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Comprendre la déviance et le contrôle social

Le chapitre aborde les processus sociaux contribuant à la déviance, en définissant la déviance comme une transgression des normes sociales et juridiques. Il explore les concepts de contrôle social, d'étiquetage et de stigmatisation, ainsi que la distinction entre déviance et délinquance. Enfin, il souligne que la déviance est relative et dépend du contexte social et temporel.

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Comprendre la déviance et le contrôle social

Le chapitre aborde les processus sociaux contribuant à la déviance, en définissant la déviance comme une transgression des normes sociales et juridiques. Il explore les concepts de contrôle social, d'étiquetage et de stigmatisation, ainsi que la distinction entre déviance et délinquance. Enfin, il souligne que la déviance est relative et dépend du contexte social et temporel.

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Thème 2 : Sociologie

CHAPITRE 5 : QUELS SONT LES PROCESSUS


SOCIAUX QUI CONTRIBUENT À LA DÉVIANCE ?

OBJECTIFS
OBJECTIFS ET
ET NOTIONS
NOTIONS
Notions : Contrôle social formel et informel, Stigmatisation, Déviance, Anomie, Enquête de
victimation, Chiffre noir de la délinquance, Délinquance, Carrière déviante, Etiquetage, Normes
sociales et juridiques.

Objectifs de connaissances et de savoir-faire : être capable de … A ECA NA

[Link] normes sociales et normes juridiques

Comprendre la distinction entre déviance et délinquance

Connaitre la diversité des formes de controle social

Illustrer le controle social formel et informel

Comprendre que la déviance se définit comme une transgression des normes

Savoir que la déviance revêt des formes variés selon le milieu social et les sociétés

Comprendre que la déviance peut s’analyser comme un processus d’étiquetage

Comprendre que la déviance peut s’analyser comme un processus de stigmatisation

Comprendre que la déviance peut s'analyser comme une carrière

Expliquer la difficile mesure de la délinquance

Définir le chiffre noir de la délinquance

Comprendre que les enquêtes de [Link] proposent une autre manière de mesurer la
délinquance

SENSIBILISATION
SENSIBILISATION
I. QU’EST CE QUE LA DÉVIANCE?
A. Le non-respect des normes

Document 1 : Les normes sociales et juridiques


Les normes sont des règles qui régissent l'action des individus à l’intérieur des sociétés. Elles
existent d'une part sous la forme de règles explicites, qui s'imposent officiellement aux individus
et peuvent être de nature juridique ou règlementaire. Ces règles explicites ont pris une
importance croissante dans les sociétés modernes. Mais d'autre part, les règles implicites,
intériorisées lors du processus de socialisation, importent tout autant et régissent la plupart des
[Link] à l’intérieur des groupes restreints. Ainsi le comportement des membres d'une famille doit
respecter des règles non écrites mais évidentes pour tous. Les normes [Link] au patrimoine
commun; la collectivité exige ou souhaite leur respect et juge la conformité des comportements
des individus. Ce jugement prend la forme d'une sanction ou d'une gratification qui peut être
officielle mais qui reste la plupart du temps informelle: les sourires et les invitations ou, à l’inverse
le silence et la mise à l 'écart sont quelques unes des attitudes qui permettent au groupe
d'exprimer son approbation ou, au contraire sa désapprobation.
SOURCE : Marc Montoussé, Gilles Renouard 100 fiches pour comprendre la sociologie, Bréal,
1997
1. Soulignez dans le texte la dé[Link] sociologique d’une norme.
2. Quels sont les deux types de normes que le sociologue distingue dans ce texte ? Quelle est la
principale distinction ?
3. D’après l’illustration, quel est le type de norme qui a été transgressé ?

4. Identifiez dans le tableau plusieurs exemples de normes sociales et juridiques qui ont été
transgressées dans l’activité de sensibilisation.

Normes sociales Normes juridiques

• •

• •

• •

• •

• •
B. La régulation des actes déviants

Document 2 : Le controle social

Q1. Qu'est-ce que le contrôle


social ? A quoi sert-il ?

Q2. Qu’est-ce qui différencie le


contrôle social formel du
contrôle social informel ?

Q3. Identifiez pour chaque illustration la bonne forme de contrôle social.

4. A l’aide du document, identifiez les différentes instances de contrôle social formel et informel
qui sont intervenus dans l’activité de sensibilisation.

