CM7 : Le surréalisme
Surréalisme, par André Breton, écrivain, qui repère des talents.
Le surréalisme nait du dadaïsme.
1920 : dada déménage à Berlin puis à Paris.
Tzara communique avec Apollinaire.
Aragon, Soupot (?), Eluard : écrivains qui ont connu l’enfer de la guerre, vont être
influencés par Tzara.
Rejet … qui vont les réunir. Vont reprendre leurs manières de faire, notamment ce qui
touche au collage et ramassage, hasard.
Dissensions avec le dadaïsme : Vont faire une liste de leur panthéon, des écrivains
qu’ils oréfèrent : passent au Moyen Âge, à la culture gothique anglaise
(Shakespeare), volonté de Breton de fonder son art sur la grande peinture alors que
Tzara regarde moins en arrière.
Enjeu dans la connaissance de ses désirs intérieurs, proches de la psychanalyse.
Utilisent de nouvelles techniques : grattage, frottage.
Place du spectateur : héritée de la période romantique où il faut laisser une part à
l’imaginaire (hors-champ dans la peinture romantique), laisser l’esprit vagabond et
construit la suite du tableau, le spectateur prend part de la construction du tableau.
Duchamp dit que le tableau est autant fait par le créateur que le spectateur.
Définition de Breton du surréalisme dans son manifeste de 1924 : Automatisme
psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit,
soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée.
Part de la psychanalyse.
Dire tout ce qui nous passe par la tête c’est le programme de Freud (??).
Pour Breton, le surréalisme sert à résoudre ses problèmes, ça fait partie de la vie
quotidienne, toute l’existence doit être artistique et l’oeuvre d’art n’est qu’un
témoignage de où vous êtes à un moment donné.
Contact avec Tzara, les 4 écrivains cherchent à sortir des influences de Rimbaud et
Mallarmé, qui les inspiraient lors de la WW1, poésie avec sonorité des mots.
Ils essaient de concilier les deux poètes, surtout Breton.
L’expérience de la guerre fait exploser tout ça.
Recueil des champs magnétiques (?) : ils se balancent des phrases et ça en fait un
poème, premier poème automatique de Breton et Soupot, première expérience
d’écriture qui les sort de Rimbaud/Mallarmé.
Gérard de Nerval, a inventé le terme de surnaturalisme, grand poète du surréalisme, il
avait des crises auditives et visuelles où il avait des hallucinations. Son docteur lui dit
d’écrire pour prendre le dessus.
Ce terme est repris pour fonder leur mouvement.
Utilisent le terme de surréalisme en 1919 pour parler des champs magnétiques.
Artistes : Max Ernst, Les Pléiades, 1920 : grattage, collage, écriture aussi.
Duchamp aussi : pousse jusqu’au max l’absurdité du hasard, série de créations dans
lesquelles il laisse venir des choses auxquelles il n’a jamais pensé.
Dali : « méthode de paranoia technique », sensé être la représentation de ses rêves.
Tanguy, pareil des tableaux oniriques.
Italie : Chirico, il explore le classicisme antique en y mêlant modernité.
Brauner : art naif, inspiration dessins d’enfants.
Sculpture : Giacometti, sculpture qui n’est pas un ramassage.
Bellmer (sculpteur allemand).
Cinéastes, comme Dulac, elle construit un être toujours schizophrène entre rêves et sa
vie de famille = réalité de la condition féminine.
Aujourd'hui, on a des gens qui se revendiquent du surréalisme : David Lynch,
Jodorowsky, Bertrand Mandico, Pacôme Thiellement.
C’est cette confrontation avec le réel dans ce qu’il a de plus terrifiant, de mystérieux,
qui crée le surréalisme.
Breton : étudiant en médecine, il est mis dans le corps médical. Il rencontre Jacques
Vaché, qui connaît bien la littérature, lui dit d’abandonner Mallarmé et Rimbaud pour
aller plus loin. Il le met sur la piste d’Apollinaire et Jarry.
