CHAPITRE 2.
NOTION DE BIODIVERSITE,
VALEURS ET MENACES
1. Introduction
2. Différentes formes de la diversité biologique
3. Valeurs de la biodiversité
4. Ampleur et répartition de la diversité biologique
5. Importance écologique des plantes
6. Changements globaux et mécanismes de
conservation
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1. Introduction
La biodiversité ou diversité biologique est l’ensemble des êtres vivants existant à
tous les niveaux d’organisation biologique: gènes, espèces et écosystèmes. La
biodiversité est immense et peu connue à nos jours malgré les énormes efforts de la
recherche scientifique. Elle constitue un réservoir où l’homme puise la plupart de ses
ressources vitales. Malheureusement, la croissance démographique et les formes
d’exploitation des ressources augmentent sans cesse la pression sur la diversité
biologique menaçant ainsi la pérennité des espèces, des écosystèmes et de
l’espèce humaine elle-même.
2. Les différentes formes de la diversité biologique
La diversité biologique comprend trois composantes distinctes :
- la variabilité génétique ;
- la diversité spécifique ;
- la diversité écologique.
2.1. La diversité génétique
On parlera de diversité génétique lorsque l'on veut évaluer la gamme des caractères
différents et transmissibles (gènes) existant chez les individus d'une même espèce.
L'espèce fait référence à des individus qui sont génétiquement semblables, c'est-à-
dire qui ont le même nombre de chromosomes, la même structure génétique et qui
peuvent se reproduire entre eux. Mais à l'intérieur de cette catégorie, on trouve toute
une série de différenciations de l'apparence extérieure (ou phénotypiques). Chez les
végétaux, le regroupement de spécimens présentant les mêmes caractéristiques
extérieures s'appelle une "variété". Pour les animaux, on parlera de "race". Les
caractères particuliers de chaque individu sont localisés dans les gènes. Plus la variété
de ces caractères est grande, plus une espèce a des chances de s'adapter à des
changements importants survenant dans l'environnement. La réduction du nombre
d'individus d'une population donnée entraîne inévitablement une réduction de la
diversité génétique (ou de la variété des caractères) de cette espèce. Le seuil de
disparition totale varie selon les espèces; mais de toute manière, la diminution des
individus de l'espèce fragilise les survivants qui n'ont pas forcément toute la gamme
des gènes de l'espèce à disposition.
2.2. La diversité spécifique.
La diversité spécifique fait référence à l'ensemble des espèces différentes sur un
même territoire de dimensions modestes (biotope: forêt, marécage, vallée). Un grand
nombre d'espèces différentes sur un territoire donné est le signe de la richesse d'un
biotope, les interrelations entre les espèces y sont nombreuses car les chaînes
trophiques sont plus ou moins longues et détaillées. Par contre, la faible
représentation d'ordres différents alliée à un nombre limité d'espèces du même ordre
fait penser à un milieu pauvre.
2.3. La diversité écosystémique
La diversité spécifique conduit à considérer la diversité écosystémique dans son
ensemble. Un écosystème n'est pas fait que d'animaux et de plantes mais aussi des
éléments physiques tels que la nature des sols, l'hydrographie, le climat, la topographie,
et les grands cycles qui régulent ces systèmes : cycle du carbone, de l'azote, de
l'oxygène, du phosphore, Ces mécanismes sont complexes mais ce sont eux qui
permettent la continuation de l'existence des espèces et la préservation de la
biodiversité. Les plantes jouent un très grand rôle dans ces différents cycles
biogéochimiques en l’occurrence le cycle du carbone.
La diversité des écosystèmes est aussi parfois considérée comme la variété et le
nombre des écosystèmes différents compris dans une région donnée. La diminution
du nombre de ces écosystèmes intervient lors de travaux d'assèchement de zones
humides, de déboisement ou de développement de l'agriculture intensive.
Les trois formes de diversité ont des relations étroites entre elles. La diversité
écosystémique dépend en fait du maintien de la diversité génétique, du
foisonnement des gènes des variétés et espèces. Il n'y a pas de gènes ou d'espèces
"inutiles" car chacune peut jouer un rôle plus ou moins en vue à un moment donné
de l'Histoire (exemple: les mammifères d'aujourd’hui avaient la taille de rongeurs à
l'époque des dinosaures, lorsque ceux-ci ont disparu, les mammifères ont crû et ont
pris la relève dans la chaîne alimentaire). Les écosystèmes sont ainsi de vastes
réservoirs de gènes qui garantissent la continuation de l'existence de la biosphère dans
sa capacité d'adaptation aux changements qui pourraient advenir.
