Nombres réels et propriétés des suites
Nombres réels et propriétés des suites
A- Nombres réels
1.1 Introduction
√
Exemples 1.1: 2 ≈ 1, 4142..., π ≈ 3, 141592..., e ≈ 2, 718... : se sont des irrationnels
1
Cours de mathématiques
√ 1
/ Q et 1 − √ ∈
Exercice. Montrer que 2 − 3 2 ∈ /Q
2
Remarques.
1) Si M est un majorant de A alors ∀ M ′ ≥ M, M ′ est un majorant de A.
2) Si M est un minorant de A alors ∀ m′ ≤ m, m′ est un minorant de A.
Définition.
2
Cours de mathématiques
(
M est un majorant de A
M = sup(A) ⇔
∀ c majorant de A, on a M ≤ c
(
m est un minorant de A
m = inf(A) ⇔
∀ c minorant de A, on a c ≤ m
Remarques.
Question. Déterminer l’ensemble des minorants et l’ensemble des majorants de [0, 1[. (faire
le dessin dans la réponse)
À retenir.
• sup([a, b]) = max([a, b]) = b, inf([a, b]) = min([a, b]) = a.
• sup(]a, b]) = max(]a, b]) = b, inf(]a, b]) = a, pas de minimum.
• inf(]a, +∞[) = a, pas de minimum. ]a, +∞[ n’admet pas de borne sup...etc.
1
Exemple 2.2: Soit A = un = 1 − , n ∈ N∗
n
∀ n ∈ N∗ , 0 ≤ un < 1
A est une partie de R, non vide et bornée alors elle admet une borne supérieure et une
borne inférieure.
(
0 = u1 ∈ A
• alors 0 = min(A) = inf(A).
0 minorant de A
• On veut montrer que 1 = sup(A).
(i) déjà 1 est un majorant de A.
(ii) Soit c un majorant de A, on montre (comme dans l’exemple précédent) que 1 ≤ c.
Ainsi 1 = sup(A).
4
Cours de mathématiques
∀ x, y ∈ I | x ≤ y, [x, y] ⊂ I. (∗)
Démonstration. On sait que tout intervalles de R vérifie cette propriété. Inversement, soit
A une partie non vide de R vérifiant la propriété (∗).
(
b = sup(A) si A est majorée et b = +∞ sinon.
Soit a ≤ b les bords de A :
a = inf(A) si A est minorée et b = −∞ sinon.
et on montre que A = (a, b) où ici on n’a pas précisé si a ou b n’appartiennent pas à A.
3 Partie entière
Théorème 3.1 (Partie entière): Etant donné x ∈ R, il existe un unique entier relatif n
tel que
n≤x<n+1 propriété carac. 1
Cet unique entier relatif, appelé partie entière de x et noté E(x) ou [x] ou ⌊x⌋.
Démonstration. Nous proposons ici une démonstration indépendante de "la propriété d’Ar-
chimède".
• Unicité. Soient n1 et n2 deux entiers relatifs vérifiant :
n1 ≤ x < n1 + 1 et n2 ≤ x < n2 + 1.
On en déduit que
−1 < n1 − n2 < 1.
• Courbe.
• À retenir. ∀ x ∈ R
x − 1 < E(x) ≤ x
6
Cours de mathématiques
c’est l’unique entier relatif n tel que x s’écrive x = n + y avec y ∈ [0, 1[.
Comme E(x) + p est entier, on en déduit que E(x) + p est la partie entière de x + p
N.B. En général E(x + y) ̸= E(x) + E(y) et E(nx) ̸= nE(x) même si n est entier.
Par exemple, prendre x = 0, 7 ; y = 0, 5 ; n = 2.
