ESCA
Séminaire :Normes comptables internationales - IFRS
Professeur : M. Jalal AitOuakrim Jan-Fev 2020
Les norms IFRS : Definition
Normes destinées à harmoniser la présentation des données comptables échangées au niveau
international.
1. Nature des Etats financiers :
Bilan ;
Compte de résultat ;
Tableau des flux de trésorerie ;
Etat des variations des capitaux propres ; et
les notes explicatives (méthodes comptables, détails,…).
2. L’objectif des Etats financiers :
Les Etats financiers ont pour objectif de fournir une information sur la situation financière, la
performance et les variations de la situation financière d'une entreprise.
Deux hypothèses de base gouvernent la préparation des états financiers :
Comptabilité d'engagement
Continuité d'exploitation
3. Les caractéristiques qualitatives des Etats financiers
Quatre principales caractéristiques :
Intelligibilité (Compréhensible immédiatement)
Pertinence (Informations utiles)
Fiabilité (image fidèle, prudence, exhaustivité)
Comparabilité (permanence de méthodes)
4. Evaluation des éléments des Etats financiers :
Pour déterminer les montants monétaires auxquels les éléments des états financiers vont être
comptabilisés et inscrits au bilan et au compte de résultat, on a la possibilité de choisir la convention
appropriée qui peut être :
le coût historique ;
le coût actuel ;
la valeur de réalisation ou de règlement ;
la valeur actuelle
5. Concepts de capital et de maintien du capital
Le capital est synonyme d’actif net ou de capitaux propres de l'entreprise. (Concept financier)
En termes généraux, une entreprise a maintenu son capital si elle a autant de capital à la clôture de
l'exercice qu'elle en avait à l'ouverture de l'exercice.
Les principes généraux
La notion de « Fair Value » ou « Juste valeur »
Le principe de « Substance over Form » ou « Prééminence de la réalité économique sur
l’apparence juridique »
La notion de « Juste valeur » (traitée dans la norme IFRS 13)
Définition
La juste valeur est définie par les normes IFRS comme étant le montant pour lequel un
actif pourrait être échangé, entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre d'une
transaction effectuée dans des conditions de concurrence normales (lAS 32).
C’est la « Valeur d’échange » sur un marché en opposition avec le principe du « coût historique ».
Les mesures de la « Juste valeur »
L'évaluation fiable de LA JUSTE VALEUR repose sur quatre méthodes : (hiérarchie)
1. Une cotation reconnue sur un marché organisé,
2. Un calcul destiné à actualiser les cash-flows futurs générés par un actif,
3. Une valeur déterminée par un modèle statistique créant les conditions d'un marché organisé,
4. Une analyse comparative à partir d'une évaluation d'actifs similaires.
LES TECHNIQUES D’EVALUATION DE LA JUSTE VALEUR :
Les approches les plus utilisés :
Approche de marché: L’approche de marché se fonde sur les prix et d’autres informations pertinentes
générées par des transactions de marché sur des actifs, des passifs
Approche par les coûts: L’approche par les coûts reflète le montant qui serait requis actuellement
pour remplacer la capacité de service d’un actif (acquisition, construction, etc).
Approche par les revenus :
L’approche par les revenus convertit des montants futurs en un montant actuel unique.
Lorsque cette approche est utilisée, la juste valeur reflète les attentes actuelles du marché quant à
ces montants futurs.
Les avantages de la « Juste valeur » :
a. La prévisibilité
b. Une comptabilisation globale de la valeur
c. La comparabilité
d. La neutralité.
Les inconvénients de la « Juste valeur »
a. La volatilité
b. Manque d’objectivité et de neutralité en cas d’absence de marché ou de comparables
c. Coût d’obtention non négligeable
Le principe « Substance over Form »
Définition
Ce principe consiste à accorder plus d'importance à la substance économique des
opérations et d'en tenir compte, lors de la comptabilisation, même si la forme
juridique de celles-ci donne l'impression qu'un traitement différent est nécessaire.
SUJET N° 1 : LA DEPRECIATION D’ACTIFS (IAS 36)
Objectif de la norme :
L’objectif de la norme IAS 36 est de prescrire les procédures qu’une entreprise applique pour
s’assurer que ses actifs sont comptabilisés pour une valeur qui n’excède pas leur valeur recouvrable.
La valeur recouvrable d’un actif est la valeur la plus élevée entre :
• sa juste valeur diminuée des coûts de la vente ; et
• sa valeur d'utilité.
