Événements aléatoires et probabilités
Événements aléatoires et probabilités
Evenements aleatoires
1 Notion d'evenement
Une experience est dite aleatoire si sa realisation est soumise au hasard. Un evenement
est une proposition relative au resultat de l'experience. On dit que l'evenement est
realise ou non selon que la proposition est vraie ou fausse une fois l'experience accom-
plie.
Exemple: jeu de de; jeu de carte, lancer d'une piece de monnaie, duree de vie d'une
ampoule.
Soit l'ensemble de tous les resultats d'une experience aleatoire. est appele ensemble
fondamental.
Pour le jeu de de, = f1; 2; 3; 4; 5; 6g :
1. ? 2 C
2.2 Consequences
8 (An ) 2 C =) \ An 2C
n2N
On sait que
A 2 C =) A 2 C
=) A [ B 2 C =) A [ B 2 C =) (A \ B) 2 C
B 2 C =) B 2 C
(An )n2N 2 C =) An 2 C
[ An 2 C =) [ An 2 C =) \ An 2C
n2N n2N n2N
1
2.3 Espace probabilisable
On appelle espace probabilisable lie a l'experience aleatoire E le couple ( ; C) ou
est l'ensemble fondamental et C la tribu associee.
3 Probabilite
3.1 De nition
Soit ( ; C) un espace probabilisable. On appelle probabilite sur ( ; C) toute applica-
tion P : C ! [0; 1] tels que :
1. P ( ) = 1
P
2. P [ An = P (An ) ou (An ) forment une suite d'evenements 2 a 2 incom-
n2N n2N
patibles : Ai \ Aj = ? 8i 6= j:
3.2 Proprietes
1. P (?) = 0
2
2. 8A 2 C , P (A) = 1 P (A)
Demonstrations:
1. =?
= [ ? et \?=?
P ( ) = P ( ) + P (?) = 1 =) P (?) = 0:
3. B = A [ (BnA)
P (B) = P (A) + P (BnA) =) P (BnA) = P (B) P (A) et P (A) P (B)
4. A [ B = A [ (Bn (A \ B))
P (A \ B) = P (A) + P (Bn (A \ B)) = P (A) + P (B) P (A \ B)
5. P [ An = P ( ) = 1
n2N
P
P (An ) = 1 car (An )n forment un SCE
n2N
3
4 Probabilite conditionnelle
4.1 De nition
Soit ( ; C; P ) un espace probabilise et soit B un evenement quelconque de probabilite
non nulle. Soit A un evenement quelconque.
On appelle probabilite conditionnelle de A sachant B est realise le nombre P (A=B)
de ni par P (A=B) = P P(A\B)
(B)
:
Consequences :
1. P (A \ B) = P (A=B)P (B)
3. P (A=B) 6= P (B=A)
Exemple:
Soit une famille qui a 2 enfants. Quelle est la probabilite que les 2 enfants soient des
garcons sachant que l'a^ne est un garcon.
Consigne :
- Trouver : l'ensemble fondamental ou le SCE
- Donner un nom a chaque evenement
- Traduire la probabilite recherchee
Solution
= f(G; G) ; (G; F ) ; (F; G) ; (F; F )g
Soit A l'evenement : A : "les 2 enfants sont des garcons"
Soit B l'evenement : B : "l'a^ne est un garcon"
La probabilite recherchee est P (A=B) = P P(A\B)
(B)
A = f(G; G)g , B = f(G; F ) ; (G; G)g
A \ B = f(G; G)g
P (A \ B) = Card(A\B)
Card
= 1
4
Card B 2 1
P (B) = Card = 4 = 2
P (A=B) = P P(A\B)
(B)
= 12
Demonstration:
On a (Ai )i2I forment un SCE.
4
= [ Ai
i2I
On a toujours B = B \ =B\ [ Ai = [ (B \ Ai )
i2I i2I
Ai \ Aj = ? pour i 6= j
(B \ Ai ) \ (B \ Aj ) = ? pour i 6= j
P P
P (B) = P (B \ Ai ) = P (B=Ai )P (Ai )
i2I i2I
Exemple:
Un individu est choisi au hasard dans une population possedant la proportion p 2]0; 1[
de tricheurs. On fait tirer une carte d'un jeu de 52 cartes a cet individu et on admet
que si cet individu est tricheur il est s^
ur de retourner un as. Quelle est la probabilite
que cet individu retourne un as ?
Solution:
Soit T : "Tricheur"
=T [T , T \T =?
T; T forment un SCE.
Soit B l'evenement "l'individu retourne un as".
4
La probabilite recherchee est P (B) = P (B=T )P (T ) + P (B=T )P (T ) = 1 p + 52 (1 p)
Exemple:
Soient deux urnes S1 et S2 : la premiere urne contient 13 boules blanches et 15 boules
noires. La deuxieme urne contient 14 boules blanches et 20 boules noires.
Soit p la probabilite de tirer une boule de S1 . On tire une boule au hasard. Quelle est
la probabilite que la boule tiree soit blanche?
Solution:
= S1 [ S2 et S1 \ S2 = ?
Exemple:
On prends un de au hasard parmi un lot de 100 des dont on sait que 25 sont truques.
Pour un de truque, la probabilite d'avoir 6 est 21 :
On lance le de choisi et on obtient 6.
quelle est la probabilite que ce de soit truque ?
Solution:
5
soit T : "le de est truque" et B : "Avoir 6"
On a = T [ T et T \ T = ? donc T; T forment un SCE.
La probabilite recherchee est P (T =B):
1 1
P (B=T )P (T ) 1
P (T =B) = P (B=T )P (T )+P (B=T )P (T )
= 1
2
1
4
+ 16 3 = 2
2 4 4
Exemple:
Soit une population formee de 40% d'hommes et 60% de femmes. Parmi les hommes
il y a 30% qui fument et parmi les femmes il y a 50% qui fument.
On prend une personne qui fume, quelle est la probabilite que cette personne soit un
homme ?
Solution:
Soient:
H:"Homme"
F :"Femme"
f :"fume"
= H [ F et H \ F = ? donc (H; F ) forment un SCE.
La probabilite recherchee est P (H=f ).
P (H=f ) = P (f =H)P
P (f )
(H) P (f =H)P (H)
= P (f =H)P (H)+P (f =F )P (F )
0:3 0:4
= 0:3 0:4+0:5 0:6
= 0:28
5 Independance
5.1 De nition
Deux evenements A et B d'un espace probabilise ( ; C; P ) sont dits independants ssi
P (A \ B) = P (A)P (B):
L'interpretation de deux evenements independants est l'equivalent de deux tirages avec
remise.
Si A et B sont independants alors P (A=B) = P P(A\B)
(B)
= P (A)P (B)
P (B)
= P (A)
5.2 Proposition
Soient A et B deux evenements d'un e.p ( ; C; P ). Si A et B sont independants alors
A et B sont independants, A et B sont independants, A et B sont independants.
Demonstrations:
B = (A \ B) [ A \ B
P (B) = P (A \ B) + P A \ B = P (A)P (B) + P A \ B =) P A \ B =
P (B) P (A)P (B) = P (B) (1 P (A)) = P (B)P (A)
D'ou si A et B sont independants alors A et B sont aussi independants
6
A\B = n (A [ B)
P (A \ B) = P ( ) P (A [ B) = P ( ) (P (A) + P (B) P (A \ B)) = 1
P (A) P (B) P (A)P (B) = (1 P (A)) (1 P (B)) = P (A)P (B)
D'ou si A et B sont independants alors A et B sont aussi independants
7
Part I
Variables aleatoires
1 Variables aleatoires reelles
Notation:
(X = x) = fw 2 tel que X (w) = xg
(X < x) = fw 2 tel que X (w) < xg
(a < X < b) = fw 2 tel que a < X (w) < bg
Exemple:
Une piece de monnaie est lancee 2 fois. A chaque lance on associe a la v.a.r le nombre
de Piles obtenu.
X ( ) est l'ensemble des valeurs prises par la v.a.r X qui est egal au nombre de piles
obtenues au cours des 2 lances.
X ( ) = f0; 1; 2g :
2 Fonction de repartition:
Soit X une variable aleatoire reelle de nie sur un espace probabilise ( ; C; P ). On
appelle fonction de repartition de X la fonction numerique FX de nie sur R par :
FX : R ! [0; 1]
x 7 ! FX (x) = P (X x)
1
Proposition
Soit X une v.a.r et soit FX la fonction de repartition associee a X alors :
1. FX est toujours croissante
2. FX est positive
3. lim FX (x) = 0 et lim FX (x) = 1
x ! 1 x !+1
3 Loi de probabilite
De nition
Soit X une v.a.r discrete. L'application de X ( ) dans R qui a chaque valeur prise par
la v.a X associe sa probabilite d'appelle loi de probabilite de X.
