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Introduction à l'équation de Schrödinger

Ce document traite de la physique quantique, en se concentrant sur l'équation de Schrödinger et les états stationnaires quantiques. Il présente les concepts de particules libres et soumises à des champs de force, ainsi que l'interprétation probabiliste de la fonction d'onde. Enfin, il aborde les états stationnaires d'une particule confrontée à une marche d'énergie potentielle, en comparant les analyses classiques et quantiques.

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Introduction à l'équation de Schrödinger

Ce document traite de la physique quantique, en se concentrant sur l'équation de Schrödinger et les états stationnaires quantiques. Il présente les concepts de particules libres et soumises à des champs de force, ainsi que l'interprétation probabiliste de la fonction d'onde. Enfin, il aborde les états stationnaires d'une particule confrontée à une marche d'énergie potentielle, en comparant les analyses classiques et quantiques.

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MP 6 PHYSIQUE QUANTIQUE Cours

« Qu’est-ce que c’est que cette onde qui n’a pas d’équation ? »
Propos attribué à Peter Debye

En première année, les concepts nécessaires à la description du monde quantique ont été
introduits ainsi que la fonction d’onde avec son interprétation probabiliste. Il reste à mener
l’étude de la dynamique, cœur de la causalité. Pour cela, nous allons découvrir le pendant du
principe fondamental de la dynamique en physique quantique, l’équation de Schrödinger.

Tout au long de chapitre nous respecterons le programme qui limite l’étude aux particules
non relativistes, sans spin, dans le cadre d’un modèle unidirectionnel.

1) Equation de Schrödinger

a) Cas de la particule libre

Les relations de de Broglie permettent d’écrire la fonction d’onde associé à un quanton non
localisé d’impulsion 𝑝 (unique) et d’énergie ℰ (unique !) se déplaçant suivant (𝑂𝑥) :

𝚿(𝒙, 𝒕) = 𝚿 𝟎 𝒆𝒊[𝒑𝒙−𝓔𝒕]/ℏ (∗) (Exercice E.1 du TD Introduction au monde quantique)

Elle est à la base du paquet d’ondes de matière décrivant une particule libre non relativiste :

1 ∞ 𝒑𝟐
Ψ′ (𝑥, 𝑡) = ∫ 𝜑(𝑝) 𝑒 𝑖[𝑝𝑥−ℰ(𝑝)𝑡]/ℏ 𝑑𝑝 Avec 𝓔(𝒑) = 𝓔𝒄 (𝒑) = 𝟐𝒎
√ℎ −∞

Il est remarquable de constater que

𝜕Ψ 𝜕2 Ψ
𝑖ℏ =ℰΨ Et −ℏ2 = 𝑝2 Ψ
𝜕𝑡 𝜕𝑥 2

𝒑𝟐
Dès lors, nous obtenons pour une particule libre (𝓔 = 𝓔𝒄 = 𝟐𝒎) l’équation d’onde :

𝜕Ψ ℏ2 𝜕 2 Ψ
𝑖ℏ = −
𝜕𝑡 2𝑚 𝜕𝑥 2

1
b) Cas (presque) général

Dorénavant, la particule n’est plus libre, elle est soumise à un champ de force conservatif
𝒑𝟐
dérivant d’une énergie potentielle 𝑉(𝑥) . Son énergie constante est 𝓔 = 𝟐𝒎 + 𝑽

L’équation d’onde précédente devient l’équation de Schrödinger à une dimension :

𝝏𝚿 ℏ𝟐 𝝏𝟐 𝚿
𝒊ℏ = − + 𝑽(𝒙) 𝚿(𝒙, 𝒕)
𝝏𝒕 𝟐𝒎 𝝏𝒙𝟐

Termes associés à …

… l’énergie totale … l’énergie cinétique … l’énergie potentielle

En 1926, Erwin Schrödinger érigea cette équation en un postulat de la physique quantique.

Sa linéarité engendre le principe de superposition d’états non discernables.


De plus, elle respecte le principe de correspondance assurant la continuité des prédictions
lorsque l’on quitte le domaine quantique pour la physique classique.
𝜕Ψ ℏ2
Elle se généralise avec l'opérateur laplacien : 𝑖ℏ = − 2𝑚 ∆Ψ(𝑀, 𝑡) + 𝑉(𝑀) Ψ(𝑀, 𝑡)
𝜕𝑡

2) Etats stationnaires quantiques

Un état stationnaire quantique est un état caractérisé par une fonction d’onde de la forme

𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝝉(𝒕)

Remarque : La fonction d’onde 𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝚿 𝒆𝒊[𝒑𝒙−𝓔𝒕]/ℏ associée à une particule non


𝟎
localisée correspond à un état stationnaire quantique ! Attention aux confusions !

