LEÇON 4 : L’UNITE AFRCAINE (UA)
INTRODUCTION
Le 20 mai 1963, les Etats Africains ont créé l’OUA en vue de renforcer l’unité et la solidarité
Africaine mais aussi de coordonner et intensifier la coopération et leur effort pour offrir de
meilleures conditions de vie aux Africains.
Mais l’OUA a eu un bilan mitigé. C’est ainsi qu’elle a été remplacée par l’UA. Quels sont les
objectifs principes et organes de l’UA ? Et quel bilan peut-on établir de son action.
I LE PASSAGE DE L’OUA A L’UA
1 Le bilan mitigé de l’OUA
Créée au lendemain des indépendances suit à un compromis entre les chefs d’Etats Africains,
l’OUA a posé des actions positives, mais aussi a connu des faiblesses.
Son bilan n’est donc pas à la hauteur des attentes des pays. L’Afrique dans le développement
mondial tient le rôle de spectateur.
Elle prend de plus en plus conscience de son retard économique, technologique, scientifique
et de sa dépendance vis de l’occident.
Elle observe avec impuissance les progrès de la CEE (Communauté Economique Européenne)
devenue UE (Union Européenne) et la mondialisation à laquelle l’Afrique ne peut contribuer
compte tenu de son retard.
Ce bilan relativement négatif de l’OUA amène certains chefs d’Etats à nourrir l’idée de
création d’une organisation plus efficace et creuset de l’intégration de l’Afrique dans le
développement mondiale.
2 l’avènement de l’UA
L’idée de l’unité Africaine a fait son apparition depuis le 19 ème siècle dans les milieux
panafricanistes (mouvement de tous les Africains). Au lendemain des indépendances, cette
idée a été reprise par SEKOU TOURE, KWAME N’Krumah, NASSER …
En 1999, le colonel Kadhafi président de la Libye va reprendre cette idée. Lors du 4 ème
sommet extraordinaire de l’OUA à Syrthe en Libye, après de houleuses négociations, il a été
convenu que le conseil des ministres, en juin 2000 à Lomé présente un projet de charte
constitutif de l’UA. Cette charte a été adoptée par le 36 ème sommet et de l’OUA à Lomé en
juillet 2000.
Une quarantaine de chef d’Etat et de gouvernement Africain réunis le 1 er et le 2 mars 2001 à
Syrthe dans le cadre du 5ème sommet extraordinaire de l’OUA ont proclamé la naissance de
l’UA.
En juillet 2001 à Lusaka, l’ivoirien Essy Amara a été élu secrétaire général de l’OUA. Sa
mission a été d’assuré la transition OUA-UA.
L’UA rentrera officiellement en vigueur en juillet 2002 lors du sommet de Durban en Afrique
du Sud.
II OBJECTIFS-PRINCIPES ET ORGANES DE L’UA
1 Les objectifs de l’union Africaine.
Il s’agit entre autre :
-réaliser une plus grande unité et solidarité entre les peuples d’Afrique et entre les pays
Africains.
-Défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance.
-Réaliser au plutôt l’intégration politique et socio économique du continent.
-Promouvoir et défendre les positions Africaines communes sur les questions d’intérêt pour le
continent.
-Favoriser la coopération internationale en tenant dûment compte de la charte des nations
unies et de la déclaration des droits de l’homme.
-Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent et éliminé le fléau des conflits et
ses conséquences dévastatrice …
-Eliminer le fléau des pandémies sur le continent.
2 les principes guidant l’action de l’UA
L’UA fonctionne conformément aux principes fondamentaux suivants :
-égalité, souveraineté et indépendance de tous les Etats membres de l’union.
-Participation des peuples Africains aux activités de l’union.
-Engagement de l’union à défendre le continent Africains sur terre, mer et dans les airs.
-Règlement des conflits entre les Etats membres de l’union par les moyens appropriés qui
peuvent être décidé par la conférence de l’union.
-interdiction d’user ou de menacer d’user de la force entre les membres de l’union d’une
manière successible de compromettre la paix et la sécurité.
-Non ingérence d’un Etat membre de l’union dans les affaires intérieures des Etats membres.
-Respect des libertés fondamentales et des droits des hommes.
-Condamnation et rejet des assassinats politiques, des changements anti- constitutionnels de
gouvernement, de l’impunité, et des activités subversives entreprises par des Etats voisins ou
par tout autre Etats.
3 les organes de l’UA et leur fonctionnement
Les 4 organes clés sont :
-Le comité des représentants permanents. Il est composé de plénipotentiaires ou autres
représentants de chacun des Etats membres. C’est l’organe consultatif du conseil exécutif. Il
est chargé d’organiser les sessions ministérielles.
