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Introduction aux Équations aux Dérivées Partielles

Le document présente un cours sur les équations aux dérivées partielles (EDP) et leur importance dans la modélisation de phénomènes naturels. Il aborde des concepts fondamentaux tels que la loi de conservation évolutive et stationnaire, ainsi que des exemples d'applications comme l'équation de transport, de diffusion, de la chaleur et des ondes. Le texte souligne également la nécessité de conditions supplémentaires pour garantir l'unicité des solutions aux équations considérées.

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Introduction aux Équations aux Dérivées Partielles

Le document présente un cours sur les équations aux dérivées partielles (EDP) et leur importance dans la modélisation de phénomènes naturels. Il aborde des concepts fondamentaux tels que la loi de conservation évolutive et stationnaire, ainsi que des exemples d'applications comme l'équation de transport, de diffusion, de la chaleur et des ondes. Le texte souligne également la nécessité de conditions supplémentaires pour garantir l'unicité des solutions aux équations considérées.

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Cours EDP Licence

Faculté de Mathématiques
USTHB

D. Teniou
Table des matières
Chapitre 1

Préambule

1
2 1. PRÉAMBULE

1. Quelques notations

La nature est généralement régie par des lois qui s’expriment par des relations
F (x, y, . . . , u, ux , uy , . . . , uxx , uxy , . . .) = 0
∂u
où ux := ∂x
etc sont les dérivées partielles de u.
Nous allons dans ce bref préambule, expliciter quelques unes de ces lois, ce qui per-
mettra en même temps de faire ressortir l’importance des équations aux dérivées
partielles (EDP) dans la vie de tous les jours, et de motiver l’intérêt de ce cours.
Un milieu (qui peut être un corps solide, un liquide, un substrat, etc), est en général
noté Ω ⊂ Rd (sauf en dimension un où il est plutôt noté I) ; d est la dimension spatiale
et dans les situations réelles, d = 1, 2 où 3. On l’appelle souvent domaine.
L’état (d’une substance par exemple) au point x et à l’instant t considéré est la
plupart du temps noté
u(x, t), x ∈ Ω, t ∈ [0, T ) ⊂ [0, ∞) ou parfois t ∈ R
On a également une fonction φ = φ(x, t)) , (vectorielle si u est scalaire) qui va
intervenir dans la modélisation et qui est définie par le flux traversant ∂ω, où ω ⊂ Ω
est un sous domaine de Ω et ∂ω sa frontière.
La densité de source (second membre de l’équation) est notée f (x, t)
L’intégrale :
Z
U (ω, t) := u(x, t)dx
ω
représente la quantité totale considérée dans ω, au temps t. L’intégrale
Z t2 Z
U (ω, t1 , t2 ) := u(x, t)dxdt
t1 ω

représente la quantité totale dans ω et durant l’intervalle de temps [t1 , t2 ].


Par exemple, la masse totale dans ω à l’instant t de densité ρ(x, t) est égale à :
Z
m(ω, t) := ρ(x, t)dx
ω

et la masse contenue dans ω durant l’intervalle de temps [t1 , t2 ], est


Z t2 Z
m(ω, t1 , t2 ) := ρ(x, t)dxdt
t1 ω
2. LOI DE CONSERVATION ÉVOLUTIVE 3

Choisissons ω régulier, c’est à dire que son bord représente une surface (dans le cas
d=3), régulière (respectivement une courbe (dans le cas d=2) régulière). Soit n(x)
la normale unitaire extérieure à ce bord. On définit :
Z
Φ(∂ω, t) := φ(x, t).n(x)dS
∂ω

qui est la ”quantité totale ” qui traverse le bord à l’instant t.


On définit de même Φ(∂ω, t1 , t2 ), F (∂ω, t), F (∂ω, t1 , t2 ).