⋆ Tu peux vérifier que pour tous x, y ∈ R, on a
1
rn ≤ x < rn +
10n
E(10n x) E(10n x) + 1
Réponse. On a E(10n x) ≤ 10n x < E(10n x) + 1 alors ≤ x < . Il
10n 10n
E(10n x)
suffit de prendre rn = . Le nombre décimal rn est une approximation décimale par
10n
−n
défaut de x à la précision 10 . (en fait il s’agit d’une approximation par défaut)
Définition 4.1: Soit A une partie de R. On dit alors que A est dense dans R. si entre deux
réels distincts, il existe aux moins un élément de A c’est-à-dire
⋆ Entre deux réels distincts on peut trouver une infinité de nombres rationnels (resp. une
infinités de nombres irrationnels).
p
Démonstration. Densité de Q. Soit a, b ∈ R tel que a < b et on cherche r := (p ∈ Z et
q
∗ p
q ∈ N tel que a < < b c-à-d qa < p < qb. Pour assurer l’existence d’un tel p, on impose
q
1 1
qb − qa = q(b − a) > 1 c-à-d q > . Il suffit de prendre q = E + 1.
b−a b−a
En conclusion ∀ a, b ∈ R tels que a < b, il existe r ∈ Q tel que a < r < b. Ainsi Q est dense
dans R.
a b
Densité de R \ Q. Soit a, b ∈ R tel que a < b. On a √ < √ . Comme Q est dense dans R,
2 2
a b √ √
il existe r ∈ Q tel que √ < r < √ , cela s’écrit aussi a < r 2 < b. Mais r 2 ∈ R \ Q.
2 2
Alors R \ Q est dense dans R.
∀ x ∈ R, x ≤ +∞, et ∀ x ∈ R, x ≥ −∞
8
Cours de mathématiques
B- Suites numériques
1.1 Introduction
Une suite numérique est une application u : N → E = R ou C, c’est une suite réelle si
E = R et complexe si E = C.
• pour n ∈ N, on note u(n) par un : c’est le terme d’indice n (ou terme général de la
suite).
• La suite u est souvent notée (un )n∈N ou (un )n≥0 ou simplement (un ).
• Il arrive que l’on considère une suite définie à partir d’un certain rang n0 ≥ 0, on la
note (un )n≥n0 ou simplement (un ) s’il n’y a pas d’ambiguité.
N.B.
Etant donné deux suites réelles (un ) et (vn ) ainsi qu’un réel λ. On définit les suites :
(un ) + (vn ) = (un + vn ) (somme) et λ(un ) = (λun ) (multiplication par un scalaire) et
(un )(vn ) = (un vn ) (produit).
∃ M ∈ R+ | ∀ n ∈ N |un | ≤ M.
Exemples 1.1:
1
1. un = , n ≥ 1. (un ) est une suite décroissante, minorée par 0 et majorée par 1.
n
2. un = an , (a > 0). (un ) est une suite monotone.
(−1)n 1
3. un = , n ≥ 1. (un ) n’est pas monotone, minorée par −1 et majorée par
n 2
4. la somme de deux suites croissantes (resp. le produit de deux suites croissantes posi-
tives) est une suite croissante.
Exercice. Déterminer le sens de variation des deux suites (un ) et (vn ) définies par
n
X 1 n!
un = et vn = , n ≥ 1.
k=1
n+k nn
1 1 1 1 1
Réponse. On a un+1 − un = + − = − ≥ 0 alors la suite
2n + 1 2n + 2 n + 1 2n + 1 2n + 2
(un ) est croissante.
vn+1 (n + 1)nn n n
Pour tout n ≥ 1, un > 0 et vn = = < 1.
(n + 1)n+1 n+1
Alors la suite (vn ) est (stc) décroissante.
Définition 1.3: Une suite v = (vn )n∈N est appelée suite extraite (ou sous-suite) d’une
suite u = (un )n∈N s’il existe une application φ : N → N strictement croissante telle que
∀ n ∈ N, vn = uφ(n) .
(dessin)
10
Cours de mathématiques
Exemple 1.1: La suite (un+3 )n∈N est une suite extraite de la suite (un )n∈N .
Les suites (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N sont deux sous-suites de la suite (un )n∈N
Si un = (−1)n alors les sous-suites (vn ) = (u2n ) et (wn ) = (u2n+1 ) sont constantes : ∀ n ∈ N,
vn = 1 et wn = −1.
