Études phéniciennes et puniques en mémoire
Études phéniciennes et puniques en mémoire
MINISTERE DE LA CULTURE
AFRICA
Serie
REPPAL
XI
I N S T I T U T N A T I O N A L DU P A T R I M O I N E
1999
A F R I C A
Serie
REPPAL
Revue des Etudes Phéniciennes-Puniques
et des Antiquités Libyques
Fondateur de la Revue
M'hamed Hassine FANTAR
Directeur-Responsable de la publication
Boubaker BEN FRAJ
Zohra Cherif
“Le thème de la personne, assise par terre ou accroupie dans l’iconographie
Carthaginois” :……………………………………………………………. 9
Naïdé Ferchiou
Henchir Romana : l’histoire d’un petit site en bordure de la fossa regia, de
L’époque punique à celle de byiance :…………………………………….. 63
Ahmed Ferjaoui
Les femmes à carthage à travers les documents épigraphiques :………………….. 77
Perception de la mer par les Phéniciens et les Puniques à travers leur expansion
en Méditerranée :………………………………………………………….87
Mansour Ghaki
La Céramique modelée du “nouveau mégalithe” de Makthar :…………………....95
Olivier Hottot
La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des
Antiquités de Rouen :……………………………………………………..125
Lilia Khelifi Rahmouni
Quelques échantillons des objets en os et en ivoire conservés au Musée
National du Bardo :.............................................................................................................135
Antonella Mezzolani
Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique :…………………………...157
Taoufik Redissi
La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyp
tisant:…………………………………………………………………..169
Mohamed Tahar
La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage :
Essai de classification : ............................................................................... 195
RECENSIONS
Zohra Cherif :
Mhamed Hassine Fantar, Les phéniciens en méditerranée, collection encyclopé
die de la Méditerranée. Alif, Tunisie (Les éditions de la Méditerranée),
Edisud, France, Toubkal, Maroc, 1998) :……………………………………..231
En souvenir perpétuel
REPPAL XI est dédié à la mémoire des
professeurs Sabatino Moscati, Gilbert-
Charles Picard et Giovanni Tore qui ont
largement et savamment contribué à
asseoir et à enrichir les études phénico-
puniques.
Ils nous ont quittés, hélas, trop tôt,
laissant un vide que personne ne saurait
combler.
Par leurs multiples travaux, ... leurs
études . . . e t leurs attitudes, ... ils resteront
une source intarissable, où les chercheurs
d’aujourd’hui et les générations futures
viendront s’y abreuver, ... nous y trouve-
rons la méthode..., le savoir et l’amour du
savoir...
Ils resteront ainsi un phare dont la
lumière continue de rayonner vivace pour
guider et illuminer à jamais de là où ils se
trouvent qu’ils veuillent accepter notre hom-
c c
mage et l’expression de notre fidélité d lm...
1
Sabatino Moscati
1922-1997
Il ne serait pas loisible de dresser une liste exhaustive des chantiers et des missions
par lui organisés en vue de retrouver les traces des Phéniciens et de Carthage, l’objectif
ayant été toujours de recueillir tout ce qui peut receler une information, un témoignage :
des tonnes de remblais ont été remués et soumis au crible fin. Loin d’être décevants, les
résultats obtenus concernent des secteurs nombreux et divers : des forteresses reconnues,
fouillées et bien décrites, des nécropoles dûment explorées, des sanctuaires, notamment
des tophets, pour adopter le terme biblique en usage, des stèles, des figurines de terre
cuite, des bijoux, des amulettes, des scarabées, des ivoires, des sculptures, etc.
3
dans l’île de Malte, a permis de ramasser des tessons épigraphes en rapport avec le culte
d’Ashtart qui devait se situer entre une déesse endogène et anonyme qui l’eût précédée
et Junon qui lui succéda après 238 avant J.-C. A tout cela s’ajoutent des approches et
des idées nouvelles. C’est dire combien les travaux accomplis sous le regard vigilant et
bienveillant du maître ont été fructueux. Sa récolte continuera, après lui, hélas, de faire
l’objet de savantes publications : rapports de fouilles, monographies, catalogues, itiné-
raires, etc... Dans cette magnifique bibliothèque, on relève la présence des Actes qui ont
été le fruit de congrès internationaux consacrés aux études phéniciennes et puniques. Dû
à l’initiative du Prof. Sabatino Moscati, le premier congrès se tint à Rome ; il s’agit
d’une première mondiale pour parler la langue propre aux média ; trois autres congrès
ont tenu successivement leurs assises à Rome, Tunis et Cadix sous la présidence scienti-
fique de celui qui pouvait se prévaloir du titre de fondateur.
Il est difficile d’embrasser toute l’action que le professeur Sabatino dut mener ; je
m’en tiens à quelques réalisations qui méritent notre reconnaissance : la création de
chaires phénico-puniques au sein de plusieurs universités italiennes comme Rome,
Bologne, Urbino, etc..., la fondation de l’Istituto Per la Civiltà Fenicia e Punica au sein
du CNR d’Italie. Cette nouvelle structure a été dotée d’une revue scientifique désormais
connue et présente partout dans le monde ; la Rivista di Studi Fenici dont le n°23 vient
de paraître. Avant sa mort, le Professeur Sabatino Moscati ne cessait d’œuvrer pour ren-
forcer et mieux outiller ces structures dont il fut l’infatigable artisan. Des pays où les
Phéniciens et les Carthaginois ont laissé des empreintes suivent cet exemple ou à s’en
inspirer. Il s’agit d’une œuvre féconde ; elle a suscité des vocations dans plusieurs pays
méditerranéens. A cet égard, le Prof. Sabatino Moscati est vu comme le fondateur des
études phéniciennes. Il leur a donné une autonomie. Grâce à lui les Phéniciens et les
Carthaginois sont mieux connus et mieux appréciés. Pour ses collègues, pour ses élèves
très nombreux de par le monde et pour tous ceux qui l’ont connu à travers ses multiples
publications et autres interventions, Sabatino Moscati restera le fondateur des études
phéniciennes et puniques. L’immortalité lui a réservé ainsi une place parmi les immortels.
4
Gilbert-Charles Picard
1913 -1998
Données biographiques
Le chercheur
Cette œuvre multiple se distingue par une érudition foisonnante et une clarté
remarquable. Elle relève de l’euristique et du culturel; le regretté œuvrait à l’enrichisse-
ment et à la diffusion du savoir. La Tunisie et le Maghreb sont au cœur de cette œuvre de G.
Ch. Picard. Voici quelques exemples.
5
6 :Hannibal, 1964
7 : Vie et mort de Carthage, 1970
Le formateur
Pour la Tunisie, G. Ch. Picard n’était pas seulement le savant spécialiste qui s’inté-
ressait à l’histoire et à l’archéologie d’un pays où il occupa le poste de Directeur des
Antiquités, il avait également contribué à la formation de ses élites dans ce domaine.
C’est au savant et à l’universitaire que la Tunisie doit des cadres fondateurs et pionniers
de l’Institut National d’Archéologie et d’Arts. Nous n’oublierons pas le maître G. Ch.
Picard.
6
Giovanni Tore
1945 - 1997
7
Giovanni Tore était aussi un pédagogue passionné, il était presque surprenant de le
rencontrer seul, il était, à tout moment, accompagné de “ses étudiants”.
L’individu était un humaniste, passionné de lecture, militant de la vie qu’il voulait
honnête, faite d’abnégations, de dévouement et d’honnêteté, dépourvue de manigances,
de filouterie et autres courbettes.
Le nom de Giovanni Tore restera attaché à l’action qu’il mena pour tisser des liens
d’amitié et de travail entre l’Institut National du Patrimoine, et à travers lui, la Tunisie,
et l’Université de Cagliari donc la Sardaigne. Les nombreux amis qu’il a dans notre
pays demeureront, sans aucun doute, fidèles à son souvenir.
8
LE THÈME DE LA PERSONNE ASSISE
PAR TERRE OU ACCROUPIE
DANS L´ICONOGRAPHIE CARTHAGINOISE
Zohra Cherif
Le répertoire iconographique punique est connu par sa richesse. Parmi les thèmes
variés et divers reproduits sur différents supports, nous relevons celui de la personne assi-
se par terre. Ce thème a été exploité par des artisans et des artistes qui utilisent plusieurs
matériaux : la pierre ordinaire, la pierre semi précieuse, l’os, l’ivoire ; par conséquent ce
sujet figure en terre cuite, sur les stèles, sur les scarabées, en amulette, en bronze, sur
les bijoux, etc.
I- Représentation du thème
A) La terre cuite
Des terres cuites, représentant des personnes d’âges différents assises par terre dans
des positions variées, ont été trouvées à la fois à Carthage et
à Kerkouane.
1) Inv. CMA 350, Musée National du Bardo.
Provenance : Carthage, Nécropole punique, secteur de
l’Odéon, IVe- IIIe siècle av.J. C.
H = 11,9cm
Terre peu fine, ocre jaune. Traces d’enduit blanc crayeux et
de couleur rosé vive sur le corps. Le bord de la base est sou-
ligné par un filet rouge. Dos plat.
Sur une base quadrangulaire un jeune homme nu, chauve,
imberbe, est assis; le poids du corps est porté sur la main
gauche posée près de la jambe repliée à plat sur le sol;
l’autre jambe est à moitié redressée dont le genou sert 1
9
Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
d’appui à la main droite. La tête est légèrement penchée vers la droite, visage rond, rele-
vé avec un regard distrait. Traits épais.
A. Merlin, BAC 1917, p. 138, n°9b ; CMA, suppl. II, n°350, p. 173. Z. Chérif, Les terres
cuites puniques de Tunisie, Rome 1997, n° 325, p.95.
3) Musée de Nabeul 2
Provenance : Kerkouane, nécropole d’Arg el Ghazouani,
IVe- IIIe siècles av J.C.
H = 10,8 cm ; L x 1 = 11,4 cm x 4,7 cm.
Terre grossière, rougeâtre. Traces d’enduit blanc. Dos plat.
Personnage dont le poids du corps est porté sur la jambe
gauche repliée par terre ; le pied est caché sous la cuisse et
le genou droit servant d’appui à la main posée à côté.
G. de Santerre- L. Slim, Recherches sur les nécroples
puniques de Kerkouane. Dossier n°1, 1983, p.41, pl. XXXV,
fig.1et2 .Z. Chérif, Les terres cuites puniques, [Link]. n°327,
p.95.
3
4) Inv. CMA. 342. Musée National du Bardo
Provenance : Carthage, Nécropole punique, secteur d’Ard
el Khéraïb,début du IVe siècle av.J.C.
H = 9,9 cm ; H. base = 1,5 cm ;
L x 1 base = 7 x 3,7 cm
Terre grossière, ocre jaune, mal épurée, sans engobe.
Un enfant nu, chauve accroupi sur une base quadrangulaire;
les jambes sont écartées. La tête penchée est appuyée sur la
main droite dont le coude repose sur le genou. L’autre main
est posée sur le genou gauche.
A. Merlin, BAC 1920, P. 11 ; CMA II, p. 171, n° 342. Z. 4
Chérif, Les terres cuites, op. cit. n°324, p.95.
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
B) La pierre
- Les stèles épigraphes
1) Inv. cb. 687 bis, CIS, I, n° 5780, Tab. CIII; Musée National du Bardo.
Provenance : Sanctuaire dit Tophet de Salommbô, IVe siècle av.J.C.
H = 64 cm ; 1 = 15 cm.
Stèle en calcaire blanchâtre.
Stèle au fronton triangulaire contenant l’image d’une
femme sculptée en méplat sur un fond évidé. Vue de face,
elle est assise par terre ayant une jambe repliée sous elle;
tandis que l’autre est tendue sur le côté. Les cheveux nus,
bouclés lui tombent sur les épaules. Elle est vêtue d’une
tunique longue et ample finement plissée serrée à la taille
par une ceinture. Pieds nus. D’une oenochoé tenue par la
main droite, elle verse une libation; la main gauche étant
appuyée sur un tertre. Le sommet du fronton est occupé
par le disque et le croissant dont les pointes sont dirigées
vers le bas . L’inscription a été gravée dans la partie infé-
rieure.
C. Picard, CMA, nouvelle série, Tunis 1955, cb. 687 bis,
p.196 ; Idem. Karthago XVII, 1976, p.126 ; CIS I,
n°5780, Tab. CII.
2) Stèle épigraphe, CIS, I, 2609. Musée National de
Carthage.
Provenance : Quartier de Dermech, Carthage, IVe - IIIe
Siècle av. J. C.
stèle
H = 29 cm ; l = 12 cm ; ép. = 11 cm.
Stèle en calcaire blanchâtre.
Stèle à fronton triangulaire brisé. Au-dessous d’un décor gravé, en partie disparu par la
cassure, on remarque le couple astral : le disque et le croissant aux cornes tournées vers
le bas. Une rangée de perles et de pirouettes surmonte un enfant assis par terre flanqué
de deux demi colonnes aux chapiteaux ioniques. Il est vêtu d’une tunique courte à
manches qui s’arrêtent aux avant-bras. La jambe droite repliée à plat par terre sert d’ap-
pui à la main; quant à l’autre, elle repose sur le genou redressé de la jambe gauche.
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
Stèle fragmentaire. Une fleur de lotus orne la partie supérieure; elle surmonte une bande
de perles et de pirouettes suivie d’une colonne à chapiteau ionique; à côté l’image d’un
enfant a été gravée; sa jambe droite repliée à même le sol servant de support à la main ;
quant à l’autre elle s’appuie sur le genou de la jambe gauche redressée. Le décor qui orne
la stèle au-dessous de l’inscription est difficile à identifier; il est endommagé par la cas-
sure qui a emporté la partie inférieure.
C. Picard, Karthago XVIII, p. 81, II, a.
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
D) La terre vernissée
a)- Figurine en terre vernissée. Musée National de Carthage.
Provenance : Carthage, Nécropole punique de Douimès, VIIe - VIe siècles av. J. C.
H = 3,3 cm
Terre blanchâtre.
Figurine d’une femme accroupie sur une plaquette. Elle est de type égyptisant. Elle porte
une longue et ample tunique ; un voile tombe de la tête en couvrant les épaules et ne lais-
se échapper qu’une frange sur le front. Elle est montée sur deux crocodiles ; les bras
repliés semblent tenir deux serpents. La jambe gauche est pliée ; quant à l’autre elle est
redressée.
Delattre. Musée Lavigerie, 3ème série, p. 241, pl. XXXXIV, 20.
b) Un cynocéphale.
Musée National de Carthage.
Provenance : Carthage, Nécropole punique de Douimès, VIIe - VIe siècles av. J. C.
H = 3,5 cm
Terre blanchâtre ayant perdu son émail.
Un cynocéphale à grandes et larges oreilles accroupi, jambes redressées ; les mains repo-
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
E) L’ ivoire
Amulette, Musée National de Carthage.
Provenance : Carthage, Nécropole punique voisine de Sainte Monique, IVe - IIIe siècles
av. J. C.
H = 1,6 cm.
Une amulette en ivoire représente un enfant assis par terre; les jambes repliées aplat à
peine croisées. La main gauche est posée sur le genou ; la droite touche les pieds. C’est
un personnage obèse, nu ; la tête aux cheveux courts entoure un visage rond aux traits
réguliers.
Delattre, Nécropole des Rabs, prêtres et prêtresses de Carthage, COSMOS, 1906, 3ème
année des fouilles, p.16, fig.26, p.14 . Id. CRAI, 1900, p.506.
F) Les scarabées
Les tombes de Carthage du VIIe au IVe siècle av. J. C. ont fourni des scarabées et des
scaraboîdes en matériaux divers, pâte dure ou friable, en faïence, en pâte colorée et rare-
ment le jaspe et la cornaline; ils comportent des images de divinités égyptiennes et des
personnages assis par terre1 ou accroupis2. La position des jambes rappelle celle remar-
quée sur les terres cuites et les personnages figurés sur les stèles.
G) La cornaline
- Chaton de bague
Musée National de Carthage
Provenance : Carthage, Nécropole des Rabs, voisine de Sainte Monique, IVe - IIIe
siècles av. J. C.
Bague portant comme chaton un scarabée en cornaline enchassé dans un cercle d’or. On
y a gravé, entre deux lotus, un personnage accroupi ; la tête est surmontée d’une haute
coiffure égyptienne. Il tient d’une main un insigne, probablement un sceptre et faisant
de l’autre le geste de l’adoration.
(1)
J. Vercoutter, Les objets égyptiens et égyprisants du mobilier funéraire carthaginois, Tunis 1945, n°42,
n°49.
(2)
J. Vercoutter ; [Link]., n°51à 59, 60 ,n°64, 65, n° 323, 431, 432, 434, 435, 441, 486, 490,577, 667, 702
à 704 ; des amulettes, ibidem p.267, fig.8, p.271, fig. 13. A. L. Delattre, Nécropole des Rabs, prêtres et
prêtresses de Carthage, 2ème année des fouilles, COSMOS,1900, p. 18, Idem, 3ème année des fouilles,
COSMOS, 1901, p. 13, fig.22. J. Ferron, La statuette d’Harpocrate du British Museum, in RSF,1970, [Link],
fasc.1, p.82-83 et notes 20 à 26.
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Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
Delattre, Nécropole des Rabs, voisine de Sainte Monique, 2ème année des fouilles, p.18.
II- Diffusion du thème et son origine
A) Diffusion du thème
En Egypte ancienne, cette attitude peu familière où le corps se laisse aller nonchalam-
ment sans retenue, n’est pas réservée à une classe bien déterminée . Des gens de toutes
les catégories sociales confondues s’accroupissent sur le sol ; ils ont soit les deux jambes
écartées, soit relevées ou repliées par terre sur l’un des côtés, ou bien ils ont l’une des
jambes pliée et l’autre redressée. C’est la pose de la divinité, comme l’enfant Soleil ou
Horus émergeant d’une fleur de lotus ; il est accroupi et souvent nu. La même pose est
prise par des personnes de différentes catégories sociales: hommes du commun, princes-
se prenant son petit déjeuner ou le paysan représentant sa marchandise. C’est dans cette
position que s’assoient les hommes et les pleureuses dans un banquet funéraire. Assises
par terre, les jambes pliées vers l’un des côtés, n’est-ce pas l’attitude que prennent les
musiciennes dans l’ancienne Egypte3?
A Byblos4 le niveau Aménophis III, XIVe siècle av. J. C. a fourni l’image d’un enfant
accroupi ayant les jambes écartées sur une plaquette ajourée en ivoire. Plus tard,vers le
IXe - VIIIe siècles av. J. C., on rencontre ce thème de l’enfant assis par terre ou accrou-
pi sur quelques ivoires de Samarie5 et de Nimroud6. C’est également à la même date que
remonte une plaquette en ivoire provenant d’Arsalan Tash7 sur laquelle figure l’image
d’un personnage accroupi. Il s’agit d’une décoration d’un lit royal. L’influence égyp-
tienne est bien nette.
Vers la basse époque, IVe- IIIe siècles av. J. C., toute la région de la Phénicie et de
Syrie-Palestine, a fourni des exemplaires du même thème en terre cuite, en sculpture sur
marbre et en pierre.
A Tell Dorr, en Palestine, les fouilles récentes ont mis au jour des spécimens qui
montrent des personnages assis par terre8. On remarque que les traits de l’un d’eux n’ont
(3)
G. Posener et alii, Dictionnaire de la civilisation égyptienne, Paris, 1970, fig.56, 67, 87, p. 118, 177, 183
et p.47. Les sièges les plus confortables sont ceux sur lesquels on peut s’accroupir, voir M. Cécile Bruwer,
Egypte pharaonique. Du caractère individuel du siège mobile en Egypte pharaonique. Chronique
d’Egypte [Link], 1991, fasc.131-132, Bruxelles, p.100. J. Vandier, Manuel d’archéologie égyptienne,
[Link], Bas reliefs et peintures, Scènes de la vie quotidienne, Paris 1964, fig. 85, p. 209 (scribes), fig. 87,
p.217 ( repas funéraires) fig.91 , p. 224, fig. 110, 111 ( banquet). Pourtant, fin IVe début IIIe millénaire en
Mésopotamie, particulièrement à Suse on a découvert des statuettes de personnages «accroupis sur leur
séant», A. Parrot, Sumer, Paris 1960, p. 84-85, fig. 103-B, C.
(4)
C. Decamps de Mertzenfeld, Inventaire commenté des ivoires phéniciens, Paris 1954, p.77, pLXXII. 255.
(5)
J. Ferron, op. cit. 1974, p.82 et notes 16-17.J. W. et G. M. Crowfoot, Early ivoiries from Samarie,
Palestine Exploration fund, London1938, pl.I, fig. 1-3. C. Decamps de Mertzenfeld, op. [Link]. VIII ,
frg. 35-37, 39 - 40 a, 56, 87, 88, p.63-64, p.67.
(6)
R.D. Barnett, The Nimroud ivoiries and the art of the Phoenicians Iraq, 2, 1935,pl.183, fig.1 . C.
Decamps de Mertzenfeld,op. cit. p.148, pl. CX , 992 ; I Fenici, 1988, p.413, VIIIe siècle av. J. C.
(7)
C. Decamps de Mertzenfeld, [Link]. [Link] , fig. 817- 819, 822, [Link] , 823-824, 826, 829, pl.
LXXXV , fig. 820 - 821; 825- 827, 828. S. Moscati et alii, Les Phéniciens, l’expansion phénicienne,
Carthage, Paris 1975 , p. 96, fig. 100. I Fenici, [Link]. p.524, ivoire du IXe siècle av. J. C., Musée du Louvre.
(8)
E. Stren, Phoenician finds from Tell Dor, Israêl, Rivista studi Fenici,1991, vol. XIX , 1, p.103 et suiv.
fig. 1-2, Tav. XV et note.
17
Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
rien d’enfantins ; il s’agit, plutôt, de l’image d’un pygmée, ou peut-être un dieu patèque,
puisqu’il est d’âge adulte, obèse, chauve et nu ; seul un manteau est jeté sur l’épaule
gauche.
Du temple d’Eshmoun, dans les environs de Sidon, les fouilleurs ont tiré des sta-
tuettes en marbre représentant des enfants nus assis par terre9 dont l’une d’elles comporte,
sur le socle, une inscription phénicienne10.
Le Sanctuaire de Kharayeb, toujours dans la région de Sidon, a fourni une série de terres
cuites figurant des personnages assis par terre11.
Ces séries, de production locale, sont la preuve tangible de l’existence de ce thème
dans le répertoire phénicien ; c’est l’attitude que définit M. Chéhab de «purement orien-
tale». Il écrit à ce propos : «l’enfant assis à l’orientale se présente à Kharayeb sous deux
aspects ; il a tantôt une jambe dressée, tantôt les deux jambes pliées sur le côté, or les
deux attitudes sont fréquentes en Egypte»12.
B) Origine du thème
Il est d’ailleurs connu que les Phéniciens, tout comme les Grecs, ont puisé plusieurs
de leurs sujets du riche répertoire égyptien représentant tous les thèmes et les attitudes
possibles.
Sur les plaques en ivoire de Samarie et de Nimroud, ce thème de la personne assise
par terre ou accroupie est bien répandu. On remarque, en outre, que l’influence égyp-
tienne est aussi notable; elle ne fait l’ombre d’aucun doute. Ces éléments nous permet-
tent donc d’attribuer, à ce thème, une origine égyptienne. C’est certainement de cette
contrée que ce sujet s'est propagé en Syrie-Palestine. En Phénicie, il a pris forme comme
tant d’autres thèmes, avant de se diriger vers les colonies, notamment vers Carthage. Pour
la Grèce, l’Ionie a pu servir d’intermédiaire entre l’Orient et le monde grec. N’oublions
pas, non plus, que depuis longtemps une colonie grecque s’est installée à Memphis et à
Naucratis en Egypte ; elle a pu jouer un tel rôle. Par conséquent, le motif du personnage
assis par terre ne peut être, en aucun cas, d’origine grecque comme il a été avancé dans
l’un des travaux récents13.
Assurement, ce sujet a été importé d’Egypte sous une forme lourde, laide et ramas-
sée mais significative. Le courant novateur qui a touché le monde méditerranéen dès le
Ve siècle a incité les coroplastes, entre autres, à renouveler leurs styles. Ainsi le thème
du personnage assis ou accroupi a été élaboré et modifié pour qu’il apparaisse sous un
aspect réel et expressif. Il y a certainement une volonté nette de séparer le monde des
dieux, dans leur attitude noble et majestueuse, de celui du profane et du commun: il en
(9)
Ch. Virolleaud, Rapport de Mr R. Dussaud sur divers monuments de Sidon et de Mahalib, CRAI, 1923,
p. 287-288. Id. Syria, V, 1924, pl. XVIII.
(10)
S. Moscati et alii, Les Phéniciens, op. cit.p.122, fig. 132,I Fenici, op. cit. p.285.
(11)
M. H. Chehab, Les terres cuites de Kharayeb, Bull, du Musée de Beyrouth, 1951-52, Kh.488 -495,
pl. LII, 1 ; Kh. 496 - 504. [Link], 4, p. 32. Parfois ces enfants sont accompagnés d’animaux ou de fruits
, pl. L, 2, p.47.
(12)
M. Chehab, op. cit., Bull. M. de Beyrouth, p. 109.
(13)
H. Ben Younès, REPPAL, VI, p. 11 et suiv.
18
Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
(14)
R. Cagnat, Archives des Missions, 3ème série, T. XI, p.29, type, IV .
(15)
Pour l’emplacement de ces terres cuites dans les tombes on remarque que le n°1 du présent travail avec
la statuette d’Europe sur le taureau ont été déposés sur les cuisses du mort; ils constituent le seul mobilier
funéraire du caveau "ni poterie ni menus objets". Le n°3 repose avec les os au fond de la fosse (os assez gros)
, Gallet de Santerre- L. Slim, [Link]. p. 41. Le n° 4 a été trouvé sur la poitrine du mort. Le n° 6 accompagne
une morte avec aucune précision sur l’endroit; le n° 5 se trouve , lors de sa découverte, dans le puits avec
un vase biberon ; il s’agit d’une fileuse. Enfin le n°7, la 2ème fileuse a été exhumée dans une auge parmi
les ossements calcinés accompagnés de sept autres types différents, BAC, 1903, p. 267 - 268.
19
Reppal XI, Le thème de la personne assise par terre ou accroupie dans l’iconographie carthaginoise Zohra Cherif
(16)
D. M. Robinson, The terracottes of Olynthes, London, 1933, p. 78 -79, n°309 à 314, pl.38, n°384
(Satyres) Id. pl. 39, n°315 à 326, pl. 80 à 84 ( Silènes). Blinkenberg, Lindos, Fouilles de l’Acropole, 1902-
1914. Les petits objets, Copenhague, Berlin 1931, pl.111 à 135. D’après Blinkenberg certains objets sont
importés de l’Ionie, p.542. Or cette contrée est en rapport étroit avec l’Orient depuis toujours.
(17)
Pour ce type de statuettes à Chypre, voir M. Yon, Le culte phénicien à Chypre, Dictionnaire de la civi-
lisation phénicienne et punique, BREPOLS, Studia Phoenicia, IV , 1986 , p. 136 - 137 et fig.. C. Beer - A.
Caubet,Dictionnaire de la civilisation, op,cit 1992, s. v. Temple boy. La même position est prise par Bès,
M. Yon, St. Phoenicia, [Link]., p. 136, fig.7b, ainsi que Ptah-Patèque.
(18)
Cf. note 12.
(19)
[Link] y voit des ex-voto au dieu guérisseur Eshmoun, Travaux archéologiques en Syrie, Syria
V, p.49. C. Beer- A. Caubet exposent plusieurs interprétations, cf. Dictionnaire de la civilisation phéni-
cienne et punique op. cit. p.443- 444. C. Rolley, Bull. de Correspondance hellénique, suppl. IX, 1984,
p.264 - 265 , fig.5 a, b, c, Bull. de Correspondance hellénique, 1991, II, p.1012; Bull. de Correspondance
hellénique. 1988, p. 809, fig. 43.
20
LUCERNE ATTICHE DA THARROS
(CABRAS-ORISTANO)
note preliminari
Carla Del Vais
Gli interventi di scavo condotti negli ultimi anni a Tharros1 proseguono l’indagine
avviata alla fine degli anni Ottanta in un’area che, posta alle pendici occidentali della
collina di Murru Mannu, tra la sommità della stessa e la terza linea delle fortificazioni
settentrionali, appare interessata in piena età punica da un’intensa attività artigianale a
prevalente carattere metallurgico2.
Gli strati di lavorazione, solo parzialmente intaccati in occasione della messa in
opera di un’imponente struttura costruita con blocchi di reimpiego e soprattutto dai suc-
cessivi interventi di spoliazione ai danni di quest’ultima e del muro della fortificazione,
hanno restituito, come già segnalato nell’edizione preliminare dello scavo3, un’abbon-
dante documentazione di ceramica attica4 di cui una parte non trascurabile è costituita
da frammenti di lucerne, oggetto délia presente nota.
Limitando per il momento l’analisi ai materiali delle ultime tre campagne (1996-1998),
si sono isolati 233 frammenti di lucerne che rappresentano circa il 19,5% della ceramica attica
(1)
Ringrazio il Prof. Mansour Ghaki per l’invito a redigere la presente nota, il Prof. Enrico Acquaro e
l’Arch. Maria Teresa Francisi per avermi affidato lo studio dei materiali e per la disponibilità dimostrata
costantemente nei miei confronti. I disegni e le foto alle figg. 1-4 sono di chi scrive.
(2)
Cfr. E. Acquaro et alii, Tharros XV - XXIV, RStFen.
(3)
Cfr. M. Madau, Tharros-XVII. Lo scavo dei quadrati F-G 17 ed F-G 18, in RStFen, XIX, 2 (1991),
p.171; C. Del Vais, Tharros XXI-XXII. Lo scavo dei quadrati I-L 17-18, in RStFen, XXIII, suppl. (1995),
p. 11 ; B. Cerasetti - C. Del Vais - A. Fariselli, Tharros XXIII. Lo scavo dei quadrati F-G 17, F 18-20, G-H
18, in RStFen, XXIV, suppl. (1996), p. 20.
(4)
Solo dal riempimento delle trincee di spoliazione, oltre all’abbondante materiale attico, evidentemente
residuale, provengono materiali a vernice nera di età successiva: cfr. da ultimo C. Del Vais, Tharros XXIV.
La ceramica a vernice nera non attica, XXV, suppl.(1997), pp 97-120.
21
Reppal XI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Carla Del Vais
5
recuperata . Tali frammenti provengono in parte dagli strati artigianali di età punica,
inparte dalla trincea di fondazione della struttura muraria di reimpiego e dal riempimen-
to delle trincee di spoliazione6 : si è ritenuto opportuno estendere l’indagine anche
questi ultimi, evidentemente residuali, in considerazione della loro probabile pertinenza
agli strati punici distrutti in occasione degli interventi summenzionati7. Vi è da osserva-
re comunque che anche al momento della formazione degli strati metallurgici le lucer-
ne, tranne qualche eccezione, si trovavano in uno stato molto frammentario e già se ne
era verificata la dispersione dei pezzi8.
Tra le forme più antiche documentate dai nuovi scavi, la Howland 16 B9 conta
due attestazioni, entrambe provenienti da strati di riempimento delle trincee di spolia-
zione (nn. 1-2). I due reperti, databili tra gli inizi del V secolo ed il 480 a.C. circa, tro-
vano confronte in un esemplare dalla necropoli meridionale della città10. Due pezzi (tra
cui il n. 3) pertinenti la variante del tipo 16, che è presente anche nella necropoli11, si
data invece tra la fine del VI secolo ed il 480 a.C. circa. Un ultimo reperto, ricomposto
da due frammenti combacianti (THT 96/44B/1/4 e THT 97/24/9/29), per la perdita di
buona parte del bordo, può essere solo genericamente riferito al tipo 16.
Più ampia documentazione ha la forma Howland 20, generalmente datata alla
prima metà del V secolo a.C. e già attestata in precedenza a Murru Mannu e nella
(5)
Si tratta di una documentazione complessiva di 1208 pezzi ; dei 233 frammenti di lucerna, 111 sono
stati recuperati nel corso della campagna del 1996, 84 nel 1997 e i restanti 38 nel 1998.
(6)
Dei 111 frammenti relativi alla carnpagna del 1996, 65 provengono dagli strati artigianali, 9 dalla trin-
cea di fondazione del muro di reimpiego ed i restanti dal riempimento della trincea di spoliazione; gli 84
reperti del 1997 provengono tutti dal riempimento delle trincee di spoliazione; dei 38 dell'ultima campa-
gna solo 16 si riferiscono agli strati punici, gli altri agli strati formatisi con le attività di spoglio.
(7)
Può essere indicative a tale proposito il caso di una lucerna del tipo Howland 16 B di cui si sono rinve-
nuti due frammenti combacianti, l’uno (THT 96/44B/1/4) in uno strato di lavorazione punico, l’altro
(THT 97/24/9/29) in uno strato formatosi in seguito agli interventi di spoliazione del muro della terza
linea fortificata.
(8)
Per tale ragione si è rinunciato ad effettuare un calcolo, seppur approssimativo, del numero complessivo
delle lucerne e ci si è limitati ad un semplice conteggio dei frammenti non combacianti, essendovi la possibi-
lità che più pezzi appartengano al medesimo esemplare. Il fatto che la dispersione dei materiali sia avvenuta
prima o al momento della formazione degli strati artigianali è suggerito dal ritrovamento in US differenti,
anche non contigue, di frammenti combacianti di ceramica attica: ad es. parte di una lucerna del tipo Howland
20 (THT 98/11/13/6 e THT 98/12/9/1), parte del fondo concavo e non distinto di una lucerna di tipo non
determinabile (THT 96/36A/14//5 e THT 96/41B/7/2), parte del fondo rialzato e con tubo centrale, esterna-
mente non verniciato, di una lucerna di tipo non determinabile (THT 96/23/4/7 e THT 96/25/1/3), parte di una
lekythos (THT 98/35/23/2 e THT 98/50/26/6) e di una coppa su piede (THT 98/29/11/2 e THT 98/65/16/1).
(9)
Per la classificazione e la cronologia dei materiali si rimanda a R.H. Howland, The Athenian Agora,
IV. Greek Lamps and their Survivals, Princeton 1958, passim.
(10)
Cfr. D.M. Bailey, A Catalogue of the Lamps in the British Museum, I. Greek, hellenistic, and early
roman pottery Lamps, London 1975, p. 32, Q 16.
(11)
Cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros. A Catalogue of Material in the British Museum from
Phoenician and other Tombs at Tharros, Sardinia, London 1987, p. 157, n. 8/9, Pl. 88. Per altre attesta-
zioni in Sardegna cfr. C. Tronchetti, La ceramica attica a vernice nera, in Lo scavo di via Brenta a
Cagliari. I livelli fenicio-punici e romani, in QuadACagl, 9, suppl. (1992), p. 76, n. 68/235, tav. XXXI.
22
Reppal XI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Carla Del Vais
12
necropoli méridionale . Dei sedici nuovi esemplari, nessuno dei quali apparentemente
provvisto di ansa, quattro soltanto conservano il becco, sempre verniciato; in cinque casi
la base appare distinta dalla parete (ad es. nn. 4-5), mentre in altri due il fondo è indis-
tinto e leggermente concavo (ad es. n. 6). Tutte le lucerne presentano sul bordo e sulla
spalla delle bande a vernice nera o più raramente rossastra o marroncina, separate, con
una sola eccezione (n. 6), da una linea risparmiata. Sei reperti (ad es. n. 5) si distinguo-
no per una sottile linea incisa sulla vernice del bordo.
Un solo esemplare (n. 7), di cui residua la parte posteriore del serbatoio con metà
dell’ansa, potrebbe ricondursi al tipo Howland 21 A13, databile tra la fine del VI secolo
ed il 480 a.C. circa. Il reperto, caratterizzato da una fascia arrossata al bordo14, si ricom-
pone di due frammenti provenienti da strati differenti della trincea di spoliazione.
Altri sei pezzi, a parete curvilinea e bordo rientrante, con le superfici interne ed
esterne verniciate di nero, dovrebbero invece attribuirsi al tipo Howland 21 B15. In uno
solo di questi (n. 8) si conserva traccia della base, che appare distinta dalla parete e ris-
parmiata, mentre nell’esemplare n. 9 rimane l’attacco dell’ansa.
Incerta appare l’attribuzione di un numero più consistente di frammenti, diciotto
in totale, con parete curvilinea e bordo rientrante, decorato da due bande a vernice nera
separate da una fascia risparmiata. Lo stato frammentario dei reperti non consente infatti
di determinarne la pertinenza al tipo Howland 21 D, caratterizzato da fondo non distinto
e leggermente concavo, oppure al tipo 22 A, con fondo non distinto provvisto di tubo
centrale16. Fa eccezione il n. 10 che per la presenza dell’ansa, elemento solitamente non
documentato nella forma 22, può probabilmente ricondursi al tipo 21 D. Dei frammenti
in esame, che mostrano differenze anche notevoli nel profilo del bordo e della parete (ad
es. nn. 11-15), solo tre conservano parte del becco, sempre ricoperto da vernice nera,
mentre in due soli casi residua parzialmente il fondo non distinto dalla parete (nn. 11-12).
(12)
Cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros, cit., p. 142, n. 5/14, Pl. 81; M. Madau, Tharros-XIII.
Ceramica attica di V e IV secolo a.C. dal tofet di Tharros, in RStFen, XV, 1 (1987), p. 87, n. 7, fig. 1, g;
M. Madau, Importazioni attiche da Tharros, in StEgAntPun, 4 (1989), p. 73. Da notare che a Tharros è
attestata la variante del tipo 20 con tubo centrale (cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros, cit., p. 138,
n. 4/10, Pl. 79), cui potrebbe forse riferirsi qualcuno dei frammenti di Murru Mannu.
(13)
Dalla necropoli méridionale proviene una lucerna, attribuita ad una variante della forma 21, che si
differenzia dalla 21 A solo per il tipo di base, elemento questo che nell’esemplare di Murru Mannu non si
è conservato: cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros, cit., p. 135, n. 3/8, Pl. 77. Per un confronto dalla
medesima area: M. Madau, Tharros XV-XVI. Ceramica greca d’importazione e imitazione dalla campa-
gna 1988, in RStFen, XVII, 2 (1989), fig. 1, c.
(14)
Cfr. R.H. Howland, Athenian Agora, cit., p. 45, n. 157, Pll. 6, 34.
(15)
Non si può tuttavia escludere una pertinenza al tipo 21 C, non essendosi conservata in alcuno dei
frammenti tharrensi traccia del becco. Va comunque notato che sia dalla necropoli méridionale della città
che dallo stesso quartiere artigianale di Murru Mannu sembrerebbero finora documentati solo esemplari
del tipo 21 B: cfr. D.M. Bailey, Lamps from Tharros in the British Museum, in BSA, 57 (1962), p. 40, nn.
17-18, Pl. 6; M. Madau, Importazioni attiche, cit., p. 73. Per altre attestazioni in Sardegna, cfr. P.
Bartoloni, La necropoli di S. Sperate, in Monte Sirai-IV. Rapporto preliminare della Missione archeologi-
ca dell’Università di Roma e della Soprintendenza alle Antichità di Cagliari, Roma 1967, p. 139, n. XII,
27, Tav. LXV.
(16)
Sono da segnalare tra i nuovi reperti di Murru Mannu due frammenti di fondo non distinto dalla pare-
te e provvisto di tubo centrale che potrebbero appartenere ad altrettante lucerne del tipo 22 A (THT
96/36A/14/3 e THT 96/36A/14/4).
23
Reppal XI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Carla Del Vais
A questi possono accostarsi altri tre frammenti, uno dei quali provvisto di becco, che per
la presenza di una base distinta sembrano riferirsi ad una variante della forma 21 o della
22 (nn. 16-17)17.
Sono invece riconducibili al tipo Howland 22 B, già noto a Tharros dai rinveni-
menti nella necropoli meridionale18, ventitre reperti, databili tra il secondo quarto del V
secolo ed il 410 a.C. circa. Si tratta in buona parte di frammenti di bordo di dimensioni
abbastanza esigue, ma si contano anche sei esemplari che conservano il becco e parte
del fondo; in sei casi la decorazione si riduce ad una banda risparmiata più o meno larga
al bordo (n. 18), mentre più frequentemente a questa se ne affianca una seconda più sot-
tile (ad es. nn. 19-20).
Soltanto sei esemplari molto frammentari possono ascriversi al tipo Howland 22
C, forma già documentata a Tharros19 e tra le più comuni altrove in Sardegna20. Di tali
reperti, inquadrabili tra il secondo ed il terzo quarto del V secolo a.C., tre conservano in
parte o interamente il becco (ad es. n. 21), mentre per il resto si tratta di piccoli fram-
menti di bordo ; in cinque casi compare, in corrispondenza dell’orlo, la tipica decorazio-
ne a solchi concentrici, nell’altro questa è sostituita da una fascia risparmiata legger-
mente rialzata (THT 98/14/5/2).
Ad una variante del tipo 22 sembrerebbe riferirsi una lucerna recuperata frammenta-
ria in uno strato di lavorazione punico (n. 22). Essa si avvicina notevolmente per alle forme
22 B e C, differenziandosene sostanzialmente per la decorazione, costituita da due sottili
linee incise sulla spalla. Simile alla precedente, ma con una sola linea sulla spalla, un fram-
mento (THT 97/12/11/1), proveniente dal riempimento di una delle trincee di spoliazione,
si confronta con un pezzo recuperato alla fine degli anni Ottanta a Murru Mannu21.
Il tipo Howland 23 B, già noto a Tharros in ambito funerario22, è rappresentato da
cinque esemplari, databili all’ultimo quarto del V secolo a.C. (ad es. n. 23). Di questi,
tre conservano il becco, ben distinto dalla spalla e con la faccia superiore risparmiata,
(17)
Al British Museum di Londra è conservato un esemplare di provenienza tharrense con base distinta e
tubo centrale, pareti e fondo risparmiati, bordo con due bande a vernice nera, attribuita ad una variante
della forma 22 : D.M. Bailey, Lampsfrom Tharros, cit., p. 40, n. 19, Pl. 6.
(18)
Cfr. D.M. Bailey, Lampsfrom Tharros, cit., pp. 40-41, nn. 20-23, PI. 7; F. Molina Fajardo, Tharros-
X. La necrópolis sur de Tharros, in RStFen, XII, 1 (1984), fig. 6, e. Per altre attestazioni in Sardegna cfr.
A.M. Costa, Santu Teru - Monte Luna (campagne di scavo 1980-82), in RStFen, XI, 2 (1983), p. 229,
fig.3, g, tav. XLII, 3; C. Tronchetti, S. Antioco: area del Cronicario (campagne di scavo 1983-86), La
ceramica greca della cisterna US 500, in RStFen, XVIII, 1 (1990), p. 100, fig. 1, e; P. Bartoloni, La
necropoli di Bitia -1, Roma 1997, p. 206, n. 310, fig. 18, tav. XXII, 3.
