Introduction aux nombres complexes
MAT-1900 Mathématiques pour l’ingénierie I
ʦ Document réalisé par Félix Kwok, Jérôme Soucy et Maxime Genest
Ŵ Département de mathématiques et de statistique, Université Laval
Ņ Table des matières
Ņ Origine des nombres complexes
Ņ Définitions et représentation
Ņ Opérations sur les nombres complexes
Ņ Lieux géométriques
1
Origine des nombres
complexes
Ă Construction des nombres : des naturels
aux complexes
Ņ Les nombres naturels et les nombres entiers
• Les nombres naturels sont les premiers nombres que l’humain a conceptualisés, avec
pour objectif d’énumérer.
• Nous avons que N = {0, 1, 2, . . .}.
• Certains auteurs ne considèrent pas que 0 est un nombre naturel. Nous poserons
N⋆ = {1, 2, . . .}.
• Le résultat d’une somme ou d’un produit de nombres naturels est toujours un nombre
naturel.
• La différence de deux nombres naturels ne donne pas toujours un nombre naturel :
3−5∈ / N.
• Conséquence : l’équation 5 + x = 3 n’a pas de solution dans N.
• En posant Z = {. . . , −2, −1, 0, 1, 2, . . .}, on observe que toute équation de la forme
a + x = b, avec a, b ∈ Z, admet une solution dans Z.
2
Ņ Les nombres rationnels
• Le quotient de deux nombres entiers ne donne pas toujours un nombre entier :
5÷4∈ / Z.
• L’équation 4x = 5 n’a pas de solution dans Z.
• Lorsque bx = a, avec a ∈ Z, b ∈ Z⋆ , on écrit que x = ab . Cette quantité peut toujours être
représentée sur la droite numérique.
• On pose Q = ab : a ∈ Z et b ∈ Z⋆ .
• Conséquence : l’équation ax + b = 0 admet toujours une solution dans Q si a ∈ Q⋆ et
b ∈ Q.
• Entre deux nombres rationnels distincts, il y a une infinité de nombres rationnels. Il est
donc légitime de se demander s’il y a autre chose que des nombres rationnels sur la droite
numérique.
3
Ņ Les nombres irrationnels
E
3
2
D
Le théorème de Pythagore implique que
C
1
AB 2 + BC 2 = AC 2 ,
1
2
équation qui à son tour implique que 2 = AC 2 .
A B F
0
1 1 3
2 2
a
a 2
On peut montrer qu’il n’existe aucun nombre rationnel tel que = 2. Pourtant, la
b b √
longueur de [AC] existe ; il faut un nombre pour la représenter. Nous noterons ce nombre 2.
√
Sur la droite numérique, la figure ci-haut suggère que 2 est quelque part entre 1 et 32 . Il y a
donc, sur la droite numérique, des nombres qui ne sont pas rationnels.
4
Ņ Les nombres réels
Définir formellement les nombres réels demande beaucoup de travail. Disons seulement qu’un
nombre réel correspond à la longueur d’un segment, ou à l’opposé de la longueur d’un
√
segment. Ci-dessous sont représentés des nombres sur la droites réels. Les nombres 2, e et
8π
7 sont irrationnels.
√
−4 −3 −2 −3
2
−1 0 1
2
1 2 2 e 3 8π 4
7
Nous allons noter R l’ensemble des nombres réels. Ainsi, tout point de la droite numérique est
associé à un (unique) nombre réel, et réciproquement.
