Matrices et applications linéaires 2019-2020
Matrices et applications linéaires 2019-2020
M ATRICES
Dans tout ce chapitre, K est un sous-corps de C.
1.1 Définitions
Définition 1 –
Soient n, p ∈ N∗ , on appelle matrice à n lignes et p colonnes à coefficients dans K, toute application
M : [[1 , n]]×[[1 , p]] → K. Pour (i , j ) ∈ [[1 , n]]×[[1 , p]], on pose M (i , j ) = M i , j (ou m i , j ), c’est le coefficient de
la matrice M d’indices i et j , le premier indice est appelé indice de ligne, et le second indice de colonne.
L’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans K est noté Mn,p (K), on a donc
Mn,p (K) = F [[1 , n]] × [[1 , p]] , K .
¡ ¢
m 1,1 · · · m 1,p
. ..
Notations : Si M ∈ Mn,p (K), on peut écrire : M = (m i , j ) 1≤i ≤n ou bien M = .. . .
1≤ j ≤p
m n,1 · · · m n,p
Remarques –
L’égalité entre deux matrices est en fait l’égalité entre deux fonctions, par conséquent deux matrices sont
égales lorsqu’elles ont la même taille et les mêmes coefficients.
Cas particuliers :
1. Lorsque n = p on dit que la matrice est carrée, l’ensemble des matrices carrées à n lignes est noté
Mn (K) au lieu de Mn,n (K).
³ ´
2. Lorsque n = 1 on dit que M est une matrice ligne : −1 3 −4 ∈ M1,3 (K).
0
−3 ∈ M3,1 (K).
3. Lorsque p = 1 on dit que M est une matrice colonne :
8
Définition 2 –
Soit M ∈ Mn,p (K).
m n,k
2. Pour k ∈ [[1 , n]] :
— On appelle k-ième vecteur ligne de M le vecteur L k (M ) = (m k,1 , . . . , m k,p ), c’est un élément de
Kn .
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³ ´
— On appelle k-ième matrice ligne de M la matrice L k (M ) = m k,1 · · · m k,p ∈ M1,p (K).
Définition 3 (transposition) –
Soit M ∈ Mn,p (K), on appelle transposée de M la matrice de Mp,n (K) notée t M et définie par :
Proposition 1 –
On a les propriétés suivantes :
— Mn (K) est stable pour la transposition.
— t (t M ) = M , on en déduit en particulier que la transposition est une involution dans Mn (K).
— L k (t M ) = C k (M ) et C k (t M ) = L k (M ).
Matrices particulières :
— Matrice nulle : la matrice nulle à n lignes et p colonnes est la matrice de Mn,p (K) dont tous les
coefficients sont nuls, celle-ci est notée On,p . Lorsque p = n, la matrice On,n est notée simplement
On , c’est la matrice nulle de Mn (K).
— Matrice unité : la matrice unité de Mn (K) est la matrice carrée de taille n, notée In et définie par
In = (δi , j )1≤i , j ≤n , c’est à dire, In est la matrice dont tous les coefficients diagonaux sont égaux à 1,
les autres (coefficients extra-diagonaux) sont tous nuls.
1 0 0
0 1 0 est la matrice unité de M3 (K).
Exemples. I3 =
0 0 1
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— Matrice élémentaire : une matrice élémentaire de Mn,p (K) est une matrice dont tous les coef-
ficients sont nuls sauf un qui vaut 1. Il y a donc np matrices élémentaires dans Mn,p (K), pour
(i , j ) ∈ [[1 , n]] × [[1 , p]], on note Ei , j la matrice élémentaire qui possède un 1 ligne i colonne j , et
des 0 ailleurs, plus précisément : (Ei , j )k,` = δi ,k δ j ,` .
à !
0 1 0
Exemples. Dans M2,3 (K), on a E1,2 = .
0 0 0
— Matrice triangulaire supérieure : c’est une matrice carrée dont tous les éléments situés sous la
diagonale principale sont nuls. L’ensemble des matrices triangulaires supérieures de Mn (K) est
noté Tns (K), on a donc :
— Matrice triangulaire inférieure : c’est une matrice carrée dont tous les éléments situés au-dessus
de la diagonale principale sont nuls. L’ensemble des matrices triangulaires inférieures de Mn (K)
est noté Tni (K), on a donc :
— Matrice symétrique : c’est une matrice qui est égale à sa transposée (elle est donc nécessairement
carrée) : M =t M . L’ensemble des matrices symétriques de taille n est noté S n (K), on a donc :
— Matrice antisymétrique : c’est une matrice qui est égale à l’opposé de sa transposée (elle est donc
nécessairement carrée) : M = −t M . L’ensemble des matrices antisymétriques de taille n est noté
An (K), on a donc :
M ∈ An (K) ⇐⇒ ∀i , j ∈ [[1 , n]], M i , j = −M j ,i ,
Proposition 2 –
(Mn,p (K) , +) est un groupe abélien. L’élément neutre est la matrice nulle : On,p , et si A ∈ Mn,p (K), l’op-
posé de A est la matrice −A définie par : ∀(i , j ) ∈ [[1 , n]] × [[1 , p]], (−A)i , j = −A i , j .
