Droit international privé : nationalité et conflits
Droit international privé : nationalité et conflits
03/10/24
ANDRIANASOLO Léon Dola
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Plan du cours :
Introduction générale
Partie 1. Les sujets du Dipri
Titre I. Les personnes physiques
Chapitre 1. La nationalité des personnes physiques
Section 1ère : notion de nationalité
Section 2 : détermination des nationaux, compétence exclusive de l’Etat
Section 3 : les modes de détermination de la nationalité
Chapitre 2. Le droit Malagasy de la nationalité
Section 1ère : attributions de la nationalité Malagasy
Section 2 : acquisitions de la nationalité Malagasy
Section 3 : la perte de la nationalité Malagasy
Section 4 : déchéance de la nationalité Malagasy
Titre II. Les personnes morales
Chapitre 1. Existence ou non d’une nationalité des personnes morales
Section 1 : négation de la nationalité aux personnes morales
Section 2 : courant favorable à la nationalité des personnes morales
Chapitre 2. Les critères d’attribution de la nationalité des personnes morales
Section 1 : les principaux critères
Section 2 : le droit positif Malagasy
Partie 3. Les relations entre les sujets du Dipri (les conflits de lois et de juridiction)
Chapitre 1. Notion de conflits de lois
Section 1ère : position du problème de conflits de lois
Section 2 : solution du problème : les méthodes possibles
- La condition des étrangers : cette étude est surtout axée sur les règles relatives à
l’entrée et le séjour des étrangers dans un pays, ainsi que les conditions dans lesquelles
ils peuvent être expulsés. Il s’agit là de la police des étrangers.
La condition des étrangers fixe les normes relatives à la jouissance du droit par les
étrangers.
Elles sont de deux ordres : les sources nationales ; qui sont de loin les plus importantes ; et les
sources internationales
§1. Les sources nationales du Dipri
A- La loi écrite
- La Constitution
- Le Code Malagasy de la Nationalité (CMN) : Ordonnance n°60-064 du 22 juillet 1960.
Il contient 94 articles
- La condition des étrangers, articles 20 à 25 de l’ordonnance 62-041 du 19 septembre
1962 relative aux dispositions de droit interne et de droit international privé
- Les différents textes sur la police des étrangers à Madagascar
- Loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements à Madagascar (articles 15 à
21)
- Les conflits de lois : articles 26 à 32 de l’ordonnance 62-041 du 19/09/62 précité.
B- La coutume interne
La coutume ne joue aucun rôle en matière de nationalité pas plus qu’en matière de
condition des étrangers. Mais son rôle est important en matière de conflit à cause de l’absence
ou de l’insuffisance des textes écrits.
Beaucoup de règles coutumières ont été intégrées dans la jurisprudence, comme Pacta
Sunt Servanda, Locus Regit Actum, Mobilia Sequitur Personam ; principe de l’autonomie
de volonté
C- La jurisprudence
Il faut remarquer que le mot « international » dans l’expression droit international privé,
fait référence à l’objet de ce droit, mais non à ses sources.
Ils sont faciles à négocier et plus faciles à harmoniser avec les droits nationaux et
inversement. Il est plus aisé d’adapter les droits internes avec les normes internationales. Les
traités bilatéraux se rencontrent surtout en matière de :
Ils sont plus difficiles à négocier à cause de la pluralité des parties. Ceci explique que
l’harmonisation des traités multilatéraux avec les droits internes respectifs des parties est
difficile.
- Transports internationaux
Transport par chemins de fer : convention de Berne de 1990, rédigé à Paris en
1971
Transport aérien : convention de Varsovie en 1929 et convention de Rome de
1933
Transport maritime : conventions de Bruxelles du 25 août 1924 portant
unification de certaines règles en matière de connaissement
- En matière de vente internationale :
Convention des NU sur les contrats de ventes internationales de marchandises (CVIM)
du 11 avril 1980
- Propriété intellectuelle :
Propriété littéraire et artistique, Genève 1952
Propriété industrielle, Paris 1883
B- Coutume internationale
Mais dans de nombreux secteurs du commerce international, sont apparus des usages
professionnels auxquels les parties à un contrat international sont, à défaut de clause contraire,
censées s’être conformées.
Dans certains domaines du droit du commerce international, les usages ont été codifiés ;
exemple : « les règles et usances de la Chambre de Commerce internationale relative aux
crédits documentaires ».