La juste valeur diminuée des coûts de la vente : C’est le montant qui peut être obtenu de la vente d’un
actif lors d’une transaction dans des conditions de concurrence normale entre des parties bien
informées et consentantes, diminué des coûts de sortie.
La valeur d’utilité : C’est la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs estimés attendus de l’utilisation
continue d’un actif et de sa sortie à la fin de sa durée d’utilité.
N.B. Les hypothèses retenues doivent être raisonnables, et le taux d’actualisation doit tenir compte du
marché et des risques.
TEST DE PERTE DE VALEUR D’UN ACTIF
Une entreprise doit apprécier à chaque date de clôture s’il existe un quelconque indice qu’un actif
qu’elle détient a pu perdre de la valeur.
S’il existe un tel indice (valeur de marché, avancée technologique, obsolescence, dégradation
physique,…), l’entreprise doit estimer la valeur recouvrable de l’actif.
Qu’il y ait un indice de perte de valeur ou non, une entreprise doit aussi :
• tester annuellement les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée ou en
cours ;
• effectuer un test de dépréciation du goodwill acquis lors d’un regroupement d’entreprise.
COMPTABILISATION DE LA PERTE DE VALEUR
La norme IAS 36 impose de comptabiliser une perte de valeur, lorsque la valeur comptable d’un actif
est supérieure à sa valeur recouvrable :
• Pour les actifs comptabilisés au coût, en charges dans le compte de résultat ;
• Pour les actifs comptabilisés à leur montant réévalué, traitée comme une diminution de
réévaluation.
Après la comptabilisation d’une perte de valeur, la dotation aux amortissements de l’actif doit être
ajustéepour les exercices futurs, afin que la valeur comptable révisée de l’actif, moins sa valeur
résiduelle (s’il y a lieu), puisse être répartie de façon systématique sur sa durée d’utilité restant à
courir.
La perte de valeur doit être revue à chaque clôture et éventuellement reprise, le cas échéant en
produits ou en réévaluation positive.
REPRISE D’UNE PERTE DE VALEUR
Une entité doit apprécier, à chaque date de reporting, s'il existe une indication qu'une perte de valeur
comptabilisée au cours de périodes antérieures pour un actif autre qu'un goodwill est susceptible de
ne plus exister ou d'avoir diminué.
S'il existe une telle indication, l'entité doit estimer la valeur recouvrable de cet actif.
Une perte de valeur comptabilisée au cours de périodes antérieures pour un actif autre qu'un goodwill
doit être reprise si, et seulement si, il y a eu un changement dans les estimations utilisées pour
déterminer la valeur recouvrable de l'actif depuis la dernière comptabilisation d'une perte de valeur.
Si tel est le cas, la valeur comptable de l'actif doit être augmentée à hauteur de sa valeur recouvrable.
Cette augmentation se traduit par la reprise d'une perte de valeur.
Attention :
La valeur comptable d'un actif, autre qu'un goodwill , augmentée en raison de la reprise d'une perte de
valeur ne doit pas être supérieure à la valeur comptable qui aurait été déterminée (nette des
amortissements) si aucune perte de valeur n'avait été comptabilisée pour cet actif au cours d'exercices
antérieurs.
SUJET N° 2 : IMMOBILISATIONS INCORPORELLES (IAS 38)
Champ d’application de la norme IAS 38 :
La norme IAS 38 s'applique à la comptabilisation des immobilisations incorporelles, à l'exception:
• des immo. incorporelles entrant dans le champ d'application d'une autre norme ;
• des actifs financiers (voir IAS 32 "Instruments financiers " ) ;
• de la comptabilisation et de l'évaluation des actifs d'exploration et d'évaluation (voir IFRS 6
"Prospection et évaluation de ressources minérales" ); et
• des dépenses relatives aux droits miniers, à la prospection et à l'extraction de minerais, de pétrole,
de gaz naturel et d'autres ressources similaires non renouvelables.
Définition d’une immobilisation incorporelle :
Une immobilisation incorporelle est un actif non monétaire identifiable sans substance physique.
Un actif satisfait au critère d'identifiabilité lorsqu'il :
est séparable, c'est-à-dire qu'il peut être séparé de l'entité et être vendu, soit de façon
individuelle, soit dans le cadre d'un contrat, avec un actif ou un passif lié ; ou
résulte de droits contractuels que ces droits soient ou non cessibles ou séparables de l'entité.
Comptabilisation et évaluation (à l’entrée) :
Une immobilisation incorporelle doit être comptabilisée si, et seulement si :
il est probable que les avantages économiques futurs attribuables à l'actif iront à l'entité ; et
le coût de cet actif peut être évalué de façon fiable.