Cherchons les solutions de l’équation de Schrödinger sous cette forme :

𝑑𝜏 ℏ2 𝑑2 𝜑
𝑖ℏ 𝜑(𝑥) = − 𝜏(𝑡) 2 + 𝑉(𝑥) 𝜑(𝑥) 𝜏(𝑡)
𝑑𝑡 2𝑚 𝑑𝑥

2
𝑖ℏ 𝑑𝜏 1 ℏ2 𝑑 𝜑
⇔ = (− + 𝑉(𝑥) 𝜑(𝑥)) = 𝐶 (𝑐𝑠𝑡𝑒)
𝜏(𝑡) 𝑑𝑡 𝜑(𝑥) 2𝑚 𝑑𝑥 2

2
𝐶𝑡
L’équation dans le temps a pour solution 𝜏(𝑡) = 𝑒−𝑖 ℏ .

Connaissant l'expression de la fonction d'onde (∗) , ce n’est pas une surprise !


On identifie même 𝐶 à ℰ d’après les relations de Planck-Einstein (et de de Broglie) :

𝓔𝒕
𝓔
𝝎= ⇒ 𝝉(𝒕) = 𝒆−𝒊 ℏ

On aboutit alors à l’équation de Schrödinger indépendante du temps :

𝒅𝟐 𝝋 𝟐𝒎 𝓔𝒕
+ (𝓔 − 𝑽(𝒙)) 𝝋(𝒙) = 𝟎 Vérifiée par 𝜑(𝑥) avec 𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ
𝒅𝒙𝟐 ℏ𝟐

Ces états stationnaires quantiques vérifient plusieurs propriétés essentielles :

• La densité de probabilité de présence d’un état stationnaire est indépendante


du temps.
𝟐 𝟐
|𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕)| = |𝝋(𝒙)|

• Les états stationnaires de fonctions d’ondes linéairement indépendantes entre elles et


relatifs à une équation de Schrödinger pour une énergie potentielle indépendante
du temps constituent une base des fonctions d’ondes solutions de cette dernière.

𝓔𝒏 𝒕
𝚿(𝒙, 𝒕) = ∑ 𝒄𝒏 𝝋𝒏 (𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ
𝒏

• La fonction d’onde spatiale 𝜑(𝑥) est continue et bornée sur tout l’espace accessible.
Sa dérivée est également continue en un point d'énergie potentielle bornée.

3) Vecteur densité de courant de probabilité

Dans l’exercice E.2 du TD Introduction au monde quantique, une interprétation statistique


de la fonction d’onde est proposée : Le quanton unique est remplacé par une assemblée de
quantons indépendants et identiques, la statistique prenant le relai du calcul de probabilité.

Dans le même esprit, nous pouvons imaginer un flux de quantons et définir, par analogie
avec l’électricité, un vecteur densité de flux 𝐽⃗ .
En retour, pour le quanton unique, il serait un vecteur densité de courant de probabilité !

3
Attention toutefois, l’analogie ne vaut que pour un état stationnaire de propagation
(densité de probabilité constante et uniforme), relatif à un quanton matériel non localisé,
c’est-à-dire à une assemblée de quantons identiques ayant tous la même vitesse.

Densité Vitesse Densité de courant

Electricité 𝜌𝑚𝑜𝑏𝑖𝑙𝑒𝑠 𝑣⃗ 𝑗⃗ = 𝜌𝑚𝑜𝑏𝑖𝑙𝑒𝑠 𝑣⃗

𝟐
Physique quantique
|𝝋| ⃗𝒑⃗ ℏ ⃗𝒌⃗ 𝟐 ⃗𝒑⃗ 𝟐 ℏ ⃗𝒌

= 𝑱⃗ = | 𝝋 | =|𝝋|
𝒎 𝒎 𝒎 𝒎

Exemple : Revenons sur l'écriture de la fonction d'onde associée au faisceau d’électrons


libres d'énergie cinétique ℰ𝑐 = 5 𝑒𝑉 et de densité égale à 5.106 𝑚𝑚−1 ∶
1
Ψ(𝑥, 𝑡) = Ψ 0 𝑒 𝑖[𝑝𝑥−ℰ𝑡]/ℏ Avec 𝑝 = 1,2. 10−24 𝑘𝑔. 𝑚. 𝑠 −1 et | Ψ 0 | = 7,1.104 𝑚− 2
(Exercice E.2 du TD Introduction au monde quantique)
2 𝑝⃗ 𝑝⃗
Dans ce cas 𝐽⃗ = | 𝜑 | = Ψ02 𝑚 = 6,6.1015 𝑠 −1
𝑚

