il arrive que l’on considère une suite définie à partir d’un certain rang n0 ≥ 0, on la
note (un )n≥n0 ou simplement (un ) s’il n’y a pas d’ambiguité.

N.B.

• (un ) désigne la suite (application) et un est l’image de n par u (élément).


• Pour la suite et pour simplifier les notation, on ne considèrera que les suites définies
à partir de n0 = 0.
• L’essentiel de ce chapitre est consacré au suites réelles

1.2 Opération sur les suites

Etant donné deux suites réelles (un ) et (vn ) ainsi qu’un réel λ. On définit les suites :
(un ) + (vn ) = (un + vn ) (somme) et λ(un ) = (λun ) (multiplication par un scalaire) et
(un )(vn ) = (un vn ) (produit).

1.3 Suite majorée, minorée, bornée

Définition 1.1: Soit (un )n∈N une suite réelle.


• (un )n∈N est majorée si ∃ M ∈ R | ∀ n ∈ N un ≤ M.
• (un )n∈N est minorée si ∃ m ∈ R | ∀ n ∈ N un ≥ m.
• (un )n∈N est bornée si elle est à la fois majorée et minorée, cela signifie

∃ M ∈ R+ | ∀ n ∈ N |un | ≤ M.

IPEIS 9 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

1.4 Suites monotones

Définition 1.2: Soit (un )n∈N une suite réelle.


• (un )n∈N est croissante si ∀ n ∈ N un+1 ≥ un .
• (un )n∈N est strictement croissante si ∀ n ∈ N un+1 > un .
• (un )n∈N est décroissante si ∀ n ∈ N un+1 ≤ un .
• (un )n∈N est strictement décroissante si ∀ n ∈ N un+1 < un .
On dit que la suite (un )n∈N est monotone si elle est croissante ou elle est décroissante.
On dit que la suite (un )n∈N est strictement monotone si elle est strictement croissante ou
elle est strictement décroissante.

Exemples 1.1:
1
1. un = , n ≥ 1. (un ) est une suite décroissante, minorée par 0 et majorée par 1.
n
2. un = an , (a > 0). (un ) est une suite monotone.
(−1)n 1
3. un = , n ≥ 1. (un ) n’est pas monotone, minorée par −1 et majorée par
n 2
4. la somme de deux suites croissantes (resp. le produit de deux suites croissantes posi-
tives) est une suite croissante.

Exercice. Déterminer le sens de variation des deux suites (un ) et (vn ) définies par

n
X 1 n!
un = et vn = , n ≥ 1.
k=1
n+k nn

1 1 1 1 1
Réponse. On a un+1 − un = + − = − ≥ 0 alors la suite
2n + 1 2n + 2 n + 1 2n + 1 2n + 2
(un ) est croissante.
vn+1 (n + 1)nn  n n
Pour tout n ≥ 1, un > 0 et vn = = < 1.
(n + 1)n+1 n+1
Alors la suite (vn ) est (stc) décroissante.

1.5 Suites extraites

Définition 1.3: Une suite v = (vn )n∈N est appelée suite extraite (ou sous-suite) d’une
suite u = (un )n∈N s’il existe une application φ : N → N strictement croissante telle que
∀ n ∈ N, vn = uφ(n) .

(dessin)

10
Cours de mathématiques

Exemple 1.1: La suite (un+3 )n∈N est une suite extraite de la suite (un )n∈N .
Les suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont deux sous-suites de la suite (un )n∈N
Si un = (−1)n alors les sous-suites (vn ) = (u2n ) et (wn ) = (u2n+1 ) sont constantes : ∀ n ∈ N,
vn = 1 et wn = −1.

2 Convergence d’une suite. Propriétés

2.1 Suites convergentes

Soit (un )n∈N une suite et ℓ ∈ R.

Définition 2.1: On dit que la suite (un ) tend vers ℓ, ou encore converge vers ℓ ou a pour
limite ℓ si pour tout ε > 0, il existe un entier naturel n0 tel que, pour tout entier naturel n,
si n ≥ n0 alors |un − ℓ| ≤ ε. Cela s’écrit formellement,

∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ |un − ℓ| ≤ ε) .

On éccrit parfois simplement,

∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 |un − ℓ| ≤ ε.

Rappelons que : |un − ℓ| ≤ ε ⇔ un ∈ [ℓ − ε, ℓ + ε].


un −→ ℓ
Notation. On note pour dire que la suite (un ) tend vers ℓ. Parfois on note
n −→ +∞
simplement, un −→ ℓ.
N.B. ℓ ne dépend pas de n. n0 dépent éventuellement de ε.

