56 Phénomènes d’induction
1. EN QUELQUES MOTS…
Un circuit électrique peut être le siège d’un courant induit s’il est placé dans un champ
magnétique variable ou s’il se déplace dans son ensemble ou en partie au cours du temps dans
un champ magnétique constant. Ce phénomène est appelé induction électromagnétique.
2. CE QU’IL FAUT RETENIR…
a) Flux du champ magnétique
c Considérons une surface S. Le flux du champ magnétique à travers la surface S est la
somme des flux élémentaires à travers tous les éléments de surface dS la constituant.
B : champ magnétique (T)
Φ= ∫∫ [Link] dS = n dS : vecteur élément de surface (m2) avec n vecteur unitaire normal
S à l’élément de surface dS.
Φ : flux du champ magnétique (Weber, Wb)
c Propriétés :
Le flux du champ magnétique à travers une surface S fermée est nul : ∫∫ [Link] = 0 .
S
Soit un contour fermé. Le flux du champ magnétique est indépendant du choix de la surface
orientée s’appuyant sur ce contour.
Un tube de champ magnétique a le même flux dans toute section. On dit que le champ
magnétique est à flux conservatif. Cela signifie que si la section du tube de champ se rétrécit,
les lignes de champ sont plus concentrées et le champ magnétique est plus intense.
b) Loi de Faraday
c Toute variation du flux Φ du champ magnétique à travers un circuit électrique induit une
force électromotrice (f.é.m.) dans ce circuit. La loi de Faraday relie la f.é.m. induite e(t) à la
variation du flux :
Φ : flux du champ magnétique (Wb)
dΦ
e(t ) = − t : temps (s)
dt
e : force électromotrice induite (Volts, V)
c Le flux Φ du champ magnétique à travers un circuit électrique peut varier si la surface du
circuit varie au cours du temps, si le champ magnétique est variable ou enfin si l’orientation
du circuit par rapport au champ B varie au cours du temps.
c La création d’une f.é.m. induite se traduit par le passage d’un courant induit dans le circuit.
c) Loi de Lentz
c Le courant induit s’oppose toujours à la cause qui lui a donné naissance.
Cette loi justifie le signe négatif dans la loi de Faraday.
c Détermination du sens du courant induit :
On choisit un sens positif arbitraire sur le circuit. L’application de la règle du tire-bouchon
impose alors le sens du vecteur unitaire n . On exprime ensuite le flux Φ du champ magnétique
à travers le circuit puis la f.é.m. induite e(t). Le sens du courant induit est déduit du signe de e(t).
180
Fiche 56 • Phénomènes d’induction
Si e(t) > 0, le courant induit circule dans le sens positif choisi ; si e(t) < 0, le courant induit circule
dans le sens opposé au sens positif choisi.
3. EN PRATIQUE…
c Étudions le cas d’un circuit mobile dans un champ magnétique uniforme et constant.
Un circuit électrique comprenant une résistance et terminé par une tige conductrice mobile
MN est placé dans un champ magnétique B constant et uniforme, de direction perpendicu-
laire au plan du circuit. Montrons qu’un déplacement de la tige conductrice MN induit un
courant électrique dans le circuit, dont le sens dépend du sens de déplacement de la tige.
+ M
Le flux du champ magnétique à travers le circuit varie au cours du
n temps par l’intermédiaire de la variation de la surface S du circuit.
Choisissons un sens positif sur le circuit. La règle du tire-bouchon
R
fixe alors le sens du vecteur unitaire n normal à la surface du circuit.
Le champ magnétique B étant uniforme sur la surface du circuit, le
N
∫∫
flux du champ magnétique s’écrit : Φ = [Link] = B.n dS = BS ∫∫
B S S
dΦ dS
La f.é.m. induite e(t) se déduit de la loi de Faraday : e(t ) = − = − B , B étant constant.
dt dt
Ainsi si la tige MN est déplacée vers la droite (S augmente) alors e(t) < 0 : le courant induit
circule dans le sens opposé au sens positif choisi. Si la tige MN est déplacée vers la gauche
(S décroît), alors e(t) > 0 : le courant induit circule dans le sens positif choisi.
c Étudions le cas d’un circuit fixe dans un champ magnétique variable.