Une immobilisation incorporelle doit être évaluée initialement au coût.
« Initialement » : Au moment de l’entrée de l’actif en question au Bilan
Coût = Prix d’achat + Droits de douane + taxes non remboursables - Remises + coûts de préparation à
l’utilisation future
Exemples d’immobilisations incorporelles : Brevets et licences, Marques, Fonds commercial (ou
Goodwill)
LES IMMOBILISATIONS INCORPORELLES GENEREES EN INTERNE :
Pour apprécier si une immobilisation incorporelle générée en interne, il faut d’abord distinguer entre
les deux phases suivantes dans la création d’une l'immobilisation :
• la phase de recherche, et
• la phase de développement.
N.B. Si, dans un projet, on n’arrive pas préciser si on est dans la première ou dans la deuxième phase,
dans ce cas, on traite les dépenses engagées comme étant encourus dans la phase de « recherche ».
• la phase de recherche : Elle consiste en la recherche générale, non appliquée à un projet de
production précis.
Exemples :
• Travaux visant à acquérir de nouvelles connaissances
• Recherche d’alternatives aux matières ou processus.
• ….
• la phase de développement : C’est l’ensemble des travaux fondés sur des connaissances obtenues
dans la phase de recherche, effectués en vue de la production de matériaux, dispositifs, produits,
procédés, systèmes ou services nouveaux, ou encore leur amélioration substantielle.
Exemples :
• Construction de prototypes.
• Frais de conception et de tests d’un produit.
• ….
• Durant la phase de recherche :Aucune immobilisation incorporelle résultant de la recherche (ou de la
phase de recherche d'un projet interne) ne doit être comptabilisée.
Les dépenses pour la recherche (ou pour la phase de recherche d'un projet interne) doivent être
comptabilisées en charges lorsqu'elles sont encourues.
• Durant la phase de développement :Une immobilisation incorporelle résultant du développement est
comptabilisée si, et seulement si, une entité peut démontrer tout ce qui suit :
1° La faisabilité technique nécessaire à l'achèvement de l'immobilisation incorporelle en vue de sa
mise en service ou de sa vente ;
2° Son intention d'achever l'immobilisation incorporelle et de la mettre en service ou de la vendre ;
3° Sa capacité à mettre en service ou à vendre l'immobilisation incorporelle ;
4° La façon dont l'immobilisation incorporelle générera des avantages économiques futurs probables ;
5° La disponibilité de ressources techniques, financières et autres, appropriées pour achever le
développement et mettre en service ou vendre l'immobilisation incorporelle ;
6° Sa capacité à évaluer de façon fiable les dépenses attribuables à l'immobilisation incorporelle au
cours de son développement.
N.B. Il suffit qu’une seulement des six conditions ne soit remplie pour bloquer l’inscription des
dépenses engagées en « immobilisation incorporelle ».
N.B.
Les marques, notices, titres de journaux et de magazines, listes de clients générés en interne
et autres éléments similaires en substance ne doivent pas être comptabilisés en tant
qu'immobilisations incorporelles.
Le goodwill généré en interne ne doit pas être comptabilisé en tant qu'actif.
L’évaluation après comptabilisation :
Une entité peut choisir comme sa méthode comptable,
soit le modèle du coût,
soit le modèle de la réévaluation
N.B. Si l’entité opte pour le modèle de réévaluation, tous les autres actifs de sa catégorie doivent
également être comptabilisés en utilisant le même modèle.
Le modèle du coût implique que :
La valeur de l’immobilisation =
Coût - Cumul des amortissements - Cumul des pertes de valeur
Le modèle de la réévaluation implique que :
La valeur de l’immobilisation =
Montant réévalué correspondant à sa juste valeur à la date de la réévaluation - Cumul des
amortissements ultérieurs - Cumul des pertes de valeur ultérieures
N.B. La juste valeur doit être déterminée par référence à un marché actif. Les réévaluations doivent
être effectuées avec une régularité suffisante pour qu'à la date de clôture, la valeur comptable de
l'actif ne diffère pas de façon significative de sa juste valeur.
Si la valeur de l’immobilisation augmente (à la suite d'une réévaluation), l'augmentation doit
être créditée directement en capitaux propres (écarts de réévaluation).
Toutefois, l'augmentation doit être comptabilisée en résultat dans la mesure où elle compense une
diminution de réévaluation du même actif, précédemment comptabilisée en résultat.
