CM2 : Médiation et programmation culturelle autour d’une
exposition temporaire
Salomé SURLE : [Link]@[Link]
A) Médiation culturelle : Définition
Médiation = servir d’intermédiaire entre deux ou plusieurs choses.
Médiation culturelle = faciliter la relation entre l’oeuvre et le public. Transformer le
discours des œuvres pour que ça soit perçu par les récepteurs. Parfois fossé entre
scientifiques et public.
Il ne suffit pas de montrer les collections, il faut aussi partager les connaissances sur
ces collections.
La médiation va essayer de trouver plein de supports.
Définition du musée selon l’ICOM (International Council of Museums), définition
2017 et 2022 (cf CM1).
Accessibilité = un musée est un lieu ouvert, qu’on va pouvoir situer et le rendre
accessible géographiquement. Accessible dans le sens qu’il doit être compris de tous,
on essaie dépoussiérer les musées, dire que ce n’est plus réservé à une élite
intellectuelle.
Éducation, divertissement, réflexion et partage de connaissances = Avant on avait
juste le terme d’éducation, mais ça fait strict. Le divertissement permet d’apprendre
plus facilement.
Loi musée de France 2022 : Musée de France c’est une appelation. « Chaque musée
de France dispose d’un service ayant en charge les actions d’accueil des publics, de
diffusion, d’animation et de médiation culturelles.
Attention, les musées ne sont pas des lieux d’enseignement mais des lieux de culture,
sans obligation.
La médiation repose sur la distinction :
- Le médiateur fait savoir
- L’enseignement apprend
B) Les publics
Un musée doit connaître ses publics
Il est important pour le musée d’identifier ses objectifs, savoir vers quels publics il
veut se tourner, et avec quels moyens.
Dépend aussi des pouvoirs publics auprès de qui le musée dépend. Ex : Musée
breton, dépend du département, s’oriente aussi vers collégiens et les handicapés.
À la suite de cela, identifier pour chaque public :
- Quelles sont ses attentes ?
- Comment l’approcher ?
- Quelle formule de médiation ?
- Quel degré d’information ?
Ensuite étude des publics : statistiques en fonction des catégories, sondages pour
savoir qui aime quoi.
3 catégories de publics :
- Public assidu et régulier. Des visiteurs qui connaissent le musée, suivent son
actualité et s’intéressent de près à l’offre culturelle. Pas besoin d’aller les chercher
mais les chouchouter.
- Public dont la fréquentation du lieu est lié à un évènement ponctuel (JEA, JEP,
spectacles, etc), parce que c’est gratuit et qu’on va avoir des animations spéciales,
mais ne vont pas forcément revenir pour le reste du programme.
- Public éloigné de la culture, non-public.
Typologies de publics (à l’intérieur de ces 3 catégories) :
- Adultes
- Famille
- Enfants (0-12 ans, divisible en catégories 0-3 ans, 3-6,7-12)
- Ados
- Scolaires
- Champs social
- Public spécifique
Chacun a une idée du patrimoine différente.
Adultes :
Attentes très différentes. On sait pas ce qu’ils veulent précisément donc on s’adapte.
Parfois les adultes ont envie de parler parce qu’ils ont vécu longtemps, ça permet
d’interagir.
Familles :
1 adulte et 1 enfant minimum. C’est complexe car le discours doit être reçu par
l’adulte et à l’enfant. On parle de modules ludique plutôt que modules enfants car les
adultes aussi peuvent aimer.
Les enfants :
Ils sont très nombreux. On peut proposer des animations pendant les vacances, il y a
aussi scolaire mais c’est autre chose.
Les plus demandés c’est 3-6 ans, car on a le moins d’offre dans les associations. Il
faut les habituer à un nouvel environnement, surtout les 0-3 ans.
Durée max pour animations :
- 0-3 ans c’est 30min
- 3-6 ans c’est 45min
- 7-12 ans c’est 1h
1h c’est un max, pour les adultes aussi, même si ça arrive de déborder.
Ce qui compte avec les enfants c’est la répétition d’information, et non
l’accumulation. Donc pendant la visite on va leur répéter des dates ou des termes.
Les ados :
Public assez difficile à cette période de leur vie. Ce qui fonctionne avec eux c’est le
numérique (ex : animation construire son musée sur Minecraft), mais ça reste
compliqué de les faire venir. Parfois il faut accepter que les ados ne viennent pas.
Scolaires :
Ils sont très nombreux. Il faut faire attention, on est pas totalement dans le cadre
scolaire.
Public spécifiques :
Deux catégories =
- situation de handicap (mental, auditif, visuel, moteur), on a un label pour les 4 types
différents. Accessibilité = ascenseur, boucles magnétiques pour les malentendants,
dispositifs de toucher pour visuels, FALC (Facile à lire et à comprendre). Ces
installations ne sont pas réservées qu’aux handicapés.