Instances du contrôle social formel Instances du contrôle social informel

• •

• •

• •

• •

• •
Évaluation formative : Complétez le schéma présentant les différentes formes de contrôle
social face aux deux types de normes existantes

Bilan : Complétez le texte à trous

Le ......................... .............................. désigne les mécanismes mis en place dans une société pour
s'assurer de la conformité des comportements aux normes en vigueur. Il s'effectue par le
biais de ..................................... (positives et négatives) qui incitent les individus à respecter les
normes. Pour que le contrôle social fonctionne, il doit paraître légitime et crédible. Le
contrôle social peut exercer une contrainte externe sur l'individu. On parle alors de contrôle
social ..................................... (ex : le policier qui met une amende) Mais il peut également être
interne à l'individu. On parle de contrôle social ................................... ou ........................................................ (ex
: les élèves rentrent en classe et s'assoie). L'exercice de la contrainte durant la socialisation
pousse progressivement le socialisé à comprendre ce qui autorisé et ce qui est proscrit. A
ce stade l'individu est capable de réguler le comportement des autres.
Il existe deux types de contrôle social externe :
– un contrôle social ............................... effectué par des instances spécialisées qui veille au
respect des normes codifiées, il effectue des sanctions elles - mêmes codifiées. (ex : Police,
gendarmerie, école...)
– Un contrôle social ................................. effectué par des instances non spécialisées plus
largement par l'ensemble des individus. Il veille au respect des normes sociales en
produisant des sanctions sociales. (ex : Famille...)
Autrefois, le contrôle social était ................................... . Aujourd'hui, il est plutôt ................ .

C. La distinction entre déviance et délinquance

Document 3 : Les différentes formes de déviance


Tuer son voisin, […] chahuter en classe, […] commère un hold-up, oublier l’anniversaire d’un
proche, tricher dans une partie de dominos entre amis, s’adonner au commerce de
stupéfiants, se prostituer ou se moucher au milieu d’un concerto pour violon. […] Tout un
chacun sait faire la différence entre ces genres d’écarts à la norme et établir leur inégal
degré de gravité. Les manquements aux règles de la bienséance, de la politesse, de la
réciprocité et de l’honneur se distinguent aisément des agissements qui portent atteinte à la
propriété privée, à l’intégrité physique des personnes ou à l’ordre public. Les premiers
relèvent des formes usuelles de la réprobation sociales; les autres, de la procédure pénale.
La façon de signifier à quelqu’un qu’il a commis un écart inacceptable à une attente
collectivement admise dépend du genre de règle qui a été violée. Dans le cas d’une infraction. A
une loi ou une prescription formelle, ce qu’il s’agit de réprimer est un acte de délinquance; dans
le cas de non-espérer d’une habitude ou d’une convention, d’un acte de déviance. Réprimer,
réprouver, blâmer, discréditer, punir, châtier, corriger, redresser : il existe une infinité de façons de
faire savoir à un individu que son comportement a trompé les attentes. Mais, quelle que soit la
forme sous laquelle elle s’exprime, la réaction est identique : lorsqu’une conduite déroge à ce
qu’il faudrait qu’elle soit, elle donne lieu à une sanction. […]
Il faut que préexiste une norme à l’aune de laquelle puisse se mesurer un écart et que cette
norme soit suffisamment publique pour que la peine qui accompagne le fait de l’avoir enfreinte
soit comprise en tant que telle.
SOURCE : Albert Ogien, Sociologie de la déviance, 2018

Q1. Soulignez dans le texte les deux conditions pour être considéré comme déviant.
Q2. Quelle est la différence entre un comportement déviant et un comportement délinquant ?

Q3. A l’aide du document, proposez une définition de déviance et de la délinquance.

DEVIANCE = DELINQUANCE =

Q4. Quel lien peut-on établir entre déviance et délinquance ?

Q5. Parmi les actions suivantes, lesquelles relèvent de la déviance ou de la délinquance ? Trouvez
d’autres exemples.

Comportement déviant Comportement délinquant

Voler un sujet d’évaluation

Vendre de la drogue

Tentative de triche lors d’un devoir


surveillé

Tuer un être humain

Mentir tt le temps

Texte
D. La déviance, une notion relative

ACTIVITE DE GROUPE :

Chaque groupe doit créer une affiche “à la manière de Moms Demand Action” :
🎨 Une affiche avec deux situations, objets ou comportements :
l’un interdit ou jugé déviant dans un pays ou une époque,
l’autre autorisé ou banal ailleurs,
mais qui, mis côte à côte, montrent une incohérence sociale.

