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Devoir de Maths : Suites et Séries de Fonctions

Le document présente un devoir de mathématiques pour le lycée Lakanal, axé sur les suites et séries de fonctions, avec deux sujets de difficulté variable. Le premier sujet aborde des exercices sur des fonctions continues et des développements ternaires, tandis que le second se concentre sur les séries de Dirichlet et leur lien avec les nombres premiers. Les consignes précisent l'importance de la présentation et de la clarté des raisonnements dans les réponses.

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Devoir de Maths : Suites et Séries de Fonctions

Le document présente un devoir de mathématiques pour le lycée Lakanal, axé sur les suites et séries de fonctions, avec deux sujets de difficulté variable. Le premier sujet aborde des exercices sur des fonctions continues et des développements ternaires, tandis que le second se concentre sur les séries de Dirichlet et leur lien avec les nombres premiers. Les consignes précisent l'importance de la présentation et de la clarté des raisonnements dans les réponses.

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Lycée Lakanal, Sceaux 06/10/2025

MP – Mathématiques
A. Troesch

DS no 2 : Suites et séries de fonctions

Consignes importantes à lire avant de commencer le devoir


Le devoir est constitué au choix de :

1. Sujet 1 (difficulté 1/5) : Exercice et problème 1. Problème en grande partie tiré de CCINP MP 2020. Deux
questions d’informatique ont été supprimées pour laisser la place à l’exercice.

2. Sujet 2 (difficulté 4/5) : Problème 2. Problème de facture personnelle sur les séries de Dirichlet et le théorème
de progression arithmétique. En terme de niveau, il se situe entre un Mines-Pont et un X-ENS.

Vous indiquerez clairement et de façon visible en haut de la page de garde de votre devoir quel est le sujet retenu.

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté, la précision et la concision des raison-
nements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit. Notamment, les téléphones portables doivent
être éteints et rangés.

Si au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale sur sa copie et
poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.

1
Sujet 1
Exercice – (Calcul d’une distance)
Soit E l’espace vectoriel des fonctions continues de r0, 1s dans R, muni de la norme } ¨ }8 . On considère la partie de
A définie par " ż1 *
A “ f P E, f p0q “ 0 et f ptq dt ě 1
0
ż1
1. Montrer que les applications f ÞÑ f p0q et f ÞÑ f ptq dt sont continues de pC 0 pr0, 1s, Rq, } ¨ }8 q dans pR, | ¨ |q.
0
2. En déduire que A est une partie fermée de C 0 pr0, 1s, Rq, } ¨ }8 q.
3. Montrer que si f P A, alors }f }8 ą 1.
4. Soit n ě 1. On considère la fonction fn défini par morceaux par :
# ` ˘
1
α 1 ` n1 x si x ď α
fn pxq “
1 ` n1 si x ą α.

Montrer qu’on peut choisir α ą 0 tel que fn P A.


5. Soit 0E la fonction nulle de r0, 1s dans R. Déterminer la distance dp0E , Aq.

Problème 1 – Développements ternaires et fonction de Cantor-Lebesgue, CCINP MP 2020

Le problème est composé de quatre parties indépendantes.

Lorsqu’un raisonnement utilise le résultat d’une question précédente, il est demandé au candidat d’in-
diquer précisément le numéro de la question utilisée.

Objectifs

L’objectif de la partie I est de montrer l’existence d’un développement ternaire propre pour certains nombres réels.
La partie II propose l’étude d’une série de fonctions où les coefficients du développement ternaire sont remplacés par
une fonction continue. La partie III étudie des développements ternaires aléatoires. La partie IV définit et présente
quelques propriétés de la fonction de Cantor-Lebesgue

Notations

‚ On note T l’ensemble des suites réelles t “ ptn qnPN˚ à valeurs dans t0, 1, 2u.
‚ On désigne par ℓ8 l’ensemble des suites réelles u “ pun qnPN˚ bornées et on pose }u} “ sup |un |.
nPN˚
‚ On note tyu la partie entière d’un réel y.