Définition 2.1: On dit que la suite (un ) tend vers ℓ, ou encore converge vers ℓ ou a pour
limite ℓ si pour tout ε > 0, il existe un entier naturel n0 tel que, pour tout entier naturel n,
si n ≥ n0 alors |un − ℓ| ≤ ε. Cela s’écrit formellement,
∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ |un − ℓ| ≤ ε) .
∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 |un − ℓ| ≤ ε.
Exemples 2.1:
1. Toute suite stationnaire est convergente.
1
2. un = −→ 0. En effet :
n
1 1 1
Soit ε > 0. | − 0| ≤ ε ⇔ ≤ε ⇔ n≥ .
n n ε
1 1
On prend n0 = E( ) + 1. On a : ∀ n ≥ n0 , n ≥ donc |un | ≤ ε.
ε ε
|ℓ1 − ℓ2 |
Démonstration. Raisonnant par l’absurde en supposant que ℓ1 ̸= ℓ2 . Soit ε = .
3
D’après la définition, on peut trouver deux rangs n1 et n2 tels que
∀ n ≥ n1 , |un − ℓ1 | ≤ ε et ∀ n ≥ n2 , |un − ℓ2 | ≤ ε
Il en résulte que :
2
|ℓ1 − ℓ2 | ≤ |ℓ1 − ℓ2 |,
3
ce qui, comme |ℓ1 − ℓ2 | > 0, mène à une contradiction.
Définition 2.2: S’il existe un ℓ ∈ R tel que un −→ ℓ, on dit que la suite (un ) est convergente.
Sinon, on dit qu’elle est divergente.
un → ℓ ⇔ (un − ℓ) → 0 ⇔ |un − ℓ| → 0.
12
Cours de mathématiques
Définition 2.3: On dit qu’une suite réelle (un )n∈N tend vers +∞ si
∀ A > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ un ≥ A) .
∀ A > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 un ≥ A.
∀ A < 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ∈ N (n ≥ n0 ⇒ un ≤ A) .
√
Exemple 2.1: Montrer, en utilisant la définition, que n → +∞.
Remarques.
1. Lorsque un → ±∞ on dit aussi que (un ) diverge vers ±∞ ;
2. Une suite (un ) est divergente si elle tend vers ±∞ ou n’admet pas de limite.
3. Une suite u tend vers +∞ si et seulement si −u tend vers −∞.
4. Si la suite (un ) diverge vers ±∞ alors (|un |) tend vers +∞. La réciproque est fausse :
considérer la suite u de terme général un = (−n)n .
∀n ∈ N : n ≥ n0 =⇒ ℓ − 1 ≤ un ≤ ℓ + 1.
On constate alors que la suite (un ) est majorée par le réel M = max{u0 , · · · uno −1 , ℓ + 1} et
minorée par m = min{u0 , · · · uno −1 , ℓ − 1}. Ainsi, la suite (un ) est bornée.
Exercice. Soit la suite (un ) de terme général un = (−1)n . Montrer que (un ) est bornée
mais non convergente (divergente).
Réponse. 1) ∀ n ∈ N ; |un | = 1. Alors (un ) est bornée.
2) Supposons que (un ) converge vers ℓ ∈ R, on a
∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N, ∀ n ≥ n0 ℓ − ε ≤ un ≤ ℓ + ε.
On a
∀ ε > 0, ℓ − ε ≤ −1 ≤ 1 ≤ ℓ + ε.
Alors ∀ ε > 0, ε ≥ 1 : ce qui est impossible. Ainsi, la suite (un ) est divergente.
Proposition 2.3: Soit : (un ) une suite réelle possédant une limite ℓ ∈ R et m, M ∈ R
(i) Si ℓ < M alors un < M à partir d’un certain rang.
(ii) Si ℓ > m alors un > m à partir d’un certain rang.
(iii) Si m < ℓ < M alors m < un < M à partir d’un certain rang.
