Cours de Microéconomie - ISG Tunis
Cours de Microéconomie - ISG Tunis
Cours de
Microéconomie
Lamia Rouached
Cours de
Microéconomie
1
Plan du cours1
Introduction : La science économique et la microéconomie
Partie 1 : La théorie du consommateur
Chapitre 1- Le comportement du consommateur
Section 1 : Rareté, droite de budget et ensemble de consommation
Section 2 : Les préférences et la courbe d’indifférence
Section 3 : Le taux marginal de substitution
Section 4 : De la courbe d’indifférence à la fonction d’utilité
Chapitre 2- Equilibre du consommateur
Section 1 : Les fonctions de demande
Section 2 : Variation du revenu du consommateur
Section 3 : Variation du prix d’un bien
Section 4 : Elasticités de la demande
Partie 2 : Théorie du producteur
Chapitre 3- Les contraintes techniques
Section 1 : Définitions
Section 2 : Fonction de production
Section 3 : La droite d’isocoût et la courbe d’isoquante
Section 4 : Le taux marginal de substitution technique
Section 5 : Les rendements d’échelle
Chapitre 4- Choix optimal des facteurs de production
Section 1 : Combinaison optimale des facteurs de production et calcul de la
fonction de coût
Section 2 : Sentier d’expansion et fonctions de coût
Chapitre 5- Offre de l’entreprise en concurrence parfaite
Section 1 : Maximisation de la production à budget fixé
Section 2 : Maximisation du profit sur le long terme
Section 3 Maximisation du profit sur le court terme
Références bibliographiques
2
Varian, H. (1997), Introduction à la microéconomie, De Boeck université.
3
Introduction : La science économique et la microéconomie
« L'économie est la science qui étudie comment des ressources rares sont employées pour la
satisfaction des besoins des hommes vivant en société.
Elle s'intéresse d'une part aux opérations essentielles que sont la production, la distribution et la
consommation des biens, d'autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter
ces opérations… ». Malinvaud, E.3
Avec cette définition plus élaborée, Malinvaud essaie de mieux cerner le domaine de
l’analyse économique. Désormais, on sait que les moyens sont des ressources rares et que les fins
consistent en la satisfaction des hommes vivant en société.
L’économie s’intéresse donc à l’allocation des ressources rares entre des agents économiques
ayant des besoins économiques illimités à satisfaire. Elle étudie les choix effectués par les
individus et et leurs conséquences. Outre ces précisions, Malinvaud insiste sur trois éléments :
o Les institutions
Par ailleurs, l’économie peut également se définir par la façon de penser des économistes. Il
s’agit là d’une définition en termes de méthodes et non de champ.
2
Robbins, L., “An Essay on the Nature and Significance of Economic Science”, Medicis, 1947.
3
Malinvaud, E., “Leçons de théorie microéconomique”, Dunod, 1977.
4
2- Les méthodes de l’économie
Selon Schumpeter, une parfaite compréhension des phénomènes économiques
nécessite une synergie entre les approches historiques, statistiques et théoriques. Ce sont
les piliers de l’analyse économique.
- L’histoire économique : Schumpeter4 considère que la maîtrise de l’histoire
économique permet d’éviter la production d’erreurs fondamentales en analyse
économique. C’est l’histoire qui retrace la transformation et l’évolution de la pensée
et du savoir. En outre, cette branche de l’économie rend compte des interactions
entre les phénomènes économiques avec les autres phénomènes sociaux.
- La statistique : Le raisonnement économique s’appuie largement sur des données
numériques. Les grandeurs et mesures associées servent à saisir une information et
la transformer en une donnée se prêtant plus facilement à des comparaisons avec
d’autres observations de la même catégorie. La consommation, la production, le
prix, le PNB, le taux d’inflation, le taux de chômage…sont autant d’exemples de
notions économiques qui font appel aux données chiffrées pour les représenter.
Dès lors, les méthodes statistiques sont fondées sur l’observation et constituent le
thème central des études empiriques. La vérification expérimentale- basée sur les
méthodes statistiques- permet de rendre compte des de apports de la troisième
branche de l’économie à savoir, la théorie.
- La théorie : Le recours aux mathématiques s’avère incontournable en économie. La
modélisation constitue le socle de la théorie économique. Cette dernière est
constituée de modèles cohérents, conçus à partir des faits réels. Il s’agit d’une
représentation simplifiée de la réalité. Les données d’entrée sont les hypothèses et
les données de sortie sont les résultats ou la conclusion. Dans ce processus, la
transformation des éléments d’entrée en éléments de sortie doit être logique et
cohérente. La modélisation suppose l’élimination des détails superflus ce qui
permettra de se concentrer sur les aspects économiques centraux de la réalité
étudiée.
Dans ce cours, nous concentrons l’analyse sur cette branche de l’économie.
4
Schumpeter, J.A., “History of economic analysis”, New York: Oxford university press, 1994.
5
L’analyse positive cherche à appréhender la réalité et à décrire les comportements des
agents économiques. Dans cette perspective, la microéconomie tente d’apporter des
réponses à certaines observations empiriques ou d’expliquer théoriquement les
interactions entre les comportements des agents économiques. L’analyse normative
s’intéresse surtout aux politiques publiques en portant l’accent sur ce que devrait être la
réalité. En ce sens, l’aspect normatif s’appuie sur l’aspect positif pour suggérer, évaluer et
comparer des solutions publiques à un problème économique.