2. Loi de conservation évolutive

Dans les définitions que l’on vient de donner, le temps intervenait, auquel cas, on dit
que le système est évolutif. Si le temps n’intervient pas, on dit que le système est
stationnaire.
Nous allons maintenant donner une première loi de conservation. Pour simplifier,
nous allons supposer que u est un scalaire.
La loi de conservation évolutive (équilibre) dit que la différence de la quantité totale
U dans ω entre t1 et t2 est égale au flux traversant ∂ω entre t1 et t2 , auquel on ajoute
la quantité produite par la source dans ω durant l’intervalle de temps [t1 , t2 ].
En langage mathématique, cela s’écrit :
Z Z Z t2 Z
u(x, t2 )dx − u(x, t1 )dx = − φ(x, t).n(x)dSdt
ω ω t1 ∂ω
(1) Z t2 Z
+ f (x, t)dxdt
t1 ω

Par convention, le flux est considéré comme positif dans la direction de la normale
extérieure n.
Nous allons maintenant R t2 supposer que les fonctions sont “régulières”. Remplaçons
∂u(x,t)
u(x, t2 ) − u(x, t1 ) par t1 ∂t dt, la formule (??) devient ;
Z t2 Z Z t2 Z
∂u(x, t)
dxdt = − φ(x, t).n(x)dSdt
t1 ω ∂t t1 ∂ω
(2) Z t2 Z
+ f (x, t)dxdt
t1 ω
4 1. PRÉAMBULE

L’intervalle de temps étant arbitraire, quitte à diviser par t2 − t1 , et à faire tendre


cette quantité vers 0, on obtient :
Z Z Z
∂u(x, t)
(3) dx = − φ(x, t).n(x)dS + f (x, t)dx
ω ∂t ∂ω ω

Le théorème de la divergence nous donne la relation :


Z Z
φ(x, t).n(x)dS = divφ(x, t)dx
∂ω ω
Pd ∂φi
où divφ := i=1 ∂xi .

Là encore, la relation étant vraie pour tout sous domaine ω, on obtient :


∂u(x,t)
(4) ∂t
+ divφ(x, t) = f (x, t)

Remarque 2.1. Loi de conservation stationnaire


Dans beaucoup de situation, le phénomène est indépendant du temps, la dérivée par
rapport au temps est nulle et ainsi, la loi sous sa forme globale (ou intégrale) s’écrit :
Z Z
(5) φ(x).n(x)dS = f (x)dx
∂ω ω

et la loi sous sa forme ponctuelle s’écrit :

(6) divφ(x) = f (x)

En fait, bien que la source f soit connue, nous avons néanmoins deux inconnues, à
savoir u et φ. Cette équation n’est donc pas suffisante pour déterminer une solution
et on aura besoin d’une autre relation (loi).

3. Exemples (Lois constitutives)

3.1. Équation de transport ou de convection. Le modèle unidimensionnel


de convection décrit par exemple, la propagation d’un contaminant à travers un tube.
La relation entre la quantité d’état u qui est la concentration en contaminant, et la
quantité du flux φ est donnée par la loi constitutive :
φ = cu
3. EXEMPLES (LOIS CONSTITUTIVES) 5

où c est une constante positive correspondant à la vitesse de propagation du conta-


minant. La loi de conservation devient donc ce que l’on appelle l’équation de trans-
port :
∂u
∂t
+ c ∂u
∂x
=f

3.2. L’équation de diffusion. Le processus de diffusion est caractérisé par la


quantité d’état qui est la concentration d’une substance qui est diffusée et par son
flux dont la loi constitutive (loi de Fick) s’écrit :
φ = −k grad u
La constante k > 0 qui dépend du matériau, est appelée, coefficient de diffusion et
la loi de conservation appelée équation de diffusion devient :
∂u
− k∆u = f (x, t)
∂t
2
où ∆ appelé laplacien est défini par : di=1 ∂∂xu2 et est l’opérateur probablement le
P
i
plus important dans les équations aux dérivées partielles.

3.3. L’équation de la chaleur. Dans cette situation, la quantité u représente


la température, et la loi constitutive est donnée par la loi de Fourier
φ = −Kgrad u
La loi de conservation appelée équation de la chaleur devient :

∂u
∂t
− K∆u = f

le nombre K est appelé coefficient de diffusivité thermique. Remarquons que les


équations de diffusion et de la chaleur sont identiques.

3.4. L’équation des ondes (mouvement ondulatoire). Le mouvement on-


dulatoire est décrit par la densité de masse d’un milieu et son déplacement u et par
sa tension interne et son moment φ. Le modèle le plus simple (mais d’une importance
fondamentale) est modélisé comme suit Sa modélisalisation est un peu différente des
précédentes.
Désignons par w le déplacement, et posons u := ρ(x) ∂w ∂t
ce que nous appellerons la
quantité de mouvement. Le flux satisfait alors la relation φ(u) = −c2 ∇w où c est la
vitesse de la lumière, auquel cas, la loi de conservation devient
∂u 2
∂t
+ divφ = ρ(x) ∂∂tw2 − c2 ∆w = f
6 1. PRÉAMBULE

Si le milieu est homogène (ρ(x) = const), on normalise en prenant ρ = 1.


