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Introduction aux Chaînes de Markov

Le document présente une étude approfondie des chaînes de Markov, incluant des définitions, classifications des états, et des théorèmes clés. Il explore des applications pratiques comme le mélange de cartes et les marches aléatoires, tout en discutant des propriétés de convergence et des matrices de transition. Les résultats incluent des théorèmes sur la récurrence et la loi des grands nombres, ainsi que des simulations de fractales.

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Introduction aux Chaînes de Markov

Le document présente une étude approfondie des chaînes de Markov, incluant des définitions, classifications des états, et des théorèmes clés. Il explore des applications pratiques comme le mélange de cartes et les marches aléatoires, tout en discutant des propriétés de convergence et des matrices de transition. Les résultats incluent des théorèmes sur la récurrence et la loi des grands nombres, ainsi que des simulations de fractales.

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C HAÎNES DE M ARKOV.

Alexandre Popier

ENSAI, Bruz

apopier@[Link]

[Link]

Janvier-Mars 2011

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 1 / 51


P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 2 / 51


S UITES RÉCURRENTES ALÉATOIRES .

D ÉFINITION
Une suite récurrente aléatoire sur un espace E est une suite de v.a.
(Xn )n∈N à valeurs dans E définie sur un espace de probabilité (Ω, F, P)
solution d’une équation récurrente de la forme :

Xn+1 = f (θn+1 , Xn )


1 θ1 , θ2 , . . . sont des v.a. i.i.d. à valeurs dans Θ ;
2 f : Θ × E → E est une application mesurable ;
3 X0 (la condition initiale) est une v.a. (éventuellement déterministe)
indépendante de la suite (θi )i∈N∗ .

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 3 / 51


BATTRE LES CARTES .

I E : ensemble des permutations (d’un jeu de 52 cartes), de


cardinal 52! ;
I Θ : un sous-ensemble de E ;
I X0 = e : identité (les cartes sont ordonnées), Xn+1 = θn+1 ◦ Xn .
H YPOTHÈSES :
Θ est mélangeant, i.e. engendre E ;
la loi des θi charge tous les éléments de Θ.

T HÉORÈME
La suite (Xn ) est récurrente, satisfait une loi des grands nombres :
n
1X 1
lim 1Xk =x = .
n→+∞ n 52!
k =1

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 4 / 51


BATTRE LES CARTES : COMBIEN DE FOIS ?

T HÉORÈME
La suite (Xn ) est récurrente, satisfait une loi des grands nombres :
n
1X 1
lim 1Xk =x = .
n→+∞ n 52!
k =1

I On a une asymptote de type exponentiel (condition de Doeblin) :

1X 1
P(Xn = x) − ≤ Cρn , avec ρ < 1.
2 52!
x∈E

I Diaconis a montré qu’il suffit de battre le jeu 7 fois !

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 5 / 51


M ARCHES ALÉATOIRES SUR Zd .
I e1 , . . . , ed : base canonique de Rd ;
I E = Zd ;
I Θ = {−e1 , . . . , −ed , e1 , . . . , ed } ; θi de loi uniforme sur Θ ;
I X0 = 0, Xn+1 = Xn + θn+1 : marche aléatoire symétrique sur Zd .

T HÉORÈME (P OLYA , 1921)


Pour d = 1 ou 2, la marche aléatoire (Xn ) est récurrente :

P(∃n > 0, Xn = 0) = 1.
Pour d ≥ 3, elle est transiente : P(∃n > 0, Xn = 0) < 1.

C ONSTANTE DE P OLYA
C’est p(d) = P(T0 < +∞), T0 étant le temps de retour à 0. Alors
p(1) = p(2) = 1, p(3) ≈ 0, 34, p(4) ≈ 0, 19, p(10) ≈ 0, 06.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 6 / 51
M ARCHE ALÉATOIRE EN DIMENSION 1.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 7 / 51


M ARCHE ALÉATOIRE EN DIMENSION 2.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 8 / 51


C ONVOLUTION DE B ERNOULLI .
I a > 0;
I E = R;
I Θ = {−1, 1} ; θi de loi uniforme sur Θ ;
I X0 = 0, Xn+1 = aXn + θn+1 .

