CM4 : La représentation de l’espace
L3 Patrimoine : on assiste pas à toutes les séances, elle envoie les cours, elle nous
interroge sur ce qu’on a vu uniquement en cours.
Jusqu’à l’Antiquité classique les sculpteurs et les peintres sont guidés dans leur
travail par un nombre restreint de systèmes de construction de l’espace.
Antiquité classique : systèmes plus élaborés, plus unifié, annonciateurs de la
perspective géométrique, qui ne sera acquise qu’au XVe (?).
Moyens communs aux sculpteurs et peintres, et moyens différenciés.
Première partie représentation de l’espace avant la conquête de la perspective.
Deuxième partie sur la conquête de l’espace tridimensionnel avec perspective
géométrique.
Troisième partie : conquête de l’espace tridimensionnel avec perspective appliquée
aux paysages.
Échelonnement latéral, vertical et chevauchement :
Avec la conquête de la perspective, le rapport spatial entre les différents motifss est
essentiellement suggéré de 3 manières :
- Les motifs sont juxtaposés les uns à côté des autres, en alignement : c’est
l’échelonnement latéral (cette juxtaposition pouvant se faire sur une ligne d’appui)
- Les motifs sont superposés les uns au-dessus des autres : c’est l’échelonnement
vertical.
- Dans les deux cas, il peut y avoir chevauchement des motifs les uns sur les autres,
ce qui implique que des motifs sont situés « devant » ou « derrière » d’autres motifs.
Ex : Reliefs du Tombeau de Ti, Saqqarah (Égypte), Ve dynastie (2500 av JC). Tombe
importante.
Isocéphalie : quand toutes les têtes sont alignées.
Sur le tombeau, on a pas de réduction de la taille des motifs pour signifier qu’on a de
la profondeur.
Autre ex : Diptyque Carrand, relief du IVe, ivoire. Représente Adam et la vie de Saint
Paul.
Volet de droite : ligne d’appui légère, pas mal de chevauchement. Pour marquer la
distance, le personnage du fond est plus petit, a moins de détail, est moins en relief.
Ex : Reliefs du cloître roman de Saint-Dominique de Silos (Espagne), XIIe. Persos à
a verticale, Chevauchement, la taille ne diminue pas. Échelons verticaux et
horizontaux.
Ex : Basilique Saint-Denis, panneau de chaire. Recherche de la profondeur :
représentation rudimentaire d’un paysage, au fond et en haut.
Projection en plan et en élévation
Autre procédé : Représenter les motifs soit vus en plan soit en élévation.
Ex : Relief de la Cène. Personnages derrières une table.
En plan : comme si on voyait l’objet depuis le plafond (si c’est une table = plat)
En élévation : si on voyait l’objet depuis le côté.
Donc contenants représentés en élévation. Le pain est représenté en plan.
Ex : Reliefs du portail royal de la Cathédrale de Chartres, XIIe. Personnages
juxtaposés, comme les égyptiens, sauf que là c’est haut relief. La Vierge, allongée, est
légèrement mise en plan, pour qu’on voit son corps et son visage.
Ex : La Mort de la Vierge, Byzance, XIe, plaque de reliure en ivoire. Thème de la
dormition (?). Vierge redressée.
Pseudo perspective parallèle
IVe av JC, apparaît la pseudo perspective parallèle qui ne va concerner que la
représentation des édifices et objets à forme régulière.
Tabourets/chaises/lits sont représentés obliquement, ne sont plus montrés uniquement
de face.
Représentation oblique, donc avec des lignes parallèles.
Codex Amiatinus, VIIe-VIIIe : personnage assis sur un banc, pieds sur un tabouret et
table à côté : ces trois mobiliers sont obliques.
Diptyque du consul Magnus, IXe : marchepied du trône représenté en oblique.
Cimabue, Maesta (Vierge à l’Enfant), v. 1280 : Le trône de la Vierge est oblique,
alors que la Vierge est de face.
La gradation hiérarchique
C’est un système de représentation consistant à donner aux personnages représenté
une taille proportionnée à leur place dans une hiérarchie spirituelle et temporelle et
non proportionné à leur éloignement dans l’espace.
Le Christ couronnant Otton II et Theophano, 982-83 : Christ très grand.
Enguerrand Quarton, La Vierge de Miséricorde de la famille Cadard, 1452 : Les 3
saints sont plus grands que les autres. Vierge de Miséricorde = abrite de son manteau
des personnages, les plus importants sont en premier (pape, empereur, roi, évêque).
II) La conquête de l’espace tridimensionnel avec la perspective
géométrique
Antiquité : plus anciens décors peints représentés en perspective.
Quadratura : représentation d’éléments architecturaux en trompe-l’œil.
Ce dispositif va se constituer à florence dans les années 1420 avec trois
personnalités : l’architecte Brunelleschi, le peintre Masaccio et Alberti, ce dernier a
écrit un traité de peinture, De Pictura, premier écrit moderne sur l’histoire de la
peinture en 1435 et va codifier la perspective géométrique.