Figure 34 : Différente forme de biodiversité
Ainsi, parler de biodiversité c’est attirer l’attention sur la nécessité d’appréhender
simultanément ces trois dimensions de la diversité du vivant et d’en saisir les
interactions.
Cette lecture de la diversité biologique impose un cadrage résolument écologique :
- l’accent est placé sur la signification fonctionnelle de la diversité ;
- l’éclairage se déplace de l’espèce au système ;
- la perspective « environnementale » des problèmes est mise en relief.
Mais cette lecture impose aussi une ouverture sur les sciences de l’homme et de la
société. Au-delà des constats sur la richesse spécifique des faunes et flores, c’est à
l’homme que renvoie le concept de biodiversité : l’homme qui la menace, l’homme
qui la convoite, l’homme qui en dépend pour un développement durable de ses
sociétés, l’homme qui peut la sauver. On voit l’étendue du champ à traiter : diversité
du vivant, origine, mécanismes, conservation. Les défis que pose aux sociétés
humaines la nécessité de concilier les besoins de développement des sociétés
humaines avec la sauvegarde du patrimoine biologique, base de ce développement.
3. Valeurs de la biodiversité
On reconnaît aujourd’hui 4 catégories de valeurs à la biodiversité :
- valeur d’usage ;
- valeur d’option ;
- valeur d’existence et
- valeur écologique.
Ainsi, trois types de justification habituellement sont avancés pour la prise en compte
de la biodiversité dans les politiques de développement.
- d’ordre éthique ou culturel ;
- biologiques ou écologiques ;
- économiques.
Tableau 3 : Typologie des valeurs de la biodiversité
Les problèmes qui se posent sont clairement de deux types différents ; les uns
relevant du référentiel écologique et biologique, les autres exigeant un référentiel social
et économique. La problématique « biodiversité » ne peut donc être réduite à une
analyse de gestion biologique des ressources naturelles, mais liée à la problématique
du « développement durable » : impose la prise en compte des dimensions
sociale, économique et politique.
4. Ampleur et répartition de la diversité biologique
Une estimation précise du nombre d'êtres vivants actuels de la planète est
impossible à réaliser dans les conditions actuelles de la recherche. Cependant, les
biologistes ont identifié et nommé 1,5 millions d’espèces dont plus de 260 000
plantes, 50 000 vertébrés, plus de 750 000 insectes, 100000 champignon, etc. Des
milliers de nouvelles espèces sont ajoutés à la liste chaque année et l’on estime
aujourd’hui la diversité de la vie entre 5 millions et plus de 10 millions d’espèces. Les
espèces les mieux connues sont les oiseaux et les mammifères. Les insectes restent
une grande inconnue car le milieu qui en contient le plus, la forêt tropicale, est d'un
accès malaisé.
Tous les milieux sont génétiquement diversifiés, même les déserts, mais certains
écosystèmes et régions sont plus riches en biodiversité « hot spot » que d'autres, et
contiennent d'une manière générale plus d'espèces. D'une manière globale, les pays
de l'hémisphère sud sont plus riches en biodiversité que ceux du nord. Les deux tiers
au moins des espèces végétales et animales sont concentrées dans les pays tropicaux
et subtropicaux.
Figure 35 : Hot spot de la biodiversité
Les forêts tropicales humides (>100cm de pluie par an) constituent le milieu le plus
riche en espèces animales et végétales. Elles contiennent la moitié au moins des
espèces au niveau mondial, sur seulement 7% du total des terres émergées.
D'autres écosystèmes méritent une attention spéciale car ils sont très diversifiés,
contiennent des espèces uniques, mais sont malheureusement très menacés. Dans
cette catégorie, on trouve les récifs coralliens, les zones côtières humides (mangroves),
les zones humides d'eau douce en général (rivières, lacs, étangs, ...), désert et les îles
où existent des populations endémiques très particulières. Tous ces écosystèmes ont
une composante végétale importante qui constitue la base de leur fonctionnement.
5. Importance écologique des plantes
5.1. Adoucissement du climat
L’évolution des plantes a eu un impact global en produisant la base nutritionnelle de
l’ensemble des écosystèmes terrestres. Les plantes ont changé l’environnement
physique à l’échelle globale. L’un des effets importants est l’impressionnante
diminution du CO2 dans l’atmosphère par l’activité photosynthétique. Par la réduction
de la concentration de CO2 atmosphérique, les plantes ont contribué à l’édification
d’une terre relativement froide, créant ainsi de nombreuses zones terrestres vivables
par les plantes et les animaux.