- Dispositif éloigné : habitent loin, ruraux, donc on peut faire des évènements hors
des murs, actions de médiation en dehors du musée. On le fait pour des Ehpad, des
accueils de jour. Dans les publics éloignés il y a ceux qui ont peur des musées, ainsi
que le public empêché, c’est-à-dire les pénitenciers.
Qui dit musée différent dit médiation différente.
C) Les types de médiation
Médiation directe :
le médiateur est présent, il se met en scène et s'appuie sur le public. Il doit savoir
observer et anticiper les réactions des individus et en fonction, décider de
réajustements éventuels, de changements de rythme, de modifications de parcours... Il
doit pouvoir appréhender les différentes dynamiques de groupe.
EX : Visite guidée, ateliers, conférences, évènementiel
Médiation indirecte :
ce seront des proposition que les visiteurs pourront utiliser ou non en parcours libres.
La médiation indirecte s'adresse à des publics potentiels qui utiliseront à leur guise et
leur rythme des informations sur support (fiche d'aide à la visite, jeu sur support
papier, vidéo ou autre...). Elle doit savoir anticiper les réactions des différents publics
pour adapter à la fois ses contenus, ses supports et ses démarches et ainsi rester la
plus pertinente possible.
Cartels, audioguide, visite libre avec livrets-jeux, modules ludiques intégrés à la
scénographie, communication (réseaux sociaux, newsletter, site internet, diffusion de
la programmation, garder un lien avec les publics, en-dehors du musée).
a) Médiation directe
Visite guidée :
Elle doit s’adapter aux attentes et au niveau du groupe. Ne pas tomber dans la visite
conférence, on veut de l’échange, du dialogue, de l’expérience.
Ateliers/visites ateliers :
le principe c’est d’avoir une expérience créative, mais il ne faut pas croire que c’est
un atelier créatif classique, c’est lié avec le thème du musée et on a une visite en lien
avec l’atelier avant. C’est bien pour les enfants, mais aussi les personnes en situation
de handicap.
Conférences :
Réalisé par une personne en interne, ainsi qu’un personnel du pôle collection. C’est
sur un sujet précis, avec un public averti/habitué au caractère passif. On assume que
c’est pas accessible à tout le monde.
Spectacle :
Libérer des émotions dans l’espace du musée : conte, danse, musique, etc.
b) Médiation indirecte
Tous les documents du musée départemental breton sont en ligne.
FALC, textes de salle, cartel, plan du musée, dossier pédagogique.
Tout un mode d’emploi spécifique pour le FALC, puis ça doit être validé par les
institutions publiques.
Textes de salle et cartel permettent de comprendre. Ils sont rédigés par l’équipe
scientifique, parfois risque que ça soit trop scientifique. Au musée breton, les textes
sont relus par l’équipe médiation.
Plan du musée : donne des infos sur où se trouve les collections
Livrets-jeux/enquêtes :
3 catégories d’âges, 3-6 ans, à partir de 7 ans, à partir de 12 ans c’est l’enquête.
Traduction : au musée breton c’est tout breton, et selon les finances c’est l’anglais.
Livrets-jeux, il faut que les jeux soient faisables uniquement en étant au musée, pour
qu’ils observent les œuvres.
Au musée breton, les livrets-jeux sont dispo à l’accueil.
Modules ludiques :
Petits trucs pour jouer, ça marche pour tout le monde. On a aussi des tissus ou
reproduction qu’on peut toucher.
Communication :
Programme, site internet, réseaux sociaux (on différencie Facebook et Instagram).
D) La programmation culturelle
Ce qu’on décide en programmation.
Tout d’abord on se fixe des objectifs :
Discussion pôle collection, direction, pôle médiation, etc.
Quels publics ? Ce qu’on veut valoriser ? Quelles nouveautés ? Volontés des
autorités/élus.
Les moyens :
Moyens humains, financiers et matériels. Visite guidée avec quelqu’un en interne ça
coute rien au musée. Question des saisonniers, vacataires, mais voir aussi dans les
autres services.
Temporalité :
S’associer aux temps forts locaux et nationaux. Ne pas enchaîner les offres enfants
sans rien pour adultes. Ne pas oublier les évènements locaux (festival de Cornouaille,
les JO, Tour de France) et nationaux (JEP, JEA (journées européennes de
l’archéologie)), pour éviter de faire un grand évènement alors que y a personne à ce
moment là.
Partenaires :
Croiser les dispositifs artistiques et culturels du territoire, ça prend du temps de faire
et acter les devis. Parfois on a des familles qui font des test.
Communication :
Diffuser la programmation : programme et réservations, site internet réseaux sociaux.
On anticipe bien en avance.