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Preuve – Il reste à montrer que la famille des matrices élémentaires est libre et génératrice de Mn,p (K). Soit M ∈
Mn,p (K), posons B = M i , j · Ei , j , on a alors pour tout (k , `) ∈ [[1 , n]] × [[1 , p]], B k,` =
X X
M i , j (Ei , j )k,` , ce qui
1≤i ≤n 1≤i ≤n
1≤ j ≤p 1≤ j ≤p
M i , j δi ,k δ j ,` , et donc B k,` = M k,` , d’où B = M . Ce qui prouve que toute matrice M s’écrit de
X
donne B k,` =
1≤i ≤n
1≤ j ≤p
manière unique comme combinaison linéaire des matrices élémentaires, celles-ci constituent donc une base de
Mn,p (K), or elles sont au nombre de np, donc dim(Mn,p (K)) = np.
Exercice 1 – Montrer que Tns (K), Tni (K), S n (K) et An (K) sont des s.e.v de Mn (K). Pour chacun d’eux
donner une base et la dimension.
Proposition 4 (propriétés de la transposition et de la trace) –
On a les propriétés suivantes :
1. La transposition est linéaire, plus précisément, c’est un isomorphisme de Mn,p (K) sur Mp,n (K).
2. La trace est une forme linéaire non nulle sur Mn (K).
Preuve – Pour le premier point, la linéarité est simple à vérifier. On peut voir ensuite que la transposition trans-
forme la base canonique de Mn,p (K) en la base canonique de Mp,n (K).
Pour le second point, il s’agit d’une simple vérification de la linéarité, d’autre part, tr(In ) = n 6= 0.
Exercice 2 – Montrer que la transposition dans Mn (K) est une symétrie, déterminer ses éléments ca-
ractéristiques.
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n
X
∀ j ∈ [[1 , p]], f (e j ) = ai , j ui .
i =1
On obtient ainsi une matrice A = (a i , j ) 1≤i ≤n cette matrice est définie par : C j (A) = Coord( f (e j )).
1≤ j ≤p B0
Définition 7 –
Soit f ∈ L (E , F ), soit B = (e 1 , . . . , e p ) une base de E et soit B 0 = (u 1 , . . . , u n ) une base de F , on appelle
matrice de f relative aux bases B et B 0 la matrice de Mn,p (K) notée mat ( f ) et définie par : pour j ∈
B,B 0
[[1 , p]], le j -ième vecteur colonne de cette matrice est Coord( f (e j )), autrement dit, le coefficient de la
B0
ligne i colonne j est la coordonnée sur u i du vecteur f (e j ).
f (e 1 ) · · · f (e p )
↓ ↓
a 1,1 · · · a 1,p → u 1
. .. ..
mat ( f ) = .. . .
B,B 0
a n,1 · · · a n,p → u n
Pour tout (x , y) ∈ K2 , g (x , y) = xg (u) + y g (v) = x(6 , −2 , 1) + y(4 , 5 , −1) = (6x + 4y , −2x + 5y , x − y).
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Remarques –
Cas particuliers des endomorphismes : lorsque l’espace d’arrivée est le même que celui de départ (F =
E ), on choisit en général la même base à l’arrivée qu’au départ (B 0 = B), on note alors mat( f ) = mat( f ),
B,B B
c’est une matrice carrée.
f = 0 ⇐⇒ mat ( f ) = Op,n .
B,B 0
Preuve – La vérification de la linéarité est simple (elle découle de la linéarité de l’application coordonnées). Si
mat ( f ) = On,p , alors on sait que f est nulle, donc l’application mat0 est injective, la surjectivité étant évidente, on
B,B 0 B,B
a donc bien un isomorphisme.
Proposition 7 –
Soit E un K-espace vectoriel de dimension p, soit F un K-espace vectoriel de dimension n, et soit u ∈
L (E , F ) une application linéaire de rang r , alors il existe une base B de E et une base B 0 de F telles que
mat (u) = J n,p,r où J n,p,r désigne la matrice de Mn,p (K) définie par :
B,B 0
1 0 ··· 0
.