X( ) ! R
X = x 7 ! P (X = x)
Remarque
P P
Si X est une v.a.r discrete on a P (X = x) = P (X = xi ) = 1
x2X( ) i
Exemple:
un piece de monnaie lancee 2 fois. X est la v.a.r egale au nombre de Piles obtenus aux
cours des 2 lances.
X ( ) = f0; 1; 2g
La loi de probabilite de X est donnee par :
P (X = 0) = P (F ace \ F ace) = P (F ace) P (F ace) = 14
P (X = 1) = P ((F ace \ P ile) [ (P ile \ F ace)) = 41 + 14 = 12
P (X = 2) = P (P ile \ P ile) = P (P ile) P (P ile) = 14
2
P (X = 0) + P (X = 1) + P (X = 2) = 1
Exercice:
On lance une eche sur une cible. la probabilite d'atteindre la cible est 0; 4. On lance
3 fois la eche. Les 3 coups sont independants, a chaque coup reussi on gagne 5D . On
de nit X = gain obtenu a la n du jeu.
1) De nir X ( )
2) Etablir la loi de probabilite de X
3) De nir la fonction de repartition FX
4) Trouver le graphe de FX
Solution:
2) Loi de probabilite de X :
P (X = 0) = (0; 6)3 = 0; 216
P (X = 5) = 0; 4 0; 6 3 = 0; 432
P (X = 10) = (0; 4)2 0; 6 3 = 0; 288
P (X = 15) = (0; 4)3 = 0; 064
3) Fonction de repartition FX :
FX (x) = P (X x)
8
>
> 0 si x<0
>
>
< 0; 216 si 0 x<5
FX (x) = 0; 648 si 5 x < 10
>
>
>
> 0; 936 si 10 x < 15
:
1 si x 15
4.2 Variance
Soit
P X une v.a.r2 tel que E(X) existe, on appelle variance de X le nombre V (X) =
i (xi E(X)) P (X = xi )
3
4.3 Ecart-type
p
On appelle ecart type de X, le nombre X de ni par X = V (X).
Exemple:
On lance 2 des. Soit X la v.a.r egale a la somme des points obtenus. De nir X ( ), la
loi de probabilite de X et calculer les moments (E(X); V (X) et X ) :
k 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
1 2 3 4 5 6 5 4 3 2 1
P (X = k) 36 36 36 36 36 36 36 36 36 36 36
P
E(X) = i xi P (X = xi ) = 7
P
E(X 2 ) = i x2i P (X = xi ) = 54; 833
P
V (X) = i (xi E(X))2 P (X = xi ) = E(X 2 ) (E(X))2 = 5; 833
p
X = V (X) = 2: 415
4
4.7 Theoreme de Koenig-Huygens
Soit X une v.a.r discrete ayant une variance et a 2 R alors E (X a)2 = V (X) +
(E(X) a)2 :
en particulier, pour a = 0, E (X 2 ) = V (X) + (E(X))2 () V (X) = E (X 2 ) (E(X))2
Demonstration:
P
E (X a)2 = i (xi a)2 P (X = xi )
(xi a)2 = ((xi E(X)) + (E(X) a))2 = (xi E(X))2 +(E(X) a)2 +2 (xi E(X)) (E(X) a)
P P
E (X a)2 = i (xi E(X))2 P (X = xi ) + i (E(X) a)2 P (X = xi )
P
+2 i (xi E(X)) (E(X) a) P (X = xi )
P P
= V (X) + (E(X) a)2 i P (X = xi ) + 2 (E(X) a) i (xi E(X)) P (X = xi ) =
V (X) + (E(X) a)2
Demonstrations
P P P
1. E(aX + b) = i (axi + b) P (X = xi ) = a i xi P (X = xi ) + b i P (X = xi ) =
aE(X) + b
2. V (aX+b) = E (aX + b E(aX + b))2 = E (aX + b aE(X) b)2 = E a2 (X E(X))2 =
a2 E (X E(X))2 = a2 V (X)
3. V (a) = E(a E(a))2 = E(a a)2 = E(0) = 0
5
5 Variables aleatoires absolument continues ou con-
tinues
5.1 Densite de probabilite
Soit X une v.a.r de nie sur un espace probabilise ( ; C; P ) et FX (x) = P (X x) sa
fonction de repartition. On dit que X est une variable aleatoire absolument continue
s'il existe une fonction numerique f de nie sur R tel que :
1. 8x 2 R , f (x) 0
2. Rf est continue presque partout sur R
3. R f (x)dx = 1 Rx
4. 8x 2 R , FX (x) = 1 f (t)dt = P (X x)
Remarques:
1. FX (x) est l'aire delimitee par Cf ; l'axe des x et la droite d'equation X = x.
Rx
2. FX (x) = 1 f (t)dt = P (X x) = P (X < x) (dans le cas continu)
3. Dans le cas discret FX (x) = P (X x) 6= P (X < x)
4. Toute la theorie sur les integrales s'applique
Rb Ra Rb
5. P (a < x b) = FX (b) FX (a) = 1 f (t)dt 1
f (t)dt = a
f (t)dt
= P (a X b) (cas continu)
6. FX0 (x) = f (x).
6.2 Variance
Si E(X) Rexiste, on appelle variance de X, le nombre V (X), s'il existe, de ni par :
V (X) = R (t E(X))2 f (t)dt
6
6.3 Ecart-type
Si X admet
p une variance, on appelle ecart type de X le nombre X de ni par
X = V (X).
7
Part I
Principales lois de probabilite
1 Lois discretes classiques
1.1 Loi uniforme sur un ensemble ni
Soit E = fx1 ; x2 ; :::; xn g R. On dit qu'une v.a X suit la loi uniforme sur E si
1
P (X = xi ) = n 8i 2 f1; :::; ng et on ecrit X ! U (n)
2
On a E(X) = n+1 2
et V (X) = n 12 1
Demonstration:
Soit X ! U (n)
P P P
E(X) = nx=1 xP (X = x) = nx=1 x n1 = n1 nx=1 x = n1 n(n+1)
2
= (n+1)
2
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2
P P P
E(X 2 ) = nx=1 x2 P (X = x) = nx=1 x2 n1 = n1 nx=1 x2 = n1 n(2n+1)(n+1)
6
= (2n+1)(n+1)
6
2
(2n+1)(n+1) (n+1) n2 1
V (X) = 6 2
= 12
Demonstration:
P
E(X) = xP (X = x) ou X ( ) = f0; 1g
x2X( )
E(X) = 0 P (X = 0) + 1 P (X = 1) = p
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2
P 2
E(X 2 ) = x P (X = x) = 02 P (X = 0) + 12 P (X = 1) = p
x2X( )
2
V (X) = p p = p (1 p)
1
1.3 Loi Binomiale
1.3.1 Modele probabiliste
Soient p 2 [0; 1] et n 2 N . On dit que X suit la loi Binomiale de parametres n
et p notee B(n; p) si X prend toutes les valeurs entieres comprises entre 0 et n avec
P (X = x) = Cnx px (1 p)n x et on note X ! B(n; p).
La loi Binomiale resume toutes les experiences a deux issues possibles seulement et qui
sont e ectuees n fois.
X admet des moments de tout ordre et on a :
E(X) = np
V (X) = np(1 p)
Demonstration:
P P Pn
E(X) = xP (X = x) = nx=0 xCnx px (1 p)n x
= np x=1 Cnx 11 px 1
(1 p)(n 1) (x 1)
x2X( )
= np (p + 1 p)n 1 = np (1)n 1 = np
P P
E(X(X 1)) = nx=2 x(x 1)P (X = x) = nx=2 x(x 1)Cnx px (1 p)n x
P
= n(n 1)p2 nx=2 Cnx 22 px 2 (1 p)(n 2) (x 2) = n(n 1)p2
E(X(X 1)) = E(X 2 ) E(X)
V (X) = E(X 2 ) E 2 (X) () V (X) = E(X(X 1)) + E(X) E 2 (X) = n(n 1)p2 +
np n2 p2 = np (1 p)
Demonstration:
Soit Z = X + Y:
X ( ) = f0; 1; ::; ng, Y ( ) = f0; 1; ::; mg , Z ( ) = f0; 1; ::; n + mg
P
P (Z = z) = P (X + Y = z) = zi=0 P (X = i et Y = z i)
P P
= zi=0 P (X = i)P (Y = z i) = zi=0 Cni pi (1 p)n i Cm z i z i
p (1 p)m (z i)
Pz
= i=0 Cni Cmz i z
p (1 p)n+m z = Cn+m z
pz (1 p)n+m z
=) Z ! B(n + m; p)
2
On tire alors successivement les boules une a une en remettant a chaque fois la boule
tiree. On note par X le rang de l'apparition de la premiere boule blanche. On dit que
X est le temps d'attente de la premiere boule blanche ou encore du premier succes.
