UNIVERSITE DE CARTHAGE
INSTITUT SUPERIEUR DE GESTION DE BIZERTE
Cours d’Introduction à la fiscalité
2ème année Sciences de Gestion
Enseignante : Dr. Hend GUERMAZI
Année universitaire : 2020 -2021
© Introduction à la fiscalité - 2éme LSG
Plan du cours
Partie 1 : Introduction à la fiscalité
Chapitre 1 : Notion d’impôt
1- Impôt direct
2- Impôt indirect
3- Autres taxes
Chapitre 2 : Détermination du montant de l’impôt
1- Fait générateur
2- Assiette imposable
Chapitre 3 : Recouvrement de l’impôt
1- Notion d’ordonnateur
2- Notion de comptable
3- Modalités de recouvrement
Chapitre 4 : Bases juridiques du système fiscal tunisien
1- Les textes du droit commun
2- Les textes particuliers
Partie 2 : Taxe sur la valeur ajoutée et droits de consommation
Chapitre 1 : Champ d’application de la TVA
1- Caractéristiques de la TVA
2-Opérations imposables
3- Exonérations
4- Notion d’assujetti
5- Les activités se trouvant en dehors du champ d’application de la TVA
6- Territorialité
Chapitre 2 : Détermination de la TVA
1- Fait générateur
2- Assiette de la TVA
3- Taux de la TVA
Chapitre 3 : Liquidation de la TVA
1- Conditions de déductions
2- Modalités de déductions
3- Règles particulières
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4- Régularisation
5- Régime suspensif
Chapitre 4 : Droits de consommation
1- Champ d’application
2- Assiette et taux
Partie 3 : Impôt sur le revenu – Règles générales
Chapitre 1 : Champ d’application
1- Personnes imposables
2- Règles d’imposition
Chapitre 2 : Assiette de l’impôt sur le revenu
1- Définition du revenu imposable
2- Détermination des revenus nets catégoriels
Chapitre 3 : Liquidation de l’impôt sur le revenu des personnes physiques
1- Déductions communes et particulières
2- Liquidation de l’impôt sur le Revenu Net Global (RNG)
Partie 4 : Impôt sur les sociétés
Chapitre 1 : Champ d’application
1- Personnes imposables
2- Territorialité
Chapitre 2 : Détermination du Bénéfice imposable
1- Règles particulières aux charges
2- Règles particulières aux produits
Chapitre 3 : Liquidation
1- Les acomptes provisionnels pour et taux d’imposition
2- Le minimum d’impôts
Partie 5 : Plus-value immobilière et plus-value sur valeurs
mobilières
1- Plus-value immobilière
2- Plus-value sur valeurs mobilières
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Partie 1 : Introduction à la fiscalité
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Chapitre 1 : Notion d’impôt
Pourquoi payons-nous des impôts ?
Pourquoi payons-nous des impôts ? Voilà une question qui a certainement été posée
par le premier contribuable sur terre et qui sera posée par le dernier. Aucun individu
n'est vraiment convaincu de la nécessité de payer l'impôt surtout s'il lie cette question
avec celle de la répartition des impôts et celle des dépenses publiques. L’idéal pour
les contribuables serait de vivre dans une société sans impôts.
Différents arguments ont été présentés pour convaincre les contribuables du sort de
l'impôt. Pour les uns l'impôt est la contrepartie des services rendus par l'Etat
essentiellement la protection de la propriété et de l'individu contre toute agression
interne et externe. Pour d'autres, l'impôt est nécessaire pour financer la croissance et
inciter à l’investissement.
Face à ces avantages, il y a des inconvénients. D'abord, il y a des devoirs et des
obligations. Il faut respecter les règles de la vie en société, défendre le pays quant il
le faut, ne toucher ni à la propriété ni à la liberté d’autrui. Mais le devoir le plus
important par sa valeur, sa permanence et son poids est l'impôt.
La vie en communauté exige la couverture de quelques besoins collectifs1 financés
par l'impôt. Cet argument est pour plusieurs auteurs suffisant pour rendre l’impôt
légitime.
1. Définitions de l’impôt
L’impôt a fait l’objet de plusieurs définitions.
« L’impôt est un prélèvement pécuniaire, qui, en vue de subvenir aux besoins
publics, l’Etat opère par voie de contraintes sur les ressources des particuliers à
raison de leurs facultés contributives sans que ce prélèvement ne corresponde à des
services déterminés procurés à qui y est astreint ». LAFERRIERE ET WALINE –
1952.
« L’impôt est un prélèvement opéré par voie de contrainte par la puissance
publique, et ayant pour objectif essentiel de couvrir les charges publiques et de les
répartir en fonction des facultés contributives des citoyens ». PM GAUDEMET –
1981
1
La vie en société engendre des frais généraux qu'il faut couvrir. Il faut des policiers pour veiller au respect par
chaque individu des lois engendrées par cette société. Il faut une armée pour défendre la société des risques
d'agression d'une autre société étrangère. Il faut un administrateur pour gérer et organiser la vie en société. Il faut des
entreprises publiques pour produire les biens et les services nécessaires à la société. La vie en société exige donc des
dépenses sociales qui doivent être financées par les différents membres de la société
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La définition la plus célèbre qui a été donnée à l’impôt et qui demeure applicable à
ce jour et ce, malgré les développements qui ont connu les finances publiques dans
le temps et dans l’espace et celle de Gaston JEZE et qui stipule que :
« L’impôt est une prestation pécuniaire requise des particuliers par voie
d’autorité à titre définitif et sans contrepartie, en vue de la couverture des charges
publiques »2.
Dans cette définition classique, l’idée essentielle est que l’impôt est un prélèvement
obligatoire, sans contrepartie immédiate, visant à couvrir les charges
publiques.
Ces définitions font apparaître les 7 caractéristiques suivantes de l’impôt :
1- Le caractère autoritaire des impositions.
2- Le caractère général de l'imposition.
3- L'absence de contrepartie directe.
4- Le caractère pécuniaire de l'impôt.
5- Le caractère définitif de l'impôt.
6- La nature législative de l'impôt.
7- La finalité de couverture des charges publiques.
1.1. Le Caractère autoritaire des impositions
Imposer c'est "faire payer autoritairement" explique le Petit Robert. Le caractère
autoritaire des impositions signifie tout simplement que le contribuable3 est dans
l'obligation de s'y conformer.
Le trait fondamental de l'impôt est son caractère obligatoire. Le caractère obligatoire
des impositions implique l'application de pénalités aux contribuables qui ne
remplissent pas leurs obligations selon les règles et dans les délais impartis.
1.2. Le caractère général de l'imposition
Les impositions sont instituées pour une application générale et impersonnelle. Elles
sont exigées de tous les contribuables qui remplissent les conditions d'imposition.
2
Gaston JEZE (1935) : cours de Finances publiques 1934-1935. LGDJ
3
En outre, le terme contribution qui signifie dans le langage courant, l'impôt payé à l'État, d'où la classification des
impôts et taxes en contributions directes et contributions indirectes, et qui a donné naissance au terme contribuable,
est utilisé dans certains cas pour désigner un impôt généralement de solidarité. Il en est de même du terme droit qui
est parfois utilisé pour désigner une imposition.
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Le caractère général de l'imposition implique l'universalité de l'imposition et pose
un problème de territorialité fiscale4.
1.3. L'absence de contrepartie directe
L'impôt est dû sans contrepartie directe. Il n'est pas la rémunération d'un service ou
d'un bien reçu en échange mais la participation par voie d'autorité au financement de
l'Etat.
1.4. Le caractère pécuniaire de l’impôt
L'impôt est payé en argent ayant cours légal. Il ne peut faire l'objet de dation en
paiement.
1.5. Le caractère définitif de l'impôt
Contrairement à l'emprunt, l'impôt est payé à titre définitif. Il ne peut faire l'objet de
remboursement. Néanmoins, lorsqu'il est payé par erreur, l'impôt indu est
remboursable sur demande écrite et motivée déposée auprès des services compétents
de l’administration fiscale. En pratique, toute demande de remboursement
déclenche, généralement, un contrôle fiscal.
1.6. La nature législative de l’impôt
L’impôt doit être voté par le pouvoir législatif. Le vote des députés exprime le
consentement populaire à l’impôt.
1.7. La finalité de couverture des charges publiques
L'impôt est prélevé en vue de faire face aux dépenses nécessaires au fonctionnement
de l'État.
Il ne peut par conséquence être prélevé que dans le cadre de l'autorisation donnée
annuellement au gouvernement par la loi de finances.
NB : Distinction entre impôt, taxe et redevance
• Impôt - L'impôt est versé à l'État ou aux collectivités locales à titre obligatoire par
le contribuable sans contrepartie directe.
4
La territorialité rend la loi fiscale applicable à tous ceux qui se trouvent dans le champ territorial de l'impôt et à tous
les biens qui s'y produisent ou s'y consomment.
Les impôts et taxes tunisiens s'appliquent, en principe, au territoire tunisien (terrestre, maritime et aérien). Néanmoins,
certains revenus de source étrangère peuvent être imposés en Tunisie ; de même que certains revenus de source
tunisienne ne sont imposées qu'à l'étranger ou sont soumis en Tunisie selon un mode spécifique.
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Le professeur Gaston Jèse définit l'impôt comme étant une prestation pécuniaire,
requise des particuliers par voie d'autorité à titre définitif et sans contrepartie, en vue
de la couverture des charges publiques.
• Taxe - La taxe est versée, à titre obligatoire, à l'État ou à une collectivité en
contrepartie d'un service dont profite le payeur ou dont il aurait pu profiter. Les taxes
rémunèrent un service mais sans lien de proportionnalité avec le service rendu. 5
• La redevance : Contrairement à l’impôt, la redevance s’apparente à un prix. Elle
peut être définie comme étant le prix d’un service rendu. Elle n'est par conséquent
acquittée que par les usagers volontaires d'un service public6.
Elle considère que la prestation exigée est nécessairement une taxe quant elle est
nettement inférieure ou nettement supérieure à la valeur économique du service
rendu, elle est une redevance s’il y a équivalence entre le prix fourni et la prestation
procurée à l’usage
• Distinction entre taxe et redevance : Le critère généralement retenu pour
distinguer la taxe de la redevance est celui de l’équivalence :
- En appliquant ce critère, on est en présence d'une taxe lorsque le montant dû
n'est pas équivalent au service fourni ou qu'on aurait pu obtenir.
- En revanche, il s'agit de redevance lorsqu'il y a équivalence entre le montant
du prélèvement et la prestation obtenue par l'usager.
Le critère de distinction entre l’impôt et les autres prélèvements est donc l’existence
ou non d’une contrepartie. En effet, ces prélèvements sont réclamés en contrepartie
de certains services rendus ou mis à la disposition des citoyens. En tant que gage de
citoyenneté, l’impôt est dû sans aucune contrepartie.
2. Classification des impôts en impôts directs et en impôts indirects
Cette distinction entre l’impôt direct et indirect est l‘une des classifications les plus
utilisées.
C’est une classification fondamentale, dans la mesure où elle concerne à la fois
l'assiette, la liquidation, le recouvrement, le régime juridique et même le contentieux
de l'impôt. Selon la nature du critère retenu, plusieurs définitions peuvent être
proposées.
5
Exemple : La taxe sur le voyage à l’étranger, la taxe professionnelle, la taxe sur les tomates destinées à la
transformation, la taxe sur les produits de la pêche, la taxe due par les organisateurs de spectacles, la taxe pour la
protection de l’environnement, la taxe à l’exportation d’huile d’olive non conditionnée.
6
Exemple: Les redevances de séjour dans les bassins des ports, des prestations douanières, les redevances
aéronautiques (La redevance d’atterrissage) etc.
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2.1. La distinction technique
Elle est basée sur les données mêmes de l'imposition, c'est-à-dire la matière
imposable.
L'impôt direct est un impôt permanent, dont le fait générateur tombe à date fixe et
qui frappe périodiquement la matière imposable. Il atteint la richesse en soi, qu'elle
soit acquise ou en voie d'acquisition.
L'impôt indirect, au contraire, est un impôt intermittent, atteignant des faits
accidentels ou imprévisibles, dont la date de survenance échappe au législateur
(production, achats, ventes, échanges).
2.2. La distinction économique :
L'impôt direct est celui qui est supporté définitivement par le contribuable lui-même.
L’impôt indirect est celui qui peut être répercuté par le contribuable sur une autre
personne (sur le prix de vente par exemple). Le contribuable n'est alors qu'un
intermédiaire qui le rejette sur d'autres.
2.3. La distinction juridique :
L'impôt direct est celui qui est ou peut être perçu par voie de rôle nominatif, c'est-à-
dire un acte juridique, un document par lequel l'autorité fiscale décide des éléments
d'assiette et de liquidation d'un impôt pour un contribuable nommément désigné ; il
s'agit donc d'un titre en vertu duquel l'administration poursuit le recouvrement.
Au contraire, l'impôt indirect est celui, quel que soit son objet, qui est perçu sans
rôle nominatif.
On peut dire que l’impôt direct est celui que le contribuable doit directement
acquitter sur ses revenus ou sur son patrimoine.
L’impôt indirect est un impôt intermittent qui atteigne les opérations et actes se
rapportant à la richesse (consommation, dépense, production). L’impôt indirect se
caractérise par une dissociation entre le redevable légal (industriel, commerçant,) et
le redevable réel (consommateur) qui supporte la charge effectivement.
Les impôts directs frappent les personnes, les impôts indirects frappent des choses.
Exemples concrets d'impôts directs
L'exemple le plus connu d'impôt direct est l'impôt sur le revenu qui est payé
directement au service des impôts par le contribuable. L’impôt sur le revenu finance
le budget de l’Etat. L’impôt sur les sociétés (IS) est également un impôt direct.
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La notion d'impôt direct s'oppose à celle d'impôt indirect qui fait intervenir
un tiers dans le processus de paiement de l'impôt.
Exemples concrets d'impôts indirects
La taxe sur la valeur ajoutée est la référence même de l’impôt indirect. En effet, la
TVA n’est pas acquittée directement par le contribuable auprès du Trésor public.
Chaque entreprise qui vend un produit à un consommateur donné reverse une part
du montant obtenu à l’État. Les véritables payeurs dans ce cas sont les
consommateurs.
On peut citer parmi les impôts indirects, les droits de douane.
Les ressources fiscales fixées à 31.759 MDT en 2020, se détaillent comme suit :
2018 2019 2019 2020
Résultats LF LF actualisée LF
Impôts Directs 9.065 10.047 12.460 13.662
IRPP 6.359 7.003 8.525 9.651
IS 2.706 1.944 2.637 4.011
Impôts Indirects 15.438 17.033 16.622 18.097
TVA 7.425 8.303 8.200 8.975
Droits de Consommation 2.864 3.214 2.967 3.157
Droits de Douanes 1.208,3 1.338 1.343 1.521
Autres Impôts indirects 3941,3 4.178 4.112 4.444
TOTAL 24.503 27.080 29.082 31.759
Part des impôts directs 37% 37,10% 42,84% 43,02%
Part des impôts indirects 63% 62,90% 57,16% 56,98%
La répartition des recettes fiscales se présente comme suit :
Recettes fiscales
Impôts directs
37%
63% Impôts indirects
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3. Autres taxes
3.1. Taxes sur les salaires à la charge des employeurs
La taxe de formation professionnelle (TFP) au taux de 1% de la masse
salariale brute pour le secteur des industries manufacturières et au taux de 2% pour
les autres secteurs. Cette taxe est déduite des montants afférents aux dépenses
effectuées pour la formation du personnel, dans la mesure ou le programme de
formation a été préalablement approuve par le Ministère de l'Emploi et de la
Formation Professionnelle.
La contribution au fonds de promotion des logements (FOPROLOS) pour les
salariés au taux de 1% de la masse salariale brute à la charge de tout employeurs
publics ou privés exerçant en Tunisie à l’exclusion des exploitants agricoles privés.
3.2. Taxe sur les contrats d’assurance
Au taux de 5% du montant des primes émises pour les contrats d’assurance des
risques de la navigation maritime et aérienne et au taux de 10% pour les contrats
d’assurance des autres risques.
L’article 48 de la loi de finances pour l’année 2018 a prévu le relèvement des taux
de la taxe unique sur les assurances comme suit :
- De 5% à 6% pour les contrats d’assurance des risques de la navigation
maritime et aérienne.
- De 10% à 12% pour les contrats d’assurance des autres risques.
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Chapitre 2 : Détermination du montant de l’impôt
1. Fait générateur
Le fait générateur est le phénomène, l’événement, l’opération, l’acte juridique, ou la
situation juridique qui fait naître ou créer la dette fiscale. La naissance de la dette
fiscale dépend de l’intervention du fait générateur. Le fait générateur engendre
l’impôt sans le rendre exigible.
L’exigibilité de l’impôt est le droit qui fait valoir le Trésor à partir d’un moment
déterminé auprès du redevable pour obtenir le paiement immédiat de l’impôt. La
notion de fait générateur revêt une importance certaine car elle détermine la
naissance de la créance fiscale mais aussi le champ d’application de la loi fiscale
dans le temps et dans l’espace. Elle permet d’apprécier la nature de l’impôt et la loi
applicable dans le temps et dans l’espace.
Exemple :
- On ne peut parler de droits d’enregistrement qu’à partir de l’établissement de l’acte
de vente.
-En matière de TVA, le fait générateur pour les importations est déterminé par le
dédouanement de la marchandise.
Toutefois, si le fait générateur est nécessaire pour le paiement de la dette fiscale, le
paiement de celle-ci peut être différé dans le temps. En effet, le fait générateur relève
du domaine de la loi sous l’empire de laquelle il intervient puisqu’il fait
immédiatement naitre la créance fiscale malgré le délai dont dispose le contribuable
pour se libérer de cette dette. Ce délai ne suspend pas l’obligation fiscale mais retarde
son exécution.
Le fait générateur présente par ailleurs un intérêt pratique. Il détermine l’application
de la loi fiscale dans le temps, en précisant les conditions et délais d’application de
la loi nouvelle. Il définit également le champ d’application de la loi dans l’espace,
en fixant les règles de territorialité. Ainsi, l’impôt sur le revenu s’applique à toute
personne ayant sa résidence habituelle en Tunisie. Quant à la valeur ajoutée, elle
n’est supportée qu’en cas de livraison des biens ou de la marchandise sur le territoire
tunisien...
1.1. Le fait générateur définit le champ d’application de l’impôt
La nature de l’impôt est souvent fonction du fait générateur.
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1.2. Le fait générateur détermine le champ d’application de la loi dans
l’espace
C’est ainsi qu’il permet de préciser et de limiter la territorialité de l’impôt. On peut
savoir dans quel territoire l’impôt est appliqué.
1.3. Le fait générateur détermine l’application de la loi dans le temps
La connaissance du fait générateur fixe la date à laquelle il convient de se placer
pour déterminer la législation applicable relative aux modalités d’assiette et des
tarifs de recouvrement. Les impôts ultérieurs soit au titre d’une imposition
volontaire, soit au titre d’une déclaration volontaire ou d’une taxation d’office
doivent établir d’après la législation en vigueur au moment du fait générateur.
2. Assiette imposable
La détermination de l’assiette imposable est la première phase du processus
d’établissement de l’impôt. Elle se déroule en deux étapes : une première étape qui
vise la constatation de la matière imposable et une deuxième étape qi s’intéresse à
l’évaluation de la base d’imposition.
2.1. La constatation de la matière imposable
C’est une étape capitale du processus d’imposition. La matière imposable désigne la
richesse économique du contribuable, qui est prise en compte soit lorsqu’elle se
forme suite a la réalisation du revenu, soit lorsqu’elle est générée grâce a la
constitution d’un capital ou enfin lorsqu’elle est utilisée pour dépenser ou
consommer. En effet, elle peut représenter un bien qui est soumis à des droits
d’enregistrement lors d’une opération d’acquisition, ou encore un revenu salarial qui
est imposable au titre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, ou même un
produit qui supporte lors de son achat ou de sa consommation, la taxe sur la valeur
ajoutée.
2.2. L’évaluation de la base imposable
On s’intéresse ici à la deuxième étape du processus d’imposition. Elle consiste à
quantifier de manière exacte la matière imposable. Il est important de signaler à cet
égard que la base imposable se distingue de la matière imposable même si elles se
retrouvent réunies sous la même appellation d’assiette imposable. En effet, la base
imposable est définie comme le montant chiffrée relatif à l’élément sur lequel on
assoit l’impôt.
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Exemple :
- En cas de cession, le bien immeuble représente la matière imposable et la plus-
value représente la base imposable.
- Un bien meuble étant la matière imposable à la TVA, la base imposable étant le
prix de vente
Deux procédés sont utilisés pour l’évaluation de la base imposable : le
dénombrement et l’évaluation
Le dénombrement consiste à compter ou mesurer la matière imposable, afin
de calculer l’impôt à payer. C’est le cas par exemple de l’impôt agricole dû sur le
bétail ou le contribuable est tenu de compter le nombre de tête dont il dispose afin
d’asseoir l’impôt.
L’évaluation : elle se fait soit par le recours à la méthode directe (réelle) ou
bien à la méthode indirecte (forfaitaire).
- L’évaluation réelle : Elle a pour but de déterminer la valeur exacte de la
matière à imposer. Elle nécessite la tenue d’une comptabilité régulière, appuyées
par des pièces justificatives.
- L’évaluation forfaitaire : C’est une méthode qui permet à l’administration
d’évaluer la matière imposable de manière approximative
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Chapitre 3 : Recouvrement de l’impôt
L'exécution de la loi de finances s'effectue suivant un ensemble de procédures et
d'opérations. La phase administrative et comptable de cette exécution se traduit par
des opérations de recettes (encaissements) et des opérations de dépenses
(décaissements). Cette phase fait appel aux services de deux catégories d'agents de
l'ordre administratif : les administrateurs de crédits et les ordonnateurs d'un côté et
les comptables de l'autre.
L'article 15 du décret 2003-101 dispose à cet effet : « Les opérations relatives à
l'exécution du budget de l'Etat et des autres organismes publics font intervenir deux
catégories d'agents : d'une part les administrateurs de crédits et les ordonnateurs,
d'autre part les comptables. Les fonctions d'administrateur et celles d'ordonnateur
peuvent être cumulées ; les fonctions d'ordonnateur et celles de comptable public
sont incompatibles ».
1. Notion d’ordonnateur
La séparation des ordonnateurs et des comptables implique avant tout une séparation
des tâches qui leur sont confiées. Il y a donc une division rationnelle du travail qui
découle du principe et qui voudrait que chacun de ces deux acteurs assure en ce qui
le concerne toutes les tâches et seulement les tâches qui lui seront dévolues dans le
cadre de l'exécution du budget.
Selon l’article 6 du code de comptabilité publique : « Les ordonnateurs provoquent
les opérations budgétaires. A cet effet, ils établissent constatent et mettent en
recouvrement les créances publiques, sous réserves des exceptions admises pour les
droits payables au comptant, engagent, liquident et ordonnancent les dépenses ».
2. Notion de comptable
Selon l’articlé 10 du code de comptabilité publique : « Les comptables publics sont
chargés du recouvrement des recettes, du paiement des dépenses, de la garde et de
la conservation des fonds, valeurs, produits et matières appartenant ou confiés à
l’Etat, aux établissements publics ainsi qu’aux collectivités locales. Ils sont chargés
également du contrôle de la régularité des recettes et des dépenses lesdites
organismes ainsi que de la régularité de la gestion de leur patrimoine. »
Les fonctions d’ordonnateur et celles de comptable public sont incompatibles.
3. Modalités de recouvrement
Le recouvrement est l'ensemble des procédures financières par lequel l'impôt passe
du patrimoine du contribuable dans les caisses du trésor Public .
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3.1. Principes généraux
On distingue plusieurs procédés pour obtenir le paiement de l’impôt :
a. Au comptant : tel est le cas des impôts indirects
b. Par retenu à la source : En Tunisie, la retenue à la source est la plus courante
des pratiques en matière de collecte de l’impôt. La retenue à la source ou l’avance
sur impôt représente une technique de prélèvement et de contrôle de l'impôt. Elle est
réalisée pour le compte de l'Etat par un tiers payeur et elle revêt en général le
caractère d'avance sur le montant final de l'impôt.
La retenue à la source s’applique aux :
- Traitements, salaires, pensions et rentes viagères.
- Les revenus fonciers (loyers, plus-values immobilières).
- Les revenus de capitaux mobiliers et les jetons de présence
c. Par versement d'acompte : Le contribuable est tenu de verser l'impôt
anticipativement et spontanément sous forme d'acompte. Ceux-ci sont calculé sur
base des revenus de l'exercice précèdent. Les acomptes provisionnels sont perçus
selon trois (3) échéances forfaitaires égale chacune à 30% du montant de l’impôt sur
le revenu dû au titre de l’année précédente.
3.2. Procédures de recouvrements
Les comptables publics ont le monopole du recouvrement des impôts. Dès qu’ils ont
en charge l’impôt, ils sont personnellement et pécuniairement responsable de son
recouvrement
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Chapitre 4 : Bases juridiques du système fiscal
tunisien
1. Les textes du droit commun et les textes particuliers
Le droit fiscal tunisien repose sur des textes d'origines variées. Pour des raisons de
légitimité et de consentement à l'impôt, la loi a été le moyen privilégié de création
du droit fiscal.
Le pouvoir judiciaire ainsi que la doctrine administrative jouent également un rôle
non négligeable dans l'interprétation des textes.
Les sources du droit fiscal sont dans l'ordre hiérarchique décroissant :
La constitution ;
Les conventions fiscales internationales ;
La loi ;
La loi de finances ;
Le règlement (Décrets et arrêtés) ;
Les principes généraux du droit ;
La jurisprudence fiscale ;
La doctrine administrative (BODI7 et réponses aux questions posées par les
contribuables) ;
La doctrine.
1.1. La constitution
Les dispositions relatives à l'impôt et aux fondements de l'obligation fiscale
s'imposent à toutes les autres sources du droit fiscal qui doivent être conformes à la
constitution.
L’obligation fiscale est prévue par l’article 10 de la constitution tunisienne du
17/01/2014 qui stipule que « Le paiement de l’impôt et la contribution aux charges
publiques constituent un devoir conformément à un régime juste et équitable. L'Etat
met en place les mécanismes à même de garantir le recouvrement de l'impôt et la
lutte contre l'évasion et la fraude fiscale ».
7
Bulletin Officiel des Douanes et des Impôts
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La constitution contient (dans le contexte actuel est censée contenir) des dispositions
relatives :
Au devoir fiscal du citoyen,
A la règle de l'équité fiscale,
A l'autorité compétente pour instituer un impôt, définir son assiette et fixer
son taux,
A la procédure d'adoption des conventions internationales,
A l'égalité devant la loi fiscale.
1.2. Les conventions fiscales internationales
Les conventions fiscales internationales sont des traités conclus entre deux Etats ou
plus en vue de définir les règles d'imposition des revenus qu'un citoyen de l'un des
Etats réalise dans l'autre Etat. Elles visent aussi à éviter ou du moins à limiter la
double imposition de ces revenus. Il s'agit des conventions internationales et des
traités qui ont une force supérieure aux lois internes des pays signataires.8
On peut distinguer principalement:
Les conventions internationales dites de "non double imposition" qui sont
passées entre deux Etats pour régler la situation fiscale des personnes susceptibles
d'être imposées, du fait de leur activité, de leur domicile ou de leur revenu, dans
chacun des deux Etats concernés.
Ces conventions conduisent le plus souvent à l'imposition dans un Etat et à
l'exonération dans l'autre ou bien l'imposition dans l'Etat de la résidence principale
ou de l'activité professionnelle, déduction faite de l'imposition subie dans l'autre Etat
au titre des activités qui y sont exercées.
Les conventions internationales destinées à lutter contre la fraude fiscale au
plan international, que l'on peut assimiler aux conventions précédentes du point de
vue de leur prééminence par rapport aux lois internes.
1.3. La loi
La loi constitue la source principale du droit fiscal. Ceci est confirmé par l'article
34 de l’ancienne constitution tunisienne selon lequel : « Sont pris sous forme de lois,
les textes relatifs à l'amnistie, à l'assiette, aux taux et aux procédures de
recouvrement des impôts, sauf délégation accordée au Président de la République
par les lois de finances et les lois fiscales ».
8
L'article 32 de la constitution stipule que les conventions dûment approuvées ont une force supérieure à celle des
lois et ceci pour mettre les conventions internationales à l'abri des modifications postérieures apportées par les lois
internes
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De plus, avant la fin de chaque année, le Parlement tunisien vote la loi de finances
qui définit les recettes fiscales de l'Etat et indique les nouvelles dispositions fiscales
structurelles ou conjoncturelles résultant des choix politiques du gouvernement.
Ainsi, seule la loi peut instituer un impôt, définir son assiette, fixer son taux et les
procédures de recouvrement. Néanmoins, les lois fiscales et la loi de finances
peuvent déléguer au Président de la République d'instituer des règles fiscales
régissant l'assiette, les taux et les procédures de recouvrement par décret.
1.4. La loi de finances
Le budget annuel de l'État est voté par une loi de finances qui autorise annuellement
la perception des impôts et détermine les charges publiques. En plus des données
budgétaires, la loi de finances comporte généralement des dispositions fiscales.
Hormis les cas de réforme fiscale ou d'institution d'un nouvel impôt, l'essentiel des
changements en matière fiscale de l'année est édicté par la loi de finances d'où
l'importance majeure qu'elle occupe en matière fiscale.
Lorsque, en cours d'année, le budget connaît une évolution non conforme aux
prévisions, le gouvernement peut recourir à une loi de finances complémentaire.
1.5. Le décret-loi
Le décret-loi permet à l’exécutif, en la personne du Président de la république, de
légiférer en prenant des mesures du domaine de la loi en cas de vacance ou de
carence des instances parlementaires.
1.6. Le règlement - décrets et arrêtés
a. Les décrets
Les décrets relèvent de la compétence du Président de la république. Ils sont pris soit
en vertu d'une délégation d'une loi fiscale ou d'une loi de finances soit en vertu des
pouvoirs généraux de réglementation qui sont conférés à la fonction de Président de
la république par la constitution.
Dans le domaine fiscal les décrets présidentiels sont pris en exécution des lois
fiscales.
b. Les arrêtés
La réglementation par voie d'arrêté se limite en matière fiscale au pouvoir dont
dispose le ministre pour prendre des arrêtés de taxation.
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1.7. La jurisprudence
La jurisprudence constitue une source d'enrichissement du droit par le fait qu'elle
l'interprète pour l'appliquer d'une part et qu'elle est tenue d'apporter une solution au
litige même en présence d'un vide juridique.
Dans son deuxième aspect, la jurisprudence peut précéder l'élaboration de la loi et
l'influencer. Ainsi, de nombreuses lois viennent consacrer une position
jurisprudentielle ; mais l'inverse existe aussi (c'est-à-dire, il arrive que des lois soient
établies pour contrecarrer une jurisprudence).
1.8. La doctrine administrative
Elle est constituée par les circulaires, bulletins et notes administratives de nature à
expliquer et à interpréter les dispositions fiscales. L'interprétation est destinée
essentiellement aux agents de l'administration chargés de l'application desdits textes.
D'ailleurs, ces notes sont publiées dans un Bulletin Officiel des Douanes et des
Impôts (BODI).
En théorie, la doctrine administrative est obligatoire pour les agents de
l'administration alors qu'elle peut faire l'objet d'une contestation par le contribuable
qui s'estime lésé par une interprétation non conforme à la loi. Mais en pratique, la
doctrine administrative domine les usages fiscaux en Tunisie et constitue de ce
fait presque l'unique source d'interprétation opérante des textes.
1.9. La doctrine
La doctrine des auteurs est toujours utile à la diffusion d'une culture fiscale. Elle
peut, lorsqu'elle est dotée d'une force logique, aider à l'interprétation des textes et
faire un contre poids, bien que de portée pratique limitée, par rapport à la doctrine
administrative.
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Partie 2 : Taxe sur la valeur ajoutée et
droits de consommation
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Chapitre 1 : Champ d’application de la TVA
La TVA est un impôt indirect, global et ayant le plus grand rendement dans le
système fiscal tunisien. Elle frappe la valeur ajoutée au fur et à mesure de sa
formation. Le mécanisme général de la TVA fait que chaque entreprise agit sur ordre
et pour le compte de l'Etat et se trouve collecteur d'impôt en aval de son activité tout
en subissant la collecte des impôts par ses fournisseurs en AMONT.