Apollinaire : poétique du quotidien.
Alfred Jarry : Ubu roi, poésie de l’absurde.
Pour Breton c’est un tournant.
Deuxième influence :
Breton est mobilisé en 1916 à Verdun.
Doit être à l’hopital de Saint-Dizier, soldats fous.
Il applique les méthodes de Freud.
Premières constructions psychanaliques…
Deuxième déménagement de Breton à l’hopital du Val-de-Grâce, il rencontre Aragon,
passionné de littérature et voulant devenir écrivain, même modèle et inspirations que
Breton.
Au cours d’une permission, Breton à Paris entend parler d’un poète appelé
Lautréamont, a eu très peu de succès (a écrit dans années 1860), a publié un livre de
poésies, poésie très noire. Mélange des hallucinations sublimes et horreurs.
Lautréamont décrit ce qu’est la beauté : « la réunion sur une table de dissection d’une
machine à coudre et d’un parapluie ».
Breton lit la poésie la nuit, mais la nuit on éteint les lumières pour éviter les
bombardements, donc les fous hurlaient, Aragon et Breton devaient vérifier que les
fous sortent pas, et Breton en profitait pour hurler les poèmes de Lautréamont.
Autre évènement :
Après la guerre, Breton de se rend au théâtre. Un homme l’interpelle pensant
reconnaître un ami porté disparu après une bataille. Ils en restent là. Plus tard,
Apollinaire propose à Breton de rencontrer un jeune écrivain, il s’agit d’Eluard (ou
Soupault???), l’homme que Breton avait rencontré au théâtre.
Pour eux le hasard n’est qu’une apparence.
Produisent de l’art, pas forcément un métier, Breton est bibliothécaire pendant
longtemps avant de vivre de son art.
Rejet de la virtuosité, volonté de faire des associations, des collages.
Mode de vie : pour eux le jour c’est le monde du travail, et la nuit ils partent en quête
du hasard, chacun de leur côté, pour eux le passé se mélange au présent.
Ils adorent la rue où vivaient Nicolas Flamel et la tour Saint-Jacques.
Les enseignes lumineuses et affiches publicitaires deviennent pour eux source
d’inspiration en faisant des poèmes automatiques à partir des mots qu’ils trouvent sur
les pubs.
Tout ça finit aux puces de Saint-Ouen, rejets de la sociétés. À la fin ils se retrouvent
dans un café et déballent ce qu’ils ont trouvé.
Entre 1919 et 1924, Breton, Soupault, Aragon Eluard créent la revue Littérature, 33
numéros.
Ils soutiennent leurs amis dadaïstes.
Entre 1924 et 1929, ils créent La Révolution surréaliste, 12 numéros.
Ils prennent leur distance avec le Dadaïsme et commencent à construire le
Surréalisme.
Entre 1930 et 1933, ils créent Le Surréalisme au service de la révolution, 6 numéros.
Ils sont exclus du parti communiste car ils critiquent le stalinisme.
Entre 1933 et 1939, ils créent Le Minotaure, 13 numéros.
C’est une revue luxueuse éditée par Skira et dirigée par Tériade.
Breton publie Nadja, en 1928, histoire d’amour surréaliste, idée de ramassage-collage
dans l’amour. Breton part dans la rue à la recherche de quelqu’un, au hasard
rencontre une femme, Nadja, qui fait des dessins automatiques depuis des années.
S’intéresse à la figure médiévale, sur les bizarreries de l’Antiquité, publient des
articles à Fuseli, Moreau, Odilon-Redon, etc = artistes étranges romantiques.
Façon tapageuse d’exister : ils vont passer à l’offensive, sont très critiques envers les
écrivains d’extrême droite et s’acharnent sur Anatole France, grand écrivain de la IIIe
République, qui a soutenu la France contre l’Allemagne.
Pour Breton, la France n’a rien appris de la WW1, les gens refont le monde d’avant.