1.4.2 De nition
Une v.a.r suit une loi geometrique de parametre p 2]0; 1[ si on a X ( ) = N et 8x 2 N
P (X = x) = p (1 p)x 1 et on ecrit X ! G(p).
Demonstration:
P P P
E(X) = xP (X = x) = xpq x 1
=p xq x 1
x>1 x>1 x>1
P x
@ q
@q x P P @qx x>1 @ q 1
Or xq x 1
= @q
et xq x 1
= @q
= @q
= @q 1 q
= (1 q)2
x>1 x>1
d'ou E(X) = p (1 1q)2 = p p12 = p1
P P P
E(X (X 1)) = x (x 1) P (X = x) = x (x 1) pq x 1
= p x (x 1) q x 1
=
x>1 x>1 x>1
P x
@2 q
P x 2
P @ 2 qx x>2 @ 2 q2 2q 2(1 p)
pq x (x 1) q = pq @q 2
= pq @q 2
= pq @q 2 1 q
= p2
= p2
x>2 x>2
E(X (X 1)) = E(X 2 ) E(X)
2
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2 = E(X (X 1))+E(X) (E(X))2 = 2(1 p)
p2
+ p1 1
p
= 1 p
p2
3
1.5.2 De nition
Une v.a.r X suit une loi hypergeometrique de parametres N; n; p et on note
X ! H (N; n; p) si l'on a X ( ) = f0; 1; 2; :::; ng
x Cn x
CN p Nq
P (X = x) = n
CN
et on a E(X) = np et V (X) = np(1 p) N
N
n
1
Demonstration:
P P Cx Cn x Pn
E(X) = nx=0 xP (X = x) = nx=0 x N pC nN q = 1
CNn x=0 xCNx p CNn q x
N
Exemple:
Une petite entreprise exploite 10 personnes : 2 patrons, 3 employes et 5 ouvriers.
Un journaliste veut questionner 3 personnes au hasard. soit X (respectivement Y ) la
v.a.r egale au nombre d'ouvriers (respectivement de patrons) parmi les 3 personnes
interrogees.
Donner les lois de probabilite des v.a.r X et Y .
5
X ( ) = f0; 1; 2; 3g , X ! H 10; 3; 10
2
Y ( ) = f0; 1; 2g , Y ! H 10; 3; 10
C5x C53 x
P (X = x) = 3
C10
C2x C83 x0
P (X = x0 ) = 3
C10
1.6.2 De nition
Une v.a.r suit une loi de Poisson de parametre avec > 0 et on ecrit X ! P ( ).
x
X ( ) = N et 8x 2 N , P (X = x) = e x! et on a E(X) = V (X) =
4
Demonstration:
P P x P x 1
E(X) = xP (X = x) = xe x! = e (x 1)!
= e e =
x2N x2N x2N
P P x
2
P x 2
E(X (X 1)) = x (x 1) P (X = x) = x (x 1) e x! = e (x 2)!
=
x>1 x>1 x>2
2
e e = 2
E(X (X 1)) = E(X 2 ) E(X)
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2 = E(X (X 1)) + E(X) (E(X))2 = 2
+ 2
=
Demonstration:
Soit Z = X + Y:
X ( ) = N, Y ( ) = N , Z ( ) = N
P P
P (Z = z) = P (X + Y = z) = zi=0 P (X = i et Y = z i) = zi=0 P (X = i)P (Y =
z i)
P i z i P z
= zi=0 e 1 i!1 e 2 (z2 i)! = e ( 1 + 2 ) zi=0 i!(z1 i)! i1 z2 i = e ( 1 + 2 ) ( 1 +z! 2 )
=) Z ! P ( 1 + 2 )
Une v.a.r a valeurs dans [a; b] est dite uniformement repartie sur [a; b] si elle admet
pour densite:
1
b a
si a x b
f (x) =
0 sinon
La loi de densite f est appelee loi uniforme sur [a; b] notee U (a; b):
La fonction de repartition
8 d'une loi uniforme est :
< 0 si x < a
x a
F (x) = P (X x) = si a x b
: b a
1 si x > b
a+b (b a)2
X admet des moments de tout ordre et on a E(X) = 2
et V (X) = 12
Demonstration:
5
Si x < aR Rx
x
F (x) = 1 f (t)dt = 1 0dt = 0
Si a xR b Rx
x
F (x) = 1 f (t)dt = a b 1 a dt = b 1 a [t]xa = xb aa
Si x > bR Rb Rx Rb
x
F (x) = 1 f (t)dt = a b 1 a dt + b 0dt = a b 1 a dt = 1
8
< 0 si x < a
x a
D'ou F (x) = si a x b
: b a
1 si x > b
R +1 Rb t Rb h 2 ib
E(X) = 1 tf (t)dt = a b a dt = b a a tdt = b a t2 =
1 1 a+b
2
a
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2
R +1 Rb Rb h 3 ib
t2 1 1 t a2 +ab+b2
E(X 2 ) = 1 t2 f (t)dt = a b a
dt = b a a
t2 dt = b a 3
= 3
a
a2 +ab+b2 a+b 2 (b a)2
V (X) = 3 2
= 12
Soit 2 R + . Une v.a.r X a valeurs dans ]0; +1[ est dite exponentielle de parametre
si elle admet pour densite la fonction reelle
e x si x>0
f (x) =
0 sinon
et on note X ! ( )
La fonction de repartition de X est :
1 e x si x 0
FX (x) = P (X < x) =
0 sinon
X admet des moments de tout ordre.
E(X) = 1 , V (X) = 12 , E(X n ) = n!n
Demonstration:
R +1 R +1
E(X) = 1 tf (t)dt = 0 t e t dt = 1 (a l'aide d'une integration par parties)
R +1 R +1
E(X 2 ) = 1 t2 f (t)dt = 0 t2 e t dt = 22 (a l'aide d'une integration par parties)
1 2
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2 = 2
2 = 1
2
et on note X ! G( ; )
On a E(X) = et V (X) = 2
6
Remarque:
G(1; ) = ( )
7
2.5.2 Loi de Student
Soit Xi ! N (0; 1) pour i = 1; :::; n et Y ! N (0; 1) alors T = rPY ! T (n):
n X2
i=1 i
n
8
Part I
Couple de variables aleatoires
1 Couple aleatoire discret
1.1 Loi d'un couple
Soit (X; Y ) un couple de v.a.r discretes sur un espace probabilise ( ; C; P )
L'application
P : X( ) Y ( ) ! [0; 1]
(xi ; yj ) 7 ! pij = P (X = xi ; Y = yj )
s'appelle loi conjointe du couple (X; Y )
L'application
X( ) ! [0; 1]
xi 7 ! pi: = P (X = xi )
S'appelle la loi marginale de X
L'application
Y( ) ! [0; 1]
yj 7 ! p:j = P (Y = yj )
S'appelle la loi marginale de Y
Proposition:
P P PP
pij = pi: , pij = p:j et pij = 1
j i i j
Exemple:
Une urne contient 9 boules dont 6 boules blanches, 1 boule noire et 2 boules vertes.
On tire simultanement 2 boules de l'urne et on note le nombre de boules blanches et le
1
nombre de boules noires qu'on a obtenues. Soit X la v.a.r egale au nombre de boules
blanches et Y la v.a.r egale au nombre de boules noires.
Determiner la loi conjointe du couple (X; Y ) ainsi que les loi marginales des v.a.r X et
Y.
Solution:
X( ) = f0; 1; 2g et Y ( ) = f0; 1g
X n Y 0 1 Loi de X
C60 C10 C22 1 C60 C11 C21 2 3
0 P (X = 0; Y = 0) = C92
= 36
P (X = 0; Y = 1) = C92
= 36 36
C61 C10 C21 12 C61 C11 C20 6 18
1 P (X = 1; Y = 0) = C92
= 36
P (X = 1; Y = 1) = C92
= 36 36
C62 C10 C20 15 15
2 P (X = 2; Y = 0) = C92
= 36
P (X = 2; Y = 1) = 0 36
28 8
Loi de Y 36 36
1
Loi marginale de X :
x 0 1 2
3 18 15
P (X = x) 36 36 36
Loi marginale de Y :
y 0 1
28 8
P (Y = y) 36 36
2
1.4.2 Relation entre variance et covariance
Soient X et Y deux v.a.r ayant chacune une variance alors (X + Y ) possede aussi une
variance et on a V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2cov(X; Y ):
Demonstration:
V (X + Y ) = E [(X + Y ) E(X + Y )]2 = E [(X E(X)) + (Y E(Y ))]2
= E(X E(X))2 + E (Y E(Y ))2 + 2E [(X E(X)) (Y E(Y ))] = V (X) + V (Y ) +
2cov(X; Y )
Remarques:
3
1.7 Loi conditionnelle
Soient X et Y deux v.a.r discretes. Les ensembles X ( ) = fxi = i 2 Ig et Y ( ) =
fyj = j 2 Jg etant des ensembles nis ou denombrables, pour tout couple (i; j) 2 I J,
soit pij = P (X = xi ; Y = yj ):
P
Soit xi tel que pi: = j2J pij = P (X = xi ) > 0:
De nition:
On appelle loi conditionnelle de Y sachant [X = xi ], la mesure de probabilite PY =X=xi
de nie sur Y ( ) par :
P (X = xi ; Y = yj ) pij
PY =X=xi (Y = yj ) = P (Y = yj = X = xi ) = = .