En tant que branche de la science économique, l’analyse microéconomique
développe des modèles à partir d’un certain nombre d’hypothèses de base :
(H1) L’individualisme : ce qui importe pour l’agent économique est la poursuite de son
intérêt personnel.
(H2) La rationalité : L’agent économique effectue des décisions de façon réfléchie et non
pas arbitraire. Parmi un ensemble d’alternatives, il est capable de choisir la meilleure, celle
qui répond le mieux à ses attentes. Cette hypothèse stipule implicitement la propriété
essentielle de l’échange volontaire sur le marché.5
(H3) L’information parfaite : L’information est supposée accessible et est sans coût à tous
les agents économiques.
5
Akari, A., “Microéconomie des marchés”, Etigraph press, deuxième édition1999.
6
Partie 1 : La théorie du
consommateur
7
Chapitre 1
Le comportement du consommateur
Introduction
8
xk0
b- Représentation graphique : Pour une analyse graphique, il est commode de ne
considérer que 2 ou au maximum 3 biens. Dans ce cours, les graphiques illustrent le
cas de deux biens. L’ensemble de consommation sera donc X=R2+ c-à-d les quantités
positives ou nulles en chacun des deux biens.
x2
2.1
1.4
x1
1.5 2
Le panier de bien x = (1.5 ; 2.1) ; 1.5 unités de bien 1 et 2.1 unités de bien 2
Le panier de bien x’ = (2 ; 1.4) ; 2 unités de bien 1 et 1.4 unités de bien 2
Remarque : L’hypothèse de ne considérer que le cas de deux biens n’est pas très
restrictive. En effet, un bien peut être interprété comme une représentation de tous
les autres biens que le consommateur souhaiterait avoir. On parle alors de bien
composite.
Exemple : On peut s’intéresser à l’étude de la demande du consommateur pour
l’huile d’olive, x1 pourrait mesurer sa consommation annuelle en huile d’olive en litres
et x2 la consommation de tous les autres biens.
9
On peut définir alors la droite de budget qui correspond à l’ensemble des paniers des
biens (x1 , x2) qui coûtent exactement R : p1 x1 + p2 x2 = R
Soit donc : x2 = (R/ p2 )- (p1 /p2) x1
Pente de droite budgétaire : dx2/dx1= - (p1 /p2)
Tout panier de biens au Sud - Ouest de la droite budgétaire est atteignable et
coûte strictement moins que R. Par définition, le coût d’un panier de biens sur la droite de
budget est R.
x2
R’/p2
R/p2
x1
R/p1 R’/p1
R/p2
x1
R/p1 R’/p1
II-1- Hypothèses :
- La transitivité des préférences : Considérons également un panier x’’ (x’’1, x’’2). Si x est
préféré à x’ et x’ est préféré à x’’ alors que x sera préféré à x’’.
- La croissance des préférences : Si le panier x contient au moins autant du bien 1 et
strictement plus du bien 2 que le panier x’, le consommateur préférera strictement x à
x’. On dit aussi qu’il n’y a pas de satiété ou encore non saturation des préférences.
- La complétude des préférences : Le consommateur est capable de comparer les
paniers. Il doit s’exprimer sur ces préférences et ne se trouve jamais sur une situation
d’indétermination. On a soit x préféré ou indifférent à x’ (x ≿ x’) soit x’ préféré ou
indifférent à x (x’ ≿ x);
- La relation indifférence est transitive.
Application :
1) Un consommateur préfère (6, 15) à (4, 21) qu’il préfère à (5, 19). Que peut-on dire des
paniers (6,4) et (5.5, 19) ?
2) Comment classe-t-il les paniers (6, 15) ; (7, 16) ; (7,15) et (6,13) ?
3) (30, 25) est préféré ou indifférent à (55, 13) et (30, 25) est indifférent à (40, 20). Que
peut-on dire des paniers (55, 13) et (40, 20) ?
11
Une CI est constituée de paniers de biens équivalents entre eux c.-à-d., pour lesquels le
consommateur est indifférent.
Les propriétés des CI découlent pour certaines d’entre elles des propriétés des
préférences :
12
Fig : Cas de deux CI sécantes
En outre, pour une variation infinitésimale de x1 (on dit qu’on reste au voisinage de x1), la
dx 2
différentielle est plus appropriée pour mesurer le TMS qui s’exprimera par : TMS .
dx 1
Le TMS mesure le degré de substituabilité du bien 1 par le bien 2. Plus le TMS est grand,
plus il est difficile de faire cette substitution.
Remarques :
1. Le TMS se calcule entre deux paniers appartenant à la même CI.
2. Dans le cas général, le TMS n’est pas constant, il dépend du point à partir duquel
l’échange s’effectue. Si par exemple, l’agent a peu du bien 2 et beaucoup du bien 1, il sera
probablement prêt à renoncer à quelques unités du bien 1 pour un peu du bien 2. Dans le
cas contraire, s’il n’a que peu du bien 1 et déjà beaucoup du bien 2, il n’acceptera
l’échange que pour une quantité de bien 2 beaucoup plus importante. On dit que le long
13
de la courbe d’indifférence, le TMS décroît avec x1 et croît avec x2 diminue. C’est une
conséquence immédiate de l’hypothèse faite sur la convexité des CI sont convexes.