Corollaire. On déduit, par exemple que si un → ℓ> 0 alors un > 0 à partir d’un certain
rang.
Démonstration. Cas où ℓ et ℓ′ sont réels : Par l’absurde, supposons que ℓ′ < ℓ. Alors
ℓ′ + ℓ
d’après la propositions précédente, il existe un rang à partir duquel vn < < un et
2
cela contredit l’hypothese.
14
Cours de mathématiques
3.1 Produit d’une suite bornée par une suite tendant vers 0
Proposition 3.1: Le produit d’une suite bornée par une suite tendant vers 0 est une suite
qui tend vers 0 :
(
vn bornée
=⇒ lim(un vn ) = 0
lim un = 0
Théorème 3.3 (d’encadrement): On considère trois suites réelles (un ), (vn ), et (wn ).
(
vn ≤ un ≤ wn (à partir d’un certain rang),
1. Si alors lim(un ) = ℓ.
lim vn = lim wn = ℓ ∈ R
(
vn ≤ un (à partir d’un certain rang),
2. Si alors lim(un ) = +∞.
lim vn = +∞
(
vn ≤ un (à partir d’un certain rang),
3. Si alors lim(vn ) = −∞.
lim un = −∞
Théorème 3.4: Soient (un ) une suite qui converge vers ℓ ∈ R, (vn ) une suite qui converge
vers ℓ′ ∈ R et λ ∈ R. Alors
1. la suite |un | converge vers |ℓ|,
2. la suite (un + vn ) converge vers ℓ + ℓ′ ,
3. la suite (λun ) converge vers λℓ,
4. la suite (un vn ) converge vers ℓℓ′ ,
un ℓ
5. Si ℓ′ ̸= 0 alors la suite ( ) (qui est déf à partir d’un certain rang), converge vers ′ ,
vn ℓ
Exemples 3.2: Etudier la convergence de la suite (un ) dans chacun des cas suivants :
1 1 2n2 + n − 1
− 1 n2 − n2
1. un = 2. un = n + 3. un =
n n 3n2 + 1
1 n 2n2 − sin(n) 3n − (−2)n
4. un = 1 + 5. un = 6. un = n
n cos(n) − 3n2 3 + (−2)n
√ √ 1 n 1 √
n
7. un = n2 + n + 1 − n2 − n + 1 8. un = 2 9. un = n2
P
n k=1 k
16
Cours de mathématiques
Exercice.
1) Si (un ) est bornée et (vn ) diverge vers ±∞ alors un + vn → ±∞.
2) Si un + vn et un − vn convergent alors (un ) et (vn ) convergent.
Remarques. (1) Cas des polynômes et fractions rationnelles en n ...Se rappeler des résul-
tats !
(2) On peut avoir |un | cv sans que (un ) cv (un = (−1)n )
1 (−1)n
(3) On peut avoir un → 0 sans que → ∞ (un = )
un n
Théorème 3.6 (de composition): Soit (un ) une suite à éléments dans I (intervalle de R
et soit f : I → R. a ∈ I ou extrémité de I. Si lim (un ) = a et lim f (x) = b alors (f (un ))
n→+∞ x→a
tend vers b. (a, b peuvent être infinies).
n 1
P
Exercice. Soit la suite (un ) de t.g. un = .
k=1 k2
1 1 1
1. Montrer que ∀ k ∈ N∗ tel que k ≥ 2 on a = − .
k(k − 1) k−1 k
2. En déduire que la suite (un ) est convergente.
Définition 3.1: Les deux suites réelles (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes ssi
(i) Les deux suites sont monotones et de sens contraires,
(ii) lim(vn − un ) = 0.
Théorème 3.8: Deux suites adjacentes sont convergentes et ont la même limites.
Plus précisément, si par exemple :
(i) (un ) est croissante et (vn ) est décroissante,
(ii) lim(vn − un ) = 0
Alors les deux suites sont convergentes vers une même limite ℓ ∈ R.