P (X = xi ) pi:
On de nit de m^eme les lois conditionnelles de X sachant [Y = yj ].
De nition:
On appelle esperance conditionnelle de Y sachant [X = xi ], l'esperance de Y pour la
loi conditionnelle de Y sachant [X = xi ] :
P P p
E (Y = X = xi ) = j2J yj P (Y = yj =X = xi ) = j2J yj piji:
C'est la moyenne des valeurs de Y ponderees par les probabilites de ces valeurs sachant
[X = xi ].
Exemple:
Reprenons l'exemple precedent, determiner la loi de probabilite de Y = X = 1
Calculer E (Y =X = 1)
Solution:
la v.a Y = X = 1 prend les valeurs 0; 1
12
P (X = 1 ; Y = 0) 2
P (Y = 0 = X = 1) = = 36
18 =
P (X = 1) 36
3
6
P (X = 1 ; Y = 1) 1
P (Y = 1= X = 1) = = 36
18 =
P (X = 1) 36
3
Y = yj =X = 1 0 1
P (Y = yj =X = 1) 23 13
P 1
E (Y =X = 1) = yj P (Y = yj =X = 1) = 3
4
repartition du couple (X; Y ) est donnee par FX;Y (x; y) = P (X x et Y y) et la
densite fX;Y (x; y) du coupleR(X;RY ) et sa fonction de repartition FX;Y (x; y) sont liees
x y
par la formule FX;Y (x; y) = 1 1 fX;Y (x; y)dxdy.
De nition:
On appelle densite de Y conditionnelle a [X = x], la fonction fY =X=x de nie par :
(
f(X;Y ) (x;y)
si fX (x) > 0
fY =X=x (y) = fX (x)
sinon
De m^eme, on appelle densite de X conditionnelle a [Y = y], la fonction fX=Y =y de nie
par : (
f(X;Y ) (x;y)
si fY (y) > 0
fX=Y =y (x) = fY (y)
sinon
Remarque:
5
On appelle esperance conditionnelle de X sachant [Y = y], l'esperance de X pour la
loi conditionnelle de
R Y sachant [Y = y] :
E (X = Y = y) = R xfX=Y =y (x)dx
Exemple:
Soit la fonction de densite conjointe :
e (x+y) si x 0 et y 0
fX;Y (x; y) =
0 sinon
Solution:
R R
1. R R fX;Y (x; y)dxdy = 1 et fX;Y (x; y) 0 =) fX;Y est bien une densite de
probabilite
x y
e si x 0 e si y 0
2. fX (x) = et fY (y) =
0 sinon 0 sinon
X et Y suivent la loi exponentielle de parametre 1
3. Oui car fX;Y (x; y) = fX (x)fY (y)
4. fY =X=x = fY (y) car X et Y sont elles independantes et E(Y =X = x) = E(Y ) = 1
Soit (X; Y ) = h ((U; V )) = (h1 (U; V ); h2 (U; V )) ou (X; Y ) est un couple de v.a dont la
densite fX;Y est connue. La densite du couple (U; V ) est obtenue par :
avec !
@h1 (u;v) @h1 (u;v)
J(h) = det @u @v
@h2 (u;v) @h2 (u;v)
@u @v
ou J(h) est le jacobien de h
Exemple:
Soit (X; Y ) un couple de v.a.r de densite conjointe
6
(x2 +y 2 )
4xye si x > 0 et y > 0
fX;Y (x; y) =
0 sinon
p
Determiner la densite du couple (U; V ) = X; X 2 + Y 2
Solution:
U =X p U =X U =X p
() ()
V = X2 + Y 2 Y 2 = V 2 X2 Y = V 2 U2
x>0 u>0 u>0
) ) )v>u>0
y>0 v 2 u2 > 0 v > u (car v > 0 et u > 0)
La densite conjointe du couple (U; V ) est :
fX;Y (x(u; v); y(u; v)) jdet Jj si v > u > 0
fU;V (u; v) =
0 sinon
@x @x
1 0
ou det J = @u @y
@v
@y = p u p v
= pv2v u2
@u @v v 2 u2 v 2 u2
On trouve : ( p
fX;Y (u; v 2 u2 ) pv2v u2 si v > u > 0
fU;V (u; v) =
0 sinon
2
4uve v si v > u > 0
fU;V (u; v) =
0 sinon
7
En particulier pour p = 1 on a
E(X(X 1)) = G00X (1) () E(X 2 ) E(X) = G00X (1)
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2 = G00X (1) + G0X (1) (G0X (1))2
Proposition:
Si X et Y sont independantes alors GX+Y (s) = GX (s)GY (s)
Demonstrations:
Loi de Bernoulli
X ! B(p)
X( ) = f0; 1g
P (X = 1) = p et P (X = 0) = 1 p
P
E(sX ) = 1x=0 sx P (X = x) = s0 P (X = 0) + s1 P (X = 1) = 1 p + sp
On peut veri er que
E(X) = G0X (1) = p
V (X) = G00X (1) + G0X (1) (G0X (1))2 = p(1 p)
Loi binomiale
X ! B(p)
X( ) = f0; 1; :::; ng
P (X = x) = Cnx px (1 p)n x
P P Pn
E(sX ) = nx=0 sx P (X = x) = nx=0 sx Cnx px (1 p)n x
= x=0 Cnx (sp)x (1 p)n x
=
(1 p + sp)n
On peut veri er que
E(X) = G0X (1) = np
V (X) = G00X (1) + G0X (1) (G0X (1))2 = np(1 p)
Loi geometrique
X ! G(p)
X( ) = N
P (X = x) = (1 p)x 1 p
P Pn P1
E(sX ) = 1 x
x=1 s P (X = x) =
x
x=1 s (1 p)x 1 p = p
1 p x=1 (s(1 p))x = p
1 p
s(1
1 sp
p) 1 s(1 p)
= 1 s(1 p)
On peut veri er que
E(X) = G0X (1) = p1
8
V (X) = G00X (1) + G0X (1) (G0X (1))2 = 1 p
p2
Loi de Poisson
X!P( )
X( ) = N
x
P (X = x) = e x!
P Pn x Pn (s )x
E(sX ) = 1 x
x=0 s P (X = x) =
x
x=0 s e x!
=e x=0 x!
=e es = e (s 1)
Exemples:
2 2
a) Soit X ! N (m; ) alors X (t) = eitm 2
t
Demonstration
X m
Soit U = , on a U ! N (0; 1)
R +1 R +1 u2 R +1 1
it)2 t2 z=u it
= E(eitU ) =
U (t) 1
eitu fU (u)du = 1
eitu p12 e 2 du = 1
p1
2
e 2
(u 2 du =
t2 R +1 1 2 t2
e 2 1 p12 e 2
z
dz = e 2
2 t2
9
Demonstration
R +1 R +1 R +1 ( it)
X (t) = E(eitX ) = 1
eitx fX (x)dx = 0
eitx ( )
x 1
e x
dx = ( it) 0 ( )
x 1
e ( it)x
dx =
it
10
Part I
Vecteurs aleatoires
On suppose dans la suite que toutes les v.a sont de nies sur le m^eme espace probabilise
( ; A; P ) :
Proposition 1
Une application X : ! Rd d'applications coordonnees X1 ; X2 ; :::; Xd est une variable
aleatoire (vecteur aleatoire) si et seulement si chaque application coordonnee
Xi : ! R est une v.a reelle.
Un vecteur aleatoire X a valeurs dans Rd est un d uplet (X1 ; X2 ; :::; Xd ) de v.a reelles.