0 . . ..
.
.
.
. 1
J n,p,r = .
0 · · · 0 · · · 0
. ..
.. .
0 ··· 0
Il y a r fois le scalaire 1 sur la diagonale.
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Preuve – D’après le théorème du rang, dim(Ker(u)) = p − r , soit H un supplémentaire de Ker(u) dans E et soit
(e 1 , . . . , e r ) une base de H , soit (e r +1 , . . . , e p ) une base de Ker(u), alors B = (e 1 , . . . , e p ) est une base de E . On sait que
(u(e 1 ), . . . , u(e r )) est une base de Im(u), on peut compléter en une base de F : B 0 = (u(e 1 ), . . . , u(e r ), v r +1 , . . . , v n ) et
la matrice de u dans les bases B et B 0 a exactement la forme voulue.
2 Produit matriciel
Matrice d’une composée : Soient B = (e 1 , . . . , e q ) une base de E , B 0 = (u 1 , . . . , u p ) une base de F ,
et B 00 = (v 1 , . . . , v n ) une base de G, soit f ∈ L (E , F ), g ∈ L (F ,G), on pose B = mat ( f ) ∈ Mp,q (K),
B,B 0
A = mat (g ) ∈ Mn,p (K) et C = mat ( f ◦ g ) ∈ Mn,q (K). Il s’agit de calculer g ◦ f (e j ) dans la base B 00 ,
B 0 ,B 00 B,B 00
p
X Xp Xp X n
on a : f (e j ) = B k, j u k , donc : g ◦ f (e j ) = B k, j g (u k ) = B k, j A i ,k v i , c’est à dire : g ◦ f (e j ) =
à k=1
! k=1 k=1 i =1
n p p
A i ,k B k, j v i . On doit donc avoir : C ∈ Mn,q (K) avec C i , j =
X X X
A i ,k B k, j . On voit que l’opération à
i =1 k=1 k=1
effectuer sur les matrices A et B pour obtenir C n’est pas aussi simple que pour la somme. Nous allons
définir cette opération comme étant le produit entre les deux matrices A et B .
2.1 Définition
Définition 8 –
Soient A ∈ Mn,p (K), soit B ∈ Mp,q (K), on appelle produit de A par B la matrice de Mn,q (K) notée A × B
et définie par :
p
X
∀(i , j ) ∈ [[1 , n]] × [[1 , q]], [A × B ]i , j = A i ,k B k, j .
k=1
On retient ceci en disant que le coefficient [A × B ]i , j est le résultat du « produit de la ligne i de A avec la
colonne j de B ».
Remarques –
— Le produit A × B n’est possible que si le nombre de colonnes de A est égal au nombre de lignes
de B . Le résultat a alors autant de lignes que A et autant de colonnes que B .
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Exemples.
³ ´ 0 1 1 ´ 1 −1 3
³ ´ ³
×
1 −1 3 −1 2
= 7 2 2 × 1 −1
3 =
2 −2 6
2 1 3 3 −3 9
´ 1 ³ ´
à ! à ! à !
³ 1 2 0 1 1 −2 1 3
1 −1 2 × 2 = 5
× =
2 −1 −1 0 1 1 2 1
3
à ! 0 1 0 1 à 2 −1
!
1 2 1 2
−1 2 n’est pas défini
× −1 2 × =
3 −4
2 −1 2 −1
0 1 0 1 2 −1
Remarques –
Cas particulier des endomorphismes : Soit E un K-e.v et B une base de E et soit u, v ∈ L (E ) avec
A = mat(u) et B = mat(v), on a alors : mat(u ◦ v) = mat(u) × mat(v) = A × B , en particulier :
B B B B B
· ¸n
∀n ∈ N, mat(u ) = mat(u) = A n .
n
B B
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(A × B ) ×C = A × (B ×C ) ∈ Mn,r (K).
Preuve – Soit f ∈ L (Kp , Kn ) l’application linéaire canoniquement associée à A, IdKn est l’application li-
néaire canoniquement associée à In , la matrice dans les bases canoniques de IdKn ◦ f est donc I n × A = A,
or IdKn ◦ f = f , donc I n × A = A. De même, on montre que A × Ip = A.
(A + B ) ×C = A ×C + B ×C et D × (A + B ) = D × A + D × B.
