© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
Devoir surveillé n°02
• La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction et la précision des rai-
sonnements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
• On prendra le temps de vérifier les résultats dans la mesure du possible.
• Les calculatrices sont interdites.
�Problème 1 – EPITA/IPSA 2017�
� Dans tout ce problème, on désigne par α un nombre réel positif et on se propose d’étudier la fonction 𝑓
définie par l’intégrale suivante lorsque celle-ci est convergente
+∞
sin(𝑡)
𝑓(α) = ∫ d𝑡
0
𝑡α
On se propose d’approfondir dans la partie I l’absolue convergence, puis la convergence de l’intégrale 𝑓(α), ce
qui permet d’obtenir le domaine de définition de 𝑓. Puis on étudie dans les parties II et III le comportement de
𝑓 au voisinage de 0 et 2. Enfin, dans la partie IV (qui est indépendante des précédentes), on calcule l’intégrale
𝑓(1).
I Absolue convergence et convergence de l’intégrale 𝑓(α)
Dans cette partie, on étudie la convergence de 𝑓(α) à l’aide des deux intégrales suivantes :
π +∞
sin(𝑡) sin(𝑡)
I(α) = ∫ d𝑡 et J(α) = ∫ d𝑡
0
𝑡α π
𝑡α
1 Etude de la convergence de l’intégrale I(α)
sin(𝑡)
1.a Donner un équivalent de la fonction 𝑡 ↦ au voisinage de 0.
𝑡α
1.b En déduire pour quelles valeurs du réel α l’intégrale I(α) est convergente.
2 Etude de l’absolue convergence de l’intégrale J(α)
2.a Démontrer que l’intégrale J(α) est absolument convergente pour α > 1.
2.b Vérifier que la fonction 𝑡 ↦ | sin 𝑡| est π-périodique et en déduire, pour tout entier 𝑘 la valeur de
(𝑘+1)π
l’intégrale ∫ | sin 𝑡| d𝑡.
𝑘π
2.c Démontrer l’encadrement suivant pour tout réel α ≥ 0 et tout entier 𝑘 ≥ 1 :
(𝑘+1)π
2 | sin 𝑡| 2
≤∫ d𝑡 ≤ α α
(𝑘 + 1)α πα 𝑘π
𝑡α 𝑘 π
En déduire pour tout réel α ≥ 0 et tout entier 𝑛 ≥ 1 que :
𝑛 𝑛π 𝑛−1
2 1 | sin 𝑡| 2 1
α
∑ α ≤∫ α
d𝑡 ≤ α ∑ α
π 𝑘=2 𝑘 π
𝑡 π 𝑘=1 𝑘
[Link] 1
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
2.d Préciser pour quelles valeurs du réel α l’intégrale J(α) est absolument convergente.
3 Etude de la convergence de l’intégrale J(α)
3.a Etudier la convergence de l’intégrale J(0).
3.b Démontrer la relation suivante pour tout réel α > 0 et tout réel 𝑥 ≥ π :
𝑥 𝑥
sin 𝑡 1 cos 𝑥 cos 𝑡
∫ α
d𝑡 = − α − α − α ∫ α+1 d𝑡
π
𝑡 π 𝑥 π
𝑡
+∞
d𝑡
3.c Calculer (en justifiant son existence) l’intégrale ∫ α+1
pour α > 0.
π
𝑡
+∞
cos 𝑡
En déduire l’absolue convergence de l’intégrale ∫ d𝑡 pour α > 0.
π
𝑡α+1
3.d En déduire la convergence de l’intégrale J(α) pour α > 0.
4 Domaine de définition de la fonction 𝑓
Préciser les domaines de convergence et d’absolue convergence de l’intégrale 𝑓(α).
En déduire le domaine de définition de la fonction 𝑓 introduite dans le préambule.
Dans toute la suite, on suppose que le paramètre α appartient à ce domaine de définition.
II Etude de 𝑓(α) lorsque α tend vers 0
On se propose d’étudier 𝑓(α) lorsque α tend vers 0 et on écrit à cet effet :
+∞ π/2 +∞
sin(𝑡) sin(𝑡) sin(𝑡)
𝑓(α) = ∫ d𝑡 = ∫ d𝑡 + ∫ d𝑡
0
𝑡α 0
𝑡α π/2
𝑡α
π/2
sin 𝑡
5 Limite de l’intégrale ∫ d𝑡
0
𝑡α
π
5.a Justfier l’inégalité 0 ≤ sin 𝑡 ≤ 𝑡 pour 0 ≤ 𝑡 ≤ .
