Cours sur les circuits RLC série
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Sommaire
Table des matières
Introduction
Vidéo-résumé
Équation différentielle
Étude du régime libre
Définitions des variables réduites
Les différents régimes
Réponse du circuit RLC série à un échelon de tension
Aspect énergétique : régime libre
Vidéos
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Cours en intégralité
Introduction
A la fin du chapitre précédent, nous avons étudié les régimes transitoires des circuits du premier ordre RC et RL dont on a résolu les
équations différentielles pour trouver les expressions des tensions et intensités.
Nous allons ici étudier dans le même esprit le régime transitoire du circuit RLC série qui comme nous allons le voir donne naissance à des
oscillations électriques.
Le circuit RLC étant du deuxième ordre, ce sera aussi le cas de son équation différentielle. Elle fera alors apparaître la notion de régimes :
selon l’amortissement du circuit par effet Joule, le régime transitoire est différent.
Vidéo résumé
Dans la vidéo ci-dessous, qui est en quelques sortes un résumé de tout le chapitre, l'idée est de présenter le circuit RLC série comme une
analogie du système solide-ressort avec frottements. On présente alors l'équation différentielle obtenue à l'aide de la loi des mailles, puis sa
résolution qui fait apparaître les différents régimes. On ne s'attarde pas sur l'obtention des formes de solutions mais plutôt leurs
caractéristiques.
Équation différentielle
On étudie le circuit RL soumis à une tension e(t), on s’intéresse à la tension aux bornes du condensateur et à l’intensité qui parcourt le
circuit. La bobine est idéale. On applique la loi des mailles :
di
e = Ri + L
+ u
(1)
dt
du
Comme i = C
, on a :
dt
2
d u du
LC
+ RC
+ u = e
(2)
2
dt dt
Cette équation différentielle est une équation du second ordre à coefficient constant, le circuit RLC série est appelé circuit du second ordre.
L’équation différentielle correspondant à ce régime libre (appelé aussi régime propre) est la suivante :
2
d u du
LC
+ RC
+ u = 0
(3)
2
dt dt
On cherche donc une solution de cette équation qui est une équation homogène. Cette solution est du type u = Ae
rt
avec A une constante.
Si on injecte cette solution dans et que l’on élimine la solution u = 0 qui n’a pas de sens physique, on obtient :
R 1
2 2
LC r u + RC ru + u = 0 ⟺ r +
r +
= 0
(4)
L LC
Pour éclaircir la résolution, nous allons utiliser des variables dites "réduites" :
Pulsation propre
Celle-ci correspond à la pulsation des oscillations en l’absence de "frottements" (amortissement par effet Joule ici) :
1
ω0 =
(5)
LC
−1 −1
⎧ ω0 : pulsation propre exprimˊ
ee en rad.s ou s
ee en Henry (H)
⎩
C : capacitˊ
e du condensateur exprimˊee en Farad (F)
En effet, la définition du radian dit que dans un cercle, l’angle en radian est le rapport de la longueur de l’arc que décrit l’angle par le
rayon. Il s’agit du rapport de deux longueurs.
Facteur d’amortissement
Il va être lié à la résistance globale du circuit. Plus ce facteur sera grand, plus l’amortissement sera élevé :
R
λ =
(6)
2L
−1
⎧ λ : facteur d’amortissement exprimˊ
e en s
ee en Henry (H)
⎩
R : rˊ
esistance totale du circuit exprimˊee en Ohm (Ω)
Coefficient d’amortissement
Il peut être intéressant de travailler avec une grandeur sans dimension. On définit alors le coefficient d’amortissement par :
λ
α =
(7)
ω0
Ce coefficient peut être exprimée en fonction des valeurs des composants du circuit :
R C
α = (8)
2 L
Facteur de qualité
Pour caractériser un circuit, on utilise souvent une autre grandeur appelée facteur de qualité. Elle est reliée à toutes les grandeurs dont on
vient de parler :
1 Lω0
1
Q =
=
=
(9)
2α R RC ω0
En utilisant ces variables réduites, on peut donc écrire le polynôme caractéristique de la manière suivante :
2 2 2 2
r + 2λr + ω
= 0 ou r + 2αω0 r + ω
= 0
(10)
0 0
Le polynôme caractéristique acceptant plusieurs solutions selon la valeur de son discriminant, il en est de même pour l’équation
différentielle.
ou Δ = ω0 (α
− 1)
(11)
L 1
Si Δ′ > 0 alors λ ,
> ω0 α > 1 ⟺ R > 2
⟺ Q <
C 2
Racines du polynôme
λ − ω
= −αω0 + ω0
α − 1
(12)
2 2 2
r2 = −λ −
λ − ω
= −αω0 − ω0
α − 1
(13)
Les racines étant toutes deux négatives, on s’assure que la solution u(t) ne tend pas vers l’infini, cela n’aurait pas de signification physique.