Pour a = 1, marche aléatoire sur Z.


Pour a > 1, P(limn→+∞ Xn ∈ {−∞, +∞}) = 1.
Pour 0 < a < 1 ?

I Xn − an X0 = an−1 θ1 + . . . + θn .
h i
1 1
I Yn = θ1 + aθ2 + . . . + an−1 θn converge vers Y∞ ∈ − 1−a , 1−a .

P ROPOSITION
(Xn ) converge en loi vers Y∞ : lim EΦ(Xn ) = EΦ(Y∞ ).
n→+∞

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a = 0, 25.

Comportement p.s. de Xn et Yn :

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 10 / 51


a = 0, 25.

Comportement en loi de X100 et Y100 :

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 10 / 51


a = 0, 7.

Comportement p.s. de Xn et Yn :

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 11 / 51


a = 0, 7.

Comportement en loi de X100 et Y100 :

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 11 / 51


C ONVOLUTION DE B ERNOULLI : LOI DE LA LIMITE .
I Fa (t) = νa (] − ∞, t]) = P(Y∞ ≤ t).

P ROPOSITION
n−1
1X
Pour tout I = [α, β] ⊂ R, lim 1Xk ∈I = Fa (β) − Fa (α).
n→+∞ n
k =0

P ROPRIÉTÉS DE Fa
Fa est l’unique solution continue de
    
1 t −1 t +1
∀t ∈ R, G(t) = G +G .
2 a a

Si a < 1/2, νa est continue singulière (1935).


Si a = 1/2, νa est la loi uniforme sur [−2, 2] (1935).
Pour presque tout a > 1/2, νa est à densité (1995).
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 12 / 51
S IMULATIONS DE FRACTALES .
I E = Rd ;
I Θ = {1, . . . , k } ; θi de loi uniforme sur Θ ;
I X0 = 0, Xn+1 = A(θn+1 )Xn + B(θn+1 ).
I A(1), . . . , A(k ) matrices, B(1), . . . , B(k ) vecteurs.

T HÉORÈME
Les conclusions de la convolution de Bernoulli restent les mêmes :
convergence en loi de (Xn ), théorème de convergence presque sûre
des moyennes de Césaro.

S PIRALE
d = k = 2;
   
0, 839 −0, 303 −0, 161 −0, 136
A(1) = , A(2) = ;
0, 383 0, 924 0, 138 −0, 182
   
0, 232 0, 921
B(1) = , B(2) = .
−0, 080 0, 178
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F RACTAL EN SPIRALE .

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P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

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M ATRICES DE TRANSITION .

D ÉFINITION (E SPACE D ’ ÉTATS , MESURE )


DANS TOUT LE COURS, E est un espace dénombrable. Un élément
x ∈ E est un état. Une mesure ν =X (νx , x ∈ E) est un vecteur ligne de
nombres réels positifs ou nuls. Si νx = 1, la mesure est une
x∈E
probabilité ou distribution.

D ÉFINITION (M ATRICE DE TRANSITION )


Une matrice de transition P sur E est une application de E × E dans
[0, 1] telle que X
∀x ∈ E, P(x, y ) = 1.
y ∈E

On dit aussi que la matrice est stochastique.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 16 / 51


C HAÎNE DE M ARKOV

D ÉFINITION (C HAÎNE DE M ARKOV )


Une suite de v.a. (Xn )n∈N à valeurs dans E est appelée chaîne de
Markov si pour tout n ∈ N la loi conditionnelle de Xn+1 sachant
X0 , . . . , Xn est égale à sa loi conditionnelle sachant Xn , i.e. pour tout
y0 , . . . , yn+1 dans E :

P(Xn+1 = yn+1 |X0 = y0 , . . . , Xn = yn ) = P(Xn+1 = yn+1 |Xn = yn ).

I Pn (x, y ) = P(Xn+1 = y |Xn = x).

