Compte rendu de TP - Hyperfréquences
par Tristan SCUILLER, Baptiste BILLOTTE
1 Introduction
L'objectif de ce TP est d'étudier le comportement des ondes électromagnétiques hyperfréquences.
Nous allons effectuer différentes manipulations qui vont nous permettre de caractériser les OEM,
comme la mesure de coefficients de réflexion à l'extrémité d'un guide d'onde, ou encore la carac-
térisation de récepteurs d'onde.
2 Etude du guide d'onde
Schéma du montage :
Figure 1. Schéma du montage issu de l'énoncé
2.1 Première manipulation : mesure de la vitesse de phase
La charge placée à l'extrémité est une plaque métallique pour la première manipulation. Nous allons
examiner l'onde le long de la cavité. En théorie, nous devrions observer des ondes stationnaires.
On règle la fréquence de la diode Gunn à 9.16 GHz. Il s'agit donc bien d'ondes hyperfréquences
(intervalle [300 MHz;300 GHz]).
On déplace l'antenne le long du guide, on observe des noeuds et des ventres. On est donc bien dans
une configuration d'ondes stationnaires, conformément à la théorie. Par ailleurs, les noeuds ayant
une amplitude proche de zéro est également conforme avec l'hypothèse de conducteur parfait pour
la plaque métallique.
Afin de mesurer la vitesse de phase, nous allons relever les positions successives des noeuds, espacés
de g /2. Disposant de la longueur d'onde dans le vide 0 =c/, on peut vérifier la relation :
r
1 1 20
= 1¡ (1)
g 0 4a2
Les mesures brutes sont consignées dans le fichier mesures_01.xlsx, dont l'exploitation a été faite
dans le fichier exploitation_01.ipynb et voici le tracé g = f (0) :
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Figure 2. Comparaison des mesures et du modèle
Le modèle est validé.
On peut enfin calculer la vitesse de phase des ondes par v =g :
f (GHz) 9.16 8.98 8.73 8.45
v /c 1.4656 1.4667 1.5423 1.5773
On a des vitesses de phase supérieures à la vitesse de la lumière. Cela ne contredit pas la relativité
restreinte toutefois car c'est la vitesse de groupe qui transporte l'énergie et donc l'information.
Lorsqu'on enlève la plaque et que l'on mesure avec l'extrémité ouverte, on a toujours des ondes
stationnaires mais les noeuds ne correspondent plus à des zones de champ quasi-nul. La présence
d'ondes stationnaires indique une réflexion d'onde dans la cavité, malgré l'extrémité ouverte. C'est
en fait dû à la discontinuité des conditions limites transversales à la sortie de la cavité. Cette
discontinuité est suffisante pour générer une onde réfléchie.
Nous avons confirmé le modèle pour g, nous allons désormais effectuer des mesures du coefficient
de réflexion pour plusieurs embouts.
2.2 2e manipulation : mesures du coefficient de réflexion ¡
Les embouts que nous allons tester sont :
Vide (déjà testé)
Plaque de plexiglas
Charge adaptée (telle qu'il n'y a pas d'onde réfléchie, du moins en théorie)
Cornet
Fil métallique vertical
Fil métallique horizontal
Le protocole de mesure pour le coefficient de réflexion est le suivant. On se base sur le taux
d'onde stationnaire =Amax /Amin. Par ailleurs, l'antenne de mesure dans la cavité est image de
la puissance de l'onde, donc en notant V l'amplitude du signal observé à l'oscilloscope, nous avons :
V /A2
2
p
Par conséquent le taux d'onde stationnaire se calcule avec = Vmax /Vmin . Nous avons ensuite
le coefficient de réflexion par
¡1
¡= (2)
+1
La méthode proposée pour la mesure de est celle des niveaux constants, dont voici le protocole :
Se placer en un noeud et relever la valeur de l'amplitude de tension
Se placer en un ventre adjacent
Utiliser l'atténuateur pour amener l'amplitude du signal à la valeur de l'amplitude de tension
précédemment relevée, relever la valeur de l'atténuation a en dB nécessaire.
On a a=20 log donc =10a/20. On n'a plus qu'à utiliser (2) pour connaître le coefficient
de réflexion ¡.
L'ensemble des mesures et le calcul de ¡ sont contenus dans le fichier mesures_02.xlsx. Voici les
valeurs que nous obtenons pour le coefficient de réflexion :
vide plexiglas charge adaptée cornet fil hor. fil vert.
0.33 0.20 0.23 0.20 0.38 0.89
De manière étonnante, la charge adaptée ne donne pas un coefficient proche de zéro. Nous avons
refait nos mesures (ceci est déjà la deuxième série de mesures) en pensant que nous avions fait une
erreur dans le protocole expérimental, mais nous obtenions les mêmes résultats. Notre hypothèse
est que l'atténuateur possède une défaillance mécanique (que nous n'avons pas vérifié dans l'impos-
sibilité de démonter entièrement le montage, mais dont nous avons senti la présence en remarquant
un patinage dans le vide à certains moments). Toutefois, nous observons des tendances attendues
dans nos données.