Etape 1 : Choisir un thème de société où les normes divergent. (consommation, style


vestimentaire, religion, médias, enfants, alimentation, ...)
Etape 2 : Créer une image ou affiche simple (sur Canva, Genially, PowerPoint ou papier).
Etape 3 : Trouver un slogan accrocheur à la manière de Moms Demand Action. Ajouter un
petit encadré : “Dans le pays A, c’est interdit. Dans le pays B, c’est normal.”
Etape 4 : Chaque groupe présente son affiche en expliquant :
1. Le choix de sujet.
2. Pourquoi cela illustre une norme différente selon le contexte ?
3. Quelle valeur ou règle sociale est en jeu ?
Etape 5 : Les autres groupes complètent le tableau ci-dessous.

Déviance relative dans le temps Déviance relative dans l’espace


Comportements Comportements Comportements déviants Comportements
autrefois déviants qui autrefois conformes qui dans un autre pays mais conformes dans un autre
sont aujourd’hui sont aujourd’hui déviants conformes en France pays mais déviants en
conformes France

Évaluation formative (Rédigez un paragraphe AEI) : À l’aide de vos connaissances et des


documents vus dans les étapes 3 et 4, montrez que la déviance revêt des formes variées
selon les époques (ou bien, en leur sein, selon les groupes sociaux).
II. COMMENT EXPLIQUER LA DÉVIANCE ?
A. Le processus d’etiquetage
Document 4 : Le processus de stigmatisation
Le fait central en matière de déviance [est] que celle-ci est créée par la société. Je ne veux pas dire par là,
selon le sens habituellement donné à cette formule, que les causes de la déviance se trouveraient dans la
situation sociale du déviant ou dans les « facteurs sociaux » qui sont à l’origine de son action. Ce que je veux
dire, c’est que les groupes sociaux créent la déviance en instituant des normes dont la transgression constitue
la déviance, en appliquant ces normes à certains individus et en les étiquetant comme des déviants. De ce
point de vue, la déviance n’est pas une qualité de l’acte commis par une personne, mais plutôt une
conséquence de l’application, par les autres, de normes et de sanctions à un « transgresseur ». Le déviant est
celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès, et le comportement déviant est celui auquel la
collectivité attache cette étiquette [...].
Des individus peuvent être désignés comme déviants alors qu’en fait ils n’ont transgressé aucune norme [...]. Et
ceux qui ont effectivement transgressé une norme peuvent ne pas être tous appréhendés comme « déviants ».
[...] Bref, le caractère déviant ou non d’un acte donné dépend en partie de la nature de l’acte (c’est-à-dire de ce
qu’il transgresse ou non une norme) et en partie de ce que les autres en font.
Source : Howard BECKER , « Outsider » 1963

Q1. Rappelez la première condition pour être considéré comme déviant.


Q2. Soulignez dans le texte la phrase illustrant le fait que la déviance est une caractéristique apposée
par un ensemble de personne sur un comportement.
Q3. Pourquoi peut-on alors considérer que la déviance et les déviants sont le résultat d’un processus
d’interaction entre des individus ?

Activité n°2 : Quel jugement portez-vous sur ces individus ?


Consigne : Pour chaque image, inscrivez le jugement que vous portez à leur égard.
Le processus d’étiquetage consiste à dire que la déviance ...........................
......................................................................................................................................
......................................................................................................................................

B. Le processus de stigmatisation
Document 5 : Le processus de stigmatisation
Lorsqu'un inconnu se présente à nous, ses premières apparitions ont toutes chances de nous mettre en
mesure de prévoir la catégorie à laquelle li appartient et les attributs qu'il possède, son « identité sociale »,
pour employer un terme meilleur que celui de « statut social », car li s'y inclut des attributs personnels tel
que l'« honnêteté ,» tout autant que des attributs structuraux comme la « profession .»
Nous appuyant alors sur ces anticipations, nous les transformons en attentes normatives, en exigences
présentées à bon droit. (...) Tout le temps que l'inconnu est en notre présence, des signes peuvent se
manifester montrant qu'il possède un attribut qui le rend différent des autres membres de la catégorie de
personnes qui lui est ouverte. et aussi moins attrayant [...]. Un tel attribut constitue un stigmate [...] ; parfois
aussi on parle de faiblesse, de déficit ou de handicap.
Erving Goffman, Stigmate, la gestion sociale des handicaps, 1963
Q1. Comment le sociologue Erving Goffman définit-il le concept de «stigmate »?
Q2. Comment Erving Goffman explique-t-il la déviance ?
Q3. Quelles seraient les «anticipations » puis les «attentes normatives » qui pourraient être
associées aux stigmates suivants ? :
- une personne née dans une cité HLM en banlieue
- une personne malentendante

Document 6 : Le contrôle d’identité

Q1. Faites une phrase avec la donnée entourée.