5
Ņ La fonction racine carrée
√
Définition : Soit x ∈ [0, ∞[. La racine carrée de x, notée x, est l’unique nombre réel positif
dont le carré vaut x. Ainsi,
√
y= x ⇐⇒ x = y 2 et y ≥ 0.
y
3
√
y= x
2
√
2
1
x
−1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−1
6
Ņ L’équation x2 = a, a ∈ R
y
9
8
y = x2 • Pour a > 0 il y a deux solutions dans R à
( √ ) 7 (√ ) √ √
− a, a a, a l’équation x2 = a, à savoir a et − a ;
6
5
• Pour a = 0 il y a une solution dans R à
4
√
l’équation x2 = a, à savoir 0, c.-à-d. 0 ;
3
2 • Pour a < 0 il n’y a aucune solution dans R
1 à l’équation x2 = a.
x
−3 −2 −1 1 2 3
−1
7
Ņ Premiers pas vers C - Cardano
• Dans son ouvrage Ars Magna, paru en 1545, Girolamo Cardano
affirme (en notation moderne) que les zéros du polynôme
√ √
x2 − 10x + 40 sont 5 + −15 et 5 − −15.
• Les racines carrées de nombres négatifs interviennent aussi
dans certaines expressions menant au calcul des zéros des
équations polynomiales de degré 3 et 4.
• Cardano reconnait que ces quantités n’existent pas
réellement (il appelle ça des quantités sophistiquées), mais
Source : Wikipédia
qu’elles s’avèrent un outil de calcul puissant.
Girolamo Cardano (1501-1576)
8
Ņ Mésusage du symbole racine carrée
√
Remarque : C’est un mésusage d’écrire −1 pour représenter un nombre dont le carré est
√
−1. On réserve le symbole seulement dans le contexte où ce qu’il y a sous la racine est
un nombre réel positif. On évite ainsi des erreurs de calcul. Par exemple, lorsque a et b sont
√ √ √
deux nombres réels positifs, nous avons que ab = a b. Si on essayait de faire la même
chose lorsque a et b sont tous les deux négatifs, nous pourrions écrire
√ p √ √ √ 2
2= 4= (−2) × (−2) = −2 × −2 = −2 = −2,
ce qui est bien sûr faux.
9
Définitions et représentation
Ă Introduction au vocabulaire relatif aux
nombres complexes
Ņ L’unité imaginaire
√
La remarque précédente suggère qu’écrire −1 pour représenter un nombre dont le carré est
−1 n’est pas approprié. En 1777, Euler introduit le nombre i :
Définition : On appelle unité imaginaire un nombre dont le carré vaut −1, et on le notera
i.
• C’est René Descartes qui utilise le terme imaginaire pour parler de nombres dont le carré
est négatif.
• Il n’y a plus de place sur la droite numérique pour ces nombres, contrairement aux
éléments des ensembles N, Z, Q et R.
• Il est possible de définir les nombres complexes plus rigoureusement que nous le ferons,
mais c’est nullement nécessaire pour nos besoins.
10
Ņ Définition d’un nombre complexe
Définition : On appelle nombre complexe un nombre de la forme a + bi, où a, b ∈ R, et
i2 = −1. On notera C l’ensemble des nombres complexes.
Remarque : Un nombre complexe est défini à partir de deux nombres réels et de l’unité
imaginaire. Lorsqu’on veut faire référence à un nombre complexe, il n’est pas nécessaire de
le nommer à partir des éléments qui le définissent. Par exemple, on peut dire :
« Soit z un nombre complexe »
De cela il faut comprendre qu’on peut trouver deux nombres réels a et b tel que z = a + bi.
11
Ņ Partie réelle et partie imaginaire
Définition : Soient a, b ∈ R et soit z = a + bi un nombre complexe. Le nombre réel a
s’appelle la partie réelle de z , et le nombre réel b s’appelle la partie imaginaire de z . On
les note Re(z) et Im(z) respectivement.
Remarque : Un nombre complexe est entièrement déterminé par un couple de nombres
réels. Réciproquement, un couple de nombre réels détermine un unique nombre complexe.
Il y a donc une bijection entre les éléments de R2 et ceux de C.
12
Ņ Définitions et commentaires
• Étant donné un point (x, y) dans le plan, le nombre complexe x + yi s’appelle l’affixe du
point (x, y).