-Le conseil exécutif : il est composé des ministres des affaires étrangères ou tout autre
ministre des gouvernements des Etats membre de l’UA.
-La conférence de l’union : l’organe suprême, elle regroupe tous les chefs d’Etats des pays
membres et prend les principales décisions actuellement.
-La commission : elle se composé d’un président, un vice-président et 9 commissaires nommé
par le conseil exécutif et approuvé par la conférence de l’union. C’est une sorte de
gouvernement continental, l’actuel président de la commission est le gabonais Jean Ping.
A ces organes clés il faut ajouter les structures à créer
-Le parlement de l’union
-Le parlement de l’union
-Le conseil économique et social
-La cour de justice
-La banque centrale
-Un fond monétaire Africain (FMA)
III LE BILAN DES ACTIVITES DE L’UA
1 Réalisation et projet de l’UA.
Avec sa commission de 10 membres, embryon du gouvernement continental, son futur
parlement son conseil économique et social, sa cour de justice, ces grands programmes tel que
le NEPAD : Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique. L’union a été conçue
comme une réponse aux des défis de l’Afrique du 21 ème siècle. Au niveau de la prévention et
de la gestion des conflits, le conseil de paix sécurité joue un rôle important. Ses décisions sont
attendues et s’inspirent des résolutions du conseil de sécurité de l’ONU.
Le CPS (Conseil de Paix et de Sécurité) a pris des décisions importantes sur la C.I, le Darfour
ou le désarmement des ex-intahamués au Burundi.
L’UA a déployé 7.000 hommes au Darfour pour surveiller le cessez-le-feu.
L’UA à travers le président de la commission a condamné sans réserve les coups d’Etats en
Centrafrique, en Mauritanie, et la succession au Togo.
L’UA envisage de créer une force de réaction rapide, la ‘’stand by force’’ dont les 1 er
contingents devraient être installés à l’horizon 2010.
2 les faiblesses de l’UA
Le président de la commission n’a formellement pas d’autorité sur ces membres et les Etats
membres ne sont pas prêts à voir émerger un exécutif continental fort et autonome (on note
donc la faiblesse des pouvoirs du Président de la commission).
- Au plan politique
Les Etats ne sont pas prêts à consentir des abandons de leur souveraineté.
Le budget annuel de 70 millions de dollars suffit à peine à couvrir les frais de fonctionnement.
Les projets d’intégration prévue dans les statuts de l’union qui sont censés changer le visage
du continent et concourait à son développement tarde à prendre forme.
CONCLUSION
Ce serait aller trop vite en besogne que d’affirmer que rien n’a changé par rapport à la défunte
OUA. L’UA est une organisation jeune peut faire beaucoup pour l’Afrique sises dirigeantes
font preuve de pouvoirs politiques.
CHAPITRE VI : CROYANCES ET VALEURS DANS LE MONDE AUJOURD’HUI
Leçon 1 : Croyance et valeurs dominantes dans le monde occidentales.
Introduction
Le monde connaît depuis 1945 un clivage entre deux modèles de sociétés bien distincts.
D’une part le capitalisme noyau du monde occidental autour des Etats Unis et d’autre part le
socialisme initié par l’URSS.
Avec l’effondrement du bloc de l’Est, le monde occidental est devenu prépondérant. Il est
marqué par la démocratie libérale, le libéralisme économique, la primauté de l’individu dans
la société et d’importance des médias dans la diffusion des valeurs et cultures.
I L’ESPACE GEOGRAPHIQUE DU MONDE OCCIDENTAL ET DEMOCRATIE
LIBERALE.
1 Une aire géographique en pleine évolution
L’aire géographique du monde occidental correspond à l’aire des pays ayant adopté la
démocratie libérale, l’économie de marché, ou affilier au modèle américain (the
american way of life). Il s’agit des pays de l’Europe occidentale, de l’Amérique du nord et
du Japon. Mais, le monde occidental s’étend aujourd’hui au pays de l’Europe de l’Est sorti du
communisme et aux nouveaux pays industrialisés d’Asie et d’Afrique.
2 Origine de la démocratie libérale
La démocratie implique la participation des individus au pouvoir, mais aussi l’amélioration de
leurs conditions sociales (gouvernent du peuple par le peuple et pour le peuple).
Le libéralisme a pour objectif de garantir les libertés individuelles, politiques (conscience,
presse, opinion économique (propriété privée) ; sociales (non intervention de l’Etat dans les
rapports patron-ouvrier)).
Les notions de démocratie et de libéralisme dans le monde occidental ont deux sources .
- Le fait historique
Depuis la Grèce antique à nos jours on note la défense des libertés, la participation de tous les
citoyens à la décision politique, l’amélioration du sort du plus grand nombre.
