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Instruments d'optique : Guide pratique 2023

Le document présente un polycopié sur les instruments d'optique, incluant des rappels sur les manipulations, l'appareil photo, le microscope et la lunette astronomique. Il aborde des concepts tels que la formation d'images, le grossissement, la profondeur de champ et les aberrations des lentilles. Des recommandations pratiques et des manipulations expérimentales sont également fournies pour illustrer ces principes.

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Instruments d'optique : Guide pratique 2023

Le document présente un polycopié sur les instruments d'optique, incluant des rappels sur les manipulations, l'appareil photo, le microscope et la lunette astronomique. Il aborde des concepts tels que la formation d'images, le grossissement, la profondeur de champ et les aberrations des lentilles. Des recommandations pratiques et des manipulations expérimentales sont également fournies pour illustrer ces principes.

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Centre interuniversitaire de préparation à l’agrégation de Montrouge

I NSTRUMENTS D ’ OPTIQUE

2022-2023

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permits distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited. This
license does not permit commercial exploitation or the creation of derivative works without specific permission.

1
Table des matières
1 Rappels et conseils pour les manipulations en optique 3
1.1 [1P] Condenseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 [1P] Formation des images et utilisation des lentilles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 L’appareil photo 3
2.1 [1P] Nombre d’ouverture et profondeur de champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 [2P] Nombre d’ouverture et éclairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

3 Le microscope 5
3.1 [1P] Mesure du grossissement commercial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 [AP] Autres manipulations possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

4 La lunette astronomique 6
4.1 Schéma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.2 [1P] Grossissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.3 [1P] Cercle oculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.4 Diaphragmes d’ouverture et de champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.5 [AP] Clarté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

5 Limite de résolution d’un instrument d’optique 8


5.1 [1P] Mise en évidence sur un système simplifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5.2 [AP] Mise en évidence sur un instrument réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

6 Aberrations des lentilles sphériques 9


6.1 [1P] L’aberration géométrique sphérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
6.2 [1P] L’aberration chromatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Bibliographie :

• HOUARD : Optique
• SEXTANT : Optique expérimentale
• GRECIAS : Physique SUP PCSI
Centre de Montrouge – ENS, Sorbonne Université, Université Paris-Saclay Version du 30 mai 2023

1 Rappels et conseils pour les manipulations en optique


Nous donnons ici une liste de recommandations pour les manipulations décrites dans le présent polycopié, mais
elles doivent être appliquées à l’intégralité des manipulations d’optique. Bien que fastidieux au début, leur respect
systématique doit devenir une habitude, qui améliorera grandement la qualité de vos montages optiques.

1.1 [1P] Condenseur


Le condenseur est une lentille convergente placée entre la lampe et l’objet. Les condenseurs s’adaptent directement
sur les carters des lampes Q.I., LED, ou Philora. Ils servent à collecter le maximum de rayons issus de la lampe et à
les renvoyer sur l’objet. Leur distance focale va de 8 à 17 cm. Sachant que la distance lampe-lentille vaut 15 cm
quand le condenseur est fermé :

• un condenseur de 17 cm fermé donne un faisceau divergent ;


• un condenseur de 15 cm fermé donne un faisceau quasi parallèle ;
• un condenseur de 8 cm fermé donne un faisceau convergent à une vingtaine de centimètres du condenseur.

Il est possible dans chaque cas d’augmenter un peu la convergence en éloignant le condenseur de la lampe à l’aide
de la poignée. Il est important de choisir pour chaque expérience le condenseur adapté.

1.2 [1P] Formation des images et utilisation des lentilles


• On rappelle qu’il n’est possible de former l’image d’un objet sur un écran à travers une lentille que si la
distance objet-écran est au moins égale à 4f où f est la distance focale de la lentille utilisée.
• La règle des 4P (’plus plat plus près’) doit être systématiquement respectée.
• Le centrage des systèmes optiques doit être vérifié à chaque ajout sur le trajet optique ; on vérifiera donc que
le faisceau passe bien par le centre des systèmes optiques en utilisant au besoin un papier blanc pour faire
apparaître le faisceau.
• De même pour l’alignement des systèmes optiques : on observera à chaque étape le reflet du faisceau sur
le système précédent déjà en place. Ce reflet doit être centré. Quand le reflet est difficilement visible, faire
pivoter légèrement le système optique sur son axe permet généralement de le faire apparaitre.
• Le recours au banc optique est impératif quand des mesures précises de variations de distance entre éléments
optiques doivent être effectuées.
• Accoler un diaphragme à une lentille permet de sélectionner les rayons lumineux satisfaisant le plus à
l’approximation de Gauss et donc de rapprocher l’expérience des conditions d’idéalité. On note par ailleurs
que ce diaphragme joue souvent le rôle de diaphragme d’ouverture et permet donc d’augmenter la profondeur
de champ (ce point sera discuté au cours du présent TP).