• Si un nombre complexe z peut s’écrire comme étant z = bi, où b ∈ R, on dit qu’il est un
nombre complexe imaginaire pur, ou encore purement imaginaire.
• Soient a, b, c, d ∈ R. Deux nombres complexes z = a + bi et w = c + di sont égaux si
a = c et b = d.
• Au lieu d’écrire 1i et −1i, on écrit i et −i respectivement.
13
Ņ Représentation dans le plan complexe
Im
4i
3i
−4 + 3i
2i
2+i
1i
Re
−4 −3 −2 −1 1 2 3 4
−1i
2−i
−2i
−3i
−3 − 3i
−4i
plan complexe / plan de Gauss / plan d’Argand
14
Ņ Conjugaison
Définition : Soient a et b des nombres réels, et soit z le nombre complexe a + bi. Le nombre
complexe a − bi s’appelle le conjugué de z , et on le note z .
Im
Nous avons que
z z = z ⇐⇒ a + bi = a − bi
Re ⇐⇒ b = −b
w=w ⇐⇒ b = 0
z ⇐⇒ Im z = 0,
⇐⇒ z ∈ R.
15
Ņ Module
Définition : Soient a et b des nombres réels, et soit z le nombre complexe a + bi. Le module
de z , noté |z|, est défini par p
|z| := a 2 + b2 .
• Pour tout z ∈ C, |z| ∈ [0, ∞[.
• Le module du nombre complexe z correspond à la distance euclidienne entre le point du
plan complexe associé à z et l’origine.
Im
z = a + bi
bi •
|
|
|z
a Re
|
a
16
Ņ Module - suite
• Le module du nombre complexe z généralise la notion de valeur absolue définie pour les
nombres réels.
• Les nombres complexes ne forment pas un ensemble ordonné, c’est-à-dire qu’une
expression comme z1 < z2 n’a pas de sens pour des nombres complexes z1 et z2
arbitraires. Par contre, on peut écrire que |z1 | < |z2 |, et interpréter cela en disant que z1
est plus près de l’origine que z2 dans le plan complexe.
• Le module d’un nombre complexe joue un rôle important dans la forme polaire des
nombres complexes.
• Le seul nombre complexe z vérifiant |z| = 0 est z = 0.
• Nous avons que |z| = |z|.
17
Opérations sur les nombres
complexes
Ă Addition, soustraction, produit et
quotient de nombres complexes
Ņ Généralités
Les nombres sont peu utiles tant que nous n’avons pas fait d’opérations avec ceux-ci. Quel sens
doit-on donner à l’expression
2i2001 + 3 + (1 − i)(1 + i3 ) ?
Cela ne peut se faire que si des opérations sont définies pour les nombres complexes.
Ultimement, on voudrait qu’une telle expression se ramène elle-même à un nombre de la
forme a + bi, où a et b sont des nombres réels.
Définition : Un nombre complexe z est exprimé sous forme cartésienne s’il est de la forme
a + bi, avec a et b des nombres réels.
18
Ņ Addition
Définition : Soient a, b, c, d ∈ R, et soient z = a + bi et w = c + di des éléments de C. La
somme de z et w est définie par
z + w := (a + c) + (b + d)i.
Remarques :
• La commutativité de l’addition dans R implique que
z+w =w+z ∀z, w ∈ C.
• La définition de l’addition entraîne directement que
Re(z + w) = Re(z) + Re(w) et Im(z + w) = Im(z) + Im(w) ∀z, w ∈ C.
19
Ņ Addition – suite
• On peut dire que la somme de deux nombres complexes est un nombre complexe dont la
partie réelle est la somme des parties réelles des nombres qu’on additionne, et dont la
partie imaginaire est la somme des parties imaginaires des nombres qu’on additionne.
• L’addition de nombres complexes se comporte de la même façon que l’addition de
vecteurs dans le plan.
• Si z1 = a + bi et z2 = c + di, avec a, b, c, d ∈ R, le résultat de la soustraction z1 − z2 est
a − c + (b − d)i.