Remarque 3.1. Dans le cas stationnaire, les équations de diffusion et de la chaleur
se transforment en le laplacien.
Remarque 3.2. Les exemples donnés peuvent être trompeurs car ils pourraient faire
croire que les lois de la nature sont linéaires. En réalité, les lois constitutives qui ont
été données sont juste des approximations.
Par exemple, pour la loi de la diffusion φ(u) = k∇u, en réalité, k = k(u). Pour des
variations petites, on peut écrire
φ(u) = k(0)∇u + k 0 (θu)u∇u
et le second terme sera considéré comme négligeable par rapport au premier terme.
Chapitre 2

Les Caractéristiques

7
8 2. LES CARACTÉRISTIQUES

1. L’équation de transport

1.1. La dérivée directionnelle. L’exemple le plus simple d’équation aux dé-


rivées partielles est l’équation de transport.
∂u
(7) ∂t
+ c ∂u
∂x
=0
où c est une constante réelle.
Pour obtenir la solution générale, notons par v le vecteur (1, c) dans R. L’équation
de transport peut alors être considérée comme une dérivée directionnelle : ∂u
∂t
+ c ∂u
∂x
=
v.∇u = 0, où ∇u := grad u := ( ∂u , ∂u
∂t ∂x
).
Cette dérivée étant nulle, il s’en suit que la fonction est constante le long de la
direction (1, c) et ne dépend donc que d’une seule variable.
Les équations des droites de direction (1, c) sont : x = x(t) = ct + α où α est une
constante arbitraire, l’équation (??) devient
du ∂u dx ∂u
= + =0
dt ∂t dt ∂x
et la solution générale s’écrit donc :
u(x, t) = f (x − ct) = f (α)
où f est pour le moment une fonction arbitraire (dérivable). On peut dire que α est
le numéro de la droite.
Définition 1.1. Les droites x − ct = const sont appelées droites caractéristiques

Une question qui se pose est alors celle de l’unicité. Quelles conditions supplémen-
taires peut-on ajouter pour avoir l’unicité de la solution.
Soit γ une courbe paramétrisée, définie par x = ξ(s), t = τ (s) et soit donnée le long
de cette courbe une fonction φ = φ(s).Imposons à cette courbe de ne couper les
droites x − ct = const qu’en un point au maximum.
Imposons à la fonction u de prendre les valeurs φ sur γ ( u|γ = φ )

La fonction f et donc u sera déterminée comme suit :


pour chaque valeur de x − ct déterminons s de telle sorte que x − ct = ξ(s) − τ (s) . Si
la courbe coupe la droite, alors s existe et est unique. On pose alors f (x − ct) = φ(s).
La théorie des courbes permet de démontrer que si , ξ, τ, φ sont régulières, alors f est
régulière.
1. L’ÉQUATION DE TRANSPORT 9

Figure 1. Droites caractéristiques

Remarque 1.1. • On peut choisir la courbe γ d’une infinité de manière, en


particulier, un segment de l’axe des x ou un segment de l’axe des t, mais on
ne peut pas prendre une courbe qui coupe une droite quelconque en au plus
un point car alors à moins de conditions de compatibilité, la fonction f ne
peut être définie

Figure 2. Courbe initiale γ (bonnes)

• L’unicité n’est assurée que sur les droites qui coupent la courbe, en dehors,
l’unicité n’est plus assurée.
10 2. LES CARACTÉRISTIQUES

Figure 3. Courbes initiales (la première bonne, la deuxième mauvaise)

Figure 4. Domaine d’unicité

• Plus généralement, on peut considérer l’équation :


∂u ∂u
a +b = 0 avec a2 + b2 6= 0.
∂x ∂y
Elle s’écrit sous la forme v.∇u = 0, avec le vecteur v qui est égal à : v =
(a, b) et dont les droites caractéristiques sont : bx − ay = const. La solution
générale s’écrit sous la forme u(x, y) = f (bx − ay) avec f arbitraire.
1. L’ÉQUATION DE TRANSPORT 11