C- La jurisprudence internationale
Exemples : arrêt Boll du 28 novembre 1958 : conflit entre la Suède et les Pays-Bas
concernant l’application de la convention de la Haye sur la tutelle des mineurs à la fille d’une
Suédoise et d’un Hollandais.
Première partie : Les personnes privées ; sujets du Dipri
Toute personne peut être impliquée dans une relation internationale. En d’autres termes,
toute personne peut être sujet de Dipri.
10/10/24
Selon les auteurs du Dipri (Batiffol et Lagarde, traité n.59) la nationalité se définit
comme « l’appartenance juridique d’une personne à la population constitutive d’un Etat ».
Les publicistes quant à eux, enseignent que l’un des éléments constitutifs de l’Etat est
sa population, composée de l’ensemble des nationaux (Nguyen Quoc Dihn). Quoiqu’il en soit,
le résultat est une tautologie.
La nationalité est « l’appartenance à l’ensemble des nationaux d’un Etat ». Bien que
les premiers termes soient dérivés du mot « nation » ; la nationalité n’est pas rattachée à une
nation.
Une nation peut être divisée en plusieurs Etats, et à l’inverse, un État peut être composé
de plusieurs nations (ex : l’Inde, même les Etats-Unis), ce qui n’est pas sans provoquer des
tensions dans le monde. Exemples : l’Etat autrichien a disparu en 1938 du fait de son
annexion à l’Allemagne Hitlérienne, mais la nation autrichienne a survécu et a pu reconstituer
son État après la guerre, cf également la Pologne, la Tchécoslovaquie, etc…
Seul l’Etat dont la nationalité est en cause a compétence pour conférer ou délier à un
individu cette nationalité. Ce principe du droit international public est la consécration de
l’article 1er de la Convention de la Haye du 12 avril 1930 « il appartient à chaque État de
déterminer par sa législation, quels sont ses nationaux ».
La Cour Permanente de Justice Internationale (CPJI) a affirmé que « les questions de
nationalité étaient comprises dans le domaine réservé (à l’Etat) (avis n.7 sur l’interprétation
du Traité des minorités du 28 juin 1919 entre la Pologne et les puissances alliées) ».
Dans la pratique, cette règle est respectée. Un État ne se soucie pas de réglementer les
Etats voisins (principe de non-ingérence).
De nombreux traités (bilatéraux surtout) ont pour objectif de supprimer les conflits de
nationalité, mais d’autres traités sont conclus à l’occasion des cessions de territoire (ou traités
d’annexion). En règle générale, les nationaux de l’Etat cédant (exemple : Madagascar) dont le
domicile est situé sur le territoire cédé perdent leur nationalité ; et acquièrent la nationalité de
l’Etat annexant ou cessionnaire. L’Etat annexant a un intérêt à ne pas laisser subsister sur le
territoire annexé une minorité « étrangère », d’où la stipulation dans le traité d’annexion que
la population du territoire annexé aura la nationalité du territoire annexant.
Les règles du droit des gens (du droit international) adoptent aussi le principe selon
lequel « tout individu doit avoir une nationalité et une seule ».
Section 3. Les modes de détermination de la nationalité
Les nationaux d’un État possèdent cette qualité à leur naissance suivant la règle comme
quoi « tout individu doit posséder une nationalité d’origine ». L’apatridie est inadmissible, et
il faudrait reconnaître que « nul ne devrait naître apatride », ce qui obligera les Etats à les
intégrer parmi leurs nationaux, surtout les enfants de ceux-ci nés sur le territoire.
- Le critère basé sur le « Jus sanguinis » fait que l’enfant, par le lien du sang, possède la
nationalité de ses parents. La nationalité a un lien étroit avec la filiation. Pour
savoir la nationalité d’une personne, il suffit d’établir sa filiation
- Le critère tiré du « Jus soli », fait que l’enfant devrait avoir la nationalité du pays où il
est né. Mais ce principe doit être complété par la condition d’une attache solide et
permanente avec le pays de naissance. Exemple : parents établis depuis longtemps
dans ce pays.