Malgré son caractère quelque peu abstrait, l’interprétation du vecteur 𝐽⃗ est habituelle :

• Le flux de 𝐽⃗ à travers une surface 𝑆 correspond à la probabilité de présence échangée par


unité de temps à travers 𝑆.

• Le flux entrant de 𝐽⃗ à travers une surface fermée est plus parlant, il correspond à
la variation dans le temps de la probabilité de présence.

𝑑 𝟐
∯ 𝐽⃗ . 𝑑𝑆⃗𝑖𝑛𝑡 = ∭| Ψ | 𝑑𝜏
𝑑𝑡

• Pour un état stationnaire, la densité de probabilité de présence est constante donc

2 2
|Ψ 𝑠 (𝑥, 𝑡)| = |𝜑(𝑥)| ⇒ ∯ 𝐽⃗ . 𝑑𝑆⃗𝑖𝑛𝑡 = 0 ⇔ 𝒅𝒊𝒗 𝑱⃗ = 𝟎
Champ à flux conservatif
En modèle unidirectionnel, 𝐽⃗ est uniforme.

Maintenant que nous avons bien intégré l'idée que les grandeurs Ψ, Ψ0 , Ψ𝑠 , 𝜏 et 𝜑 sont
complexes, par souci de simplification, elles seront dorénavant notées sans barre.

4
4) Etats stationnaires d’une particule confrontée à une marche d’énergie potentielle

Qu’ont en commun des situations telles que l’extraction (ou pas !) d’un électron appartenant
à un métal, le passage d’un électron d’un métal à un autre de potentiel différent,
la pénétration (ou pas !) d’un neutron dans un noyau … ?

Dans chaque cas, il existe une forte interaction à la frontière entre deux milieux.
Si on associe une énergie potentielle à cette force, on a la situation décrite ci-dessous.

𝑉0 Dans cette modélisation abrupte,


on remarque que la force est nulle
Milieu 𝐼 Milieu 𝐼𝐼 de part et d'autre de 𝑥 = 0 !
𝑥
0

Une particule aborde cette marche selon le sens des 𝑥 croissants avec une énergie ℰ.

a) Analyse de la situation pour une particule classique

• Si ℰ > 𝑉0 , la particule a suffisamment d’énergie cinétique pour franchir la marche.


Nous sommes sûrs de la retrouver en 𝑥 > 0 .

• Si ℰ < 𝑉0 , la particule ne peut pas franchir la marche, elle rebrousse chemin en 𝑥 = 0.

b) Etude quantique dans le cas où l’énergie est supérieure à la marche (𝓔 > 𝑽𝟎 )

En tant que base des fonctions d’ondes, les états stationnaires sont recherchés :
𝓔𝒕
𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ

• Résolution des équations de Schrödinger indépendantes du temps

𝑑2 𝜑 2𝑚 𝑑2 𝜑 2𝑚
+ ℰ 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 < 0) Et + (ℰ − 𝑉0 ) 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 > 0)
𝑑𝑥 2 ℏ2 𝑑𝑥 2 ℏ2

𝜑(𝑥 ≤ 0) = 𝐴𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 + 𝐵𝐼 𝑒 −𝑖𝑘𝐼𝑥 𝜑(𝑥 ≥ 0) = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝐼 𝑥


Le quanton ne peut pas venir de la droite !

