LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE 2025
Sommaire
Sommaire ................................................................................................................................................ 1
Article 87 - Définition .............................................................................................................................. 3
Article 88 – La territorialité ..................................................................................................................... 5
Article 89 - Opérations obligatoirement imposables............................................................................... 6
Article 90 - Opérations imposables par option...................................................................................... 10
EXONERATIONS...................................................................................................................................... 10
Article 91 - Exonérations sans droit à déduction ................................................................................... 10
Article 92 - Exonérations avec droit à déduction................................................................................... 13
Article 94- Régime suspensif ................................................................................................................. 22
Article 95 - Fait générateur .................................................................................................................... 23
Article 96 - Détermination de la base imposable .................................................................................. 25
Problématique de la TVA IMMOBILIERE ................................................................................................ 27
Problématique de la dépendance ......................................................................................................... 32
Article 99.- Taux normal de la taxe ........................................................................................................ 34
DEDUCTIONS ET REMBOURSEMENTS ................................................................................................... 34
Article 101 Règle générale .................................................................................................................... 34
Article 104. Montant de la taxe déductible ou remboursable – Prorata de déduction ........................ 35
Article 113 Obligations des assujettis – Déclaration avant 1er mars ..................................................... 36
Article 105. Transfert du droit à déduction ........................................................................................... 37
Article 106. Opérations exclues du droit à déduction ........................................................................... 38
Article 103 et 103 bis Remboursement du crédit de TVA .................................................................... 39
Article 103bis : du crédit de taxe résultant sur les biens d’investissement........................................... 43
REGIMES D’IMPOSITION Article 108, 110 et 111 .................................................................................. 45
OBLIGATIONS DECLARATIVES DES CONTRIBUABLES.............................................................................. 46
Article 109. Déclaration d'existence ...................................................................................................... 46
Article 110. Déclaration mensuelle ....................................................................................................... 46
Article 111. Déclaration trimestrielle .................................................................................................... 46
Article 112. Contenu de la déclaration et des pièces annexes .............................................................. 46
Article 113. Déclaration du prorata avant le 1er mars ......................................................................... 47
Article 113 bis – Déclaration du pourcentage de récupération avant l’expiration des deux (2) mois
suivant l’exercice ................................................................................................................................... 47
Article 114. Déclaration de cession, de cessation et de transformation de la forme juridique de
l’entreprise ............................................................................................................................................ 47
p. 1 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Article 115. Obligations des contribuables non-résidents .................................................................... 48
Article 115 bis. Obligations des fournisseurs de services à distance non-résidents ............................. 49
Article 116. Retenue à la source sur le montant des commissions allouées par les sociétés
d’assurances à leurs courtiers ............................................................................................................... 50
Article 117. Retenue à la source ............................................................................................................ 50
Article 118. Règles comptables ............................................................................................................. 51
Article 119. Facturation ......................................................................................................................... 51
Problématique de la TVA NON APPARENTE .......................................................................................... 52
Article 125 ter. Récupération de la taxe sur la valeur ajoutée non apparente ...................................... 52
Article 125 quater. Régimes applicables aux agences de voyage .......................................................... 54
p. 2 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Article 87 - Définition
La taxe sur la valeur ajoutée qui est une taxe sur le chiffre d'affaires s'applique :
1. Aux opérations de nature industrielle, commerciale, artisanale ou relevant de l'exercice d'une
profession libérale, accomplies au Maroc ;
2. Aux opérations d'importation ;
3. Aux opérations visées à l’article 89 ci-dessous, effectuées par les personnes autres que l'Etat
non-entrepreneur, agissant, à titre habituel ou occasionnel quels que soient leur statut juridique,
la forme ou la nature de leur intervention.
Le législateur soumet à la T.V.A. la quasi-généralité des opérations économiques à l’exclusion des :
Activités agricoles :
- Ventes de produits de récolte : à l’état naturelle ou même avec transformation, lorsque
celle-ci s’inscrit dans le prolongement normal de son activité agricole1 .
- Opérations autres que les ventes : Pour les opérations autres que les ventes effectuées
par des personnes qui exercent à titre principal une activité à caractère agricole, la
situation de ces personnes au regard de la T.V.A. doit être examinée dans les mêmes
conditions que pour les autres assujettis).
Actes civils : Toute opération à caractère non industrielle, non commerciale et non artisanale,
ni profession libérale)
Exemples :
- Location des terrains nus ;
- Location d’un immeuble non meublé ou non agencé à des fins professionnelles2
Toutefois celle-ci devient taxable, lorsqu’il s’agit d’une location qui se trouve dans un
complexe commercial (Mall)3, ou dans le cas où le bien loué est acquis ou construit
avec bénéfice du droit à déduction ou de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée.
- Location de caves4 : La location de la totalité d'un domaine agricole qui porte également
sur une cave aménagée se situant sur ce domaine, constitue un acte civil du fait que la
location de la cave, qui représente l'accessoire, ne peut être dissociée de la location de
l'ensemble du domaine.
- Cession d'un fonds de commerce : La cession d'un fonds de commerce donnant lieu à
l'application de droits d'enregistrement, constitue au regard de la T.V.A. une opération
civile. Par contre, les cessions de marchandises corrélatives à la vente du fonds de
commerce effectuées par les assujettis, sont soumises à la T.V.A. dans les conditions de
droit commun.
1
Un agriculteur devient assujetti, lorsque les transformations effectuées ne constituent plus le prolongement normal de son
activité agricole, soit parce que ces transformations portent sur des produits agricoles achetés, soit en raison de l'utilisation de
procédés industriels pour l'obtention des produits transformés ou conditionnés
2
Par local agencé, il faut entendre un local aménagé et équipé pour un usage industriel, commercial ou destiné à l’exercice
d’une profession libérale.
3
Les centres commerciaux traditionnels telles que les « kissariyates », ne sont pas considérés au sens fiscal comme un complexe
commercial pouvant être assimilé à un « Mall » (Source : note circulaire n°727 relatives aux dispositions fiscales de la loi de
finances n° 73-16 pour l'annee budgetaire 2017).
4
Par contre, la location ou la sous-location exclusive de la cave aménagée à un viticulteur, revêt un caractère commercial
passible de la taxe.
p. 3 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
- Acquisition des œuvres d’art : Les opérations d’acquisition portant sur les œuvres d’art
réalisées par des artistes peintres et sculpteurs, sont considérées comme des actes civils,
dès lors qu’elles constituent des travaux de créations artistiques portant sur des pièces
uniques créées par lesdits artistes dans le cadre de leur activité artistique. Toutefois,
lorsque les œuvres en question font l’objet de vente par des commerçants, elles doivent
être soumises à la T.V.A.
Questions & Réponses :
Quelles sont les personnes assujetties à la TVA ?
Sont considérées comme assujetties à la T.V.A, toutes les personnes physiques ou morales, autres que
l'Etat non entrepreneur, qui effectuent des opérations entrant dans le champ d'application de la taxe,
quels que soient :
- Le statut juridique et la nationalité des personnes qui réalisent les opérations imposables.
- Le caractère permanent ou occasionnel des opérations effectuées.
- La forme ou la nature de l'intervention de l'assujetti.
- Les résultats atteints,
Le salarié est-il assujetti à la TVA ?
Les opérations réalisées par des personnes salariées, dans le cadre d'un contrat de travail, ne sont pas
imposables à la T.V.A. dès lors que la personne en question n'agit pas à titre indépendant ou dans le
cadre d'un contrat d'entreprise (contrat de fournitures de biens ou services).5
Quand est ce que l’Etat devient une personne assujettie à la TVA ?
Les opérations effectuées par l'Etat entrepreneur sont passibles de la T.V.A, dans la mesure où elles rentrent dans
le champ d'application de la taxe. Toutefois, les activités à caractère administratif, social, éducatif et
culturel sont situées hors champ d'application de la taxe. Il en va de même des activités d’enseignement,
œuvres sociales, œuvres d’art, etc.
Collectivités locales : Elles sont assujetties à la T.V.A. à raison des opérations et prestations
à caractère industriel, commercial ou de services qu'elles effectuent. (Par exemple : les
opérations de distribution d'eau et d’électricité, exploitation de piscines, locations de fonds
de commerce (buvettes, salles de fête, de conférence, etc) munis de leur matériel et de leur
agencement, location de stands dans les foires, location de parking, etc.)
Offices, établissements publics, régies, agences : Ils doivent être recherchés en paiement
de la taxe dans les conditions de droit commun pour les opérations imposables qu'ils
effectuent.
Administration des Douanes et Impôts Indirects : On distingue 2 cas de figure.
1- Les ventes par l’A.D.I.I de marchandises constituées en dépôt et qui n’ont
pas été retirées par leurs propriétaires à l’expiration du délai fixé par les
règlements de magasinage, doivent être soumises à la TVA lors du
dédouanement dans les conditions de droit commun.
2- Par contre, les ventes de marchandises dont l’A.D.I.I devient propriétaire
suite à abandon ou confiscation, ne peuvent être recherchées en paiement
5
A contrario et à titre d'exemple, doit être considéré comme exerçant, à titre indépendant, et par conséquent assujetti à la taxe
pour ses prestations, le dépositaire de produits ou de marchandises, qui n'est tenu par aucun horaire pour l'exécution de ses
obligations, perçoit à titre de rémunération des remises proportionnelles à la valeur des marchandises
p. 4 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
de la TVA. Cette opération ne constitue nullement une activité commerciale,
mais rentre dans l’exercice normal des fonctions de cette administration.
Article 88 – La territorialité
Une opération est réputée faite au Maroc :
S'il s'agit d'une vente, lorsque celle-ci est réalisée aux conditions de livraison de la
marchandise au Maroc ;
S'il s'agit de toute autre opération, lorsque la prestation fournie, le service rendu, le droit cédé
ou l'objet loué sont exploités ou utilisés au Maroc ou lorsque la prestation de service est fournie
à distance de manière dématérialisée par une personne non résidente n’ayant pas d’établissement
au Maroc à un client ayant son siège, son établissement ou son domicile fiscal au Maroc.6
o Cas 1 : Ventes au Maroc
Une vente est faite au Maroc lorsque celle-ci est réalisée aux conditions de livraison de la
marchandise au Maroc. Par livraison, il faut entendre le transfert de la chose vendue en la
jouissance et possession de l'acheteur, c'est à dire la remise effective de la marchandise à
l'acheteur.
Sont donc sans influence sur les conditions d'exigibilité de la taxe :
Le lieu de conclusion de la vente
Le lieu où s'effectue le paiement ;
Le lieu où se trouve l'objet au moment de la vente dès lors qu'il est destiné à être livré au Maroc
La nature de la monnaie de règlement ;
La nationalité des vendeurs et acheteurs.
En somme, une vente est réputée faite au Maroc lorsque la délivrance de la marchandise est
effectuée sur le territoire marocain.
o Cas 2 : Opérations autres que les ventes
Pour les prestations de services, le principe fondamental qui détermine leur impossibilité est
constitué par le lieu d'utilisation et d’exploitation du service.7
o Cas particuliers :
a) Intérêts de prêts : Les intérêts de prêts réglés par une entreprise installée au Maroc
à une entreprise étrangère domiciliée ou non au Maroc, en rémunération de crédits
ayant servi à financer l'achat au Maroc ou à l'étranger de biens et marchandises, sont
passibles de la T.V.A. La prestation étant considérée avoir été utilisée au Maroc.
b) Formation : Les dépenses relatives à la formation à l’étranger du personnel d’une
entreprise, constituent un investissement dans le capital humain susceptible
d’améliorer le rendement des employés de l’entreprise et partant d’augmenter sa
capacité productive. Pour cette prestation, le principe fondamental qui détermine
son imposition au Maroc est constitué par l’exploitation et l’utilisation de la
formation sur le territoire marocain.
6
On entend par service fourni à distance de manière dématérialisée, toute prestation rendue à travers un outil de communication
à distance, y compris les biens incorporels et les autres biens immatériels
7
La preuve de l'utilisation et d’exploitation en dehors du territoire marocain devrait être à la charge du prestataire.
p. 5 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
c) Cession de droits d’auteur : Lorsque les droits sont cédés par l'auteur, l'opération
ne doit pas être soumise à la T.V.A. même si le droit est utilisé au Maroc, car il ne
s'agit pas de prestation de services de nature commerciale ou industrielle. Par contre,
la cession des droits devient une opération taxable lorsqu'elle est effectuée par une
entreprise commerciale.
Article 89 - Opérations obligatoirement imposables
Sont soumis à la taxe sur la valeur ajoutée :
Opérations Clarifications
Les entrepreneurs de manufacture et fabricants sont :
1°- Les ventes et les livraisons par les Les personnes qui, habituellement ou occasionnellement, à titre principal ou
fabricants et les entrepreneurs de à titre accessoire, fabriquent les produits, les extraient, les transforment, en
manufacture de produits extraits, modifient l'état ou procèdent à des manipulations, tels qu'assemblage,
assortiment, coupage, montage, morcellement ou présentation commerciale,
fabriqués ou conditionnés par eux,
que ces opérations comportent ou non l'emploi d'autres matières et que les
directement ou à travers un travail à façon produits obtenus soient ou non vendus à leur marque ou à leur nom, ou même
; ceux qui font effectuer par des tiers ces mêmes opérations.
Présentation commerciale et conditionnement de produits :
(*) Voir le cas des déchets ci-après La présentation commerciale s’entend de l’opération qui consiste à placer dans
l’emballage définitif sous lequel ils sont vendus, les produits destinés au
consommateur (emballages de dimensions réduites adaptées aux nécessités de
la vente au détail).
Par contre Il en découle que lorsqu’un commerçant détaillant vend au
consommateur par petites quantités des marchandises extraites d’emballages de
grandes dimensions et qu’il loge au moment de la vente ces marchandises dans
des emballages de format réduit, pour permettre à l’acheteur de les emporter, il
n’y a pas présentation commerciale, au sens de la loi fiscale.
Donc 2 conditions requises :
- le conditionnement est préalable à la vente;
- l’emballage est définitif et identifié.
Apposition de marque :
Le fait de faire apposer sa marque représentée par « une griffe », ne constitue
une opération imposable entrant dans le cadre de la présentation commerciale
que dans la mesure où elle confère une valeur ajoutée aux articles identiques
vendus par d’autres commerçants sous une marque différente ou sans marque.
Par contre, l’apposition de « griffe » sur des articles standard n’est pas suffisante
pour considérer l’opération comme étant un acte de production.
Cas des exploitants agricoles :
Les opérations de transformation effectuées par les agriculteurs et portant sur
des produits de leur récolte, lorsqu’elles se situent dans le prolongement normal
de l’activité agricole, ne constituent pas sur le plan fiscal des actes de production
(séchage, maintien du produit en bon état de conservation, conditionnement,
etc).
Par contre, sont imposables les opérations ont pour effet de modifier, par un
procédé industriel ou commercial, l’état des produits agricoles, en l’occurrence
l’agro-industrie;
l’opération consiste à traiter et à conditionner des produits agricoles :
conditionnement du maïs, mise en bouteille du miel… ;
Notion de production par tiers
les personnes qui font effectuer par les tiers, les opérations de production, de
transformation ou de présentation commerciale sont rangées dans la catégorie
d'entrepreneurs de manufacture. A condition
- soit fournir à un fabricant ou à un façonnier tout ou partie du matériel ou des
matières premières nécessaires à l'élaboration des produits;
- soit imposer au fabricant des techniques résultant de dessins, marques, plans,
brevets, procédés ou formules dont elle possède la jouissance.
p. 6 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
2°- Les opérations de vente et de livraison Les commerçants revendeurs en l’état sont :
réalisées par :
Les grossistes inscrits à la taxe professionnelle en tant que marchands en
gros ;
Les commerçants grossistes ;
Les détaillants revendeurs.
Les commerçants dont le chiffre Qualité de commerçant :
d'affaires taxable réalisé au cours Est réputé commerçant, pour l’application de la TVA, toute personne qui achète
de l'année précédente est égal ou pour vendre en l'état, des biens et marchandises et ce, quels que soient:
supérieur à deux millions (2 000 la qualité ou le statut juridique (PP ou PM);
000) de dirhams8 ; le caractère occasionnel ou habituel de l'opération;
le mode d'écoulement de sa marchandise (en gros ou en détail);
le résultat de l'opération de vente (bénéfice ou perte).
L'assujettissement à la T.V.A : est obligatoire dès lors que le chiffre d'affaires
taxable réalisé hors taxe au cours de l'année précédente atteint ou dépasse
2.000.000 DH.
Le chiffre d'affaires à prendre en considération pour la détermination du seuil
de 2.000.000 DH comprend le chiffre d'affaires taxable (hors taxe), le chiffre
d'affaires exonéré et le chiffre d'affaires hors du champ d'application de la
T.V.A.
Il est à préciser que lesdits commerçants détaillants ne peuvent remettre en
cause leur assujettissement à la TVA que lorsqu’ils réalisent un chiffre
d’affaires inférieur audit montant pendant trois années consécutives.
Les importateurs sont donc redevables de la TVA à l’intérieur au titre de la
3°- Les ventes et les livraisons en l'état de revente de marchandises qu'ils ont importées sans qu'il y ait lieu de distinguer
produits importés réalisées par les :
commerçants importateurs ;
- Que l'importateur vend en gros ou en détail les produits importés,
abstraction faite du chiffre d'affaires réalisé à ce titre ;
- Que l'importateur a ou non des liens de dépendance avec une entreprise
installée à l'étranger.
Par contre, lorsque l’importateur vend à l’intérieur des produits qui sont
situés hors champ ou exonérés de la TVA, lesdits produits importés ne
doivent pas être soumis à cette taxe à l’intérieur.
4°- Les travaux immobiliers, les Les entrepreneurs de travaux immobiliers sont les personnes qui édifient des
opérations de lotissement et de promotion ouvrages immobiliers au profit de tiers
immobilière ;
Les lotisseurs sont les personnes qui procèdent à des travaux d'aménagement
ou de viabilisation de terrains à bâtir.
Les promoteurs immobiliers, sont les personnes, qui procèdent ou font
procéder à l’édification d’un ou plusieurs immeubles destinés à la vente ou à la
location, y compris les constructions inachevées
Installation et pose
5°- Les opérations d'installation ou de Ce sont des opérations qui consistent à placer des objets conservant leur
pose, de réparation ou de façon ; caractère mobilier et qui sont susceptibles d'être déplacés ultérieurement sans
subir de détérioration.
Réparation
8
Ce cas concerne les commerçants détaillants, non importateur qui réalisent la revente en l’état (activité de négoce) des
produits taxables.
p. 7 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
la réparation a le caractère d'une prestation puisque le bien conserve sa qualité
d'objet d'occasion, alors que les opérations de rénovation ou de transformation
se traduisent par la création d'un bien assimilable à un bien neuf et par
conséquent, sont traitées comme des ventes.
Travaux à façons
Les travaux à façons consistent à adapter un objet aux besoins auxquels il est
destiné, ou bien transformer une matière, produit ou objet appartenant à un tiers.