Figure 36 : Cycle du carbone
5.2. Place dans la chaîne trophique
Les relations trophiques déterminent les flux de matière et d’énergie au sein d’un
écosystème. Les plantes constituent avec les algues et les cyanobactéries les
producteurs primaires. Ce sont des organismes autotrophes du fait de leur activité
photosynthétique leur permettant d’utiliser l’énergie lumineuse pour synthétiser les
sucres et autres composés organiques. Les herbivores qui se nourrissent de plantes
ou d’algues sont les Consommateurs de premier ordre.
Figure 37 : Chaîne trophique
5.3. Utilisation de la diversité biologique par l’homme
La question de l’utilisation de la biodiversité est généralement posée par rapport à
l'homme, de ce qu'il peut faire de la nature, celle-ci étant avant tout au service de
l'homme, ce qui est une conception réductionniste des systèmes biologiques. Pour
l’homme, la biodiversité remplit trois fonctions principales : alimentaire, médicinale et
industrielle.
5.3.1. Ressources alimentaires.
Le genre humain utilise à son profit (en 1990) près de 40% de la "production nette
primaire" (PPN) végétale. Il s'agit du total de l'énergie contenue dans la biomasse
produite par les végétaux moins l'énergie que ces organismes utilisent pour leur propre
vie et reproduction.
On peut se dire qu'il reste donc 60% de PPN à exploiter, ce qui laisse une marge
confortable pour les années à venir. Mais la population va plus que doubler d'ici l'an
2100 et qu'à ce moment-là, au taux d'exploitation actuel de la PPN, ce seront 80% des
ressources végétales que nous utiliserons. Enfin, il faut considérer que plus l'homme
utilise la biomasse, moins il laisse de ressources aux autres espèces. Il réduit par là la
diversité biologique.
L'homme moderne mange un nombre très restreint de plantes; 75% du volume de
nourriture végétale consommée provient de 7 plantes: le maïs, le sorgho, l’igname,
l’arachide, le niébé, blé, le riz, le maïs, la pomme de terre, l'orge, la patate douce, le
manioc, etc. Or, un tiers du total des plantes décrites est considéré comme
comestible par l'homme.
Mais pour les sélectionneurs et les biotechnologistes, la nature représente
aujourd'hui surtout un réservoir de gènes, dans lequel on va puiser lorsqu'on cherche
à "améliorer" une espèce comestible existante, à la rendre plus productive ou plus
résistante. La préservation de l'existence des plantes in situ est donc très importante.
5.3.2. Ressources pour la santé.
Les 3/4 de la population humaine du globe, surtout concentrée dans l'hémisphère
sud, font appel directement aux vertus des plantes pour se soigner. La médecine
occidentale elle-même tire 50% de ses produits de quelques 119 principes actifs des
plantes ou de la synthèse de ces substances. Aux USA, 25% des médicaments sont
issus directement de plantes.
Seules 90 plantes ont été mises à contribution par la médecine moderne jusqu'à
aujourd'hui, et 5000 d'entre elles ont été étudiées pour leurs vertus thérapeutiques;
ainsi le potentiel non encore étudié dépasse 98% des plantes supérieures connues.
La nature est un énorme réservoir de molécules et de gènes en tout genre. Chaque
jour, on découvre de nouvelles utilisations d'espèces connues depuis longtemps.
La découverte de la ciclosporine, provenant de champignons, représente une étape
capitale dans l'histoire de l'immunologie et de la transplantation d'organes. Grâce à
cette substance immunosuppressive, l'acceptation de l'organe du donneur et le
maintien de sa fonction dans l'organisme du receveur sont rendus possible.
5.3.3. Réservoir de substances industrielles.
La nature offre toute une série d'éléments qui servent à fabriquer des produits de la
vie quotidienne utiles à l'homme:
- le bois (matériau de construction, ébénisterie, pâte à papier);
- le caoutchouc (provient du latex de l'hévéa : Hevea brasiliensis);
- les amidons et les sucres (savons, cosmétiques, explosifs, colorants, industrie
alimentaire, ...);
- les huiles et graisses (lubrifiants, cosmétiques, enduits et peinture);
- les fibres textiles (habillement, coton : Gossypium hirsutum)
Tableau 4 : Exemples de plantes utilisées par l'homme.
