Ly ée Carnot Lundi 16 mai 2005.
ECS 3/4
Con ours blan no 2
Mathématiques I
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la réda tion, la larté, la pré ision et la on ision des
raisonnements entreront pour une part importante dans l'appré iation des opies.
Les andidats sont invités à en adrer dans la mesure du possible les résultats de leurs al uls.
L'usage de tout do ument et de tout matériel éle tronique est interdit. Les téléphones portables doivent être
éteints et rangés.
Le barême sur 120 points, donné à titre indi atif, est sus eptible d'être modié.
On note E l'ensemble des fon tions f de R dans R pour lesquelles il existe une suite réelle s = (sn )n2N , dite
adaptée à f , telle que :
nX1
k
8n 2 N ; 8x 2 R; f x + n = sn f (nx): (1)
k=0
L'ensemble des fon tions de R dans R est noté F (R; R ).
Les polynmes onsidérés sont à oe ients réels, et tout polynme P sera onfondu ave la fon tion polyno-
miale, élément de F (R; R ), qui lui est naturellement asso iée.
On rappelle la formule de hangement de variables linéaire y = x + , 6= 0, dans une intégrale :
Zb Z b+
dy
f (x + ) dx = f (y) :
a a+
L'objet du problème est de déterminer et d'étudier ertaines des fon tions f satisfaisant l'équation (1).
Les parties III, IV et V sont indépendantes les unes des autres. La partie III ne dépend des deux premières que
par la dénition (2) et le résultat de la question II-2a. La partie IV ne dépend des deux premières que par la
dénition (2) et le résultat des questions II-2 et II-7.
PARTIE I Résultats généraux et exemples d'éléments de E (15 points)
1. Soit f une fon tion appartenant à E, autre que la fon tion nulle. Montrer qu'il existe une unique suite
s = (sn )n2N adaptée à f , et que s1 = 1.
2. Montrer que si f est une fon tion dérivable appartenant à E, alors la dérivée f 0 de f appartient à E.
3. Montrer que les fon tions onstantes appartiennent à E.
4. Soit A la fon tion de R dans R qui à x asso ie x . Établir que A est un élément de E.
1
5. E onstitue-t-il un sous-espa e ve toriel du R-espa e ve toriel F (R; R ) ?
nX1
k
6. (a) Pour tout réel x et tous entiers naturels non nuls p et n, al uler 2p x+ :
n
os
k=0
(On distinguera deux as suivant la valeur de p.)
(b) Soit u la fon tion de R dans R qui à x asso ie os(2 x). Montrer que u appartient à E, et pré iser
la suite adaptée à u.
PARTIE II Re her he des polynmes éléments de E (30 points)
1. (a) Montrer que si P est un polynme de degré 1 élément de E, alors la suite adaptée au polynme P
est onstante, égale à 1.
(b) Quels sont les polynmes de degré 1 appartenant à E ?
1
2. On suppose dans ette question que P est un polynme non nul élément de E, et on note p le degré de P .
(a) Montrer que la suite adaptée à P est la suite s = (sn )n2N dénie par : 8n 2 N ; sn = p :
1
Z
n 1
1
(b) Montrer que, si p est au moins égal à 1, on a l'égalité : P (t) dt = 0:
0
Z 1
3. Établir que, pour tout polynme Q, il existe un unique polynme P tel que P 0 = Q et P (t) dt = 0.
0
On peut don dénir une suite (Bp )p2N de polynmes de la manière suivante :
8
< B0 = 1; Z1 (2)
: 8p 2 N ; Bp0 = pBp 1 et Bp (t) dt = 0:
0
4. (a) Déterminer, pour haque entier naturel p, le degré et le oe ient dominant de Bp .
(b) Vérier, pour tout réel x, l'égalité B1 (x) = x , puis al uler B2 (x) pour tout réel x.
1
2
5. Vérier que B0 , B1 et B2 sont des éléments de E.
6. Soit p un entier naturel non nul. On suppose que Bp 1 est un élément de E, et on veut montrer que Bp
est un élément de E. Pour ela, on xe un entier naturel non nul n, et on pose, pour tout réel x :
nX1
k
'(x) = Bp x+ x) =
1
et Bp (nx):
n
(
k=0
np 1
(a) Montrer que la fon tion ' est onstante.
Z n1 Z n1
(b) Cal uler '(x) dx et x) dx.
(
0 0
( ) Établir que ' = 0 . Con lure.