Un solénoïde infini, d’axe Oz , de rayon R, comportant n spires par unité de longueur, est parcouru
par un courant variable i(t ) = i0 cos(ωt ) . On rappelle que le champ magnétique produit par un
⎧⎪ B(t ) = μ 0 n i(t ) k à l’intérieur du solénoïde
solénoïde infini est uniforme et égal à : ⎨
⎩⎪ B(t ) = 0 à l’extérieur du solénoïde
Un cadre carré placé dans le plan (O, x , y ) entoure le solénoïde. Montrons qu’un courant
induit sinusoïdal circule dans le cadre.
Le flux du champ magnétique à travers le cadre varie au cours du temps par
l’intermédiaire de la variation du champ magnétique au cours du temps. z
Choisissons un sens positif sur le cadre. La règle du tire-bouchon fixe alors le z
sens du vecteur unitaire n normal à la surface du cadre.
Exprimons le flux du champ magnétique à travers la surface S du cadre :
Φ= ∫∫ [Link] or B(t ) = 0 à l’extérieur du solénoïde donc le flux n’est non nul
S n
qu’à travers la section Ssol = πR 2 du solénoïde :
Φ= ∫∫ [Link] = ∫∫ B.n dS = μ0 n i(t ) S sol = μ 0 n i(t ) πR 2, B étant uniforme sur +
Ssol Ssol
la section du solénoïde.
dΦ di
e(t ) = − = −μ 0 nπR 2 = μ 0 nπR 2 i0ω sin(ωt )
dt dt
Le cadre est donc parcouru par un courant sinusoïdal orienté dans le sens k
positif choisi.
181
57 Inductance
1. EN QUELQUES MOTS…
Un circuit électrique fixe et rigide parcouru par un courant variable est le siège d’une force
électromotrice générée par le circuit lui-même. Ce phénomène est appelé auto-induction. On
parlera d’induction mutuelle lorsque la force électromotrice est induite par un autre circuit.
2. CE QU’IL FAUT RETENIR…
a) Auto-induction
c Flux propre :
Considérons un circuit (C) orienté, parcouru par un courant d’intensité i. Ce courant crée un
champ magnétique propre BP dont le flux à travers toute surface orientée S s’appuyant sur le
contour (C) du circuit est appelé flux propre et défini par :
BP : champ magnétique créé par le courant i circulant dans le circuit (T).
ΦP = ∫∫ BP .dS
dS = n dS : vecteur élément de surface (m2).
S
ΦP : flux propre du champ magnétique (Weber, Wb).
c Inductance propre :
Le flux du champ magnétique propre à travers le circuit est proportionnel au courant i, tout
comme le champ magnétique. Le coefficient de proportionnalité est appelé inductance pro-
pre ou coefficient d’auto-induction.
i : courant électrique circulant dans le circuit (A).
Φ P = Li L : inductance propre (Henry, H).
ΦP : flux propre du champ magnétique (Wb).
– L est toujours positif.
– L ne dépend que de la géométrie du circuit et de la perméabilité du milieu (μ0 pour le vide).
c Force électromotrice (f.é.m.) d’auto-induction :
Si le circuit (C), fixe et rigide, est parcouru par un courant d’intensité i(t) variable, il sera le
siège d’une force électromotrice d’auto-induction eP(t) (fiche 35), donnée par :
i : courant électrique (A).
di
eP (t ) = −L L : inductance propre (Henry, H).
dt eP : force électromotrice d’auto-induction (V).
b) Induction mutuelle
Considérons deux circuits fixes (C1) et (C2).
c Inductance mutuelle :
Si le circuit (C1) est parcouru par un courant d’intensité i1, il crée en son voisinage un champ
magnétique B1 . Le flux Φ1→2 de B1 à travers une surface orientée s’appuyant sur le contour
du circuit (C2) est proportionnel à l’intensité i1 du courant dans le circuit (C1). Le coefficient
de proportionnalité est appelé inductance mutuelle ou coefficient d’induction mutuelle.