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Preuve – On sait déjà que (Mn (K) , + , ·) est un K-espace vectoriel, les propriétés du produit matriciel montre que
(Mn (K) , + , ×) est un anneau, il reste simplement à vérifier la compatibilité entre le produit interne et le produit
externe, i.e. :
∀λ ∈ K, ∀A, B ∈ Mn (K), λ · (A × B ) = (λ · A) × B = A × (λ · B ),
Remarques – Ã ! Ã !
0 0 0 0
— L’algèbre Mn (K) n’est pas intègre lorsque n ≥ 2. Par exemple : × = O2 . De ce fait, il y
1 0 1 1
à !
0 0
a dans Mn (K) des éléments nilpotents, par exemple : A = .
1 0
— On peut utiliser dans Mn (K) les règles du calcul algébrique, en prenant garde toutefois au fait que
le produit n’est pas commutatif. Par exemple, si A, B ∈ Mn (K) commutent (i.e. AB = B A), alors
on peut utiliser le binôme de Newton pour calculer (A +B )n . Mais si AB 6= B A on peut néanmoins
développer, par exemple : (A + B )2 = A 2 + AB + B A + B 2 .
1 1 0
n
0 1 1. En écrivant A = I3 + J , calculer A pour n ∈ N.
Exercice 6 – Soit A =
0 0 1
3.1 Définition
L’ensemble (Mn (K) , + , ×) a une structure d’anneau, on peut donc s’intéresser aux éléments inver-
sibles de cet anneau. C’est à dire aux matrices M ∈ Mn (K) pour lesquelles il existe une matrice N ∈
Mn (K) telle que M × N = N × M = In . Si M ∈ Mn (K) est inversible, son inverse sera noté M −1 .
Définition 10 –
Le groupe multiplicatif des inversibles de l’anneau (Mn (K) , + , ×) est noté GLn (K).
Remarques –
Puisque (GLn (K), ×) est un groupe, on a :
— Le produit de deux matrices inversibles est inversible.
— Si M , N ∈ GLn (K) alors (M × N )−1 = N −1 × M −1 .
Cas particuliers :
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Preuve – Si u est un isomorphisme, posons A = mat0 (u) et B = mat (u −1 ), on a A, B ∈ Mn (K). On sait que u ◦ u −1 =
B,B
0 B ,B
IdF , d’où In = mat(IdF ) = mat0 (u) × mat (u −1 ) = A × B , de même B × A = mat(IdE ) = In .
B0 B,B 0 B ,B B
Si la matrice de u est inversible, soit v ∈ L (F , E ) telle que mat (v) = A −1 alors en considérant la matrice de v ◦ u
0 B ,B
dans la base B, on vérifie que v ◦ u = IdE , donc u est un isomorphisme (théorème de la dimension finie).
Cas des endomorphismes : Si E est un K-espace vectoriel de dimension n et B une base de E , alors on
sait déjà que l’application mat : L (E ) → Mn (K) est un isomorphisme d’espaces vectoriels, mais comme
B
(L (E ) , + , ◦ , ·) et (Mn (K) , + , × , ·) sont des K-algèbres et que mat(u◦v) = mat(u)×mat(v) et mat(IdE ) = In ,
B B B B
on peut affirmer que l’application mat est un isomorphisme d’algèbres. En particulier celui-ci induit un
B
isomorphisme de groupes : mat : GL(E ) → GLn (K).
B
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4 Changement de bases
x1 · · · x p → vecteurs de S
↓ ↓
a 1,1 · · · a 1,p → coordonnée sur e 1 premier vecteur de B
. . ..
P B,S . ..
=
. .
a n,1 · · · a n,p → coordonnée sur e n dernier vecteur de B
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Exemples. — Soit B la base canonique de K3 , soit x 1 =(1 , −1 , 0) et x 2 = (2 , −1 , 3), alors la matrice
1 2
de la famille S = (x 1 , x 2 ) dans la base B, est P B,S = −1 −1
.
0 3
— Soit B = (i , j , k) la base canonique de K3 , soit B 0 = (i , i + j , i + j + k), on vérifie que B 0 est une
base de K3 . Déterminons la matrice de la famille S précédent dans la base B 0 : on ax 1 = i − j =
2 3
2i − (i + j ) et x 2 = 2i − j + 3k = 3(i + j + k) − 4(i + j ) + 3i , on a donc P B 0 ,S =
−1 −4 .
0 3
Interprétation de la matrice de passage entre deux bases : Soient B et B 0 deux bases de E , en considé-
rant l’application IdE : (E , B 0 ) → (E , B) avec B 0 comme base au départ et B comme base à l’arrivée, on
a la relation : P B,B 0 = mat (IdE ).