Partie I – Développement ternaire

Étude de l’application σ
1. Démontrer que ℓ8 est un espace vectoriel réel et que u ÞÑ }u} est une norme sur ℓ8 .
un
2. Pour u “ pun qnPN˚ P ℓ8 , montrer que la série de terme général n est convergente. On note alors :
3
`8
ÿ un
σpuq “ .
n“1
3n

3. Démontrer que l’application σ est une forme linéaire continue sur ℓ8 .


4. Démontrer que si t “ ptn qnPN˚ P T , alors le réel σptq est dans l’intervalle r0, 1s.
5. On note τ “ pτn qnPN˚ et τ 1 “ pτn1 qnPN˚ les éléments de T définis par :

τ1 “ 1 et @n P N˚ zt1u, τn “ 0, τ11 “ 0 et @n P N˚ zt1u, τn1 “ 2.

Calculer σpτ q et σpτ 1 q. L’application σ est-elle injective sur T ?

2
Développement ternaire propre

On fixe x P r0, 1r. On définit une suite tpxq “ ptn pxqqnPN˚ par :
X \
@n P N˚ , tn pxq “ t3n xu ´ 3 3n´1 x .

6. Démontrer que tpxq P T .


7. On définit deux suites réelles pxn qnPN˚ et pyn qnPN˚ par :

t3n xu 1
@n P N˚ , xn “ et yn “ xn ` .
3n 3n

Démontrer que les suites pxn q et pyn q sont adjacentes de limite x. En déduire que :
`8
ÿtn pxq
x“ .
n“1
3n
"
T ÝÑ r0, 1s
Que peut-on en conclure concernant l’application ?
u ÞÝÑ σpuq

La suite tpxq “ ptn pxqqnPN˚ est appelée développement ternaire propre de x.


8. Informatique pour tous. Écrire en langage Python une fonction flotVersTern(n,x) d’arguments un entier
naturel n et un flottant x et qui renvoie sous forme d’une liste les n premiers chiffres t1 pxq, . . . , tn pxq définis
dans la question précédente du développement ternaire de x.
Par exemple flotVersTern(4,0.5) renvoie [1,1,1,1].
9. Informatique pour tous. Si ℓ “ rℓ1 , . . . , ℓn s est une suite finie d’entiers de t0; 1; 2u, on la complète avec des 0
pour en faire un élément de T encore noté ℓ.
Écrire en langage Python une fonction ternVersFlot(ℓ) d’arguments une liste d’entiers ℓ. Cette fonction
renvoie en sortie le flottant σpℓq.
Par exemple ternVersFlot([1,1,1,1]) renvoie 0.493827......

Partie II – Étude d’une fonction définie par une série

Dans cette partie, on définit une fonction φ à l’aide d’un développement en série analogue au développement ternaire
propre d’un réel, mais où la suite ptn qnPN˚ est remplacée par une fonction numérique à valeurs dans l’intervalle r0, 2s.

Pour tout réel x on pose :


`8
ÿ 1 ` sinpnxq
φpxq “ .
n“1
3n

Étude de l’application φ
10. Démontrer que φ est définie et de classe C 1 sur R.
˜ ¸
`8
1 ÿ einx
11. Pour tout x réel, justifier l’écriture : φpxq “ ` Im .
2 n“1
3n
En déduire une expression simple de φpxq en fonction de sinpxq et cospxq.
`8
ÿ n cospnxq
12. Pour x P R, en déduire une expression simple de en fonction de cospxq.
n“1
3n
żπ
13. À l’aide de φpxq dx démontrer que :
0

żπ `8
ÿ p´1qn´1 ` 1
sinpxq
dx “ .
0 10 ´ 6 cospxq n“1
n3n`1
żπ
sinpxq
Puis en calculant la somme de la série du second membre, en déduire dx.
0 10 ´ 6 cospxq
14. Retrouver la valeur de cette intégrale par un calcul direct.

3
Partie III – Développements ternaires aléatoires

NDLR : Le contexte de cette partie a légèrement été modifié pour se placer dans le cadre de variables aléatoires finies
sur un univers fini, afin de respecter le cadre du programme de première année.

