Introduction aux Équations aux Dérivées Partielles
Introduction aux Équations aux Dérivées Partielles
Faculté de Mathématiques
USTHB
D. Teniou
Table des matières
Chapitre 1
Préambule
1
2 1. PRÉAMBULE
1. Quelques notations
La nature est généralement régie par des lois qui s’expriment par des relations
F (x, y, . . . , u, ux , uy , . . . , uxx , uxy , . . .) = 0
∂u
où ux := ∂x
etc sont les dérivées partielles de u.
Nous allons dans ce bref préambule, expliciter quelques unes de ces lois, ce qui per-
mettra en même temps de faire ressortir l’importance des équations aux dérivées
partielles (EDP) dans la vie de tous les jours, et de motiver l’intérêt de ce cours.
Un milieu (qui peut être un corps solide, un liquide, un substrat, etc), est en général
noté Ω ⊂ Rd (sauf en dimension un où il est plutôt noté I) ; d est la dimension spatiale
et dans les situations réelles, d = 1, 2 où 3. On l’appelle souvent domaine.
L’état (d’une substance par exemple) au point x et à l’instant t considéré est la
plupart du temps noté
u(x, t), x ∈ Ω, t ∈ [0, T ) ⊂ [0, ∞) ou parfois t ∈ R
On a également une fonction φ = φ(x, t)) , (vectorielle si u est scalaire) qui va
intervenir dans la modélisation et qui est définie par le flux traversant ∂ω, où ω ⊂ Ω
est un sous domaine de Ω et ∂ω sa frontière.
La densité de source (second membre de l’équation) est notée f (x, t)
L’intégrale :
Z
U (ω, t) := u(x, t)dx
ω
représente la quantité totale considérée dans ω, au temps t. L’intégrale
Z t2 Z
U (ω, t1 , t2 ) := u(x, t)dxdt
t1 ω
Choisissons ω régulier, c’est à dire que son bord représente une surface (dans le cas
d=3), régulière (respectivement une courbe (dans le cas d=2) régulière). Soit n(x)
la normale unitaire extérieure à ce bord. On définit :
Z
Φ(∂ω, t) := φ(x, t).n(x)dS
∂ω
Dans les définitions que l’on vient de donner, le temps intervenait, auquel cas, on dit
que le système est évolutif. Si le temps n’intervient pas, on dit que le système est
stationnaire.
Nous allons maintenant donner une première loi de conservation. Pour simplifier,
nous allons supposer que u est un scalaire.
La loi de conservation évolutive (équilibre) dit que la différence de la quantité totale
U dans ω entre t1 et t2 est égale au flux traversant ∂ω entre t1 et t2 , auquel on ajoute
la quantité produite par la source dans ω durant l’intervalle de temps [t1 , t2 ].
En langage mathématique, cela s’écrit :
Z Z Z t2 Z
u(x, t2 )dx − u(x, t1 )dx = − φ(x, t).n(x)dSdt
ω ω t1 ∂ω
(1) Z t2 Z
+ f (x, t)dxdt
t1 ω
Par convention, le flux est considéré comme positif dans la direction de la normale
extérieure n.
Nous allons maintenant R t2 supposer que les fonctions sont “régulières”. Remplaçons
∂u(x,t)
u(x, t2 ) − u(x, t1 ) par t1 ∂t dt, la formule (??) devient ;
Z t2 Z Z t2 Z
∂u(x, t)
dxdt = − φ(x, t).n(x)dSdt
t1 ω ∂t t1 ∂ω
(2) Z t2 Z
+ f (x, t)dxdt
t1 ω
4 1. PRÉAMBULE
En fait, bien que la source f soit connue, nous avons néanmoins deux inconnues, à
savoir u et φ. Cette équation n’est donc pas suffisante pour déterminer une solution
et on aura besoin d’une autre relation (loi).
∂u
∂t
− K∆u = f
Les Caractéristiques
7
8 2. LES CARACTÉRISTIQUES
1. L’équation de transport
Une question qui se pose est alors celle de l’unicité. Quelles conditions supplémen-
taires peut-on ajouter pour avoir l’unicité de la solution.
Soit γ une courbe paramétrisée, définie par x = ξ(s), t = τ (s) et soit donnée le long
de cette courbe une fonction φ = φ(s).Imposons à cette courbe de ne couper les
droites x − ct = const qu’en un point au maximum.