Aveuglement d’une vérité, il appelle à la réconciliation des peuples, prédit la WW2.
Benjamin Péret (poète surréaliste) recouvert de bandage et de sang se jette sur l’autel
d’une église lors d'une messe en criant « Je suis ressuscité ! » sous les regards
médusés du prêtre et des paroissiens se moquant ainsi les valeurs religieuses qui se
sont bien souvent intégrées dans le nationalisme et le bellicisme.
Une baston générale éclate à l’issue du banquet organisé par les surréalistes en
l'honneur du poète Saint-Pol-Roux. Une invitée déclare devant Max Ernst qu'une
femme française ne doit pas épouser un allemand. Soupault se suspend au lustre et
renverse tous les plats. Breton casse le bras d'un nationaliste venu la défendre.
Critiquent le parti communiste, qu’ils pensaient que c’était la solution mais sont aussi
autoritaires que l’extrême droite.
Écrivent à Freud mais il y met un terme car il comprend rien.
Techniques
Ramassage : vient du dadaïsme. Pour eux, il doit soit être réinterprété soit associé à
autre chose. Pareil pour le collage, créer un univers poétique.
Frottage : Frotter des feuilles de papier sur des planches de bois, etc.
Décalcomanie : mettre de la couleur et y poser le tableau.
Marcel Duchamp crée de son côté le ready-made qui est un objet ramassé ou acheter
pour sa forme particulière (porte-bouteille, pelle à neige) afin de contrer tout
jugement de goût. Il n’y a rien d’émotionnel dedans, un objet qui exprime une totale
neutralité.
Cadavre exquis :
Enrichit le collage montage des dadaistes. Association de mots, ils font pareil pour les
dessins.
Robert Desnos, sommeil hypnotique éveillé. Délires hypnotiques parfois violents.
Drogue : Breton considère qu’on a pas besoin de drogue pour accéder au merveilleux,
par contre d’autres comme Artaud se défoncent.
Femmes : les surréalistes mettent en lumière les premières performatrices.
REPRISE
Évolution du dadaïsme vers le surréalisme.
Dadaisme = humour, dérision et contestation des modèles occidentaux. Très tapageur.
Modernité du surréalisme : va vers le psychanalyse, par la simple rêverie on parvient
au même résultat que le ramassage, collage, rien qu’avec la spontanéité de l’esprit.
Utilisation de techniques nouvelles. Par ex Duchamp utilise des matériaux de la vie
quotidienne.
Max Ernst
Va ouvrir des voies qui vont être reprises après la WW1 (?).
Un premier parcours universitaire lui permet de s’initier à de nombreuses branches du
savoir. Il se forme en psychologie, en philosophie et en histoire de l'art.
En 1909, il se lance dans la peinture expressionniste après avoir vue les œuvres de
Die Brücke. Il est exposé par les expressionnistes.
En 1913, il expose ses propres œuvres, dans une expo organisée par Kandinsky.
Soldat pendant la WW1. Rencontre Hans Arp, fondateur du Dada.
Ernst revient à Cologne et fonde le mouvement Dada dans la ville, fait ses premiers
collages/montages.
1920 : rencontre Tzara, Breton et Eluard. Breton expose les œuvres de Ernst à Paris,
Ernst y déménage, d’autant que on père le déshérite pour outrage à la nation.
Fuyant la Gestapo, il part aux États-Unis avec Breton où ils rejoignent Duchamp.
A cette date, il expérimente le dripping s’inspirant des techniques amérindiennes.
1953 : remporte le grand prix de la Biennale de Venise.
Iconographie
C'est le chapeau qui fait l'homme, 1920 :
Mouvement Dada à Cologne, abandonne l’expressionnisme. Collage montage.
Il reprend des images de catalogues anciens représentant des séries de chapeaux.
Dada qui se moque des convenances.
Il les organise et les colorie de façon à faire apparaître des arbres phylogénétiques
comme si ces chapeaux étaient des êtres vivants classés.