TYPES ORIGINES UTILISATION
1. Plantes industrielles
a) bois:
- Diospyros ebenum forêts tropicales -instrument musique
(ébénier) d'Afr. et d'Amérique -objets de luxe
- Tectona grandis (teck) Inde/Indonésie -[Link]
-meubles, ...
- acajou Amérique centrale -ébénisterie
-meubles, ...
- Milicia excelsa (iroko) Forêts tropicales d’Afrique -meubles, portes,...
b) plantes à fibres
- chanvre Iles Philippines -tissus, cordes, sacs
- cotonnier Afr., Asie, Amér.,... -fibres, textiles
- kapokier Afr., Amé[Link] -fibres hydrofuges
c) plantes à caoutchouc : Hévéa brasiliensis
d) plantes tinctoriales
e) plantes oléagineuses : Elaeis guineensis, Coco nucifera, etc.
f) plantes à parfums : Rosier
2. Plantes alimentaires
maïs, mil, niébé, arachide, igname, sorgho, palmier à huile, canne à sucre, manioc,
riz, avocatier, papayer, ananas, bananier, cacaoyer, caféier, théier, poivrier,
cannelier, vanillier, ...
3. Plantes médicinales
- cola Afrique centrale -boisson (coca)
- cacaoyer Amérique du Sud présence d'un alcaloïde (cocaïne)
- quinquina Amérique du Sud alcaloïde (quinine)
- Baumier Amérique centrale résine (baume)
- pervenche rose régions tropicales Alcaloïde (leucémie)
6. Changements globaux et mécanismes de conservation
6.1. Changements globaux
Du fait de son succès écologique, l’espèce humaine a étendu son environnement à
la biosphère toute entière. Il lui a fallu plusieurs millions d’années pour cela, et trois
révolutions majeures au cours des trois derniers millénaires :
- émergence des grands courants de pensée, des religions, des civilisations ;
- découverte de l’agriculture;
- création de la machine à vapeur (+ révolution industrielle).
L’amplification accélérée de la demande humaine en ressources naturelles a engendré
une pression accrue sur les systèmes naturels (c’est-à-dire l’infrastructure écologique
de la planète) conduisant à des changements globaux :
- l’augmentation du CO2 atmosphérique, altération des milieux,
- la modification du cycle de l’azote pour permettre à l’agriculture de répondre à
des demandes toujours croissantes ;
- l’érosion de la biodiversité, etc.
Les changements observés dans les écosystèmes terrestres ou marins sont à la fois
la cause et la conséquence de modifications qui concernent les caractéristiques de
l’environnement global. L’expression recouvre un ensemble de phénomènes qu’on
peut classer en 4 grands ensembles :
- Changements dans l’utilisation des terres et la couverture végétale ;
- Changements dans la composition de l’atmosphère ;
- Changement du climat ;
- Altérations dans la composition des communautés naturelles et perte de
biodiversité.
Figure 38 : Influence de l’homme sur le climat et la biodiversité
6.1.1. Changements dans l’occupation et l’utilisation des terres et des eaux
L’utilisation des terres pour le développement humain a transformé des systèmes
naturels en une variété de systèmes anthropisés (champs cultivés, prairies, forêts
pour production de bois, milieux urbains et industriels. L’utilisation d’eau douce est
aussi en croissance dans les domaines de l’agriculture, les usages domestiques et
industriels, l’énergie hydroélectrique avec de nombreuses conséquences, tant sur la
composition chimique des eaux que sur le régime des crues.
Les effets importants sur le fonctionnement des écosystèmes sont :
- élimination d’espèces ;
- introduction d’espèces exotiques ;
- modification des cycles biogéochimiques ;
- changement de couverture végétale, avec ses conséquences sur le climat
local et régional ;
- modification de l’état des sols (perte de sols cultivables par l’urbanisation,
pertes par érosion, surpâturage, tassement par les pratiques agricoles,
etc).
6.1.2. Changements dans la composition de l’atmosphère
Les activités humaines engendrent aussi la modification de la composition de
l’atmosphère :
- augmentation du CO2 et autres composés dans l’atmosphère ;
- destruction de l’ozone stratosphérique par CFC ;
- émissions industrielles à l’origine des pluies acides
6.1.3. Changements climatiques
La biosphère participe et répond à la fois à la régulation du système climatique par des
mécanismes de rétroaction de nature physique, chimique ou biologique. De
manière générale, les systèmes biologiques participent au contrôle des bilans
thermiques et hydrologiques. Les processus écologiques contrôlent également le
rejet de l’assimilation de gaz à effet de serre. Le résultat final est un changement
dans la structure et la composition des écosystèmes.
