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Devoir Surveillé : Approche de π et Irrationalité

Le devoir surveillé du Lycée Pierre de Fermat pour les classes MPSI et MP2I se concentre sur l'étude du nombre π à travers quatre parties distinctes. Les élèves doivent aborder des concepts tels que l'approximation de π par des suites, la densité des valeurs de sin(nθ), la convergence de suites trigonométriques et la démonstration de l'irrationalité de π. Les réponses doivent être rédigées avec soin, en respectant les consignes de présentation et de notation.

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Devoir Surveillé : Approche de π et Irrationalité

Le devoir surveillé du Lycée Pierre de Fermat pour les classes MPSI et MP2I se concentre sur l'étude du nombre π à travers quatre parties distinctes. Les élèves doivent aborder des concepts tels que l'approximation de π par des suites, la densité des valeurs de sin(nθ), la convergence de suites trigonométriques et la démonstration de l'irrationalité de π. Les réponses doivent être rédigées avec soin, en respectant les consignes de présentation et de notation.

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Lycée Pierre de Fermat 2024/2025

MPSI & MP2I Devoir surveillé

Devoir Surveillé n°4


Sujet donné le samedi 14 décembre 2024, 4h.
L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.

La notation tiendra particulièrement compte de la qualité de la rédaction, la précision des raisonnements et l’énoncé des
formules utilisées. Les réponses aux questions seront numérotées et séparées par un trait horizontal. Les résultats
essentiels devront être encadrés ou soulignés.
BON TRAVAIL
————————————————————–

Problème - Autour du nombre π


Ce problème est composé de IV parties indépendantes les unes des autres sauf mention du contraire.
La partie I propose l’étude de suites qui permettent d’approcher le nombre π.
La partie II a pour objectif de caractériser les valeurs du réel θ pour lesquelles la famille (sin(nθ))n∈Z est dense dans le segment
[−1, 1].
La partie III propose l’etude de différentes notions de convergence et de voir si la suite (sin(nθ))n∈N permet de les illustrer en
fonction du paramètre θ.
Enfin, dans la partie IV, nous prouvons que π est irrationnel.

I .Approximation de π
π
i h
Soit x ∈ 0, .
2
Soit u la suite définie par u0 = cos x et, pour tout n ∈ N,
x
un+1 = un cos
2n+1
x
On lui associe la suite v définie pour tout n ∈ N par vn = un sin .
2n
I.1. (a) Montrer que la suite v est géométrique.
(b) En déduire, pour tout n ∈ N, l’expression explicite de un en fonction de x et n.
sin(2x)
(c) Montrer que la suite u converge et montrer que lim un = .
n→+∞ 2x
1
Considérons les suites (an ) et (bn ) définies par a0 = 1, b0 = et, pour tout n ∈ N,
cos x
an + bn p
an+1 = et bn+1 = an+1 bn
2
cos x2
I.2. (a) Vérifier que b1 = .
cos x
(b) Montrer que, ∀n ∈ N, an > 0 et bn > 0.

an+1
I.3. (a) Établir que, pour tout n ∈ N, bn+1 − an+1 = √ √ (bn − an ).
2( bn + an+1 )
(b) Montrer que, pour tout n ∈ N, an < bn .
(c) En déduire la monotonie des suites (an ) et (bn ).
(d) Montrer que, pour tout n ∈ N,
1 1
 
0 < bn − an ⩽ −1
2n cos x
(e) En déduire que les suites (an ) et (bn ) convergent vers une même limite notée ℓ.
un cos 2xn un
I.4. (a) Montrer que, pour tout n ∈ N, an = et bn = .
cos2 x cos2 x
(b) En déduire la valeur de ℓ.
π
I.5. Dans cette question, on prend la valeur particulière x = .
4
(a) Quelle est la valeur de ℓ ? En déduire un encadrement de π à l’aide des suites an et bn .
4(bn − an )
(b) Montrer que, pour obtenir un encadrement de π à 10−8 près, il suffit de trouver n tel que ⩽ 10−8 .
an bn
(c) Montrer que, pour tout n ∈ N,
1
0 ⩽ bn+1 − an+1 ⩽ (bn − an )
4
et en déduire un encadrement de bn − an ne dépendant que de n ∈ N.
(d) Combien suffit-il de calculer de termes des suites (an ) et (bn ) pour obtenir un encadrement de π à 10−8 près ? On pourra
exprimer l’entier trouvé à l’aide des fonctions partie entière et logarithme népérien.

1
II . Sous-groupes de R
On admettra dans cette partie que π est un nombre irrationnel, résultat dont la preuve fait l’objet de la partie IV.
On note, pour tout a, b ∈ R : aZ = {ka, k ∈ Z} puis aZ + bZ = {ka + hb, (k, h) ∈ Z2 }.
On rappelle que (R, +) est un groupe.
II.1. Montrer que, pour tout a, b ∈ R, (aZ + bZ, +) est un sous-groupe de (R, +).
II.2. Soit G un sous-groupe de R différent de {0}. On pose α = inf G ∩ R∗+ .
(a) Pourquoi α est-il bien défini ?
(b) On suppose que α = 0. Montrer que G est alors dense dans R. On pourra adapter la preuve de la densité de Q dans R vue
en cours.
(c) On suppose que α > 0.
i. Justifier qu’il existe g ∈ G tel que α ⩽ g < 2α.
ii. Supposons que α < g. Montrer qu’il existe g ′ ∈ G tel que 0 ⩽ g ′ < g et en déduire une contradiction. Que peut-on en
conclure sur α ?
iii. Montrer que G = αZ.
II.3. Soient a ∈ R∗ et b ∈ R.
b b p p
(a) On suppose que ∈ Q si bien qu’il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tels que = et p ∧ q = 1 ( est appelé le représentant
a a q q
b
irréductible de ).
a
i. Montrer que, ∀(x, y, z) ∈ R3 , z(xZ + yZ) = zxZ + zyZ.
ii. En déduire qu’il existe α ∈ R+
∗ tel que aZ + bZ = αZ.
b
(b) On suppose que ∈ / Q.
a
b
i. Montrer que s’il existe α ∈ R+
∗ tel que aZ + bZ = αZ, alors ∈ Q.
a
ii. Que peut-on en conclure concernant aZ + bZ ?
II.4. On pourra utiliser dans la question qui suit la caractérisation séquentielle de la continuité d’une fonction f : R → R au point
x0 ∈ R :

f est continue en x0 ⇐⇒ ∀(un )n∈N ∈ RN , si (un ) converge vers x0 , alors (f (un )) converge vers f (x0 )

(a) i. Soient D une partie de R dense dans R et f : R → R une fonction continue sur R.
Montrer que f (D) est dense dans f (R).
θ
ii. Soit θ ∈ R. En déduire une condition suffisante sur pour que la famille (sin(nθ))n∈Z soit dense dans [−1, 1]. On pourra
π
s’intéresser au sous-groupe 2πZ + θZ.
(b) i. Montrer que, pour tout rationnel r, sin(rπZ) est un ensemble fini.
ii. En déduire que la condition suffisante établie dans la question précédente est nécessaire et déterminer l’ensemble Iπ des
valeurs de θ ∈ R pour lesquelles la famille (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1].

 
III . Etude de la suite sin(nθ)
On fixe θ ∈ R et on note pour tout n ∈ N, sn = sin(nθ).
Considérons l’équation de récurrence linéaire

∀n ∈ N , un+2 = 2 cos(θ)un+1 − un (E)

dans laquelle u est une suite réelle.


III.1. (a) Déterminer l’ensemble Sθ des suites réelles solutions de la relation de récurrence (E) en fonction de θ (on prendra soin de
distinguer deux situations différentes selon les valeurs de θ).
(b) Supposons que θ ̸≡ 0 [2π]. En utilisant la relation de récurrence (E), montrer que, si une suite u ∈ Sθ converge, alors sa
limite est nulle.
(c) On se place dans le cas θ ≡ 0 [2π]. Quelles sont les limites des suites convergentes de l’ensemble Sθ ?
III.2. (a) Montrer que la suite (sn ) est une solution de (E). Montrer que si (sn ) converge, alors sa limite est 0.
(b) Montrer, en exprimant (sn+1 ) en fonction des suites (sn ) et (cos(nθ)), que pour θ ̸≡ 0[π] et si (sn ) converge, alors (cos(nθ))
converge aussi vers 0.
(c) Déterminer l’ensemble des valeurs de θ pour lesquelles la suite (sn ) converge.
III.3. Convergence « à la Euler ».
n  
1 X n
On dit qu’une suite (an ) est Euler-convergente si la suite (An ) définie par : ∀ n ∈ N, An = n ak , est convergente.
2 k
k=0
On note alors lim(an ), la valeur lim(An ).
E
(a) Montrer que si (an ) est une suite constante, alors (an ) est Euler-convergente et lim(an ) = lim(an ).
E

2
(b) Soit (an ) est une suite convergente vers 0.
i. Soit ε ∈ R∗+ .
n   N  
1 X n ε 1 X n
Montrer qu’il existe N ∈ N tel que pour tout entier n ⩾ N , ak ⩽ + |ak |.
2n k 2 2n k
k=0 k=0
ii. En déduire que (an ) est Euler-convergente et lim(an ) = 0.
E 
n
k
Indication : On pourra montrer que, pour tout k fixé : lim = 0.
n→+∞ 2n

(c) Que dire de l’Euler-convergence d’une suite (an ) convergente.