B 0 ,B
Proposition 14 (application) –
¤−1
Soient B, B 0 , B 00 trois bases de E , on a : P B 0 ,B = P B,B 0 et P B,B 00 = P B,B 0 × P B 0 ,B 00 .
£
· ¸−1
¤−1
Preuve – on a P mat (Id−1 = P B,B 0 car Id−1
£
B 0 ,B = mat (IdE ) = E ) E = IdE , ce qui prouve le premier point.
B ,B
0 B 0 ,B
Pour le second, on considère la composition : IdE ◦ IdE : (E , B 00 ) → (E , B 0 ) → (E , B), ce qui donne mat (IdE ) =
00 B ,B
mat (IdE ) × mat (IdE ), c’est-à-dire P B,B 00 = P B,B 0 × P B 0 ,B 00 .
B ,B
0 B ,B
00 0
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Proposition 15 –
Soient B et B 0 deux bases de E , soit x ∈ E , on pose : X = CoordB (x) et X 0 = CoordB 0 (x), on a les formules
suivantes : X = P B,B 0 × X 0 , et donc X 0 = P B 0 ,B × X .
Preuve – Soit B la base canonique de K3 [X ], on pose B 0 = (1 , X , X (X − 1) , X (X − 1)(X − 2)), montrer que B 0 est
une, base de K3 [X ] et pour P ∈ K3 [X ] calculer CoordB 0 (P ).
Proposition 16 (effet d’un changement de bases sur la matrice d’une application linéaire) –
Soient B1 , B10 deux bases de E et P = P B1 ,B 0 la matrice de passage, soient B2 , B20 deux bases de E et
1
Q = P B2 ,B 0 la matrice de passage, soit u ∈ L (E , F ), on pose A = mat (u) et A 0 = mat (u). On alors la
2 B1 ,B2 B10 ,B20
0 −1
relation : A = Q × A ×P.
Définition 12 –
Soient A, B ∈ Mn (K), on dit que les matrices A et B sont semblables si et seulement si il existe une
matrice carrée inversible P ∈ GLn (K) telle que A = P −1 × B × P .
Remarques –
1. Les matrices d’un endomorphisme dans deux bases sont semblables.
2. Deux matrices sont semblables lorsque ce sont deux matrices d’un même endomorphisme ex-
primées dans deux bases (P étant la matrice de passage).
3. La relation « ... est semblable à ... » est une relation d’équivalence dans Mn (K).
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Proposition 19 (conséquence) –
Si A ∈ Mn (K) et si P ∈ GLn (K), alors tr(A) = tr(P −1 × A × P ).
Proposition 20 –
L’application trace, tr : L (E ) → K, est une forme linéaire non nulle sur L (E ), qui vérifie :
tr mat(u) + tr mat(v) = tr(u) + tr(v). De la même façon, on montre que tr(λu) = λtr(u) avec λ ∈ K. On a donc
B B
une
µ forme linéaire
¶ µsur L (E
¶ ), celle-ci
µ ¶ non nulle, car tr(IdE ) = tr(In ) = n = dim(E ) ≥ 1. D’autre part : tr(u ◦ v) =
est
tr mat(u ◦ v) = tr mat(u) × tr mat(v) = tr(u) × tr(v).
B B B
5 Opérations élémentaires
Proposition 21 –
Soit u ∈ L (E , F ) soit B une base de E , soit B 0 une base de F , et soit A = mat (u), alors rg(u) = rg(A).
B,B 0
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Proposition 22 (conséquence) –
Soit E un espace vectoriel de dimension n, soit S = (x 1 , . . . , x p ) une famille de p vecteurs de E et soit B
une base de E , alors le rang de la famille S est égal au rang de la matrice de cette famille dans la base B.
Remarques –
Calculer le rang d’une application linéaire, ou d’une famille de vecteurs, revient à calculer le rang d’une
matrice.
1. Soit f ∈ L (E , F ), soit B une base de E avec dim(E ) = p, soit B 0 une base de F avec dim(F ) = n,
et soit A = mat (u) ∈ Mn,p (K), on a :
B,B 0
(a) rg(A) ≤ min(n , p).
Proposition 23 –
Soit A ∈ Mn,p (K), alors : rg(A) = r ⇐⇒ ∃U ∈ GLn (K), ∃V ∈ GLp (K), U AV = J n,p,r .
Exercice 10 – Montrer qu’une matrice A ∈ Mn,p (K) et sa transposée ont le même rang.
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— Multiplier une ligne (ou une colonne) par un scalaire non nul, notation : L i ← αL i (respective-
ment C i ← αC i ).