D ÉFINITION
Si Pn (x, y ) = P(Xn+1 = y |Xn = x) ne dépend pas de n, on parle de
chaîne de Markov homogène. Dans ce cas, la matrice P obtenue est
stochastique.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 17 / 51


D ÉFINITION « ÉQUIVALENTE »

D ÉFINITION (C HAÎNE DE M ARKOV (ν, P))


Une chaîne de Markov, de distribution initiale ν et matrice de transition
P, à valeurs dans E est une suite de v.a. (Xn )n∈N définies sur
(Ω, F, P), telle que :
1 X0 a pour loi ν,
2 et pour n ≥ 0, conditionnellement à Xn = x, la loi de Xn+1 est
donnée par (P(x, y ), y ∈ E) et est indépendante de X0 , . . . , Xn−1 .

T RADUCTION MATHÉMATIQUE
Pour tout n ≥ 0 et tout y0 , . . . , yn+1 dans E :
1 P(X0 = y0 ) = ν0 ;
2 P(Xn+1 = yn+1 |X0 = y0 , . . . , Xn = yn ) = P(yn , yn+1 ).

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 18 / 51


E XEMPLE IMPORTANT

P ROPOSITION
Soit
(θn )n∈N une suite de v.a. i.i.d. à valeurs dans Θ,
X0 une v.a. à valeurs dans E, indépendante de la suite (θn )n∈N ,
f : Θ × E → E une fonction mesurable.
Alors la suite (Xn )n∈N de v.a. à valeurs dans E et définie par la relation
de récurrence :
∀n ∈ N, Xn+1 = f (θn+1 , Xn )
est une chaîne de Markov homogène.

C ONSÉQUENCES : tous les suites vues dans la partie 1 sont des


chaînes de Markov.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 19 / 51


É QUATION DE C HAPMAN -KOLMOGOROV

T HÉORÈME
Soit (Xn ) une chaîne de Markov sur E de matrice de transition P, de
distribution initiale ν. Alors

P(X0 = y0 , . . . , Xn = yn ) = ν(y0 )P(y0 , y1 ) . . . P(yn−1 , yn ).

1 Si Xn a pour loi µn , alors : µn+1 = µn P = νP n+1 .


2 Pour tout (x, y ) ∈ E 2 , P(Xn = y |X0 = x) = P n (x, y ).
3 Pour toute fonction h : E → R bornée,

E(h(Xn )|X0 = x) = P n h(x).

R EMARQUE
Les fonctions h : E → R sont représentées par des vecteurs colonnes.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 20 / 51
M ESURE INVARIANTE , RÉVERSIBLE

D ÉFINITION (M ESURE INVARIANTE )


Une mesure µ sur E est dite invariante si et seulement si c’est un point
fixe de l’équation Chapman-Kolmogorov, i.e. µ = µP.

D ÉFINITION (M ESURE RÉVERSIBLE )


Une mesure µ sur E est dite réversible si et seulement si

∀(x, y ) ∈ E 2 , µ(x)P(x, y ) = µ(y )P(y , x).

P ROPOSITION
Une mesure réversible est invariante.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 21 / 51


C HAÎNE RETOURNÉE .

L EMME
Si (Xn )n∈N est une chaîne de Markov, alors pour tout N ∈ N,
n o
X̂ N = X̂nN = XN−n , 0 ≤ n ≤ N

est une chaîne de Markov, appelée chaîne retournée à partir de


l’instant N.

P ROPOSITION
Soit (Xn )n∈N chaîne de Markov (µ, P) avec µ probabilité réversible.
Alors la chaîne retournée X̂ N = {X̂nN , 0 ≤ n ≤ N} est une chaîne de
Markov (µ, P).

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 22 / 51


P ROPRIÉTÉ DE M ARKOV.

D ÉFINITION
Le processus décalé Xn+ = (Xn+,k )k ∈N est défini par

∀k ≥ 0, Xn+,k = Xn+k .

T HÉORÈME
Soit (Xn ) une chaîne de Markov sur E de matrice de transition P, de
distribution initiale ν. Alors conditionnellement à Xn = x, le processus
Xn+ est une chaîne de Markov de matrice de transition P, de
distribution initiale δx et est indépendant des v.a. X0 , . . . , Xn .

