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Enluminures et Estampes : Art du Livre

Le document traite des enluminures et des estampes, en définissant l'enluminure comme une illustration peinte pour les livres et l'estampe comme une image imprimée sur papier. Il décrit l'évolution des supports d'écriture, notamment le passage du rouleau au codex en parchemin, ainsi que les techniques de gravure et d'impression qui ont émergé au Moyen Âge. Enfin, il présente les différents types d'enluminures et les procédés d'estampe, y compris la taille d'épargne, la taille-douce et la lithographie.

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Enluminures et Estampes : Art du Livre

Le document traite des enluminures et des estampes, en définissant l'enluminure comme une illustration peinte pour les livres et l'estampe comme une image imprimée sur papier. Il décrit l'évolution des supports d'écriture, notamment le passage du rouleau au codex en parchemin, ainsi que les techniques de gravure et d'impression qui ont émergé au Moyen Âge. Enfin, il présente les différents types d'enluminures et les procédés d'estampe, y compris la taille d'épargne, la taille-douce et la lithographie.

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CM2 : Enluminures et estampes

Arts du livre.

Déf :
Enluminure = image peinte ou dessinée réalisée pour constituer l’illustration ou le
décor d’un livre.
Estampe = image imprimée sur papier

Les livres qui contiennent des enluminures sont appelés des codex, en parchemin.

On dit que le parchemin apparaît au IIe av JC à Pergame. Comme support de


l’écriture et enluminure, le parchemin va être quasi exclusif pendant le Moyen Âge.

Parchemin = peau d’animal non tannée, destinée à servir de support à l’écriture ou à


la peinture. Non tanné car ce n’est pas du cuir.

Mouton ou chèvre (Europe), peau du veau aussi, on parle de vélin, qui est riche.
Vélin : fait à partir d’un veau mort-né ou mort avant 3 jours, car il faut une peau la
plus blanche et la plus fine possible.
2 côtés : côté poil, texture brune, côté plus lisse de l’autre côté.

L’objectif ça va être de poncer la peau avec une sorte de couteau en demie-lune.

Codex : on dit que c’est à partir du IIe apr qu’il apparaît et supplante le rouleau.
En gros on passe du rouleau en papyrus au codex en parchemin.
Codex = livre formé de feuilles pliées en deux et assemblées en cahiers cousus par un
fil le long de la pliure. Un livre n’est pas forcément relié.

Le codex s’impose à partir du IVe dans l’Occident latin.

Saint Marc copiant un rouleau dans un codex, enluminure du XIIe siècle.

On dit que ça facilite la lecture. Permet de feuilleter rapidement et ça facilite


l’écriture. Gain de place aussi.

Bibles sous la forme codex dès le IIe siècle.

Vocabulaire sur la réalisation :


In folio = feuilles pliées en deux (1 pli, 2 folios)
In quarto = pliées en 4 (2 plis, 4 folios)
In octavo = pliées en 8 (3 plis, 8 folios)
In seize = en 16 (4 plis, 16 folios).
Donc il faut couper en haut, pour pouvoir feuilleter les pages.

Plat de reliure = couverture d’un livre. Reliure en cuir (??).

Ouvrages manuscrits, car réalisés avant l’imprimerie. Jusqu’au XIIe, les ateliers où
on trouvent les scribes et les enlumineurs sont essentiellement monastiques, ainsi que
dans des cathédrales, l’atelier s’appelle le scriptorium.

À partir du XIIIe, on trouve des ateliers laïques.

Enluminure de 1456 montrant un scribe au travail :


Il tient une plume d’oie. Il peut aussi utiliser un calame, une plume faite dans une tige
de roseau.
Autre outil : le stylet, qui sers à gratter en cas d’erreurs.
Il a des encriers. On peut faire de l’encre de différentes façons, l’une des plus
célèbres est fait à partir de noix de galle (une excroissance sur les arbres).

On a préparé le papier : on a fait un encadrement de justification (zone qui va


recevoir l’écriture), on a donc des marges, on a des lignes (la réglure).

Enlumineur :
Après le travail du scribe, l’enlumineur va recevoir les feuilles de parchemins déjà
écrites, avec des espaces prédéfinies pour les images peintes.
Tous les manuscrits ne sont pas enluminés, mais les plus précieux le sont.

L’enlumineur est un peintre, donc il utilise de la peinture fait à partir de pigments et


de liants.

Pigments :
Lapis-lazuli, curcuma (orange), pistils de safran (jaune), minium (roche rouge) (le
terme de miniature vient du minium, qui est le pigment par excellence des
enluminures).

Liants :
gouache (liant aqueux), tempera (à partir d’oeufs).