- Le fait industriel
Les systèmes économiques basés sur la libre entreprise débouchent sur un essor prodigieux.
II LES GRANDS TRAITS DE LA SOCIETE OCCIDENTALE
1 Une politique institutionnaliste.
La démocratie libérale s’appuie sur les fondements ou traits suivants :
- La déclaration des droits de l’homme qui est la base de l’action politique.
- La garantie des institutions par des textes (la constitution)
- Le respect des libertés individuelles et collectives. Les principales forces de la
politique démocratique sont :
La séparation des pouvoirs (judiciaires, exécutif et législatif indépendants les
uns des autres)
Les assemblées parlementaires
Le pluralisme politique
Au total, tous ces principes garantissent un régime représentatif
2 Un système économique libéralisé
Le monde occidental est composé de pays qui ont adopté le libéralisme économique ou
l’économie de marché. Le système économique est marqué par la propriété individuelle, la
liberté d’entre prise.
Cela implique la concurrence, le jeu de l’offre et de la demande (loi du marché), la qualité de
la gestion et la succession de phase de croissance et de crise.
3 Une société transformée et en crise
La vie des sociétés occidentales a subi des transformations dues à la croissance économique
d’après guerre.
Cela a eu pour conséquence :
- L’accroissement de la population urbaine
- La hausse du PIB et du pouvoir d’achat
- L’amplification de la société de consommation
- La modification des rapports entre génération
- La montée de la délinquance et de la violence (phénomène de banlieue).
- L’éducation, les loisirs et de sport est devenus des besoins prioritaires.
- La pollution, la dégradation des mœurs et la nécessité de mettre en place un
développement durable c'est-à-dire un développement qui tienne compte de la
protection de l’environnement.
III UN MONDE DOMINE PAR UNE VIE CULTURELLE FLORISCENTE
Depuis 1945, une uniformisation du cadre de vie et des pratiques sociales caractérise la
société de consommation.
1 Les médias moyens d’uniformisation
Les médias constituent les grands moyens de communication du monde occidental. Les plus
importants sont :
- Les multimédias (les autoroutes de l’information, internet
- Les médias classiques (TV, radio, PUB, cinéma)
- Les moyens ont transformé le monde en un village planétaire en diffusant une culture
uniformisée et standardisée.
2 Une production intellectuelle et artistique féconde
Le domaine des lettres (littérature) et la création artistique et musicale connaissent un
renouveau avec l’apparition de nombreux auteurs et des nouvelles technologies. La musique,
la chanson et la danse sont devenues un véritable refuse pour cette société en crise.
3 La transformation des pratiques dans les religions révélées.
Les religions relevées qui sont le christianisme et l’Islam sont entre la transition et la
modernité.
Les églises chrétiennes ont tenté de s’adopter aux transformations de la société : l’avènement
de l’aggiornamento (modernisation des structures de l’église romaine).
Concile du Vatican II
Avec Paul VII : ce concile a entraîné la reforme liturgique qui a substitué le latin aux langues
nationales.
L’angoisse des temps modernes a favorisé une nouvelle religion qui se traduit par un
approfondissement de l’enseignement religieux tourné vers l’action et la spiritualité.
Exemple : le renouveau charismatique.
L’islam de son côté amorce un renouveau et opère une pensée remarquable dans le monde
occidental. Mais fondamentalisme et l’intégrisme constituent une véritable menace pour son
expansion. On note quelque difficulté d’adéquation entre les pratiques de l’Islam et les
valeurs dans le monde occidental.
Exemple : le problème du voile, des tenues vestimentaires.
CONCLUSION
Le monde occidental contemporain vit dans une uniformisation générale des principes et des
valeurs qui la caractérisent. Malgré la situation de crise constante, le modèle occidental se
repend au détriment du socialisme d’Etat.
Leçon 2 : Les mutations contemporaines du négro Africain
INTRODUCTION
Le concept de civilisation renvoie aux formes d’organisation, aux mœurs et pratiques d’un
peuple. Malgré la diversité des civilisations negro africain elles présentent partout des points
communs qui caractérisent les sociétés traditionnelles.
Mais ces structures et ces valeurs originelles connaissent aujourd’hui des mutations ou
bouleversements.
I LA SOCIETE TRADITIONNELLE : UNE SOCIETE HARMONISEE
Les grands traits de la civilisation negro africain traditionnelle sont :
1 Au plan politique
La société traditionnelle est marquée par une organisation rigoureuse et par la solidarité, la
clairvoyance et la logique des structures (lignage, chefferie, royaume, empire) dirigées par un
chef au pouvoir héréditaire et entouré de notables. C’est un pouvoir collégial (le roi ne
décide pas seul) et marqué par sa démocratie à travers la présence de l’arbre à palabre et la
richesse du consensus. Avec les classes d’âge on assiste même à l’alternance du pouvoir de
génération à génération.