A partir des préférences et des CI, on peut déduire un classement, par l’individu,
des différents paniers, selon, la satisfaction qu’ils lui procurent. La préférence est dite
ordinale : on établit un ordre entre les paniers.
La fonction d’utilité est destinée à rendre plus commode le classement issu de la relation
des préférences. Elle est donc censée refléter et les préférences du consommateur. La
fonction d’utilité fait associer un nombre (ou une valeur) à chaque panier de biens de
manière à reproduire l’ordre choisi par le consommateur entre ces paniers. C’est en ce
sens qu’on dit que la fonction d’utilité est cardinale.
Sur cette base, la fonction d’utilité doit attribuer une valeur plus élevée à un panier qui est
plus préféré qu’un autre :
La fonction :
U :R
K
R
x a
14
8). Il préfère strictement le panier (6 ; 6) au panier (9 ; 3). Peut-on considérer que le
classement de ce consommateur est rationnel ?
Remarque : la fonction d’utilité d’un individu n’est pas unique : toute transformation
monotone croissante de U représentera également les préférences du consommateur.
Exemple : U n (n0), aU+b (a0), eU, LnU…Ceci signifie que le consommateur classe les
paniers de biens de la même manière avec U et avec goU.
Noter que la fonction d’utilité ne mesure pas réellement le niveau de satisfaction du
consommateur. Ce n’est pas qu’un instrument mathématique plus pratique qui permet de
représenter ses préférences. La valeur d’utilité d’un panier spécifique n’a à priori aucun
sens. Ce qui compte, c’est le classement reflété par la fonction d’utilité des paniers les uns
par rapport aux autres.
Exemple : on considère le cas de deux biens dont les quantités sont notées (x,y). Le
consommateur 1 est caractérisé par la fonction d’utilité :
U(x,y) = x3 y
Comment le consommateur 1 classe-t-il les paniers de biens suivants : A=(x1,y1)=(2,2) ;
B=(x2,y2)=(1,2) ; C=(x3,y3)=(2,1) ; D=(x4,y4)=(1,3) ; E=(x5,y5)=(4,1). Le consommateur 2 est
caractérisé par la fonction d’utilité : V(x,y) = 2 x9 y2. Comment le consommateur 2 classe-t
-il ces paniers ? Comment peut-on expliquer ce résultat ?
Application :
Dans ce qui suit, on se propose de réinterpréter certaines notions déjà introduites avec les
courbes d’indifférence en utilisant la fonction d’utilité.
15
Application : Représenter graphiquement les CI avec la fonction d’utilité Cobb-Douglas :
U(x1,x2)=x1x2 ; x2=U0/x1 ;dx2/dx1=- U0/x12 ; les courbes d’indifférences sont décroissantes et
convexes. x10 et x20, les CI ne touchent pas les axes.
Le cas des compléments parfaits : Dans ce cas, les biens sont utilisés selon des
proportions fixes. Exemple : café et sucre. Si le consommateur met toujours deux sucres
dans sa tasse de café, il ne retire pas de satisfaction supplémentaire s’il a plus de sucres
que nécessaires à sa tasse de café. L’augmentation de la quantité d’un seul des deux
biens ne procure aucune satisfaction supplémentaire. D’ailleurs, ce cas ne satisfait pas la
propriété de non saturation des préférences. Les courbes d’indifférence sont donc en
forme de L. Dans ce cas, l’angle est situé aux points de coordonnées (2 sucres, 1 tasse de
café), (4 sucres, 2 tasses de café)…
Tasse de
café
2
1
2 4
Morceau
sucre
Fig : Cas particulier : complémentarité parfaite des biens
Notons que toute transformation monotone de cette fonction d’utilité décrira les
mêmes préférences. En multipliant par 2, on obtient la fonction : U(x1, x2)= min (x1, 2 x2)
Dans le cas des compléments parfaits, la fonction d’utilité qui décrit les
préférences est : U(x1, x2)= min (x1/a, x2/b).
Les paramètres a et b sont des nombres positifs qui représentent les proportions
dans lesquelles les biens sont utilisés (a unités de bien x1 pour b unités de bien x2).
c- Les substituts parfaits : Les biens sont appelés des substituts parfaits lorsque le
consommateur ne fait aucune différence entre eux. Ce qui lui importe au consommateur
c’est la quantité totale de biens 1 et 2 dont il. Exemple : lait vendu en bouteille de 1 litre et
lait de la même marque mais vendu en brique de 1 litre sachant le consommateur juge les
deux modes de conditionnement exactement de la même manière. Ce cas peut être
représenté par la fonction d’utilité : U(x1,x2)= x1 + x2
X2
16
2
1
X1
Cependant lorsque les unités de mesure ne sont pas les mêmes pour les deux biens,
la pente de droite devient différente de –1. Par exemple, considérons le même cas
précédent. Supposons que la bouteille de lait (bien X1) contient le double de la brique de
lait (bien X2). La fonction d’utilité est alors U(x1, x2)= 2x1 + x2.