Dans cette partie, pTn,N qně1,N ě2 est une suite de variables aléatoires finies réelles, mutuellement indépendantes,
définies sur un même espace probabilisé fini pΩ, Pq et vérifiant :
@n ě 1, @N ě 2, Tn,N pΩq “ t0; 1; 2u.
1 2
avec PpTn,N “ 0q “ PpTn,N “ 1q “ et PpTn,N “ 2q “ 1 ´ .
N N
Soit N ě 2 fixé. On pose :
N
ÿ Tn,N
XN “ .
n“1
3n
On admet que XN est une variable aléatoire réelle définie sur pΩ, Pq.
15. Calculer l’espérance et la variance de XN en fonction de N .
16. Justifier que pour tout ε ą 0 :
lim Pp|XN ´ EpXN q| ě εq “ 0.
N Ñ`8

17. Soit ε ą 0, démontrer que :


´ ε¯ ´ ε¯
Pp|XN ´ 1q| ě εq ď P |XN ´ EpXN q| ě ` P |EpXN q ´ 1| ě .
2 2
En déduire que pour tout ε ą 0 :
lim Pp|XN ´ 1q| ě εq “ 0.
N Ñ`8

Partie IV – Fonction de Cantor-Lebesgue

Dans cette partie, on va définir et étudier la fonction de Cantor-Lebesgue.

Étude d’une suite de fonctions


On note f0 la fonction définie sur r0, 1s par f0 pxq “ x. Pour tout entier n P N, on pose :
$
fn p3xq “ ‰

’ si x P 0, 31
2




1
& ‰ “
@x P r0, 1s, fn`1 pxq “ si x P 31 , 23 .


’ 2
’ 1
% ` n
’ f p3x ´ 2q “ ‰
si x P 32 , 1

2 2
18. Représenter l’allure graphique des fonctions f0 , f1 et f2 sur trois schémas différents (pour f2 on envisagera sept
sous-intervalles de r0, 1s).
Pour tout n P N, démontrer que fn est à valeurs dans r0, 1s.
19. Pour tout entier n P N, démontrer que :
1
@x P r0, 1s, |fn`1 pxq ´ fn pxq| ď .
3 ˆ 2n`1
20. En déduire que la suite de fonctions pfn qnPN converge uniformément sur r0, 1s.

La limite de la suite de fonctions pfn qnPN est notée f .


On l’appelle fonction de Cantor-Lebesgue.
21. Démontrer que la fonction f est à valeurs dans r0, 1s et qu’elle est croissante et continue sur r0, 1s. Démontrer
aussi qu’elle est surjective de r0, 1s vers r0, 1s.

La fonction f est aussi nommée « escalier du diable ». Les développements ternaires étudiés en début de problème
permettent d’obtenir une expression analytique de f pxq.

F I N

4
Sujet 2
Problème 2 – Séries de Dirichlet et théorème de la progression arithmétique
Le but de ce problème est d’étudier une famille de séries, appelées séries de Dirichlet, ayant un rapport assez étroit
avec les nombres premiers, et donc avec l’arithmétique. Les séries de Riemann sont un cas particulier de séries de
Dirichlet. Ce point de vue illustre donc à quel point les séries de Riemann sont liés aux nombres premiers. D’ailleurs,
les mathématiciens spécialistes du sujet savent que la résolution de la fameuse conjecture de Riemann, liée aux zéros
de la fonction ζ de Riemann, amènerait des résultats importants et spectaculaires sur les nombres premiers.
Dirichlet a utilisé les séries qui portent son nom pour résoudre en particulier le problème général de la répartition
des nombres premiers dans les classes de congruence modulo D, pour D P Nzt0, 1, 2u. Il a montré que pour tout a
premier avec D, il existe une infinité de nombres premiers p tels que p ” a rDs. Nous ne pouvons pas avoir dans ce
problème une preuve complète de ce théorème, mais nous allons faire quelques pas dans cette direction, et dans la
dernière partie, voir l’idée de la preuve, en admettant un certain nombre de résultats intermédiaires.

Notations, définitions et rappels


‚ Étant donné une suite a “ pan qnPN˚ P CN , on appelle série de Dirichlet associée à a la fonction (de la variable
s P C) définie par
`8
ÿ an
Lpa, sq “ ,
n“1
ns
définie en tout s en laquelle la série est convergente. On définit La la fonction qui à s associe Lpa, sq.
‚ Si La est définie en au moins une valeur de s, on définit (dans R Y t´8u) l’abscisse de convergence par :

σconv “ inftRepsq | Lpa, sq convergeu.

‚ Si L converge absolument en au moins une valeur s, on définit (dans R Y t´8u) l’abscisse de convergence
absolue par :
σabs “ inftRepsq | Lpa, sq converge absolumentu.
‚ Pour tout b P R, on note Pb le demi-plan ouvert défini par

Pb “ tx P C | Repxq ą bu.

‚ On note P l’ensemble des nombres premiers.