IPEIS 11 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

Exemples 2.1:
1. Toute suite stationnaire est convergente.
1
2. un = −→ 0. En effet :
n
1 1 1
Soit ε > 0. | − 0| ≤ ε ⇔ ≤ε ⇔ n≥ .
n n ε
1 1
On prend n0 = E( ) + 1. On a : ∀ n ≥ n0 , n ≥ donc |un | ≤ ε.
ε ε

Méthode : On fixe ε > 0 et on cherche un rang n0 à partir duquel |un − ℓ| ≤ ε.

Proposition 2.1 (Unicité de la limite): Si un −→ ℓ1 et un −→ ℓ2 alors ℓ1 = ℓ2 .

|ℓ1 − ℓ2 |
Démonstration. Raisonnant par l’absurde en supposant que ℓ1 ̸= ℓ2 . Soit ε = .
3
D’après la définition, on peut trouver deux rangs n1 et n2 tels que

∀ n ≥ n1 , |un − ℓ1 | ≤ ε et ∀ n ≥ n2 , |un − ℓ2 | ≤ ε

Soit n = max(n1 , n2 ). D’après ce qui précède, on a :

|ℓ1 − ℓ2 | ≤ |(ℓ1 − un ) + (un − ℓ2 )| ≤ |ℓ1 − un | + |un − ℓ2 | ≤ 2ε.

Il en résulte que :
2
|ℓ1 − ℓ2 | ≤ |ℓ1 − ℓ2 |,
3
ce qui, comme |ℓ1 − ℓ2 | > 0, mène à une contradiction.

Notation. La limite de la suite (un ) est notée lim un , ou encore lim un


n→+∞

Définition 2.2: S’il existe un ℓ ∈ R tel que un −→ ℓ, on dit que la suite (un ) est convergente.
Sinon, on dit qu’elle est divergente.

Exercice. Ecrire formellement :


(1) La suite (un ) est convergente. (2) NOT(un → ℓ), (3) La suite (un ) est divergente.
Remarque.

un → ℓ ⇔ (un − ℓ) → 0 ⇔ |un − ℓ| → 0.

12
Cours de mathématiques

2.2 Suite tendant vers l’infini

Définition 2.3: On dit qu’une suite réelle (un )n∈N tend vers +∞ si

∀ A > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ un ≥ A) .

On écrit parfois simplement,

∀ A > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 un ≥ A.

On dit que la suite (un )n∈N tend vers −∞ si

∀ A < 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ un ≤ A) .

La propriété d’unicité de la limite s’étend aux limites infinies.


Notation. Lorsque (un ) tend vers +∞ on note lim un = +∞ ou lim un = +∞ ou
n→+∞
un −→ +∞
ou un −→ +∞.
n −→ +∞
On a des notations analogue pour un → −∞.


Exemple 2.1: Montrer, en utilisant la définition, que n → +∞.

Remarques.
1. Lorsque un → ±∞ on dit aussi que (un ) diverge vers ±∞ ;
2. Une suite (un ) est divergente si elle tend vers ±∞ ou n’admet pas de limite.
3. Une suite u tend vers +∞ si et seulement si −u tend vers −∞.
4. Si la suite (un ) diverge vers ±∞ alors (|un |) tend vers +∞. La réciproque est fausse :
considérer la suite u de terme général un = (−n)n .

2.3 Premières propriétés des suites convergentes

Proposition 2.2: Toute suite convergente est bornée.

Démonstration. Il exite ℓ ∈ R tel que lim un = ℓ. La définition de la convergence appliquée,


par exemple, à ε = 1, nous permet de fixer un rang n0 ∈ N tel que :

∀n ∈ N : n ≥ n0 =⇒ ℓ − 1 ≤ un ≤ ℓ + 1.

On constate alors que la suite (un ) est majorée par le réel M = max{u0 , · · · uno −1 , ℓ + 1} et
minorée par m = min{u0 , · · · uno −1 , ℓ − 1}. Ainsi, la suite (un ) est bornée.

IPEIS 13 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

Exercice. Soit la suite (un ) de terme général un = (−1)n . Montrer que (un ) est bornée
mais non convergente (divergente).
Réponse. 1) ∀ n ∈ N ; |un | = 1. Alors (un ) est bornée.
2) Supposons que (un ) converge vers ℓ ∈ R, on a

∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 ℓ − ε ≤ un ≤ ℓ + ε.

On a
∀ ε > 0, ℓ − ε ≤ −1 ≤ 1 ≤ ℓ + ε.

Alors ∀ ε > 0, ε ≥ 1 : ce qui est impossible. Ainsi, la suite (un ) est divergente.

Proposition 2.3: Soit : (un ) une suite réelle possédant une limite ℓ ∈ R et m, M ∈ R
(i) Si ℓ < M alors un < M à partir d’un certain rang.
(ii) Si ℓ > m alors un > m à partir d’un certain rang.
(iii) Si m < ℓ < M alors m < un < M à partir d’un certain rang.