Dans le cas des substituts parfaits, la fonction d’utilité est de type : U(x1,x2)= ax1 +
bx2 avec a et b deux constantes positives.
La courbe d’indifférence dans le cas de substituts parfaits est : CI :{ (x1,x2) / : ax1 + bx2 =U0}
Ainsi, CI :{ (x1,x2) / : x2 =U0/b-(a/b)x1}
B- Utilité marginale :
Considérons un individu qui consomme un panier (x1, x2). Quelle est la variation d’utilité s’il
reçoit un peu plus de l’un des deux biens ? L’utilité marginale du bien en question rend
compte de l’utilité supplémentaire conséquente à la variation de la quantité du bien.
Ainsi, l’utilité marginale du bien 1 : c’est la variation de son utilité lorsqu’on lui permet
d’avoir un supplément en bien 1. De la même manière, on peut définir l’utilité marginale du
bien 2.
Um1=U/x1= [U(x1+x1,x2)-U(x1,x2)]/x1
Exemple :
x1 x2 U Um
0 3 0 -
1 3 50 50
2 3 88 38
3 3 121 33
Plus précisément, il s’agit d’un taux d’accroissement de l’utilité pour une petite variation de
la quantité du bien.
Pour des variations infinitésimales de x1, on obtient :
Um1=U(x1, x2)/x1 et Um2=U(x1, x2)/x2
Application :
Calculer les utilités marginales des biens 1 et 2.
U(x1, x2)=2x1+5x21/2
17
1/2
V(x1, x2)=4x1 x2
Um1=2 ; Um2 = (5/2)x2-1/2 ; Vm1 = 4 x21/2; Vm2 = 4x1 x2-1/2
C- TMS :
Rappelons qu’on a défini le TMS comme étant un taux auquel le consommateur est
disposé à substituer un bien pour compenser la baisse d’un autre tout en gardant le même
niveau d’utilité.
x2
C
x2
A
U1
B
U0
x1
x1
On a vu précédemment que l’utilité marginale correspond à la variation de l’utilité suite à
une variation de l’un des deux biens.
Passage de A à B :
Um1=(U1-U0)/x1 U1-U0= Um1 x1
Passage de B à C :
Um2=(U0-U1)/x2 U0-U1= Um2 x2
Passage de A à C : de A à B et de B à C
(U1-U0)+ U0-U1= Um1 x1+ Um2 x2=0 - (x2/x1)= Um1/Um2
Le rapport (x2/x1) tend vers la pente de la courbe d’indifférence en A quand x1 0
Pour des petites variations (infinitésimales) :
-(dx2/dx1)= Um1/Um2
Or par définition du TMS2/1 : -limx1 0(x2/x1)= -(dx2/dx1)
Ainsi, TMS2/1= Um1/Um2 : rapport des deux utilités marginales
Propriétés du TMS :
1- La notion de TMS ne dépend pas de la spécification cardinale des préférences. En
effet, soit f un fonction de R dans R et V=foU une autre représentation des
préférences : TMSV=[V(x1, x2)/x1 / V(x1, x2)/x2] = [f’(U) U(x1, x2)/x1 / f’(U)U(x1,
x2)/x2] = [U(x1, x2)/x1 /U(x1, x2)/x2] = TMSU
2- L’hypothèse de convexité des préférences implique la décroissance du TMS.
3- Le TMS n’existe que si les CI sont dérivable. Le TMS peut donc ne pas exister comme
dans le cas des compléments parfaits. Remarquons que dans le cas de substituts
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parfaits, le TMS existe et il est constant.
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Chapitre 2
Equilibre du consommateur
Introduction
I- Fonctions de demande
Le régime de concurrence parfaite retenu stipule que le prix est une donnée pour le
consommateur. Par conséquent, le consommateur décide de sa consommation en fonction
des prix et n’a pas la possibilité de les influencer de par les quantités achetées par
exemple. Sa décision individuelle est considérée négligeable sur les prix.
Reprenons son problème, le consommateur est supposé avoir un revenu R consacré à
l’achat des biens i (i=1, 2, …K) proposés à des prix unitaires notés pi. Il doit faire des achats
en veillant à ne pas dépasser son budget.
Le programme du consommateur s’écrit alors :
Max U(x1, x2,…xK)
S/C
(x1, x2,…xK) X
i=1K pixi R
La solution de ce programme est notée ((x1(R, p1, …,pK), x2(R, p1, …,pK),…xK(R, p1, …,pK)).
Chaque composante i de ce vecteur dépend du niveau du revenu et du système des prix :
xi(R, p1, …,pK). Elle est appelée la fonction de demande en bien i du consommateur pour un
revenu quelconque R et un vecteur des prix quelconques (p1, …,pK). La fonction de
demande du bien i correspond donc à son choix optimal. Pour des valeurs particulières et
données de R et des prix, la solution du programme est appelée combinaison optimale de
consommation.
Résolvons maintenant le programme du consommateur.