(19)
Cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros, cit., p. 146, n. 6/8, Pl. 82; p. 151, n. 7/13, Pl. 86; p. 204,
n. 22/7, Pl. 116; M. Madau, Importazioni attiche, cit., p. 73; M. Madau, Tharros XV-XVI, cit., fig. 1, h.
(20)
Cfr ad es A. Taramelli, La necropoli punica di Predio Ibba a S. Avendrace, Cagliari (Scavi del
1909), in MonAnt, 21 (1912), fig. 29, 4; P. Bartoloni, La necropoli di S. Sperate, cit., p. 135, n. VI, 12, tav.
LXVI; C. Tronchetti, I materiali di epoca storica della Collezione Spano, in Contributi su Giovanni
Spano 1803-1878, Sassari 1979, p. 120, n. 3.
(21)
Cfr. M. Madau, Tharros XV-XVI, cit., fig. 1, g. Si veda inoltre C. Tronchetti, La ceramica attica a
vernice nera, in Lo scavo di via Brenta, cit., p. 77, n. 75/180, tav. XXXI.
(22)
Cfr .DM. Bailey, Lamps from Tharros, cit., p. 42, nn. 30-32, Pl. 7. Per altro confronte in Sardegna:
L.A. Marras, Lucerne della Collezione Pispisa, in QuadACagl, 7 (1990), pp. 163, 164, n. 2.
24
Reppal XI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Carla Del Vais
mentre in altri due rimane la parte posteriore del serbatoio che présenta la superficie
compresa tra gli attacchi dell'ansa, in un caso, risparmiata, nell'altro, ricoperta da una
vernice molto diluita di colore marrone chiaro. Ad essi possono aggiungersi altri cinque
frammenti di bordo e parete interamente verniciati che potrebbero ricondursi al tipo 23 B
quanto al 23 A, anche quest'ultimo ben documentato in ambito funerario 23.
Al tipo Howland 24 A, già noto a Tharros sia nella necropoli méridionale che a
Murru Mannu24, sono riferibili cinque nuovi esemplari, databili tra il terzo e l'ultimo
quarto del V secolo a.C. Si tratta di frammenti interamente verniciati, caratterizzati da
bordo percorso da una o più scanalature concentriche (ad es. nn. 24-26); nel n. 24, che
conserva circa meta del bordo, rimane traccia degli attacchi dell'ansa a nastro, mentre
soltanto il n. 26 présenta parte del becco.
Strettamente connesso al précédente, il tipo 24 A Prime, è rappresentato da un
solo esemplare frammentario, attribuibile aU'ultimo quarto del V sec. a.C. (n. 27)25.
Completano la documentazione délie ultime tre campagne altri 139 frammenti che
per il loro stato di conservazione non possono essere classificati con precisione. Puô
tut-tavia osservarsi che si tratta in massima parte di frammenti che potrebbero
verosimil-mente rientrare nei tipi finora citati e dunque datarsi, al pari délia quasi
totalité degli esemplari già considerati, al V secolo a.C.
La presenza di un lotto tanto consistente di lucerne, che corne visto rappresentano circa
il 19,5 % del totale délia ceramica attica recuperata, ripropone la questione dell'utilizzo
origi-nario di tutti i pezzi, evidentemente non in giacitura primaria. La natura stessa degli
strati di pertinenza, sia di quelli artigianali, costituiti in parte da terreno di riporto26, che di quelli
legati alla successiva spoliazione, non consente di trarre délie indicazioni risolutive sulla
provenien-za dei materiali, se da contesti abitatativi o funerari. Infatti se è verosimile
ipotizzare che almeno una parte délia ceramica a vernice nera si riferisca a situazioni
d'abitato, non puô escludersi la presenza di esemplari di pertinenza funeraria, corne del resto
suggerito da altre classi di materiali documentate nella medesima area27. Ne segue dunque
l'oggettiva difficoltà di mettere a confronte la situazione tharrense con quella di altri siti del
mondo punico28, e di verificare quindi se la relativa abbondanza di lucerne a Murru Mannu
debba imputarsi alla presenza in zona di una necropoli, oppure se si tratti di un utilizzo legato al
quotidiano.
(23)
Cfr. D.M. Bailey, Lamps from Tharros, cit., pp. 41-42, nn. 27-29, PI. 7. Per altri confronti in
Sardegna si veda: C. Tronchetti, S. Antioco: area del Cronicario, cit., p. 100, fig. 1, f-g; C. Tronchetti, La
ceramica attica a vernice nera, in Lo scavo di via Brenta, cit., pp. 16-11.
(24)
Cfr. R.D. Barnett - C. Mendleson, Tharros, cit., p. 204, n. 22/8, PI. 116; p. 231, n. 31/7; PI. 133; M.
Madau, Tharros-XHI, cit., p. 87, n. 8, fig. 1, h; M. Madau, Importazioni attiche, cit., p. 73. Per altro
confronte in Sardegna: C. Tronchetti, S. Antioco: area del Cronicario, cit., p. 100, fig. 1, h.
(25)
Cfr. M. Madau, Tharros XV-XVI, cit., fig. 1, i.
(26)
Cfr. B. Cerasetti - C. Del Vais - A. Fariselli, Tharros XXIII, cit., p. 28.
(27)
çfr £j a uitj mo g Acquaro, Tharros, Cartagine di Sardegna, in RendLinc, 1995, pp. 528-540; E.
Acquaro, Tharros XXI-XXII. Le campagne del 1994-1995, in RStFen, XXIII, suppl. (1995), p. 7; C. Del Vais,
Tharros XXI-XXII, cit., p. 13; E. Gaudina, Tharros XXIII. Note di ceramica punica, in RStFen, XXIV, suppl.
(1996), p. 53; P. Mattazzi, Tharros XXIII. Terre cotte puniche, in RStFen, XXIV, suppl. (1996), p. 39.
(28)
çfr a(j es j Deneauve, Lampes de Carthage, Paris 1969, p. 43; C. Tronchetti, I Greci e la Sardegna,
in DialA, III s., 3, 2 (1985), pp. 28-30; J.-P. Morel, La céramique attique à vernis noir en Ibérie et à
Carthage: une comparaison, in Iberos y Griegos: lecturas desde la diversidad. Simposio Internacional
(Ampurias, 3-5 abril 1991), in HuelvaA, XIII, 2 (1994), p. 335; M. Madau, Importazioni attiche, cit., p. 75.
25
Reppal XI, Lucerne affiche (la Tharms (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Catalogo
1) THT 96/7/10/1. Quadrato G 18. Rimane parte del bordo e della
US7(Figg. 1,1; 3, 1) parete; ricomposta da due frammenti
Impasto arancio (5YR 6/6 ca.), combacianti; lievi incrostazioni bianche.
duro, depurato, con piccoli inclusi blan- H. res. cm 2,2; Ø ric. cm 8,6; largh.
chi, bruni, rossicci, brillanti. Vernice bordo cm 2,1.
nera con riflessi verdastri e iridescenti e Tipo Howland 16 Variant.
con chiazze marroncine e verdastre, 4) THT 96/44A/1/2. Quadrato F
applicata sul bordo e sulla parete esterna 18. US 44 (Figg. 1,4; 3, 4; 4, 4)
solo all’attacco del becco; superficie Impasto arancio (5YR 6/6 ca.),
interna parzialmente ricoperta da vernice duro, depurato, con piccoli inclusi bian-
nera iridescente. chi, neri, brillanti, bruni. Bande a vernice
Rimane un frammento di bordo e nera sulla spalla e sul bordo, separate da
parete con l’attacco del becco; lievi una sottile fascia risparmiata; chiazza a
incrostazioni bianche. H. res. cm 2,1; vernice nera sulla parete all’attacco del
largh. bordo cm 2,2. becco; superficie interna ricoperta da
Tipo Howland 16 B. vernice nera iridescente. Ricomposta
2) THT 98/22/2/4. Quadrati G-H parzialmente da sette frammenti comba-
18-19. US 22 (Figg. 1,2; 3, 2) cianti; manca parte del bordo, della pare-
Impasto arancio (5YR 6/6), duro, te ed il becco; lievi incrostazioni
depurato, con piccoli inclusi bianchi, bianche. H. cm 2,3; Ø cm 7,9; largh.
bruni, rossicci, brillanti. Vernice in parte bordo cm 1.
nera, in parte marrone, applicata sul Tipo Howland 20.
bordo; superficie interna parzialmente 5) THT 97/1/4/9. Quadrati F-I 16.
ricoperta da vernice marrone.
US 1 (Figg. 1,5; 3, 5)
Rimane un frammento di bordo e Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
parete; lievi incrostazioni bianche. H. res. depurato, con piccoli inclusi bianchi,
cm 1,8. bruni, brillanti, neri. Bande a vernice
Tipo Howland 16 B. nera con lievi riflessi metallici sulla spal-
3) THT 97/18/13/11. Quadrato F la e sul bordo, separate da una sottile fas-
20, US 18 (Figg. 1, 3 ; 3, 3) cia risparmiata; sottile linea incisa sulla
Impasto mal cotto, in parte marro- vernice del bordo; superficie interna
ne-grigio (10YR 5/2 ça.), in parte aran- ricoperta da vernice nera.
cio (5YR 6/6), duro, depurato, con pic- Rimane un frammento di bordo,
coli inclusi brillanti, bianchi, neri, mar- parete e fondo; incrostazioni gialline. H.
roni. Sul bordo due bande a vernice nera cm 2,3; Ø ric. cm 8,6 ca.; largh. bordo
con chiazze marroni; fascia intermedia cm 1,1.
risparmiata; sulla parete interna vernice Tipo Howland 20.
da nera a marrone, opaca.
6) THT 97/24/9/28. Quadrati F 21-
22. US 24 (Figg. 1,6; 3, 6)
(29)
Per la definizione cromatica degli impasti si rimanda alle tavole Munsell (Munsell Soil Color Charts,
Revised Edition, New Windsor 1994).
26
ReppalXI, Lucerne uttiche da Tharros (Cabraa-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Impasto arancio (5YR 7/6 ca.), Impasto arancio (5YR 6/6 ca.),
duro, depurato, con piccoli inclusi blan- duro, depurato, con piccoli inclusi bian-
chi, neri, bruni, brillanti. Vernice nera chi, neri, bruni, brillanti. Vernice nera
abbastanza opaca sulla spalla, sul bordo con forti riflessi metallici, applicata sul
e all’interne. bordo e le pareti esterne e su buona parte
Rimane un frammento di bordo, della superficie interna; attacco della
parete e fondo; lievi incrostazioni base risparmiato.
bianche. H. res. cm 2,3; Ø ric. cm 8,2 Rimane un frammento di bordo e
ca.; largh. bordo cm 0,8. parete con l’attacco della base. H. res.
Tipo Howland 20. cm 2,1; Ø ric. cm 8 ça.
7) THT 96/29/7/6 + THT Tipo Howland 21 B (o 21 C).
98/22/2/5. Quadrati F 18-19 e G-H 18- 10) THT 98/11/13/5. Quadrati F
19. US 29 e US 22 (Figg. 1, 7; 3, 7) 18-20. US 11 (Figg. 1, 10; 3, 10)
Impasto arancio (5YR 6/6), duro, Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
depurato, con piccoli inclusi bianchi, depurato, con piccoli inclusi bianchi,
neri, brillanti. Banda a vernice nera con neri, bruni. Due bande a vernice nera con
riflessi metallici sulla spalla e fascia riflessi marroni attorno al bordo, separa-
arrossata al bordo; vernice nera con te da una fascia risparmiata; attacco
riflessi metallici sull’ansa e sulla parte dell’ansa ricoperto da vernice marrone-
corrispondente della parete; superficie nerastra, opaca.
interna parzialmente ricoperta da vernice Rimane un frammento di bordo e
rossa, opaca. parete con un attacco dell’ansa; vernice
Rimane un frammento di bordo e parete lievemente danneggiata. H. res. cm 1.
con gli attacchi dell’ansa (THT Tipo Howland 21 D.
96/29/7/6) e circa meta dell’ansa (THT 11) THT 96/41 A/11/2. Quadrato
98/22/2/5); lievi incrostazioni bianche F18.US41(Figg. 1, 11; 3, 11)
all’[Link].cm1,6. Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
Tipo Howland 21 A. depurato, con piccoli inclusi bianchi,
8) THT 96/24/11/7. Quadrati F 18- neri, brillanti, bruni. Due bande a vernice
19. US 24 (Figg. 1,8; 3, 8) nera brillante attorno al bordo, separate
Impasto arancio-marroncino (tra da una fascia risparmiata; all’interno,
5YR 7/6 e 7.5YR 7/6), duro, depurato, parte inferiore della parete e fondo rico-
con piccoli inclusi bianchi, neri, brillanti. perti da vernice nera brillante con riflessi
Vernice nera con riflessi metallici, appli- metallici.
cata all’esterno ed all’interne; attorno al Rimane un frammento di bordo,
bordo fascia a vernice nera con riflessi parete e fondo. H. cm 1,9; Ø ric. cm 8.
marroni. Tipo Howland 21 D (o 22 A).
Rimane un frammento di bordo e 12) THT 96/41 A/11/3. Quadrato F
parete con l’attacco dell’ansa; vernice in 18. US 41 (Figg. 1, 12; 3, 12)
parte deperita. H. res. cm 1,6; Ø ric. cm Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
7,5 ça. depurato, con piccoli inclusi bianchi, neri,
Tipo Howland 21 B (o 21 C). brillanti, rossicci. Due bande a vernice nera
9) THT 96/38/3/3. Quadrato F 19. con forti riflessi metallici attorno al bordo;
US 38 (Figg. 1,9; 3, 9) parte inferiore della parete interna ricoperta
da vernice nera con riflessi metallici.
27
Reppal XI, Lucerne attiche da Tharros (Cabms-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Rimane circa un terzo del bordo e 16) THT 96/23/4/6. Quadrati F 18-
della parete. H. res. cm 2,4; Ø ric. cm 9,2 19. US 23 (Figg. 1, 16; 3, 16)
ça. Impasto arancio-marroncino (5YR
Tipo Howland 21 D o 22 A. tra 6/6 e 5/6), duro, depurato, con piccoli
inclusi bianchi, neri, bruni, rossicci,
13) THT 96/41 A/11/4. Quadrato F brillanti. Due bande a vernice nera con
18. US 41 (Figg. 1, 13; 3, 13) chiazze marroni attorno al bordo, separa-
Impasto arancio (5YR 6/6), duro, te da una fascia risparmiata; superficie
abbastanza depurato, con inclusi di pic- interna ricoperta da vernice nera opaca.
cole e medie dimensioni, bianchi, neri, Rimane circa un quarto del bordo e
grigi, brillanti, rossicci. Due bande a ver- délia parete; vernice in parte deperita. H.
nice nera con lievi riflessi metallici attor- res. cm 1,7; Ø ric. cm 7,4 ça.
no al bordo, separate da una sottile fascia Tipo Howland 21 Variant o 22
risparmiata; parte inferiore della parete Variant.
interna ricoperta da vernice nera con 17) THT 96/39/2/1. Quadrati F 18-
riflessi metallici e strisce marroni. 19. US 39 (Figg. 2, 17; 3, 17)
Rimane un frammento di bordo e Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
parete. H. res. cm 1,5; Ø ric. cm 7,8 ça. depurato, con piccoli inclusi bianchi,
Tipo Howland 21 D o 22 A. neri, brillanti, rossicci. Vernice nera con
14) THT 97/19/7/2. Quadrato F 20. riflessi metallici, applicata sul becco e
US 19 (Figg. 1, 14; 3, 14) sul bordo, con una sottile fascia rispar-
Impasto arancio-marroncino (5YR miata; parete e fondo risparmiati; super-
tra 6/6 e 5/6), duro, depurato, con piccoli ficie interna ricoperta da vernice nera
inclusi bianchi, neri, brillanti, rossicci. con riflessi metallici.
Due bande a vernice nera con riflessi Ricomposta da due frammenti
metallici e strisce marroncine attorno al combacianti; rimane il becco e parte del
bordo, separate da una fascia risparmia- bordo e del fondo. H. cm 2,1; Ø base ric.
ta; parte inferiore della parete interna cm 6,4 ça.
ricoperta da vernice nera con riflessi Tipo Howland 21 Variant o 22
metallici e strisce marroni. Variant.
Rimane meno di un quarto del 18) THT 98/16/5/4. Quadrati G-H
bordo e della parete. H. res. cm 1,8; Øric. 18-19. US 16 (Figg. 2, 18; 3, 18; 4, 18)
cm 8,5 ça. Impasto arancio (5YR 6/6 ça.),
Tipo Howland 21 D o 22 A. duro, depurato, con piccoli inclusi bian-
chi, neri, brillanti. Vernice nera di buona
15) THT 97/19/7/3. Quadrato F 20.
qualità, applicata sulle pareti esterne, sul
US 19 (Figg. 1, 15; 3, 15)
becco, sulla superficie interna del tubo e
Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
sulle pareti e il fondo interno.
depurato, con piccoli inclusi bianchi,
neri, brillanti, bruni. Due bande a vernice Rimane circa meta della lucerna.
nera con riflessi metallici attorno al H; cm 2,2; lungh. res. cm 10; Ø cm 8,2.
bordo, separate da una sottile fascia ris- Tipo Howland 22 B.
parmiata. 19) THT 96/33/7/9. Quadrato F 18.
US 33 (Figg. 2, 19; 3, 19)
Rimane un frammento di bordo e
Impasto arancio (5YR 6/6), duro,
parete. H. res. cm 1,5; Ø ric. cm 7,5 ça.
depurato, con piccoli inclusi bianchi,
Tipo Howland 21 D o 22 A, neri, brillanti, rossicci. Vernice marrone-
28
ReppalXI, Lucerne attiche du Tharros (Cahras-Oristano), note preliminary Caria Del Vais
29
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
30
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 1
31
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 1
Fig. 2
32
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 2
33
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 3
34
ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 3
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ReppalXI, Lucerne attiche da Tharros (Cabras-Oristano), note preliminari Caria Del Vais
Fig. 4
36
GIOVANNI TORE (1945-1997)
Bibliografia
a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1973
1) Due cippi-trono del tophet di Tharros, in Studi Sardi, XXII (1971-1972) [1973], pp.99-248.
2) Su alcuni amuleti di Tharros, in Studi Sardi, XXII (1971-1972) [1973], pp. 249-268.
1975
3) Di un vaso a beccuccio zoomorfo da Nora nel Museo Nationale “G.A. Sonna” di Sassari,
in Bollettino dell’Associazione Archivio Storico Sardo di Sassari, I, 1 (1975), pp. 103-114.
4) Le stele puniche del tophet di Tharros (Sardegna). Nota preliminare, in Annali
dell’Istituto Orientale di Napoli, 35, 1, n.s. XXV (1975), pp. 127-132.
5) Les stèles puniques du tophet de Tharros (Sardaigne): note preliminaire, in Actes du
XXIXe Congrès International des Orientalistes (Paris, 1973), in Études Sémitiques
(1975), pp. 76-85.
6) Ricerche puniche in Sardegna: I (1970-1974). Scoperte e scavi, in Studi Sardi, XXIII
(1973-1974) [1975], pp. 365-379.
7) Su alcune stele funerarie sarde di età punico-romana, in Latomus, XXXIV, 2 (1975),
pp. 293-318.
8) Intervento, in Atti del III congresso mternazionale di studi sulla Sicilia antica, in
KΩKAΛOΣ, XVIII-XIX (1972-1973) [1975], pp. 113-114.
1976
9) Le origini di Bosa, in Il Convegno, XXIX, 1-2 (1976), pp. 4-5.
37
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1977
11) La localizzazione di Bosa arcaica, in Il Convegno, 30, 3-4 (1977), p. 8.
1978
12) Due stele votive puniche da Sulci (Cagliari), in Annali dell’Istituto Orientale di
Napoli, 38, 1, n.s. XXVIII (1978), pp. 95-102.
13) Nota salle importazioni in Sardegna in età arcaica, in Les céramiques de la Grèce
de l’est et leur diffusion en Occident, Colloques Internationaux du CNRS, N. 569,
(Centre Jean Bérard, Institut Français de Naples, (6-9 juillet 1976), Paris-Naples 1978,
pp. 142-146.
14) Recensione a M. TARRADELL - M. FONT, Eivissa Cartaginesa, Barcelona 1975, in
Fonaments, 1 (1978), pp. 218-220.
1980
15) Elementi culturali semitici nella Sardegna centro-settentrionale, in Atti della XXII
Riunione Scientifica dell’Istituto Italiano di Preistoria e Protostoria nella Sardegna cen-
tro-settentnonale (21-27 Ottobre 1978), Firenze 1980, pp. 487-511.
16) Gli scambi commerciali, in Nur. La misteriosa civiltà dei Sardi (a cura di Dino
Sanna), Milano 1980, pp. 241-256, 312, 317-318.
17) Le opere dell’arte, in Nur. La misteriosa civiltà dei Sardi (a cura di Dino Sanna),
Milano 1980, pp. 217-236, 317.
1981
18) Bronzetti fenici dalla Nurra, in M. G RAS - G. T ORE , Bronzetti dalla Narra, in
Quaderni della Soprintendenza ai Beni Archeologici per le province di Sassari e
Nuoro,9(1981), pp. 11-34.
19) Elementi sulle relazioni commerciali della Sardegna nella prima età del ferro, in La
Sardegna nel mondo mediterraneo. Atti del 1° convegno internazionale di studi geogra-
fico-storici (Sassari, 7-9 Aprile 1978), I, Sassari 1981, pp. 257-295.
20) Recensione a J. REMESAL RODRIGUEZ, La necrópolis sureste de Baelo,
Excavasiones arqueologicas en Espana (= EAE ) 104, Madrid 1979, in Archiva español
de Arqueologia, 54 (1981), pp. 279-282.
21) Intervento in L’Etruria mineraria. Atti del XII convegno di studi etruschi e italici
(Firenze-Populonia-Piombino, 16-20 giugno 1979), Firenze 1981, pp. 526-531.
38
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1982
22) Corredi da tombe puniche di Bidd’e Cresia, in Ricerche archeologiche nel territorio
di Sanluri, Mostra Grafica e Fotografica (Sanluri, Palazzo Civico, 16-26 giugno 1982),
Sanluri 1982, pp. 53-58.
23) La storia della Sardegna. L’età dei Punici, in La Sardegna, l. La geografia, la sto-
ria, l’arte e la letteratura (a cura di Manlio Brigaglia), Cagliari 1982, pp. 13-18.
24) Settore H e zone contermini, in V. SANTONI, Tharros-VIII. Cuccuru s’Arriu. Nota
preliminare di scavo (1978, 1979, 1980), in Rivista di Studi Fenici, X, l (1982), pp.
122-124.
1983
25) I bronzi figurati fenicio-punici in Sardegna, in Atti del I Congresso Internazionale di
Studi Fenici e Punici (Roma, 5-10 Novembre 1979), II, Roma 1983, pp. 449-461.
26) La penetrazione fenicio-punica nella Sardegna centra-settentrionale. Elementi di
discussione e aggiornamento, in Sardigna Antiga, l (1983), p. 12.
27) Intervento in Forme di contatto e processi di trasformazione nelle società antiche.
Atti del convegno di Cortona (24-30 maggio 1981), Pisa - Roma 1983, pp. 402-406.
28) G. T ORE - R. Z UCCA , Testimonia antiqua uticensia (Ricerche a Santa Giusta-
Oristano), in Archivio Storico Sardo, XXXIV, l (1983), pp. 11-35.
1984
29) Cippo antropoide, in Lilibeo. Testimoniale archeologiche dal IV sec. a.C. al Vsec.
d.C. (Marsala, Chiesa del Collegio dal 3 dicembre 1984), Palermo 1984, pp. 102-103.
30) Oristano, Antiquarium Arborense, in I Sardi. La Sardegna dal Paleolitico all’età
romana. Guida per schede dei siti archeologici sardi, Milano 1984 (ristampa 1985), pp.
346-348.
31) Padria. Loc. Palattu, in I Sardi. La Sardegna dal Paleolitico all’età romana. Guida
per schede dei siti archeologici sardi, Milano 1984 (ristampa 1985), pp. 311-312.
32) Pendente bronzeo antropomorfo da Tharros (Sardegna), in Annali della Facoltà di
Lettere e Filosofia dell’Università degli Studi di Perugia, XIX, n.s. V (1981-1982)
[1984], pp. 253-256.
33) Per una rilettura del complesso nuragico di s’Uraki, loc. su Pardu, S. Vero Milis-
Oristano (Sardegna), in Early Settlement in the Western Méditerranean Islands and the
Peripheral Areas, The Deya Conference of Prehistory (edited by William H. Waldren,
Robert Chapman, James Lewthwaite and Rex Kennard) (= BAR International Series,
229), Oxford 1984, pp. 703-723.
34) S. Antonio Ruinas. Collezione comunale, in I Sardi. La Sardegna dal Paleolitico
all’ età romana. Guida per schede dei siti archeologici sardi, Milano 1984 (ristampa
1985), p. 198.
39
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1985
37) Di alcune stele funerarie dal Sinis: persistenze puniche d’età romana in Sardegna
ed in Africa, in L’Africa romana. Atti del II convegno di studio (Sassari, 14-16 dicembre
1984) (a cura di Attilio Mastino), Sassari 1985, pp. 135-146.
38) Di un bronzo figurato da Beirut nel Museo Archeologico Nazionale di Cagliari, in
Studi in onore di Giovanni Lilliu per il suo settantesimo compleanno (a cura di
Giovanna Sotgiu), Cagliari 1985, pp. 63-69.
39) La necropoli punica: fittili figurati, in Nora. Recenti studi e scoperte, Cagliari 1985,
pp. 46-48.
40) La necropoli punica: i vetri, in Nora. Recenti studi e scoperte, Cagliari 1985,
pp. 39-45.
41) La provincia di Oristano, in I Sardi. La Sardegna dal Paleolitico all’età romana.
Guida per schede dei siti archeologici sardi, Milano 1985 (ristampa), pp. 155-156.
42) Le stele del tophet, in Nora. Recenti studi e scoperte, Cagliari 1985, pp. 49-51.
43) Storia della ricerca archeologica, in G. TORE - R. ZUCCA, Cagliari, in Bibliografia
topografica della colonizzazione greca in Italia e nelle isole tirreniche (diretta da G.
Nenci e G. Vallet), IV, Pisa-Roma 1985, pp. 234-238.
1986
44) Bibliografia, in F. BARRECA, La civiltà fenicio-punica in Sardegna, Sassari 1986,
pp. 327-347.
45) Di alcuni frammenti fittili vascolari da Santa Gilla, pressi via Brenta, Cagliari, in S.
Igia, capitale giudicale. Contributi all’Incontro di Studio “Storia, ambiente fisico e
insediamenti umani nel territorio di S. Gilla (Cagliari)” (Cagliari, 3-5 novembre 1983),
Pisa 1986, pp. 123-125.
46) Intorno ad un “torciere”bronzeo di tipo cipriota da San Vero Milis (S’Uraki)-
Oristano, in Società e cultura in Sardegna nei periodi orientalizzante e arcaico (fine
VIII sec. a.C. - 480 a.C.). Rapporti fra Sardegna, Fenici, Etruschi e Greci. Atti del l°
Convegno di studi "Un millennio di relazioni fra la Sardegna e i Paesi del
Mediterraneo” (Selargius-Cagliari, 29-30 novembre 1985-1° dicembre 1985), Cagliari
1986, pp. 65-76.
47) Osservazioni sulle fortificazioni puniche in Sardegna, in La fortification dans l’his-
toire du monde grec. Actes du Colloque International La fortification et sa place dans
l’histoire politique, culturelle et sociale du monde grec (Valbonne, Décembre 1982)
40
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
(édités par Pierre Leriche et Henri Tréziny), Paris 1986, pp. 229-240.
48) Santa Giusta (com. di Oristano), in Scavi e scoperte (a cura di G. Colonna), in Studi
Etruschi, LII (1984) [1986], pp. 526-527.
1987
49) Chia, in Bibliografia topografica della colonizzazione greca in Italia e nelle isole
tirreniche (diretta da G. Nenci e G. Vallet), V, Pisa-Roma 1987, pp. 269-273.
50) Frammenti fittili vascolari fenici, in P. BERNARDINI - G. TORE, Sui materiali del tem-
pio a pozzo di Cuccuru Nuraxi di Settimo San Pietro (Cagliari), in La Sardegna nel
Mediterraneo tra il seconda e il primo millennio a.C. Atti del II Convegno di studi “Un
millennio di relazioni fra la Sardegna e i Paesi del Mediterraneo” (Selargius-Cagliari,
27-30 novembre 1986), Cagliari 1987, pp. 304-309.
51) Il Quadro Storico, in Haifa, tesori della terra e del mare (Cagliari, Settembre 1987,
Galleria Comunale d’Arte), Cagliari 1987, pp. 23-26.
52) Introduzione, in G. TORE - A. STIGLITZ, Ricerche archeologiche nel Sinis e nell’alto
Oristanese (continuità e trasformazione nell’Evo Antico), in L’Africa romana. Atti del
IV convegno di studio (Sassari, 12-14 dicembre 1986) (a cura di Attilio Mastino),
Sassari 1987, pp. 633-638.
53) Metodo e campo di indagine, in G. TORE - A. STIGLITZ, L’insediamento preistorico e
protostorico nel Sinis settentrionale. Ricerche e acquisizioni, in La Sardegna nel
Mediterraneo tra il seconde e il primo millennio a.C. Atti del II Convegno di studi “Un
millennio di relazioni fra la Sardegna e i Paesi del Mediterraneo ” (Selargius-Cagliari,
27-30 novembre 1986), Cagliari 1987, pp. 91-96.
1988
54) I materiali fenicio-punici dalla Necropoli, in P. BERNARDINI - G. TORE - C. TRON -
CHETTI, Sant’Antioco, in L’Antiquarium arborense e i civici musei archeologici della
Sardegna (a cura di Giovanni Lilliu), Sassari 1988, pp. 237-243.
55) I materiali punico-romani, in F. G A LLI - V. S ANTONI - G. T ORE , Padria, in
L’Antiquarium arborense e i civici musei archeologici della Sardegna (a cura di
Giovanni Lilliu), Sassari 1988, pp. 123-128.
56) Introduzione, in G. TORE - A. STIGLITZ, Gli insediamenti fenicio-punici nel Sinis set-
tentrionale e nelle zone contermini (ricerche archeologiche 1979-1987), in Quaderni
della Soprintendenza archeologica per le province di Cagliari e Oristano, 4, I (1987)
[1988],pp. 161-164.
57) Introduzione, in G. TORE - A. S TIGLITZ - M. DADEA , Ricerche archeologiche nel
Sinis e nell’Oristanese, II (1980-1987), in L’Africa romana. Atti del V convegno di stu-
dio (Sassari, 11-13 dicembre 1987) (a cura di Attilio Mastino), Sassari 1988, p. 453.
58) La produzione lapidea sulcitana e i materiali del tofet, in P. BERNARDINI - G. TORE-
C. TRONCHETTI, Sant’Antioco, in L’Antiquarium arborense e i civici musei archeologici
della Sardegna (a cura di Giovanni Lilliu), Sassari 1988, pp. 244-247.
41
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1989
61) Furtei, in Bibliografia topografica della colonizzazione greca in Italia e nelle isole
tirreniche (diretta da G. Nenci e G. Vallet), VII, Pisa-Roma 1989, pp. 517-520.
62) I generi artigianali suntuari e d’ambito magico; la monetazione, in E. ACQUARO -
G. TORE, La civiltà fenicia e punica. Arte e cultura, in Il museo archeologico nazionale
di Cagliari (a cura di Vincenzo Santoni), Milano 1989, pp. 151-154.
63) La civiltà fenicia e punica. Categorie artistiche e artigianali, in Il museo archeolo-
gico nazionale di Cagliari (a cura di Vincenzo Santoni), Milano 1989, pp. 129-146.
64) La collezione comunale, in Padria. Museo civico archeologico, Padria 1989, p. 30.
65) Palattu. Fortificazione punica, in Padria. Museo civico archeologico, Padria 1989, p. 24.
66) Religiosità semitica in Sardegna attraverso la documentazione archeologica: inventa-
rio preliminare, in P. MARRAS (a cura di), Religiosità, Teologia e Arte: la religiosità sarda
attraverso l’arte dalla preistoria a oggi, Atti del Convegno di studio della Pontificia
Facoltà Teologica della Sardegna (Cagliari, 27-29 marzo 1987), Roma 1989, pp. 33-90.
67) S. Giuseppe. Area sacra, in Padria. Museo civico archeologico, Padria 1989, p. 22.
68) S. Giuseppe. Materiali votivi, in Padria. Museo civico archeologico, Padria 1989, p. 23.
1990
69) Cippi, altarini e stele funerarie nella Sardegna fenicio-punica (nota preliminare), in
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(Sant’Antioco, 3-4 ottobre 1986), in Quaderni della Soprintendenza archeologica per le
provincie di Cagliari e Oristano, 6, suppl. (1989) [1990], pp. 109-122.
70) L’età fenicio-punica, in Ottana. Archeologia e territorio (a cura di Giuseppa Tanda),
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71) Ricerche e studi di archeologia fenicio-punica in Sardegna (1980-88), in Incontro «I
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collaborazione fra enti di ricerca, di tutela e territoriali (1979-1989), in Per una valo-
rizzazione del bene culturale nell’ambito territoriale del XVI comprensorio. Atti del
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E. Lipinski), Turnhout 1992, pp. 73-74.
81) Cagliari, in Dictionnaire de la Civilisation Phénicienne et Punique (sous la direc-
tion de E. Lipinski), Turnhout 1992, pp. 86-87.
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Meloni in occasione del suo settantesimo compleanno, Cagliari 1992, pp. 177-194.
83) Cornus, in Dictionnaire de la Civilisation Phénicienne et Punique (sous la direction
de E. Lipinski), Turnhout 1992, pp. 118-119.
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29 al 31 d’octubre de 1991) (ediciò a cura de G. Rossellò Bordoy), Palma de Mallorca
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97) Napoli (2), in Bibliografia topografica della colonizzazione greca in Italia e nelle
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98) Testimonianze fenicio-puniche nell’algherese, in Studi in memoria di Ferruccio
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XII (XLIX) (1991) [1993], pp. 1-22.
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99) Alcune osservazioni sulle relazioni sardo-africane: Fenici e Cartaginesi, Protosardi e
Libi sulle due sponde del Mediterraneo, in Rapporti tra Sardegna e Tunisia dall’età antica
all’età moderna. Incontro con Institut National du Patrimoine, Tunis, Seminario di studi
(Tunisi, 10 gennaio 1994) (Preatti a cura di Giovanna Sotgiu), Cagliari 1994, pp. 29-35.
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106) I paesaggi archeologici, in Il Tirso (a cura di B. Paliaga), Cagliari 1995, pp. 110-129.
107) L’Art. Sculpture en ronde-bosse, in La civilisation phénicienne et punique. Manuel
de recherche (édité par Véronique Krings), Leiden - New York - Köln 1995, pp. 448-470.
108) L’Art. Sarcophages, Relief, Stèles, in La civilisation phénicienne et punique. Manuel
de recherche (édité par Véronique Krings), Leiden - New York - Köln 1995, pp. 471-493.
109) L’insediamento fenicio-punico di Paniloriga di Santadi (Cagliari), in Carbonia e il
Sulcis. Archeologia e territorio (a cura di Vincenzo Santoni), Oristano 1995, pp. 239-252.
110) La colonizzazione fenicio-punica in Sardegna: alcune riflessioni, in Actes du IIIe
Congrès International des Études Phéniciennes et Puniques (Tunis, 11-16 novembre
1991) (sous la coordination de M’hamed Hassine Fantar et Mansour Ghaki), II, Tunis
1995, pp. 409-423.
111) Osservazioni sulle relazioni fra la Sardegna e la zona dello stretto di Gibilterra, in
Actas del II Congreso Internacional “El Estrecho de Gibraltar” (Ceuta, 1990) (Edición
por Eduardo Ripoll Perelló y Manuel F. Ladero Quesada), II, Arqueología Clásica e
Historia Antigua, Madrid 1995, pp. 57-70.
112) Ricerche e stitdi di Archeologia Fenicio-punica in Sardegna (1989-1994), in I
Fenici: Ieri Oggi Domani. Ricerche, scoperte, progetti (Roma, 3-5 marzo 1994), Roma
1995, pp. 449-454.
113) Stele, altarini, cippi, in Palermo punica. Guida breve (Palermo, Museo
Archeologico «A. Salinas», Mostra archeologica dal 6 dicembre 1995 al 30 settembre
1996), Palermo s.d., p. 20.
114) Tharros XXI-XXII. Nugae Punicae: un sigillo tharrense e l’architettura sacra, in
Rivista di Studi Fenici, XXIII, suppl. (1995), pp. 175-187.
45
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
1996
115) Scheda 53 - Baratta - Cippi funerari e Scheda 116- Bonaera - Sos Laccheddos -
Cippi e urne funerarie, in Progetto Iloi, Sedilo 2. I monumenti del territorio del Comune
(a cura di Giuseppa Tanda), in Antichità sarde. Studi e ricerche, 3, II (1996), pp. 99, 187.
116) Su una stele punica: considerazioni sul cosiddetto “segno di Ternit” in Sardegna, in
Alle soglie della classicità. Il Mediterraneo) tra tradizione e innovazione. Studi in onore
di Sabatino Moscati (a cura di Enrico Acquaro), II, Pisa-Roma 1996, pp. 957-983.
117) Tharros XXIII. Saggio didattico sulla collina di Murru Mannu, in Rivista di Studi
Fenici, XXIV, suppl. (1996), pp. 89-95.
118) Uselis, in G. TORE - C. DEL VAIS, Recenti ricerche nel territorio di Usellus, in
L’Africa romana. Atti dell’XI convegno di studio (Cartagine, 15-18 dicembre 1994) (a cura
di Mustapha Kanoussi, Paola Ruggeri e Cinzia Vismara), II, Ozieri 1996, pp. 1055-1058.
1997
119) Collezione archeologica, «Evan Gorga», in Guida alla Visita dei Musei e delle
Collezioni della Sardegna (a cura di Caterina Lilliu), Cagliari 1997, pp. 218-219.
120) Museo Civico di Cabras, in Guida alla Visita dei Musei e delle Collezioni della
Sardegna (a cura di Caterina Lilliu), Cagliari 1997, pp. 167-169.
121) Per un museo di Tharros, in E. ACQUARO - M.T. FRANCISI - G.M. INGO - L.I. MAN-
FREDI (a cura di), Progetto Tharros, Roma 1997, pp. 23-25.
1998
122) Cippi, altarini, stele e arredi, in Palermo punica (Museo Archeologico Regionale
Antonino Salinas, 6 dicembre 1995 ñ 30 settembre 1996), Palermo 1998, pp. 417-427.
123) Considerazioni sulla urbanizzazione nella Sardegna fenicio-punica, in A. Stiglitz - G. Tore,
Realtà rurali e urbane : territorio e urbanizzazione nella Sardegna fenicio-punica, in L’Africa roma-
na. Atti del XII convegno di studio (Olbia, 12-15 dicembre 1996) (a cura di Mustapha Khanoussi,
Paola Ruggeri e Cinzia Vismara), II, Sassari 1998, pp. 549-551.
124) L’età punica, in G. TORE - C. DEL VAIS, Il territorio di Sedilo in età punica e
romana, in Progetto Iloi, Sedilo 3. I monumenti nel contesta territoriale (a cura di
Giuseppa Tanda), in Antichità Sarde. Studi e Ricerche, 3, III (1998), p. 159.
125) Le testimoniale archeologiche, in G. TORE - R. SECCI, L’archeologia del terri-
torio, in G. BARTOLO - G.C. CARTA - A. LECIS - L. PRASCIOLU - G. ZANDA,
Perdasdefogu (Foghesu). Ambiente Tradizioni Grotte (a cura del Gruppo Grotte
Ogliastra), Oristano 1998, pp. 149-151.
126) Rilievo funerario in pietra. Scultura e rilievo nella collezione comunale di Sedilo:
dall’età nuragica alla punico-romana, in Progetto Iloi. Sedilo 4. I materiali archeologi-
ci, in Antichità Sarde. Studi e Ricerche, 4,I (1998), pp. 172.
127) Schede bibliografiche, in G. TORE - R. SECCI, L’archeologia del territorio, in G.
BARTOLO - G.C. CARTA - A. LECIS - L. PRASCIOLU - G. ZANDA, Perdasdefogu
(Foghesu). Ambiente Tradizioni Grotte (a cura del Gruppo Grotte Ogliastra), Oristano
1998, pp. 159-166.
46
Reppal XI, Giovanni Tore (1945-1997). Bibliografia a cura di Carla Del Vais e Alfonso Stiglitz
In corso di stampa
128) Centri fenici in Sardegna, in G. TORE - A. STIGLITZ, Urbanizzazione e
territorio : spazio rurale e spazio urbano. Interazioni territoriali fra fenici e indigent in
Sardegna, in IV Congreso Internacional de Estudios Fenicios y P’nicos (Cadiz, 2 al 6 de
Octubre 1995).
129) Introduzione, in [Link]., Cap de Forma (Minorca) : la navigazione nel
Mediterraneo occidentale dall’Età del Bronzo all’Età del Ferro, in L’Africa romana. Atti
del XIII convegno internazionale di studi (Djerba, 10-13 dicembre 1998) (con LluIs
Plantalamor Massanet).
47
L´ARCHÉOLOGIE PUNIQUE EN TUNISIE
1991 -1995
M´hamed Hassine Fantar
49
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
d’Espagne. etc. On y distingue des coupes corinthiennes, des coupes ioniennes, des
vases attiques à figures noires, des bols à relief, des amphores commerciales provenant
de Corinthe, de Massalia, des plats de Genucilia, des vases ressortissant à la céramique
campanienne ou à d’autres céramiques d’origine ibérique, comme par exemple la céra-
mique grise ampuritaine. Précieux pour l’établissement des phases chronologiques, ce
matériel s’étale sur une longue période qui débute au VII e siècle et s’achève au IIème
siècle avant J.C.
En matière d’architecture domestique, les dossiers n’ont cessé de s’épaissir: matériaux
et techniques de construction, aménagement de l’espace, décoration, hydraulique, etc.
On a relevé l’emploi de blocs de grand appareil taillés dans le grès d’El - Haouaria,
des moellons, de la brique crue, du pisé.
La technique des harpes confortatrices a été signalée. Pour la décoration, on a eu
recours aux pavements en opus figlinum pour les sols et à une couche de crépi pour les
parois murales dont la monotonie était parfois rompue par des impressions faites avec le
gras du pouce et par des images incisées dans l’épaisseur du mortier encore tendre ; l’une
représenterait, mais d’une façon très schématique, une tête humaine. Près d’une citerne
perchée, on a signalé la présence de deux amphores pleines des tessons pilés en vue de la
confection d’un ciment hydraulique.