7. Déduire des question pré édentes que, pour tout entier naturel p, les polynmes de degré p qui appar-
tiennent à E sont exa tement les polynmes Bp , obtenus lorsque dé rit R .
PARTIE III Programmation (30 points)
1. On dé ide d'é rire un programme en PASCAL permettant de déterminer si un polynme P appartient ou
non à E. On représente un polynme P par un objet de type poly, déni par l'instru tion
type poly=array [0..Nmax℄ of real ;
où Nmax est une onstante susamment grande pour être supérieure à tous les degrés onsidérés. Dans
ette représentation, l'entrée en position i du tableau représente le oe ient du monme de degré i du
polynme P . Un polynme P est déni onjointement à son degré d ; ainsi, on n'utilise de manière ee tive
que les d + 1 entrées du tableau dénissant P .
On suppose qu'on dispose d'une pro edure entree(var P :poly ; var d :integer) (entrée d'un poly-
nme P par l'utilisateur, d étant le degré de P ).
On suppose également qu'on dispose d'une pro édure : affi he(P :poly ; d :integer) (a hage d'un
polynme P de degré d).
On ne réé rira ni ne dé larera es pro édures.
(a) Quelle est la raison d'être de la onstante Nmax ?
(b) Quel est l'intérêt (ou quels sont les intérêts) de dénir un nouveau type poly ?
nX1
( ) Pour tout n 2 N , et tout ` 2 N , on note Sn;` la somme : Sn;` = k`:
k=0
En développant (1 + k )`+1 pour tout k 2 [[0; n 1℄℄ , établir une relation entre Sn;0 , Sn;1 ; : : : ; Sn;` 1
et Sn;` .
2
(d) En déduire que pour tout ` 2 N , Sn;` est un polynme en la variable n, dont on déterminera le degré
en fon tion de `.
nX1
k
(e) Montrer que pour tout polynme P de degré au plus p, et tout x 2 R, np 1
P x+ est un
k=0
n
polynme en la variable n. Donner un majorant de son degré.
Indi ation : On pourra dans un premier temps onsidérer le as où P (X ) = X d, ave d < p.
(f) Soit P un polynme de degré p. Justier que pour montrer que P est un élément de E, il sut de
montrer que :
nX1
k
8x 2 R; P x+
n
=
1
np 1
P (nx)
k=0
pour un nombre assez grand de valeurs de n. Donner une borne du nombre de valeurs né essaires.
(g) Soit P un polynme de degré p ; on se xe n 2 N . Justier que pour montrer que
nX1
k
8x 2 R; P x+
n
=
1
np 1
P (nx);
k=0
nX1
k
P x+ P (nx) pour un nombre assez grand de valeurs de x.
1
il sut de montrer que
n
=
k=0
np 1
Donner une borne du nombre de valeurs de x né essaires.
(h) É rire un programme en PASCAL répondant à la question suivante : un polynme donné rentré par
l'utilisateur est-il un élément de E ? On é rira notamment pour e faire une fon tion d'évaluation
d'un polynme en une valeur a, prenant un polynme P , son degré d et la valeur a en paramètres
d'entrée, et renvoyant la valeur de P (a) (on utilisera par exemple l'algorithme de Hörner).
2. On dé ide maintenant de al uler les polynmes Bp à l'aide d'un deuxième programme. On pourra, si
besoin est, réutiliser sans les redé larer les pro édures et fon tions préprogrammées ou é rites dans la
question pré édente.
Z1
(a) Soit P un polynme de degré d. Déterminer P (t) dt en fon tion des oe ients a0 ; : : : ; ad de P .
0
Z1
(b) É rire une fon tion prenant en paramètre un polynme P et son degré d, et al ulant P (t) dt.
0
( ) Soit P un polynme de degré
Z 1 p, et soit Q l'unique primitive de P s'annulant enZ 10. Soit B l'unique
primitive de P telle que B (t) dt = 0. Exprimer une relation entre B , Q et Q(t) dt.
0 0
(d) É rire une pro édure prenant en paramètre un polynme P et son degré d, et modiant la valeur de
Z 1
P de sorte à e qu'elle ontienne à la sortie la seule primitive B de P telle que B (t) dt = 0.
0
(e) É rire un programme demandant à l'utilisateur une valeur p 2 N , et renvoyant à l'a hage le
polynme Bp . On pourra utiliser sans les redé larer toutes les pro édures é rites pré édemment.
