Le système
monétaire internai
Principes clés
• Un système monétaire international (SMI) est un ensemble de mécanismes et"
d'institutions visant à organiser les échanges de monnaies entre les pays.
• Un système de changes fixes est un système monétaire international selon lequel
les parités entre les monnaies nationales sont fixées par un accord international.
• Un système de changes flexibles est un système monétaire international selon
lequel les parités entre les monnaies nationales fluctuent en fonction de l'offre et
de la demande des différentes monnaies sur le marché des changes.
Ir
Il Eléments et analyse
A. Les fonctions d'un SMI
La conversion des prix étrangers en prix nationaux il s'agit, ici, de la premiè-
re fonction à remplir par tout système monétaire international. Les échanges inter -
nationaux de biens et services se heurtent au problème de la mesure de leur valeur,
en raison de leur expression dans des unités différentes. Il convient alors de déter-
miner un moyen de passer des prix nationaux aux prix étrangers. Cela s'opère par
le taux de change qui est le prix d'une monnaie exprimé en une autre monnaie.
Le taux de change peut être obtenu par référence à une unité de compte commune,
l'or, une devise de référence, ou un panier de devise (euro). Dans ce cas, le taux de
change est défini officiellement de manière, en général, fixe. Cependant, il peut ne
pas avoir de définition officielle et être déterminé par la loi de l'offre et de la
demande sur le marché des changes.
La convertibilité des monnaies : si le taux de change permet d'exprimer les
valeurs des monnaies entre elles, rien n'indique qu'elles s'échangeront pour autant.
Pour cela, il faut que les autorités monétaires de chaque pays acceptent de garantir
le remboursement de leur monnaie lorsque celle-ci est présentée en échange d'une
autre. Le risque est grand, en effet, si l'émission monétaire est trop importante, de
devoir s'endetter en monnaies étrangères pour rembourser les détenteurs non-rési-
dents de monnaie nationale. La convertibilité est largement liée à la confiance des
détenteurs de la monnaie nationale pour qu'ils ne réclament pas, tous ensemble, sa
conversion. Cette confiance, on le conçoit aisément, est liée à la situation écono-
mique du pays.
Économie générale
L'existence de liquidités internationales un système monétaire international
doit permettre de résoudre un problème inhérent à toute économie nationale : la
création de monnaie sera t-elle suffisante pour que les agents économiques, à
l'échelle de la planète, puissent régler leurs échanges ? (le dollar est, par exemple,
la monnaie de paiement des produits pétroliers). En effet, toutes les monnaies ne
sont point acceptées de la même manière en règlement des échanges internatio-
naux. L'accès à une monnaie internationale doit être possible lorsqu'un pays
connaît un déficit de ses échanges extérieurs : l'or, une monnaie internationale
acceptée par tous, ou un système de compensation des dettes par l'intermédiaire du
Fonds monétaire international qui joue alors le rôle d'une banque.
B. L'évolution récente du SMI
Les fondements du système monétaire actuel depuis les accords de la Jamaïque,
à Kingston en 1976, les changes flexibles sont généralisés à l'échelle de la planète.
Mis à part les exceptions où, régionalement, certains ont décidé de poursuivre entre
eux une relative fixité des changes (Système monétaire européen puis Union éco-
nomique et monétaire et SME bis) il n'existe pas d'étalon de mesure des mon-
naies. Ainsi, la livre flotte par rapport au dollar mais est « fixe » par rapport à Peu-
ro. Selon les théories de la flexibilité des changes, ce système libère les autorités
monétaires de toute intervention pour la défense de la parité de la monnaie nationa-
le. Ce sont les mécanismes de marché qui permettent d'ajuster les taux de change et
d'éliminer les déficits extérieurs, sans obliger à une manipulation des taux d'intérêt
qui peut être préjudiciable à l'activité économique nationale.
Le fonctionnement du SMI actuel
Diminution des avoirs __ - Besoin de devises
en compte en monnaie
rn. .
internationale Déficits des Ventes de monnaie
nationaleou d'autres
devises
bwances des
Liquidités
Fui monétaire internationales Marché des changes-__,..( Détermination
igerr2fional (dollars, yens, (échanges de monnaie) J \ des taux de
euros)
A Sondes avoirs e --
— en devises (remboursables —
àITTE) — - Obtention de devises
- - - FIion iisfibitionnelle
PàWlation par le marché
FICHE 29 - Le système monétaire international
Le bilan du flottement des monnaies : la réalité économique nous conduit à rela-
tiviser la théorie des changes flexibles. En effet, on observe que les déséquilibres
extérieurs n'ont pas disparus mais au contraire se sont amplifiés entre, par
exemple, les États-Unis, le Japon et l'Allemagne. Le retour à l'équilibre extérieur
par le mécanisme du marché des changes ne se vérifie que difficilement. En outre,
force est de constater que l'action sur les taux d'intérêt est loin d'être devenue
autonome, tant les évolutions sur le marché des changes résultent des mouvements
de capitaux, eux-mêmes très sensibles aux variations de taux d'intérêt. Enfin, la
variabilité des taux de changes résultant du flottement représente un coût supplé-
mentaire pour les entreprises qui doivent se couvrir contre le risque de change.