‚ Le pgcd de deux entiers n et m est noté n ^ m.
‚ On rappelle (ou on admettra)
ď que si pai qiPI est une famille sommable, et si pIn qnPN est une suite croissante
pour l’inclusion telle que In “ I, alors
nPN
ÿ ÿ
ai “ lim ai .
nÑ`8
iPI iPIn

‚ (pour les 3/2) : on admettra le théorème de Lagrange : si G est un groupe fini (mulitplicatif), alors pour tout
x P G, il existe un entier strictement positif minimal n, tel que xn “ 1, appelé ordre de x. De plus n divise |G|.
‚ Pour n P N˚ , on note Un le sous-groupe de C˚ formé des racines n-ièmes de 1.

Partie I – Demi-plan de convergence absolue

˚
On se donne une suite a “ pan qnPN˚ P CN et on suppose que Lpa, sq est convergente pour au moins une valeur de s.
1. Soit s0 P C tel que Lpa, s0 q est convergente. Montrer que pour tout s P C tel que Repsq ą Reps0 q ` 1, il existe
α ą 1 tel que |an n´s | “ opn´α q.
2. En déduire que dans R, σabs ď σconv ` 1.
ÿ
3. Montrer que pour tout σ ą σabs , la série an n´s est absolument convergente pour s P Pσ , et uniformément
ně1
convergente sur Pσ . En déduire que La est continue sur Pσabs .
4. Montrer que La est de classe C 8 sur sσabs , `8r, et exprimer sa dérivée sous forme d’une somme.

5
5. Soit σ ą σabs , et ε ą 0 tel que σ ´ ε ą σabs . Soit x Psσ ´ ε, σ ` εr.
k
ˆ ˙
´σ p´ lnpnqq k
Montrer que la famille an n px ´ σq est sommable, et en déduire que
k! pn,kqPN˚ ˆN

`8
ÿ px ´ σqn
@x Psσ ´ ε, σ ` εr, Lpa, xq “ Lpnq
a pσq ¨ .
n“0
n!

On énonce cette propriété en disant que L est une fonction analytique (de la variable réelle). On pourrait
montrer que cette propriété reste vraie en considérant une variable complexe s au lieu de la variable réelle x.
6. Soit f une fonction définit sur un intervalle I Ă R, à valeurs dans C et x0 P I et ε ą 0 tels que sx0 ´ε, x0 `εrĂ I,
et tels qu’il existe une suite pbn q P CN telle que pour tout x Psx0 ´ ε, x0 ` εr,
`8
ÿ
f pxq “ bn px ´ x0 qn .
n“0

On pourra admettre que cela implique la convergence absolue de cette série pour tout x Psx0 ´ε, x0 `εr, résultat
qui sera démontré dans le cours plus tard.
(a) Montrer que f est de classe C 8 sur sx0 ´ ε, x0 ` εr, et que pour tout n P N,

f pnqpx0 q
bn “
n!

(pour les 5/2 : essayez de ne pas vous servir de vos connaissances sur les séries entières)
(b) Soit y0 P I et η ą 0 tels que sy0 ´ η, y0 ` ηrĂsx0 ´ ε, x0 ` εr. Montrer qu’il existe une suite pcn q telle que
`8
ÿ
@x Psy0 ´ η, y0 ` ηr, f pxq “ cn px ´ y0 qn ,
n“0

et exprimer les complexes cn en fonction des dérivées de f . On justifiera soigneusement l’interversion de


sommes qu’on sera amené à faire.
7. On suppose dans cette question (et uniquement dans cette question) que pour tout n P N, an P R` . On suppose
qu’il existe σ0 ă σabs et une fonction f :sσ0 , `8rÑ C qui coïncide avec La sur sσabs , `8r, et qui soit analytique,
c’est à dire qu’en tout σ Psσ0 , `8r, il existe ε ą 0 tel que
`8
ÿ px ´ σqn
@x Psσ ´ ε, σ ` εr, f pxq “ f pnq pσq ¨ .
n“0
n!

(a) Montrer qu’il existe ε ą 0 tel que


`8
ÿ `8
ÿ an p´ lnpnqqk p´2εqk
f pσabs ´ εq “ .
k“0 n“1
nσabs `ε k!