2𝑚 2𝜋 2𝑚 2𝜋
Avec 𝑘𝐼 = √ ℏ2 ℰ = 𝜆 Et 𝑘𝐼𝐼 = √ ℏ2 (ℰ − 𝑉0 ) = 𝜆
𝐷.𝐵.𝐼 𝐷.𝐵.𝐼𝐼

5
• Relations de continuité

En 𝑥 = 0 , il y a continuité de 𝜑(𝑥) : 𝐴𝐼 + 𝐵𝐼 = 𝐴𝐼𝐼

𝑑𝜑
En 𝑥 = 0 , il y a continuité de (𝑉 bornée) : 𝑖𝑘𝐼 (𝐴𝐼 − 𝐵𝐼 ) = 𝑖𝑘𝐼𝐼 𝐴𝐼𝐼
𝑑𝑥

• Coefficients de réflexion et transmission en amplitude

𝐵𝐼 𝐴𝐼𝐼
𝑟= = Et 𝑡= =
𝐴𝐼 𝐴𝐼

• Vecteurs densité de courant de probabilité

|𝐴𝐼 |2 ℏ 𝑘𝐼 |𝐵𝐼 |2 ℏ 𝑘𝐼 |𝐴𝐼𝐼 |2 ℏ 𝑘𝐼𝐼


𝐽⃗𝑖 = 𝑒⃗𝑥 𝐽⃗𝑟 = − 𝑒⃗𝑥 𝐽⃗𝑡 = 𝑒⃗𝑥
𝑚 𝑚 𝑚

• Coefficients de réflexion et transmission en probabilité

‖𝐽⃗𝑟 ‖ ‖𝐽⃗𝑡 ‖
𝑅= = Et 𝑇= =
‖𝐽⃗𝑖 ‖ ‖𝐽⃗𝑖 ‖

• Densités de probabilité de présence

|Ψ s |2 (𝑥 ≤ 0) = Et |Ψ 𝑠 |2 (𝑥 ≥ 0) =

𝜋 𝝀𝑫.𝑩.𝑰 |Ψ𝑠 |2
=
𝑘𝐼 𝟐
Interférences quantiques |𝐴𝐼 |2
𝑡2
1 + 𝑟2
0 𝑥

6
• Interprétation

Contrairement à l’étude classique, il existe toujours une probabilité non nulle de trouver
le quanton dans le domaine 𝑥 < 0 . Par contre, la transmission est quasi-totale si ℰ ≫ 𝑉0 .

La fonction d’onde n'est pas normalisable, l'énergie n'est pas quantifiée : Etats de diffusion
ou états non liés (Attention ! Non lié ne signifie pas libre !)

c) Etude quantique dans le cas où l’énergie est inférieure à la marche (𝓔 < 𝑽𝟎 )

En tant que base des fonctions d’ondes, les états stationnaires sont recherchés :
𝓔𝒕
𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ

• Résolution des équations de Schrödinger indépendantes du temps

𝑑2 𝜑 2𝑚 𝑑2 𝜑 2𝑚
+ ℰ 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 < 0) Et + (ℰ − 𝑉0 ) 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 > 0)
𝑑𝑥 2 ℏ2 𝑑𝑥 2 ℏ2

𝑥
𝜑(𝑥 ≤ 0) = 𝐴𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 + 𝐵𝐼 𝑒 −𝑖𝑘𝐼𝑥 𝜑(𝑥 ≥ 0) = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 −𝐾𝐼𝐼𝑥 = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 − 2𝛿
La densité de probabilité ne peut pas diverger !

2𝑚 2𝜋 1 2𝑚
Avec 𝑘𝐼 = √ ℏ2 ℰ = 𝜆 Et 𝐾𝐼𝐼 = 2𝛿 = √ ℏ2 (𝑉0 − ℰ)
𝐷.𝐵.𝐼

• Relations de continuité

En 𝑥 = 0 , il y a continuité de 𝜑(𝑥) : 𝐴𝐼 + 𝐵𝐼 = 𝐴𝐼𝐼

𝑑𝜑 1
En 𝑥 = 0 , il y a continuité de (𝑉 bornée) : 𝑖𝑘𝐼 (𝐴𝐼 − 𝐵𝐼 ) = − 2𝛿 𝐴𝐼𝐼
𝑑𝑥

• Coefficients de réflexion et transmission en amplitude et en probabilité

𝐵𝐼 𝐴𝐼𝐼
𝑟= = Et 𝑡= =
𝐴𝐼 𝐴𝐼

C’est à dire 𝑟 = 𝑒 𝑖𝜃 avec 𝜃 = D’où 𝑅=1 et 𝑇=0

7
• Densités de probabilité de présence

|Ψ 𝑠 |2 (𝑥 ≤ 0) = Et |Ψ 𝑠 |2 (𝑥 ≥ 0) =

Interférences quantiques |Ψ 𝑠 |2
|𝐴𝐼 |2

Onde évanescente
2
𝑥
0 𝛿
𝜋 𝝀𝑫.𝑩.𝑰 ℏ
= 𝛿=
𝑘𝐼 𝟐 2ඥ2𝑚(𝑉0 − ℰ)

• Interprétation

Comme en physique classique, la réflexion est totale, le quanton ne peut être transmis.
Néanmoins l’analyse quantique diffère sur deux points :
➢ Un phénomène d’interférences existe dans le milieu incident créant des lieux de
probabilité de présence nulle.
➢ Une onde évanescente s'établit au-delà de la marche sur une distance de l’ordre de 𝛿
(distance caractéristique de pénétration).