L'imposition à la TVA implique la tenue d'une comptabilité régulière et fiable et
l'imposition à l'impôt sur le revenu des personnes physiques et l'impôt sur les sociétés
selon le régime réel.
1. Caractéristiques de la TVA
1.1. La TVA est un impôt indirect
C’est un impôt supporté par les consommateurs finaux (redevables réels). Sa collecte
est assurée par les entreprises (redevables légaux) appelées assujetties, pour le
compte de l’Etat.
Le rôle des entreprises assujetties à la TVA consiste donc à collecter cet impôt par
le biais de sa facturation aux clients et à son reversement au Trésor.
C’est ainsi que le prix d’achat supporté par le consommateur est majoré d’une
somme correspondant à un pourcentage du prix initial. Le consommateur paie donc
une charge supplémentaire que l’entreprise collecte mais ne conserve pas puisqu’elle
la reverse ensuite à l’Etat.
1.2. La TVA est un impôt réel
C’est un impôt facturé au consommateur par l’entreprise chargée de sa collecte et
effectivement payé par lui en sus du prix du produit ou du service qu’il acquiert.
L’impôt ne tient pas compte de la situation personnelle du consommateur au regard
de ses revenus ou de ses charges de famille ;
1.3. La TVA est un impôt global
La TVA est un impôt global, dans la mesure où elle frappe, sauf exception,
l'ensemble des biens et services vendus en Tunisie quel que soit leur origine -
produits tunisiens ou importés.
En revanche, les produits exportés sont exonérés de TVA en Tunisie. Ils supportent,
en principe, la TVA du pays destinataire de l'exportation tunisienne selon le principe
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dit de la compensation à la frontière qui exonère les exportations et impose les
importations.
1.4. La TVA est un impôt neutre
Le paragraphe 2 de l'article 1er du code de la TVA annonce le principe de la
neutralité de la TVA en disposant :
La TVA s'applique quels que soient :
- Le statut juridique des personnes qui interviennent pour la réalisation des
opérations imposables ou leur situation au regard de tous autres impôts ;
- La forme ou la nature de leur intervention et le caractère habituel ou
occasionnel de celle-ci.
Seul le consommateur dit « final » acquitte véritablement la TVA, car pour les
intermédiaires, à savoir les entreprises chargées de sa collecte, cet impôt est
déductible. Il s’agit donc d’un impôt neutre sur les résultats de l’entreprise qui le
collecte.
En effet, L’intermédiaire redevable :
Calcule la taxe exigible sur ses ventes ou ses prestations de services ;
Déduit de cet impôt la taxe qui a grevé les éléments constitutifs de son prix
de revient ;
Ne verse au Trésor que la différence : chacun acquitte la taxe sur la « valeur
ajoutée » par lui.
• Neutre : La TVA n’a pas d’incidence sur le résultat de l’entreprise.
Exemple 1:
Un industriel de bicyclette a produit pendant le mois d’avril 1.000 pièces qu’il a
vendues au comptant à un grossiste au prix HT de 100 DT la pièce.
Le grossiste en vend au comptant pendant le même mois 600 pièces à un détaillant
assujetti au prix HT de 120 DT la pièce.
Le détaillant vend à des particuliers toutes les pièces achetées à crédit et à prix de
150 DT la pièce HT. Pour des raisons de simplification, on suppose que l’industriel
n’a pas supporté de TVA à l’occasion de ses achats.
Le fait générateur de la TVA relatif à la vente des marchandises est la livraison. Le
taux de TVA applicable aux bicyclettes est de 19%.
La liquidation de la TVA chez les 3 intervenants est la suivante :
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Chez l’industriel :
C.A.H.T: 100x1.000 100.000 DT
TVA collectée 100.000x19% = 19.000 DT
TVA déductible 0 DT
TVA à verser au trésor 19.000 DT
La TVA perçue par l’industriel va être automatiquement verser au trésor, l’assujetti
ne pouvant profiter d’aucune avance de TVA.
Chez le grossiste :
C.A.H.T 120x600= 72.000DT
TVA collectée 72.000DT x19% =13.680 DT
TVA déductible 19.000 DT
Crédit de TVA à reporter 5.320 DT
La TVA payée par le grossiste à son fournisseur à l’occasion de ses achats dépasse
celles reçues. Le reliquat sera reporté sur la TVA du mois suivant.
Chez le détaillant
CA HT 150x600 = 90.000 DT
TVA collectée 90.000x 19% = 17.100 DT
TVA déductible 13.680 DT
TVA à verser au trésor 17.100-13.680 =3.420 DT
Bien que n’ayant pas encaisser de TVA (la vente étant à crédit) le détaillant devra,
en sus de la TVA décaisséé à l’occasion de ces achats, requitter au trésor le surplus
dégagé par ces ventes à crédit.
Le total des montants perçus par le trésor : 19.000+ 3.420 =22.420.
La consommation finale n’a concerné que la valeur de 90.000 HT ce qui ouvrirait à
l’État une créance de TVA de 17.100.
Le trésor est alors en avance sur sa créance de 5.320.
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Exemple 2:
Supposons que articles de sport sont soumis à la TVA au taux de 19% au stade de
la production et de la vente, le circuit économique va alors se présenter ainsi :
Fournisseur Producteur Commerçant Client
(HT) 100 D (HT) 150 D (HT) 200 D
+(TVA) 19D +(TVA) 28,5 D +(TVA) 38D
= 119 D = 152,5 D = 238 D
Reversement Reversement Reversement
au trésor au trésor au trésor
19D 28,5 D 38 D
- 0D -19 D - 28,5
= 19D =9,5 D = 9,5D
TVA / consommation finale = 38 D
TVA payée aux différents stades = 19 D + 9,5 D + 9,5 D = 38 D
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2. Opérations imposables
Les opérations imposables à la T.V.A. sont de 3 catégories :
- Les opérations imposables par nature
- Les opérations expressément désignées par la loi.
- Les opérations normalement non soumises à la T.V.A. mais qui peuvent devenir
imposables sur option de la personne qui les effectue.
Les deux premières sont obligatoires, la troisième est facultative.
2.1. Les opérations imposables par nature
Aux termes de l’article 1er du code de la TVA, sont soumises à la taxe sur la valeur
ajoutée les affaires faites en Tunisie qui, quels qu’en soient les buts ou les résultats,
revêtent le caractère industriel, artisanal9, libéral ainsi que les opérations
commerciales autres que les ventes10.
Les activités agricoles ne sont pas dans le champ d’application de la TVA.
Cependant, les entreprises agricoles peuvent opter pour le régime de la TVA.
Le terme affaire désigne toute opération réalisée entre deux personnes
juridiquement distinctes moyennant une contrepartie en espèce ou en nature.
L’exemple type de l’affaire est la vente.
Ceci ne suppose pas nécessairement le gain, contrairement au sens courant du terme
affaire, ainsi, le terme affaire n’exclut pas du champ d’application de la TVA, les
opérations effectuées à prix coûtant ou à perte.
9
Son activité doit figurer parmi la liste des activités artisanales prévues par le décret n° 2005-3078 du 29 novembre
2005,
- Son activité doit être essentiellement manuelle et le recours au matériel mécanique doit être limité et à faible
rendement,
- Ne pas recourir à des procédés de travail automatisés,
- Le dirigeant technique de l’entreprise artisanale doit être titulaire d’un certificat de qualification professionnelle.
10
Les opérations commerciales autres que les ventes comportent plusieurs opérations.
a) Les prestations de services
b) Les opérations de locations
c) Les opérations de commission, de courtages et d’intermédiation
d) Les services et prestations de banque
e) Les travaux à façon
f) Le transport
g) La promotion immobilière
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Le champ d’application de la TVA couvre donc :
Les opérations industrielles et artisanales A titre purement indicatif on peut
citer :
- Les opérations réalisées par les secteurs de l’industrie chimique, agro-
alimentaire, textile, électroménager, énergie (électricité, gaz ...
- La fabrication par les artisans : des tapis, poterie, céramique…
Les opérations réalisées par les professions libérales : On entend par
professions libérales, celles où l’activité intellectuelle joue le rôle principal et
qui consiste en la pratique personnelle d’un art ou d’une science que
l’intéressé exerce en toute indépendance. On peut citer à titre indicatif comme
professions libérales :
- Professions médicales et paramédicales (Médecins, Chirurgiens, Infirmiers,
Masseurs, Kinésithérapeutes, Sages-femmes, Rééducateurs,
Physiothérapeutes, Exploitants de laboratoires d’analyses médicales…)
- Professions juridiques (Avocats, Commissaires aux comptes, Conseils
juridiques et fiscaux, Huissiers, Huissiers-notaires)
- Professions techniques : Exploitants de cabinets d’études, Architectes,
Urbanistes, Décorateurs paysagistes, Métreurs, Géomètres, Ingénieurs
conseils, Inventeurs, Comptables et Experts comptables, Transitaires,
Exploitants d’auto-école…
- Professions artistiques et littéraires : Artistes peintres, Artistes plasticiens,
Dessinateurs, Sculpteurs, Ecrivains, Professeurs libres, Interprètes...
Les opérations commerciales autres que les ventes:Les opérations
commerciales autres que les ventes couvrent d’une façon générale les
prestations de [Link] les prestations de services concernées par la
TVA, on peut citer à titre d’exemple :
- Les opérations de confection, de réparation (mécanique, automobiles...)
d’intermédiation (courtage ...) le transport, l’hôtellerie, la publicité ... ;
- Les travaux de bâtiments et les travaux publics ;
- Les services informatiques ;
- Les services de télécommunications réalisées par les entreprises ayant la
qualité d’opérateur de réseaux publics de communication ;
- Les opérations bancaires ;
- Les opérations de leasing ;
- Les opérations de location (y compris des immeubles) ;
- Le transport ;
- La promotion immobilière.
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2.2. Les opérations imposables par détermination de la loi11
Il s'agit des opérations énumérées au paragraphe II de l'article 1er du code de la
TVA.
a. Les importations :
Sont soumises à la TVA, toutes les importations quels que soient le produit, le statut
de l'importateur (personne physique ou morale, commerçant ou non commerçant,
assujetti ou non assujetti...) ou la destination du produit (revente après
transformation ou en l'état, consommation personnelle, etc...).
La TVA est due à l'importation nonobstant le régime des produits similaires locaux
(exemple : les produits agricoles qui sont hors champ d'application de la TVA en
régime intérieur et soumises à la TVA à l’importation) et l'imposition à l'importation
s'applique indifféremment aux biens neufs ou d'occasion, avec ou sans payement et
même s'il n'y a pas transfert de propriété. (Ventes en consignation).
La TVA s'applique à l'importation pour certains produits exonérés en marché
intérieur lorsque la disposition instituant l'exonération ne traite que la production
et/ou la vente du produit.
b. Les reventes en l'état
- Effectuées par les commerçants détaillants qui réalisent un chiffre d'affaires
annuel global égal ou supérieur à 100.000 dinars12. Ce seuil couvre toutes les
ventes quel que soit leur régime fiscal. Toutefois, Sont exonérés de la taxe sur
la valeur ajoutée lors de la vente par les commerçants détaillants, les produits
alimentaires13, et les produits soumis au régime de l'homologation
administrative des prix ;
- Effectuées par les commerçants grossistes en matériaux de construction ; et
les commerçants grossistes exerçant dans d'autres secteurs et qui
approvisionnent d'autres commerçants revendeurs14 ;
- Effectuées par les concessionnaires de biens d'équipement industriels et de
biens d'équipement de travaux publics.
11
Expressément désignées par la loi
12
Il faut s’assurer au début de chaque année civile si le chiffre d’affaires de l’année précédente (N-1) atteint oui ou
non 100.000D. Si oui il y a assujettissement à la TVA à compter du 1er janvier de l’année (N) sinon il faut attendre la
fin de l’année et ainsi de suite.
13
La notion de produits alimentaires couvre les produits destinés à l’alimentation humaine et ceux destinés à
l’alimentation animale.
14
Cependant, ne sont pas concernés par la TVA au stade de la distribution en gros les produits alimentaires même
s’ils supportent la TVA au stade de la production. A titre indicatif ne sont pas concernés par la TVA au stade de la
distribution en gros, les produits laitiers et dérivés, les eaux minérales et les boissons gazeuses, les levures alimentaires,
les aliments composés pour volaille et bétail etc.
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c. La présentation commerciale des produits autres qu'agricoles ou de la
pêche
La présentation commerciale d'un produit consiste à procéder aux opérations ayant
pour but de donner au produit l'aspect sous lequel il est offert au consommateur
(conditionnement, étiquetage...).
Exemple : un commerçant qui achète des savons à l'état nu et procède lui-même à
leur habillage, sort du cadre normal de son activité qui consiste à acheter pour
revendre pour s’adonner à la présentation commerciale.
d. La vente de lots effectuée par les lotisseurs15 immobiliers16 ;
e. Les travaux immobiliers
Les travaux immobiliers englobent tous les travaux de bâtiment exécutés par les
différents corps du métier qui participent à la construction, les travaux publics.
Relèvent aussi des travaux immobiliers, les travaux accessoires et préliminaires à
des travaux immobiliers proprement dits. Il s’agit à titre indicatif des :
- Travaux de démolition ;
- Travaux de nivellement préliminaires à la construction de route, d'immeuble
- Travaux de dragage, de lotissement, travaux hydrauliques d’assainissement,
- Travaux d'aménagement et de viabilisation des terrains à bâtir : pose de
canalisation, d'eau et d'égouts, électrification, construction des chaussées,
bordures, trottoirs etc. ...
- Travaux d'installation électrique, téléphonique, sanitaire, chauffage, etc
f. La vente d'immeubles ou de fonds de commerce effectuée par les
personnes qui, habituellement, achètent ces biens en vue de leur revente
(marchands de biens);
g. Les affaires portant sur la consommation sur place
Il s'agit de toute opération de consommation sur place de boissons ou de produits
alimentaires réalisées par les cafetiers, les restaurateurs, les pâtissiers, les cantines,
les self-services, les lieux de divertissement (parcs d’attraction, salles de cinéma,
etc.)17
15
Sont considérés comme des lotisseurs immobiliers les personnes qui procèdent au lotissement et à la vente de
terrains leur appartenant quelle que soit l’origine du terrain : acquis à titre onéreux ou à titre gratuit, acquis entre
vif ou par décès.
16
Aux termes de l’article 58 du code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme « est considéré lotissement,
toute opération de division d’une parcelle de terrain en un nombre de lots supérieur ou égal à trois, destinés après
aménagement, à la construction des locaux à usage d’habitation, à usage professionnel, industriel, touristique ou à
recevoir des équipements collectifs sociaux et culturels conformément aux dispositions du présent code ».
17
Le traiteur qui fournit des plats à emporter est soumis à la TVA en sa qualité d'assimilé au restaurateur par l'arrêté
du 3 novembre 1984 portant nomenclature des activités artisanales et ce en application de l'article 1er du code de la
TVA.
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h. Les livraisons à soi-même18 d'immobilisations corporelles par les
assujettis :
Les livraisons à soi-même d'immobilisations par les assujettis sont imposables à la
TVA dans tous les cas y compris lorsqu'elles sont concomitamment suivies par la
déduction intégrale de la TVA ainsi collectée sur soi-même.
L'imposition systématique des livraisons à soi-même d'immobilisations par les
assujettis n'a pas pour but uniquement d'éviter toute distorsion de concurrence, elle
vise aussi à donner une date et un montant de taxe de référence à la production
interne d'immobilisation qui pourraient servir au calcul des régularisations
susceptibles d'intervenir au cours des années subséquentes (cession, échange, apport
en société, changement d'affectation, disparition injustifiée, cessation d'activité,...).
i. Les livraisons de biens autres qu'immobilisations corporelles que les
assujettis se font à eux-mêmes pour leurs propres besoins ou ceux de leurs
diverses exploitations, dans la mesure où ces biens ne concourent pas à la
réalisation d'opérations passibles de la taxe sur la valeur ajoutée et qu'ils
ne sont pas admis au bénéfice du droit à déduction.
La TVA n’est donc pas exigée sur les livraisons à soi-même portant sur :
- Des services ;
- Des biens ou produits non exclus du droit à déduction et utilisés pour les besoins
de l’exploitation ;
- Des biens ou produits incorporés ou consommés à l’occasion de la fabrication
de produits soumis à la TVA.
Exemple 1
Soit une entreprise qui fabrique des machines à partir des pièces importées. En même
temps elle fabrique des pièces pour les utiliser dans le montage desdites machines.
Les pièces fabriquées par l’entreprise sont soumises à la TVA en tant que produit
final.
Il importe à ce propos de signaler que les cantines des entreprises privées ou publiques sont soumises à la TVA en
raison de leurs livraisons de repas ou de boissons, que les repas ou boissons ainsi servis soient préparés par la cantine
ou qu'ils lui soient livrés préparés
18
NB: L’opération de livraison à soi - même est l’opération par laquelle une personne obtient personnellement ou
avec le concours de tiers un bien, à partir de biens, éléments ou de moyens lui appartenant.
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Donc la livraison à soi-même de ces pièces, qui sont incorporées dans ces machines,
n’est pas soumise à la TVA.
Exemple 2
Soit une entreprise qui fabrique des pâtes alimentaires ordinaires (exonérées de la
TVA en vertu du tableau A annexé au code de la TVA) dispose d’une machine pour
fabriquer les emballages nécessaires à ces pâtes.
La livraison à soi-même de ces emballages est soumise à la TVA car ces derniers ne
concourent pas à la réalisation d’opération passible de TVA.
En effet, si l’entreprise avait acheté ces emballages auprès d’un autre fabricant, elle
aurait payé la TVA au titre de ces achats.
2.3. Les produits, opérations et personnes imposables par option
Sont imposable à la TVA par option :
- Les produits et opérations situés hors du champ d'application de la TVA sur
option globale.
- Les personnes éligibles au forfait BIC sur option à l'imposition à la TVA et
corrélativement au régime réel en matière d'impôt sur le revenu.
- Les produits imposables par nature exonérés par la loi mais imposés sur option
totale ou partielle dans les cas suivants :
Produits et services exportés,
Approvisionnement d'assujettis à la TVA en produits et services exonérés.
3. Exonérations19
L’exonération légale dans le système de TVA tunisienne s’applique selon le cas :
- À un produit ou à une opération de façon absolue, ou
- À un ou plusieurs stades (tels à l’importation, à la production et à la vente),
ou
- En fonction de certaines conditions liées au domaine d’utilisation du produit.
En vertu de l’article 4 du code de la TVA, sont exonérées de la taxe sur la valeur
ajoutée les opérations énumérées par le tableau A nouveau.
Voici quelques exemples du tableau A du code de TVA sont :
19
L’exonération se distingue de :
-L’exemption : une opération est exemptée lorsqu’elle se trouve hors champ d’application de la TVA.
-La suspension : c’est la procédure qui a pour but de ne pas réclamer la TVA exigible ou de différer éventuellement
son paiement.
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- Les travaux agricoles effectués à l’intérieur des exploitations agricoles ainsi que
les travaux forestiers, la location de matériels à usage agricole, le transport des
produits agricoles effectué par les agriculteurs pour leur propre compte, la
location d'étalages dans les marchés publics ainsi que les services afférents aux
produits agricoles et de la pêche.
- La production, la diffusion et la présentation des œuvres théâtrales, scéniques,
musicales, littéraires et plastiques à l’exclusion des représentations réalisées dans
des espaces servant des repas et des boissons pendant le spectacle ;
- La vente des farines, des semoules, du pain, du couscous et des pâtes alimentaires
de qualité ordinaire
- La vente d'huile d'olives ou de grignon ainsi que les sous-produits de la trituration
des olives.
- a. Le transport maritime et la consignation des navires.
b. Le transport aérien international à l’exclusion des services rendus en
contrepartie de la vente des billets de voyage.
c. Les services aériens sous réserve de réciprocité.
d. Le transport
-Les opérations d'assurances et de réassurances soumises à la taxe unique sur les
assurances.
-La vente des écailles de glace destinées à la conservation et à la réfrigération des
produits de la pêche
La TVA connaît beaucoup d’exonérations accordées pour diverses considérations
économiques, sociales, culturelles ou sectorielles, ou pour éviter la double
imposition indirecte en vue d’alléger le coût au niveau du consommateur.
Exonérations pour des raisons économiques :
- Les produits alimentaires de base tels que les pâtes alimentaires de qualité
ordinaire, le pain, les farines, la semoule, le lait frais, les huiles végétales, le
sucre ;
- Les produits, équipements et services destinés à l’activité agricole et de pêche ;
- Le transport aérien international, maritime et mixte rural ;
- La fabrication et la vente des produits de l’orfèvrerie ;
Exonérations pour des raisons sociales :
- Les logements sociaux ainsi que leurs dépendances y compris les parkings
collectifs attenant à ces immeubles, financés dans le cadre des interventions du
fonds de promotion du logement pour les salariés et acquis auprès des promoteurs
immobiliers tels que définis par la législation en vigueur. (Modifié par l’article 44
de la LF 2018).
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Exonérations pour des raisons culturelles :
- Des livres, brochures et imprimés similaires à l'exclusion de ceux reliés en cuir
naturel, artificiel ou reconstitué, des journaux ainsi que les journaux électroniques
à l’exception des opérations de publicité et publications périodiques ainsi que sa
composition et impression. (Modifié par l'article 86 de la loi de finances pour l'année
2019)
- Instruments de musique, leurs parties et articles servant à leur fabrication et dont
la liste est fixée par décret gouvernemental
- La production, la diffusion et la présentation des œuvres théâtrales, scéniques,
musicales, littéraires et plastiques à l’exclusion des représentations réalisées dans
des espaces servant des repas et des boissons pendant le spectacle.
Certaines exonérations sont inconditionnelles et sont acquises directement sans
aucune formalité. D’autres, au contraire, sont subordonnées à la satisfaction d’un
certain nombre de conditions.
L’exonération entraîne la perte du droit à déduction, sauf pour les exportations en
cas d’option à l’assujettissement du produit par l’exportateur.
4. Notion d’assujetti
Est assujettie à la TVA, toute personne physique ou morale qui est soumise aux
dispositions du code de la TVA. L’assujettissement peut être obligatoire, volontaire
par option ou par erreur. L'assujettissement peut être total ou partiel.
4.1. Les assujettis à titre obligatoire (de droit)
Sont considérés comme assujettis et sont, à ce titre, soumis à la taxe sur la valeur
ajoutée :
- Les personnes physiques ou morales qui réalisent des opérations imposables,
dans les conditions de l’article 1er du code de la TVA, sauf les personnes
physiques imposées selon le régime du forfait d'impôt BIC.
- Les entreprises dépendantes d’entreprises assujetties quelle que soit leur forme
juridique.
Est considérée comme placée sous la dépendance d'une autre entreprise ou
effectivement dirigée par elle, toute entreprise, dans laquelle directement ou par
personnes interposées, cette autre entreprise exerce en fait le pouvoir de décision.
Il en est de même d'une entreprise dans laquelle une autre entreprise, directement ou
par personnes interposées exerce des fonctions comportant le pouvoir de décision ou
possède, soit une part prépondérante dans le capital, soit la majorité absolue des
suffrages susceptibles de s'exprimer dans les assemblées d'associés ou
d'actionnaires.
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Il en est également ainsi lorsque le siège de l'entreprise dirigeante est situé hors de
Tunisie, ou lorsque celle-ci n'assure qu'un rôle de gestion et n'exploite
personnellement aucun établissement industriel ou commercial.
Sont réputées personnes interposées au sens de ce qui précède tant le propriétaire,
les gérants et administrateurs, les directeurs et employés salariés de l'entreprise
dirigeante, que le père et la mère, enfants et descendants, conjoint du propriétaire,
des gérants, des administrateurs ou directeurs de ladite entreprise subordonnée.
- Les entrepositaires et les marchands en gros de boissons alcoolisées, de vins et
de bières.
Exemple :
Soit une entreprise "A " qui a pour activité la fabrication des ustensiles de cuisines
sise à Tunis, et qui a participé au capital d’une société " B " sise à Sousse, dont
l’activité est le commerce de détail. Le taux de participation est de 60%, et le chiffre
d’affaires de cette dernière en 2019 est de 91.000 dinars.
-L’entreprise "A " est obligatoirement assujettie à la TVA du fait qu’elle exerce une
activité industrielle.
-L’entreprise " B " aura obligatoirement la qualité d’assujettie du fait qu’elle est
dépendante de l’entreprise " A ".
4.2. Les assujettis par option
La TVA tunisienne comporte deux types d'option :
- L'option pour l'assujettissement des activités hors du champ de la TVA qui est
nécessairement globale20.
- L'option pour l'assujettissement des produits et opérations exonérés21 qui peut
être totale ou partielle c'est-à-dire ciblée par les personnes qui réalisent des
opérations à l'exportation ou approvisionnement des assujettis.
20
Les non assujettis de droit (à titre obligatoire) peuvent, aux termes du point 3 du § I de l'article 2 du code de la
TVA, opter pour le régime de la TVA pour l’ensemble de leurs activités dès lors qu'il ne s'agit pas d'un produit exonéré
de TVA. Il s’ensuit que les assujettis par option pour les activités hors du champ d'application de la TVA ne peuvent
être assujettis partiels.
21
Les personnes réalisant des opérations exonérées ne peuvent pas, en principe, opter pour le régime d’assujetti.
Néanmoins, depuis le 1er janvier 1999, les personnes qui réalisent des opérations exonérées peuvent opter pour la
qualité d'assujetti à la TVA totalement ou partiellement lorsqu'elles
- Réalisent des opérations exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée destinées à l'exportation,
- Approvisionnent les personnes assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée en produits et services exonérés de
ladite taxe.
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Modalités de l'option
L’option s’exerce par simple demande déposée au centre ou bureau de contrôle des
impôts dont relève le redevable.
Elle prend effet à compter du 1er jour du mois qui suit celui de son acceptation par
l’administration
L’option peut être demandée à toute période de l’année. L’option est faite par
période de quatre ans expirant le 31 décembre de la quatrième année qui suit celle
au cours de laquelle elle a pris effet.
Elle est renouvelable par tacite reconduction par période de 4 ans et ne peut être
dénoncée que trois mois au plus tard avant l’expiration de chaque période de
quatre ans.
Effets et conséquences de l'option
A l'acceptation de la déclaration d'option par le centre ou le bureau de contrôle, le
contribuable devient de droit assujetti à la TVA et de ce fait bénéficie d'un crédit de
départ de TVA sur les immobilisations et stocks ouvrant droit à déduction à la date
d'effet de l'option.
L'option met à la charge du contribuable toutes les obligations fiscales et comptables
qui pèsent sur les assujettis.
L'option à la TVA d'un forfaitaire le place, dans le régime réel d'imposition sur les
revenus.
Si l’entreprise ayant opté pour le régime de la TVA devient soumise de droit à la
TVA elle ne pourra plus quitter le régime de la TVA.
Exemple :
Le 10 avril 2015 un commerçant détaillant en pièces de rechange dont le chiffre
d’affaires est égal en 2017 à 60.000 D dépose une demande d’option à la TVA.
Cette demande a été acceptée par l’administration le 25 avril 2015.
- L’option prend effet le 01/05/2015
- Elle couvre la période allant du 01/05/2015 jusqu’au 31/12/2019.
- Si ce commerçant veut renoncer à cette option, il doit formuler une demande
d’abandon de la qualité d’assujetti à la TVA, 3 mois avant l’expiration de ce
délai c.a.d avant le 30 septembre 2019.
On suppose que le chiffre d’affaires réalisé par ce commerçant en 2019 est de
110.000D.
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Ce détaillant devient assujetti de droit à la TVA à partir du 1er janvier 2020 et il ne
peut plus quitter ce régime même si son chiffre d’affaires réalisé au cours des années
ultérieures est inférieur à 100.000D.
4.3. Les assujettis partiels
Il existe deux types d'assujettis partiels :
- Les assujettis partiels en raison de leurs activités ;
- Les assujettis partiels en raison de l'exonération de certains produits
commercialisés.
a. Les assujettis partiels en raison de leurs activités
Alors que les assujettis par option pour des produits hors du champ d'application de
la TVA sont nécessairement assujettis pour la totalité de leurs activités, les assujettis
de droit ainsi que ceux qui réalisent des opérations exonérées de la TVA peuvent
être partiellement assujettis, et disposer de deux secteurs distincts :
- L'un assujetti de droit ou par option,
- L'autre se trouvant non assujetti de droit.
Tel est par exemple le cas d'un prestataire qui exerce en même temps un commerce
de détail (sans option à la TVA pour l'activité de commerce de détail) et dont le
chiffre d'affaires global annuel des deux activités est inférieur à 100.000 dinars.
Les entreprises partiellement assujetties peuvent opter pour l'assujettissement total
dans le cas où le secteur non assujetti est hors du champ. Mais, elles peuvent aussi
conserver leur statut d'assujetti partiel.
Les entreprises qui réalisent des opérations assujetties de droit et d'autres exonérées
peuvent opter pour l'assujettissement total ou partiel des opérations exonérées à
l'exportation ou qui approvisionnent des assujettis en produits et services exonérés
de la TVA.
b. Les assujettis partiels en raison de l'exonération de certains produits
commercialisés
Lorsqu'une entreprise commercialise à la fois des produits soumis à la TVA et des
produits exonérés relevant du tableau A ou exonérés en vertu du dernier alinéa de
l'article 1 du code de la TVA, elle a le statut d'entreprise partiellement assujettie
avec deux secteurs fiscaux d'activité.
- Le secteur des produits soumis dans lequel il convient d'intégrer, par option,
les ventes de produits exportés y compris (par option) les produits exonérés
du tableau A ainsi que les ventes en suspension de taxes,
- Le secteur des produits exonérés du tableau A, vendus sur le marché local.
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c. Les entreprises qui approvisionnent des assujettis par des produits
exonérés de droit
Ces entreprises peuvent opter partiellement ou totalement à l'assujettissement des
produits exonérés qui approvisionnent des assujettis. Dans ce cas, les produits
exonérés de droit deviennent soumis à la TVA par option au taux de 19% sauf
application d'un autre taux spécifique au produit par ailleurs taxé à un autre stade.
5. Les activités se trouvant en dehors du champ d’application de
la TVA
Se trouvent en dehors du champ d'application de la TVA
- La production agricole interne à l'exception de la production du maïs qui est
taxable au taux de 7%. En revanche, l'importation de produits agricoles est soumise
à la TVA sauf exonération prise par décret (ayant une portée temporaire limitée à
l'année civile) dans le cadre de l'article 8 du code de la TVA ainsi que l'importation
de produits agricoles relevant du tableau A.
- La représentation commerciale des produits agricoles. La représentation
commerciale des produits agricoles n'est pas soumise à la TVA qu'elle porte sur des
produits locaux ou des produits étrangers et même lorsque le produit agricole
étranger a subi la TVA à l'importation.
- Viande fraîche et abattage des animaux22
- Syndicat de propriétaires d'immeubles 23
- Le commerce de détail dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 100.000
dinars.
- Le commerce de gros de produits alimentaires qui est hors champ
contrairement au commerce de détail de produits alimentaires qui est exonéré de
TVA.
- Les récoltes des propriétés frontalières24
- Les produits de la pêche tunisienne.
22
Le BODI n° 89/24 précise que « conformément à l'article 2 du code de la TVA, les personnes physiques ou morales
qui procèdent à l'abattage des animaux de boucherie ne sont pas considérées comme des assujettis à la TVA.
23
Dans une prise de position (4) du 4 janvier 2000 la DGELF a précisé que si le syndicat de copropriétaires
d'immeubles se limite à sa mission de base, il reste en dehors du champ d’application de la TVA. En revanche, toute
autre activité peut être régie par la TVA.
24
L’article 16 de la LF 2017 a prévu la suppression de l’exonération de la TVA au titre des opérations de vente de la
récolte des propriétés frontalières et des produits de la pêche tunisienne puisque ces opérations sont hors champ
d’application de la TVA.
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5.1. Conséquences des activités hors champ
Les ventes faites par les assujettis aux entreprises se trouvant en dehors du champ
d’application de la TVA sont soumises normalement à la TVA (y compris
éventuellement la majoration de 25% applicable aux entreprises non assujettis).