(d) Montrer que (sn ) est Euler-convergente et que lim(sn ) = 0.
E
III.4. Equidistribution.
On dit qu’une suite (an ) dense dans [c, d] est équidistribuée si : 
card {n ∈ [[0, n − 1]] | an ∈ [γ, δ]} δ−γ
∀ γ, δ ∈ [c, d] tels que γ < δ, lim = .
n d−c Z d n
1 1 X
On admet que cela impose que pour toute fonction f continue sur [c, d], on a f (t)dt = lim f (ak ).
d−c c n→+∞ n + 1
k=0
Dans la suite de cette question θ ∈ Iπ et l’on admet que la densité de la suite (sn ) dans [−1, 1] peut se déduire de celle de la
famille (sin(nθ))n∈Z .
Z 1 n
1 1 X
(a) Avec f : [−1, 1] → R, x 7→ x, calculer f (t)dt et lim f (sk ). Qu’en pensez-vous ?
2 −1
n→+∞ n+1
k=0
Z 1 n
1 1 X
(b) Avec f : [−1, 1] → R, x 7→ x2 , calculer f (t)dt et lim f (sk ). Qu’en pensez-vous ?
2 −1
n→+∞ n+1
k=0

IV . Irrationnalité de π
L’objectif de cette partie est d’établir l’irrationnalité du nombre π.
xn (1 − x)n
Pour n entier naturel non nul et x réel, on pose fn (x) = .
n!
IV.1. Dans cette question, n est un entier naturel non nul.
2n
1 X
(a) Montrer qu’il existe (n + 1) entiers en , en+1 , . . ., e2n que l’on explicitera tels que fn (x) = ei xi .
n!
i=n
(b) Calculer,
— pour k ∈ [[0, n − 1]], fn(k) (0),
— pour k ∈ [[n, 2n]], fn(k) (0) en fonction de k, n et ek ,
— pour k ∈ [[2n + 1, +∞[[, fn(k) (0).
(c) En déduire que, pour tout entier naturel k, fn(k) (0) et fn(k) (1) sont des entiers. On pourra remarquer que fn (x) = fn (1 − x).

On veut montrer que π 2 est un nombre irrationnel. Nous allons raisonner par l’absurde en supposant qu’il existe (a, b) ∈ N∗2
a
tels que π 2 = .
b
IV.2. Posons, pour n entier naturel non nul et x réel,
n
X
Fn (x) = bn (π 2n fn (x) − π 2n−2 fn(2) (x) + π 2n−4 fn(4) (x) − . . . + (−1)n fn(2n) (x)) = bn (−1)k π 2(n−k) fn(2k) (x)
k=0

(a) Montrer que Fn (0) et Fn (1) sont des entiers.


(b) On pose, pour n entier naturel non nul et x réel,
Z 1
gn (x) = Fn′ (x) sin(πx) − πFn (x) cos(πx) et An = π an fn (x) sin(πx)dx
0

Montrer que, pour n entier naturel non nul et x réel, gn′ (x) 2 n
= π a fn (x) sin(πx) et en déduire que An est un entier.
an
IV.3. On pose, toujours pour le même entier a, un = .
n!
n
a aa+1
(a) Démontrer que, pour tout entier n ⩾ a + 1, ⩽ .
n! a!n
an 1
(b) En déduire qu’il existe un entier naturel n0 tel que, pour tout entier n ⩾ n0 , < .
n! 2
1 3n
(c) Montrer que, pour tout x ∈ [0, 1], 0 ⩽ fn (x) ⩽ et ∀x ∈ [1/4, 3/4], fn (x) ⩾ ..
n! n!24n
2
(d) Montrer que, pour tout entier n ⩾ n0 , An ∈]0, 1[ et conclure que π est irrationnel.
(e) Comment peut-on déduire de ce qui précède que π est irrationnel ?

3
DEVOIR SURVEILLE 4 - Correction
Problème - Autour du nombre π
Ce problème est composé de IV parties indépendantes les unes des autres sauf mention du contraire.
La partie I propose l’étude de suites qui permettent d’approcher le nombre π.
La partie II a pour objectif de caractériser les valeurs du réel θ pour lesquelles la famille (sin(nθ))n∈Z est dense dans le segment
[−1, 1].
La partie III propose l’etude de différentes notions de convergence et de voir si la suite (sin(nθ))n∈N permet de les illustrer en
fonction du paramètre θ.
Enfin, dans la partie IV, nous prouvons que π est irrationnel.

I .Approximation de π
π
i h
Soit x ∈ 0, .
2
Soit u la suite définie par u0 = cos x et, pour tout n ∈ N,
x
un+1 = un cos
2n+1
x
On lui associe la suite v définie pour tout n ∈ N par vn = un sin .
2n
I.1. (a) Montrer que la suite v est géométrique.

On a, pour tout n ∈ N,
x x x 1 x vn
vn+1 = un+1 sin = un cos n+1 sin n+1 = un sin n =
2n+1 2 2 2 2 2
1 v0
(vn ) est donc géométrique de raison et donc ∀ n ∈ N, vn = n .
2 2

(b) En déduire, pour tout n ∈ N, l’expression explicite de un en fonction de x et n.

π x π x
Comme x ∈]0, [, pour tout n ∈ N, n ∈]0, [ donc sin( n ) > 0. Ainsi,
2 2 2 2

vn u0 sin 2x0 cos x sin x 1 sin(2x) sin(2x)


un = = = n = d’où ∀n ∈ N , un =
sin 2xn 2n sin 2xn 2 sin 2xn 2 2n sin 2xn 2n+1 sin 2xn

sin(2x)
(c) Montrer que la suite u converge et montrer que lim un = .
n→+∞ 2x
sin t x
On sait que lim = sin′ (0) = 1 donc en posant tn = n qui tend vers 0 quand n tend vers +∞, par composition de
t→0 t 2
limites,
x
sin(2x) 2n sin(2x) 1 sin(2x) 2x
un = = −→ d’où lim un = .
2x sin x 2x sin tn
tn
n→+∞ 2x n→+∞ 2x
2n

1
Considérons les suites (an ) et (bn ) définies par a0 = 1, b0 = et, pour tout n ∈ N,
cos x
an + bn p
an+1 = et bn+1 = an+1 bn
2
cos x2
I.2. (a) Vérifier que b1 = .
cos x
π x
On a, puisque x ∈]0, [, cos x > 0 et cos > 0,
2 2
a0 + b0 1 + cos1 x cos x + 1
a1 = = = >0
2 2 2 cos x
r r
p cos x + 1 2 cos2 x2 − 1 + 1 cos x2 cos x2 cos x2
b1 = a1 b0 = = = = d’où b1 =
2 cos2 x 2 cos2 x cos x cos x cos x

(b) Montrer que, ∀n ∈ N, an > 0 et bn > 0.

Vérifions par récurrence élémentaire que pour tout n ∈ N, P(n) : « an > 0 et bn > 0 »
1 π
— P(0) est vrai par hypothèse : a0 = 1 > 0 et b0 = > 0 car x ∈]0, [ .
cos x 2

1
an + bn
— Supposons P(n) pour n ∈ N fixé. On a donc an > 0 et bn > 0. Alors an+1 = > 0 et donc an+1 bn > 0 puis
p 2
bn+1 = an+1 bn > 0 ce qui établit P(n + 1).

cos x2
Donc, pour tout n ∈ N, an > et bn > 0.
cos x

an+1
I.3. (a) Établir que, pour tout n ∈ N, bn+1 − an+1 = √ √ (bn − an ).
2( bn + an+1 )
√ √ √ √
 √ √ ( x − y)( x + y) x−y

∀(x, y) ∈ R∗+ ,
2
En multipliant par la quantité conjuguée x− y= √ √ = √ √ ,
x+ y x+ y
!
√ √ √ bn − an+1
p p 
bn+1 − an+1 = an+1 bn − an+1 = an+1 bn − an+1 = an+1 √ √
bn + an+1

an+1 
an + bn

= √ √ bn −
bn + an+1 2

an+1 
= √ √  bn − an
2 bn + an+1

an+1
Ainsi, pour tout n ∈ N, bn+1 − an+1 = √ √ (bn − an ).
2( bn + an+1 )

(b) Montrer que, pour tout n ∈ N, an < bn .

Montrons la propriété P(n) :« an < bn » par récurrence sur n ∈ N.


