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Solutions Examen Analyse 1 - 2024-2025

Le document présente les solutions d'un examen d'analyse mathématique, incluant des exercices sur la continuité des fonctions, l'existence et l'unicité des points fixes, ainsi que des inégalités logarithmiques. Il traite également des développements limités de fonctions et de la dérivabilité, en fournissant des preuves et des démonstrations détaillées. Enfin, il aborde la tangente et la position relative d'une fonction au voisinage d'un point donné.

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Le document présente les solutions d'un examen d'analyse mathématique, incluant des exercices sur la continuité des fonctions, l'existence et l'unicité des points fixes, ainsi que des inégalités logarithmiques. Il traite également des développements limités de fonctions et de la dérivabilité, en fournissant des preuves et des démonstrations détaillées. Enfin, il aborde la tangente et la position relative d'une fonction au voisinage d'un point donné.

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Solutions de l’Examen d’Analyse 1

Année Universitaire 2024-2025

Exercice 1
Soient a et b deux nombres réels tels que a < b, et f : [a, b] → [a, b] une fonction qui vérifie :
∀x, y ∈ [a, b], x 6= y; |f (x) − f (y)| < |x − y|.

1. Continuité de f
Preuve : Soit ε > 0. Prenons δ = ε. Alors pour tout x, y ∈ [a, b] avec |x − y| < δ, on a deux
cas :
• Si x = y, alors |f (x) − f (y)| = 0 < ε
• Si x 6= y, alors |f (x) − f (y)| < |x − y| < δ = ε
Donc f est uniformément continue (donc continue) sur [a, b].

2. Existence et unicité du point fixe


Existence : Posons g(x) = f (x) − x.
• f (a) ∈ [a, b] donc f (a) ≥ a soit g(a) = f (a) − a ≥ 0
• f (b) ∈ [a, b] donc f (b) ≤ b soit g(b) = f (b) − b ≤ 0
Par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à g continue, il existe α ∈ [a, b] tel que g(α) = 0,
i.e. f (α) = α.
Unicité : Supposons α, β ∈ [a, b] deux points fixes avec α 6= β. Alors :
|f (α) − f (β)| = |α − β|
ce qui contredit l’hypothèse |f (x) − f (y)| < |x − y| pour x 6= y. Donc α = β.

3. Croissance stricte de g
Soit g(x) = f (x) + x. Pour x < y, on a :
g(y) − g(x) = [f (y) − f (x)] + (y − x)
Par l’hypothèse : |f (y) − f (x)| < y − x donc f (y) − f (x) > −(y − x)
Ainsi :
g(y) − g(x) > −(y − x) + (y − x) = 0
Donc g est strictement croissante sur [a, b].

1
4. Étude de la suite (xn )

x0 ∈ [a, b]
xn+1 = xn + f (xn ) , ∀n ∈ N
2

(a) xn ∈ [a, b] pour tout n


Par récurrence :
• x0 ∈ [a, b] par définition.
xn +f (xn )
• Si xn ∈ [a, b], alors f (xn ) ∈ [a, b] donc xn+1 = 2
∈ [a, b] comme milieu de deux points
de [a, b].

(b) Si x1 ≥ x0 , alors (xn ) croissante ?


Montrons par récurrence que xn+1 ≥ xn pour tout n ∈ N.
Initialisation : x1 ≥ x0 par hypothèse.
Hérédité : Supposons xn+1 ≥ xn . Comme g est strictement croissante, on a :

g(xn+1 ) ≥ g(xn )
c’est-à-dire :

f (xn+1 ) + xn+1 ≥ f (xn ) + xn


En divisant par 2 :

g(xn+1 ) g(xn )
= xn+2 ≥ xn+1 =
2 2
Donc xn+2 ≥ xn+1 . La suite (xn ) est donc croissante.

Convergence vers α
La suite (xn ) est croissante et majorée par b, donc convergente. Notons ` sa limite.
g(xn )
Puisque xn+1 = et que g est continue, on a à la limite :
2
g(`)
`= soit g(`) = 2`
2
c’est-à-dire :

f (`) + ` = 2` donc f (`) = `


Par unicité du point fixe, ` = α. Ainsi (xn ) converge vers α.

Exercice 2
nn
On pose, pour tout entier n ≥ 1, vn = n!
.

2
1. (a) Inégalités pour x − ln(1 + x)
Soit ϕ(t) = ln(1 + t), définie sur [0, +∞[.

Vérification des hypothèses pour les théorèmes


La fonction ϕ est :
• continue sur [0, +∞[ (comme composée de fonctions continues)
1
• dérivable sur ]0, +∞[ avec ϕ0 (t) =
1+t
1
• de classe C 2 sur ]0, +∞[ avec ϕ00 (t) = −
(1 + t)2

Preuve de ln(1 + x) ≤ x par le TAF


Soit x > 0. Appliquons le théorème des accroissements finis à ϕ sur l’intervalle [0, x] :
• ϕ est continue sur [0, x]
• ϕ est dérivable sur ]0, x[
Il existe donc c ∈]0, x[ tel que :
x
ϕ(x) − ϕ(0) = (x − 0)ϕ0 (c) ⇒ ln(1 + x) = .
1+c
x
Comme 1 + c > 1, on a < x, donc :
1+c
ln(1 + x) < x.