I Phénomène sans mémoire !

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 23 / 51


P ROPRIÉTÉ DE M ARKOV FORTE .
Pour n ≥ 0, Fn : tribu des événements déterminés par X0 , X1 , . . . , Xn
n o
Fn = {ω ∈ Ω; (X0 (ω), . . . , Xn (ω)) ∈ Bn }, Bn ∈ P(E n+1 ) .

D ÉFINITION (T EMPS D ’ ARRÊT )


Une v.a. τ à valeurs dans N ∪ {+∞} est appelée un temps d’arrêt si
pour tout n ∈ N, {τ = n} ∈ Fn .

P ROPRIÉTÉ DE M ARKOV FORTE


Soit (Xn ) une chaîne de Markov (ν, P) et τ un temps d’arrêt. Alors
conditionnellement en {τ < +∞} ∩ {Xτ = x}, le processus (Xτ +n )n∈N
est une chaîne de Markov (δx , P) indépendante de Fτ : pour tout
A ∈ Fτ , m > 0, x1 , . . . , xm dans E :

P(A ∩ {Xτ +1 = x1 , . . . , Xτ +m = xm }|Xτ = x, τ < ∞)


= P(A|Xτ = x, τ < ∞) × Px (X1 = x1 , . . . , Xm = xm ).
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 24 / 51
N OTATIONS POUR LA SUITE DU COURS .

I E : espace fini ou dénombrable ;


I P : matrice de transition ;
I Pν loi sachant que X0 suit la loi ν ;
I Eν : espérance sous Pν ;
I Px loi sachant que X0 = x, i.e. ν = δx
I Ex : espérance sous Px ;
I Π(E) : ensemble des probabilités sur E.

L EMME
( )
X
Π(E) = µ ∈ RE , µ(x) ≥ 0, µ(x) = 1 .
x∈E

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 25 / 51


P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 26 / 51


É TATS RÉCURRENTS ET TRANSITOIRES .
T EMPS DE RETOUR : Tx = inf{n ≥ 1, Xn = x}.

D ÉFINITION
L’état x ∈ E est récurrent si Px (Tx < +∞) = 1, et est transitoire si
Px (Tx < +∞) < 1.
X
N OMBRE DE RETOURS : Nx = 1Xn =x .
n≥1

P ROPOSITION
1 Si x est récurrent, Px (Nx = +∞) = 1.
2 Si x est transitoire,

Px (Nx = k ) = (1 − Πx )Πkx , pour k ≥ 0,

avec Πx = Px (Tx < +∞).

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 27 / 51


É TATS RÉCURRENTS ET TRANSITOIRES .
X
N OMBRE DE RETOURS : Nx = 1Xn =x .
n≥1

P ROPOSITION
1 Si x est récurrent, Px (Nx = +∞) = 1.
2 Si x est transitoire,

Px (Nx = k ) = (1 − Πx )Πkx , pour k ≥ 0,

avec Πx = Px (Tx < +∞).

C OROLLAIRE
L’état x ∈ E est récurrent si et seulement si
+∞
X
(P n )(x, x) = +∞.
n=0

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 27 / 51


C LASSE D ’ ÉQUIVALENCE .

D ÉFINITION
L’état y ∈ E est accessible à partir de x ∈ E (noté x → y ) s’il
existe n ∈ N tel que Px (Xn = y ) > 0.
Les états x et y communiquent (noté x ↔ y ) si x → y et y → x.

C LASSES D ’ ÉQUIVALENCE : ↔ est une relation d’équivalence qui crée


une partition de E en classes d’équivalence modulo ↔.

T HÉORÈME
Soit C ⊂ E une classe d’équivalence modulo ↔. Alors tous les états
de C sont soit récurrents, soit transitoires.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 28 / 51


C LASSES FERMÉES .

D ÉFINITION
Une classe C ⊂ E est dite fermée si pour tous x et y dans E :

x ∈ C et x → y ⇒ y ∈ C.

P ROPOSITION
La restriction de la chaîne de Markov à une classe fermée C est une
chaîne de Markov d’espace d’états C.