On a de plus
∀ n, p ∈ N, un ≤ ℓ ≤ vp et ℓ = sup un = inf vn
n∈N n∈N
Démonstration. En remarquant que la suite de t.g. vn −un est décroissante vers 0, on déduit
que la suite croissante (un ) est majorée par v0 et que la suite décroissante (vn ) est minorée
par u0 . On sait alors que un → ℓ1 = sup un et que vn → ℓ2 = inf un ; on en déduit que
n∈N n∈N
ℓ1 = ℓ2 (car lim(vn − un ) = 0).
n 1
P 1
Exemple 3.2: Montrer que les suites de t.g. un = et vn = un +
sont adjacentes.
k=0 k! n!
Puis montrer que leur limite commune est un nombre irrationnel (c’est le nombre de Neper
e = exp(1).
Exercice. Si [an , bn ] n∈N est une suite croissante au sens de l’inclusion, de segments, non
vides [a0 , b0 ] ⊃ [a1 , b1 ] ⊃ · · · [an , bn ] ⊃ · · · tel que les longueurs tendent vers 0
(lim(bn − an ) = 0) alors
\
[an , bn ] est un singleton.
n∈N
= {ℓ}
T
Réponse. Les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes. On vérifie alors que n∈N [an , bn ]
où ℓ = lim an = lim bn .
18
Cours de mathématiques
Théorème 4.1: Si (un ) est une suite qui tend vers une limite finie ou infinie ℓ ∈ R, alors
toute suite extraite de (un ) tend vers la même limite ℓ.
; Toute suite extraite d’une suite convergente est convergente (vers la même limite).
Démonstration. Par exemple, on va voir le cas ℓ ∈ R. Soit (vn ) une sous-suite de (un ). Il
existe φ : N → N stc croissante telle que vn = uφ(n) .
Soit ε > 0. Par hypothèse ∃ n0 ∈ N : ∀ n ≥ n0 , |un − ℓ| ≤ ε.
Mais ∀ n ≥ n0 on a φ(n) ≥ n ≥ n0 ⇒ |uφ(n) − ℓ| ≤ ε ⇒ |vn − ℓ| ≤ ε.
Il en résulte que lim(vn ) = ℓ.
Exemples 4.1: (1) La suite u de t.g. un = (−1)n est divergente, en effet u2n = 1 → 1 et
u2n+1 = 1 → −1 donc (un ) n’admet pas de limite.
nπ
(2) La suite de t.g. un = cos est divergente car (u4n ) = (−1n ) diverge.
4
Théorème 4.2: Si les deux suites (u2n ) et (u2n+1 ) tendent vers la même limite ℓ ∈ R (finie
ou infinie) alors (un ) tend ℓ.
n (−1)k
P
Exercice. Soit la suite de t.g. Sn =
k=0 1+k
1) Calculer S0 , S1 , S2 , S3 et S4 .
2) Montrer que les suites S2n et S2n+1 sont adjacentes et déduire que (Sn ) est convergente.
3) Soit ℓ la limite de (Sn ), majorer l’erreur en = |Sn − ℓ| en fonction de n.
4) Comment choisir la valeur de n pour que Sn soit une valeur approchée de ℓ à 10−2 -près.
Exemple 4.1: La suite (sin n), qui est bornée, admet une sous-suite convergente.
Théorème 5.1: Une partie A de R est dense dans R ssi pour tout x ∈ R, il existe une
sous-suite d’éléments de A qui converge vers x c-à-d ∀ x ∈ R, ∃ (xn ) ⊂ A | xn → x
1
Démonstration. ” ⇒ ” : Il suffit de prendre (pour tout n ∈ N∗ ), a = x − et b = x dans la
n
définition de parties denses : on a construit alors une suite xn qui tend vers x.
a+b
” ⇐ ” : Pour a, b ∈ R tels que a < b. Appliquer l’hypothèse à x = .
2
E(10n x)
Exemple 5.1: Soit x ∈ R. Soit (un ) la suite de t.g. un = . Montrer que lim(un ) = x
10n
(un est une approximation décimale de x à 10−n -près).