Démonstration. On prend dans la définition ? un ε < M − ℓ (on peut prendre ε = M − ℓ si


on veut simplement des inégalités larges. Faire un dessin.

Corollaire. On déduit, par exemple que si un → ℓ> 0 alors un > 0 à partir d’un certain
rang.

Proposition 2.4 (Passage à la limite dans les inégalités):


Soient deux suites réelles (un ) et (vn ). (
un −→ ℓ ∈ R
Si un ≤ vn à partir d’un certain rang et Alors ℓ ≤ ℓ′ .
vn −→ ℓ′ ∈ R
N.B. Même si la première inégalité est stricte, la deuxième est en général large (prendre
1 2
un = et vn = ).
n n

Démonstration. Cas où ℓ et ℓ′ sont réels : Par l’absurde, supposons que ℓ′ < ℓ. Alors
ℓ′ + ℓ
d’après la propositions précédente, il existe un rang à partir duquel vn < < un et
2
cela contredit l’hypothese.

3 Les théorèmes de convergence

14
Cours de mathématiques

3.1 Produit d’une suite bornée par une suite tendant vers 0

Proposition 3.1: Le produit d’une suite bornée par une suite tendant vers 0 est une suite
qui tend vers 0 :
(
vn bornée
=⇒ lim(un vn ) = 0
lim un = 0

3.2 Théorème de majoration

Théorème 3.2 (de majoration): Soient (un ) une suite et ℓ un réel.


S’il existe une suite αn convergeant vers 0 tel que |un − ℓ| ≤ αn alors (un ) converge vers
0:
(
|un − ℓ| ≤ αn à partir d’un certain rang,
=⇒ lim(un ) = ℓ
lim αn = 0

cos n sin n n − (−1)n


Exemple 3.1: (1) un = , (2) vn = , (3) wn = ,
n2 + 1 n + (−1)n n + (−1)n

3.3 Existence de limite par encadrement

Théorème 3.3 (d’encadrement): On considère trois suites réelles (un ), (vn ), et (wn ).
(
vn ≤ un ≤ wn (à partir d’un certain rang),
1. Si alors lim(un ) = ℓ.
lim vn = lim wn = ℓ ∈ R
(
vn ≤ un (à partir d’un certain rang),
2. Si alors lim(un ) = +∞.
lim vn = +∞
(
vn ≤ un (à partir d’un certain rang),
3. Si alors lim(vn ) = −∞.
lim un = −∞

Exemples 3.1: Etudier les suites de terme général √


n
P n2 1 P n 1 E(10n 2)
(1) Sn = , (2) un = 2 , (3) vn = .
3
k=1 n + k
2 n k=1 k 10n

IPEIS 15 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

3.4 Les théorèmes généraux

Théorème 3.4: Soient (un ) une suite qui converge vers ℓ ∈ R, (vn ) une suite qui converge
vers ℓ′ ∈ R et λ ∈ R. Alors
1. la suite |un | converge vers |ℓ|,
2. la suite (un + vn ) converge vers ℓ + ℓ′ ,
3. la suite (λun ) converge vers λℓ,
4. la suite (un vn ) converge vers ℓℓ′ ,
un ℓ
5. Si ℓ′ ̸= 0 alors la suite ( ) (qui est déf à partir d’un certain rang), converge vers ′ ,
vn ℓ

Démonstration. 1) ||un | − |ℓ|| ≤ |un − ℓ| → 0,


2) |(un + vn ) − (ℓ + ℓ′ )| ≤ |un − ℓ| + |vn − ℓ′ | → 0,
3) |λun − λℓ| ≤ |λ||un − ℓ| → 0,
4) un vn − ℓℓ′ = un (vn − ℓ′ ) + ℓ′ (un − ℓ) et on applique 2).
|ℓ′ |
5) Comme vn → ℓ′ on a |vn | → |ℓ′ | et par suite |vn | ≥ à partir d’un certain rang n0 (en
2
1 1 1 ℓ′ − v n 1 1
particulier est bien définie à partir de n0 ). Ensuite, − ′ = ′
. Ainsi → ′.
vn vn ℓ vn ℓ vn ℓ
1
Pour conclure on applique 4) à un et .
vn
Remarque. On peut généraliser le théorème précédent aux cas où ℓ, ℓ′ ∈ R (exps) :
ℓ 1 3 −∞
= 0 pour ℓ ∈ R∗ , = +∞, = −∞, = +∞.
∞ 0+ 0− 0−
∞ 0
F.I. ∞ − ∞, 0.∞, , .
∞ 0

Théorème 3.5 (cas des suites fonctionnelles):


Soit (un ) la suite de terme général un = f (n) où f : R+ → R.
Si f (x) −→ ℓ ∈ R alors un −→ ℓ.
x→+∞

Démonstration. Voir cours sur les fonctions.