Des caniveaux, des tubes en terre cuite, une tuyauterie en plomb, devaient assurer
le transport de l’eau. Pour le plomb, des analyses inviteraient à lui reconnaître une origi-
ne espagnole.
Le dossier des citernes a été d’ailleurs enrichi par de nouvelles découvertes qui res-
tent à exploiter pour la connaissance des formes, des techniques, etc.
L’aménagement de l’espace a nécessité le recours à des banquettes en maçonnerie et
aux galetas de planches. Signalons, d’autre part, les restes d’un mur de soutènement en opus
africanum dont la fonction était de repartir le flanc de la colline en terrasses successives.
En plus de ces structures, les fouilles françaises ont mis au jour des blocs de grand
appareil stuqués, formant de véritables jonchées sur le sol de 146 avant J.C : blocs qua-
drangulaires, fûts de colonnes cannelés et stuqués, pilastres, chapiteaux doriques, cor-
niches à gorge égyptienne ou à bec de corbin, etc. Il y a des blocs pourvus de mortaises
en queue d’aronde; sur d’autres, on a relevé des signes et de symboles gravés ou peints :
bipenne, lettres de l’alphabet, etc.
Ce sont des éléments hétérogènes qui semblent avoir appartenu à divers édifices
publics ou privés, civiles ou [Link] qu’ils ne permettent pas la restitution des
édifices dont ils proviennent, ces éléments architectoniques trouvent leur place dans les
dossiers de la parure architecturale de Carthage, aux siècles des guerres dites puniques.
Pour finir avec le secteur méridional de Byrsa, il convient de mentionner une struc-
ture souterraine de forme tronconique dont les parois internes portent une couverture
faite de petits blocs de grès à face antérieure concave conformément à la courbure des
parois internes : il s’agirait d’un silo1.
(1)
Serge Lancel et J. P. Morel, La colline de Byrsa ; les Vestiges puniques, dans A. Ennabli (Edit), Sauver
Carthage, Exploration et conservation de la cité punique, romaine et byzantine, UNESCO-INAA, Tunis-
Paris, 1992, pp. 43-68. Fethi Chelbi, Fouilles d’urgence, Ibidem, p. 69-71.
50
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
2
Quant aux équipes allemandes , les sondages qu’elles ont effectués, aboutirent à
l’identification de structures urbaines d’une très grande valeur pour la connaissance de
la ville, de sa chronologie, de son urbanisme, de son faciès architectural ainsi que de son
univers culturel.
Pour atteindre les couches les plus anciennes, celles qui ont eu pour lit d’attente le
sol vierge, les fouilleurs sont allés les chercher à plus de 8 m de profondeur. C’est à ce
niveau qu’on a recueilli des témoignages archéologiques du VIIIe siècle avant J.C. Les
inventeurs n’ont pas manqué de les mettre en évidence pour créditer les traditions de
l’historiographie antique. Il s’agit d’habitations, d’ateliers métallurgiques, de fours, etc.
Certain sondages ont permis de traverser toute l’histoire de Carthage, des origines
phéniciennes jusqu’au Bas-Empire : une succession de sols datables sur la base de tes-
sons qui ressortent à des céramiques importées de Phénicie, de Chypre, de Grèce ou de
la Péninsule ibérique. A la poterie étrangère recueillie dans la couche du VIIIe siècle
avant J. C, s’associe une porterie modelée qu’on a voulu attribuer aux autochtones. Elle
représente le quart de la récolte.
Mais doit-on lui imposer une origine africaine? Peut-on l’invoquer au profit de la
présence d’une population indigène? Quelle que soit la réponse, elle risque d’être pré-
maturée tant que les analyses nécessaires à l’étude des formes, des techniques et des
argiles n’auront pas été convenablement faites.
A la phase archaïque appartiennent des sols en terre battue et des murs en moel-
lons. Pour la construction d’un puits datable du VIIe siècle avant J. C, le puisatier pou-
vait déjà recourir au grès d’El-Haouaria. Ce détail, apparemment bénin, revêt toute son
importance dès lors qu’il est mis en rapport avec la chronologie des carrières d’El-
Haouaria, dont l’exploitation, au VIIe siècle avant J.C, constituait déjà une réalité histo-
rique.
Au Ve siècle avant J.C, le bâtisseur carthaginois disposait de blocs qui pouvaient
atteindre plus de 2,50 m de longueur soit environ 5 coudées puniques.
Les blocs actuellement disponibles à Carthage se prêtent à des études métrolo-
giques de très grande valeur.
Les sondages effectués dans la rue Ibn Chabbat ont mis au jour des structures qui
se rapporteraient à un édifice public. L’inventeur a proposé d’y reconnaître « le plus
grand sanctuaire punique fouillé jusqu’à maintenant à Carthage». Sa façade postérieure
mesurerait 13,50 m ce qui, d’après l’inventeur, contrasterait avec les petites chapelles
découvertes par Louis Carton près de la gare de Salammbô et par [Link], non loin de
Sidi Bousaïd.
Au crédit de cette identification, il a invoqué la présence d’un grand nombre de
blocs taillés dans le grès d’El-Haouaria: d’énormes chapiteaux doriques, des fûts des
colonnes cannelés, des demi chapiteaux doriques, des chapiteaux éoliques, des pilastres
cannelés, des corniches à gorge égyptienne ou à bec de corbin.
Or, d’après l’inventeur, tous ces éléments architectoniques seraient révélateurs
d’édifices religieux ou funéraires, constatation qui se réfère à l’état actuel de la docu-
mentation. Pour donner plus de poids à l’hypothèse du sanctuaire, il rappelle qu’entre
1873 et 1875, Evariste Pricot de Sainte Marie découvrit non loin de là rue Ibn Chabbat
(2)
Friedrich Rakob, L’habitat ancien et le système urbanistique, dans A. Ennabli (Edit), [Link].., pp.29.
Hans Georg Niemeyer, Chronologie et caractères de l’habitat primitif, Ibidem, pp. 39-41.
51
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
Ce temple était dédié à une divinité punique assimilée, dans le monde gréco-
romain, à Apollon. On pensait jusqu’ici avoir peu de chance de retrouver ce temple,
mais il semble bien que, depuis les fouilles menées en 1990 par l’archéologue Friedrich
Rakob, directeur de la mission allemande et l’un des meilleurs connaisseurs de la strati-
graphie historique de Carthage, nous assistons à la mise au jour de ce sanctuaire
quelque peu oublié des Modernes, alors que son souvenir restait vivace à Rome trois
siècles après la destruction de Carthage3.
Pour le lecteur ordinaire, le temple d’Apollon est enfin reconnu ; il croit pouvoir en
admirer les vestiges. Il a tort ; il ne s’agit que d’une simple hypothèse. Aussi faut-il prêcher
la prudence et éviter les conjectures qui risquent de s’avérer plus séduisantes que fondées.
Que savons-nous en fait de l’architecture civile à Carthage? Le dossier en est enco-
re pratiquement vierge. Quant à l’identification du dieu titulaire, les arguments invoqués
peuvent s’avérer récusables. Par leurs images et leurs épigraphes, les stèles que le drog-
man de Sainte-Marie avait découvertes non loin de l’actuelle rue ibn Chabbat s’apparen-
tent à celles que, plus tard, les archéologues ont retirées du tophet ; les unes et les autres
partagent le même contexte spatio-religieux: le sanctuaire dit «tophet de Salammbô».
Pour notre part, nous serions plutôt favorable à l’idée d’un édifice public sans pré-
ciser davantage. La présence d’archives n’a rien de particulièrement spécifique: il peut
s’agir d’un sanctuaire ou d’un autre bâtiment à caractère politique, administratif ou cul-
turel. Détruites, sans doute, par l’incendie de 146 avant J.C., il n’en reste que les
empreintes des sceaux qui avaient servi à les identifier et à les authentifier.
Elles se comptent par milliers et se présentent sous forme de pastilles portant des
images, des signes et des symboles qui se réfèrent à l’Egypte des Pharaons, à la Grèce et
à l’univers sémitique. Quelques rares pastilles portent des lettres puniques. Sur le revers
de ces empreintes dont le diamètre maximal ne dépasse guère 2cm, on peut encore dis-
tinguer les traces des fibres du papyrus qui avait subi l’impact du sceau. Voilà une très
importante découverte qui s’ajoute aux autres témoignages pour souligner la valeur de
ces structures4.
Quant au contenu des textes écrits sur les papyrus, il demeurera un mystère inac-
cessible. En plus de leur valeur propre et de leur principale destination, ces empreintes,
(3)
A. Beschaouch, La légende de Carthage, Paris, 1993, p. 84.
(4)
Taoufik Redissi, Les empreintes de sceaux égyptiens et égyptisants de Carthage, dans Cedac,
Carthage, Bulletin 12, Juin 1991, pp. 13-24.
52
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
(5)
Pour ce toponyme, voir CIL, VIII, suppl, N° 12457. L’inscription est en rapport avec les vestiges
d’une synagogue. Pour l’étymologie, il y a lieu de signaler l’existence, en langue phénicienne, du terme
NR qui signifierait «flambeau» voir A. Lemaire, dans Semitica, XLI-XLII, 1993, p.77.
(6)
Zohra Chérif, Découverte fortuite d’une tombe punique à Hammam El-Enf, dans Reppal, VII-VIII,
1992-1993, pp. 83-101.
(7)
Mhamed Fantar, Fouilles à Kerkouane dans BCTH, 1994, pp.52-60, notamment p. 58.
53
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
Le site eut donc une phase préromaine que dénonçait déjà la présence du temple
dédié à Saturne Balcaranensis dont le culte, avant la romanisation, eût été rendu à une
divinité punique ou libyco-punique : Baal Qarnaïm, c’est à dire Baal aux deux cornes.
Les stèles de cet espace sacré se trouvent au musée du Bardo8.
De Hammam Lenf, nous poursuivons notre chemin vers le Cap Bon, et plus préci-
sément du côté de Kerkouane, une cité où nous travaillons depuis déjà une trentaine
d’années. Au cours de la période qui nous sépare de notre troisième congrès, nous avons
effectué des travaux au sein de l’habitat et dans la nécropole où les habitants de
Kerkouane enterraient leurs morts. Il s’agit de la nécropole connue sous le nom d’Arg
el-Ghazouani où nous avons exploré une série de caveaux. L’apport a été considérable
tant pour l’architecture rupestre et l’aménagement de l’espace que pour les pratiques
funéraires et pour tout ce que le mobilier mis auprès des morts permettrait d’induire:
activités artisanales, mentalités, rituel, contacts culturels, etc. A Kerkouane-même, nous
avons procédé au dégagement et au confortement de certains secteurs des murailles,
notamment du côté méridional.
L’exploration de la nécropole à été programmée en vue d’une meilleure connais-
sance et d’une meilleure perception des croyances et des pratiques funéraires et dans
l’espoir d’en saisir la spécificité. Quant aux murailles, les travaux que nous y poursui-
vons ont été décidés afin de savoir davantage sur les systèmes défensifs des aggloméra-
tions urbaines dans le monde punique9.
Bien que Kerkouane ne fût qu’une simple bourgade par rapport à la métropole, la
connaissance de ses murailles pourrait rendre plus accessible la lecture des textes anciens
qui décrivent les grandes murailles de Carthage avec leur triple enceinte et leurs étages où
des chevaux et des éléphants pouvaient s’abriter et être, au besoin, opérationnels10.
Après le Cap Bon, nous voici au Sahel, une région de la Tunisie orientale qui fai-
sait partie de l’antique Byzacène. Deux sites ont fait l’objet de fouilles et de prospec-
tions : Moknine et Henchir El-Alia, situés respectivement au Sud et au Nord de
Thapsus, une très grande cité punique où de très vastes nécropoles ont été reconnues et
fouillées. Elle est également célèbre par la victoire de Jules César sur ses adversaires
républicains en 46 avant J.C, un siècle après la destruction de Carthage11.
A Moknine, deux tombes à puits ont été explorées; leur découverte a été induite de
travaux édilitaires entrepris par les services de la municipalité locale. Au cours de ces
travaux, une tombe punique à été éventrée; son exploration a généré la découverte d’une
autre tombe, mais elle était vide pour avoir subi un pillage systématique. On a donc mis
au jour des structures et récupéré les restes d’un modeste mobilier funéraire12.
(8)
Marcel Leglay, Saturne Africain: Monuments et Histoire, I, Paris, 1961, pp. 32-73, Paris, 1996, p. 108.
(9)
En plus de la nécropole de Arg el-Ghazouani, voir ci-dessus n°7, nous procédons au nettoyage et à la
documentation d’autres caveaux puniques appartenant aux sites de Sidi Jamel Eddine, et de Korba qui
s’avèrent prometteurs notament pour l’architecture et la décoration.
(10)
L’étude de la muraille de Kerkouane est en cours, notamment pour le secteur de la porte du cou-
chant dont une description sommaire a déjà été faite et publiée voir Mhamed Fantar, Kerkouane, cité
punique du Cap-Bon ( Tunisie) T. I, Tunis, 1984, pp. 125-127.
(11)
Mhamed Fantar, La cité punique de Thapsus, dans Actes du deuxième congrès international d’Etudes
des cultures de la Méditerranée occidentale, Alger, 1978, pp. 59-70.
(12)
Habib Ben Younès, La nécropole punique de Moknine: état de la question, dans Reppal, VII-VIII,
1992-1993, pp. 19-38.
54
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
L’intervention à Henchir El-Alia eut pour objectif de faire le point sur l’état du site
qui, à plus ou moins long terme, risque l’anéantissement par les engins des carriers et de
forestiers, craintes qui se sont avérées légitimes et justifiées.
Le site a été gravement endommagé: des caveaux et des tumuli fouillés et publiés
au début du siècle ont pratiquement disparu. Les carrières et les travaux de reboisement
ont été la cause principale de la disparition des vestiges puniques et libyques. Malgré
l’arsenal juridique dont il dispose, l’Institut national du patrimoine ne peut encore s’op-
poser efficacement aux menaces qui pèsent sur les sites antiques et sur les monuments
historiques13.
En 1912, la nécropole libyco-punique d’El-Alia s’étendait sur plus de 5km de lon-
gueur ; aujourd’hui, elle se trouve réduite de moitié.
Dans l’île de Djerba, au sein de la petite Syrte, qui correspondrait au lac Tritonis,
on a relevé la présence de tombes libyco-puniques. A Ghizène, située au Nord-Est de
l’île, non loin de Houmt Souk, cinq caveaux ont été reconnus et dégagés au cours des
années 1952-1954, par un instituteur français qui savait occuper ses loisirs par la
recherche et la collecte des antiquités. Il ne manquait pas d’ailleurs de faire ce qu’il pou-
vait pour une éventuelle exploitation de ses trouvailles, qu’il s’agisse de structures ou
qu’il s’agisse d’objets recueillis en surface ou retirés de sous terre14.
L’autre site de Djerba où des structures funéraires d’époque punique ont été recon-
nues et dégagées porte le nom de Agga, au Nord-Ouest de l’île, dans la région de
Mellita. Les vestiges se trouvent à Saniat Ben Rejeb, près d’un ancien four à chaux dont
les traces sont encore visibles à proximité de la mosquée dite Jamaa Ouled Rejeb. Il
s’agit de deux tombes construites à plus de 2m, sous le sol actuel15.
Elles se présentent sous forme de deux chambres sépulcrales bâties en pierres de
taille et en moellons, accessibles par une entrée que surmonte un fronton triangulaire et
couvertes de toits en bâtière. Les deux chambres disposent d’une niche quadrangulaire,
ménagée dans la paroi du fond. On a également relevé la présence d’une sorte de cor-
niche qui surmonte longitudinalement les deux grandes parois de la chambre; elle mesu-
re 5 cm de saillie et 10 cm de hauteur.
Cette protubérance servait de support aux dalles contrebutées de la toiture. Peut-
être faut-il souligner un autre détail technique : à l’intérieur, les parois murales portent
encore les traces d’une couche d’enduit à base de sable et de chaux; son épaisseur
actuelle varie de 3 à 5 cm. Le rôle de cet enduit était d’assurer la cohésion du bâti et de
le rendre plus agréable au toucher et à la vue puisqu’il s’agissait d’une construction en
moellons.
En plus des sites côtiers, l’intérieur du pays a fait l’objet de travaux de prospections
et de fouilles. Des travaux ont été accomplis à Thigibba Bure, dans le haut Tell, près de
Tibar et dans les environs de Dougga. L’occupation du site remonte aux âge de la pierre.
Les populations protohistoriques ont laissé leurs empreintes sous forme d’une architectu-
(13)
Idem, Les ensembles funéraires préromains de Henchir El-Alia au Sahel tunisien, dans Africa, XIII,
1995, pp. 27-50.
(14)
Jenina Akkari Werriemmi, La nécropole libyco-punique de Ghizène (Djerba-Tunisie), dans Africa,
XIII, 1995, pp-51-74.
(15)
Eadem, Note préliminaire sur deux tombes phénico-puniques à Agga au Nord-Ouest de Djerba
(Tunisie), dans Africa, XIII, 1995, pp. 77-82.
55
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
(16)
Alia Krandel-Ben Younès, La nécropole rurale de Thigibba Bure (Djebba), dans Reppal, VII-VIII,
1992-1993, pp. 179-286.
(17)
Ibidem, p. 180.
(18)
Ibidem, p. 187.
56
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
(19)
A. Ferjaoui, Stèles votives et funéraires trouvées à Kesra, dans Reppal, VII- VIII, 1992-1993,
pp. 127-164.
(20)
Mh. H. Fantar, Formules propitiatoires sur des stèles puniques et néopuniques, dans Ritual and
Sacrifice in the Ancient Near East, Proceedings of the international conférence organized by the
Katholieke Universiteit Leuven from the 17 th to the 20th of Avril 1991, edited by J. Quaegebeur, Leuven,
1993, pp. 125-133.
(21)
Ahmed Ferjaoui, [Link]., p. 130 : il s’agit de la stèle n° 2.
57
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
(22)
Pour le héros fondateur de Capsa, voir Salluste, Bell. Iug., LXXXIX, 4 où nous lisons: « Il y avait, au
milieu d’immenses déserts, une place grande et forte nommée Capsa, qui passait pour avoir été fondée par
l’Hercule libyen».
(23)
Hérodote, IV, 180,5.
(24)
Ahmed Ferjaoui, Dédicace d’un sanctuaire à Ashtart découverte à Mididi (Tunisie) dans Semitica,
XXXVIII, Hommages à Maurice Sznycer, I, 1990, pp. 113-121.
(25)
Mansour Ghaki, Les stèles d’El-Ghzaïzya dans Reppal, VII-VIII, 1992-1993, pp. 165-178.
58
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
La ville de Carthage semble se livrer davantage à ceux qui s’occupent de ses ori-
gines, de son profil, de ses édifices, etc. Les récentes découvertes reposent la question
de l’écrit dans le monde punique : les archives, les bibliothèques, la littérature dont
l’historicité a été, sans raison valable, mise en cause par des hellénistes au cours de ces
dernières années. Sans vouloir entrer dans le débat, je ne peux ne pas profiter de cette
occurrence pour m’inscrire en faux contre toute tendance qui viserait à réduire les
potentialités réelles de l’écriture consonantique mise au point et diffusée par les
Phéniciens et les Puniques si bien que toute la Méditerranée sut en tirer profit.
Les potentialités multiples et les compétences de l’écriture consonantique, inven-
tée ou mise au point par le Cananéens, adaptée et diffusée dès l’aube de l’âge du fer par
les Phéniciens, ne supporte pas l’ombre d’un doute, à moins qu’il s’agisse d’un doute
gratuit pour ne pas dire pernicieux. La littérature phénico-punique, ayant laissé peu de
témoignages directs, on peut juger des possibilités dont dispose l’écriture consonantique
à la lumière de l’héritage biblique et sur la base des trésors de la civilisation arabo-isla-
mique dont la fécondité ne cesse de nous éblouir. Néguib Mahfoud, un prix Nobel de lit-
térature arabe, utilise une écriture consonantique.
Mais revenons aux apports des découvertes récemment faites en Tunisie. Il y’a lieu
de signaler l’extension et la densification de la carte de l’épigraphie punique et néopu-
nique ; deux nouveaux sites doivent y être ajoutés : Kesra, l’antique Chusira, et
Ghézaïzya. C’est dire la diffusion de l’écriture et la persistance de la langue punique ; il
s’agit d’inscriptions recueillies dans des zones rurales, bien loin de la côte, notamment
pour Ghézaïzya ; elles seraient datables du IIe siècle après J. C. Ces textes enrichissent
le répertoire des anthroponymes et recèlent de précieuses indications sur le culte de
Baal Hammon.
Parmi les dossiers qui ont reçu de nouveaux éléments, on peut citer celui de l’ac-
culturation. En plus de la religion et des divinités multiples, nous avons déjà signalé la
diffusion de la langue punique auprès de populations rurales comme celle qui vivait
dans les environs de Ghézaïzya. Le phénomène de l’acculturation est également percep-
tible dans la culture matérielle, notamment dans l’architecture funéraire. Au Sahel, la
rencontre des deux univers libyque et punique est remarquable, entre autres choses, dans
la manière de combiner les avantages du tumulus à ceux du caveau taillé en profondeur.
Il y a donc tout lieu de reconnaître l’apport et la fécondité des recherches effectuées en
Tunisie depuis le congrès de Tunis.
59
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
1 2
Muraille de KerKouane de la Porte Couchant Le sarcophage de Hammam-Lif au moment de
à la Porte Sud. IIIe siècle avant J.C. la découverte. Fin du IVe siècle avant J.C.
3
Habitations puniques accrochées au flanc de la 4
e
colline de Byrsa II siècle avant J.C. Les carrières d’El-Haouaria telles qu’elles se
présentent aujourd’hui
5 6
Empreinte de sceau punique sur l’argile, pro- Egyptisant : personnage à tete de faucon, semi-
Venant de la fouille dite de la rue Ibn Chabbat : agenouillé présentant en offrande le disque
elle porte le terme punique " adr " qui signifie solaire. "Dans le champ, disque solaire ailé"
e e e
" puissant " . IV - III avant J.C IV avant J.C
60
Reppal XI, L’Archéologie punique en Tunisie 1991 -1995 M’hamed Hassine Fantar
7 8
Nécropole de Thapsus (Sidi Zbidi) Le Canal d’El-Alia
IVe siècle avant J. C. (Environs de Ksour
Essef) Il assure l’osmo-
se entre la mer
et la Sebkhat-Njéla
9 10
Inscription commémorative de la construction d’un Mégalithe de Medidi : survivance d’une
temple à Ashart, trouvée à Medidi architecture protohistorique
Ie siècle avant J. C.
11 A 11 B
Architecture funéraire à Jerba
Chambres souterraines autour d’un patio
accessible par un couloir
IV - IIIe siècle avant J.C.
Abécedaire punique sur un tesson sans doute destiné
à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture
IVe-IIIe siècle av.J.C.
61
HENCHIR ROMANA
L´HISTOIRE D´UN PETIT SITE EN BORDURE DE
LA FOSSA REGIA, DE L´ÉPOQUE PUNIQUE À
CELLE DE BYZANCE
Naïdé Ferchiou
Le site de Henchir Romana est implanté dans une sorte de petite cuvette intérieure
en pente douce, entourée par un cirque de collines, et bordée par deux vallons qui se
transforment en profonds ravins vers le sud, en direction de la vallée de l’Oued Kebir.
Les ruines ont été dévastées par l’implantation d’une école et d’un village, mais, déjà
lors de mes premières visites, il y a une trentaine d’années au moins, j’avais pu constater
qu’il s’agissait seulement d’un bourg d’une certaine étendue, mais dépourvu de monu-
ments majeurs.
Village : telle était déjà l’appellation utilisée par le Lieutenant Denis en 1891 : «j’ai
pu m’assurer que l’Henchir Roumana était un village agricole. J’y ai trouvé deux
citernes, les restes d’un pressoir à huile, et une stèle funéraire... Le seul monument qui
soit encore debout est à 8 m du point où ont été trouvés les deux sarcophages. C’est un
édifice de 2 m de côté, - peut-être un fortin, - dont les murs dépassent le sol actuel d’en-
viron 1 m»1. En 1899, le Commandant Toussaint complétait cette description par la
brève notice suivante : «Vaste ruine où l’on distingue encore deux forts byzantins, une
église chrétienne et les traces de nombreuses habitations. Dans un ravin au pied du plus
petit des deux forts gisent trois sarcophages en marbre blanc...»2. En 1894, le docteur
Carton signalait de son côté un grand dolmen avec enceinte circulaire, et deux stèles,
l’une funéraire, l’autre votive, si toutefois l’Henchir Roumâne mentionné par lui est bien
le même qui nous préoccupe ici3.
(1)
Capitaine Esperandieu, note sur deux sarcophages romains découverts près de Téboursouk, BCTHS
1891 pp. 481-482.
(2)
Rapport archéologique sur la région de Mactar, BCTHS 1899 p. 196.
(3)
BCTHS 1894 p. 383.
63
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
- Céramique et monnaies
Cette présence est malgré tout certaine, comme le prouvent des tessons de céramique à
vernis noir recueillis ici et là, de même que des monnaies puniques au cheval. Nous
ignorons cependant sous quelle forme se présentait l’occupation des lieux, - s’il y avait
déjà un village, ou simplement quelques fermes.
- Eléments d’architecture
Aucun témoignage ne paraît pour l’instant antérieur à la conquête romaine. Par contre,
une petite corniche d’époque julio-claudienne pourrait constituer un ultime reflet du
décor architectonique hellénistique4.
- Monuments funéraires
Un grand dolmen avec enceinte circulaire est
signalé par le Docteur Carton, mais je ne l’ai pas
retrouvé. La chose est cependant vraisemblable,
car j’ai pu découvrir un petit dolmen dans un site
voisin, ainsi qu’une bazina, bâtie sur un point haut,
à 2 km à l’Est de l’Henchir Romana5. Peut-être
une butte visible sur une autre colline est-elle en
fait un autre tertre funéraire.
C’est éventuellement à des traditions pré-
Fig. 1
romaines qu’il faut attribuer une sorte de caveau
funéraire, autrefois mis au jour par les cultivateurs, et à nouveau comblé depuis (fig. 1 et
2). Il comportait un espace quadrangulaire décou-
vert, construit sur deux côtés au moins, en pierres
de taille de dimensions moyennes. Sur ce puits,
ouvraient apparemment deux chambres ; si le mur
de façade de l’une d’elles était fait dans le même
appareil que le reste du puits, l’autre était en moel-
lons plus petits et plus irréguliers, comme s’il
s’agissait d’un ajout ou d’un remaniement.
D’après les habitants, une des chambres au moins
aurait été une longue galerie voûtée. Aucun rensei- Fig. 2
gnement ne m’avait été alors communiqué sur l’éventuelle présence de squelettes et
d’objets appartenant à un mobilier funéraire.
(4)
N. Ferchiou, Décor Architectonique d’Afrique Proconsulaire (IIIe s. av. J.C. 1er s. ap. J.C.) Gap
1989 t.1 pp. 351-352 ; t.2 fig. 69c et pl. XCVII, a).
(5)
N. Ferchiou, Le paysage funéraire pré-romain... Ant. Afr. t.23, 1987 p. 33.
64
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
Peut-être la tombe avait-elle été déjà violée par le passé. Mais cette organisation de l’es-
pace autour d’un puits n’est pas sans rappeler l’architecture funéraire punique, du Sahel
et d’ailleurs, ou les tombes pluricellulaires existent, bien que moins nombreuses que le
type monocellulaire6. Si dans le Sahel, les caveaux sont creusés dans le roc, en raison de
la nature même du substrat géologique, à Henchir Romana, il a vraisemblablement fallu
creuser une fosse et y construire le caveau ; en fait, seule une fouille de cette tombe
pourrait apporter une réponse, au moins partielle, aux diverses questions qu’elle soulè-
ve, aussi bien sur le plan de la typologie, que sur celui de la chronologie et sur celui des
rites.
- Enfin, sous l’occupation romaine, la symbolique punique a perduré encore longtemps
à Henchir Romana, comme le montre une stèle funéraire ornée d’un croissant et d’un
disque, tandis que l’épitaphe est en latin7.
- Monuments votifs
C’est également au monde punique et néo-
punique qu’appartiennent deux stèles votives
fragmentaires, témoignant de l’existence
d’un sanctuaire à Baal Saturne8.
- L’une d’elles, vaguement trapézoïdale,
porte, simplement incisée, l’image stylisée
d’un arbre de vie (fig. 3). Le tronc prend
appui sur une sorte de socle quadrangulaire
un peu plus large que lui ; il se termine par
trois feuilles lancéolées contenant chacune
un motif similaire plus petit. Ces feuilles
sont attachées au tronc par une pointe et Fig. 3
s’inscrivent dans un schéma triangulaire. Au pied et à
droite de cet arbre, est également gravée une étoile à six
rais irrégulièrement répartis et inscrits dans un cercle.
La seconde stèle appartient à une époque plus tardive,
car elle est sculptée en relief classique, à la mode romai-
ne (fig. 4). Mais, bien que brisée, elle semble, elle aussi,
être en relation avec le culte de Saturne et de la religion
africaine. Du registre supérieur, il subsiste un objet qui
semble être une pomme de pin, posée sur une sorte de
tablette qui ne se prolonge pas jusqu’au bord de la pier-
re. Cette tablette est ornée d’une palme horizontale-
ment disposée, aux feuillages juste gravés ; à sa droite,
Fig. 4
(6)
H. Ben Younes, L’architecture funéraire punique au Sahel, dans Monuments funéraires et institutions
autochtones, en Afrique du Nord antique et médiévale, Editions du CTHS 1995 pp. 74-76.
(7)
Docteur Carton, BCTHS 1894 p. 383, n°16.
(8)
Je ne fais que les présenter succinctement, laissant le soin aux spécialistes de les intégrer dans une
recherche plus générale sur la religion africaine. Cf. N. Ferchiou [Link]. 111-112, 1980, p. 10 et fig. 1.
65
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
LA PRÉSENCE ROMAINE
Mis à part un fortin byzantin, le site se limite de nos jours à des alignements de
hastes, et des blocs émergeant ici et là dans les champs. L’habitat semble s’être réparti
entre trois îlots irréguliers, bordés à l’Est et l’Ouest par deux petits ravins et séparés par
un ensellement.
Près du fortin, affleurent des citernes à plusieurs compartiments ; dans le même
secteur, ont été déterrées une colonne en calcaire blanc et une sorte de console, ou de
couronnement de pilastre engagé, également en calcaire. L’habitat se prolongeait dans
l’ensellement, puisque de nombreux blocs émergent sur ses versants. Sur le second
replat, situé le plus à l’ouest, les constructions semblent s’être concentrées en bordure
du plateau et de la pente principale du vallon, regardant vers le sud et l’ouest ; là, les
constructions sont de deux sortes : d’une part, il s’agit d’édifices construits à la romaine,
avec murs en opus africum, et citernes ; d’autre part, ce secteur comprend aussi des
sortes d’enclos formant cour, aux contours en talus faits de petits moellons avec, parfois,
des remplois10 ; en surface, la céramique paraît tardive. S’agirait-il de fermes datant du
Bas-Empire, ou de sortes de borjs ou de fermes traditionnelles d’époque islamique,
ancienne ou récente?
Sur la limite septentrionale du site était implanté un bâtiment à vocation utilitaire.
On distingue des alignements de hastes et un angle de mur en grand appareil à
bossages ; sur le sol gisent de grands blocs, dont l’un mesure 2,50 m de long, sur 75 cm
(9)
BCTH 1894, n°15.
(10)
Colonne en calcaire dont le diamètre au nu est de 53 cm environ.
66
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
Près d’un gourbi, j’ai autrefois signalé dans mes notes un tronçon de pavement qui
aurait pu appartenir à une voie romaine ; il y a trente cinq ans environ, j’avais également
vu une sorte de citerne souterraine, longue d’une cinquantaine de mètres, et taillée dans
la pierre, de même qu’un puits carré d’abord appareillé, puis creusé dans le roc.
Beaucoup plus vers l’ouest, une nécropole semble s’être étendue au-delà de la
route actuelle ; cependant, comme des alignements de hastes et des blocs affleurent dans
les champs, il est possible qu’à un moment donné, l’habitat se soit étendu jusque là.
Un fortin de plan à peu près carré est implanté sur la bordure orientale du site, près
d’un oued (fig. 5). Comme, de nos jours encore, un puits a été creusé dans le lit même
du petit ravin, il est possible qu’il en ait été de même dans l’Antiquité et que ce fortin ait
été établi là pour surveiller un point d’eau. Il pouvait également être approvisionné par
les citernes romaines qui se trouvent à proximité.
Il comportait autrefois une porte large de 1,50 m environ, et décentrée par rapport à
l’axe du monument.
Fig. 5
L’édifice ne présentait aucun ornement, à l’exception d’une corniche, située dans l’angle
sud-est, et maintenant disparue.
Cet édifice a servi de carrière de pierres pour le village moderne, de sorte qu’il est
difficile d’en prendre les dimensions exactes, en raison du bouleversement des lieux. On
peut évaluer la longueur d’un des côtés à 25/28 m. En certains endroits, la courtine
semble présenter un double parement de grand appareil, avec remplissage de pierraille ;
l’épaisseur du mur nord-est serait de 2,15 m environ, mais celle du mur nord-ouest
67
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
serait peut-être plus large. Il s’agit certainement d’un ouvrage édifié à basse époque car ses
murs contiennent divers remplois, tels que des auges, une dalle avec feuillure, une inscrip-
tion11, un bloc comportant deux mortaises en forme de triangle ogival, et autres. Dans l’état
actuel de l’édifice, et en raison des remblais qui masquent sa partie inférieure, il est impos-
sible de déterminer s’il était bâti sur une construction antérieure ou non, et si les fondations
descendaient jusqu’au banc rocheux visible à mi-pente, dans la berge de l’oued.
Je n’ai pas retrouvé le second fortin dont parle le Commandant Toussaint, à moins
qu’il ne s’agisse d’une des deux enceintes tardives encore visibles au nord-ouest du pré-
cédent. Celles-ci comportent de nombreux remplois, - blocs ordinaires, contrepoids de
pressoir de différents types, auges, colonne et éléments moulurés. Quant à l’église, éga-
lement mentionnée par Toussaint, elle semble avoir disparue.
LE MATÉRIEL ARCHÉOLOGIQUE
(11)
C’est en effet là que se trouvait remployée la borne portant une date consulaire que j’ai publiée par le
passé : cf. N. Ferchiou, Sur quelques membres de la tribu Arnensis, inscriptions de Henchir Romana,
Cah. Tun. 111-112, 1980 pp. 16-20.
(12)
Ces pierres, entreposées depuis très longtemps dans la cour de l’école, clôturée par un haut mur, ont
été mystérieusement emportées il y a deux ou trois ans. L’état de dégradation dans lequel elles se trou-
vaient ne permettait pas de leur attribuer une réelle valeur marchande, et on voit mal un trafiquant d’anti-
quités se rabattre sur de si pauvres restes, d’autant qu’ils étaient surtout épigraphes, et que les bas-reliefs
étaient très mutilés. De “belles pierres” ont été emportées par certains propriétaires fonciers de la région
et je n’ai pas pu les examiner. Je ne désespère cependant pas de les retrouver un jour, puisque le recel
d’antiquités non déclarées à l’Etat tunisien est interdit par la loi.
68
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
- stèle en calcaire
[Link]. environ 47 cm ; l. : 59 cm. (fig.6)
Seuls deux registres ont partiellement survécu, - celui des épitaphes et, au dessous, deux
panneaux contenant des reliefs mutilés. Au-dessus du registre épigraphe, on distingue
encore le bas des lettres DMS, le M se trouvant dans l’axe de la composition.
Seule l’épitaphe de droite a été gravée. Le texte est le suivant :
D • M • S
Q • CONSIDI
VS • RUFUS • AR
NABIONIS • AR
NENSIS • V • A • L • D VIIII
(13)
C.I.L. VIII 1951.
(14)
C.I.L. VIII 14.703.
(15)
I. Kajanto, Latine cognomina, 1965 , pp. 104, 120 et 134.
(16)
J. M. Lassère, Ubique Populus, Paris, 1977, p. 457.
(17)
N. Ferchiou , loc. cit., pp. 10-11.
69
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
plutôt que celui d’un Eros funèbre, comme on pourrait s’y attendre sur pareille pierre
tumulaire. Sur la partie supérieure du poitrail, de petites lignes servent à indiquer les
plumes assez fines qu’on trouve à cet emplacement. Plus bas, il y a comme des cercles,
qui évoquent des taches ; or, le ventre des rapaces, diurnes et nocturnes, est souvent gri-
velé de noir. Les deux houppes divergentes pourraient être interprétées comme les
aigrettes qui ornent la tête des hibous et des ducs, mais celles-ci sont en général non pas
bouclées, mais raides et dressées verticalement ou obliquement. Sur une stèle découver-
te par lui à Henchir Roumâne, le Docteur Carton croyait identifier un hibou18. La stèle
de Considius constituerait-elle un second témoignage de la représentation de cet animal
dans le site que nous étudions ici?
Stèle en calcaire
h. rest. : 30 cm (fig. 7)
Cette pièce a été retaillée pour en
faire une dalle de pressoir. Il n’en
reste que le registre des épitaphes, et
la retaille, en forme de rainure cour-
be, a endommagé plusieurs lettres.
Or, la disparition de la stèle nous
interdit toute vérification. Le texte
semble avoir été le suivant :
Fig. 7
D •M •S
F[ ]A I M • GALLIVS
FORT [unat] A VALES • V [ ]
VIX AN • LXXV
[ ] VS • FILI PARENT [ ]
Le gentilice Gallius, dont la lecture est assurée, n’est pas très répandu en Afrique19. Si
son cognomen est bien Vales, il s’agit sans doute d’une variante de Valens20. En ce qui
concerne la défunte, la première lettre de son gentilice semble être un F ; en fonction de
l’espace restant, on pourrait peut-être restituer le mot Flavia ou Floria, ce nom étant déjà
représenté à Henchir Romana21. Le cognomen Fortunata est très commun et typique-
ment africain.
(18)
cf. supra.
(19)
Il n’est pas représenté dans les IL. Af., ni dans les I.L. Tun.
(20)
Il s’agit peut-être d’un particularisme africain. Rappelons en effet, dans l’épitaphe du mausolée d’El
Amrouni, le cognomen Pudens est transcrit Pudês en néopunique : cf. F. Vattioni, la bilingua latina e neo-
punica di El Amrouni, dans Helikon XX-XXI, 1980-81, pp. 293-299.
(21)
N. Ferchiou, loc. cit., p. 11.
70
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
ROG[ata] P •F [ ]
FEL[i] CI [s] PR [ ]
FILIA VIXIT V
ANNIS
Fig. 8
Seule une partie du registre figuré, ainsi que de celui de l’épitaphe, a subsisté. La
partie droite de la stèle est brisée, ainsi que son sommet. Des personnages, il ne reste
que des silhouettes informes, car le relief a été bûché, sans compter le fait que l’artisan
n’était peut-être pas de très haut niveau. Les visages sont assez frustes. La défunte,
Rogata fille de Felix, est très probablement une africaine. La pietas n’est pas indiquée,
mais il se pourrait que le-texte débute par l’invocation aux Dieux Mânes, abrégée en
DMS, ce qui interdit une chronologie haute. Du nom de l’époux, il ne reste que
quelques lettres. Il était sans doute citoyen romain puisqu’il portait un prénom. Le genti-
lice commence par un F, - Flavius ou Florius, peut-être. On ne peut tirer parti du
cognomen, trop mutilé (Primus, Probus, etc...?).
- Dalle en calcaire
[vic] TORIN
[us] VIXSIT
[ an ] NISN
[ ] III Fig. 9
(22)
Eux aussi ont disparu.
71
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
Autel
Outre les stèles funéraires, le site de Henchir
Romana a livré un autel quadrangulaire orné sur trois
côtés ; le lit d’attente porte un trou de scellement pour la
fixation d’un couronnement aujourd’hui disparu.
Chaque face est divisée en deux parties : le registre
supérieur est occupé par une niche contenant l’image
des défunts. Le registre inférieur porte un cartouche épi-
graphe partiellement enterré23.
La face principale, celle de devant, porte l’image mutilée
d’un personnage masculin drapé dans une toga contabu-
lata, et chaussé de calcei (fig. 10). De son bras gauche
replié, il tient un pan de sa toge. Malgré l’usure de la Fig. 10
pierre, le relief témoigne d’une certaine maîtrise, et d’une
fermeté relative dans l’exécution. Le défunt s’appelait C.
Valerius Vitalis.
(23)
Je n’ai pas réussi à les dégager.
(24)
A vérifier après enlèvement du remblai caillouteux compact.
72
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
Eléments d’architecture
- Chapiteaux corinthiens
J’ai autrefois pu photographier trois chapiteaux corinthiens dont deux au moins étaient
dûs à la même main (fig. 13). D’une quarantaine de centimètres de haut, ils apparte-
naient au type normal , à deux rangs de feuilles, caulicoles et calices. L’acanthe est
dérivée du type à lobes en feuilles d’olivier, mais présente des digitations maigres et
sèches, profondément découpées au trépan. Sur un des exemplaires, dont il ne reste
qu’une partie du calice, des nervures biseautées donnent un aspect semi-métallique au
feuillage, sans pour autant qu’il s’agisse du modèle micro-asiatique. Le motif axial se
trouvant sous le fleuron, entre deux hélices, est à peine ébauché, en forme de deux pal-
mettes affrontées. Le découpage particulier des branches des calices, où les éléments
constitutifs ont tendance à se dissocier pour se recomposer avec d’autres, pour former
des figures nouvelles, annonce certaines tendances du IVe s. Ces trois chapiteaux se
situent sans doute au cours d’une phase assez avancée de l’évolution de ce type d’élé-
ment au IIIe s., sinon plus tard encore.
Fig. 13
- Chapiteau paléochrétien
Les ruines ont également livré un chapiteau en calcaire, se rattachant à un courant bien
connu de l’art paléochrétien (fig. 14). Il débute par une portion de fût légèrement tron-
conique; un filet assure la transition
avec le chapiteau proprement dit. Il
est constitué par un corps cylin-
drique. Pour assurer le passage du
plan circulaire de la partie inférieu-
re, au plan carré du lit d’attente,
quatre sortes de crochets ont été
sculptés dans la moitié supérieure
de cette pièce, comme s’il s’agissait
de quatre grandes feuilles d’angle,
dont seule la partie supérieure aurait
été matérialisée dans la pierre. La
pointe médiane de la feuille retom-
be en un crochet très prononcé ; Fig.14
73
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
l’épaisseur de la feuille est matérialisée par un sillon. Peut-être y avait-il un abaque rap-
porté25, car la pierre est peu épaisse dans les angles, qui sont ainsi fragilisés26.