Le façonnier est considéré comme un prestataire de services et imposé à ce titre
pour la commission perçue.
-Les livraisons faites à eux-mêmes par les entrepreneurs de manufactures et les
6°- Les livraisons visées aux 1°, 2°, et 3° commerçants assujettis, de produits qu'ils fabriquent ou de marchandises dont
ci-dessus faites à eux-mêmes par les ils font le commerce pour leurs propres besoins, ou pour ceux de leur entreprise.
assujettis, à l'exclusion de celles portant -Les livraisons à soi-même portant sur les biens immeubles, effectuées
occasionnellement par des personnes physiques pour leurs besoins ou par des
sur les matières et produits consommables
personnes morales pour les besoins de leur exploitation.
utilisés dans une opération passible de la Toutefois, ne sont pas passibles de la taxe au niveau de la consommation
taxe ou exonérée en vertu des dispositions intermédiaire, les livraisons à soi-même portant sur des matières ou produits
de l'article 92 ci-dessous ; consommables utilisés dans une opération taxable ou exonérée avec bénéfice
du droit à déduction, en vertu de l’article 89 (I- 6°) du C.G.I.
7°- Les livraisons à soi-même d'opérations
visées au 4° ci-dessus à l’exclusion des
opérations portant sur les livraisons à soi-
même de construction d’habitation
personnelle effectuées par les personnes
physiques ou morales visées à l’article
274 ci-dessous ;
8°- Les opérations d’échange ainsi que les
cessions de marchandises et des biens
mobiliers d’occasion corrélatives à une
vente de fonds de commerce effectuées
par les assujettis ;
Par hébergement, logements réalisée par les hôtels à voyageurs, les résidences
9°- Les opérations d'hébergement et/ou de touristiques, les auberges, les maisons d’hôtes, les pensions, les chambres
vente de denrées ou de boissons à meublées, les motels, les villages de vacances, les gîtes, etc.
consommer sur place ; Par vente de denrées ou de boissons à consommer sur place les consommations
effectuées en tous lieux : restaurants, pâtisseries aménagées pour la
consommation sur place, débits de boissons, wagons-restaurants, buffets,
stands, foires, expositions, etc.
le louage de choses doit être pris dans son sens le plus large (location de
10°- matériel, de machines, de véhicules, de personnel, de stand, de salles de fêtes
ou de congrès, etc.), caves aménagés, Entrepôt frigorifique et Fonds de
a) Les locations portant sur les locaux : commerce
- Meublés ou garnis et les locaux qui sont
équipés pour un usage professionnel ainsi
que les locaux se trouvant dans les
complexes commerciaux (Mall), y
compris les éléments incorporels du fonds
de commerce ;
- Non équipés à usage professionnel
acquis ou construits avec bénéfice du droit
p. 8 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
à déduction ou de l’exonération de la taxe
sur la valeur ajoutée
b) Les opérations de transport, de
magasinage, de courtage, les louages de
choses ou de services, les cessions et les
concessions d’exploitation de brevets, de
droits ou de marques et d’une manière
générale toute prestation de service ;
11°- Les opérations de banque et de crédit
et les commissions de change ;
12°- Les opérations effectuées, dans le
cadre de leur profession, par les personnes
physiques ou morales au titre des
professions de :
a) avocat, interprète, notaire, adel,
huissier de justice ;
b) architecte, métreur-vérificateur,
géomètre, topographe, arpenteur,
ingénieur, conseil, expert en toute matière
et comptable agréé ;
c) vétérinaire.
(*)
o Cas des Déchets neufs d’industrie
Les déchets d’industrie suivent le sort des produits dont ils sont issus. Si le produit final est
imposé, les déchets d’industrie sont soumis à la taxe. Par contre, si le produit final est situé hors
du champ d’application de la T.V.A. ou exonéré, les déchets d’industrie bénéficient de la même
exemption (L’accessoire suit le principal).
- Les déchets de poissons : les déchets, les coupures de poissons sont taxables s’ils sont
préalablement cuits, desséchés ou transformés en huile, colle ou autre produit ;
- Les noyaux : les noyaux de fruits bruts vendus sans transformation par les fabricants
de confiture sont considérés comme des déchets de fabrication imposables ;
- Les déchets de liège : les déchets provenant des plaques de liège à l’état naturel
bénéficient de l’exonération au même titre que le produit principal. Par contre, les
déchets provenant de la fabrication des bouchons ou des plaques de liège usinées sont
imposables au même titre que les produits fabriqués ;
N.B : Exception à cette règle
- La vente au Maroc de déchets neufs d’industrie provenant des matières premières
admises sous l’un des régimes douaniers suspensifs, constitue une opération
p. 9 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
imposable, bien que le produit fini dont ils sont issus soit exonéré en vertu des
dispositions de l’article 92 du CGI.
c a d Certaines matières premières entrent au Maroc sous un régime douanier
suspensif → elles sont temporairement exonérées de droits et taxes tant qu’elles servent
à produire un produit fini destiné à la vente. Si on revend ces déchets industriels neufs
issus de ces matières premières avant leur transformation finale, cette opération devient
imposable à la TVA, même si le produit fini serait normalement exonéré.
Article 90 - Opérations imposables par option
Peuvent sur leur demande9, prendre la qualité d'assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée :
a) Les commerçants et les prestataires de services qui exportent10 directement les produits,
objets, marchandises ou services pour leur chiffre d'affaires à l'exportation ;
b) Les fabricants et les prestataires, personnes physiques, dont le chiffre d’affaires annuel est
inférieur ou égal à cinq cent mille (500.000) dirhams ;
c) Les commerçants non assujettis, revendeurs en l'état de produits et denrées autres que le
pain, le lait, le sucre brut, les dattes conditionnées fabriquées au Maroc,
d) Les personnes qui affectent des locaux à usage professionnel destinés à la location.
Portée de l'option
L'option peut être globale ou partielle et peut porter sur tout ou partie des ventes ou des prestations.
C'est ainsi que lorsqu'un contribuable exerce deux ou plusieurs activités exonérées ou situées en
dehors du champ d'application de la taxe, l'option peut porter sur une seule de ses activités
professionnelles. De même, l'option peut concerner une seule opération ou un seul client
Modalités de l'option et date d’effet
La demande doit être adressée sur ou d’après un modèle établi à cet effet par l’administration au
service local des impôts dont dépend le redevable et prend effet à l’expiration d’un délai de trente
(30) jours à compter de la date de son dépôt.
Périodicité et renonciation de la demande
La demande est maintenue pour une période d’au moins trois (3) années consécutives, pour
a), b) et c), et de manière irrévocable pour d).
EXONERATIONS
Article 91 - Exonérations sans droit à déduction
1- Les ventes, autrement qu’à consommer sur place, portant sur :
9
Si on opte pour la TVA, on récupère et on facture celle-ci.
10 Même si on exporte un produit exonéré SDD (Exemple couscous), l’option se fait automatiquement, du fait de l’exportation.
p. 10 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Le pain, le couscous, les semoules et les farines ainsi que les céréales & levures entrant
dans leurs fabrications et servant à l’alimentation humaine.11
Le lait12, le lait en poudre, le sucre brut, dattes conditionnées produites au Maroc,
Les produits de la pêche à l'état frais, congelés, entiers ou découpés,
La viande fraîche ou congelée,
L'huile d'olive et les sous-produits de la trituration des olives fabriqués par les unités
artisanales,
Le savon de ménage
les conserves de sardines
Les bougies et paraffines entrant dans leur fabrication, à l’exclusion de celles à usage
décoratif et des paraffines utilisées dans leur fabrication,
Le crin végétal ,
Les tapis d'origine artisanale de production locale,
Les métaux de récupération,
Les pompes à eau qui fonctionnent à l’énergie solaire ou à toute autre énergie renouvelable
utilisée dans le secteur agricole,
2- Les opérations portant sur :
Les ventes des ouvrages en métaux précieux fabriqués au Maroc,
Les ventes de timbres fiscaux, papiers et impressions timbrés, émis par l'Etat,
Les prestations réalisées par les entreprises d'assurances et de réassurance13,
Les journaux14, les publications, les livres, la musique imprimée,
les papiers destinés à l'impression des journaux et publications périodiques ainsi qu'à
l'édition, lorsqu'ils sont dirigés, sur une imprimerie
Formalité : cette exonération est subordonnée à la remise par l'imprimeur à son fournisseur d'un bon de
commande indiquant, en quantité et en valeur, le volume du papier à acheter et portant engagement, de
sa part, de verser la taxe au lieu et place du fournisseur dans le cas où le papier ne recevrait pas
l'affectation qui justifie l'exonération. Ce bon de commande, établi en trois exemplaires, doit être visé
par le service local des impôts dont l'imprimeur dépend.
les films documentaires ou éducatifs
les fournitures scolaires et les produits et matières entrant dans leur composition
Les opérations d'exploitation des douches publiques, de "Hammams" et fours traditionnels
3- Les ventes et prestations de services, effectuées par les fabricants et les prestataires, personnes
physiques, dont le chiffre d’affaires annuel total est inférieur ou égal à cinq cent mille (500.000)
dirhams.
N.B- Toutefois, lorsque ces derniers deviennent assujettis, ils ne peuvent remettre en cause leur
assujettissement à la TVA, que lorsqu’ils réalisent un chiffre d’affaires inférieur ou égal audit montant
pendant trois (3) années consécutives.
11
Le pain composé de produits autres que ceux énumérés dans la définition légale (notamment lorsqu'on ajoute à ces matières
du lait écrémé ou des oeufs) ne bénéficie pas de l'exonération. Il en est de même pour les pâtisseries.
12
L'exonération s'applique aux laits et crèmes de lait frais conservés ou non, concentrés ou non, sucrés ou non, aux laits
spéciaux pour nourrissons, ainsi que le beurre dérivé du lait d’origine animale, à l'exclusion des autres produits dérivés du lait
13
qui relèvent de la taxe sur les contrats d'assurances prévue par le présent code, ainsi que les prestations réalisées dans le
cadre des opérations d’assurances Takaful et de réassurance Takaful prévues par la loi n° 17-99 portant code des assurances
telle qu’elle a été modifiée et complétée
14
L'exonération s'applique également aux ventes de déchets provenant de l'impression des journaux, publications et livres.
p. 11 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Sont donc susceptibles de bénéficier de l'exonération : Les petits fabricants et les façonniers, exerçant
une activité principalement manuelle.
Exemples : Exploitants de taxis, exploitants de cafés maures ; gargotiers ; marchands de beignets, de
brochettes, de menue confiserie ; exploitants de fondouks situés dans les anciennes médinas ;
mécaniciens ; coiffeurs.
4- Les opérations réalisées par les coopératives et leurs unions légalement constituées.
Conditions : L’exonération prévue s’applique aux coopératives :
Lorsque leurs activités se limitent à la collecte de matières premières auprès des adhérents et à
leur commercialisation, ou même s’ils exercent une activité de transformation et
commercialisation de ces matières collectées à l’aide d’équipements, matériels et autres moyens
de production similaires à ceux utilisés par les entreprises industrielles soumises à l’IS, lorsque
leurs CA annuel est à dix millions (10.000.000) de dirhams HT.
Lorsqu’elles fournissent des services liés à des activités agricoles conformément aux conditions
et formalités fixées par voie réglementaire.
5- Les prestations fournies par les associations à but non lucratif reconnues d'utilité publique les
sociétés mutualistes ainsi que les institutions sociales des salariés constituées,
N.B- Toutefois, l’exonération ne s’applique pas aux opérations à caractère commercial, industriel ou
de prestations de services réalisées par les organismes précités.
6- L’ensemble des activités et opérations réalisées par les fédérations sportives reconnues d'utilité
publique, ainsi que les sociétés sportives,
7- Les opérations portant sur :
Les opérations d'escompte, de réescompte et les intérêts des valeurs de l'Etat et des titres
d'emprunt garantis par lui,
les opérations et les intérêts afférents aux avances et aux prêts consentis à l'Etat par les
organismes autorisés à cet effet. L’exonération s'applique à tous les stades des opérations
aboutissant à la réalisation des avances et des prêts et à la mobilisation des effets créés en
représentation de ces prêts
Les intérêts des prêts accordés par les établissements de crédit et organismes assimilés aux
étudiants de l'enseignement privé ou public ou de la formation professionnelle et destinés à
financer leurs études au Maroc ou à l’étranger,
Les prestations de services afférentes à la restauration, au transport et aux loisirs scolaires
fournies par les établissements de l'enseignement privé au profit des élèves et des étudiants
qui sont inscrits dans lesdits établissements et y poursuivent leurs études,
les produits provenant des opérations de titrisation pour l’émission des certificats de sukuk par
les Fonds de Placement Collectif en Titrisation, conformément aux dispositions de la loi n° 33-
06 relative à la titrisation des actifs, lorsque l’Etat est initiateur, ainsi que les différentes
commissions qui sont liées à l’émission précitée
Les prestations fournies par les médecins, médecins-dentistes, masseurs kinésithérapeutes,
orthoptistes, orthophonistes, infirmiers, herboristes, sage-femmes, exploitants de cliniques,
maisons de santé ou de traitement et exploitants de laboratoires d’analyses médicales ;
p. 12 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
les ventes portant sur les appareillages spécialisés destinés exclusivement aux handicapés et
sur les implants cochléaires. Il en est de même des opérations de contrôle de la vue effectuées
au profit des déficients visuels par des associations reconnues d'utilité publique
Les opérations de crédit effectuées par les associations de micro-crédit au profit de leur clientèle
Les opérations réalisées par les centres de gestion de comptabilité agréés, pendant un délai de
quatre ans courant à compter de la date d’agrément.
Les redevances et droits de licence inclus dans la base d’imposition de la taxe sur la valeur
ajoutée à l’importation. Cette exonération est accordée dans la limite du montant de la taxe sur
la valeur ajoutée acquittée à l’importation au titre des redevances et droits de licence précités.
Article 92 - Exonérations avec droit à déduction
1. Les produits livrés et les prestations de services rendues à l'exportation par les assujettis.
Formalités & Conditions :
Cette exonération est subordonnée à la condition qu'il soit justifié de l'exportation :
Des produits, par la production des titres de transport, bordereaux, feuilles de gros,
récépissés de douane ou autres documents qui accompagnent les produits exportés
Des services, par la production de la facture établie au nom du client à l'étranger et des
pièces justificatives de règlement en devises.
En cas d'exportation de produits par l'intermédiaire de commissionnaire, le vendeur
doit délivrer à celui-ci une facture contenant le détail et le prix des objets ou
marchandises livrés, ainsi que l'indication du nom et adresse de la personne pour le
compte de laquelle la livraison a été faite au commissionnaire,
L'avitaillement des navires et des aéronefs :
Les livraisons faites pour l'avitaillement des navires et des aéronefs –chargé les carburants au navire
et aéronef- sont assimilées à des exportations, étant donné que les marchandises sont considérées comme
étant destinées à l'étranger. Pour bénéficier de l'exonération, les personnes qui procèdent à l'avitaillement
des navires et des aéronefs, doivent produire soit les avis d'exportation visés par l’ADII, soit des
attestations délivrées par les compagnies maritimes et aériennes, certifiant que les marchandises vendues
ont reçu la destination ayant motivé la franchise.
Marchandises et objets d'avitaillement :
Par marchandises et objets d'avitaillement, il faut entendre les vivres et les provisions destinés, soit à
être consommés par l'équipage et les passagers, soit à être utilisés pour les besoins du bord au cours de
la traversée. Il en est de même des produits tels que goudrons, houille, pétrole et graisse embarqués sur
des navires assurant un service international et non dans la limite du plateau continental/territoire
marocain.
2. Les marchandises ou objets placés sous les régimes suspensifs en douane
Un régime suspensif permet de retarder le paiement des droits et taxes (comme la TVA) sur des
marchandises importées, tant qu’elles restent sous contrôle douanier. 👉 En d’autres termes : pas de
TVA à payer tant que la marchandise n’est pas mise en consommation sur le marché marocain.
Les principaux régimes suspensifs sont :
p. 13 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Entrepôts de douane (stockage sans payer la taxe).
Admission temporaire (AT) (importer provisoirement pour transformation ou réexportation).
Importation temporaire.
Trafic de perfectionnement à l’exportation (importer pour fabriquer un produit destiné à
l’export).
Exportation temporaire.
Transit (marchandises qui traversent le territoire sans y rester).
Pour profiter de l’exonération, l’entreprise doit :
1. Prouver à la douane que la marchandise a bien été exportée (apurement du compte en douane).
2. Mentionner sur ses factures le régime douanier utilisé.
3. Les engrais.
4. Lorsqu’ils sont destinés à usage exclusivement agricole :
Les tracteurs ;
Les motoculteurs ;
Les appareils mécaniques à projeter des produits insecticides, fongicides, herbicides et
similaires ;
Etc…
5. Les biens d'investissement à inscrire dans un compte d'immobilisation, et ouvrant droit à la
déduction acquis par les entreprises assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pendant une durée de
trente-six (36) mois à compter du début d’activité (à l’exclusion des véhicules acquis par les
agences de location de voitures).
Notion de Début d’activité :
Par début d’activité, il faut entendre la date du premier acte commercial qui coïncide avec la
première opération d’acquisition de biens et services à l’exclusion :
Des frais de constitution des entreprises ;
Et des premiers frais nécessaires à l’installation des entreprises dans la limite de trois (3)
mois.
Cas particuliers :
a) Pour les entreprises qui procèdent aux constructions de leurs projets d’investissement, le
délai de trente-six (36) mois commence à courir à partir de la date de délivrance de
l’autorisation de construire.15
b) Pour les entreprises existantes qui procèdent à la réalisation des projets d’investissement
portant sur un montant égal ou supérieur à cinquante (50) millions de dirhams, dans le
cadre d’une convention conclue avec l’Etat, le délai d’exonération précité commence à
courir, soit à compter de la date de signature de ladite convention d’investissement,
soit à compter de celle de la délivrance de l’autorisation de construire pour les
entreprises qui procèdent aux constructions liées à leurs projets.
c) En cas de force majeure :
En cas de force majeure, un délai supplémentaire de six (6) mois, renouvelable une
seule fois, est accordé aux entreprises qui construisent leurs projets ou qui réalisent des
projets dans le cadre d’une convention conclue avec l’Etat
15
A cet effet, il est admis que tout acte lié à l’installation de l’entreprise, y compris l’opération d’achat du terrain, intervenant
avant l’obtention de l’autorisation de construire, ne constitue plus un acte déclenchant le début d’activité pour ce cas.
p. 14 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
N.B : Les biens d’investissement précités sont exonérés durant toute la durée d’acquisition ou de
construction à condition que les demandes d’achat en exonération soient déposées, auprès du service
local des impôts dont dépend le contribuable, dans le délai légal de trente-six (36) mois précité.16
Conditions d'exonération de la TVA
L'exonération de la TVA prévue à l’article 92-I-6° du CGI est accordée à l’entreprise assujettie au
titre des biens d’investissement éligibles à ladite exonération conformément aux dispositions du CGI.