1 π 1
⋆ Au rang 0, on a bien b0 = > 1 = a0 car comme x ∈]0, [, cos x ∈]0, 1[ donc ∈]1, +∞[ donc P(0) est vraie.
cos x 2 cos x

an+1
⋆ Supposons P(n) vraie pour un n donné. Alors, comme an+1 > 0, √ √ > 0 donc la relation établie dans la
bn + an+1
question précédente montre que an+1 − bn+1 et an − bn sont du même signe. Ainsi, comme an − bn < 0 par hypothèse
de récurrence, an+1 − bn+1 < 0 d’où la véracité de P(n).
Donc pour tout n ∈ N, an < bn .

(c) En déduire la monotonie des suites (an ) et (bn ).

Calculons, pour tout n ∈ N,


an + bn bn − an
an+1 − an =
− an = >0
2 2
√ √
√ bn bn
p p  p   
bn+1 − bn = an+1 bn − bn = bn an+1 − bn = √ √ an+1 − bn = √ √  an − bn < 0
an+1 + bn 2 an+1 + bn
car bn > 0 et an − bn < 0 d’après la question précédente.

Ainsi, (an )n∈N est strictement croissante et (bn )n∈N est strictement décroissante.

(d) Montrer que, pour tout n ∈ N,


1 1
 
0 < bn − an ⩽ −1
2n cos x

1 1
 
Prouvons l’inégalité par récurrence en considérant P(n) : « 0 < bn − an ⩽ n − 1 » pour tout n ∈ N :
2 cos x
1 1 1
 
— Au rang 0, on a bien 0 < b0 − a0 = −1= 0 − 1 donc P(0) est vraie.
cos x 2 cos x
√ p √
— Supposons P(n) vraie pour un n donné. On a clairement 0 < an+1 ⩽ bn + an+1 donc

an+1 1
0< √ √  <
2 an+1 + bn 2

Donc en multipliant par bn − an > 0,



an+1 bn − an
0< √ √  (bn − an ) <
2 an+1 + bn 2

1 1
 
Or bn − an ⩽ −1 car P(n) est vraie, donc on obtient bien
2n cos x
1 1
 
0 < bn+1 − an+1 ⩽ −1
2n+1 cos x

2
1 1
 
Ainsi, pour tout n ∈ N, 0 < bn − an ⩽ −1 .
2n cos x

(e) En déduire que les suites (an ) et (bn ) convergent vers une même limite notée ℓ.

1
Comme ( ) tend vers 0, le théorème d’existence de limite par encadrement établit que (bn − an ) aussi. Alors (an ) est
2n
croissante, (bn ) est décroissante et leur différence tend vers 0 donc par le théorème des suites adjacentes,
(an ) et (bn ) convergent vers une même limite ℓ.

un cos 2xn un
I.4. (a) Montrer que, pour tout n ∈ N, an = et bn = .
cos2 x cos2 x
un cos 2xn un
Par récurrence sur P(n) : « an = et bn = » définie pour n ∈ N.
cos2 x cos2 x
— P(0) est vraie car
u0 cos 2x0 cos2 x u0 cos x 1
= = 1 = a0 et = = = b0
cos2 x cos2 x cos2 x cos2 x cos x
— Supposons P(n) vraie pour un rang n donné. Alors, en utilisant P(n) et la relation de récurrence sur un (un+1 =
x
un cos n+1 ),
2 x
an + bn un

x

un x un+1 cos 2n+1
an+1 = = 2
cos n + 1 = 2
2 cos2 n+1 = 2
2 2 cos x 2 2 cos x 2 cos x
r
x
p un+1 cos 2n+1 un 1 p 2 un+1
bn+1 = an+1 bn = 2 2
= un+1 = (car un+1 > 0)
cos x cos x cos2 x cos2 x
d’où la véracité de P(n + 1).
un cos 2xn un
Ainsi, ∀n ∈ N, an = et bn = .
cos2 x cos2 x

(b) En déduire la valeur de ℓ.

sin(2x)
On avait vu à la question I.c que (un ) tendait vers donc (bn ) qui tend vers ℓ tend aussi vers
2x
sin(2x) 2 sin x cos x tan x
= =
2x cos2 x 2x cos2 x x
tan x
Par unicité de la limite, ℓ = .
x
π
I.5. Dans cette question, on prend la valeur particulière x = .
4
(a) Quelle est la valeur de ℓ ? En déduire un encadrement de π à l’aide des suites an et bn .

π 4
Avec x = , ℓ = . De plus, comme (an ) était strictement croissante vers ℓ et (bn ) strictement décroissante vers ℓ, on a
4 π
pour tout n ∈ N,
4
an < an+1 ⩽ sup{ak | k ∈ N} = = inf{bk | k ∈ N} ⩽ bn+1 < bn
π
4 4
Ainsi, pour tout n ∈ N, comme an et bn > 0, <π< .
bn an
4(bn − an )
(b) Montrer que, pour obtenir un encadrement de π à 10−8 près, il suffit de trouver n tel que ⩽ 10−8 .
an bn
4 4 4 4(bn − an )
En interprétant en terme de distances, on a −π < − = .
bn an bn an bn
4(bn − an ) 4
Donc si ⩽ 10−8 , alors est une valeur approchée (par défaut) de π.
an bn bn

(c) Montrer que, pour tout n ∈ N,


1
0 ⩽ bn+1 − an+1 ⩽
(bn − an )
4
et en déduire un encadrement de bn − an ne dépendant que de n ∈ N.
p √ √
On a bn > ℓ > an+1 > 0 donc bn + an+1 ⩾ 2 an+1 et donc

an+1 1
√ √ ⩽
2 bn + an+1 4

En exploitant cette inégalité avec l’égalité de I.3.a, on obtient immédiatement


1
∀ n ∈ N, 0 < bn+1 − an+1 ⩽ (bn − an )
4

3
Une récurrence élémentaire donne alors
1
∀ n ∈ N, 0 < bn − an ⩽ (b0 − a0 )
4n
1 1
Ainsi, ∀n ∈ N, 0 ⩽ bn+1 − an+1 ⩽ (bn − an ) et 0 < bn − an ⩽ n (b0 − a0 ).
4 4

(d) Combien suffit-il de calculer de termes des suites (an ) et (bn ) pour obtenir un encadrement de π à 10−8 près ? On pourra
exprimer l’entier trouvé à l’aide des fonctions partie entière et logarithme népérien.

4 4 4
On a an ⩾ a0 = 1 et bn ⩾ ℓ = donc an bn ⩾ et ⩽ π. Ainsi,
π π an bn

4(bn − an ) π(b0 − a0 ) π( 2 − 1) 2 √ 1
⩽ = ⩽ n car 2−1⩽ et π ⩽ 4
an bn 4n 4n 4 2
4 2
Compte tenu de la question I.5.b, pour que soit une valeur approchée à 10−8 près, il suffit donc que n ⩽ 10−8 soit
bn 4
22n−1 ⩾ 108 c’est-à-dire (2n − 1) ln 2 ⩾ 8 ln 10,
4 ln 10
j k
donc n0 = + 0.5 + 1 = 14 convient.
ln 2

II . Sous-groupes de R
On admettra dans cette partie que π est un nombre irrationnel, résultat dont la preuve fait l’objet de la partie IV.
On note, pour tout a, b ∈ R : aZ = {ka, k ∈ Z} puis aZ + bZ = {ka + hb, (k, h) ∈ Z2 }.
On rappelle que (R, +) est un groupe.
II.1. Montrer que, pour tout a, b ∈ R, (aZ + bZ, +) est un sous-groupe de (R, +).

— aZ + bZ ⊂ R et (R, +) est un groupe,


— 0 = a.0 + b.0 ∈ aZ + bZ donc aZ + bZ est non vide,
— ∀(x, y) ∈ (aZ + bZ)2 , x − y ∈ aZ + bZ car x s’écrit ka + hb avec k, h ∈ Z et y s’écrit k′ a + h′ b avec k′ , h′ ∈ Z donc
x − y = (k − k′ )a + (h − h′ )b ∈ aZ + bZ car k − k′ et h − h′ ∈ Z,
donc aZ + bZ est un sous-groupe de (R, +).

II.2. Soit G un sous-groupe de R différent de {0}. On pose α = inf G ∩ R∗+ .


(a) Pourquoi α est-il bien défini ?

G étant un sous-groupe différent de {0}, il contient un élément non nul x (car 0, le neutre du groupe ambiant est toujours
dans G). De plus, −x ∈ G car G est un sous-groupe. Ainsi, G contient au moins un élément strictement positif.
Ainsi, G∩]0, +∞[ est une partie non vide et minorée (par 0) de R,
donc G∩]0, +∞[ admet une borne inférieure : α est donc bien défini.

(b) On suppose que α = 0. Montrer que G est alors dense dans R. On pourra adapter la preuve de la densité de Q dans R vue
en cours.

Prouvons la caractérisation de la densité par les ε.