La fonction d’onde n'est pas normalisable, l'énergie n'est pas quantifiée : Etats de diffusion

• Cas particulier du mur d'énergie potentielle (𝑽𝟎 ⟶ ∞)

L’onde évanescente disparait (𝑟 = −1 ; 𝑡 = 0) mais le phénomène d’interférences persiste.

𝒅𝝋
En 𝑥 = 0 , il y a continuité de 𝜑(𝑥) : 𝐴𝐼 + 𝐵𝐼 = 0 mais il n’y a plus continuité de !
𝒅𝒙

𝜑(𝑥 ≤ 0) = 2𝑖𝐴𝐼 sin(𝑘𝐼 𝑥) |Ψ 𝑠 |2 (𝑥 ≤ 0) = 4|𝐴𝐼 |2 sin2 (𝑘𝐼 𝑥)

8
5) Etats stationnaires d’une particule dans un puits d'énergie potentielle infinie

On associe deux murs d'énergie potentielle infinie (𝑉0 ⟶ ∞) de part et d’autre d’une zone
de confinement (𝑉 = 0 pour 0 < 𝑥 < 𝐿). Une particule d’énergie ℰ est piégée dans ce puits
et on s’intéresse à ses états stationnaires. Par exemple, cela peut modéliser un électron
placé entre deux électrodes de potentiel électrique négatif 𝒱 tel que −𝑒𝒱 ≫ ℰ.

Nous allons découvrir une grande analogie entre cette étude et celle de la cavité
électromagnétique ou thermique (onde stationnaire, quantification et modes propres).

a) Analyse de la situation pour une particule classique

La particule rebondit sur les parois du puits, on peut la retrouver en tout point de la zone
de confinement avec la vitesse 𝑣. Elle peut aussi être à l’arrêt (ℰ = 0) !

b) Etude quantique

En tant que base des fonctions d’ondes, les états stationnaires sont recherchés :
𝓔𝒕
𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ

• Résolution de l’équation de Schrödinger indépendante du temps

𝑑2 𝜑 2𝑚 2𝑚
+ ℰ 𝜑(𝑥) = 0 (0 < 𝑥 < 𝐿) → 𝜑(𝑥) = 𝐴𝑒 𝑖𝑘𝑥 + 𝐵𝑒 −𝑖𝑘𝑥 Avec 𝑘 = √ ℏ2 ℰ
𝑑𝑥 2 ℏ2

• Relations de continuité et quantification

L'énergie cinétique ne pouvant être négative, la conservation de ℰ implique l'absence de


la particule aux bords du puits : 𝝋(𝟎) = 𝝋(𝑳) = 𝟎

Par continuité, 𝐴 + 𝐵 = 0 → 𝜑(𝑥) = 2𝑖𝐴 sin(𝑘𝑥) puis 2𝑖𝐴 sin(𝑘𝐿) = 0 ⇔ 𝐬𝐢𝐧(𝒌𝑳) = 𝟎


𝒏𝝅 𝟐𝑳 𝒏 𝟐 𝝅𝟐 ℏ 𝟐 𝒏𝟐 𝒉𝟐
Finalement 𝒌𝒏 = ou 𝝀𝑫.𝑩.𝒏 = et 𝓔𝒏 = = avec 𝑛 ∈ ℕ∗
𝑳 𝒏 𝟐𝒎𝑳𝟐 𝟖𝒎𝑳𝟐

L'énergie est quantifiée, la particule est localisée : Etats liés

On remarque que ℰ = 0 ⇒ 𝜑(𝑥) = 0 , il n’y a pas d’état stationnaire quantique immobile !


On rappelle également que la dérivée de 𝜑(𝑥) n'est pas continue en 𝑥 = 0 et 𝑥 = 𝐿 .

Pour les puits définis autrement (−𝑎 < 𝑥 < 𝑎 ou 𝑥0 − 𝑎 < 𝑥 < 𝑥0 + 𝑎), des difficultés
techniques apparaissent. On se reportera sans faute à l'exercice 9.