Les conséquences générales du changement sont :
- Effet sur la physiologie (affecte la photosynthèse p ex)
- Effet sur la distribution (migrations)
- Effet sur la phénologie (modifications de la phénologie des espèces des
relations entre elles)
- Adaptation (espèces à temps de génération court)
Figure 39 : Changement climatique et son impact
6.1.4. Changement dans la diversité biologique
La modification de la répartition des organismes vivants et de la composition des
peuplements végétaux et animaux à la surface de la terre est également un élément
des changements globaux. La disparition d’espèces ou la modification de
l’occupation des sols sont irréversibles. La disparition d’espèces est difficile à quantifier
avec précisions pour la plupart des groupes d’organismes.
Cause de la perte de biodiversité
La recherche des causes de disparition n’est pas aisée. En fonction de l’état des
connaissances actuelles, dans plus de la moitié des cas, aucune cause claire ne
peut être établie. Trois facteurs apparaissent donc comme dominant les causes de
disparition :
- Introduction d’espèces : L’un des phénomènes les plus marquants à
l’heure actuelle est l’introduction de nombreuses espèces exotiques sur tous
les continents et la « banalisation » et/ou la « mondialisation » à grande
échelle de la faune et la flore. Ceci accroit la compétition, prédation,
les maladies et le parasitisme.
- Destruction d’habitat : la destruction directe (comme la déforestation); est
la première cause d’extinction des espèces. Des altérations plus subtiles,
telles que modifications par des changements de climat dus à des
épisodes de pollution, n’ont pas encore été pointé avec certitude.
- Exploitation directe
Compte tenu de la complexité des phénomènes impliqués dans les changements
globaux, il était nécessaire de mettre en place une approche « système » de la planète
dans son ensemble. C’est l’objet du Programme International Géosphère- Biosphère
(basé sur 6 questions fondamentales, déclinées chacune dans un sous programme)*
Quatre objectifs :
- compréhension des processus interactifs qui régissent le système ;
- explication des changements intervenus au cours de l’histoire ;
- exploration des voies par lesquelles les processus sont (ou peuvent être)
influencés par les activités humaines ;
- indentification de l’impact de l’homme sur le fonctionnement du système.
Parmi les pistes pour améliorer la situation, le génie écologique est digne d’intérêt
car il combine l’utilisation des connaissances de l’écologie et des techniques. Il
ambitionne de manipuler le processus biologiques de communautés entières d’êtres
vivants et non d’espèces isolées. Cette forme d’action implique d’aborder l’étude de
systèmes complexes où les interrelations sont innombrables et les évènements plus
souvent fortuits que programmés.
6.2. Outils et mécanismes de conservation de la biodiversité
Il n'existe pas de solution-miracle capable d'éliminer les menaces en tous genres qui
pèsent sur la biosphère. Les mesures entreprises pour sauvegarder la Terre peuvent
se résumer comme suit :
- la protection in situ; c'est-à-dire garder en vie les espèces là où elles se
trouvent.
- la protection ex situ; c'est-à-dire conserver et multiplier les espèces en dehors
de leur milieu naturel (parc naturel, jardin zoologique, etc.)
- adopter des mesures qui concernent toute la biosphère, l'atmosphère dans
son ensemble, les océans, etc. Cela ne peut se faire qu'avec l'aide
d'organisations internationales concernées (WWF, PNUE, FAO, OMS, etc).
De nombreux accords internationaux ont été établis pour réduire la pression de
l’homme sur les ressources naturelles :
la convention sur la diversité biologique ;
la convention de Ramsar (zones humides) ;
la CITES (limitation du commerce international) ;
la convention sur les sites du patrimoine mondial ;
l'accord international sur les bois tropicaux ;
Convention cadre sur les changements climatiques ;
Etc.
Mais toutes ces mesures ne constituent que des palliatifs aux excès des activités
humaines. L'homme est allé trop loin, l'artificialisation de la nature est en fait un
appauvrissement. Les biologistes mettent l'accent sur la perte importante d'éléments
du stock génétique mais il s'agit en fait d'un problème plus vaste, un problème de
confrontation entre deux formes de civilisation: celle qui pose l'homme comme
maître absolu sur les autres espèces et celle qui lui donne une place égale à celle des
autres espèces. La première est une civilisation éco-destructrice, où l'homme se sert
de son intelligence contre les autres formes de vie et met par là sa propre vie en péril.