Les biens susceptibles d'amortissement éligibles au droit à déduction, doivent être conservés pendant
une période de cinq (5) années suivant leur date d’acquisition et être affectés à la réalisation
d’opérations soumises à la TVA ou exonérées en vertu des dispositions des articles 92 et 94 du CGI.
Formalités & Conditions :
Les assujettis qui optent pour l'acquisition des biens d'investissement en exonération de la TVA,
doivent se conformer aux obligations suivantes :
Tenir une comptabilité régulière permettant l'inscription des biens à un compte
d'immobilisation donnant lieu à amortissement selon les usages courants.
Présenter au service local des impôts, une demande formulée sur un imprimé
conformément au modèle fourni par l'administration et soumise au timbre de
dimension.
Fournir à l'appui de cette demande les pièces suivantes :
- Un état descriptif établi en triple exemplaire 17, qui précise les nom et adresse des
fournisseurs, la nature et l'utilisation des biens destinés à être achetés sur le marché
intérieur en exonération de la T.V.A., leur valeur en dirhams ainsi que l'intitulé du
compte où ils seront inscrits en comptabilité, le numéro d'identification fiscale des
fournisseurs, le taux et le montant de la taxe dont l'exonération est sollicitée.
- Les factures proforma ou devis de travaux en triple exemplaire.
A l’exception de ceux exonérés dans le cadre des conventions conclues avec l’Etat,
l’assujetti doit fournir les garanties suffisantes conformément aux textes législatifs et
réglementaires en vigueur
N.B : Les factures et tous documents se rapportant aux opérations exonérées, doivent
être revêtues de la mention « Exonération de la T.V.A. en vertu de l'article 92-I-6° du
C.G.I ».
6. Les autocars, les camions et les biens d’équipement y afférents à inscrire dans un compte
d’immobilisation, acquis par les entreprises de transport international routier.
Cette exonération s’applique dans les conditions prévues au 6° de l’article 92-I du C.G.I ci-dessus.
En plus de ces conditions susmentionnés précédemment, pour bénéficier de l’exonération de la TVA
prévue à l’article 92 (I- 7°) du C.G.I, les personnes éligibles à l’exonération doivent adresser au service
local des impôts dont elles dépendent, une attestation ou toute autre pièce justifiant l’exercice de
l’activité de transport international routier délivrée par les autorités compétentes ainsi qu’une demande
formulée sur ou d’après un imprimé établi par l’administration.
16
Aussi, est-il rappelé que pour les demandes d’achat en exonération de TVA déposées par les contribuables à la veille de
l’expiration du délai d’exonération de 36 mois, les attestations y afférentes sont valables quoique portant une date postérieure
audit délai.
17
Les deux exemplaires "Acheteur" et "Vendeur" sont à remettre au contribuable demandeur, le troisième doit être envoyé à
l’inspecteur qui gère le dossier du fournisseur.
p. 15 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
7. Les biens d'équipement18 destinés à l'enseignement privé ou à la formation professionnelle, à
inscrire dans un compte d'immobilisation, acquis par les établissements privés d'enseignement
ou de formation professionnelle ou les sociétés foncières ou organismes de placement collectif
immobilier (O.P.C.I.), créés exclusivement pour la réalisation des projets de construction de
ces établissements, à l'exclusion des véhicules automobiles autres que ceux réservés au
transport scolaire collectif et aménagés spécialement à cet effet.19
8. Les biens d’équipement, outillages et matériels acquis par les diplômés de la formation
professionnelle.
N.B : Les exonérations de 6, 7 et 8 s’appliquent dans les mêmes conditions prévues au 5° ci-
dessus (au 6° de l’article 92-I du C.G.I).
9. Les matériels éducatifs, scientifiques ou culturels importés en franchise des droits et taxes
applicables à l’importation conformément aux accords de l’UNESCO auxquels le Maroc a
adhéré.
Pour bénéficier de l’exonération, il faut adresser au service local des impôts dont ils dépendent, une
demande établie sur un imprimé fourni par l’administration, accompagnée : - de l’autorisation
d’importation dudit matériel en franchise des droits et taxes dûment visée par l’ADII ; - d’une facture
proforma établie par le commerçant importateur dudit matériel.
10. Les biens d’équipement, matériels et outillages acquis par :
Les associations à but non lucratif s’occupant des personnes handicapées,
Le « Croissant rouge marocain », destinés à être utilisés par lui dans le cadre de son objet
statutaire,
La Fondation Cheikh Zaïd,
La Fondation Cheikh khalifa
La Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé,
11. Les acquisitions de biens, matériels et marchandises,20 effectuées par :
La Fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer,
Par la Ligue Nationale de Lutte contre les Maladies Cardio-vasculaires,
La Fondation Mohamed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation formation21.
La Banque Islamique de développement
12. Les produits et équipements pour hémodialyse,
13. Les produits pharmaceutiques,22
14. Les biens, marchandises, travaux et prestations de services financés ou livrés à titre de don :
Par tout donateur national ou étranger, à l’Etat, aux collectivités territoriales, aux
établissements publics et aux associations reconnues d’utilité publique s’occupant des
conditions sociales et sanitaires des personnes handicapées ou en situation précaire,
18
Seuls les biens d’équipement, et non pas tous les biens d’investissement
19
Cette exonération permet de préserver une TVA qui ne sera jamais récupérée (Voire Article 91)
20
On ajoute dans ce cas même les marchandises, et non pas seulement les biens à inscrire dans un compte d’immobilisation tel
que les autres cas.
21
On ajoute dans ce cas même les services. Cette fondation bénéficie de l’exonération pour tous ses achats.
22
Nouveauté de la LF 2024
p. 16 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Par les gouvernements étrangers ou par les organisations internationales, dans le cadre de la
coopération internationale à l’Etat, aux collectivités territoriales, aux établissements publics
et aux associations reconnues d’utilité publique.
Par l’Union Européenne
15. Les activités de Bank Al-Maghrib
16. les biens, marchandises, travaux et prestations de services destinés à être livrés à titre de don
aux gouvernements étrangers, par le gouvernement du Royaume du Maroc
17. les acquisitions de biens, matériels et marchandises effectuées par la Banque Islamique de
développement
18. les biens mobiliers ou immobiliers acquis par l’Agence Baït Mal Al Qods Acharif ,
19. Les opérations de cession, de logements sociaux à usage d'habitation principale dont la
superficie couverte est comprise entre cinquante (50) et quatre-vingt (80) m2, et le prix de
vente n’excède pas deux cent cinquante mille (250.000) dirhams, hors taxe sur la valeur
ajoutée.
Conditions :
A. Ledit logement doit être acquis auprès des promoteurs immobiliers, personnes
physiques ou morales ayant conclu une convention avec l’Etat,
B. Le compromis de vente et le contrat de vente définitif doivent être passés par devant
notaire,
C. Le contrat de vente définitif doit indiquer le prix de vente et le montant de la taxe sur
la valeur ajoutée correspondant, ainsi que l’engagement de l’acquéreur, cité ci-dessous.
D. L’acquéreur doit être éligible, c’est à dire que celui-ci ne doit pas être assujetti à
l’impôt sur le revenu au titre des revenus fonciers, à la taxe d’habitation et à la taxe des
services communaux, à l’exclusion du co-indivisaire qui peut aussi bénéficier de cette
exonération même s’il est assujetti à ces taxes.
E. L’acquéreur doit affecter le logement social à son habitation principale pendant une
durée de quatre (4) années à compter de la date de conclusion du contrat
d’acquisition définitif.
F. L’acquéreur doit consentir au profit de l’Etat une hypothèque en garantit du
paiement de la taxe sur la valeur ajoutée versée par l’Etat, ainsi que des pénalités et
majorations exigibles.
Formalités :
A. Le notaire doit déposer, auprès du service local des impôts, une demande d’éligibilité
à l’exonération, selon un imprimé modèle établi par l’administration, comportant le
nom, le prénom et le numéro de la carte nationale d’identité du futur acquéreur,
B. L’inspecteur compétent établit et remet au notaire un document attestant l’éligibilité
ou non de la personne concernée,
C. Le notaire est tenu de déposer au service local des impôts, une demande du bénéfice
de la taxe sur la valeur ajoutée au profit de l’acquéreur éligible, accompagnée des
documents suivants :
- Une copie du compromis de vente ;
- Un engagement de produire une copie du contrat de vente définitif précité ;
- Une attestation bancaire indiquant le relevé de son identité bancaire (R.I.B).
p. 17 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
D. Le receveur de l’administration fiscale verse au notaire sous forme du prix égale au
montant de la taxe sur la valeur ajoutée indiqué dans le contrat de vente établi sur la
base du compromis de vente.
E. Le notaire est tenu d’établir le contrat définitif dans un délai de trente (30) jour
maximum à partir de la date du virement du montant.
F. Au cas où la vente n’a pas abouti, le notaire est tenu d’adresser au service local des
impôts une lettre avec accusé de réception, attestant de la non réalisation de la
vente, accompagnée du chèque de récupération du montant de la TVA, établi au
nom du receveur de l’administration fiscale.
G. La mainlevée de l’hypothèque ne peut être délivrée qu’après production par l’intéressé
des documents justifiant que le logement social a été affecté à son habitation
principale pendant une durée de quatre (4) ans.
H. Si l’acquéreur ne demande pas la levée de l’hypothèque après la 4eme année suivant
la date d’acquisition, il est invité par l’inspecteur des impôts, à produire lesdits
documents dans un délai de trente (30) jours, sous peine de mettre en recouvrement
le montant de la TVA ainsi que des pénalités et majorations y afférentes.
20. Les constructions de cités, résidences et campus universitaires réalisées par les promoteurs
immobiliers pendant une période maximum de trois (3) ans courant à compter de la date de
l’autorisation de construire des ouvrages constitués d’au moins cinquante (50) chambres, dont
la capacité d’hébergement est au maximum de deux (2) lits par chambre, dans le cadre d’une
convention conclue avec l’Etat, assortie d’un cahier des charges
21. les opérations de réalisation de logements sociaux afférents au projet "Annassim" situé dans
les communes de Dar Bouazza et Lissasfa par la société nationale d’aménagement collectif
(SO.N.A.D.A.C)
22. les opérations réalisées par la société « Sala Al Jadida » dans le cadre de son activité
23. les ventes aux compagnies de navigation, aux pêcheurs professionnels et aux armateurs de la
pêche de produits destinés à être incorporés dans les bâtiments visés ci-dessus
24. les opérations de transport international, les prestations de services qui leur sont liées ainsi
que les opérations de réparation, d’entretien, de maintenance, de transformation,
d’affrètement et de location portant sur les différents moyens dudit transport ainsi que les
opérations de démantèlement des avions
Par transport international, il convient d’entendre les transports en provenance ou à destination
de l’étranger quel que soit le point d’embarquement initial et celui du débarquement final.
L’exonération porte sur la totalité de l’opération de transport international y compris la partie
afférente au parcours effectué sur le territoire marocain et quel que soit le sens du trajet. Cette
exonération bénéficie, aussi bien au transport de voyageurs qu’à celui des marchandises ou
objets, qu’il soit effectué par voie terrestre, aérienne ou maritime.
Le critère essentiel qui permet de qualifier de transport international une opération comportant
l’utilisation de plusieurs trajets ou vols dont un ou plusieurs à l’intérieur du territoire, assurés par
une même compagnie ou par différentes compagnies, doit être recherché dans la notion de contrat
unique de transport. L’exonération est acquise dès le moment où le point de départ ou celui
d’arrivée se situe hors du Maroc et même si un ou plusieurs vols ou trajets sont effectués à
l’intérieur du Maroc
Toutefois, doit être considéré comme n’ayant pas le caractère international et par conséquent
soumis à la T.V.A., un contrat de transport conclu avec un client quelle que soit sa nationalité et
p. 18 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
quel que soit le pays d’émission du billet, lorsqu’il s’agit d’un vol ou d’un trajet dont le point de
départ et d’arrivée sont situés au Maroc.
Sont exonérés également les prestations de services utilisées pour les besoins du transport
international maritime, aérien et terrestre ;
- les opérations particulières portant sur :
les prestations de services effectuées par les agents consignataires, mandataires, courtiers,
etc ;
les commissions sur les ventes de billets perçues par les agences de voyages et par les
intermédiaires au titre de la vente des billets des compagnies aériennes de transport
international.
Sont soumises à la T.V.A, les prestations de services réalisées pour les besoins des bateaux de
plaisance, de sport ou des bateaux effectuant de la navigation intérieure et des aéronefs ayant pour
point de départ et point d’arrivée un port marocain.
Modalités d’application de l’exonération
Pour l’application de l’exonération précitée, les entreprises de transport international doivent,
conformément aux dispositions de l’article 14 du décret d’application, délivrer un bon de
commande, ou tout document en tenant lieu à leurs prestataires de services. Ce bon de commande
doit comporter, outre l’engagement du transporteur de verser la TVA exigible au cas où les
prestations exonérées ne recevraient pas la destination qui justifie leur exonération, les
renseignements désignés ci-après :
- les nom, prénom, raison sociale ou dénomination du bénéficiaire ;
- la référence de l’agrément exploité ainsi que le numéro d’immatriculation du véhicule ;
- la nature de la prestation ;
- les nom, prénom, raison sociale ou dénomination du prestataire de service ainsi que son adresse et
son numéro d’identification fiscale.
25. Les produits livrés et les prestations de services rendues aux zones d’accélération industrielle,
ainsi que les opérations effectuées à l’intérieur ou entre lesdites zones,
Les zones franches d’exportation sont considérées, du point de vue fiscal, comme un territoire
non assujetti à la TVA. De ce fait, les prestations de services et les travaux de construction et
de montage réalisés dans lesdites zones constituent des opérations situées hors champ
d’application de la TVA.
L’utilisation desdites prestations de services dans les zones franches doit être justifiée par la
production de la facture établie au nom du client situé dans lesdites zones franches et des
pièces justificatives du règlement effectué en devises.
Pour les constructions et montages Les fournisseurs de ces produits et services peuvent
bénéficier du remboursement de la TVA payée en amont à condition que l'entrée en zone franche
de ces produits et matières soit justifiée par la production : des factures de vente établies au
nom de l’entreprise réalisant l’investissement dans lesdites zones ;
des avis d’exportation correspondants dûment visés par les services de l’ADII.
26. L’ensemble des actes, activités ou opérations réalisées par la société dénommée «Agence
spéciale Tanger Méditerranée».
27. Les biens et services acquis ou loués par les entreprises étrangères de productions
audiovisuelles, cinématographiques et télévisuelles, à l'occasion de tournage de films au
Maroc.
Conditions :
A. Cette exonération s'applique à toute dépense égale ou supérieure à cinq mille (5.000)
dirhams et payée sur un compte bancaire en devises convertibles ouvert au nom desdites
entreprises.
p. 19 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
B. Le bénéfice de cette exonération est subordonné à l'obtention d'une autorisation d'achat
en exonération valable pour toute la durée du tournage de films.
Formalités :
Cette entreprise étrangère doit adresser au service local des impôts de leur choix, une demande d'achat
en exonération de la taxe accompagnée :
- d’une copie certifiée conforme de l'autorisation23 de tournage ;
- d’une attestation bancaire justifiant l'ouverture d'un compte ouvert en devises convertibles.
Les fournisseurs desdits biens et services en exonération, sont tenus :
de ne se faire payer que par chèque tiré sur le compte bancaire dont le numéro est indiqué
sur l'autorisation délivrée à cet effet par le service ;
d'indiquer sur la copie de la facture de vente d'une part, les références de paiement et d'autre
part, le numéro, la date de l'autorisation ainsi que le service local des impôts qui a visé ladite
autorisation.
28. Les biens et marchandises acquis à l’intérieur par les personnes physiques non résidentes au
moment de quitter le territoire marocain et ce pour tout achat égal ou supérieur à deux mille
(2.000) dirhams taxe sur la valeur ajoutée comprise (Détaxe).
Conditions :
A. L'acheteur qui veut bénéficier de la restitution de la TVA sur l'acquisition des biens et
marchandises à l'intérieur, doit être une personne physique non résidente en court séjour au
Maroc.
B. La vente doit être accomplie, le même jour, chez un même vendeur et le montant y afférent
doit être d'une contre-valeur supérieure ou égale à 2.000 DH TTC.
C. La vente doit être effectuée au détail et ne pas avoir un caractère commercial.
D. Le vendeur doit être un assujetti à la TVA et accepter d'accomplir les formalités de la vente
ouvrant droit à la restitution de la TVA. A cet effet, il doit remplir au moment de la vente, «
un bordereau de vente à l'exportation », qui doit être accompagné des factures détaillées
des achats effectués revêtues du cachet du vendeur et comporter des renseignements (tel que
le nom, prénom du vendeur et de l’acheteur, numéro de compte bancaire ouvert au Maroc
(RIB) ou à l'étranger ainsi que l'intitulé de la banque, la nature, la quantité et le prix unitaire
des biens vendus, le montant de la T.V.A. à restituer, les signatures de l'acheteur et du
vendeur).
E. L'acheteur doit présenter lui-même les marchandises, la copie originale du bordereau, ainsi
que les deux exemplaires remis par le vendeur accompagnés des factures à la douane au
moment de quitter le territoire marocain et ce, avant l'expiration du troisième mois qui
suit la date de l'achat.
N.B : Sont exclus de cette exonération les produits alimentaires (solides et liquides), les tabacs
manufacturés, les médicaments, les pierres précieuses non montées et les armes ainsi que les moyens
de transports à usage privé, leurs biens d’équipement et d’avitaillement et les biens culturels.
23
L’autorisation obtenu après max 48h doit comporter :
- le nom de la personne physique ou de la société bénéficiaire ;
- le numéro du compte bancaire ouvert en devises ;
- la durée du tournage du film.
p. 20 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
29. Les biens, matériels, marchandises et services effectuées par :
La Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales des préposés religieux ;
La Fondation Mohammed VI pour l’Edition du Saint Coran ;
La Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement ;
La Fondation Lalla Salma de prévention et traitement des cancers ;
La Ligue Marocaine pour la protection de l’enfance ;
La Fondation Mohammed V pour la solidarité ;
L’Institut de Recherche sur le Cancer ;
les représentations de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) au Maroc
et les organismes qui lui sont affiliés
30. Les opérations de construction de mosquées ;
L’exonération, qui revêt la forme d’une restitution, est accordée à hauteur de 50%, du montant
total de la taxe supportée au titre de la construction desdites mosquées.
les personnes physiques et morales bénéficiant de l’exonération au titre des opérations de
construction des mosquées prévues à l’article 92 (I-43°) du C.G.I , doivent adresser au service local
des impôts dont elles dépendent une demande en restitution de la taxe payée sur les achats des
matériaux de construction, travaux ou services acquis auprès d’assujettis à la taxe sur la valeur
ajoutée, accompagnée d’une autorisation délivrée par le ministère des habous et des affaires
islamiques.