Confrontation de façon de représenter scientifiquement, mais manière de se moquer
du monde positiviste et scientiste.
Série de tableaux : les lettres-bois. Lettres permettent d’imprimer pour les affiches,
plus léger que lettres en plomb.
Petite Machine construite par Minimax, 1920 :
Colore puis fait des petits personnages avec ces lettres.
Façon de casser le monde, rendre le spectateur acteur : sculpture avec à côté un
marteau, le visiteur peut faire ce qu’il veut.
Glissement de Ernst : il semble mettre de la distance par rapport au dadaïsme.
Le Cygne est bien paisible, 1920 :
Petits angelots dans un avion qui regardent un cygne. Sorte de poésie, mais gratuite.
Höch = tableaux politiques, qui dénoncent.
Là, on a une sorte de rébus visuel, pas de sens des objets. Fusion de trois êtres
volants, mécanique, spirituel, biologique.
Premières productions parisiennes : Les Pléiades, 1920.
Plusieurs mediums : peinture, découpage/collage avec figure d’une femme nue,
frottage/collage, petit texte poétique qui accompagne l’ensemble de l’oeuvre.
Titre, image, texte.
« La puberté proche n’a pas encore enlevée la grâce tenue de nos pléiades/Le regard
de nos yeux plein d’ombres est dirigé vers le pavé qui va tomber/La gravitation des
ondulations n’existe pas encore. »
Référence aux Pléiades, divinités antiques qui réfèrent aux étoiles ; référence à la
mélancolie ; vocabulaire scientifique.
Pléiades = étoiles très visibles qui servent de repère aux navigateurs.
Ernst nous donne des repères mais c’est nous qui construisons la route. Femme
attirante mais se finit en fusil = dangereuse, question de la séduction.
L’éléphant Celebes, 1921 :
Huile sur toile, on a des choses bizarres : Le personnage principal est la monstrueuse
combinaison d’un silo soudanais et d’un chaudron métallique sur un ciel nuageux.
La trompe démesurée du monstre se termine par une tête de taureau. Femme
décapitée en bas à droite, avec main qui se finit en gant jaune.
En haut du personnage principal, un ensemble en métal, et derrière une sorte de
fumée noire.
On a presque la réf d’un cadavre exquis.
Peut-être évoque-t-elle pour Ernst l’horreur des chars d’assaut qu’il a pu voir lors de
la guerre, d’autant que la fumée fait référence aux combats aériens.
Ernst garde secret cette toile, c’est à nous de deviner. Taureau + femme : mythe
d’Europe. Donc confrontation de la douce Europe avec la cruauté de la guerre
mécanique.
Le titre vient d'une comptine allemande destinée aux enfants, destiné souvent à
raconter des choses violentes de manière poétique pour que les enfants apprivoisent
leurs propres peurs.
Ernst semble faire face à ces peurs d’adultes à travers un récit destiné aux enfants afin
d’apprivoiser ses propres angoisses selon le fonctionnement habituel de nombreuses
comptines.
Ubu Imperator, 1923 :
réalisé à une époque où les surréalistes se séparent des dadaistes.
Ubu roi de Alfred Jarry est un ouvrage de référence pour les surréalistes. Ubu est
dans ce texte est la figure du dictateur, égoïste, stupide et violent.
Ubu, personnage obèse, représenté comme un silo, en train de tourner comme une
toupie.
Il illustre la montée des fascismes.
Frottage :
Technique qui renouvèle les collages/ramassages des dadaistes.
Il découvre ça dans une chambre d’hôtels, il prend un papier et prend l’empreinte du
plancher = dessin automatique.
1925, il publie Histoire naturelle, une série de frottages avec un crayon gras qu’il
assemble et reporte sur des pierres lithographiques créant ainsi toute une histoire sur
le thème de la genèse s’inspirant de l’œuvre d’Odilon Redon.
Mix de la Genèse et de son travail.
Frottage sur des rochers = création de la terre.