- Chapiteau simplifié
- Eléments divers
Citons également un colonne engagée d’angle, un fût de pilastre cannelé, un escalier
monolithe de trois marches, un pied de fauteuil ou de banc en calcaire, une auge en tronc
de cône, ornée à mi-hauteur par une corde torsadée, sculptée en relief dans la pierre ; un
couronnement d’autel orné de moulures lisses, une base de colonne épannelée solidaire
d’un fût, un arc monolithe dont les claveaux sont rendus par une incision (longueur res-
tante 94 cm) ; un petit mortier en pierre en cours de taille, un anneau en pierre, etc...
Sarcophages
Il reste à rappeler que le site de Henchir Romana a livré deux sarcophages en
marbre blanc. L’un représente une scène de mariage encadrée par des génies symboli-
sant les Saisons, et daterait peut-être de la seconde moitié du IIIe s. ap. J.C.28. Le
second, qui a disparu, était orné de strigiles et de deux éros funèbres, décor qui le place
également à une date assez basse29.
•
• •
(25)
Bien qu’il n’y ait pas de trou de scellement.
(26)
Pour ce type de chapiteau, voir par exemple H. Kähler, Kapitellstudien, Berlin 1936, n° 23, 24.
(27)
Il en existe des exemples dans l’architecture paléochrétienne de la région de Segermes : cf.
N. Ferchiou , Recherches sur le décor architectonique de la région de Segermes, dans Africa
Proconsularis (S. Dietz, L.L. Sebaï, H. Ben Hassen ed.), [Link], 1995, pp. 662, 3 et fig. 20, 21, 25. Ces deux
éléments proviennent peut-être de l’église chrétienne signalée par le Commandant Toussaint, de même
que l’escalier et l’arc monolithes.
(28)
H. Fournet Pillipenko, les sarcophages romaines de la Tunisie, dans Karthago XI, 1961
n° 137.
(29)
ID, ibid., n° 138.
74
Reppal XI, Henchir Romana, l’histoire d’un petit site en bordure de la Fossa Regia de l’époque punique à celle de Byzance Naïdé Ferchiou
(30)
N. Ferchiou, Aïn Fourna, antique Furnos Maius, ville de confins territoriaux, porte du Haut Tell, dans
Africa XVI, 1998 p.p. 31-58.
(31)
N. Ferchiou, [Link]. 1 1 1 -1 1 2 , p. 1980, 15 et 21.
(32)
ID, ibid., p. 13. Je suis revenue sur la question dans une communication présentée au congrès inter-
national d’Histoire, organisé par l’Université de Tunis I (Faculté des Sciences Humaines) en Novembre
1998, et intitulée “Village et colonisation en Afrique Proconsulaire : la zone frontière de la Fossa Regia”.
(33)
Ce qui est très honorable pour un site de ce type, car beaucoup sont totalement muets.
(34)
J’y reviendrai dans ma communication annoncée note 32.
75
LES FEMMES À CARTHAGE À TRAVERS
LES DOCUMENTS ÉPIGRAPHIQUES
Ahmed Ferjaoui
(1)
En plus des inscriptions relevées par M.G. Guzzo Amadasi, «Dédicaces de femmes à Carthage»
Studia Phoenicia, 6, 1988, p. 144, ajouter CIS I 32 69 - 3279, 3318 - 3321, 3323, 3325, 3334, 3347 -
3348, 3368, 3454 - - 3467, 3518, 3525, 3532, 3537, 3546, 3557, 3563, 3567, 3569, 3580, 3589, 3599,
3603, 3612 - 3314, 3620, 3638, 3640, 3648, 3654, 3666, 3689, 3708, 3776, 3791, 3800 - 3802, 3822 -b38
45, 3889, 3900, 4596 - 4775, 47 96, 4805, 4808, 48 14, 48 15 bis, 4816, 4855, 4877, 4885, 4885, 4887,
4910, 4925, 4933, 4935. 4944, 4950, 4977, 4982, 4984, 4987 - 4990 - 4992 - 9996, 4998, 5000, 5014; P.
Schroïder, Die Phönizische Sprache, Halle, 1869, p. 59 = H. Benichou Safar, Les tombes puniques de
Carthage, Paris, 1982, p. 221, n° 62 ; RES, 360 = KAI, 70.
77
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
- Les inscriptions des femmes portant ainsi que leurs ancêtres des noms
libyques
- Les inscriptions des femmes portant des noms libyques, leur généalogie est
punique
Les inscriptions des femmes de noms puniques, l’un de leurs ancêtres porte un
nom libyque :
>
CIS I 417 MŠ[T]RT BT MLKYTN BN KNŠ
>
CIS I 1101 RŠT BT GRCŠTRT BN QNZM
C
CIS I 1428 RŠ [T BT] QNZ
CIS I 2376 MNTYBCL BT PK>N
CIS I 2605 ḤTLT BT C BD> ŠMN BN QNZ
78
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
Les inscriptions dont les noms des femmes ou l’un de leurs ancêtres sont pro-
bablement libyques
Les inscriptions dont les noms des femmes sont formés à partir de l’ethnique
libyen
79
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
LES INSCRIPTIONS DES FEMMES DONT LE NOM EST FORMÉ À PARTIR DE L’ETHNIQUF
EGYPTIEN MSRY
- Dans la première catégorie des documents une seule inscription atteste la présence
d’une femme d’origine grecque (CIS I 191), les autres révèlent celles issues, sans
doute, des mariages mixtes.
80
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
- Les inscriptions des femmes de noms libyques ou ayant un ancêtre libyque sont
de loin les plus nombreuses. Elles montrent une importante présence des femmes d’ori-
gine locale. L’alternance des anthroponymes autochtones et sémitiques dans les généa-
logies de ces femmes est telle qu’il est permis de se demander si des noms puniques de
certaines femmes ne cachent pas en réalité une origine libyque. Une telle présence révè-
le l’importance de l’ancrage libyen de la capitale punique qui est devenue à partir d’une
certaine date de son histoire, une ville libyenne par l’origine d’une partie de sa popula-
tion, tout en restant orientale par sa culture et sa civilisation. Des femmes ont permis
ainsi aux Carthaginois et aux libyens de se lier par le sang et par la culture.
Les noms formés à partir de ceux des ethniques évoquent la présence à Carthage, à
un certain moment de son existence, des femmes ou des familles d’origine sarde et
libyque, présence significative, semble t-il, pour que le nom de l’ethnique devienne un
nom commun. Cependant, l’anthroponyme MṢRT «égyptienne» peut être transmis à
Carthage, par l’intermédiaire de l’Orient phénicien qui entretenait des relations très
étroites avec le pays du Nil depuis au moins le IIIème millénaire.
Ainsi, tous ces noms non sémitiques montrent que les femmes mentionnées dans
les inscriptions de Carthage ne sont pas toutes les descendantes des colons phéniciens
arrivés au cours des premières vagues de l’expansion phénicienne. Capitale d’un grand
empire dont l’épopée de l’édification a commencé, au moins vers la fin du VIIe siècle
av. J._C., Carthage s’était ouverte, tout au long de son existence à ses sujets : Sardes,
Siciliens, Ibères et surtout Libyens qui étaient tous acculturés par la culture punique,
ainsi qu’à des communautés étrangères, en l’occurrence grecque. Plaque tournante du
commerce de la Méditerranée occidentale, le capitale punique était également un lieu de
rencontre des commerçants méditerranéens : grecs, italiens, étrusques, ibères, orientaux
etc... De plus, les Carthaginois ne répugnaient pas le mariage avec les autres peuples.
La classe aristocratique
26 femmes mentionnent dans leurs généalogies un ou plusieurs ancêtres ayant été un
sufète ou un rab. Ces derniers sont de grands magistrats ayant assumé des hautes charges
administratives2. Ces hauts fonctionnaires appartiennent à l’aristocratie carthaginoise, et ce,
d’après les sources littéraires et l’étude de ces fonctions dans les généalogies des dédicants3.
(2)
CIS I 207, 212, 216, 221, 222, 228, 231, 232, 371, 372, 375, 2647, 3026, 3321, 3825, 3833,4808,
4845 bis, 4816, 5697 = 5886, 5702, 5883. Les inscriptions funéraires : CIS I 5940,
5950, 5979, 5988, 5994; P. Schröder (cf. note 1).
(3)
A. Ferjaoui « A propos des inscriptions mentionnant les sufètes et les rabs dans la généalogie des dédi-
cants à Carthage», Atti de la II congresso Internazionale di studi fenici e punici, Rome, 1991, p. 479-483.
81
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
Les affranchies
Elles sont représentées par 4 femmes dont une est fille d’un affranchi exerçant la
fonction de scribe9.
Les esclaves
Trois inscriptions attestent cette catégorie sociale dont une a été vouée par une fille
d’un esclave10.
(4)
CIS I 5940, 5941, 5942, 5947, 5949, 5950, 5961, 5987, 5988, 5991, 5994.
(5)
CIS I 5940, 5950, 5988, 5994.
(6)
CIS I 5692 : cf. Ch. Clermont-Ganneau, Recueil d’Archéologie Orientale, t. I, Paris, 1888, p. 103 et t.
V, p. 66 -70.
(7)
CIS I 4859, pour d’autres interprétations, cf. RES, 249, 1853.
(8)
CIS I 277, 4885, 5547, 349, 4887, 5699, 4607, 4884.
(9)
CIS I 273, 279, 280, 281.
(10)
CIS I 2632, 4855, 5939.
82
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
LA CONDITION FEMININE
83
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
Notre documentation révèle ainsi une certaine liberté de la femme dans la mesure
où elle pratiquait très souvent le sacrifice à titre personnel. Cette liberté peut être saisie
dans d’autres inscriptions qui montrent des femmes s’associant aux hommes pour com-
mémorer des sacrifices16.
La monogamie
Si l’archéologie semble attester la monogamie puisque certaines tombes renfer-
ment deux corps qui pourraient être ceux des couples20, les inscriptions, en revanche, ne
révèlent pas cette pratique d’une manière certaine. En effet, les femmes qui se détermi-
nent par la mention des noms de leurs maris, ne sont pas impérativement des épouses
uniques.
La polygamie
Dans une seule inscription funéraire21, deux défuntes sont qualifiées par ŠNYT
d’un homme, signifiant probablement «épouses secondes» ou «concubines». Mais il
semble qu’une telle pratique était très limitée, en témoigne la rareté des documents.
(16)
CIS I 382, 383, 4987, 5702
(17)
CIS 1263, 378, 383, 696, 1407, 2798, 3776, 3840, 4627, 4558
(18)
A. Verger, «Note di epigrafia gioridica punica-I. Matronimici e ierodulia nell’Africa punica», RSO 45
(1965), p. 263-264.
(19)
M. Giulia Guzzo Amadasi, «Dédicaces de femmes à Carthage», Studio. Phoenicia, 6, 1988, p. 146.
(20)
M.H. Fantar, Carthage. Approche d'une civilisation, T.I., Tunis, 1993 p. 198.
(21)
CIS I 6011.
84
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
La pratique du commerce
Un seul document signale cette activité détenue par une femme
ŠBLT SḤRT HQRT « Siboulet négociante de la ville (?)»27
Le terme SḤRT qualifiant cette femme ne signifie pas le marchand ou le vendeur
d'un produit bien déterminé que le punique désigne par le vocable MKR, mais le com-
merçant dans son rôle ambulant à la fois importateur et exportateur28.
La condition des servantes ne semble pas avoir été difficile. Selon une
inscription29, le sacrifice célébré par une esclave a été commémoré, semble t-il, par la
famille propriétaire en lui érigeant la stèle votive «ce qu’a voué notre servante X fille de
X». D’après une autre30, une servante a voué au profit de son maître. Un dernier docu-
ment31 révèle le sacrifice d’une fille d’un esclave appartenant à une famille (CZRT). Ces
témoignages montrent que les servantes étaient bien traitées et pouvaient entretenir des
rapports humains avec leurs maîtres. Elles avaient le droit de sacrifier aux dieux, de se
marier et de se procréer. Leurs progénitures nées dans les foyers de leurs maîtres sem-
blent avoir un statut juridique particulier. Leur condition d’esclavage peut s’interrompre
par un acte d’affranchissement, approuvé par l’assemblée du peuple.
Quant à la documentation relative aux fonctions, elle témoigne que les femmes
peuvent assumer essentiellement des charges religieuses allant d’une simple servante
d’un temple jusqu’à la présidence d'un collège de prêtresses et de prêtres. Ce rôle de la
femme dans la vie religieuse a été maintenu en Afrique après la destruction de la capita-
le punique. Une des inscriptions néopuniques remontant à cette époque révèle une gran-
de prêtresse d’origine autochtone ayant assumé cette charge pendant dix-huit ans32.
(22)
CIS I 263.
(23)
CIS I 378.
(24)
CIS I 5940, 5941, 5942, 5947, 5949, 5950, 5961, 5985, 5994.
(25)
CIS I 5949.
(26)
CIS I 5988.
(27)
CIS I 5948.
(28)
Ch. Chermont - Ganneau, Recueil d’Archéologie Orientale, t. V, Paris, 1903, p. 315 - 322.
(29)
CIS I 2632.
(30)
CIS I 5939.
(31)
CIS I 4855.
(32)
A. Ferjaoui, «Epitaphe néopunique d’une grande prêtresse de Cérès». Semitca, 46, 1996, p.25-35, pl. 3 et 4.
85
Reppal XI, Les femmes à Carthage à travers les documents épigraphiques Ahmed Ferjaoui
(33)
M. Sznycer, «Un texte carthaginois relatif aux constructions ( CIS I, 5523)», Semitica, 40, 1991, p. 69 - 81.
(34) > > C
«Les 10 hommes qui sont préposés aux sanctuaires» : CIS I 175 : H SM S L HMQDSM.
86
PERCEPTION DE LA MER
PAR LES PHÉNICIENS ET LES PUNIQUES
À TRAVERS LEUR EXPANSION EN
MÉDITERRANÉE*
Ahmed Ferjaoui
L’importance de la mer chez les Phéniciens et les Puniques est indéniable. Leur
expansion en Méditerranée, tant orientale qu’occidentale1 , les démêlés de la métropole
punique avec les Grecs de Sicile2 puis avec les Romains3 en témoignent largement. En
mettant à contribution, faute d’une documentation directe relative à ces événements4, les
sources orientales et gréco-romaines, il nous est possible d’appréhender quelques
aspects de la perception de la mer par ces deux peuples tels qu’ils peuvent se dégager de
ces sources. Celles-ci n’ont pas, jusqu’alors, été sollicitées, à notre connaissance, pour
l’étude de ce sujet. Nous tenterons de mettre en évidence une succession de phases
directement liées à l’expansion phénicienne et punique ainsi qu’à la situation politique
et militaire que la Méditerranée a connu au cours du premier millénaire av. J.-C.
* Cet article a été présenté au symposium sur la perception de la mer qui a été organisé à Tunis en 1989
par la Maison d’édition Alif. La bibliographie relative à l’expansion phénicienne et punique est donnée à
titre indicatif.
(1)
A propos de cette question cf. par exemple D. Harden, The Phoenicians, Londres, 1962, p. 57-65 ; S.
Moscati, l’épopée des Phéniciens, Paris, 1971, p. 137-147 ; I Fenici e Carthagine, Turin, 1978, p. 89-
150 ; J. Heurgon, Rome et la Méditerranée occidentale jusqu’aux guerres puniques, Paris, 1969, p. 125-
149 ; K. Galling, Der Weg der Phönicker nach Tarsis in Literarischer und archäologischer Sicht, ZDPV,
88, 1972, p. 1-18 et 140-181 ; P. Bosch-Gimpera, «Les Phéniciens. Leurs prédécesseurs et les étapes de
leur colonisation en Occident, CRAI, 1972, p. 464-475 ; G. Bunnens, L’expansion phénicienne en
Méditerranée, Essai d’interprétation fondé sur une analyse des traditions littéraires, Bruxelles, Rome,
1979, passim.
(2)
Gsell, Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, T. III, p. 1-66.
(3)
C. Nicolet, «Les guerres puniques» dans C. Nicolet, Rome et la conquête du monde méditerranée,
T. II, Genèse d’un empire, Paris, 1978, p. 594-626, avec bibliographie, p. 482-486.
(4)
Les sources directes, tant archéologiques qu’épigraphiques, ne nous apportent de renseignements dans
l’étude de ce sujet.
87
Reppal XI, Perception de la mer par les phéniciens et les puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
(5)
Pour une description plus détaillée, cf. S. Moscati, L’époque des Phéniciens, Paris, 1971, p. 22-25 ; F.
Decret, Carthage ou l’empire de la mer, Paris, 1977, p. 17-21.
(6)
Pour une traduction en langue française de ce récit, cf. G. Lefebvre, Romans et contes égyptiens, Paris,
1949, p. 208-220. L'authenticité de ce récit à fait l'objet de plusieurs commentaires. Nous trouvons un
résumé des différentes hypothèses dans G. Bunnens, op. cit., p. 45-48.
(7)
Hérodote, I, 1 ; Thucydide, VI, 2, 6 ; Cicéron, République, III, fr. 3 ; Diodore de Sicile, V, 20, 35 ;
Flavius Josèphe, Contre Apion, I, 12, 61-63.
(8)
Hérodote, IV, 196.
88
Reppal XI, Perception de la mer par les phéniciens et les puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
S’ils jugent que la quantité d’or répond à la valeur des marchandises, ils l’emportent et
lèvent l’ancre, sinon ils retournent à leurs navires et attendent. Les indigènes, revenant à
leur tour, ajoutent de l’or jusqu’à ce que les Carthaginois soient satisfaits. On ne se fait
réciproquement aucun tort. Les uns ne touchent pas l’or avant que la quantité déposée
ne leur paraisse en rapport avec leurs marchandises. Les autres ne touchent pas aux mar-
chandises avant que les Carthaginois n’aient pris l’or».
C’est probablement ainsi qu’il faille s’imaginer les premiers contacts noués entre
Phéniciens et les peuples que la mer leur a permis de rencontrer. Ces relations, suivies
d’échanges commerciaux, ont fait de la mer une source de richesse.
(9)
I. Rois, X, 21b-22
(10)
Ezéchiel, XXVII, 12-15.
(11)
Ezéchiel, XXVII, 9
(12)
Appien, Libyca, 2 : « Ils ( les carthaginois) dominèrent au loin sur la mer et portèrent leurs armes en
89
Reppal XI, Perception de la mer par les phéniciens et les puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
véritable aristocratie marchande. Isaïe13 l’évoque dans ses oracles contre Tyr :
«8. Qui a décidé cela contre Tyr qui distribuait des couronnes,
dont les marchands étaient des princes,
et les trafiquants des grands de la terre?»
A Carthage, le pouvoir politique était détenu par quelques grandes familles dont la
richesse était fondée sur le commerce maritime et auquel ne s’est jointe, que tardive-
ment, l’agriculture.
A partir du IVe siècle, le système électoral en vigueur privilégierait, d’après
Aristote14 , cette oligarchie, puisqu’il fallait disposer, et d’un certain mérite, et d’une
aisance matérielle, pour se voir ouvrir les portes du pouvoir politique. Si la mer a ainsi
permis l’enrichissement d’une classe marchande, c’est l’État, le premier , qui a su tirer
profit de la vitalité commerciale et maritime pour devenir une grande puissance. Ainsi
devenu, il s’est engagé dans une politique d’exploration.
Sicile, en Sardaigne, dans les autres îles de cette mer et en Espagne; par leur puissance ils égalèrent les
Grecs, par leurs richesses les Perses». cf. Polybe, I,10,5.
(13)
Isaë, XXIII, 8.
(14)
Aristote, Politique, II,11 1272b-1273, traduction française par [Link], Paris, 1960.
(15)
Hérodote, IV, 42; à propos de ce périple, cf., entre autres, J. Desanges, Recherches sur l’activité des
Méditerranéens aux confins de l’Afrique ( VIème siècle av.J.-C.- IVème siècle ap.J.-C.), Rome, 1978, p.7-
16.
(16)
Pour le premier périple, cf. J. Desanges, ibid., P. 39-45.
(17)
P. Cintas, « Fouilles puniques à Tipasa», Rev. Afr., 1948, p.8 ; Contribution à l’étude de l’expansion
carthaginoise au Maroc, Paris, 1954, p. 10-16.
90
Reppal XI, Perception de la mer par les phéniciens et les puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
- ports et lieux d’escale situés à une journée de navigation les uns des autres,
et ce pour une navigation de cabotage, qui n’excluait pas celle en haute mer ;
- lieux stratégiques jalonnant les routes des métaux...
Ainsi, en Sicile, les Phéniciens ont-ils préféré s’établir, lors de l’arrivée des
Grecs,dans le sud et le sud-ouest de l’île18 puisque ces emplacements se trouvaient sur
la voie reliant les ports phéniciens à l’Espagne. Ils s’installèrent à Malte, à Gozzo et
Pontelleria, car elles leur assuraient le passage entre les deux bassins de la
Méditerranée. Diodore de Sicile19 citant Malte écrit :
«... se ont emparés ( les Phéniciens) de ce refuge situé en pleine mer et pourvu de
bons ports.»
(18)
Thucydide, VI, 2, 6.
(19)
Diodore de Sicile ,V, 12.
(20)
Diodore de Sicile ,V, 20,3.
(21)
Diodore de Sicile , XI, 20.
(22)
M.H Fantar, Le dieu de la mer chez les Phéniciens et les Puniques, Rome, 1977, p. 27-42.
(23)
M.H. Fantar « Triton à Kerkouane » , dans l’homme méditerranéen et la mer (Actes du troisième
congrès international d’études des cultures de la Méditerranée occidentale, Jerba, Avril 1981 ), Tunis,
1985, p.411-418.
(24)
Diodore de Sicile, XI, 21,4, « ... Amilcar se trouvait alors dans le camp de l’armée navale, et se dis-
posait à offrir un pompeux sacrifice à Neptune...»; XIII, 86, 3, «... Dès qu’Amilcar vit ses troupes ainsi
effrayées, il fit cesser la destruction des tombeaux; puis il ordonna des supplications aux dieux, selon les
rites de sa patrie, en sacrifiant un enfant à Saturne et en plongeant dans la mer une foule de victimes en
l’honneur de Neptune...».
91
Reppal XI, Perception de la mer par les phéniciens et les puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
A ces quelques aspects de la perception de la mer par les Phéniciens, s’en sont
ajoutés d’autres à la suite de plusieurs événements survenus en Méditerranée occidenta-
le, et ce, à partir de la seconde moitié du VIIIe siècle. L’une des conséquences directes
est l’émergence de nouveaux intérêts pour la mer. En effet, avec l’arrivée de Grecs, en
grand nombre, et leur installation en Sicile et en Italie du Sud notamment, les intérêts
commerciaux des Phéniciens se voient menacés. Théâtre de la concurrence, la mer
devient alors un espace à contrôler, à préserver. Il importait maintenant aux
Carthaginois, héritiers des Phéniciens, d’empêcher les rivaux de s’étendre, et ce, par la
mise en place d’une politique de conquêtes visant à contrôler les routes commerciales,
mais aussi à créer des escales jalonnant les routes de l’Espagne méridionale et septen-
trionale. Ainsi, dès le milieu du VIIe siècle, les Carthaginois ont-ils occupé l’île d’Ibiça.
Vers le milieu du VIe siècle, ils s’emparent de la Sardaigne et d’une partie de la Sicile
pour intervenir, enfin, en Espagne.
La mer est devenue une surface à défendre. Ainsi, afin d’assurer la bonne marche
de leurs affaires, les Carthaginois se sont-ils alliés aux Étrusques contre les Phocéens, en
535, afin d’endiguer la piraterie25, mais ont-ils également conclu des accords avec
Rome, et ce, si l’on en croît Polybe26, dès l’année 509 :
«Les Romains et leurs alliés s’abstiendront de naviguer au -delà du Beau-
Promontoire ( = c’est - à -dire au sud du cap Farina, au nord-ouest de Carthage), à
moins que la tempête ou une force ennemie ne les y contraignent; si un navire se trouve
entraîné malgré lui au - delà de ce cap, il sera interdit à l’équipage de rien vendre et de
rien acheter, sinon ce qui sera nécessaire pour mettre le dit navire en état de reprendre la
mer ou pour offrir un sacrifice. Le navire devra repartir dans les cinq jours. Pour ceux
qui viendront pour faire du commerce, aucune transaction ne pourra être conclue sans la
présence d’un héraut ou d’un greffier. Quant au règlement des achats effectués en pré-
sence de ces fonctionnaires, l’État se portera garant envers le vendeur - cela pour les
ventes effectuées en Sardaigne et en Afrique ...»
Pour conserver son hégémonie sur les rivages méridionaux de la Sicile, Carthage
s’allia également avec les autochtones de l’île, et ce, vers la fin du VIe siècle. Quant à la
bataille d’Himère, en 480, que Carthage avait perdue au profit des Grecs de Sicile, son
objectif était, certes, la domination de l’île, place stratégique située entre les deux bas-
sins de la Méditerranée, et entre l’Europe et l’Afrique, mais plus encore la domination
de la Méditerranée occidentale toute entière. Ainsi, zone à défendre, la mer devienne
une propriété.
(25)
Hérodote, I, 165-167; Strabon, VI, 1 1, c 252, cf., J. Jehasse, « La victoire à la cadméenne d’Hérodote
( I, 166) et la Corse dans les courants d’expansion grecque», REA, 64, (1962), p. 241-286 ; M. Gras,
« A propos de la bataille d’Alalia», Latomus, 31, ( 1972), p. 698-716.
92
Reppal XI, Perception de la mer par les Phéniciens et les Puniques à travers leur expansion en Méditerranée Ahmed Ferjaoui
L’emprise de Carthage sur la mer était telle, que Verrius Flaccus29 rapporte que
l’on avait qualifié la zone qu’elle dominait d’»eaux tyriennes» et il ajoute : «... passé en
proverbe parce que les Puniques, originaires de Tyr, ont été si puissants sur mer que la
navigation en devient périlleuse pour tous les mortels».
L’intérêt de Rome pour la Méditerranée et en particulier pour la Sicile, clef du bas-
sin occidental, engendra un affrontement inévitable avec Carthage. C’est la perte de
l’hégémonie maritime qui sonna le glas à l’expansion de ce peuple sémitique tout orien-
té vers la mer de par ses visées mercantiles. Cette dernière lui ayant permis son épa-
nouissement et son expansion à travers tout le bassin méditerranéen.
(26)
Polybe, III, 1, 23.
(27)
Polybe, III, 1, 24.
(28)
Strabon, XIII, 1, 19.
(29)
Festus, s. v. Tyria maria.
93
LA CÉRAMIQUE MODELÉE
DU "NOUVEAU MÉGALITHE " DE MAKTHAR
Mansour Ghaki
(1)
La bibliographie relative à la céramique modelée provenant des structures funéraires protohistoriques
se retrouve dans le travail de Gabriel Camps : Aux origines de la Berbèrie, Monuments et rites funéraires
protohistoriques, Paris 1961, pp. 213-417 et pp.573-605.
(2)
Cintas P., Céramique punique, Tunis 1950, pp. 447-455.
(3)
Id., Eléments d’étude pour une protohistoire de la Tunisie, Paris 1961.
Id. Tombes puniques à Tébourba, BAC 1946-49 pp. 863-869.
(4)
Camps, G. Corpus des poteries modelées, CRAPE, Alger 1964 ( désormais Camps, Corpus).
95
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
- Celle ramassée en surface sur les sites antiques ; elle se présente sous forme de tes-
sons, presque toujours en mauvais état de conservation ; elle peut facilement être
confondue avec la modelée faite à d’autres époques historiques, parfois même avec
la modelée contemporaine.
- La céramique ramassée provenant des fouilles dans un contexte d’habitat ; elle est
souvent ignorée car accompagnée de tessons de céramique tournée datables.
Les tessons que l’on rencontre lors des prospections et des fouilles de l’habitat per-
mettent de se faire une idée sur la place qu’occupe la modelée selon les époques histo-
riques ; elle est parfois, pour ce qui concerne la période antique classique, l’objet de
constations qui pourraient sembler contradictoires ; pour Peyras “ il semble bien que
cette céramique commune a continué à être fabriquée, même dans les villes, à l’époque
romaine...”5, tandis que Van der Werff, pour qui la modelée est un phénomène paysan,
écrit : “face à une offre aussi importante de céramique tournée dans la région, la poterie
modelée n’avait plus aucune chance de se vendre à Uzita. A partir de 10-40 après J.C. la
production des paysannes se sera limitée aux besoins de leurs ménages... Il serait inté-
ressant de savoir si d’autres sites nord-africains confirment l’hypothèse que je viens de
proposer ”6.
Un millier de vases a servi de base au “Corpus ” de Camps qui précise d’ailleurs
que “ce chiffre est certainement très inférieur au nombre réel de poteries qui furent reti-
rées au cours de fouilles demeurées inédites ou insuffisamment publiées ” ; ce chiffre ne
tient compte que des vases découverts dans les fouilles de nécropoles.
Ce chiffre, un millier, est largement dépassé ; rien que pour la Tunisie, de nombreuses
fouilles ont permis de mettre au jour des centaines de vases ; il faut citer :
- les vases modelés mis au jour par la fouille d’une chambre du “grand mégalithe de
Makthar ; la fouille a été menée par l’Institut national d’archéologie et d’art en
1965 ; le matériel récolté est pour le moment introuvable, nous ne désespérons pas
de le retrouver un jour.
- les vases modelés mis au jour à Makthar et à Elles7.
- la céramique modelée découverte à Djebba8 .
- le résultat des fouilles faites dans les nécropoles puniques du Sahel9.
- la très riche collection du “nouveau mégalithe ” de Makthar.
- de rares mentions de céramique modelée sont faites dans divers études et recherches
archéologiques menées ces dernières décennies.
(5)
Peyras J., Le Tell au nord-est tunisien dans l’Antiquité, Essai de monographie. CNRS, Paris 1991,p.444.
(6)
Werff, J.H. van der, Céramique modelée d’Uzita, Babesch, n.59, part 2, 1984, pp. 125-135 (131).
(désormais Werff, Céramique modelée d’Uzita)
(7)
Les fouilles de Ali Mtimet à Makthar en 1976 et à Elles en 1985 n’ont pas été publiées ; du matériel
provenant de ce travail est signalé dans le catalogue de l’exposition “30 ans au service du Patrimoine ”,
XXVIII ème centenaire de Carthage, Tunis 1986, pp. 45-50.
(8)
Krandel-Ben Younés A., La nécropole rurale de Thigibba Bure (Djebba), Reppal VII-VIII, 1992-
1993, pp. 179-286 (désormais : Krandel-Ben Younés, Thigibba Bure)
(9)
Ben Younés. H. La nécropole punique d’El Hkayma, Mai 1984, Reppal II, 1986, pp.31-173.
(désormais : Ben Younés, El Hkayma 1984) Id. La nécropole d’El Hkayma, seconde campagne
Septembre 1985, Reppal IV, 1988, pp. 49-161 (désormais : Ben Younés, El Hkayma 1985).
96
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
A cette céramique découverte dans un milieu funéraire, il faudrait ajouter les résul-
tat des fouilles menées ici et là depuis des décennies : Kbor Klib10, Makthar11,
Kerkennah12, Dougga13, Nebeur14, etc.
Pour ce qui est des travaux d’analyse et de classification, après le travail de Camps
que nous citions dès le début, il nous faut signaler l’étude de Fayolle 15, l’article
d’Ariane Bourgeois et de Jeanne Gautier16 ainsi que l’importante contribution de Van
der Werff sur la céramique modelée d’Uzita17. La céramique modelée est évoquée dans
des publications consacrées à des recherches sur les sites de Chemtou et de Segermes18.
La fouille du “nouveau mégalithe ” de Makthar menée en 1995 et 1996 a permis de
mettre au jour une grande collection de céramique allant de la modelée à l’arétine en
passant par la vernis noir et la punique ; A côté de cette céramique typique, ont été
découvertes des imitations “locales ” de la campanienne, de l’arétine et de la punique ;
la période couverte par ce matériel s’étale du IIIe siècle avant J.C. à la fin du Ier siècle
après19. La fouille du “ nouveau mégalithe ” n’est pas terminée :
- la chambre A20 n’a été fouillée qu’en partie car dangereuse, sa dalle de couverture
est cassée en son milieu et ses deux morceaux penchent vers l’intérieur de la
chambre et rendent toute intervention dangereuse.
- Les piliers-caissons attendent aussi d’être explorés, le caisson “ cd ” a livré une
quantité appréciable de céramique21.
Grâce à Giovanni Tore et à un groupe de ses étudiants22, nous avons pu, dans le
cadre d’un séminaire sur le mégalithisme en Tunisie, trier et classer la céramique ;
(10)
A titre d’exemple citons : Ferchiou, N., Le Kbor Klib (Tunisie), Quadreni di archeologia della Libya,
14, pp. 46-97 (p.95 : “ une coupe en poterie modelée à couverte rouge ”).
(11)
Bourgeois, A., La céramique du sanctuaire d’Hoter Miscar à Mactar, Karthago XX, 1982 pp. 17-70
(pour la modelée les pages 45 à 48, tableau 11 et fig.12 et 13).
(12)
Communication orale de notre ami et collègue Faouzi Mahfoudh.
(13)
Les travaux de recherche et de mise en valeur menés depuis une décennie à Dougga permettent une
récolte importante de tessons de vases modelés.
(14)
Il s’agit des résultats encore inédits de la fouille d’une tombe “ punique ” découverte en 1998.
(15)
Fayolle, V., La poterie modelée du Maghreb oriental, CNRS, Paris 1992 (désormais : Fayolle, Poterie).
(16)
Bourgeois, A. - Gautier, J., Etude au laboratoire de céramiques locales de Mactar, Antiquités
Africaines 19, pp. 117-126.
(17)
Van der Werff J.H., : La céramique modelée d’Uzita. Camps G., Gastel, Encyclopédie berbère 1998.
(18)
Vegas, M. : La céramique du “ camp ” de Simitthus in Rakob, F., Simitthus II, Deutsches
Archäologisches Institut - Institut National du Patrimoine, von Zabern 1994, pp. 141- 184 (169-170).
Lund, J. Hellenistic, Roman and Late Roman Fine Xares from the Segermes Valley- Forms and
Chronology, Africa Proconsularis, Regional studies in the Segermes Valley of Northern Tunesia, [Link],
IIIA, pp.449-560 ( General discussion pp.449-472), Copenhagen 1995. La céramique modelée fruit de la
fouille allemande à Carthage est l’objet d’un travail universitaire.
(19)
Ghaki M., “ Le nouveau mégalithe ” de Makthar, rapport préliminaire, Reppal X, 1997, pp. 63-72.
(20)
Id.p. 64 fig.1
(21)
Id.p. 68.
(22)
Dssa. Rita Esposito ; Mlles Francesca Ounis, Alessandra Spiscu et Véronica Bisio ( Cagliari) ; Dr.
Nicolas Vella ( Malte) ; [Link] F. Ruis ( Paris I-Sorbonne) ; Ms. Raymondo Secci et Antonello
Greco (Cagliari). Un vif remerciement à tous ceux et à toutes celles qui m’ont aidé à voir plus clair dans
la grande collection des céramiques du nouveau mégalithe.
97
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
la tournée a été dessinée par ce même groupe ; la céramique modelée a fait l’objet d’une
réflexion et d’une tentative de classement ; les dessins accompagnant cette présentation
sont de Abdelhamid Chebli, dessinateur à l’INP.
Ce travail est donc, en grande partie, le fruit d’un effort collectif23.
La classification de Camps demeure, à notre avis, la référence. Camps a retenu plu-
sieurs critères : les dimensions, il distingue ainsi quatre groupes : microcéramique,
petit, moyen et grand ; la fonction, ainsi avons-nous des vases funéraires, votifs, rituels
et de la vaisselle ; il ajoute à ces deux données premières, une caractéristique : la pré-
sence ou l’absence d’accessoires ; il aboutit ainsi à une liste de vingt-cinq “formes
typiques” à l’intérieur desquelles il distingua les types locaux (archaïques) des imita-
tions de la tournée punique24.
Pour mener à bien notre tentative de classement de la céramique modelée décou-
verte dans le “nouveau mégalithe ” de Makthar, nous avons retenu cinq paramètres : la
forme, la présence ou non d’accessoires, les dimensions, la couleur et l’usage probable ;
le type étant la combinaison des quatre premiers, le cinquième, l’usage probable, nous
paraissant difficile à cerner avec certitude, un vase pouvant avoir plusieurs rôles ;
Seul le classement de la microcéramique à part, quelque soit la forme, paraît logique ;
le fait que la microcéramique soit symbolique et surtout qu’elle imite souvent des
formes “utiles ” devraient d’ailleurs atténuer l’idée qu’elle doive être rangée à part : une
tasse miniature ne peut servir à boire mais elle en évoque la notion ; pour le fabriquant
et pour celui qui l’a déposée dans la tombe, son rôle est clair.
(23)
Une pensée pour Giovanni Tore qui devait revenir en Tunisie “ après Minorca ” où nous nous étions
retrouvés en Octobre 97, le destin en a décidé autrement.
(24)
Camps, Corpus p. 6
98
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
avec accessoires et vases sans accessoires doit malgré tout être faite.
- Le genre (Chiffres arabes précédés du zéro)
Le genre fait intervenir les composantes dimensions du vase donc les notions de
petit, moyen et grand vase, il s’agit surtout de la hauteur du vase ; ceci dit, les limites ne
peuvent être que conventionnelles, elles se basent sur une appréciation, un choix.
01 De 1cm à 8cm de hauteur : microcéramique
02 De 9 à 12cm : petits vases
03 De 13 à 15cm : vases de moyenne hauteur
04 16cm et plus : grands vases
- La fonction du vase est une donnée importante, elle détermine souvent le groupe, le
genre et la catégorie. Camps distingue trois grandes familles : la microcéramique dont la
destination est funéraire et rituelle ; les vases sans accessoires qui sont funéraires, rituels
et des copies funéraires de la petite vaisselle ; enfin les vases avec accessoires qui sont
de type utilitaire.
Or, à y regarder de près, l’on remarque qu’il y a en fait deux grandes familles :
a. la microcéramique qui est souvent une imitation de vases “utiles ” ; elle est faite
pour le funéraire et le rituel et ne peut avoir un autre usage.
b. le reste de la céramique, muni ou non d’accessoires, “ sert ” aussi bien les vivants
que les morts ; ceci dit, sa fonction n’est pas toujours facile à saisir. Un même vase
a, en réalité, plusieurs rôles : conserver, transporter, verser et pour peu qu’il soit
muni d’un filtre il se voit ajouter un quatrième rôle, etc. S’il fallait absolument faire
la liste des fonctions, nous retiendrons : contenir, verser, conserver, transporter et
puiser ; s’ajouteraient les vases à feu qui sont utilisés pour brûler (l’encens, par
exemple), faire cuir, chauffer et éclairer. Ces fonctions multiples sont communes à
plusieurs formes de vases, il serait arbitraire de privilégier l’une des fonctions par
rapport aux autres. Le contexte funéraire ne doit pas faire oublier que, microcéra-
mique mise à part, les vases ont été fabriqués pour servir les vivants ; ils semblent
d’ailleurs continuer à être “utiles ” aux morts donc à avoir les mêmes fonctions, fus-
sent-elles symboliques.
99
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
(25)
Camps, Corpus p. 85.
(26)
Camps, Corpus p.56.
(27)
Fayolle Poterie, fig.76, p. 198.
(28)
Krandel-Ben Younés, Thigibba Bure.
100
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
4
Bol
Le bol est une “poterie de type utilitaire, de forme tronconique plus évasée et
moins profonde que les gobelets. Le diamètre de l’orifice est toujours supérieur à la
hauteur ”31, Camps distingue trois types en fonction des dimensions et du rapport hau-
teur/diamètre de l’orifice et aussi en fonction de la présence ou de l’absence du pied.
Fayolle regroupe gobelet et bol sous la rubrique “vases utilitaires sans accessoires” ;
elle définit les bols comme étant “de petites poteries mi-profondes aux parois tronco-
niques évasées largement. La hauteur varie entre 5 et 10mm et le diamètre entre 11 et
20mm ”32. Ben Younés constate que “au nombre de 15, les bols se subdivisent en deux
groupes différenciés par la présence d’une carène située au tiers inférieur de la forme.
De forme tronconique, ces bols ont des dimensions relativement proches dépassant rare-
ment les 6cm de hauteur ... La hauteur moyenne oscille entre 5 et 6 cm, les diamètres
varient entre 11 et 14 cm ; le diamètre le plus fréquent étant de 13,5cm environ ; la pro-
(29)
Ben Younés, El Hkaima 1984 pp.56-57. Id. El Hkaima 1985, p.63-64.
(30)
Les statistiques accompagnant les formes concernent uniquement les vases entiers ; les chiffres défi-
nitifs devront tenir compte de l’étude des tessons trouvés en grande quantité dans les chambres et qui sont
le résultat des bouleversements dus à la fréquentation répétée du mégalithe.
(31)
Camps, Corpus p.45.
101
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
fondeur varie entre 4 et 6cm. Les bols carénés présentent parfois un profil convexo-
concave ; les parois peuvent être évasées…Les fonds sont parfois épais ou très épais ”33
Mtimet signale à Ellés un “ bol à panse concave ; dolmen 7 couloir, couche 2 ”34.
Cette forme revient souvent à Makthar et il est très rare de trouver plusieurs vases
identiques d’où la difficulté de classer sans recourir à la nuance ; il y a un risque à tom-
ber dans l’appréciation subjective. Chaque vase mériterait une description.
Groupe I, Catégorie A et B, Genre 02-03, Espèce a et b.
Forme ouverte, avec ou sans accessoires, de petites et moyennes dimensions, de cou-
leurs rouge et autre.
(32)
Fayolle, Poterie, fig.76 p. 198.
(33)
Ben Younés, El Hkayma 1984 p.55. Voir aussi Ben Younés H., Note sur les tumulus de henchir el
Mizouri ( Sidi Alouane) au Sahel tunisien, Reppal, III, 1987 pp. 33-42 (p.35 “bol à pied dont la partie
supérieure présente une concavité, au dessus de la carène, lui donnant un profil en S. ”.
(34)
30 ans au service du Patrimoine, Catalogue de l’exposition : 28ème centenaire de Carthage, Tunis
102
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
103
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
- à bord rentrant
104
Reppal XI, La céramique modelée du“nouveau mégalithe” de Makthar Mansour Ghaki
- à bord oblique
- à bord évasé
105
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
photo 3
photo 4
photo 5
- une corne sur un bord droit, couleur autre
106
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
6
Coupe
1986 p. 48.
(35)
Camps, Corpus p.62.
107
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
108
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
109
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
8
Epuisette
Photo 6
Type 8.1 muni d’un mamelon et d’une anse en forme de manche recourbée
Photo 7
110
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
10
Gobelet
“ Petites poteries de forme tronconique, sans galbe marqué, peu évasées et profondes.
La hauteur est comprise entre 60 et 100mm. L’orifice qui correspond au diamètre maxi-
mum, oscille entre 65 et 115mm ”39. Camps distingue deux types de gobelets ; le pre-
mier, type 1, est sans éléments de préhension, par contre, le type 2 en est muni : mame-
lon, oreilles, cordons .