• L’inverse additif d’un nombre complexe z est l’unique solution à l’équation z + = 0.
L’inverse additif d’un nombre complexe z est aussi appelé l’opposé de z , et on le note −z .
20
Ņ Interprétation géométrique de l’addition
Puisque l’addition de nombres complexes se comporte comme l’addition vectoriel, on peut
déterminer géométriquement la position du nombre complexe z1 + z2 par la méthode du
triangle ou la méthode du parallélogramme, de la même façon qu’on le fait pour l’addition de
vecteurs géométriques.
Im
z1 + z2
•
z1
•
• z2
Re
21
Ņ Multiplication d’un nombre complexe par un réel
Soit z = a + bi un nombre complexe et k un scalaire réel, Im
3z •
alors le nombre obtenu par la multiplication de k avec z
est k z = k(a + bi) = ka + kbi
Cette opération est un cas particulier de la multiplication
z•
entre deux nombres complexes que nous verrons dans 1
2z •
quelques diapositives. Re
Géométriquement, kz peut être vue comme l’analogue de −z •
la multiplication d’un vecteur par un scalaire. De même, le
nombre kz correspond au résultat d’une homothétie de
rapport k centrée à l’origine appliquée à z . La figure ci-
contre montre quelques exemples.
22
Ņ Multiplication
Définition : Soient a, b, c, d ∈ R, et soient z = a + bi et w = c + di des éléments de C. Le
produit de z et w est défini par
z × w := (ac − bd) + (ad + bc)i.
Remarques :
• On notera z × w par zw, ou encore z · w.
• La commutativité de la multiplication et de l’addition dans R implique que
zw = wz ∀z, w ∈ C.
• Pour effectuer des calculs, on utilise les propriétés d’associativité, de commutativité et
de distributivité connues dans R, et on ajoute la règle de calcul i2 = −1.
• Nous verrons l’interprétation géométrique de la multiplication de deux nombres
complexes dans le prochain module, en exploitant la forme polaire.
23
Ņ Quelques exemples
Exemples : Trouvez la forme cartésienne de chacun des nombres suivants :
• 1 + i + 8i ; 1 + 9i
• (π + i)(π − i) ; 1 + π2
• (1 + i)2 (2 + 2i) ; −4 + 4i
• i2000 + (1 + i)(1 − 2i − i3 ). 3
24
Ņ Module d’un produit
Proposition : Soit z1 , z2 des nombres complexes. Alors
|z1 z2 | = |z1 | · |z2 |.
Soit z1 = a + bi et z2 = c + di des nombres complexes sous forme cartésienne. Nous avons que
|z1 z2 | = |(ac − bd) + (ad + bc)i|
p
= (ac − bd)2 + (ad + bc)2
p
= a 2 c 2 + b2 c 2 + a 2 d 2 + b2 d 2
p
= c2 (a2 + b2 ) + d2 (a2 + b2 )
p p
= a 2 + b2 c 2 + d 2
= |z1 | · |z2 |.
25
Ņ L’inverse d’un nombre complexe
Définition : Soient z ∈ C⋆ . L’inverse (multiplicatif) de z , noté z −1 ou z1 , est l’unique solution
à l’équation
z× = 1.
Remarques :
• Le nombre 0 n’a pas d’inverse multiplicatif ; il n’y a pas de solution à l’équation
0× = 1.
• Lorsqu’on parle de l’inverse d’un nombre complexe, c’est de l’inverse multiplicatif dont
il est question.