2 L’appareil photo
Nous commençons l’étude des instruments d’optiques par celle d’un objectif d’appareil photographique. Le but est
de réaliser sur une pellicule fixe l’image d’un objet distant de quelques décimètres à l’infini 1 . On le modélise par
une lentille convergente de distance focale f ′ 2 .
Regarder l’objectif dont on dispose : on distingue une première bague de rotation permettant de modifier le tirage
(distance entre la pellicule et l’objectif) pour que l’objet observé soit net. Les nombres allant de l’infini à 1.5 m
aident à la mise au point en indiquant une distance approximative de netteté sur la pellicule (ici non présente,
l’intérêt est donc limité). Plus proche du corps de l’objet se trouve une autre bague affichant des nombres entre 22
et 2,8 ; il s’agit de l’échelle des nombres d’ouverture permettant, grâce au contrôle de la taille d’un diaphragme,
d’adapter le compromis entre luminosité et profondeur de champ : c’est l’objet de cette étude.
1. Pour des objets très proches on utilise des objectifs dits "macro", alors que pour des objets petits ou éloignés, on utilise un téléobjectif,
non présentés ici.
2. Bien qu’il soit en réalité constitué d’une succession de lentilles pour minimiser l’encombrement ainsi que les aberrations chromatiques
et géométriques.

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2.1 [1P] Nombre d’ouverture et profondeur de champ


En toute rigueur, un objet est net seulement s’il est dans le plan conjugué à celui de la pellicule. Cependant,
l’expérience commune montre qu’il existe une certaine plage de tolérance, appelée profondeur de champ, sur
laquelle une translation de l’objet laisse son image nette sur le capteur. Le passage à une image floue étant progressif,
on recourt à un critère objectif pour définir cette profondeur de champ : on compare la taille de l’image d’un point
sur la pellicule à celle d’un pixel ce qui définit le "cercle de confusion", c’est-à-dire la taille maximale de la tache
pour laquelle elle apparaît nette sur le capteur. Le schéma suivant illustre cette définition empirique :
profondeur de
champ

B A C B' A' C'

diamètre du
cercle de
diaphragme objectif capteur
confusion

F IGURE 1 –

On remarque notamment sur cette figure que l’introduction proche de l’objectif d’un diaphragme, dont le diamètre
sera noté D par la suite, augmente ainsi la profondeur de champ. Le nombre N = f ′ /D est appelé nombre
d’ouverture : c’est celui affiché sur l’objectif 3 .
Manipulation (cf. Sextant) : on propose ici une expérience qualitative montrant l’augmentation de la profondeur
de champ avec le nombre d’ouverture. Éclairer une grille diffusante avec une lampe quartz-iode et faire l’image
avec l’objectif d’appareil photo de cet objet sur un écran situé à environ un mètre (pour minimiser les aberrations
géométriques décrites dans la suite de ce TP, orienter l’objectif dans le sens inverse au cas usuel, l’objet étant ici
plus proche de l’objectif que l’image). Incliner maintenant la grille comme représenté sur la figure ci-dessous et
observer l’influence du nombre d’ouverture sur l’image (en particulier le nombre de carreaux apparaissant nets).

objectif inversé écran

calque + grille

F IGURE 2 –

Il est possible de rendre cette manipulation quantitative, en mesurant la profondeur de champ en fonction de
l’ouverture de l’objectif (voir Sextant).