Si la valeur de l’immobilisation diminue (à la suite d'une réévaluation), cette diminution doit
être comptabilisée en résultat.
Toutefois, une diminution de la réévaluation doit être directement imputée en capitaux propres
(écarts de réévaluation) dans la mesure où l'écart de réévaluation présente un solde créditeur au titre
de ce même actif.
DUREE D’UTILITE ET MODE D’AMORTISSEMENT D’UNE IMMOBILISATION INCORPORELLE :
La durée d’utilité est :
soit « indéterminée », auquel cas on ne pratique pas d’amortissement.
Soit « finie », auquel cas l’entité choisit le mode d’amortissement le plus approprié (linéaire,
dégressif ou en fonction des unités d’œuvre)
N.B. La valeur résiduelle d'une immobilisation incorporelle à durée d'utilité finie doit être réputée
nulle, sauf cas particuliers (ex: existence de marché actif, un tiers s’est engagé à racheter l’actif à la fin
de sa durée d’utilité,…)
Sujet n° 3 : Contrats de location IFRS 16
Cette norme s’applique aux exercices ouverts à partir du 1er janvier 2019, et remplace la norme IAS 17
qui portait sur le même sujet.
Objectif de la norme :
L’objectif de cette norme est d’établir des principes concernant la comptabilisation, l’évaluation et la
présentation des contrats de location, ainsi que les informations à fournir à leur sujet pour les
preneurs et les bailleurs.
Champ d’application :
La norme s’applique à la comptabilisation de tous les contrats de location autres que :
* les contrats de location portant sur la prospection ou l’utilisation de minéraux, de pétrole, de gaz
naturel, et autres ressources similaires non renouvelables,
* les contrats de location d’actifs biologiques (IAS 41),
* les accords de concession de services (IFRIC 12), …
* les accords de licences (IFRS 15 – activités ordinaires),
* les accords de licences (IAS 38 - Actifs incorporels).
N.B. Les contrats de location de moins d'un an et les contrats portant sur des actifs de peu de valeur
sont exemptés des obligations de cette norme.
Définition : Un contrat de location est un contrat qui confère le droit d’utiliser un actif pour
une période donnée moyennant une contrepartie.
TRAITEMENT DES CONTRATS DE LOCATION « CHEZ LE PRENEUR »
Rappel : Exemption de comptabilisation
Le preneur a la possibilité de ne pas « retraiter » :
d’une part, les contrats de location à court terme (durée inférieure ou égale à 12 mois) et sans
option d’achat ; et
d’autre part, ceux dont le bien loué est de faible valeur en valeur à neuf (environ 5 000 USD).
Dans ce cas, les loyers sont enregistrés en principe en charge de manière linéaire sur la durée du
contrat sauf autre méthode systématique si plus appropriée.
1. Comptabilisation initiale
À l’origine du contrat, le preneur doit comptabiliser le contrat de location :
à l’Actif ; et
au Passif.
– Au passif, l’obligation locativecorrespond à la valeur actualisée au taux implicite du contrat ou à
défaut au taux d’emprunt marginal, des loyers futurs, qu’ils soient fixes ou variables uniquement selon
un indice ou un taux. S’y ajoutent certains montants éventuels dès lors qu’ils sont raisonnablement
certains (ex. : option d’achat évaluée au prix d’exercice, pénalités de résiliation anticipée)
– L’actif au titre du droit d’utilisation est inscrit au bilan à son coût.
Ce coût comprend l’obligation locative (inscrite au passif) majorée, le cas échéant, des paiements de
loyers déjà versés nets des éventuels paiements reçus du bailleur, des coûts directs initiaux et des
coûts éventuels de démantèlement / remise en état du bien.
2. Comptabilisation ultérieure
Au niveau de l’actif
L’évaluation ultérieure de l’actif est faite en principe selon le modèle du coût avec amortissement au
titre du droit d’utilisation selon la norme IAS 16 et en tenant compte, le cas échéant, de la durée
d’utilité en cas d’option d’achat en fin de contrat.
N.B. Les pertes de valeur sur cet actif suivent les dispositions de la norme IAS 36.
Au niveau du passif
L’évaluation ultérieure de l’obligation locative prend en compte les variations de la valeur comptable
de la dette selon une méthode comparable à celle du coût amorti au taux d’intérêt effectif.
(Augmentations liées aux intérêts de la période à taux constant avec en contrepartie une charge
financière ; réductions consécutives aux paiements des loyers ; éventuelles réévaluations comme la
variation d’indice des loyers).