Indication : commencer par exprimer l’analycité de f en σabs , puis décentrer légèrement en se servant de la
question précédente.
(b) En déduire que
`8
ÿ an
f pσabs ´ εq “ σabs ´ε
,
n“1
n
et obtenir une contradiction.
On a donc démontré le théorème de Landau : si a est positive, La n’admet pas de prolongement analytique à un
intervalle sσ0 , `8r contenant strictement sσabs , `8r.

Partie II – Demi-plan de convergence

On s’intéresse dans cette partie au domaine de définition de La . On suppose toujours que la série Lpa, sq converge au
moins pour une valeur, ce qui nous assure la bonne définiion de σconv .

6
żβ
8. En considérant l’intégrale e´tz dt, montrer que pour tout pα, βq P pR˚` q2 tels que α ă β, et tout z P C tel
α
que Repzq ą 0,
|z|
|e´αz ´ e´βz | ď pe´αRepzq ´ e´βRepzq q.
Repzq
Quelle majoration en déduit-on pour |n´ps´s0 q ´ pn ` 1q´ps´s0 q | lorsque Reps ´ s0 q ą 0 ?
n
ÿ
9. Soit s0 tel que Lpa, s0 q converge et s tel que Reps ´ s0 q ą 0. On note, pour tout n P N˚ , An “ ak k ´s0 .
k“1
Justifier l’existence d’un réel M ą 0 tel que pour tout n P N˚ , |An | ď M .
ř
À l’aide d’une transformation d’Abel, en déduire que an n´s est convergente.
10. Montrer que Lpa, sq est convergente sur Pσconv .
`8
ÿ
11. On note, pour n P N, Rn “ ak n´s0 , et Mn “ sup |Rm |. Montrer que pour tout s tel que Reps ´ s0 q ą 0,
měn
k“n`1
ˇ ˇ
ˇ `8 ˇ |s ´ s0 |
ˇÿ ´s ˇ
ˇ an n ˇ ď 2Mp´1 ¨ p´Reps´s0 q .
ˇn“p ˇ Reps ´ s0 q

12. En déduire que :


ř
(i) a n´s est uniformément convergente sur toute partie bornée de Pσ , où σ ą Reps0 q.
ř n ´s
(ii) an n est uniformément convergente sur le secteur angulaire Bα “ tz P PReps0 q , | argpz ´ s0 q| ď αu, où
α P r0, π2 r.
ř
13. Montrer que an n´s est uniformément convergente sur toute partie bornée de Pσ , où σ ą σconv .
14. Justifier que La est continue sur Pσconv .

Partie III – Convergence de produits

ř définies sur un intervalle I, à valeurs dans C. On suppose que les fonctions hn


Soit phn qnPN˚ une suite de fonctions
sont bornées sur I, et que la série |hn | est uniformément convergente sur I. On note, pour tout s P I,
`8
ÿ
Rn psq “ |hk psq|.
k“n`1

15. Soit p P N˚ et n ą p. Montrer que pour tout s P I


n´p
˜ ¸
n
ź ÿ ÿ
p1 ` hk psqq “ 1 ` hi1 psq ¨ ¨ ¨ hiℓ psq .
k“p`1 ℓ“1 p`1ďi1 㨨¨ăiℓ ďn

ÿ
16. Soit, pour p P N˚ et ℓ P N, Tp,ℓ psq “ hi1 psq ¨ ¨ ¨ hiℓ psq. On remarquera que dans cette somme, les
p`1ďi1 㨨¨ăiℓ
indices ij ne sont plus bornés par n.
Montrer que pour tout s P I,
ˇ ˇ
ˇ ÿ ˇ
ˇTp,ℓ psq ´ hi1 psq ¨ ¨ ¨ hiℓ psqˇ ď Rp psqℓ et |Tp,ℓ psq| ă Rp psqℓ .
ˇ ˇ
ˇ p`1ďi 㨨¨ăi ďn
ˇ
1 ℓ

17. Soit ε ą 0. En déduire l’existence de p0 tel que les deux propriétés suivantes soient vérifiées :
(i) pour tout n ą p0 , et tout s P I,
ˇ ˜ ¸ˇ
ˇ źn n´p
ÿ0 ˇ
p1 ` hk psqq ´ 1 ` Tp0 ,ℓ ˇ ă ε.
ˇ ˇ
ˇ
ˇ ˇ
k“p0 `1 ℓ“1

ÿ
(ii) Tp0 ,ℓ est uniformément convergente sur I.
ℓě1
n
ź
18. En déduire que la suite définie par Qn psq “ p1 ` hk psqq, pour n ą p0 , converge uniformément sur I.
k“p0 `1