Si C = {x0 } est fermée, on dit que x0 est un état absorbant.

T HÉORÈME
Toute classe récurrente est fermée.
Toute classe fermée et finie est récurrente.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 29 / 51


I RRÉDUCTIBILITÉ .

D ÉFINITION
Une chaîne de Markov (ν, P) est
I irréductible si E est constitué d’une seule classe d’équivalence ;
I irréductible récurrente si elle est irréductible et si tous les états
sont récurrents.
I irréductible transiente si elle est irréductible et si tous les états
sont transitoires.

P ROPOSITION
Une chaîne de Markov irréductible sur un espace E fini est irréductible
récurrente.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 30 / 51


I RRÉDUCTIBILITÉ .
D ÉFINITION
Une chaîne de Markov (ν, P) est irréductible si, pour tout couple
(x, y ) ∈ E 2 , il existe
un entier k = k (x, y )
et une suite finie x = x0 , x1 , . . . , xk −1 , xk = y
tels que P(xi , xi+1 ) > 0 pour i = 0, . . . , k − 1.

C’est-à-dire : P(Xk = y |X0 = x) = P k (x, y ) > 0.

T HÉORÈME
Si (Xn )n∈N est irréductible,
1 les fonctions P-invariantes (i.e. Pf = f ) sont les fonctions
constantes.
2 P admet au plus une probabilité invariante π. De plus π(x) > 0
pour tout x ∈ E.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 31 / 51
C LASSIFICATION .
1 x 6→ x : x transitoire.

2 Les états x t.q. x → x peuvent être classés en classes


d’équivalence irréductibles par la relation ↔ :
I classes irréductibles non fermées : transitoires ;
I classes irréductibles fermées : récurrentes ou transitoires.

3 À partir d’un état récurrent,


I la chaîne restreinte à la classe d’équivalence de cet état est
irréductible.
I Chaque état de cette classe est visité une infinité de fois.

4 À partir d’un état transitoire,


I soit la chaîne finit par atteindre une des classes récurrentes ;
I soit elle part à l’infini après être passée un nombre fini de fois par
les états de la classe transitoire.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 32 / 51
P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 33 / 51


E XISTENCE D ’ UNE MESURE INVARIANTE .

DANS CE PARAGRAPHE ,
I E : espace fini de cardinal d, donc en bijection avec {1, . . . , d} ;
I P : matrice de transition de taille d × d ;
I Π(E) : ensemble des probabilités sur E.

T HÉORÈME
L’ensemble des probabilités invariantes pour P est un sous-ensemble
non vide, compact et convexe de Π(E).

R EMARQUE
Pas d’unicité en général !

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 34 / 51


T HÉORÈME ERGODIQUE .
T HÉORÈME
Supposons (Xn )n∈N irréductible de probabilité invariante π. Alors
1 presque sûrement
n−1
1X
lim 1Xk =x = π(x).
n→+∞ n
k =0

2 Pour tout x ∈ E,
1
π(x) = > 0,
Ex (Tx )
avec Tx = inf{k ≥ 1, Xk = x} instant de premier retour en x.

C OROLLAIRE
Si la chaîne est irréductible, alors elle visite infiniment souvent tous les
points de l’espace d’états E.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 35 / 51
C HAÎNE FORTEMENT IRRÉDUCTIBLE .

P ROPOSITION
Supposons la chaîne irréductible de probabilité invariante π. Alors pour
toute probabilité ν sur E,
n−1
X n−1
X
k
lim νP = π, ou encore lim Pν (Xk = x) = π(x).
n→+∞ n→+∞
k =0 k =0

D ÉFINITION
Une chaîne de Markov (ν, P) est fortement irréductible s’il existe un
entier k tel que
∀(x, y ) ∈ E 2 , P k (x, y ) > 0.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 36 / 51


C HAÎNE FORTEMENT IRRÉDUCTIBLE .