2
5.b En déduire à l’aide du théorème de convergence dominée (dont on précisera l’énoncé et dont on véri-
fiera les hypothèses) la valeur de la limite suivante :
π/2
sin 𝑡
lim ∫ d𝑡
α→0
0
𝑡α
Remarque. Si on ne connaît pas encore le théorème de convergence dominée, on admettra que
π
π/2
sin 𝑡 2 sin 𝑡
lim ∫ α
d𝑡 = ∫ ( lim α ) d𝑡
α→0
0
𝑡 0
α→0 𝑡
+∞
sin 𝑡
6 Limite de l’intégrale ∫ d𝑡
π/2
𝑡α
6.a A l’aide d’une double intégration par parties, justifier l’égalité suivante :
+∞ +∞
sin 𝑡 α sin 𝑡
∫ α
d𝑡 = − α(α + 1) ∫ d𝑡
π/2
𝑡 (π/2) α+1
π/2
𝑡α+2
[Link] 2
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
+∞
d𝑡
6.b Calculer l’expression α(α + 1) ∫ , puis déterminer sa limite quand α tend vers 0.
π/2
𝑡α+2
+∞ +∞
sin 𝑡 sin 𝑡
En déduire la limite de α(α + 1) ∫ d𝑡 puis de ∫ d𝑡, quand α tend vers 0.
π/2
𝑡 α+2
π/2
𝑡α
6.c Déduire de cette question et de la précédente la limite de 𝑓(α) lorsque α tend vers 0.
Peut-on obtenir cette limite par application directe du théorème de convergence dominée à l’intégrale
𝑓(α) ?
Remarque. Si on ne connaît pas encore le théorème de convergence dominée, on pourra sauter
cette deuxième partie de la question.
III Etude de 𝑓(α) lorsque α tend vers 2
7 Une autre expression de la fonction 𝑓.
7.a Démontrer la convergence de l’intégrale suivante pour α ∈]0, 2[ :
+∞
1 − cos(𝑡)
∫ d𝑡
0
𝑡α+1
7.b A l’aide d’une intégration par parties justifiée, établir que :
+∞
1 − cos(𝑡)
𝑓(α) = α ∫ d𝑡
0
𝑡α+1
En déduire que la fonction 𝑓 est à valeurs strictement positives sur ]0, 2[.
8 Limite de 𝑓(α) quand α tend vers 2.
1 − cos 𝑡
On considère la fonction auxiliaire φ définie sur ℝ∗+ par φ(𝑡) = .
𝑡2
8.a Quelle est la limite L de φ en 0 ?
On posera désormais φ(0) = L de sorte que φ est ainsi définie et continue sur ℝ.
8.b Montrer que la fonction φ reste strictement positive sur [0, π] et qu’elle admet sur [0, π] un minimum
strictement positif noté μ (que l’on ne demande pas d’expliciter).
8.c Etablir les inégalités suivantes :
π
1 − cos(𝑡) π2−α
𝑓(α) ≥ α ∫ d𝑡 ≥ αμ
0
𝑡α+1 2−α
8.d En déduire la limite de 𝑓(α) quand α tend vers 2 par valeurs inférieures.
IV Calcul de l’intégrale 𝑓(1)
9 Calcul d’intégrales auxiliaires.
9.a Justifier pour tout entier naturel 𝑛 l’existence de l’intégrale suivante :
π/2
sin((2𝑛 + 1)𝑡)
I𝑛 = ∫ d𝑡
0
sin(𝑡)
9.b Préciser la valeur de I0 et prouver que I𝑛 − I𝑛−1 = 0 pour tout entier 𝑛 ≥ 1.
En déduire la valeur de l’intégrale I𝑛 .
[Link] 3
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
π 1 1
9.c On considère la fonction ψ définie sur ]0, ] par ψ(𝑡) = − .
2 sin 𝑡 𝑡
Quelle est la limite L de ψ en 0.
π
On posera désormais ψ(0) = L de sorte que ψ est définie et continue sur [0, ].
2
9.d Démontrer l’égalité suivante pour tout entier naturel 𝑛 :
π/2 (2𝑛+1)π/2
π sin(𝑢)
∫ ψ(𝑡) sin((2𝑛 + 1)𝑡) d𝑡 = −∫ d𝑢
0
2 0
𝑢
10 Lemme de Rieman-Lebesgue pour les fonctions de classe 𝒞 1 .
π
On considère une fonction 𝑔 de classe 𝒞 1 du segment [0, ] dans ℝ.
2
A tout entier naturel 𝑛, on assoccie l’intégrale suivante :
π/2
𝑢𝑛 = ∫ 𝑔(𝑡) sin((2𝑛 + 1)𝑡) d𝑡
0
10.a Démontrer que
π/2
𝑔(0) 1
𝑢𝑛 = + ∫ 𝑔′ (𝑡) cos((2𝑛 + 1)𝑡) d𝑡
2𝑛 + 1 2𝑛 + 1 0
10.b A l’aide d’une majoration convenable de cette dernière intégrale, en déduire la limite de la suite (𝑢𝑛 ).
π
10.c Justifier que la fonction ψ définie à la question 9.c est de classe 𝒞 1 sur [0, ].
2
10.d En déduire la valeur de 𝑓(1).
[Link] 4