1. On appelle loi conjointe des v.a reelles X1 ; X2 ; :::; Xd , la loi du v.a (X1 ; X2 ; :::; Xd )
dans Rd
2. On appelle lois marginales, les lois PX1 ; :::; PXd des v.a reelles X1 ; :::; Xd .
Proposition 2
Soit X = (X1 ; X2 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd de fonction de repartition FX , alors
1
Proposition 3
Soit X = (X1 ; X2 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd de fonction de repartition FX . Pour
tout k 2 f1; :::; dg, le v.a (X1 ; X2 ; :::; Xd ) a pour fonction de repartition :
F(X1 ;:::;Xd ) (x1 ; :::; xd ) = lim FX (x1 ; :::; xd )
xi ! +1
i = k + 1; :::; d
En particulier, le v.a Xk a pour fonction de repartition FXk (xk ) = lim FX (x1 ; :::; xd )
xi ! +1
i 6= k
Proposition 4
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd . La loi du v.a X est caracterisee par la
donnee de l'ensemble
n
f(xk ; k ) =k 2 Kg oRd R+
Ou X ( ) = xk = x1k ; x2k ; :::; xdk k 2 K et k = P (X = xk ) = P X1 = x1k ; :::; Xd = xdk
P
pour tout k 2 K avec k2K k = 1.
De nition 4
Soit PX la loi de probabilite du vecteur aleatoire X = (X1 ; X2 ; :::; Xd ). On dit que PX
est absolument continue s'il existe une fonction reelle f : Rd ! R, telle que
Proposition 5
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a de fonction de repartition FX et densite fX alors :
2
R x1 R xd
1. pour tout (x1 ; :::; xd ) 2 Rd , on a FX (x1 ; :::; xd ) = 1 ::: 1 fX (y1 ; :::; yd ) dy1 :::dyd
3. FX est derivable presque partout sur Rd et telle que pour tout (x1 ; :::; xd ) ou fX
dF
est continue @x@1 :::@x
X
d
(x1 ; :::; xd ) = fX (x1 ; :::; xd )
Proposition 7
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a. Soit g : Rd ! R une fonction continue. Alors
g (X1 ; :::; Xd ) est une v.a reelle.
P
Si le v.a X est discret et jg (xi1 ; :::; xid )j P (X1 = xi1 ; :::; Xd = xid ) < 1
i1 2I1 :::id 2Id
P
on a alors E (g(X)) = g (xi1 ; :::; xid ) P (X1 = xi1 ; :::; Xd = xid )
i1 2I1 :::id 2Id
R R
Si le v.a X est absolument continu et +1
R +1 R +1 1 :::
+1
1 jg (x)j fX (x)dx1 :::dxd < 1 on
a alors E (g(X)) = 1 ::: 1 g (x) fX (x)dx1 :::dxd
De nition 5
soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd tel que les v.a reelles X1 ; :::; Xd admettent
des esperances nies. On appelle esperance du vecteur X le vecteur de Rd :
E(X) = (E(X1 ); E(X2 ); :::; E(Xd ))
Ainsi, en utilisant l'ecriture matricielle on :
0 1 0 1
X1 E(X1 )
B : C B : C
B C B C
[X] = B C et E ([X]) = B C
@ : A @ : A
Xd E(Xd )
3
4.2 Matrice de covariance
De nition 6
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd tel que les v.a reelles X1 ; :::; Xd admet-
tent des moments d'ordre 2. On appelle matrice de covariance de X la matrice carree
reelle d'ordre d de nie par X = (cov (Xi ; Xj ))1 i;j d .
0 1
V (X1 ) . . . cov (X1 ; Xd )
B C
B
B
cov (X2 ; X1 ) . . . cov (X2 ; Xd ) C
C
X =B
B . . . . . C
C
B C
@ . . . . . A
cov (Xd ; X1 ) . . . V (Xd )
En utilisant l'ecriture matricielle,
X = E ([X] E ([X])) ([X] E ([X]))t = E [X] [X]t E ([X]) (E([X]))t
ou [X]t est le transpose du vecteur [X].
Consequence
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a de matrice de covariance X, alors
2
1. Pour tout 2 R, X = X
4. Soit une matrice A 2 Mq d et Y un v.a a valeurs dans Rq tel que Y = AX, alors
t
Y = A XA .
Proposition 9
Soient X1 ; X2 ; :::; Xn n v.a reelles admettant des moments d'ordre 2, alors :
P
n P
V (X1 + :::Xn ) = V (Xi ) + 2 cov(Xi ; Xj )
i=1 i<j
De nition 7
Soit X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans Rd . On appelle fonction caracteristique de
X, la fonction X : Rd ! C de nie par : !
d
X (s1 ; :::; sd ) = E eis1 X1 +:::+isd Xd = E eisk Xk :
k=1
t
En utilisant l'ecriture matricielle, (X1 ;:::;Xd ) (s1 ; :::; sd ) = E ei[s] [X]
Remarque
1. La loi du v.a X = (X1 ; :::; Xd ) est determinee par celles de toutes les combinaisons
lineaires de ses composantes.
2. Deux v.a X et Y a valeurs dans Rd ont la m^eme loi ssi X = Y
4
6 Changement de variables
Proposition 10
Soient et D deux ouverts de Rd . Soient X = (X1 ; :::; Xd ) un v.a a valeurs dans
de densite f(X1 ;:::;Xd ) et g : ! D un C 1 di emorphisme de dans D. Alors
Y = g(X) est un v.a de densite fY (y) = fX (h (y)) j(J(h(y))j 1D (y) ou h = g 1 est la
bijection reciproque de g et ou J(h(y)) est le jacobien de l'application h = (h1 ; :::; hd )
en y = (y1 ; :::; yd ) :
0 @h1 1
@y1
(h1 ; :::; hd ) . . . @h 1
@yd
(h1 ; :::; hd )
B C
B
B
. . . C
C
J(h(y)) = det B B . . . C
C
B C
@ . . . A
@hd @hd
@y1
(h1 ; :::; hd ) . . . @yd (h1 ; :::; hd )
Proposition 12
Soient X1 ; :::; Xn n v.a reelles. Alors X1 ; :::; Xn sont independantes ssi pour tout
n
(x1 ; :::; xn ) 2 Rn on a F(X1 ;:::;Xn ) (x1 ; :::; xn ) = FXi (xi )
i=1
5
7.3 Independance et esperance
Proposition 15
Soient X1 ; :::; Xn n v.a reelles independantes, alors pour toutes fonctions reelles h1 ; :::; hn
telles que E (hi (Xi )) < 1 pour tout i 2 f1; :::; ng, on a
n
E (h1 (X1 ):::hn (Xn )) = E(hi (Xi ))
i=1
Proposition 16
Soient X1 ; :::; Xn n v.a reelles. X1 ; :::; Xn sont independantes ssi pour tout (s1 ; :::; sn ) 2
n
Rn on a (X1 ;:::;Xn ) (s1 ; :::; sn ) = Xk (sk )
k=1
6
Part I
Convergences
1
R R +1 R +1 R +1 R +1
a = R tf (t)dt = 0 tf (t)dt > a tf (t)dt > a af (t)dt ) a > a af (t)dt ()
R +1
a > a a f (t)dt () a > aP (X > a) () P (X > a) 6 1
Demonstration:
On pose X = (Y m)2 donc E(X) = E (Y m)2 = V (Y ) = 2 :
2
On applique l'inegalite de Markov a la v.a.r X pour = " 2 et pour a = E(X) = 2
on aura:
P (X > a) 6 1 () P (X > "2 ) 6 "2 () P (Y m)2 > "2 6 "2
2 2
2
3.3 Theoreme de la Limite Centree (TLC) ou Theoreme Cen-
tral Limite (TLC)
Soit (Xn )n2N une suite de v.a.r de nies sur ( ; C; P ) toutes de m^eme loi ayant une
esperance m et une variance 2 ( 2 6= 0) et supposees deux a deux independantes.
P L
Posons Sn = ni=1 Xi , Zn = Snn et Tn = Znp m alors Tn ! T ou T ! N (0; 1)
n n!+1
4 Exemples de convergences
3
Demonstration:
Toute v.a.r Sn ! B(n; p) s'ecrit comme somme de n v.a independantes de Bernoulli.
Sn = X1 + X2 + ::: + Xn ou Xi ! B(p):
On applique le TCL a la v.a.r Zn = X1 +X2n+:::+Xn = Snn
L
Tn = Zp
n E(Zn )
! T ou T ! N (0; 1)
V (Zn ) n!+1
Sn
p L
Tn = qn
p(1 p))
= pSn np
! T ou T ! N (0; 1)
np(1 p) n!+1
n
p
En pratique, on approche B(n; p) par N np; np(1 p) pour n > 20, np > 10,
n(1 p) > 10 et p pas trop proche de 0 ou 1.
Exemple:
A une election, un candidat a obtenu 45% des voix. On tire au hasard un echantillon
de 300 bulletins de vote. Quelle est la probabilite pourque le nombre d'electeurs qui
ont vote pour ce candidat soit entre 100 et 150.