Cette demande formulée par écrit doit être accompagnée des documents ci-après : - copie certifiée
conforme de l’autorisation de construire ; - les originaux des factures d’achat et mémoires des
travaux ; - et, le cas échéant, copie du marché au titre duquel l'entreprise a été déclarée adjudicataire.
31. les véhicules neufs acquis par les personnes physiques et destinés exclusivement à être exploités
en tant que voiture de location (taxi)
Pour bénéficier de l’exonération de la TVA, adresser une demande au service local des impôts et doit
fournir :
un engagement sur ou d’après un imprimé établi par l’administration par lequel il s’engage à
affecter exclusivement à usage de taxi, le véhicule objet de sa demande d’exonération ;
une facture proforma ou devis établi par le fournisseur du véhicule, en triple exemplaire
indiquant la valeur hors taxe ainsi que le montant de la taxe y afférente.
Les véhicules ayant bénéficié de l’exonération précitée ne doivent pas, pendant un délai de 60 mois
suivant celui de leur acquisition, faire l’objet de cession ou recevoir d’autres utilisations que celle pour
laquelle ils ont été initialement acquis.
32. Les opérations de vente, de réparation et de transformation portant sur les bâtiments de mer ;
Par bâtiments de mer, on doit entendre les navires, bâtiments, bateaux et embarcations capables, par
leurs propres moyens, de tenir la mer comme moyen de transport et effectuant une navigation
principalement maritime.
33. Les engins, équipements et matériels militaires, armes, munitions ainsi que leurs parties et
accessoires et les services de maintenance, de réparation, de transformation ou de modification
qui leurs sont liés
34. Lorsqu’ils sont destinés à usage exclusivement aquacole :
Les aliments destinés à l'alimentation des poissons et des autres animaux aquatiques ;
Les alevins de poissons et les larves des autres animaux aquatiques ;
p. 21 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Les naissains de coquillages ;
35. La restauration des monuments historiques classés et des équipements de base d'utilité
publique effectuée par des personnes physiques ou morales ;
36. les opérations de transfert d’actifs relatifs aux installations des énergies renouvelables
réalisées dans le cadre de la loi n° 38-16 portant création de l’Office national de l’électricité
37. Les produits et matières entrant dans la fabrication des panneaux photovoltaïques, acquis par
les fabricants desdits panneaux ;
38. les opérations de ventes et de livraisons portant sur l'eau destinée à l’usage domestique
effectuées par les organismes chargés de la distribution publique, ainsi que les prestations
d’assainissement fournies par les organismes chargés de l’assainissement et les opérations de
location du compteur d’eau destinées au même usage ;
39. Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée, sous réserve de la réciprocité, les marchandises,
travaux ou prestations qu'acquièrent ou dont bénéficient, auprès d'assujettis à la taxe, les
missions diplomatiques ou consulaires et leurs membres accrédités au Maroc, ayant le statut
diplomatique. Cette exonération profite également aux organisations internationales et
régionales ainsi qu’à leurs membres accrédités au Maroc qui bénéficient du statut
diplomatique.
Les bénéficiaires doivent adresser à la Direction Régionale à Rabat, une demande en restitution de la
taxe payée sur leurs achats de marchandises, travaux ou services acquis auprès d'assujettis à la TVA,
accompagnée des factures d'achat correspondantes, établies en leur nom.
Article 94- Régime suspensif
Définition :
Le régime de la suspension de taxe prévu par l’article 94 du C.G.I n'est pas un régime d'exonération
dans la mesure où il a pour objet d'éviter de faire payer la taxe que le bénéficiaire aurait dû
normalement régler à l'occasion de ses achats taxables de biens et services. Il vise par le biais de la
détaxation au niveau même de l'approvisionnement à encourager certains secteurs de l'économie.
Contenu de l’article 94 :
Sont autorisées à recevoir en suspension de la taxe sur la valeur ajoutée à l'intérieur, sur leur
demande et dans la limite du montant du chiffre d'affaires réalisé au cours de l'année écoulée
au titre de leurs opérations d'exportation les marchandises, les matières premières, les emballages
irrécupérables et les services nécessaires auxdites opérations et susceptibles d'ouvrir droit à déduction
et au remboursement prévus aux articles 101 à 104.
- Les entreprises exportatrices de produits ;
- Les entreprises exportatrices de services.
Conditions :
- Les entreprises doivent être catégorisées et présentant les garanties nécessaires en
matière de transparence conformément à l’article 19 du décret pris pour l’application
de la TVA ;
p. 22 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
- Les opérations réalisées doivent être susceptibles d'ouvrir droit à déduction et au
remboursement (ne figurent pas parmi les opérations de l’article 106) ;
- Dans la limite du seul montant du chiffre d'affaires réalisé à l’export au cours de
l'année écoulée.
Formalités :
Les entreprises exportatrices catégorisées, doivent déposer à tout moment de l'année une
demande auprès du service local d'assiette dont dépend leur établissement ou leur siège
social, accompagnée :
- Des factures proforma ou tout autre document en tenant lieu, relatives à ses
commandes, au fur et à mesure de leurs besoins réels ;
- La liste des fournisseurs avec l'indication du nom, de la raison ou de la
dénomination sociale, de la profession, de l'adresse et du numéro d'identification
attribué par le service local des impôts à chacun d'eux, de la nature des
opérations qu'elles réalisent en qualité d'assujettis à la TVA.
Le service local des impôts, après contrôle sur pièces ou le cas échéant sur place, établit en triple exemplaire, une
attestation d'achat en suspension de la TVA, par fournisseur, auxquelles seront annexées des listes des biens et
services bénéficiant de cette mesure. L'un des exemplaires est conservé par le service local des impôts, les deux
autres sont remis au demandeur qui fait parvenir un exemplaire à son fournisseur et conserve l'autre à l'appui de
sa comptabilité.
N.B : Dans le cas où les matières premières, emballages ou produits acquis en suspension de la taxe
sont affectés autrement qu'à la réalisation d'opération d'exportation (Ventes locales de produits
destinés initialement à l'exportation). Les assujettis sont tenus de reverser le montant de la taxe dont
le paiement n'a pas eu lieu lors de l'achat. La régularisation doit intervenir avant l'expiration du mois
qui suit celui de la livraison de la marchandise.
Article 95 - Fait générateur
Le fait générateur24 de la taxe sur la valeur ajoutée est constitué par l'encaissement total ou partiel du
prix des marchandises, des travaux ou des services.
Toutefois, les contribuables sont autorisés à acquitter la taxe d'après le débit, lequel coïncide avec la
facturation ou l'inscription en comptabilité de la créance. Cependant les encaissements partiels et les
livraisons effectuées avant l'établissement du débit sont taxables.
Moyens de paiement :
A. Ventes en numéraire
L'encaissement du prix
Les avances, acomptes et arrhes : En effet, l'avance ou l'acompte constituent un versement à valoir
sur le prix et qui du point de vue juridique, marque la conclusion définitive du contrat et n'autorise
aucune des parties à se désister. Au contraire, les arrhes ne sont qu'un moyen pour accréditer
l'engagement des protagonistes et sont donc par essence abandonnés en cas de rupture unilatérale du
24
Le fait générateur d'un impôt est l'événement qui donne naissance à la dette du redevable envers le Trésor. Autrement dit,
c'est le moment d'exigibilité de cet impôt.
p. 23 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
contrat. Ainsi en cas d'abandon, les arrhes perdent leur caractère imposable pour revêtir celui de
dommages intérêts non taxables.
Paiement par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de
paiement, virement bancaire, procédé électronique ou par compensation : Le fait générateur
de la TVA coïncide avec la date de l'encaissement effectif par l’assujetti, par les moyens de paiement
susvisés.
B. Echanges et règlements par compensation
o Cas 1 : Echange (ou compensation physique) : Le fait générateur de la TVA coïncide avec
la livraison des marchandises, l'exécution des services ou des travaux.
o Cas 2 : Compensation financière : Lorsque le règlement des marchandises, des travaux ou
des services a lieu par voie de compensation avec une créance à l’égard d’une même personne,
le fait générateur se situe à la date de signature du document portant acceptation de la
compensation par les parties concernées.
o Cas 3 : Opérations réalisées en compte courant : L'inscription de la dette au débit du
compte client constitue en principe le débit ; et ce débit vaut encaissement. Donc, les
opérations réalisées en compte courant, doivent être analysées comme des règlements par
compensation dont le fait générateur se situe à la date d'inscription de la dette au débit de
ce compte.
NB : Il convient, également de préciser, qu'habituellement le compte courant est
productif d'intérêts. Ces intérêts sont passibles de la TVA bien entendu qui doivent être
déclarés à la date d’inscription en compte.
o Cas 4 : Livraisons à soi-même : Chaque fois qu'un assujetti utilise pour son propre usage un
produit qu'il a fabriqué, on dira qu'il effectue une livraison à soi-même.
Livraisons à soi-même de biens meubles : pour les livraisons à soi-même de biens
meubles taxables, le fait générateur se situe à la date de ladite livraison, laquelle ne
peut être postérieure à celle de l'utilisation desdits biens.
Livraisons à soi-même de biens immeubles : le fait générateur se situe au moment
de l'achèvement des travaux c'est-à-dire au moment de la réunion des conditions
d'utilisation du bien ou encore de son inscription à un compte d'immobilisation.
Pour les immeubles à usage d'habitation, le fait générateur de la TVA coïncide avec
la date d'achèvement des travaux cad lorsque les conditions d'habitabilité ou
d'utilisation sont réunies et, au plus tard, lors de la délivrance du permis d'habiter
ou du certificat de conformité.
Toutefois, quand il s'agit d'une consommation intermédiaire de produits ou de
services s'inscrivant dans le prolongement de l'activité taxable du contribuable, il n'y
pas lieu de soumettre de telles livraisons à la TVA.
Régime de l'option :
Bien que le régime de l'encaissement soit le droit commun, l'article 95 du C.G.I en son 2ème alinéa,
donne la possibilité aux contribuables d'opter pour le régime des débits.
A. Périodicité de l'option
En cas Début d’activité : Les contribuables doivent faire la déclaration dans les 30 jours
qui suivent la date de leur début d'activité.
p. 24 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
En cours d’activité : Les contribuables doivent faire la déclaration avant le 1er janvier.25
B. Régularisation en cas de changement de régime
o Cas 1 : L'assujetti placé sous le régime de droit commun opte pour le régime des débits :
Dans ce cas, il y a lieu de régulariser la situation de l'assujetti dans la mesure où n'ont été déclarées
que les sommes effectivement encaissées au 31 décembre de l'année précédant le changement de
régime, alors que ne seront déclarées que les facturations établies à partir du 1er janvier suivant.
Aussi, en l'absence de régularisation, les facturations antérieures au 1er janvier de l'année de
changement de régime, qui n'avaient pas été encore encaissées à cette date, échapperaient à taxation.
C'est la raison pour laquelle le législateur a prévu l'obligation d'établir la liste des clients débiteurs
et de payer la taxe correspondante en cas d'option pour le régime des débits.
o Cas 2 : L'assujetti ayant opté pour "les débits" revient au régime de droit commun des
encaissements :
Dans ce cas la situation est inversée, le contribuable aura déclaré jusqu'au 31 décembre de l'année
précédant son retour au régime des encaissements, l'ensemble de ses facturations sans s'être soucié
de leurs encaissements ou non. Aussi pour ne pas imposer deux fois une même opération, la
première fois lors de la facturation et la seconde au moment de l'encaissement intervenu après le
retour au droit commun, le contribuable concerné devra être invité à fournir un état de ses clients
débiteurs, et à ne pas déclarer lors de leur encaissement les sommes correspondantes.
Article 96 - Détermination de la base imposable
Le chiffre d'affaires imposable comprend le prix des marchandises, des travaux ou des services et les
recettes accessoires qui s'y rapportent, ainsi que les frais, droits et taxes y afférents à l'exception de la
taxe sur la valeur ajoutée.
A. Frais relatifs aux ventes :
Frais de transport
o Cas 1 : Ventes départ
Deux conditions sont ainsi nécessaires pour que les frais de transport ne soient pas inclus
dans la base imposable :
- La vente doit être conclue aux conditions départ ;
- Le transport doit être à la charge de l'acquéreur.
Si le vendeur assure le transport au moyen des véhicules lui appartenant, il doit être
identifié au service des impôts en tant que transporteur également, et il sera donc
recherché pour acquitter la TVA sur le service de transport.
Si le vendeur confie le transport à un tiers, il doit apporter la preuve qu'en faisant
effectuer le transport par un tiers, il agit par ordre et pour le compte de l'acheteur. A cet
effet, il doit pouvoir démontrer que le prix facturé distinctement à son client pour le
transport est identique à celui qui lui a été facturé par le transporteur (Cas de débours).
o Cas 2 : Ventes "Franco"
25
En règle générale, la déclaration ne doit pas être refusée. Mais les assujettis doivent être informés qu'ils ne peuvent changer
le mode d'imposition en cours d'année et qu'il leur appartient de procéder aux réajustements utiles.
p. 25 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
C'est donc audit vendeur qu'incombe le soin d'amener les marchandises au point de livraison
convenu en faisant son affaire des moyens et des frais qu'occasionne le transport. Le prix du
transport est donc à la charge personnelle du vendeur qui peut soit l'inclure dans le coût des
marchandises, soit le mentionner séparément sur ses factures. Ces frais sont passibles de la
TVA dans les mêmes conditions que la marchandise vendue.
o Cas 3 : Ventes "Franco" de marchandises exonérées
Pour ce qui est des frais de transport, il y a lieu de souligner que dans le cas de vente franco
livraison à domicile des marchandises exonérées, le prix du transport effectué par le vendeur,
qu'il soit facturé distinctement ou inclus dans le prix de la marchandise, ne constitue pas un
élément taxable. Cependant, dans le cas de vente départ -usine, le transport, même effectué
par le vendeur, constitue une opération distincte de la vente, imposable dans les conditions de
droit commun.
Frais d'emballages
o Cas 1 : Ventes avec emballage perdu
Au regard de la TVA, ces emballages non récupérables suivent le sort des marchandises
ou produits, que leur valeur soit incorporée dans le prix de vente ou située en dehors de
celui-ci (Accessoire suit le principal).
o Cas 2 : Ventes avec emballage consigné26
La valeur de ces emballages consignés ne doit pas être en principe comprise dans le chiffre
d'affaires imposable, dans la mesure où ils continuent à appartenir au vendeur à condition,
toutefois, que la TVA y afférente ne soit pas facturée et que ces emballages soient rendus
à l'expiration des délais en usage dans la profession.
Lorsque les emballages consignés ne sont pas restitués, ils doivent s'analyser comme des
ventes d’emballage perdu et sont rattachés à l'opération de vente initiale et suivent le régime
de ces ventes (Accessoire suit le principal).
B. Subventions
Les subventions reçues par un assujetti ne sont pas imposables à la TVA quand elles présentent le
caractère d'une libéralité (Cas des subventions d’investissements). Par contre, lorsqu'il s'agit des
subventions d’exploitation ou des subventions d’équilibre, celles-ci doivent être incluses dans le
chiffre d'affaires imposable dès lors qu’elles sont octroyées dans le but par exemple de :
- Soutenir le prix de vente d'un produit ou d'un service ;
- Eponger un déficit dans la gestion ;
- Prendre en charge une partie de dépenses de la formation professionnelle ;
- Prendre en charge une partie de la masse salariale.
C. Indemnités d'assurance
Le remboursement soit par une compagnie d'assurances soit par des tiers, des frais de réparation
constitue un acte civil qui n'est pas passible de la TVA.
D'une manière générale, les indemnités qui revêtent le caractère de dommages et intérêts ne
doivent pas être considérées comme la contrepartie d'une affaire et à ce titre, elles ne sont pas
soumises à la TVA
26
Certains contribuables peuvent avoir intérêt, pour des raisons de commodité, à inclure dans le prix des ventes taxables,
la valeur des emballages consignés. Dans ce cas, les intéressés doivent pouvoir justifier, soit par leur comptabilité, soit
par la tenue d'un compte d'emballages consignés, des atténuations de chiffre d'affaires qu'ils pratiquent lorsque lesdits
emballages sont rendus et font l'objet d'un avoir ou d'une déduction sur facture.
p. 26 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
D. Produits financiers
Sont tous inclus dans la base imposable :
- Les intérêts de crédit dans le cadre des ventes à terme
- Les intérêts que l'acheteur paie au vendeur en raison des nouveaux délais
- Les intérêts perçus par les sociétés ‘’Holding’’ en contrepartie des facilites de caisse au profit
de ses filiales
- Les intérêts des dépôts en compte bloqué, etc.
E. Complément de prix
o Cas 1 : Révision de prix : Toute somme perçue en application de la théorie de l'imprévision
doit être considérée comme un élément de la base imposable.
o Cas 2 : Montants compensatoires : La caisse de compensation a pour rôle essentiel
d'intervenir dans la détermination de la structure des prix à la consommation de certains
produits de base.
- Les sommes encaissées par les assujettis au titre de la compensation sont taxables
(Montants compensatoires créditeurs).
- Les sommes versées à la caisse de compensation par les assujettis ne doivent en aucun
cas être défalquées du montant de leur chiffre d'affaires à soumettre à la taxe sur la
valeur ajoutée, étant donné qu'elles constituent un élément du prix de vente au
consommateur (Montants compensatoires débiteurs).
F. Droits et taxes
Sont tous inclus dans la base imposable :
- Droits de douane, taxe à l'importation et taxes intérieures de consommation
- Taxe de promotion touristique
- Taxe sur les opérations de lotissement
- Taxe sur les opérations de construction
- Taxe de la promotion du paysage audiovisuel national (TPPAN)
Problématique de la TVA IMMOBILIERE
Travaux immobiliers et assujettissement à la TVA
Les entreprises de travaux immobiliers sont soumises à TVA sur la base du montant des marchés, devis,
mémoires ou factures correspondant aux travaux exécutés. L’assiette de cette taxe comprend non
seulement le prix des travaux mais également certaines recettes accessoires, ainsi que des situations
particulières liées aux modalités d’exécution des marchés.
1. 1. Éléments constitutifs de la base imposable
Prix des travaux : le chiffre d’affaires taxable correspond au montant total des factures
encaissées, hors TVA.
p. 27 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Recettes accessoires : doivent être intégrées dans l’assiette de la TVA :
- Les compléments de prix liés à la révision ou à la variation des prix, ainsi que les indemnités
assimilées (ex. renforcement des équipes la nuit ou jours fériés) ;
- Les indemnités pour interruption de travaux (liées à l’usage de voies publiques) ;
- Les indemnités de retard, qui constituent un élément du prix, contrairement aux
indemnités de résiliation de marché qui sont considérées comme des dommages et
intérêts et échappent donc à l’imposition.