On peut utiliser les conditions initiales pour expliciter les constantes A1 et A2 . C’est parce que le circuit est du deuxième ordre qu’existent
ces deux constantes et qu’il faut deux conditions initiales pour les déterminer.
u(t = 0) = A1 + A2 = E
(14)
r1 A 1
i(t = 0) = r1 A1 + r2 A2 = 0 ⟺ A2 = −
(15)
r2
r1 A 1
A1 −
= E
r2
r1
⟺ A 1 (1 −
) = E
r2
(16)
r2 E
⟺ A1 =
r2 − r1
−r1 E
A2 =
(17)
r2 − r1
Finalement :
r2 E
r1 E
r1 t
r2 t
u(t) =
e −
e
(18)
r2 − r1
r2 − r1
2
du
On remarque qu’à t=0, la pente de u(t) est nulle : en effet, i(t = 0) = C = 0 .
dt
du
Grâce à la relation i(t) = C , on trouve l’expression de l’intensité :
dt
r2 r1 EC
r1 t
r2 t
i(t) =
(e − e )
(19)
r2 − r1
Régime critique : Δ′ = 0
L 1
Si Δ′ = 0 alors λ ,
= ω0 α = 1 ⟺ R = 2
= RC ⟺ Q =
C 2
Racines du polynôme
r1 = −λ = −ω0
(20)
(21)
u(t = 0) = E ⟺ A2 = E
(22)
On exprime i(t) :
−λt −λt −λt
i(t) = −λC (A1 t + A2 )e
+ A1 C e
= Ce (A1 − λ(A1 t + A2 ))
(23)
i(t = 0) = A1 − λA2 = 0
(24)
A1 = λA2 = λE
−λt
u(t) = E (λt + 1)e
(25)
Le régime critique étant le premier régime apériodique, l’allure de la courbe est identique à celle du régime apériodique, le "retour à
l’équilibre" se fait plus rapidement.
du
En utilisant la relation i(t) = C
, on trouve :
dt
2 −λt
i(t) = −EC λ te
(26)
De la même manière que précédemment, on retrouve l’allure de l’intensité du courant du régime apériodique.
L 1
Si Δ′ < 0 alors λ ,
< ω0 α < 1 ⟺ R < 2
⟺ Q >
C 2
Racines du polynôme
Le polynôme admet deux racines complexes conjuguées. Si on pose ω 2 = −Δ
′
, on a :
r1 = −λ + jω
r2 = −λ − jω
(27)
(−λ+jω)t r2 t
(−λ−jω)t r1 t
r2 t
u1 (t) = e
= e et u2 = e
= e donnent u(t) = C1 e
+ C2 e
(28)
Or nous voulons obtenir une solution réelle ! On peut montrer qu’à partir de ces deux solutions complexes, on peut construire deux
solutions réelles tout aussi solutions de la même équation différentielle.
Ces deux solutions réelles sont :
u1 + u2
u1 − u2
u3 =
u4 =
(29)
2 2j
Donc :
−λt −λt
e (cos ωt + j sin ωt) + e (cos ωt − j sin ωt)
−λt
u3 =
= e cos(ωt)
2
−λt −λt
(30)
e (cos ωt + j sin ωt) − e (cos ωt − j sin ωt) −λt
u4 =
= e sin(ωt)
2j
−λt
u(t) = (A1 cos(ωt) + A2 sin(ωt))e
(31)
On trouvera aussi l’écriture suivante qui est équivalente : u(t) = A cos(ωt + ϕ)e
−λt
.
Première condition :
u(t = 0) = E ⟺ A1 = E
(32)
On exprime i(t) :
−λt −λt
i(t) = C ((−A1 ω sin(ωt) + A2 ω cos(ωt)) e
)
−λt
(33)
= Ce (−A1 ω sin(ωt) + A2 ω cos(ωt) − A1 λ cos(ωt) − λA2 sin(ωt))
Deuxième condition :
λ
i(t = 0) = A2 ω − λA1 = 0 ⟺
A2 =
E
(34)
ω
λ
−λt
u(t) = E (cos(ωt) +
sin(ωt))e
(35)
ω
On a :
2
λ
−λt
i(t) = EC e (−ω sin(ωt) + λ cos(ωt) − λ cos(ωt) −
sin(ωt))
(36)
ω
2 2
ω + λ
−λt
i(t) = −CE (
)e sin(ωt)
(37)
ω
2π 2π 2π
T =
=
=
(38)
ω 2 2 2
ω0
1 − α
ω
− λ
La pseudo-période est voisine mais plus grande que la période propre du circuit (celle qui correspond à un circuit non amorti (R=0)).
Plus l’amortissement est fort (α ↗), plus la pseudo-période s’éloigne de la période propre.
L’équation différentielle concernant la tension aux bornes du condensateur dans ce cas a la forme suivante :
2
d u du
LC
+ RC
+ u = E
(39)
2
dt dt
Ainsi, la solution de cette équation sera la somme de la solution de l’équation homogène u1 (qui sera identique à celle que l’on a trouvé
pour le régime libre dans les trois cas) et d’une solution particulière qui est simplement u2 = E . (solution particulière constante car le
deuxième membre est constant).
Mais la détermination des constantes de la solution homogène doit être effectuée en tenant compte de la solution particulière. Ainsi :
di
Ri + L
+ u = 0
(40)
dt
du
Multiplions cette équation par i = C
:
dt
di du
2
Ri + Li
+ Cu
= 0
dt dt
1 2 1 2
(41)
d(
Li ) d(
Cu )
2 2 2
⟺ Ri +
+
= 0
dt dt
Ri
2
: la puissance dissipée par effet Joule dans la résistance ;
1 2
d(
Li )
2
: la puissance reçue par la bobine. Elle peut être positive ou négative et correspond aux variations d’énergie magnétique
dt
dans la bobine ;
1 2
d(
Cu )
2
: la puissance reçue par le condensateur. Elle peut être positive ou négative et correspond aux variations d’énergie
dt
électrique dans le condensateur.
Pour obtenir les variations énergétiques, on peut intégrer la relation entre t = 0 et t → ∞ . On obtient l’équation EJ
+ ΔEC + ΔEL = 0
.
Cette relation indique que lorsque l’énergie emmagasinée dans le condensateur va varier, elle va se dissiper par effet Joule en partie, la
partie restante étant accumulée par la bobine. Puis la bobine cédera son énergie au condensateur et au conducteur ohmique et ainsi de
suite, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’énergie dans le circuit.
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