Exemple : le royaume Mossi est dirigé par le Moronaba, il détient le pouvoir politique
militaire et religieux et il est assisté d’un conseil de chef de clan et de dignitaires.
2 Au plan économique
On a une économie de subsistance fondée sur l’agriculture. C’est une agriculture itinérante sur
brûlis. Les travaux se font collectivement. Quant à l’élevage, il est varié et extensif. A cela il
faut ajouter l’artisanat qui est marqué par une gamme variée d’objet soit de décoration, de
parures ou de cultes (poterie, structure, bijou …)
Les échanges communautaires sont basés sur troc, les cauris et les pièces métalliques.
3 Au plan socioculturel
La société traditionnelle a pour élément de base la famille car l’individu n’existe Pas l’homme
est toujours intégré à un groupe social. C’est une société hiérarchisée fondée sur l’âge et le
sexe. Elle est marquée par la gérontocratie (la place prépondérante des vieux) et la
position privilégiée de l’homme par rapport à la femme. C’est une société communautaire
basée sur la solidarité et le respect. En ce qui concerne la religion, elle est dominée par
l’animisme.
L’animisme se caractérise par la croyance en un Dieu suprême assisté de dieux secondaires,
de génies, d’esprit ou d’ancêtres et marqué par des rites et interdits
II LA SOCIETE TRADITIONNELLE : UNE SOCIETE EN MUTATION
Les mutations sont dues au contact de l’Afrique avec l’extérieur. Elles ont commencé avec
l’arrivée des Arabes et de l’Islam. Elles se sont amplifiées avec le christianisme et surtout
la colonisation. Aujourd’hui elles sont dues à l’uniformisation des croyances et des valeurs
diffusées depuis le monde occidental et qui a atteint l’Afrique aux médias et à la
mondialisation.
1 Les mutations politiques
Au plan politique, l’on note des bouleversements engendrés par la naissance d’Etat moderne
calqué sur le modèle occidental :
- Territoire délimité
- République ou monarchique constitutionnelle (Swaziland).
- Des institutions (présidence, parlement, cour suprême)
- La naissance de partis et d’une vie politique.
- L’apprentissage de la démocratie à l’occidental ‘suffrage universel, élection …)
Au total, les structures politiques traditionnelles sont reléguées au second plan.
2 Les bouleversements économiques
L’économie de subsistance a été remplacée par l’économie de traite.
C’est une économie basée sur l’agriculture spéculative ou des cultures de rente (café,
cacao, huile de palme …) et marquée par l’adoption de nouvelles techniques culturelle
intensives : mécanisation, engrais chimique, croissement des espèces) ce qui a permis
l’accroissement des rendements de la production et des échanges.
On note comme bouleversement la monétarisation complète de l’économie, et la naissance
d’une industrie moderne qui prend de plus en plus place de l’artisanat et d’un nouveau cadre
de vie : la ville
3 Les transformations socioculturelles
Au plan social
On note l’effondrement des structures traditionnelles avec l’apparition de nouvelles catégories
sociales.
Au sommet de sa nouvelle hiérarchie, il ya la bourgeoisie noire constituée de gré planteurs,
des hommes d’effort haut fonctionnaire. A côté, il y a les petits salariés et commerçants, les
ouvriers et les sans emploi qui constituent la population la plus nombreuse.
On note également que la cohésion de la société traditionnelle est perturbée par la naissance
d’un nouveau cadre de vie : ville.
On y assiste à l’effritement de l’autorité et le développement de l’individualisme (la fille
élargie cède la place à la famille nucléaire).
La marginalisation des femmes et des jeunes s’estompe au profit de leur émancipation. Le
développement de la vie (nouveau creusé social) avec un brassage des hommes et des idées)
est marqué par une Européanisation du genre de vie avec son corolaire de violence,
naissance, pollution, manque de respect.
Enfin, on note la place de plus en plus importance de l’argent dans les relations et dans la
société. Les religions negro africain fondés sur l’animisme et le culte des ancêtres reculent
face à l’avènement de nouvelles religions (Islam, Christianisme, bouohisme) et du
développement du syncrétisme religieux.
Il faut donc enfin souligner l’importance de l’aliénation culturelle amplifiée de nos jours par
l’importance des masses médias dans la société.
Conclusion
Au total, malgré l’ampleur du choc des influences extérieures les traditions negro africain
demeurent vivace (persistent encore). L’Afrique gagnerait à les sauvegarder à l’instar des
pays d’Asie.