Ce qui est nouveau au XVe c’est cette mise au point d’une perspective rigoureuse et
codifiée.
Brunelleschi, inventeur de la perspective géométrique. Expérience en 1416 : il peint
le baptistère de Florence depuis un point, puis pour être sûr il se remet, fait un trou
dans sa peinture pour voir à travers et met un miroir, comme ça il peut rapidement
passer de la réalité à la peinture.
« D’abord j’inscris sur la surface à peindre un quadrilatère à angles droits aussi grand
qu’il me plaît, qui est pour en moi en vérité comme une fenêtre ouverte à partir de
laquelle l’histoire représentée pourra être considérée » Alberti, De Pictura.
Paolo Ucello : met une ligne de terre en bas, et en haut une ligne d’horizon, puis
place un point de fuite sur la ligne d’horizon, et autre part, sur les côtés, un point de
distance. On trace des lignes reliant ligne de terre et points = ça nous permet d’avoir
la perspective.
Repérer les lignes d’horizon grâce aux lignes de fuites, vue plongeante ou montante.
Si on voit du dessous = la ligne d’horizon est + haute, et inversement.
Perspective moralisée : quand on met au niveau du point de fuite un élément
moralisé. Ex : L’Annonciation, de Domenico Veneziano, 1442-48. Point de fuite
donne sur la porte fermée, qui donne sur un jardin, symbole marial du « jardin clos ».
Relief de perspective (??) :
Relief dans lequel la perspective est indiquée par des lignes de fuites convergentes et
diminution de l’épaisseur des saillies pour donner l’impression de la distance.
Ex : Donatello, Le festin d’Hérode, 1435. On voit bien que c’est moins distinct quand
c’est plus loin.
Ex : Donatello, le miracle de la guérison de la jambe coupée par Saint Antoine de
Padoue.
Autres procédés : Perspective géométrique :
- Perspective par axe de fuite : Schéma de construction perspective dans lequel les
orthogonales, au lieu de converger un point de fuite unique, convergent vers un axe
vertical appelé axe de fuite. Cet axe de fuite sépare approximativement la surface
figurative en deux parties égales.
Parfois appelé en arête de poisson.
Ex : Bible de Grandval-Moutier, miniature de la remise des tables de la Loi.
- Perspective avec aire de fuite : Schéma de construction perspective dans lequel les
orthogonales convergent vers plusieurs points séparés situés sur une surface de peu
d’étendue appelée aire de fuite.
Ex : Jan Van Eyck, Vierge du chancelier Rolin, 1434-35.
- Perspective avec plusieurs points de fuite (ou perspective partielle) : Perspective
géométrique appliquée à chaque objet de la composition sans unité de point de fuite.
Dans cette perspective, plusieurs points de fuite sont utilisés : point de fuite du
pavement, point de fuite des motifs du tapis, point de fuite du plafond…
Ex : Jan Van Eyck, Portrait des Epoux Arnolfini, 1434. Plusieurs points de fuite.
Perspective géométrique dure mais tombe en désuétude au XIXe (??).
III) La conquête de l’espace tridimensionnel : La perspective
appliquée aux paysages
Contrairement à la perspective géométrique codifiée apr les italiens dans les années
1420s, les moyens pour mettre la profondeur des paysages est appliqué par les
peintres flamands à partir du premier quart du XVe.
Moyens :
- Couleur → perspective atmosphérique : « Perspective qui restitue la profondeur de
l’espace par le dégradé progressif des couleurs et les variations de la netteté des
contours en fonction de la distance, du degré d’humidité de l’atmosphère et de
l’intensité de la lumière ». En gros du floutage et du bleutage.
- Taille des motifs → jalons spatiaux
- Position des motifs → chevauchement
- Nature des motifs → parcourabilités : motifs pluviaux, chemins, induisent l’idée
d’un chemin qui se creuse en profondeur, indique qu’on peut parcourir vers le fond.
On peut avoir de la perspective géométrique et de la perspective atmosphérique.
Ex : Meindert Hobbema, l’allée de Middelharnis, 1689. Imitation de la perspective
géométrique pour son paysage. On consacre une grande partie de la peinture au ciel
(les 2/3).
Ex : Lorenzetti, Les effets du bon et mauvais gouvernement, 1337-39, Sienne (palais
public). Chemin sinueux.
Lorenzo Ghiberti, David et Goliath, Porte du Paradis, baptistère de Florence : taille
des motifs, chevauchement, pas trop de parcourabilité, désépaisseur des reliefs.
Ex : François Marchand, Descente de croix, bas-relief en marbre : question de
l’éclairage qui change tout, les ombres projetées changent tout. Pas de bonne réponse
mais ça montre que il faut réfléchir à l’ombre.
EXAM :
Questions courtes à réponses courtes. Ne pas s’embêter à faire des phrases, aller
directement au mot demandé.
Notre exam porte seulement sur les cours en présentiel, pas les pdf.