Introduction
La liberté du commerce et de l’industrie, la libre compétition entre les agents économiques,
qui offrent des produits ou services identiques, ou similaires, susceptibles de satisfaire une
même clientèle. La liberté totale du commerce est un principe de valeur constitutionnelle
d’où l`intervention de l’Etat pour organiser la concurrence en la réglementant et en la
protégeant tout en fixant les règles du jeu entre les agents économiques.
La législation française a instauré un ensemble des règles régissant cette liberté du
commerce sou forme de droit de la concurrence qui trouve ses fondements dans le Code de
commerce. Selon l’article L410-1, son champ d’application englobe « les entreprises
entendues comme les entités, quelle que soit leur forme juridique et leur mode de
financement, qui exercent une activité de production, de distribution et de services, y
compris celles qui sont le fait de personnes publiques (…). »
Le droit de la concurrence vise à favoriser le jeu de la libre concurrence en interdisant
notamment les pratiques d’ententes anticoncurrentielles (art. L. 420-1) et les abus de
position dominante ou de dépendance économique (art. L. 420-2).
Au Maroc, ce cadre juridique s'inspire largement de ce modèle, initié par la loi n° 06-99 sur la
liberté des prix et de la concurrence, qui pose le principe de la libre détermination des prix
par le jeu de la concurrence tout en prohibant les pratiques anticoncurrentielles (articles 6 et
7) visant à restreindre l'accès au marché ou à fausser les prix. Cette loi a été rénovée par la
loi n° 104-12, qui élargit les pouvoirs du Conseil de la concurrence (décisionnel, enquête et
sanction) et modernise le contrôle des concentrations, et par la loi n° 40-21 de 2022, qui
raffine les seuils de notification des fusions, renforce la lutte contre les pratiques
anticoncurrentielles et simplifie les procédures pour aligner le régime marocain sur les
standards internationaux
I) Les disposions visent a règlementé la loi de la concurrence et les prix
La législation marocaine régit la concurrence et les prix principalement via la loi n° 104-12
relative à la liberté des prix et de la concurrence, modifiée par la loi n° 40-21 de 2022, qui
consolide les principes issus de la loi originelle n° 06-99. Ces textes interdisent les
pratiques anticoncurrentielles, contrôlent les concentrations économiques et assurent la
liberté des prix tout en prévenant les abus, sous l'autorité du Conseil de la concurrence.
Le cadre vise à promouvoir une concurrence loyale, transparente et équitable sur les
marchés nationaux.
1) La loi 06.99
L’adoption de la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence a pour finalité principale
d’organiser la libre concurrence qui représente le meilleur processus de régulation de
l’économie de marché et le meilleur moyen de mise à niveau de l’économie marocaine, de
réguler la dominance économique et le pouvoir de marché.
Les objectifs de la loi peuvent se résumer comme suit : garantir la liberté des prix et leur
formation par le libre jeu de la concurrence, garantir la liberté d’accès de tous les opérateurs à
toutes les activités, protéger les intérêts économiques des consommateurs, se conformer aux
engagements auxquels le Maroc a librement souscrit notamment le Traité d’association avec
L’Union européenne, à la CNUCED, à L’OMC…
Sous cet angle, il convient de rappeler que la réforme relative à la liberté des prix et de la
concurrence, concrétisée par la loi 06-99 du 5 juin 2000, est l’aboutissement d’un processus
d’ajustement, de libéralisation et de mise à niveau de l’économie marocaine.
En effet, l’évolution continue du Maroc vers l’économie de marché ouverte s’est accompagnée
par de grandes réformes sur le plan économique et juridique qui ont marqué la volonté du
législateur marocain de s’engager dans un processus de libéralisation et d’ouverture.
Ce processus de libéralisation et d’ouverture s’est concrétisé dans de nombreuses réformes
législatives. On peut citer à titre d’illustration le Dahir portant loi du 06 juillet 1993 relatif à
l’exercice de l’activité des établissements de crédit et de leur contrôle ; le Dahir portant loi du
21 septembre 1993 relatif à la bourse des valeurs, la loi 17-95 sur les sociétés anonymes, la loi
5-96 mettant en place un régime applicable aux sociétés en nom collectif, en commandite,
aux SARL et aux société en participation, le code de commerce en 1997, la création des
tribunaux de commerce.
En 1997, la loi sur la propriété industrielle en 2000, la loi sur les assurances en 2002, etc.…
Parmi toutes ces réformes, la loi 06-99 clarifie la portée du principe constitutionnel de la
liberté d’entreprendre et de la garantie de la propriété privée. La loi prohibe les pratiques
anticoncurrentielles telles l’entente et l’abus de position dominante et les pratique restrictives
de la concurrence comme le refus de vente, les vents liées ou les pratique discriminatoires,
Elle conditionne les opérations de concentration par un contrôle préventif qui consiste à
soumettre les projets de concentration à un accord préalable de l’autorité de la concurrence
après avis du conseil de la concurrence.
Parallèlement à l’intervention de l’autorité de la concurrence, en l’occurrence le premier
ministre, la loi 06-99 habilite le conseil de la concurrence à émettre des avis, des conseils et
des recommandations.
La loi confie par ailleurs aux tribunaux des compétences en matière de régulation de la
concurrence. Les tribunaux de première instance peuvent intervenir simultanément en tant
que tribunaux civils dans les questions impliquant la responsabilité civile autre que celles qui
résultent d’une concurrence déloyale entre commerçants ou autres, et en tant que tribunaux
correctionnels chargés de réprimer les auteurs d’infractions pénales prévues notamment par
la loi sur la liberté des prix et de la concurrence. Les tribunaux de commerce sont compétents
pour vider les litiges de nature commerciale née à l’occasion de l’application de loi 06-99.
Pour ce qui est des tribunaux administratifs, ihs peuvent être appelé à se prononcer sur la
légalité et la régularité des décisions prises par le premier ministre dans le cadre des pratiques
anticoncurrentielles et du contrôle des opérations de concentration.
Enfin au niveau des sanctions, la loi 06-99 juxtapose les applications multiples de la notion de
sanction allant de la réparation civile à l’emprisonnement en passent notamment par la
nullité, le rétablissement de la situation antérieure, l’amende et la publication des jugements.
2) Changement apporter par la loi 104.12 et la loi 40.21