9
• Normalisation et densité de probabilité de présence

𝐿 𝐿
2 𝐿 1
∫ |Ψ 𝑠,𝑛 | 𝑑𝑥 = ∫ 4|𝐴|2 sin2(𝑘𝑛 𝑥) 𝑑𝑥 = 4|𝐴|2 = 1 ⇔ |𝐴| = √
0 0 2 2𝐿

ℰ𝑛 𝑡
2 𝑛𝜋𝑥 2 2 𝑛𝜋𝑥
D’où par exemple, Ψ 𝑠,𝑛 (𝑥, 𝑡) = 𝑖√𝐿 sin ( 𝐿 ) 𝑒 −𝑖 ℏ puis |Ψ 𝑠,𝑛 | = 𝐿 sin2 ( 𝐿 )
On rappelle que l'argument de 𝑨 est lié au choix de l'origine du temps.

2 La fonction d'onde est normalisable,


|Ψ 𝑠,3 | ℰ𝑛
l'énergie est quantifiée : Etats liés

0 ℰ3 = 9ℰ1
Evidemment ces divers états stationnaires
2 se superposent, faisant apparaitre des oscillations
|Ψ 𝑠,2 |
quantiques - Voir absolument l'exercice 11

0 ℰ2 = 4ℰ1
2
|Ψ 𝑠,1 |
𝒉𝟐
0 𝓔𝟏 = 𝟖𝒎𝑳𝟐 Energie minimale de confinement

0 𝐿 𝑥

• Interprétation

Nous retrouvons la notion de modes propres découverte en électromagnétisme, mécanique


et thermodynamique (Cours Réflexion sur un conducteur parfait – Paragraphe 3, TD
Electromagnétisme/Onde mécanique – Exercices O, TD Transferts thermiques – Exercice F).
Dans tous les cas, les conditions aux limites ont conduit à une quantification des longueurs
d'ondes et des fréquences accessibles.

Néanmoins, de fortes différences de nature existent entre les phénomènes rencontrés en


physique classique et notre étude ici. Citons entre autres, le caractère dispersif et
la quantification de l’énergie présents en quantique et absents pour la cavité ou la corde.
Rappelons également les différences fondamentales d’interprétations des fonctions
d’ondes : l’une est réelle, l’autre complexe ! Les parties temporelles ne correspondent pas …
Nous étudions ici les états stationnaires quantiques alors qu'en physique classique,
nous nous intéressions aux ondes stationnaires !

10
6) Etats stationnaires d’une particule confrontée à une barrière d'énergie potentielle

Une particule d’énergie ℰ constante aborde dans le sens des 𝑥 croissants une barrière
d’énergie potentielle de hauteur 𝑉0 et de largeur 𝐿.
Le cas pour lequel 𝓔 < 𝑽𝟎 correspond à l’emblématique effet tunnel (découvert en 1928),
permettant à des électrons de traverser une couche d’oxyde dans les systèmes de mémoires
à semi-conducteurs (clé USB, carte SD …), ou bien générant un courant entre une pointe et
une surface à cartographier (microscopie à effet tunnel) ou entre deux supraconducteurs
séparés par un isolant (effet Josephson en 1962).
Bien que moins passionnante, nous étudierons aussi la situation où ℰ > 𝑉0 !

Voici la modélisation de notre barrière : 𝑉

𝑉0

Milieu 𝐼 Milieu 𝐼𝐼 Milieu 𝐼𝐼𝐼


𝑥
0 𝐿

a) Analyse de la situation pour une particule classique

• Si ℰ > 𝑉0 , la particule a suffisamment d’énergie cinétique pour franchir la barrière.


Nous sommes sûrs de la retrouver en 𝑥 > 𝐿 , sa vitesse aura juste faibli entre temps.