Soit le triangle OAB (les 3 côtés et l’intérieur du triangle) constitué de paniers appartenant
20
au domaine de consommation du consommateur et respectant sa contrainte budgétaire. Il
s’agit de déterminer parmi tous ces paniers, celui que le consommateur préfère le plus. On
peut alors caractériser graphiquement le problème et le résoudre en éliminant les
situations dites dominées c.-à-d. celles qui donnent au consommateur un résultat
inférieur à d’autres situations :
Le consommateur élimine un panier intérieur au triangle. En effet, il pourra toujours
trouver, sur le segment [AB], un panier contenant plus de chacun des deux biens qui lui est
strictement préféré (selon l’hypothèse de croissance).
Considérons à présent le cas d’un panier x quelconque à [AB]. Par ce panier passe une CI.
Etant convexe (cas général), si elle recoupe le segment [AB], en x’ alors x ne sera pas choisi,
il est sous optimal, il sera dominé par un autre point du segment. En effet, tous les paniers
de la zone hachurée sont accessibles et sont strictement préféré à x (car au dessus de la
CI).
Ainsi, si les CI sont dérivables, convexes et si en plus les CI ne touchent pas les axes, la
solution est donnée par le système suivant qui vérifie les conditions de premier ordre
d’optimisation, désormais noté (CPO):
p1x1+p2x2=R
Remarques :
21
2- Lorsqu’on multiplie les prix et le revenu par la même constante positive, les fonctions
de demande ne changent pas. On dit qu’il n’y a pas d’illusion monétaire. D’ailleurs, le
programme :
tpx tR px R
tp1x1+tp2x2=tR
p1x1+p2x2=R
22
dérivables, convexes et ne touchent pas les axes. La solution optimale est donnée par les
CPO :
3- la demande est la même avec U et avec V puisque V est une transformation monotone
de U
x2
x1
Fig : Equilibre dans le cas des compléments parfaits
23
I-3- Les substituts parfaits
Les CI sont des droites, il suffit alors de comparer la pente de la droite budgétaire avec
celle de la CI.
Considérons les trois cas de figures suivants :
La solution correspond soit à une quantité maximale de l’un des deux biens contre une
quantité nulle de l’autre (les deux premiers cas) soit toutes les combinaisons sont
optimales (dernier cas de figure).
24
consommation-revenu relie tous les points d’équilibre lorsque le revenu se modifie.
25
que l’augmentation du revenu : loisir, sorties, …La courbe Engel est croissante
convexe.
B. Les biens inférieurs
Un bien est dit inférieur lorsque sa consommation baisse suite à l’augmentation du
revenu. Sa courbe d’Engel est décroissante. Par exemple, un consommateur se déplace
habituellement en bus. Lorsque son revenu augmente, il peut baisser l’achat des tickets
car il privilégie le déplacement en taxi. Dans ce cas, le bien bus est un bien inférieur.
On sait que la conséquence de la modification du prix de l’un des deux biens est une
rotation de la droite budgétaire autour d’un point fixe. Le consommateur dispose d’un
autre ensemble de choix.
Dans ce cours, nous retenons la spécification de Hicks pour décomposer l’effet global
de la variation du prix.
26
La variation du prix d’un bien conduit à deux types d’effet : l’effet de substitution et
l’effet de revenu. L’effet de substitution est un effet direct de remplacement d’un bien par
un autre (à revenu réel constant) et un effet de revenu censé refléter la variation du revenu
réel du consommateur. Supposons que le prix du bien 1 baisse. Ce qui permet le passage
de E à E’’.
A. Effet de Substitution
i. Quand le bien est normal, les deux effets vont dans le même sens et sont tous les
deux de signe contraire à la variation du prix.
ii. Quand le bien considéré est inférieur, l’effet de revenu et l’effet de substitution
sont de signe contraire. L’effet total est donc incertain. Notons qu’il existe un cas
où l’effet total soit du même signe que la variation du prix, c.-à-d. que la demande
soit croissante en fonction du prix. Dans ce cas, le bien est dit bien de Giffen.
Par conséquent,
a- Biens de Giffen est un cas particulier des biens inférieurs. La demande en ce
bien est croissante en fonction du prix :
x1
0
p1
b- Dans tous les autres cas (biens normaux et bien inférieurs autres que les biens de
Giffen), la demande est décroissante en fonction du prix.
x1
0
p1
27
x2 x2
E’ E
E
E’
E’’
E’’
D’ D’
D D
D’’ D’’
x1 x1
x2
x2
E’ E’
E E
E’’ E’’
D’
D D’ D
D’’ x1 x1
D’’
E’
E
E’’
28
D’
x1
D D’’
E’’=E ainsi ES=0 et ET=ER
Nous allons introduire une notion qui sera bien commode pour rendre compte de la
variation de la demande en un bien en fonction des divers paramètres. Il s’agit des
élasticités.
L’élasticité de la demande permet de quantifier la variation relative de la demande en un
bien en fonction de la variation relative du paramètre l’ayant causée. On l’a vu, la
demande en un bien dépend des paramètres suivants : le revenu du consommateur, le prix
de ce bien et le prix de l’autre bien. On en distingue alors trois types d’élasticité :
R x1 R R x 1
R
R x2 R R x 2
R
Ou localement,
x 2 R
eR
2
*
R x 2
29
Notons que :
x i
- Lorsque la demande en un bien i est croissante avec le revenu : 0 (Courbe
R
d’Engel croissante), le bien est normal et l’élasticité-revenu est positive e Ri 0 .