17/10/24
Le changement « volontaire » de nationalité est possible dans les deux cas suivants :
A raison des circonstances déterminées par la loi, un individu, à n’importe quel moment
de son existence peut changer de nationalité. L’acquisition de la nationalité dans ce cas précis
peut être un « droit » ou une « obligation ». Il ne peut être qu’involontaire s’il s’agit d’une
obligation. C’est le cas du changement de nationalité par le mariage (si la loi le prévoit).
2) La naturalisation
L’acquisition de nationalité dans ce cas est une faveur qu’un État peut accorder à un
individu sur sa demande qui n’avait aucune attache personnelle de naissance avec celui-ci
Les enfants communs auront souvent une double nationalité, c’est-à-dire conflit de lois
relatif aux effets du mariage et à la filiation « légitime ».
En fait, le principal souci est de résoudre ces problèmes ; surtout selon de nombreux
auteurs ; il existe une contradiction intolérable entre l’unité du mariage et la dualité des
allégeances , qui pourrait conduire – en cas de conflit entre les deux Etats – au choix cornélien
(héros de Corneil qui fait passer le devoir avant tout) entre la dissolution du mariage et la
trahison.
Le remède est qu’en cas de mariage entre deux personnes de nationalité différente, le
changement de nationalité de l’une d’elles, pour permettre à l’association conjugale d’avoir
un même statut (exemple : la femme suit la nationalité du mari)
Remarque : cette solution est fondée sur l’idée d’égalité des sexes et d’indépendance de la
femme comme le veut la Convention de New York du 1er mars 1980 sur « l’élimination de
toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ». Cette convention exclut tout effet
automatique du mariage sur la nationalité de la femme. Mais combiner égalité et liberté
(de choix) ne peut se faire qu’au détriment de l’unité. La solution préconisée est peut-être que
la femme, au moment du mariage, prenne la nationalité de son mari (sur sa demande)
Le droit Malagasy semble adopter cette voie mais avec quelques conditions. En effet,
l’article 22 du CNM dispose que « la femme étrangère qui épouse un Malagasy n’acquiert la
nationalité de Malagasy que sur sa demande expresse ou si, en conformité des dispositions de
sa loi nationale, elle perd nécessairement sa nationalité »
Mais pourquoi la femme devrait-t-elle subir une nationalité dont elle n’aurait peut-être
pas voulu ? Le choix d’un mari n’implique pas la volonté d’en prendre la nationalité car il se
peut par exemple que la nationalité du mari fasse à la femme une condition défavorable. Dans
ce cas, la reconnaissance de la liberté de choix de la femme mariée n’est que justice.
Le fait qu’un individu soit le national de deux ou plusieurs Etats est tout à fait possible.
Le cas de double jus sanguinis (ex : pour un enfant issu de parents de nationalités
différentes sous peine d’en faire un apatride, il est normal que chacun lui offre sa
nationalité. Mais il peut (l’enfant) (ou il doit ?) faire un choix à sa majorité)
Le cas de combinaison d’un jus soli et d’un jus sanguinis. C’est-à-dire que certains
Etats connaissent – à côté de l’attribution de la nationalité à raison de la filiation – ,
une attribution à raison du lieu de naissance
Les femmes mariées conservent souvent leur nationalité ancienne, tout en acquérant
celle de leur mari. Elles ont alors une double nationalité ; et les enfants du couple
risquent de se trouver dans le même cas.
Le cas de naturalisation ou de réintégration d’une personne qui a conservé sa
nationalité d’origine
Remarque : du fait qu’un individu possède deux ou plusieurs nationalités, il en résulte qu’une
pluralité d’Etats peuvent réclamer une compétence personnelle à son égard. Les effets
présentent pour lui des avantages, car la qualité de national confère des droits ; mais elle
confère aussi des obligations, parfois néfastes. Exemples : obligation militaire, obligation
fiscale, etc…
Il faut constater cependant que l’individu n’est pas toujours traité comme le national à
part entière de chacun des Etats qui lui ont donné leur nationalité. Les Etats cherchent à lutter
contre l’apparition des cumuls de nationalité.
Le terme « apatride » désigne une personne qu’aucun État ne considère comme son
ressortissant par application de sa législation. L’encyclopédie Larousse désigne comme
apatride l’individu sans « patrie ». La conception allemande « Heimatlos » vise la personne
qui a perdu sa nationalité, et qui n’en a pas acquis une autre.