2. 2. Cas particuliers d’entreprises de travaux
Selon la nature des contrats et des intervenants, plusieurs régimes sont prévus :
a. Entrepreneur principal et sous-traitants :
L’entrepreneur principal reste redevable de la TVA sur l’ensemble du marché exécuté et peut déduire la
taxe facturée par les sous-traitants et fournisseurs.
Les sous-traitants facturent la TVA sur les acomptes et doivent établir un mémoire global en fin de
travaux pour éviter toute double déduction.
b. Marchés exécutés par plusieurs entrepreneurs :
Si un entrepreneur (ex. société B) fournit également le matériel nécessaire à la construction pour le
compte du maître d’ouvrage, il doit intégrer la valeur de ce matériel dans son chiffre d’affaires taxable.
À l’inverse, si son rôle se limite à la réception ou au dédouanement du matériel acheté directement par
le maître d’ouvrage, cette valeur n’est pas incluse dans son assiette TVA.
c. Société en participation :
La TVA s’applique uniquement aux affaires réalisées par la société en participation, et non aux apports
entre associés.
Les opérations réalisées individuellement par les membres hors participation restent soumises à la TVA
de droit commun.
d. Marchés en régie :
Les travaux réalisés en régie sont considérés comme des prestations de services soumises à la TVA.
Le régisseur agit comme mandataire du maître d’ouvrage et ne supporte aucun risque. Sa rémunération
couvre uniquement ses frais généraux et un bénéfice modeste.
e. Entrepreneurs de main-d’œuvre :
Contrairement au régisseur, l’entrepreneur de main-d’œuvre assume la responsabilité des salaires et de
la législation sociale. Il est imposable sur la totalité des sommes facturées.
f. Marchés sur dépenses contrôlées :
L’entrepreneur est remboursé de ses dépenses (salaires, matériaux, outillage) majorées de ses frais
généraux et bénéfices, mais reste responsable de l’exécution des travaux. La TVA s’applique sur le
montant total.
g. Groupements d’entreprises :
Groupement conjoint : chaque membre est imposé individuellement sur les prestations qu’il réalise.
Groupement solidaire : tous les membres sont solidairement responsables vis-à-vis du maître
d’ouvrage ; l’imposition est globale, sauf si le contrat distingue clairement la part de chaque entreprise.
p. 28 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Groupement avec entreprise pilote : l’entreprise pilote agit comme mandataire et n’est redevable que
de la TVA sur sa rémunération et sur les travaux réalisés en propre. Chaque entreprise membre acquitte
la TVA sur la part des travaux qu’elle exécute.
h. Marchés “clé en main” :
Lorsque le marché porte sur une unité livrée clé en main, la base imposable est constituée du prix global
de l’opération, y compris la valeur des équipements et matériels, même si ceux-ci sont fournis ou
importés directement par le maître d’ouvrage.
Opérations de promotion immobilière
2.1. Immeubles destinés à la vente
la base imposable est constituée par le prix de cession de l'ouvrage atténuée du prix du terrain
actualisé par référence aux coefficients prévus à l’article 65-II du C.G.I. Toutefois, lorsqu'il s'agit
d'immeuble destiné autrement qu'à la vente, la base d'imposition est constituée par le prix de revient
de la construction, et en cas de cession avant la 4ème année qui suit celle de l'achèvement des travaux,
la base initiale est réajustée en fonction du prix de cession. Dans ce cas, la nouvelle base d'imposition
ne doit pas être inférieure à la base initiale.
La valeur actualisée du terrain comprend :
le prix d’acquisition ;
les droits d’enregistrement et de conservation foncière ;
les frais d’intermédiaires et la taxe de premier établissement, le cas échéant.
Ce coût est actualisé par le coefficient de réévaluation prévu à l’article 65-II du CGI.
2.2. Immeubles destinés autrement qu’à la vente (ex. location, usage propre)
La base imposable est constituée par le prix de revient de la construction, comprenant notamment :
le prix des études préliminaires et des plans ;
les honoraires de l’architecte, géomètre, métreur ;
le prix d’achat des matériaux ;
les mémoires des entrepreneurs ayant participé à l’exécution des travaux d’aménagement du
terrain et de la construction ;
les frais financiers engagés pour la construction ;
les frais facturés par les divers intermédiaires ;
tous les frais généraux engagés pour la construction.
À défaut de justificatifs, l’administration évalue la base en appliquant un barème ministériel qui fixe
un prix au m² selon :
la région,
et la qualité de construction : haut standing, standing normal, standing moyen, standing
économique.
En cas de cession avant la 4e année suivant l’achèvement, la base imposable initiale (prix de revient)
est réajustée sur le prix de cession, sans pouvoir être inférieure au prix de revient.
2.3. Immeubles cédés après coup
Si l’immeuble, initialement non destiné à la vente, est cédé avant la 4e année, une régularisation
s’impose :
p. 29 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Base = Prix de cession – valeur actualisée du terrain.
Si cette nouvelle base > base initiale (prix de revient), une base complémentaire est imposée.
Si elle est inférieure, aucune restitution n’est accordée.
Exception : pas de régularisation en cas de mutation par décès.
2.4. Ventes fractionnées
Lors de ventes partielles (par appartements, magasins, etc.) :
Base = Prix de cession – part de terrain imputable aux unités cédées.
La valeur du terrain imputable est calculée au prorata :
Surface couverte de l’uniteˊ vendue
Valeur terrain actualisée×
Surface totale développée
Exemple :
Projet de 2 160 m².
Terrain actualisé : 1 200 000 DH.
Vente de 780 m² (prix total : 4 200 000 DH).
Base taxable = 4 200 000 – (1 200 000 × 780 / 2 160) = 3 766 666 DH.
2.5. Particuliers agissant comme promoteurs occasionnels
Les mêmes règles s’appliquent que pour les promoteurs professionnels :
Immeubles destinés à la vente : prix de cession – valeur actualisée du terrain.
Immeubles destinés autrement qu’à la vente : prix de revient réel ou évalué par barème.
En synthèse :
Vente : Prix de cession – terrain actualisé.
Location/usage propre : Prix de revient réel ou barème.
Cession < 4 ans : Réajustement obligatoire, sans restitution en cas de base inférieure.
Ventes fractionnées : Application d’un prorata terrain.
Particuliers : Même traitement que les promoteurs.
Opérations de lotissement
Les opérations de lotissement consistent en des travaux de viabilisation des terrains (eau, égouts,
électricité, voiries, trottoirs, etc.).
Ces travaux sont soumis à la TVA sur leur coût de réalisation.
La fiscalité varie selon la destination du terrain loti et viabilisé :
3. 1. Terrains destinés à la vente
a) Travaux confiés à des tiers :
L’entrepreneur facture les travaux avec TVA.
Le propriétaire du terrain supporte la TVA déductible et reste soumis à ses obligations déclaratives.
p. 30 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
b) Travaux réalisés par le propriétaire lui-même :
Ces travaux constituent une livraison à soi-même imposable à la TVA.
La base taxable correspond au coût des travaux exécutés (études, fournitures, main-d’œuvre).
3.2. Terrains destinés à la construction
Si le propriétaire construit ou fait construire sur ses terrains viabilisés, il est considéré comme
promoteur immobilier.
Ses opérations relèvent alors du régime fiscal applicable aux opérations de promotion immobilière
(voir § E ci-dessus).
Échanges et livraisons à soi-même
Certaines opérations imposables peuvent être effectuées sans contrepartie monétaire (échange,
livraison à soi-même).
Dans ces cas, la base taxable est constituée par la valeur normale des biens, travaux ou services, c’est-
à-dire leur prix de marché au moment de la réalisation.
4. 1 L’échange
Deux situations principales :
a) Échange entre assujettis de produits fabriqués par eux-mêmes :
Chaque échange s’analyse comme deux ventes distinctes.
La base imposable est la valeur normale du bien échangé (prix facturé à un autre client ou prix du
marché/concurrent).
En cas de soulte, celle-ci s’ajoute à la valeur normale chez le bénéficiaire.
b) Vente avec reprise d’un bien usagé :
La base imposable est la valeur normale du bien neuf vendu, sans tenir compte de la valeur du bien
repris.
Exemple : Vente d’une machine neuve de 100 000 DH avec reprise d’une ancienne estimée à 30 000
DH, TVA calculée sur 100 000 DH.
4.2. La livraison à soi-même
a) Biens meubles :
Base = valeur normale du bien (prix de marché à la date de livraison).
b) Biens immeubles :
Les règles applicables sont identiques à celles prévues pour les opérations de promotion immobilière
(prix de revient ou barème, selon le cas).
En synthèse :
Lotissement destiné à la vente → TVA sur travaux (tiers ou soi-même).
Lotissement destiné à la construction → assimilé à une opération de promotion immobilière.
Échange → imposé comme deux ventes distinctes, sur la valeur normale, avec ajout de soulte
si applicable.
Livraison à soi-même → imposée sur la valeur normale (marché) ou le prix de revient selon la
nature du bien.
p. 31 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Problématique de la dépendance
1 Dispositions légales
L’article 961° du CGI prévoit que: « … lorsqu'une entreprise vendeuse assujettie et une entreprise
acheteuse non assujettie ou exonérée sont, quelle que soit leur forme juridique, dans la dépendance
l'une de l'autre, la taxe due par la première doit être assise, non sur la valeur des livraisons qu'elle a
effectuées à la seconde mais sur le prix de vente pratiqué par cette dernière, ou à défaut de vente, sur la
valeur normale du bien ».
Les entreprises liées (dépendantes ou appartenant au même groupe) doivent tenir un livre spécial si leur
comptabilité ne permet pas d’isoler certaines opérations.
Pour les entreprises assujetties à la TVA : elles y inscrivent le montant de leurs ventes à
l’entreprise dépendante (avec description sommaire des produits) et les prix de vente pratiqués
par cette dernière pour les mêmes produits.
Pour les entreprises non assujetties ou exonérées : elles y inscrivent le montant de leurs achats
auprès de l’entreprise liée (avec description sommaire des produits) et le montant de leurs ventes
desdits produits.
2 Principe :
Lorsqu’un assujetti à la TVA (fabricant, importateur ou grossiste) vend ses produits à une filiale non
assujettie, la base imposable n’est pas le prix de vente initial, mais le prix de revente pratiqué par la
filiale. Exemple : si le fabricant vend à 10 DH l’unité et que la filiale revend à 12 DH, la TVA sera
calculée sur 24.000 DH (2.000 × 12) et non sur 20.000 DH.
3 But recherché :
éviter que des entreprises assujetties minorent artificiellement leur base imposable en vendant à
bas prix à des filiales ou revendeurs non assujettis. Ces dispositions (article 961° du CGI) ne rendent
pas la filiale assujettie à la TVA, mais ajustent simplement l’assiette. Elles s’appliquent à toutes les
formes d’entreprises (sociétés ou individuelles) afin de prévenir l’évasion fiscale par la création d’entités
intermédiaires de distribution.
4 Conditions de la dépendance
Les conditions de la dépendance sont définies par l’article 961° du code précité comme suit :
« Est considérée comme placée sous la dépendance d'une autre entreprise, toute entreprise effectivement
dirigée par elle ou dans laquelle, directement ou par personnes interposées, cette autre entreprise exerce
le pouvoir de décision ou possède, soit une part prépondérante dans le capital, soit la majorité absolue
des suffrages susceptibles de s'exprimer dans les assemblées d'associés ou d'actionnaires ».
Sont réputées personnes interposées :
le propriétaire, les gérants et administrateurs, les directeurs et employés salariés de
l'entreprise dirigeante ;
les ascendants et descendants et le conjoint du propriétaire, des gérants, des administrateurs
et des directeurs de l'entreprise dirigeante ;
toute autre entreprise filiale de l'entreprise dirigeante.
La dépendance peut résulter :
du pouvoir de décision exercé directement ou via des fonctions de gestion (gérant,
administrateur délégué, président, DG…),
p. 32 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
de la possession d’une part prépondérante du capital ou de la majorité des droits de vote, même
si elle est inférieure à 50 % si les autres actionnaires sont dispersés et peu impliqués.
Pour établir cette dépendance, il faut analyser les statuts, les PV d’assemblées, les contrats (exclusivité,
gérance libre, exploitation de brevet…), sans se limiter à un seul indice (ex. exclusivité de vente seule
n’est pas suffisante).
Exemple :
Cas où une entreprise dépendante n'est pas assujettie :
Un fabricant crée un magasin de vente pour écouler sa marchandise au détail. Il vend à son magasin au
prix de 10 DH l'unité de produit. Celui-ci le revend au consommateur à 16 DH l'unité. Au cours du mois
de mars, les quantités ainsi écoulées ont atteint 100 000 unités. Le chiffre d'affaires imposable du
fabricant devra être pour le mois de mars de 100 000 x 16 = 1 600 000 DH au lieu de 100 000 x 10 =
1000 000 DH
Cas où une entreprise dépendante est également assujettie :
Supposons que dans l'exemple précédent le magasin de vente soit assujetti (demande d'option). Pour le
cas d'espèce l'application de la règle susvisée est sans intérêt. En effet, le chiffre d'affaires du fabricant
pourra être déterminé sans danger pour le trésor sur le prix de vente à son magasin de vente soit : 100
000 x 10 = 1 000 000 DH. Pour le magasin le chiffre d'affaires imposable sera de : 100 000 x 16 = 1 600
000 DH. En définitive et avec le jeu des déductions, la taxe à payer serait la même que pour le cas
précédent.
Cette règle ne doit pas également être appliquée en ce qui concerne les produits livrés par quantité
importante et habituelle à des tiers au même prix que celui consenti entre elles par les entreprises
dépendantes. Le bénéfice de cette mesure d'exception est soumis à des conditions impératives à
remplir simultanément :
Il faut que les ventes aux tiers et aux entreprises dépendantes soient faites aux mêmes conditions
de prix pour des produits de qualité identique ;
Il faut que les ventes aux tiers, faites à ces conditions soient importantes et effectuées dans le
cadre de relations permanentes d'affaires.
La règle spéciale d’assiette de la TVA s’applique uniquement lorsque les ventes faites à des tiers, à prix
anormalement bas, sont occasionnelles ou portent sur de petites quantités, utilisées pour éluder l’impôt.
En effet, une entreprise assujettie peut aligner ses prix avec sa filiale mais réduire artificiellement ses
prix aux tiers pour diminuer son chiffre d’affaires taxable, tout en compensant la perte par un gain fiscal.
Pour protéger les intérêts du Trésor, il faut que la proportion des ventes aux tiers soit au moins égale au
taux d’imposition applicable au produit (formule : q/Q ≥ t).
Démonstration : en posant :
a = réduction du prix unitaire à des fins frauduleuses.
Q = quantité totale vendue.
q = quantité vendue aux tiers.
t = taux applicable au produit.
La perte relative à la vente à prix réduit aux tiers sera égale à = (a x q)
Le gain au détriment du trésor sera égal à = (a x Q x t)
Aussi pour que soient préservés les intérêts du trésor il faut que : (a x q) ≥ (a x Q x t)
p. 33 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Ce qui donne: q/Q ≥ t. C’est à dire, il faut que la proportion vendue aux tiers soit supérieure ou
égale au taux d'imposition du produit.
Si ce seuil est respecté, la baisse des prix n’entraîne pas de fraude.
Sinon, le Trésor subit une perte fiscale.
Exemple : si une entreprise réduit le prix de a 3 DH par unité, sur Q 10 000 unités vendues (dont q 1
000 à des tiers) et que le taux est 20 %, la proportion des ventes aux tiers (10 %) est inférieure au taux
(20 %). Résultat : les intérêts du Trésor sont lésés.
Article 99.- Taux normal de la taxe
Voir le CGI article 99.
DEDUCTIONS ET REMBOURSEMENTS
Article 101 Règle générale
1. La taxe sur la valeur ajoutée n’est déductible que lorsqu’il a grevé les éléments du prix d'une
opération imposable.
Bénéficiaires du droit à déduction :
Sont donc bénéficiaires du droit à déduction, les personnes physiques et morales assujetties qui
réalisent des opérations imposables, c'est-à-dire toutes les opérations entrant dans le champ d'application
de la taxe sur la valeur ajoutée à l'exclusion de celles exonérées et pour lesquelles le législateur n'a pas
prévu le droit à déduction (ESDD).
Sont concernées par le droit à déduction :
Les personnes qui sont obligatoirement assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée et qui
effectuent les opérations visées à l'article 89 du C.G.I ;
Les personnes effectuant des opérations exonérées avec bénéfice du droit à déduction (cf.
article 92 du C.G.I) ;
Les personnes qui livrent en suspension de la taxe des marchandises aux entreprises visées
à l’article 94 du C.G.I. (exportateurs de biens et services).
Les personnes visées à l'article 90 du C.G.I. et qui ont opté pour l'assujettissement à la
taxe sur la valeur ajoutée.
Régularisation à faire :
Les assujettis opèrent globalement l'imputation de la taxe sur la valeur ajoutée et doivent procéder à
une régularisation dans les cas :
Disparition de marchandise
L'opération n'est pas effectivement soumise à la taxe.
Les régularisations n'interviennent pas dans le cas de destruction accidentelle ou volontaire justifiée.
2. Au cas où le volume de la taxe due au titre d'une période ne permet pas l'imputation totale de la
taxe déductible, le reliquat de taxe est reporté sur le mois ou le trimestre qui suit.
p. 34 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
3. Fait générateur et date limite du droit à déduction :
A. Le fait générateur du droit à déduction :
On distingue les achats à l’importation et à l’intérieur :
A l’importation, le droit à déduction prend naissance dans le mois de l’établissement des
quittances de douane.
A l’intérieur, le droit à déduction prend naissance dans le mois du paiement effectif (partiel ou
intégral) des factures ou mémoires établis au nom du bénéficiaire.27
N.B Exception :
Pour les contribuables qui sont imposés sous le régime des débits, cette date est celle de l'acceptation
de l'effet, sans condition du paiement effectif de l'effet à la date d'échéance.
B. Limite d’un (1) an du droit à déduction et pénalité afférente :
Le droit à déduction doit s’exercer dans un délai n’excédant pas une année, à compter du mois ou du
trimestre de la naissance dudit droit.
Lorsque le droit à déduction n’est pas exercé dans ce délai, le contribuable est passible d’une amende
de 15% du montant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible, avec un minimum de cinq cents (500)
dirhams.
Article 104. Montant de la taxe déductible ou remboursable – Prorata de
déduction
Les contribuables réalisant des opérations imposables et des opérations exonérées / hors champ, peuvent
chaque fois qu'il leur est possible, appliquer la règle de l'affectation directe de telle sorte que :
La déduction soit totale lorsque les biens ou services concourent exclusivement à la réalisation
d'opérations ouvrant droit à déduction ou exonérées avec droit à déduction en vertu des articles 92 et
94 du C.G.I ;
La déduction soit nulle lorsque les biens ou services concourent exclusivement à la réalisation
d'opérations exonérées sans droit à déduction ou hors champ.