26
Ņ Calcul de l’inverse
Proposition : Soit z = a + bi un nombre complexe non nul exprimé sous sa forme carté-
sienne. Pour trouver la forme cartésienne de z −1 , il suffit d’effectuer le calcul suivant :
1 1 a − bi a − bi z
z −1 := = × = 2 = 2.
a + bi a + bi a − bi a +b 2 |z|
Exemples :
• Quel est l’inverse de i ? −i
• Quel est l’inverse de 2 + i ? 2
5 − 51 i
• Quel est l’inverse de 2−i
1
? 2−i
27
Ņ Quotient de deux nombres complexes
Proposition : Soient z = a + bi et w = c + di, deux nombres complexes exprimés sous
forme cartésienne, avec w ̸= 0. Pour trouver la forme cartésienne de z
w, il suffit d’effectuer
le calcul suivant :
z a + bi a + bi c − di (a + bi)(c − di) zw
:= = × = = .
w c + di c + di c − di c 2 + d2 |w|2
28
Ņ Exemples de calculs
Exemples :
• Quel est la forme cartésienne de 1−i
2−i ?
3
5 − 1
5 i
• Quel est la forme cartésienne de 3i+ 2i(1−i)
2−i ?
2 21
5 + 5 i
5
• Quel est la forme cartésienne de 21−i
5 −i3 ?
1025 − 1025 i
31 33
29
Remarques :
• Si on exprime l’expression zw
|w|2 en fonction de a, b, c et d, nous obtenons que
a + bi ac + bd bc − ad
= 2 + 2 i,
c + di c + d2 c + d2
z
ce qui constitue la forme cartésienne de w.
• Le plus important est de se souvenir que pour calculer le quotient wz , il faut multiplier
le numérateur et le dénominateur par w .
• Les calculs précédents nous font remarquer que pour tout nombre complexe z , on a
que zz = |z|2 .
30
Ņ Propriétés du module et du conjugué
La proposition suivante fournit un résumé de quelques propriétés du module et du conjugué
en lien avec les opérations précédemment définies.
Proposition (propriétés du module et du conjugué) :
Soient z, z1 , z2 ∈ C et n un entier, alors on a les égalités suivantes.
1. |z1 z2 | = |z1 | |z2 | 4. |z| = |z| 8. z1 z2 = z1 z2
|z1 | 2
z1 5. zz = |z| z1 z1
2. = si z2 ̸= 0. 9. = si z2 ̸= 0
z2 |z2 | 6. z1 + z2 = z1 + z2 z2 z2
n
3. |z n | = |z| 7. z1 − z2 = z1 − z2 10. z n = z n
31
Lieux géométriques
Ă Décrire en termes géométriques un
ensemble de nombres complexes
Ņ Définition
Définition : Un lieu géométrique dans le plan complexe est un sous-ensemble de C.
Généralement, on veut connaître l’ensemble des éléments de C qui vérifient une équation
donnée. Parfois il faut en plus interpréter le lieu qui est décrit sous forme d’équation.
Par exemple, on pourrait vouloir décrire le lieu géométrique des nombres complexes z qui
respectent l’équation |z − 1 − 2i| = 6.
32
Ņ Stratégie de résolution
Généralement, on adoptera une des deux stratégies suivantes pour trouver une représentation
du lieu géométrique décrit par une équation.
1. Démarche algébrique : On pose z = x + iy et manipule algébriquement pour obtenir une
relation interprétable entre x et y.
2. Démarche géométrique : On interprète l’équation géométriquement pour tirer
rapidement des conclusions.
Remarques :
• La démarche géométrique s’appuie souvent sur le concept Im
clef suivant : Si z1 et z2 sont deux nombres complexes, on a
que |z2 − z1 | donne la distance euclidienne entre z1 et z2 . z1 | z
• 2 −
z1
|
•z2 Re
• Il peut arriver que l’on combine les deux types de démarches ou que l’on fasse appel à
d’autres types d’arguments pour conclure. 33
Ņ Exemple d’une démarche algébrique
Quel est le lieu géométrique des nombres complexes z qui respectent l’équation
|z − 1 − 2i| = 6 ?