Le problème posé par l’apatridie devient mondial. Les apatrides risquent d’être mis en
marge de la société. Aussi, des conventions internationales militant en faveur des apatrides
furent-t-elles conclues ; notamment :
- La Convention de New York du 28 septembre 1954 portant statut international des
apatrides. L’article 32 prévoit des moyens tendant à faire disparaître le phénomène de
l’apatridie par l’assimilation et la naturalisation.
- La Convention sur la réduction des cas d’apatridie adoptée par la conférence des
plénipotentiaires réunis à New York en 1959 et à nouveau en 1961 ; en application de
la résolution 896 (IX) de l’AG en date du 4 décembre 1956. Cette convention a pour
finalité la réduction de l’apatridie par voie d’accord international en préconisant
deux moyens : d’une part les Etats contractants doivent prendre en considération
le « jus soli », et d’autre part s’efforcer d’éviter tout conflit négatif de nationalité.
REMARQUE : Si l’apatride est à la fois réfugié, c’est-à-dire par crainte d’une persécution ; il
a quitté le pays dans lequel il avait sa résidence habituelle ; il bénéficie de la Convention de
Genève du 28 juillet 1951 et du protocole de New York du 31 janvier 1967 qui lui accorde
entre autres avantages une protection internationale assurée par le Haut-Commissaire des
Nations-Unies pour les réfugiés.
Le CNM en son article 11 dispose que « est Malagasy l’enfant né à Madagascar des
parents inconnus dont on peut présumer que l’un des parents au moins est Malagasy»
L’article 90 CNM définit comme national Malagasy « les personnes nées de père et de
mère d’origine Malagasy, quels que soient leurs âges, leurs domiciles, ou leurs résidences à
la date du 26 juin 1960 ».
Et l’article 91 alinéa 1er précise que « les personnes issues d’un seul parent d’origine
Malagasy, quel que soit leurs âges, leurs domiciles ou leur résidence à la date du 26 juin
1960 ont la nationalité Malagasy »
A- Notion d’originaire
- Dans son sens primitif, l’origine est le lieu de naissance. Et l’originaire d’un pays
c’est quelqu’un qui est né dans ce pays
- Dans un sens plus nuancé, l’originaire est le descendant de famille installée dans le
pays, dont les ancêtres sont nés dans ce pays ou celui qui est né dans un pays
d’ascendant né dans ce même pays
- Dans son acceptation sociologique, l’originaire appartient à une communauté
attachée à un pays par le sang.
L’originaire de Madagascar n’est pas celui qui est né à Madagascar. Mais celui qui est
de « source » Malagasy. C’est donc le fait d’avoir le même sang, de faire partie jure
sanguinis de la communauté Malagasy qui caractérise des « originaires ».
L’article 9 (nouveau) dispose que « est Malagasy l’enfant né d’un père et/ou d’une mère
Malagasy ». Cette disposition a été prise si l’on se réfère à l’exposé des motifs de la loi
précitée, dans l’objectif de :
24/10/24
B- Les conséquences de ces principes
L’article 9 (nouveau) s’applique aux individus nés avant la date de sa mise en vigueur.
En vertu du principe du respect des « droits acquis », l’application de cette disposition
ne porte pas atteinte à la validité des actes passés par l’intéressé ni aux droits acquis par les
tiers sur le fondement des lois antérieures.
Remarques :
Cette disposition, loin de supprimer les conflits des nationalités (positifs ou négatifs) ; semble
les favoriser car probablement, dans le cas d’une union mixte, l’enfant aura probablement une
double nationalité.
Et inversement, un enfant issu d’un couple d’apatride n’aura jamais «la nationalité Malagasy».
Cette nouvelle loi devrait appliquer le principe des nationalités consacré par le Dipri «un
individu, une nationalité»
La preuve de la maternité est établie dans les conditions déterminées par le droit civil
Malagasy (article 13 du CNM).
C’est le cas par exemple de l’enfant né d’une mère apatride et d’un père Malagasy ou
d’une mère étrangère et d’un père Malagasy. L’article 15 se justifie dans la mesure où le
législateur a voulu éviter que des parents ne connaissent tardivement un enfant qu’ils ont
abandonné, et puissent tirer profit de cette reconnaissance.
§3. Attributions découlant d’une filiation probable.
- Naissance à Madagascar :
L’enfant (non le nouveau-né seulement) trouvé à Madagascar est présumé y être né.