Exemples 3.2: Etudier la convergence de la suite (un ) dans chacun des cas suivants :
1 1 2n2 + n − 1
− 1 n2 − n2

1. un = 2. un = n + 3. un =
n n 3n2 + 1
1 n 2n2 − sin(n) 3n − (−2)n
4. un = 1 + 5. un = 6. un = n
n cos(n) − 3n2 3 + (−2)n
√ √ 1 n 1 √
n
7. un = n2 + n + 1 − n2 − n + 1 8. un = 2 9. un = n2
P
n k=1 k

16
Cours de mathématiques

Exercice.
1) Si (un ) est bornée et (vn ) diverge vers ±∞ alors un + vn → ±∞.
2) Si un + vn et un − vn convergent alors (un ) et (vn ) convergent.
Remarques. (1) Cas des polynômes et fractions rationnelles en n ...Se rappeler des résul-
tats !
(2) On peut avoir |un | cv sans que (un ) cv (un = (−1)n )
1 (−1)n
(3) On peut avoir un → 0 sans que → ∞ (un = )
un n

Théorème 3.6 (de composition): Soit (un ) une suite à éléments dans I (intervalle de R
et soit f : I → R. a ∈ I ou extrémité de I. Si lim (un ) = a et lim f (x) = b alors (f (un ))
n→+∞ x→a
tend vers b. (a, b peuvent être infinies).

Démonstration. Voir cours sur les fonctions. □

3.5 Suites monotones

Théorème 3.7 (de la limite monotone):


Si (un ) est une suite croissante alors (un ) admet une limite dans R. plus précisément on
a les deux possibilités suivantes :

(i) Si (un ) est majoré alors lim un = ℓ := sup un cv


n∈N

(ii) Si (un ) n’est pas majoré alors lim un = +∞ dv

Noter que lorsque (un ) est stc croissante alors ∀ n un < ℓ.


On a un résultat analogue si (un ) est décroissante ; dans ce cas aussi (un ) admet une limite
dans R. Plus précisément, c’est inf un et (un ) cv si (un ) est minorée et c’est −∞ sinon
n∈N

Démonstration. Si (un ) est majorée, soit sup un := ℓ ∈ R.


n∈N

Soit ε > 0. ∃ n0 ∈ N : ℓ−ε ≤ un0 ≤ ℓ. Comme (un ) est croissante on a ∀ n ≥ n0 ℓ−ε ≤ un ≤ ℓ


(donc |un − ℓ| ≤ ε). Alors lim un = ℓ.
Si (un ) est non majorée. Soit A > 0. ∃ n0 ∈ N : un0 ≥ A.
Comme (un ) est croissante on a ∀ n ≥ n0 un ≥ A. Alors lim un = +∞.

Exercice. Les deux suites suivantes sont-elles convergentes ?


n
P 1 n
P 1
1. un = k
2. v n =
k=1 k2 k=1 n + k

IPEIS 17 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

n 1
P
Exercice. Soit la suite (un ) de t.g. un = .
k=1 k2
1 1 1
1. Montrer que ∀ k ∈ N∗ tel que k ≥ 2 on a = − .
k(k − 1) k−1 k
2. En déduire que la suite (un ) est convergente.

3.6 Suites adjacentes

Définition 3.1: Les deux suites réelles (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes ssi
(i) Les deux suites sont monotones et de sens contraires,
(ii) lim(vn − un ) = 0.

Théorème 3.8: Deux suites adjacentes sont convergentes et ont la même limites.
Plus précisément, si par exemple :
(i) (un ) est croissante et (vn ) est décroissante,
(ii) lim(vn − un ) = 0
Alors les deux suites sont convergentes vers une même limite ℓ ∈ R.
On a de plus

∀ n, p ∈ N, un ≤ ℓ ≤ vp et ℓ = sup un = inf vn
n∈N n∈N

Démonstration. En remarquant que la suite de t.g. vn −un est décroissante vers 0, on déduit
que la suite croissante (un ) est majorée par v0 et que la suite décroissante (vn ) est minorée
par u0 . On sait alors que un → ℓ1 = sup un et que vn → ℓ2 = inf un ; on en déduit que
n∈N n∈N
ℓ1 = ℓ2 (car lim(vn − un ) = 0).

n 1
P 1
Exemple 3.2: Montrer que les suites de t.g. un = et vn = un +
sont adjacentes.
k=0 k! n!
Puis montrer que leur limite commune est un nombre irrationnel (c’est le nombre de Neper
e = exp(1).


Exercice. Si [an , bn ] n∈N est une suite croissante au sens de l’inclusion, de segments, non
   
vides [a0 , b0 ] ⊃ [a1 , b1 ] ⊃ · · · [an , bn ] ⊃ · · · tel que les longueurs tendent vers 0
(lim(bn − an ) = 0) alors
\
[an , bn ] est un singleton.
n∈N

= {ℓ}
T
Réponse. Les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes. On vérifie alors que n∈N [an , bn ]
où ℓ = lim an = lim bn .