11
Godet
“Ces petites poteries comprennent des types à fond plat et d’autres munis d’un
pied. La taille est toujours très faible, la hauteur dépasse rarement 50mm, le diamètre
supérieur n’atteint qu’exceptionnellement 100mm. On peut considérer ces poteries
comme des brûle-parfum ”40.
On retrouve les godets dans la classification de Fayolle “ des poteries modelées
retirées des nécropoles puniques ”; ce type de céramique ne se retrouve, par contre, pas
dans le tableau de la “classification morphologique des poteries modelées tunisiennes
retirées des monuments mégalithiques ”41. La présence des godets dans le contexte
funéraire maktharois oblige à revoir ce classement.
Ben Younés a mis au jour trois godets “de forme tronconique, présentant des dimen-
sions réduites, 3 à 4,5cm de hauteur et 5 à 7,4cm de diamètre. Leur fond peut être très
épais, le plan de pose plat ou légèrement surélevé ”42.
(38)
Fayolle, Poterie p. 197.
(39)
Camps, Corpus p.41
(40)
Camps, Corpus p.10
(41)
Fayolle, Poterie, fig.76, p. 198
111
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
112
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
113
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
12
Jatte
Les jattes sont “des bols plus ou moins profonds, toujours carénés. Leur hauteur est
inférieure à 100 mm. Certains s’écartent des dimensions des bols pour se rapprocher de
celles des assiettes ”43. Les jattes découvertes à El Hkayma sont “toutes tronconiques,
plus ou moins évasées, elles se différencient soit par le nombre de tétons (deux ou trois),
ou bien par la présence de la carène... ”44.
Deux jattes provenant de la fouille d’Ellés et de l’une des chambres du grand
mégalithe de Makthar sont publiées dans le catalogue de l’exposition “ 30 ans au servi-
ce du Patrimoine ”. L’une est “ de forme carénée primaire ” avec trois bourrelets ou
mamelons de préhension, dolmen, caveau 3 couche 2 ”, l’autre a une“ lèvre évasée vers
l’extérieur, un profil supérieur légèrement concave ”45.
Groupe I, Catégorie A et B, Genre 02,03 et 04, Espèce a : Forme ouverte, vases sans ou
avec accessoires, de petites, moyenne et grandes dimensions et couleur rouge.
(42)
Ben Younés, El Hkayma 1984 p.62-63
(43)
Camps, Corpus p.52
(44)
Ben Younés, El Hkaima 1985 p. 63
114
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
a. fond plat
b. muni d’un pied
[Link] tronconique
a. fond plat
115
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
a. profil concavo-convexe
116
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
117
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
12.2.1 Carène très douce, corps profond, profil Deux mamelons au niveau de la
concavo-convexe carène
12.2.2 carène prononcée
118
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
20
Vase coquetier
Pour Camps, il s’agit “ des vases en forme de calice, à col peu marqué et à orifice
large, munis d’un pied bien dégagé de la coupe et le plus souvent modelé à part”; il dis-
tingue divers types de vase en fonction de la panse qui peut être ovoïde, subsphérique,
caliciforme, cylindrique ou claviforme”46.
Groupe II, Catégorie A Genre 01. Espèce a.
Forme fermée, sans accessoires, microcéramique, de couleurs rouge.
21
(45)
30ans au service du Patrimoine, 28ème centenaire de Carthage, Tunis 1986 p. 48.
(46)
Camps, Corpus pp. 35-40. Id. Recherches sur l’antiquité de la céramique modelée et peinte en
Afrique du nord, Libyca III, 1955 p. ( 382).
(47)
Fayolle, Poterie, p. 197.
119
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
24
Vases miniatures
24.1 Miniature d’un vase en forme de calice, profil en S prononcé et pied dégagé
120
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
24.2.2 à carène prononcée ; bord plus ou moins évasé ; probablement deux formes
a. fond plat
121
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
24.4 Réduction d’ampoule, bord annulaire, col cylindrique; corps “à panse accentué” et
pied dégagé ; de couleur autre que rouge
25
Tasses
Camps définit les tasses comme étant “ des bols de petite taille munis d’une anse.
Le profil, toujours simple, ne présente jamais de gorge, ni de rebord”49.
Groupe II, Catégorie B, Espèce a et b, Genre 01
Forme fermée, avec accessoires, couleur rouge et autre, microcéramique.
122
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
b. bord rentrant
a. Fond plat
123
Reppal XI, La céramique modelée du “nouveau mégalithe ” de Makthar Mansour Ghaki
124
LA CONSTITUTION DES COLLECTIONS
ANTIQUES DE TUNISIE
AU MUSÉE DÉPARTEMENTAL DES
ANTIQUITÉS DE ROUEN*
Olivier Hottot
Le Musée départemental des Antiquités de Rouen est un des rares musées français
à posséder un fonds relativement important d’objets antiques de Tunisie. L’essentiel de
ces collections provient de Carthage, quelques éléments sont issus de fouilles réalisées à
Dougga et dans le sud tunisien. Totalisant plus de 300 objets, ces collections couvrent
une période de douze siècles et proviennent de quatre périodes historiques différentes.
Le musée possède un bel échantillon d’artisanat punique représentant la moitié de
ses collections et provenant de Carthage. La collection punique est composée essentiel-
lement d’objets de terre cuite, plus rarement d’objets de bronze ou de verre, de quelques
fragments peints de coquilles d’oeufs d’autruche et de quelques monnaies ou médailles
de bronze. Le musée détient également un petit ossuaire en calcaire.
Un tiers des collections relève de la période romaine : il s’agit une fois encore de
terres cuites dont les éléments principaux sont constitués par des lampes à motifs païens
ou chrétiens. Le reste de cette collection consiste en sigillées claires. Ces objets provien-
nent essentiellement de Dougga ou du sud tunisien. Quelques lampes proviennent de
Carthage.
Le reste des collections comprend un ensemble hétéroclite composé d’objets de
l’antiquité tardive (une épitaphe chrétienne de Carthage, des carreaux de terre cuite pro-
venant de basiliques byzantines et des lampes à huile de la période vandale découvertes
à Carthage). Elle se compose également de monnaies et de médailles difficilement iden-
tifiables et de fragments divers (verres, marbre ou clous).
La grande majorité des objets est parvenue à Rouen sous forme de dons qui ont été
effectués au début du siècle. Les premiers dons furent réalisés par des collectionneurs de
* Communication présentée lors du Séminaire de Kerkouane (du 20-08 au 31-08-1998), organisé par
Mr. M. H. Fantar.
125
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
Il fut chargé d’une mission d’apostolat, devant porter aide et assistance, à la population
tunisienne des villages établis sur le site antique et tentant ainsi de gagner quelques conver-
sions. Il fut également investi d’une «mission archéologique» ; celle de «veiller sur les
trésors qui l’entouraient et de travailler à les découvrir». Pour le futur Primat d’Afrique,
cette double mission devait permettre de restaurer l’antique siège épiscopal de Carthage.
Elle devait également prouver aux civilisés d’Europe que l’Eglise n’avait pas cessé
d’être l’amie de la Science.
126
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
Le jour même où fut réalisé l’inventaire du don Delattre, Léon de Vesly écrivit au
préfet de Seine Inférieure et lui demanda d’intercéder auprès du Ministre de
l’Instruction Publique et des Beaux-arts , afin que le Musée des Antiquités soit compris
parmi les établissements appelés à bénéficier du produit des fouilles faites en Tunisie
par Paul Gauckler. Une copie de cette lettre fut envoyée au Ministre qui transmit cette
requête à la Direction des Antiquités et Arts de Tunisie.
Une réponse favorable émanant du successeur de Gauckler à la direction du
127
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
Service des Antiquités, Alfred Merlin, parvint de Tunis. Ce dernier préparait un colis de
128 pièces qui fut expédié au musée de Rouen en décembre 1906. Y prenait place, une
grande majorité d’éléments puniques (une soixantaine de terres cuites, 7 fragments
peints de coquilles d’oeufs d’autruche, 12 balles de frondes et quelques petits éléments
métalliques (épingles, clous, anneaux)) récoltés par Gauckler lors de son exploration des
divers points de la nécropole punique de Carthage. Une série de lampes s’y trouvait éga-
lement, servant à illustrer une histoire de cet instrument, de l’occupation punique à la
conquête arabe et enfin 3 carreaux de céramiques, utilisés comme éléments de décora-
tion dans des basiliques byzantines achevait cet envoi.
Ce don est particulièrement intéressant. En effet, une partie des objets qui le com-
pose bénéficia de la rigueur méthodologique de Paul Gauckler. Malgré l’ancienneté des
fouilles, nous pouvons déterminer assez précisément l’origine topographique de la plu-
part de ces terres cuites puniques. Pour ce faire, nous avons réalisé un travail d’enquête.
En effet, nous nous sommes appuyé sur les inscriptions, annotées au crayon ou à
l’encre, à la surface des terres cuites que nous avons identifié comme étant des années
de fouilles (1899 à 1905), des toponymes (Dermech, ”O”, pour Odéon et «F.D.P.» cor-
respondant à four de potier) et enfin, des numéros que nous avons interprétés comme
étant celui des sépultures fouillées par Gauckler. Ce dern ier avait pris l’habitude de
numéroter chaque sépulture explorée et reportait ce numéro sur le matériel qu’elle
contenait. Il complétait parfois cette numérotation avec l’année de la fouille et un topo-
nyme. La plupart des numéros a pu, ainsi, être rapproché des numéros de sépultures,
contenus dans les comptes-rendus de fouilles de l’archéologue qui furent rassemblés
dans l’ouvrage posthume, «Nécropoles puniques de Carthage» . La localisation de ces
tombes a ensuite bénéficié du travail de Madame Bénichou-Safar dont l’ouvrage «Les
tombes puniques de Carthage» permet de suivre sur un plan ancien de Gauckler, mais
révisé par l’auteur, l’emplacement des tombes explorées au début du siècle. Outre l’in-
formation topographique précise qu’apportent ces numéros, ils permettent de connaître
le type de sépulture et la nature des autres offrandes
disposées dans cette tombe.
Les céramiques qui bénéficiaient des précieux
indices ont donc été replacées dans quatre grands
ensembles. Trois appartenaient à la nécropole
punique de Carthage, le dernier relevant de la décou-
verte d’un quartier d’artisans potiers.
Le premier ensemble est un secteur d’ensevelisse-
ment très ancien, constitué des tombes découvertes
dans les terrains anciennement appelés Ben Attar,
en 1899 et Ancona, en 1902, dans le secteur de la
plaine littorale dit de «Dermech» qui ont donné au
musée de Rouen 15 exemplaires aux influences
orientales assez marquées. Cet échantillon possédé
par le musée de Rouen permet d’illustrer la compo-
sition traditionnelle des tombes puniques de
Carthage des 7e et 6e siècles avant J.-C.: cruches Photo4 Amphorette, 1975-9,
ème
( 6 siècle avant J.-C.)
dite «à bobèche», cruche à bec pincé, amphorettes .
pansues, jarres à épaulement, lampes «coquilles», petite marmite à bouton de préhen-
128
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
Photo 5 : Cruche à bobèche a, R95-3 et cruche à bec pincé Photo 6 Deux lampes à huile, 1975-37,
1975-76, (fin 8ème avant J.-C. et 1975-36, seconde moitié du 5ème siècle avant J.-C.)
(fin du 7ème-première moitié du 6ème siècle avant J.-C.)
129
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
130
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
131
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
132
Reppal XI, La constitution des collections antiques de Tunisie au Musée départemental des Antiquités de Rouen Olivier Hottot
née 1999.
Bibliographie
133
QUELQUES ECHANTILLONS DES OBJETS
EN OS ET EN IVOIRE CONSERVÉS
AU MUSEE NATIONAL DU BARDO*
Lilia Khelifi Rahmouni
*J’exprime ma gratitude à Mr. le professeur, M. H. Fantar, qui m’a conseillé le choix de ce thème, dans le
cadre d’un certificat d’aptitude à la recherche auprès de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de
Tunis I (1991- 1992). L’intitulé de l’étude est, “Quelques aspects de l’artisanat de l’os et de l’ivoire à
Carthage d’après des échantillons du Musée National du Bardo”, sous la direction de Mr. H. Ben Younès,
qu’il trouve ici l’expression de ma reconnaissance.
(1)
Sur les rapports de fouilles des sites mentionnés, une bibliographie exhaustive est présentée par H.
Bénichou- Safar, Les tombes puniques de Carthage: topographie, structures, inscriptions et rî tes funéraires,
Paris, 1982, p. 34-49.
(2)
Certains de ces objets sont exposés au Musée National du Bardo, les autres sont conservés dans les
réserves. La provenance de certaines pièces fait défaut.
135
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
CATALOGUE
les abréviations utilisées dans le cata- A/- Les objets de toilette
logue :
1/- Les épingles à cheveux
N° inv. M.B.- P.O. ou M.B.- P.I.: Numéro
d’inventaire du Musée du Bardo Punique
N° 1:
Os
N° inv.M.B. -P.O.:5 (Pl. I, 1)
ou Punique Ivoire.
Dim.: H.C.: 8,5 cm; H. t.: 0,7 cm; Ep. t.:
Bib.: Bibliographie.
0,7 cm. et Ep. Tg: 0,3 cm.
Dat.: Datation.
Et. Cons.: Bon.
Desc.: Description.
Desc.: Epingle sans décor, à tête sphé-
ø: Diamètre. rique, pourvu d’une tige mince et pointue.
ø ext.: Diamètre externe. Prov.: Nécropoles de Carthage.
ø int.: Diamètre interne. Dat. : VI - II éme siècle av. J.C .
ø perf.: Diamètre de la perforation. Bib.: Carton, “Documents pour servir à
Dim.: Dimension. l’étude des ports et de l’enceinte de la
Carthage
H.C.: Hauteur conservée.
punique”, Revue Tunisienne, 1912, p. 38;
H.t.: Hauteur de la tête. A Ben Younes, « L’artisanat punique»,
Ep.: Epaisseur. [Link] : 30 ans au service du patrimoine.
Ep. Tg.: Epaisseur de la tige. XXVIII centenaire de Carthage, Tunis, 1987,
Ep t.: Epaisseur de la tête. p77.
136
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Dim.: H.G.: 4,1 cm; H. t.: 1,4 cm; Ep. t.: 0,6 cm et Ep. Tg.: 0,3 cm.
0,9 cm et Ep. Tg.: 0,4cm. Et. Cons.: La pointe est brisée.
Et. Cons.:la partie inférieure de la tige Desc.: Epingle à tête de bélier.
manque .
Prov.: Nécropole de Douimès.
Desc.: Epingle à tête ovale.
Dat.: VI- V ème siècle avant J.C..
Prov.: Nécropoles de Carthage.
Bib.: R.P. Delattre, Nécropole punique
Dat.: VI- II ème siècle avant J.C.. de Douimès, fouilles 1893- 1894,
Bib.:P . Gauckler et alii., C.M.A, Supp .I, Cosmos p. 3, fig. 27.
Paris, 1907 , p.360 n° 259.
137
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
138
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
139
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
B/- Les amulettes Dat.: IV ème- III ème siècle av. J.- C.
Bib.: R.P. Delattre, “La nécropole des
Rabs, prêtres et prêtresses de Carthage”, 2
N° 18: ème année de fouilles, ext. Cosmos, Paris,
N° inv. M.B.-P.I.: 134. (Pl. II, 7) 1905, p. 30, fig. 63; L. Drappier, “La
nécropole punique de Ard- El- Kheraïb à
Dim.: H.C.: 5,3 cm.; Lg. de la base: 3,4
Carthage”, Revue Tunisienne, 1911, n°23,
cm.
p. 145 ; P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp.
Et. Cons.: Légèrement endommagé. II, Paris, 1922, p. 346 n° 433.
Desc.: Statuette de sphinge en ivoire; Bib. de comparaison: A.M. Uberti, “Gli
corps en forme de lion assis sur l’arrière- avori e gli ossi”: I Fenici, 1988, p. 738,
train, les pattes antérieures sont dressées. n° 910.
La tête est celle d’une jeune femme coif-
fée à l’égyptienne (Klaft); visage rond ;
petite bouche, nez droit et les yeux sont N°20:
gravés en amande. La statuette repose sur N° inv.: M.B.- P.I.: 505. (Pl. II, 4)
un socle rectangulaire.
Dim.: Lg.: 2,2 cm; 1g.: 1,6 cm et Ep.: 1,2
Prov.: Nécropole punique de Carthage: cm.
Dermech.
Et. Cons.: La partie supérieure de la tête
Dat.: VII ème- VI ème siècle av. J.-C. est légèrement brisée.
Bib.: R.P. Delattre, “Nécropole punique Desc.: Masque d’ivoire, figure allongée;
voisine de Sainte- Monique”, 2ème tri- front bombé; nez écrasé; bouche tordue.
mestre de fouilles, Avril- Juin, 1898, ext. Sept petites perforations sont réparties sur
Cosmos, p. 24, fig. 51-52. la surface du masque.
Bib. de comparaison: R.D. Barnett, A cata- Prov.: L’Est du Théâtre.
logue of the Nimroud ivories, Londres,
1975, Suppl. 23 et 33, pl. CXXXIV; L.C. Dat.: V- IV ème s. avant J.C..
140
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
N° inv.:M.B. P.I.: 151. (Pl. II, 5) Dim.: Lg.: 3,5 cm.; lg.: 3,4 cm.; Ep.: 0,3
cm..
Dim.: H.C.: 1,6cm; Lg.: 3,9 cm; Ep.: 0,9
cm et ø perf.: 0,2 cm. Et. Cons.: Bon.
Dat.: IV- III ème s. avant J.-C.. Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A.,
Supplément I, Paris, 1907, n° 248, p.
Bib.: L. Drappier, “La nécropole punique 359. P. Gauckler, Nécropoles puniques
d’Ard El Kheraïb à Carthage (fouille de Carthage, Paris, 1915, p. 54 n° 147.
1909)”, Revue Tunisienne, 1911, p. 145;
P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. II, Paris,
1922, p. 346 n° 431. N° 24:
Bib. de comparaison: A.M. Uberti, “Gli N° inv. M.B.- P.O.: 460. (Pl. III, 12)
avori e gli ossi”: I Fenici, 1988, p. 72 n°
Dim.: H.C.: 9,1 cm; lg.: 3,2- 2,9 cm; Ep.:
701.
0,7- 0,4 cm.
Et. Cons.: Brisé et restauré, quelques par-
N° 22 : ties manquent.
N° inv M.B. - P.O. 131. (Pl. IV, 4) Desc.: Plaquette en os, sculptée. Le décor
Dim.: H.C.: 9,1 cm; ø: 2,1- 1,1 cm. est très endommagé, on ne peut identifier
que des épis de blé à droite et trois
Et. Cons.: Bon . sphères.
Desc.: Corne en os, percée d’un trou et Prov.: Nécropoles de Carthage.
décorée d’incisions obliques.
Dat.: IV- III ème siècle avant J.C..
Prov.: Nécropole punique de Carthage.
Dat.: VI- V ème siècle avant J.C..
2/- Les appliques
Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Paris,
1897, p. 261 n° 19.
N° 25 :
N° inv.: M.B.- P.I.: 133. (Pl. III, 1)
Dim.: H.C.: 6 cm; Ep.: 0,4 cm; lg.:
1,3 cm.
141
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
142
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
mette en éventail épanoui. Elle porte deux au dessus du front d’un bandeau. Sur les
perforations sur l’extrémité droite et une joues traces du duvet. La partie supérieure
sur l’extrémité gauche. du manteau est agrafée par une fibule ronde,
placée sur l’épaule droite.
Prov.: Nécropole punique d’Ard El
Kheraïb à Carthage. Prov.: Le flanc ouest de la colline de Saint
Louis de Carthage. Sondage fait par Ch.
Dat.: IV- III ème s. avant J.C..
Saumagne en 1926.
Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. I,
Dat.: IV- III ème siècle av. J.- C.
Paris, 1907, p. 361 n° 275; ; A. Merlin et
L. Drappier, La nécropole punique d’Ard Bib.: L. Poinssot et R. Lantier, “Tête
El Kheraïb, Paris, 1909, p. 17 n° 7. d’applique en bois trouvée à Carthage”
C.R.A.I., 1927, p. 206, fig. 207 ( Après
Bib. de comparaison: L.C. Decamps de
vérification , il s’est avéré que l’objet en
Mertzenfeld, op. cit., Paris, 1954, n° 148,
question est un ivoire et non pas en bois ).
pl. XV, S. Moscati, I Fenici, Milan, 1988,
p. 703 n° 361.
N° 32:
N° 30: N° inv. M.B. - P.I.: 136. (Pl. III, 6)
N° inv. M.B.-P.I.: 132. (Pl. III, 7) Dim.:H.C.: 8,2cm.
Dim.: H.C.: 4,8 cm. Et. Cons.: Endommagée et restaurée.
Et. Cons.: Bon. Desc.: Statuette de femme en ivoire, évi-
dée. Le personnage de profil vers la
Desc.: Homme nu en ivoire, les deux bras
gauche, est vêtu d’une longue robe plis-
pendants le long du corps.
sée, maintenue par une ceinture à la taille.
Prov.: Nécropole punique de Ard- El- La tête est tournée vers la droite, la cheve-
Kheraïb. lure est cernée d’un bandeau sur le front.
Dat.: IV ème- III ème siècle av. J.-C. La finesse de la fabrication de la statuette
laisse deviner les formes du corps .
Bib.: L. Drappier, La nécropole punique
d’Ard- El- Kheraïb à Carthage, Revue Prov.: Nécropoles de Carthage.
Tunisienne, 1911, p. 145; P. Gauckler et Dat.: IV- III ème avant J.C..
alii, C.M.A., Supp. II, n° 424, Paris, 1922.
N° 33:
N° 31: N° inv. M.B.- P.I.: 146. (Pl. III, 9)
N° inv. M.B.-P.I.: 135. (Pl. III, 8)
Dim.: H.C.: 2 cm.; lg.: 1,7 cm.
Dim.: ø: 5,2 cm.; Ep.: 3,7 cm.; ø du mor- Et. Cons: Légèrement endommagée.
taise: 0,5 cm.
Desc.: Tête de femme en ivoire, tournée,
Et. Cons.: Endommagée et restaurée. vers la droite. Les traits du visage sont
Desc.: Applique circulaire en ivoire pour- bien marqués: des yeux largement ouverts
vue d’une mortaise destinée à sa fixation surmontés des sourcils épais et longs, le
sur un coffret. Il s’agit d’un buste d’un nez et la bouche sont charnus. La coiffure
adolescent, tourné vers la droite, sculpté est rehaussée de traits parallèles suggérant
en relief. La chevelure bouclée est ceinte les cheveux.
143
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Prov.: Carthage Bordj- Djedid (1903) Et. Cons.: Légèrement endommagée.
(Don de M. Jules Renault). Desc.: Bouton en os, à paroi convexe et à
Dat.: IV- II ème siècle avant J.C.. revers plat muni d’un trou de fixation.
Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. I, Prov.: Nécropole punique d’Ard El
n° 256, p. 360. Kheraïb.
Bib. de comparaison.: P. Delattre, “La Dat.: IV- III ème s. avant J.C..
nécropole punique voisine de la colline Bib.: A. Merlin et L. Drappier, La nécro-
Sainte Monique à Carthage”, C.R.A.I. pole punique d’Ard El Kheraïb, Paris,
1900, p. 506; L.C. Decamps de 1909, p. 18.
Mertzenfeld, op. cit., Paris, 1954, p.
66, n° 60, pl. XII. Bib. de comparaison: W. Déonna, Le
mobilier Délien, Paris 1938, p. 239-240.
N° 34:
N° 37 :
N° inv.: M.B.- P.I.: 148. (Pl. III, 10)
N° inv. M.B.-P.O.:99.
Dim.: H.C.: 3,1 cm; lg.: 1,3 cm; Ep.: 0,3
cm. Dim.: ø: 2,6 cm; Ep.: 0,7 cm.
Et. Cons.: Main droite brisée et restaurée, Et. Cons.: Bon.
les pieds ont disparu. Desc.: Bouton conique en os, portant une
Desc.: Statuette de femme en ivoire levant petite perforation dans la partie supérieu-
la main droite pour laver ses cheveux. re; revers poli et plat.
Prov.: Nécropoles de Carthage. Prov.: Nécropole punique de Carthage
Byrsa.
Dat.: IV- III ème avant J.C..
Dat.: VI- II ème siècle avant J.C..
N° 35 : Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. I,
N° inv.: M.B.- P.I.: 149. (Pl. IV, 5) Paris, 1907, p. 360 n° 245; J. Ferron et M.
Pinard, “Les fouilles de Byrsa”, Cahiers
Dim.: H.C.: 3,4 cm; lg.: 2,2 cm. de Byrsa, IX, 1960-1961, p. 167- 168, pl.
Et. Cons.: Endommagée. XCIV, n° 550.
Desc.: Statuette représentant une femme Bib. de comparaison: A. Merlin et L.
vêtue d’une longue robe. Légèrement Drappier, La nécropole punique d’Ard El
inclinée, elle pose sa main gauche sur un Kheraïb, Paris, 1909, p. 18 note 10; W.
autel ou peut être sur une vasque parallé- Déonna, Le mobilier Délien, Paris 1938,
pipéde forme. p. 239-240; L.C. Decamps de
Mertzenfeld, op. cit., Paris, 1954, n° 185-
Prov.: Nécropoles de Carthage.
186- 187, pl. XVII; M. L. Uberti, “Gli
avori e gli ossi”: I Fenici, Milan, 1988, p.
3/- Les boutons
420.
N° 36: 4/- Les viroles
N° inv.: M.B.-PO.: 154.
Dim.: ø: 3,2 cm; Ep.: 0,8 cm; ø du trou de
fixation: 0,4 cm.
144
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
1/- Les aiguilles
N° 38 :
N° inv.: M.B.-P.O.: 382. (Pl. I, 11) N° 40:
Dim.: H.C.: 4cm; (: 2,5 cm; lg. 3,1- 3,3 N° inv. M.B.- P.O.: 252. (Pl. IV, 7)
cm. Dim.: H.C.: 9,5 cm; Ep.: 0,9- 0,4 cm/ 0,3-
Et. Cons.: Légèrement brisé. 0,4 cm.
Desc.: Tige cylindrique en os, façonnée Et. Cons.: La pointe manque et la partie
au tour, et pourvue d’une moulure dans sa restante est légèrement endommagée..
partie supérieure. . Elle est ornée de Desc.: Aiguille en os, à section conique,
quatre feuilles d’acanthe (trois d’entre pourvue à l’extrémité supérieure de deux
elles sont gravées en creux tandis que la petits chas.
quatrième est à peine esquissée.
Prov.: Nécropoles punique de Carthage.
Prov.: Nécropoles de Carthage.
Dat.: VI- II ème siècle avant J.C..
Dat.: IV- III ème siècle avant J.C..
Bib.: R.P. Delattre, Nécropoles punique
voisine de Sainte- Monique, second mois
N° 39: de fouilles: Février 1899, ext. Cosmos, p.
17; Id., La nécropole de Rabs- Prêtres et
N° inv. M.B.- P.I.: 504. (Pl. I, 12)
prêtresses de Carthage, 2 ème année de
Dim.: H.C.; 2 cm.; Ep. 2,6 cm. / 2,9 cm.; fouilles, Ext. Cosmos, Paris, 1905, p. 15.
ø du trou: 1,3 cm. / 1,1 cm.
Bib. de comparaison: A. M. Uberti, “Gli
Et. Cons.: Bon. avori e gli ossi”: I Fenici, Londres, 1988,
Desc.: Virole en forme de tête de lion p. 421.
rugissant, les plis du mufle sont parallèles
et les yeux sont figurés en creux. Quatre
2/- Les fuseaux
canines sont bien représentés ainsi que les
oreilles. Une partie de la tête est couverte
de poils suggérant la crinière. N° 41:
Prov.: Nécropoles de Carthage. N° inv.:M.B.-P.I: 129.
Bib.: P. Gauckler et alii, C.M. A., Paris, Dim.: H.C.: 9,6cm.
1897, p.261, n° 18.
Et. Cons.: Extrémité brisée.
Bib. de comparaison: R.D. Barnett, A
catalogue of the Nimroud ivories, Desc.: Fuseau en ivoire, constitué d’une
Londres, 1975, pl. CXXVI; L.C. tige amincie à ses extrémités, décorée de
Decamps de Mertzenfeld, op. cit., p. 137, trois séries de cercles concentriques et de
pl. LXXXVIII n° 906, 907 et 908. quatre chapelets de points incisés.
Prov.: Nécropole punique de Carthage.
D/- Les outils de couture et de tissage
Dat.: V - II av. J.- C.
Bib.: R.P. Delattre, La nécropole de Rabs-
Prêtres et prêtresses de Carthage, 2 ème
année de fouilles, Ext. Cosmos, Paris,
145
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
1905, p. 15, fig. 31-33; P. Gauckler, lures. Les trous pratiqués à la base
Nécropole punique de Carthage, Paris, devaient permettre la fixation du cylindre.
1915, p. 65-66; A. Ben Younes, Prov.: Nécropole punique d’Ard El
L’artisanat punique: M. [Link]: 30 ans Kheraïb.
au service du patrimoine: XXVII cente-
naire de Carthage 814 avant J.C.- 1986, Dat.: IV- III ème s. avant J.C..
Tunis, 1986, p. 77 (II, 34). Bib.: A. Merlin et L. Drappier, La nécro-
pole punique d’Ard El Kheraïb, Paris,
1909, p. 17; P. Gauckler et alii, C.M.A.,
E/- Compléments pour d’autres objets Supp. II, p. 348 n° 450; P. Gauckler,
1/- Les manches Les nécropoles de Carthage, Paris,
1915, p. 150.
N° 42 :
N° inv.:M.B.-P.O.: 142. N° 44 :
Dim.: H.C.: 10 cm; ø: 2,3 cm; ø perfo: N° inv. M.B.-P.I.: 124. (Pl. I, 10)
1,3- 1,1 cm. Dim.: H.C.: 16 cm.
Et. Cons.: Fissurée dans le sens de la lon- Et. Cons.: Légèrement endommagée (cra-
gueur. quelures dans l’épiderme de l’ivoire).
Desc.: Tige cylindrique en os, présentant Desc.: Statuette de femme en ivoire, coif-
trois types de décor: fée à la mode égyptienne. Le visage est
* En haut: série de cercles concentriques. large par rapport à sa hauteur, les yeux
sont grandes, les sourcils placés très haut,
* Au milieu: série de cercles pointés, sont marqués par un simple trait gravé, les
réparties en 12 lignes dans le sens de la oreilles sont énormes, les lèvres proémi-
longueur et trois séries de cercles concen- nentes sous un nez épaté dominent un
triques. menton peu accentué.
* En bas: le bord est dentelé. Vêtue d’une longue robe, retenue aux
Prov.: Nécropole punique d’Ard El hanches par une ceinture et ornée de deux
Kheraïb. larges bandes verticales. Au cou est placé
un collier composé de grosses pende-
Dat: IV- III ème s. avant I.C..
loques triangulaires. Les bras sont collés
Bib.: A. Merlin et L. Drappier, La nécro- au corps, les mains ramenées sur la poitri-
pole punique d’Ard El Kheraïb, Paris, ne pressent les seins.
1909, n° 80.
La statuette est munie à la base de quatre
trous de fixation.
N° 43 : Prov.: Provenant d’une tombe de la colli-
N° inv.: M.B.-P.O.: 125. ne dite de Junon.
Dim.: H.C.: 9,5 cm; ø: 2,6- 2,3- 2 cm. Dat.: VII ème siècle av.J.-C.
146
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
147
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Dat.: V- II ème siècle avant J.C.. Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. I,
Paris, 1910, N: E, n° 244, p. 360.
Bib.: P. Gauckler et alii, C.M.A., Supp. I,
Paris, 1910, N: E, n° 278, p. 361; P. Bib. de comparaison: L. C. Decamps de
Gauckler, Nécropoles puniques de Mertzenfeld, op. cit., Paris, 1954, p. 58,
Carthage, Pari s, 1915, p. 133. n° 30, pl. VI, et p. 96, n° 466, pl. LVIII.
148
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
CONCLUSION
Les faciès des personnages sculptés ou incisés, leur attitudes et dans certains leurs
outils ou instruments expriment des émotions et racontent la vie simple et complexe. Il
s’agit là d’une tradition reconnaissable déjà dans les ivoires confectionnés dans les ate-
liers phéniciens du Ier. millénaire comme ceux d’Arslan-Tash3 ou de Nimroud4, lesquels
étaient hautement appréciés par les rois d’Assyrie, d’Israîl et d’ailleurs.
Le travail de l’ivoire à Carthage, reste donc fidèle à des techniques et au répertoire
iconographiques des Phéniciens d’Orient qui, eux- mêmes étaient fortement marqués
par les empreintes de l’univers égyptien. Pour les traits qui se rapporteraient à l’Assyrie,
on peut se demander s ’ i l ne s’agit pas de l’influence du commanditaire ou peut- être de
la tendance à vouloir plaire et répondre au goût de la clientèle assyrienne. Dans certains cas
le tabletier carthaginois se laissait influencer par l’esthétique des Grecs ou plus
généralement hellénistique. C’étaient la mode à l’époque.
Cette richesse et cette diversité du répertoire du tabletier carthaginois devait s’ex-
pliquer par les origines orientales de la métropole punique et par son ouverture sur toute
la Méditerranée.
L’apport des Phéniciens était fondamental non seulement pour les objets en os et en
ivoire mais aussi pour les objets métalliques, les bijoux etc...
(3)
F. Thureau Dangin, Arslan-Tash, ( B.A.H. 16), Paris, 1931, pl.36-43.
(4)
[Link], A Catalogue of the Nimroud ivories, Londres, 1975, pl.2, 5.
149
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
(5)
P. Cintas, “Deux campagnes de fouilles à Utique”, Karthago, 1951, p. 37; J. Moulard, “Fouilles et
découvertes à Utique” B.A.C., 1924, p. 152- 153.
(6)
L. Foucher, Hadrumetum, Tunis, 1964, p. 67.
(7)
S. Moscati, I Fenici e Cartagine, Turin, 1972, p. 405- 408.
(8)
S. Moscati, “Gli avori del santuario di Giunone a Malta”, Studi in onore di Eduardo Volterra VI, Milan,
1971, p. 259-264.
(9)
M.E. Aubet, Marfiles fenicios del Bajo Guadalquivir, Valladolid, 1979- 1981.
(10)
M. Fantar, Carthage. Approches d’une civilisation, Tunis, 1993, T. II, p. 192- 197.
150
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
BIBLIOGRAPHIE
(utile pour l’étude de la tabletterie)
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M.H. Fantar, Carthage. Approche d’une civilisa-
M. L. Uberti, “Gli avori e gli ossi”, I Fenici, p.
tion, Tunis, 1993.
404-421.
151
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Planche. I
152
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Planche. II
153
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Planche. III
154
Reppal XI, Quelques echantillions des objets en os et en ivoire conservés au musée national du Bardo Lilia Khelifi Rahmouni
Planche. IV
155
CARRELAGES EN BRIQUES CUITES
DANS L'ARCHITECTURE PUNIQUE *
Antonella Mezzolani
* Pour l’élaboration de cet article je présente mes remerciements plus vifs à M. Enrico Acquaro qui en a
suivi la rédaction, à M. Mhamed Fantar pour les indications précieuses à propos des données de
Kerkouane et à M. Mounir Fantar qui, très aimablement, a voulu vérifier les mesures des exemplaires ker-
kouannais et me donner photos et dessins. Je remercie beaucoup, enfin, Mlle Karin Schmidt qui m’a per-
mis de voir les briques retrouvées dans la fouille de l’Université d’Hambourg, à Carthage, et de prendre
des photos, publiées ici grâce à l’autorisation de M. Hans Georg Niemeyer.
(1)
À propos de la glose de Festus, les spécialistes n’ont pas encore atteint encore une interprétation una-
nime. D’un côté, beaucoup de savants, comme, par exemple, tout récemment Gaggiotti (1988), semblent
penser que pauimenta poenica serait une appellation se référant aux pavements en opus signinum si
répandus en contexte punique. De l’autre côté, l’analyse détaillée du texte sous le profil philologique et
sémantique proposée par Bruneau 1982 semble exclure la présence dans le discours de Caton de l’adjectif
poenica, restituant un verbe poenicissent : de cette façon, les pauimenta deviennent plus simplement un
témoignage de luxe, comme l’ivoire et le bois de citrus, un luxe qui en plus se qualifie comme carthagi-
nois; en tout cas, l’auteur n’exclut pas que l’opus signinum puisse être une invention punique. Du même
avis que Ph. Bruneau, Kolendo 1970, pp. 10-11. À mon avis, on peut partager cette hypothèse, surtout
parce qu’elle donne au discours de Caton un sens plus clair: l’identification entre pauimenta poenica et
opus signinum, d’ailleurs, ne semble pas correspondre à la réalité archéologique, qui a révélé plusieurs
types de pavements adoptés à Carthage. Comme justement précisé par Fantar 1978, p.7, on pourrait parler
de pauimenta poenica en général, sans identifier par cette locution un type particulier de pavement.
(2)
Pour Carthage, voir Chelbi 1984; Chelbi 1983, pp.82-83; Lancel 1985; Rakob 1991, pp. 220-223 ;
pour Kerkouane, Fantar 1966; Fantar 1984, pp.499-512; Fantar 1985, passim.
157
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
(3)
Comme déjà dit plus haut, la plupart des savants pense que l’identification est valable, même si l’in-
terprétation n’est pas encore certaine: outre les deux références mentionnées à la note 1, voir aussi
Donderer 1987, p.371, qui songe une équivalence entre pauimenta poenica et les pavimenta barbarica
atque subtegulanea de Pline l’Ancien, Naturalis Historia, 36, 185. Précédemment, Fernández-Galiano
1982, pp.238-39, avait remarqué l’appartenance de l’opus signinum au genre des pavimenta barbarica.
À l’égard de ces derniers, d’autres spécialistes ont pensé à des réalisations très grossières, plutôt que de
voir en barbarica une indication ethnique: voir, par exemple, Tschira 1940, p.30; Becatti 1961, p.255 ;
Börker 1975, p.373; en dernier lieu, Sanzi di Mino l987, p.50, qui semble attribuer le pavimenta barbari-
ca atque subtegulanea à une tradition «tipicamente italica ».
(4)
L’origine de la mosaïque à tesselles a été longuement discutée, il serait donc très difficile de donner ici
une liste bibliographique exhaustive: on renvoie, en dernier lieu, aux contributions de Dunbabin 1994 et
Baldassarre 1994, auxquelles se référer pour un cadre général sur le problème et, surtout, pour des
remarques à caractère méthodologique.
(5)
Dans le champ d’étude sur les pavements anciens, la question de la terminologie est sûrement une des
plus épineuses: plusieurs savants se sont mesurés avec le récit plinien concernant les pavimenta (Naturalis
Historia, XXXVI, 184-189), mais sans atteindre des positions communes. Pour l’analyse du passage de
Pline dans son intégrité , voir, par exemple, Tschira 1940; Gioseffi 1955; Becatti 1961, pp.253-67;
Gioseffï 1975; Donderer 1987; Sanzi Di Mino 1987. La complexité de la question est perceptible aussi
grâce aux nombreuses études consacrées à des termes particuliers, comme scutulatus ou lithostrotum :
voir, pour le premier, Börker 1975; Morricone 1980; Morricone matini 1993; pour le deuxième terme,
Gioseffi 1955, pp.575-79; Bruneau 1967, pp.431-46; Bruneau 1978, pp. 138-39. Une étude très soignée
sur l’apport de la philologie à la connaissance des mosaïques anciennes est celle de Bruneau 1988, en par-
ticulier, pour la nomenclature antique, pp.51-55. Or, si la question s’avère si compliquée dans le contexte
des études classiques, pour l’application aux réalisations puniques il faut être encore plus circonspects,
parce que on n’a pas encore, dans l’emploi des définitions, un schéma terminologique commun, ce qui a
impliqué des variations dans la dénomination de pavements du même type.
(6)
L’élaboration d’une typologie de référence, opération déjà complexe en soi, résulte étroitement liée à
la question de la terminologie (voir note 5): à partir de Dunbabin 1978, qui a proposé une typologie relati-
ve aux fragments de pavements, de chronologie incertaine, retrouvés dans la fouille de l’Université du
Michigan, d’autres propositions ont été présentées par Fantar 1984, pp.499-512; Lancel 1985; Rakob
1991, pp.220-23. En réalité, ces typologies ne sont pas en complète corrélation entre elles et, donc, le
cadre qui en dérive n’est pas du tout privé d’incertitudes: la construction d’une seule typologie s’avère
désormais nécessaire pour la correcte étude des pavements puniques, à côté de la recherche «à la fois
lexique et répertoire » demandée par Ennaïfer 1994, p.236.
(7)
Presque toutes les contributions les plus récentes concernant les pavements en opus signinum et opus
tessellatum ont pris en considération le rôle des pavements puniques: voir, par exemples, Joyce 1979,
p.259; Tsakirgis 1990, p.426; Dunbabin 1994, pp.32-39
(8)
Sur l’origine et diffusion de l’opus signinum, voir en dernier lieu Gaggiotti 1988; Pedroni 1991-1992;
Joly 1997. Pour l’état des études sur la question de l’opus tessellatum, on renvoie à Baldassarre 1994.
(9)
Exception faite pour les rapports de fouille, les seules mentions étendues de carrelages ou de briques
158
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
comme ceux-ci, il présente une surface distincte sur une couche plausible de prépara-
tion10, mais, par contre, il est caractérisé pour l’emploi spécifique de composants en
terre cuite, souvent liés entre eux par un système tout à fait particulier.
La découverte des briques cuites en forme de losanges ou d’hexagones, aussi bien
que de parallélépipèdes11, dans les fouilles puniques en Afrique du Nord a donné du
relief à ce type de pavement12, même si on ne peut pas affirmer que les carrelages en
briques cuites soient le seul apanage de la culture punique. Ce type de pavement est
amplement diffusé d’ailleurs dans tout le pourtour méditerranéen occidental13.
À [Link], on a retrouvé plusieurs exemplaires de losanges ou d’hexagones en
terre cuite, mais seulement en deux cas on a eu la chance de découvrir un vrai carrela-
ge14 : un couloir avec pavement de briques losangés a été trouvé dans une fouille de
Dermech, mais on ne comprend pas bien si les losanges étaient dotés d’un système d’as-
semblage à encastrement15 ou pas. Très récemment, enfin, dans la fouille de l’équipe de
l’Université d’Hambourg on a découvert les restes d’un pavement en briques hexago-
nales, reliées grâce à un système à encastrement16 (Fig.1-2), dit aussi «à languette et rai-
nure»17; le même type d’assemblage a été rencontré dans d’autres losanges et hexa-
erratiques pour pavement en contexte punique peuvent se retrouver en Cintas 1976, pp.93-94 et, surtout,
en Fantar 1984, pp.278-82, 501.