Deux sous cas sont possibles :
o Si eR
i
1 , i est un bien de luxe. La demande varie plus proportionnellement
x i
x i R xi
que le revenu, c.-à-d. ou encore 1 .
xi R R
R
x i
- Lorsque la demande en un bien i est décroissante avec le revenu : 0 (Courbe
R
d’Engel décroissante), le bien est inférieur et l’élasticité-revenu est négative e Ri 0 .
30
x 2
x2 x 2 p2 x 2 p2
2
ep * *
2
p 2 x2 p 2 p 2 x2
p2
Ou localement,
x 2 p 2
ep
2
*
2
p 2 x 2
L’élasticité-prix directe est généralement négative, c’est tel est le cas, on dit que la
loi de la demande est vérifiée.
Pour un cas très particulier, lorsque l’élasticité-prix directe est positive, le bien est
un bien de Giffen, pour lequel, la loi de la demande n’est pas vérifiée.
x i
Examinons maintenant le cas général où 0 e ip 0 , l’étude attentive de
p i i
Déterminer comment varie cette dépense lorsque le prix du bien i varie revient à étudier le
sens de variation de Si en fonction de pi. Exprimons alors la dérivée partielle :
S i x i x i x i ( p i )
xi ( pi ) pi xi ( pi ) pi
p i p i p i x i ( p i )
S i x i 1
x i ( p i ) 1 pi
p i p i xi ( pi )
S i
x i ( p i ) 1 e ip
p i i
Le signe de cette dérivée dépend donc du signe de ( 1 e ip ), on a alors les cas suivants : i
S i
o Lorsque ep
i
1 , on a 0 . La hausse de prix en ce bien ne réduit que
i
p i
faiblement la demande de sorte que la dépense en bien augmente. La demande
est dite faiblement élastique ou relativement inélastique par rapport au prix.
S i
o Lorsque ep
i
1 , on a 0 . La demande varie de manière proportionnelle
i
p i
avec le prix de sorte que la dépense reste constante. La demande est dite iso
élastique par rapport au prix.
S i
o Lorsque i
ep 1 , on a 0 . La hausse de prix en ce bien conduit à une forte
i
p i
réduction de la demande de sorte que la dépense en bien est réduite. La demande
31
est dite fortement élastique ou relativement élastique par rapport au prix.
S i
o Lorsque i
ep 0 , on a 0 . La demande varie dans le même sens que le prix (le
i
p i
cas très rare de bien de Giffen) de sorte que la dépense augmente.
x 2 p1
Ou localement, 2
eP *
1
p 1 x2
o Lorsque la demande en un bien est indépendante du prix de l’autre, les deux biens
32
sont dits indépendants.
33
Partie 2 : La théorie du
producteur
34
Chapitre 3
Les contraintes techniques
Introduction
Dans ce chapitre il sera question de présenter les différentes notions ayant trait à
l’environnement interne et externe de l’entreprise. Il s’avère utile d’introduire les problèmes
auxquels fait face l’entreprise avant de chercher à les formaliser et à les résoudre.
I- Définitions6
II-1- Présentation
Considérons deux inputs 1 et 2 dont les quantités sont notées par x1 et x2. A partir
de ces quantités d’input, on suppose qu’on peut produire une quantité maximale d’output,
qu’on notera y.
Soit y = f(x1, x2) : y représente la quantité maximale d’output qu’on peut produire à
6
La majorité de ces définitions est reprise du « Dictionnaire économique et social », Brémond, J. et Gélédan,
A. (1996), Hatier.
35
partir des quantités x1 et x2.
La fonction f représente la fonction de production définie, pour deux variables, par
:
f : R+ 2 → R+
(x1, x2) → y
x 1 y PM 1
36
y x1 Pm
Ou de manière locale, (lorsque x2 tend vers 0), e1 1
x 1 y PM 1
Exemple : on considère deux facteurs production avec des quantités x1 et x2. La fonction
de production est donnée par y f ( x 1 , x 2 ) x 1 x 2 . Calculer la PM et la Pm ainsi que
l’élasticité partielle de chaque facteur. Interpréter.
37
Application : Considérons la fonction de production de type Cobb-Douglas : y Ax 1 x 2 .
Donner l’allure d’une isoquante de niveau y=4 avec A=100, a=b=1/2. Déterminer alors son
expression pour un niveau y quelconque.
L’objectif du TMST est de caractériser le degré de substituabilité entre les inputs. Plaçons
-nous en un point (x1, x2) sur l’isoquante avec un niveau de production y = f(x1, x2). Nous
envisageons de réduire un peu la quantité de l’input 1 de x1 et de la remplacer par une
quantité de facteur 2, x2 lui permettant tout juste de produire la même quantité d’output
y.
Fig : Le TMST
x 2
Le rapport lorsque x1 tend vers 0 représente le TMST du facteur 2 au facteur 1. Il
x 1
correspond à la valeur absolue de la pente de l’isoquante de niveau y.
d x2
De manière locale, le TMST
dx 1
38
On se propose d’examiner ce qui se passe lorsqu’on multiplie tous les inputs par un même
paramètre t strictement positif et supérieur à 1. Trois cas se présentent :
Lorsque f ( tx 1 , tx 2 ) tf ( x 1 , x 2 ) . La technologie présente des rendements d’échelle
constants.