2.2 [2P] Nombre d’ouverture et éclairement


On pourrait penser qu’il faut toujours choisir le nombre d’ouverture le plus élevé disponible afin d’optimiser la
profondeur de champ. Cependant, un grand nombre d’ouverture diminue fortement l’intensité lumineuse reçue sur
la pellicule (inversement proportionnelle à N 2 ) et oblige à utiliser un temps de pose long entraînant des risques de
bougé : il faut donc établir au cas par cas le bon compromis entre profondeur de champ et durée d’exposition.
Manipulation (inspirée du Sextant) : il est possible de montrer quantitativement la dépendance en N −2 de l’intensité
reçue sur la pellicule. Pour cela, remplacer la grille diffusante par un calque non incliné (ou tout du moins vérifier
que le faisceau incident est homogène sur la surface de l’objectif), et accoler à l’objectif photographique, du côté
opposé à celui de l’objet, une lentille de courte distance focale (10 centimètres). Positionner le capteur (luxmètre
3. En pratique, il est réglable en modifiant D

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ou photodiode) de manière à capter tous les rayons issus de l’objectif, faire le zéro de manière appropriée pour
s’affranchir de toute lumière diffusée et tracer l’intensité lumineuse en fonction de N −2 en prenant en compte les
incertitudes, puis vérifier la loi proposée.

3 Le microscope
Le microscope a pour but de réaliser à partir d’un objet proche une image agrandie à l’infini (pour que l’œil
n’accommode pas) dont les détails sont mieux perceptibles. Il est constitué d’un tube reliant deux cylindres,
nommés objectif et oculaire et modélisés par des lentilles convergentes : le premier fait de l’objet une image
intermédiaire, agrandie, située dans le plan focal objet du second (utilisé comme une loupe : il renvoie l’image
agrandie à l’infini). Chacun de ces constituants participe à l’agrandissement de l’image, mais du fait de leur fonction
différente, on est amené à quantifier cet effet via deux grandeurs distinctes :
- pour l’objectif, le chiffre gravé sur le cylindre (x4, x10, x60) est son grandissement γob , i.e. le rapport entre deux
tailles : celle de l’image intermédiaire et celle de l’objet ( γob < 0 car l’image est renversée)
- pour l’oculaire, il s’agit en revanche de son grossissement commercial Gc,oc (x6, x10, x15), à savoir le rapport
entre deux angles : celui sous lequel est vu l’objet après l’oculaire et celui sous lequel il est vu sans oculaire à une
distance de 25 cm (le punctum proximum)
- pour le microscope entier, on utilise aussi le grossissement commercial et on peut alors montrer que Gc,mic =
Gc,oc |γob |

3.1 [1P] Mesure du grossissement commercial


Manipulation (cf. Sextant) : Disposer le microscope horizontalement comme indiqué sur la figure et le poser
sur un support élévateur. Placer une mire graduée en dixièmes de millimètre dans la platine porte-objet et choisir
par exemple γob = 4 et Gc,oc = 10. Éclairer l’objet grâce à une lampe quartz-iode avec un condenseur de courte
focale faisant converger le faisceau sur l’objet. Il est indispensable de prendre l’habitude de placer entre le
condenseur et l’objet un filtre antithermique pour éviter une destruction rapide de l’objet 4 . Placer juste après
l’oculaire une lentille de grande focale (1 à 2 m) et un écran dans le plan focal. Régler le microscope pour que
l’image de la mire soit nette sur l’écran, mesurer l’angle sous lequel on voit une graduation de la mire à la sortie du
microscope, en déduire le grossissement commercial du microscope et vérifier la relation Gc,mic = Gc,oc |γob |.

Filtre
antithermique

f=1à2m

F IGURE 3 –

3.2 [AP] Autres manipulations possibles


La profondeur de champ est définie de manière différente pour l’objectif d’appareil photo et le microscope (l’œil
accommodant au maximum pour toujours avoir une image nette sur la rétine), sa valeur variant typiquement entre le
micron et la centaine de microns pour ce dernier appareil : il est cependant délicat d’en faire une mesure quantitative.
4. Un tel filtre est normalement déjà installé au dessous de la platine porte-objet, dont on pourra se contenter de vérifier sa présence.

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D’autres expériences concernant le microscope sont néanmoins réalisables, on se référera par exemple au Sextant
ou à Optique (S. Houard).

4 La lunette astronomique
Références :

• Houard, Optique (lecture au moins partielle très chaudement recommandée)


• Duffait, Expériences d’optique

Comme le microscope, la lunette astronomique est formée de deux lentilles convergentes (une variante existe avec
une lentille convergente et une divergente). Cependant, la lunette est conçue pour observer des objets à l’infini.
On souhaite également une image sortante à l’infini pour que l’oeil n’ait pas besoin d’accomoder. C’est ce qu’on
appelle un système afocal.