(10)
Dallages, carrelages et mosaïques sont tous réunis dans un même groupe typologique, à savoir celui
des pavements dont la surface en vue est constituée par des composants juxtaposés, par Dunbabin 1996,
pp. 287-90.
(11)
Des briques parallélépipédiques ont été trouvées surtout à Kerkouane et ont été interprétées comme
composants de pavements: voir Fantar 1984, p.280, qui rappelle à ce propos que «deux pavés de ce type
ont été trouvés en place dans le couloir d’un édifice...». L’exemplaire le mieux conservé était 44 cm de lon-
gueur, 29 cm de largeur et 5 cm d’ épaisseur. D’autres briques de ce type ont vu le jour à Carthage, mais
leur caractère erratique ne permet pas d’en comprendre l’emploi: voir Morel 1982, pp. 196, 211 fig. 269.
(12)
Voir la liste des exemplaires retrouvés en Afrique du Nord en Fantar 1984, pp.279-80.
(13)
En fait, il y a plusieurs exemples de carrelages en briques cuites, même en forme de losanges ou
hexagones, en contextes d’époque romaine: pour l’Italie, outre à la contribution classique de Blake 1930,
pp. 146-51, on renvoie à la mise au point de Guidobaldi- Gregori 1996, avec bibliographie précédente, à
laquelle il faut ajouter Ciampoltrini-Rendini 1996, pp.578, 581-82 et Johannowski 1997, p.584. Pour
l’Espagne, on peut voir, par exemple, Beltrán Lloris- Mostalac Carrillo-Lasheras Corruchaga 1984,
pp. 152-54; Ramallo Asensio 1991-1992, p.202. Enfin, pour l’Angleterre, voir Brodribb 1987, pp.53-54.
(14)
Un autre carrelage en briques cuites est mentionné par Ch. Saumagne, dans les environs de la Maison
de Paon, mais les indications n’expliquent pas quel type de briques il y avait: voir Saumagne 1938, p.55.
(15)
Le premier compte rendu de la fouille indique seulement un couloir «formé de briques losangées de
0 m 24 sur 0 m 12 »: voir Picard 1946-1949, p.676. En Cintas 1976, p.94, [Link], 1, on lit, à propos de
ce même pavement, de «briques cuites losangiques posées sur du béton ». La mesure de la longeur indi-
quée par cet auteur est de 22/23 cm et on a aussi ajouté l’épaisseur, de 5 cm environ. En tout cas, jamais
on ne fait allusion à un assemblage à encastrement. Le contexte de pertinence du pavement est daté du
IIIème siècle av. J.C.: Picard 1946-1949, pp.676-77.
(16)
Le pavement est seulement mentionné, mais on attend des renseignements plus détaillés de la publi-
cation exhaustive de la fouille; pour le moment, on peut voir Niemeyer-Docter-Rindelaub 1995, p.489;
Rindelaub-Schmidt 1996, p.51 fig. 10. Le carrelage semble précéder la dernière modification de la rue dal-
lée, qui semble être entreprise pendant la deuxième moitié du IIIème siècle av. J.C.: Niemeyer 1993, p.
214 (schéma chronologiques des phases enregistrées au sein de la fouille); Niemeyer-Docter-Rindelaub
1995, pp.488-50 (pour la rue).
(17)
L’expression a été employée pour ce type de briques par Cintas 1976, p.94 et reprise par Fantar 1984,
p. 280.
159
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
gones trouvés à Carthage 18 , mais les exemplaires qui en sont privés ne font pas
défaut19.
(18)
À Carthage, sur le versant Est de la colline de Byrsa, des losanges avec système à encastrement ont
été récupérés par Ch. Saumagne à l’intérieur d’une tombe suspecte et fort bouleversée: l’auteur décrit des
«losanges de terre cuite noire, jaune ou rouge, s’imbriquant avec exactitude au moyen de gorges et de
nervures alternées »; dans le même passage, il rappelle la découverte, toujours à Carthage, d’autres
briques avec le même système d’assemblage, tant hexagonales, que de forme plus compliquée. Voir
Saumagne 1924, p. 185.
(19)
Un carreau losangiforme simple en terre cuite a été retrouvé à Carthage, dans le quartier d’Hannibal
et, dans le même contexte, il y avait aussi un losange en schiste bleu: voir Lancel 1979, pp.84, A. 106. 2-
3, 84 figg.39-40.
160
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
Hors de Carthage, deux hexagones du type avec languette et rainure ont été récupé-
rés à Sousse20, alors qu’à Kerkouane on a retrouvé, notamment dans la couche de rem-
blais21, plusieurs exemplaires, tant à losanges, qu’à hexagone, qui présentent dans la
plupart des cas la connexion à encastrement22 (Figg.3-4) ; à Utique, enfin, un losange
(20)
Les deux hexagones ont été retrouvés à l’intérieur d’une chambre funéraire dans la Kasbah de
Sousse, mais le bouleversement de la structure ne permet pas d’hypothèses sur l’emplacement originaire
des briques : Foucher 1964, p. 62.
(21)
L’invention de ces briques dans le remblais semble pleinement justifier l’hypothèse de [Link] de
leur présence au premier étage, ou mieux dans les «couloirs qui donnaient accés aux chambres hautes »:
Fantar 1984, p.501.
(22) Il y a aussi des losanges simples, c’est-à-dire sans languettes et rainures: voir Cintas 1976, p.94,
[Link], 2.
161
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
23
simple en terre cuite est conservé dans le musée . D’autres losanges simples en terre
cuite ont été découverts dans des sites de l’Algérie24 et du Maroc25, mais, dans de tels
contextes, on ne peut pas être bien sûr de l’attribution chronologique.
Même si les découvertes ne sont pas tout à fait explicatives quant à la diffusion de
ce type de pavement en Afrique du Nord et à son emploi en pièces spécifiques 26, à
l’état actuel de la recherche, on peut, au moins, avancer quelques remarques. Avant tout,
grâce aux exemplaires repérés on peut distinguer deux séries de briques, qui, tout en
offrant dans la rédaction du pavement le même effet visuel, à savoir un carrelage de
composants de forme géométrique très claire, résultent, par ailleurs, différentes pour la
présence ou pas d’un système d’emboîtement utile à la mise en place.
Au premier groupe il faut attribuer les losanges simples, c’est-à- dire sans languette
et rainure, et, peut-être, les briques parallélépipédiques27, qui, en toute probabilité,
étaient liées entre elles par un mortier28 : un assemblage de ce genre, par ailleurs,
semble avoir caractérisé aussi plusieurs pavements en carreaux de terre cuite, de forme
géométrique variée, repérés en contexte romain29. Dans le deuxième groupe, au
contraire, on peut réunir les briques, à losange ou hexagone, qui disposent, sur les
tranches, de languettes et rainures30 : cela implique un système d’emboîtement tout à
fait original, qui ne semble pas avoir d’égal dans l’architecture grecque ou romaine. À
l’état actuel des fouilles, la présence de ce type d’éléments en terre cuite seulement en
territoire carthaginois ne peut pas devenir un argument définitif pour y voir une réalisa-
tion particulière de la culture matérielle punique. Elle soulève, en tout cas, des questions
(23)
Pour cet exemplaire, voir Fantar 1984, pp.279, 387 [Link].
(24)
Trois briques en forme de losanges ont été trouvées à Tiaret, mais l’auteur lui-même met en doute
une possible chronologie préromaine : Cadenat 1972, pp.49, 54.
(25)
Quelques briques de forme losangique ont vu le jour dans la ville d’Essaouira et à Mogador, à l’appa-
rence dans les niveaux romains : Jodin 1967, pp.188-89, [Link], 1. D’autres exemplaires semblables
proviennent, selon le même auteur, de Lixus, où ils seraient datés de l’époque de Juba, et de Volubilis:
Jodin 1967, p. 190; Jodin 1987, p.156.
(26)
Dans les deux cas de carrelages in situ, les pavements semblent caractériser l’aire d’accès à la mai-
son (couloir ou vestibule), mais on ne peut pas prendre cet indice comme règle générale.
(27)
Les briques parallélépipédiques retrouvées à Kerkouane n’offrent pas à la vue d’indications précises
pour leur emplacement, mais on peut songer à la pertinence à pavements: voir Fantar 1984, p.280.
(28)
La liaison à travers un mortier ou avec chaux simple était nécessaire pour assembler les composants,
mais les renseignements sur une plausible couche de préparation et sur la connexion entre les jonctions
sont très rares: dans le cas du pavement à losanges en terre cuite retrouvé à Carthage-Dermech, on parle
d’un béton sur lequel ont été placées les briques, voir Cintas 1976, p.94. Le losange du musée d’Utique
présente sur le revers des stries pour une meilleure adhérence au mortier, dont il reste les traces: Fantar
1984, p.279.
(29)
À ce propos, voir les indications bibliographiques à la note 13.
(30)
Les hexagones de la fouille de l’Université d’Hambourg, que j’ai eu l’occasion de voir, présentent
trois côtés avec languette et les trois autres avec rainure. Le même système semble caractériser les exem-
plaires de Kerkouane (voir la description de Cintas 1976, p.94), tandis que, pour ceux de Sousse, il n’est
pas possible de comprendre, à partir de la photographie fournie par [Link], combien de languettes et
rainures il y avait. Pour le briques losangiformes, on parle d’une seule languette et de trois rainures: voir
Fantar 1984, p.280. Même si les dimensions des languettes et des rainures peuvent varier un peu en réla-
tion avec l’épaisseur de chaque exemplaire (languettes de 1 à 2,5 cm d’épaisseur; rainures de 2 à 3 cm de
largeur et de 1 à 1,5 cm de profondeur), on peut relever que, dans la même brique, la languette est tou-
jours moins épaisse que la rainure, probablement pour faciliter l’emboîtement avec les autres briques.
162
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
163
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
p.84). Utique, 13 cm de côté, 4,7 cm d’épaisseur (Fantar 1984, p.279). Mogador, 24 cm x 15 cm x 3,8 cm
(Jodin 1967, p. 188 note 113). Pour les losanges à emboîtement : Carthage-versant Est de Byrsa, 19,5 cm x 9
cm (Saumagne 1924, p.185.). Kerkouane, 13/14 cm de côté, 5/6 cm d’épaisseur (Fantar 1984, p.280).
(40)
Sousse: 11 cm de côté et 7 cm d’épaisseur (Fantar 1984, p.279). Kerkouane: 12/13 cm de côté et
5/6 cm d’épaisseur (Fantar 1984, p.280). Carthage-fouille de l’Université d’Hambourg: 12 cm de côté et
6/7 cm d’épaisseur (mesures prises par l’auteur).
(41)
En général, les losanges peuvent mesurer de 5,8 cm à 17 cm de longueur, de 4 cm à 13 cm de largeur
et 2/3 cm d’épaisseur: voir, par exemple, Beltrán Lloris-Mostalac Carrillo-Lasheras Corruchaga 1984,
p.152 (Velilla de Ebro); Dall’Aglio-De Maria 1988, p.142 (Suasa); Ramallo Asensio 1991-1992, p.202
(Cerro de los Santos); Coarelli 1995, p. 19 (Fregelle). Pour les hexagones, on passe d’un diamètre de 5 cm
jusqu’à 14,6 cm: voir Dall’Aglio-De Maria 1988, p.142 (Suasa); Giuliani 1990, p.138, fig.7.4;
Guidobaldi-Gregori 1996, p. 249; Johannowski 1997, p.584 (Elea).
(42)
Pour ce four, voir Fantar 1986, p.156.
(43)
Du même avis Fantar 1984, p.282.
164
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
(44)
A ce propos on peut seulement avancer des hypothèses, parce que la situation des découvertes ne per-
met pas de donner un cadre sûr. Ch. Saumagne a remarqué les différentes couleurs des exemplaires qu’il a
retrouvés (jaune, rouge et noir) et, pour Kerkouane aussi, il y a des briques de nuances très variées. Les
hexagones de la fouille de l’Université d’Hambourg, au contraire, semblent tous d’une tonalité jaune avec
des nuances rose.
(45)
L’emploi de briques en terre cuite de différentes couleurs et leur assemblage constituant des dessins
géométriques dans le pavement trouvent un exemple raffiné en Italie, à Jesi : voir Brecciaroli Taborelli
1995. Pour l’opus sectile en matériel litique, mais non marmoréen, voir en dernier lieu Guidobaldi 1994.
(46)
Voir Fougères 1969, p. 361; Morricone 1973, p. 604. À Délos, par exemple, il y a seulement quatre
dallages en briques cuites carrées: Bruneau 1972, p. 16. L’emploi de dallages en pierre ou marbre, avec
composants à losanges, semble plus fréquent: voir Guimier-Sorbets 1994, qui pense à une influence des
dallages sur les mosaïques de galets. Pour le rapport entre la décoration de l’opus sectile et la mosaïque à
tesselles, voir aussi Grandi 1994.
165
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
* Pour indiquer les périodiques on a employé les - Bruneau 1982 = Ph. Bruneau, Pavimenta Poenica:
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167
Reppal XI, Carrelages en briques cuites dans l’architecture punique Antonella Mezzolani
168
LA FRISE D'URAEI :À PROPOS D'UN FRAG-
MENT EN TERRE CUITE PUNIQUE À DÉCOR
ÉGYPTISANT
Taoufik Redissi
Fig.1, 2, a b
Dimensions : haut.: 8,7 cm. ; larg.: 6 cm; ép.: 0,5 - 2,2 cm.
Description : Fragment d’une plaquette en terre cuite représentant en léger relief une
suite de quatre uraei dressés, vus de face, portant sur la tête, en guise de couronne, le
disque solaire. Trois ressauts parcourent le fragment dans le sens horizontal ; celui d’en
haut indique la limite de l’architrave ; celui du milieu sert de support sur lequel évolue
la rangée d’uraei ; le troisième marque la partie supérieure de la corniche censée com-
porter une gorge égyptienne qui, malgré son état fort endommagé, a gardé au milieu,
dans la partie brisée, une ébauche d’un motif légèrement incurvé (trace d’une aile ou
d’un disque solaire ?). La zone de séparation, située entre l’architrave et la corniche, ne
présente, dans son état actuel, aucun décor.
Conservation : Mauvaise ; seulement une partie de l’angle gauche de la plaquette a sub-
sisté.
Facture : Détails sommairement traités en léger relief. Revers plat. Le profil de l’objet
présente un rétrécissement dans sa partie supérieure.
Provenance : Sondage effectué à Carthage-Dermech en juillet-août 1988.
Matière : Argile cuite, grénue, mal épurée contenant beaucoup d’impuretés ; particules
de silice de différentes dimensions.
En dépit de son mauvais état, le décor de ce fragment en terre cuite, exhumé d’une
couche de remblai d’époque augustéenne dans un sondage entrepris à Carthage-Dermech1,
est assez bien conservé pour se rendre compte qu’il s’agit de la partie supérieure d’une pla-
(1)
Le sondage auquel j’ai participé en 1988 en collaboration avec mes collègues Ms F. Chelbi et A.
Ferjaoui, est resté malheureusement inachevé. Il est situé sur le Cardo X entre le Decumanus Maximus
et le Decumanus I sud romain, à proximité des fouilles allemandes de l’université d’Hambourg cf.
Niemeyer et al. (1995) 476 fig. 1.
169
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
quette ornée d’une frise d’uraei dressés et couronnés du disque solaire. Au-dessus de cette
frise a subsisté une infime partie de la corniche ; de surcroît, la gorge égyptienne a disparu.
De telles composantes figuratives sont mieux conservées sur un autre fragment fait
dans la même matière, à décor parfaitement similaire, extrait de la couche de destruction
punique des fouilles allemandes pratiquées au «Quartier de Magon»2, à Carthage. Une
portion de la corniche à gorge égyptienne, une partie des uraei et des ailes du disque ailé
y sont nettement marquées. L’intérêt de ces fragments réside dans la rareté de ce genre
de plaquettes dans le corpus des terres cuites phéniciennes et puniques.
Le décor de frise d’uraei est de pure tradition égyptienne, largement attesté dans le
registre iconographique des stèles et des naos du Nouvel Empire3 et de Basse Epoque,
essentiellement des dynasties libyennes4. Le couronnement d’objet par une frise d’uraei
est d’usage courant, dans l’ornementation des amulettes en forme de chapelle abritant
une divinité5 , dans les compositions figuratives égyptiennes des chapiteaux
hathoriques6, des sistres-naos à tête hathorique7, des registres supérieurs des contre-
poids Ménat 8 et des éléments de parure9.
Les documents les plus utiles qui se prêtent à une comparaison évidente avec l’ico-
nographie égyptisante des fragments puniques de Carthage demeurent sans conteste les
naïskos en calcaire, provenant exclusivement des nécropoles sidoniennes à dominante
chronologique contemporaine de l’époque perse que l’on situe dans l’intervalle des VIe-
Ve s. av. J.-C. Les caractéristiques majeures de leur décor égyptisant sont déterminées
par la corniche ornée du disque solaire ailé et par l’architrave agrémentée d’une frise
d’uraei dressés et coiffés de l’astre solaire10.
Une autre catégorie apparentée de naïskos-miniautre en terre cuite se rattache, du
point de vue typologique, à une tradition beaucoup plus ancienne, bien documentée en
Orient à l’Age du Bronze Récent et à l’Age du Fer11. L’emploi dans cette série de terres
(2)
Kraus, (1991 ) 257 n°Tk.6 pl. 67 g.
(3)
Vandier (1954) 517, fig. 304 ( British Museum 57399); Hölbl (1986) 355 sq.
(4)
Hölbl (1986) 356 sq. fig. 61.
(5)
Petrie (1914) pl. XXXIX, 225; XLI, 245 ao, ap; Reisner (1958) [Link], 12748, 12749. Carthage et
Malte ont restitué quelques exemplaires originaires de la Vallée du Nil, cf. Gaukler (1915) pl. CLXVIII,
en bas, 5 et 6 ème exemplaires, de gauche à droite, tombe 327; Redissi (1990) 178 pl. IV (Carthage);
Hölbl (1989) 72-74 pl. 104, a-b ( Malte).
(6)
Hermary (1985) 672, fig. 17; Troy (1986) 22 fig. 6 (exemplaires de Bubastis).
(7)
Hermary (1985) 672, fig. 18; Desroches-Noblecourt (1980) 206, fig. 199 (bronze, XXI e dy.)
(8)
Acquaro (1971) pl. XLII, 1; XLIII, 1; Nagy (1977) 68, fig. 47.
(9)
Aldred (1978) pl. 97 ( pendentifs, XX e dy. Abydos); Montet, (1951) 136-137 [Link], 483 (fermoir du
collier de Psousennès, XXI e dy. vers 1040-990 av. J.-C. Tanis).
(10)
Bisi (1971) 15 sq. fig. 1 a ( musée de Beyrouth); 19 fig. 5; Aimé-Giron (1934) 31-42 pl. I-II
(Musée du Louvre); 38 sq. pl. IV (Musée d’Istamboul); Dunand (1926) 126 sq. pl. XXXIII, 2 a b ( col-
lection Durighello). Deux autres documents comparables, en forme de plaquette en calcaire, figurant une
façade de temple ornée d’une frise d’uraei, sont signalés en Egypte, à Ashmunein et dans la collection de
Fr. W. von Bissing, cf. W. A. Ward (1996.) 10, n° 10 et 11. Nous regrettons de ne pas pouvoir consulter
l’ouvrage fondamental de P. Wagner, Der Ägyptische Einfluß auf die phönizische Architektur (1980),
introuvable dans nos bibliothèques.
(11)
Culican (1986) 481-487 pl.1-6; Hestrin (1987) 76 ; Karageoghis (1994) 308.
170
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
cuites des éléments figuratifs d’inspiration égyptisante définie par la frise d’uraei et par
le globe solaire ptérophore, se manifeste dès le début du I er millénaire av. J.-C., à en
juger par le moule de la collection Hecht12 représentant un personnage féminin dans un
édicule dont l’architrave est chargée d’une frise d’uraei. D’une période plus tardive, à la
charnière du VIIe et du VIe s. av. J.-C., dateraient quelques trouvailles qui confirment
irréfutablement l’emploi des motifs égyptisants dans l’ornementation de l’entablement
des naïskos en terre cuite. L’exemplaire d’Amathonte, actuellement conservé au British
Museum, constitue un témoignage majeur à cet égard. L’empreinte égyptisante ne se
limite pas seulement dans la rangée d’uraei et du disque solaire de la superstructure du
naïskos, elle marque aussi l’allure et les traits du personnage masculin debout dans
l’édicule13.
La grande majorité des naïskos miniatures en terre cuite portant un entablement de
type égyptisant se placent chronologiquement, comme leurs répliques en calcaire, dans
un contexte contemporain des VIe-Ve s. av. J.-C. Les documents les plus importants ont
c
été repérés dans les nécropoles sidoniennes d’Hélalieh14 et d’Aya a15.
Avant de connaître une grande vogue dans la production lapidaire et des
terres cuite d’époque achéménide16, les ivoires de Nimroud fournissent les meilleurs
indices d’ancienneté sur l’utilisation des artisans graveurs phéniciens du motif de la
frise d’uraei dans le décor de l’encadrement architectural à l’intérieur duquel sont repré-
sentées des allégories ou des scènes à caractère religieux. Bien que la représentation de
la plaquette d’ivoire du VIIe s. av. J.-C., récemment mise au jour à Malaga, soit dans un
mauvais état de conservation, on peut, non sans difficultés, reconnaître la rangée d’uraei
à peine visible, placée au-dessus du disque solaire ailé soigneusement gravé dans l’ar-
chitrave du naïskos dans lequel deux personnages d’aspect égyptisant accomplissent un
rituel d’adoration17.
C’est dans cette tradition égyptisante que s’inscrit l’emploi du motif de la rangée
d’uraei que l’on observe dans les compositions iconographiques des cachets ouest-sémi-
tiques de la fin du VIIIe et début du VIIe s. av. J.-C18. Cette production glyptique assez
particulière se définit par une succession de décor réparti sur plusieurs registres. La ran-
gée d’uraei exceptionnellement vus de profil et non pas de face, est représentée en alter-
nance avec d’autres motifs répétés à profusion et à disposition linéaire. Elle se distingue,
au niveau du style, par une facture peu soignée, alourdie par son aspect standardisé à
arrangement répétitif et surtout reconnaissable par une abstraction des formes dispropor-
tionnées négligeant tout souci de détails.
(12)
Ward(1996) 9 pl. IV, 2.
(13)
Karageoghis ( 1994) 307-313 fig. 1-2.
(14)
Gubel (1986 b) 276 fig. 10 ; Ibid (1986 a) 122 fig. 52.
(15)
Contenau (1920) 309 fig. 104 n.
(16)
Mallowan ( 1966) 579 n° 539; Barnett (1975) pl. CXXXV, suppl. 22 , 23.
(17)
Gran-Aymerich (1990) 145-153, fig. 1 a-b. On peut mieux distinguer les traces de la frise d’uraei sur
la photo de l’ouvrage de Padro i Parcerisa (1995) 147 sq. pl. LXXXVII, 29.05.
(18)
Macalister (1912) pl. CCIX, 4; Wolfe - Sternberg (1989) 14 n° 12 ; Bordreuil (1986) 80 n° 93; Ibid.
(1993) 89, 91 fig. 27; Bordreuil - Gubel (1990) 491 fig. 8 ; Sass (1993) 211 fig.74.
171
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
La frise d’uraei va prendre tous ses droits absolus pour s’imposer dans le décor
des architraves à encadrement architectural des stèles votives des sanctuaires à ciel
ouvert, dédiés aux divinités suprêmes Baal-Hammon et Tanit et disséminés à travers les
colonies phéniciennes et puniques occidentales. Les premières manifestations de ce
genre de décor sur les stèles puniques datent de la fin du VI e et du début du V e av.
J.C. ; le disque solaire simple ou ailé vient souvent s’y ajouter19. La stèle miniature récu-
pérée dans la tombe 327 de Dermech20 qui, de prime abord nous intrigue par sa présen-
ce inhabituelle dans un contexte funéraire, date d’après le mobilier d’accompagnement,
du milieu du VIe s. av. J.-C21. Elle constitue typologiquement et iconographiquement
l’un des premiers témoignages qui nous a restitué le motif de la rangée d’uraei en toute
sa splendeur avant son introduction et sa grande diffusion dans le langage figuratif des
stèles votives puniques. La même frise d’uraei devait décorer l’architrave de l’édifice
représenté sur la stèle extraite d’une strate du Ve s. av. J.-C. du sanctuaire à ciel ouvert
de Sousse22. Cette stèle exceptionnelle, aujourd’hui disparue, figure une scène rare de
Baal Hammon majestueusement assis sur un siège flanqué de sphinx ailés en face d’un
personnage dans l’attitude hiératique d’adoration. De ce cadre architectural qui pourrait
être un édicule ou un baldaquin, a subsisté une partie des deux colonnes supportant une
gorge égyptienne fort détériorée, occupée par un disque solaire à uraei et encadré par
deux ailes déployées. Toute la partie supérieure de la stèle située au-dessus du disque
ailé, suffisamment grande pour recevoir l’image d’uraei disposés en une rangée, a été
emportée par le détachement d’un éclat superficiel.
En Occident, hors des tophets phénico-puniques, les traces d’existence de la
frise d’uraei dans des contextes non votifs, sont parcimonieusement rapportées. Les
seules trouvailles ont été signalées dans des séquences chronologiques peu assurées,
attribuées aux VIIIe-VIIe s. av. J.-C. C’est le cas de deux éléments architectoniques en
pierre, décorés d’une frise d’uraei, découverts en Sardaigne, dans les milieux noura-
giques de S. Vittoria di Serri et de S. Anastasia di Sardara23. Plus nombreuses, sont les
stèles en provenance de la côte phénicienne, creuset de gestation des modèles à image-
rie égyptisante et le foyer initial de leur exportation à travers la Méditerranée. Bien que
les conditions de découverte ne nous fournissent pas toutes les données chronologiques,
la stèle d’Akhzib24, traditionnellement attribuée à une datation relative, proche du VIII
e s. av. J.-C., témoigne de l’ancienneté de ce type de monument à décor de frise d’uraei
et de son influence sur les autres stèles phéniciennes communément assignées à
l’époque perse, dont les plus connues proviennent de Borj-Shemali 25 et de Sidon 26 .
(19)
Bisi (1971) 21-23; Hölbl (1986) 368-382.
(20)
Gaukler (1915) 146 pl. XCX; CLXVII.
(21)
Benichou-Safar (1982) 295.
(22)
Cintas (1947) 14 fig. 48-49.
(23)
Lilliu (1944) 329 fig. 3 pl. XII,4.
(24)
Moscati (1965) 239-241 pl. I; Bisi (1971) 26.
(25)
Bisi (1969) 38-40 pl. II, 1.
(26)
Clermont-Ganneau (1895) fig. de la p. 23. Un autre fragment de stèle de provenance inconnue est
signalé par Renan (1864) fig. de la p. 54.
172
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
(27)
Renan (1864) pl. IX; Perret - Chipiez (1885) 246 fig. 188.
(28)
Dunand ( 1937-1939 ) 54 sq., 65 pl. XXVII, 3.
(29)
Yon - Caubet ( 1993) 50 pl. I, 3.
(30)
Pesce (1955)475-482 pl. I-IV; Bondi (1988) fig. de la p. 275.
(31)
Vandier d’Abbadie (1972) 173 sq. n° 768 (Musée du Louvre); Hölbl (1986) 358 fig. 62 ( British
Museum).
(32)
Aimé-Giron (1925) 191-211 pl.I-II.
(33)
Moscati (1988) 694 n° 653.
(34)
Gubel(1987)68, 193.
(35)
Delattre (1908) 599 fig. 4.
173
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
parure carthagonoise, B. Quillard signale la découverte dans une tombe de la fin VIe -
début du Ve s. av. J.-C. à Henchir Tamezrat ( Kerkouane ) d’un pendentif qui, d’après P.
Cintas, son inventeur, porte un décor composé d’un disque solaire ailé dominant une
rangée de neuf uraei dressés et couronnés du globe36. La même manière d’ordonnance
en une rangée d’uraei est à l’origine de la production d’un type restreint d’amulettes
attestées uniquement, à l’heure actuelle, à Carthage du IVe s. av. J.-C.37 Sans dispraître
complètement aux siècles suivants, la frise d’uraei était encore en vigueur dans l’architectu-
re punique, elle assurait au II e s. av. J.-C. le décor de l’entablement de la fausse porte du
mausolée B de Sabratha38 et certainement du linteau du sanctuaire numide de Chemtou39.
Rien d’étonnant que les monnaies néo-puniques des II e-I er av. J.-C. de Lixus aient connu
le motif de l’édicule surmonté d’une frise d’uraei, quand nous savons combien grande était
l’influence égyptienne dans le répertoire numismatique punique tardive40.
L’identification de l’édifice dans lequel est représentée une divinité ne fait pas
l’unanimité des savants. Certaines interprétations faites sur la base d’analyses iconogra-
phiques des stèles des tophets le comparent avec les façades de temples41. A cette vision
s’oppose l’idée d’A. Lezine qui voit dans les représentations architecturales des stèles
puniques un baldaquin placé à l’intérieur du temple42. Cette dernière supposition a été
récemment adoptée dans un essai de reconstitution de la «Chapelle de Carton» qui com-
porterait un baldaquin dans la paroi du fond de la salle 43.
Les représentations gravées au plat d’un scarabée en cornaline, présumé remonter aux
VIIe-VIe s. av. J.-C.44, et des scarabées de jaspe des Ve-IVe s. av. J.-C. de production phé-
nicienne45 et punique46, ainsi que le sujet d’un cachet apposé sur une empreinte de sceau,
supposée provenir de la région tyrienne47, sont d’une aide précieuse et d’une nécessité pre-
mière pour reconnaître dans ce type de construction, généralement à entablement orné de
disque solaire et d’une frise d’uraei, un baldaquin dans lequel se déroulent des cérémonies
(36)
Quillard (1979) 65.
(37)
Vercoutter (1945) 279 pl. XXIV 905-906.
(38)
Di Vita, (1968) 27, 40 fig. 39-40.
(39)
F. Rakob, Numidische Königsarchitektur in Nordafrica,: H. Horn - Ch. Rüger, Die Numider (1979)
125 fig. 35. Les fragments isolés, scupltés en forme de serpent signalés à Chemtou, appartiendraient à
la frise du linteau du sanctuaire numide cf. Rakob (1994) 22 fig. 27 pl. 32 d, e. En Tunisie, l’emploi de la
frise d’uraei a survécu à l’époque julio-claudienne cf. Ferchiou (1989) 481-485.
(40)
Manfredi (1996) 49 fig. 1 a b.
(41)
Pour un état de la question cf. Xella (1991 ) 132-136.
(42)
Lezine ( 1959) 250; Ibid ( 1960) 29.
(43)
N. Ferchiou (1987) 17-19 fig. 2-3.
(44)
Ce scarabée qui nous a fourni la représentation la plus complète de ce type d’encadrement architectu-
ral, serait, d’après ses qualités exceptionnelles traitées dans les meilleures traditions iconographiques
phéniciennes, un produit de haute époque cf. Gubel (1987) 193 pl. VIII, 25.
(45)
de Ridder ( 1911 ) 547 pl. XVIII, 2753 ( Tyr ); AGD IV ( 1975 ) 15 pl. 4 n° 16 ( Es Salt, Jordanie );
Jakob-Rost (1975) 39-41pl. 9, n° 161 (Babybone), 169 ( pierre noire, acheté à Tyr).
(46)
La majorité des documents glyptiques montrant ce genre de baldaquin, proviennent de Tharros cf.
Furtwängler (1900) 70 pl. XV, 3; Righetti (1959 ) 226 n°5; Acquaro (1987) 241 pl. III, 11.
(47)
Empreinte de sceau faisant partie d’un lot de quatre exemplaires inédits provenant probablement de
la région tyrienne. C’est à Mr. E. Gubel que nous devons cette information, qu’il trouve, ici l’expression
174
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
d’adoration, il peut aussi recevoir et abriter la statue divine. Ce type de baldaquin serait
probablement monté en structures légères pour pouvoir le placer dans une barque solaire48
ou le fixer sur un trône supporté par deux lions49, comme en indiquent les scènes gravées
au plat de quelques scarabées de jaspe des Ve-IVe s. av. J.-C, recueillis à Tharros.
Ces cadres architecturaux qui seraient, dans la meilleure des hypothèses, réalisés
en structures légères pourvues d’un entablement à décor égyptisant, sont un emprunt
aux modèles égyptiens que l’on observe dans la décoration du couronnement des
kiosques royaux50, des baldaquins placés à l’intérieur des chapelles des tombes et des
édicules des divinités51. Très tôt, à l’orée du II e millénaire, la Phénicie a connu et sur-
tout a appliqué ce mode d’ornementation architecturale dans ses arts mineurs, ainsi en
témoigne le pectoral du XVIIIe s. av. J.-C., appartenant à Ip- Shemou -Abi, roi de
Byblos52. Au millénaire suivant, cette tradition d’expression iconographique se poursui-
vra et s’imposera de façon plus vigoureuse, à en croire les gravures phéniciennes du
VIIIe s. av. J.-C. des ivoires du fort Shalmanazar à Nimroud53, en Irak et de la patère en
bronze originaire d’Olympie, en Grèce54.
En définitive, l’étude des documents apparentés s’appuyant essentiellement sur des
comparaisons iconographiques soumises à des critères chronologiques assez solides,
nous invite avec prudence à dater notre fragment ainsi que sa réplique récupérée par les
fouilles allemandes au «Quartier de Magon», du Ve s. av. J. -C. Ces fragments sont des
témoignages rares et nouveaux à verser dans le chapitre de l’influence égyptienne sur les
terres cuites de l’univers phénico-punique. Aux termes de cette étude, il est clair que c’est
par le truchement des versions typologiques et figuratives55 phéniciennes, en vigueur tout
au long du I er millénaire av. J.-C., avec un moment fort à l’époque perse, que les lapi-
cides et coroplathes puniques ont puisé leur source d’inspiration pour la décoration des
stèles votives en pierre et des plaquettes en terre cuite représentant un encadrement archi-
tectural d’aspect égyptisant, que l’on peut identifier avec un baldaquin.
de notre gratitude.
(48)
Acquaro(1993) 2 fig. 2.
(49)
Acquaro (1985) 15 pl. II, d.
(50)
Vandier ( 1964) 554-562 ; Ibid. (1964) IV, 1 fig. 308-309 pl. XXVII, XXVIII.
(51)
Ward (1996) 17 pl. VI-VII.
(52)
Montet (1928) 162-164 pl. 93, 94.
(53)
Barnett (1975).[Link], suppl. 22, 23 ; CXXXVI, suppl. 52.
(54)
Markoe (1985) 204, 316-319, G. 3.
(55)
Bien que les deux plaquettes, l’une en calcaire, provenant de Tell Defenneh, en Egypte, l’autre en
terre cuite, conservée au Musée du Louvre, présentent des scènes d’une interprétation iconographique for-
tement influencée par l’art perse, elles trouvent leur filiation typologique la plus évidente dans les naïskos
de tradition égyptienne bien attestée dans les milieux phéniciens cf. Bossert ( 1951) 74 fig. 960; Gubel
175
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
176
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
177
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
- Quillard (1979) vs. Aniconism,: Sass - Uehlinger, (1993) 194-256
B. Quillard, Les bijoux carthaginois, I, Les col- - Troy (1986)
liers d’après les collections du Musée National L. Troy, Pattern of Queenship in Ancient
du Bardo et du Musée National de Carthage Egyptian Myth andHistory, (1986).
(1979). - Vandier (1954)
- Rakob (1994) [Link], Manuel d’archéologie égyptienne,
F. Rakob, Der Tempelberg und seine II(1945)
Heiligtümer, : F. Rakob et al., Simitthus II, Der - Vandier (1964)
Tempelberg und das römische Lager (1994) 1-50. J. Vandier, Manuel d’archéologie égyptienne, IV,
- Redissi (1990) (1964).
T. Redissi, Les amulettes de Carthage représen- - Vandier (1964), IV, 1.
tant les divinités léontocéphales et les lions, - J. Vandier, Manuel d’archéologie égyptienne,
Reppal, V, (1990) 163-212 pl.I-IV. IV, 1, Album, (1964).
-Reisner(1958) - Vandier d’Abbadie (1972)
M. G. A. Reisner, Amulets, II, (CGC) 12528- J. Vandier d’Abbadie, Catalogue des objets de
13595, (1958). toilette égyptiens au Musée du Louvre, (1972).
- Renan (1864) - Vercoutter (1945)
E. Renan, Mission de Phénicie, (1864). J. Vercoutter, Objets égyptiens et égyptisants du
-deRidder(1911) mobilier funéraire carthaginois, (1945).
A. de Ridder, Collection de Clercq. Catalogue, - Ward (1996)
VII, 2, Les pierres gravées, (1911). W. A. Ward, The Goddess within the Façade of
- Righetti (1959) a Shrine. Phoenician Clay Plaque of the8 th
R. Righetti, Gemme del Museo Nazionale alle Century B. C., RSF, XXIV, (1996) 7-19 pl. I-VII.
Terme Dioclezione, Atti della Accademia - Wolfe - Sternberg (1989)
Romana di Archeologica (serie, III), Rendiconti, L. [Link] - F. Sternberg, Objects with
XXX-XXXI, (1959) 213-230. Semitic Inscriptions 1 100 B.C. - A. D. 700,
-Sass-Uehlinger(1993) Auction XXIII, Monday 20 November 1989,
B. Sass - Ch. Uehlinger, Studies in the Zurich (1989).
Iconography ofthe Northwest Semitic Inscribed -Xella (1991) .
Seals, Proceeding of a Symposium held in P. Xella, BaalHammon, (1991).
Fribourg on April 17-20-1991, (OBO, 125), -Yon-Caubet( 1993) (1993)
(1993). M. Yon - A. Caubet, Arouad et Amrit VIII e - Ier
- Sass (1993) siècles av. J.-C. Documents, Transeuphratène, 6,
B. Sass, The Pre-Exilic Hebrew Seals: Iconism (1993) 47-66 fig. 1 pl. I-IV
178
Reppal XI, La frise d’uraei : à propos d’un fragment en terre cuite punique à décor égyptisant Taoufik Redissi
Fig. 1
a b
(1)
Debbo al Prof. G. Tore alcune delle considerazioni qui riferite, frutto di discussioni tanto fréquenti
quanto feconde. Per una bibliografia completa sul sito e sugli scavi di S. Giuseppe - Iscaniles, cf. CAM-
PUS 1994, p. 17 ss.
(2)
Cf. GALLI 1991, p. 16, fig. 11. La foto Ë del Dott. G. C. Baghino, che ringrazio vivamente.
(3)
Cf. infra note 9-11.
181
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
(4)
Cf. CAMPUS 1994, p. 99 ss.
(5)
Cf. in proposito anche infra nota 44.
(6)
Cf. CROISSANT 1983, p. 8; BARRA BAGNASCO 1986, pp. 138-139.
(7)
Cf. PENSABENE et alii 1980, pp. 46, 189-190; ELVIRA BARBA et alii 1982, p. 299; per una inter-
pretazione che ricollega l’uso delle teste isolate a ragioni di ordine essenzialmente economico, cf. CAPU-
TO et alii 1986, p. 92.
(8)
Cf. CAMPUS 1994, p. 19 ss.
(9)
Si trattá di riporti plasmati a mano senza l’ausilio di alcuno strumento, la cui conformazione, soggetta
alla variabilit che deriva dalla tecnica di esecuzione, si approssima in più casi a esiti globoidi.
(10)
Pur nella loro autonomia iconografica, essi sono derivati dai precedenti: l’intervento della stecca pro-
duce sul cono d’argilla una serie di cerchi concentrici che conferiscono loro un aspetto simile al guscio di
una chiocciola; compaiono con una certa frequenza tra i frammenti di capigliatura rinvenuti nel deposito
votivo di Padria: cf. CAMPUS 1994, p. 140, Tavv. XXII-XXIII, nn. 124-129
(11)
Non molto distanti morfologicamente da quelli “a chiocciola”, ne sono totalmente indipendenti quan-
to a tecnica d’esecuzione: constano infatti di strisce d’argilla arrotolate e scanalate a stecca.
182
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
nanzi all’orecchio e sino a lambire le tempie. Ci soffermeremo in seguito sul carattere eru-
dito dell’opera e sulla originalità delle scelte iconografiche che ne consegue, limitandoci
per ora a inscrire la testa in un repertorio tematico di significativo riscontro nell’artigianato
insulare d’ambiente semitico. Il suo riesame, almeno negli aspetti iconografici essenziali -
lungi dalla pretesa di un’analisi esaustiva e complessiva del tipo negroide in Sardegna, che
trascende evidentemente le finalità del presente lavoro - pare di una certa utilità ai fini
della comprensione della testa padriese, attualmente così frammentaria, eppure restituibile,
almeno in via ipotetica, proprio attraverso un approccio comparativo. Il tema della negritu-
dine, pur conoscendo in epoca ellenistica alcune delle sue più organiche manifestazioni,
copre in Sardegna un arco cronologico assai più ampio e di molto antecedente al momento
di maggiore diffusione in periodo ellenistico12. Le rappresentazioni più antiche note in
Sardegna, riportabili a repertori egittizzanti, risalgono infatti al VII-VI sec. a.C: si tratta di
alcuni amuleti in osso13 e di una serie, poco più nutrita, di scaraboidi, per lo più realizzati
in pasta vitre (14. Più ampie le testimonianze della glittica in diaspro verde, in prevalenza
tharrensel 15, ma con qualche altro interessante esemplare, in particolare da Othoca16 e da
Sulci17, in cui è chiaramente tangibile il richiamo alle iconografie greche nella elaborazio-
ne del tipo negroide18 ; sono produzioni riferibili, nell’insieme, ai secoli V-III a.C19.
Quanto alla coroplastica, l’ispirazione greca, ormai generalizzata nel trattamento del tema,
si rivela matura espressione di un ambiente artigianale assai ricettivo nei confronti delle
istanze realistiche d’epoca ellenistica. La documentazione consta di cinque teste prove-
nienti da Cagliari20, S. Vero Milis21, Tharros22, Oristano (anch’essa presumibilmente di
(12)
Cf. ACQUARO 1979, pp. 278-279; Idem 1984, pp. 88-90.
(13)
Cf. ACQUARO 1977, p. 39, Tav. I, n. 2 (= Idem 1984, p. 109, fig. 123) e, per una analoga esaspera-
zione della fisionomia, BARTOLONI 1973, p. 195, n. 50, Tav. LIX, 2
(14)
Cf. MATTHIAE SCANDONE 1975, pp. 53-54, E 4, Tav XII; p. 68, E 38, Tav. XVII; p. 71, E 45,
Tav. XVIII; p. 83, G 16, Tav. XXIII. Si prescinde in questa sede dal problema dei centri di produzione,
locali o egiziani: cf. ibidem.
