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Analyse des Plans d'Action SADEC et Moyen-Orient

Ce document présente une étude comparative des plans d'action régionaux entre la SADC et le Moyen-Orient concernant la résolution 1325 de l'ONU sur la lutte contre la discrimination des femmes. Il souligne les progrès réalisés par les États de la SADC en matière d'égalité des sexes et d'autonomisation des femmes, tout en mettant en lumière les défis persistants auxquels les femmes au Moyen-Orient sont confrontées, notamment en raison des conflits et de l'absence de cadres juridiques adéquats. La conclusion insiste sur la nécessité d'efforts concertés pour améliorer la situation des femmes dans les deux régions.

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Analyse des Plans d'Action SADEC et Moyen-Orient

Ce document présente une étude comparative des plans d'action régionaux entre la SADC et le Moyen-Orient concernant la résolution 1325 de l'ONU sur la lutte contre la discrimination des femmes. Il souligne les progrès réalisés par les États de la SADC en matière d'égalité des sexes et d'autonomisation des femmes, tout en mettant en lumière les défis persistants auxquels les femmes au Moyen-Orient sont confrontées, notamment en raison des conflits et de l'absence de cadres juridiques adéquats. La conclusion insiste sur la nécessité d'efforts concertés pour améliorer la situation des femmes dans les deux régions.

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UNIVERSITE EVANGELIQUE EN AFRIQUE

MASTER EN CONFLITS
ET
PAIX
UEA-BUKAVU

B.P. 3323/Bukavu

COURS DE
TRAVAIL PRATIQUE

ETUDE COMPARATIVE DES PLANS D’ACTIONS REGIONAUX ENTRE LA SADEC ET


LE MOYEN D’ORIENT SUR LA RESOLUTION 1325 DANS LE CADRE DE LA LUTTE
CONTRE LA DISCRIMINATION DES FEMMES.»