T HÉORÈME
Supposons (Xn )n∈N fortement irréductible de probabilité invariante π.
Soit k l’entier de la définition précédente et
X 
k
α = α(P) = inf P (x, y ) > 0.
x∈E
y ∈E

Alors pour toute probabilité ν sur E et tout n ∈ N,

sup |Pν (Xn ∈ A) − π(A)| ≤ (1 − α)[n/k ] ,


A⊂E

avec [a] la partie entière de a. Ainsi lim νP n = π.


n→+∞

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 36 / 51


A PÉRIODICITÉ (1).
D ÉFINITION
Soit x ∈ E et R(x) = {n ∈ N∗ , P n (x, x) > 0}. La période p(x) de x est
le plus grand commun diviseur de R(x).

P ROPOSITION
Supposons la chaîne irréductible. Alors tous les points de E ont la
même période.

D ÉFINITION
Cette période commune est la période de la chaîne ; chaîne qui est
apériodique si cette période vaut 1.

C OROLLAIRE
Supposons P irréductible. S’il existe x ∈ E tel que P(x, x) > 0, alors P
est apériodique.
A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 37 / 51
A PÉRIODICITÉ (2).

D ÉFINITION
Un état est apériodique s’il existe un entier N tel que P n (x, x) > 0 pour
tout n ≥ N.

T HÉORÈME
1 Si une chaîne est irréductible et apériodique, tous les états sont
apériodiques. Et alors la chaîne est fortement irréductible.
2 Réciproquement une chaîne fortement irréductible est irréductible
et apériodique.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 38 / 51


P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 39 / 51


M ESURES INVARIANTES .

ATTENTION :
A partir d’ici, E n’est plus supposé fini.

D ÉFINITION
Une mesure π est strictement positive si π(x) > 0 pour tout x ∈ E.

T HÉORÈME
Soit (Xn )n∈N une chaîne de Markov de matrice de transition P,
irréductible récurrente. Alors il existe une mesure π strictement
positive invariante, unique à constante multiplicative près.

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 40 / 51


PARMI LES ÉTATS RÉCURRENTS ...

x récurrent si Px (Tx < +∞) = 1.


m(x) = Ex (Tx ).

D ÉFINITION
Un état x est récurrent positif si m(x) < +∞, et récurrent nul sinon.

T HÉORÈME
Supposons la chaîne irréductible.
I Un état x est récurrent positif,
I si et seulement si tous les états sont récurrents positifs,
I si et seulement s’il existe une unique probabilité invariante.
Dans ce cas elle est donnée par π = (π(x) = 1/m(x), x ∈ E).

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D ICHOTOMIE .

Pour une chaîne irréductible et récurrente


I soit elle est récurrente positive s’il existe une probabilité invariante,
I soit elle est récurrente nulle
X si toute mesure invariante est de
masse totale infinie, i.e. πx = +∞.
x∈E
C ONSÉQUENCE : si E est fini, il n’existe pas d’état récurrent nul, tout
état récurrent est récurrent positif.
C OROLLAIRE
Soit (Xn )n∈N une chaîne de Markov irréductible, récurrente positive.
Pour x ∈ E, Tx = inf{n ≥ 1, Xn = x}. Alors pour tout y ∈ E,

Ey (Tx ) < +∞.

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T HÉORÈME ERGODIQUE .

G ÉNÉRALISATION de la loi des grands nombres :

T HÉORÈME
Soit (Xn )n∈N une chaîne irréductible et récurrente positive. Si
f : E → R est une fonction bornée, alors
n−1
!
1X X
P lim f (Xk ) = π(x)f (x) = 1.
n→+∞ n
k =0 x∈E

π = (π(x), x ∈ E) est l’unique probabilité invariante.

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T HÉORÈME CENTRAL LIMITE .

T HÉORÈME
Soient
(Xn )n∈N chaîne irréductible de matrice de transition P,
π l’unique probablité invariante,
X
f : E → R avec πf = πx fx = 0.
x∈E
n−1
1 X
Alors il existe σf ≥ 0 tel que la suite √ f (Xk ) converge en loi vers
n k =0
σf Z , avec Z ∼ N (0, 1).

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T HÉORÈME CENTRAL LIMITE .