Cependant, lorsque le contribuable utilise concurremment des biens et services pour la réalisation
d'opérations imposables et d'opérations exonérées sans droit à déduction ou hors champ, il est dans
l'obligation d'appliquer la règle du prorata. Le montant de la taxe déductible ou remboursable est affecté
d'un prorata de déduction calculé comme suit :
Numérateur : comporte les éléments ouvrant droit à déduction :
Le chiffre d’affaires imposables et la T.V.A sur celui-ci (CAI)
Les opérations exonérées avec droit à déduction, et la T.V.A fictives sur celles-ci
(EADD)
Les opérations sous régime suspensif et la T.V.A fictives sur celles-ci (SUSP)
Dénominateur : comporte les éléments ouvrant droits ou non :
27
Ceux-ci sont considérés comme payés à la date du versement en espèces, ou à la date de l'encaissement effectif
du chèque ou de l'effet.
p. 35 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Le numérateur (NUM)
Les opérations exonérées sans droit à déduction (ESDD)
Les opérations hors champs (HC)
Les dividendes reçus (DIV)
𝐂𝐀𝐈+𝐄𝐀𝐃𝐃+𝐒𝐔𝐒𝐏
𝑷 𝒓 𝒐 𝒓 𝒂 𝒕 𝒂 𝒅 𝒆 𝒅 é𝒅 𝒖 𝒄 𝒕 𝒊 𝒐 𝒏 =
𝐍𝐔𝐌+𝐄𝐒𝐃𝐃+𝐇𝐂+𝐃𝐈𝐕
Pour le calcul du prorata, ne doivent être inscrits ni au numérateur ni au dénominateur du rapport,
les sommes perçues au titre d’opérations non courantes notamment :
Débours ;
Cessions d'éléments d'actif ;
Recettes encaissées pour le compte de tiers ;
Indemnités d'assurances.
Ledit prorata est déterminé par l'assujetti à la fin de chaque année civile à partir des opérations réalisées
au cours de ladite année. Ce prorata est retenu pour le calcul de la taxe à déduire au cours de l'année
suivante.
Pour les nouveaux assujettis, le prorata de déduction provisoire, est déterminé à partir des prévisions
d'exploitation, lequel est applicable jusqu'à la fin de l'année suivant celle de la création de l'entreprise.
Article 113 Obligations des assujettis – Déclaration avant 1er mars
L'article 113 du C.G.I fait obligation aux assujettis effectuant concurremment des opérations taxables et
des opérations situées en dehors du champ d’application de la taxe ou exonérées en vertu des dispositions
de l’article 91 du CGI, de déclarer chaque année avant le 1er mars le pourcentage de déduction
applicable à l'année en cours et le prix d'achat ou le prix de revient, taxe comprise, des biens
amortissables acquis au cours de l'année précédente ainsi que la taxe qui les a grevé.
Régularisation suit à la variation du prorata
Ne concerne que les biens inscrits dans un compte d'immobilisation, qui au cours de cinq années suivant
la date d'acquisition, le prorata de déduction calculé pour l'une de ces cinq années, se révèle :
Supérieur à 5% prorata initial: les entreprises peuvent opérer une déduction complémentaire ;
Inférieur à 5% : les entreprises doivent opérer un reversement de la taxe.
Le montant de la taxe à régulariser (soit à reverser ou à déduire) en l’année n :
𝐭𝐚𝐱𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭é𝐞 × (𝐏𝐫𝐨𝐫𝐚𝐭𝐚 𝐝𝐞 𝐧 − 𝐏𝐫𝐨𝐫𝐚𝐭𝐚 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐥)
𝟓
Pour les biens immeubles inscrits dans un compte d’immobilisations, ayant donné droit à la déduction
de la taxe, doivent être conservés pendant 10 ans. A défaut de conservation, une régularisation égale
le 1/10 è𝑚 𝑒 par année restant à courir de la taxe initialement opérée ou ayant fait l’objet d’exonération
au titre desdits biens immeubles. Pour l’application du présent article, l’année d’acquisition, de cession
ou de retrait du bien immeuble est considérée comme une année entière.
p. 36 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Evolution du régime des biens d’occasion – article 125 bis :
1. Les biens achetés avant 2013 : Pour la loi fiscale des années antérieur à 2013, l’article 102 stipulait
que ces biens « Doivent être conservés pendant une période de cinq années suivant leur date
d’acquisition », et affectés à une opération ouvrant droit à déduction. Lorsque ces biens cessent, au cours
de la période de 5ans, d’être utilisés dans des opérations taxables ou exonérées avec droit à déduction,
une régularisation s’impose du 1/5 de la taxe par année restant à courir. La régularisation s’impose en
cas de cession mais également dans le cas d’un changement d’affectation de l’immobilisation, d’une
cessation d‘activité ou d’une opération de leaseback.
2. Les biens achetés après 2013 : Une distinction doit être faite entre les immobilisations constituant
des biens meubles d’investissement (exemple : matériel et outillage) et celles constituant des biens
immeubles (exemple constructions).
• Les biens meubles : La loi de finances pour l’année 2013 a institué un régime d’imposition des biens
d’occasion, La cession d’un bien mobilier d’investissement acquis à partir du 1/1/2013 et considérée
comme une cession de bien d’occasion imposable à la TVA.
• Les biens immeubles : leurs cessions donnent lieu à une régularisation selon les méthodes
préalablement citées, sauf que la durée passe de 5ans, à 10ans pour les biens acquis à compter du 1er
janvier 2017
A partir de LF 2024, réinstauration de l’obligation de conservation des biens meubles acquis en
exonération de TVA ou avec droit à déduction dans un compte d’immobilisation pendant 60 mois.
En cas de non-respect de l’obligation :
Si le bien n’est pas conservé 60 mois ou change d’affectation (cession, cessation d’activité
taxable, retrait…), le bénéficiaire doit reverser au Trésor la TVA initialement
déduite/exonérée.
Montant reversé = TVA initiale – (1/60e par mois écoulé depuis l’acquisition).
Le mois d’acquisition, de cession ou de retrait est compté comme un mois entier.
La TVA reversée n’est pas imputable sur le crédit TVA du redevable.
Régularisation et cession : En cas de cession comme bien d’occasion, la TVA régularisée ouvre droit
à déduction chez l’acheteur (dans la limite de la TVA facturée) conformément à l’art. 125 bis CGI.
Exceptions : Pas de régularisation pour les cessions faites par les établissements de crédit et
organismes assimilés dans le cadre de créditbail (leasing, LOA, Ijara Mountahia Bitamlik).
Article 105. Transfert du droit à déduction
Entreprises liées par des contrats pour la réalisation de marchés clefs en mains : lorsqu'une
entreprise ou un organisme sont liés par un contrat pour la réalisation d'un marché "clés en mains" et
que le maître de l'ouvrage importe en son nom tout ou partie des équipements prévus dans le contrat, la
taxe sur la valeur ajoutée réglée en douane ouvre droit à déduction chez l'entreprise qui a réalisé
l'ouvrage.
Fusion, scission, apport en société ou transformation de la forme juridique de l'entreprise : Ce qui
équivaut au transfert du droit à déduction acquit par une entité déterminée à une autre entité distincte de
la première. Toutefois, ce transfert du droit à déduction trouve sa justification dans le fait que la
continuité de l'activité assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée est assurée malgré l'extinction de l'être
juridique ancien et l'apparition d'un être nouveau. En vertu des dispositions de l'article 114 du C.G.I, la
p. 37 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
nouvelle entité doit s'engager à acquitter, au fur et à mesure de leurs encaissements, la taxe afférente aux
clients débiteurs.
Les opérations de «Mourabaha», « Salam» ou «Istisna’a» : par dérogation aux dispositions de
l’article 119 ci-dessous, le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à cette acquisition,
réglée par un établissement de crédit ou par un organisme assimilé, est transféré à l’acquéreur, personne
physique ou morale, assujetti, à condition que le montant de la taxe sur la valeur ajoutée correspondant
soit distinctement apparent sur les contrats précités
Dans le cas des opérations de restructuration des établissements et entreprises publics, prévues par
les textes législatifs et réglementaires en vigueur, le montant de la taxe sur la valeur ajoutée est transféré
dans les mêmes formes et conditions citées au 2 point ci-dessus
En cas de transfert d’actifs relatifs aux installations des énergies renouvelables réalisées dans le
cadre de la loi n° 3816 précitée, le montant de la taxe sur la valeur ajoutée est transféré dans les mêmes
formes et conditions citées au 2 point ci-dessus
Article 106. Opérations exclues du droit à déduction
Biens et services non nécessaires à l’exploitation :
Dépenses à usage privé (dirigeants, personnel).
Locaux d’habitation, mobilier, frais liés (éclairage, chauffage…).
Dépenses médicales, pharmaceutiques.
Exception : biens collectifs sur lieu de travail (cantine, mosquée, dortoirs, infirmerie) +
vêtements de protection des salariés.
Biens et services non utilisés pour opérations soumises à TVA :
Opérations hors champ (agriculture, activités civiles, non assujettis).
Opérations exonérées par l’article 91 CGI.
Opérations non soumises à TVA alors qu’elles auraient dû l’être → obligation de régularisation
sauf en cas de destruction justifiée.
Exclusions particulières :
Immeubles et locaux non liés à l’exploitation.
Véhicules de transport de personnes (sauf transport public ou transport collectif du personnel).
Exclusion : voitures particulières, motos, bateaux, avions…
Déduction possible pour : camions, camionnettes, engins spéciaux, triporteurs, matériel de
transport de marchandises.
Exceptions : autoécoles, location de voitures, agences de transport public.
Produits pétroliers :
Exclusion générale, sauf s’ils sont utilisés28 :
28
La déductibilité de la TVA sur le gasoil utilisé comme carburant est accordée aux entreprises de transport
public routier ou ferroviaire de voyageurs et de marchandises, ainsi qu’aux entreprises assujetties qui
l’emploient pour le transport de leurs propres marchandises. Cette déduction est soumise à plusieurs
p. 38 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
comme combustibles, matières premières ou agents de fabrication,
pour le transport collectif (public ou marchandises par les assujettis euxmêmes).
Gasoil carburant : déduction possible sous conditions (activité transport, déclaration annuelle
aux impôts).
Achats et prestations de libéralité :
Cadeaux, dons, dépenses gratuites → exclus.
Frais de mission, réception, représentation :
Hébergement, restauration, spectacles, transport de personnes → exclus.
Exception : transport collectif de personnel via contrat avec transporteur.
Opérations spécifiques :
Prestations de démarcheurs ou courtiers d’assurance (art. 99 B2 CGI).
Services liés à des biens exclus :
Ex. : réparation, transport, courtage concernant un bien déjà exclu → exclus aussi (théorie de
l’accessoire).
Paiement en Espèce : N’est pas déductible la taxe ayant grevé les achats, travaux ou prestations de
services dont le montant dépasse cinq mille (5.000) dirhams par jour et par fournisseur, dans la limite
de cinquante mille (50.000) dirhams par mois et par fournisseur et dont le règlement n'est pas justifié
par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de paiement, virement
bancaire, procédé électronique ou par compensation avec une créance à l’égard d’une même personne,
à condition que cette compensation soit effectuée sur la base de documents dûment datés et signés par
les parties concernées et portant acceptation du principe de la compensation.
Article 103 et 103 bis Remboursement du crédit de TVA
1. Les types de procédures de remboursement du crédit de TVA
Remboursement du crédit de TVA selon la procédure simplifiée :
Cette procédure est entrée en vigueur le 4 Mars 2019 suivant la publication du Décret n° 218638
modifiant et complétant le décret n° 206574 pris pour l’application de la TVA prévue au titre III du CGI.
Cette procédure est applicable lorsque les comptes du dernier exercice clos précédant le trimestre
concerné par la demande du remboursement sont certifiés sans réserve par un commissaire aux
comptes.
conditions : le gasoil doit être exclusivement affecté aux opérations de transport effectuées au Maroc, la TVA
doit apparaître clairement sur les factures avec indication des paiements, et un état descriptif annuel doit être
déposé auprès de l’administration fiscale précisant les achats de gasoil et les iilomètres parcourus. Toute
déduction abusive entraîne un reversement de la TVA indûment déduite, avec sanctions. Par ailleurs, la
déduction est aussi permise pour certains produits pétroliers assimilés utilisés comme combustibles, matières
premières, agents de fabrication ou revendus en l’état.
p. 39 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Ainsi, la demande qui est déposée à l’administration fiscale est accompagnée uniquement d’une copie
de déclaration du chiffre d’affaires de la période demandée en remboursement, de l’attestation de
l’expert-comptable.
Sous réserve d’un droit de contrôle de l’administration fiscale.
Cette situation permet de bénéficier aux entreprises d’une rapidité de contrôle des pièces justificatives
par l’expert-comptable.
Remboursement du crédit de TVA selon la procédure normale
Cette procédure normale exige, selon l’article 2 du décret n° 2.06.574 de décembre 2006, la remise de :
1. La demande (formulaire).
2. Copie de la déclaration du chiffre d’affaires de la période demandée en remboursement.
3. Les justifications d’exportation de biens :
4. Les justifications d’exportation de services :
5. Les justifications des ventes locales exonérées ou en suspension de la TVA
6. Les justifications des achats non immobilisés
7. Les justifications des achats immobilisés.
1- Eligibilité et mécanismes de remboursement du crédit de TVA (crédit déductible lié à
l’exploitation Article 103 du CGI)
a- Principe générale
Conformément aux dispositions de l’article 103 du C.G.I, le crédit de taxe ne peut aboutir à un
remboursement, même partiel, de la taxe ayant grevé une opération déterminée sauf pour les cas suivants
:
1) Dans le cas d'opérations réalisées sous le bénéfice des exonérations ou du régime suspensif prévus
aux articles 92 et 94, si le volume de la taxe due ne permet pas l'imputation intégrale de la taxe, le
surplus est remboursé dans les conditions et selon les modalités définies par voie réglementaire. Sont
exclues dudit remboursement les entreprises exportatrices des métaux de récupération.
2) Dans le cas de cessation d'activité taxable, le crédit de taxe résultant de l'application des dispositions
prévues à l'article 1013° est remboursé dans les conditions et selon les modalités fixées par voie
réglementaire.
3) Les entreprises assujetties qui ont acquitté la taxe à l’occasion de l’importation ou de l’acquisition
locale des biens visés à l’article 92I6° et à l’article 12322°, bénéficient du droit au remboursement selon
les modalités prévues par voie réglementaire.
Selon l’article 123-22°, sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée à l'importation :
les biens d’investissement à inscrire dans un compte d’immobilisation et ouvrant droit à la
déduction et importés dans un délai de 36 mois à compter du début d’activité ou de l’autorisation
de construire, avec possibilité de proroger ce délai de 6mois renouvelable une seule fois.
les biens d’équipement, matériels et outillages nécessaires à la réalisation des projets
d’investissement portant sur un montant égal ou supérieur à 50 millions de dirhams, dans le
cadre d’une convention conclue avec l’Etat, en cours de validité, acquis par les assujettis
pendant une durée de 36 mois à compter de la date de la première opération d’importation
effectuée dans le cadre de ladite convention, avec possibilité de proroger ce délai de 24mois.
p. 40 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
4) Les entreprises de créditbail (leasing) bénéficient du droit au remboursement relatif au crédit de taxe
déductible non imputable selon les modalités prévues par voie réglementaire.
5) Les entreprises de dessalement d’eau de mer bénéficient du droit au remboursement relatif au
crédit de taxe déductible non imputable, selon les modalités prévues par voie réglementaire
6) Dans le cas de crédit de taxe résultant de l'application de la retenue à la source prévue à l'article
117 (IV et V) selon les modalités prévues par voie réglementaire.
Article 117 IV : Retenue à la source sur les opérations effectuées par les fournisseurs de biens
d’équipement et de travaux assujettis à la TVA
Article 117 V : Retenue à la source sur les opérations effectuées par les prestataires de services
assujettis à la TVA.
b- Délai de dépôt de la demande
Cette demande de remboursement doit être déposée auprès du service local des impôts dont
dépend le bénéficiaire, à la fin de chaque trimestre de l’année civile au titre des opérations
réalisées au cours du ou des trimestres écoulés.
Dépôt doit être effectué dans un délai n’excédant pas l’année suivant le trimestre pour lequel
le remboursement est demandé.
Exemple : Pour demander un remboursement au titre du 1er trimestre 2025, la demande doit être déposée
avant le 1er avril 2026.
c- Plafond
Les remboursements sont liquidés dans la limite du montant de la taxe sur la valeur ajoutée calculée
fictivement sur la base du chiffre d'affaires déclaré pour la période considérée, au titre des opérations
réalisées sous le bénéfice des exonérations et suspensions prévues aux articles 92 et 94 (l’admission
temporaire bénéficié doit être pris en compte dans le calcul du plafond aussi).
Cette limite est ajustée en fonction des exonérations de taxe obtenues, le cas échéant, en vertu des articles
92 et 94 précités.
➢ Si plafond > crédit Remboursement du crédit et report du reliquat du plafond sur la période
suivante.
➢ Si plafond < crédit Remboursement du plafond et report du reliquat du crédit sur la période
suivante
d- Liquidation
✓ Les remboursements de crédit de TVA prévues à l’article 103 du CGI sont liquidés dans un délai
maximum de trois (3) mois à partir de la date de dépôt de la demande.
✓ Dans la pratique, ce délai peut être plus important que 3 mois.
✓ Le montant ordonnancé du remboursement du crédit de TVA doit figurer au niveau de la ligne
187 : « montant du remboursement ordonnancé (Article 103 du CGI) »
2- Eligibilité et mécanismes de remboursement du crédit de TVA (crédit déductible lié à
l’investissement Article 103 du CGI)
a- Principe générale
Les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée bénéficiant du droit à déduction, à l’exclusion des
établissements et entreprises publics, dont les déclarations du chiffre d’affaires ont fait apparaitre un
p. 41 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
crédit de taxe non imputable, peuvent bénéficier du remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée au
titre des biens d’investissement à l’exception du matériel et mobilier du bureau et des véhicules de
transport de personnes autres que ceux utilisés pour les besoins de transport public ou de
transport collectif du personnel.
b- Délai de dépôt de la demande
La demande de remboursement doit être déposée trimestriellement auprès du service local des impôts,
dont relève l’assujetti, au cours du mois qui suit le trimestre au cours duquel la déclaration du
chiffre d’affaires fait apparaitre un crédit de taxe non imputable au titre des biens d’investissement.
Le crédit de taxe déductible demandé en remboursement ne doit pas faire l’objet d’imputation. Les
contribuables sont tenus de procéder à l’annulation dudit crédit sur la déclaration du chiffre
d’affaires du mois ou du trimestre qui suit le trimestre ayant dégagé un crédit de taxe donnant lieu
au remboursement.
Ouvre droit au remboursement la taxe sur la valeur ajoutée grevant les factures d’achat dont le paiement
est intervenu au cours du trimestre.