La TVA supportée par les secteurs se trouvant en dehors du champ d’application sur
leurs achats n’ouvre, bien entendu, aucun droit à déduction.
Contrairement aux produits exonérés du tableau A qui peuvent donner lieu à une
option partielle ou totale lorsque l'entreprise réalise des opérations d'exportation ou
approvisionne des assujettis en produits et services exonérés de ladite taxe, les
entreprises qui exercent des activités placées en dehors du champ d'application de la
TVA ne peuvent opter pour leur assujettissement que d'une façon globale pour
l'ensemble des produits se trouvant hors du champ.
6. Territorialité
Le principe de la territorialité de l’impôt rend une loi applicable à toutes les
opérations réalisées sur un territoire donné. Les opérations réalisées en dehors de ce
territoire échappent donc à l’imposition.
6.1. Règles de la territorialité
En matière de TVA, le code a édicté des présomptions légales selon lesquelles une
affaire est réputée faite en Tunisie :
- S’il s’agit d’une vente, lorsque celle-ci est réalisée aux conditions de livraison
de la marchandise en Tunisie ;
- S’il s’agit de toute autre opération, lorsque le service rendu, le droit cédé ou
l’objet loué sont utilisés ou exploités en Tunisie.
Il en découle que le lieu d’imposition diffère selon la nature de l’opération, vente
d’un bien ou prestation d’un service.
Pour les ventes :
Selon l’article 3 susvisé l’imposition à la TVA d’une opération de vente de biens,
produits, marchandises etc. est considérée faite en Tunisie si elle est réalisée aux
conditions de la livraison en Tunisie. C’est donc la notion de livraison25 qui
détermine si oui ou non il y a imposition.
25
D’après l’article 592 du code des obligations et des contrats (COC), il y a livraison de la marchandise en Tunisie
lorsque le vendeur ne peut plus disposer des marchandises pour toutes autres transactions. La livraison est considérée
faite par la remise matérielle du bien ou par la remise du titre qui le représente.
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En outre le même article prévoit que « Une marchandise destinée à l’exportation est
considérée comme livrée en Tunisie au regard d’un vendeur lorsque la déclaration
d’exportation n’a pas été déposée au nom de celui-ci. ».
« Une marchandise importée est considérée comme livrée en Tunisie dès lors qu’elle
est livrée à une personne autre que celle dont le numéro d’identification en douane
a été utilisé pour le dédouanement ».
De ce fait, pour qu’une marchandise destinée à l’exportation soit dispensée du
paiement de la TVA y afférente, et le vendeur de la collecte de l’impôt au titre de la
vente de cette marchandise, il faut que la déclaration d’exportation soit faite au nom
du vendeur en question.
A défaut et si la déclaration en douane est faite au nom d’une personne tierce au
vendeur et même si la marchandise quitte effectivement le territoire tunisien
(exportée), il y a lieu de soumettre à la TVA l’opération de livraison de la
marchandise ayant précédé l’opération d’exportation effective.
Exemple :
Soit un algérien qui achète auprès d’un commerçant détaillant assujetti à la TVA
dont le point de vente est sis à Nabeul, des articles de poterie en vue de les exporter
vers l’Algérie.
Le sort fiscal de cette opération en matière de TVA diffère selon que la déclaration
d’exportation est faite au nom du commerçant tunisien ou au nom du client algérien.
Si la déclaration d’exportation est faite au nom du commerçant détaillant on
considère qu’il s’agit d’une opération d’exportation non précédée par une livraison
en Tunisie et donc il n’y a pas lieu de collecter de TVA au titre de cette opération.
Si par contre, la déclaration en douane est faite au nom du client algérien, on
considère que cette opération est précédée par une opération de livraison en Tunisie,
laquelle opération est soumise à la TVA en Tunisie. Le commerçant est donc tenu
de facturer la TVA à son client et de la reverser au Trésor.
Cette marchandise va donc devoir supporter la TVA à l’importation et au titre de la
livraison à une personne autre que l’importateur dont le nom a servi pour le
dédouanement.
Pour les services
Le lieu d’imposition pour une prestation de service est celui de son utilisation ou
exploitation. Le lieu où est réalisé le service, celui de la résidence des parties
concernées par l’opération et celui du paiement du prix du service n’a aucune
importance pour la détermination si oui ou non il y a imposition en Tunisie.
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Pour les services de formation : Du fait que les services de formation réalisés à
l’étranger au profit de résidents ou d’établis en Tunisie sont utilisés à l’étranger, ils
ne sont pas soumis à la TVA en Tunisie. En revanche, les services de formation
réalisés en Tunisie restent soumis à la TVA conformément à la législation fiscale en
vigueur nonobstant la qualité du bénéficiaire.
Par ailleurs, Il y a lieu de préciser que les opérations de formation à distance (via
internet) réalisées au profit des personnes résidentes ou établies en Tunisie sont
considérées comme étant des services consommés en Tunisie et sont, de ce fait,
soumises à la TVA en Tunisie.
Pour les opérations de publicité : Dans ce cas, l’identification des personnes
consommatrices de la publicité est nécessaire pour déterminer le lieu de l’utilisation
du service.
En effet, une publicité à laquelle un résident ou un établi en Tunisie peut accéder
reste soumise à la TVA.
Par contre, la publicité réalisée à travers la location d’espaces ou les affiches ou
dépliants à l’étranger n’est pas concernée par la TVA en Tunisie.
Pour les services des avocats : Dans le cas où les services de l’avocat consistent à
représenter son client auprès des tribunaux Étrangers, ils ne sont pas concernés par
la TVA en Tunisie, du fait qu’ils sont utilisés à l’étranger.
Par contre, dans le cas où les prestations de l’avocat portent sur la réalisation
d’études ou de consultations juridiques non liées à un contentieux auprès des
tribunaux étrangers, la TVA reste exigible en Tunisie.
Pour les services des architectes : La confection des plans de locaux réalisée en
Tunisie par un architecte pour être exécutés dans le cadre d’un projet situé à
l’étranger n’est pas soumise à la TVA en Tunisie puisque le service serait consommé
à l’étranger.
Exemple 1 :
- La location d’une voiture à une touriste française pendant son séjour en
Tunisie est soumise à la TVA du fait que le service est exploité en Tunisie.
- Les travaux d’études réalisés par un bureau d’études Tunisien relatifs à la
construction d’un barrage en Algérie ne sont pas soumis à la TVA car ces études
seront exploitées hors de la Tunisie.
- Le séjour des touristes dans les hôtels constitue un service exploité en Tunisie,
donc soumis à la TVA en Tunisie, et ce même si le paiement se fait en devise.
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Exemple 2 :
1) Une société de transport de marchandises donne en location un camion pour
le transport d’un produit de Sfax à Tunis,
2) La même société loue un autre camion pour le transport d’un produit de Tunis
à Alger.
1) Tout le parcours étant réalisé à l’intérieur du pays, donc le loyer du camion
est totalement imposable en Tunisie.
2) Le transport effectué par le camion donné en location est réalisé partie en
Tunisie, partie en Algérie. Seule la partie effectuée en Tunisie est imposable
en Tunisie, le lieu d’utilisation de l’autre partie n’étant pas la Tunisie une
répartition au Kilométrage parcouru à l’aller et au retour est donc à faire pour
n’imposer que la partie du parcours effectué en Tunisie.
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Chapitre 2 : Détermination de la TVA
1. Fait générateur
Le fait générateur peut être défini comme étant l’événement qui fait naître une
créance au profit du fisc.
L’exigibilité est l’événement qui rend exigible une créance née au profit du fisc.
Aux termes de l’article 5 du code de la TVA, le fait générateur est déterminé en
fonction de la nature de l’opération comme suit :
-Pour les importations, par le dédouanement de la marchandise ;
-Pour les ventes, par la livraison de la marchandise.
L'événement juridique est donc constitué par la mise de la marchandise à la
disposition du client. Peu importe :
- qu'il y ait eu facturation immédiate ou que celle-ci serait établie postérieurement ;
- qu'il y ait eu payement au comptant ou qu'il soit stipulé expressément ou tacitement
que le payement se ferait à terme.
Toutefois, pour les ventes des biens immobiliers visées au paragraphe II 7 de
l’article 1 du code de TVA ainsi que pour les échanges, le fait générateur est
constitué par l'acte qui constate l'opération ou à défaut par le transfert de propriété ;
Pour les prestations de service, par la réalisation du service ou par l'encaissement
du prix ou des acomptes lorsqu'il intervient antérieurement à la réalisation du service
Exemple : Si le loyer n'est pas payé à l'échéance : Même non perçu, le loyer subira
la TVA au titre du mois de son échéance. Il sera intégré dans la déclaration du mois
qui suit l'échéance.
Pour les biens que les redevables se livrent à eux-mêmes, par la première utilisation
des biens ;
Pour les travaux immobiliers, par l'exécution partielle ou totale de ces travaux.
Toutefois :
- La constatation du fait générateur ne peut être postérieure à la facturation totale.
L'établissement des décomptes provisoires, de mémoires ou factures partiels rend
exigible la taxe sur la valeur ajoutée ;
- Les entreprises de travaux publics et de bâtiment effectuant des travaux pour le
compte de l'Etat, des collectivités publiques locales, des établissements publics à
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caractère administratif, acquittent la taxe sur la valeur ajoutée sur leurs
encaissements afférents auxdits travaux. Dans ce cas, le fait générateur tel que prévu
au § 3 de l’article 5 du code de TVA détermine le taux de la taxe applicable.
La fourniture des biens, marchandises, matériels immeubles, fonds de commerce
et services au profit de l’Etat, les établissements et les entreprises publics soumis
à la RS, par l’encaissement des montants. Dans ce cas, le fait générateur tel que
prévu par les paragraphes 2 et 3 ci-dessus, détermine le taux de la taxe applicable.
Exemple1:
Soit une société de fabrication de meubles qui a vendu :
- Le 2 mars 2019, un bureau à la société ‘A’ pour une valeur de 100 D payable
dans 3 mois (vente à crédit),
- Le 13 mars 2019, une chambre à coucher à un client passager pour une valeur
globale de 1.190 d (1000 D + 190 D de TVA).
Le fait générateur de ces 2 ventes est né au cours du mois de mars 2019. La TVA
collectée n’est exigible qu’au cours du mois suivant celui du fait générateur c à d le
mois d’Avril 2019.
Supposons que la société ait reçu un acompte de 200 D au cours du mois de mars
2019 de ce passager pour lui fabriquer un salon qui coûte 700 D.
La TVA à payer relative à ce salon ne devient exigible que le mois suivant sa
livraison au client. En conséquence aucune TVA n’est exigible au cours du mois
d’avril au titre de l’acompte.
Exemple 2 :
Une marchandise livrée le 28 décembre 2016 pour une valeur hors taxe de 3.400
dinars avec un bon de livraison. La facture n’est établie que le 17 février 2017.
Quel est le fait générateur ?
Quel est le mois d’exigibilité de la TVA ?
Le fait que la facture soit établie le 17 février 2017 n’a aucune incidence sur le fait
générateur qui est plutôt constitué par la livraison de la marchandise. Celle-ci ayant
eu lieu au mois de décembre 2016 la TVA sur la vente de décembre a son fait
générateur en décembre et elle est exigible en janvier 2017.
Exemple 3:
Soit un architecte qui a réalisé des travaux pour le compte d’une société de
promotion immobilière au cours du mois de décembre 2018 évalués à 1000 D. La
société lui a versé un acompte de 600 D le même mois.
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Le fait générateur de cette opération est constitué par la réalisation du service. La
TVA correspondante doit être payée au cours du mois de janvier 2019.
2. Assiette de la TVA
L’assiette de la TVA est constituée par la valeur sur laquelle on calcule ledit impôt.
Elle est différente selon qu’il s’agit d’importation ou de régime intérieur. De même,
les ventes de biens faites par les fabricants ou les grossistes sont taxées différemment
selon qu'elles sont faites à un assujetti ou à un non assujetti.
2.1. Régime intérieur
Aux termes du Paragraphe I de l’article 6 du code de TVA, « le chiffre d’affaires
imposable comprend le prix des marchandises, des travaux ou des services, tous
frais, droits et taxes inclus, ainsi que la valeur des objets remis en paiement, à
l’exclusion :
1) de la taxe sur la valeur ajoutée elle même,
2) des subventions d’exploitation26,
3) des prélèvements conjoncturels et de compensation,
En outre, les sommes perçues au titre de la consignation et du non-retour des
emballages consignés ne sont pas comprises dans la base imposable. »
a. Éléments faisant partie de l'assiette taxable
Ainsi, les éléments suivants font partie de l’assiette taxable :
- Le prix total du produit ou de la prestation après déduction des avoirs, des
réductions de prix et des éléments exclus de l’assiette taxable ;
- Toute majoration de prix à quel que titre que ce soit ;
- Tout impôt indirect autre que la TVA elle-même et autre que les prélèvements
conjoncturels et de compensation. Se trouvent ainsi inclus dans l’assiette imposable
la taxe professionnelle de compétitivité et le droit de consommation.
Exemple 1
Soit un commissaire aux comptes soumis à l’impôt sur le revenu selon le régime
réel, ayant établi suite à sa mission d’audit, une note d’honoraires comportant un
montant de 9.750D à titre d’honoraires et un montant de 4.300D à titre de
remboursement des frais de déplacement d’hébergement et de restauration de ses
collaborateurs.
26
Reçues pour compenser une insuffisance de prix
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Dans ce cas, tout le montant facturé par le commissaire aux comptes est soumis à
la TVA et fait l’objet de la retenue à la source, et ce, comme suit :
Honoraires 9.750D
Frais de déplacement, d’hébergement et de restauration 4.300 D
Assiette de TVA 14.050 D
TVA 13% 1.826,5D
Montant total TTC 15.876,5D
Retenue à la source 5% 793,825 D
Net à payer 15.082,675 D
Exemple 2 :
Soit un fabricant de téléviseurs qui vend à un commerçant détaillant assujetti à la
TVA cinq appareils de télévision au cours du mois de novembre 2019 pour un prix
unitaire de 1.000 D, soit un montant de 5.000 D HTVA.
La facture de vente se présente comme suit :
Prix HTVA : 5.000 D
Taxe FODEC : 5.000 D x 1% = 50 D
Assiette TVA : 5.000 D + 50 D = 5.050 D
TVA due à 19% : 5.050 D x 19% = 959,5D
Prix de vente TTC : 5.050 D + 959,5 D = 6.009,5 D
b. Éléments exclus de l'assiette taxable
- Les sommes perçues au titre de la consignation et du non-retour des
emballages consignés ;
- Le timbre de quittance de 600 millimes par facture ;
- Les subventions d'exploitation destinées généralement à compenser le prix de
vente du produit lorsque ce prix est fixé par l'autorité administrative à un prix
à la vente inférieur au prix du marché. Bien que s'analysant comme un
complément de prix, les subventions d'exploitation ne sont pas passibles de
TVA.
- Les droits d’enregistrement et de timbres à la charge d’acquéreur.
Exemple1 (Note commune 12-2015)
Soit un huissier notaire soumis à l’impôt sur le revenu sur la base de l’assiette
forfaitaire, qui a établi suite à un constat d’une opération de vente publique, une note
d’honoraires ainsi libellée :
- Honoraires : 150 dinars H.T.
- Frais d’enregistrement du PV constatant la vente publique d’un bien meuble :
50 dinars,
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- Frais de transport et de destination : 20 dinars,
- Frais de copies : 8 dinars.
- Assiette de TVA = (150D +20D+8D) = 178 dinars
Exemple 2
Un fabricant de savon ordinaire dont le prix de revient d’1 Kg est de 100 millimes.
Le prix de vente HTVA est fixé à 80millimes. Il perçoit de l’Etat une subvention
d’exploitation de 30 millimes par Kg pour tenir compte de sa marge bénéficiaire.
- Au cours del’année N, ce fabricant a vendu 1.500 tonnes.
Assiette
PHTVA Subvention reçue
TVA
Montant des ventes 120.000 D 45.000 D 120.000 D
1500.000 x 80 millimes
2.2. Régime à l'importation
La fixation de l’assiette à l’importation diffère selon qu’il s’agit d’une importation
effectuée par un assujetti, par l’Etat ou une administration ou d’une importation
réalisée par un non assujetti.
- S’il s’agit d’une importation réalisée par un assujetti ou par l’Etat, les
collectivités publiques locales et les établissements publics à caractère
administratif, l'assiette soumise à la TVA est constituée par la valeur en
douane, tous droits et taxes inclus à l’exclusion de la taxe sur la valeur
ajoutée elle-même.
- S’il s’agit d’une importation réalisée par un non assujetti, l'assiette soumise à
la TVA est constituée par la valeur en douane tous droits et taxes inclus à
l’exclusion de la TVA, avec une majoration de 25%. (Demeure applicable
pour les importations réalisées par des non assujettis ou forfaitaires)
Cette majoration s’applique également lorsque l’importation est faite par un
assujetti, et ce pour une liste de produits de consommation fixée par décret. (Loi n°
2002-101 du 17 décembre 2002 portant loi de finances pour la gestion 2003).
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3. Taux de la TVA
Actuellement la TVA comprend trois taux nominaux :
- Le taux réduit de 7%27 applicable aux produits énumérés par le tableau B.
- Le taux intermédiaire de 13%28 qui frappe un nombre limité de produits,
figurant au tableau B bis annexéé au code de la TVA
- Le taux normal de 19%29 qui se cumule exceptionnellement avec le droit de
consommation. Ce taux s’applique de façon résiduelle aux produits qui ne
figurent sur aucun autre tableau c’est-à-dire aux produits qui ne sont pas
exonérés et qui ne sont soumis ni au taux réduit de 7%, ni au taux
intermédiaire de 13%.
Les taux de 7%, 13% ou 19% s'appliquent au chiffre hors TVA.
3.1. Le taux de 7% :
Sont soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 7%, les produits et activités
figurant au tableau B nouveau annexé au code de la TVA. Il s’agit notamment des
produits, services et équipements dans les domaines et les secteurs suivants :
- Dans le domaine des énergies renouvelables et la maitrise de l’énergie :
L’importation et la vente des matières premières et produits semi finis servant à la
fabrication d'équipements utilisés dans la maîtrise de l'énergie et dans le domaine
des énergies renouvelables ainsi que les équipements utilisés dans la maîtrise de
l'énergie et dans le domaine des énergies renouvelables30 et l’importation des
absorbeurs pour capteurs solaires à usage domestique et la vente des équipements
relatifs à la recherche, à la production et à la commercialisation des énergies
renouvelables31.
- Dans le domaine de la protection de l’environnement: Les matériels et
équipements fabriqués localement destinés au nettoiement des villes, au ramassage
et traitement des ordures, aux travaux de voirie et à la protection de l'environnement
au profit des collectivités locales ou les établissements publics municipaux ou pour
leur compte et les opérations de collecte des déchets en plastique au profit des
entreprises de recyclage conformément à un cahier de charges approuvé par arrêté
du ministre chargé de l’Environnement.
- Dans le secteur de la santé : Les services effectués notamment par les
médecins, les médecins spécialistes, les dentistes, les sages-femmes et les
vétérinaires.
27
Ayant remplacé le taux de 6% par application des dispositions de la LF 2018
28
Ayant remplacé le taux de 12% par application des dispositions de la LF 2018 et qui était de 10% avant le 1er janvier
2007
29
Ayant remplacé le taux de 18% par application des dispositions de la LF 2018
30
Ajouté par l’article 19 de la LF 2017
31
Ajouté par l’article 19de la LF 2017
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- Dans le secteur de l’enseignement et de la formation : Les services des
établissements d'enseignement de base, secondaire et supérieur, les crèches, les
jardins d’enfants, les garderies scolaires et les services des établissements de
formation professionnelle de base et les centres spécialisés en matière de formation
des moniteurs d’enseignement de la conduite des véhicules et les écoles de formation
de la conduite des véhicules32.
- Dans le secteur de transport : L’importation et la vente des aéronefs destinés
au transport public aérien, et de tous les matériels destinés à être incorporés à ces
aéronefs et des bateaux destinés à la navigation maritime autres que ceux de
plaisance ou de sport, ainsi que tous matériels destinés à être incorporés à ces
bateaux, et les véhicules de type « taxi » ou « louage» et les véhicules utilisés dans
le transport rural, la location des navires et des aéronefs, destinés au transport
maritime ou aérien international.
- Dans le secteur touristique : Les services rendus par les entreprises hôtelières,
y compris les activités qui y sont intégrées à savoir l’hébergement, la restauration,
les ventes à consommer sur place et l’animation et les affaires effectuées par les
agences de voyages avec les hôteliers et relatives aux séjours en Tunisie de non-
résidents.
- Dans le secteur de l’artisanat : L’importation et la vente des matières
premières destinées au secteur de l’artisanat et la vente des produits de l'artisanat
local.
- Dans le domaine de l’informatique : L’importation et la vente des machines
pour le traitement de l’information relevant du numéro 84-71 du tarif des droits de
douane, leurs pièces et parties relevant des numéros 84-73 et 85-42 et les cartes
électroniques destinées à l’extension de la capacité de mémoire des machines pour
le traitement de l’information relevant du numéro 85-42 du même tarif33 et les
supports magnétiques destinés à être utilisés exclusivement pour le traitement
automatique de l'information et les disques laser, non enregistrés, figurant au numéro
de position 85-23 du tarif des droits de douane.
Nous pouvons aussi citer à titre d’exemples les opérations effectuées par les
personnes physiques ou morales au titre des professions énumérées ci-après :
- Les exploitants de laboratoire d'analyse ;
- Les infirmiers, les masseurs, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes, les
psychomotriciens, les diététiciens, les orthophonistes et les orthoptistes ;
- Les médecins, les médecins spécialistes, les dentistes, les sages-femmes et les
vétérinaires.
32
Modifié par l’article 27 de la LF 2017
33
Ajouté par l’article 25 de la LF 2017
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De plus, la production et la vente :
- Des engrais ;
- Des supports magnétiques destinés à être utilisés exclusivement pour le
traitement automatique de l'information et les disques laser, non enregistrés,
figurant au numéro de position 85-23 du tarif des droits de douane.
- Des aliments composés pour bétail, des tourteaux de soja et des farines de
poissons ;
- Des produits et articles destinés à l'industrie pharmaceutique ainsi que les
produits pharmaceutiques finis et les sacs pour transfusion sanguine relevant
du numéro 90-18 du tarif des droits de douane ainsi que les réactifs de
diagnostic relevant des numéros 30-06 et 38-22 du même tarif ;
- Des conserves de tomate, d'harissa et de sardines ;
- Du savon ordinaire ;
- Des huiles acides utilisées dans la fabrication du savon ordinaire ;
- Du maïs ;
- Des matières premières destinées au secteur de l'artisanat.
Les activités, les services et produits suivants :
- Des produits de l'artisanat local ;
- L'hébergement, la restauration et les services effectués dans le cadre de leur
activité par les cliniques et polycliniques médicales ;
- L'entrée aux musées ;
- Les excursions et circuits réalisés à l’intérieur de la Tunisie par les agences de
voyage ;
- Les services relatifs à la plongée sous-marine et aux promenades en mer ;
- La thalassothérapie et le thermalisme.
3.2. Le taux de 13%
Sont soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 13%, les produits et activités
désignés ci-après :
-L’importation et la vente des produits pétroliers ;
-La vente de l’électricité basse tension destinée à la consommation domestique.
-Les services rendus par :
- Les architectes et les ingénieurs-conseils ;
- Les dessinateurs, les géomètres et les topographes à l’exclusion des services
relatifs à l’immatriculation foncière des terres agricoles ;
- Les avocats, les notaires, les huissiers-notaires et les interprètes ;
- Les conseils fiscaux ;
- Les entrepreneurs de tenue de comptabilité ;
- Les experts et les conseils quelle que soit leur spécialisation
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- La vente des immeubles bâtis à usage exclusif d’habitation, réalisés par les
promoteurs immobiliers tels que définis par la législation en vigueur, ainsi
que leurs dépendances y compris les parkings collectifs attenant à ces
immeubles, au profit des personnes physiques ou au profit des promoteurs
immobiliers publics.
3.3. Le taux normal de 19%
Le taux de 19% s'applique de façon résiduelle.
Sont soumis au taux de 19% les produits imposables qui ne figurent ni sur la liste
des produits exonérés ni sur les listes des produits soumis à 7%,13%. Les produits
qui se trouvent en dehors du champ d'application de la TVA de droit ainsi que les
produits exonérés sont passibles de la TVA au taux de 19% en cas d'option.
Certains produits soumis au taux de 19% sont aussi soumis au droit de
consommation. Nombreux sont les produits industriels soumis à la TVA au taux
de 19% qui sont aussi soumis à une taxe professionnelle.
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Chapitre 3 : Liquidation de la TVA
1. Conditions de déductions :
On distinguera 3 types de conditions de déductibilité de la TVA :
- La condition générale de l'assujettissement des intervenants.
- Les conditions de fond.
- Les conditions de forme.
1.1. La condition générale de l'assujettissement des intervenants
La condition de l'assujettissement des intervenants est une condition préalable pour
bénéficier de la déduction.
Ainsi, pour qu'il y ait droit à déduction, l'acquéreur et le vendeur doivent être
des assujettis. Seuls les assujettis à la TVA peuvent récupérer la taxe sur la valeur
ajoutée facturée sur leurs achats de biens et services effectués auprès d'autres
assujettis.
Ne donnent aucun droit à déduction les acquisitions de produits exonérés, les
acquisitions auprès des entreprises dont les activités se situent en dehors du champ
d'application de la TVA ainsi que les acquisitions auprès des personnes soumises
selon le régime du forfait d'impôt.
1.2. Les conditions de fond.
Quatre conditions de fond régissent le droit à déduction :
- L'élément supportant la taxe doit concourir à une opération taxable ou
assimilée ;
- L'élément ouvrant droit à déduction doit être nécessaire à l'exploitation ;
- L'élément ouvrant droit à déduction doit être acquis par l'entreprise ;
- L'élément ne doit pas être exclu du droit à déduction par la loi.
a. L'élément supportant la taxe doit concourir à une opération taxable ou
assimilée
Concourent à une opération taxable, les achats de biens et services utilisées pour
réaliser :
- Des opérations effectivement taxées ;
- Des exportations y compris des produits exonérés pour lesquels l'entreprise a
exercé son droit à l'option ;
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- Des ventes en suspension justifiées par une autorisation administrative de
vente en suspension ;
- Les produits exonérés en régime général ouvrent droit à déduction lorsqu'ils
ont fait l'objet d'un assujettissement par option totale ou partielle en raison des
exportations ou des ventes aux assujettis.
b. L'élément doit être nécessaire à l’exploitation
Le caractère nécessaire à l'exploitation qui constitue une condition de fond pour la
déductibilité de la TVA ayant grevé les acquisitions s'apprécie en fonction des
circonstances de fait de chaque entreprise.
Néanmoins, faisant une interprétation libérale des conditions de déductibilité,
l'administration a considéré que la TVA peut être récupérable en dépit du caractère
non déductible de la dépense en matière d'impôts sur les bénéfices.
L'application de cette condition amène à exclure du droit à déduction la TVA qui
grève les biens acquis pour les seuls besoins des dirigeants sociaux ou du personnel
en dehors de tout rapport avec l'exploitation.
Parmi les exemples fournis par l'administration fiscale, les traitements suivants sont
retenus :
- La TVA grevant les vêtements de travail ou de sécurité du personnel est
récupérable ;
- En revanche, la TVA relative à un jardin d'enfants sur les lieux de travail n'est
pas récupérable.
c. L'élément ouvrant droit à déduction doit être acquis par l'entreprise
La règle est que les assujettis ne peuvent déduire que la TVA ayant grevé les biens
dont ils sont propriétaires.
Néanmoins certaines catégories d'acquisitions, bien que n'octroyant pas de droit de
propriété donnent droit à déduction.
Tel est le cas par exemple d'une construction sur terrain d'autrui dans le cadre d'un
contrat de bail à construction ou en vertu d'un contrat d'occupation du domaine
public ou même d'un bail ordinaire. Un autre exemple peut être donné par les travaux
d'aménagement, d'agencement ou d'entretien et réparation sur un immeuble ou une
machine louée.
Pour ces différentes catégories de travaux et d'acquisitions, la TVA est récupérable
bien que l'entreprise ne dispose que d'un droit de jouissance et éventuellement de
protection (Fonds de commerce) et non de propriété du bien.
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d. L'élément ne doit pas être exclu du droit à déduction par la loi
La loi n'exclut expressément du droit à déduction qu'une seule catégorie d'éléments
par nature. Il s'agit des voitures de tourisme ne faisant pas l'objet même de
l'exploitation de l'entreprise et de toute dépense qui leur est rattachée.
Régime des voitures de tourisme objet de l'exploitation
La notion d'objet de l'exploitation recouvre les voitures de tourisme acquises en vue
de leur revente ou qui sont destinées à être données en location avec ou sans
chauffeur. Les taxes grevant ces voitures de tourisme ainsi que celles grevant les
frais qui leurs sont rattachés sont récupérables des taxes collectées en raison du fait
que ces voitures sont l'objet sur lequel porte l'activité de l'entreprise.
NB : Par ailleurs, n’ouvrant pas droit a déduction, les acquisitions de marchandises,
de biens et de services dont le montant en hors TVA est supérieur à 5.000 DT et dont
le règlement s’est opéré en espèces34.
1.3. Les conditions de forme :
Le bénéfice du droit à déduction est subordonné à la justification du paiement de
la TVA par des pièces justificatives régulières et probantes à savoir :
- Une facture d'achat ;
- Les documents douaniers ;
- L'acquittement de la taxe sur les immobilisations produites par l'entreprise
pour elle même.
a. Les factures d’achat en Tunisie :
Seules les taxes figurant sur des factures régulières ouvrent droit à déduction. Les
conditions de régularité des factures sont fixées par l'article 18 du code de la
TVA.
Pour remplir les conditions fiscales, la facture doit comporter :
- L'identification de l'entreprise vendeuse et son adresse ;
- Une numérotation de la facture ;
- Le numéro de la carte d'identification fiscale d'assujetti à la taxe sur la
valeur ajoutée délivrée par l'administration fiscale au vendeur ;
- La date de l'opération ;
- La désignation de l'entreprise acheteuse ;
- La désignation du bien ou du service, des quantités et prix hors taxe ;
- Les taux et les montants de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- Le montant net toutes taxes comprises.
34
Ajouté art. 34 loi n°2013-54 du 30/12/2013
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Par ailleurs, et sans qu'elles ne constituent une condition de déductibilité de la
TVA, les mentions suivantes doivent figurer sur les factures.
- Le numéro du registre de commerce de l'entreprise vendeuse ;
- Le capital social si le vendeur est une société.
Pour que la TVA soit déductible, il faut que la facture justificative ou le document
en tenant lieu soit établi au nom de l'entreprise sauf le cas de marché où le maître
de l'ouvrage achète en son nom tout ou partie des fournitures, objet du marché.
b. Les importations :
Les documents douaniers et leurs annexes font foi pour la déduction de la TVA
acquittée aussi bien au titre du bien importé que des services liés à l'importation
même si les pièces justificatives relatives aux services liés à l'importation sont
établies au nom du transitaire agissant pour le compte de l'entreprise et refacturés
par lui en tant que débours.
2. Modalités de déductions
Aux termes de l'article 9 du code de la TVA, « La taxe sur la valeur ajoutée qui a
effectivement grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de
la taxe sur la valeur ajoutée applicable aux opérations taxables ainsi que la taxe sur
la valeur ajoutée retenue à la source. »
La déduction de la TVA sur les acquisitions de biens et services est donc réservée
aux assujettis pour les opérations imposables et assimilées qu'ils réalisent alors que
la TVA retenue à la source est systématiquement déductible.
La taxe récupérable est imputée globalement sur le montant de la taxe collectée
sur les ventes.
Est déductible la taxe sur la valeur ajoutée ayant effectivement grevé les acquisitions
locales de biens auprès d'assujettis, les livraisons à soi-même d'immobilisations, les
importations ainsi que les services nécessaires pour les besoins de l'exploitation.
Au cas où la taxe due au titre d'un mois ne permet pas l'imputation totale de la taxe
déductible, le reliquat de la taxe est reporté sur les mois qui suivent.