PARTIE IV Étude analytique des polynmes Bp (25 points)
1. Étude des ra ines dans ; de Bp
[0 1℄
(a) Soit p 2 N . Montrer que Bp admet au moins une ra ine dans ℄0; 1[.
(b) Soit P un polynme à oe ients réels. Montrer que P est pair si et seulement si les oe ients de
ses monmes de degré impair sont tous nuls.
Énon er sans démonstration un résultat similaire pour les polynmes impairs.
( ) Montrer que le polynme Bp X +
1
est pair si p est pair, et est impair si p est impair.
2
3
(d) En se servant
de
l'équation (1) , montrer que si p est un entier impair supérieur ou égal à 3, alors
Bp (0) = Bp Bp (1) = 0.
1
=
2
(e) Montrer que si p est un entier pair supérieur ou égal à 2, Bp s'annule au moins deux fois sur ℄0; 1[.
(f) Montrer par ré urren e sur l'entier p que si p est pair, Bp admet exa tement deux ra ines distin tes
dans [0; 1℄, et si p est impair, les seules ra ines de Bp sont 0, et 1. Quelle est l'ordre de multipli ité
1
2
de es ra ines ?
2. Majorations de Bp
(a) En se servant de la question (1a), montrer que pour tout x 2 [1 a; a℄, jBp (x)j 6 p! ap .
(b) On note Mp = max jBp (x)j. Justier l'existen e de e maximum.
x2[0;1℄
( ) En distinguant trois as, selon que x 2 ; ,x2 ; ou x 2 ; 1 , montrer que si p est impair,
1 1 3 3
0
4 4 4 4
p
pour tout x 2 [0; 1℄, jBp (x)j 6 Mp : 1
4
p
(d) Démontrer de même que si p est pair, alors Mp 6 Mp 1 .
2
p!
(e) Montrer que pour tout p 2 N , Mp 6 p p+1 ) , où E(y ) désigne la partie entière de y .
2 2
E( ) E(
4 2
PARTIE V Étude des fon tions indéniment dérivables de E (20 points)
1. Soit Æ la fon tion de F (R; R ) dans lui-même qui, à toute fon tion ' de R dans R, asso ie la fon tion Æ (')
dénie par :
8x 2 R; Æ ' x ( )( ) = '(x + 1) '(x):
(a) Montrer que Æ est linéaire. Quelle propriété ara térise les éléments de son noyau ?
(b) Vérier que, lorsque P est une fon tion polynomiale, il en est de même de Æ (P ), puis pré iser le
degré et le oe ient dominant de Æ (P ) lorsque P est de degré p supérieur ou égal à 1.
2. Montrer que, si f est une fon tion élément de E, de suite adaptée s = (sn )n2N , on a :
8n 2 N ; 8x 2 R; sn Æ f nx ( )( ) = Æ(f )(x) (3)
3. Soit g une fon tion de lasse C 1 de R dans R. On suppose qu'il existe un réel tel que :
8x 2 R; g(2x) = g(x):
x
(a) Montrer que : 8x 2 R; 8k 2 N ; k g (x) = g k
2
(b) Montrer que si = 0, alors g est nulle.
( ) Montrer que si j j > 1, alors g est nulle.
(d) On suppose que 0 < j j 6 1. Justier l'existen e d'un entier naturel p et d'un réel tels que :
j j> 1 et 8x 2 R; g p x ( )
(2 ) = g(p) (x):
(e) En déduire que dans tous les as, g est polynomiale.
4. Dans ette question, on suppose que f est une fon tion de lasse C 1 élément de E, de suite adaptée
s = (sn )n2N , et que Æ(f ) n'est pas la fon tion nulle.
(a) Montrer que Æ (f ) est une fon tion polynomiale non nulle ; on note q son degré.
(b) À l'aide de (3), montrer que pour tout entier naturel non nul n, on a sn = q , puis montrer qu'il
1
n
existe un réel non nul a tel que : 8x 2 R; Æ (f )(x) = axq .
( ) En déduire que pour tout p 2 N , pour tout x 2 R, Æ (Bp )(x) = pxp 1 .
(d) Montrer qu'il existe un réel non nul et un entier p non nul tels que la fon tion Æ (f Bp ) soit
nulle. Établir que la fon tion h = f Bp est une fon tion 1-périodique de lasse C 1 et élément de
E, et pré iser une suite adaptée.