4.1 Schéma
Le schéma de principe d’une lunette est donné ci-dessous. L’objet sera l’image à l’infini d’un quadrillage, renvoyé
à l’infini par une lentille convergente (L1 ) de focale 20 cm. La lunette astronomique est représentée par une lentille

123
4
de grande focale (L2 ) appelée objectif, et une lentille de petite focale (L3 ) appelée oculaire, le foyer image de la
première est confondu avec le foyer objet de la seconde. On modélise l’œil par une lentille convergente (L4 ) de
20 cm également, munie d’un écran dans son plan focal image (œil sans accommodation). Réaliser le montage
ci-dessous sur banc d’optique.

grille écran
diffusante

L L L L

Lunette Modélisation
Objet à l'infini astronomique de l'oeil

F IGURE 4 –

On rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’éloigner les systèmes optiques aux endroits où les faisceaux sont envoyés à
l’infini. En effet, cet éloignement provoque une perte de luminosité et engendre de la lumière parasite : il ne faut
pas oublier que des faisceaux envoyés à l’infini sont à priori divergents.

4.2 [1P] Grossissement


L’objet AB étant à l’infini, le grandissement n’est pas une grandeur pertinente. Comme pour le microscope, on

définit le grossissement G = θθ , rapport des angles sous lesquels sont vus l’objet avec et sans lunette. Démontrer
que
θ′ f′
G= ≈ − ob′
(1)
θ foc
dans l’approximation des petits angles. Le signe moins témoigne du fait que l’image obtenue est renversée. Il faut
′ = 50 cm) et un oculaire de petite focale ( f ′ = 10 ou 20
donc choisir un objectif de grande focale (ici on prendra fob oc

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cm). Noter que c’est l’inverse du microscope où on choisit un objectif de courte focale ! Mesurer expérimentalement
le grossissement, et vérifier la formule ci-dessus.

4.3 [1P] Cercle oculaire


Le cercle oculaire est le lieu de convergence de tous les rayons passant à travers l’objectif. Il est habituellement
situé derrière l’oculaire. Plus clairement, c’est l’endroit situé derrière l’oculaire où les rayons lumineux sont les
plus concentrés. Le repérer. C’est à cet endroit qu’il convient de placer l’œil (ici la focale de 20 cm) afin d’avoir le
maximum de champ. La taille du cercle oculaire dépend-elle du grossissement de la lunette ? Quelle est la taille
optimale du cercle oculaire ?

4.4 Diaphragmes d’ouverture et de champ


[1P] Définitions et mise en évidence On s’intéresse ici aux limitations de la luminosité et du champ transversal
dans un instrument d’optique. On a observé leur importance dans l’étude de l’appareil photo et du microscope.
Dans un instrument d’optique, on distingue deux notions : le champ qui est la partie visible de l’objet à travers
l’instrument, et l’ouverture qui sélectionne les rayons incidents selon l’angle qu’ils forment avec l’axe optique.
Placer un diaphragme réglable D1 contre l’objectif et un diaphragme réglable D2 dans le plan de l’image intermé-
diaire (foyer de L2 ).
NB : Dans cette manipulation, les diaphragmes D1 et D2 doivent être plus fermés que les montures des lentilles
afin que ce ne soit pas ces dernières qui limitent l’étendue du faisceau.
Manipulation
Sans modifier D1 , réduire la taille de D2 . Vérifier que la luminosité de l’image n’est pas affectée mais que la surface
visible de l’objet est réduite : D2 est appelé diaphragme de champ.
Faire ensuite varier D1 à D2 fixé. Cette fois le champ n’est pas modifié, mais la luminosité de l’image diminue
lorsque le diamètre de D1 diminue : D1 est appelé diaphragme d’ouverture.
Pour une introduction complète des notions de diaphragme de champ et d’ouverture, voire Sextant (p.42).

[2P] Pour aller plus loin : Notion de lucarne et de pupille Les systèmes optiques réels contiennent plusieurs
diaphragmes, dont les montures des lentilles. Parmi eux, l’un joue le rôle de diaphragme de champ, un autre
d’ouverture. Quand on modélise l’instrument on remplace ces diaphragmes réels par deux diaphragmes fictifs
placés dans l’espace objet (ou dans l’espace image : on passe de l’espace objet à l’espace image par conjugaison à
travers l’ensemble de l’instrument).