Soit X la v.a egale au nombre de ceux qui ont vote pour le candidat en question parmi
les 300 electeurs. X ! B(300 ; 0; 45)
Comme n = 300 > 20, np = 135 > 10, n(1 p) = 165 > 10, p = 0:45 pas tres proche
de 0 et 1
alors
p on peut approcher cette loi Binomiale B(300 ; 0; 45) par la loi normale N (135 ;
135(0; 55)):
100 135 X 135 150 135
La probabilite recherchee est P (100 < X < 150) = P 8;62
< 8;62
< 8;62
=
150 135 100 135
F 8;62
F 8;62
= F (1: 74) F ( 4: 06) = F (1: 74) + F (4: 06) 1 = 0; 96
4
Soit Xi le nombre de pannes sur la machine i.
P
Xi ! P (3) =) X = ni=1 Xi ! P (36) ou X est le nombre total de pannes par
mois. p
On sait que si X ! P ( ) et que > 10 alors P ( ) ' N ( ; )
Comme 36 > 10 alors P (36) ' N (36; 6)
a) P (X > 42) = 1 P (X 42) = 1 P ( X 6 36 42 36
6
) = 1 P (X 1) = 1 F (1) =
1 0:8413 = 0:1587
b) P (36 < X < 45) = P ( 36 6 36 < X 6 36 < 45 6 36 ) = P (0 < X < 1:5) = F (1:5) F (0) =
0:9332 0:5 = 0:4332
5
Part I
Estimation
1 Modele statistique
De nition:
On appelle modele statistique le triplet ; A; (P ) 2 ou ( ; A) est un espace proba-
bilisable, (P ) 2 est une famille de probabilite parametree sur ( ; A) et est l'ensemble
des parametres. La quantite est appelee le parametre.
2 Estimateurs
De nition:
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi : On appelle estimateur de toute v.a
Tn = T (X1 ; :::; Xn ), fonction de l'echantillon prenant des valeurs dans . Ainsi un es-
timateur de est une v.a Tn = T (X1 ; :::; Xn ) et pour un n-uplet de donnees (x1 ; :::; xn )
realisation de (X1 ; :::; Xn ), la valeur prise par Tn est ^n .
^n = T (X1 ; :::; Xn ) est l'estimation du parametre .
Exemple:
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi m ou m est l'esperance des Xi (m inconnue)
E(X1 ) =E(X2 ) = ::: = E(Xn )
Estimateur de m ?
Tn = T (X1 ; :::; Xn ) = X1 +:::+X
n
n
est un estimateur de m
Vn = T (X1 ; :::; Xn ) = X1 est un estimateur de m
1
Tn est dit sans biais si B (Tn ; ) = 0 ou encore E (Tn ) = .
Exemple:
X1 +:::+Xn nm
1. E (Tn ) = E n
= n
= m.
E (Tn ) = m donc Tn est un estimateur sans biais de m.
Proposition:
2
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi d'esperance m et de variance .
1
Pn
1. La moyenne empirique Xn = n i=1 Xi est un estimateur sans biais de m.
1
Pn 2
2. La variance empirique Sn2 = n 1 i=1 Xi Xn est un estimateur sans biais de
2
.
Demonstration:
P 2 P 2
(n 1) Sn2 = ni=1 Xi Xn = ni=1 (Xi m) + m Xn
P 2
= ni=1 (Xi m)2 + 2 (Xi m) m Xn + m Xn
P Pn 2
= ni=1 (Xi m)2 + 2 m Xn i=1 (Xi m) + n m Xn
P 2 2 P 2
= ni=1 (Xi m)2 2n Xn m + n m Xn = ni=1 (Xi m)2 n Xn m
P 2
On a trouve que (n 1) Sn2 = ni=1 (Xi m)2 n Xn m , L'esperance de tout ca
donne :
P 2 P
(n 1) E (Sn2 ) = ni=1 E (Xi m)2 nE Xn m = ni=1 V (Xi ) nV Xn =
2
n 2 n n = (n 1) 2
2
=) est un estimateur sans biais de Sn2 .
2
RTn ( ) = E (Tn )2 = V (Tn ) + (E (Tn ) )2
Exemple 1:
Pn
RTn (m) = E (Tn m)2 = E (Tn E (Tn ))2 = V (Tn ) = V X1 +:::+Xn
n
= 1
n2 i=1 V (Xi )
2
= n12 n 2 = n (car les Xi sont independantes)
2
RTn (m) = n .
Exemple 2:
RVn (m) = E (Vn m)2 = E (X1 m)2 = E (X1 E (X1 ))2 = V (X1 ) = 2
.
On a RTn (m) RVn (m) =) Tn est un estimateur meilleur que Vn .
De nition:
On dit que Tn est un estimateur e cace de si Tn est un estimateur sans biais dont la
variance est egale a la borne inferieure de Cramer-Rao.
2 h 2 i
V (Tn ) = In1( ) ou In ( ) = E @ ln L(X;
@
)
= E @ ln L(X; )
@ 2
Exemple:
Soit (X1 ; :::;
PXn ) un n-echantillon ou les Xi sont de m^eme loi de Poisson P ( ). Montrer
que Tn = ni=1 Xi est un estimateur e cace de .
Tn est un estimateur sans biais de puisque E (Tn ) = .
Pn
n i=1 Xi
L(X; ) = e n X
Pn i=1 i
n
ln L(X; ) = n + Pn
( i=1 Xi ) ln ln ( i=1 Xi )
@ ln L(X; ) X
@
= n + i=1 i
Pn
@ 2 ln L(X; ) Xi
= i=1
@ 2 h 2
i P
@ 2 ln L(X; )
In ( ) = E @ 2
= 12 E [ ni=1 Xi ] = n2 = n
P
V (Tn ) = V ( ni=1 Xi ) = V (X i)
=n
1
P n
n
V (Tn ) = In ( )
=) i=1 Xi est un estimateur e cace de .
3
p
Un estimateur Tn de est dit convergent s'il converge en probabilite vers (Tn ! )
n!+1
c'est a dire limn!+1 P (jTn j ") = 0
Exemple
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi ou est l'esperance des Xi et 2 la variance
des Xi .
Xn est un estimateur convergent de : En e et, d'apres l'inegalite de Bienayme Tchebychev
appliquee a Xn on a
V (Xn ) V (Xi )
8" > 0, P Xn E Xn " "2
() P Xn E (Xi ) " n"2
V (Xi ) 2
P Xn E (Xi ) " n"2
() 0 P Xn " n"2
2
limn!+1 0 limn!+1 P Xn " limn!+1 n"2
p
=) limn!+1 P Xn " = 0 =) Xn !
n!+1
Proposition
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi d'esperance m et de variance 2 .
P n
La moyenne empirique Xn = n1 i=1 Xi est un estimateur convergent de m.
P 2
La variance empirique Sn2 = n 1 1 ni=1 Xi Xn est un estimateur convergent de 2
.
p p
Xn ! m et Sn2 ! 2
n!+1 n!+1
4 Methodes d'estimation
4.1 Methode des moments (MM)
De nition:
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi admettant un moment P d'ordre r 2 N . On
appelle moment empirique d'ordre k, k 2 f1; :::; rg , Xnk = n1 ni=1 Xik qui sont des
estimateurs des moments mk = E Xik .
Plus generalement, g Xn1 ; Xn2 ; :::; Xnr est un estimateur de g (m1 ; m2 ; :::; mr ) :
Exemple:
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi .
E(X1 ) = E(X2 ) = ::: = E(Xn ) = m1
E(X12 ) = E(X22 ) = ::: = E(Xn2 ) = m2
D'apres la methode des moments, X1 +:::+X n
n
est un estimateur de m1 et
X 2 +:::+X 2
Xn2 = 1 n n est un estimateur de m2 .
V (X1 ) = V (X2 ) = ::: = V (Xn ) = 2
X 2 +:::+X 2 X1 +:::+Xn 2
V (X) = E (X E (X))2 = E (X 2 ) (E (X))2 = 1 n n n
= Zn est
un estimateur de 2 .