• Si ℰ < 𝑉0 , la particule ne peut pas franchir la barrière, elle rebrousse chemin en 𝑥 = 0.

b) Etude quantique si l’énergie est supérieure à la hauteur de la barrière (𝓔 > 𝑽𝟎 )

En tant que base des fonctions d’ondes, les états stationnaires sont recherchés :
𝓔𝒕
𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ

• Résolution des équations de Schrödinger indépendantes du temps

𝑑2 𝜑 2𝑚 𝑑2 𝜑 2𝑚
+ ℰ 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 < 0 et 𝑥 > 𝐿) Et + (ℰ − 𝑉0 ) 𝜑(𝑥) = 0 (0 < 𝑥 < 𝐿)
𝑑𝑥 2 ℏ2 𝑑𝑥 2 ℏ2

𝜑(𝑥 ≤ 0) = 𝐴𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 + 𝐵𝐼 𝑒 −𝑖𝑘𝐼𝑥 𝜑(0 ≤ 𝑥 ≤ 𝐿) = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝐼 𝑥 + 𝐵𝐼𝐼 𝑒 −𝑖𝑘𝐼𝐼𝑥

𝜑(𝑥 ≥ 𝐿) = 𝐴𝐼𝐼𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 (Le quanton ne peut pas venir de la droite !)

2𝑚 2𝜋 2𝑚 2𝜋
Avec 𝑘𝐼 = √ ℏ2 ℰ = 𝜆 Et 𝑘𝐼𝐼 = √ ℏ2 (ℰ − 𝑉0 ) = 𝜆
𝐷.𝐵.𝐼 𝐷.𝐵.𝐼𝐼

11
• Relations de continuité et coefficient de transmission en probabilité

𝑑𝜑
En 𝑥 = 0 et 𝑥 = 𝐿 , il y a continuité de 𝜑(𝑥) et de (𝑉 bornée).
𝑑𝑥
Cela nous fait 4 équations pour 5 inconnues, on peut donc exprimer les coefficients de
passage, notamment celui de transmission en probabilité :

‖𝐽⃗𝑡 ‖ |𝐴𝐼𝐼𝐼 |2 4𝑘𝐼2 𝑘𝐼𝐼


2
1
𝑇= = =⋯= 2 2 =
‖𝐽⃗𝑖 ‖ |𝐴𝐼 |2 4𝑘𝐼 𝑘𝐼𝐼 + (𝑘𝐼2 − 𝑘𝐼𝐼
2 2
) sin2 (𝑘𝐼𝐼 𝐿) 2𝑚
1 + 𝛾 sin2 (√ (ℰ − 𝑉0 ) 𝐿)
ℏ2
0 𝑉2
𝑇 Avec 𝛾 = 4ℰ(ℰ−𝑉 >0
) 0
1
1
𝜆𝐷.𝐵.𝐼𝐼 𝜋 ℏ2
1+𝛾 = = 𝜋√
0 𝜆𝐷.𝐵.𝐼𝐼 2 𝑘𝐼𝐼 2𝑚(ℰ − 𝑉0 )
𝐿
2
𝑇
1
ℎ2
ℰ1 = 8𝑚𝐿2 On retrouve l'énergie minimale
𝑉0 + ℰ1 de confinement du puits de largeur 𝐿 !
0 𝑉0 𝑉0 + 4ℰ1 ℰ

• Interprétation

Contrairement à la perception classique, la probabilité de trouver la particule en 𝑥 > 𝐿


n’est pas certaine. Le phénomène de résonnance en transmission (𝑻 = 𝟏) n’existe que
𝝀𝑫.𝑩.𝑰𝑰
si 𝑳 = 𝑳𝒏 = 𝒏 avec alors ℰ𝑛′ = 𝑉0 + 𝑛2 ℰ1 où 𝑛 ∈ ℕ∗ .
𝟐

Voici deux situations correspondant à deux énergies différentes :


|Ψ 𝑠 |2

Interpréter, commenter…

0 𝐿 𝑥 Reconnaître les lieux


|Ψ 𝑠 |2 d’interférences quantiques.

Sommes-nous en présence d'états


de diffusion ou d'états liés ?

0 𝐿 𝑥

12
c) Etude quantique si l’énergie est inférieure à la hauteur de la barrière (𝓔 < 𝑽𝟎 )

En tant que base des fonctions d’ondes, les états stationnaires sont recherchés :
𝓔𝒕
𝚿 𝒔 (𝒙, 𝒕) = 𝝋(𝒙) 𝒆−𝒊 ℏ

• Résolution des équations de Schrödinger indépendantes du temps

𝑑2 𝜑 2𝑚 𝑑2 𝜑 2𝑚
+ ℰ 𝜑(𝑥) = 0 (𝑥 < 0 et 𝑥 > 𝐿) Et + (ℰ − 𝑉0 ) 𝜑(𝑥) = 0 (0 < 𝑥 < 𝐿)
𝑑𝑥 2 ℏ2 𝑑𝑥 2 ℏ2