Soient x ∈ R et ε ∈ R∗+ fixés.
Appliquons la caractérisation de la borne inférieure définissant α pour ε ← ε :

∃g ∈ G ∩ R∗+ : α = 0 ⩽ g < α + ε = ε

Fixons un tel élément g dans G ∩ R∗+ . Alors g ∈]0, ε[.


g ̸= 0 ce qui permet d’effectuer la division pseudo-euclidienne de x par g :

∃(q, r) ∈ Z × [0, |g|[ : x = qg + r

G est un sous-groupe de (R, +) et g ∈ G donc qg ∈ G et |x − qg| = |r| < g < ε.


Par conséquent, il existe un élément qg de G ε-proche de x.
Ainsi, si α = 0, alors G est dense dans R.

(c) On suppose que α > 0.


i. Justifier qu’il existe g ∈ G tel que α ⩽ g < 2α.

Appliquons la caractérisation de la borne inférieure définissant α pour ε ← α (autorisé car α > 0) :

∃g ∈ G ∩ R∗+ : α ⩽ g < α + α = 2α

4
Un tel élément g convient.
Ainsi, il existe g ∈ G tel que α ⩽ g < 2α.

ii. Supposons que α < g. Montrer qu’il existe g ′ ∈ G tel que 0 ⩽ g ′ < g et en déduire une contradiction. Que peut-on en
conclure sur α ?

Appliquons une deuxième fois la caractérisation de la borne inférieure définissant α pour ε ← g − α (autorisé car
α < g ⇒ g − α > 0) :
∃g ′ ∈ G ∩ R∗+ : α ⩽ g ′ < α + (g − α) = g
Fixons un tel élément g ′ .
Alors g − g ′ > 0 et g − g ′ ∈ G (car G sous-groupe de (R, +)) donc g − g ′ ∈ G ∩ R∗+ si bien que

g − g ′ ⩾ inf G ∩ R∗+ = α

Par ailleurs, α ⩽ g ′ < g < 2α donc g − g ′ < α ce qui contredit l’inégalité ci-dessus.
Ainsi, α = g ∈ G donc α = min G ∩ R∗+ , c’est le plus petit élément strictement positif de G.

iii. Conclure que G = αZ.

• D’après la question précédente, α ∈ G donc par stabilité de G pour la loi +, puisque c’est un sous-groupe de (R, +),
∀k ∈ N, kα ∈ G d’où αN ⊂ G.
De plus, G étant un sous-groupe de (R, +), il contient les symétriques pour la loi + de tous ses éléments donc, pour
tout k ∈ N, pouisque kα ∈ G, −kα ∈ G si bien que −αN ⊂ G.
Ainsi, αZ = (αN) ∪ (−αN) ⊂ G.
• Réciproquement, soit g ∈ G fixé.
α ̸= 0 ce qui permet d’effectuer la division pseudo-euclidienne de g par α :

∃(q, r) ∈ Z × [0, |α|[ : g = qα + r

D’après l’inclusion αZ ⊂ G, −qα ∈ G donc r = g − qα ∈ G (stabilité du sous-groupe G pour la loi +). Si r > 0, alors
r ∈ G ∩ R∗+ donc
r ⩾ inf G ∩ R∗+ = α
ce qui contredit r ∈ [0, α[ donc r = 0 si bien que g = qα ∈ αZ.
Ainsi, G ⊂ αZ d’où, finalement, G = αZ.

II.3. Soient a ∈ R∗ et b ∈ R.
b b p p
(a) On suppose que ∈ Q si bien qu’il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tels que = et p ∧ q = 1 ( est appelé le représentant
a a q q
b
irréductible de ).
a
i. Montrer que, ∀(x, y, z) ∈ R3 , z(xZ + yZ) = zxZ + zyZ.

Soient (x, y, z) ∈ R3 .

• Soit t ∈ z(xZ + yZ) fixé. Alors il existe (m, p) ∈ Z2 tels que t = z(xm + yp).
m +(zy) p ∈ zxZ + zyZ.
On a donc t = (zx) |{z}
|{z}
∈Z ∈Z
Par conséquent, z(xZ + yZ) ⊂ zxZ + zyZ.

• Soit u ∈ zxZ + zyZ fixé. Alors il existe (m, p) ∈ Z2 tels que u = zxm + zyp.
xm + yp ) ∈ z(xZ + yZ).
On a donc u = z( |{z}
|{z}
∈ xZ ∈ yZ
Par conséquent, zxZ + zyZ ⊂ z(xZ + yZ).

Ainsi, ∀(x, y, z) ∈ R3 , z(xZ + yZ) = zxZ + zyZ.

ii. En déduire qu’il existe α ∈ R+


∗ tel que aZ + bZ = αZ.

b p pa
Puisque = ,b= donc, en utilisant la question précédente pour (x, y, z) ← (q, p, a/q)
a q q
pa a
aZ + bZ = aZ + Z = (qZ + pZ)
q q
De plus,
⋆ d’une part, (q, p) ∈ Z2 donc qZ + pZ ⊂ Z.

5
⋆ d’autre part, p ∧ q = 1 donc il existe (u, v) ∈ Z2 tels que uq + vp = 1 donc

∀m ∈ Z , m = m × 1 = |{z} mv p ∈ qZ + pZ
mu q + |{z} si bien que Z ⊂ qZ + pZ.
∈Z ∈Z

Par conséquent, qZ + pZ = Z ce qui permet de conclure à l’égalité


a
aZ + bZ = Z.
q

b
(b) On suppose que ∈
/ Q.
a
b
i. Montrer que s’il existe α ∈ R+
∗ tel que aZ + bZ = αZ, alors ∈ Q.
a

Supposons qu’il existe α ∈ R+ ∗ tel que aZ + bZ = αZ.


a = a × 1 + b × 0 donc il existe ma ∈ Z : a = αma .
b = a × 0 + b × 1 donc il existe mb ∈ Z : b = αmb .
b mb α mb
Puisque, a ̸= 0 par hypothèse, ma ̸= 0 donc = = ∈ Q.
a ma α ma
b
Ainsi, s’il existe α ∈ R+
∗ tel que aZ + bZ = αZ, alors ∈ Q.
a

ii. Que peut-on en conclure concernant aZ + bZ ?

D’après la question II.1, aZ + bZ est un sous-groupe de (R, +).


De plus, ce sous-groupe est différent de {0} car il contient l’élément a et a ̸= 0.
Or nous avons prouvé dans la question II.2, qu’un sous-groupe de (R, +) différent de {0} est, selon que la borne inférieure
α de l’ensemble de ses éléments strictement positifs est nulle ou pas,
⋆ soit de la forme αZ,
⋆ soit dense dans R.
b
Nous avons supposé en début de question que ∈ / Q, donc s’il existe α ∈ R+
∗ tel que aZ + bZ = αZ, alors la réponse à
a
la question précédente établit une contradiction,
ce qui signifie qu’il n’existe pas de réel non nul α tel que aZ + bZ = αZ,
donc aZ + bZ est dense dans R.

II.4. On pourra utiliser dans la question qui suit la caractérisation séquentielle de la continuité d’une fonction f : R → R au point
x0 ∈ R :

f est continue en x0 ⇐⇒ ∀(un )n∈N ∈ RN , si (un ) converge vers x0 , alors (f (un )) converge vers f (x0 )

(a) i. Soient D une partie de R dense dans R et f : R → R une fonction continue sur R.
Montrer que f (D) est dense dans f (R).

Utilisons la caractérisation séquentielle de la densité.


Tout d’abord, puisque D ⊂ R, f (D) ⊂ f (R).
Soit y ∈ f (R) fixé.
Il existe x ∈ R tel que f (x) = y.
Par densité de D dans R, il existe une suite (dn ) d’éléments de D qui converge vers x.
Par conséquent, la suite (f (dn )) est une suite d’éléments de f (D) qui converge vers f (x) = y par continuité de f en x.
Ainsi, nous avons exhibé une suite d’éléments de f (D) qui converge vers y,
par conséquent, f (D) est dense dans f (R).

θ
ii. Soit θ ∈ R. En déduire une condition suffisante sur pour que la famille (sin(nθ))n∈Z soit dense dans [−1, 1]. On pourra
π
s’intéresser au sous-groupe 2πZ + θZ.