— Ajouter à une ligne (ou une colonne) un multiple d’une autre ligne (respectivement une autre
colonne), notation : L i ← L i + αL j , avec i 6= j (respectivement C i ← C i + αC j )).
Proposition 24 –
Effectuer une opération élémentaire sur une matrice A ∈ Mn,p (K) revient à multiplier A à gauche par
une matrice inversible pour les opérations sur les lignes (à droite pour une opération sur les colonnes).
Preuve – On désigne par L i (A) la ligne i de A sous forme d’une matrice ligne.
Pour l’opération L i ↔ L j (avec i 6= j ) : soit P i , j ∈ Mn (K) la matrice obtenue en effectuant cette opération sur
la matrice In , alors P i , j × A est la matrice que l’on obtient en effectuant l’opération L i ↔ L j dans A, en effet :
si k ∉ {i , j }, alors L k (P i , j × A) = L k (P i , j ) × A = L k (In ) × A = L k (A), si k = i , alors L i (P i , j × A) = L i (P i , j ) × A =
L j (In ) × A = L j (A), de même L j (P i , j × A) = L i (A). De plus, par définition même, P i , j × P i , j = In , donc P i , j est
inversible et P i−1
, j = Pi , j .
Pour l’opération L i ← αL i , avec α ∈ K∗ : soit D i (α) ∈ Mn (K) la matrice obtenue en effectuant cette opération sur
In , alors D i (α)× A est la matrice que l’on obtient en effectuant cette même opération sur A, en effet : si k 6= i , alors
L k (D i (α)× A) = L k (D i (α))× A = L k (In )× A = L k (A), et L i (D i (α)× A) = L i (D i (α))× A = α·L i (In )× A = α·L i (A).
De plus, il est clair que D i (α) × D i (1/α) = In , donc cette matrice est inversible et D i (α)−1 = D i (1/α).
Pour l’opération L i ← L i + αL j , avec i 6= j et α ∈ K : soit Ti , j (α) ∈ Mn (K) la matrice obtenue en effectuant cette
opération sur la matrice In , alors Ti , j (α)× A est la matrice que l’on obtient en effectuant cette même opération sur
A, en effet : si k 6= i , alors L k (Ti , j (α)× A) = L k (Ti , j (α))× A = L k (In )× A = L k (A), et L i (Ti , j (α)× A) = L i (Ti , j (α))×
A = (L i (In )+α·L j (In ))× A = L i (A)+α·L j (A). De plus, il est clair que D i (Ti , j )×Ti , j (−α) = In , donc cette matrice
est inversible et Ti , j (α)−1 = Ti , j (−α).
Proposition 25 –
Les opérations élémentaires conservent le rang de la matrice.
Remarques –
— On définit ainsi une relation d’équivalence dans Mn,p (K).
— Deux matrices équivalentes ont le même rang.
— Une opération élémentaire donne une matrice équivalente.
— Deux matrices carrées semblables sont équivalentes.
— A ∈ Mn,p (K) a un rang égal à r si et seulement si A est équivalente à J n,p,r .
Proposition 26 –
Deux matrices sont équivalentes si et seulement si elles ont le même rang.
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Preuve – Le rang de B est le rang de ses vecteurs lignes, d’où rg(B ) = rg(L 1 (B ), . . . , L r (B )) = r , or A est équivalente
à B donc rg(A) = rg(B ) = r .
La méthode :
Celle-ci consiste à transformer la matrice A en la matrice B ci-dessus à l’aide des opérations élémen-
taires sur les lignes ou les colonnes (méthode de Gauss), à chaque étape, la matrice obtenue a le même
rang que A, plus précisément, à chaque étape la nouvelle matrice s’écrit sous la forme Uk × A × Vk avec
Uk ,Vk inversibles.
À l’étape n° k, le principe est le suivant :
1. On choisit un pivot (i.e. un coefficient non nul) dans les lignes L k à L n et dans les colonnes C k à
Cp .
2. On amène le pivot à sa place, c’est à dire sur la ligne L k dans la colonne C k en échangeant éven-
tuellement deux lignes et/ou deux colonnes.
3. On fait des éliminations en dessous du pivot pour faire apparaître des 0, avec les opérations du
type : L i ← L i + αL k .
3 1 1
Exemples. Soit A = 1 0 2 .
−1 2 −12
Étape 1 : premier pivot : 1 (ligne L 1 colonne C 2 )
1 3 1
C1 ↔ C2 et L 3 ← L 3 − 2L 1 donnent 0
1
2 .