Figure 5. initiales2

Exemple 1. Considérons l’équation :


∂u ∂u
−3 =0
∂t ∂x
2
avec comme courbe γ l’axe des x avec u(x, 0) = e−x . Les courbes (droites) ca-
ractéristiques sont x + 3t = const et ainsi la solution (unique) est donnée par
2
u(x, t) = f (x + 3t). La fonction f étant déterminée par u(x, 0) = f (x) = e−x ,
soit
2
u(x, t) = e−(3t+x)

1.2. La méthode des coordonnées caractéristiques. Une autre manière de


procéder est d’effectuer un changement de variables :
x0 = ax + by, y 0 = bx − ay
le déterminant de ce système étant non nul, (x0 , y 0 ) forme un nouveau système de
coordonnées (il est à remarquer que dans ce système de coordonnées, y 0 = const est
une droite caractéristique). Le théorème de changement de variable donne alors
∂u ∂x0 ∂u ∂y 0
ux = + 0 = aux0 + buy0
∂x0 ∂x ∂y ∂x
∂u ∂x0 ∂u ∂y 0
uy = + = bux0 − auy0 .
∂x0 ∂y ∂y 0 ∂y
L’équation aux + buy devient
a2 ux0 + abuy0 + b2 ux0 − abuy0 = 0
soit : (a2 + b2 )uy0 = 0, c’est à dire
uy0 = 0.
12 2. LES CARACTÉRISTIQUES

2
Figure 6. Solution u(x, t) = e−(3t+x)

Il s’en suit que u(x0 , y 0 ) = f (y 0 ), c’est à dire


u(x, y) = f (bx − ay)

On peut aussi utiliser la méthode des coordonnées caractéristiques pour la forme plus
générale suivante

(8) a ∂u
∂x
+ b ∂u
∂y
+ c(x, y)u = f (x, t) .

Le changement de variable donne l’équation différentielle suivante


uy0 + c(ax0 + by 0 , y 0 )u = f (ax0 + by 0 , y 0 )
qui est une équation différentielle ordinaire linéaire, avec x0 considéré comme para-
mètre, facile à résoudre (théoriquement).
1. L’ÉQUATION DE TRANSPORT 13

Figure 7. Le changement de variables

Remarque 1.2. Dans le changement de variables, et si par exemple b 6= 0, on peut


tout aussi bien choisir comme nouvelles coordonnées :
ξ = bx − ay, τ = by
le déterminant de ce système étant lui aussi différent de zéro.
Exemple 2. Soit à trouver la solution générale de l’équation de transport
ut + ux − u = t
Les coordonnées caractéristiques sont ξ = x − t, τ = t, et l’équation devient
uτ − u = τ.
Si on étudie cette équation différentielle ordinaire en τ ; ξ étant considérée comme un
paramètre, on trouve comme solution générale de l’équation homogène : uH (ξ, τ ) =
g(ξ)eτ . Le second membre étant un polynôme en τ de degré un, on cherche donc une
solution particulière sous forme d’un polynôme et on trouve que uP (ξ, τ ) = −(1 + τ )
convient. La solution générale s’écrit donc sous la forme u(ξ, τ ) = uH (ξ, τ )+uP (ξ, τ ) ;
soit en revenant aux variables d’origine (x, t), on trouve :
u(x, t) = −(1 + t) + g(x − t)et
où g est une fonction arbitraire.

1.3. les équations à coefficients variables.


Exemple 3. Considérons l’équation
ux + yuy = 0.
La dérivée directionnelle se fait suivant le vecteur v −(1, y), qui cette fois ci n’est plus
constant, mais change avec y. Les courbes caractéristiques ne sont plus des droites,
∂y
mais des courbes dont les tangentes vérifient l’équation ∂x = y, équation qui donne
x
y = y(x, α) = αe courbe le long de laquelle la fonction u est constante.
14 2. LES CARACTÉRISTIQUES

Figure 8. Le champ de vecteurs v

En effet, pour α fixé, on a


d ∂u ∂u ∂u ∂u
u(x, y(x)) = + y0 = +y =0
dx ∂x ∂y ∂x ∂y
α est le ” numéro ” de la courbe (α = ye−x ).
Si l’on se donne f dérivable arbitraire, alors
u(x, y) = f (α) = f (ye−x )
est solution.
Donnons nous pour courbe γ, la droite x = 0, et imposons à la solution de satisfaire
u(0, y) = y 2 .
La relation u(0, y) = y 2 = f (y) implique que
u(x, y) = y 2 e−2x .

