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Gestion d'un surstock d'insuline périmée

La pharmacie d'un CHU à Madagascar fait face à un surstock d'insuline à péremption imminente, entraînant des risques de gaspillage financier et de rupture de stock pour les patients diabétiques. Une analyse des causes et conséquences a été réalisée, et plusieurs solutions ont été proposées, dont la gestion proactive des stocks et la redistribution inter-établissements. Les solutions jugées pertinentes incluent la collaboration avec les services cliniques pour dispenser le médicament aux patients stables et la réallocation du stock vers d'autres établissements ou ONG.

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Gestion d'un surstock d'insuline périmée

La pharmacie d'un CHU à Madagascar fait face à un surstock d'insuline à péremption imminente, entraînant des risques de gaspillage financier et de rupture de stock pour les patients diabétiques. Une analyse des causes et conséquences a été réalisée, et plusieurs solutions ont été proposées, dont la gestion proactive des stocks et la redistribution inter-établissements. Les solutions jugées pertinentes incluent la collaboration avec les services cliniques pour dispenser le médicament aux patients stables et la réallocation du stock vers d'autres établissements ou ONG.

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Problématique : Gestion d'un lot d'insuline à péremption courte dans une

pharmacie hospitalière.

I.​ Situation :

La pharmacie d'un CHU à Madagascar détient un stock important de flacons


d'insuline, un médicament vital pour les patients diabétiques. Ce lot arrivera à
péremption dans 2 mois. Selon les prévisions de consommation normale, une part
significative de ce stock ne sera pas utilisée à temps. De plus, le prochain
approvisionnement est incertain.

II.​ Application du Processus de Résolution de Problèmes

1- Identification des problèmes

L'identification consiste à lister de manière brute les différents problèmes qui apparaissent à
la surface.

●​ Problème principal : Un stock de médicament essentiel (insuline) est menacé de


péremption imminente.
●​ Problème secondaire 1 : Il y a un risque de gaspillage financier majeur pour l'hôpital,
car la valeur du stock qui sera périmé sera perdue.
●​ Problème secondaire 2 : Il y a un risque sanitaire de rupture de stock juste après la
date de péremption, car le réapprovisionnement est incertain.
●​ Problème secondaire 3 : Il existe une inadéquation entre le stock disponible et le
besoin patient immédiat au sein de l'établissement.

2- Formulation des problèmes

La formulation consiste à transformer la liste de problèmes en une question centrale, claire et


précise, qui servira de fil conducteur pour la suite de l'analyse.
Question centrale : « Comment gérer de manière optimale un surstock d'insuline à
péremption proche pour (1) garantir la continuité des soins des patients diabétiques après la
date de péremption, tout en (2) minimisant la perte financière liée au gaspillage, et en (3)
s'assurant que chaque flacon soit utilisé à bon escient avant son expiration ? »

3- Analyse des problèmes (causes, conséquences)

Cette étape cruciale décompose le "pourquoi" et le "et alors ?" du problème.

A. Causes possibles du surstock à péremption courte :

●​ Cause liée à la commande : Une erreur de prévision des besoins a mené à une
commande excessive par le passé.
●​ Cause liée à la consommation : Une baisse imprévue de la file active de patients
diabétiques (moins d'hospitalisations, patients partis, etc.).
●​ Cause liée au fournisseur / à la livraison : Le fournisseur (centrale d'achat ou autre)
a livré un lot avec une date de péremption nativement courte, ce qui aurait dû être
signalé et potentiellement refusé à la réception.
●​ Cause liée à la gestion interne : Une mauvaise gestion des stocks selon le principe
PEPS ("Premier Expiré, Premier Sorti"). Un lot plus récent a peut-être été
dispensé avant ce lot plus ancien, qui est resté au fond du rayon.

B. Conséquences si aucune action n'est prise :

●​ Conséquence sanitaire (la plus grave) : Expiration du lot, suivie d'une rupture de
stock totale si le réapprovisionnement n'arrive pas. Les patients diabétiques se
retrouveraient sans traitement, avec des risques d'hyperglycémie, de complications
aiguës (acidocétose) pouvant être mortelles. C'est une perte de chance pour le
patient.
●​ Conséquence financière : Perte sèche de la valeur monétaire de tous les flacons
périmés. Ce budget perdu aurait pu être alloué à l'achat d'autres médicaments
nécessaires.
●​ Conséquence éthique et d'image : Gaspiller un médicament vital comme l'insuline
est éthiquement indéfendable, surtout dans un contexte de ressources limitées comme
à Madagascar. Cela renvoie une image de mauvaise gestion et peut entamer la
confiance des patients et des tutelles.
4- Inventaire des solutions possibles

À cette étape, on liste toutes les solutions imaginables, sans filtre ni jugement sur leur
faisabilité. C'est une phase de brainstorming.

●​ Solution 1 : Ne rien faire et laisser le lot se périmer.


●​ Solution 2 : Contacter les services prescripteurs (diabétologie, médecine interne) pour
identifier les patients chroniques stables et leur dispenser une plus grande quantité de
traitement (ex: pour 3 mois au lieu de 1), après accord du médecin.
●​ Solution 3 : Tenter de retourner le produit au fournisseur en négociant un échange ou
un avoir, en arguant de la date de péremption courte à la livraison.
●​ Solution 4 : Contacter les autres pharmacies hospitalières de la ville ou de la région
pour savoir si elles ont des besoins et leur proposer de racheter ou d'échanger une
partie du stock.
●​ Solution 5 : Contacter la centrale d'achat nationale (type SALAMA) pour organiser
une reprise et une réallocation du stock vers des zones en besoin.
●​ Solution 6 : Faire un don du stock restant à une ONG médicale reconnue travaillant à
Madagascar et ayant des besoins immédiats.
●​ Solution 7 : Utiliser le stock pour une "journée de dépistage et de prise en charge du
diabète" afin d'écouler les produits tout en rendant service à la communauté.

5- Solutions pertinentes et acceptables

Ici, on filtre l'inventaire précédent pour ne garder que les options réalistes, éthiques et
applicables dans le contexte.

●​ Solution non pertinente : La solution 1 (ne rien faire) est inacceptable et contraire à
la mission du pharmacien.
●​ Solution peu pertinente : La solution 3 (retour fournisseur) a une très faible
probabilité de succès si le défaut n'a pas été signalé dès la réception. La solution 7
(journée de dépistage) est complexe à organiser dans l'urgence et risque de ne pas
cibler les bons patients.
Solutions jugées pertinentes et acceptables, à hiérarchiser :

1.​ Pertinence Élevée / Priorité 1 : La gestion interne proactive (Solution 2). C'est la
solution la plus rapide et la plus directe. Elle garantit que le médicament bénéficie aux
patients déjà suivis par l'hôpital. Elle demande une excellente collaboration entre la
pharmacie et les services cliniques. C'est la première action à mener.
2.​ Pertinence Élevée / Priorité 2 : La redistribution inter-établissements (Solutions
4 et 5). Si la solution 1 ne suffit pas, il est pertinent et acceptable de se tourner vers
d'autres structures publiques. Contacter la centrale d'achat (SALAMA) est souvent la
procédure la plus formelle et la plus efficace pour une réallocation à grande échelle.
C'est une manifestation de solidarité et de bonne gestion au niveau national.
3.​ Pertinence Moyenne / Priorité 3 : Le don encadré (Solution 6). Si les options 1 et
2 échouent ou ne sont que partielles, le don à une ONG sérieuse est une solution
acceptable pour éviter le gaspillage final. Elle doit être bien documentée pour assurer
la traçabilité.

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