Imposons à la fonction u de prendre les valeurs φ sur γ ( u|γ = φ )
• L’unicité n’est assurée que sur les droites qui coupent la courbe, en dehors,
l’unicité n’est plus assurée.
10 2. LES CARACTÉRISTIQUES
Figure 5. initiales2
2
Figure 6. Solution u(x, t) = e−(3t+x)
On peut aussi utiliser la méthode des coordonnées caractéristiques pour la forme plus
générale suivante
(8) a ∂u
∂x
+ b ∂u
∂y
+ c(x, y)u = f (x, t) .
avec a2 + b2 6= 0.
Le vecteur v est égal à v = (a(x, y), b(x, y)). Sans restreindre la généralité, on peut
b(x,y)
supposer que a(x, y) 6= 0 et la direction ce v sera la même que celle de w = (1, a(x,y)) .
L’équation devient
b(x, y)
ux + uy = 0.
a(x, y)
Supposons que les fonctions a et b soient régulières. Alors, on peut résoudre l’équation
b(x,y)
différentielle ordinaire y 0 = a(x,y) , dont la solution y est donnée en fonction d’une "
constante" α ; y = y(x, α) qui définit les caractéristiques.
2. L’ÉQUATION DES ONDES 15
2.1. Le cas homogène. Nous allons dans cette section étudier l’équation des
ondes en une dimension d’espace, appelée aussi équation des cordes vibrantes, car elle
modélise également le mouvement d’une corde soumise à des petites vibrations.
∂ 2u 2
2∂ u
(9) − c =0
∂t2 ∂x2
Nous allons pour cela utiliser les résultats obtenus lors de l’étude de l’équation de
transport.
Écrivons cette équation sous la forme :
∂ ∂ ∂u ∂u
( − c )( +c )=0
∂t ∂x ∂t ∂x
∂u
Désignons par v = ∂t
+ c ∂u
∂x
. L’équation se transforme alors en le système :
(
∂u
∂t
+ c ∂u
∂x
=v
∂v ∂v
∂t
− c ∂x = 0
D’après la section précédente, la solution générale de la seconde équation s’écrit :
v = G(x + ct) où G est une fonction arbitraire modulo un minimum de régularité.
On peut alors toujours l’écrire sous la forme v = 2cg 0 (x + ct) où g est une fonction
arbitraire régulière.
La première équation du système devient donc :
∂u ∂u
+c = 2cg 0 (x + ct)
∂t ∂x
16 2. LES CARACTÉRISTIQUES
Formule également appelée formule de d’Alembert alors qu’elle est due à Euler.
et Z x
1 1
g(x) = φ(x) + ψ(ξ)dξ + b
2 2c x0
2. L’ÉQUATION DES ONDES 17
seulement si [x0 − ct0 , x0 + ct0 ] ∩ [a, b] 6= ∅. Ainsi les points (x, t) influencés par [a, b]
sont les points tels que :
x − ct ≤ b ou x + ct ≥ a
Ces points sont donc ceux qui sont à l’intérieur du cône caractéristique de base [a, b]
et de côté les demi droites x + ct = a et x − ct = b. Si les données sont nulles en
dehors de l’intervalle [a, b], alors u est nulle en dehors de la zone d’influence qui vient
d’être définie.
2.4. Le cas non homogène. Nous allons maintenant traiter le cas où le second
membre est non [Link] maintenant qu’une force extérieure F (x, t) agit sur
la corde, nous remplaçons donc dans l’équation (??) zéro par F (x, t)
∂ 2u 2
2∂ u
(10) − c = F (x, t)
∂t2 ∂x2
2. L’ÉQUATION DES ONDES 19
Théorème 2.1. Le problème de Cauchy non homogène admet une solution et une
seule.