C ALCUL DE σf : pour i ∈ E,
+∞
X
(Qf )x = Ex (f (Xn )).
n=0

Alors (I − P)Qf = f et
X X
σf2 = πx ((Qf )x )2 − πx (PQf )2x
x∈E x∈E
X X
= 2 πx (Qf )x fx − πx fx2 .
x∈E x∈E

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P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

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A PÉRIODICITÉ .
D ÉFINITION
Un état x est apériodique s’il existe N ∈ N tel que (P n )(x, x) > 0 pour
tout n ≥ N.

L EMME
Si P est irréductible et s’il existe un état apériodique x, alors pour tout
(y , z) ∈ E 2 , il existe M ∈ N tel que (P n )(y , z) > 0 pour n ≥ M. En
particulier tous les états sont apériodiques.

T HÉORÈME
Soient P une matrice irréductible, récurrente positive et apériodique et
π l’unique probabilité invariante. Soit (Xn )n∈N une chaîne de Markov
(ν, P). Alors pour tout x ∈ E,

lim P(Xn = x) = πx ⇔ lim (νP n )x = πx .


n→+∞ n→+∞

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V ITESSE DE CONVERGENCE .
Pour tout (x, y ) ∈ E 2 , lim (P n )(x, y ) = πy .
n→+∞
C ONDITION DE D OEBLIN : il existe une mesure non nulle µ sur E et
n0 ∈ N tels que :

∀(x, y ) ∈ E 2 , (P n0 )(x, y ) ≥ µy .
X
N OTATION : β = µx .
x∈E
I Si E est fini :
L EMME
Soit P irréductible et apériodique. La condition de Doeblin est
satisfaite.
I Quand E est infini, en général pour tout n ∈ N et tout y ∈ E,
inf (P n )(x, y ) = 0.
x∈E

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C ONVERGENCE EXPONENTIELLE .

T HÉORÈME
Supposons P irréductible et vérifiant la condition de Doeblin. Alors P
est récurrente positive et apériodique, et si π désigne sa probabilité
invariante, pour tout i ∈ E et n ∈ N :
X
|(P n )(x, y ) − πy | ≤ 2(1 − β)[n/n0 ] .
y ∈E

Pour α ∈ R, [α] est la partie entière de α.

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P LAN

1 I NTRODUCTION

2 D ÉFINITIONS

3 C LASSIFICATION DES ÉTATS

4 C AS PARTICULIER : ESPACE D ’ ÉTATS E FINI

5 C HAÎNES DE M ARKOV IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES


6 C HAÎNES IRRÉDUCTIBLES RÉCURRENTES POSITIVES ET
APÉRIODIQUES

7 C HAÎNES SIMPLEMENT IRRÉDUCTIBLES

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PARTITION DE E .
Ici la chaîne peut être périodique ou transiente ou récurrente nulle.

T HÉORÈME
Soit P irréductible. Il existe un entier d ≥ 1 et une partition

E = C0 ∪ C1 ∪ . . . ∪ Cd−1

tels que (en posant Cnd+r = Cr ) :


n > 0 seulement si x ∈ C et y ∈ C
Pxy r r +n pour un certain r ;
(nd)
Pxy > 0 pour tout n suffisamment grand, et tout x et y dans Cr
pour tout r .

D ÉFINITION
L’entier d s’appelle la période. Pour tout x ∈ E, d est le plus grand
diviseur commun de l’ensemble {n ≥ 0, Pxx n > 0}.

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C OMPORTEMENT EN TEMPS LONG .

T HÉORÈME
Soit P irréductible de période d et E = C0 ∪ C1 ∪ . . . ∪ Cd−1
X la partition
du théorème précédent. Soit ν une probabilité sur E t.q. ν(x) = 1.
x∈C0
Soit X la chaîne de Markov (ν, P). Alors pour r = 0, 1, . . . , d − 1 et
pour y ∈ Cr , on a :

d
P(Xnd+r = y ) −→ ,
n→+∞ my

où my est le temps de retour moyen en y . En particulier pour x ∈ C0 et


y ∈ Cr , on a
(nd+r ) d
Pxy −→ .
n→+∞ my

A. Popier (ENSAI) Chaînes de Markov. Janvier-Mars 2011 51 / 51

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