On s'attend à observer une valeur de ¡ pour la charge adaptée très inférieure à celle du cornet. Ce
n'est pas le cas ici probablement pour les raisons citées.
La différence de coefficient de réflexion entre le fil vertical et horizontal est dûe à la polarisation
de l'OEM. Ici, l'OEM ets polarisée rectilignement avec un champ E vertical, ce qui explique le
coefficient de réflexion important pour le fil vertical, étant alors perçu quasiment comme une plaque
métallique.
L'oscilloscope montre un signal carré, par ailleurs on sait qu'on a des ondes stationnaires donc
l'allure du signal dans le guide d'onde est (si on ne considère que le mode T10) un signal carré avec
une enveloppe sinusoïdale :
Figure 3. Allure du champ E dans la cavité, mode de propagation T10 . On a des ondes stationnaires.
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3 Rayonnement d'une antenne
3.1 3e manipulation : mesure de la puissance reçue avec la distance
On souhaite vérifier que la décroissance en amplitude d'une onde sphérique est bien en 1/r (i.e.
décroissance de la puissance en 1/r2). Pour ce faire, on utilise :
Un cornet (tournant) pour l'émission, dont l'émission d'onde pourra être considéré comme
sphérique en zone de Fraunhofer
Un cornet récepteur pour la réception de ces ondes
On commence donc par placer notre cornet récepteur sur un rail à même hauteur que le cornet
d'émission. On effectue des mesures successives de puissance reçue pour différentes distances, et
on utilise un curvefit pour vérifier la décroissance :
Figure 4. Décroissance de la puissance rayonnée avec la distancec, source cornet
En rouge, on trace le modèle de décroissance en 1/r2 qui colle le plus à nos valeurs. Le résultat est
très mauvais. En effet, les sources d'erreurs sont multiples : la mesure précise de la distance, l'ali-
gnement émetteur/récepteur, mais l'approximation d'onde sphérique est sûrement la plus grande,
notamment car le cornet émet plus fortement dans son axe. On a aussi toutes les réflexion et ondes
parasites de la salle qui viennent rajouter de la puissance; en particulier, on remarque qu'après
une certaine distance (1m environ), la décroissance se désintensife conséquemment à cause de la
réflexion de l'onde sur la table. On trace donc (en vert) une courbe qui ne tient pas compte des
points à trop grande distance, et qui donne la loi de décroissance en puissance. Encore une fois,
on est loin d'une loi de puissance -2 : on obtient -0,82.
Conclusion : on peut nettement voire une décroissance exponentiellle avec la distance, mais les
différentes approximations et parasitages ne peuvent valider une décroissance en 1/r2.
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Cependant, on pourra toujours se placer à faible distance pour optimiser la sensibilté lors du tracé
des diagrammes de rayonnement.
3.2 Diagrammes de rayonnements
On effectue ensuite les mesures angulaire du rayonnement pour avoir le profil de rayonnement de
deux antennes : le cornet, et une antenne inconnue.
En effet, une antenne ne capte pas une onde électromagnétique idéntiquement selon l'angle. Aussi,
il est important de connaître la sensibilité angulaire de notre antenne si l'on ne veut pas rajouter
une nouvelle source d'incertitude lors de son usage.
Une fois placé à distance raisonnable (ni trop loin, ni trop près i.e. environ 40cm), on fait pivoter
le cornet sur son axe et on lit la valeur de puissance rayonnée associé. On répertorie le tout dans
un tableau (mesures_04.xlsx), puis on trace sous forme de diagramme polaire :
Figure 5. Indicatrice de rayonnement du cornet
On remarque effectivement la limite de rayonnement sphérique du cornet : le cornet capte symé-
triquement, principalement sur son axe, et ne presque plus au delà de 30°.
On étudie ensuite le rayonnement d'une antenne inconnue de forme rectangulaire. On réitère donc
l'étape précédente sur l'axe horizontal (mesures_05.xlsx) puis vertical (mesures_06.xlsx) :
5
Figure 6. Indicatrice de rayonnement de l'antenne inconnue (horizontal à et vertical à droite)
On remarque un aspect non symétrique de l'antenne. Horizontalement, on observe 3 maxima de
réception : un pic plutôt fin autour de ¡10°, et deux pics plus larges centrés en 45° environ.
Verticalement, on se rapproche du comportement du cornet, mais là aussi le pic central est décentré
en ¡10° environ.
4 Conclusion
Tout au long de ce TP, nous avons pu caractériser le comportement d'ondes hyperfréquences.
Dans un premier temps, leurs stationnarité dans un guide d'onde à section variable, puis leur
comportement en modifiant la forme ou la matière d'une extrémité de la cavité, ce qui nous a permi
d'en déduire les différents taux de réflexion desdits embouts.
Enfin, nous avons étudié l'émission et la réceptions de ces ondes hyperfréquences par une antenne en
cornet et une antenne inconnue. Même si la décroissance de puissance trouvée n'est pas celle d'une
onde sphérique, elle n'a pas entaché les tracés des indicatrices de rayonnement des deux antennes,
ce qui nous a permi d'avoir un aperçu spatial de la capacité d'une antenne à capter des ondes.