18
Cours de mathématiques

4 Les suites extraites

Théorème 4.1: Si (un ) est une suite qui tend vers une limite finie ou infinie ℓ ∈ R, alors
toute suite extraite de (un ) tend vers la même limite ℓ.
; Toute suite extraite d’une suite convergente est convergente (vers la même limite).

Démonstration. Par exemple, on va voir le cas ℓ ∈ R. Soit (vn ) une sous-suite de (un ). Il
existe φ : N → N stc croissante telle que vn = uφ(n) .
Soit ε > 0. Par hypothèse ∃ n0 ∈ N : ∀ n ≥ n0 , |un − ℓ| ≤ ε.
Mais ∀ n ≥ n0 on a φ(n) ≥ n ≥ n0 ⇒ |uφ(n) − ℓ| ≤ ε ⇒ |vn − ℓ| ≤ ε.
Il en résulte que lim(vn ) = ℓ.

Exemples 4.1: (1) La suite u de t.g. un = (−1)n est divergente, en effet u2n = 1 → 1 et
u2n+1 = 1 → −1 donc (un ) n’admet pas de limite.
nπ 
(2) La suite de t.g. un = cos est divergente car (u4n ) = (−1n ) diverge.
4

Théorème 4.2: Si les deux suites (u2n ) et (u2n+1 ) tendent vers la même limite ℓ ∈ R (finie
ou infinie) alors (un ) tend ℓ.

Démonstration. Cas ℓ ∈ R. Soit ℓ = lim(u2n ) = lim(u2n+1 ). Soit ε > 0.


Il existe n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 |u2n − ℓ| ≤ ε et
il existe n1 ∈ N tel que ∀n ≥ n1 |u2n+1 − ℓ| ≤ ε.
Soit alors N = max(2n0 , 2n1 + 1). Alors pour n ≥ N on a |un − ℓ| ≤ ε.

n (−1)k
P
Exercice. Soit la suite de t.g. Sn =
k=0 1+k
1) Calculer S0 , S1 , S2 , S3 et S4 .
2) Montrer que les suites S2n et S2n+1 sont adjacentes et déduire que (Sn ) est convergente.
3) Soit ℓ la limite de (Sn ), majorer l’erreur en = |Sn − ℓ| en fonction de n.
4) Comment choisir la valeur de n pour que Sn soit une valeur approchée de ℓ à 10−2 -près.

Théorème 4.3 (de Bolzano-Weierstrass):


De toute suite bornée on peut extraire une sous-suite convergente.

Démonstration. Par dichotomie : (voit fichier B-W).

IPEIS 19 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

Exemple 4.1: La suite (sin n), qui est bornée, admet une sous-suite convergente.

5 Traduction séquentielle de certaines propriétés

5.1 Partie dense dans R

Théorème 5.1: Une partie A de R est dense dans R ssi pour tout x ∈ R, il existe une
sous-suite d’éléments de A qui converge vers x c-à-d ∀ x ∈ R, ∃ (xn ) ⊂ A | xn → x

1
Démonstration. ” ⇒ ” : Il suffit de prendre (pour tout n ∈ N∗ ), a = x − et b = x dans la
n
définition de parties denses : on a construit alors une suite xn qui tend vers x.
a+b
” ⇐ ” : Pour a, b ∈ R tels que a < b. Appliquer l’hypothèse à x = .
2

E(10n x)
Exemple 5.1: Soit x ∈ R. Soit (un ) la suite de t.g. un = . Montrer que lim(un ) = x
10n
(un est une approximation décimale de x à 10−n -près).
On en déduit que D est dense dans R et a fortiori Q est dense dans R.

5.2 Borne sup et borne inf

Théorème 5.2: Soit A ⊂ R une partie, non vide de R et α ∈ R.


(1) (
α est un majorant de A
α = sup(A) ⇔
α est la limite d’une suite d’∈s de A
(2) A n’est pas majorée ⇔ il exite une suite d’∈s de A de limite +∞.
Enoncer un résultat analogue dans le cas où A est minorée ou non minorée.

1
Démonstration. (1) Supposons que α = sup(A). Pour tout n ∈ N∗ , α − n’est pas un
n
1
mojorant de A, il existe alors xn ∈ A tel que α − ≤ xn ≤ α. La suite (xn ) ainsi définie
n
tend vers α.
Inversement supposons que α est un majorant de A tel qu’il exite une suite (xn ) d’∈s de A
qui tend vers A. Soit c un majorant de A. On a xn ≤ c pour tout n. En faisant tendre n
vers l’infinie on obtient α ≤ c. Il en résulte que α = sup(A).