COURS DISPENSE PAR : PROF

PRESENTE PAR KITUMAINI NAMUKAMA


Edouine

ANNEE ACADEMIQUE 2023 – 2024


Introduction
Il faut un sérieux effort de mémoire pour retrouver l’atmosphère des années 1980. Après les
grandes victoires de la décennie 1970 et l’arrivée de la gauche au pouvoir, tous les espoirs
étaient permis. Pour certaines, l’heure était à l’enthousiasme, sinon à l’euphorie. En moins de
vingt ans, les féministes pouvaient se réjouir d’un bilan glorieux. L’augmentation massive des
femmes sur les lieux de travail leur ouvrait enfin les portes d’une certaine indépendance. Dès
lors qu’on gagne sa vie et celle de ses enfants, on peut quitter un homme qu’on ne supporte
plus. Liberté précieuse, quasiment inconnue de la génération précédente. Avec la
contraception et l’avortement, les femmes occidentales se sont trouvées dotées d’un pouvoir
sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Qu’on le veuille ou non, cette révolution signait
la fin du patriarcat. Tu seras père, si je le veux, quand je le veux. Enfin, on égrenait comme
autant de victoires les noms de celles qui investissaient pour la première fois des territoires
jusqu’alors masculins. De la première femme reçue major à l’École polytechnique à la
première présidente de la Cour de cassation en passant par la première commissaire de police
et bien d’autres « premières », on avait le sentiment qu’un bouleversement s’opérait dans la
définition des genres.
L’image de la femme traditionnelle s’effaçait pour laisser place à une autre, plus virile, plus
forte, presque maîtresse d’elle-même, sinon de l’univers. Après des millénaires d’une tyrannie
plus ou moins douce qui la cantonnait aux seconds rôles, la femme devenait l’héroïne du film
où l’homme jouait les utilités. Cette inversion si jouissive était certainement source d’une
précieuse énergie pour les femmes en quête de nouvelles frontières.
D’ailleurs, de frontières, il n’était plus question. Tout ce qui était à lui était à elle, mais tout ce
qui est à elle n’est pas à lui. Fortes de cet esprit conquérant, les femmes se voyaient bientôt
partager le monde et la maison avec leurs compagnons. L’égalité des sexes devenait l’ultime
critère d’une véritable démocratie.
Insensibles à la nouvelle vague du féminisme américain qui tenait un discours essentialiste,
séparatiste et « nationaliste » recréant un nouveau dualisme sexuel oppositionnel, les
Françaises rêvaient d’une relation apaisée avec les hommes de leur vie : père, mari, patron et
tous les autres.
Seules les féministes universitaires avaient lu ou entendu parler des fureurs de la talentueuse
Andréa Dworkin ou des combats de la juriste Catharine MacKinnon contre le harcèlement
sexuel et la pornographie. Alors qu’au milieu des années 1980 les féministes américaines
dénoncent déjà toutes les violences faites aux femmes, entretenant ainsi une méfiance
croissante à l’égard du sexe masculin, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est la double journée
de travail et l’inexplicable inertie des hommes qui retiennent l’attention des femmes. Il est
vrai que la société française était moins brutale qu’aujourd’hui et que les victimes de la
violence masculine se déclaraient peu. C’est donc moins le renforcement de la législation
contre le viol en 1980 qui marque un tournant des sensibilités que le succès d’un petit livre
drôle et dénué d’acrimonie, Le Ras-le-bol des superwomen de Michèle Fitoussi. Paru en
1987, ce livre d’une journaliste de trente-deux ans, mère de deux enfants, est la première
pierre jetée avec un tel retentissement populaire dans le jardin des féministes des années 1970.
Le titre même devint une expression couramment utilisée dans la presse. Le ras-le-bol était la
façon nouvelle de dire : « Nous avons été flouées. ». C’est en partant de cette considération
que, nous nous focalisons pour analyser les plans d’action de la SADEC et du moyen orient
dans la lutte contre la discrimination des femmes en conformité avec la résolution 1325 du
conseil de sécurité de Nations Unies. Cette question dans le cadre de cette étude est présentée
dans deux volets entre autres la SADEC et lutte contre la discrimination des femmes dans le
premier volet et le moyen orient et lutte contre la discrimination des femmes dans le deuxième
volet.
I. La SADEC et la lutte contre la discrimination des femmes
Près de 30 ans après la fin de l’administration de l’apartheid en Afrique du Sud (1994) et le
début de la quatrième conférence mondiale des femmes à Pékin (1995), le monde
postapartheid et post-Pékin de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes
commence à émerger pour les femmes et les hommes d’Afrique australe. Ce moment très
inspirant a été rendu possible grâce aux États membres de la SADC qui ont élaboré des
stratégies et travaillé ensemble pour atteindre la vision et les objectifs.
Les États membres de la SADC changent la région en s’engageant en faveur de l’égalité des
sexes et de l’autonomisation des femmes, et à mettre en oeuvre le protocole de la SADC sur le
genre et le développement, tel que révisé en 2016, ainsi que les instruments régionaux
connexes tels que le Traité de la SADC, la Vision 2050 et le RISDP 2020-2030.
a. Les résultats commencent à se faire voir
Un État membre a une femme présidente (République-Unie de Tanzanie) et deux États
membres ont atteint l’égalité des sexes au sein du gouvernement (Mozambique et Afrique du
Sud), tandis que de nombreux autres ne sont pas loin derrière au niveau du gouvernement. Au
tournant du millénaire, en 2000, le nombre de femmes siégeant dans les cabinets ministériels
de la région de la SADC était de 10 à 15 %, à quelques exceptions près. Les résultats dans
d’autres secteurs tels que le pouvoir législatif sont plus irréguliers, mais huit présidents de
l’Assemblée nationale sont des femmes, ainsi que des progrès notables dans le système
judiciaire, avec une majorité de femmes juges dans certains cas.
Pour les femmes de la région de la SADC, il ne s’agit pas seulement de cocher des cases,
l’"égalité" et l’"autonomisation" sont plus que des mots, et elles sont en train de se réaliser,
lentement, régulièrement, parfois de manière erratique, mais il y a des victoires significatives
qui ont un impact sur le développement actuel et futur. Une nouvelle égalité est en train
d’émerger, elle n’est pas encore là, mais les preuves sont là pour être vues.
Les progrès sont plus lents dans certains États membres que dans d’autres dans divers
domaines, mais de manière générale, tous progressent quelque part, même si des efforts
concertés sont nécessaires pour mettre en place des mesures et un mécanisme spéciaux afin
d’atteindre les objectifs d’ici 2030, notamment lors du prochain cycle d’élections nationales
de 2022 à 2026. Il y a suffisamment de femmes aux postes décisionnels dans chacun des 16
États membres de la SADC pour maintenir la dynamique, et les hommes travaillent
activement avec les femmes à différents niveaux, un nombre croissant d’hommes soutenant
les femmes pour mettre fin à la discrimination fondée sur le sexe et à la violence physique et
psychologique à l’égard des femmes, y compris le cyber intimidation.
Cela reste une question d’égalité et de non-discrimination, mais ce n’est plus une question de
"femmes". L’implication des femmes dans la prise de décision au plus haut niveau est
désormais une question économique concrète car elle concerne la moitié de la population qui
a été marginalisée et qui est de plus en plus capable de collaborer au développement
économique. Il existe des réussites, des pratiques efficaces et des modèles à suivre, mais il
reste encore du chemin à parcourir.
b. Mesures spéciales temporaires
Les États parties de la région de la SADC ont également adopté des mesures temporaires
spéciales en relation avec les systèmes électoraux afin d’accroître et de garantir la
représentation des femmes dans la politique et la prise de décision. Ces mesures sont destinées
à rectifier les déséquilibres historiques hérités des systèmes électoraux antérieurs à
l’indépendance, mais sont devenues des méthodes plus ou moins permanentes pour accroître
la représentation des femmes. Par exemple, la Tanzanie et le Zimbabwe disposent de quotas
constitutionnels pour les femmes. Le Mozambique, la Namibie et l’Afrique du Sud ont mis en
place des quotas volontaires pour les partis afin d’aider le système de représentation
proportionnelle à assurer la représentation des femmes. Le Lesotho a un système
proportionnel mixte dans lequel les électeurs votent pour le parti et pour le candidat de leur
choix.
La Constitution nationale de la RDC (2006) donne mandat à l’État d’assurer l’égalité de
représentation des sexes à tous les niveaux : national, provincial et local. L’article 14 précise
que l’État garantit aux femmes une participation égale aux organes de décision. La loi
électorale (loi 06/006 de mars 2006) exige que les listes de candidats ou de coalitions tiennent
compte de la représentation égale des hommes et des femmes. Cependant, la loi électorale
devrait être révisée dans l’esprit de l’article 14 de la Constitution. Il existe des propositions
législatives visant à réviser la loi n° 15/103 sur les modalités d’application des droits de la
femme et de la parité afin de la rendre plus contraignante en ajoutant des sanctions en cas de
non-respect. Au regard de la situation de la femme congolaise dans les institutions, ces
mesures ne sont pas efficaces car il s’agit d’une déclaration d’intention qui n’est pas
appliquée à ce jour, et il n’y a pas de sanctions.
II. Le Moyen-Orient et lutte contre la discrimination des femmes