7
p
ź
19. En déduire que la suite définie par Pn psq “ p1 ` hk psqq est uniformément convergente sur I.
k“1
ź
On dit alors que le produit p1 ` hk psqq est uniformément convergent sur I, et on note

`8
ź n
ź
p1 ` hk psqq “ lim p1 ` hk psqq.
nÑ`8
k“1 k“1

Partie IV – Décomposition en produit eulérien

Par commodité et facilité de lecture, on adopte une notation fonctionnelle pour la suite an , en écrivant plutôt apnq à
la place de an .
On suppose ici que a est multiplicative (ou arithémtiquement multiplicative), c’est-à-dire qu’elle vérifie ap1q “ 1, et :

@pn, mq P N˚ , n ^ m “ 1 ùñ apnmq “ apnqapmq.

On suppose toujours qu’il existe au moins une valeur de s telle que Lpa, sq converge. On pose c ą σabs .
On note, pour tout n P N˚ , pn le n-ième nombre premier.
20. Montrer que pour tout n P N, pour tout j0 P N˚ et tout s P rc, `8r, l’égalité suivante est valide dans R :
`8 8
ÿ |appjn q| ÿ |apkq|
ď ,
j“j0 pjs
n j0
kc
k“pn

`8
ÿ appjn q
et en déduire que la série de fonctions est uniformément convergente sur rc, `8r.
j“1 pjs
n

On pose, pour tout n P N˚ et s ě c


`8
ÿ appjn q
hn psq “ .
j“1 pjs
n

21. Justifier que hn est continue sur rc, `8r, puis déterminer sa limite en `8.
ř
22. Montrer que |hn | converge uniformément sur rc, `8r. Qu’en déduit-on pour le produit
˜ ¸
`8
ź `8
ÿ appj q
n
1` js
?
n“1 j“1 pn

23. Pour N P N˚ et K P N˚ , on note ApN q l’ensemble des entiers naturels non nuls qui ne font intervenir que les
entiers premiers p1 , . . . , pN dans leur décomposition en facteurs premiers, et on note ApN, Kq les éléments k de
ApN q telles que pour tout n P v1, N w, vpn pkq ď K
Montrer que pour tout s P rc, `8r,
˜ ¸
N K
ź ÿ appjn q ÿ apkq
1` sj
“ .
n“1 j“1 pn
ks
kPApN,Kq

24. En déduire que ˜ ¸


N `8
ź ÿ appjn q ÿ apkq
1` “ ,
n“1 j“1 psj
n kPApN q
ks
˜ ¸
`8 `8
ź ÿ appjn q
puis que 1` converge uniformément vers La sur rc, `8r.
n“1 j“1 psj
n

25. On suppose de plus dans cette question que a est strictement multiplicative, c’est-à-dire vérifie, pour tout
pm, nq P N˚ , apmnq “ apmqapnq. Montrer que pour tout s ą σabs ,
ź 1
Lpa, sq “ ´s
,
pPP
1 ´ appqp

et que la convergence est uniforme sur tout rc, `8r, c ą σabs .

8
`8
ÿ 1
26. Soit, pour tout s ą 1, ζpsq “ s
. Montrer que
n“1
n
ź 1
@s ą 1, ζpsq “ .
pPP
1 ´ p´s

Partie V – Caractères de Dirichlet

Soit D P N˚ , et χ : Z Ñ C, strictement multiplicative, c’est-à-dire vérifiant :

χp1q “ 1 et @pn, mq P Z2 , χpm ¨ nq “ χpmqχpnq.

On suppose de plus que pour tout n tel que n ^ D ‰ 1, χpnq “ 0, que pour tout n tel que n ^ D “ 1, χpnq ‰ 0, et que
χ est D périodique.
On dit que χ est un caractère de Dirichlet (χ peut en fait être vu comme un morphisme du groupe pZ{DZqˆ dans
C˚ ).
On note DirpDq l’ensemble des caractères de Dirichlet D-périodiques.
On définit 1D le caractère tel que 1D pnq “ 0 si n n’est pas premier avec D, et 1D pnq “ 1 si n est premier avec D.
27. Montrer que si χ1 et χ2 sont des éléments de DirpDq, alors χ1 χ2 aussi. Montrer que DirpDq est un groupe fini.
28. Soit χ P DirpDq. Montrer que pour tout s ą 1,
ź 1
Lpχ, sq “ ,
pPP
1 ´ χppqp´s

et que ce produit est uniformément convergent sur rc, `8r, c ą 1.