➢ Annulation du crédit sollicité en remboursement, bien qu’il ne soit pas encore payé par la DGI,
sur la déclaration du chiffre d’affaires du mois ou du trimestre qui suit le trimestre au titre duquel la
demande de remboursement a été souscrite.
c- Liquidation
Les remboursements de crédit de taxe afférent aux biens d’investissement sont liquidés, dans un délai
de trente (30) jours à compter de la date du dépôt de la demande de remboursement, dans la limite du
montant de la taxe sur la valeur ajoutée sur lesdits biens d’investissement.
Dans la pratique, ce délai peut être plus important.
Étape 1 : Préparation du contenu du dossier de remboursement du crédit de TVA (TVA collectée)
1 Justification du chiffre d’affaires
a- Pour les exportations
➢ Factures de vente : Les copies de factures de ventes permettent de s'assurer de la concordance entre
le montant des ventes à l'exportation déclaré et celui des exportations correspondant aux avis
d'exportation joints à l'appui des dossiers de remboursement.
➢ Avis d’exportation : Les exportateurs qui désirent bénéficier du remboursement doivent présenter,
à l’appui de la déclaration de sortie, des avis d’exportation visés par l’ADII.
➢ Relevés des factures : Les avis d’exportation et les copies des factures de vente doivent être
récapitulés dans des relevés distincts pour permettre un contrôle plus rapide.
➢ Pièces et relevés bancaires originaux
b- Pour les ventes locales exonérées
➢ Factures et relevés des ventes : A l’instar des exportateurs, les bénéficiaires du remboursement
doivent produire des copies des factures de vente justifiant le chiffre d’affaires déclaré qui constitue la
base de calcul du plafond du remboursement. Ces copies de factures doivent être récapitulées sur un
relevé par nature de produits.
p. 42 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
➢ Attestations d’exonération: Pour prétendre au remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée, les
fournisseurs des entreprises exportatrices de produits ou de services bénéficiant de l’achat en suspension
de la TVA en vertu des dispositions de l’article 92 et 94 du C.G.I, doivent présenter un exemplaire de
l’attestation nominative délivrée à leur client par le service local des impôts.
➢ Pièces et relevés bancaires originaux.
Étape 2 : Préparation du contenu du dossier de remboursement du crédit de TVA (TVA
récupérable)
1 Justification des achats
a- Importation directe
Pour les produits importés directement par les bénéficiaires du remboursement, le versement de la taxe
sur la valeur ajoutée à l’entrée au Maroc, est justifié par :
la déclaration d’importation.
la production des factures d’achat.
les quittances de la douane.
un relevé comportant les références de chaque importation.
Pièces et relevés bancaires originaux.
b- Achats à l’intérieur
Pour les achats au Maroc, les bénéficiaires du remboursement doivent joindre à leur dossier :
relevé des achats
Toutes les factures d’achat effectué au Maroc ou mémoires effectués en taxe acquittée, ainsi que
celles réalisées en suspension ou en exonération de la TVA appuyées des exemplaires des
attestations d’exonération correspondantes.
Avis bancaires
Pièces et relevés bancaires originaux
Déclaration du gasoil utilisée comme combustible
Étape 3 : Préparation de la demande de remboursement du crédit de TVA
Le contribuable doit préparer la demande de remboursement du crédit de TVA en doubles exemplaires
signées et cachetées :
Demande de remboursement du crédit de TVA sur l’exploitation, article 103 du CGI.
La déclaration du CA du trimestre concerné par le remboursement faisant ressortir le montant
de crédit demandé en remboursement.
Article 103bis : du crédit de taxe résultant sur les biens d’investissement
Étape 1 : Préparation du contenu du dossier de remboursement du crédit de TVA (TVA
récupérable)
1- Justification des achats immobilisés
a- Importation directe
Factures d’achat des biens d’équipement, matériels et outillages.
Déclarations d’importation.
Quittances de douane indiquant le règlement de la TVA.
Relevé des achats à l’importation.
p. 43 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Pièces et relevés bancaires originaux
b- Achats à l’intérieur
Pour les achats au Maroc, les bénéficiaires du remboursement doivent joindre à leur dossier :
Relevé des biens d’équipement, matériels et outillages ou mémoires et décomptes provisoires
des travaux de construction.
Pièces et relevés bancaires originaux
N.B. : Le matériel et le mobilier de bureau ainsi que les véhicules de transport de personnes autres
que ceux utilisés pour les besoins de transport public ou de transport collectif du personnel ne sont
pas concernés par le remboursement du crédit de TVA prévu par l’article 103 bis.
Étape 2 : Préparation de la demande de remboursement du crédit de TVA
Le contribuable doit préparer la demande de remboursement du crédit de TVA selon le en doubles
exemplaires signées et cachetées :
Demande de remboursement du crédit de TVA sur les biens d’investissement, article 103 bis du
CGI
La déclaration du CA du trimestre concerné par le remboursement faisant ressortir le montant
de crédit demandé en remboursement
Article 103-6° du CGI : le remboursement du crédit de taxe résultant de l'application de la retenue
à la source
Étape 1 : Préparation du contenu du dossier de remboursement du crédit de TVA (TVA collectée)
1- Justification du chiffre d’affaires
Factures et relevés des ventes objet de R.A.S
Avis de versement de la R.A.S. opérée par les clients
Pièces justificatives de l’encaissement auprès des clients qui ont prélevés la R.A.S
Étape 2 : Préparation du contenu du dossier de remboursement du crédit de TVA (TVA
récupérable)
1- Justification des achats
a- Importation directe
Pour les produits importés directement par les bénéficiaires du remboursement, le versement de la taxe
sur la valeur ajoutée à l’entrée au Maroc, est justifié par :
La production des factures d’achat à l’importation;
Copies des déclarations d’importation;
Les quittances de paiement;
Un relevé comportant les références de chaque importation.
b- Achats à l’intérieur
Pour les achats au Maroc, les bénéficiaires du remboursement doivent joindre à leur dossier :
Relevé des achats
Toutes les factures d’achat, avec références de paiement, effectuée au Maroc ou mémoires
effectués en taxe acquittée, ainsi que celles réalisées en suspension ou en exonération de la TVA
appuyées des exemplaires des attestations d’exonération correspondantes.
Déclaration du gasoil utilisée comme combustible
p. 44 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Avis bancaires
Relevés bancaires originaux
Étape 3 : Préparation de la demande de remboursement du crédit de TVA
Le contribuable doit préparer les demandes de remboursement du crédit de TVA selon le en doubles
exemplaires signées et cachetées :
Demande de remboursement du crédit de TVA sur l’exploitation, article 103 du CGI
La déclaration du CA du trimestre concerné par le remboursement faisant ressortir le montant
de crédit demandé en remboursement
REGIMES D’IMPOSITION Article 108, 110 et 111
Périodicité de déclaration (Article 108, 110, 111)
Déclaration Personnes imposables & modalité de déclaration et de paiement
Sont obligatoirement imposés sous le régime de la déclaration mensuelle :
• Les contribuables dont le chiffre d'affaires taxable (1) réalisé au cours de l'année
écoulée atteint ou dépasse un million (1.000.000) de dirhams ;
• Toute personne n'ayant pas d'établissement au Maroc et y effectuant des opérations
imposables.
Exemple : le représentant fiscal d’un fournisseur étranger non résidant qui effectue une
Mensuelle prestation de service au Maroc (article 115).
Date limite de déclaration (Article 110) :
• Auprès du receveur de la DGI : déclaration du chiffre d'affaires réalisé au cours du
mois précédent et paiement la taxe correspondante doit être faite avant le vingt 20 de
chaque mois.
• Par procédé électronique (télé déclaration) : la déclaration et le paiement doit être faite
avant l’expiration de chaque mois.
Sont obligatoirement imposés sous le régime de la déclaration trimestrielle :
Sont imposés sous le régime de la déclaration trimestrielle :
• Les contribuables dont le chiffre d'affaires taxable réalisé au cours de l'année écoulée
est inférieur à un million (1.000.000) de dirhams ;
• Les contribuables exploitant des établissements saisonniers, ainsi que ceux exerçant
une activité périodique ou effectuant des opérations occasionnelles.
Exemple : une entreprise non assujettie doit verser la TVA sur la prestation effectue
Trimestrielle par un fournisseur étranger non résident.
Date limite de déclaration (Article 111) :
• Auprès du receveur de la DGI : déclaration du chiffre d'affaires réalisé au cours
trimestre écoulé et paiement la taxe correspondante doit être faite avant le vingt 20 du
premier mois de chaque trimestre.
Par procédé électronique (télé déclaration) : la déclaration et le paiement doit être faite
avant l’expiration du premier mois de chaque trimestre.
Le chiffre d'affaires taxable : Ne sont pas comprises les opérations exonérées visées aux articles 91,
92 et 94 du CGI et celles situées hors champ d'application de la TVA. Le chiffre d'affaires doit s'entendre
hors taxe.
L’option pour le régime de déclaration mensuelle
p. 45 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
(1) Option : Les contribuables sous le régime de la déclaration trimestrielle peuvent opter à la
déclaration mensuelle par option réversible, en déposant une demande avant le 31 janvier auprès du
service local des impôts.
(2) Renonciation à l’option : la renonciation doit être déposée avant le 31 décembre par le contribuable.
OBLIGATIONS DECLARATIVES DES CONTRIBUABLES
Article 109. Déclaration d'existence
Toute personne assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée doit souscrire au service local des impôts dont
elle dépend, la déclaration d'existence prévue à l’article 148 cidessous.
Article 148 prévoit que les contribuables, qu’ils soient imposables à l’IS ou à l’IR au titre de revenus
professionnels ou qu’ils en soient exonérés ainsi que les contribuables imposables au titre des revenus
agricoles, doivent adresser une déclaration d’existence sur ou d’après un imprimémodèle établi par
l’administration, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remettre contre récépissé, au
service local des impôts du lieu de leur siège social ou de leur principal établissement au Maroc ou de
leur domicile fiscal dans un délai maximum de trente (30) jours suivant la date :
soit de leur constitution, s’il s’agit d’une société de droit marocain ou de leur installation, s’il
s’agit d’une entreprise non résidente ;
soit du début de l’activité, s’il s’agit de contribuables personnes physiques ou groupements de
personnes physiques, ayant des revenus professionnels et/ou agricoles
Article 110. Déclaration mensuelle
Les contribuables imposés sous le régime de la déclaration mensuelle doivent déposer avant le vingt
(20) de chaque mois auprès du receveur de l’administration fiscale, une déclaration du chiffre d'affaires
réalisé au cours du mois précédent et verser, en même temps, la taxe correspondante.
Toutefois, pour les contribuables qui effectuent leur déclaration par procédé électronique prévue à
l’article 155 ci-dessous, celle-ci doit être souscrite avant l’expiration de chaque mois.
Article 111. Déclaration trimestrielle
Les contribuables imposés sous le régime de la déclaration trimestrielle doivent déposer, avant le vingt
(20) du premier mois de chaque trimestre, auprès du receveur de l’administration fiscale, une déclaration
du chiffre d'affaires réalisé au cours du trimestre écoulé et verser, en même temps, la taxe
correspondante.
Toutefois, pour les contribuables qui effectuent leur déclaration par procédé électronique prévue à
l’article 155 ci-dessous, celle-ci doit être souscrite avant l’expiration du premier mois de chaque
trimestre.
Article 112. Contenu de la déclaration et des pièces annexes
p. 46 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
1. La déclaration doit être faite sur un imprimé modèle établi par l'administration, laquelle comporte
notamment :
1° l'identité du contribuable ;
2° le montant total des affaires réalisées ;
3° le montant des affaires non taxables ;
4° le montant des affaires exonérées ;
5° le montant du chiffre d'affaires taxable par nature d'activité et par taux ;
6° le montant de la taxe exigible ;
7° le montant du crédit de taxe de la période précédente, le cas échéant ;
8° le montant de la taxe dont la déduction est opéré, faisant ressortir la valeur horstaxe,
9° le montant de la taxe à verser ou, le cas échéant, le crédit reportable ;
2. La déclaration visée au paragraphe I du présent article doit être accompagnée d’un relevé détaillé de
déductions comportant les indications ciaprès :
la référence de la facture ;
le nom et prénom, ou raison sociale du fournisseur ;
l’identifiant fiscal ;
l’identifiant commun de l’entreprise ;
la désignation des biens, travaux ou services ;
le montant hors taxe ;
le montant de la taxe figurant sur la facture ou mémoire ;
le mode et les références de paiement.
En outre, lorsque le chiffre d’affaires est imposable par voie de retenue à la source prévue à l’article 117
(IV et V) cidessous, la déclaration susvisée doit être accompagnée d’un relevé détaillé de la retenue à la
source précitée, selon un modèle établi par l’administration.
Article 113. Déclaration du prorata avant le 1er mars
Article 113 bis – Déclaration du pourcentage de récupération avant
l’expiration des deux (2) mois suivant l’exercice
Article 114. Déclaration de cession, de cessation et de transformation de la
forme juridique de l’entreprise
En cas de changement dans la personne du contribuable, pour quelque cause que ce soit, de transfert
ou de cessation d'entreprise, une déclaration identique à celle prévue à l'article 109 (déclaration
d'existence) cidessus doit être souscrite dans le même délai par le successeur ou cessionnaire.
Tout contribuable qui cède son entreprise, ou en cesse l'exploitation, doit fournir dans les trente (30)
jours qui suivent la date de cession ou de cessation, une déclaration contenant les indications
nécessaires à la liquidation de la taxe due jusqu'à cette date et à la régularisation des déductions dans
les conditions prévues aux articles 101 à 105 cidessus.
La taxe due est exigible dans le délai précité. Toutefois, le paiement de la taxe due au titre des clients
débiteurs et de la régularisation des déductions prévues à l'alinéa précédent n'est pas exigé en cas de
fusion, de scission, d'apport en société ou de transformation dans la forme juridique de l'entreprise,
à condition que la ou les nouvelles entités s'engagent à acquitter, au fur et à mesure des
encaissements, la taxe correspondante.
p. 47 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Article 115. Obligations des contribuables non-résidents
La LF 2014 a apporté une clarification essentielle à l’article 115 du Code Général des Impôts. En effet,
auparavant, lorsqu’une entreprise étrangère réalisait des opérations imposables au Maroc sans désigner
de représentant fiscal, l’Administration se retournait contre le client marocain pour recouvrer la TVA
due. Cette situation engendrait de nombreuses complications, aussi bien pour les clients que pour les
fournisseurs nonrésidents. Désormais, la loi prévoit que, dans le cas où l’entreprise étrangère n’a pas
désigné de représentant fiscal au Maroc, le client marocain est considéré comme le redevable légal de
la TVA. Autrement dit, il doit luimême s’acquitter de cette taxe auprès de l’Administration fiscale. Cette
mesure vise à simplifier le dispositif et à réduire les litiges et incertitudes liés au recouvrement de la
TVA, tout en allégeant les obligations fiscales pour les opérateurs économiques marocains qui traitent
avec des fournisseurs étrangers.
1 Accréditation
Lorsqu’une entreprise non résidente réalise des opérations soumises à la TVA au Maroc, elle doit
désigner un représentant fiscal domicilié dans le pays. Ce dernier est chargé de déclarer et de verser
la TVA exigible dans le mois qui suit celui au cours duquel le paiement a été effectué en application
des dispositions de l’article 108I du C.G.I, après déduction de la taxe éventuellement payée à des
soustraitants locaux. En cas de cessation d’activité de l’entreprise étrangère, le représentant doit
informer l’administration fiscale et fournir les justificatifs nécessaires afin que l’identifiant fiscal de
l’entreprise soit radié.
2 Adoption du système d’autoliquidation
En l’absence de désignation d’un représentant fiscal par l’entreprise non résidente, le client marocain
devient automatiquement le redevable légal de la TVA. Ce mécanisme est appelé auto liquidation.
Ainsi, le client doit :
Déclarer la TVA due par le fournisseur étranger dans sa propre déclaration de chiffre d’affaires
(ligne 129), au titre du mois ou du trimestre suivant le paiement.
Déduire cette taxe dans la même déclaration, conformément aux articles 108 et 115 du CGI.
En cas de crédit de taxe, il doit reverser la TVA au Trésor (ligne 204) et, si le crédit est
remboursable, justifier le paiement par la quittance délivrée par le receveur de
l’administration fiscale, mentionnant distinctement le montant réglé.
Il est important de préciser que le chiffre d’affaires déclaré dans le cadre de l’auto liquidation ne
constitue pas le chiffre d’affaires propre du client et ne peut donc pas être pris en compte pour le calcul
du prorata de déduction ou du plafond de remboursement.
3 Retenue à la source
En l’absence de représentant fiscal désigné par l’entreprise non résidente, le client non assujetti devient
lui-même redevable de la TVA. Deux situations principales se présentent :
a. Opérations avec le secteur public :
Lorsque les prestations concernent des administrations publiques (établissements publics,
offices, agences, hôpitaux, universités, collectivités locales, etc.), la TVA due est retenue à la
source par les comptables publics et versée directement au Trésor, de la même manière que
pour l’impôt sur les sociétés (IS).
b. Opérations avec le secteur privé :
p. 48 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Si le client non assujetti dispose déjà d’un identifiant fiscal (au titre de l’IS) : il doit déclarer
et verser la TVA due par le fournisseur étranger dans le mois qui suit le trimestre du paiement,
conformément à l’article 108II du CGI.
Si le client non assujetti ne possède pas d’identifiant fiscal : il doit se rapprocher du service
local des impôts pour déposer une déclaration d’existence et obtenir un identifiant fiscal. Ce
dernier lui permettra ensuite de déclarer et de payer la TVA due dans les mêmes conditions.
4 Marché exonéré réalisé par une entreprise non résidente
Il y a lieu de préciser qu’aucun identifiant fiscal n’est attribué, au cas où une entreprise non résidente,
n’ayant pas désigné un représentant fiscal, réalise en exonération de la T.V.A, un marché pour
lequel le client marocain a déposé au service local des impôts dont il dépend, une demande
d’achat en exonération, accompagnée d’une facture proforma comportant la nature de l’opération,
le montant hors taxe et la T.V.A correspondante.
Le client est ensuite tenu de déclarer le chiffre d’affaires exonéré au niveau de la ligne 129 de sa
propre déclaration, en indiquant le montant exonéré ainsi que la référence (numéro et date) de
l’attestation d’exonération délivrée.
En revanche, si l’entreprise non résidente engage des dépenses au Maroc ouvrant droit à déduction ou
remboursement de TVA, elle est obligée dans ce cas de désigner un représentant fiscal afin de
pouvoir bénéficier de ce remboursement.
Article 115 bis. Obligations des fournisseurs de services à distance non-
résidents
1. Contexte : élargissement de l’assiette de la TVA
La Loi de Finances (LF) 2024 a modifié l’article 88 du CGI afin d’étendre les règles de territorialité de
la TVA aux prestations de services fournies à distance et de manière dématérialisée par des
entreprises non résidentes à des clients établis ou domiciliés fiscalement au Maroc.
