UNIVERSITE OMAR BONGO
FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES
DEPARTEMENT DE DROIT
LICENCE II FONDAMENTALE
U.E : DROIT DES OBLIGATIONS 1
Groupe n°4
THEME :
L’INTEGRITE DU CONSENTEMENT : LA VIOLENCE
Sujet :
« Commentaire de l’article 1143. »
Membres du groupe :
Chargé de TD
M. NZOGHE MOUSSAVOU
1. METANGA NDAHIDA Gaëlle
2. MEPAS EKO Phillipe Josue
3. MEZUI ASSOUMOU Archange Moïse
4. MEZUI NDONG Rusquin
5. MINKO M’ENDAMANE Jean Pierre junior
6. MIKOUE M’OYONE Eolia Pascale
7. MIYIGA MINTA Ketsia Diana
8. MAFOUMA DIVASSA Keurtisse- Kalvine
Année Académique : 2025-2026
PLAN
INTRODUCTION ................................................................................................. 1
I. Les conditions de l'abus de dépendance constitutif de violence. .................... 2
A. L'existence d'un état de dépendance du cocontractant ................................ 2
B. L'exploitation de cette dépendance par l’autre partie .................................. 2
II. Le régime juridique : une sanction au service de l'équilibre contractuel........ 3
A. La nullité relative comme sanction du vice du consentement ..................... 3
B- Le renforcement de la protection de la partie faible ..................................... 4
INTRODUCTION
En matière contractuelle, la violence classique reposait sur contrainte physique ou morale, la
jurisprudence aurait progressivement admise qu’une pression économique pouvait altérer le
consentement du même titre.
L’article 1143 du code civil français est tiré de l’ordonnance numéro 2026-131 du 10 Février
2026, il est un texte législatif codifiant la violence économique. Il régit les relations entre
personnes privées dans le cadre de la formation d’un contrat, se situant au cœur du titre III du
Livre III du code civil qui traite les sources d’obligations. Cet article complète les articles
traitants de l’erreur, du dol et de la violence.
Ce texte, met en lumière des enjeux essentiels en élargissant la notion de violence aux
pressions économiques, protège d’avantage la partie faible, interroge la limite entre liberté
contractuelle et abus. Il influence la sécurité juridique en permettant d’annuler les contrats
conclus sous contrainte économique.
L’intérêt de cet article réside dans la reconnaissance explicite d’une forme moderne de
violence, non plus physique ou morale mais économique, permettant de lutter contre les abus
contractuels et de relever un certain équilibre entre les parties.
Dans quelle mesure ce texte parvient -il à encadrer et sanctionner les situations d’abus
d’état de dépendance afin de protéger l’intégrité du consentement sans pour autant remettre en
cause la liberté contractuelle et pratiques économiques légitimes ?
Pour répondre à cette problématique, il sera judicieux d’appréhender les conditions de
l’abus de dépendance constitutif de violence économique (I) aux fins de comprendre les effets
juridiques et la portée de cette consécration légale (II).
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I. Les conditions de l'abus de dépendance constitutif de violence.
L'article 1143 ne se contente pas d'identifier une faiblesse (A) ; il exige une exploitation
caractérisée pour ne pas fragiliser la stabilité des contrats(B).
A. L'existence d'un état de dépendance du cocontractant
La dépendance n’est pas seulement économique ; elle peut être psychologique, sociale ou
intellectuelle. Elle se définit par l'absence d'alternative raisonnable pour la victime.
Contrairement à la violence classique (physique), ici la contrainte est structurelle. Le
cocontractant se sent "obligé" de signer car il est lié à l'autre partie par un besoin vital (emploi,
approvisionnement exclusif, survie affective). L’article 1143 issu de 2016, s'inspire de la
jurisprudence antérieure pour démontrer l’état de dépendance lors de la conclusion de contrat.
Par exemple, L’arrêt de la 1ère Chambre civile, 30 mai 2000 (Bordas) a reconnu que la
dépendance pouvait être liée à la crainte de perdre son emploi, même si dans ce cas précis, la
violence n'avait pas été retenue faute d'exploitation abusive.
Toutefois, la dépendance même caractérisée ne suffit pas à elle seule à établir la violence, encore
faut-il que cette situation soit exploitée de manière abusive(B).
B. L'exploitation de cette dépendance par l’autre partie
La mauvaise foi du partenaire est centrale. Il ne suffit pas de constater que le contrat
est déséquilibré, il faut prouver que l'autre partie a profité de la situation de faiblesse.
L’investigation du législateur a ajouté le critère de l'avantage manifestement excessif.
C'est une condition de "prix" ou de "contenu" : le contrat est si disproportionné qu'il en devient
injuste. C'est ce qui distingue une négociation "musclée" d'un abus de droit.
Cette hypothèse se définit dans la première chambre civile du 3 avril 2002 (Larousse-Bordas) :
C'est l'arrêt fondateur de la "violence économique". Une rédactrice avait signé une cession de
ses droits d'auteur très défavorable sous la pression de son employeur qui menaçait de la
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licencier. La Cour a jugé que l'exploitation de cette crainte, pour obtenir un contrat qu'elle
n'aurait jamais signé autrement, constitue une violence.
Lorsque la dépendance est avérée et son exploitation établie (I), le droit attache à cette violence
des conséquences juridiques particulièrement protectrices (II).
II. Le régime juridique : une sanction au service de l'équilibre
contractuel
L'article 1143 est une arme puissante pour rétablir l’équité, (A) mais son usage est strictement
encadré par le juge(B).
A. La nullité relative comme sanction du vice du consentement
La violence économique affecte directement la formation du consentement. Car
l’engagement pris par la partie dépendante ne résulte pas d’une volonté libre et réfléchie, mais
d’une contrainte qui a déterminé sa décision de contracter.
L’analyse porte ici sur le caractère déterminant de la pression exercée : sans cette contrainte,
la partie n’aurait pas accepté de contracter ou aurait refusé les conditions imposées.
La conséquence juridique est la remise en cause de l’acte lui-même. Le contrat est considéré
comme entaché d’un vice suffisamment grave pour justifier son anéantissement. Cette sanction
vise à effacer les effets d’un engagement obtenu de manière déloyale et à restaurer la liberté
contractuelle de la partie lésée.
Par exemple, l’arrêt de la chambre commerciale du 3 mars 2015, montre qu’il ne s’agit pas
de sanctionner un simple déséquilibre, mais de corriger une atteinte fondamentale à la volonté,
cœur même de l’acte contractuel.
Néanmoins, la violence économique qui est un vice du consentement est sanctionnée par une
annulation de contrat, ceci étant il existe encore une protection adéquate pour la partie faible
(B)
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B- Le renforcement de la protection de la partie faible
Avant 2016, ce mécanisme n'était pas dans le Code civil mais avait été créé par les juges.
L'arrêt Bordas (Civ. 1ère, 3 avril 2002), montre que la Cour de cassation avait jugé que
l'exploitation d'une situation de dépendance économique pour tirer un avantage excessif
constituait une violence.
L’analyse faite est que l’article 1143 généralise cette solution. Il ne protège plus
seulement les salariés ou les entreprises en difficulté, mais tout contractant (même un
professionnel face à un autre, s'il y a dépendance).