20
Cours de mathématiques

(2) Supposons que A n’est pas majorée, alors pour tout n ∈ N, il existe xn ∈ A tel que
xn > A. La suite (xn ) tend vers +∞. La réciproque est triviale.

Exemples 5.1:
1
1) A = {1 − , n ∈ N∗ }
n
1
On a 1 est un majorant de A et 1 = lim(1 − ) alors 1 = sup(A).
n
n 1 ∗
2) B = {(−1) + , n ∈ N }
n
1
On a −1 est un minorant de B et −1 = lim((−1)2n+1 − ) alors −1 = inf(A).
2n + 1

( )
q2
Exercice. Soit A = , p, q ∈ N∗ .
2p + q
Montrer que A n’est pas majorée. Déterminer inf(A) s’il existe.

6 Suites complexes

On rappelle que pour tout nombre complexe z on a

|z| ≤ |Re(z)| + |Im(z)|, |Re(z)| ≤ |z|, |Im(z)| ≤ |z|

Toute suite complexe (zn ) s’écrit zn = xn + iyn où xn = Re(zn ) et yn = Im(zn ) (partie


réelle et partie imaginaire)
⋆ La suite (zn ) est bornée ssi la suite |zn | est bornée ssi (xn ) et (yn ) sont deux suites bornées.
⋆ zn → ℓ ∈ C ⇔ ∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 |zn − ℓ| ≤ ε.
Sinon on dit que (zn ) est divergente.
(
|zn − ℓ| ≤ αn à partir d’un certain rang,
⋆ =⇒ lim(zn ) = ℓ
lim αn = 0
(
Re(zn ) → Re(ℓ),
⋆ zn → ℓ ∈ C ⇔
Im(zn ) → Im(ℓ)
⋆ A l’exception des propriétés ou théorèmes faisant intervenir la relation d’ordre ≤ les suites
complexes vérifient les mêmes propriétés que les suites réelles. Pas de suites monotones, pas
de suites adjacentes pas de −∞ ou +∞ dans les limites.
⋆ Le théorème de Bolzano-Weistrass est encore vrai.
Exercice.
i ein 1 + in
Calcul de limites : 1. zn = 1 − 2. zn = 2 3. zn = .
n n 2n
Exercice. Soit a = ρeiθ un nombre complexe de module ρ et d’argument θ ∈] − π, π[ ; On
zn + |zn |
définit la suite complexe (zn ) par z0 = a et zn+1 = .
2

IPEIS 21 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

Montrer que (zn ) converge vers un réel que l’on exprimera en fonction de ρ et θ.
θ Qn θ 1
(ind. Vous pourrez prouver que sin n
cos k = n sin θ )
2 k=1 2 2
Exercice
1) Soit k ∈ C, |k| =
̸ 1
Etudier la convergence de la suite géométrique (k n )k∈N
2) Soit k ∈ C, |k| = 1, k ̸= 1. Montrer par l’absurde que (k n ) est divergente.
n cos kθ
Exercice. Soit θ ∈ R. Pour tout n ∈ N, on pose un =
P
.
k=0 2k
Montrer que la suite (un ) est convergente, on déterminera sa limite.

7 Suites particulières

7.1 Suites arithmétiques

Pour r ∈ C, la suite (un ) définie par

∀ n ∈ N, un+1 = un + r

est une suite arithmétique de raison r.

⋆ ∀ n ∈ N, un = u0 + nr pour p ≤ n, un := up + (n − p)r.
et
n n(n + 1) n+1
⋆ ∀ n ∈ N, Sn :=
P
uk = (n + 1)u0 + r = (u0 + un ) .
k=0 2 2

7.2 Suites géométriques

Une suite (un ) est dite géométrique s’il existe un scalaire q, tel que

∀ n ∈ N, un+1 = qun

Le scalaire q est la raison de la suite.

⋆ ∀ n ∈ N, un = q n u0 et pour p ≤ n, un := q n−p up .
Pour q ̸= 1 on a :
n q n+1 − 1 n q n−p+1 − 1
⋆ ∀ n ∈ N, Sn := pour p ≤ n,
P P
uk = u0 et uk = up
k=0 q−1 k=p q−1

22
Cours de mathématiques

Exemple 7.1: Etudier la convergence de la suite géométrique (un ) selon la valeur de q dans
le cas u0 et q sont réels.

Exercice. Etudier la convergence de (un ) et de (Sn ), en fonction de q dans le cas complexe.


un+1
Exercice. 1) Soit 0 < k < 1. Soit (un ) une suite de termes non nuls telle que ≤k
un
(à partir d’un certain rang). Montrer que un → 0.
Remarque : On déduit que si k > 1 et (un ) une suite de termes stc positifs et vérifie
un+1
≥ k (à partir d’un certain rang) alors un → +∞, (il suffie d’appliquer 1) à la suite
un
1
(vn ) définie par vn = (à partir d’un certain rang)).
un
un+1
2) Soit (un ) une suite de termes non nuls telle que → 0. Montrer que un → 0.
un
xn nn
3) Déterminer lim pour tout x ∈ R et lim .
n! n!