Ensuite, le végétal commence à apparaître avec une germination.
On arrive au vivant, combinaison de textures prises à droite à gauche.
Dernière image : la création de l’Homme, vu de dos.
Ernst excelle dans le collage-montage, il donne une autre figure à cette technique des
dadaïstes.
Album La femme 100 têtes, 1929
Au départ original. Il fait à partir de deux sources : l’imagerie scientifique du XIXe,
et ajoute à ça toute la presse à sensation qui apparaît à cette époque.
Il a fait en sorte que l’oeuvre qu’il a réalisé fasse comme si c’était réalisé par un
graveur, on voit pas que c’est un collage.
Réf à l’art classique aussi.
Il fait tirer ses ouvrages avec la technique de photo gravure (?), très accessible aux
gens.
Autre album : Une semaine de bonté, 1934.
Ernst est invité à un château en Italie, la nuit il explore le bâtiment. trouve une
bibliothèque dont certains livres abîmés semblent abandonnés, notamment le
somptueux ouvrage de Gustave Doré consacré au Paradis perdu de Milton.
Il classe son album en 7 cahiers, les 7 jours de la semaine.
Dimanche, élément : la boue. Titre : le lion de Belfort
Lundi, élément : l’eau. Titre : l’eau
Mardi, élément : le dragon. Titre : la cour du dragon
Mercredi, élément : le sang. Titre : Œdipe
Jeudi, élément : le noir. Titre : le rire du coq, l’île de Pâques
Vendredi, élément : la vue. Titre : l’intérieur de la vue
Samedi, élément : l’inconnu. Titre : la clé des chants
élément récurrent de son œuvre :
Un oiseau loplop, un homme oiseau paniqué qui court partout.
Thématique de la violence : violence conjugale, violence entre hommes.
Dans les années 30s, il continue la peinture mais utilise la méthode de William Blake,
les décalcomanies.
Il enduit une surface de peinture sur laquelle il pose une feuille de papier ou une toile
qu’il presse à la main puis décolle. Apparaissent alors des reliefs et des motifs
imprévisibles et suggestifs à partir desquels il va imaginer toute sorte de paysages et
de créatures fantastiques.
On part d’un chaos, et on va imaginer des végétaux, troncs d’arbres, on va placer des
petits personnages.
La montée du fascisme en Europe dans les 30s va faire revenir les peurs et les
craintes qu’Ernst avait déjà développées dans les 1920s.
Idée de brasier meurtrier dans L’Ange du foyer, 1937 :
Soit son foyer, soit guerre en Espagne. On a une figure de l’oiseau loplop qui essaie
de calmer le personnage.
La Tentation de Saint-Antoine, 1945
À nouveau dévorée par le démon de la guerre, il s’installe aux États-Unis où il
s’inspire cette fois des tableaux Grunewald montrant le vieux continent en ruine à
travers la représentation d’un paysage apocalyptique peuplé d’êtres monstrueux.
Homme intrigué par le vol d’une mouche non-euclidienne, 1947 :
Met en dérision les sciences (?) avec la mouche.
Marcel Duchamp
A produit beaucoup d’objets artistiques ridicules car il aime pas l’art contemporain,
ils font n’importe quoi tant qu’il y a de l’argent à la clé.
Fait des ready-made (tout prêt), sorte de ramassage/collage. Il le fait à une époque où
il est le seul à le faire.
Personnage le plus complexe des surréalistes, Breton dit que c’est un artiste essentiel
du XXe.
Il a des frères, et chacun part dans l’art. Duchamp part dans la peinture. Très vite,
sans passer par l’école des BA, il se lance de lui-même dans le domaine des arts.
Il adopte le cubisme, et s’oriente…
Il prend les principes du cubisme pour les mettre en comparaison avec les
mouvements de Muybridge, et il fait Jeune homme triste dans un train, 1911. Il est
refusé au Salon d’Automne, alors que ses frères y rentrent, car les italiens font la
même chose, juxtaposer la figure pour faire un mouvement, les futuristes.