On en déduit que D est dense dans R et a fortiori Q est dense dans R.
1
Démonstration. (1) Supposons que α = sup(A). Pour tout n ∈ N∗ , α − n’est pas un
n
1
mojorant de A, il existe alors xn ∈ A tel que α − ≤ xn ≤ α. La suite (xn ) ainsi définie
n
tend vers α.
Inversement supposons que α est un majorant de A tel qu’il exite une suite (xn ) d’∈s de A
qui tend vers A. Soit c un majorant de A. On a xn ≤ c pour tout n. En faisant tendre n
vers l’infinie on obtient α ≤ c. Il en résulte que α = sup(A).
20
Cours de mathématiques
(2) Supposons que A n’est pas majorée, alors pour tout n ∈ N, il existe xn ∈ A tel que
xn > A. La suite (xn ) tend vers +∞. La réciproque est triviale.
Exemples 5.1:
1
1) A = {1 − , n ∈ N∗ }
n
1
On a 1 est un majorant de A et 1 = lim(1 − ) alors 1 = sup(A).
n
n 1 ∗
2) B = {(−1) + , n ∈ N }
n
1
On a −1 est un minorant de B et −1 = lim((−1)2n+1 − ) alors −1 = inf(A).
2n + 1
( )
q2
Exercice. Soit A = , p, q ∈ N∗ .
2p + q
Montrer que A n’est pas majorée. Déterminer inf(A) s’il existe.
6 Suites complexes
Montrer que (zn ) converge vers un réel que l’on exprimera en fonction de ρ et θ.
θ Qn θ 1
(ind. Vous pourrez prouver que sin n
cos k = n sin θ )
2 k=1 2 2
Exercice
1) Soit k ∈ C, |k| =
̸ 1
Etudier la convergence de la suite géométrique (k n )k∈N
2) Soit k ∈ C, |k| = 1, k ̸= 1. Montrer par l’absurde que (k n ) est divergente.
n cos kθ
Exercice. Soit θ ∈ R. Pour tout n ∈ N, on pose un =
P
.
k=0 2k
Montrer que la suite (un ) est convergente, on déterminera sa limite.
7 Suites particulières
∀ n ∈ N, un+1 = un + r
⋆ ∀ n ∈ N, un = u0 + nr pour p ≤ n, un := up + (n − p)r.
et
n n(n + 1) n+1
⋆ ∀ n ∈ N, Sn :=
P
uk = (n + 1)u0 + r = (u0 + un ) .
k=0 2 2
Une suite (un ) est dite géométrique s’il existe un scalaire q, tel que
∀ n ∈ N, un+1 = qun
⋆ ∀ n ∈ N, un = q n u0 et pour p ≤ n, un := q n−p up .
Pour q ̸= 1 on a :
n q n+1 − 1 n q n−p+1 − 1
⋆ ∀ n ∈ N, Sn := pour p ≤ n,
P P
uk = u0 et uk = up
k=0 q−1 k=p q−1
22
Cours de mathématiques
Exemple 7.1: Etudier la convergence de la suite géométrique (un ) selon la valeur de q dans
le cas u0 et q sont réels.
∀ n ∈ N, un+1 = aun + b
(
un+1 = 2un + 3,
Exemple 7.2: Soit la suite réelle (un ) définie par Déterminer (un ) en
u0 = 2
fonction de n.
Déterminons ℓ tel que ℓ = 2ℓ + 3 : on a ℓ = −3.
un s’écrit un = λ2n + ℓ. En particulier u0 = λ + ℓ et cela implique λ = 2 − (−3) = 5. Ainsi,
un = 5.2n − 3.