7.3 Suites arithmético-géométriques

Soit (a, b) ∈ C2 , a ̸= 1 et (un ) la suite définie par

∀ n ∈ N, un+1 = aun + b

Une telle suite est appelée suite arithmético-géométrique


b
⋆ Soit ℓ ∈ C tel que ℓ = aℓ + b ⇔ ℓ =
1−a
1. Soit la suite (vn ) définie par vn = un − ℓ. Justifier que (vn ) est une suite géométrique
2. Déduire que un est de la forme
un = ℓ + can , c ∈ C.

(
un+1 = 2un + 3,
Exemple 7.2: Soit la suite réelle (un ) définie par Déterminer (un ) en
u0 = 2
fonction de n.
Déterminons ℓ tel que ℓ = 2ℓ + 3 : on a ℓ = −3.
un s’écrit un = λ2n + ℓ. En particulier u0 = λ + ℓ et cela implique λ = 2 − (−3) = 5. Ainsi,

un = 5.2n − 3.

7.4 Suites récurrentes linéaires d’ordre 2

On ne considère ici que les suites récurrentes linéaires homogène d’ordre 2 à coefficients
constant.

IPEIS 23 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques


 u0 ,

Soit (un ) la suite définie par u1 , avec (a, b) ∈ K × K∗ .

un+2 = aun+1 + bun

On appelle équation caractéristique de (un ) : (C) : r2 = ar + b

Théorème 7.1 (cas complexe):


1. Si (C) admet deux racines distinctes r1 ̸= r2 , il existe deux constantes complexes A, B
telles que ∀ n ∈ N, un = Ar1n + Br2n

2. Si (C) admet une racine double r1 = r2 , il existe deux constantes complexes A, B


telles que ∀ n ∈ N, un = (An + B)r1n

Théorème 7.2 (cas réel):


1. Si (C) admet deux racines réelles distinctes r1 ̸= r2 (∆ > 0), il existe deux constantes
réelles A, B telles que ∀ n ∈ N, un = Ar1n + Br2n

2. Si (C) admet une racine réelle double r1 = r2 (∆ = 0), il existe deux constantes réelles
A, B telles que ∀ n ∈ N, un = (An + B)r1n

3. Si (C) admet deux racines complexes conjuguées (non réels) ρeiθ et ρe−iθ ,
(∆ < 0), il existe deux constantes réelles A, B telles que
∀ n ∈ N, un = ρn (A cos nθ + B sin nθ)


 u0 > 0,

Exemple 7.3: Etudier la suite (un ) définie par : u1 > 0

un+2 = un+1 un

Réponce. Justifier d’abord que un > 0 pour tout n ∈ N, puis appliquer ln.
Exercice 12 TD

7.5 Suite définie par une relation un+1 = f (un )

On considère une suite définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) et la donnée
de son premier terme u0 , où f est une fonction réelle à variable réelle f : I → R telle que
f (I) ⊂ I.
- Justifier que la suite (un ) est bien définie lorsque u0 ∈ I.
- Si f est continue sur I et la suite (un ) converge vers ℓ ∈ I alors f (ℓ) = ℓ.

24
Cours de mathématiques

- Si f est croissante alors (un ) est monotone.

1 √
Exemple 7.4: u0 = et ∀ n ∈ N, un+1 = un (détail en classe !)
10

- Si f est décroissante alors f ◦ f est décroissante. Ainsi les deux sous-suites (u2n ) et (u2n+1 )
sont monotones.
Exercice 13 TD

8 Relations de comparaison : cas des suites

Les suites considérées sont à valeurs réelles ou complexes.


Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles ou complexes.

8.1 Définitions

Définition 8.1:
(a) On dit que (un ) est dominée par (vn ), et on écrit un = O(vn ), ssi il existe une suite hn
bornée tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.
(b) On dit que (un ) est négligeable devant (vn ), et on écrit un = o(vn ), ssi il existe une suite
hn de limite 0 tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.
(c) On dit que (un ) est équivalente à (vn ), et on écrit un ∼ vn , ssi il existe une suite hn de
limite 1 tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.

hn bornée : un = O(vn )

un = hn vn → lim hn = 0 : un = o(un )

lim hn = 1 : un ∼ vn

Théorème 8.1: Lorsque vn ̸= 0 à partir d’un certain rang :


un
 
bornée ⇔ un = O(vn )
vn
un
lim =0 ⇔ un = o(un )
vn
un
lim =1 ⇔ un ∼ vn
vn

On pensera en pratique les o, les O et les ∼ en termes de quotients.