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Fiche 57 • Inductance
i1 : courant électrique circulant dans le circuit (C1) (A).
Φ1→ 2 = M12 i1 M12 : inductance mutuelle du circuit (C1) sur le circuit (C2) (Henry, H).
Φ1→2: flux magnétique induit par le circuit (C1) sur le circuit (C2) (Wb).
De la même manière, un courant d’intensité i2 dans le circuit (C2) crée un champ magnétique B2
dont le flux Φ2→1 à travers une surface s’appuyant sur le contour du circuit (C1) est proportion-
nel à i2 : Φ2→1 = M 21i2 où M21 est l’inductance mutuelle du circuit (C2) sur le circuit (C1).
Les coefficients d’induction mutuelle vérifient la relation suivante : M12 = M 21 ≡ M
– M est positif ou négatif selon les sens positifs choisis sur les circuits.
– M ne dépend que de la géométrie des circuits, de leurs positions relatives et de la perméa-
bilité du milieu (μ0 pour le vide).
c Force électromotrice d’induction mutuelle
Æ Si le circuit (C1) est parcouru par un courant d’intensité i1(t) variable, la f.é.m. induite
e1→2(t) dans le circuit (C2) par le circuit (C1) est donnée par :
i1(t): courant électrique dans le circuit (C1) (A).
di1
e1→ 2 (t ) = − M M : inductance mutuelle (H).
dt e1→2 : f.é.m. induite dans le circuit (C2) par le circuit (C1) (V).
De la même manière, un courant d’intensité i2(t) variable dans le circuit (C2) induit une f.é.m.
di
e2→1(t) dans le circuit (C1) dont l’expression est : e2→1 (t ) = − M 2 .
dt
Æ F.é.m. induite totale : Considérons le circuit (C1). Le flux total Φ1 du champ magnétique à
travers le circuit (C1) d’inductance propre L1, est la somme de son flux propre ΦP1 et du flux
Φ2→1 induit par le circuit (C2) sur le circuit (C1) : Φ1 = Φ P1 + Φ2→1 = L1i1 + Mi2 .
di di
On en déduit la f.é.m. induite e1(t) dans le circuit (C1) : e1 (t ) = − L1 1 − M 2 .
dt dt
3. EN PRATIQUE…
Considérons un long solénoïde, de longueur l = 0,5 m, de rayon R1 = 4 cm, d’axe Oz , compor-
tant N = 500 spires. Ce solénoïde, parcouru par un courant i1, est supposé suffisamment long
pour que le champ magnétique qu’il crée soit uniforme et égal à :
N
Bint = μ 0 i1 k à l’intérieur du solénoïde et Bext = 0 à l’extérieur du solénoïde.
l
Æ Déterminons son coefficient d’auto-inductance L.
Exprimons le flux propre Φ Pspire du champ magnétique à travers une surface S s’appuyant
sur chaque spire du solénoïde puis le flux propre Φ P à travers le solénoïde :
2 N
Φ Pspire = ∫∫ [Link] = Bint πR1 = μ0 i πR 2 et Φ P = N Φ Pspire ;
l 1 1
S
N2
ainsi, L = μ 0 πR12 = 3, 1 mH .
l
Æ Une spire de rayon R2 = 3 cm, d’axe Oz , parcourue par un courant i2, est contenue à l’inté-
rieur du solénoïde précédent. Déterminons l’inductance mutuelle M entre les deux circuits.
Exprimons le flux Φ1→2 du champ magnétique créé par le solénoïde à travers une surface
orientée S2 s’appuyant sur le contour de la spire :
2 N N
Φ1→ 2 = ∫∫ B1.dS2 = Bint πR2 = μ0 πR22 i1 ⇒ Μ = μ 0 πR22 = 3, 5 μH .
l l
S2
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