La déductibilité de la taxe facturée sur les achats de biens et services auprès d'autres
assujettis est la règle et la non déductibilité est la rare exception.
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3. Règles de déduction spécifiques aux entreprises partiellement
assujetties
Les entreprises partiellement assujetties sont des entreprises qui regroupent à la fois
des activités assujetties à la TVA et des activités exonérées relevant du tableau A ou
se situant en dehors du champ d'application de la TVA.
Ces entreprises ne peuvent déduire l'intégralité de la TVA ayant grevé l'ensemble de
leurs achats de biens et services. Pour déterminer le sort de chaque TVA subie en
amont, il y a lieu d'appliquer la règle de l'affectation.
3.1. La règle de l'affectation
Cette règle amène, après avoir divisé l'entreprise en secteurs d'activités distincts, à
déterminer pour chaque achat de bien et de service si son affectation est exclusive à
un secteur ou si elle est mixte aux deux secteurs.
Ainsi, la règle de l'affectation, qui favorise le principe de neutralité de la TVA,
amène à considérer qu'une entreprise partiellement assujettie utilise selon le cas des
biens et services :
- Affectés exclusivement à un secteur soumis et pour lesquels elle bénéficie de la
déduction totale, sauf les exclusions légales,
- Affectés exclusivement à un secteur non soumis et pour lesquels elle ne bénéficie
d'aucun droit à déduction,
- Affectés d'une façon commune au secteur soumis et au secteur non soumis, pour
lesquels elle ne bénéficie que de la déduction d'une partie de la taxe déterminée selon
la règle du prorata.
3.2. La règle du prorata
La règle du prorata de déduction applicable à la TVA grevant les achats de biens y
compris les investissements et les services utilisés communément par les deux
secteurs de l'entreprise (à savoir le secteur soumis et le secteur qui ne l'est pas) fait
que l'entreprise ne déduit que la quote-part de TVA correspondant aux activités
soumises selon le pourcentage des activités soumises et assimilées par rapport à
l'ensemble des activités de l'entreprise. Ce pourcentage est dit le prorata.
Le pourcentage général de déduction applicable à une année civile est dégagé d'après
les opérations réalisées au cours de l'année civile précédente ou selon les comptes
prévisionnels en cas d'entreprise nouvellement installée ou nouvellement assujettie.
Il est déterminé au début de l'année pendant laquelle il est utilisé35.
35
Ainsi, le prorata à utiliser pour la déduction des taxes communes grevant les biens et services acquis par une
entreprise partiellement assujettie en 2013 est celui dégagé début 2013 à partir des données de 2012
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Exemple :
Au titre de l’année N, un assujetti partiel a dégagé à partir des affaires de l’année
N-1 un prorata de 68%, et a acheté une immobilisation amortissable pour le prix hors
TVA de 100.000 D, la TVA facturée par le fournisseur s’élève à 19.000 D, la
machine est affectée aussi bien à des opérations imposables et non imposables, la
TVA déductible est égale à 19.000 x 68% = 12.920 D.
3.3. Règles de calcul du prorata
Le prorata d'une année résulte du rapport entre les recettes des ventes soumises
locales, à l'exportation ou en suspension de taxes et l'ensemble des revenus réalisés.
Les deux éléments du rapport étant ceux réalisés pendant l'exercice civil écoulé ou
la partie de l'exercice civil écoulé.
Selon la Direction des Impôts, l'emploi du terme "recettes" par le code de la TVA
vise le chiffre d'affaires réalisé avec les tiers, ce qui exclut :
- Les livraisons à soi-même, même taxées ;
- Les sommes reçues en consignation d'emballages qui constituent des dépôts
non acquis à l'entreprise. Ces sommes ne sont pas prises en considération
même en cas de non retour ;
- Les débours (remboursements de frais non imposables) ;
- Les cessions d'éléments d'actif soumis à un régime spécifique de
régularisation de TVA ;
- Les affaires réalisées en dehors du champ territorial tunisien ;
- Les indemnités d'assurance ;
- Les facturations complémentaires ou rectificatives ne se rattachant pas à
l'année concernée par le calcul du prorata (complément de prix, rabais,
ristournes...).
Compte tenu de ce qui précède, le calcul du prorata prend en compte :
Au numérateur :
- Les ventes soumises à la taxe sur la valeur ajoutée tenant compte de la date
d'exigibilité (toutes taxes comprises),
- Les ventes réalisées à l'exportation de produits ou de services taxables en
droit ou par option (taxe sur la valeur ajoutée fictive comprise) ;
- Les ventes assimilées à des exportations (taxe sur la valeur ajoutée fictive
comprise) ;
- Les ventes réalisées en suspension de taxe sur la valeur ajoutée (taxe sur la
valeur ajoutée fictive comprise) ;
- Les ventes de déchets (taxe sur la valeur ajoutée comprise).
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Au dénominateur :
- Les montants figurant au numérateur (toutes taxes comprises) ;
- Les ventes portant sur des affaires exonérées pour lesquels aucune option
n'est possible ou lorsqu'une telle option est possible aucune option n'a été
exercée ;
- Les ventes situées hors du champ d'application de la taxe sur la valeur
ajoutée ;
Le régime de la suspension de taxe doit être nettement distingué de celui de
l'exonération.
En effet, dans le régime de la suspension, l'exigibilité de la taxe normalement due
peut-être éventuellement réclamée à un stade ultérieur, tandis que dans
l'exonération la taxe n'est pas et ne sera jamais exigible.
L'exonération constitue un statut donné au produit de par sa nature en vertu de la
loi (Produit figurant sur une liste énumérée au tableau A annexé au code de la
TVA).
La suspension est un régime de faveur, un régime d'avantage octroyé à une vente
d'un produit normalement taxable mais pour lequel l'administration autorise la
suspension de la TVA en raison de sa destination.
En conséquence, les opérations faites en suspension donnent droit à la déduction
dans les mêmes conditions que celles soumises alors que celles faites en
exonération (Tableau A) ou situées en dehors du champ d'application de la TVA
n'en donnent pas droit. C'est d'ailleurs, pour cette raison que les ventes en
suspension figurent dans les deux termes du rapport, majorées du montant de la
taxe suspendue, alors que les ventes exonérées ainsi que celles situées en dehors
du champ d'application de la TVA ne figurent qu'au dénominateur.
Si les ventes de produits exonérés ou situés en dehors du champ d'application de
la taxe sur la valeur ajoutée sont considérées, pour la détermination du prorata,
pour leur montant réel, celles réalisées à l'exportation ou en suspension de taxes
sont majorées de la taxe fictive non perçue à leur réalisation. C'est ainsi que ces
ventes sont majorées de leur montant selon que l'un ou l'autre de ces taux leur
aurait été appliqué si elles avaient été réalisées en régime intérieur.
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Formule de calcul du prorata Le prorata de déduction se calcule, à l'année
civile, selon la formule suivante :
(A + B + C + D + E) x 100 / (CA global + F + G + H) où
A = Chiffre d'affaires ou recettes taxables de l'année, en tenant compte du fait
générateur et de la date d'exigibilité pour son montant TTC ;
B = Montant réel des exportations ;
C = Taxe fictive sur exportations ;
D = Ventes en suspension de taxes ;
E = Taxe non exigée sur ventes en suspension ;
F = Ventes exonérées de taxe y compris à l'exportation sans option ;
G = Ventes des produits hors du champ d'application de la TVA ;
H = Subventions reçues pour insuffisance de prix.
Ce pourcentage ainsi déterminé est retenu avec deux chiffres après la virgule.
3.4. Modalités de déduction pour les biens et services autres que les
immobilisations amortissables
La taxe sur les biens et services communs utilisés dans les deux secteurs soumis
et non soumis est déduite au fur et à mesure de leur acquisition dans la limite du
prorata établi en début d'année sur la base des chiffres de l'exercice précédent.
Une telle déduction est définitive puisque la révision de la déduction faite selon
la règle du prorata n'est prévue que pour les biens soumis à amortissement.
Exemple
Des biens non amortissables acquis au cours de l’année N pour un montant de 23.600
D dont 3.600 D de TVA est affectée à des opérations imposables et non imposables.
La taxe déduite, compte tenu de l’application d’un prorata de 68%, est de 2.448 D.
Même si ce prorata est porté à 77% la déduction initiale, à savoir 2.448 D, reste
cependant acquis.
En revanche, pour les immobilisations amortissables, la déduction initiale est à
réviser en fonction d’une éventuelle variation du prorata.
a. Modalités de déduction pour les biens amortissables.
En ce qui concerne les biens amortissables, les entreprises qui ne sont pas assujetties
à la taxe sur la valeur ajoutée à raison de l'ensemble de leurs activités ont la
possibilité de déduire une fraction correspondant au prorata de la taxe sur la valeur
ajoutée qui a grevé les immobilisations communes utilisées par les deux secteurs.
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Le prorata de déduction applicable à cette déduction initiale est celui calculé au titre
de l'exercice précédent.
Il est ensuite régularisé, une seule fois, sur la base du prorata définitif de l'année
d'acquisition s'il dégage une variation en plus ou moins supérieure à 5% par rapport
au prorata utilisé pour la déduction initiale.
b. Régularisation de la déduction initiale sur les biens soumis à amortissement communs
aux deux secteurs
Principe de la régularisation : En cas de variation de plus ou moins plus de
cinq centièmes du prorata appliqué (± 5,01), et de celui résultant des éléments
réalisés pendant l'année où la déduction a pris naissance, des corrections doivent être
apportées à la déduction initiale.
Cette régularisation est opérée, une seule fois, sur la base de la variation du prorata
au cours de l'année d'acquisition, au titre de la déclaration du mois de janvier de
l'année suivant celle au cours de laquelle la déduction initiale est opérée.
Forme de la régularisation : Si le prorata de l'année pendant laquelle le droit
à déduction a pris naissance est supérieur de plus de cinq centièmes au prorata ayant
servi à la déduction initiale, un complément de déduction sur immobilisations est
alors accordé à l'entreprise dans une proportion égale à la différence du prorata de
fin d'année et de celui de début de l'année.
Ainsi, au cas où le pourcentage ayant servi à la déduction initiale est de 85% alors
que celui de fin d'année est de 94%, la variation est de : 94% - 85% = 9% > 5%.
L'entreprise est alors autorisée à déduire un complément de 9% de la taxe ayant
grevé les immobilisations, communes aux deux secteurs, acquises au cours de
l'exercice.
Par contre, si le prorata de l'année pendant laquelle le droit à déduction a pris
naissance est inférieur à plus de cinq centièmes au prorata ayant servi pour la
déduction initiale, l'entreprise est tenue de reverser au trésor une partie de la taxe
initialement déduite dans une proportion égale à la différence du prorata du début
de l'année et de celui de fin d'année.
Ainsi, au cas où le pourcentage ayant servi à la déduction initiale est de 85% alors
que celui de fin d'année n'est que de 70%, la variation est de : 70% - 85% = -15
% < -5%.
L'entreprise est alors tenue de reverser la déduction opérée en trop, qui est de 15%
de la taxe ayant grevé les immobilisations communes aux deux secteurs, acquises
au cours de l'exercice.
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Exemple de calcul du prorata
Une entreprise de fabrication de machines réalise en 2011 les opérations suivantes
Ventes locales toutes taxes comprises 600.000
Ventes à l'exportation (19%) 100.000
Ventes en suspension (19%) 160.000
Ventes locales en exonération 270.860
Son prorata 2012 (calculé à fin décembre 2011) qui lui servira pour la déduction
de la taxe supportée au titre de tous biens ou services à usage commun ou mixte
sera déterminé comme suit :
Au numérateur :
Ventes locales toutes taxes comprises. 600.000
Ventes à l'exportation 100.000
Taxe sur ventes à l'exportation 19.000
Ventes en suspension 160.000
Taxe sur ventes en suspension 30.400
Total 909.400
Au dénominateur :
Montant du numérateur. 909.400
Ventes locales en exonération 270.860
TOTAL PRORATA 2012 = 909.400 x 100 = 77%
909.400 + 270.860
Exemple de déduction initiale
Supposons que l'entreprise ci-dessus achète en 2012 des biens et services communs
aux deux secteurs soumis et exonérés. L'achat porte sur :
-Des biens amortissables ayant supporté une TVA de 20.000 ;
-Et des biens non amortissables et des services taxés ayant supporté une TVA de
10.000.
La déduction en 2012 est la suivante :
-Au titre des biens amortissables : 20.000 x 77% = 15.400
-Au titre des autres biens et services : 10.000 x 77% = 7.700
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Si la déduction ainsi opérée au titre des biens non amortissables et des services est
définitive, celle opérée au titre des biens amortissables est sujette à régularisation à
la fin 2012.
Hypothèses de variation :
1ère hypothèse :
Le pourcentage déterminé à partir des opérations réalisées en 2012 devient 92%. La
variation du pourcentage initial est de : 92% - 77% = 15%.
Cette variation en hausse excède le seuil de 5 centièmes, l'entreprise peut donc opérer
une déduction supplémentaire de 15% de la taxe ayant grevé l'immobilisation, soit
une déduction supplémentaire de : 20.000 x 15% = 3.000
La déduction complémentaire est effectuée au mois de janvier 2013 (déclaration
déposée en février 2013 (article 9 § III point 2 du code de la TVA).
2ème hypothèse :
Le pourcentage déterminé à partir des opérations réalisées en 2012 devient 70%. La
variation du pourcentage initial est de : 70% - 77 % = - 7%
Cette variation en baisse excède le seuil de 5 centièmes, l'entreprise doit opérer un
reversement de la déduction opérée en reversant 7% de la taxe ayant grevé
l'immobilisation.
Le reversement à effectuer au mois de janvier 2013 dans le cadre de la déclaration à
déposer en février 2013 est égal à : 1.400 soit 20.000 x 7%
3ème hypothèse :
Le pourcentage déterminé à partir des opérations réalisées en 2012 devient 80
centièmes. La variation du pourcentage initial est de : 80% - 77% = + 3%.
Cette variation à la hausse n'excède pas le seuil de 5 centièmes, l'entreprise n'a
aucune déduction supplémentaire à opérer, la déduction initiale étant considérée
comme définitive.
4ème hypothèse :
Le pourcentage déterminé à partir des opérations réalisées en 2012 devient 74
centièmes. La variation du pourcentage initial est de : 74% - 77% = - 3%.
La variation étant inférieure à 5%, aucune régularisation n'est à effectuer.
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4. Régularisation
Les assujettis à la TVA liquident leur position vis-à-vis du fisc tous les mois en
déclarant sur un modèle d'imprimé fourni par l'administration la taxe collectée et les
assiettes d'une part et la taxe imputée assortie du montant des achats ainsi que le
crédit éventuel reporté du mois précédent d'autre part.
L'obligation de déposer une déclaration mensuelle de TVA pèse sur tous les
assujettis qu'ils soient redevables ou non de TVA.
4.1. Délais de dépôt de déclaration -
a) Régime général : La TVA fait l'objet d'une déclaration mensuelle dans les délais
suivants
- Pour les personnes physiques : les quinze premiers jours du mois qui
suit le mois au titre duquel l'imposition est due.
- Pour les personnes morales : les vingt-huit premiers jours du mois qui
suit le mois au titre duquel l'imposition est due.
La déclaration de TVA doit être datée et signée.
La liquidation de la TVA peut faire ressortir deux situations :
Solde de TVA à payer : Ce solde est acquitté au comptant au moment du dépôt de
la déclaration. Le défaut de dépôt de la déclaration accompagnée du paiement dans
les délais impartis entraîne des pénalités.
Crédit de TVA : Lorsque le montant de la taxe récupérable, y compris
éventuellement le report créditeur du mois précédent, dépasse le montant de la TVA
collectée, la déclaration dégage un crédit d'impôt au profit de l'entreprise.
Dans ce cas la déclaration déposée est dite négative. Le reliquat de la taxe qui n'a
pas pu être imputé sur la taxe due est reporté sur le mois suivant et ainsi de suite d'un
mois à un autre. Il peut aussi faire l'objet d'une demande de restitution si les
conditions sont remplies.
b) Cas particulier des assujettis occasionnels : Lorsqu'une personne effectue
occasionnellement une opération passible de la taxe sur la valeur ajoutée, elle doit
souscrire une déclaration dans les deux jours qui suivent la réalisation de l'opération
imposable et déposer cette déclaration accompagnée du paiement à la recette des
finances du lieu où s'est effectuée ladite opération.
4.2. Les obligations du contribuable
Les obligations des contribuables comportent l'accomplissement des démarches et
la réalisation des formalités d'identification fiscale, des obligations comptables, des
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obligations liées à la facturation et au transport de marchandises ainsi que les
obligations déclaratives et de régularisation en cas d'abandon du régime d'assujetti,
de cessation et de cession d'activités.
5. Régime suspensif
Le régime suspensif permet à un assujetti d’acquérir ou de recevoir des biens, des
services ou des matières non grevés de TVA.
On peut définir le régime suspensif de la TVA comme étant une mesure fiscale
dérogatoire au régime fiscal du droit commun et par lequel l’Etat renonce
délibérément à la perception de certaines recettes fiscales normalement dues par une
catégorie de contribuables en vue d’atteindre des objectifs économiques et sociaux.
Plusieurs régimes suspensifs sont prévus par la législation tunisienne ; certains sont
énoncés par le code de la TVA, d’autres sont accordés par des dispositions
particulières dont notamment le code d’incitations aux investissements dans le cadre
des avantages fiscaux.
5.1. Les différents régimes suspensifs
Le régime suspensif accordé aux assujettis exportateurs ou vendant en
suspension de TVA : Ce régime est défini par le § I de l’article 11 du code de la
TVA, « Les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée qui réalisent un chiffre
d’affaires provenant de l’exportation ou des ventes en suspension de la taxe
supérieur à 50% de leur chiffre d’affaires global, peuvent bénéficier du régime
suspensif de la taxe sur la valeur ajoutée pour leurs acquisitions locales de produits
et services donnant droit à la déduction».
Le régime suspensif accordé aux assujettis réalisant des marchés à l’étranger
: Les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée peuvent bénéficier de la suspension de
ladite taxe au titre des biens et équipements acquis localement entrant dans les
composantes des marchés réalisés à l’étranger dont le montant ne peut être inférieur
à trois millions de dinars et ce nonobstant la proportion des exportations dans le
chiffre d’affaires annuel global des entreprises concernées.
Régime suspensif accordé dans le cadre de l’admission de marchandises sous
un régime douanier suspensif : En application des dispositions de l’article 11 du
code de la TVA, les marchandises admises au bénéfice d’un régime douanier
suspensif peuvent être importées temporairement en suspension de TVA.
Régime suspensif accordé dans le cadre de l’admission de marchandises en
vertu de la réglementation douanière au bénéfice du retour : Ce régime est prévu par
le §IV de l’article 11 du code de la TVA ; il concerne la réimportation de
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marchandises à la suite d’une exportation temporaire36 ou d’une exportation ou
réexportation définitive.
Régime suspensif accordé aux exportateurs non assujettis : Les non-assujettis
qui effectuent occasionnellement des opérations d'exportation peuvent être autorisés
à bénéficier du régime suspensif de la taxe sur la valeur ajoutée pour l'acquisition,
auprès d'assujettis, de marchandises ou de services destinés à l'exportation.
Le régime suspensif pour Les opérations d'entretien, de réparation et de
contrôle technique des aéronefs destinés au transport aérien, et de formation et
d'apprentissage des pilotes réalisés au profit des entreprises de transport aérien. Les
huiles de pétrole : Bénéficient de la suspension de la taxe sur la valeur ajoutée les
services :
- D'entretien, de réparation et de contrôle technique des aéronefs destinés au
transport aérien,
- De formation et d'apprentissage des pilotes réalisés au profit des entreprises
de transport aérien.
Il faut noter qu’il y a d’autres régimes suspensifs accordés par le code de TVA
(régime suspensif en matière de vin et régime suspensif pour les huiles de pétrole)
ou des textes particuliers autre que le code de TVA.
36
Deux cas sont énoncés : Premier cas : les marchandises ont été exportées pour subir une transformation, ouvraison
ou autre complément de main-d’œuvre. Dans ce cas, la réimportation de ces marchandises donne lieu au paiement de
la TVA sur la base de la valeur en douane des ouvraisons, transformations ou autres compléments de main-d’oeuvre,
tous droits et taxes inclus, à l’exclusion de la TVA elle-même.
Deuxième cas : les marchandises ont été exportées et réimportées en l’état sans subir aucune transformation, la
réimportation est exonérée de la TVA.
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Chapitre 4 : Droits de consommation
Les droits de consommation ont été institués en Tunisie par le décret du 20 décembre
1919. Le DC est régi par la loi 88-62 du 2 juin 1988 portant refonte de la
réglementation relative au droit de consommation et par le décret n° 97-1368 du
24/7/1997 relatif à la fiscalité des produits relevant des n° 22-03 à 22-08 du tarif des
droits de douane tel que modifié par les textes subséquents et notamment le décret
n° 98-952 du 27/4/1998 relatif à la fiscalité des produits pétroliers, de l’électricité et
du gaz tel que modifié et complété par le décret n° 99-894 du 19/4/1999.
Le DC est dû sur un nombre limité de produits cités au tableau annexé à la loi n° 88-
62 sus- mentionnée telle que modifiée et complétée par les textes subséquents et ce
abstraction faite qu’ils soient importés ou fabriqués localement.
1. Champ d’application
Sont soumis au droit de consommation, selon les taux prévus à cet effet, les produits
repris au tableau figurant en annexe de la loi n° 88 - 62 du 2 juin 1988 qu'ils soient
importés ou fabriqués localement.
Sont assujettis au droit de consommation :
1- les fabricants de bière37;
2-les embouteilleurs de vin ;
3-les fabricants de tout autre produit soumis au droit de consommation ;
4- les entrepositaires et les commerçants de gros de boissons alcoolisées, de vins et
de bières.
5- la société tunisienne de l’électricité et du gaz au titre des ventes du gaz naturel
destiné à l’utilisation en tant que carburant pour les véhicules automobiles. (Ajouté
art. 58 LF 2007-70 du 27/12/2007).
37
La vente de la bière, en vrac ou en bouteilles ou en boite, par les fabricants de bière, est soumise aux droits de
consommations. En revanche, la mise en boite ou en bouteille de la bière par toute personne autre que celle l’ayant
fabriquée n’est pas soumises à ces droits.
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2. Assiette et taux
Le fait générateur du droit de consommation est constitué :
- à l'importation, par le dédouanement38 du produit ;
- en régime intérieur, par la livraison du produit
L'assiette du droit de consommation est constituée :
a) pour les produits soumis à un taux ad-valorem39 :
- à l'importation, par la valeur en douane ;
- en régime intérieur par le prix de vente tous frais, droits et taxes compris à
l'exclusion du droit de consommation et de la taxe sur la valeur ajoutée
b) pour les produits soumis à un taux spécifique, par le volume ou le poids.
Toutefois, le droit de consommation applicable aux boissons alcoolisées, aux vins et
aux bières n'a pas d'incidence sur le calcul des marges des entrepositaires et des
marchands desdits produits. Il est retransmis à leurs clients pour les mêmes montants
qu'ils ont supportés.
Dans le cas où il existe une relation de dépendance au sens de l’article 2 du code
de la TVA, entre les embouteilleurs, les fabricants des vins et de boissons alcoolisées
et les entrepositaires et commerçants de gros de ces produits, la base imposable pour
les produits soumis aux taux ad valorem au niveau des embouteilleurs et des
industriels des vins et boissons alcoolisées est le prix de vente réalisé par les
entrepositaires et les commerçants grossistes desdits produits.
Exemple :
Soit une société de fabrication de vins et de boissons alcoolisées qui a vendu au cours
du mois de janvier 2019, 2 produits alcoolisés (Vodka, Pastis) à un commerçant
grossiste avec lequel elle a une relation de dépendance.
Produit n°1 : Vodka
- Prix de vente du fabricant hors DC et TVA = 2530 millimes
- Taux de DC = 100% ; Taux de la TVA = 19%
- Prix de vente du commerçant grossiste hors DC et TVA = 3334 millimes
Produit n°2 : Pastis
- Prix de vente du fabricant hors DC et TVA = 2500 millimes
38
Le dédouanement est matérialisé par l’accomplissement des formalités douanières et la liquidation des droits et
taxes a l’importation
39
C’est une expression d'origine latine qui signifie "suivant la valeur".
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- Taux de DC = 597% ; Taux de la TVA = 19%
- Prix de vente du commerçant grossiste hors DC et TVA = 3468 millimes
Etant donné l’existence d’une relation de dépendance entre le commerçant grossiste
et le fabricant, ce dernier doit appliquer le droit de consommation (DC) sur la base
d’une assiette constituée par le prix de vente pratiqué par le commerçant grossiste
hors DC et hors TVA à la date de l’approvisionnement et ce comme suit :
Produit n°1 : Vodka
1. Assiette du droit de consommation :
Prix de vente pratiqué par le commerçant grossiste (hors DC et hors TVA) X taux
de DC : 3334 millimes X 100 %, soit un droit de consommation de 3334 millimes
2. Assiette de la TVA :
(Prix de vente pratiqué par le fabricant (hors DC et hors TVA) + droit de
consommation calculé sur la base du prix de vente pratiqué par le commerçant
grossiste hors DC et hors TVA) X taux de la TVA :
(2530 millimes + 3334 millimes) X 19%, soit une TVA de 1114,16 millimes
Produit n°2 : Pastis
1. Assiette du droit de consommation :
Prix de vente pratiqué par le commerçant grossiste (hors DC et hors TVA) X taux
de DC : 3468 millimes X 597%, soit un droit de consommation de 20703 millimes
2. Assiette de la TVA :
(Prix de vente pratiqué par le fabricant (hors DC et hors TVA) + droit de
consommation calculé sur la base du prix de vente pratiqué par le commerçant
grossiste hors DC et hors TVA) X taux de la TVA :
(2500 millimes + 20703 millimes) X 19%, soit une TVA de 4408,57millimes
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Un extrait du tableau des produits soumis au droit de consommation
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Partie 3 : Impôt sur le revenu – Règles
générales
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Chapitre 1 : Champ d’application
1. Personnes imposables
Selon l’article premier du code de l’IRPP et de l’IS CIRPPIS, « l’impôt sur le
revenu est dû par toute personne physique, quelle que soit sa situation de famille,
au titre de son revenu net global ».
Le droit interne distingue entre deux catégories de contribuables soumises à l’impôt
sur le revenu à savoir :
Les personnes physiques résidentes en Tunisie (critère de la résidence),
Les personnes physiques non résidentes en Tunisie mais qui réalisent des
revenus de source tunisienne (critère de la source du revenu).
1.1. Personnes physiques résidentes
L’impôt sur le revenu est dû au 1er janvier de chaque année, par toute personne
physique ayant en Tunisie une résidence habituelle sur l'ensemble de ses revenus
réalisés pendant l'année précédente (la nationalité de la personne n'est pas
déterminante40).
Sont considérés comme ayant une résidence habituelle en Tunisie :
1- Les personnes qui y disposent d'une habitation principale ;
2- Les personnes qui, sans disposer d'habitation principale en Tunisie, y séjournent
pendant une période au moins égale à 183 Jours d'une façon continue ou
discontinue durant l'année civile41 ;
3- Les fonctionnaires et agents de l'Etat42 exerçant leur fonction ou chargés de
mission dans un pays étranger dans la mesure où ils ne sont pas soumis, dans ce
pays, à un impôt personnel frappant l'ensemble de leur revenu.
Ainsi, toute personne qui remplit l’un de ces trois critères définissant la résidence
habituelle au sens fiscal est soumise à l’impôt sur le revenu tunisien, sous réserve,
pour les personnes qui exercent leur activité au niveau de plusieurs pays, des
40
Le terme” Persones Physiques” couvre aussi bien les tunisiens que les étrangers.
41
Quelles que soient les modalités de ce séjour (hôtel, chambre meublée etc...);
42
Selon la doctrine administrative, la personne est considérée comme un agent de l'Etat Tunisien exerçant ses fonctions
ou chargée de mission dans un pays étranger lorsqu'elle n'est pas soumise dans ce pays à un impôt personnel sur
l'ensemble de ses revenus ; c'est à dire qu'elle est exonérée de l'impôt sur le revenu ou imposée sur une partie de ses
revenus dans le pays où elle exerce (y compris donc celui de revenu de source tunisienne).
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dispositions des conventions fiscales internationales conclues entre la Tunisie et un
certain nombre d’autres pays.
En fait, l'appréciation de la durée de séjour s'effectue année par année. C'est ainsi
qu'un contribuable qui séjourne en Tunisie pendant une ou des périodes dont le total
n'atteint pas 183 jours au cours d'une année civile n'est pas considéré comme ayant
une résidence habituelle en Tunisie au titre de cette année, alors même que son séjour
se prolonge durant l'année suivante et que le total de séjour au titre des deux années
dépasse 183 jours. Au titre de la deuxième année, il sera considéré comme ayant une
résidence habituelle en Tunisie si son séjour au cours de cette année est égal ou
supérieur à 183 jours.
Dans les trois cas qui précédent, l'intéressé est soumis à l'impôt sur le revenu sur le
montant global de ses revenus de source tunisienne ou de source étrangère en
application du principe de la mondialité des revenues43.
1.2. Personnes physiques non résidentes
L’IRPP est également dû par les personnes physiques non résidentes qui réalisent
des revenus ou plus-values de source tunisienne.
Sous réserve de dispositions résultant des conventions fiscales internationales
lorsqu’elles sont plus favorables pour elles, les personnes physiques, qui ne sont pas
résidentes en Tunisie, mais qui réalisent des revenus de source tunisienne, sont
soumises à l'impôt sur le revenu uniquement à raison de ces revenus.
Certains revenus réalisés par les personnes physiques non-résidents sont
expressément exonérés de l’impôt, il s’agit :
Des intérêts des dépôts et des titres en devises ou en dinars convertibles ;
Des rémunérations pour affrètement de navires ou d'aéronefs affectés au trafic
international.
2. Personnes exonérées
Sont exonérés de l'impôt sur le revenu, les agents diplomatiques et consulaires de
nationalité étrangère et ce dans la mesure où le pays qu’ils représentent consent des
avantages analogues aux agents diplomatiques et consulaires Tunisiens.
43
Dans une prise de position (197) du 7 février 2002, la DGELF a précisé que les personnes physiques résidentes
sont soumises à l'IR à l'ensemble de leurs revenus quelles que soient leurs provenances, c'est à dire les revenus de
source tunisienne et les revenus de source étrangère. Toutefois, les revenus de source étrangère ne sont soumis à l'IR
en Tunisie que s'ils n'ont pas étés soumis au paiement de l'impôt dans le pays d'origine (Article 36 du code de l'IRPP
et de l'IS).
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En dehors des agents diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère, une
personne physique demeure soumise à l’obligation de déclarer ses revenus, même si
ceux-ci sont exonérés de l’impôt sur le revenu.
3. Règles d’imposition
L’article7 du CIRPPIS énonce les règles suivantes de détermination de l’IRPP :
- L'impôt sur le revenu est annuel, il est dû au premier Janvier de chaque année
sur la base du montant total des bénéfices ou revenus réalisés ou perçus
pendant l'année précédente.
- Lorsqu'un contribuable, auparavant résident en Tunisie, transfère son
domicile hors de Tunisie, l'impôt est établi sur ses revenus réalisés ou perçus
pendant l'année de son départ jusqu'à la date de ce départ ainsi que sur ceux
qui lui sont acquis sans en avoir la disposition avant cette date.
- En cas de décès, l'impôt est établi à raison des revenus dont le contribuable a
disposé ou qu'il a réalisés jusqu'au jour de son décès.
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Chapitre 2 : Assiette de l’impôt sur le revenu
1. Définition du revenu imposable
Pour la détermination du revenu net imposable, il est procédé ainsi :
1. Détermination du revenu net catégoriel pour chacune des catégories de revenu
compte tenu des règles qui lui sont propres.
2. Détermination du revenu net global avec compensation entre catégories
bénéficiaires et autres déficitaires lorsque le déficit est justifié par une comptabilité
régulière, y compris la comptabilité simplifiée tenue conformément aux dispositions
de l’article 62 du code de l’IRPP et de l’IS.44
Revenu net global = Somme des revenus catégoriels – Déficits des années
antérieures non imputés
3. Détermination du revenu net soumis à l’impôt après la déduction des charges et
déductions communes, c’est-à dire celles qui ne se rapportent pas à une catégorie
déterminée de revenus ou bénéfices.