• la lucarne d’entrée est un diaphragme en général fictif de l’espace objet, qui est le conjugué du diaphragme
de champ à travers toutes les lentilles qui le précèdent dans l’instrument. Par exemple, dans l’instrument du
paragraphe précédent, la lucarne d’entrée est le conjugué de D2 par rapport à l’objectif.
• la pupille d’entrée est définie de la même façon à partir du diaphragme d’ouverture.

On peut aussi modéliser l’instrument par sa lucarne de sortie et sa pupille de sortie, qui sont respectivement les
conjugués dans l’espace image du diaphragme de champ et du diaphragme d’ouverture à travers les lentilles de
l’instrument qui les suivent.
Montrer expérimentalement que l’effet d’un diaphragme de champ (resp. d’ouverture) est le même que celui d’une
lucarne (resp. pupille) d’entrée ou de sortie (voir Sextant).

[2P] Augmentation du champ d’une lunette On cherche en général à avoir le grossissement le plus grand
possible. Cependant, lorsqu’on augmente le grossissement G, le champ visible de l’objet diminue. On dit que le
champ image de l’instrument diminue. Pour palier ce problème, on place une lentille de champ entre l’objectif et

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l’oculaire. Utiliser la lentille de très grand diamètre (de distance focale 33 cm), et observer l’effet sur la zone de
champ visible (pour plus d’informations, voir le Sextant p. 46).

4.5 [AP] Clarté


Cette notion subtile mais néanmoins importante pour un instrument d’optique n’est pas traitée dans ce TP. Dans un
second temps, vous pouvez vous référer au Duffait d’optique pour la mesurer.

5 Limite de résolution d’un instrument d’optique


5.1 [1P] Mise en évidence sur un système simplifié
En pratique, le grossissement G ne dépasse jamais 100-200. Cela n’est pas dû à une limite technologique, mais à
une limite fondamentale des instruments d’optique : la diffraction.
Elle va intervenir d’autant plus que l’ouverture du système optique sera faible. Dans les instruments d’optique
usuels, elle se manifeste assez peu. Pour la rendre visible, on va ici diaphragmer énormément une lentille.

Q-I

Bif Lent Fent Ecr

F IGURE 5 –

L’objet dont on fait l’image est une bifente d’Young (Bif sur le schéma), et l’objet diffractant une fente réglable
étalonnée (Fent).
Faire l’image de la bifente sur l’écran (Ecr) à grande distance en faisant converger le faisceau lumineux de la Q.I.
au voisinage de la lentille (Lent). Placer la fente réglable juste après la lentille. Observer les variations d’aspect de
l’image sur l’écran et mesurer la largeur minimale de la fente à partir de laquelle les images sont vues séparées sur
l’écran.
Pour rendre l’expérience plus visible, on peut incliner fortement l’écran, ce qui est sans inconvénient car la
profondeur de champ est très grande (la fente diaphragme beaucoup). Faire une mesure quantitative (critère de
Rayleigh) en ajoutant un filtre orange ordinaire (avec λ ≃ 600 nm, ne pas oublier un filtre anti-thermique).
”Note 1 ” : on apportera la plus grande rigueur à l’identification des grandeurs comparées, les erreurs étant très
fréquentes sur ce point. Pour ne pas se tromper, le plus simple est de se ramener au schéma des deux images
voisines de fentes élargies par la diffraction et d’identifier proprement l’origine des deux grandeurs caractéristiques
sur ce schéma.
”Note 2 ” : Il est possible de visualiser de façon plus précise le critère de Rayleigh à l’aide d’une barrette CCD ou
d’une Webcam. Ajouter de même un filtre anti-thermique. On peut aussi systématiser cette mesure en utilisant des
filtres à différentes longueurs d’onde.
Note 3 : Une expérience analogue peut être réalisée en remplaçant la bifente par une raie spectrale double traversant
un élément dispersif : prisme à vision directe (doublet du sodium) ou réseau (doublet du mercure)( cf. poly
Spectroscopie ).