D'autre part, la confiance. en une monnaie internationale s'est disséminée puisque
apparaissent, aujourd'hui, plusieurs monnaies pouvant prétendre à ce statut, ce qui
est source de spéculation et donc d'instabilité des changes. On assiste donc à un
polycentrisme monétaire autour du dollar américain, du yen japonais, et de Peu-
ro, principales monnaies de réserve.
La coopération monétaire internationale: les pays les plus riches du monde,
dans le cadre du G7, ont entériné les échecs du flottement des monnaies et se sont
entendus sur la nécessité d'encadrer les évolutions des taux de change. C'est tout
d'abord dans le cadre des accords du Plazza en 1985, puis avec les accords du
Louvre en 1987 qu'ils ont inauguré une ère nouvelle de « gestion concertée des
changes ». Le principe est celui des zones cibles de change, définies en commun
et en secret pour éviter que ne se déchaîne la spéculation. Selon ce principe, des
marges de fluctuations relativement larges (+ ou - 10 à 15%) sont déterminées, à
charge pour chacun des pays de défendre sa parité à l'intérieur des marges.
En outre, il existe un triangle d'incompatibilité entre la liberté des mouvements
de capitaux, la stabilité des changes et l'autonomie des politiques monétaires qui
conduit les membres du G7 à s'entendre, chaque année dans le cadre du FMT, sur
leurs objectifs de politique économique.
UI Compléments: le Fonds Monétaire
International (FMI)
Le Fonds monétaire international a été créé en 1944 en vue de résoudre les diffi-
cultés liées aux déséquilibres des balances des paiements que pourraient connaître
certains pays. II s'agit, pour ces derniers, de leur permettre de faire face à l'épuise-
ment de leurs réserves de change en empruntant des devises auprès du FMI.
Chaque pays, en fonction de sa taille économique, verse au FMI une quote-part
en monnaie nationale et en or, ce qui lui donne un droit de vote proportionnel pour
les décisions que doit prendre le FMI pour accorder ou non un prêt. En outre, cette
quote-part détermine le montant qu'un pays peut emprunter.
Économie générale
Les emprunts des pays membres sont appelés droits de tirage. Jusqu'à une certai-
ne limite ces droits de tirages sont automatiques et sans conditions. Au-delà, lors-
qu'un pays souhaite à nouveau emprunter des devises, il doit faire appel au méca-
nisme des Droits de tirage spéciaux (DTS). En contrepartie de l'obtention de ces
DTS, le pays concerné doit s'engager sur des échéances précises de rembourse-
ment et sur le suivi d'une politique économique permettant ce remboursement. Il
est à noter que le remboursement intégral des DTS n'est pas exigé, ce qui confère
au FMI un rôle (faible cependant), de création monétaire internationale.
Certains analystes considèrent que le FMI, en assurant un rôle de prêteur en der-
nier ressort en cas de difficulté, accroît les risques de crises. C'est le phénomène
d'aléa moral qui veut que les banques et les institutions financières internationales
prennent plus de risques; sachant à l'avance que le FMI est disposé à mettre en
place un dispositif de sécurité destiné à couvrir une partie des pertes.
Application
Énoncé
Solution
On entend par spéculation le comportement des agents économiques qui, sur les mar-
chés, consiste à acheter et à vendre des devises en vue de réaliser des gains de change
grâce aux variations de cours.
II convient de rappeler que les spéculateurs existent car certains agents économiques
cherchent à se protéger contre des variations de cours. Pour cela il est nécessaire que
d'autres agents acceptent le risque qu'ils n'ont pas souhaité courir.
La notion de bonne spéculation renvoie à l'idée que les spéculateurs ne font qu'anti-
ciper des évolutions économiques qui résultent de décisions politiques impropres, tant
de la part des banques et des entreprises que des gouvernements. En ce sens elle joue
un rôle d'avertisseur.
Cependant, la spéculation est considérée comme mauvaise lorsqu'elle conduit à un
décalage entre la parité observée d'une monnaie sur le marché des changes et la pari-
sé l'on serait en droit d'attendre eu égard aux données fondamentales de l'écono-
mie (taux d'inflation, taux d'intérêt, solde extérieur, etc.). La mauvaise spéculation est
finalement celle qui provoque et accentue des déséquilibres dans le but unique d'en-
ûdii les spéculateurs. En ce sens on peut dire que les crises financières de change
s8àdew beaucoup plus dans la phase de gonflement exagéré des cours que dans leur
chm brutale qui génèrent des déséquilibres durement ressentis par les populations
(iiou, dépression, chômage).
FICHE 29 Le système monétaire international