0 −7 −14
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Exemples. (Variante) Il peut être parfois avantageux de n’effectuer que des transformations sur les co-
lonnes, les éliminations se font alors à droite du pivot avec les opérations du type C i ← C i +αC k (à l’étape
k). Voici quel peut être l’intérêt : Soit B = (i , j , k) une base de E et soit u ∈ L (E ) défini par mat(u) = A (la
B
matrice précédente), calculons le rang de A (donc le rang de u) en faisant uniquement des opérations
sur les colonnes :
Étape 1 : premier pivot : 1 (ligne L 1 colonne C 2 )
1 3 1
C1 ↔ C2 donne 0
1 2 .
2 −1 −12
La matrice obtenue est la matrice dans la base B de la famille (u( j ) , u(i ) , u(k)).
1 0 0
C 2 ← C 2 − 3C 1 et C 3 ← C 3 −C 1 donnent 0
1 2 .
2 −7 −14
La matrice obtenue est la matrice dans la base B de la famille (u( j ) , u(i − 3 j ) , u(k − j )).
Étape 2 : deuxième pivot : 1 (ligne L 1 colonne C 2 )
1 0 0
C 3 ← C 3 − 2C 2 donne 0
1 .
0
2 −7 0
La matrice obtenue est la matrice dans la base B de la famille (u( j ) , u(i − 3 j ) , u(k + 5 j − 2i )).
On en déduit que le rang de u est égal à 2 et Im(u) = Vect[(u( j ) , u(i − 3 j ))] = Vect[(u( j ) , u(i ))]. Le théo-
rème du rang permet d’en déduire que dim(Ker(u) = 3 − 2 = 1, or −2i + 5 j + k est dans Ker(u) et non nul,
donc Ker(u) = Vect[−2i + 5 j + k].
A In
a 1,1 · · · a 1,n 1 ··· O
.. .. ..
. . .
a n,1 · · · a n,n O ··· 1
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Les opérations sont effectuées sur toute la longueur de chaque ligne. L’objectif est d’obtenir la matrice
In à la place de A, alors on pourra conclure que A est inversible, et là où il y avait In on aura A −1 , on
utilise la méthode de Gauss-Jordan :
À l’étape k :
— On choisit un pivot (i.e. un coefficient non nul) dans les lignes L k , . . . , L n et dans la colonne C k .
— On amène le pivot à sa place : ligne L k (en échangeant éventuellement deux lignes).
— On fait les éliminations (pour faire apparaître des zéros) en dessous et au-dessus du pivot avec
les opérations : L i ← L i + αL k .
2 4 2 1 0 0
0 1 1 0 1 0
0 −2 −3 −1 0 1
2 0 −2 1 −4 0
0 1 1 0 1 0
0 0 −1 −1 2 1
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2 0 0 3 −8 −2
0 1 0 −1 3 1
0 0 −1 −1 2 1
3
2 −4 −1
−1
En conclusion, la matrice A est inversible et son inverse est : A = −1 3 .
1
1 −2 −1
3. C i , j = U q+i , j pour i ∈ [[1 , n − q]] et j ∈ [[1 , r ]] (attention au décalage sur les lignes !) ;
4. D i , j = U q+i ,r + j pour i ∈ [[1 , n − q]] et j ∈ [[1 , p − r ]] (attention au décalage sur les lignes et les
colonnes !) ;
Bien entendu on peut faire moins ou bien plus de quatre blocs. Voici plusieurs cas particuliers :
³ ´
Exemples. 1. U = C 1 (U ) · · · C p (U ) , c’est à dire une ligne de blocs et p colonnes, dans ce cas
les blocs sont les matrices colonnes de U ;
L 1 (U )
..
2. U = . , c’est à dire n lignes de blocs et une colonne, dans ce cas les blocs sont les matrices
L n (U )
lignes de U ;
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A1 (0) ··· (0)
.. ..
.
A2
(0) .
3. Matrices diagonales par blocs, ce sont des matrices carrées de la forme A =
.. ..
,
..
. . (0) .
(0) · · · (0) A n
1 2 0
où les matrices A i sont carrées (par forcément de même taille). Par exemple A = −1 3 0 est
0 0 1
diagonale par blocs.
A ∗ ··· ∗
1
.. ..
.
(0) A2 .
4. Matrices triangulaires par blocs, ce sont des matrices carrées de la forme A =
.. . .
,
. . . . . ∗
(0) · · · (0) A n
1 2 5
où les matrices A i sont carrées (par forcément de même taille). Par exemple A = −1 3 2 est
0 0 1
triangulaire par blocs.