Comme le Salon est nationaliste, ils veulent pas. Mais pour Duchamp, c’est une
fusion de Marey (mouvement) et Picasso.
Après ça, Duchamp laisse tomber la peinture.
Il va apprivoiser le hasard comme les dadaïstes : fait tomber une ficelle et reporte leur
forme (Trois stoppages étalon, 1913), il fait des expériences.
Il fait les brocantes, travaille sur la « beauté d’indifférence », une beauté qui ne vient
pas de la convenance mais de sa propre perception. Il s’agit de considérer la création
comme une liberté absolue exercée en dehors de toute contrainte.
En 1914, il réalise Porte-bouteille, acheté directement dans une quincaillerie sans
aucune modification si ce n’est sa signature.
Fountain, 1917 :
Signé Robert Mutt en 1917.
Duchamp n’aurait probablement pas fait cette œuvre, mais une femme.
Lorsque Duchamp arrive aux États-Unis en 1915, il adhère à la Société des artistes
indépendants qui prétend pouvoir exposer tous types de travaux indépendamment des
critères esthétiques traditionnels. Pour lui, cet organisme doit donc permettre aux
artistes de créer en toute liberté.
Dans la photographie, une étiquette montre le nom de l’auteur présumé ainsi que
deux autres noms comme contacts de presse : Marcel Duchamp et Louise Norton.
tupéfaits, la plupart des membres de la société décident de refuser cet objet jugé
indécent et réalisé sans aucune intervention d’un artiste.
Duchamp dit que c’est l’intention qui compte, non pas la finalité.
Duchamp démissionne aussitôt car il juge que même dans cette société, l’artiste ne
peut être totalement libre, sa création étant toujours tributaire de jugements et
d’attentes qui lui sont extérieurs et étrangers.
Arturo Schwartz, historien de l’art et biographe de Duchamp. En 1950, il demande à
Duchamp de refaire Fountain pour une exposition. Celui-ci accepte et signe R. Mutt
un nouvel urinoir avec la date de 1917.
En 1964, Schwartz demande 12 autres exemplaires que Duchamp signe à nouveau.
Ils sont répartis dans les grands musées d’art contemporains.
Sauf que c’est complètement en décalage, en 1950 il n’a plus aucun intérêt à faire ça.
En fait il n’a pas réalisé cette œuvre.
À la fin des années 80, on découvre une lettre écrite par Duchamp à sa sœur Suzanne
et datée du 11 avril 1917. Elle porte le texte suivant : « Une de mes amies sous le
pseudonyme masculin de Richard Mutt, avait envoyé une pissotière en porcelaine
comme sculpture ».
Qui alors ?
Louise Norton, co signatrice de l’étiquette ?
Traductrice, mais n’a jamais fait d’oeuvres d’art.
On a une autre femme, Elsa von Freytag, une autre amie de Duchamp, artiste
allemande dadaïste installée à New York.
Elle finit par sombrer dans la folie, rejetée par toute sa famille.
En 1918 elle réalise une sculpture à partir d’un tuyau d’évacuation d’urinoir intitulée
God. Alors que Duchamp n’a jamais touché au monde de l’urinoir.
Le Grand Verre ou La Mariée mise à nu par ses célibataires mêmes, 1915-1923 :
Grande œuvre de Duchamp. Sur la hauteur du panneau, on voit la mariée qui est une
version simplifiée des Nus de 1912.
En bas, les célibataires (ou moules maniques) cernés de plomb de vitrail et remplis de
poussières fixées par un vernis.
Duchamp décrit la mécanique humaine. Le désir c’est l’objet qui n’est pas possédé
derrière lequel on va courir. Il a besoin d’une femme, elle est mariée, donc à jamais
inaccessible.
Réf au chamboule-tout, jeu de foire où on pouvait dénuder une mariée (?) = idée que
la société c’est le loisir.
Y a beaucoup de messages.