Revenu net soumis à l’impôt = Revenu net global – Déductions communes
4. Calcul de l’IRPP par application du barème progressif.
2. Détermination des revenus nets catégoriels
La fiscalité tunisienne distingue entre huit catégories de revenus :
-Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) (articles 9 à 15 ainsi que l’article 44) ;
-Les bénéfices des professions non commerciales (BNC) (articles 21 et 22) ;
-Les bénéfices de l’exploitation agricole et de pêche ( articles 23 et 24) ;
-Les traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes viagères (articles 25 et 26) ;
-Les revenus fonciers (articles 27 et 28) ;
-Les revenus des valeurs mobilières (articles 29 à 33) ;
-Les revenus des capitaux mobiliers (articles 34 et 35) ;
44
Lorsque le revenu global n’est pas suffisant pour que le déficit subi au niveau d’une catégorie de revenu puisse être
intégralement imputé, le reliquat non imputé est reportable successivement sur le revenu net global des années
suivantes jusqu’à la 4ème année qui suit celle du déficit.
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-Les autres revenus (articles 36 et 37).
Chacune des catégories de revenu est régie par des règles propres de détermination
du revenu imposable.
2.1. Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
Définition du revenu catégoriel
Aux termes de l’article 9 du code de l’IRPP et de l’IS « sont considérés comme des
bénéfices industriels et commerciaux pour l’établissement de l’impôt sur le revenu,
les bénéfices réalisés dans des entreprises exerçant une activité commerciale au sens
du code de commerce ».
La doctrine administrative assimile à la catégorie des BIC, les bénéfices des activités
artisanales45.
Selon l’article 2 du code de commerce, « Est commerçant, quiconque, à titre
professionnel, procède à des actes de production, circulation, spéculation,
entremise, sous réserve des exceptions prévues par la loi. Notamment, est
commerçant, quiconque, à titre professionnel, procède46 :
-à l'extraction des matières premières ;
-à la fabrication et à la transformation des produits manufacturés ;
-à l'achat et à la vente ou à la location des biens quels qu'ils soient ;
-à des opérations d'entrepôt ou de gestion de magasins généraux ;
-au transport terrestre, maritime et aérien des biens et des personnes ;
-à des opérations d'assurance terrestre, maritime et aérienne, quelles qu'en soient
les modalités ;
-à des opérations de change, de banque ou de bourse ;
-à des opérations de commission, de courtage47 ;
-à l'exploitation d'agences d'affaires ;
-à l'exploitation d'entreprises de spectacles publics ;
-à l'exploitation des entreprises de publicité, d'édition, de communication ou de
transmission de nouvelles et renseignements.
Toutefois n'est pas commerçant, quiconque exerce une profession agricole dans la
mesure où l'intéressé ne fait que transformer et vendre les produits de son fonds. »
45
Nonobstant le fait que les artisans n’aient pas la qualité de commerçant.
46
Certaines opérations visées ne peuvent être exercées que par des sociétés anonymes
47
Opérations d’intermédiations réalisées par des personnes indépendantes, qui consistent, contre rémunération, à
mettre en relation deux personnes qui désirent contracter.
NB : Le courtier réalisant des opérations de courtage de nature non commerciale (exemple : courtier en produits
agricoles) est considéré comme un commerçant.
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Ainsi, les commerçants (activité d’achat en vue de la vente), industriels, artisans et
prestataires de services commerciaux personnes physiques sont classés dans la
catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.
Par ailleurs, les quotes-parts des associés personnes physiques dans les revenus
réalisés par les entités fiscalement transparentes exerçant des activités commerciales
relèvent aussi des bénéfices industriels et commerciaux.
Régimes d’imposition des BIC
Les revenus relevant de la catégorie des BIC sont soumis à l’impôt selon deux
régimes :
- Le régime réel : Le mode réel consiste à déterminer le bénéfice provenant de
l’activité sur la base d’une comptabilité.
Le bénéfice fiscal est déterminé à partir du résultat comptable sur lequel, le
contribuable opère des retraitements (réintégrations, déductions, etc.) pour aboutir
au résultat fiscal.
L’imposition selon le régime réel implique la tenue d’une comptabilité régulière et
complète conformément aux règles édictées par le système comptable des
entreprises.
L’imposition selon le régime réel peut dégager un résultat bénéficiaire comme elle
peut dégager un résultat déficitaire qui peut s’imputer sur les autres catégories de
revenus et en cas d’insuffisance, se reporter en avant sur les années suivantes.
- Le régime du forfait d’impôt :
Sont éligibles au régime forfaitaire d’imposition, les petits exploitants personnes
physiques qui exercent une activité industrielle, artisanale, commerciale ou des
services dans le cadre d’une exploitation :
- Entreprises individuelles réalisant des revenus dans la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux dans le cadre d’un établissement unique :
- Non importatrices,
- Non rémunérées par des commissions,48
- Ne fabricant pas de produits à base d’alcool,
- N’exerçant pas l’activité de commerce de gros,
- Ne possédant pas plus d’un véhicule de transport en commun de personnes ou
de transport de marchandises dont la charge utile ne dépasse pas 3 tonnes et
demi,
48
Les courtiers de voiture par exemple, sont exclus du régime du forfait d'impôt applicable aux BIC.
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- Dont les exploitants ne réalisent pas des revenus de la catégorie des bénéfices
des professions non commerciales,
- Non soumises à la taxe sur la valeur ajoutée selon le régime réel,
- N’ayant pas été soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques
selon le régime réel suite à une vérification fiscale,
- N’exerçant pas dans les zones communales les activités fixées par le décret n°
2014-2939 du 1er août 2014,
- Dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 100.000 dinars .49
Le tarif de l’impôt forfaitaire est fixé comme suit :
-Pour le chiffre d’affaires égal ou inférieur à 10.000 dinars :
- 200 dinars par an pour les entreprises implantées dans les zones communales
conformément aux limites territoriales des communes en vigueur avant le 1 janvier
2015 ;
- 100 dinars par an pour les entreprises implantées dans les autres zones.
- Pour le chiffre d’affaires compris entre 10.000 dinars et 100.000 dinars :
- 3% du chiffre d’affaires.
Exemple :
Soit une personne physique, soumise à l’impôt sur le revenu selon le régime
forfaitaire exerçant l’activité de vente de chaussures dans une zone communale qui
a réalisé au cours de l’exercice 2018 un chiffre d’affaires de 85.500 dinars.
Dans ce cas, son impôt forfaitaire exigible est calculé comme suit :
-chiffre d’affaires entre 0 et 10.000 dinars : 200 D
-chiffre d’affaires dépassant 10.000 dinars : (75.500D * 3%) : 2.265 D
Impôt total exigible : 2.465D
49
Le seuil maximum du chiffre d’affaires permettant de bénéficier du régime forfaitaire dans la catégorie des
bénéfices industriels et commerciaux est unifié à 100.000 dinars, pour tous les secteurs.
L’unification du chiffre d’affaires peut entrainer l’éligibilité au régime forfaitaire des personnes physiques exerçant
dans le secteur des services et soumis au régime réel avant l’entrée en vigueur de la loi de finances pour l’année 2016.
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2.2. Les bénéfices des professions non commerciales (BNC)
Sont qualifiés de bénéfices non commerciaux, les bénéfices réalisés par :
Les professions libérales50 ;
Les charges et offices dont les titulaires n’ont pas la qualité de commerçant51;
Toutes les occupations ou exploitations non commerciales à but lucratif52.
Les quotes-parts des associés personnes physiques dans les revenus réalisés par les
entités fiscalement transparentes exerçant des activités non commerciales relèvent
aussi des BNC.
Régimes d’imposition des BNC
Les revenus relevant de la catégorie des BNC sont soumis à l’impôt selon deux
régimes :
- Le régime réel : Déterminé à partir d'une comptabilité conformément à
la législation comptable des entreprises, le bénéfice net des activités non
commerciales est constitué par la différence entre les produits bruts réalisés au cours
de l'année civile et les charges nécessitées par l'exploitation au titre de la même
année.
- Le régime du forfait d’assiette : Le bénéfice net est déterminé sur la
base de 80% des recettes brutes encaissées l’année précédant celle de l’imposition.
Les recettes à prendre en compte sont les recettes TVA comprise53.
NB : Dans le cas ou les intéressés ont été soumis au titre d’une année donnée à
l’impôt sur le revenu selon le régime réel, ledit régime demeure définitif et ne peut
faire l’objet de renonciation.
50
Sont considérées libérales, les professions où l’activité intellectuelle joue un rôle prépondérant. Ces professions
consistent en la pratique d’une science ou d’un art que le professionnel est censé exercer en toute indépendance.
51
Exemple : les notaires
52
Il s’agit d’une formulation à large étendue qui couvre toutes les professions qui ne relèvent pas des honoraires et
payés en contrepartie de l’exercice des activités non commerciales à but lucratif. Relèvent de ce fait des bénéfices non
commerciaux les activités suivantes lorsqu’elles sont exercées à titre indépendant (les artistes : chanteurs, musiciens,
compositeurs, les dessinateurs, peintres et sculpteurs ; les sportifs ; les droits d’auteur ; les produits perçus par les
inventeurs ; les écoles et universités privées ; les auto-écoles)
53
Le terme recettes brutes couvre tous les encaissements réalisés durant l’année considérée.
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Exemple :
Soit un professeur hospitalo-universitaire a réalisé au titre de l'exercice 2018 les
revenus suivants :
- 21.000 DT représentant la rémunération brute de son activité de médecin
salarié, déduction faite des cotisations sociales obligatoires;
- 12.500 DT représentant les recettes brutes réalisées au titre de son activité
privée complémentaire.
Si on suppose que l'intéressé ait choisi d'être imposé selon le régime forfaitaire en
matière des bénéfices des professions non commerciales, dans ce cas, le revenu
global imposable sera déterminé comme suit :
Revenu brut 21.000
Déduction pour frais professionnels (10%) (plafonnée à 2.000 dinars) -2.000
Revenu net 19.000
Catégorie BNC :
Dans ce cas, il y a lieu de déterminer les recettes brutes réalisées comme suit :
Recettes brutes 12.500
-20% au titre des frais et charges -2.500
Revenu net 10.000
Revenu net global : 19.000+10.000= 29.000 D
2.3. Les bénéfices de l’exploitation agricole et de pêches
Sont considérés comme bénéfices d’exploitation agricole ou de pêche, les revenus
que l’exploitation de biens ruraux procure soit aux propriétaires exploitants eux-
mêmes, soit aux métayers ou autres, ainsi que les revenus provenant de la pêche.
Relèvent notamment de la catégorie tous les produits provenant de :
- L’aviculture (élevage des volailles)
- L’apiculture (élevage des abeilles)
- L’élevage des ovins, des caprins, des bovins, et des équidés, etc.
- L’élevage des chiens
- L’élevage des produits de la mer54.
Par ailleurs, les quotes-parts des associés personnes physiques dans les revenus
réalisés par les entités fiscalement transparentes exerçant des activités agricoles et
de pêche relèvent aussi des bénéfices industriels et commerciaux.
54
Elevage des poissons, élevage des huîtres, élevage des moules, élevage des coquillages.
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Régimes d’imposition des bénéfices de l’exploitation agricole et de pêche
Aux termes de l'article 24 du code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques
et de l'impôt sur les sociétés, le bénéfice net des exploitations agricoles peut être
déterminé selon l'un des trois modes ci-après développés
-Le régime de l'excédent des recettes sur les dépenses : Aux termes de l’article
24 du code de l’IRPP et de l’IS, le bénéfice net des exploitations agricoles ou de
pêche peut être constitué par l’excédent des recettes totales55 réalisées au cours de
l’année civile sur les dépenses nécessitées par l’exploitation pendant la même année
compte tenu du jeu des stocks56.
Ce mode de détermination du revenu net agricole n’implique pas la tenue d’une
comptabilité, mais tout simplement l’existence des pièces justifiant les recettes et les
pièces justifiant les dépenses d’exploitation57.
- Le régime réel : Le bénéfice net de l’exploitation agricole et de pêche est
déterminé sur la base d’une comptabilité conformément à la législation comptable
des entreprises.
- Le régime de détermination forfaitaire : En pratique, ce régime s’applique
exclusivement à certains revenus agricoles, il s’agit :
De l’agrumiculture,
De l’oléiculture ;
De la céréaliculture ;
Et de la viticulture.
En l'absence de justifications des recettes et des dépenses ou de la tenue d'une
comptabilité, le bénéfice net est déterminé sur la base d'une évaluation forfaitaire58,
et ce, après consultation des experts du domaine et tenant compte de la nature des
spéculations selon les régions.
Par exemple, il est établi chaque année, un forfait d’assiette par catégorie de culture
(à l’hectare ou par pied d’arbre, par exemple) et après classement en différentes
55
Par recettes totales, il est entendu toutes sommes encaissées au cours de l'année précédant celle de l'imposition
indépendamment de l’année à laquelle elles se rattachent. Sur la base du même principe sont retenues pour la
détermination du résultat net toutes les dépenses payées au cours de l'année indépendamment de l'exercice de leur
engagement.
56
L’activité de commerce des produits agricoles doit être limité exclusivement à ceux produits par l’entreprise.
(DGAFF 1746 du 2 décembre 1999)
57
Texte DGI 93/22 - Note Commune n° 15
58
Cette évaluation forfaitaire peut être faite en fonction de certains éléments reconnus caractéristiques des
exploitations en cause tels que la superficie, le nombre d’animaux, le nombre d’hectolitres, le nombre d’arbres.
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régions selon le rendement en fonction des conditions climatiques de chacune des
régions59.
2.4. Les traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes
viagères
Cette catégorie de revenu comprend :
- Les traitements, salaires, émoluments, indemnités et autres avantages s’y
rattachant, et
- Les pensions et rentes viagères.
2.4.1. Les traitements et salaires
Le revenu catégoriel net imposable est déterminé en déduisant notamment du
montant brut des éléments du revenu60 y compris les avantages en nature :
- Les retenues obligatoires effectuées par l'employeur en vue de la constitution
de rentes, de pensions, de retraite ou pour la couverture de régimes
obligatoires de sécurité sociale,61
- Les frais professionnels fixés forfaitairement à 10% du reliquat après
déduction de ces retenues et sans que la déduction dépasse 2.000 dinars par
an. En effet, l’article 14 de la loi de finances pour l’année 2017 a fixé un
plafond pour la déduction des frais professionnels fixée à 10% pour les
salariés à 2.000 dinars par an.
Les avantages en nature sont évalués d’après leur valeur réelle (coût supporté par
l’employeur). Cette règle s’applique à tous les avantages qu’ils portent sur un
logement62, un véhicule automobile63 ou sur une consommation de bien et service64.
59
Les tarifs annuels prévus par des barèmes à l’occasion de chaque campagne agricole sont fixés suivant la nature du
produit agricole et par référence à la zone de situation des exploitations.
60
La contribution de l’employeur au régime de l’assurance maladie ou de l’assurance groupe est un élément du salaire
brut
61
Par conséquent, sont exclus de la déduction les participations à l’assurance collective qui ne revêtent pas le caractère
obligatoire. Sur cette base, les participations des salariés à une assurance collective revêtant le caractère obligatoire
sont admises en déduction pour la détermination du salaire net imposable et les participations de l’employeur ne
constituent pas, dans ce cas, un revenu complémentaire imposable au niveau des salariés bénéficiaires du régime de
l’assurance collective obligatoire.
Dans le cas contraire, et lorsque l’assurance collective ne revêt pas le caractère obligatoire, la participation des salariés
n’est pas admise en déduction et la participation de l’employeur est prise en compte pour la détermination de la base
imposable à l’IR.
62
Le logement mis à la disposition d’un salarié par l’entreprise qui en est locataire, est pris en considération pour le
montant du loyer.
63
Les voitures de service ne sont pas soumises à l'IR alors que les voitures de fonction et les bons servis aux
bénéficiaires des voitures de fonction sont soumises à l'impôt sur le revenu et donc à la RAS (Prise de position 560 du
2 mai 2002).
64
Les consommations gratuites d’électricité, de gaz ou d’eau sont prises en compte pour leur montant réel.
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Toutefois, dans le cas particulier des avantages en nature pour lesquels il existe un
équivalent en Indemnité (avantage en nature sous forme de logement, de voiture de
fonction ou de services utilisés à des fins personnelles), et lorsque les biens sont la
propriété de l’entreprise et que les salariés bénéficient de droit d’une indemnité s’ils
ne disposaient pas de tels avantages, l'évaluation s’effectue sur la base du montant
de l’indemnité qui devait leur être servie.65
Ainsi, les personnes qui bénéficient de droit d’une indemnité de logement et qui
occupent un logement, propriété de l’employeur sans bénéfice de l’indemnité, sont
soumises à l’impôt sur la base du montant de l’indemnité qui devait leur être servie
quel que soit le montant de la valeur locative du logement mis à disposition.
Par ailleurs, les avantages en nature octroyés par nécessité de service ne sont pas
imposables.66 A titre d’exemple, n’est pas imposable, l’avantage en nature sous
forme de logement mis à la disposition de l’employé par l’employeur suite à une
obligation de présence sur les lieux du travail.67
Les traitements, salaires, émoluments, indemnités et autres avantages s’y
rattachant exonérés de l’IRPP
Les traitements, salaires, émoluments, indemnités et autres avantages s’y rattachant
exonérés de l’IRPP incluent :
- Les traitements, salaires et indemnités servis par les Etats étrangers au profit
du personnel détaché auprès du gouvernement tunisien dans le cadre de la
coopération technique ;
- Les allocations, indemnités et prestations servies sous quelle que forme que
ce soit en application de la législation relative à l'assistance, à l'assurance et à la
sécurité sociale : C’est le cas des allocations familiales, de l’allocation pour salaire
unique, des remboursements des frais de soins ;
- La gratification de fin de service ;
- Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction
ou à l'emploi supportés par les salariés dans la mesure où elles sont justifiées : Il
s’agit notamment des primes et avantages alloués par nécessité de travail, 68 des
65
Dans une prise de position (784) du 4 mars 2019, la DGELF a précisé que les salariés ayant droit légalement à une
indemnité kilométrique et qui bénéficient d’une voiture de fonction à des fins personnelles sans le bénéfice de ladite
indemnité kilométrique, sont soumis à l’IR sur la base du montant de la prime qu’ils auraient dû percevoir.
66
Note commune n°2/1990
67
Lorsque, le salarié bénéficie en même temps d'un avantage en nature exonéré et d'une prime ou d’une indemnité
pour le même objet, cette dernière constitue un élément de rémunération imposable. C'est le cas d'un salarié qui est
hébergé gratuitement par l’entreprise et qui reçoit une indemnité de logement
68
L’uniforme de travail, le matériel de sécurité (casques, lunettes, gants...) ainsi que les avantages octroyés pour des
raisons de protection sanitaire (lait, savon...) ne constituent pas des avantages imposables à l’impôt sur le revenu
(DGELF (48) du 7 janvier 2003)
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indemnités accordées au personnel astreint à rester sur les lieux du travail en dehors
des heures de travail... ;
- L'indemnité d'expatriation, émoluments, indemnités et autres avantages reçus
par les salariés au titre de leur activité à l'étranger ;
Règles de calcul du revenu net au titre des traitements et salaires :
Aux termes de l'article 26 et de l'alinéa 2 de l'article 37 du code de l'IRPP et de l'IS, le revenu net
imposable au titre des traitements et salaires est déterminé comme suit :
+ Montant brut des éléments du revenu y compris les avantages en nature
- (Moins) les retenues obligatoires effectuées par l'employeur en vue de la constitution de rentes,
de pensions de retraite ou pour la couverture des régimes obligatoires de sécurité sociale
= Revenu brut fiscal (c'est-à-dire net des retenues sociales obligatoires)
- (Moins) les frais professionnels fixés forfaitairement à 10% du reliquat net des retenues sociales
obligatoires sans que la déduction dépasse 2.000 dinars par an.
= Revenu catégoriel net
2.4.2. Les pensions et rentes viagères
Cas des pensions et les rentes viagères de source tunisienne
Le revenu net des pensions69 et rentes viagères70 est obtenu par application à leur
montant brut soit le montant de la pension majoré des indemnités, primes et
avantages en nature d’un abattement de 25%.
Le revenu catégoriel est déterminé comme suit :
Règles de calcul du revenu net au titre des pensions et rentes viagères :
Aux termes du paragraphe II de l'article 26 et l'alinéa 2 de l'article 37 du code de l'IRPP et de l'IS,
le revenu net imposable au titre des pensions et rentes viagères est déterminé comme suit :
+ Montant brut de la pension ou de la rente viagère
- (Moins) 25% du montant brut
= Revenu catégoriel net (équivalent à 75% du montant brut de la pension ou de la rente viagère)
69
Les pensions sont des allocations périodiques qui rémunèrent un service passé ou qui sont servies en exécution
d’une obligation légale ; il s'agit notamment :
- des pensions de retraite servies par l’Etat, les collectivités locales, les établissements publics et autres organismes
- des pensions versées directement par les entreprises à leurs anciens salariés
-des pensions alimentaires servies en exécution d’obligations légales telles que celles versées aux ascendants,
descendants et exconjoints.
70
Les rentes viagères sont des allocations périodiques versées en exécution d’engagements contractuels ou d’un
jugement et dont le terme est le décès du bénéficiaire.
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Pensions et les rentes viagères exonérées de l’IRPP
Sont exonérées ou hors champ d’application de l’IRPP, les pensions et les rentes
viagères suivantes :
- Les pensions et rentes viagères de source étrangère ayant été soumises à l’impôt
dans le pays de source.
- Les rentes viagères et allocations temporaires accordées aux victimes d’accident
de travail ou aux ayants droit.
- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu
d’un jugement pour la réparation d’un préjudice corporel.
- Le capital décès et les rentes viagères accordées à l’assuré, en exécution des
contrats d’assurance -vie individuels ou collectifs.
- Les pensions prévues par le décret 2011-97 du 24 Octobre 2011 accordés aux
familles des martyres et aux blessés de la révolution.
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2.5. Les revenus fonciers
Il existe deux catégories de revenus fonciers :
Les revenus provenant de la location d’immeubles,
et la plus-value de cession d’immeubles et des titres assimilés (dite plus-value
immobilière).
La présente section est donc exclusivement réservée aux revenus des immeubles
donnés en location. La plus-value immobilière qui est libératoire de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques, sera traitée dans une partie distincte : elle fait l'objet
d'une déclaration spécifique et n'entre pas dans la détermination du revenu net global
(si elle n'est pas rattachée à un actif professionnel).
Les quotes-parts des associés personnes physiques dans les revenus réalisés par les
entités fiscalement transparentes réalisant des revenus fonciers relèvent également
de cette catégorie.
2.5.1. Régimes d’imposition des revenus fonciers
Les revenus fonciers peuvent être soumis à l’impôt selon trois régimes d’imposition:
- Le régime réel.
- Le régime du forfait partiel d’assiette réservé aux revenus des immeubles
bâtis.
- Le régime des recettes nettes de dépenses applicable aux revenus des terrains
non bâtis.
Le régime réel
Le bénéfice net est déterminé sur la base d’une comptabilité conformément à la
législation comptable des entreprises.
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Le régime du forfait partiel d’assiette réservé aux revenus des immeubles
bâtis
Le revenu catégoriel est déterminé comme suit :
Règles de calcul du revenu net au titre des propriétés bâties :
a) + Recettes TVA comprise (revenu brut)
b) - 20% des recettes TVA comprise au titre des charges de gestion, des rémunérations de
concierge, des assurances et des amortissements
c) - Frais de réparation et d'entretien justifiés71
d) - La taxe sur les immeubles bâtis acquittée
= Revenu net soit (a) - {(b) + (c) + (d)}
Le régime des recettes nettes de dépenses applicable aux revenus des
terrains non bâtis.
Le revenu catégoriel est déterminé comme suit :
Règles de calcul du revenu net au titre des propriétés non bâties :
a) + Recettes TVA comprise (revenu brut)
b) - Dépenses justifiées
c) - La taxe foncière sur les terrains non bâtis acquittée
= Revenu net soit (a) - {(b) + (c)}
Remarque commune aux régimes autres que le régime réel applicables aux
revenus fonciers :
Selon l’article 28 du CIRPPIS, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles
donnés en location est constitué par
Le revenu brut :
+ Le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire,
+ montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par convention à la charge
du locataire
- montant des dépenses supportées par le propriétaire pour le compte du locataire
71
La déduction des frais de réparation et d’entretien (exemple : travaux de réparation des installations comme l’eau
le gaz, l’électricité…) doit être limitée à celles qui sont nécessaires pour le maintien de l’immeuble ou pour sa remise
en bon état afin d’en permettre l’usage normal sans en modifier la consistance, l’agencement ou les équipements
antérieurs. En conséquence, sont exclues de la déduction, les dépenses d’investissement (achat et installation
d’équipements, travaux de démolition et reconstruction, grosse réparation.).
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Par revenu brut, il convient d'entendre le montant des recettes brutes perçues par le
propriétaire. Ces recettes brutes incluent :
Les loyers encaissés, y compris la TVA le cas échéant, au cours de l’année
qui précède celle du dépôt de la déclaration quelle que soit la période à
laquelle ils se rattachent, c’est-à-dire les loyers de l’année ainsi que ceux
encaissés à titre d’avance ou d’arriérés.72
Les recettes exceptionnelles :
- Les pas de porte, droits d’entrée, indemnités de résiliation de contrats et autres
indemnités perçus par le propriétaire dans la mesure où elles ne compensent pas une
dépréciation subie par l’immeuble loué ;
- Les revenus accessoires, tels que les redevances de location du droit d’affichage ;
- La valeur des avantages en nature, prévus par le bail, tels que les constructions et
aménagements réalisés par le locataire et dont la propriété doit revenir au
propriétaire à la fin du bail sans contrepartie.
Exemple :
Madame Mona, médecin dont le mari est au chômage, vous demande de calculer son
IRPP au titre de l’exercice N, sachant qu’elle a réalisé au cours de cet exercice les
revenus suivants :
- Revenus encaissés en N provenant de son cabinet en HTVA : 35.000 DT
- Revenus provenant de la location d’un appartement à usage professionnel :
Loyer mensuel 850 DT HTVA
Pour la location susvisée, Madame Mona vous informe qu’elle a payé 300 dinars de
TIB et 1.750 DT TTC au titre de frais d’entretien (justifiés par des pièces).
Catégorie Revenus Fonciers
Recettes TTC 850 x 1,19 x12= 12.138
Moins 20% des recettes TTC 2.427,6
Moins frais de réparation et d’entretien justifiés par des pièces 1.750
Moins Taxe sur les immeubles bâtis acquittée 300
Revenu Net 7.660,4
Catégorie BNC
Recettes brutes 35.000 x 1,07 =37.450
Moins 20% au titre des frais et des charges 7.490
Revenu net 29.960
Revenu net global : 7.660,4+ 29.960 = 37.620,4
72
Les sommes perçues par le propriétaire à titre de garantie, tant qu’elles n’ont pas été utilisées pour le paiement
d’arriérés de loyers ne sont pas prises en considération
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2.6. Les revenus des valeurs mobilières
Constituent des revenus distribués imposables :
- Les jetons de présence,
- Les intérêts excédentaires par rapport au taux de 8% servis aux associés à
raison des sommes qu'ils versent à la société en sus de leur apport dans le
capital social,
- Les dividendes distribués à partir du premier Janvier 2015, par les sociétés
soumises à l’impôt sur les sociétés, au profit des :
• Personnes physiques dont les revenus distribués dépassant les 10.000
Dinars par an
• Personnes non-résidentes ni établies en Tunisie.
- Autres.
2.6.1. Les revenus de valeurs mobilières exonérés de l’IRPP
Les distributions officielles des bénéfices reçues par les personnes physiques sous
forme de dividendes sont exonérées de l’impôt ; dans la limite de 10.000 Dinars par
an, (possibilité de demander la restitution de la retenue à la source de 10% ou
imputation de cette retenue à la source sur l’IRPP)73.
Ne sont pas considérés comme revenus distribués et échappent par conséquent à
l’IRPP :
- L'amortissement du capital réalisé au moyen de fonds provenant de la cession
d'éléments d'actif ainsi que les remboursements d'apports en cas de réduction
du capital,
- La distribution de la prime d'émission à ceux qui en ont fait apport,
- Les sommes remboursées aux associés à la suite de la liquidation de la
société74 et portant sur leurs apports au capital ou sur un capital
précédemment amorti ayant supporté l'impôt ou sur des réserves capitalisées
depuis plus de cinq ans.
73
Le même régime fiscal s’applique pour les revenus des parts des fonds communs de placement en valeurs mobilières prévus par
la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001, portant promulgation du code des organismes de placement collectif, ainsi que des parts des
fonds d’amorçage et des parts des fonds communs de placement à risque prévus par la législation les régissant.
74
Le boni de liquidation mise à la disposition des actionnaires est exonéré de l'impôt sur le revenu
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2.6.2. Détermination de la base imposable
Lorsqu’un revenu assimilé aux valeurs mobilières est imposable, l’assiette soumise
à l’impôt est constituée par le revenu brut avant toute déduction de retenues à la
source.
Ainsi, les bénéfices que l’assemblée générale des associés décide de distribuer, sont
réputés acquis aux associés l’année de la prise de la décision de distribution.
Sur cette base, les associés doivent déclarer les bénéfices distribués au cours de
l’année qui suit celle au cours de laquelle l’assemblée générale a décidé la
distribution des bénéfices, et ce, indépendamment de la date d’encaissement desdits
dividendes.
2.7. Les revenus de capitaux mobiliers
En vertu de l’article 34 du code de l’IRPP et de l’IS, sont considérés comme revenus
de capitaux mobiliers, les produits suivants :
- Les intérêts, les arrérages, les lots et primes de remboursement et autres
produits des obligations, effets publics et autres titres d'emprunt négociables
émis par l'Etat, les collectivités publiques locales, les établissements publics,
les associations de toute nature et les sociétés civiles et commerciales ;
- Les intérêts des créances ; (Quelle que soit leur cause et la nature juridique du
contrat dont elles découlent)
- Les intérêts des dépôts de sommes d'argent (à vue ou à échéance fixe) ;
- Les intérêts et les rémunérations des cautionnements ;
- Les produits des comptes courants ;
- Les revenus des parts et le boni de liquidation du fonds commun de créances
;
- Le bénéfice net des sukuk et leurs revenus ainsi que les produits de liquidation
du fonds commun des sukuk prévu par la législation les régissant.
Le revenu net catégoriel est constitué par le montant brut des intérêts et autres
produits et avantages que le créancier perçoit au cours de l’année précédant celle de
l’imposition, ce qui implique la prise en compte des revenus :
- Perçus au titre de l'année ;
- Perçus au titre d'arriérés ;
- Perçus par anticipation ;
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2.7.1. Revenus des capitaux mobiliers exonérés
Selon l’article 38 du code de l’IRPP et de l’IS, ne sont pas soumis à l’impôt, les
revenus de capitaux mobiliers suivants :
- Les intérêts de l’épargne logement servis aux titulaires de contrats d’épargne-
logement.75
- Les intérêts des dépôts et de titres en devises ou en dinars convertibles.
- Les intérêts des comptes courants ouverts entre industriels, commerçants ou
exploitants agricoles à la condition que les opérations inscrites au compte
courant se rattachent exclusivement à la profession.
- Les intérêts des comptes d’épargne pour les études76, ouverts auprès des
banques par les parents au profit de leurs enfants.
2.8. Les autres revenus
La catégorie « autres revenus » comprend les revenus de source étrangère.
Toutefois ces revenus ne font partie du revenu global du contribuable que dans la
mesure où :
- Ils n'ont pas fait l'objet d'une imposition dans le pays d'origine.
- La convention de non-double imposition entre la Tunisie et le pays de la
source attribue le droit d’imposition de ces revenus à la Tunisie.
A titre d’exemple, les dividendes de source étrangère reçus par des résidents en
Tunisie sont soumis à l’impôt en Tunisie, s’ils n’ont pas subi d’impôt à l’étranger,
et ce, sous réserve des dispositions conventionnelles.
