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Nouvelles de Rome et réflexions religieuses

La lettre d'informations religieuses Aletheia, publiée quinze fois par an, vise à servir la vérité en fidélité à l'enseignement traditionnel de l'Église, tout en abordant des nouvelles et des analyses. Le document évoque des tensions au sein de la Commission Ecclesia Dei et la création d'une nouvelle commission pour les discussions doctrinales avec la FSSPX. Par ailleurs, une critique littéraire du livre de Guillaume de Tanoüarn sur Jonas souligne l'absence de désir et l'appel universel de Dieu au salut.

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Nouvelles de Rome et réflexions religieuses

La lettre d'informations religieuses Aletheia, publiée quinze fois par an, vise à servir la vérité en fidélité à l'enseignement traditionnel de l'Église, tout en abordant des nouvelles et des analyses. Le document évoque des tensions au sein de la Commission Ecclesia Dei et la création d'une nouvelle commission pour les discussions doctrinales avec la FSSPX. Par ailleurs, une critique littéraire du livre de Guillaume de Tanoüarn sur Jonas souligne l'absence de désir et l'appel universel de Dieu au salut.

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ALETHEIA

Lettre d’informations religieuses


“La vérité vous rendra libres” (Jean, 8, 32)
Xe année - n° 140 8 avril 2009

Cette lettre d’informations n’entend pas se substituer aux revues de formation doctrinale et intellectuelle existantes ni aux
revues d’informations religieuses. Elle paraît quinze fois par an et contient des nouvelles, des analyses, des commentaires qui
ne trouveraient pas forcément leur place dans les publications auxquelles je collabore. Il s’agit simplement de servir la vérité
dans la fidélité à l’enseignement traditionnel de l’Église. Aletheia est disponible dans sa version imprimée au prix de 15 euros
par an (somme couvrant les frais d’impression et d’envoi postal) et elle est disponible gratuitement dans sa version
électronique. Le site [Link] contient tous les numéros parus depuis le n° 1 (juillet 2000).
Yves Chiron 16, rue du Berry 36250 NIHERNE (France)

Nouvelles de Rome
par Yves Chiron

On lit, ici et là, que les jours de la Commission Ecclesia Dei sont comptés, que certains
cardinaux et évêques français en désaccord avec la récente levée des excommunications des
évêques de la FSSPX ont obtenu « la tête » (sic) du cardinal Castrillón Hoyos président de la
Commission, que la dite-Commission serait bientôt placée « sous la tutelle de la Congrégation
pour la doctrine de la Foi », signe du désaveu de la commission Ecclesia Dei et de son
président.

De différentes conversations romaines avec certaines des personnes qui sont en charge de
ces dossiers, ou qui auraient pu l’être, on peut apporter les précisions suivantes :

• Le cardinal Castrillón Hoyos aura quatre-vingts ans en juillet prochain. Il a largement


dépassé la limite d’âge fixée par le Règlement général de la Curie romaine pour les chefs de
dicastère (à 75 ans, ils sont « priés de présenter leur démission au Souverain Pontife » qui
l’accepte ou non et peut les conserver en fonction jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans).
• Mgr Perl, le plus ancien membre de la Commission Ecclesia Dei, a d’abord été attuario
de cette Commission, puis secrétaire. En mars 2008, il en a été nommé vice-président. Cette
promotion récompense, très certainement, ses mérites, mais elle est aussi un gage de stabilité
dans sa délicate mission : Mgr Perl a atteint soixante-dix ans en 2008, sa nomination comme
vice-président repousse à soixante-quinze ans son départ à la retraite.
• Les multiples accusations de modernisme portées par certains évêques de la FSSPX
contre Benoît XVI ont été jugées très sévèrement à Rome.
Rappelons-les brièvement :
- Mgr de Galaretta, dans le sermon prononcé à Écône lors de la cérémonie des ordinations,
le 27 juin dernier, a dénoncé dans les discours du Pape aux Etats-Unis : un « esprit
naturaliste, humaniste, qui n’est pas à proprement parler surnaturel, mais plutôt humain. […]
Oui, ces autorités romaines font une œuvre de déchristianisation […] elles adhèrent à des
principes libéraux modernistes ».
- Au même moment, dans un entretien accordé à la revue américaine The Angelus, Mgr
Tissier de Mallerais décrivait Benoît XVI comme « un vrai moderniste, avec la théorie
complète du modernisme mis à jour »1.