En posant z = x + iy avec x ∈ R et y ∈ R, on trouve la chaîne d’équivalence suivante
⇐⇒ |z − 1 − 2i| = 6
⇐⇒ |x + iy − 1 − 2i| = 6
⇐⇒ |(x − 1) + (y − 2)i| = 6
p
⇐⇒ (x − 1)2 + (y − 2)2 = 6
⇐⇒ (x − 1)2 + (y − 2)2 = 36
On reconnaît l’équation de la forme (x − h)2 + (y − k)2 = r 2 , il s’agit d’un cercle de rayon 6
centré au point (1, 2). Conséquemment le lieu géométrique est l’ensemble des nombres z sur
le cercle de rayon 6 centré en 1 + 2i.
34
Ņ Exemple d’une démarche géométrique
Quel est le lieu géométrique des nombres complexes z qui respectent l’équation
|z − 1 − 2i| = 6 ?
On peut réécrire l’équation sous la forme |z − (1 + 2i)| = 6. Conséquemment, Les nombres
complexes z respectant cette équation sont ceux pour lesquels la distance qui les séparent du
nombre 1 + 2i est constante et égale à 6. Il s’agit précisément de la définition du cercle de
rayon 6 centré sur le nombre 1 + 2i.
Ce dernier exemple est un cas particulier pour lequel la proposition suivante s’applique.
Proposition : Im •z
r
Soit w ∈ C, et soit r ∈]0, ∞[. Le lieu des nombres complexes z •w
satisfaisant |z − w| = r est un cercle de rayon r centré en w .
Re
Dans le dernier exemple, on remarque que la solution faisant appel à une interprétation
géométrique directe est plus rapide. Cependant, il n’est pas toujours possible de procéder ainsi. 35
Ņ Exemples de lieux géométriques
• Quel est le lieu des points du plan complexe dont la partie réelle est égale au double de la
partie imaginaire ?
C’est l’ensemble z ∈ C : y = x
2, où x = Re(z) et y = Im(z) , qui correspond à une
droite.
• Quel est le lieu des points du plan complexe dont la partie imaginaire est égale à 2i ?
C’est ∅, l’ensemble vide.
• Quel est le lieu des
n points z du plan complexe vérifiant |z − 2i| =oIm(z) ?
x2
C’est l’ensemble z ∈C:y =1+ 4 , où x = Re z et y = Im(z) , qui correspond à une
parabole.
• Quel est le lieu des points z du plan complexe vérifiant |z − 2i| = z ?
C’est l’ensemble vide
36
Ņ Description complexe de l’ellipse et de l’hyperbole
Théorème : Soient w1 et w2 deux éléments distincts de C, et soit a ∈]0, ∞[.
Si 2a > |w1 − w2 |, le lieu des nombres complexes z satisfaisant
|z − w1 | + |z − w2 | = 2a
est une ellipse de foyers w1 , w2 et de grand axe 2a.
De même, si 2a < |w1 − w2 |, le lieu des nombres complexes z satisfaisant
|z − w1 | − |z − w2 | = ±2a
est une hyperbole de foyers w1 , w2 et de grand axe 2a.
Dans le cas où la condition sur le nombre 2a n’est pas vérifiée, il se peut qu’aucun nombre
complexe z ne satisfasse ce genre d’équation. C’est notamment le cas de l’équation
|z − 1| + |z + 1| = 1, dont l’ensemble des solutions correspond à l’ensemble vide (noté ∅).
37
Ņ Description complexe de l’ellipse et de l’hyperbole (suite)
L’idée derrière le dernier théorème est simplement la traduction en équation de la définition
géométrique de l’ellipse et de l’hyperbole.
Une ellipse est l’ensemble des points dont Une hyperbole est l’ensemble des points
la somme des distances à deux points fixes, dont la différence des distances à deux
appelés foyers, est constante. points fixes, appelés foyers, est égale à plus
z ou moins une constante.
|z − w2 | z
1|
w
−
w2
|z − w2 |
|z
|
w1
−
|z
w1 w2
w1 2a
2a
38