Lorsque f ( tx 1 , tx 2 ) tf ( x 1 , x 2 ) . La technologie présente des rendements d’échelle
croissants.
Lorsque f ( tx 1 , tx 2 ) tf ( x 1 , x 2 ) . La technologie présente des rendements d’échelle
décroissants. Si on double tous les inputs, l’output fait moins que doubler.
Cas des fonctions de production homogènes
Rappel : Une fonction f est dite homogène de degré k (k étant un nombre réel positif) si
∀ t≥0, f(t x1, t x2 ,… t xn)= t k f(x1, x2 ,… xn).
Supposons maintenant que l’entreprise admet une fonction homogène de degré k. Pour
tout t>1,
Si k < 1 alors tk < t donc les rendements d’échelle sont décroissants.
Si k > 1 alors tk > t donc les rendements d’échelle sont croissants.
Si k = 1 alors tk = t donc les rendements d’échelle sont constants.
39
Chapitre 4
Introduction
Dans ce chapitre, nous supposons que la quantité de bien à produire est fixée.
L’objectif du producteur est de déterminer les quantités des facteurs de production s’il
veut produire cette quantité fixée d’output. Du point de vue méthodologique, il suffit de
fixer une isoquante et de chercher le meilleur point permettant de produire cette quantité.
Notre cadre d’analyse étant un marché de concurrence parfaite, nous supposerons
alors que le producteur est preneur de prix sur le marché des inputs.
Prenons l’exemple7 d’un agriculteur qui produit du blé à partir de terre, travail, eau
et engrais. On suppose que l’agriculteur loue la terre. En anticipant le niveau d’output qu’il
veut produire, il va choisir la superficie de la terre et les quantités des autres facteurs de
telle sorte que son coût d’achat soit le plus bas possible.
Au cours d’une année, il est possible d’avoir une demande de blé plus basse que
prévue. Etant lié par un contrat avec le propriétaire, l’agriculteur ne peut pas ajuster la
superficie de la terre. Il est obligé de payer le loyer quel que soit son niveau de production
(même s’il est nul). C’est une charge qui est fixe. En revanche, il peut réduire les autres
facteurs de production. Le coût associé à ces facteurs peut donc varier. Dans cet exemple,
le loyer correspond à ce qu’on appelle coût fixe et les autres coûts correspondent à des
coûts variables.
Généralement, à court terme, on distingue dans les coûts de production entre
coûts fixes et les coûts variables. Les coûts fixes représentent des dépenses associés aux
facteurs fixes : ils sont indépendants de la production. Les loyers, le personnel fixe,
…constituent des exemples de coûts fixes. Les coûts variables correspondent à des frais
résultant de l’acquisition des facteurs variables. Les coûts variables dépendent donc de la
quantité produite. Les dépenses en matières premières, en énergie ou en main d’ uvre
7
Exemple repris du polycopié cours de Lahmandi, R. (2002), « Microéconomie 1 », Cours destiné à la
première année science économique et gestion, Institut supérieur de gestion de Tunis, Tunisie.
40
sont des exemples de coûts variables.
Prenons maintenant le cas de deux facteurs de production dont l’un est variable
(par exemple, l’input 1), et l’autre est fixe à court terme (input 2). On note par x 2 la
quantité fixe de l’input 2. Le programme du producteur s’écrit :
CT ( y ) min p 1 x 1 p 2 x 2
i x
f ( x1 , x 2 ) y
avec x x
2 2
Par conséquent
CT ( y ) min p 1 x 1 p 2 x 2
x
i
avec f ( x1 , x 2 ) y
Dans le cas de deux inputs, la seconde équation de ce système, c-à-d la
contrainte, permet seule de déterminer la quantité de l’input variable et de l’exprimer en
fonction du niveau de production préalablement fixé y. La résolution de cette équation
donnera x 1 ( y ) . Ce qui permet de séparer dans la fonction de coût de production, les
coûts variables des coûts fixes :
CT ( y ) p 1 x 1 ( y ) p 2 x 2 CV ( y ) CF
CV ( 0 ) 0
Avec
CF CT ( 0 )
Les prix des inputs sont p1=p2=1. En supposant que le facteur 1 est fixe sur le court terme
x 1 2 Calculer la fonction de coût de court terme.
Sur le long terme, le producteur peut manier tous les facteurs de manière à les
adapter au niveau de production prévu. Ils sont donc appelés facteurs variables. Au
regard de l’exemple précédent, si la demande en blé accuse une baisse soutenue et
durable, l’agriculteur penchera pour une baisse de la superficie de la terre selon la
quantité qu’il souhaite offrir.
Examinons le cas général de deux inputs variables et qui sont des substituts relatifs.
Le problème du producteur est un problème d’optimisation puisqu’il cherchera à minimiser
les coûts de production. En effet, la façon optimale de produire une quantité donnée
d’output est celle qui lui coûte le moins cher. Nous avons vu que tous les points de
l’isoquante correspondant au niveau y, permettent de produire cette quantité. Il s’agit
donc de choisir parmi ces points, le point le plus avantageux en termes de coûts.