Q2. Comparez la proportion d’individus vivant dans une cité ou un grand ensemble par rapport à
la proportion d’individus vivant à la campagne qui se sont fait controlé plus de 5 fois par la police
ou la gendarmerie.
Q3. Quels constats pouvez-vous faire ?
Le processus de stigmatisation consiste à dire que la déviance ..................
......................................................................................................................................
.....................................................................................................................................

C. Le processus de carrière déviante


Document 7 : La carrière déviante chez H. Becker
« [H. S. Becker] identifie les trois phases qui impliquent à la fois un comportement objectivement et
socialement jugé déviant et la représentation personnelle de celui qui le commet. La première étape est
celle de la transgression d'une norme.
Ce moment est évidemment à lui seul insuffisant pour nous permettre de parler de mode de vie déviant.
Le geste de transgression peut avoir été commis en secret, ne s'être produit qu'une seule fois, avoir
immédiatement été rattrapé et corrigé sous la menace d'une répression ou du simple sentiment de
culpabilité.
Pour commencer à parler de carrière déviante, il faut une deuxième phase, c'est-à-dire la désignation
publique. Par ce mécanisme de stigmatisation, on attribue socialement à l'individu un nouveau statut qui
pourra avoir des effets déterminants sur son identité sociale et personnelle. Enfin, on peut parler de
déviance en termes de carrière lorsque, dans une troisième phase, l'individu intègre un groupe organisé
s'adonnant à des comportements déviants. Cette adhésion facilite la continuation des pratiques
déviantes tout en conférant une légitimité et un sentiment d'appartenance à tous ceux qui sont
impliqués dans le même processus. »
Stéphanie Garneau, « Les mobilités internationales à l'ère de la globalisation « , 2016

Q1. Relevez dans le texte les trois phrases constituant la notion de carrière déviante.
Phase n°1 :
Phase n°2 :
Phase n°3 :

Document 8 : Les récidivistes

Q1. Faites une phrase qui donne du sens à la donnée entourée.


Q2. Comparez la proportion de récidivistes en 2017 condamnés à un emprisonnement ferme et
ceux avec un emprisonnement avec sursis total.
Q3. Quels constats pouvez-vous faire ?
Le processus de carrière déviante consiste à dire que la déviance ..............
......................................................................................................................................
.....................................................................................................................................

Bilan : Complétez le texte à trous

Tout d’abord, pour Howard BECKER, il ne suffit pas de transgresser une norme pour être déviant, il
faut aussi être ................................................ par les autres.
La déviance est, dans cette optique, produite par le regard posé sur cet acte entre celui qui
transgresse une norme et celui qui reconnaît cette transgression. Elle est donc essentiellement le
produit d'un jugement porté sur une conduite ou sur une manière d'être.
La déviance est ainsi le produit d’une suite d’......................................... qui aboutit à un ...........................................de
comportements comme déviants.
Autrement dit, un individu devient « ............................... .........................» s’il a transgressé une norme et s’il est
perçu comme déviant. On parle de déviance secondaire. En revanche, certains individus peuvent
être perçus comme déviants sans avoir transgressé de norme, ils seront alors «................................. .......
............», mais l’étiquetage les identifiera comme déviants. Certains déviants le sont secrètement
puisqu’ils ont transgressé une norme sans être perçus comme déviants puisqu’ils n’auront pas été
repérés. On parle alors de déviance primaire.
D’après l’appelation de Howard BECKER, ce sont les «.................................... ..............................................» qui
définissent les actes qui sont considérés comme conformes et ceux qui sont considérés déviants.
Ce sont donc eux qui participent à l’étiquetage de certaines pratiques comme déviantes.
Ensuite, Erving GOFFMAN montre aussi que la déviance naît dans les interactions sociales dans un
processus de .................................... qui discrédite un individu parce qu’il possède un ou plusieurs attributs
auxquels les autres associent des stéréotypes qui jettent sur eux une suspicion. Les individus
subissant la ....................................... sont alors mis à l’écart et font l’objet de discriminations.