5.2 [AP] Mise en évidence sur un instrument réel


Utiliser le microscope de la collection, et réaliser la manipulation de la mesure du grossissement commercial (voir
Section III.1). Remplacer la mire graduée par différents réseaux optiques (commencer par le moins dispersif), et
observant leur image de deux manières différentes :

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• en projetant sur un écran l’image réelle du réseau en sortie du microscope à l’aide d’une lentille de 1m : si le
pas du réseau est grossier on voit les stries à l’écran, mais si le pas est trop fin elles disparaissent ;
• en regardant la TF de cette image localisée au niveau de la pupille de sortie de l’objectif. Quelques détails :

- il faut enlever l’oculaire du microscope et faire l’image de l’intérieur de l’objectif sur un écran avec une lentille de
20 cm ;
- on voit alors les différents ordres d’interférences du réseau sur l’écran, plus le pas du réseau est petit plus ils sont
espacés ;
- lorsque le premier ordre est si espacé qu’il est coupé/filtré par la monture de l’objectif, alors on a atteint la limite
de résolution de l’instrument et cela correspond au moment où les stries disparaissent de l’écran.
Cette manipulation permet d’évaluer le pouvoir de résolution du microscope de façon simple (par exemple si les
stries disparaissent pour un réseau de 600 traits/mm, la résolution est de 1/600 mm), de voir concrètement l’effet du
filtrage spatial, et de comprendre l’intérêt d’un objectif à grande ouverture numérique. En effet, la résolution est
proportionnelle à 1/ON, et le microscope possède deux objectifs de ON=0.1 et ON=0.25 : on peut ainsi constater
que l’un a un pouvoir de résolution environ double de l’autre.

6 Aberrations des lentilles sphériques


La formation d’image est en pratique souvent limitée par la non-idéalité des composants optiques utilisés, on parle
d’aberrations géométrique ou chromatique :

• les aberrations géométriques qui sont dues à l’écart aux conditions de Gauss. Il en existe plusieurs types et
on se limitera ici à l’aberration géométrique sphérique ;
• les aberrations chromatiques, provenant de la variation de l’indice des verres avec la longueur d’onde
(dispersion).

6.1 [1P] L’aberration géométrique sphérique


Hors des conditions de Gauss, une lentille sphérique n’est pas stigmatique. Dans le cas d’un point sur l’axe, ce
défaut résulte uniquement de l’aberration sphérique alors que pour un point hors de l’axe, d’autres aberrations
interviennent également.
On peut comprendre l’aberration géométrique sphérique à l’aide de la figure ci-dessous.

h2

A h1
A'(h2) A'(h1)

F IGURE 6 –

Caustiques : Un rayon issu de A qui atteint la lentille à une distance h de l’axe optique, rencontre cet axe en un
point A′ (h). Plus h est grand, plus A′ (h) est situé près de la lentille : il n’y a donc pas stigmatisme.
La figure ci-dessus possède la symétrie de révolution autour de l’axe optique : tous les rayons incidents traversant
la lentille à la distance h de l’axe optique passent par le point A′ (h) qui est donc très lumineux et l’ensemble de ces
points correspondants aux diverses valeurs de h forme la nappe sagittale. Cette nappe est un segment de droite dont
l’extrémité la plus éloignée de la lentille est l’image de Gauss du point A, correspondant à h = 0.

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À l’aide de la figure suivante, on comprend que les points de la surface latérale sont aussi des points d’accumulation
de lumière. Cette deuxième nappe qui est l’enveloppe des rayons émergents est appelée nappe tangentielle.

nappe tangentielle
nappe sagittale

F IGURE 7 –
Manipulation (cf. Sextant) : Pour n’étudier que l’aberration sphérique, on propose de réaliser l’expérience en
prenant un objet ponctuel situé sur l’axe et une lentille L plan-convexe non corrigée des aberrations ("lentille
simple") de courte distance focale et grand diamètre (nombre d’ouverture ≤ 3). Réaliser le montage décrit suivant :
lentille étudiée
lampe

trou fin écran


filtre coloré

F IGURE 8 –
Le trou doit être très petit (≈ 1 mm). Pour faire apparaître au maximum l’aberration sphérique, la lentille doit être
éclairée sur toute sa surface et son sens d’utilisation doit être choisi de façon à violer la «règle des 4 P (Plus Plat
Plus Près)».
Le filtre coloré sert à éliminer l’aberration chromatique. En déplaçant l’écran, faire apparaître les nappes sagittale
et tangentielle. Il est également possible d’incliner l’écran pour qu’il soit proche d’aligné avec l’axe optique, et
faire apparaitre ainsi directement les nappes sur celui-ci.
Les phénomènes observés peuvent être interprétés à l’aide de la figure suivante : en A3 , on observe une tache
lumineuse circulaire dont le bord est très lumineux (coupe de la nappe tangentielle). De A3 à A2 , la seule modification
observée est une diminution du rayon de la tache lumineuse. En A2 , il apparaît en plus un point lumineux au centre
de la tache (coupe de la nappe sagittale). Après A1 , on n’observe plus ni la nappe sagittale, ni la nappe tangentielle.
Par contre, on observe une tache peu lumineuse dont le diamètre s’accroît rapidement lorsqu’on s’éloigne de A1 .