˜ ¸
D´1
ÿ n
ÿ
29. Soit χ P DirpDqzt1D u. Montrer que χpkq “ 0, et en déduire que la suite des sommes partielles χpkq
k“0 k“1 nPN˚
est bornée.
30. En déduire que σconv “ 0, et que σabs ď 1.
31. Montrer que pour tout s ą 1, ź ` ˘
Lp1D , sq “ ζpsq 1 ´ p´s .
pPP, p|D

En déduire qu’il existe une constante α ‰ 0 telle que


α
Lp1D , sq „ .
sÑ1` s´1
ź
On pose, pour tout s ą 0, F psq “ Lpχ, sq.
χPDirpDq

32. Soit p P P ne divisant pas D. Montrer que Φ : χ ÞÑ χppq est un morphisme de groupes de DirpDq dans C˚ . En
déduire qu’il existe dppq tel que ΦpZq “ Udppq .
33. Soit hppq le cardinal de KerpΦq. Montrer que
¨ ˛hppq
ź ź
p1 ´ χppqp´s q “ ˝ p1 ´ ωp´s q‚ .
χPDirpDq ωPUdppq

ź ˆ ˙hppq
1
34. En déduire que pour tout s ą 1, F psq “ , où PD est l’ensemble des nombres premiers ne
pPPD
1 ´ p´dppqs
divisant pas D.
˚
35. Montrer qu’il existe a P NN tel que pour tout s ą 1,
`8
ÿ apnq
F psq “ .
k“0
ns

36. On admet que s’il existe χ ‰ 1D tel que Lpχ, 1q “ 0, alors on peut prolonger F en une fonction analytique
sur R tout entier (il y a un gros loup, là). Trouver une contradiction et en déduire que pour tout χ ‰ 1D ,
Lpχ, 1q ‰ 0.

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Partie VI – Le théorème de la progression arithmétique de Dirichlet

Le théorème de la progression arithmétique a un énoncé très simple. Il affirme que pour tout D P N˚ et tout a tel
que a ^ D “ 1, il existe une infinité de nombres premiers p tels que p ” a rDs. Nous ne pouvons pas démontrer ce
théorème ici, car il demande des techniques dépassant largement le cadre du programme. Mais avec ce qu’on a déjà
fait jusqu’ici, on peut en esquisser la stratégie, en admettant certains points.
On définit Φa : Z Ñ C, telle que Φa pnq “ 1 si n ” a rDs, et nulle sinon.
On admet que :
(i) si χ P DirpDq, alors pour tout p P PD ,
1 ÿ
Φa ppq “ χpaqχppq,
φpDq
χPDirpDq

où φpDq est l’indicatrice d’Euler, égale au nombre d’entiers de v1, Dw premiers avec D. Cette formule provenant
de la théorie des représentations de groupes ;
(ii) il existe une fonction log définie sur la boule ouverte Bp1, 1q de C, réciproque de l’exponentielle, et vérifiant des
propriétés similaires au ln réel (notamment vis-à-vis des produits) et vérifiant :
`8
ÿ zn
@z P Bp0, 1q, logp1 ´ zq “ ´ .
k“1
n

On définit dans R, pour tout s ą 1 : ÿ


Fa psq “ Φa ppqp´s .
pPP

36. Soit χ P DirpDq. Montrer que pour tout s ą 1.


ˇ ˇ
ˇÿ ˇ
pχppqp´s ` logp1 ´ χppqp´s qˇ ď ζp2q.
ˇ ˇ
ˇ
ˇpPP ˇ
D

37. En déduire que ˇ ˇ


ˇ ˇ
ˇ
ˇFa psq ´ 1 ÿ ˇ
χpaq log Lpχ, sqˇˇ
ˇ φpDq
ˇ χPDirpDq ˇ

reste bornée lorsque s Ñ 1` .


38. À l’aide de résultats de la partie V, en déduire que Fa psq ÝÑ `8.
sÑ1`
39. En déduire qu’il existe une infinité de nombres premiers congrus à a modulo D (théorème de la progression
arithmétique).

Sujet conçu d’après l’ouvrage de Pierre Colmez, Éléments d’analyse et d’algèbre (et de théorie des nombres).

F I N

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