Etant précisé que le revenu de source étrangère ayant subi l’impôt à l’étranger
contrairement à ce qui est prévu par la convention de non double imposition conclue
entre la Tunisie et le pays de la source du revenu, est considéré n’ayant pas supporté
d’impôt à l’étranger et demeure imposable en Tunisie.
Apport de la LF2016
En vertu de la LF2016, font également partie de la catégorie autres revenus :
- Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie,
75
L'exonération des intérêts de l'épargne-logement servis aux titulaires des contrats d'épargne-logement (article 38 -
point 7 du code de l'IRPP et de l'IS) s'applique à l'épargne-logement des personnes physiques chez toute banque dès
lors qu'elle fait l'objet d'un contrat d'épargne-logement conforme au modèle approuvé par le ministère des finances
(DGELF (172) du 21 février 2000)
76
Les « comptes épargne-études » sont destinés à recevoir les dépôts des parents en vue de faire bénéficier leurs
enfants poursuivant l’enseignement de base ou des études secondaires, de crédits bancaires leur permettant de
poursuivre des études universitaires et ce, selon des modalités à fixer par la banque (Article 2 décret 99-1923)
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2.8.1. Détermination du revenu net
Aux termes de l’article 37 du code de l’IRPP et de l’IS : « Le revenu net est constitué
par les sommes effectivement perçues de l'étranger et par le montant brut provenant
des jeux de pari, de hasard et de loterie et par le revenu déterminé selon les dépenses
personnelles ostensibles et notoires et selon l’accroissement du patrimoine. »
Cas particulier des revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie
Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie sont soumis à une RS
libératoire au taux de 25 %.
Toutefois, L'article 56 de la loi n° 2017-66 du 18 décembre 2017 portant loi de
finances pour l’année 2018 a exonéré les sommes provenant des jeux de pari mutuel
sur les courses de chevaux et des concours de pronostics sportifs, organisés par les
établissements publics conformément à la législation les régissant, de la retenue à la
source libératoire au taux de 25%.77
8.1.3. Cas particulier des traitements et salaires de source étrangère
Le revenu net des traitements et, salaires est déterminé après une déduction
forfaitaire de 10% conformément aux dispositions de l'article 26 du code de l’IRPP
et de l’IS.78
Exemple :
Soit une personne physique résidente en Tunisie qui a été recrutée par une société
pétrolière établie à l'étranger pour exercer son activité d'ingénieur chimiste à
l'étranger, moyennant un salaire brut mensuel de 5.200 dinars.
Dans la mesure où l'intéressé n'a pas subi l'impôt sur le revenu au titre dudit salaire
à l'étranger, l'impôt sur le revenu à sa charge sera calculé comme suit :
Revenu annuel brut 5.200 D x 12 = 62.400
Abattement pour frais professionnels de 10% (plafonné à 2.000 dinars) 2.000
Revenu net imposable 60.400
Impôt sur le revenu dû
77
L'article 56 susvisé a prévu que la retenue à la source libératoire au taux de 25% concerne exclusivement les sommes
provenant des jeux de pari, de hasard et de loterie soit à l'exception des prix en nature accordés dans ce cadre. Dans
tous les cas, la retenue à la source libératoire de 25% ne s’applique pas aux prix octroyés en contrepartie de la
participation aux compétitions culturelles, sportives, artistiques ou religieuses dont le hasard n'intervient ni pour
participer ni pour remporter la compétition, mais se basent sur les capacités intellectuelles ou culturelles ou sur les
conditions physiques…
78
En vertu du paragraphe III de l’article 52 du code de l’IRPP et de l’IS, les bénéficiaires des salaires provenant de
l’étranger sont tenus d’opérer la retenue à la source au titre des sommes leur revenant à ce titre et de la reverser au
trésor dans les délais fixés par la législation fiscale en vigueur.
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8.1.4. Cas particulier des pensions et des rentes viagères de source
étrangère
Le revenu net des pensions et rentes viagères de source étrangère est déterminé après
une déduction de 80% de son montant brut.
L’application de l’abattement de 80% au titre des pensions et des rentes viagères est
subordonnée :
- au transfert des pensions ou rentes viagères dans un compte bancaire ou postal
en Tunisie ou à leur déclaration à l’importation,
- à la production à l’appui de la déclaration annuelle d’impôt les justificatifs du
transfert ou de l’importation desdits montants en Tunisie.
Cette mesure s’applique à tous les résidents de la Tunisie qui reçoivent des pensions
ou des rentes viagères de l’étranger et ce nonobstant leur nationalité y compris les
tunisiens. L’imposition desdites rentes aura lieu dans le cadre de la déclaration
annuelle de l’impôt.
Exemple :
Supposons qu’un retraité marié et résident en Tunisie bénéficie d’une pension de
retraite mensuelle provenant de la France d’un montant égal à 2500D. Etant donné
que ladite pension est imposable conformément aux dispositions de la convention
Tuniso-Française de non double imposition exclusivement en Tunisie, et dans la
mesure où le retraité concerné ne réalise pas d’autres catégories de revenus, l’impôt
exigible sur son revenu global est calculé comme suit :
- Revenu annuel global : 2.500D x 12 = 30 000 D
- Déduction (80%) 24.000 D
- Déduction de 300 D au titre du chef de famille : 300 D
- Revenu net : 5.700 D
- L’impôt sur le revenu annuel :
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Chapitre 3 : Liquidation de l’impôt sur le revenu
des personnes physiques
Le revenu global imposable est déterminé en appliquant à la somme algébrique des
différentes catégories de revenus nets les déductions communes énumérées par les
articles 39 et 40 du code de l’IRPP et de l’IS.
Il est à noter qu’outre les déductions communes énumérées par les articles susvisés,
des déductions supplémentaires peuvent être appliquées dans le cadre de la
législation régissant les avantages fiscaux.
1. Déductions communes et particulières
Pour être déductibles, les charges communes du revenu global doivent présenter les
caractéristiques suivantes :
- Être prévues par la loi.
- Ne pas faire l’objet d’une double déduction.
- Hormis les abattements forfaitaires liés à la famille, pour être déductible, la charge
du revenu global doit avoir fait l’objet d’un paiement au cours de l’année au titre de
laquelle l’impôt est dû.
- La charge doit être justifiée de façon probante.
La fiscalité tunisienne comprend les déductions communes suivantes :
1.1. La déduction pour chef de famille
Le chef de famille tel que défini plus haut, a droit à ce titre à une déduction de 300
D.
1.2. La déduction pour enfants à charge
Il a aussi droit à une déduction supplémentaire au titre des quatre premiers enfants à
sa charge de 100 D au titre de chaque enfant.
Sont considérés comme étant à la charge du contribuable, à la condition de n'avoir
pas de revenus distincts de ceux qui servent de base à l'imposition de ce dernier, ses
enfants ou les enfants adoptés âgés de moins de 20 ans au 1er janvier de l'année
d'imposition.
La déduction pour enfants à charge est portée à :
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- 1.000 dinars par enfant poursuivant des études supérieures sans bénéfice de
bourse et âgé de moins de 25 ans au 1er janvier de l'année d'imposition (dans
la limite des quatre premiers enfants à charge)79.
- 2.000 dinars pour chaque enfant infirme quels que soient son âge et son rang
(revenus réalisés à partir du 1er janvier 2017 et à déclarer au cours de l'année
2018 et aux revenus des années ultérieures).
Déduction pour enfant à Cas particuliers
Rang
charge Etudiant80 Infirme
1er enfant 100 1.000 2.000
2e enfant 100 1.000 2.000
3e enfant 100 1.000 2.000
4e enfant 100 1.000 2.000
5e enfant 0 0 2.000
6e enfant 0 0 2.000
7e enfant 0 0 2.000
8e enfant 0 0 2.000
Etc,
1.3. La déduction pour parents à charge
Tout contribuable a droit à une déduction au titre de chaque parent à charge dans la
limite de 5% du revenu net soumis à l'impôt avec un maximum de 450 dinars par
parent à charge (450 dinars par an pour la mère et 450 D par an pour le père), à la
triple condition que :
- Le montant déduit chez le contribuable figure en revenus sur la déclaration
des revenus du parent bénéficiaire en tant que pension reçue.
- La déclaration annuelle des revenus du parent bénéficiaire est déposée en
même temps avec la déclaration annuelle du contribuable qui mentionne la
déduction au titre du parent à charge.
- Le revenu du ou des parents à charge, augmenté du montant de la déduction,
n'excède pas le double du salaire minimum interprofessionnel garanti.
Lorsque la charge des parents est assurée par plus d'un enfant, le montant de la
déduction est réparti entre tous les enfants.
79
La déduction s’applique nonobstant le caractère de l’établissement d’enseignement, qu’il soit public ou privé et
nonobstant son lieu d’implantation qu’il soit en Tunisie ou à l’étranger.
80 Sans bénéfice de bourse et âgé de moins de 25 ans au 1er janvier de l'année d'imposition.
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1.4. Les arrérages des rentes payées à titre obligatoire et
gratuit (article 39.I.1 du code de l’IRPP et de l’IS)
Pour être déductible du revenu global, la rente ou la pension doit remplir trois
conditions cumulatives :
(1) être due à titre obligatoire : le caractère obligatoire résulte d’un jugement (tel
est le cas par exemple d’une pension alimentaire versée en cas de divorce). Il peut
aussi résulter d’un engagement contractuel lorsqu’il découle d’un titre faisant preuve
d’une obligation.
(2) la rente ou la pension doit être due à titre gratuit.
(3) le montant déductible est limité au montant effectivement payé au cours de
l’année au titre de laquelle l’imposition est due dans la limite de la somme exigible
en vertu de l’obligation légale.
1.5. Les primes afférentes aux contrats d’assurance vie (article
39.I.2 du code de l’IRPP et de l’IS).
Les versements au titre des primes payées par le souscripteur dans le cadre des
contrats assurance-vie et des contrats de capitalisation dans la limite de 10.000
dinars par an, et ce, lorsque ces contrats comportent l’une des garanties suivantes :
Garantie d'un capital ou d’une rente au profit de l'assuré, de son conjoint, de
ses ascendants ou descendants d'une durée effective au moins égale à huit ans,
Garantie des unités de compte (actions, obligations, parts sociales…)81 au
profit de l'assuré, de son conjoint, de ses ascendants ou descendants servies
après une durée minimale qui ne doit pas être inférieure à huit ans,
Garantie d'un capital ou d’une rente en cas de décès au profit du conjoint, des
ascendants ou des descendants.
Ainsi, la déduction ne concerne pas les primes d’assurance non vie (assurance
automobile…) ainsi que les contrats d’assurance vie ne comportant pas les garanties
susvisées (exemple : l’assurance vie ne comportant les caractéristiques de l’épargne
tels que celles contractés pour le garantie du remboursement des crédits…).
81
Les produits d'assurance vie en unités de comptes sont des contrats pour lesquels la garantie n'est pas exprimée en
dinar tunisien mais en fonction d'un support constitué de titres. La valeur de ces contrats est déterminée en fonction
des placements pour lesquels le souscripteur supporte le risque ou en fonction d'un indice quelconque. En cas de
réalisation du risque assuré ou au terme du contrat, les sommes équivalentes auxdits supports et payées aux
bénéficiaires sont calculées sur la base de la valeur commerciale des supports en question à la date de leur versement
(Note commune N°22 / 2014)
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1.6. Les sommes payées au titre du remboursement des prêts
universitaires (article 39-I-3 du code de l’IRPP et de l’IS)
Sont déductibles du revenu global, les sommes payées en principal et en intérêts, au
titre du remboursement des prêts universitaires dont a bénéficié un contribuable
durant sa vie universitaire, et ce, quelle que soit la qualité de l'organisme prêteur,
Trésor Public, Banques, Caisses sociales (CNSS-CNRPS).
1.7. La déduction des intérêts payés au titre des prêts relatifs
à l’acquisition ou à la construction d’un logement (article 39-
I-4 du code de l’IRPP et de l’IS) :
La loi n° 2015-30 du 18 août 2015, portant loi de finances complémentaire pour
l’année 2015 permet aux personnes physiques de déduire les intérêts payés au titre
des crédits relatifs à l’acquisition ou à la construction d’un local à usage d’habitation
dont le coût d'acquisition ou de construction ne dépasse pas 200.000 dinars.
Ces dispositions s'appliquent aussi aux opérations d'acquisition dans le cadre des
contrats Murabaha.
Ces dispositions s'appliquent aux montants dont la date de remboursement aura lieu
à partir du 1er janvier 2016.
Pour l’application de ces dispositions la doctrine administrative considère que le
bénéfice de la déduction susmentionnée est subordonné au respect des conditions
suivantes :
- Il doit s’agir d’un local à usage d’habitation dont le coût d’acquisition ou de
construction y compris les parties dépendantes (jardins, caves, garages...) et les
parties indépendantes (celliers, places de parking....), même lorsqu’ils font l’objet de
contrats séparés, ne dépasse pas 200.000 dinars. Dans ces conditions, la mesure ne
s’applique pas aux crédits affectés à l’acquisition des terrains ainsi qu’à d’autres
crédits de consommation ou d’aménagement.
- Il doit s’agir d’une opération d’acquisition ou de construction d’un seul local à
usage d’habitation ;
- Le bénéficiaire du crédit ne doit pas être propriétaire d’un autre local à usage
d’habitation à la date de la déduction même en copropriété, et ce, même si la valeur
totale de la première et de la deuxième habitation ne dépasse pas 200.000 dinars.
Par ailleurs, la déduction ne concerne que les intérêts au titre des crédits relatifs aux
locaux à usage d’habitation propriété de l’emprunteur82.
82
Les personnes qui procèdent à la construction d’un logement sur un terrain ou un étage dont ils ont seulement la
nue -propriété, ne peuvent pas bénéficier de la déduction de la marge ou des intérêts n’étant pas propriétaires du local
objet de la construction
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Sur cette base :
- La déduction a lieu, en cas de copropriété, pour chacun des copropriétaires
dans la limite de la quotepart des intérêts relatifs à ses droits dans l’immeuble,
et ce, nonobstant la possibilité pour l’un des copropriétaires de bénéficier ou
non de la déduction des intérêts correspondant à ses droits dans la propriété
- Les intérêts payés par une personne pour l’acquisition ou la construction d’un
local à usage d’habitation dans lequel il n’a pas des droits de propriété ne sont
pas déductibles, c’est le cas notamment des intérêts payés en exécution d’une
caution.
La déduction ne couvre pas dans tous les cas :
- Le principal du crédit ;
- Les intérêts relatifs à un crédit pour l’acquisition ou la construction d’un local à
usage d’habitation dont le coût dépasse 200.000 dinars même si le montant du crédit
est inferieur à 200.000 dinars ;
- Les dépenses engagées par l’emprunteur pour l’obtention du crédit, tels que les
frais d’assurance, les droits d’enregistrement, ... ;
- Les commissions de gestion telles que les commissions pour étude de dossier, les
commissions exigibles pour le remboursement anticipé du crédit... ;
- Les intérêts de retard exigibles en cas de paiement des annuités du crédit hors
délais.
1.8. La franchise sur les intérêts de l’épargne et des obligations (article
39-II du code de l’IRPP et de l’IS)
Sont déductibles du revenu global :
Les intérêts perçus par le contribuable au cours de l'année au titre des comptes
spéciaux d'épargne ouverts auprès des banques, ou de la Caisse d'Epargne
Nationale de Tunisie ou
Les intérêts au titre des emprunts obligataires.
En vertu de la LF2017, la déduction s’effectue dans la limite d'un montant annuel de
cinq mille dinars (5.000D) sans que ce montant n'excède trois mille dinars pour les
intérêts provenant des comptes spéciaux d'épargne ouverts auprès des banques et
auprès de la Caisse d'Epargne Nationale de Tunisie.
1.9. Les autres déductions
Il s’agit généralement d’avantages fiscaux sous forme de déductions de revenus
provenant de l’exploitation ou de déductions pour réinvestissements.
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2. Liquidation de l’impôt sur le Revenu Net Global (RNG)
2.1. Les retenues à la source
La retenue à la source est à l’origine une perception anticipée opérée pour le compte
de l’Etat par un tiers payeur, à valoir sur l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les
sociétés dû par le bénéficiaire à raison de ses revenus
Sont concernés par la retenue à la source :
- Les traitements, salaires, pensions et rentes ;
- Les revenus des professions non commerciales : les honoraires des professions
libérales, les rémunérations occasionnelles ainsi que toute autre activité non
commerciale tels que les artistes et les sportifs ;
- Les revenus fonciers : loyers et plus-values immobilières ;
- Les bénéfices industriels et commerciaux : les commissions et courtages,
l’importation de certains biens de consommation et les ventes locales des entreprises
totalement exportatrices ainsi que les marchés conclus avec les personnes morales
et les personnes physiques soumises au régime réel ;
- Tout paiement effectué en contrepartie d'une opération réalisée avec l'Etat, les
collectivités locales, les entreprises et organismes publics dont le montant atteint
1.000 D TTC ;
- Les revenus de capitaux mobiliers et les jetons de présence.
-Autres
Champ d’application et taux de la Retenue à la source au titre de l’IR ou de l’IS
(quelques exemples)
Champ d’application Taux de la retenue à la source
Honoraires, commissions, courtages, loyers et rémunérations des activités Local : 15%
non commerciales qu’elle qu’en soit l’appellation
Dividendes Non résidents ou PP : 10%
Les sommes provenant des jeux de pari de hasard et de loterie 25%
Traitements, salaires, pensions et rentes viagères (Paie informatisée) : L’impôt annuel calculé selon le barème
salaire de base divisé par le nombre de paies.
Rémunérations payées aux salariés et aux non-salariés en contrepartie 15%
d’un travail occasionnel 83ou accidentel en dehors de leur activité
principale
83
Dans une prise de position (858) du 17 avril 2003, la DGELF a précisé le régime fiscal applicable aux Rémunérations
versées par une agence de voyage au profit d'un guide touristique : Cas 1 : Activité de guide touristique exercée d'une
façon occasionnelle en plus de l'activité Principale : Dans ce cas les rémunérations versées au guide touristique sont
qualifiées de rémunérations occasionnelles soumises à la retenue à la source au taux de 15% sur leur montant brut.
Cas 2 : Activité de guide touristique exercée en tant qu'activité principale Dans ce cas les rémunérations versées au
guide touristique sont qualifiées d'honoraires et sont passibles de la retenue à la source au taux de 15% ou 5% s'il est
soumis au régime réel.
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2.2. Les acomptes provisionnels
2.2.1. Personnes soumises aux acomptes provisionnels
Les acomptes provisionnels sont dus à partir de la deuxième année d’activité par les
personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu, à raison des bénéfices
industriels et commerciaux et des bénéfices des professions non commerciales.
2.2.2. Personnes exonérées
Sont exonérées du paiement des acomptes provisionnels :
1- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu à raison des revenus ou
bénéfices réalisés dans des exploitations agricoles et de la pêche ;
2- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu à raison des traitements
et salaires ;
3- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu à raison des revenus
fonciers ;
4- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu à raison des revenus de
capitaux mobiliers et de valeurs mobilières.
5- les personnes physiques soumises à l'impôt sur le revenu selon le régime
forfaitaire.
2.2.3. Base et taux des acomptes provisionnels
Les acomptes provisionnels sont acquittés en trois échéances égales de 30% chacune
du montant de l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année précédente.
Lorsque l’une quelconque des catégories de revenu d’un contribuable ne donne pas
lieu aux acomptes provisionnels, ces derniers sont alors dus sur la base de la fraction
de l’impôt sur le revenu correspondant aux seuls revenus donnant lieu aux acomptes
provisionnels.
L’impôt donnant lieu aux acomptes provisionnels est obtenu en appliquant à l’impôt
global dû le pourcentage résultant du rapport :
Revenu net donnant ouverture aux acomptes / Revenu net global
Exemple :
Soit un contribuable célibataire qui a réalisé au titre de l’année N :
- Un revenu foncier net = 20.000 DT
- Des bénéfices industriels et commerciaux = 40.000 DT
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RNG imposable = 100.000 DT (Pas de déductions communes)
IR dû = (5.000 x1%) + (15.000 x 27%) + (10.000 x 29%) + (20.000 x 33%) + (10.000
x 36%) = 50+4.050+2.900+6.600+3.600
IR dû = 17.200 DT
Fraction du revenu des bénéfices industriels et commerciaux par rapport au revenu
global : 40.000 D / 60.000 D = 66.66 %
Le montant de chaque AP à acquitter au cours de (N+1) = 66.66% x 30% x 17.200=
3.439,656 DT.
2.2.4. Délais de paiement des acomptes provisionnels
La déclaration des comptes provisionnels et leur paiement s'effectuent pendant les :
- 25 premiers jours du 6ème mois qui suit la date de clôture de l'exercice pour le 1er
acompte provisionnel,
- 25 premiers jours du 9ème mois qui suit la date de clôture de l'exercice pour le 2 ème
acompte provisionnel, et
- 25 premiers jours du 12ème mois qui suit la date de clôture de l'exercice pour le 3ème
acompte provisionnel.
Si la date de clôture de l’exercice correspond au 31 décembre, les acomptes
provisionnels sont alors à déclarer en juin, septembre et décembre N à titre d’avance
sur l’IRPP dû au titre de la même année et dont l’exigibilité se situe en N+1.
2.2.5. Imputation des acomptes provisionnels
Les acomptes provisionnels payés au cours d’une année constituent des crédits
ouverts sur le trésor public, imputables sur l’impôt sur le revenu dû. En cas
d’existence d’un excédent non imputé, il est reportable sur les acomptes ou sur
l’impôt sur le revenu ultérieur. Si au bout de la troisième année il persiste encore un
reliquat non imputé, il est restituable sur demande, comme il peut continuer à faire
l’objet d’un report.
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2.3. Régularisation et paiement de l’impôt
Sur justification, les acomptes provisionnels, l'avance et les retenues, autres que
libératoires et payés par tout contribuable ou pour son compte au titre d'un exercice,
sont imputables sur l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés dû à raison des
revenus ou bénéfices réalisés par l'intéressé ou lui revenant pendant ce même
exercice. L’avance, prévue par l’article 51 du code, facturée sur les acquisitions
nécessaires à l’exploitation est déductible de l’impôt sur le revenu exigible par les
personnes physiques concernées par ladite avance. L'excédent non imputé est
reportable sur les acomptes provisionnels ou sur l'impôt annuel exigible
ultérieurement et il peut faire l'objet d'une restitution
A l’exception du régime particulier du forfait d’impôt réservé aux forfaitaires
relevant des BIC, l’IRPP est déterminé comme suit :
- Arrondissement au dinar supérieur
- Calcul de l’IRPP par application du barème progressif
L’article 14 de la loi de finances pour l’année 2017 a révisé le barème de l’impôt
sur le revenu, sur la base duquel est calculé l’impôt dû sur le revenu annuel global
net réalisé au titre de l’année 2017 et des années ultérieures comme suit :
Tranches Taux Taux effectif à la tranche
supérieure
0 à 5 000 DT 0% 0%
De 5 000,001 à 20 000 DT 26% 19.50%
De 20 000.001 à 30 000 DT 28% 22.33%
De 30 000,001 à 50 000 DT 32% 26.20%
Au-delà 50 000 DT 35%
Instauration d'une contribution sociale solidaire (CSS) de 1% (Article 53 – LF 2018)
Sont soumises à la CSS, au titre des revenus et bénéfices réalisés à partir du
premier janvier 2018, les personnes physiques soumises l'IRPP selon le barème et
les entreprises et sociétés qu'elles soient soumises ou non à l'IS.
Barème d’imposition sur les revenus des personnes physiques (Article 53 – LF 2018)
Tranches Taux Taux effectif à la tranche
supérieure
0 à 5 000 DT 1% 1%
De 5 000,001 à 20 000 DT 27% 20.50%
De 20 000.001 à 30 000 DT 29% 23.33%
De 30 000,001 à 50 000 DT 33% 27.20%
Au-delà 50 000 DT 36%
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A ce titre, la loi de finances 2020 a exonéré les revenus inférieurs à 5.000 dinars du
paiement de cette contribution. Les revenus supérieurs à 5.000 dinars demeurent
imposables au niveau de cette tranche.
2.4. Minimum d’impôt
Minimum d'impôt pour les personnes physiques exerçant une activité relevant
des BIC et BNC déficitaires ou insuffisamment bénéficiaires :
Les personnes physiques soumises au régime réel qui exercent une activité
commerciale ou non commerciale (libérale) sont passibles d’un minimum d’impôt
lorsque ledit minimum est supérieur à l’impôt résultant de l’application du barème
d’impôt sur le revenu, ce qui est principalement le cas des exploitations déficitaires.
Ainsi, l’impôt annuel calculé sur la base du barème ne peut pas être inférieur pour
les activités commerciales et les activités non commerciales à un montant égal à :
0,2% du montant brut (TTC) du chiffre d’affaires ou des recettes avec un
minimum égal à 300 dinars exigible même dans le cas de non réalisation de
chiffre d’affaires.
0,1% du montant brut du chiffre d’affaires ou des recettes :
- provenant des opérations d’exportation,
- provenant de la commercialisation de produits ou de services soumis au
régime de l’homologation administrative des prix (pain subventionné,
farine, semoule, sucre subventionné, thé, allumettes, etc) dont la marge
bénéficiaire brute ne dépasse pas 6%, et
- réalisé par les établissements de santé prêtant la totalité de leurs services
aux non- résidents.
Ce MI au taux réduit de 0.1% ne peut être inférieur à 200D (minimum du
minimum).
Ce minimum ne s’applique pas aux entreprises nouvelles durant la période de
réalisation du projet, sans que cette période dépasse dans tous les cas trois ans à
compter de la date du dépôt de la déclaration d’existence.
Le minimum d’impôt visé par le présent paragraphe est majoré de 50% en cas de
paiement après un mois de l’expiration des délais légaux.
Exemple :
Supposons que M. Slim exploite une entreprise individuelle exerçant une activité
industrielle selon le régime réel d’imposition, et qui a réalisé au cours de l’année N
un bénéfice fiscal égal à 25.000DT et un chiffre d’affaires brut de 3.000.000DT.
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T.A.F : Déterminer l’IR dû par M. Slim au titre de l’année N sachant qu’il est
célibataire.
L’IR dû (selon le barème) = (5.000 x 1%) + (15.000 x 27%) + (5.000 x 29%) =
5.550DT
MI = 3.000.000 x 0.2% = 6.000DT > 300DT
6.000DT > 5.550 DT
L’IR dû = 6.000D T
NB : On retient toujours la valeur supérieure entre (IR dû selon le barème, le MI et
le minimum du minimum).
Reprenons les mêmes données de l’exemple précédent et supposons que le bénéfice
fiscal réalisé est égal à 5.500DT et que le chiffre d’affaires brut s’élève à 140.000
DT.
T.A.F : Déterminer l’IR dû par M. Sami.
L’IR dû (selon le barème) = (5.000 x 1%) + (500 x 27%) = 185 DT
MI = 140.000 x 0.2% = 280DT < 300DT
185 DT < 280DT < 300DT
L’IR dû = 300 DT
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Partie 4 : Impôt sur les sociétés
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Chapitre 1 : Champ d’application
L’impôt sur les sociétés (IS) s’applique aux personnes morales soumises à l’impôt
sur les sociétés, aux établissements stables de sociétés de capitaux étrangères établis
en Tunisie ainsi qu’à certains revenus versés aux personnes morales étrangères non
établies en Tunisie.
Contrairement à l'impôt sur le revenu des personnes physiques qui est établi sur la
base du revenu mondial et en vertu des dispositions de l'article 47 du code de l'impôt
sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés, les bénéfices passibles de l'impôt sur les
sociétés sont ceux réalisés notamment dans le cadre d'établissements situés en
Tunisie.
1. Champ d’application de l’impôt sur les sociétés
1.1. Personnes morales imposables
Sont soumises à l’IS les personnes morales suivantes qui exercent leurs activités en
Tunisie quel que soit leur objet.
- Les sociétés de capitaux : Il s’agit des sociétés commerciales visées à l’article
7 du code des sociétés commerciales à savoir : les SA, SARL, SUARL, les sociétés
en commandite par actions.
- Les personnes morales assimilées aux sociétés de capitaux : Il s’agit des
établissements publics à caractère non administratif (EPNA), les organismes de
l'Etat, des gouvernorats et des communes, à caractère industriel et commercial et
jouissant de l'autonomie financière ainsi que les coopératives84 et leurs unions85.
- Les sociétés civiles ayant les caractéristiques des sociétés de capitaux : Les
sociétés civiles sont normalement traitées selon le régime de la transparence fiscale
applicable aux sociétés de personnes. Toutefois, dans le cas particulier où elles
présentent de fait les caractéristiques de sociétés de capitaux, elles deviennent
passibles de l’IS.86
84
De production, de consommation ou de services
85
A l’exception des coopératives suivantes qui sont exonérées d’impôt :
- Coopératives de services dont l’activité concourt à la commercialisation des produits agricoles ou de pêche et
opérant dans l’enceinte des marchés de gros ;
- Coopératives de services agricoles et de pêche ;
- Coopératives ouvrières de production.
86
Selon la doctrine administrative, une société civile est considérée comme présentant les caractéristiques des
sociétés de capitaux lorsque les trois conditions cumulatives suivantes sont simultanément réunies :
1. Le capital social est divisé en parts sociales librement cessibles et négociables entre associés et avec des tiers ;
2. La responsabilité des associés vis-à-vis des tiers est limitée à leurs apports ;
3. La société n’est pas dissoute à la suite du décès de l’un des associés.
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1.2. Personnes morales exonérées de l’IS :
Certaines personnes morales qui devraient normalement être passibles de l’IS sont
par l’effet de dispositions spéciales de droit commun exonérées de l’IS, alors que
d’autres personnes morales en sont exonérées de façon permanente ou durant une
période limitée en vertu d’avantages fiscaux.
Aux termes de l’article 46 du code de l’IRPP et de l’IS, Sont exonérés de l'impôt
sur les sociétés dans la limite de leur objet social :
1- Les groupements interprofessionnels qui ne réalisent pas à titre principal des
activités lucratives et dont les ressources sont d'origine fiscale ou parafiscale ;
2- Les caisses d'épargne et de prévoyance administrées gratuitement ; (Exemple :
CNSS, CNRPS)
3- Les établissements publics, les organismes de l'Etat ou des collectivités publiques
locales sans but lucratif ;
4- Les coopératives et mutuelles suivantes :
Les coopératives de services dont l'activité concourt à la commercialisation
des produits agricoles ou de pêche et opérant dans l'enceinte des marchés de
gros ;
Les sociétés mutuelles de services agricoles ;
Les coopératives ouvrières de production ;
5- La Caisse des Prêts et de Soutien des Collectivités Locales ;
6- Les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV).
Il y a lieu de noter que l’exonération de l’impôt sur les sociétés est limitée aux
activités qui relèvent de l’objet social.87 Tout revenu provenant d’activités autres
que celles réalisées dans le cadre du régime légal propre régissant l’organisme
bénéficiaire de l’exonération reste soumis à l’IS.
Apports Article 13 LF2018 et Article 13 LF2019
Nonobstant les dispositions de l’article 71 du code de l’impôt sur le revenu des
personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, les entreprises88 créées et ayant
obtenu une attestation de dépôt de déclaration d’investissement auprès des services
concernés par le secteur d’activité au cours des années 2018, 2019 et 2020, autres
que celles exerçant dans le secteur financier, les secteurs de l’énergie à l’exception
87
Dans une prise de position (187) du 15 janvier 2019, la DGELF a précisé que le centre informatique du ministère
de la santé publique n’ayant pas un but lucratif, et il est par conséquent exonéré de l’IS dans la limite de son objet
social. En revanche, les opérations à but lucratif réalisées en dehors de l’objet social du centre sont soumises à l’IS au
titre des bénéfices provenant de ces opérations.
88
L’avantage n’a pas été limité aux PME
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des énergies renouvelables, des mines, de la promotion immobilière, de la
consommation sur place, du commerce et des opérateurs de télécommunication,
bénéficient de l’exonération de l’impôt sur les sociétés89 pendant une période de 4
ans90 à partir de la date d’entrée en activité effective, et ce, sans que le minimum
d'impôt, prévu aux articles 12 et 12 bis de la loi n° 89-114 du 30 décembre 1989
portant promulgation du code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de
l'impôt sur les sociétés, soit exigible.91
Le bénéfice de l’exonération est subordonné à la tenue d’une comptabilité conforme
à la législation comptable des entreprises et à l’entrée en activité effective dans un
délai de deux ans à partir de la date de la déclaration de l’investissement de création.