Il existe différents types d’enluminures, qui se définissent par rapport à leur place
dans la page et par leur rapport avec le texte.

On peut avoir différents peintres enlumineurs pour un seul codex. Il y a des postes
spécialisés : enlumineur de lettres, enlumineur de bordures, historieur ou peintre
d’histoires, qui font les scènes représentées.
Types d’enluminures :
- Bout de ligne : motif décoratif qui vient combler un vide entre le bout de la ligne et
l’encadrement.
- Initiales (ou lettrine) : Une lettre en début de page/paragraphe, mise en valeur par
une différence d’échelle, ou une différence de couleur ou un décor. Elles servaient au
début à se repérer, constituer un point de repère pour repérer le début du paragraphe
ou du texte. Fonction esthétique aussi. Types d’initiales :
• Initiale aniconique, porteuse d’un décor abstrait, pas d’image.
• Zoomorphe, représente un animal ou formes hybrides animales.
• Anthropomorphes, représentations humaines.
• Historiées, portent une histoire/scène/décor historiée.
• Phytomorphes, pour les végétaux. Quand ils sont schématisés, on parle de
décor Stylisé.
• Héraldiques, c’est-à-dire armoiries.
- Bordures, ou marges : décor qui est peint dans les marges, on retrouve les différents
types de symboliques, on a aussi les drôleries (sensées être drôle).

Grandes Heures d’Anne de Bretagne (1505-10) : très célèbre. On a un herbier : sur


plusieurs pages, on a des fruits/légumes/plantes avec belle représentation, on a les
noms latins et français.

- Miniature ou vignette : image bordée par du texte sur un ou plusieurs côtés.


- Enluminures « en pleine page » : une grande illustration qui souvent va marquer le
début d’un texte, occupe toute la surface de la page.
Ex : Très Riches Heures du duc de Berry, 1411-16. 12 pages pleines pour représenter
les 12 mois de l’année. Faite par trois frères peintre, commandé par le frère du roi de
France, Jean de Berry. Illustration avec au-dessus le demi-disque astronomique du
mois.
Ex : Jean Bourdichon, Grandes Heures d’Anne de Bretagne.

II) L’estampe
image imprimée sur papier.
Inventée en Orient au Haut Moyen Âge, car sont déjà produites en Chine au VIIe des
planches de bois gravées.

Cette technique de l’estampe apparaît en Europe à l’aube du XVe.


Le plus ancien bois gravé d’Occident : le bois Protat, vers 1370-80.

Deux grandes révolutions qui vont impacter l’estampe :


La révolution typographique et la révolution du papier.
Révolution typographique :
L’apparition de l’estampe précède l’imprimerie (1450). Révolution typographique :
Gutenberg invente des tiges en plomb avec des lettres au bout, et on aligne pour
former des phrases.
Balles à encrer, on pose une feuille de papier et on utilise une presse à bras.

Ouvrage célèbre : Bible à 42 lignes (parce que colonne a 42 lignes).

Les livres vont accueillir des estampes après. Le premier livre illustré paru en France
en 1478, le Speculum humanae salvationis. On appelle ça un incunable, terme pour
désigner les plus anciens ouvrages imprimés (1450-1500).

l’estampe apparaît avant l’imprimerie, mais c’est une telle révolution que le livre
imprimé va absorber la plupart des estampes.

Révolution du papier : support par excellence de l’estampe. Papier vient du mot


papyrus, invention du papier en Chine remonte au IIe av JC. Les premiers papiers
occidentaux sont fait à partir du Xe (Espagne, etc) et en France il faut attendre la fin
du Moyen Âge pour avoir des moulins à papier.
XVIe/XVIIe : Le principal fournisseur de papier en Europe c’est la France. Pays
peuplé, donc elle fournit la matière première du papier en grande quantité : le tissu. À
partir d’une pâte de chiffon, qui sera remplacée par la pâte de bois au XIXe.
Souvent le tissu c’est du lin ou du chanvre.

On découpe les tissus, on les met à courir dans de l’eau pendant plusieurs jours, puis
ils vont être passé dans un moulin à papier pour battre la pâte et la rendre homogène.
Dans cette pâte on va ajouter des colles animales et des charges (matières minérales)
pour imperméabiliser le papier.

Pour la fabrication du papier, on utilise la forme à papier, une espèce de tamis avec
des tiges métalliques verticales et horizontales. On la plonge dans la pâte et on récolte
la quantité nécessaire. On l’essore alors, on la sèche sur des étendoirs.

Cette forme à papier peut laisser l’empreinte des tiges sur le papier, c’est ce qu’on
appelle le papier vergé. Deux formes : vergeures et pontuseaux.