θ θ
Supposons que ̸∈ Q. D’après la question II.3(b) appliquée pour (a, b) ← (2π, θ), ce qui est autorisé car ∈/ Q (sinon
π 2π
θ θ
=2× ∈ Q ce qui contredit l’hypothèse faite ci-dessus), donne la densité de 2πZ + θZ dans R,
π 2π
or la fonction sinus est continue sur R,
donc le résultat de la question II.4((a))i, appliqué pour f ← sin et D ← 2πZ + θZ établit la densité de sin(2πZ + θZ)
dans sin(R) = [−1, 1].
Par 2π-péridicité de la fonction sinus, sin(2πZ + θZ) = sin(θZ) donc sin(θZ) = {sin(nθ) | n ∈ Z} est dense dans [−1, 1].
θ
Ainsi, si ̸∈ Q, alors (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1].
π

6
(b) i. Montrer que, pour tout rationnel r, sin(rπZ) est un ensemble fini.

p
r ∈ Q donc il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tels que r = et p ∧ q = 1.
q
       
np r
sin(rπZ) = sin π |n∈Z ⊂ sin π | r ∈ [[0, 2q − 1]]
q q

car, pour tout n ∈ Z, en effectuant la division euclidienne de np par q (autorisé car q ̸= 0),
       
np 2mq + r r r
∃(m, r)Z × [[0, 2q − 1]] : np = m2q + r si bien que sin π = sin π = sin 2π + π = sin π
q q q q
   
r
L’ensemble sin π | r ∈ [[0, 2q − 1]] est fini de cardinal inférieur ou égal à 2q et toute partie d’un ensemble fini
q
est également finie donc sin(rπZ) est fini.
Ainsi, pour tout rationnel r, sin(rπZ) est un ensemble fini.

ii. En déduire que la condition suffisante établie dans la question précédente est nécessaire et déterminer l’ensemble Iπ des
valeurs de θ ∈ R pour lesquelles la famille (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1].

θ
• Supposons que ∈ Q. Alors il exsite r ∈ Q tel que θ = rπ donc les éléments de la famille (sin(nθ))n∈Z = (sin(nrπ))n∈Z
π
constituent l’ensemble sin(rπZ) qui, d’après la question précédente est une partie finie de [−1, 1] si bien qu’en notant
N ∈ N∗ son cardinal (N ⩾ 1 car 0 sin(0 × rπ) est un élément de la famille pour n = 0), on peut ordonner les N éléments
de cette famille s1 < s2 < . . . < sn . On en déduit que l’intervalle ouvert ]s1 , s2 [ intersecte [−1, 1] (il est même inclus
dans [−1, 1]) et pourtant il ne contient aucun élément de la famille (sin(nθ))n∈Z donc elle n’est pas dense dans [−1, 1].
θ
En contraposant, si (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1], alors ∈/ Q.
π
θ
• Dans la question II.4((a))ii, nous avons établi que si ∈
/ Q, alors (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1].
π
θ
Ainsi, (sin(nθ))n∈Z est dense dans [−1, 1] ⇐⇒ ∈
/ Q , équivalence qui se reformule en Iπ = R \ Q.
π

 
III . Etude de la suite sin(nθ)
On fixe θ ∈ R et on note pour tout n ∈ N, sn = sin(nθ).
Considérons l’équation de récurrence linéaire

∀n ∈ N , un+2 = 2 cos(θ)un+1 − un (E)

dans laquelle u est une suite réelle.


III.1. (a) Déterminer l’ensemble Sθ des suites réelles solutions de la relation de récurrence (E) en fonction de θ (on prendra soin de
distinguer deux situations différentes selon les valeurs de θ).

L’équation caractéristique de la relation de récurrence (E) est r2 − 2(cos θ)r + 1 = 0. Son discriminant est ∆ = 4 cos2 θ − 4 =
−4 sin2 θ.
−4 sin2 θ = 0 ⇐⇒ sin θ = 0 ⇐⇒ θ ≡ 0 [π]
⋆ Si θ ̸≡ 0 [π], alors ∆ = (2i sin θ)2 < 0 donc l’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées non
rélles qui sont
2 cos θ + 2i sin θ 2 cos θ − 2i sin θ
= eiθ et = e−iθ
2 2
donc l’ensemble des solutions est Sθ = {(λ cos(nθ) + µ sin(nθ))n∈N | (λ, µ) ∈ R2 }.
⋆ Si θ ≡ 0 [π], alors ∆ = 0 donc l’équation caractéristique admet une racine double qui est cos θ si bien que

Sθ = {((λ + µn) cosn (nθ))n∈N | (λ, µ) ∈ R2 } .

Observons alors que, dans ce cas, cos θ vaut 1 ou −1 selon la congruence de θ modulo 2π.

 {(λ cos(nθ) + µ sin(nθ))n∈N | (λ, µ) ∈ R2 } si θ ̸≡ 0 [π],
Ainsi, si Sθ = {(λ + µn)n∈N | (λ, µ) ∈ R2 } si θ ≡ 0 [2π],
 {((λ + µn)(−1)n ) 2
n∈N | (λ, µ) ∈ R } si θ ≡ π [2π].

(b) Supposons que θ ̸≡ 0 [2π]. En utilisant la relation de récurrence (E), montrer que, si une suite u ∈ Sθ converge, alors sa
limite est nulle.

Soit θ ̸≡ 0 [2π] tel que (sn ) converge. Notons ℓ la limite de (sn ).

7
La relation de récurrence (E) donne
∀n ∈ N , un+2 = 2 cos(θ)un+1 − un
|{z} | {z }
−→ ℓ −→ 2(cos θ)ℓ − ℓ
n→+∞ n→+∞

donc, par unicité de la limite,

ℓ = 2(cos θ)ℓ − ℓ donc (cos θ − 1)ℓ = 0 donc ℓ = 0 (car θ ̸≡ 0 [2π] ⇒ cos θ ̸= 1)

Ainsi, lorsque θ ̸≡ 0 [2π], si u ∈ Sθ converge, alors lim u = 0.

(c) On se place dans le cas θ ≡ 0 [2π]. Quelles sont les limites des suites convergentes de l’ensemble Sθ ?

Dans le cas θ ≡ 0 [2π], Sθ = {(λ + µn)n∈N | (λ, µ) ∈ R2 }.


Soit u ∈ Sθ . Alors il existe (λ, µ) ∈ R2 tels que

∀n ∈ N , un = λ + µn

⋆ Si µ > 0, lim u = +∞,


⋆ Si µ < 0, lim u = −∞,
⋆ Si µ = 0, lim u = λ.
Par conséquent, pour tout ℓ ∈ R, la suite constante de valeur ℓ appartient à Sθ (pour (λ, µ) ← (ℓ, 0)) et elle converge vers ℓ.
Dans le cas θ ≡ 0 [2π], pour tout ℓ ∈ R il existe une (unique) suite de Sθ qui converge vers ℓ.

III.2. (a) Montrer que la suite (sn ) est une solution de (E). Montrer que si (sn ) converge, alors sa limite est 0.

Deux options :
• Ou bien, on calcule pour tout entier n ∈ N :

sn+2 − sn = sin((n + 2)θ) − sin(nθ) = sin((n + 1)θ + θ) − sin((n + 1)θ − θ) = 2 sin((n + 1)θ) cos θ

Et donc sn+2 = 2 cos θsn+1 + sn . Ainsi (sn ) est une solution de (E). (ceci est vrai, même si θ = 0)
• Ou bien, on constate que si θ ̸≡ 0[π], (sn ) ∈ Sθ , selon la description de cet ensemble.
et si θ ≡ 0[π], pour tout entier n, sn = 0, et donc (sn ) ∈ Sθ , selon la description de cet ensemble.

(sn ) est une solution de (E).


On peut alors utiliser la réponse à la question 1.(b), dans le cas où θ ̸≡ 0[π]. On a donc (sn ) qui converge vers 0.
Et dans le cas où θ ≡ 0[π], (sn ) est constante, nulle, donc (sn ) qui converge vers 0
Bilan : si (sn ) converge, alors sa limite est 0.

(b) Montrer, en exprimant (sn+1 ) en fonction des suites (sn ) et (cos(nθ)), que pour θ ̸≡ 0[π] et si (sn ) converge, alors (cos(nθ))
converge aussi vers 0.

On a pour tout n ∈ N,
sn+1 = sin((n + 1)θ) = sin(nθ) cos θ + cos(nθ) sin θ
On sait, par hypothèse que la suite (sn ) converge (donc vers 0), et que θ ̸≡ 0[π], donc sin θ ̸= 0 :
1
cos(nθ) = (sn+1 − cos θ × sn )
sin θ
Et par addition de suites convergentes, dont on connait les limites nulles :

Si θ ̸≡ 0[π] et si (sn ) converge, alors (cos(nθ)) n
converge vers 0

(c) Déterminer l’ensemble des valeurs de θ pour lesquelles la suite (sn ) converge.

Si θ ̸≡ 0[π], 
alors si (sn ) converge, alors (cn ) := (cos(nθ))n converge également vers 0 (question précédente).
Or pour tout n ∈ N s2n + c2n = 1. En passant à la limite, on aurait 0 + 0 = 1 (unicité de la limite). Impossible.
On a une contradiction, donc θ ≡ 0[π].
Pour ce dernier cas, on a vu dans le corps de la réponse à la question 2.(a) que (sn ) est constante égale à 0 donc convergente.
La suite (sn ) converge si et seulement si θ ≡ 0[π] (et dans ce cas (sn ) → 0.)

III.3. Convergence « à la Euler ».


n  
1 X n
On dit qu’une suite (an ) est Euler-convergente si la suite (An ) définie par : ∀ n ∈ N, An = n ak , est convergente.
2 k
k=0
On note alors lim(an ), la valeur lim(An ).
E

8
(a) Montrer que si (an ) est une suite constante, alors (an ) est Euler-convergente et lim(an ) = lim(an ).
E

Supposons que (an ) est constante égale à ℓ.