Considérons maintenant le cas général


a(x, y) ∂u
∂x
+ b(x, y) ∂u
∂y
=0

avec a2 + b2 6= 0.
Le vecteur v est égal à v = (a(x, y), b(x, y)). Sans restreindre la généralité, on peut
b(x,y)
supposer que a(x, y) 6= 0 et la direction ce v sera la même que celle de w = (1, a(x,y)) .
L’équation devient
b(x, y)
ux + uy = 0.
a(x, y)
Supposons que les fonctions a et b soient régulières. Alors, on peut résoudre l’équation
b(x,y)
différentielle ordinaire y 0 = a(x,y) , dont la solution y est donnée en fonction d’une "
constante" α ; y = y(x, α) qui définit les caractéristiques.
2. L’ÉQUATION DES ONDES 15

La solution u est donc constante le long de ces courbes caractéristiques


u(x, y(x, α)) = f (α)
car, comme dans le cas constant, on a
d ∂u ∂u ∂u b ∂u
u(x, y(x, α)) = + y0 = + =0
dx ∂x ∂y ∂x a ∂y
Remarque 1.3. La condition a2 + b2 permet aussi de travailler avec les courbes pa-
ramétrées, qui formeront les courbes caractéristiques. Elles sont solutions du système
(
x0 (t) = a(x(t), y(t))
y 0 (t) = b(x(t), y(t))

2. L’équation des ondes

2.1. Le cas homogène. Nous allons dans cette section étudier l’équation des
ondes en une dimension d’espace, appelée aussi équation des cordes vibrantes, car elle
modélise également le mouvement d’une corde soumise à des petites vibrations.
∂ 2u 2
2∂ u
(9) − c =0
∂t2 ∂x2
Nous allons pour cela utiliser les résultats obtenus lors de l’étude de l’équation de
transport.
Écrivons cette équation sous la forme :
∂ ∂ ∂u ∂u
( − c )( +c )=0
∂t ∂x ∂t ∂x
∂u
Désignons par v = ∂t
+ c ∂u
∂x
. L’équation se transforme alors en le système :
(
∂u
∂t
+ c ∂u
∂x
=v
∂v ∂v
∂t
− c ∂x = 0
D’après la section précédente, la solution générale de la seconde équation s’écrit :
v = G(x + ct) où G est une fonction arbitraire modulo un minimum de régularité.
On peut alors toujours l’écrire sous la forme v = 2cg 0 (x + ct) où g est une fonction
arbitraire régulière.
La première équation du système devient donc :
∂u ∂u
+c = 2cg 0 (x + ct)
∂t ∂x
16 2. LES CARACTÉRISTIQUES

cette équation est équivalente à :


∂(u − g(x + ct) ∂(u − g(x + ct)
+c =0
∂t ∂x
On a de nouveau une équation de transport dont la solution générale s’écrit :
u − g(x + ct) = f (x − ct)
Soit :
u(x, t) = f (x − ct) + g(x + ct)
Cette formule est connue sous le nom de d’Alembert.

2.2. Conditions initiales et unicité. Considérons le cas particulier de la


"courbe" t = 0 (qui correspond à la courbe γ considérée dans l’équation de trans-
port), et imposons à la solution de satisfaire : u(x, 0) = φ(x), ut (x, 0) = ψ(x) où φ
et ψ sont des fonctions données.
Proposition 2.0.1. Sous les conditions initiales précédentes, la solution s’écrit sous
la forme
φ(x + ct) + φ(x − ct) 1 x+ct
Z
u(x, t) = + ψ(ξ)dξ
2 2c x−ct

Formule également appelée formule de d’Alembert alors qu’elle est due à Euler.