Ouvrage : S. Bergeon Langle et P. CURIE, Peinture et dessin. Vocabulaire


typologique et technique, Editions du Patrimoine, 2009.

Filigrane : symbole apposé pour reconnaître le papetier.


Papier filigrané : dessin fait sur une feuille de papier, et en regardant à travers une
lumière on reconnaît le filigrane, sorte de blason.
Procédés de gravure pour avoir des estampes :
-Procédés en relief (on obtient ce qu’on appelle la taille d’épargne)
- Procédés en creux (taille-douce)
- Procédés à plat
(liste sur diapo)

A) Procédés en relief : la gravure en taille d’épargne

Taille d’épargne : Tout procédé de gravure qui consiste à évider les zones non
imprimables de la surface et imprimer l’image épargnée. Le motif apparaît donc en
relief.
Pour réaliser l’impression, on encre la surface laissée en relief, on place le papier sur
cette surface et on exerce une pression sur la feuille.
La taille d’épargne se pratique généralement sur bois. C’est la technique de la
xylographie.

Vidéo :
Elle évide sur le bois les parties qui ne sont pas les contours et autre, on « épargne »
le dessin.

Cette xylographie (gravure sur bois) :


Bois Protat, matrice en bois gravée avec cette technique.

Dürer, a fait le cycle de l’Apocalypse (1498)


Le bain (Moma, 70s)
Hokusai, série du Mont Fuji, 1831-33.

B) Les procédés en creux : la gravure en taille douce

Taille-douce :
Tout procédé de gravure qui consiste à graver les zones imprimables de la surface et
imprimer l’image ainsi gravée. Le motif apparaît donc en creux.

Pour réaliser l’impression, on encre la plaque en insistant sur les parties creuses, la
surface de la plaque étant ensuite soigneusement essuyée. On place le papier sur cette
surface et on exerce une pression élevée sur la feuille afin que l’encre sorte des creux
et se dépose sur le papier.

La taille-douce se pratique généralement sur plaque de cuivre, c’est la chalcographie.

Gravures :
Gravure au burin,
Gravure à la pointe-sèche,
Gravure à l’eau-forte,
manière noire.

On peut mixer les outils (burin, pointe-sèche).

Gravure au burin : Cette technique est employée dès le XVe (1430-40), beaucoup
utilisé pendant la Renaissance.
Martin Schongauer, allemand, célèbre pour ses graveurs. Saint Antoine tourmenté par
les démons et Encensoir, virtuosité de la technique.

Gravure à la pointe-sèche : à partir du XVIe, surtout par Dürer. Gravure de


Rembrandt, Les trois arbres, 1643.

Eau-forte :
L’expression eau-forte vient du latin aqua-fortis, désignait autrefois l’acide nitrique.
On part d’une plaque de cuivre, on la recouvre d’un vernis protecteur puis on grave le
motif, et on plonge la plaque dans un bain d’acide qui va mordre les traits gravés. Va
permettre au graveur de maîtriser l’intensité des traits en fonction de la durée
d’immersion.
On l’utilise dès le XVIe, Dürer est l’un des premier. Ex : Piranèse, série des Prisons
imaginaires, 1750. à partir du XVIIe/XVIIIe, on grave généralement à l’eau-forte.
Un graveur qui utilise l’eau-forte on appelle ça un aquafortiste.

Manière noire :
L’invention de la manière noire remonte au XVIIe, avec l’outil de la manière noire
appelé un berceau.
Technique apprécié par les artistes anglais, notamment William Turner : La
cinquième plaie d’Egypte, 1808.

C) Un procédé à plat : la lithographie

La lithographie se distingue de la gravure car il n’y a relief ni creux. On part d’une


pierre, on va dessiner avec des crayons gras sur la pierre. Ensuite on va humidifier la
pierre, l’eau va rentrer dans la pierre mais va être refusée là où il y a du gras.
On va encrer la pierre : l’encre va se poser sur les parties grasses et refusée là où il y
a de l’eau.
La pierre doit être encrée entre chaque tirage.

Découverte à la fin du XVIIIe, la lithographie a aussi des tirages en couleurs, avec


une pierre par couleur.

Les avantages de la lithographie :


- Permets à l’artiste de dessiner simplement sur une surface plane, ouvre l’art de
l’estampe à tous les artistes (tous n’ont pas envie de graver une plaque de
bois/cuivre).
- Reproductibilité quasi illimitée puisqu’on est sur une pierre, matrice inaliénable, là
où le cuivre va s’aplatir.

Francisco de Goya : Les taureaux de Bordeaux.


Les affiches vont beaucoup utiliser la lithographie aussi, comme celle de La Goulue
par Henri de Toulouse-Lautrec.

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