Enfin, Howard BECKER montre que si pour certains les transgressions de normes sont
occasionnelles, pour d’autres elles vont être réitérées. En effet, en faisant l’apprentissage de
certaines pratiques, en prenant goût à ces pratiques et en intégrant un groupe déviant, certains
individus s’engagent dans une................................. ............................. . L’étiquetage les amène alors à se
percevoir comme déviants et à se conformer à cette étiquette. Cela peut alors les amener à
amplifier leurs déviances.
III. COMMENT MESURER LA DELINQUANCE ?
A. La comptabilisation de la délinquance

Document 9 : Les statistiques policières et judiciaires

Q1. Faites une phrase qui donne du sens à la donnée entourée.


Q2. A partir de quoi se passent les statistiques policières et judiciaires pour établir les chiffres de la
délinquance ?
Q3. Comparez la proportion de ménage victimes d’un vol de voiture qui ont déposé plainte contre la
proportion de ménages victimes de violences domestiques qui ont déposé plainte.
Q4. Quels constats pouvez-vous faire ?

Document 10 : Les biais des statistiques


Les forces de sécurité ont recensé 4 victimes de coups et blessures volontaires sur personne de 15 ans
ou plus, sur 1 000 personnes en France métropolitaine en 2018. Pourtant, ce chiffre sous-estime le
phénomène des violences puisque selon les enquêtes de victimation, malgré la gravité de ce type
d’actes de délinquance, la majorité des victimes ne déclarent pas les faits à la police ou à la
gendarmerie : en 2017, selon l’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » (CVS), moins d’un
quart des victimes de violences physiques exercées par un auteur qui n’appartient pas ou plus à leur
ménage ont formellement déposé plainte dans un commissariat de police ou à la gendarmerie, et une
victime sur 6 lorsque l’auteur vit au sein du ménage.[...]. Dans les données enregistrées par les forces de
sécurité, le nombre de victimes de violences sexuelles a poursuivi en 2018, de façon encore plus
accentuée, la hausse observée les années précédentes. Cette augmentation s’explique notamment par
une évolution du comportement de plainte des victimes suite aux différents mouvements sur les
réseaux sociaux pour la libération de la parole des victimes : alors qu’en 2016, seule une personne sur
10 se déclarant victime de violences sexuelles hors ménage dans l’enquête CVS indiquait avoir porté
plainte auprès des forces de sécurité, cette proportion a été pratiquement multipliée par trois pour les
faits survenus en 2017, même si ce chiffre doit être pris avec précaution compte tenu du faible nombre
de victimes dans l’enquête. L’augmentation des violences sexuelles enregistrées s’inscrit en outre dans
un contexte d’amélioration des conditions d’accueil des victimes par les services.
Source : « Insécurité et délinquance en 2018 » : premier bilan statistique, Ministère de l’intérieur,
janvier 2019.

Q1. Pourquoi le nombre de victimes de violences recensées par la police et la gendarmerie ne reflète-t-il
pas la réalité des violences en France ? (cf page suivante)
Q2. Selon le texte, quelle proportion des victimes de violences physiques dépose réellement plainte ?
Q3. Comment expliquer la hausse des violences sexuelles enregistrées en 2018 selon le document ?
Les raisons pour lesquelles les statistiques policères et judiciaires sont
biaisées :
1. _______________________________________________________________________
__________________________________________________________________________

2. ________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________

3. ________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________

Le chiffre noir de la délinquance désigne la différence entre le


nombre de faits de délinquance commis et le nombre de faits
de délinquance observés par la police et la justice.