Ces dispositions ne s’appliquent pas aux entreprises créées dans le cadre des
opérations de transmission ou suite à la cessation d’activité ou suite à la modification
de la forme juridique de l’entreprise, et ce, pour l'exercice de la même activité
relative au même produit ou au même service.92 Sont également exclues du bénéfice
de la dite exonération les entreprises constituées entre des personnes exerçant une
activité de même nature que l’activité de l’entreprise créée et concernée par
l’avantage.
Apport de la loi 20-2018 du 17 Avril 2018 relative aux Startups
En vertu de l’article 19 de la loi 2018-20 du 17 Avril 2018, “La Startup bénéficie,
pendant la durée de validité du label Startup de l’exonération de l’impôt sur les
sociétés.”
89
L’exonération concerne les bénéfices provenant de l’activité principale de l’entreprise ainsi que les bénéfices
exceptionnels y rattachés prévus à l’article [Link] du code de l’IRPP et de l’IS
90
La période effective de l’avantage peut s’étaler sur cinq ans. Par exemple, une entreprise créée le 1/7/2019, peut
bénéficier de l’exonération durant les exercices 2019, 2020,2021,2022,2023 et durant le premier semestre de 2024.
91
La période de déduction totale des bénéfices ou des revenus réalisés par les entreprises bénéficiant de l'exonération
prévue à l'article 13 de la loi de finances pour l'année 2018 et à l'article 13 de la loi de finances pour l'année 2019, et
provenant des investissements directs au sens de l'article 3 de la loi de l'investissement réalisés dans les zones de
développement régional, est décomptée à partir de la date de l'expiration de la période de ladite exonération (le
législateur n’ a pas prévu un avantage similaire pour le développement agricole).
92
Dans une prise de position (1075) du 28 mars 2019, la DGELF a précisé qu’une personne physique ayant exercé
depuis l’année 2017 une activité de « bureau d’études » et désirant exercer une autre activité dans le domaine de la
comptabilité, ne pourra pas prétendre au bénéfice de l’exonération de l’IR pendant 4 ans prévue par l’article 13 de la
loi de finances pour la gestion de l’année 2018, au cas où l’activité exercé dans le cadre de la nouvelle entreprise est
la même que l’activité exercée dans le cadre du « bureau d’études».
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1.3. Personnes morales hors champ d’application de l’IS
Certaines personnes morales sont hors champ d’application de l’IS :
Les personnes morales soumises au régime de la semi transparence (société
de personne, société en participation, groupement d’intérêt économique,
société civile, etc.)
Les associations et organismes à but non lucratif qui exercent leur activité
conformément aux dispositions de la législation les régissant.
Les établissements publics à caractère administratif à but non lucratif.
Organismes dépourvus de personnalité morale hors du champ d’application
de l’IS :
o Les fonds communs de placement en valeurs mobilières.
o Les fonds communs de placement à risque.
o Les fonds d’amorçage.
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Chapitre 2 : Détermination du Bénéfice imposable
L’administration fiscale s’appuie, sur l’information comptable pour la détermination
de l’assiette imposable. Compte tenu des différences d’approche et de critère de
mesure des résultats, il est normal qu’il existe des divergences entre comptabilité et
fiscalité.
Dans ce contexte, la règle qui va gouverner les rapports comptabilité fiscalité est la
suivante :
- Lorsqu’une règle comptable formulée dans le système comptable des
entreprises heurte une autre règle divergente résultant d’une disposition fiscale
expresse, la norme comptable appliquée est retraitée pour les besoins de la
détermination du résultat fiscal. En revanche, toutes les règles comptables formulées
dans le système comptable des entreprises qui ne sont pas en contradiction avec la
réglementation fiscale s’imposent comme règles communes aux deux matières.
A ce niveau, on dénombre cinq types de divergences :
- Les divergences résultantes des incitations fiscales.
- Les divergences liées à la sanction des règles de forme.
- Les divergences liées à la différence de concepts comptables et fiscaux
d’exercice de rattachement des charges et produits (ces divergences sont
dites temporelles).
- Les divergences liées aux traitements comptables non admis par
l’administration fiscale.
- Les divergences structurelles liées au rejet par l’administration fiscale de
certaines charges ou l’exonération de certains produits.
Par conséquent, le bénéfice fiscal est déterminé à partir du bénéfice comptable tout
en procédant à des ajustements.
La prise en compte de ces ajustements conduit à établir un tableau de détermination
du résultat fiscal qui regroupe les différentes réintégrations et déductions fiscales.
Les entreprises soumises à la tenue d’une comptabilité telle que prévue par la
législation comptable doivent déterminer un résultat fiscal à partir de leur résultat
comptable et en y apportant les ajustements et retraitements suivants :
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Résultat comptable
(Bénéfice comptable ou perte comptable)
+
Réintégrations
(Charges non déductibles)
-
Déductions
(Produits non imposables)
=
Résultat fiscal avant déduction des provisions
-
Déductions des provisions
(Provisions déductibles fiscalement)
=
Résultat fiscal avant déduction des déficits fiscaux
-
Déductions des déficits fiscaux
(Reports déficitaires ordinaires et amortissements différés)
=
Résultat fiscal avant avantages fiscaux
-
Déductions des bénéfices d’exploitation
(export, développement régional, développement
agricole,
- etc.)
Réinvestissements fiscaux
(Réinvestissements physiques et
financiers.)
=
Résultat fiscal soumis à l’impôt sur les sociétés
Taux
Impôt sur les sociétés
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1. Règles particulières aux charges (Les réintégrations)
Pour être admises en déduction, les charges doivent remplir les conditions
suivantes :
- La charge doit se traduire par une diminution de l’actif net ;
- La charge doit être nécessitée par l’exploitation ;
- La charge ne doit pas être exclue du droit à déduction par une disposition
expresse de la loi ;
- La charge doit être comptabilisée et déduite de l’exercice auquel elle se
rattache ;
- La charge doit être appuyée de justifications suffisantes et probantes ;
- La charge doit être portées sur certaines déclarations lorsqu’une telle
condition est exigée par la loi.
1.1. Charges non déductibles expressément prévues par la note communes
2016-26
a. Charges et amortissements relatifs aux résidences secondaires, avions et
bateaux de plaisance ne faisant pas l’objet de l’exploitation
N’est pas admis en déduction pour la détermination du bénéfice, l’amortissement :
Des avions et bateaux de plaisance mis à la disposition des dirigeants ou
employés de l’entreprise et dont l’utilisation ne concerne pas directement
l’objet de l’entreprise ainsi que des résidences secondaires.
Toute charge se rapportant aux résidences secondaires, avions et bateaux de
plaisance visés à l’article 15 du code.
On entend par l’objet de l’entreprise l’outil de production ou la marchandise
commercialisée. Seules les entreprises qui louent ou rendent des prestations avec ou
vendent les bateaux de plaisance, avions, sont autorisées d’inclure les charges y
afférentes parmi les charges fiscales.
En revanche, les charges afférentes aux avions privés utilisés pour le déplacement
des dirigeants, du personnel ou des clients ainsi que les bateaux de plaisance utilisés
par les dirigeants, le personnel, les clients ou les fournisseurs ne sont pas admis en
déduction du résultat fiscal.
De même, toutes les dépenses de quelque nature que ce soit se rattachant aux avions
; bateaux de plaisance et résidences secondaires sont exclues du droit à déduction.
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b. Charges et amortissements relatifs aux véhicules de tourisme d’une
puissance fiscale supérieure à 9 CV ne faisant pas l’objet de
l’exploitation.93
Ne sont pas admis en déduction pour la détermination du bénéfice :
Les loyers, les dépenses d’entretien, de fournitures, de carburant ou de vignette,
engagés au titre des véhicules de tourisme d’une puissance fiscale supérieure à 9
chevaux vapeur à l’exception de ceux constituant l’objet principal de l’exploitation.
En sus de l’amortissement, les dépenses de location ainsi que les dépenses
d’entretien, de fournitures, de carburant et de vignette engagées au titre des véhicules
de tourisme d’une puissance de 10 chevaux fiscaux et plus utilisés pour le transport
des dirigeants ou du personnel de l’entreprise ne sont pas déductibles pour la
détermination du résultat fiscal.
Ces dépenses doivent être réintégrées pour leur montant total.
En revanche, les primes d’assurance, les frais de gardiennage de ces véhicules, les
frais de personnel y afférents (chauffeur), les droits de visite technique et les droits
d'accès à l'autoroute restent totalement déductibles.
Exemple
Soit une société qui a réalisé au titre de l’exercice N un bénéfice comptable de 50.000
DT, qui tient compte des charges suivantes engagées au titre d’un véhicule de
tourisme à essence d’une puissance fiscale égale à 10 chevaux vapeurs acquis le 1 er
janvier N-2 pour un montant de 40.000D :
Amortissements (40.000*20%) 8.000
Frais d’entretien 1.500
Frais de carburant 800
Vignette 300
Reconstitution du bénéfice imposable
Bénéfice comptable 50.000
Réintégrations
Amortissements 8.000
Frais d’entretien 1.500
Frais de carburant 800
Vignette 300
Bénéfice imposable 60.600
IS (25%) 15.150
93
Article 14-5 du code de l’IRPP et de l’IS
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c. Les réceptions, cadeaux, frais de restauration et de spectacle
excédentaires
Sont déductibles les cadeaux de toutes natures, les frais de réception y compris les
frais de restauration94 et de spectacle qui ne dépassent pas 1% du chiffre d’affaires
brut avec un maximum déductible de vingt mille (20.000) dinars par exercice.
Exemple
Soit une entreprise qui a réalisé un chiffre d'affaires annuel toutes taxes comprises
de 400.000 dinars et qui a organisé une réception pour un montant de 6.000 dinars.
Montant déductible : 1 % du CA avec un maximum de 20.000 D 4.000
Montant comptabilisé parmi les charges 6.000
Montant à réintégrer 2.000
Reprenons l'exemple, mais avec un CA TTC de 3.000.000 DT, et des frais de
réception s'élevant à 25.000 D.
Limite 1 % du CA 30.000
A retenir maximum de 20 000 D 20.000
Montant comptabilisé parmi les charges 25.000
Montant à réintégrer 5.000
94
Les tickets restaurant servis aux salariés représentent des charges d’exploitation et sont par conséquent déductibles
de la base imposable à l’IS au niveau de la société, et ce à condition que leur montant ne soit pas exagéré, qu’il soit
comptabilisé et justifié par des documents probants.
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d. Dons et subventions excédentaires ou accordés à des associations ou
organismes qui n’ouvrent pas droit à la déduction.
Trois régimes fiscaux régissent la déductibilité des dons et subventions95 de l’impôt
sur les bénéfices96 et à la condition qu’ils soient comptabilisés, déclarés avec la
déclaration annuelle des résultats et justifiés par des documents probants.
Dons et subventions déductibles intégralement
En vertu de la LF2017, sont déductibles totalement les dons et subventions
accordés aux bénéficiaires suivants :
L’Etat, les collectivités locales et les entreprises publiques ;
Les familles des martyrs appartenant à l’armée, les forces de sécurité
intérieure et la douane ;
Les associations pour les handicapés.97
Dons et subventions déductibles partiellement
Les dons et subventions servis à des œuvres ou organismes d’intérêt général, à
caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social ou culturel sont, dans la
mesure où ils sont justifiés, admis en déduction pour la détermination du résultat net
imposable à concurrence de 0,2% du chiffre d’affaires brut.
Dons et subventions non déductibles
Les autres dons et subvention (ainsi que ceux non déclarés98 ou non justifiés) sont
non déductibles.
95
L'expression "dons et subventions" couvre aussi bien les sommes payées en espèces que les dons et subventions
accordés en nature. Dans ce dernier cas et pour la détermination du montant déductible, les dons et subventions sont
évalués à leur prix de revient.
96
L’article 49 de la loi n°2014-54 du 19 août 2014 portant loi de finances complémentaire pour l’année 2014 a prévu
la déduction du bénéfice imposable des mécénats accordés aux entreprises, projets, et œuvres culturelles ayant obtenu
l’approbation du ministère chargé de la culture sous réserve de leur déclaration dans la l’annexe de la déclaration
annuelle de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés
97
La LF2017 ainsi que le décret 2013-5183 régissant le financement des associations ont supprimé la liste des
organismes projets et œuvres sociales dont la déduction est totale.
98
En effet, l’article 14-9° du code de l’IRPP et de l’IS a subordonné la déduction des dons et subventions accordés à
la production par les entreprises donatrices, à l'appui de leurs déclarations annuelles de revenus ou bénéfices, d'un état,
détaillé des dons et subventions accordés avec mention de l’identité des bénéficiaires et des montants accordés. Il y a
lieu de noter que l’obligation de déclaration des dons et subventions concerne ceux déductibles à concurrence de 0,2%
du chiffre d’affaires TTC mais également ceux déductibles sans plafond.
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Exemple
Une société commerciale réalisant un chiffre d’affaires TTC de 6.000.000 DT, a
comptabilisé parmi ces charges les dons suivants (obligation déclarative accomplie):
Don à une association visant à contribuer aux 15.000 D
efforts de développement régional et au
développement agricole :
Don à une municipalité 7.000 DT
Don à un jardin d'enfant privé : 2.000 DT
Don à un projet commercial : 1.000 DT
Don à une entreprise publique : 15.000 DT
Don à une société du groupe 5.000 DT
Total des dons passés en charges : 45 000 DT
Dons déductibles en totalité 22.000 (15.000+7.000)
Dons non déductible 8.000 (1.000+5.000 +2.000)
Dons susceptibles d'être déduits avec plafond de 15.000
0,2%
Plafond de déductibilité selon le critère du chiffre 12.000
d’affaires.
Montant à réintégrer 3.000
Total à réintégrer 11.000
e. Rémunérations et gratifications accordées aux membres des conseils, des
comités et des commissions constituées au sein des sociétés anonymes et
les sociétés en commandite par actions et non déclarées
Les rémunérations et gratifications accordées aux membres des conseils, des comités
et des directoires constitués au sein des sociétés anonymes et les sociétés en
commandite par actions sont déductibles de l’assiette imposable à condition de les
porter à la déclaration de l’employeur.
f. Abandon de créances non déductibles
Conformément à la législation fiscale en vigueur, ne sont pas déductibles pour la
détermination du bénéfice imposable, les pertes résultant de l’abandon total ou
partiel par l’entreprise de ses créances s’agissant d’un abandon volontaire de
créances.
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g. Pertes de change non réalisées sur dettes et créances courantes en
devises
Fiscalement, seules les différences de change entre le cours de la date d'acquisition
et le cours effectif de paiement peuvent être prises en compte.
Comptablement, à chaque date de clôture de l'exercice, les dettes et créances en
devises étrangères sont évaluées en utilisant le taux de change en vigueur à la date
de clôture. Le gain ou la perte est ainsi pris en compte en résultat de l'exercice.
Toute perte de change ainsi comptabilisée n'est pas fiscalisée tant qu'il n'y a pas
encaissement ou paiement de la créance ou de la dette.
Ainsi, la perte de change non réalisée sur dettes et créances courantes en devises
n'est pas déductible.
Corrélativement, la différence de change sera déterminée, sur le plan fiscal, pendant
l'exercice où intervient le paiement par la différence entre le cours historique et le
cours effectif de règlement.
h. Gains de change non réalisés antérieurement non imposés
Les Gains de change non réalisés antérieurement non imposés doivent être
réintégrés.
i. Rémunérations excédentaires des comptes courants associés (cas des Intérêts
excédentaires des comptes courants associés)
Les intérêts alloués par la société aux associés ou aux actionnaires en contrepartie
des sommes qu’ils mettent à sa disposition sont déductibles dans la limite de 8% par
an à condition que :
Le capital soit au préalable totalement libéré.
Les sommes génératrices des intérêts sont plafonnées pour l’ensemble des
associés pris globalement à 50% du capital social ne dépassent pas 50% du
capital.
Tout intérêt n’ouvre pas droit à déduction si le capital n’est pas intégralement libéré
et tout intérêt versé en dépassement des deux plafonds susvisés n’est pas déductible.
Sur la base de ce qui précède, seront réintégrés aux résultats imposables :
La quote-part des intérêts qui dépasse 8% calculée sur la base d'un montant
n'excédant pas 50% du capital
La quote-part des intérêts relatifs aux sommes mises à la disposition de la
société par les associés qui dépasse 50% du capital et ce, quel que soit le taux
d'intérêt décompté.
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Exemple
Soit une société anonyme dont le capital est de 200.000D entièrement libéré au 1er
janvier N. Le 2 mai N, elle réduit son capital à 120.000D pour l’augmenter à la date
du 1er septembre N à 170.000D. Les soldes des dépôts en comptes courants des
associes au cours de l’exercice N sont comme suit :
-120.000D durant le premier trimestre N
-100.000 durant le 2ème trimestre N
-140.000 durant le 3ème trimestre N
-Et 90.000 durant le 4ème trimestre N
L’entreprise en question a rémunéré lesdits dépôts à un taux de 10%.
Détermination des intérêts déductibles :
100.000 x8%x 4/12= 2.667
60.000 x8%x 4/12= 1.600
85.000 x8%x 4/12= 2.267
Somme des intérêts déductibles : 2.667+1.600+2.267= 6.534D
Détermination des intérêts comptabilisés = 120.000x10%x3/12 +
100.000x10%x3/12 + 140.000x10%x3/12 + 90.000x10%x3/12= 11.250
Total des réintégrations : 11.250- 6.534 = 4.716 D
j. Les charges dont le montant est supérieur au seuil légal et dont la
contrepartie est payée en espèces
Pour la détermination du résultat imposable, la déduction des charges relatives aux
biens ou services et des amortissements relatifs aux actifs nécessités par
l’exploitation dont la valeur est égale ou supérieure à 5.000 dinars99 hors taxe sur
la valeur ajoutée est subordonnée au non-paiement de leur valeur en espèces.
Ainsi, la déduction est subordonnée, outre la satisfaction de toutes les conditions
prévues par la législation fiscale en vigueur, au paiement au moyen d’un virement à
un compte bancaire ou postal, ou au moyen d’un chèque ou d’un billet à ordre, ou
au moyen de n’importe quel autre moyen de paiement électronique ou bien par
compensation.
99
Conformément à l’article 34-4 de la loi de finances 2014, le montant initial de 20.000Dinars a été réduit à 10.000
dinars à partir du premier janvier 2015 et à 5.000 dinars à partir du premier janvier 2016
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Le non-respect de cette condition entraine la réintégration des charges et des
amortissements relatifs aux actifs au résultat de l’exercice au titre duquel la
déduction a été effectuée.
Apport de la doctrine administrative
Dans le cas d’un paiement partiel en espèces des acquisitions susvisées, les
dispositions des articles 34 et 35 s’appliquent sur la seule partie du montant payé en
espèces s’il est égal ou supérieur à 5.000 dinars hors taxe sur la valeur ajoutée.
Les dispositions des articles 34 et 35 ne s’appliquent pas aussi aux montants et
factures d’un montant inférieur au plafond susvisé même si le total du montant
recouvré durant l’année auprès du même client dépasse ledit plafond.
Toutefois, les dispositions des articles 34 et 35 susvisés s’appliquent aux opérations
commerciales dont la valeur est égale ou supérieure à 5.000 dinars hors taxe sur la
valeur ajoutée et dont le paiement a été fractionné même si chaque montant payé est
inférieur au plafond susvisé.
Exemples100
Exemple n°1 :
Supposons qu’une entreprise industrielle ait acquis des marchandises soumises à la
TVA au taux de 18% pour un montant global égal à 55.000 D Hors TVA, dont la
valeur a été payée comme suit :
-30.000 D par chèque à titre d’avance,
- Le reste soit 25.000 D, en espèces lors de la réception des marchandises ayant eu
lieu en 2016,
Dans ce cas, et étant donné que le non-respect de la condition prévue à l’article 34
de la loi de finances pour l’année 2014 ne concerne que le montant de 25.000 D, la
quotepart des charges non déductible pour la détermination du résultat fiscal pour
l’année 2016 est limitée à 25.000 D. Ce montant est à réintégrer au résultat
imposable de l’exercice 2016.
100
NOTE COMMUNE N° 7 /2014
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Exemple n°2 :
Reprenons les données de l’exemple n°1 et supposons que la valeur des acquisitions
soit égale à 7.000 D, que la moitié soit payée en espèces à titre d’avance et que l’autre
moitié soit payée par chèque. Dans ce cas, les dispositions des articles 34 et 35 ne
s’appliquent pas étant donné que les montants payés en espèces sont inférieurs à
5.000 D.
k. La taxe sur les voyages
La taxe sur les voyages est non déductible de l’assiette de l’impôt.
l. Transactions, amendes, confiscations et pénalités non déductibles101
Ne sont pas admis en déduction pour la détermination du bénéfice, les transactions,
amendes, confiscations et pénalités de toutes natures mises à la charge des
contrevenants aux dispositions légales régissant les prix, la commercialisation, la
répartition de divers produits, le contrôle des changes, l'assiette des impôts,
contributions ou taxes et d'une manière générale toute infraction à la législation en
vigueur.
L’exclusion du droit à déduction ne couvre pas les pénalités contractuelles.
1.2. Amortissements non déductibles
Le régime fiscal des amortissements a prévu un régime général, des régimes
particuliers et des exclusions du droit à amortissement.
1.2.1. Les principes à prendre en considération pour la détermination des
amortissements déductibles :
a. Harmonisation entre les règles comptables et les règles fiscales
Sur le plan comptable, l'amortissement est la répartition systématique du montant
amortissable d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation estimée. Il traduit la
diminution irréversible de la valeur d'une immobilisation résultant de l'usage, du
temps, du changement de technique et toute autre cause. La dotation aux
amortissements de l'exercice est constatée en charges.
Sur le plan fiscal, l'amortissement constitue une charge déductible du bénéfice
imposable sous certaines conditions et dans certaines limites.
En vertu de l’article 12 BIS du code de l’IRPP et de l’IS : « Sont admis en déduction,
pour la détermination du bénéfice imposable, les amortissements effectués par
101
Les charges se rapportant au principal de la dette relative à des cotisations au régime légal de sécurité sociale
résultant d’un contrôle de la CNSS et relatives à des années sont prescrites, ne sont pas admises en déduction pour la
détermination du résultat soumis à l’impôt (DGELF (0107) du 12 janvier 2018)
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l’entreprise selon les règles fixées par la législation comptable ». Ainsi, la
législation fiscale permet la déduction des amortissements relatifs aux actifs
immobilisés propriété de l’entreprise102 y compris les constructions sur sols
d’autrui103 selon les mêmes règles fixées par la législation comptable soit sur la base
des avantages économiques futurs des actifs tenant compte notamment :
- De l’usage attendu par l’entreprise de l’actif immobilisé,
- Des politiques de l’investissement et de maintenance,
- De l’usure physique,
- De l’obsolescence causée par les changements technologiques et
économiques.
Par conséquent, les méthodes d’amortissement préconisées par la législation
comptable sont acceptées fiscalement (l’amortissement constant (linéaire),
l’amortissement variable et l’amortissement décroissant) dans la mesure où elle
reflète la manière dont les avantages futurs liés à l’actif sont consommés par
l’entreprise.
En outre, l’harmonisation des règles fiscales avec les règles comptables en matière
d’amortissement entraine l’acceptation en fiscalité de « la durée d’utilisation de
l’immobilisation déterminée selon les principes comptables comme durée
d’amortissement ».
b. Base amortissable
L’amortissement est calculé sur la base du :
- prix de revient d’acquisition104 ou ;
- de construction105 ou ;
- de fabrication ou ;
- de la plantation,
102
Il en découle que l'amortissement n'est pas admis :
-lorsque le bien amortissable n'est pas la propriété de l'entreprise; tel est le cas des biens dont l'exploitant est locataire
ou usufruitier. Toutefois, ce principe admet quelques exceptions (des biens exploités sous forme de leasing ou dans le
cadre des contrats d’ijara ou constructions sur sols d’autrui)
-Des logiciels informatiques lorsque l’entreprise dispose seulement d’un droit d’usage
103
La loi de finances pour l’année 2008 a élargi le champ d’application des amortissements pour couvrir :
- les brevets, les marques de fabrique et les frais de développement capitalisés,
- les redevances des concessions,
- les constructions sur sols d’autrui.
104
Le prix de revient soit le prix d’acquisition majoré des droits et taxes supportés et les charges directes nécessaires
à la première mise en service du bien tels que les commissions, les frais d’actes, les honoraires des architectes et
ingénieurs, les frais de démolition et de viabilisation, les frais de préparation du site, les frais de livraison et de
manutention initiaux, les frais d’installation…
105
Les frais généraux ne sont inclus dans le coût de revient que s’ils se rapportent directement à la mise en état
d’utilisation des actifs.
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-la valeur d’apport en société ou la valeur de fusion ou de scission en cas de
fusion ou de scission totale des sociétés.
Ne fait pas partie de l’assiette de calcul des amortissements, la taxe sur la valeur
ajoutée ouvrant droit à déduction ainsi que la valeur des terrains pour les
constructions.
c. Date de début d’amortissement
L’amortissement est calculé à partir de :
- La date d’acquisition ou ;
- La date de construction ou ;
- La date de fabrication ou ;
- La date de mise en service ou d’exploitation, si elle intervient ultérieurement,
ou ;
- La date d’entrée en production pour les plantations agricoles.
1.2.2. Annuités d’amortissement déductibles pour la détermination du
résultat fiscal
a. Taux d’amortissement
La loi de finances pour l’année 2008 a limité les annuités d’amortissements
déductibles à celles calculées sur la base des taux maximum fixés par le décret
n°2008-492 du 25 février 2008.106
Ainsi, sur le plan fiscal, l'amortissement déductible est celui qui résulte de
l'application des règles du système comptable des entreprises sans dépasser les seuils
de taux admis fiscalement.
Etant précisé que l’annuité d’amortissement déterminée selon les dispositions de la
LF2008 aussi bien en ce qui concerne les biens propriété de l’entreprise que les biens
exploités dans le cadre des contrats de leasing est une annuité maximale, l’entreprise
reste habilitée à déduire une annuité inférieure sous réserve de respecter la même
annuité pour toute la durée d’utilisation des actifs.
106
Ledit décret a fixé des taux d’amortissement des actifs corporels et des actifs incorporels qui prennent en
considération les spécificités de certains éléments d’actif. Il a été également tenu compte des spécificités de certains
secteurs à savoir :
Les industries manufacturières
Le secteur de transport
Le secteur de l’agriculture
Le secteur des travaux publics et de bâtiments
Le secteur de tourisme.
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Les principaux taux maximums fixés par le décret sont fixés comme suit :
Actifs Taux
I. Frais préliminaires107 100%
II. Brevets, marques de fabrique et frais de développement capitalisés 20%
III. Constructions à l'exception de la valeur du terrain
1. Constructions légères 10%
2. Constructions en dur 5%
IV. Machines, matériels et équipements
1- Machines, matériels et équipements industriels 15%
2- Dépenses des grosses réparations des machines, matériels, et équipements 33,33%
industriels
3- Équipements et logiciels informatiques 33,33%
4- Mobilier et matériel de bureau 20%
5- Moyens de transport des personnes ou de marchandises 20%
6_Dépenses des grosses réparations des moyens de transport Terrestre 33, 33%
b. Cas particulier des amortissements non admis en déduction en
application des limites maximales prévues par la législation fiscale
Les amortissements constatés en comptabilité et excédant les quotités admises
fiscalement, et réintégrés108, demeurent reportables et imputables sur les résultats
des exercices suivants dans les mêmes conditions et limites prévues par la législation
fiscale en vigueur.
Exemple :109
Soit une entreprise qui a acquis un matériel de transport le 1er janvier 2011 pour une
valeur hors TVA de 30.000D. Si on suppose que l’entreprise ait comptabilisé les
amortissements relatifs au matériel en tenant compte d’une période d’utilisation de
3 ans. Les annuités d’amortissements déductibles sont de 10.000D et ce, pour les
exercices 2011, 2012 et 2013.
Etant donné que les amortissements déductibles se calculent sur la base du taux fixé
par le décret n°2008-492 à 20% soit sur une période d’utilisation de 5 ans, la
107
Dans une prise de position (1317) du 27 octobre 2011, la DGELF a précisé qu’il est possible de comptabiliser en
charges reportées et de les amortir, les charges afférentes au développement de la société, engagées après la
constitution, telles les dépenses de publicité d’un nouveau produit, ou de formation du personnel et d’études ; et ce, à
condition que :
- les dépenses ne représentent aucune valeur commerciale ni valeur additionnelle aux actifs immobilisés ou bien pour
la société dans son ensemble, et qu’elles ne correspondent pas à la production de marchandises ou de services,
- les dépenses se rapportent à la création, à l’extension ou au développement de la société, de sorte qu’elles n’aient
pas le caractère répétitif,
- il est possible d’identifier les dépenses individuellement, devant se rattacher uniquement à une opération de
développement ou d’extension,
- le montant des dépenses est relativement important
108
Soit spontanément soit après intervention des services des impôts
109
Note commune 2008-22/ Texte n° DGI 2008/46
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quotepart excédentaire de l’amortissement annuel est dans ce cas réintégrée soit
4.000D au niveau du tableau de détermination du résultat imposable pour les
exercices en question soit 2011, 2012 et 2013.
A la fin de la 3ème année, le matériel de transport est totalement amorti sur le plan
comptable, il n’est amorti sur le plan fiscal qu’à concurrence de 18.000D, le montant
de (4.000D x3) = 12.000D a fait l’objet de réintégrations.
Les amortissements ainsi réintégrés (la différence entre la valeur d’acquisition et les
amortissements déduits soit 30.000D – 18.000D = 12.000 D) continuent à être
déduits des résultats des exercices ultérieurs soit 2014 et 2015 et ce selon le même
taux soit 20% de la valeur d’acquisition soit 6.000 D (30.000*20%) par l’année 2014
et 6.000 D par l’année 2015.
1.2.3. Biens exclus du droit à l’amortissement
Par dérogation aux dispositions de l’article 12 bis du présent code, n'est pas admis
en déduction pour la détermination du bénéfice, l'amortissement :
Des terrains ;
- Des fonds de commerce ;
- Des avions et bateaux de plaisance mis à la disposition des dirigeants ou
employés de l'entreprise et dont l'utilisation ne concerne pas directement l'objet
de l'entreprise ainsi que des résidences secondaires ;
- Des véhicules de tourisme d'une puissance fiscale supérieure à 9 chevaux vapeurs
à l'exception de ceux constituant l'objet principal de l'exploitation110.
- Les actifs dont le coût d’acquisition est supérieur ou égal à 5.000 dinars hors taxe
sur la valeur ajoutée et dont la contrepartie est payée en espèces (voir note
commune n° 7/2014).111
- Les amortissements relatifs aux immobilisations acquises auprès des personnes
résidentes ou établies aux Etat ou territoire dont le régime fiscal est privilégié.
110
Dans ce cadre, les voitures utilitaires ainsi que les voitures de tourisme affectées à l'objet de l'entreprise (location
de voiture) ouvrent droit à l'amortissement quelle que soit leur puissance.
111
La déduction est subordonnée, outre la satisfaction de toutes les conditions prévues par la législation fiscale en
vigueur, au paiement au moyen d’un virement à un compte bancaire ou postal, ou au moyen d’un chèque ou d’un
billet à ordre, ou au moyen de n’importe quel autre moyen de paiement électronique ou bien par compensation.
Le non-respect de cette condition entraine la réintégration des amortissements relatifs aux actifs au résultat de
l’exercice au titre duquel la déduction a été effectuée.
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1.3. Provisions non déductibles
En déterminant le résultat fiscal, l’entreprise doit, dans une première étape,
réintégrer toutes les provisions constituées et enregistrées dans sa comptabilité.
Ensuite, elle doit calculer un résultat fiscal avant déduction des provisions (qui est
égal au résultat comptable augmenté de toutes réintégrations et notamment des
réintégrations des provisions et diminué des déductions). Le résultat fiscal avant
déduction des provisions est la base du calcul du plafond général de déductibilité des
provisions.
Ce plafond est de 50% du résultat fiscal avant déduction des provisions.