PropositionÃ28 (produit
! par blocs) – Ã !
A B A0 B 0
Soient U = ∈ Mn,p (K), V = ∈ Mp,m (K), avec A ∈ Mq,r (K), B ∈ Mq,p−r (K), C ∈
C D C 0 D0
Mn−q,r (K), D ∈ Mn−q,p−r (K), A 0 ∈ Mr,s (K), B 0 ∈ Mr,m−s (K), C 0 ∈ Mp−r,s (K), D 0 ∈ Mp−r,m−s (K), alors :
à ! à ! à !
A B A0 B0 A A 0 + BC 0 AB 0 + B D 0
U ×V = × = .
C D C 0 D0 C A 0 + DC 0 C B 0 + DD 0
Preuve – On vérifie que U est bien de taille (n , p) et V de taille (p , m), donc le produit W = U × V est défini et de
p
X
taille (n , m). Calculons les coefficients w i , j = u i ,k v k, j , dans les différents « quarts » :
k=1
1. Premier « quart » (i ∈ [[1 , q]] et j ∈ [[1 , s]]) :
r p p−r
a i ,k a 0 k, j + b i ,k−r c 0 k − r, j = [A A 0 ]i , j + b i ,k c 0 k, j = [A A 0 ]i , j + [BC 0 ]i , j = [A A 0 + BC 0 ]i , j .
X X X
wi , j =
k=1 k=r +1 k=1
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Remarques –
— Cette formule n’est valable qu’à certaines conditions. Le nombre de colonnes de blocs de la ma-
trice de gauche doit correspondre au nombre de lignes de blocs de la matrice de droite, mais il y a
aussi des conditions sur les tailles des différents blocs (la largeur de la colonne de blocs numéro j
de la matrice de gauche, doit être égale à la hauteur de ligne de blocs numéro j de celle de droite,
on dit qu’ils doivent être compatibles). C’est la première chose à vérifier avant de faire un produit
par blocs.
— La formule a été donnée avec 4 blocs, mais elle est évidemment plus générale. Le résultat a autant
de lignes de blocs que la matrice de gauche, et autant de colonnes de blocs que la matrice de
droite (sous réserve de compatibilité).
Applications :
— Si A est une matrice diagonale par blocs, alors ∀p ∈ N, A p s’obtient en élevant tous les blocs
diagonaux à la puissance p.
— Si A est une matrice diagonale par blocs, alors A est inversible si et seulement si tous les blocs
diagonaux sont inversibles, auquel cas la matrice inverse s’obtient en inversant chaque bloc de
la diagonale.
— Si A est une matrice triangulaire par blocs, alors A est inversible si et seulement si tous les blocs
diagonaux sont inversibles.
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Lemme 1 –
Si A ∈ Mn,p (K) et si M ∈ Mr (K) est une matrice carrée inversible extraite de A et de taille r , alors rg(A) ≥
r.
Preuve – Notons 1 ≤ j 1 < j 2 < · · · < j r ≤ p les numéros des colonnes qui ont été extraites de A. Si les colonnes
C j 1 (A), . . . ,C j r (A) étaient liées, alors les colonnes de la matrice extraite M serait liées (avec les mêmes coefficients),
et donc la matrice M ne serait pas de rang r ce qui est absurde car elle est inversible, on en déduit que les colonnes
C j 1 (A), . . . ,C j r (A) forment une famille libre, et donc rg(A) ≥ r .
Lemme 2 –
Si A ∈ Mn,p (K) est de rang r alors toute matrice carrée inversible extraite de A a une taille inférieure ou
égale à r . Et il existe une matrice carrée extraite de A qui est inversible et de taille r .
Preuve – D’après le premier lemme, si une matrice carrée inversible extraite de A a une taille égale à t , alors on a
t ≤ rg(A) = r .
Le rang de la matrice A est le rang de ses colonnes, celui vaut r , donc il existe des entiers 1 ≤ j 1 < j 2 < · · · < j r ≤ p
tels que la famille (C j 1 (A), . . . ,C j r (A)) est libre dans Mn,1 (K).
Considérons la matrice B obtenue en ne prenant que les colonnes C j 1 (A), . . . ,C j r (A), le rang de cette matrice est
r , or son rang est aussi le rang de ses vecteurs lignes, il existe donc des entiers 1 ≤ i 1 < i 2 < · · · < i r ≤ n tels que les
lignes L i 1 (B ), . . . L i r (B ) forment une famille libre, par conséquent la matrice carrée extraite M ∈ Mr (K) définie par
m k,l = a i k , j l est inversible (car de rang r ).
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