Démonstration. Il s’agit donc de déterminer f et g pour que les conditions


initiales soient satisfaites. Ces conditions donnent :
u(x, 0) = f (x) + g(x) = φ(x), ut (x, 0) = −cf 0 (x) + cg 0 (x) = ψ(x)
En dérivant la première égalité, nous aboutissons à un système d’équations en f 0 et
g 0 , qui se résout facilement et nous trouvons :
1 1 1 1
f 0 (x) = φ0 (x) − ψ(x), g 0 (x) = φ0 (x) + ψ(x)
2 2c 2 2c
dont l’intégration donne :
Z x
1 1
f (x) = φ(x) − ψ(ξ)dξ + a
2 2c x0

et Z x
1 1
g(x) = φ(x) + ψ(ξ)dξ + b
2 2c x0
2. L’ÉQUATION DES ONDES 17

où x0 est un point arbitraire du domaine de définition et a et b sont les constantes


d’intégration. De l’égalité f (x) + g(x) = φ(x), nous trouvons a = −b et finalement :
φ(x + ct) + φ(x − ct) 1 x+ct
Z
u(x, t) = f (x − ct) + g(x + ct) = + ψ(ξ)dξ
2 2c x−ct


2.3. Domaine de dépendance et région d’influence. Soit (x0 , t0 ) un point


du demi plan t > 0. Regardons de quoi dépend u(x0 , t0 ). Pour cela, traçons les droites
caractéristiques
x − ct = x0 − ct0 , x + ct = x0 + ct0
ces droites coupent l’axe des x aux points (x0 − ct0 , 0) et (x0 + ct0 , 0). Le triangle
dont les sommets sont constitués de ces deux points et du point (x0 , t0 ), est appelé
triangle caractéristique.

Figure 9. Triangle caractéristique

La formule de d’Alembert nous donne :


φ(x0 + ct0 ) + φ(x0 − ct0 ) 1 x0 +ct0
Z
u(x0 , t0 ) = + ψ(ξ)dξ
2 2c x0 −ct0
Nous voyons donc que la valeur de u au point (x0 , t0 ) ne dépend que des valeurs de
φ aux sommets de la base du triangle caractéristique et des valeurs de ψ le long du
côté de la base caractéristique.
Cet intervalle est appelé le domaine de dépendance de u au point (x0 , t0 ) . Si nous
changeons les valeurs des données initiales en dehors de cet intervalle, la valeur de u
ne change pas au point (x0 , t0 ) . L’information se propage à la vitesse c et donc une
donnée en dehors de cet intervalle ne peut arriver à x0 , , en un temps t ≤ t0 .
Inversement, étant donné un intervalle [a, b], quelle est la région influencée par cet
intervalle.D’après ce qu’on vient de voit, un point (x0 , t0 ) est influencé par [a, b] si et
18 2. LES CARACTÉRISTIQUES

seulement si [x0 − ct0 , x0 + ct0 ] ∩ [a, b] 6= ∅. Ainsi les points (x, t) influencés par [a, b]
sont les points tels que :
x − ct ≤ b ou x + ct ≥ a
Ces points sont donc ceux qui sont à l’intérieur du cône caractéristique de base [a, b]
et de côté les demi droites x + ct = a et x − ct = b. Si les données sont nulles en
dehors de l’intervalle [a, b], alors u est nulle en dehors de la zone d’influence qui vient
d’être définie.

Figure 10. Région influencée par le point (x0 , 0)

Figure 11. Région influencée par l’intervalle [−R, R] × {0}

2.4. Le cas non homogène. Nous allons maintenant traiter le cas où le second
membre est non [Link] maintenant qu’une force extérieure F (x, t) agit sur
la corde, nous remplaçons donc dans l’équation (??) zéro par F (x, t)
∂ 2u 2
2∂ u
(10) − c = F (x, t)
∂t2 ∂x2
2. L’ÉQUATION DES ONDES 19

Théorème 2.1. Le problème de Cauchy non homogène admet une solution et une
seule.

Démonstration. Par linéarité, l’unicité se fait comme dans le cas homogène en


se ramenant partout à zéro.