𝜑(𝑥 ≤ 0) = 𝐴𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 + 𝐵𝐼 𝑒 −𝑖𝑘𝐼𝑥


𝑥 𝑥
𝜑(𝑥 ≥ 𝐿) = 𝐴𝐼𝐼𝐼 𝑒 𝑖𝑘𝐼𝑥 𝜑(0 ≤ 𝑥 ≤ 𝐿) = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 −𝐾𝐼𝐼𝑥 + 𝐵𝐼𝐼 𝑒 𝐾𝐼𝐼𝑥 = 𝐴𝐼𝐼 𝑒 − 2𝛿 + 𝐵𝐼𝐼 𝑒 2𝛿

2𝑚 2𝜋 1 2𝑚
Avec 𝑘𝐼 = √ ℏ2 ℰ = 𝜆 Et 𝐾𝐼𝐼 = = √ ℏ2 (𝑉0 − ℰ)
𝐷.𝐵.𝐼 2𝛿

• Relations de continuité et coefficient de transmission en probabilité

𝑑𝜑
En 𝑥 = 0 et 𝑥 = 𝐿 , il y a continuité de 𝜑(𝑥) et de (𝑉 bornée).
𝑑𝑥
𝑖
Les conditions sont identiques que précédemment, il suffit de remplacer 𝑘𝐼𝐼 par :
2𝛿

‖𝐽⃗𝑡 ‖ |𝐴𝐼𝐼𝐼 |2 1 1
𝑇= = =⋯= =
‖𝐽⃗𝑖 ‖ |𝐴𝐼 |2 2𝑚 𝐿
1 + 𝛾′ sh2 (√ 2 (𝑉0 − ℰ) 𝐿) 1 + 𝛾′ sh2 ( )
ℏ 2𝛿

𝑉2
Avec 𝛾′ = 4ℰ(𝑉0 −ℰ) > 0
𝑇 0

1 4 −𝐿 𝐿 1 𝐿
𝑦= 𝑒 𝛿 En effet, si 𝐿 ≫ 𝛿 alors sh 2𝛿 ≈ 2 𝑒 2𝛿
𝛾′

0 𝛿 𝐿

• Interprétation

Il y a une possibilité de transmission de quantons à travers la barrière alors que ℰ < 𝑉0 :


C’est le fameux effet tunnel ! Il est conséquent si 𝐿 est de l’ordre ou inférieure à 𝛿.
𝑳

Au-delà, son impact diminue proportionnellement à 𝒆− 𝜹 avec 𝜹 = 𝟐
ඥ𝟐𝒎(𝑽𝟎 −𝓔)
Naturellement, le facteur de transmission diminue si 𝑉0 augmente.

13
Voici un exemple de tracé de la densité de probabilité de présence :
|Ψ 𝑠 |2

Interpréter, commenter…

0 𝐿 𝑥

• Application numérique

Un faisceau d’intensité 𝐼 = 10 𝑚𝐴, de particules chargées d’énergie ℰ = 5 𝑒𝑉, parvient


sur une barrière d’énergie potentielle de hauteur 𝑉0 et de largeur 𝐿 = 0,5 𝑛𝑚 .

Compléter le tableau suivant :

Electrons de masse 𝑚𝑒 = 9,1.10−31 𝑘𝑔 Protons de masse 𝑚𝑝 = 1,7.10−27 𝑘𝑔


Sont-ils relativistes ? Sont-ils relativistes ?

𝑉0 = 10 𝑒𝑉 𝑉0 = 6 𝑒𝑉 𝑉0 = 10 𝑒𝑉
𝛿= 𝛿= 𝛿=
𝑇= 𝑇= 𝑇=
𝐼𝑡 = 𝐼𝑡 = 𝐼𝑡 =

Aux adresses suivantes, vous trouverez des animations illustrant la plupart des phénomènes
rencontrés dans ce chapitre :

➢ [Link]/en/simulation/quantum-tunneling

➢ [Link]/tunnel/ & [Link]/quantification/

Et pour aller plus loin …

➢ [Link]/superposition/

Une animation très intéressante à voir et à écouter (!) concernant la superposition de deux
états (chat de Schrödinger) et le temps de décohérence, c’est à dire la durée durant laquelle
cette superposition cesse lors d’une interaction du système avec son environnement.
On parle alors de réduction du paquet d’onde, concept utile pour mieux comprendre
le caractère figé (réduit) d’un état mesuré …

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