IPEIS 25 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

1 1
Exemples 8.1: (a) n ln n = o(n2 ), (b) n = o(n2 ) mais 2
=o ,
n n
sin n 1
. (c) =O .
n n

n 1 1 1
Exemples 8.2: (a) lim = 1 alors n ∼ n + 1, (b) + ∼ .
n→+∞ n + 1 n n2 n
1 1 √ 1
. (c) sin ∼ , (d) n − n2 + 1 ∼ −
n n 2n

Théorème 8.2 (Lien petit o/grand O/équivalence):


⋆ Si un = o(vn ) alors un = O(vn ).
⋆ Si un ∼ vn alors un = O(vn ) et vn = O(un )
⋆ un ∼ vn ⇔ un − vn = o(vn ).

8.2 Propriétés et exemples classiques

Domination et négligeabilité

Exemples 8.3 (croissances comparées usuelles):

⋆ Pour α > β, nβ = o(nα ). ⋆ Pour a ∈ R, an = o(n!)



⋆ Pour α > 0 et β ∈ R, ln n = o(nα ), nβ = o(eαn )

Remarques.

(1) un = O(1) ⇔ (un ) est bornée.


(2) un = o(1) ⇔ lim un = 0.
(3) (ℓ ∈ R). un → ℓ ⇔ un = ℓ + o(1).

Des règles de calcul.


∗ Si un = o(vn ) et vn = o(wn ) alors un = o(wn ).
(
un = o(wn )
∗ Si alors αun + βvn = o(wn ) Attention : un − vn Z
=0
vn = o(wn )

(
an = o(bn )
∗ Si alors an un = o(bn vn )
un = o(vn )
∗ Si un = o(vn ) alors wn un = o(wn vn ).
∗ Si λ ∈ K∗ et un = o(vn ) alors λun = o(vn ) et un = o(λvn ).

26
Cours de mathématiques

⋆ Toutes ces règles s’appliquent avec des O (et sont simples à vérifier).
Equivalence

Exemples 8.4 (Exemples classiques (à retenir)):


(1) Soit P (X) = ap X p +ap−1 X p−1 +· · ·+a1 X+a0 et Q(X) = bq X q +bq−1 X q−1 +· · ·+b1 X+b0
deux polynômes, ap ̸= 0 et bq ̸= 0. On a

P (n) ap
P (n) ∼ ap np et = np−q
Q(n) bq

(2) On suppose ici que un → 0 et soit α ∈ R∗ On a

eun − 1 ∼ un ln(1 + un ) ∼ un (1 + un )α − 1 ∼ αun

1
sin(un ) ∼ un 1 − cos(un ) ∼ u2n tan(un ) ∼ un
2

Arcsin(un ) ∼ un Arctan(un ) ∼ un

Des propriétés.

(1) La relation ∼ et une relation d’équivalence : (


un ∼ vn
ref. un ∼ vn , sym. un ∼ vn ⇔ vn ∼ un , trans. ⇒ un ∼ wn
v n ∼ wn
(2) Si un ∼ vn alors les deux suites ont la même limite (même infinie) ou les deux
n’ont pas de limite.
(3) Si un → ℓ ̸= 0 alors un ∼ ℓ.
(4) Si un ∼ vn alors (un ) et (vn ) gardent le même signe à partir d’un certain rang.
En particulier, si vn > 0 à partir d’un certain rang, alors un > 0 à partir d’un certain
rang.

Des règles de calcul.

an bn
Si an ∼ bn et un ∼ vn alors an un ∼ bn vn , ∼ , uαn ∼ vnα
un vn

N.B. pour la somme NON ! c. exemp. n − 1 ∼ n + 1, mais n − 1 − nZ


∼n+1−n

Exercice 1. Trouvez un équivalent simple.

IPEIS 27 SHEL-MP1-Octobre 2025


Cours de mathématiques

1
 
n ln 1 + sin2
1 1 1 n
(a) − (b) n sin (c)
n−1 n+1 n2 1
sin
n
 1 
(d) ln ln e +
n
1 1 2 2
Réponse. (a ) − = 2 ∼ 2.
n−1 n+1 n −1 n
Exercice 2. Cacul de limite
√ n
e1/n − e2/n n2 − 1 + n2 n−1

(a) un = (b) vn = (c) wn =
1 2 ln(n) − 2n2 n+1
sin + sin
n n
  1
e1/n 1 − e1/n 1 1
Réponse. (a ) On a un =  ∼ n = . Alors un → .
1 1 1

3 3 3
sin 1 + 2 cos
n n n
Exercice 3. Donner un équivalent simple de (un ).
1 1 1
sin + 2 cos
un = n n n
2 1 
ln 1 + 2 (2n + 1)3
2n
q
1
(e1/n − 1)2

1+ n −1
Exercice 4. Calculer lim  n2 + 3 √ .
n→+∞
n3/2 ln2 3n + 1
n2

28

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