Alors pour tout entier n ∈ N,
n n    
1 X n ℓ X n k n−k ℓ
An = n ℓ= n 1 1 = n (1 + 1)n = ℓ
2 k 2 k 2
k=0 k=0

(An ) est constante égale à ℓ également, donc convergente et lim(An ) = lim(an ) = lim an (= ℓ).
E

(b) Soit (an ) est une suite convergente vers 0.


i. Soit ε ∈ R∗+ .
n N    
1 X n ε 1 X n
Montrer qu’il existe N ∈ N tel que pour tout entier n ⩾ N , n ak ⩽ + n |ak |.
2 k 2 2 k
k=0 k=0
ε
Puisque (an ) converge vers 0, il existe N ∈ N tel que pour tout n ⩾ N , |an − 0| = |an | ⩽
.
2
n   N   n
X n X n X n
Puis, on découpe la somme en deux parties (Chasles) : ak = ak + ak .
k k k
k=0 k=0 k=N +1
Enfin, on applique l’inégalité triangulaire. Pour tout n ⩾ N
n   N n
   
1 X n 1 X n 1 X n
ak ⩽ ak + ak
2n k 2n k 2n k
k=0 k=0 k=N +1
n   N  
1 X n 1 X n
⩽ |ak | + n |ak |
2n k 2 k
k=N +1 k=0
n   N  
1 X n ε 1 X n ε
⩽ + n |ak | car pour k ∈ [[N + 1, n]], |ak | ⩽
2n k 2 2 k 2
k=N +1 k=0

n
X n ε n  
X n ε
La somme est une somme de termes strictement positifs, elle est nécessairement plus petite que ,
k 2 k 2
k=N +1 k=0
qui contient les mêmes termes et d’autres positifs.
On a donc
n   n  
1 X n ε 1 X n ε ε 2n ε
n
⩽ n
= =
2 k 2 2 k 2 2 2n 2
k=N +1 k=0

Ce qui donne le résultat attendu :

n N    
1 X n ε 1 X n
il existe N ∈ N tel que pour tout entier n ⩾ N , n ak ⩽ + n |ak |.
2 k 2 2 k
k=0 k=0

ii. En déduire que (an ) est Euler-convergente et lim(an ) = 0.


E
 
m m
N est fixé. Il est connu que la suite finie est croissante pour k de 0 à ⌊ ⌋ puis décroissante.
k 2
   k
n n
Donc si n ⩾ 2N , pour tout k ⩽ N , ⩽ .
k N
Par la suite, on considère donc n ⩾ 2N .
On a alors, en notant A = max(|a0 |, |a1 |, . . . |aN |)
N   N   N    
X n X n X n n
|ak | ⩽ A=A = A(N + 1)
k k N N
k=0 k=0 k=0

Et par ailleurs
  n n
n n! 1 1 Y 1 Y nN
= × = k⩽ n=
N (n − N )! N! N! N! N!
k=n−N +1 k=n−N +1

On a donc comme majorant pour n ⩾ 2N :


N  
1 X n A nN
0⩽ n
|ak | ⩽
2 k N ! 2n
k=0

9
nN
Or, par croissance comparée : lim = 0,
n→+∞ 2n !
N  
1 X n
donc par comparaison de suite : |ak | converge vers 0.
2n k
k=0 n
N  
1 X n ε
Il existe donc N1 ∈ N, N1 ⩾ 2N tel que pour tout n ⩾ N1 : |ak | ⩽ .
2n k 2
k=0
n  
1 X n
Ainsi, en reprenant la réponse à la question précédente, il existe N1 ∈ N tel que ∀ n ⩾ N1 , ak ⩽ ε.
2n k
k=0
Ce résultat est vrai, pour tout ε. Donc

(an ) est Euler-convergente et lim(an ) = 0.


E

(c) Que dire de l’Euler-convergence d’une suite (an ) convergente.

Supposons que (an ) converge vers ℓ, alors (un ) := (an − ℓ) est une suite qui converge vers 0.
D’après la question précédente, (un ) « Euler-converge » vers 0 également.
Or le calcul donne, pour tout n ∈ N :
n   n n   n     n   !
1 X n 1 X n 1 X n 1 X n 1 X n
u k = (ak − ℓ) = ak − ℓ= ak −ℓ
2n k 2n k 2n k 2n k 2n k
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0

Autrement écrit :
n  n  
1 X n 1 X n
ak = n uk + ℓ
2n k 2 k
k=0 k=0
n
!
1 X  n
Et par somme de suites convergentes : ak converge vers la somme des limites 0 + ℓ = ℓ.
2n k
k=0

Si (an ) converge, alors elle converge également au sens d’Euler et lim(an ) = lim(an ).
E

(d) Montrer que (sn ) est Euler-convergente et que lim(sn ) = 0.


E

Soit n ∈ N. ! !
n   n   n   n  
X n X n X n ikθ
X n iθ k

sk = sin(kθ) = Im e = Im e
k k k k
k=0 k=0 k=0 k=0

On reconnaît la formule du binôme de Newton :


n   n
n θ
X k n n 
eiθ = eiθ + 1 = eiθ/2 eiθ/2 + e−iθ/2 = eniθ/2 2 cos
k 2
k=0

Ainsi, en prenant la partie imaginaire :


n  
1 X n 1 θ θ θ θ
   
n
sn = n 2n cosn sin n = cosn sin n
2 k 2 2 2 2 2
k=0

θ θ θ
 
• si θ ≡ 0[2π], alors≡ 0[π] et donc pour tout n ∈ N, n ≡ 0[nπ], donc sin n = 0.
2 2 2
n  
1 X n
Par conséquent, pour tout n ∈ N, n sn = 0 donc cette suite converge et sa limite vaut 0.
2 k
k=0
θ θ
• si θ ̸≡ 0[2π], alors̸≡ 0[π] et donc cos < 1.
2   2
θ θ θ n θ n
θ
Or : pour tout n ∈ N, cosn sin n ⩽ cos avec lim cos = 0 car cos < 1.
2 2 2 n→+∞ 2 2
Par comparaison, ces suites, positives, convergent vers 0.
Dans tous les cas (quelle que soit la valeur de θ) :

(sn ) est Euler-convergente et lim(sn ) = 0.


E

La suite (sn ) prouve donc que la réciproque de la question précédente est fausse.
D’une certaine façon, si (sn ) devait converger, nécessairement cela serait vers 0, puis que (sn ) converge au sens d’Euler vers
0.

10
III.4. Equidistribution.
On dit qu’une suite (an ) dense dans [c, d] est équidistribuée si : 
card {n ∈ [[0, n − 1]] | an ∈ [γ, δ]} δ−γ
∀ γ, δ ∈ [c, d] tels que γ < δ, lim = .
n d−c Z d n
1 1 X
On admet que cela impose que pour toute fonction f continue sur [c, d], on a f (t)dt = lim f (ak ).
d−c c n→+∞ n + 1
k=0
Dans la suite de cette question θ ∈ Iπ et l’on admet que la densité de la suite (sn ) dans [−1, 1] peut se déduire de celle de la
famille (sin(nθ))n∈Z .
Z 1 n
1 1 X
(a) Avec f : [−1, 1] → R, x 7→ x, calculer f (t)dt et lim f (sk ). Qu’en pensez-vous ?
2 −1
n→+∞ n+1
k=0

Avec la fonction identité, on a d’une part :


Z 1 Z 1
1 1 1  2 1 1
f (t)dt = xdx = x −1 = (1 − 1) = 0
2 −1
2 −1
4 4

et d’autre part :
n n n
!  
1 X 1 X 1 X iθ n
 1 1 − ei(n+1)θ
f (sn ) = sin(nθ) = Im e = Im
n+1 n+1 n+1 n+1 1 − eiθ
k=0 k=0 k=0

en appliquant la formule de la somme des termes d’une suite géométrique de raison r ̸= 1 : eiθ = 1 donc θ ≡ 0 [2π] donc
θ
∈ 2Z ⊂ Q ce qui est exclu par la condition θ ∈ Iπ puisque Iπ = R \ Q.
π
n   (n+1)θ
1 X 1 ei(n+1)θ/2 (e−i(n+1)θ/2 − ei(n+1)θ/2 ) 1 sin
f (sn ) = Im = 2
Im(einθ/2 )
n+1 n+1 eiθ/2 (e−iθ/2 − eiθ/2 ) n + 1 sin θ
2
k=0

Donc
n (n+1)θ
1 X 1 sin 2 nθ 1
f (sn ) = sin ⩽
n+1 n + 1 sin θ2 2 (n + 1) sin θ
2
k=0
n
!
1 X
Or ce dernier majorant converge vers 0, donc par comparaison, f (sn ) converge et sa limite est nulle.
n+1
k=0 n