1.4. Produits non comptabilisés ou insuffisamment comptabilisés
1.4.1. Intérêts non décomptés ou décomptés à un taux inférieur au taux
prévu pour la rémunération des comptes courants associés
Tout compte courant associé débiteur est réputé productif d'un intérêt imposable au
taux de 8% l'an, que ledit intérêt soit facturé ou non à l'associé personne physique
ou personne morale bénéficiaire.
Exemple :
Soit une société qui a mis à la disposition de l’un de ses associés durant l’exercice
2003 la somme de 100.000D moyennant un taux d’intérêt de 5%.
Dans ce cas, il y a lieu de réintégrer aux résultats imposables de ladite société au titre
dudit exercice, les intérêts non décomptés soit :
100.000D x (8% - 5%) = 3.000 D.
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2. Règles particulières aux produits (Les déductions)
2.1. Reprise sur provisions réintégrées au résultat fiscal de l’année de leur
constitution
Le régime fiscal des reprises sur provisions est fonction du traitement fiscal initial
de cette provision
- Sont déductibles fiscalement, les reprises sur provisions qui correspondent à
des provisions qui n’avaient pas été déduites du résultat fiscal24. En effet, la
reprise sur une provision initialement réintégrée n'est pas imposable.
- Demeurent imposables les reprises sur des provisions qui avaient été déduites
fiscalement.
Exemple:
En N-1, le résultat comptable avant impôt de la société « XYZ » s’élève à 100.000
DT. Cette société a inscrit parmi les charges de l’exercice N-1, les provisions
suivantes :
- Provisions pour risques et charges :10.000 DT.
- Provisions pour créances douteuses (remplissant les conditions fiscales de
déductibilité) : 5.000 DT
En N, le résultat comptable avant impôt de la société « XYZ » s’élève à 20.000 DT
et tient compte d’une reprise sur provision pour risques et charges d’un montant de
2.000 DT ainsi que d’une reprise sur la provision pour créances douteuses d’un
montant de 3.000 DT.
Détermination du résultat fiscal de l’exercice N-1
Bénéfice comptable avant IS 100.000
Réintégration de toutes les provisions constituées 15.000
Déduction des seules provisions admises en déduction du résultat fiscal -5.000
Bénéfice fiscal 110.000
IS (25%) 27.500
Détermination du résultat fiscal de l’exercice N
Bénéfice comptable avant IS 20.000
Déduction des seules reprises sur provisions non admises initialement en -2.000
déduction du résultat fiscal
Bénéfice fiscal 18.000
IS (25%) 4.500
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2.2. Amortissements excédentaires réintégrés aux résultats des années
antérieures.
Les amortissements constatés en comptabilité et excédant les quotités admises
fiscalement, et réintégrés, soit spontanément soit après intervention des services des
impôts demeurent reportables et imputables sur les résultats des exercices suivants
dans les mêmes conditions et limites prévues par la législation fiscale en vigueur.
Exemple:
Supposons qu’une société amortisse des actifs au taux de 25% alors que le décret
fixe à 20% le taux maximum d’amortissement (date d’acquisition 01/01/2007) ; coût
d’acquisition =100.000 DT.
Immobilisations 2007 2008 2009 2010 2011 Total
Amortissement comptable (25%) 25.000 25.000 25.000 25.000 100.000
Amortissement admis en déductibilité 20.000 20.000 20.000 20.000 20.000 100.000
(20%)
Charges d’amortissement à réintégrer 5.000 5.000 5.000 5.000 20.000
Charges d’amortissement à déduire -20.000 -20.000
extra comptablement
2.3. Les autres déductions :
Les déductions à opérer dans cette étape sont celles déduites indépendamment du
montant du résultat fiscal, c'est-à-dire les déductions pouvant aboutir à
l’enregistrement d’un déficit fiscal ou à l’augmentation du déficit enregistré.
Exemple1 : Déduction des gains de change non réalisés sur dettes et créances en
devises ou perte de change réintégrés aux résultats des années antérieures
Exemple 2 : Déduction de la plus-value non réalisée sur les titres cotés très liquides.
Exemple 3 : Déduction de la quotepart dans les pertes des sociétés de personnes et
assimilées.
Exemple 4 : Déduction de 50% des salaires servis aux demandeurs d’emploi recrutés
pour la première fois
Exemple 5: Déduction de l’assiette de l’impôt, d’un montant calculé au taux de 5%
des fonds propres affectés au financement des investissements en question, et ce, des
résultats de l’exercice de l’entrée en activité effective de l’investissement .112
112
L’article 24 de la loi n° 2014-54 du 19 août 2014 portant loi de finances complémentaire pour l’année 2014 a
prévu la Déduction de l’assiette de l’impôt, d’un montant calculé au taux de 5% des fonds propres affectés au
financement des investissements en question, et ce, des résultats de l’exercice de l’entrée en activité effective de
l’investissement.
L’avantage concerne les investissements de création ou d’extension portant sur une unité économique indépendante :
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2.4. Détermination du résultat fiscal avant déduction des provisions :
A la suite des réintégrations opérées dans la première section et des déductions
opérées dans les paragraphes de cette section, la société détermine le résultat fiscal
avant déduction des provisions qui sert de base pour le calcul de la limite des
provisions déductibles.
2.5. La déduction des provisions
2.5.1. Provisions déductibles
En dehors du régime spécifique pour certains secteurs, la législation fiscale prévoit
la déduction des catégories de provisions suivantes :
- Les provisions pour créances douteuses
- Les provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente
- Les provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse
Les provisions autres que celles se rapportant aux créances douteuses, à la
dépréciation des stocks destinés à la vente ou à la dépréciation des actions cotées en
bourse ne sont pas déductibles de l’assiette de l’impôt. Il en est ainsi des provisions
suivantes :
- Les provisions pour risques et charges
- Les provisions pour dépréciation des immobilisations corporelles ou
incorporelles
- Les provisions pour dépréciation des actions non cotées ou des parts
sociales113
- Les provisions pour dépréciation des actifs courants.
- ayant fait l’objet de dépôt d’une attestation d’investissement au cours des années 2014 et 2015, et - entrés en activité
effective avant le 1er janvier 2017
113
Sous réserve des dispositions particulières pour les établissements de crédit et les SICAR.
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2.5.2. Les catégories des provisions déductibles
a. Les provisions pour créances douteuses
Définition des créances douteuses
Les provisions pour créances douteuses sont destinées à couvrir une charge dont la
réalisation est non seulement éventuelle, mais probable114.
En outre, les créances douteuses donnant droit à la constitution d'une provision, sont
celles dont le recouvrement devient incertain en raison d'évènements intervenus
avant la clôture de l'exercice et continuant à exister à la date de l'inventaire.
NB : Les créances définitivement compromises sont déductibles, sous forme de
comptabilisation en pertes, lorsque le débiteur est déclaré en faillite ou en liquidation
judiciaire ayant abouti à une perte définitive ou lorsque l ’insolvabilité est constatée
par un procès-verbal de carence établi par un huissier notaire sur la base d’un
jugement.
Nécessité de l’action en justice
Ladite déduction est subordonnée à l'engagement d'une action en justice contre le
débiteur défaillant115.
La condition relative à l’engagement d’une action en justice n’est pas exigible pour
le besoin de la déduction des provisions pour créances douteuses des entreprises en
difficultés économiques et ce durant la période de suspension des procédures
judiciaires prévues par la loi n°95-34 du 17 avril 1995 relative au redressement des
entreprises en difficultés économiques telle que modifiée et complétée par les textes
subséquents. (Ajouté Art. 21-1 LF 2006-85 du 25/12/2006)116
Régime particulier des créances douteuses dont le nominal n'excède pas 100
dinars
Les créances douteuses dont le nominal par client n'excède pas 100 dinars sont
déductibles des bénéfices de l'exercice au cours duquel elles acquièrent cette
caractéristique, c'est-à-dire les créances non réglées par leurs débiteurs et dont
114
Tels que :
- déclaration en faillite du débiteur ;
- situation financière précaire du débiteur (retour de traites ou de chèques impayés, rupture de stock, méventes etc…);
- et tout autre indice susceptible de compromettre le recouvrement de la créance (TEXTE DGI N° 91/15, Note
commune n° 13).
115
Dans une prise de position (101) du 20 janvier 2000, la DGELF a précisé que la condition de l'action en justice
pour qu'une provision pour créances douteuses soit éligible à la déductibilité fiscale doit être remplie avant la fin de
l'exercice pour que ladite provision soit déductible au titre de cet exercice.
116
Voir Texte n° DGI 2007/74- Note commune N° 36/2007
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l'échéance remonte à plus d'un an à la date de clôture du bilan sous réserve que
l'entreprise ne continue pas à entretenir des relations d'affaires avec le débiteur.
b. Provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente
Stocks pouvant faire l'objet de provisions déductibles
Les stocks pouvant faire l'objet de provisions déductibles sont constitués des
produits destinés à la vente. Il s'agit donc des stocks de produits finis détenus par
l'entreprise pour être vendus dans le cadre de la réalisation de l'objet social.117
Détermination du montant des provisions déductibles
Le montant des provisions déductibles au titre de la dépréciation des stocks est
constitué par la différence entre le prix de revient du produit constaté en comptabilité
et la valeur de réalisation nette118 connue à la date de clôture du bilan de l'exercice
au titre duquel les provisions sont constituées sans tenir compte des frais non
réalisés à cette date.119
c. Provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse
La dépréciation des actions cotées en bourse peut être constatée par voie de
provisions lorsqu’à la clôture de l’exercice leur cours moyen journalier de la bourse
est inférieur à leur coût d'acquisition ou de souscription.
Les actions sont évaluées d'après le cours moyen journalier à la bourse des valeurs
mobilières de Tunis du dernier mois de l'exercice au titre duquel les provisions sont
constituées.
Dans ce cas, le montant de la provision pour dépréciation des actions en question est
égal à la différence entre leur coût d'acquisition ou de souscription et leur cours
moyen journalier à la bourse du dernier mois de l'exercice au titre duquel les
provisions sont constituées, mais la déduction du montant des provisions ainsi
déterminé s’effectue dans le respect du plafond de déductibilité des provisions.
117
En conséquence, sont exclus de la déduction les provisions constituées au titre :
- des stocks en cours de production,
- des stocks de matières ou des fournitures devant être consommées au cours du processus de production.
118
C’est-à-dire le prix de vente normal connu à la date de clôture de l'exercice, majoré éventuellement des
subventions, mais sans tenir compte des frais non encore engagés à la date de clôture de l'exercice tels que les frais de
distribution
119
Lorsque les produits sont subventionnés ou bénéficient d'une compensation à la vente, la valeur de réalisation nette
inclut la valeur de la subvention ou de la compensation.
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2.5.3. Conditions communes de déduction des provisions
a. Limite des provisions déductibles
Le montant global à déduire au titre des trois catégories de provisions ne peut
excéder 50% du bénéfice imposable déterminé précédemment.
b. Provisions excédant les limites de déductibilité
La fraction des provisions qui n'a pas pu être déduite du fait de la limite susvisée, est
reportable sur les bénéfices ultérieurs sans limitation dans le temps et ce dans les
mêmes conditions et limites.
Lorsque la dépréciation constatée des stocks dépasse 50% du prix de revient des
marchandises, le montant des provisions déductibles est limité à 50 % du prix de
revient ; le reliquat des provisions constituées n'est pas susceptible de report sur les
exercices ultérieurs.
c. Conditions de la déclaration
Pour bénéficier de ces déductions, les entreprises ayant pratiqué des provisions sont
tenues de joindre à leur déclaration annuelle de l'impôt sur le revenu un état détaillé
des provisions constituées.
L’état des provisions déductibles relatives aux créances des entreprises en difficultés
économiques doit mentionner les références de la décision de suspension des
procédures judiciaires.
d. Sort des provisions qui ne dépassent pas les limites de déduction et qui
n’ont pas été déduites de l’assiette imposable de l’exercice de leur
constitution
Les provisions constituées au titre d’un exercice donné sont déductibles du bénéfice
soumis à l’impôt du même exercice et ce dans les limites fixées par la législation
fiscale en vigueur.
Sur cette base, les provisions déductibles et qui n’ont pas été déduites bien qu’elles
n’aient pas dépassé lesdites limites de déduction, ne sont plus déductibles des
bénéfices des exercices ultérieurs du fait qu’il s’agit d’un abandon volontaire de
déduction d’une charge déductible pour la détermination du bénéfice imposable des
entreprises.120
120
Note commune N° 11/2006
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e. Ordre d'imputation des provisions et des déficits antérieurs et des
amortissements réputés différés
Les provisions constituées au titre d'un exercice donné s'imputent sur le bénéfice
imposable dudit exercice avant imputation des déficits antérieurs et des
amortissements différés.121
Exemples pratiques:
Exemple 1
Soit une société commerciale qui a réalisé au titre de l’exercice N un résultat
comptable avant impôt de 370.000 DT et dont les charges incluent des provisions
pour dépréciation de stocks pour 80.000 DT (le prix de revient des produits détenus
en stocks est égal à 150.000 DT alors que le prix de vente connu au 31 décembre N
est de 70.000 DT)
La détermination des provisions déductibles et du bénéfice imposable s’effectue
comme suit :
Bénéfice comptable avant impôt 370.000
A réintégrer les provisions constituées 80.000
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 450.000
Déduction des provisions
-Provisions constituées =80.000 75.000
-Limite 50% du prix de revient : 150.000*50%=75.000
-Plafond autorisé 450.000*50%= 225.000
Bénéfice imposable 375.000
IS (25%) 93.750
Etant signalé que le reliquat des provisions qui n’a pu être déduit soit (80.000D-
75.000D) =5.000D est perdu pour la société et n’est pas susceptible de report sur les
exercices ultérieurs.
121
Note commune n° 1/2004
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Exemple 2 :
Soit une société anonyme qui a réalisé au titre de l’année N un bénéfice fiscal avant
imputation des provisions de 500.000 D et qui détient 10.000 actions de 10D
chacune dans le capital d’une société admise a la cote de la BVMT.
Si l’on suppose que le cours moyen journalier du mois de décembre N soit de 6,500D
et que la même société ait constitué en N :
- Des provisions pour créances douteuses pour 60.000 DT. (Les créances en question
ont fait l’objet d’une action en justice) ;
- Des provisions pour dépréciation des stocks destines à la vente pour 70.000 DT
(Le prix de revient est de 120.000 DT alors que la valeur de réalisation nette est de
50.000 DT)
- Des provisions pour dépréciation des actions cotées à la bourse de 35.000 DT
(10.000*(10-6,5))
-Total provisions constituées : 165.000 DT.
La détermination des provisions déductibles et du bénéfice imposable au titre de
l’année N s’effectue comme suit :
Bénéfice comptable avant impôt 335.000
A réintégrer les provisions constituées 165.000
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 500.000
Déduction des provisions pour créances douteuses
-Provisions constituées =60.000 60.000
-Limite déductible autorisée : 500.000*50% =250.000
Déduction des provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente
-Provisions constituées =70.000 60.000
-Limite 50% du prix de revient : 120.000*50% =60.000
-Reliquat plafond déductible [(500.000D*50%)-60.000] =190.0000
Déduction des provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse
-Provisions constituées =35.000 35.000
-Reliquat plafond déductible [(500.000D*50%)-60.000-60.000] =130.000
Total provisions déductibles 60.000+60.000+35.000 155.000
Bénéfice imposable 345.000
IS (25%) 86.250
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Exemple 3 :
Reprenez les données de l’exemple précédant avec la seule différence que le
bénéfice comptable avant impôt s’élève à 135.000 DT.
Bénéfice comptable avant impôt 135.000
A réintégrer les provisions constituées 165.000
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 300.000
Déduction des provisions pour créances douteuses
-Provisions constituées = 60.000 60.000
-Limite déductible autorisée : 300.000*50% =150.000
Déduction des provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente
-Provisions constituées =70.000 60.000
-Limite 50% du prix de revient : 120.000*50% =60.000
-Reliquat plafond déductible [(300.000*50%)-60.000] =90.0000
Déduction des provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse
-Provisions constituées =35.000 30.000
-Reliquat plafond déductible [(300.000*50%)-60.000-60.000] =30.000
Total provisions déductibles 60.000+60.000+30.000 150.000
Bénéfice imposable 150.000
IS (25%) 37.500
L’analyse des provisions constituées et admises en déduction peut être faite ainsi :
Total provisions constituées 165.000
Provisions déductibles 150.000
Provisions non déductibles 15.000
- Provisions non déductibles (stocks) en raison du dépassement de la limite de 10.000
50% du prix de revient
- Provisions non déductibles (actions) en raison du dépassement du plafond 5.000
général de déductibilités des provisions
Le reliquat des provisions sur stock qui n’a pu être déduite en raison du dépassement
de la limite de 50% du prix de revient soit 10.000 D est perdu pour la société et n’est
pas susceptible de report sur les exercices ultérieurs.
En revanche, le reliquat des provisions constituées au titre des actions cotées et qui
n’a pas pu être déduit en raison du dépassement du plafond général de déductibilité
des provisions (50% du bénéfice avant provision) peut être déduit des résultats
futurs.
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Exemple 4 :
Soit une société exerçant une activité commerciale soumise à l’impôt sur les sociétés
qui a réalisé au titre de l’année 2007 un bénéfice net de 600.000 DT avant déduction
des provisions.
Supposons que la société ait constitué au titre de la même année :
Des provisions au titre des créances douteuses de 180.000D pour lesquelles
une action en justice a été engagée,
Des provisions au titre de la dépréciation de la valeur des stocks destinés à la
vente de 120.000D.
Le prix de revient des marchandises enregistrées en comptabilité étant de 200.000D,
la valeur de réalisation nette connue au 31 décembre 2007 étant de 80.000D.
Dans ce cas, les provisions déductibles et le bénéfice imposable sont déterminés
comme suit:
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 600.000
Déduction des provisions pour créances douteuses
-Provisions constituées = 180.000 180.000
-Limite déductible (600.000D x 50%) = 300.000D
Déduction des provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente
-Provisions constituées =120.000 100.000
-Limite déductible [(600.000D x 50%) – 180 000D] = 120.000D
Sans dépasser 50% du prix de revient soit : (200.000Dx50%) = 100.000D
Total provisions déductibles 100.000+180.000 280.000
Bénéfice imposable 320.000
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Schéma de détermination du bénéfice fiscal imposable des sociétés soumises à l’IS (SA et SARL):
Société soumise à l’IS : Tableau de détermination du résultat fiscal
Opérations Réintégrations Déductions Justifications
- Charges non admises en - Produits non
déduction ou dépassent les limites imposables (Intérêts
fiscales, des comptes en
- Charges qui ne concernent pas devises, plus-value de
l’exercice en cours, cession des actions
- Produits imposables et non cotées à la BVMT,
comptabilisés, - Revenus personnels,
- Réintégration provisoire de toutes - Etc.
les provisions.
Résultat fiscal avant imputation des provisions (RFAIP) = Résultat comptable + Réintégrations – Déductions
Limite des provisions déductibles = 50% * RFAIP = L
Etude détaillée des provisions déductibles :
Les conditions de déduction :
- Provisions pour
Une action en justice est engagée pour leur recouvrement par voie judiciaire avant la date
dépréciations des
de clôture de l’exercice,
comptes clients :
Un état détaillant les provisions pour créances douteuses constituées doit être joint à la
(créances qui dépassent
déclaration annuelle des résultats.
100 D TTC)
La provision retenue ne doit pas dépasser la limite L (puis on détermine le reste de la limite RL1)
Les conditions de déduction :
Stocks destinés à la vente (marchandises ou produits finis),
- Provisions pour Perte réelle = Coût de revient – Valeur de Réalisation Nette (VRN),
dépréciations des Limite spécifique = 50% * Coût de revient.
stocks : On classe ces valeurs par ordre croissant et on retient la plus faible (qui ne doit pas dépasser le
reste de la limite RL1)
Puis on calcule le reste de la limite fiscale RL2
Les conditions de déduction :
Les actions doivent être cotées à la BVMT,
- Provisions pour
Les actions sont évaluées d'après le cours moyen journalier à la BVMT du dernier mois de
dépréciations des actions
l'exercice au titre duquel les provisions sont constituées.
:
La provision retenue ne doit pas dépasser le reste de la limite RL2
Puis on calcule le reste de la limite fiscale RL3
- Provisions pour
dépréciations d’autres
éléments d’actifs Toutes les autres provisions ne sont pas admises en déduction.
- Provisions pour risques
et charges
Bénéfice fiscal
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Chapitre 3 : Liquidation
1. Les acomptes provisionnels
A l'exception des exploitants dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche, sont
soumises au paiement de trois avances au titre de l'impôt dû en raison de leurs
revenus ou bénéfices globaux appelés « Acomptes provisionnels ».
Ne sont pas prises en considération pour la détermination de l’assiette des acomptes
provisionnels la plus-value ou la moins-value résultant de la cession des actifs
immobilisés matériels et immatériels et de la cession du portefeuille titres sans que
l’assiette des acomptes provisionnels soit inférieure au minimum d’impôt.
Les acomptes provisionnels sont payables en trois échéances égale chacune à 30%
de l'impôt forfaitaire dû au titre de l'année précédente comme suit :
- 30% du forfait annuel à payer avant le 28 juin,
- 30% du forfait annuel à payer avant le 28 septembre, et
- 30% du forfait annuel à payer avant le 28 décembre.
2. Le taux de l’impôt sur les sociétés :
Les personnes morales tunisiennes ou disposant d’un établissement stable en Tunisie
calculent leur IS en appliquant au résultat fiscal calculé à partir du résultat
comptable, un taux d’impôt sur les sociétés de 10%, 20%, 25% ou 35%.
2.1. Le taux de 25% :
Les bénéfices réalisés par les personnes morales couvertes par le champ
d’application de l’impôt sur les sociétés tel que fixé par l’article 45 du code de
l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés sont
soumis à l’impôt au taux de 25% sauf si un autre taux est applicable.
2.2. Le taux de 20% :
Les PME industrielles commerciales ou prestataires de services
La loi de finances 2018 a réduit le taux de 25% à 20% pour les PME industrielles
commerciales ou prestataires de services L’article 15 de la loi n° 2017-66 du 18
décembre 2017 portant loi de finances pour l’année 2018 a favorisé les petites et
moyennes sociétés par un taux préférentiel de l’impôt, et ce, par la réduction du taux
de l’impôt sur les sociétés exigibles de 25% à 20%.
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Bénéficient de cette réduction, les sociétés dont le chiffre d’affaires annuel ne
dépasse pas
- 1 million de dinars pour les activités de transformation et les activités d’achat
en vue de la revente ;
- 500 mille dinars pour les activités de services et les professions non
commerciales.
Les seuils des chiffres d’affaires susmentionnés, sont déterminés hors taxes.122
Le taux de l’impôt sur les sociétés, fixé à 20%, s’applique aux bénéfices provenant
de l’activité principale ainsi que les bénéfices exceptionnels y rattachés.123
Les sociétés qui procèdent à l’admission de leurs actions ordinaires à la
cote de la Bourse
Les sociétés qui procèdent à l’admission de leurs actions ordinaires à la cote de la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis à un taux d’ouverture du capital au public
au moins égal à 30%, bénéficient de la réduction du taux de l’impôt sur les sociétés
de 35%124 ou de 25% à 20% pendant cinq ans à partir de l’année de l’admission,
et ce, à condition que l’opération d’admission soit effectuée au cours de la
période allant du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2019.
L’article 12 de la loi n° 2016-78 du 17 décembre 2016 portant loi de finances pour
l’année 2017 a réduit le taux de l’impôt sur les sociétés de 20% à 15%, et ce, pour
les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 25% et qui procèdent à
l’admission de leurs actions ordinaires à la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières
de Tunis avec un taux d’ouverture au moins égal à 30%. Ladite réduction est
accordée aux opérations d’admission réalisées à partir du 1er janvier 2017, et ce,
pour une période de cinq ans à partir de l’année de l’admission.
La radiation des actions des sociétés bénéficiant de la réduction du taux de l’impôt
sur les sociétés à 15%, de la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis au
122
Dans le cas où le chiffre d’affaires dépasse la limite fixée au cours d’une année déterminée, la société ne bénéficie
pas de la réduction du taux de l’impôt sur les sociétés à 20% pour l’année concernée. Toutefois, elle ne perd pas son
droit à continuer de bénéficier dudit taux pour l’année ou les années ultérieures dans le cas où la condition du chiffre
d’affaires est remplie.
123
Les bénéfices exceptionnels concernés par l’application du taux de l’impôt sur les sociétés, fixé à 20%, sont les
bénéfices visés au paragraphe I bis de l’article 11 du code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de
l’impôt sur les sociétés
124
Sont exclues du bénéfice de cette réduction, les entreprises suivantes :
- les opérateurs de réseaux des télécommunications,
- les sociétés de services dans le secteur des hydrocarbures prêtant leurs services au profit des sociétés exerçant dans
le cadre de la législation relative aux hydrocarbures,
- les entreprises exerçant dans le secteur de production et de transport des hydrocarbures et soumises à un régime fiscal
dans le cadre de conventions particulières et les entreprises de transport des produits pétroliers par pipe-line,
- Les entreprises exerçant dans le secteur de raffinage du pétrole et de vente des produits pétroliers en gros.
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cours des cinq années concernées par l’avantage, entraîne le retrait dudit avantage et
le payement du différentiel entre l’impôt dû au taux de 25% et l’impôt dû au taux de
15%, majoré des pénalités calculées selon la législation fiscale en vigueur.
Taux IS Entreprises Réduction du taux IS selon la date de
l’introduction en bourse
Avant 2017 2017-2019
125
Sociétés soumises à l’IS au taux de 25% 20% 15%
Sociétés soumises Entreprises visées
à l’IS au taux de aux sixième,
35% septième, huitième
et neuvième tiret
du quatrième 20%126
alinéa du
paragraphe I de
l’article 49 du code
de L’IRPP et IS
Autres entreprises 35%
2.2. Le taux de 10% :
Le taux de l’IS est fixé à 10% pour :
Les entreprises exerçant une activité artisanale, agricole, de pêche ou
d'armement de bateaux de pêche
Les centrales d'achat des entreprises de vente au détail organisées sous forme
de coopératives de services régies par le statut général de la coopération ;
Les coopératives de services constituées entre les producteurs pour la vente
en gros de leur production ;
Les coopératives de consommation régies par le statut général de la
coopération ;
Les bénéfices réalisés dans le cadre de projets à caractère industriel ou
commercial bénéficiant du programme de l'emploi des jeunes ou du fonds
national de la promotion de l'artisanat et des petits métiers.
125
Les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 35% ou de 25% et qui ont procédé à l’admission de
leurs actions ordinaires à la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis au cours de la période allant du 1er
janvier 2010 au 31 décembre 2016, et ce, selon les conditions susvisées, continuent à bénéficier de la réduction dudit
taux à 20% jusqu’à l’expiration de la période de cinq ans à partir de l’année de l’admission.
126
La réduction du taux de l’impôt sur les sociétés prévues par l’article 12 de la loi de finances pour l’année 2017 ne
peut pas être accordée aux sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 35% et qui procèdent à l’admission
de leurs actions ordinaires à la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis au cours de la période allant du 1er
janvier 2017 au 31 décembre 2019. En effet, lesdites sociétés demeurent éligibles au bénéfice du taux de 20%.
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Les bénéfices provenant des opérations d’exportation telles que définies par
l'article 68 du présent code sous réserve des mêmes conditions et mêmes
exceptions prévues au même article, et ce, pour les bénéfices réalisés à partir
du 1er janvier [Link] réserve des dispositions de la LF2019
2.3. Le taux de 13.5% : (à partir de 2021)
Un nouveau taux d’imposition de 13,5% a été créé et sera applicable à partir de
2021 pour les entreprises exerçant des activités a très forte valeur ajoutée.
Secteurs concernés :
- Industrie électronique, électrique et mécanique ;
- Montage et fabrication des voitures, des avions, des navires, des trains et leurs
composants ;
- Industrie de câblage ;
- Fabrication de médicaments, de matériel et d’équipements médicaux ;
- Industrie textile, de l’habillement, du cuir et de chaussure ;
- Industrie alimentaire ;
- Centres d'appels ;
- Services de l’innovation dans les technologies de l’information et de
développement des programmations et traitement des données ;
- Conditionnement et emballage des produits ;
- Services logistiques de façon consolidée (à préciser par décret) ;
- Industrie du plastique
- Les sociétés de commerce international actives conformément à la législation
en vigueur.
2.3. Le taux de 35% :
Le taux de l’IS est fixé à 35% pour les sociétés suivantes :
Entreprises exerçant dans le secteur financier
- Etablissements de crédits,
- les établissements de crédit non-résidents exerçant dans le cadre du code de
prestation des services financiers aux non-résidents et ce, pour leurs opérations avec
les résidents
- Sociétés d’investissement prévues par la loi n°88-92 du 2 août 1988 (SICAF,
SICAR),
127
En application des dispositions de l’article 10 de la loi n° 2006-80 du 18 décembre 2006, les entreprises en activité
avant le 1er janvier 2008 et dont la période de la déduction totale de leurs bénéfices ou revenus provenant de
l'exportation n'a pas expiré continuent à bénéficier de la déduction totale jusqu'à la fin de la période qui leur est impartie
conformément à la législation en vigueur avant la date précitée.
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- les compagnies d’assurance et de réassurance exerçant conformément aux
dispositions du code des assurances promulgué par la loi n°92-24 du 9 mars 1992 tel
que modifié et complété par les textes subséquents et notamment la loi n°2005-86
du 15 août 2005.128
- Sociétés de recouvrement de créances ;
- Les assurances mutuelles.
Les opérateurs de réseaux des télécommunications
Entreprises exerçant dans le secteur des hydrocarbures
- Sociétés de services dans le secteur des hydrocarbures prêtant leurs services au
profit de sociétés exerçant dans le cadre de la législation relative aux hydrocarbures,
- Entreprises de production et de transport des hydrocarbures, des entreprises de
services dans le secteur des hydrocarbures.
Entreprises exerçant dans le secteur de raffinage du pétrole et de vente
des produits pétroliers en gros.
Apport de la LF2018
1. Le taux d’IS de 35% a été étendu aux sociétés suivantes à partir du 1erjanvier
2019 :
- Les grandes surfaces commerciales prévues au code de l'aménagement du territoire
et de l'urbanisme tel que modifié et complété par les textes subséquents et
notamment par la loi n° 2003 -78 du 29 décembre 2003
- Les concessionnaires automobiles
- Les franchisés d'une marque ou d'une enseigne commerciale étrangère prévus à la
loi n° 2009-69, à l'exception des entreprises dont le taux d'intégration est égal ou
supérieur à 30%.
2. La loi de finances pour l’année 2018 a mis fin à l’exonération des assurances
mutuelles de l’IS et les a imposés à l’IS au taux de 35%.
Apports de la LF2019
-Les grandes surfaces commerciales continuent à appliquer le taux d’IS de 25% et
ne seront soumises au taux de 35% qu’à partir du 1erjanvier 2020.
128
À l’exception des sociétés exerçant dans le domaine du courtage en assurance et des sociétés ayant la qualité
d’agent d’assurance
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3. Le minimum d’impôts
L’impôt sur les sociétés ne peut être inférieur à un montant égal à :
0,1% du chiffre d’affaires ou des recettes :
- Dont les revenus y provenant sont soumis à l’impôt sur les sociétés au taux de
10% ou
- Réalisés de la commercialisation de produits ou de services soumis au régime
de l’homologation administrative des prix et dont la marge bénéficiaire brute ne
dépasse pas 6%
Et ce, avec un minimum égal à 300 dinars exigible même en cas de non-réalisation
de chiffre d’affaires.
0.2% du chiffre d’affaires local brut avec un minimum égal à 500 dinars
exigible même en cas de non-réalisation de chiffre d’affaires pour les sociétés
non soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 10%.
Le minimum d’impôt visé par le présent paragraphe est majoré de 50% en cas de
paiement après un mois de l’expiration des délais légaux.
Le minimum d’impôt ne s’applique pas aux entreprises qui bénéficient de la
déduction totale de leurs bénéfices ou revenus provenant de l’exploitation, et ce,
durant la période qui leur est impartie par la législation en vigueur.
© Eléments de cours préparés par Hend GUERMAZI – 2020/2021 Page | 136