2 2 2
Vn = n1 X1 Xn + X2 Xn + ::: + Xn Xn
4
4.2 Estimation par la methode du maximum de vraisemblance
(MV)
De nition:
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi . On appelle vraisemblance associee a la
realisation (x1 ; :::; xn ) l'application suivante :
L (x1 ; :::; xn ) : ! R+
7 ! L (x1 ; :::; xn ; )
8 n
< f (xi ) si admet f pour densite
i=1
ou L (x1 ; :::; xn ; ) = n n
: (Xi = xi ) = P (X = xi ) si est discrete
i=1 i=1
Un estimateur Tn (X1 ; :::; Xn ) de est appele estimateur de maximum de vraisemblance
(EMV) si L (x1 ; :::; xn ; Tn (X1 ; :::; Xn )) = supL (x1 ; :::; xn ; ) :
2
Dans le cas unidimensionnel, pour ouvert de R et L (x1 ; :::; xn ; :) est de classe C 2 par
rapport a sur et pour tout (x1 ; :::; xn ), l'EMV ^n est solution du systeme :
( @L ( @ ln L
@
= 0 @
=0
@2L () @ 2 ln L
@ 2
<0 @ 2
<0
= ^n = ^n
xi xi
n
n n
ln L (x1 ; :::; xn ; ) = ln e n = ln e + ln ln xi !
xi ! i=1
i=1
Pn n
= n + ln i=1 xi ln xi !
i=1
La derivee premiere s'annule P ssi : Pn
n
@ ln L(x1 ;:::;xn ; ) i=1 xi i=1 xi
@
= 0 () n + = 0 () = n
La derivee seconde Ps'ecrit: n
@ 2 ln L(x1 ;:::;xn ; ) i=1 xi
@ 2
= 2 <0
L'estimation
Pn donnee par la methode du maximum de vraisemblance est donc ^ =
x i
i=1
n
=X
5
Exemple 2 (loi continue)
Soit (X1 ; :::; Xn ) un n-echantillon de loi N ( ; 1).
1 2
f (x) = p12 e 2 (x ) 8x 2 R et 8 2 R
n n
p1
1
(xi )2 p1
1
(xi )2
L (x1 ; :::; xn ; ) = f (xi ) = e 2 = n e 2
i=1 i=1 2 ( 2 )
n 1
Pn 2
ln L (x1 ; :::; xn ; ) = ln (2 )
2 i=1 (xi
2
)
La derivee premiere s'annule ssi : Pn
@ ln L(x1 ;:::;xn ; ) Pn xi
@
= 0 () i=1 (xi ) = 0 () = i=1
n
La derivee seconde s'ecrit:
@ 2 ln L(x1 ;:::;xn ; )
@ 2
= n<0
Pn
xi
Donc l'estimateur du maximum de vraisemblance est ^ = i=1
n
=X
On note Z ! 2 (n)
E(Z) = n et V ar(Z) = 2n
P
On obtient la densite de Z en faisant le changement de variable Z = ni=1 (Yi )2 ou
Yi ! N (0; 1)
6
Il y a une table de Khi-deux pour les valeurs de n p30:
2 (n)
p
Pour les valeurs de n > 30 on fait l'approximation : 2 2n 1 N (0; 1)
Remarques:
P 2 P 2
Soit ^ 2 = n1 ni=1 (Xi m)2 alors n^2 = ni=1 Xi m ! 2 (n)
P 2 2
Soit Sn2 = n 1 1 ni=1 Xi Xn (estimateur sans biais de la variance) alors (n 1)Sn
2 =
Pn Xi Xn
2
i=1 ! 2 (n 1)
P 2 P 2 2
En e et, ni=1 Xi Xn = ni=1 Xi m Xn m
p
n
Pn Xi m 2 2
ou i=1 ! 2 (n) et Xnp m ! 2 (1)
n
On note T ! t(n)
On obtient la densite de T en faisant le changement de variable T = pY Z
n
2
ou Y ! N (0; 1) et Z ! (n)
N (0;1)
t(n) = q
2 (n)
n
n
E(X) = 0 et V (X) = n 2
(si n > 2)
Remarques:
Xn m
p
r n Xn m
n^ 2
= p^
! t(n)
2 n
n
Xn m
p
n Xn m
s
(n 1)Sn2
= Sn
p
! t(n 1)
n
2
(n 1)
Il y a une table pour la loi de Student pour les valeurs de n < 30. Pour les valeurs de
n > 30 on peut faire l'approximation t(n) ' N (0; 1).
7
5.3 Loi de Fisher
On dit qu'une variable aleatoire X suit une loi de probabilite de Fisher a (n; m) degres
de liberte (n et m > 0) si sa densite de probabilite est :
( n+m
2 ) n2m 2 x2
n m n 1
f (x) = si x > 0:
( 2 ) ( 2 ) (nx+m) n+m
n m
2
On note X ! F (n; m)
2 (n)
Exemple:
Soit Soit (X1 ; :::;P
P Xn ) un n-echantillon de loi N (m; ) de taille n = 25. On donne
25 25 2
i=1 Xi = 50 et i=1 Xi = 220:
On suppose que m est inconnue et que = 2:
Construire un intervalle de con ance de niveau 95% pour la moyenne m de la popula-
tion.
Solution:
8
p
n(Xn m)
! N (0; 1)
IC95% (m) = [Xn pn t1 2 ; Xn + pn t1 2
]
Xn = 2, n = 25, = 2, t1 2 = 1:96
IC95% (m) = [1:216 ; 2:784]
Exemple:
m^eme donnees que l'exemple precedent mais on suppose que m et sont les deux
inconnues.
Donner un intervalle de con ance de niveau 95% pour la moyenne m de la population.
Solution:
p
n(Xn m)
Sn
! t(24)
P 2
Sn2 = n 1 1 Xi Xn = 24 1
(220 25 22 ) = 5
IC95% (m) = [Xn pn t1 2 ; Xn + pn t1 2 ]
p
Xn = 2, n = 25, t1 2 = 2:064, Sn = 5
IC95% (m) = [1: 077 , 2: 923]
2
n^n 2
2
1 et 2
2 sont lues sur la table de 2
(n) et l'intervalle 2 ; n^2n est un intervalle de
1 2 2
2
con ance de niveau (1 ) pour le parametre .
9
Exemple:
P
m^eme donnees que l'exemple precedent mais on suppose que m = 2:5, ni=1 (Xi m)2 =
63: 75 et est inconnu.
Donner un intervalle de con ance de niveau 90% pour la variance 2 de la population.
Solution:
Pn
On estime 2
par ^n2 = 1
n i=1 (Xi m)2
2
n^n
2! 2 (25)
P
^n2 = n1 ni=1 (Xi m)2 = 2: 55
h 2 2
i
2 n^n n^n
IC90% ( ) = 2 ; 2
2 1
2 2 2
P = 2
= 5% =) = 14:611
2 2
2 2 2
P 1 =1 2
= 95% =) 1 = 37:652
2 2
2
IC90% ( ) = [1:693 ; 4:363]
2
(n 1)Sn 2
l'intervalle 2 ; (n 1)Sn
2 est un intervalle de con ance de niveau (1 ) pour le
1 2 2
parametre 2 .
Exemple:
m^eme donnees que l'exemple precedent mais on suppose que m et sont inconnues.
2
Donner un intervalle de con ance de niveau 90% pour la variance de la population.
Solution:
2 1
P 2
On estime par Sn2 = n 1
Xi Xn
2
(n 1)Sn
2! 2 (24)
1
Sn2 = 24 (220 25 22 ) = 5
h 2 2
i
IC90% ( 2 ) = (n 1)S
2
n (n 1)Sn
; 2
2 1
2 2 2
P = 2
= 5% =) = 13:8
2 2
2 2 2
P 1 =1 2
= 95% =) 1 = 36:4
2 2
10
Part I
Test d’hypothèse
1 Introduction
On veut porter un jugement sur une hypothèse relative à la valeur particulière d’un
paramètre d’une population spécifique. Ce jugement est basé sur les résultats d’un
échantillon prélevé dans cette population et d’un certain risque d’erreur que nous ac-
ceptons de courir.
La construction d’un test d’hypothèse consiste effectivement à déterminer entre quelles
valeurs peut varier la statistique (ou l’écart réduit) en supposant l’hypothèse vraie, sur
la seule considération du hasard de l’échantillonnage.
Exemple : vérification de la durée moyenne de la semaine de travail des dirigeants des
petites et moyennes entreprises.
Selon l’enquête, la durée moyenne de la semaine de travail de ces dirigeants est de
54 heures. On aimerait vérifier cette affirmation auprès d’un échantillon aléatoire
de dirigeants de petites et moyennes entreprises en Tunisie. En supposant que le
traitement des résultats de l’échantillon donne une valeur moyenne de 51 heures comme
semaine de travail, peut-on considérer que l’écart entre les deux résultats (l’écart 54 −
51 = 3 heures) est-il uniquement imputable à l’hasard de l’échantillonnage ?
Cette approche repose sur deux notions importantes : celle d’hypothèse statistique et
celle de seuil de signification.
2 Hypothèse statistique
Soit l’hypothèse nulle que nous notons H0 : m = m0 (exemple : la durée moyenne de la
semaine de travail est de 54 heures) et soit la contre hypothèse ou hypothèse alternative
que nous notons H1 : m = m0 (exemple : la durée moyenne de la semaine de travail
n’est pas de 54 heures).