(15)
Cf. ACQUARO 1979, p. 279, Tav. XVII c-d-e-f; Idem 1987, p. 244, Tav. VI, n. 24; BARNETT-
MENDLESON 1987, p. 152, Pl. 60a. 7/23; p. 143, Pl. 60f. 5/26; p. 166, Pl. 60d. 10/21; cf.
anche CRESPI 1868, pp. 139-140, Tav. 119.
(16)
Cf. NIEDDU-ZUCCA 1991, pp. 112, 296, Tav. XCVI (-ACQUARO 1979, Tav. XVII b).
(17)
Cf. BARTOLONI 1973, pp. 202-203, n. 124, Tav. LXIII, 10; per uno scarabeo da Monte Luna con
profili silenici dall’accentuata caratterizzazione negroide, cf. ACQUARO 1982, pp. 197-199, Tav. VI a-b;
Idem 1984, pp. 94-95.
(18)
per una considerazione dei fenomeni di osmosi e intercambio operatisi, anche in relazione al tema
della negritudine, tra le culture africana, punica e greca, cf. ACQUARO 1975, pp. 250-251.
(19)
Cf. ACQUARO et alii 1975, pp. 61-63; Idem 1982, pp. 197-201; Idem 1984, p. 73 ss.; Idem 1987, p.
238.
(20)
Cf. TARAMELLI 1912, coll. 128, 134-135, figg. 36.2, 44. Dalla stessa necropoli proviene anche una
figurina di negro dormiente: cf. ibidem, col. 134, fig. 43.
(21)
Cf. BARRECA 1986, p. 242, fig. 225.
(22)
Cf. ACQUARO 1988, p. 216, Tav. XXXVIII, 7.
183
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
(23)
Cf. MOSCATI-UBERTI 1988, p. 31, Tav. XII, n. 44. Il caraterre negroide della figurazione è
però dato come incerto.
(24)
Cf. CAMPUS 1990, p. 499, Tav. 4 A.
(25)
Cf. MOSCATI 1991, pp. 38, 77, n. 43 (= MOSCATI 1992, p. 37, Tav. XII b).
(26)
Cf. NIEDDU-ZUCCA 1991, pp. 170-171, Tav. XCI, 3. Incerta anche in questo caso l’attribu-
zione al tipo negroide.
(27)
Cf. CAMPUS 1994, p. 124, Tav. V, n. 24. Analoga notazione circa l’identificazione del tipo umano
adottato.
(28)
Cf. LEVI 1950, pp. 109-110, fig. 36 e da ultimo, MONGIU 1994, pp. 116-118, Tav. XII, fig. 15a.
(29)
Cf. MATTAZZI 1995, p. 50.
(30)
Un’analoga variet si registra nell’adozione del motivo fisionomico negroide a Cartagine: cf. per le
maschere negroidi in terracotta, PICARD 1966, pp. 11-12, Pl. I, 1-2; per i pendenti in pasta vitrea a testa
di negro, SEEFRIED 1976, p. 49, Pl. I, 4 e Eadem 1982, pp. 17, 87-89, Type B 1; per i documenti della
glittica, VERCOUTTER 1945, Pl. XIII, nn. 451, 457, 461, 466; Pl. XVI, n. 588; Pl. XXIV, n. 908, con
qualche esemplare anche da Kerkouane: cf. ibidem, Pl. XVI, n. 589 e REDISSI-TILLOT 1995, pp. 172-
173, Pl. XV, 35. Da Kerkouane provengono anche due askoi configurati l’uno a testa di negro e l’altro a
figurina di tipo negroide: cf. TILLOT 1991, pp. 149, 165, nn. 3-4.
Abbastanza significative è anche il riscontro del tema della negritudine in ambiente iberico: cf. per i docu-
menti in terracotta da Ibiza, TARRADELL 1974, p. 168, n. 59; ALMAGRO GORBEA 1980, p. 255, B.-
8513, Lám. CLXXXVII e da Cadice, MOSCATI 1988, p. 718, Cat. 793; pp. 336, 724, Cat. 826; per l’at-
testazione del tema negli scarabei, ancora da Ibiza, BOARDMAN 1984, Lám. XVIII, 109 ;
FERNÁNDEZ-PADRÓ 1982, pp. 158-159; come a Cartagine, il repertorio ibicenco comprende anche
qualche pendente in pasta vitrea a testa di negro: cf. FERNÁNDEZ 1992, I, p. 158; II, pp. 192, 248; III,
Lám. XCIV, 515-516; Lám. CXXV, 736.
Per una panoramica delle testimonianze del motivo nell’artigianato punico, cf. anche REDISSI 1995, pp. 139-140.
(31)
Cf. supra, per lo scaraboide E 38, nota 14; per gli altri esemplari, note 23-24, 26-28.
(32)
Cf. MATTHIAE SCANDONE 1975, E 4.
(33)
Cf. ibidem, G 16.
(34)
Cf. ibidem, E 45 (=ACQUARO 1984, p. 108, fig. 122).
184
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
più usuale nel repertorio negroide sardo d’ascendenza greca, che conosce analoghe solu-
zioni nella serie dei vasi plastici35 e nel quale i riccioli, disposti a file parallele sul cranio,
assumono un andamento stempiato e invadono la fronte al centro36. Tale impianto compo-
sitivo ricorre infatti in forma generalizzata negli scarabei citati37, per quanto sia suscettibi-
le di semplificazioni conseguenti alle difficoltà di lavorazione della pietra dura e all’abilità
degli incisori, benché non manchino esemplari con esiti di notevole precisione, quali lo
scarabeo da Othoca (Tav. III, 1) e un altro da Tharros (Tav. III, 2). Analogo dispositivo
della coiffure caratterizza le rappresentazioni negroidi in terracotta, nelle quali, però, l’im-
piego della creta e, limitatamente alle teste complete, la tecnica del tutto tondo assicurano
maggiore chiarezza e completezza espositiva. Quanto è soggetto a variazioni più ampie,
pur air interno di uno schéma di capigliatura che nelle linee generali permane identico, è il
tipo di riccioli di volta in volta individuati a connotare la cresposità tipicamente negroide:
negli scarabei prevale nettamente il tipo a globetti, spesso grossolanamente sistemati sul
cranio38, anche se non mancano interpretazioni più accurate del motivo (Tav. III, 2)39, che
conosce pure, almeno nelle scarabeo di Othoca già ricordato (Tav. III, 1), una versione
assai vicina al tipo conoide presente nella testa in esame40. Più varia è la gamma di solu-
zioni operate dai coroplasti: l’interpretazione più semplice è quella della testina di
Tharros, nella quale i capelli sono resi mediante protuberanze rotondeggianti, piuttosto
sommarie e a rilievo assai basso (Tav. III, 3), mentre nella testa di Tuvixeddu il rilievo,
netto, disegna dei riccioli d’aspetto globoide (Tav. III, 4)41, riconoscibili, seppure in una
versione semplificata e appiattita, anche nel frammento di maschera da Tharros summen-
zionato42 ; assai più elaborate sono le capigliature della testina di S. Vero Milis (Tav. IV, 1)
e della protome di S. Gilla (Tav. IV, 2), ambedue connotate da riccioli “a chiocciola”, non
molto dissimili da quelli della testa di Padria, pur differenziandosene per tecnica di realiz-
zazione, a impressione. Isolata, infine, rispetto alla documentazione citata, è l’esecuzione
della capigliatura nella protome di Othoca, denotata da profonde incisioni disegnate dalla
stecca43.
Come si inserisce, dunque, la testa di Padria in tale repertorio tematico? Lungi dal propor-
(35)
Cf., a titolo esemplificativo, PERROT-CHIPIEZ 1914, p. 751, Pl. XXIV; ROBINSON 1933, p. 103,
n. 400, Tav. 56 ;MONTANARI 1950, pp. 194-197, Tav. LV, 1-2; EAA, p. 397, fig. 523.
(36)
Lo schema perdura in ambiente greco sino al tardo ellenismo: analogo dispositivo dei capelli è per
esempio riscontrabile in una gemma in cornalina di I sec. a.C.: cf. ZSCHIETZSCHMANN 1960, p. 150.
(37)
Il particolare della stempiatura è in verit assai poco marcato nei profili negroidi incisi nel diaspro,
mentre appare assai diffusamente nei documenti in terracotta. Permane comunque identico l’impianto
generale della capigliatura, essendone comune il modello ispiratore.
(38)
Cf. per esempio BARNETT-MENDLESON 1987, Pl. 60d. 10/21 ; Pl. 60f. 5/26.
(39)
per un esemplare da Kerkouane nel quale il motivo a globetti acquista analogo nitore. cf. REDISSI-
TILLOT 1995, pp. 172-173, Pl. XV, 35.
(40)
Un’elaborazione assai simile dei riccioli compare anche in una testa ibicenca: cf. ALMAGRO GOR-
BEA 1980, p. 255, B. -8513, L-m. CLXXXVII.
(41)
Talora, perÚ, stando al disegno del Taramelli, essi sembrano essere conformati a cono; cf. al riguardo
e seppure in proporzioni inverse, supra nota 9.
(42)
Cf. supra nota 29.
(43)
Cf. supra nota 26.
185
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
re una pedissequa imitazione di schemi da tempo circolanti nell’ isola, è però chiaramente
percepibile in essa la conoscenza di una tradizione negroide, cui guardare e cui ispirarsi
nell’impostazione générale della capigliatura, che è la stessa riscontrata negli scarabei e
nelle terrecotte richiamate ; l’analogia della pettinatura, per serie parallele di riccioli, rende
infatti plausibile, ad un esame comparativo, la restituzione di un consimile dispositivo dei
capelli sulla fronte, rispettandone pure l’usuale andamento stempiato (Tav. II)44. Su un
piano più propriamente iconografico - e veniamo alla seconda componente, il manierismo
erudito - proprio la padronanza del tema, ora ricordata, e la conseguente consapevolezza
delle diverse possibilità che la sua trattazione offriva consentono all’artista, in un’ottica
tutta alessandrina, di operare in modo originale e peregrino nei confronti della materia trat-
tata; dotto e manieristico è infatti il linguaggio sincretico alla base dell’accostamento di
due tipi di riccioli, conoidi e “a chiocciola”, che, seppure in adozione nel repertorio
negroide insulare, appaiono sempre esclusivi della coiffure rappresentata, senza sovrappo-
sizioni o commistioni di alcun tipo, che più in générale sono estranee alla trattazione delle
capigliature negroidi. Ancor più peregrino, e palese espressione del gusto della variatio
che compenetra l’opera, è l’inserimento, a mo’ di basetta, della serie di riccioli a spirale
dinnanzi all’orecchio. L’innovazione introdotta è duplice: in primo luogo, l’adozione di
boucles desinenti in spirale è piuttosto inusitata nelle acconciature negroidi - è sufficiente,
in merito, un rapide sguardo alla documentazione citata - perché poco si prestano a rende -
re l’idea di una capigliatura crespa, finalità che in genere le rappresentazioni negroidi per-
seguono; in secondo luogo, il motivo delle basette è anch’esso assai poco familiare al
repertorio tematico in esame, nel quale l’acconciatura lascia normalmente libere le orec-
chie nel settore sottostante alle tempie. Ad un giudizio estetico, la sua introduzione, oltre
che non motivata da esigenze iconografiche, potrebbe apparire anche poco felice, riscon-
trandosene la semplice giustapposizione ad una capigliatura preordinata sul cranio secon-
do lo schema, più volte ricordato, a serie parallele di riccioli, che verrebbe bruscamente
abbandonato per uno “a grappolo” decisamente différente; una sintesi unitaria non derive-
rebbe, del resto, neppure dall’associazione di riccioli conoidi e “a chiocciola”, poiché lo
stacco tra gli uni e gli altri è ampio e il loro accostamento non sembrerebbe giustificato da
altra esigenza che dalla volontà di fornire quasi un campione di diverse soluzioni adottabili
nella resa del tema prescelto. Sarebbe in realtà piuttosto riduttiva una valutazione degli
esiti cui l’artista perviene - e in ogni caso è opera di un certo pregio - che prescindesse
dalla necessaria considerazione del gusto manieristico dell’epoca, che l’artigiano padriese
fa suo e alla luce del quale divengono comprensibili scelte che ai nostri occhi e ad una let-
tura epidermica potrebbero apparire niente più che bizzarre e azzardate. In tal senso è anzi
deplorabile la perdita del volto, che avrebbe forse potuto riservarci qualche altro originale
preziosismo e virtuosismo erudito.
ACQUARO 1975 E. ACQUARO, Recensione a E. Mveng, Les sources grecques de l’his-
toire négro-africaine depuis Homère jusqu’à Strabon, RstFen, 3 (1975), pp. 250-251
(44)
L’integrazione proposta in corrispondenza delle tempie dei riccioli “a chiocciola” - settore al quale
pare probabile che essi si limitassero - è stata assai modesta, tenendo proprio conto della stempiatura cui
dovevano dare origine; quanto ai boucles conoidi, essi sono stati restituiti, seppure in misura minima,
nella parte occipitale del capo, più diffusamente in quella centrale e, infine, in tutta la sommità cranica, fin
sulla fronte; la serie spiraliforme sembra, invece, sostanzialmente completa. La ricostruzione dei tratti del
volto, dal naso camuso e dalle labbra tumide, vuole essere puramente indicativa del tipo umano all’origine
della rappresentazione.
186
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
Abbreviazioni Bibliografiche
187
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
188
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
189-190; ELVIRA BARBA et alii 1982, 296, Tav. XCVI (= ACQUARO 1979,
p.299; per una interpretazione che ricol- Tav. XVII b).
lega l’uso delle teste isolate a ragioni di 17 Cf. BARTOLONI 1973, pp. 202-203,
ordine essenzialmente economico, cf. n. 124, Tav. LXIII, 10; per uno scarabeo
CAPUTO et alii 1986, p. 92. da Monte Luna con profili silenici
8 Cf. CAMPUS 1994, p. 19ss. dall’accentuata caratterizzazione negroi-
9 Si tratta di riporti plasmati a mano senza de, cf. ACQUARO 1982, pp. 197-199,
l’ausilio di alcuno strumento, la cui Tav. VI a-b; Idem 1984, pp. 94-95.
conformazione, soggetta alla variabilità 18 Per una considerazione dei fenomeni
che deriva dalla tecnica di esecuzione, si di osmosi e intercambio operatisi, anche
approssima in pi˘ casi a esiti globoidi. in relazione al tema della negritudine, tra
10 Pur nella loro autonomia iconografica, le culture africana, punica e greca, cf.
essi sono derivati dai precedenti: l’inter- ACQUARO 1975, pp. 250-251.
vento della stecca produce sul cono d’ar- 19 Cf. ACQUARO et alii 1975, pp. 61-
gilla una serie di cerchi concentrici che 63; Idem 1982, pp. 197-201; Idem 1984,
conferiscono loro un aspetto simile al p. 73 ss.; Idem 1987, p. 238.
guscio di una chiocciola; compaiono con 20 Cf. TARAMELLI 1912, coll. 128,
una certa frequenza tra i frammenti di 134-135, figg. 36.2, 44. Dalla stessa
capigliatura rinvenuti nel deposito votivo necropoli proviene anche una figurina di
di Padna: cf. CAMPUS 1994, p. 140, negro dormiente: cf. ibidem, col. 134, fig.
Tavv. XXII-XXIII, nn. 124-129. 43.
11 Non molto distanti morfologicamente 21 Cf. BARRECA 1986, p. 242, fig. 225.
da quelli “a chiocciola”, ne sono total- 22 Cf. ACQUARO 1988, p. 216, Tav.
mente indipendenti quanto a tecnica XXXVIII, 7.
d’esecuzione: constano infatti di strisce 23 Cf. MOSCATI-UBERTI 1988, p. 31,
d’argilla arrotolate e scanalate a stecca. Tav. XII, n. 44. Il carattere negroide della
12 Cf. ACQUARO 1979, pp. 278-279; figurazione Ë perÚ dato come incerto.
Idem 1984, pp. 88-90. 24 Cf. CAMPUS 1990, p. 499, Tav. 4 A.
13 Cf. ACQUARO 1977, p. 39, Tav. I, n. 25 Cf. MOSCATI 1991, pp. 38, 77, n. 43
2 (= Idem 1984, p. 109, fig. 123) e, per (= MOSCATI 1992, p. 37, Tav. XII b).
una analoga esasperazione della fisiono- 26 Cf. NIEDDU-ZUCCA 1991, pp. 170-
mia, BARTOLONI 1973, p. 195, n. 50, 171, Tav. XCI, 3. Incerta anche in questo
Tav. LIXT2. caso l’attribuzione al tipo negroide.
14 Cf. MATTHIAE SCANDONE 1975, 27 Cf. CAMPUS 1994, p. 124, Tav. V, n.
pp. 53-54, E 4, Tav XII; p. 68, E 38, Tav. 24. Analoga notazione circa l’identifica-
XVII; p. 71, E 45, Tav. XVIII; p. 83, G zione del tipo umano adottato.
16, Tav. XXIII. Si prescinde in questa 28 Cf. LEVI 1950, pp. 109-110, fig. 36 e
sede dal problema dei centri di produzio- da ultimo, MONGIU 1994, pp. 116-118,
ne, locali o egiziani: cf. ibidem. Tav. XII, fig. 15a.
15 Cf. ACQUARO 1979, p. 279, Tav. 29 Cf. MATTAZZI 1995, p. 50.
XVII c-d-e-f; Idem 1987, p. 244, Tav. VI, 30 Un’analoga varietà si registra nell’ado-
n. 24; BARNETT-MENDLESON 1987, zione del motivo fisionomico negroide a
p. 152, Pl. 60a. 7/23; p. 143, Pl. 60f. 5/26; Cartagine: cf. per le maschere negroidi in
p. 166, Pl. 60d. 10/21; cf. anche CRESPI terracotta, PICARD 1966, pp. 11-12, Pl. I,
1868, pp. 139-140, Tav. II, 9. 1-2; per i pendenti in pasta vitrea a testa
16 Cf. NIEDDU-ZUCCA 1991, pp. 112, di negro, SEEFRIED 1976, p. 49, Pl. I, 4
189
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
e Eadem 1982, pp. 17, 87-89, Type B1; in una gemma in cornalina di I sec. a.C.:
per i documenti della glittica, VER- cf. ZSCHIETZSCHMANN 1960, p. 150.
COUTTER 1945, Pl. XIII nn. 451, 457, 37 Il particolare della stempiatura Ë in
461, 466; Pl. XVI, n. 588; Pl. XXIV, n. verità assai poco marcato nei profili
908, con qualche esemplare anche da negroidi incisi nel diaspro, mentre appare
Kerkouane: cf. ibidem, Pl. XVI, n. 589 e assai diffusamente nei documenti in terra-
REDISSI-TILLOT 1995, pp. 172-173, Pl. cotta. Permane comunque identico l’im-
XV, 35. Da Kerkouane provengono anche pianto generale della capigliatura, essen-
due askoi configurati l’uno a testa di done comune il modello ispiratore.
negro e l’altro a figurina di tipo negroide: 38 Cf. per esempio BARNETT-MEND-
cf. TILLOT 1991, pp. 149, 165, nn. 3-4. LESON 1987, Pl. 60d. 10/21; Pl. 60f.
Abbastanza significativo è anche il ris- 5/26.
contro del tema della negritudine in 39 Per un esemplare da Kerkouane nel
ambiente iberico: cf. per i documenti in quale il motivo a globetti acquista analogo
terracotta da Ibiza, TARRADELL 1974, nitore, cf. REDISSI-TILLOT 1995, pp.
p. 168, n. 59; ALMAGRO GORBEA 172-173, Pl. XV, 35.
1980, p. 255, B. -8513, Lám. CLXXXVII 40 Un’elaborazione assai simile dei ric-
e da Cadice, MOSCATI 1988, p. 718, cioli compare anche in una testa ibicenca:
Cat. 793; pp. 336, 724, Cat. 826; per l’at- cf. ALMAGRO GORBEA 1980, p. 255,
testazione del tema negli scarabei, ancora B.-8513, L-m. CLXXXVII.
da Ibiza, BOARDMAN 1984, Lám. 41 Talora, perÚ, stando al disegno del
XVIII, 109; FERNÁNDEZ-PADRÓ Taramelli, essi sembrano essere confor-
1982, pp. 158-159; come a Cartagine, il mati a cono; cf. al riguardo e seppure in
repertorio ibicenco comprende anche proporzioni inverse, supra nota 9.
qualche pendente in pasta vitrea a testa di 42 Cf. supra nota 29.
negro: cf. FERNÁNDEZ 1992, I, p. 158; 43 Cf. supra nota 26.
II, pp. 192, 248; III, Lám. XCIV, 515- 44 L’integrazione proposta in corrispon-
516; Lám. CXXV, 736. denza delle tempie dei riccioli “a chioc-
Per una panoramica delle testimonianze ciola”- settore al quale pare probabile che
del motivo nell’artigianato punico, cf. essi si limitassero - Ë stata assai modesta,
anche REDISSI 1995, pp. 139-140. tenendo proprio conto della stempiatura
31 Cf. supra, per lo scaraboide E 38, nota 14; cui dovevano dare origine; quanto ai
per gli altri esemplari, note 23-24,26-28. boucles conoidi, essi sono stati restituiti,
32 Cf. MATTHIAE SCANDONE 1975, seppure in misura minima, nella parte
E4. occipitale del capo, più diffusamente in
33 Cf. ibidem, G 16. quella centrale e, infine, in tutta la som-
34 Cf. ibidem, E 45 (=ACQUARO 1984, mità cranica, fin sulla fronte; la serie spi-
p. 108, fig. 122). raliforme sembra, invece, sostanzialmente
35 Cf., a titolo esemplificativo, PERROT- completa. La ricostruzione dei tratti del
CHIPIEZ 1914, p. 751, Pl. XXIV; volto, dal naso camuso e dalle labbra
ROBINSON 1933, p. 103, n. 400, Tav. tumide, vuole essere puramente indicativa
56; MONTANARI 1950, pp. 194-197, del tipo umano all’origine della rappre-
Tav. LV, 1-2; EAA, p. 397, fig. 523. sentazione.
36 Lo schema perdura in ambiente greco
sino al tardo ellenismo: analogo dispositi-
vo dei capelli è per esempio riscontrabile
190
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
Tav. I
Tav. II
Disegno e ricostruzione
191
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
Tav. III
192
Reppal IX, Sue una testa negroide da Padria Pasquale Francesco Ruiu
Tav. IV
193
LA COLLECTION DES MIROIRS EN BRONZE
CONSERVÉS DANS LE MUSÉE DE CARTHAGE
ESSAI DE CLASSIFICATION
Mohamed Tahar
(1)
Nos vifs remerciements à M.A. Ennabli qui m’a permis de travailler sur cette collection. L’intérêt qu’il a
manifesté pour ce travail, sa bienveillance ainsi que les moyens mis à ma disposition par toute l’équipe du
laboratoire du musée de Carthage, ont grandement facilité ma tâche. Qu’ils veuillent bien trouver ici l’ex-
pression de ma profonde gratitude.
(2)
Voilà le type d’indications que nous retrouvons généralement dans les publications anciennes: “... Les
autres objets de bronze sont surtout des monnaies, des clous à tête dorée, des miroirs, des cymbales...” R.P
Delattre., “La nécropole punique voisine de Sainte-Monique à Carthage. Rapport semestriel, CRAI, 1900 / p.
488 et sq; “tombeau N 346 deux petits miroirs en bronze; N 351 miroir en bronze; N 352 un miroir ...”P.
Gauckler. Les nécropoles puniques, Paris, 1915, p. 182 et sq.
195
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
aspects inhérents à la question3. Les catalogues du musée Lavigerie (Carthage) nous ont
été également d’un secours inestimable4. Enfin, certains miroirs découverts lors des
fouilles récentes ont permis d’assigner, par recoupement, une chronologie plus ou moins
précise à certaines catégories appartenant à notre collection5.
- le mauvais état de conservation de la plupart des miroirs étudiés : en dépit des
efforts louables des services compétents du musée de Carthage, l’état de la collection n’a
cessé de se dégrader. Les quelques motifs iconographiques dont les traces ont subsisté sur
des rares pièces sont difficilement perceptibles6.
Pour toutes ces contraintes que nous venons de citer il est impossible d’établir une
classification fondée sur des critères tels que l’iconographie, la provenance ou la chronolo-
gie. Les caractères morphologiques de la pièce seront les seuls critères de classification.
I- Les miroirs carrés (pl. I,1)
Un seul exemplaire
N. inv : B 172
Côté : 13 cm
Poids : 150 g
Les rebords sont légèrement relevés. L’état de conservation est mauvais.
II- Les miroirs quadrangulaires : (pl. I, 2)
Un seul exemplaire
N. Inv. B 194
long, max : 9 cm
larg. max : 7,9 cm
poids : 40 g
S. Gsell a dégà attiré l’attention sur la rareté des miroirs rectangulaires7.
III- Miroirs ovales (pl. I, 3)
Comme dans les deux cas précédents, la collection ne compte qu’un seul exemplaire.
N. inv : B 177
long. max : 18,3 cm
(3)
Les descriptions sont parfois un peu plus étoffées. Citons comme exemple le cas d’un miroir découvert
par P. Gauckler dans le tombeau 311 : Les néc-puni,I,op cit, p 134 “manche de miroir: très gros fixé avec une
tige de bronze propre au miroir. Mieux encore. Cette indication qui figure dans le rapport de [Link] et
[Link] BAC 1927, pp. 437-474, “... on n’en a recueilli qu’un grand miroir de bronze reposant dans la
main gauche du squelette”. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces indications plus loin.
(4)
Il faut avouer que, contrairement aux rasoirs, les miroirs sont rarement représentés. Trois miroirs figurent
dans le catalogue du musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage. Collection des Pères Blancs formée par
le .RP. Delattre, Paris 1900, p. 218 et pl. XXXI. Les miroirs portent les numéros 11, 12 et 13.
(5)
C’est le cas de deux miroirs découverts par [Link]. “Carthage, sépultures puniques découvertes à l’Est
du théâtre”. REPPAL, I, 1985, pp. 77-95.
(6)
Il s’agit au moins de deux miroirs portant les n° d’inventaire B 179 et B 190 que nous étudierons par la suite.
Il faut signaler un autre miroir “décoré d’une série de cercles formés de ligne de perles dont le centre est occupé
par une rose”. Voir: Musées et collections archéologiques de l’Algérie et la Tunisie. Musée Lavigerie de Saint-
Louis de Carthage, op cit, pl XXXI, n.12.
(7)
[Link], HAAN, [Link], p.75-76, note 14. Nous ne savons pas si le miroir signalé est celui dont nous venons
de donner les mesures.
196
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
poids : 570 g
L’un des bords de la plaque est ébréché. Il n’est donc pas exclu que le miroir fût à l’origine
pourvu d’un manche aujourd’hui disparu.
IV. 1.N. inv:B 134 Notons que le disque se prolonge par une
long. max: ? (à cause de la cassure). petite pointe trouée.
larg. max: 16,5 cm
poids : 300g IV.3.N. inv : B 181
long max: 16,5 cm
larg max: 15,5 cm
On note la présence d’un trou. Il est diffi-
poids : 120
cile de savoir si le miroir était à l’origine
doté d’un manche.
[Link] : B 171 IV.4. N : inv: B 328
long. max : 16,2 cm long max ? (cassure)
larg. max : 14,5 cm larg max: 14,9 cm
poids 170 g. poids: 100g.
Il faut souligner qu’un miroir identique à nos. IV, 2 ( = B 171) et IV, 3 (= B 181) a été
découvert à Dermech dans un tombeau construit. [Link] avait déjà proposé de dater
l’ensemble de ces sépultures (tombeau 9 à 56) du VIIIe s.10. Cette chronologie haute assi-
gnée par l’auteur des nécropoles puniques a été abaissée par H.Bénichou-Safar aux alen-
tours de 600 av. J.C11.
D’autre part, les miroirs de cette catégorie présentent des similitudes frappantes avec des
pièces découvertes en Egypte et datant de la fin du Nouvel empire12.
V - Les miroirs ronds (Pl, I ,5)
(8)
Pour chaque catégorie nous avons choisi un miroir représentatif
(9)
[Link]- Emmanuel., Le miroir étrusque d’après la collection du cabinet des médailles, Publication
de l’Ecole Française de Rome, 1973, p. 26. Le glossaire dressé par l’auteur nous a été très utile pour
résoudre le problème de terminologie auquel nous avons dû faire face en raison de l’absence totale d’étude
similaire sur le miroir punique.
(10)
P. Gauckler, Nec puni, op cit, p. 13, pl. CXXII.
(11)
H. Bénichou-Safar. , Les tombes puniques de Carthage, Paris, 1982, p.294.
(12)
[Link] d’Abbadie, Catalogue des objets de toilettes égyptiens, Musée du Louvre, Département des
antiquités égyptiennes, Paris, 1972, miroirs 748, 749, 751.
197
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
Les miroirs de cette variété épousent la forme d’un disque circulaire. Certains méri-
tent toutefois une attention particulière. Sur les deux pièces B 137 et B 131, on doit signa-
ler la présence d’un ensemble de trous (respectivement 3 et 2) ayant probablement servi à
l’origine, à la suspension de l’objet. Mais il est également possible que les deux miroirs
soient dotés de manches en bois, en ivoire ou en os. A maintes occasions [Link] note
la présence, dans les tombes, d’un miroir circulaire, à manche en bois, très décomposé13.
Le même auteur signale la découverte d’un miroir avec manche en ivoire14 ou enfin d’un
“miroir métal plus mince, manche en bois ou en os”15.
Sur le miroir B 182, un clou ayant servi soit à accrocher la pièce, soit à fixer la
manche est toujours en place. Quant au N° B 190, il constitue l’une des rares pièces à
avoir gardé des traces perceptibles d’un décor très simple. Sur le revers du miroir (face
concave), nous avons pu relever la présence de six petits cercles gravés autour d’un cercle
central, presque tous de même dimension, formant ainsi une sorte de rosace. Quatre
rosaces sont encore nettement visibles. Au droit de la pièce, aucun décor n’a été remarqué.
Chronologiquement, ces miroirs étaient, semble-t-il, en usage au moins à partir de la
fin du VIIème et le début des VIème siècles. En effet, sur la planche CXXIV, représentant
le mobilier funéraire de la tombe 28, nous avons pu remarquer la présence d’un miroir
épousant la forme d’un disque simple qui ressemble parfaitement aux exemplaires que
nous venons de décrire16.
(13)
P. Gauckler., BAC, 1900, p. CXXVIII – CXXIX
(14)
[Link]., Nec Pun, tombe n° 93, p. 30
(15)
Ibid, tombe N 192, p.79.
(16)
Ibid, pl CXXIV
198
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
(17)
Soie : moignon de manche destiné à être inséré dans un fourreau. S’oppose à “manche massif”.
Définition fournie par [Link]-Emmanuel, op cit. p.26.
(18)
Il faut noter les ressemblances avec certains miroirs appartenant à la collection étudiée par [Link]
d’Abbadie ; op cit nn 752, 768, 773, 783, 784,785, 787,789. Contrairement aux miroirs de Carthage, les
pièces égyptiennes ont gardé leur manche.
199
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
conque, comme en témoigne le clou mis au jour avec le miroir et dont la longueur est de
5,5 cm.
V.C6. N. inv: B 180 V.C8. N. inv: B 335
diam. max. : 14,3 cm diam: 20,6 cm
poids : 150 g haut. de la soie : 3,3 cm
poids: 540 g.
La pièce ne peut être rattachée à cette
La surface du disque est très ébréchée. La
catégorie qu’à titre hypothétique. Il est en
soie s’évase légèrement vers le haut.
effet difficile de se prononcer sur l’exis-
tence à l’origine d’une soie.
V.C9.N. inv: B 338
V. C7.N. inv: B 184 diam. max: 16,9 cm
diam: 18,2 cm haut. de la soie: 2 cm
haut de la soie : 3,7 cm poids : 340 g.
poids: 900g
Le rebord du disque est très légèrement relevé. La soie présente un petit trou.
D. Miroirs ronds dotés de soies assez courtes et pourvus de talons (PL, I,8,II,1).
Cette variété ne compte que deux pièces. Comme nous l’avons remarqué pour la catégorie
précédente (V.C.) les deux miroirs ronds sont dotés d’une soie courte mais qui ne prend
pas attache seulement sur le disque. En effet, deux talons se rétrécissant progressivement,
assurent la jonction entre le disque proprement dit et la soie19. Ainsi épousent-ils une
forme trapézoïdale. Le miroir B 186 laisse apparaître deux coins dessinés par les bords
inférieurs du talon. Les deux pièces se distinguent par leur facture élégante. Elles ont éga-
lement presque la même taille.
Comme dans le cas précédent, la soie-tige de dimensions assez réduites, devait être enfilée
dans un fourreau.
E. Miroirs dotés de manche, avec deux coins et rebords relevés. (PL, II, 2, 3).
En tenant compte de la forme du disque, on a pu constater la présence de deux variétés :
a) miroirs ronds dotés de manches avec deux coins et rebords relevés : (PL, II, 2)
(19)
Le talon " partir du miroir de forme assez variable, qui assure la transition entre le disque et le manche
". D. Rebuffat - Emmanuel, op. cit, p 27
200
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
b) miroirs à disques piriformes, dotés de manches avec deux coins et rebords relevés : (PL,
II,3)
Tous les miroirs appartenant à la catégorie V.E. présentent un rebord relevé. Ceci peut se
remarquer en particulier sur les miroirs Ea 1 ( = B 107) Ea 2(=B 109) Eb 1(= B110) Eb
3(=B 183) Ea 5(=B 185) Ea 7 (=B224).
Les surfaces des disques sont souvent ébréchées de sorte qu’aucun motif de décor n’a pu
être reconnu. Le miroir Ea 4(=B 133) constitue l’unique exception. La surface du disque
est ornée par une série de cercles concentriques. Le centre géométrique est occupé par une
cupule de profondeur visiblement très faible. Quand aux manches, ils prennent attache
(20)
le miroir étant exposé, nous n’avons pas pu relever ses mesures.
201
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
directement sur le disque et s’évasent progressivement pour atteindre leur largeur maxima-
le au niveau du disque. Les pièces Ea 3(=B 112) et Eb 4(=B 187) sont munies de manches
légèrement pointus. Pour le cas des miroirs Ea 1 (=B 107) Ea 2(=B 109) Eb 1 (=B 110) et Eb
3 (=B 183) on doit noter que le rebord des manches est légèrement relevé, suivant à peu
près le tracé du rebord du disque. Globalement, les longueurs des manches varient entre
2,1 cm (Eb 5 = B155) et 7cm (Eb 2 = B 114 et Ea5 = B185). Les miroirs les plus grands et
les plus lourds ont été munis visiblement de manches assez longs permettant une préhen-
sion plus facile. Il est clair toutefois que sur Eb 4(=B 187) et Ea 6(=B 188) les manches de
dimensions relativement réduites (respectivement 3,9 et 4 cm pour des diamètres de 17,1
et 16,5cm) ne permettaient pas une prise aisée à la main. De telles constatations nous amè-
nent à penser que les deux manches ont été prolongées par des supports taillés dans
d’autres matières. La présence de trous plaiderait en faveur de cette hypothèse.
En ce qui concerne les coins, notons qu’il s’agit de deux petites pointes proéminentes pre-
nant attache sur le rebord du disque de part et d’autre du manche et dont la taille varie
selon les miroirs. A peine visibles sur certaines pièces E a 2 (B 109), E b 2 (B 114) E a 6
(B 188), les coins débordent nettement la surface du disque E b1 (B 110), E a 5 (B 185) et
E a 7 (B224). Sur quatre miroirs, au moins l’un des deux coins a disparu. Il s’agit de E a 1
(B 107), Eb 1(B110), E a 3(B 112) et E b 2 (B114).
Deux indices peuvent nous être d’un grand secours pour avancer une estimation chronolo-
gique relative à cette catégorie. Un miroir reproduit par le R.P Delattre s’insère parfaite-
ment dans cette série. L’objet a été découvert dans les tombes de la nécropole voisine de
Sainte Monique21 . D’autre part, un autre miroir, identique, fut mis au jour dans une sépul-
ture fouillée par [Link] et située à l’est du théâtre et dont le mobilier funéraire a été daté
“aux alentours de 500 av. J.C avec un écart assez large 500 + 25 av. J.C”22 . Nous savons
également que les tombes de la nécropole voisine de sainte Monique remontent au IIIe s.23
Ainsi, on peut admettre que cette catégorie de miroirs était vraisemblablement en usage
durant la période qui s’étale entre la fin du VIe (au moins) et le III e. av. J.C.
[Link] ronds dotés de manches fixés à l’aide de chevilles en bronze ( PL, II, 6,7,8)
Contrairement à toutes les pièces dotées de manche déjà étudiées, les deux miroirs de cette
variété se distinguent par leur originalité.
Dans les deux cas, les manches ont été fixés avec des appliques en bronze sur la surface du
V.F 1. N. inv: B 117 ( PL, II, 6, 7) V.F2. N. inv: B 327 (PL , II, 8)
diam: 16 cm diam: 13,6cm
long. manche: 6,3 cm long. Manche: 7,6 cm
poids: 600 g
(21)
R.P Delattre, “Nécropole punique voisine de Sainte-Monique, second mois de fouilles”, extrait de COS-
MOS, fig22.
(22)
[Link]., op cit, miroir n°1.
(23)
voir entre autres: [Link], les objets égyptiens et egyptisants du mobilier funéraire carthaginois,
Paris, 1945, p.36 et sq. [Link]-Safar, op cit p. 317 et sq.
202
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
disque. Sur le miroir F 2, le manche n’a été fixé que sur une seule face du disque à l’aide
de deux goupilles en bronze. Dans le but de faciliter sa fixation, le manche a été aplati afin
d’atténuer l’épaisseur initiale du métal. Sur le miroir F 1 (B117) trois appliques ont servi à
la fixation du manche de part et d’autre du disque. Tout porte à croire que les deux clous
encore en place, servaient à accrocher le miroir.
Les couvercles de boites à miroirs
De forme circulaire, les six pièces qu’on a pu identifier, attestent d’une façon irrécusable,
la présence à Carthage de ce qu’on appelle communément les miroirs à boite qui se com-
posent d’un fond et d’un couvercle articulés l’un sur l’autre. Il s’agit de:
- couvercle N1. [Link] : B 111
diam: 11,5 cm
poids 160 g
Le couvercle porte toujours une sorte d’anneau à charnière.
- couvercle N2. [Link]: B 135
diam : 14,4cm
poids : 340 g.
(24)
R.P Delattre., “Nécropole punique de Carthage. Série de figurines. Couvercle de boite à miroir -fiole
funéraire avec inscription - rasoir. Rapport du R.P Delattre, correspondant de l’Académie (avril - mai
1905)”, CRAI, 1905, p323 et sq.
203
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
diam: 20,3 cm
poids: 570 g
Notons que des portions infimes de la charnière étaient encore visibles au moment de la
découverte .
Les couvercles 2 (= B 135) 3 (=B136) et 5 (=B122) présentent une analogie frappante au
niveau du décor. Comme nous l’avons déjà signalé pour le couvercle N4, les côtés inté-
rieurs sont décorés de cercles concentriques dont les tracés sont assez bien soignés. Le
centre du disque est, dans les trois cas occupé par une cupule. Les rebords sont décorés de
la mêmes manière: deux cercles concentriques, ornant les rebords de B 135 et B 136, sont
parfaitement perceptibles. Sur le couvercle N 5, le cercle est rendu par un trait simple.
Signalons enfin que sur le rebord de la pièce N 3, on a pu relever la présence d’un trou ser-
vant probablement à accrocher le miroir.
- couvercle N 6. N. inv: B 192
diam : 7 cm
poids: 20 g
De taille nettement plus petite, la pièce est dans un très mauvais état de conservation.
(25)
M. H Fantar, Carthage. Approche d’une civilisation, Tome II, Tunis 1993, p. 191.
(26)
S. Gsell, [Link], p74 note 14.
(27)
[Link], op-cit, p 338 .
(28)
Ibid, p 338.
(29)
[Link], Byrsa II. Rapport préliminaires sur les fouilles 1977-1978 (niveaux et vestiges puniques) Rome
(1982) p217 et sq
204
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
contentaient probablement d’appliquer des plaques de bronze sur des âmes de bois du
moins pour les pièces de taille très petite.
Nous avons déjà eu l’occasion de constater que le tenon de certaines pièces était visible-
ment assez court pour permettre une préhension aisée de l’objet30. Ces miroirs étaient cer-
tainement adaptés à l’origine à une poignée en ivoire, en os ou en bois. Des chevilles en
bronze permettaient la fixation de ces manches31. Dans son rapport datant de 1905. Le
R.P. Delattre signale la mise au jour d’un manche en ivoire cannelé32. Une pièce apparem-
ment identique mais cette fois en os est mentionnée par Jules Renault dans le petit inven-
taire de sa collection qu’il a présenté devant la société Archéologique de Sousse33.
L’auteur n’a pas manqué de constater que “la Colonnette en os” lui “paraîtrait faire un
manche très bien adapté” à l’un des miroirs appartenant à la même collection (le n°2)34. A
ce propos, il n’est pas vain de rappeler que le miroir en question ressemble parfaitement à
ces pièces que nous avons déjà décrites plus haut et que nous avons baptisées à la suite de
D. Rébuffat -Emmanuel “miroirs piriformes” (Catégorie IV). Aux dires de J. Renault “Le
haut et le bas de la colonette laissent deviner et même voir, du moins à la base, des trous
ayant servi à fixer quelque chose à chacune des extrémités, il est fort probable qu’une
sorte de petit chapiteau, encastrant le bas du miroir et enchâssant le haut de la colonne, s’y
fixait au moyen d’une seule vis ou clavette, maintenant le tout, et que la partie inférieure
avait comme terminaison, soit une gaine en métal poli, soit une petite sculpture...”35. La
restitution proposée par l’auteur nous parait tout à fait plausible. Ainsi, nous sommes dis-
posé à admettre que les miroirs piriformes appartenant à la catégorie IV de notre classifi-
cation devraient, à l’origine, répondre à cette description.
Il serait également intéressant de rappeler la mise au jour de deux statuettes en ivoire
ayant formé à l’origine deux manches de miroir. La première fut découverte par le.R.P.
Delattre dans la nécropole de Douimes en 189636. Quant à la deuxième, elle fut exhu-
mée par A. Merlin dans une tombe située sur la colline de Junon à 3m50 de profon-
deux37. De formes cylindrique les deux statuettes mesurent respectivement 0m43 et 0m16
de hauteur. Les deux cylindres, dans lesquels devait être enfiler un morceau de bois pre-
nant attache vraisemblablement à l’origine sur le disque, sont creux et percés dans les
deux cas de quatre trous38. De telles constations nous incitent à croire que des miroirs
carthaginois devraient ressembler à certaines pièces égyptiennes que nous avons déjà énu-
(30)
Voir miroirs appartenant à la catégorie C et D.
(31)
Catalogue du Musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage, [Link], p.218.
(32)
R.P. Delattre, Carthage, la nécropole punique voisine de Sainte -Monique, in, CRAI, (1905), p 125 et sq.