Z 1 n
1 1 X
Avec l’identité f (t)dt = lim f (sn ) = 0, il n’y a pas d’obstacle pour que (sn ) soit équidistribuée.
2 −1
n→+∞ n+1
k=0

Z 1 n
2 1 1 X
(b) Avec f : [−1, 1] → R, x 7→ x , calculer f (t)dt et lim f (sk ). Qu’en pensez-vous ?
2 n→+∞ n + 1
−1 k=0

Avec la fonction carré, on a d’une part :


Z 1 Z 1
1 1 1  3 1 1 1
f (t)dt = x2 dx = x −1 = (1 − (−1)) =
2 −1
2 −1
6 6 3

1 − cos(2a)
et d’autre part, en exploitant la linéarisation : sin2 a = :
2
n n n n n
1 X 1 X 2 1 X 1 X 1 X
f (sn ) = sin (nθ) = (1 − cos(2nθ)) = 1− cos(2nθ)
n+1 n+1 2(n + 1) 2(n + 1) 2(n + 1)
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0

n+1 1
Le première des deux sommes vaut = .
2(n + 1) 2
Quant à la seconde, le principe du calcul est comme pour la question précédente :
n n
!  
1 X 1 X 2iθ n
 1 1 − e2i(n+1)θ
cos(2nθ) = Re e = Re
2(n + 1) 2(n + 1) 2(n + 1) 1 − e2iθ
k=0 k=0

en appliquant la formule de la somme des termes d’une suite géométrique de raison r ̸= 1 : θ ∈ Iπ , donc θ ̸≡ 0[π] donc
e2iθ ̸= 1.
n   
1 X 1 ei(n+1)θ (e−i(n+1)θ − ei(n+1)θ ) 1 sin (n + 1)θ
cos(2nθ) = Re = cos(nθ)
2(n + 1) 2(n + 1) eiθ (e−iθ − eiθ ) 2(n + 1) sin θ
k=0

Donc
n
1 X 1
cos(2nθ) ⩽
2(n + 1) 2(n + 1) |sin θ|
k=0

11
n
!
1 X
Or ce dernier majorant converge vers 0, donc par comparaison, cos(2nθ) converge vers 0,
2(n + 1)
! k=0 n
n
1 X 1
puis par addition : f (sn ) converge et sa limite est (+0).
n+1 2
k=0 n

Z 1 n
1 1 1 X 1
Avec f : [−1, 1] → R, x 7→ x2 , = f (t)dt ̸= lim f (sn ) = .
3 2 −1
n→+∞ n+1 2
k=0
Donc, (sn ) n’est pas équidistribuée.

IV . Irrationnalité de π
L’objectif de cette partie est d’établir l’irrationnalité du nombre π.
xn (1 − x)n
Pour n entier naturel non nul et x réel, on pose fn (x) = .
n!
IV.1. Dans cette question, n est un entier naturel non nul.
2n
1 X
(a) Montrer qu’il existe (n + 1) entiers en , en+1 , . . ., e2n que l’on explicitera tels que fn (x) = ei xi .
n!
i=n

n n
En développant (1 − x) = ((−x) + 1) avec la formule du binôme de Newton,
n   n 2n    
xn (1 − x)n xn X n 1 X n 1 X n
fn (x) = = (−1)k xk × 1n−k = (−1)k xn+k = (−1)i−n xi
n! n! k n! k n! i−n
k=0 k=0 i=n

  2n
n 1 X
En posant ∀i ∈ [[n, 2n]], ei = (−1)i−n , ei est entier car les coefficients binomiaux sont entiers et fn (x) = e i xi .
i−n n!
i=n

(b) Calculer,
— pour k ∈ [[0, n − 1]], fn(k) (0),
— pour k ∈ [[n, 2n]], fn(k) (0) en fonction de k, n et ek ,
— pour k ∈ [[2n + 1, +∞[[, fn(k) (0).

i!
 x 7→
 xi−k si k ∈ [[0, i − 1]], (a)
i (k) (i − k)!
Soit i ∈ N. Observons que, pour tout k ∈ N, (x 7→ x ) =
 x 7→ i! si k = i, (b)
x 7→ 0

si k > i. (c)
⋆ Si k ∈ [[0, n − 1]], par linéarité de la dérivation,
2n
1 X i!
∀x ∈ R , fn(k) (x) = ei × xi−k (on est toujours dans le cas (a) des formules ci-dessus)
n! (i − k)
i=n

donc
2n
1 X i! i−k
fn(k) (0) = ei × × 0 =0
n! (i − k) |{z}
i=n ∗
= 0 car i − k ∈ N
⋆ Si k ∈ [[n, 2n]], par linéarité de la dérivation, en découpant la somme en trois parties pour distinguer les 3 cas (a), (b) et c,
 
1  X X i!
∀x ∈ R , fn(k) (x) = ei × 0 + ek × |{z}
k! + ei × xi−k 

n! (i − k)

i∈[[n,k−1]] cas (b) i∈[[k+1,2n]]
cas (c) cas (a)

donc  
2n
1  X i! i−k  k!
fn(k) (0) = 0 + ek k! + ei × × 0  = n! ek
n! (i − k)
 |{z}
i=k+1
= 0 car i − k ∈ N∗
⋆ Si k ∈ [[2n + 1, +∞[[, par linéarité de la dérivation,
2n
1 X
∀x ∈ R , fn(k) (x) = ei × 0 = 0 (on est toujours dans le cas (c) des formules ci-dessus)
n!
i=n

donc
fn(k) (0) = 0

12

 0
 si k ∈ [[0, n − 1]],
k!
Ainsi, pour tout k ∈ N, fn(k) (0) = ek si k ∈ [[n, 2n]], .
 n!
si k ∈ [[2n + 1, +∞[[.
 0

(c) En déduire que, pour tout entier naturel k, fn(k) (0) et fn(k) (1) sont des entiers. On pourra remarquer que fn (x) = fn (1 − x).

• Soit k ∈ N. En reprenant les formules établies dans la question précédente,


⋆ si k ∈ [[0, n − 1]] ∪ [[2n + 1, +∞[[, fn(k) (0) = 0 ∈ Z,
k! k!
⋆ si k ∈ [[n, 2n]], fn(k) (0) = ek ∈ Z car = k(k − 1) . . . (n + 1) ∈ N (puisque k > n).
n! |{z} n!
∈Z

Ainsi, pour tout entier naturel k, fn(k) (0) ∈ Z.


• Observons que, pour tout x ∈ R,
(1 − x)n (1 − (1 − x))n (1 − x)n xn
fn (1 − x) = = = fn (x)
n! n!
donc en dérivant k-fois les deux membres (qui sont infiniment dérivables en tant que fonctions polynomiales),

∀k ∈ N , ∀x ∈ R , (t 7→ fn (1 − t))(k) (x) = fn(k) (x)

et en notant que la dérivée composée du membre de gauche fn ◦ (t 7→ 1 − t) fait apparaître un facteur −1 = (t 7→ 1 − t)′ à
chaque itération de la dérivation : ∀k ∈ N , (t 7→ fn (1 − t))(k) = t 7→ (−1)k fn(k) (1 − t), on a

∀x ∈ R , (−1)k fn(k) (1 − x) = fn(k) (x)

si bien qu’en particularisant pour x ← 1, ∀k ∈ N, (−1)k fn(k) (0) = fn(k) (1), or fn(k) (0) ∈ Z d’après la première partie de la
réponse,
donc, pour tout entier naturel k, fn(k) (1) ∈ Z.

On veut montrer que π 2 est un nombre irrationnel. Nous allons raisonner par l’absurde en supposant qu’il existe (a, b) ∈ N∗2
a
tels que π 2 = .
b
IV.2. Posons, pour n entier naturel non nul et x réel,
n
X
Fn (x) = bn (π 2n fn (x) − π 2n−2 fn(2) (x) + π 2n−4 fn(4) (x) − . . . + (−1)n fn(2n) (x)) = bn (−1)k π 2(n−k) fn(2k) (x)
k=0

(a) Montrer que Fn (0) et Fn (1) sont des entiers.

a
En évaluant en 0, puis en 1 et en utilisant que π 2 =
b
n  n−k n
X a X
Fn (0) = bn (−1)k fn(2k) (0) = (−1)k × an−k
× bk
× fn(2k) (0) ∈Z
b |{z} |{z} | {z }
k=0 k=0
∈Z ∈Z ∈Z
car a ∈ N∗ et n − k ∈ N car b ∈ N∗ et k ∈ N quest. précèdente

En évaluant en 1, on procède de la même manière,


n  n−k n
X a X
Fn (1) = bn (−1)k fn(2k) (0) = (−1)k × an−k
× bk
× fn(2k) (1) ∈Z
b |{z} |{z} | {z }
k=0 k=0
∈Z ∈Z ∈Z
car a ∈ N∗ et n − k ∈ N car b ∈ N∗ et k ∈ N quest. précèdente

Ainsi, Fn (0) et Fn (1) sont des entiers.