1
Cf. Aletheia, n° 129, 5 août 2008.

Aletheia n° 140 1
- Plus récemment, dans une étude parue en janvier2, Mgr Tissier de Mallerais, a dénoncé la
« diabolique dialectique » de Benoît XVI, où « les affirmations sont justes, mais ce sont les
négations qui sont hérétiques. Ainsi ont procédé tous les hérésiarques ».
• Les discussions doctrinales avec la FSSPX seront menées sous la direction d’une
nouvelle commission qui va être créée et qui dépendra de la Congrégation pour la doctrine de
la Foi. Cette décision de créer une nouvelle commission n’est en rien une défiance à l’égard
de la Commission Ecclesia Dei. Les questions doctrinales n’ont jamais été du ressort de la
Commission Ecclesia Dei, ni non plus, de manière spécifique, les relations avec la FSSPX.
Mgr Fellay ne s’est rendu qu’une fois dans ses locaux, le 4 juin dernier.
• La FSSPX semble peu pressée d’ouvrir les discussions doctrinales relatives aux points du
concile Vatican II qui posent problème. Du côté romain, la future commission doctrinale
recourra, notamment, à des théologiens français et italiens, pour certains membres déjà de la
Commission théologique internationale. En revanche, certains théologiens pressentis ont
refusé parce que le principe théologique de telles discussions est mal défini.



Guillaume de Tanoüarn

Jonas ou le désir absent


(Éditions Via Romana, 111 pages, 14 euros)

L’abbé de Tanoüarn est un écrivain abondant, surprenant parfois par ses références à la
littérature classique ou contemporaine. Sa façon d’écrire et d’aborder les problèmes le
rapproche plus d’un Balthasar que des grands représentants de l’École romaine de théologie
(un abbé Berto ou un abbé Lefèvre jadis, un Mgr Piolanti hier, un Mgr Gherardini
aujourd’hui).
Son dernier livre ne déroge pas à sa manière de conduire son lecteur sur des chemins
originaux. C’est une lecture accompagnée du livre biblique de Jonas.
Le prologue (« Mon apocalypse du désir ») est un clin d’œil à Boutang, non nommé, et les
démonstrations n’en sont pas, pourquoi ne pas le dire, toujours convaincantes. Après la
satisfaction du désir, il ne resterait « rien » : que la « satisfaction », l’« autoréalisation ». On
pourrait en débattre.
Mais le fond du livre est ailleurs. Il est dans la lecture des aventures de Jonas comme un
enseignement sur l’absence de désir. C’est « un manque de confiance en Dieu qui pourrit la
vie de Jonas et qui en fait un fugitif et un vagabond sur la terre » (p. 43-44). Puis, au milieu de
la tempête, il va s’offrir « en un sacrifice propitiatoire, en un sacrifice capable d’apaiser le
Dieu tout-puissant ». Ce sacrifice le sauve. Mais sa mission ne fait que commencer. Il doit
appeler les Ninivites à la pénitence.
Les pages de l’abbé de Tanoüarn sur l’universalisme de l’appel de Dieu et sur
l’universalisme du salut sont belles et réconfortantes. « Dieu a une volonté d’amour qui tient
compte du moindre Bien accompli. Dieu se reconnaît, Lui l’auteur de tout bien, dans le plus
petit élan vers le bien. Si c’est un élan sincère ».
Y.C.

2
« Le mystère de la rédemption selon Benoît XVI », Le Sel de la terre (couvent de la Haye-aux-
Bonshommes, 49240 Avrillé), n° 67, hiver 2008-2009, p. 22-54.

Aletheia n° 140 2

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