L’inégalité est aussi vraie pour x = 0 (égalité). Ainsi, pour tout x ≥ 0, ln(1 + x) ≤ x.

x2
Preuve de x − ln(1 + x) ≤ par Taylor-Lagrange
2
Soit x ≥ 0. Appliquons la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 2 à ϕ sur l’intervalle [0, x] :
• ϕ est de classe C 1 sur [0, x]
• ϕ0 est dérivable sur ]0, x[ (en fait ϕ est C ∞ sur ]0, +∞[)
Il existe donc c ∈]0, x[ tel que :

x2 00
ϕ(x) = ϕ(0) + xϕ0 (0) + ϕ (c).
2
Calculons :

ϕ(0) = ln(1) = 0,
1
ϕ0 (0) = = 1,
1+0
1
ϕ00 (c) = − avec c ∈]0, x[.
(1 + c)2

3
Ainsi :
x2
ln(1 + x) = x − .
2(1 + c)2
On en déduit :
x2 x2
x − ln(1 + x) = ≤ ,
2(1 + c)2 2
car (1 + c)2 ≥ 1 pour tout c > 0.

Conclusion
Pour tout x ≥ 0, on a bien :
x2
0 ≤ x − ln(1 + x) ≤ .
2

(b)
Pour tout n ≥ 1, on a :
n
(n + 1)n+1 n! (n + 1)n

vn+1 1
= · = = 1+ .
vn (n + 1)! nn nn n
Ainsi, ln(vn ) − ln(vn+1 ) = −n ln 1 + n1 .


En posant x = n1 dans l’inégalité de (a), on obtient :


 
1 1 1
0 ≤ − ln 1 + ≤ 2.
n n 2n
Donc 0 ≤ 1 − n ln 1 + n1 ≤ 2n 1

, et finalement :
1
0 ≤ 1 + ln(vn ) − ln(vn+1 ) ≤ .
2n

(c)
On sait que ln(1 + x) ≤ x pour x > −1. En remplaçant x par −x avec 0 ≤ x < 1, on obtient
ln(1 − x) ≤ −x, d’où :

x ≤ − ln(1 − x) pour tout x ∈ [0, 1].

(d)
1
Pour k ≥ 2, on prend x = dans l’inégalité précédente :
k
 
1 1
≤ − ln 1 − = ln(k) − ln(k − 1).
k k
En sommant pour k = 2 à n :
n
X 1
≤ ln(n) − ln(1) = ln(n).
k=2
k
Pn 1
D’où k=1 k ≤ 1 + ln(n).

4
(e)
En sommant les inégalités de (b) pour k = 1 à n − 1 :
n−1
X 1 1 
0 ≤ (n − 1) + ln(v1 ) − ln(vn ) ≤ ≤ 1 + ln(n − 1) .
k=1
2k 2
Ainsi, pour tout n ≥ 2 :
1 1 3 1
≤ 1 − ln(vn ) ≤ + ln(n − 1).
n n 2n 2n
Par encadrement, on obtient :
1 √
limln(vn ) = 1, c’est-à-dire lim n
vn = e.
n→+∞ n n→+∞
q
1
Or un = n
vn
, donc :
1
lim un = .
n→+∞ e

Exercice 3
Soit f la fonction définie sur ] − π2 , π2 [\{0} par

1+sin x
e −e
f (x) = .
tan x

1. Développement limité à l’ordre 3


Développements au voisinage de 0 :
x3
• sin x = x − 6
+ o(x3 )
3
• 1 + sin x = 1 + x − x6 + o(x3 )
√ 3 x2 x3
• 1 + sin x = 1 + 12 (x − x6 ) − 18 x2 + o(x3 ) = 1 + x
2
− 8
− 12
+ o(x3 )
x x2 x3
Posons u = 2
− 8
− 12
. Alors :

u2 u3
eu = 1 + u + + + o(x3 )
2 6
x x2 x3
u= − −
2 8 12
2 3
x x
u2 = − + o(x3 )
4 8
x3
u3 = + o(x3 )
8

5
Donc :
x x2 x3 1 x2 x3 1 x3
     
u
e =1+ − − + − + + o(x3 )
2 8 12 2 4 8 6 8
   
x 1 1 2 1 1 1
=1+ + − + x + − − + x3 + o(x3 )
2 8 8 12 16 48
3
x x
=1+ − + o(x3 )
2 8
Ainsi :
x x3

 
1+sin x 3
e =e 1+ − + o(x )
2 8
Donc :
x x3

 
1+sin x
e −e=e − + o(x3 )
2 8
x3
Avec tan x = x + 3
+ o(x3 ), on obtient :
 3
  
x2
e x2 − x8 + o(x3 ) e
2
x 1 − 4
+ o(x 2
)
f (x) = 3 = 2
x + x3 + o(x3 ) x 1 + x3 + o(x2 )


x2 x2
  
e 2 2
= 1− + o(x ) 1− + o(x )
2 4 3
 
e 7 2 2
= 1 − x + o(x )
2 12

Le DL à l’ordre 3 est :
e 7e 2
f (x) = − x + o(x2 )
2 24

2. Prolongement par continuité


Du DL, on a lim f (x) = 2e , donc f admet un prolongement continu en 0 défini par :
x→0
(
f (x), si x ∈] − π2 , π2 [\{0},
f˜(x) = e
2
, si x = 0.

3. Dérivabilité en 0
Le DL donne f˜(x) = f˜(0) + o(x), donc :

f˜(x) − f˜(0)
= o(1) → 0
x

Ainsi f˜0 (0) = 0.

6
4. Tangente et position relative
Équation de la tangente : Au point (0, 2e ), avec f˜0 (0) = 0, la tangente a pour équation :
e
y=
2
Position relative : Du DL
e 7e
f˜(x) − = − x2 + o(x2 ),
2 24

pour x au voisinage de 0, f˜(x) − e


2
7e 2
∼ − 24 x < 0 pour x 6= 0.

Donc la courbe Cf˜ est en dessous de sa tangente au voisinage de 0.

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