B. Les autres outils de mesure de la délinquance

Document 11 : Les enquêtes de victimisation


Dans les années 70 les américains s’interrogent sur la nécessité de concevoir un nouveau dispositif de
mesure de la délinquance car de nombreuses victimes ne déposent pas plainte. Ils en concluent que les
victimes ne déposant pas plainte n’en sont pas moins des victimes qui doivent être prises en compte dans
tout bilan de la délinquance. C’est ainsi qu’ils vont mettre au point trois procédés statistique qui permettent
de les dénombrer à travers la réalisation d’une enquête en population générale comportant des questions
sur les atteintes subies au cours du passé récent. Les enquêtes en population générale sont d’une nature
différente des statistiques administratives. En effet, elles n’interrogent pas l’activité des administrations mais
directement le vécu et / ou le ressenti de la population, à partir d’échantillons représentatifs et de
questionnaires élaborés par les chercheurs.
Trois types d’enquêtes apportent ainsi des contributions majeures à la connaissance de la délinquance :
- Les enquêtes de victimisation interrogent lors d'entretiens en face à face anonymement des échantillons
représentatifs de personnes sur ce qu’elles ont pu éventuellement subir sur une période de temps
déterminée, qu’elles l’aient ou non signalé aux services de police et de gendarmerie. Elles permettent donc
de mesurer assez finement la fréquence et l’évolution réelle des comportements indépendamment de
l’action des administrations et de l’évolution du droit. L’on peut ainsi évaluer le fameux « chiffre noir » qui a
hanté pendant des décennies les commentateurs des statistiques administratives. L’on s’aperçoit aussi que
le taux de plainte varie considérablement selon le genre d’infractions […]. […]
- Les enquêtes de délinquance auto-déclarée (ou auto-révélée) interrogent anonymement des échantillons
sur leurs éventuels comportements déviants et délinquants, qu’ils aient ou non fait l’objet de dénonciation.
- Les enquêtes sur le sentiment d’insécurité peuvent, selon les questions posées, interroger la peur
personnelle (« avez-vous peur lorsque vous rentrez chez vous ? ») ou bien l’opinion générale des personnes
(« pensez-vous que l’insécurité est un problème prioritaire ? ». […] La plupart des personnes qui déclarent […]
que « l’insécurité » est une priorité politique disent par ailleurs ne pas avoir de problèmes de ce type dans
leur vie personnelle. Comme toutes les opinions politiques, cette préoccupation sécuritaire varie selon les
contextes. […]
L. Muchielli, Alterindicateurs, Les techniques et les enjeux de la mesure de la délinquance, savoir/agir
1. Qu’est ce qu’une enquête de victimisation
et quel est son intérêt ? Donnez des
exemples pour montrer leur intérêt.

2. Quel est l’intérêt des enquêtes de


délinquance auto-déclarée ? Quelles sont
les limites ?

3. Combien y a-t-il de plaintes déposées en


2015-2016 selon la police ? Combien de
personnes déclarent s’être fait voler leur
deux-roues en 2015-2016 ?

4. Calculez la part des plaintes enregistrées par la police dans l’ensemble des vols déclarés par les
victimes en 2015-2016 puis faites une phrase exprimant la signification du résultat obtenu.

Bilan : Remplissez le texte à trous

La délinquance est une forme de ……………….… . C'est une transgression des normes ……………….…
sanctionnés par la police et/ou la justice.

La mesure de la délinquance à partir des ……………….… de la police ou de la justice est


nécessairement imparfaite. En effet, la constante modification du code pénal entraîne
une redéfinition du champ de la délinquance : l’avortement, les pratiques homosexuelles,
la prostitution ont longtemps été pénalisés et ne le sont plus aujourd’hui en France.
D’autres parts, certains actes de délinquance ne parviennent pas à la connaissance des
forces de police dès lors qu’elles n’en sont pas témoins ou qu’aucune victime ne se
déclare. Enfin, lorsque les victimes s’adressent aux forces de la police, leur démarche
peut ne pas donner lieu à un constat d’infraction et donc à un dépôt de plainte.

Les statistiques pénales sous-estiment donc la délinquance commise. C'est ce qu'on


appelle le ……….. ………. …. … ……………….…. .

A la suite des critiques des statistiques judiciaires, les sociologues ont construit un nouvel
outil de mesure, aujourd'hui utilisé par l'État : l'enquête de ……………….… . Celle-ci mesure le
niveau de la délinquance subit à partir du témoignage de victime.
Ainsi, les enquêtes sociologiques de « victimation » demandent aux personnes si elles
ont été victimes de différentes formes de ......................., et sont exploités en prenant en
compte les écarts possible entre ce qui est .................... et ce qui est réellement vécu : c’est le
croisement de ces enquêtes et des données officielles qui permet d'analyser
rigoureusement les évolutions de la délinquance.

Les enquêtes de victimation ne sont pas pour autant parfaites pour mesurer la
délinquance, puisque dans certains cas : la victime ne peut pas témoigner comme en cas
d’homicide ; la famille ne souhaite pas témoigner ou bien il n'y a pas de victimes directes
comme dans les fraudes fiscales.

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