Le choix de la firme en termes de quantités d’inputs pour produire une quantité y d’output
CT ( y ) min p 1 x 1 p 2 x 2
doit être solution du programme suivant : ix ,x
2
avec f ( x 1 , x 2 ) y
Ce programme donne pour solution le couple de quantités : x 1 ( y ) et x 2 ( y ) , fonction de la
quantité à produire : c’est la combinaison optimale d’inputs pour produire y unités
d’output.
41
Graphiquement, il s’agit de déterminer sur l’isoquante, le point qui minimise le coût. C’est
le point de tangence entre la droite d’iso-coût p 1 x 1 p 2 x 2 C et l’isoquante. Notons qu’il
existe une condition pour parler de tangence : il faut que les isoquantes soient dérivables.
Analytiquement, le précédent programme peut être résolu en utilisant les conditions de
premier ordre :
p1 p f / x 1
TMST avec TMST m 1
p2 pm
2
f / x 2
et f ( x , x ) y
1 2
Les prix des inputs sont p1=p2=1. En déduire la fonction de coût de long terme.
avec f ( x 1 , x 2 ) y
donne une solution ( x 1 ( y ) , x 2 ( y ) ). C’est la combinaison optimale d’inputs permettant de
produire y unités d’output. Lorsque le producteur décide de changer le volume de
production à offrir, la combinaison calculée précédemment n’est plus optimale. La
variation de y entraîne une variation dans les quantités optimales des facteurs à acquérir.
La combinaison optimale se déplace. La courbe qui relie tous les points d’équilibre
associés aux différents niveaux de production est appelée sentier d’expansion. Le sentier
d’expansion est l’ensemble des combinaisons de facteurs qui minimisent le coût de
production lorsque le niveau d’output varie.
Son équation se déduit directement à partir de la première équation du système de
p1 p m1
résolution à savoir : TMST avec TMST
p2 pm
2
42
A- Le long terme
B- Le court terme
43
Chapitre 5
La fonction d’offre
Dans ce cas de figure, on suppose que le producteur dispose d’un budget fixe (noté
C0) et qu’il doit effectuer son choix en termes d’offre en tenant compte de cette contrainte
budgétaire. Il sera donc amené à maximiser son output compte tenu de cette contrainte
budgétaire. Là aussi son programme s’avère être un programme d’optimisation sous
contrainte apparenté au programme du consommateur en matière d’achat des biens de
consommation. Il s’écrit :
Max f ( x 1 , x 2 )
x ,x
1 2
avec p1 x 1 p 2 x 2 x 2 C 0
La résolution de ce programme donne :
p1 p m1 f / x 1
TMST avec TMST
p2 pm 2 f / x 2
et p x p x C
1 1 2 2 0
44
p C ' ( y ) p Cm ( y )
y
0 p Cm ( y ) 0
y
Ce qui donne la solution y*.
La condition de second ordre s’écrit :
2
C ' ' ( y ) Cm ' ( y )
y 2
2
0 Cm ' ( y ) 0
y 2
Condition de production :
Le raisonnement précédent suppose que la firme a toujours intérêt à produire une
quantité positive. Or, il est tout à fait possible que la firme décide de ne pas produire si le
prix de l’output est trop bas compte tenu des coûts.
Sur le long terme, il faut que le profit obtenu soit positif.
C ( y)
p CM ( y)
y
Ou Ce qui permet de définir le seuil de rentabilité de l’entreprise
CM ( y *)
Cm ( y *)
On note PR la valeur minimale de la fonction de coût moyen. C’est le seuil de rentabilité.
Si p p R alors l’activité de l’entreprise est rentable, elle produit y* solution de
l’équation p Cm ( y) 0
Sur le court terme, certains facteurs de production sont fixes, ce qui introduit un coût fixe
dans la fonction de coût de production. C ( y ) CV ( y ) CF
Max py C ( y )
y
45
2
C ''( y) Cm '( y)
y 2
2
0 Cm ' ( y ) 0
y 2
Condition de production :
Si la firme décide de produire alors elle produira la quantité y* solution de p Cm ( y ) 0
Si elle décide de ne pas produire, elle doit payer les coûts fixes. Dans ce cas son profit est
égal à –CF. La firme ne décide alors de produire que lorsque son profit est supérieur ou
égal à
–CF.
Sur le court terme, il faut que le profit obtenu soit supérieur à -CF.
py CV ( y ) 0 py CV ( y )
Ou
Cm ( y *) CVM ( y *)
Ce qui permet de définir le seuil de fermeture de l’entreprise
On note PF la valeur minimale de la fonction de coût variable moyen. C’est le seuil de
fermeture.
Pour produire une quantité strictement positive, il faut que les recettes couvrent les coûts
variables liés directement à la production sinon, la production ne fait que creuser encore
le déficit.
Si p p F alors l’entreprise produit y* solution de l’équation p Cm ( y ) 0
Noter qu’on appelle toujours le seuil de rentabilité PR le prix de l’output à partir duquel
le profit de la firme est positif. Il correspond à la valeur minimale du CM ; alors que le seuil
de fermeture correspond au prix de l’output à partir duquel la firme décide produire. Ce
dernier correspond à la valeur minimale du coût variable moyen. Ainsi, il existe un cas de
figure : PF<P<PR où la firme décide produire même si le profit est négatif.
46
47
48