Existence
Nous allons chercher une solution explicite. Pour cela utilisons la formule de Green
Proposition 2.1.1 (Rappel). Si Ω est un ouvert du plan à frontière régulière Γ par
morceaux, et si P (x, t) et Q(x, t) sont deux fonctions régulières, alors :
ZZ I
[Q(x, t)x − P (x, t)t ]dx dt = [P (x, t)dx + Q(x, t)dt]
Ω Γ

Supposons que nous ayons effectivement une solution u(x, t). Soit (x0 , t0 ) donné dans
le demi plan supérieur t > 0. Soit ∆ le triangle caractéristique de sommet supérieur
(x0 , t0 ). Soit L0 , L1 , L2 les côtés de ce triangle (base, côté droit et côté gauche).On a
∂ 2u ∂ 2u
ZZ ZZ
− F (x, t)dxdt = (c2 2 − 2 )dxdt
∆ ∆ ∂x ∂t
posons Q = c2 ux et P = ut . La formule de Green, donne
ZZ I Z Z Z
2
− F (x, t)dxdt = [ut dx + c ux dt] = + + [ut dx + c2 ux dt]
∆ Γ L0 L1 L2
Sur la base L0 , dt = 0, on en déduit :
Z Z x0 +ct0 Z x0 +ct0
2
[ut dx + c ux dt] = ut (x, 0)dx = ψ(x)dx
L0 x0 −ct0 x0 −ct0
sur le côté droit L1 , nous avons x + ct = x0 + ct0 et ainsi dx + cdt = 0, d’où
Z Z Z
2
[ut dx + c ux dt] = −c (ut dt + ux dx) = −c du
L1 L1 L1
= −c[u(x0 , t0 ) − u(x0 + ct0 , t0 )] = −c[u(x0 , t0 ) − φ(x0 + ct0 )]
il en est de même pour le côté gauche qui nous donne
Z
[ut dx + c2 ux dt] = c[φ(x0 − ct0 ) − u(x0 , t0 )].
L2
Ainsi,
ZZ Z x0 +ct0
− F (x, t)dxdt = ψ(x)dx + c[f (x0 − ct0 ) + φ(x0 + ct0 ) − 2u(x0 , t0 )]
∆ x0 −ct0
20 2. LES CARACTÉRISTIQUES

soit
x0 +ct0
φ(x0 − ct0 ) + φ(x0 + ct0 )
Z ZZ
1 1
u(x0 , t0 ) = + ψ(x)dx + F (x, t)dxdt
2 2c x0 −ct0 2c ∆

(x0 , t0 ) étant arbitraire, nous avons donc bien une solution explicite donnée par la
formule (de d’Alembert)
φ(x − ct) + φ(x + ct) 1 x+ct
Z ZZ
1
(11) u(x, t) = + ψ(x)dx + F (ξ, τ )dξdτ
2 2c x−ct 2c ∆
Il reste à montrer que u ainsi définie est bien une solution. Nous allons utiliser le
principe de superposition. Soit
1 t x+c(t−τ )
ZZ Z Z
1
v(x, t) = F (ξ, τ )dξdτ = F (ξ, τ )dξdτ
2c ∆ 2c 0 x−c(t−τ )
Nous allons voir que v est solution de (??) avec conditions initiales nulles (sous
l’hypothèse que F et Fx soient continues. Nous avons bien
v(x, 0) = 0
Utilisons la formule de dérivation suivante
∂ b(t)
Z Z b(t)
0 0 ∂
G(ξ, t)dξ = G(b(t), t)b (t) − G(a(t), t)a (t) + G(ξ, t)dξ
∂t a(t) a(t) ∂t

il vient
1 x 1 t
Z Z
vt (x, t) = F (ξ, t)dt + [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2c x 2 0
1 t
Z
= [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
en particulier
vt (x, 0) = 0
Les conditions initiales homogènes sont donc vérifiées.
Dérivons v deux fois par rapport à t, nous trouvons
c t
Z
vtt = F (x, t) + [Fx (x + c(t − τ ), τ ) − Fx (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
de même,
Z t
1
vx (x, t) = [F (x + c(t − τ ), τ ) + F (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2c 0
2. L’ÉQUATION DES ONDES 21

et
1 t
Z
vxx (x, t) = [Fx (x + c(t − τ ), τ ) + Fx (x − c(t − τ ), τ )]dτ
2 0
Nous voyons bien que v est solution de l’équation des ondes avec second membre F
non nul et des conditions initiales nulles. De même, si nous notons w la solution de
l’équation des ondes avec second membre nul et des conditions initiales non nulles,
nous trouvons que w satisfait la première formule de d’Alembert.
La principe de superposition permet alors de conclure que u = w + v est solution de
notre problème. 
Chapitre 3

La classification

23
Chapitre 4

La méthode de séparation des variables

25

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