(b) On pose, pour n entier naturel non nul et x réel,


Z 1
gn (x) = Fn′ (x) sin(πx) − πFn (x) cos(πx) et An = π an fn (x) sin(πx)dx
0

Montrer que, pour n entier naturel non nul et x réel, gn′ (x) 2 n
= π a fn (x) sin(πx) et en déduire que An est un entier.

Soit n ∈ N∗ .

13
• Fn est une combinaison linéaire de fonctions polynomiales donc Fn est infiniment dérivable sur R ce qui valide la définition
de gn (car Fn′ a bien un sens).
Les fonctions sinus, cosinus et les fonctions linéaires sont dérivables sur R donc, par stabilité de la dérivabilité par compo-
sition, sin ◦(x 7→ πx) et cos ◦(x 7→ πx) sont dérivables sur R.
Enfin, par stabilité de la dérivabilité par produit et combinaison linéaire, gn est dérivable sur R et,

∀x ∈ R , gn′ (x) = Fn′′ (x) sin(πx) + Fn′ (x)π cos(πx) − πFn′ (x) cos(πx) −πFn (x)(−π) sin(πx) = sin(πx) Fn′′ (x) + π 2 Fn (x)

| {z }
=0
or
n  n−k n  n−k
a X a a nX a
∀x ∈ R , Fn′′ (x) + π 2 Fn (x) = Fn′′ (x) + Fn (x) = bn (−1)k fn(2k+2) (x) + b (−1)k fn(2k) (x)
b b b b
k=0 k=0
n+1  n−i+1 n  n+1−k
n
X a X a
i=k+1 = b (−1)i−1 fn(2i) (x) + b n
(−1)k fn(2k) (x)
b b
i=1 k=0
 0  n+1−0
n n a n a
= b (−1) fn(2(n+1)) (x) + b (−1) 0
fn(0) (x)
b b
après télescopage, lorsqu’il ne reste que le terme pour i = n + 1 dans la première somme et celui pour k = 0 dans la seconde.
Par conséquent, en observant que fn(2n+2) est la fonction nulle (car fn est polynomiale de degré 2n) et que fn(0) = fn
 n+1
a a
∀x ∈ R , Fn′′ (x) + π 2 Fn (x) = bn fn (x) = × an fn (x) = π 2 an fn (x)
b b

Ainsi, ∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R, gn′ (x) = π 2 an fn (x) sin(πx).


Remarque : le raisonnement proposé en début de question pour montrer que gn est dérivable sur R s’adapte en remplaçant
« dérivable » par « de classe C 1 » et permet de conclure que gn est de classe C 1 sur R. Cette proprété de régularité est
utilisée dans la suite de la question.
• En injectant le résultat ci-dessus dans la définition de An ,
Z 1 Z 1  1
1 gn (x) gn (1) − gn (0)
An = π an fn (x) sin(πx)dx = gn′ (x)dx = =
0
π 0
|{z} π 0
π
gn est de classe C 1

Or, par définition de gn , sachant que sin(π) = sin(0) = 0, cos(0) = 1 et cos(π) = −1, gn (1) = πFn (1) et gn (0) = −πFn (0)
si bien que An = Fn (1) + Fn (0) ∈ Z d’après la question précédente.
Ainsi, ∀n ∈ N∗ , An est un entier.

an
IV.3. On pose, toujours pour le même entier a, un = .
n!
n
a aa+1
(a) Démontrer que, pour tout entier n ⩾ a + 1, ⩽ .
n! a!n

Soit n ∈ N tel que n ⩾ a + 1.


n a n n−1
an Y a Y a Y a aa a Y a aa+1
= = × = × ⩽
n! k k k a! n k a!n
k=1 k=1 k=a+1 k=a+1 |{z}
⩽1

an aa+1
pour tout entier n ⩾ a + 1, ⩽ .
n! a!n
an 1
(b) En déduire qu’il existe un entier naturel n0 tel que, pour tout entier n ⩾ n0 , < .
n! 2

Reprenons la majoration établie dans la question précédente et utilisons que la suite u est à termes positifs :

aa+1 1
∀n ⩾ a + 1 , 0 ⩽ un ⩽ ×
a!
| {z } n
−→ 0
n→+∞

Les deux membres extrême de l’encadrement ci-dessus ont la même limite finie égale à 0 lorsque n → +∞ donc le théorème
d’existence de limite par encadrement permet d’affirmer que la suite u converge et que sa limite est 0.
1
Appliquons la définition de la convergence de u vers 0 pour ε ← :
4
1
∃n0 ∈ N : ∀n ∈ N , n ⩾ n0 ⇒ |un − 0| ⩽
4

14
Fixons un tel n0 .
Soit n ∈ N tel que n ⩾ n0 .
1 1
= |un − 0| ⩽
un |{z} <
|{z} 4 2
un ⩾ 0 n ⩾ n0
an 1
Ainsi, il existe un entier naturel n0 tel que, pour tout entier n ⩾ n0 , < .
n! 2
1 3n
(c) Montrer que, pour tout x ∈ [0, 1], 0 ⩽ fn (x) ⩽ et ∀x ∈ [1/4, 3/4], fn (x) ⩾ .
n! n!24n

• Soit x ∈ [0, 1] fixé.


On a 0 ⩽ x ⩽ 1 donc 0 ⩽ 1 − x ⩽ 1 si bien qu’en effectuant les produits termes à termes de ces inégalités entre nombres
tous positifs ou nuls, 0 ⩽ x(1 − x) ⩽ 1,
donc, par croissance de la fonction « puissance n » sur R+ , 0 ⩽ xn (1 − x)n ⩽ 1n = 1,
1
donc, en multipliant par ⩾ 0 (ce qui préserve le sens des inégalités),
n!
1
pour tout x ∈ [0, 1], 0 ⩽ fn (x) ⩽ .
n!
• x 7→ x(1 − x) est un trinôme du second degré dont le sommet a pour abscisse 1/2 qui est le milieu du segment [1/4, 3/4].
De plus ce trinôme admet −∞ comme limite en −∞ et +∞ donc il admet une valeur maximale en 1/2 donc, par symétrie,
1 1 3
 
∀x ∈ [1/4, 3/4] , x(1 − x) ⩾ 1− =
4 4 24
Par croissance de la fonction « puissance n » sur R+ ,
3n
∀x ∈ [1/4, 3/4] , xn (1 − x)n ⩾
24n
1
donc, en multipliant par ⩾ 0 (ce qui préserve le sens des inégalités),
n!
3n
pour tout x ∈ [1/4, 3/4], fn (x) ⩾ .
n!24n

(d) Montrer que, pour tout entier n ⩾ n0 , An ∈]0, 1[ et conclure que π 2 est irrationnel.

• Soit n ∈ N∗ .
D’une part, πan sin(πx) ⩾ 0 pour tout x ∈ [0, 1] et, d’autre part, d’après la question précédente, fn (x) ⩾ 0 sur [0, 1] donc
Z 1/4 Z 3/4 Z 1
n n
An = πfn (x)a sin(πx)dx + πfn (x)a sin(πx)dx + πfn (x)an sin(πx)dx (relation de Chasles)
0 1/4 3/4
| {z } | {z }
⩾ 0 car πfn (x)an sin(πx) ⩾ 0 ⩾ 0 car πfn (x)an sin(πx) ⩾ 0
Z 3/4
⩾ πfn (x)an sin(πx)dx
1/4
3/4
3n
Z
n
⩾ a π sin(πx)dx en utilisant la minoration de fn sur [1/4, 3/4]
n!24n 1/4
3n π 3n √
 
⩾ an 2 cos = an 2>0
n!24n 4 n!24n
• Soit n ⩾ n0 .
1
∀x ∈ [0, 1] , πan sin(πx) ⩾ 0 et fn (x) ⩽
n!
donc, par produit des membres d’une inégalité par un terme positif ou nul,
πan sin(πx)1
∀x ∈ [0, 1] , πfn (x)an sin(πx) ⩽
n!
si bien qu’en intégrant entre 0 et 1, par croissance de l’intégrale,
1 1
an
Z Z
n
πfn (x)a sin(πx)dx ⩽ × π sin(πx)dx < 1
n!
|0 {z } |{z} |0 {z }
1
= An < car n ⩾ n0 = [− cos(πx)]10 = 2
2

Ainsi, pour tout entier n ⩾ n0 , An ∈]0, 1[.


D’après la conclusion ci-dessus, An0 ∈]0, 1[, or nous avons établi dans la question IV.2(b) que An0 ∈ Z ce qui est une
contradiction car ]0, 1[∩Z = ∅.
Ainsi, π 2 est irrationnel.

15
(e) Comment peut-on déduire de ce qui précède que π est irrationnel ?

Par l’absurde, si l’on suppose que π est rationnel, alors son carré est aussi rationnel (l’ensemble des rationnels est stable
par produit) ce qui contredit la conclusion de la question précédente.
Ainsi, π est un nombre irrationnel.

16

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