(33)
Quelques objets de haute curiosité faisant partie de la collection de [Link] Renault, in, Bulletin de la Société
archéologique de Sousse (1903 -1904) pp 57-67.
(34)
Ibid, p. 65.
(35)
Ibid, p 65 et pl 3 fig 4.
(36)
R.P. Delattre, nécropole punique de Douimes à Carthage. Fouilles de 1895 et 1896, Mémoires des
Antiquaires de France, LVI, (1897) p 130 et sq.
(37)
A Merlin, fouilles de tombeaux puniques à Carthage, in, BAC, (1918) p 290 et sq.
(38)
Pour une description plus étoffée voir également A. [Link], une figurine phénicienne trouvée à
Carthage et quelques monuments apparentés, in, mélanges de Carthage offerts à Ch. Saumagne,
[Link], M. Pinard. Paris (1964- 1965) pp 43- 53.
205
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
39
mérées et dont les manches sont constitués par des statuettes des jeunes filles nues .
Le dépôt des miroirs dans les tombes
En dépit du caractère indigent de notre documentation, il nous a été possible de glaner
de précieuses indications sur le mode de dépôt des miroirs dans les tombes.
Dans la majorité des cas, les rapports des fouilles font état d’un seul miroir pour chaque
sépulture40.
Mais nous avons pu relever la présence de deux41 trois42 et même de quatre miroirs43.
Le miroir se rencontre souvent dans les tombes puniques. Sa présence a été signalée aussi
bien dans des sépultures appartenant à des gens de condition sociale aisée44 que dans
celles où reposaient des Carthaginois de rangs plus modestes45. Le miroir accompagnait,
semble-t-il, les morts des deux sexes. P. Gauckler signale aussi la présence d’un miroir
dans une fosse où fut inhumée une jeune personne (une jeune fille ou un enfant?)46.
Les rapports de fouilles nous ont laissé parfois de pertinentes remarques sur la façon dont
été déposés les miroirs dans les sépultures. Le cas d’un squelette de femme, tenant dans la
main gauche un grand miroir en bronze et dans la main droite de lourdes cymbales du
même métal, mérite d’être signalé47. Dans un autre tombeau situé à Bou Mnijel, un miroir
La chronologie assignée aux deux statuettes manque de précision. [Link] s’est contenté de dire que
la pièce découverte à Douimes présente certaines analogies avec une statuette provenant de Chypre qui se
trouve dans les collections du Louvre “cette île, ajoute-t-il , soumise aux Phéniciens au VIIème et au
VIème siècle avant notre ère et dont les antiquités ont tant d’analogie et parfois de ressemblance avec les
pièces puniques trouvées à Carthage (op. cit, p103). Pour A. Merlin, les sépultures explorées sur la colline
dite de Junon sont d’une époque reculée. Elles remontent pour la plupart au VIIème siècle, début du
VIème avant notre ère, op. cit, p. 307.
Quant à A. M. Bisi, elle pense que la statuette du musée de Carthage peut être placée au VIIème plutôt
dans la première moitié que dans la seconde. Il faut noter enfin, que [Link]-Safar avait proposé une
chronologie plus basse à ces deux secteurs où furent exhumées les deux pièces en question 2ème moitié
du VIIe siècle, op. cit., p297 - 298.
(39)
J. Vandier d’Abbadie, op. cit., miroirs n 748, 749 et 751 .
(40)
A titre indicatif on peut se référer à R.P. Delattre, la nécropole punique de Douimes, fouilles de 1893 -
1894, extrait de Cosmos, tombeaux découverts le 26-1 1-1894, le 1-12-1894, le 6-12-1894..., voir également,
CRAI, 1900, p.488 et sq..., P. Gauckler, les nécropoles, puniques op. cit, tombe n°27, p8, n°58, p19, n°64
p. 21.
(41)
R. P. Dellatre, nécropole punique voisine de Sainte - Monique, 2ème trimestre de fouilles (avril -juin)
1898, extrait de Cosmos, p. 25.
(42)
Ibid, p8.
(43)
Ibid, nécropole punique voisine de Sainte Monique, 3ème mois de fouilles (mars 1899) extrait de
Cosmos, p. 8. “Quatre miroirs ont été découverts dans une chambre où furent inhumés deux Carthaginois.
Ce dernier conservait les traces d’étoffe dont les fils sont demeurés fixés dans l’oxyde”.
(44)
“Un troisième tombeau construit était situé entre les précédents, un peu en arrière et plus haut, il était
moins grand et d’une architecture moins parfaite mais le mobilier était d’une richesse inouie” P. Gauckler
BAC, 1899, pp CLXIII - CLXIV.
(45)
C’est le cas de deux tombeaux fouillés par L. Poinssot et [Link] situés à Bou Mnijel n°8 et n° 14,
BAC, 1927 pp437-474.
(46)
P. Gauckler, BAC, 1900 pp. CXXVI - CXXX - Voir également, nec puni, [Link], op cit p 150.
206
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
de 0,145m de diamètre avait été placé entre les genoux et les cuisses de l’un des morts48.
Toutefois, on doit avouer que de pareilles constatations sont très rares. Tout porte à croire
que hormis quelques cas exceptionnels, la disposition des miroirs n’obéissait à aucune
règle stricte.
A plusieurs reprises, les rapports de fouilles évoquent le cas de miroirs enveloppés dans
une étoffe49. Dans d’autres cas, les miroirs ont été déposés dans des sacs de sparteries50.
Des constatations de ce genre ne sont pas exceptionnelles. Il demeure toutefois difficile
d’affirmer s’il s’agit d’un usage très courant ou plutôt d’une pratique singulière.
Les rapports de fouilles signalent également la découverte de miroirs brisés. Pour
H.Bénichou-Safar, il est impossible de dire si c’était à dessein ou non. L’auteur se deman-
de si “cette manière de soustraire un miroir à la réflexion - voire de le briser, on ne sait-ne
traduirait pas la volonté d’emprisonner ou d’anéantir le double du mort, son âme, pour
être bien assuré de son innocuité”51. Il faut noter que le R. P. Delattre signale la mise au
jour d’un certain nombre de figurines brisées intentionnellement52. Le même rite a été
signalé par A.G. Barrois53.
Dans un article intitulé “importants travaux de restauration ou d’agrandissement et d’em-
bellissement au tophet de Carthage à partir de la fin du Vème siècle avant l’ère, [Link]
avait rappelé les conditions dans lesquelles furent découverts des ex-voto recueillis par
millier par G.G. Lapeyre ou cours de la première année des fouilles entreprises de 1934 à
193654.
L’inventeur de ces monuments souligne qu’ils “ont été brisés, intentionnellement semble-
t-il en deux, quelquefois en plusieurs morceaux55. Pour [Link], les Carthaginois réagis-
saient ainsi pour “empêcher que ces témoins sacrés puissent être utilisés ensuite pour des
usages profanes”56.
Ainsi, on est en droit de se demander si la présence de ces miroirs et figurines brisés
(47)
Ibid, BAC 1899 pp. CLXIII - CLXIV. Voir aussi L. Poinssot - R. Lantier op cit p445. Ajoutons simplement
que le cadavre repose dans un sarcophage.
(48)
L. Poinssot - R. Lantier, [Link]., p. 470, tombeau n°8. On doit noter qu’un miroir, presque de la même
taille, découvert par l’abbé J. Moulard à Utique a été placé entre les pieds de la morte. “Fouilles et décou-
vertes à Utique”, BAC, 1924, p. 141 et sq.
(49) éme année fouilles», extrait
R.P Delattre, « La nécropole de Rabes. Prêtres et prêtresses de Carthage - 3
de Cosmos, p 8. « La nécropole puniques de Douimes. Fouilles de 1893 - 1894 », extrait de Cosmos, p 25.
(50)
P. Gauckler, nec puni, op. cit., p. 105 “..miroir déposé dans un sac en sparterie dont les restes subsistent”.
(51)
H. Bénichou - Safar, op. cit., p276.
(52)
Lettre de [Link] sur les fouilles de Carthage, 1898, CRAI, (1899) pp93-106.
(53)
A. [Link], “Manuel d’archéologie biblique, vol II, Pairs (1953) p 289. M Fantar a eu l’amabilité
d’attirer mon attention sur l’existence de ce rite en me fournissant les indications bibliographiques le concer-
nant. Qu’il sort ici remercié.
(54)
J. Perron, in, REPPAL, IX, pp73-93.
(55)
Ibid, p.74.
(56)
Ibid, p 74.
207
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
n’était pas le résultat d’un acte délibéré lié peut-être au même rite dont la signification
exacte nous échappe.
L’omniprésence des miroirs dans les tombes peut s’expliquer par une sacralisation de cette
catégorie d’objets qui fait partie de matériel qui “a permis de procéder, comme en Egypte,
à des soins rituels du corps, du visage et de la chevelure?”57. En dépit de l’absence de
sources capables de jeter quelques lumières sur ce contexte magico-religieux de la civilisa-
tion carthaginoise, l’hypothèse nous paraît très séduisante d’autant plus que nous avons
déjà relevé des similitudes frappantes au niveau de la facture entre certaines pièces étu-
diées et des miroirs découverts dans les tombes égyptiennes. Cependant, on est dans l’in-
capacité d’exclure que cette omniprésence soit tout simplement due au fait que le miroir
est un objet très courant dans la vie quotidienne des Carthaginois et qu’il est naturel de le
retrouver dans les tombes puisque “le mobilier funéraire est l’image de celui dont se ser-
vaient les vivants”58.
La signification des motifs iconographiques encore visibles sur l’un des miroirs que nous
avons déjà présentés reste énigmatique et ne peut être d’aucun secours59. Contrairement
aux rasoirs60 l’absence de décors caractérise la presque totalité de nos pièces. Notons tou-
tefois qu’un deuxième miroir provenant de la nécropole punique voisine de sainte
Monique est décoré d’une série de cercles formés de lignes de perles dont le centre est
occupé par une rose61.
Il est probable que le miroir, objet très courant dans les sépultures, tirait son importance
uniquement de sa valeur symbolique. Nous croyons déceler à travers l’un des rapports de
fouilles un indice révélateur à ce sujet. Lors de la fouille du tombeau n°6 situé à Ard al-
Touibi, [Link] et R. Lantier ont pu constater que le sarcophage découvert a été violé
peu de temps après l’inhumation. Le squelette a été retrouvé intact mais entièrement
dépouillé de ses bijoux. Cependant, le mort tenait toujours dans sa main gauche un grand
miroir de bronze62.
Conclusion
(57)
H.Bénichou - Safar, op -cit, p.276.
(58)
[Link], Relief de miroir en bronze découvert à Bulla Régia (Hammam Darragi) “Collections du
Musée Alaoui publiées sous la direction de [Link] La Blanchère, 1ère série, Paris (1890), pp85-96.
(59)
C’est la pièce qui porte le n° d’inventaire B 190 .
(60)
Les rasoirs figurés ont suscité aussi bien l’intérêt des fouilleurs du site de Carthage que celui des histo-
riens contemporains. Voir C. Picard, Sacra punica. Etude sur les masques et rasoirs de Carthage, in,
Karthago, XIII, (1966), p 55 etsq; [Link], i rasoi punici, studi Semitici. Rome 1971.
(61)
Musée Lavigerie de Saint -Louis de Carthage, [Link], miroir n°12 et p 218.
(62)
L. Poinssot. R. Lantier, fouilles de Carthage, BAC, 1927, p. 437-474.
208
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
Au terme de ce travail, il est permis d’affirmer que les miroirs en bronze conservés au
musée de Carthage se répartissent en 5 groupes:
I - miroir carré
II - miroir quadrangulaire
III - miroir oval
IV - miroirs piriformes
V - miroirs ronds
Cette dernière catégorie nous a permis de relever la présence de plusieurs variétés dont les
plus importantes sont:
Nous n’avons pas pu, à notre grand regret assigner, même approximativement, une
chronologie à toutes ces catégories et par conséquent de déterminer, même dans ses
grandes phases, l’évolution de la production du miroir carthaginois. Au delà de ces
carences, l’étude de cette catégorie d’objets jusque là négligés par les spécialistes, aura
permis de combler, autant que faire se peut, une lacune dans le domaine des études phéni-
co-puniques.
209
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
210
Reppal XI, La collection des miroirs en bronze conservés dans le musée de Carthage : essai de classification Mohamed Tahar
211
RECENSIONS
Véronique Brouquier, TEMPLES ET CULTES DE TRIPOLITAINE
Edition du CNRS, Paris, 1992 M'hamed Hassine Fantar
Voici un livre de 352 pages réparties sur deux grandes sections précédées d’une
préface signée par le regretté Marcel Leglay, d’un avertissement et d’une table de matiè-
re bien détaillée. Au sommaire font suite une introduction et une carte des temples et
des cultes en Tripolitaine, L’ouvrage se termine par une liste des abréviations, une
bibliographie analytique, une table des figures, et des indices: toponymes antiques,
toponymes modernes, tribus, divinités, culte impérial, sources épigraphiques, sources
littéraires. En plus de ces indices thématiques, le lecteur dispose d’un index rerum fort
utile et de 113 figures d’une très grande valeur documentaire, notamment les plans des
sanctuaires qui permettent de faire une passionnante étude typologique. Il y a eu outre
des cartes et des photographies très précieuses.
La première partie (pp. 2- 185) est consacrée aux différents espaces sacrés dont les
vestiges archéologiques ont été reconnus sur le sol, qu’il s’agisse de sanctuaires à ciel
ouvert ou qu’il s’agisse de temples civiques. L’auteur a commencé son inventaire par les
sites importants de la côte sans exclure ceux dont la réputation est moins établie: à côté
des trois villes auxquelles la Tripolitaine doit son nom (Sabrata, Oea et Lepcis magna)
on nous conduit vers d’autres sites moins connus comme Ghéran, el-Chataba,
Sghédeida, Graret et- Trab, etc. Après les sites côtiers, l’enquête sur les temples et les
sanctuaires se dirige vers l’intérieur du pays ce dont on peut induire que la vie n’était
pas l’exclusivité des centres côtiers mais qu’il y avait un arrière pays digne de l’atten-
tion de l’historien et de l’archéologue parce qu’il s’agit d’un hinterland où la monotonie
du quotidien et son caractère souvent prosaïque n’avaient pas exclu la spiritualité:
Jupiter avait un temple à Senam Tininai (pp. 137-140).
Pour cet inventaire, Véronique Brouquier- Reddé offre, pour chaque espace sacré, de
précieuses indications pour une étude en profondeur. C’est un outil indispensable;
outre les informations objectives ou matérielles, il y a de très utiles suggestions qui
peuvent être à l’origine d’enquête très fécondes. La notice comprend la bibliographie et
la documentation antique relatives au monument qui est soigneusement décrit et soumis
à un diagnostic qui en évalue l’état de conservation. Cela fait, l’auteur, à la lumière de la
documentation réunie, essaie de placer l’édifice dans son cadre chronologique et d’en
reconnaître la destination ou le destinataire. Pour cette partie archéologique, elle a inter-
rogé les structures, les monnaies, la statuaire, la poterie, l’iconographie, etc...
Après l’inventaire des espaces sacrés, l’auteur présente les sources épigraphiques et
littéraires qui les concernent et traitent de tout ce qui s’y rapporte, comme les autels et
autres objets cultuels: pour son inventaire, elle communique d’abord la référence et pré-
sente le support de l’épigraphie avant de fournir le texte tel qu’il a été établi et publié.
Après les références bibliographiques, elle en arrive au contenu de l’inscription. Dans
son commentaire, elle se refuse souvent de prendre position, préférant laisser aux histo-
riens des religions, aux épigraphistes et aux archéologues l’initiative d’en décider.
La deuxième partie (pp. 186-308) de l’ouvrage s’intitule Eléments d’une histoire
religieuse : elle ouvre toute une série de dossiers comme l’origine du temple africain, la
topographie des temples tripolitains, l’architecture religieuse en Tripolitaine où elle a
reconnu des sanctuaires à ciel ouvert, un sanctuaire rupestre dédié à Caelestis, des sanc-
215
Reppal XI, Véronique Brouquier, Temples et cultes de Tripolitaine Edition du CNRS, Paris, 1992 M’hamed Hassine Fantar
tuaires privés, des temples orientaux attestés à Lepcis Magna et surtout des temples ita-
liques à l’intérieur de la Tripolitaine.
Cette architecture templaire couvre une très longue période; les espaces sacrés les
plus anciens remonteraient au IIIe siècle avant J.C., quant aux plus récents, ils appar-
tiendraient au VIIe siècle après J.C: le temple de Ghirza constitue un témoin qui crédite
la tradition de Corippe relative aux dieux Mastiman et Sinifère.
Il semble que les bâtisseurs de ces édifices cultuels, quelles qu’en fussent les divi-
nités destinataires, se recrutaient au sein de l’aristocratie urbaine. Ils étaient donc le fruit
de l’évergétisme tripolitain. La réalisation de certains projets coûta très cher; La
construction du temple de la Magna Mater revint à 200.000 sesterces: c’était l’une des
plus importantes donations consacrées à un édifice cultuel; le temple des empereurs fla-
viens ne coûta que 80 000 sesterces (p. 247).
Du point de vue de la typologie, c’est à-dire du plan et de la forme architecturale,
l’auteur parle d’une adhésion très rapide, dès le Ie siècle après J.C., au type italique sur
podium avec cependant quelques traits autochtones comme l’emploi de matériaux
locaux (p.247).
Après les édifices religieux, l’auteur examine le dossier relatif aux cultes attestés en
Tripolitaine où elle reconnaît des éléments indigènes et donne des informations sur les divini-
tés comme Gurzil, Sinifère, Mastiman, etc. Mais peut-on considérer les cultes d’origine sémi-
tique comme autochtones? Du reste, après avoir examiné le dossier de Jupiter Hammon (p.
257-265) l’auteur présente les cultes phénico-puniques.(pp. 267-270) : Tanit, Baal Hammon,
Shadrapa. El- qone Aras et Milk Astart. Après les cultes grecs (pp. 271- 276), l’auteur instruit
le dossier des cultes romains (pp. 277-308): divinités, génies, culte impérial. On y trouve de
très précieuses informations sur les divinités, les pratiques cultuelles, le sacerdoce, etc. Cette
revue des cultes tripolitains se termine par la mention des cultes orientaux Magna Mater,
Mithra, Sol, Hiérobolus, Jupiter Optimus maximus Dolichenus. Le lecteur peut s’interroger
pourquoi Sérapis et Isis n’ont pas eu droit à une place parmi ces divinités orientales.
La fin des cultes païens termine cette deuxième partie de l’ouvrage. En
Tripolitaine, ces cultes semblent avoir été supplantés par le christianisme, exception
faite du culte impérial qui était encore pratiqué à la fin du Ve siècle après J.C. Mais il
faut aussi prendre en compte la survivance des cultes indigènes. Le paganisme existe
encore peu de temps avant le règne de Justinien (p. 300).
Peut-être dois-je ajouter ces quelques remarques: ce sont de simples propositions à
discuter. L’auteur se contente le plus souvent de compiler les thèses et les opinions sou-
tenues par des historiens et des archéologues sans prendre position. L’attitude est pru-
dente et le lecteur en profite puisqu’il dispose de la riche documentation afférente aux
thèmes traités. Les pages consacrées à l’origine des temples africains sont très pré-
cieuses. Cela dit, la simple compilation risque toutefois de valoriser des thèses établies
sur des bases fragiles comme par exemple l’invocation du brûle-parfum pour créditer
la présence de Baal Hammon (p. 269).
Pour la bibliographie, bien que très riche, (plus de 339 titres) elle a omis des tra-
vaux importants sur les divinités dont le culte est attesté en Afrique du Nord et sur l’ar-
chitecture religieuse. Pour sélective qu’elle soit, une bibliographie doit autant que pos-
sible, présenter au lecteur les travaux récents qui se réfèrent à des fouilles ou à des
216
Reppal XI, Véronique Brouquier, Temples et cultes de Tripolitaine Edition du CNRS, Paris, 1992 M’hamed Hassine Fantar
thèses préoccupantes. Peut - on parler aujourd’hui du sanctuaire dit tophet ou des sacri-
fices liés à cet espace sacré sans renvoyer aux travaux de Sabatino Moscati ou de Sergio
Ribichini. Dans ce domaine et dans d’autres, la recherche a beaucoup avancé depuis les
grands travaux de G. Ch. Picard et de Marcel Leglay.
A propos des textes anciens, il est heureux de constater que Véronique Brouquier -
Reddé n’a pas hésité d’en donner la traduction française. C’est à notre humble avis, une
manière de mettre la lecture de l’ouvrage à la portée de tous. Nous savons que de très
nombreux historiens n’ont eu ni la chance ni l’occurrence d’apprendre les langues clas-
siques ou sémitiques. Mais ils ont, néanmoins, le droit de lire et de profiter de leurs lec-
tures.
En conclusion, (pp. 309-315), l’auteur met en évidence la spécificité de la
Tripolitaine en matière de religion et de pratiques cultuelles. Les divinités autochtones
de cette région d’Afrique ne sont attestées ni en Proconsulaire ni en Maurétanie.
L’auteur croit pouvoir saisir des différences locales et propose de les expliquer par les
origines des fondateurs: Sidoniens, Tyriens et autres. Quoi qu’il en soit, dans les villes
libyques ou libyco-puniques comme dans les campagnes, la religion prédominante était
romaine.
En somme, par la riche documentation et les analyses pertinentes et prudentes qu’il
propose, l’ouvrage de Véronique Brouquier-Reddé comme l ’ a si bien dit le regretté
Marcel Leglay est «indispensable à tous les historiens de l’Afrique du Nord».
217
Monique Mund-Dopchie, LA FORTUNE DU PÉRIPLE D’HANNON À
LA RENAISSANCE ET AU XVIIIe siècle, Namur, 1995
M'hamed Hassine Fantar
Publié par la Société des Etudes classiques, l’ouvrage comprend 178 pages qui se
répartissent en deux parties; la première se subdivise en trois chapitres (pp. 25-58); la
deuxième se compose de deux chapitres (pp. 63-126). Ils sont suivis de prolongements
qui s’étendent du XVIIIe siècle à nos jours (pp. 129-146). Ces cinq chapitres et leurs
prolongements sont précédés d’un avant propos et d’une introduction générale (pp. 1-3);
L’ouvrage se termine par une conclusion (pp. 149-150) suivie d’une riche bibliographie
afférente aux éditions et traductions anciennes et modernes du Périple d’Hannon. Outre
les sources qui sont dûment classées par ordre chronologique, on y trouve la liste des
travaux qui traitent du Périple ou dont le sujet en a nécessité l’évocation.
En plus d’une table des matières bien détaillée qui facilite la tâche du lecteur et
l’aide à tirer profit de l’ouvrage, l’auteur propose trois indices consacrés aux anthropo-
nymes, aux toponymes et à la mythologie. Dans l’introduction, elle précise son objectif:
il consiste à éviter la controverse mais non sans reprocher aux auteurs anciens d’avoir
relégué le récit d’Hannon «dans la catégorie des fables divertissantes tout en s’y référant
et en utilisant les données qu’il véhicule. C’est d’ailleurs la tendance d’une certaine his-
toriographie contemporaine qui cherche à réduire l’apport de la civilisation punique. En
revanche Monique Mund-Dopchie ne cache pas son intérêt pour Hannon et la presti-
gieuse navigation qu’il avait accomplie. Pour elle, c’est un célèbre découvreur qui peut
se prévaloir de l’antécédence par rapport aux marins portugais. En somme, elle traite de
l’intérêt profond que la navigation d’Hannon a rencontré auprès de multiples généra-
tions de la Renaissance et des siècles suivants.
En guise de préambule, l’auteur présente sa démarche et annonce le plan à suivre:
«C’est pourquoi, écrit-elle, (p. 2) j’ai entrepris d’analyser, d’une part, les travaux de
nature philologique consacrés par les humanistes à la relation grecque du Périple et
aux textes grecs et latins qui en avaient parlé, d’autre part, la place accordée à ce loin-
tain prédécesseur dans l’imaginaire des découvreurs et de leur entourage, des histo-
riens de l’aventure coloniale, des ethnographes et des géographes du XVe et du XVIe
siècles. Il m’a fallu dès lors rassembler des sources diverses : éditions, traductions et
commentaires de la version grecque, exégèses des textes de la tradition indirecte, réfé-
rences plus ou moins longues, plus ou moins élaborées, à la navigation d’Hannon dans
la production géographique de l’époque, à savoir les descriptions de l’Afrique, les
cartes et les atlas, les histoires des navigations océaniques, les ouvrages polémiques liés
à la colonisation de l’Amérique ou à l’installation de comptoirs et de relais sur les
routes des épices».
Pour ce corpus, elle a choisi de poursuivre son enquête jusqu’à l’année 1698 qui vit l’ou-
vrage que Jhon Hudson consacra aux Geographici Graeci Minores où le récit grec d’Hannon
eut une place de choix et mérita une attention particulière. L’établissement du texte est suivi
d'une traduction latine et de commentaires «avec une dissertation qui prenait en compte diffé-
rents problèmes posés aux historiens de l’Antiquité par cette navigation carthaginoise. Le volu-
me d’Hudson devint ainsi, pour des générations de lettrés, un ouvrage de référence sur lequel
les philologues construisaient leurs analyses, les écrivains, leurs rêves et leurs fictions». (p. 2)
219
Reppal XI, Monique Mund-Dopchie, La fortune du Périple d’Hannon à la Renaissance et au XVIIIe siècle, Namur, 1995 M’hamed Hassine Fantar
Les différentes lectures du Périple d’Hannon occupent toute la 2e partie (pp. 59-126) qui
se compose de deux chapitres. Le premier (pp. 61-84) s’intitule Hannon et l’Antiquité revisités.
220
Reppal XI, Monique Mund-Dopchie, La fortune du Périple d’Hannon à la Renaissance et au XVIIIe siècle, Namur, 1995 M’hamed Hassine Fantar
Quant aux érudits, ils s’attardent à1’étude philologique du mot, de son étymologie
et de son contenu sémantique dans le texte de Heidelberg. D’autres travaux concernent
plutôt la géographie du Périple et cherchent à identifier les lieux sur une carte de
l’Afrique. Mais il y a ceux qui posent le problème de l’authenticité du voyage
d’Hannon.
La place du grand navigateur carthaginois dans le palmarès des Grandes
Découvertes constitue le thème du chapitre II (pp. 87-126). Hannon s’y présente comme
la figure emblématique de l’explorateur. Il symbolise l’explorateur aventureux dont
Colomb vient de rééditer l’exploit (p. 89).
Dès lors, le Périple d’Hannon se trouve, confronté avec le nouveau savoir généré
par les Grandes Découvertes. De ce fait, le nom de l’amiral carthaginois est présent dans
la plupart des ouvrages qui traitent de l’Afrique. Il est curieux de constater la présence
de Libyphéniciens dans le débat relatifs aux grands voyages voire aux origines de la
population aborigène du nouveau continent. Le voyage d’Hannon est utilisé tantôt aux
dépens des inventeurs de l’Amérique tantôt à leur profit. Il servit à meuler des plaidoi-
ries et des réquisitoires. Le juriste Hugo Grotius rédigea un plaidoyer à la demande de la
Campagnie hollandaise des Indes orientale «L’existence du Périple d’Hannon et
d’autres navigations anciennes autour de l’Afrique l’autorise à refuser aux Portugais le
droit du Premier occupant des rivages africains et à placer par conséquent sur le même
pied les Hollandais et leurs rivaux (p. 117-118). Le Périple d’Hannon intervenait ainsi
dans les débat ouverts sur les grandes découvertes, les droits acquis, les conquêtes et les
multiples problèmes afférents. Le Périple était donc, manipulé avec des arrières pensées.
Il s’agit de lectures sélectives, orientées et tendancieuses.
Sous le titre Prolongement, la dernière partie de l’ouvrage (pp. 133-144) traite
d’Hannon et de la gloire de Carthage du XVIIIe siècle à nos jours. Désormais les pas-
221
Reppal XI, Monique Mund-Dopchie, La fortune du Périple d’Hannon à la Renaissance et au XVIIIe siècle, Namur, 1995 M’hamed Hassine Fantar
sions se font plus modérées et cèdent la place à d’autres considérations de nature socio-
économique. Dans De l’esprit des Lois, Montesquieu évoque Carthage, sa puissance, ses
exploits maritimes, notamment celui de l’amiral Hannon.
Il fut suivi par d’autres comme Jules Michelet, Jean-Pierre de Bougainville,
François René de Chateaubriand, Alexandre Dumas.
L’ouvrage se termine par une conclusion qui rappelle les thèmes traités, les
approches, la manière dont le Périple d’Hannon a été perçu et mis à contribution.
Voilà donc un ouvrage instructif et suggestif. Il situe le Périple d’Hannon dans les
écrits de la Renaissance et ceux des XVIIe et XVIIIe siècles. Il attire l’attention sur la
manière dont l’histoire peut-être utilisée. A ceux qui travaillent sur les Phéniciens et sur
Carthage, il ouvre de nouveaux horizons de recherche comme la présence de Carthage
et de la civilisation punique dans les lettres et les arts d’Occident. Il serait fort intéres-
sant de mener une enquête sur la manière dont les auteurs du XVIIIe et du XIXe siècles
ont perçu et présenté la métropole du monde punique et ses apports à l’édifice de notre
culture méditerranéenne.
222
Corinne Bonnet, ASTARTÉ, publication de l'Istituto per la Civiltà
Fenicia e Punica (CNR), Roma, 1996 M'hamed Hassine Fantar
C’est un livre de 169 pages reparties sur 9 chapitres précédés d’une introduction, d’une
table de matière détaillée et d’une liste d’abréviations très utile pour reconnaître les réfé-
rences. Au Corps de l’ouvrage, l’auteur a adjoint trois appendices; le premier groupe les
témoignages épigraphiques sur la Baalat Gubal et Ashtart (l’auteur écrit Astarte ); dans le
second appendice, il y a un tableau récapitulatif des attestations épigraphiques sur Ashtart
avec de précieuses indications pour la chronologie, la provenance, le support et la référence.
Il suffit de parcourir ce tableau pour constater que les inscriptions phénico-puniques où la
déesse Ashtart est mentionnée couvre une très longue période; les plus anciennes remontent
au Xe siècle avant J.C. Quant à la plus récente, son inventeur, en l’occurrence Ahmed
Ferjaoui l’a située au Ier siècle avant J.C. Ces inscriptions proviennent des nombreux sites de
Phénicie (Byblos, Sidon, Sarepta, Maasub, Tyr ), d’Irak (Ur ), de Tunisie (Carthage, Sousse,
Mididï) de Chypre (Kition, Idalion, Larnaka, Tes Lapéthou, Paphos ), Egypte (Abydos,
Memphis ), d’Italie (Pyrgi, Mozia, Eryx, Cagliari ), de Malte (Tas-Silg, Gozzo ), d’Espagne
(El-Carambolo ), et de Grèce (l’île de Cos ).
Les objets porteurs de ces épigraphes sont divers: statues, sarcophages, stèles,
bijoux, vases, boites, plaquettes, trônes, éléments architectoniques et simples tessons.
Quant aux matériaux, on relève la pierre ordinaire, le marbre, l’albâtre, l’os l’ivoire, etc.
Il y a des cas où l’auteur ne précise pas la nature du matériau, se contentant de dire sta-
tuette , base de statue ou encore sarcophage royal. Pour la statuette d’El-Carambolo, le
tableau récapitulatif n’en précise pas le matériau; mais nous savons grâce à la légende
de la planche X qu’il s’agit d’une statuette en bronze conservée au musée de Séville.
Il eût été d’ailleurs très utile de signaler le lieu où chacun de ces objets est aujour-
d’hui visible ou conservé. L’appendice aurait gagné à être plus étoffé avec notamment
une ou deux références bien explicites renvoyant au CIS ou bien à tel recueil précis.
Pour cmc start par exemple, le lecteur se sentirait mieux à l’aise en sachant que cet
anthroponyme est attesté à Carthage ou ailleurs sur la foi de la CIS. I. 6068.
Peut-être faut-il ajouter qu’en guise d’illustration l’auteur a sélectionné neuf
planches: sculptures, gravures, inscriptions, etc.
Dans l’introduction (pp. 13-18) Corinne Bonnet présente la méthode et les objec-
tifs: Devant la modicité du dossier heuristique, elle se déclare favorable à la piste ono-
mastique en évitant toute tendance astarto-centriste.
"Ce volume écrit -elle a été conçu au départ comme un dossier documentaire
devant servir de base, au même titre que d'autres études, à la rédaction à moyen terme,
d’une synthèse sur la religion phénico-punique. Mais les documents parlant rarement
d’eux-mêmes, il s’est avéré nécessaire de les accompagner d’une présentation, d’un
commentaire, de les insérer dans un cadre historique et dans une réflexion historico-
religieuse sur Astarte. Néanmoins, l’objectif prioritaire de ce volume est de mettre à la
disposition des spécialistes le dossier des testimonial relatifs à Astarte. Un chapitre
final de considérations historiques servira à faire le point sur quelques problématiques
spécifiques, transversales, qui transcendent l’ordre géographique suivi. On ne prétend
223
Reppal XI, Monique Mund-Dopchie, La fortune du Périple d’Hannon à la Renaissance et au XVIIIe siècle, Namur, 1995 M’hamed Hassine Fantar
donc nullement épuiser, avec le présent volume, la thématique Astarté qui nécessiterait,
en vérité, une approche pluridisciplinaire."
En plus de ces considérations générales, l’auteur pose toute une série de pro-
blèmes: la nature de cette déesse, ses noms multiples, ses épiclèses, ses fonctions et les
rapports qu’elle entretenait avec les autres divinités, celles qu’elle semble avoir phago-
cytées et celle qui l ’a supplantée, notamment dans le monde de Carthage. Elle a donc
souligné le caractère évolutif de cette grande divinité féminine.
Evoquant les sources indirectes qui occupent une place non négligeable dans le
dossier heuristique d’Ashtart, Corinne Bonnet recommande la prudence et rejette toute
tendance globalisante et souligne la nécessité d’étudier les assimilations et les interpré-
tations au cas par cas. Astarté était l’équivalente de plusieurs déesses gréco-latines. Le
dernier problème posé dans cette riche introduction concerne l’iconographie de la dées-
se. L’auteur en souligne la difficulté et souhaite que les historiens de l’art et de l’archéo-
logie pussent dresser une taxonomie des représentations et du langage image.
Intitulé La Phénicie, le premier chapitre présente les témoignages aux principales
cités de Phénicie comme Byblos, Sidon, Tyr. A cette documentation proprement phéni-
cienne, on a ajouté les informations en rapport avec des cités plutôt palestiniennes
comme Akko, Arados,Ascalon, Gaza. Mais il est curieux de constater que l’auteur n’a
pas suivi un plan géographique précis: Après Byblos, Sidon, et Tyr, on passe à des villes
palestiniennes pour revenir au Liban avec Beyrouth, Deir El Qala et Fia. Puis de nou-
veau on quitte le Liban pour Gaza et de là, on remonte à Baalbek. L’auteur ne semble
pas avoir non plus suivi un plan thématique. Elle a préféré présenter les pièces du dos-
sier avec les explications et commentaires requis. Le lecteur risque de se sentir perdu au
milieu d’une telle documentation. Fort heureusement, l’auteur clôt ce premier chapitre
par une conclusion qui aide à se faire une représentation d’Astarté en Orient.
Le chapitre II (pp. 53-62) concerne ce que l’auteur a désigné par la formule le reste
du Proche Orient qui englobe Ur: Palmyre, Moab et Ammon, Israël. Cette nomenclature
ne manque pas de surprendre: des villes (Ur et Palmyre, des royaumes au pays de
Canaan et de la Bible. Quant à Israël, sa mention demeure vague : le lecteur se deman-
de si on lui parle du territoire biblique ou du pays actuel. Quoi qu’il en soit, l’auteur pré-
sente la question relative à la présence d’Ashtart dans l’univers hébraïque tel qu’il appa-
raît dans l’Ancien Testament.
Les chapitres III (pp.63-67) et IV (pp. 69-86) sont respectivement consacrés à
l’Egypte et à Chypre sous forme d’une présentation générale d’Ashtart, ces deux pays
se trouvent très curieusement exclus du Proche-Orient. En conclusion l’auteur essaie de
signaler ce qui caractérise le culte de la déesse dans chacun d’eux : en Egypte, Astarté
apparaît comme une divinité guerrière et redoutable. Elle s’y trouve associée au cheval
et au char, identifiée à la lionne assoiffée de sang et confondue avec Anat. Le dossier de
Chypre est différent. Le lecteur peut suivre les traces de la déesse à Kition, Larnaka-
Tes- Lapéthou, Paphos, Amathonte et autres sites.
Au chapitre V ( pp. 87-96), l’auteur traite de la présence d’Astarté en Grèce. Mais
la part de l’interprétation et de l’hypothèse reste pesante. Avec Carthage qui bénéficie de
tout le chapitre VI (pp.97-108), on retrouve la démarche heuristique adoptée pour la
224
Reppal XI, Monique Mund-Dopchie, La fortune du Périple d’Hannon à la Renaissance et au XVIIIe siècle, Namur, 1995 M’hamed Hassine Fantar
225
Véronique Krings, CARTHAGE ET LES GRECS : c.580-480 av. J.C.
Textes et histoire, Leiden, Boston, Köln, 1998
M'hamed Hassine Fantar
Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de labeur pour la préparation d’une
thèse du doctorat és-lettres. L’objectif est d’interroger l’historiographie à propos de
Carthage et de la civilisation punique ; il s’agit également de savoir utiliser l’informa-
tion disponible.
L’ouvrage compte 427 pages reparties sur six chapitres précédés d’une table de
matière et d’un avant- propos et suivis d’une conclusion très dense, d’une riche biblio-
graphie et d’un index général.
Dans l’avant-propos, l’auteur expose ses choix et présente sa méthode. Le VIe
siècle est mis en exergue parce qu’il s’agit d’une époque où les antagonismes gréco-
puniques se trouvent accélérés, voire exaspérés. Véronique Krings présente d’abord les
acteurs et les enjeux : du côté grec Pentathlos, Dorieus, Gélon et des anonymes; on trou-
ve du côté carthaginois Malchus, Magon et ses successeurs, notamment Hamilcar. Voilà
une véritable galerie de personnages illustres dont les portraits relèvent de l’histoire et
de la légende.
Pour les enjeux, ce sont la mer et la terre, l’Afrique, la Sicile, la Sardaigne, et par
ricochet la Corse avec la bataille d’Alalia entre 540 et 535 avant J.C. Au delà des
hommes illustres, il y a les peuples qui les avaient générés, adulés et acceptés ou rejetés:
Chnidiens, Lacédémoniens, Phocéens et autres peuples grecs. En face, on trouve les
Carthaginois qui avaient souvent pu s’associer les autochtones: les Maques en Afrique
contre Dorieus et les Elymes en Sicile occidentale contre les Phocéens de Corse, les
Etrusques furent du côté carthaginois. Les Grecs ne semblent pas avoir cherché la sym-
pathie des autochtones. Véronique Krings n’a pas jugé nécessaire de s’interroger sur le
pourquoi du fait. Telle est donc la trame historique, géographique, prosopographiques
et anthropologique de l’ouvrage.
Pour les analyses et les appréciations, l’auteur a consacré d’énormes efforts en vue
d’une bonne connaissance des textes et de leurs signataires qui sont, par ailleurs, l’objet
d’une véritable enquête sur leurs origines, leurs époques, leurs cultures, leurs objectifs,
etc. Se référant à des travaux contemporains dont les auteurs se prévalent d’une remar-
quable érudition, Véronique Krings aboutit à la conclusion que la plupart des historiens
grecs et latins ne s’étaient intéressés à Carthage et à son histoire que pour y recueillir
des matériaux jugés utiles à leur propres constructions et à leur propre histoire. A pro-
pos de Justin dont la chronologie reste vague bien que le troisième siècle de l’ère chré-
tienne soit généralement admis, Véronique Krings écrit (p.45) :
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Reppal XI, Véronique krings, Carthage et les Grecs : c.580-480 av. J.C. Textes et histoire M’hamed Hassine Fantar
l’intention qu’il formulait dans sa préface : retenir ce qui mérite le plus d’être connu,
omettre ce qui n’offre aucun attrait à la curiosité et n’est pas indispensable à l’édifica-
tion, et ce en vue de fournir de quoi se rafraîchir la mémoire pour ceux qui auraient
déjà appris cela en grec, de quoi être instruits pour ceux qui ne l’auraient pas appris.
Autrement dit, rien dans ces propos ne révèle une intention politique de la nature de
celle qu’on a distinguée chez Trogue; il s’agit plutôt de procurer une sorte de manuel
d’histoire grecque qui, à travers une succession d’exempla, privilégie le plaisir et l’édi-
fication du lecteur. S’il y a une intention revendiquée, elle est d’ordre moral (il dévelop-
perait ainsi une tendance peut-être déjà présente, chez Trogue) ; quant à sa sensibilité,
elle apparaît plus rhétorique qu’historique».
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Mhamed Hassine Fantar, LES PHÉNICIENS EN MÉDITERRANÉE, col-
lection Encyclopédie de la Méditerrané[Link], Tunisie
(Les éditions de la Méditerranée ), Edisud, France, Toubkal, Maroc, 1998)
Zohra Cherif
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Reppal XI, Mhamed Hassine Fantar, Les Phéniciens en Méditerranée, collection Encyclopédie de la Méditerranée. Alif, Tunisie, 1998 Zohra Cherif
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Reppal XI, Mhamed Hassine Fantar, Les Phéniciens en Méditerranée, collection Encyclopédie de la Méditerranée. Alif, Tunisie, 1998 Zohra Cherif
Dès le Xe siècle av.J.C., les cités phéniciennes étaient présentes dans la région malgré
les complots et les intrigues de palais qui les déchirent . Partout elles ont participé à
l’édification des états voisins: hébraîque, assyrien, grec. Elles pourvoyaient ces peuples
en divers produits exotiques; raisons pour lesquelles ces cités phéniciennes n’ont pas pu
échapper à la convoitise de ces états en subissant tour à tour leur hégémonie et leur
humiliation.
«Aux peuples d’occident, les Phéniciens ont transmis leurs expériences et celles de
l’Orient sémitique: l’introduction de certaines notions nouvelles, notions d’Etat, de
constitution, d’administration» et surtout la langue, la religion, les arts et les métiers,
l’architecture, l’urbanisme, la marine etc... Grâce aux Phéniciens, la Méditerranée se
fait neuve et féconde....surtout avec la formation de l’univers punique.... La prépondran-
ce de la culture phénicienne ne s’oppose point aux autres composantes...»
Cet ouvrage est un précieux manuel et un instrument de recherche, plutôt un
modèle à suivre, qu’il faut avoir sous la main en particulier pour tout travail relevant des
origines et des racines des cités phéniciennes. L’historien spécialiste y trouve de riches
matériaux pour l’instruction de ses dossiers et pour toute réflexion historique.
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