Un nouvel article 115 bis a également été introduit, instituant :
l’identification obligatoire des fournisseurs étrangers sur une plateforme électronique,
la déclaration du chiffre d’affaires réalisé au Maroc,
et le paiement de la TVA via cette plateforme.
2. Ajustements apportés par la LF 2025
Afin d’harmoniser la législation marocaine avec les bonnes pratiques internationales, la LF 2025 a
introduit trois changements majeurs :
a. Suppression des prestations aux clients « résidents occasionnels »
Avant 2025, les services fournis à distance par un prestataire étranger à un client résidant
occasionnellement au Maroc étaient soumis à la TVA au Maroc.
Désormais (à compter du 1er janvier 2025), ces prestations sont exclues du champ d’application.
Logique internationale : le client doit payer la TVA dans son pays de résidence habituelle, afin
d’éviter toute double imposition.
b. Définition simplifiée du domicile fiscal des clients
La définition classique du domicile fiscal (article 23II CGI : foyer permanent, centre d’intérêts
économiques, 183 jours de présence, etc.) posait des difficultés pratiques pour les prestataires étrangers.
p. 49 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Pour simplifier, la LF 2025 retient des indicateurs objectifs permettant de déterminer si un client est
domicilié fiscalement au Maroc, notamment :
adresse au Maroc figurant sur la facture,
paiement via une carte bancaire émise au Maroc,
utilisation d’une adresse IP localisée au Maroc,
utilisation d’un numéro de téléphone avec indicatif marocain.
Si l’un de ces indicateurs est constaté, le prestataire étranger doit déclarer et verser la TVA
correspondante au Maroc.
c. Nouvelle périodicité des déclarations fiscales
Avant 2025 : les prestataires étrangers devaient déposer une déclaration mensuelle de chiffre
d’affaires.
À partir de 2025 : la déclaration devient trimestrielle, afin de simplifier les obligations et de
s’aligner sur les standards internationaux.
Obligation : avant la fin du premier mois de chaque trimestre, le prestataire non résident doit
déclarer sur la plateforme électronique le chiffre d’affaires réalisé au Maroc auprès des clients
non assujettis et verser la TVA correspondante (sans droit à déduction).
Article 116. Retenue à la source sur le montant des commissions allouées
par les sociétés d’assurances à leurs courtiers
La taxe due sur les services rendus par tout agent, démarcheur ou courtier à raison des contrats apportés
par lui à une entreprise d'assurances, est retenue sur le montant des commissions, courtages et autres
rémunérations allouées par ladite entreprise qui en est débitrice envers le Trésor.
Article 117. Retenue à la source
Dans le cadre de la Loi de Finances 2024, le législateur a renforcé les mécanismes de contrôle fiscal en
instituant un nouveau régime de retenue à la source (RAS) en matière de TVA, prévu aux nouveaux
paragraphes IV et V de l’article 117 du CGI. L’objectif est double : lutter contre les fausses factures
et inciter les opérateurs à plus de transparence fiscale.
1 Ventes de biens d’équipement et de travaux
Le fournisseur PP ou PM assujetti présente à son client assujetti l’attestation justifiant sa régularité
fiscale (Hors Etat, Collectivités territoriales et Etablissement et Entreprises publics soumis à la
réglementation des marchés publics) :
Si Oui, Aucune RAS à opérer sur la TVA facturée
Sinon RAS de 100%du montant de la TVA facturée
2 Vente de prestations de services visées à l’article 89-I (5°, 10°et 12°) du CGI et dont
la liste est fixée par voie réglementaire
Cas 1 : le client est l’Etat
Le fournisseur PP ou PM assujettis facture son client : Etat, collectivités territoriales, établissements
et entreprises publics et leurs filiales et les autres organismes publics : RAS de 75%du montant de la
TVA facturée
p. 50 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
Cas 2 : le client PM de droit privé ou PP de régime RNR/RNS
Le fournisseur PP assujetti présente à son client assujetti l’attestation justifiant sa régularité fiscale
(client PM de droit privé ou client PP soumis aux régimes RNR/RNS) :
Si Oui, RAS de 75%du montant de la TVA facturée
Sinon, RAS de 100%du montant de la TVA facturée
Modalités :
Le montant de la RAS doit être versé au receveur de l’Administration Fiscale au cours du mois
qui suit celui de chaque paiement.
Le crédit de taxe résultant de l’application de cette RAS est éligible au remboursement selon
les modalités qui seront fixées par voie réglementaire.
La déclaration de TVA doit être accompagnée d’un relevé détaillé des retenues à la source
prélevées, sous peine d’une amende de 500 DH en cas de dépôt hors délai et de 2 000 DH en
cas de défaut de dépôt dudit document.
Application de ces retenues à la source aux opérations réalisées à compter du 1er juillet 2024.
Opérations exclues :
Les opérations de services dont le montant est inférieur ou égal à 5.000 dirhams, dans la limite
de 50.000 dirhams par mois et par fournisseur desdits services.
Les opérations de ventes portant sur l’énergie électrique et l’eau livrée aux réseaux de
distribution publique
Les prestations d’assainissement fournies aux abonnés par les organismes chargés de
l’assainissement ainsi que la location de compteurs d’eau et d’électricité
Les ventes réalisées et les prestations de services fournies par les opérateurs de
télécommunication
Les prestations de services rendues par tout agent démarcheur ou courtier d’assurance
Article 118. Règles comptables
Toute personne assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée doit :
1° tenir une comptabilité régulière permettant de déterminer le chiffre d'affaires et de dégager le
montant de la taxe dont elle opère la déduction ou revendique le remboursement ;
2° si elle exerce concurremment des activités imposées différemment au regard de la taxe sur la valeur
ajoutée, avoir une comptabilité lui permettant de déterminer le chiffre d'affaires taxable de son
entreprise, en appliquant à chacune de ces activités les règles qui lui sont propres compte tenu des
dispositions de l’article 104.
Article 119. Facturation
1. Les personnes effectuant les opérations soumises à la taxe sur la valeur ajoutée sont tenues de délivrer
à leurs acheteurs ou clients passibles de ladite taxe des factures établies conformément aux
dispositions de l’article 145III.
p. 51 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
2. Toute personne qui mentionne la taxe sur les factures qu’elle établit en est personnellement redevable
du seul fait de sa facturation.
Problématique de la TVA NON APPARENTE
Article 125 ter. Récupération de la taxe sur la valeur ajoutée non apparente
Contexte : Régime particulier applicable aux produits agricoles non transformés destinés au
secteur agroalimentaire
Le secteur agroalimentaire supportait la TVA sans aucune possibilité de déduction de la TVA grevant
certains intrants dans la mesure où les produits agricoles à l’état naturel sont hors champ d’application,
ce qui se traduisait par une taxation directe du chiffre d’affaires et non pas de la valeur ajoutée
dégagée par le secteur. Cette situation rendait le secteur structuré non compétitif et favorisait la
prolifération des unités opérant dans l’informel.
D’autres parts, avant l’entrée en vigueur de la LF 2018, le secteur de l’industrie laitière supportait la
TVA sans aucune possibilité de déduction de la TVA « théorique » grevant le lait non transformé
utilisé comme intrant principal dans la production laitière. Cette situation pénalisait la compétitivité
des opérateurs du secteur laitier au Maroc, du fait que la non déductibilité de la TVA grevant le lait
non transformé se traduisait par la taxation directe du chiffre d’affaires des dérivés laitiers, au lieu de
la taxation de la seule valeur ajoutée dégagée par ledit secteur.
D’où l’intérêt de l’institution par la LF 2016 et 2018 du régime spécifique de taxation des produits
agricoles et le lait destinés au secteur de l’agroalimentaire et le secteur de l’industrie laitière.
Ainsi et par dérogation aux dispositions des articles 101 et 104 du CGI, ouvre droit à déduction la taxe
non apparente sur le prix d’achat des légumineuses, fruits et légumes non transformés, d’origine
locale, destinés à la production agroalimentaire vendue localement ainsi que le lait non transformé
d’origine locale destiné à la production des dérivés du lait vendus localement.
I. Les légumineuses, fruits et légumes non transformés
1. Eligibilité au régime particulier de taxation
Les dispositions de l’article 125 ter précité s’appliquent aux légumes, fruits et légumineuses non
transformés d’origine locale destinés à la production agroalimentaire vendue localement.
Ainsi, les légumes, fruits et légumineuses importés ne sont pas éligibles à ce régime qu’ils soient
exonérés ou taxables auquel cas la TVA réglée à l’importation demeure déductible. Il en est de même
des légumes, fruits et légumineuses d’origine locale utilisés en tant que matières premières pour la
réalisation d’un chiffre d’affaires à l’export.
2. Détermination du pourcentage de récupération
Le montant de la taxe non apparente est déterminé sur la base d’un pourcentage de récupération
calculé par l’assujetti à partir des opérations réalisées au cours de l’exercice précédent comme suit :
au numérateur : le montant annuel des achats des produits agricoles non transformés ±
variation de stock des produits agricoles non transformés ± variation du coût d’achat des
produits agricoles non transformés utilisés dans la production stockée du produit finis ;
p. 52 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
au dénominateur : le montant annuel total du chiffre d’affaires TTC déclaré au niveau du
compte des produits et charges y compris le chiffre d’affaires à l’export ainsi que la TVA
fictive y afférente.
Le CA à l’export est retenu au niveau du dénominateur pour le calcul de ce pourcentage de récupération
qui détermine en fait la proportion des produits agricoles non transformés, incorporée dans le produit
fini qu’il soit exporté ou vendu localement.
Par mesure de simplification, le pourcentage obtenu est définitif pour le calcul de la taxe non apparente
à récupérer au titre de l’année suivante. En conséquence, aucune régularisation ne doit être effectuée
en fin d’exercice.
3. Base de calcul de la taxe non apparente
Le pourcentage déterminé est appliqué au chiffre d’affaires taxable réalisé localement au titre du
mois ou du trimestre de l’année suivante pour la détermination de la base de calcul de la taxe non
apparente. Cette base est soumise au même taux de la TVA applicable au produit agricole
transformé.
Le chiffre d’affaires réalisé à l’export est exclu du calcul de la taxe non apparente dans la mesure
où ce chiffre d’affaires à l’export est exonéré et ouvre droit au remboursement de la TVA grevant le
coût de production dans le cadre de l’article 103 du CGI.
Ledit pourcentage n’est appliqué ni au chiffre d’affaires vendu localement à base de légumes, fruits
et légumineuses importés ni au chiffre d’affaires à l’export.
Il y a lieu de noter que la base de calcul ainsi que le montant de la taxe non apparente doivent figurer
au relevé de déduction au titre du mois ou du trimestre au cours duquel cette déduction a été opérée
en application des dispositions de l’article 112II du CGI.
N.B. : Il est à préciser que la taxe non apparente ayant fait l’objet de récupération donne lieu à une
écriture comptable de régularisation en vue de tenir compte du principe de la comptabilisation hors
taxes.
Traitement comptable de la tva non apparente:
3455 Tva non apparente X
612.. Achats MP X
Comptablement, la TVA non apparente vient de diminuer le cout d’achat des légumineuses, fruits et
légumes objet de cette taxe.
Cas d’illustrations : voir les cas de la loi de finance 2016
II. Le lait non transformé
1. Eligibilité au régime particulier de taxation
La LF 2018 a introduit une nouvelle mesure au niveau de l’article 125 ter du CGI, instituant un régime
de taxation adapté au lait non transformé destiné à la production des dérivés laitiers et ce, à l’instar
de ce qui a été prévu par la LF 2016 concernant la production agroalimentaire.
À compter du 1er janvier 2018, et par dérogation aux dispositions des articles 101 et 104 du CGI, le
nouveau régime de taxation ouvre droit à déduction de la TVA non apparente sur le prix d’achat du
lait non transformé d’origine locale destiné à la production des dérivés du lait vendus localement,
autres que ceux visés à l’article 91 (IA 2°) du CGI.
p. 53 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
A cet effet, il est précisé que ce nouveau régime de taxation ne s’applique pas pour les achats du lait
non transformé ayant servi à la production des laits, crèmes de lait frais conservés ou non,
concentrés ou non, sucrés ou non, des laits spéciaux pour nourrissons, ainsi que du beurre de
fabrication artisanale non conditionné.
Le montant de la taxe non apparente est déterminé sur la base d’un pourcentage de récupération
calculé par l’assujetti à partir des opérations réalisées au cours de l’exercice précédent comme suit :
au numérateur, le montant annuel des achats du lait non transformé, augmenté du stock initial
et diminué du stock final ;
au dénominateur, le montant annuel des ventes du lait transformé et des dérivés du lait, toute
taxe comprise.
Le pourcentage ainsi déterminé est appliqué au chiffre d’affaires du mois ou du trimestre de l’année
suivante pour la détermination de la base de calcul de la taxe non apparente.
Cette base est soumise au même taux de TVA applicable aux dérivés du lait vendus localement, autres
que ceux visés à l’article 91 (IA 2°) du CGI.
Cas d’illustrations : voir les cas de la loi de finance 2018
Article 125 quater. Régimes applicables aux agences de voyage
1. Territorialité
La LF 2017 a précisé en matière de TVA, la territorialité des opérations réalisées par les agences de
voyages marocaines qui procèdent à la revente au forfait à des tours opérateurs étrangers des services
qu’elles ont acquis localement tels que l’hébergement, la restauration, le transport touristique et autres
services notamment les visites des monuments historiques.
Ainsi, lesdites prestations de services sont passibles de la TVA dès lors qu’elles sont utilisées au Maroc
en application des dispositions de l’article 125 quater du CGI.
2. Champ d’application
Les agences de voyages peuvent agir en qualité d’organisateurs de voyage communément appelé Tours
opérateurs (TO) ou d’intermédiaires en services.
L’organisateur de voyages ou de séjours élabore des circuits ou des séjours sous sa propre responsabilité
commerciale. Il achète auprès d’autres prestataires, les services nécessaires (transport, restauration,
hébergement, spectacle …etc) et vend ensuite une prestation unique (voyages ou séjours organisés)
moyennant un prix forfaitaire.
Cette opération d’achat et de vente des services liés à l’activité touristique est soumise au régime
spécifique de la marge dans la mesure où des dépenses engagées auprès des non assujettis ne peuvent
être justifiées par des factures faisant apparaitre le montant de la TVA ouvrant droit à déduction (tel
est le cas par exemple des petits prestataires non soumis à la TVA).
Lorsque l’agence de voyage propose à la clientèle, par intermédiation, des voyages ou des séjours
organisés par des tiers ainsi que différents services se rapportant auxdits voyages, lesdites prestations de
services sont soumises au régime de droit commun. Il s’agit en l’occurrence de la billetterie et tous les
services pour lesquels les agences de voyages perçoivent une commission.
En définitive, les services fournis par les agences de voyages autres que l’organisation du voyage ne
bénéficient pas du régime particulier de la marge.
p. 54 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
3. Définition de la marge
La marge est déterminée par la différence entre d’une part, le total des encaissements par l’agence de
voyages et facturées au bénéficiaire du service et d'autre part, le total des dépenses, TVA comprise,
facturées à l’agence par ses fournisseurs, c'estàdire la différence entre les encaissements perçus et les
dépenses facturées au cours de la période d’imposition (mensuelle ou trimestrielle).
Par encaissement, il faut entendre le prix total du voyage ou séjour payé par le client diminué des avoirs
accordés aux clients en cas d’annulation.
Par dépense, on entend le montant net des sommes facturées à l’agence de voyages par les différents
prestataires qui exécutent les services rendus à la clientèle, déduction faite des ristournes et rabais
consentis.
4. Fait générateur
Le fait générateur de la déclaration de la marge telle que définie précédemment, est constitué par
l’encaissement total des sommes perçues par l’agence de voyage.
Ainsi, les avances et les paiements partiels de la prestation d’organisation du voyage ou de séjours, ne
constituent pas le fait générateur de la TVA dans le cadre du régime particulier de la marge.
5. Taux d’imposition
Les opérations réalisées par les agences de voyages sont soumises au taux de 20% qu’elles soient des
opérations d’intermédiation ou d’organisation de voyages ou de séjours soumises au régime spécifique
de la marge conformément aux dispositions de l’article 89 (I10°) du CGI.
6. Base d’imposition
Par dérogation à la règle du droit commun, les opérations effectuées par les agences de voyages qui
organisent des circuits touristiques, dans le cadre de leur profession, sont soumises à la TVA sur la
marge qui est égale à la différence entre le prix total payé par le client et les sommes facturées, TVA
comprise, à l'agence par les transporteurs, hôteliers, restaurateurs, prestataires de spectacles et par tous
les autres intervenants, qui exécutent matériellement les services utilisés par les clients.
Cette différence TTC dite « marge », reconvertie en HT, constitue la base imposable. Elle est calculée
opération par opération et déclarée à la fin de chaque période d'imposition (mois ou trimestre).
Toutefois, pour les agences de voyages qui réalisent concurremment des opérations d’organisation de
voyages ou de séjours et des opérations d’intermédiation, la base d’imposition est déterminée par le
montant des commissions et/ou par la marge HT en application des dispositions de l’article 96 12° du
CGI.
7. Droit à déduction
Les agences de voyages soumises au régime de la marge peuvent déduire, dans les conditions de droit
commun, la taxe afférente aux biens et services acquis pour les besoins de leur activité à savoir :
la TVA relative aux achats de biens et services effectués pour le fonctionnement de l'agence
de voyages (frais généraux, frais de publicité, honoraires, etc.) ;
la TVA relative aux biens d’investissement acquis par l'agence de voyages.
Toutefois, lesdites agences de voyages ne peuvent pas déduire la TVA figurant sur les factures délivrées
par les entrepreneurs de transport, les hôteliers, les restaurateurs, les entrepreneurs de spectacles, les
loueurs de voitures et autres prestataires de services qui exécutent matériellement les services utilisés
par le client et qui constituent pour lesdites agences des décaissements ou des débours.
p. 55 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA
8. Facturation
Compte tenu de la règle retenue pour le calcul de la base imposable selon le régime de la marge, il est
admis que les agences de voyages soient dispensées de mentionner distinctement la TVA sur les
factures établies à leurs clientèles au titre des opérations imposées selon le régime de la marge.
Toutefois, les factures ainsi établies doivent être revêtues d’un cachet portant la mention « Facturation
selon le régime de la marge Article 125 quater du CGI».
9. Tenue de comptabilité
Les agences de voyages doivent distinguer dans leur comptabilité d’une part, entre le chiffre d’affaires
taxable et le chiffre d’affaires exonéré ou hors champ d’application de la TVA et d’autre part, entre les
encaissements et les décaissements se rapportant au régime de la marge et ceux se rapportant aux
commissions.
p. 56 Cycle d’Expertise Comptable EL FILALI KARIM - EL GOUD ZAKARIA