Existence
Nous allons chercher une solution explicite. Pour cela utilisons la formule de Green
Proposition 2.1.1 (Rappel). Si Ω est un ouvert du plan à frontière régulière Γ par
morceaux, et si P (x, t) et Q(x, t) sont deux fonctions régulières, alors :
ZZ I
[Q(x, t)x − P (x, t)t ]dx dt = [P (x, t)dx + Q(x, t)dt]
Ω Γ
Supposons que nous ayons effectivement une solution u(x, t). Soit (x0 , t0 ) donné dans
le demi plan supérieur t > 0. Soit ∆ le triangle caractéristique de sommet supérieur
(x0 , t0 ). Soit L0 , L1 , L2 les côtés de ce triangle (base, côté droit et côté gauche).On a
∂ 2u ∂ 2u
ZZ ZZ
− F (x, t)dxdt = (c2 2 − 2 )dxdt
∆ ∆ ∂x ∂t
posons Q = c2 ux et P = ut . La formule de Green, donne
ZZ I Z Z Z
2
− F (x, t)dxdt = [ut dx + c ux dt] = + + [ut dx + c2 ux dt]
∆ Γ L0 L1 L2
Sur la base L0 , dt = 0, on en déduit :
Z Z x0 +ct0 Z x0 +ct0
2
[ut dx + c ux dt] = ut (x, 0)dx = ψ(x)dx
L0 x0 −ct0 x0 −ct0
sur le côté droit L1 , nous avons x + ct = x0 + ct0 et ainsi dx + cdt = 0, d’où
Z Z Z
2
[ut dx + c ux dt] = −c (ut dt + ux dx) = −c du
L1 L1 L1
= −c[u(x0 , t0 ) − u(x0 + ct0 , t0 )] = −c[u(x0 , t0 ) − φ(x0 + ct0 )]
il en est de même pour le côté gauche qui nous donne
Z
[ut dx + c2 ux dt] = c[φ(x0 − ct0 ) − u(x0 , t0 )].
L2
Ainsi,
ZZ Z x0 +ct0
− F (x, t)dxdt = ψ(x)dx + c[f (x0 − ct0 ) + φ(x0 + ct0 ) − 2u(x0 , t0 )]
∆ x0 −ct0
20 2. LES CARACTÉRISTIQUES
soit
x0 +ct0
φ(x0 − ct0 ) + φ(x0 + ct0 )
Z ZZ
1 1
u(x0 , t0 ) = + ψ(x)dx + F (x, t)dxdt
2 2c x0 −ct0 2c ∆
(x0 , t0 ) étant arbitraire, nous avons donc bien une solution explicite donnée par la
formule (de d’Alembert)
φ(x − ct) + φ(x + ct) 1 x+ct
Z ZZ
1
(11) u(x, t) = + ψ(x)dx + F (ξ, τ )dξdτ
2 2c x−ct 2c ∆
Il reste à montrer que u ainsi définie est bien une solution. Nous allons utiliser le
principe de superposition. Soit
1 t x+c(t−τ )
ZZ Z Z
1
v(x, t) = F (ξ, τ )dξdτ = F (ξ, τ )dξdτ
2c ∆ 2c 0 x−c(t−τ )
Nous allons voir que v est solution de (??) avec conditions initiales nulles (sous
l’hypothèse que F et Fx soient continues. Nous avons bien
v(x, 0) = 0
Utilisons la formule de dérivation suivante
∂ b(t)
Z Z b(t)
0 0 ∂
G(ξ, t)dξ = G(b(t), t)b (t) − G(a(t), t)a (t) + G(ξ, t)dξ
∂t a(t) a(t) ∂t
il vient
1 x 1 t
Z Z
vt (x, t) = F (ξ, t)dt + [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2c x 2 0
1 t
Z
= [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
en particulier
vt (x, 0) = 0
Les conditions initiales homogènes sont donc vérifiées.
Dérivons v deux fois par rapport à t, nous trouvons
c t
Z
vtt = F (x, t) + [Fx (x + c(t − τ ), τ ) − Fx (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
de même,
Z t
1
vx (x, t) = [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2c 0
2. L’ÉQUATION DES ONDES 21
et
1 t
Z
vxx (x, t) = [Fx (x + c(t − τ ), τ ) + Fx (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
Nous voyons bien que v est solution de l’équation des ondes avec second membre F
non nul et des conditions initiales nulles. De même, si nous notons w la solution de
l’équation des ondes avec second membre nul et des conditions initiales non nulles,
nous trouvons que w satisfait la première formule de d’Alembert.
La principe de superposition permet alors de conclure que u = w + v est solution de
notre problème.
Chapitre 3
La classification
23
Chapitre 4
25