Comparativement aux Etats membres de la SADC, la situation de la femme au Moyen-Orient


est restée très compliquée.
Ces cinq dernières années, de nombreux Etats de la région arabe ont connu plusieurs vagues
successives de révoltes et de troubles révolutionnaires. La plupart de ces soulèvements ont
engendré des actes de violence sans précédent, un climat d’insécurité et de très longs conflits
armés. Bien qu’ayant menacé la sécurité de la population civile dans son ensemble, cette
situation a eu des conséquences désastreuses en particulier pour les femmes et les filles.
Celles-ci sont notamment devenues sujettes à l’exploitation et la maltraitance sexuelles ainsi
qu’à d’autres formes de violence de plus en plus graves à leur encontre, telles que le viol, la
traite des êtres humains, les mariages d’enfants et les mariages forcés.
La résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la
sécurité se penche sur les défis spécifiques auxquels les femmes sont confrontées en situation
de conflit. Elle exige la protection des droits des femmes et des filles durant les périodes de
conflit et post-conflit, et la participation des femmes aux processus de maintien et de
consolidation de la paix, de résolution des conflits, de reconstruction post-conflit ainsi que
dans les processus décisionnels. Elle prescrit également l’apport de services de secours et de
réparation à l’intention des femmes et des filles. Ces domaines sont connus comme étant les
quatre piliers de la résolution 1325, également appelés les « quatre P » : prévention,
participation, protection et services de secours et de réparation.

Les parlements peuvent jouer un rôle fondamental dans la mise en oeuvre de ces quatre
piliers. Ils peuvent adopter des lois et élaborer des politiques propres à réaliser pleinement les
objectifs de la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité, à savoir, entre autres, des lois
contre la discrimination prévoyant par exemple l’introduction de quotas afin d’augmenter la
présence des femmes dans les postes décisionnels dans le cadre de missions de paix ou dans
l’armée; des directives garantissant la formation des femmes sur les processus de résolution
des conflits, de maintien et de consolidation de la paix; des lois visant à renforcer et ancrer les
concepts de la protection des droits de l’homme et de l’égalité des sexes. En outre, les
parlements peuvent contribuer à la mise en oeuvre de ces lois et politiques, en veillant à ce
que des plans d’action nationaux soient préparés, adoptés et entièrement financés et que des
instruments de contrôle adéquats soient en place. Cependant, la plupart des Etats de la région
arabe ne disposent pas de ces importants cadres juridiques et politiques.
Conclusion
La situation de la femme au Moyen-Orient est restée très compliquée différemment des Etats
de la SADEC qui se sont engagés en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des
femmes, et à mettre en oeuvre le protocole de la SADC sur le genre et le développement, tel
que révisé en 2016, ainsi que les instruments régionaux connexes tels que le Traité de la
SADC, la Vision 2050 et le RISDP 2020-2030.
Les résultats aujourd’hui sont visibles dans certains Etats. Un État membre a une femme
présidente (République-Unie de Tanzanie) et deux États membres ont atteint l’égalité des
sexes au sein du gouvernement (Mozambique et Afrique du Sud), tandis que de nombreux
autres ne sont pas loin derrière au niveau du gouvernement.

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