A'3 A'2 A'1

F IGURE 9 –

Rechercher la position de l’écran pour laquelle l’image obtenue a la plus petite taille (cercle de moindre diffusion).
Placer un diaphragme réglable contre la lentille et vérifier que l’aberration sphérique (notamment la taille du cercle
de moindre diffusion) décroît très rapidement lorsqu’on diminue la taille du diaphragme.

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Centre de Montrouge – ENS, Sorbonne Université, Université Paris-Saclay Version du 30 mai 2023

En absence de diaphragme, retourner la lentille et vérifier que les aberrations sont moins grandes lorsque l’on
respecte la règle des 4 P.
Remarque : une manipulation alternative consiste à visualiser les différentes nappes dans une cuve remplie d’eau
dans laquelle on rajoute un peu de lait en poudre.

6.2 [1P] L’aberration chromatique


Manipulation (cf. Sextant) : Pour la mettre en évidence, utiliser une lentille simple non corrigée (voir la remarque
en fin de ce paragraphe) de distance focale environ 20 cm. Former l’image d’une fine grille diffusante 5 éclairée par
une lampe quartz-halogène. Faire la mise au point sur un petit écran mobile situé à plus d’un mètre de la lentille.
Éventuellement diaphragmer légèrement la lentille pour minimiser les aberrations géométriques tout en gardant
une faible profondeur de champ.
Comme toutes les manipulations d’optique où on mesure des distances entre différents éléments du montage, on
conseille très fortement l’utilisation d’un banc optique.
Placer un filtre interférentiel rouge près de la grille et repérer avec soin la position de l’image la plus nette. Procéder
de la même façon avec un filtre bleu.
On propose ici une exploitation quantitative : soit p la distance constante trou-lentille et p′ la distance lentille-écran.
À partir de la relation de conjugaison :
1 1 1
+ ′= (2)
p p f
et de la formule :  
1 1 1
= (n − 1) + (3)
f R1 R2
où n est l’indice du verre et R1 et R2 sont les rayons de courbure algébriques des deux faces de la lentille. On
montre qu’une petite variation ∆n de l’indice entraîne en première approximation une variation de la distance
lentille-image qui vaut :
p′2 ∆n
∆p′ ≈ − (4)
f n−1
On voit sur cette formule qu’une valeur élevée de p′ facilite l’observation du phénomène. En déduire une valeur
approchée du pouvoir dispersif du verre de la lentille dont on rappelle qu’il est défini par :

(nF − nC )
K= (5)
(nD − 1)

où nC , nD et nF sont les indices pour les radiations C (λ = 656 nm), D (λ = 589 nm) et F (λ = 486 nm). Les
valeurs usuelles de K sont K ≈ 1/60 pour les verres peu dispersifs (crowns) et 1/50 < K < 1/30 pour les verres
très dispersifs (flints).
Remarque : On corrige l’aberration chromatique en accolant deux lentilles (d’où le nom de doublet achromatique),
l’une très convergente mais peu dispersive et l’autre peu divergente mais très dispersive. Cela diminue par la même
occasion les aberrations géométriques, aussi traitées en modifiant légèrement la forme des lentilles. Les lentilles
usuelles de la collection sont des doublets achromatiques. Pourquoi les lentilles en quartz ne sont-elles pas
corrigées de l’aberration chromatique ? Quel est leur usage ? (réponses dans le Sextant p13.)

5. Les auteurs du Sextant proposent de faire l’expérience avec un très petit trou. En effet, si on éclaire toute la lentille, on observe des
aberrations géométriques. Pour s’en affranchir, on est tenté d’éclairer localement le centre, mais alors, la profondeur de champ devient trop
grande. Ce choix d’éclairement par un trou n’est donc pas optimal. Le diffuseur permet lui d’éviter ces problèmes.

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