Le test H0 : m = m0 contre H1 : m = m0 s’appelle test bilatéral
Ce test équivaut à tester H0 : m = m0 contre H1 : m < m0 ou m > m0
Le test H0 : m = m0 contre H1 : m > m0 s’appelle test unilatéral à droite.
Le test H0 : m = m0 contre H1 : m < m0 s’appelle test unilatéral à gauche.
1
A ce seuil de signification on fait correspondre une région de rejet de l’hypothèse nulle
(appelée région critique). L’aire de cette région correspond à la probabilité α.
Exemple:
Si α = 5%, cela signifie que l’on admet que la statistique peut prendre dans 5% des cas
une valeur se situant dans la zone de rejet de H0 bien que l’hypothèse H0 est vraie.
Il y a aussi une région complémentaire dite région de non rejet de H0 (appelée région
d’acceptation de H0 ) de probabilité 1 − α.
Dans un test d’hypothèse on ne peut jamais être certain que l’hypothèse nulle doit être
rejetée ou non. Les risques de se tromper sont résumés dans le tableau suivant :
2
4 Tests
4.1 Test sur une moyenne
4.1.1 Etapes de construction d’un test d’hypothèse
1- Hypothèse statistique
H0 : m = 49738
H1 : m = 49738
2- Seuil de signification
α = 5%
4- La statistique
X̄n −m0
La statistique qui convient pour le test est Z = S
√
où m0 = 49738
n
5- Règle de décision
La zone d’acceptation de H0 correspond aux valeurs de Z tel que P (−t < Z < t) = 1−α
Si −t < Z < t alors on décide H0 : m = 49738
si Z < −t ou Z > t alors on décide H1 : m = 49738.
Pour ce cas, le seuil de signification est α = 5%
t = 1.96 et −t = −1.96
On rejette H0 si Z < −1.96 ou Z > 1.96
7- Décision et conclusion
La valeur de Z = 1.77 se situe dans la région de non-rejet de H0 donc on ne peut rejeter
l’affirmation de la société conseil. On accepte H0 : m = 49738. L’écart observé entre
X̄n et m0 (50200 − 49738 = 462) n’est pas statistiquement significatif au seuil α = 5%.
3
4.1.2 Lois utilisées
Loi normale centrée et réduite La statistique Z suit la loi normale dans deux
cas. Dans le cas où l’échantillon est prélevé au hasard d’une population de variance
connue σ 2 la statistique du test Z = X̄n√−m
σ
0
suit la loi normale N (0, 1). Si la variance
n
de la population est inconnue et que la taille de l’échantillon n > 30 alors la statistique
Z = X̄n√−m
S
0
suit aussi la loi normale N (0, 1) (car on peut approximer une Student avec
n
une normale centrée et réduite quand n > 30).
Hypothèses Règle de décision du test
H0 : m = m0
Test bilatéral Décider H0 si −t1− α2 < Z < t1− α2
H1 : m = m0
H0 : m = m0
Test unilatéral à droite Décider H0 si Z < t1−α
H1 : m > m0
H0 : m = m0
Test unilatéral à gauche Décider H0 si Z > −t1−α
H1 : m < m0
Exemple :
Pour un seuil de signification de 5%, les valeurs de t1− α2 et t1−α lues sur la table de la
fonction de répartition de la loi normale centrée et réduite sont :
4
Loi de Student Dans le cas où l’échantillon est de taille n < 30 et prélevé au hasard
d’une population de variance inconnue la statistique du test Z = X̄n√−m
S
0
suit la loi de
n
Student à n − 1 degrés de liberté.
Hypothèses
Règle de décision du test
H0 : m = m0
Test bilatéral Décider H0 si −t1− α2 ,n−1 < Z < t1− α2 ,n−1
H1 : m = m0
H0 : m = m0
Test unilatéral à droite Décider H0 si Z < t1−α,n−1
H1 : m > m0
H0 : m = m0
Test unilatéral à gauche Décider H0 si Z > −t1−α,n−1
H1 : m < m0
Exemple :
Pour un seuil de signification de 5% et pour n = 10 (taille de l’échantillon) et pour
Z → Student(n − 1), les valeurs de t1− α2 ,n−1 et t1−α,n−1 lues sur la table de Student
sont :
5
Hypothèse nulle H0 : p = p0
Hypothèse alternative H1 : p = p0 (p < p0 ou p > po )
Soit un échantillon de grande taille (n > 30) prélevé au hasard d’une population
binomiale de sorte que np ≥ 5 et n(1 − p) ≥ 5, dans ce cas, l’écart réduit Z = fpn −p 0
(1−p )
0 0
n
Hypothèses
Règle de décision du test
H0 : p = p0
Test bilatéral Décider H0 si −t1− α2 < Z < t1− α2
H1 : p = p0
H0 : p = p0
Test unilatéral à droite Décider H0 si Z < t1−α
H1 : p > p0
H0 : p = p0
Test unilatéral à gauche Décider H0 si Z > −t1−α
H1 : p < p0
Exemple:
Un cadre d’une société conseil affirme que 36% des entreprises ont reçu des commandes
par internet. Une enquête sur le commerce électronique indique que sur un échantillon
de 256 entreprises, 96 font du commerce électronique. Peut-on considérer, au seuil de
signification de 5%, que l’affirmation du conseiller est vraisemblable ?
Etapes du test :
1-
Hypothèse statistique
H0 : p = 0.36
H1 : p = 0.36
2- Seuil de signification
α = 5%
4- La statistique
La statistique qui convient pour le test est Z = fpn −p 0
où p0 = 0.36 et Z → N(0, 1)
(1−p
0 0)
n
5- Règle de décision
La zone d’acceptation de H0 correspond aux valeurs de Z tel que
P (−t1− α2 < Z < t1− α2 ) = 1 − α
Si −t < Z < t alors on décide H0 : p = 0.36
si Z < −t ou Z > t alors on décide H1 : p = 0.36.
Pour ce cas, le seuil de signification est α = 5%
t0.975 = 1.96 et −t0.975 = −1.96
6
On rejette H0 si Z < −1.96 ou Z > 1.96
7- Décision et conclusion
La valeur de Z = 0.5 se situe dans la région de non-rejet de H0 donc on ne peut rejeter
l’affirmation du conseiller. On accepte H0 : p = 0.36.
Le tableau suivant résume dans le cas d’un test sur une variance les règles de décision
selon les hypothèses H1 pour le seuil de signification α.
Hypothèses
Règle de décision du test
H0 : σ 2 = σ02
Test bilatéral Décider H0 si χ2α < Z < χ21− α
H1 : σ 2 = σ02 2 2
H0 : σ 2 = σ02
Test unilatéral à droite Décider H0 si Z < χ21−α
H1 : σ 2 > σ02
H0 : σ 2 = σ02
Test unilatéral à gauche Décider H0 si Z > χ2α
H1 : σ 2 < σ02
7
Exemple :
Pour un seuil de signification de 5% et pour n = 10 (taille de l’échantillon) et pour
Z → χ(10) (moyenne connue), les valeurs de χ2α ,n , χ21− α ,n χ21−α,n et χ2α,n lues sur la
2 2
table de Khi-deux à 10 degrés de liberté sont :
Exemple:
Selon le responsable de l’application des tests d’évaluation de l’entreprise PMX, la
variabilité des résultats aux tests de dextérité (habileté) n’excède pas 144 (σ = 12).
Les résultats à ce test obtenus sur un échantillon aléatoire de 20 employés donnent une
somme de carrés des écarts par rapport à la moyenne de 2952.
L’hypothèse selon laquelle σ 2 n’excède pas 144 est-elle acceptable au seuil de significa-
tion α = 5% ? Effectuer le test selon la démarche usuelle (7 étapes).
1-
Hypothèse statistique
H0 : σ 2 = 144
H1 : σ 2 > 144
2- Seuil de signification
α = 5%
3- Condition d’application du test
Echantillon aléatoire de taille n > 30 issu d’une population de moyenne inconnue
4- La statistique
2
La statistique qui convient pour le test est Z = (n−1)S
σ02
où σ02 = 144 et Z → χ2 (n − 1)
5- Règle de décision
La zone d’acceptation de H0 correspond aux valeurs de Z tel que
P (Z < χ21−α,n−1 ) = 1 − α
χ21−α,n−1 = χ20.95,19 = 30.1435
Si Z < 30.1435 alors on décide H0 : σ 2 = 144 sinon on décide H1 : σ 2 > 144
6- Calcul de la valeur de la statistique
2
Z = (n−1)S
σ02
= 2952
144
= 20. 5
7- Décision et conclusion
Z = 20.5 < 30.1435 =⇒ on décide H0 : σ 2 = 144. L’hypothèse selon laquelle σ 2
n’excède pas 144 est-elle acceptable au seuil de signification α = 5% .