On ne considère ici que les suites récurrentes linéaires homogène d’ordre 2 à coefficients
constant.
u0 ,
Soit (un ) la suite définie par u1 , avec (a, b) ∈ K × K∗ .
un+2 = aun+1 + bun
2. Si (C) admet une racine réelle double r1 = r2 (∆ = 0), il existe deux constantes réelles
A, B telles que ∀ n ∈ N, un = (An + B)r1n
3. Si (C) admet deux racines complexes conjuguées (non réels) ρeiθ et ρe−iθ ,
(∆ < 0), il existe deux constantes réelles A, B telles que
∀ n ∈ N, un = ρn (A cos nθ + B sin nθ)
u0 > 0,
Exemple 7.3: Etudier la suite (un ) définie par : u1 > 0
un+2 = un+1 un
Réponce. Justifier d’abord que un > 0 pour tout n ∈ N, puis appliquer ln.
Exercice 12 TD
On considère une suite définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) et la donnée
de son premier terme u0 , où f est une fonction réelle à variable réelle f : I → R telle que
f (I) ⊂ I.
- Justifier que la suite (un ) est bien définie lorsque u0 ∈ I.
- Si f est continue sur I et la suite (un ) converge vers ℓ ∈ I alors f (ℓ) = ℓ.
24
Cours de mathématiques
1 √
Exemple 7.4: u0 = et ∀ n ∈ N, un+1 = un (détail en classe !)
10
- Si f est décroissante alors f ◦ f est décroissante. Ainsi les deux sous-suites (u2n ) et (u2n+1 )
sont monotones.
Exercice 13 TD
8.1 Définitions
Définition 8.1:
(a) On dit que (un ) est dominée par (vn ), et on écrit un = O(vn ), ssi il existe une suite hn
bornée tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.
(b) On dit que (un ) est négligeable devant (vn ), et on écrit un = o(vn ), ssi il existe une suite
hn de limite 0 tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.
(c) On dit que (un ) est équivalente à (vn ), et on écrit un ∼ vn , ssi il existe une suite hn de
limite 1 tel que un = hn vn à partir d’un certain rang.
hn bornée : un = O(vn )
↗
un = hn vn → lim hn = 0 : un = o(un )
↘
lim hn = 1 : un ∼ vn
1 1
Exemples 8.1: (a) n ln n = o(n2 ), (b) n = o(n2 ) mais 2
=o ,
n n
sin n 1
. (c) =O .
n n
n 1 1 1
Exemples 8.2: (a) lim = 1 alors n ∼ n + 1, (b) + ∼ .
n→+∞ n + 1 n n2 n
1 1 √ 1
. (c) sin ∼ , (d) n − n2 + 1 ∼ −
n n 2n
Domination et négligeabilité
Remarques.
26
Cours de mathématiques
⋆ Toutes ces règles s’appliquent avec des O (et sont simples à vérifier).
Equivalence
P (n) ap
P (n) ∼ ap np et = np−q
Q(n) bq
1
sin(un ) ∼ un 1 − cos(un ) ∼ u2n tan(un ) ∼ un
2
Arcsin(un ) ∼ un Arctan(un ) ∼ un
Des propriétés.
an bn
Si an ∼ bn et un ∼ vn alors an un ∼ bn vn , ∼ , uαn ∼ vnα
un vn
1
n ln 1 + sin2
1 1 1 n
(a) − (b) n sin (c)
n−1 n+1 n2 1
sin
n
1
(d) ln ln e +
n
1 1 2 2
Réponse. (a ) − = 2 ∼ 2.
n−1 n+1 n −1 n
Exercice 2. Cacul de limite
√ n
e1/n − e2/n n2 − 1 + n2 n−1
(a) un = (b) vn = (c) wn =
1 2 ln(n) − 2n2 n+1
sin + sin
n n
1
e1/n 1 − e1/n 1 1
Réponse. (a ) On a un = ∼ n = . Alors un → .
1 1 1
3 3 3
sin 1 + 2 cos
n n n
Exercice 3. Donner un équivalent simple de (un ).
1 1 1
sin + 2 cos
un = n n n
2 1
ln 1 + 2 (2n + 1)3
2n
q
1
(e1/n − 1)2
1+ n −1
Exercice 4. Calculer lim n2 + 3 √ .
n→+∞
n3/2 ln2 3n + 1
n2
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