C’est une présomption simple (article 11 alinéa 4 nouveau).
- Parents inconnus ou ne pas avoir de parents connus :
C’est la règle du droit Malagasy de la filiation qui doit s’appliquer (ex : accouchement
matériel)
- Présomption d’origine Malagasy :
L’article 11 alinéa 2 précise les caractéristiques ou les éléments qui peuvent être pris
en considération (liste non exhaustive à valeur indicative) par le juge.
Données somatiques ; les caractères « physiques » de l’enfant : son teint, sa
chevelure, ses caractères ethniques, etc…
« Histoire » de l’enfant ; les conditions dans lesquelles il est aux mains des
personnes qui l’élèvent ; peuvent fournir de précieux renseignements sur son
origine
Le milieu social : milieu où il vit, éducation reçue, etc… ou toute autre
circonstance susceptible de créer une présomption de son origine Malagasy
Il faut que cette filiation soit établie pendant la minorité ; faute de quoi ; l’attribution de
nationalité Malagasy serait consolidée et irrévocable. Il ne faut pas remettre en cause
indéfiniment son statut.
Problème :
Il convient de préciser que lorsque la mère Malagasy se fait connaître après le père
étranger, et apporte la preuve de l’accouchement matériel, l’enfant devient à nouveau
Malagasy de naissance. (Article 9 nouveau)
Il s’agit de l’établissement d’un lien de filiation à l’égard de l’un ou des deux parents
Malagasy par le sang ou par l’adoption d’une part, et par le Mariage d’une femme
étrangère épousant un Malagasy d’autre part.
Il convient de préciser que l’article 20 CNM a été abrogé par la loi de 2016 précitée.
C’était le cas de l’enfant né hors mariage, légitimé au cours de sa minorité si son père
est Malagasy. Cet article n’a plus sa raison d’être par application de l’article 9 nouveau. Il ne
reste alors que la légitimation adoptive de l’article 21.
L’article 21 précise que l’enfant qui a fait l’objet d’une légitimation adoptive acquiert
la nationalité Malagasy si son père adoptif est Malagasy.
Au jour de l’adoption, les adoptants ne doivent pas avoir plus de 3 enfants vivant à charge.
Quand-bien même l’un d’eux n’est que simplement conçu (article 8 de la loi 63-022 du 20
novembre 1963 sur la filiation, le rejet et la tutelle).
L’adoption plénière doit être prononcé par décision judiciaire. Elle confère à l’adopté, la
qualité de l’enfant légitime.
L’article 22 alinéa 2 dispose que « la femme apatride qui épouse un Malagasy acquiert
la nationalité Malagasy ». La situation de la femme apatride épousant un Malagasy est
identique à celle de la femme étrangère épousant un Malagasy qui devient virtuellement
apatride.
Il faut que le mariage ait été valablement célébré. En cas d’annulation, il faut tenir
compte de l’application de la théorie du mariage putatif. L’annulation du mariage est sans
effet sur la nationalité acquise par la femme de bonne foi (article 25), par l’un au moins des
époux.
Il faut que la femme étrangère ne soit pas sous le coup d’un arrêté d’expulsion ou
d’assignation à résidence non rapportée.
L’opposition est possible dans les deux ans suivant la célébration du mariage. Si la
célébration est à l’étranger, ce délai court du jour de la transcription de l’acte sur les registres
de l’état civil des agents diplomatiques ou consulaires Malagasy, ou du jour du dépôt de l’acte
au Ministère des Affaires Etrangères.
Remarque : les motifs d’opposition du gouvernement doivent être motivés ou justifiés par
l’indignité ou grave incapacité physique.
Les décrets d’opposition peuvent être attaqués devant le Conseil d’Etat pour excès de
pouvoir.
- Les enfants nés hors mariage acquièrent la nationalité Malagasy si la filiation naturelle
a été établie d’abord à l’égard de la mère ou si le père est mort. Ce qui est difficile là-
dessus c’est que si la filiation naturelle est d’abord établie à l’égard de la mère*
- Les enfants légitimes de la mère ne suivent pas la nationalité Malagasy acquise par la
mère sauf si elle est veuve (non pas si elle est divorcée) ou le père apatride
B- Acquisition de la nationalité Malagasy sur déclaration
Dans tous les autres cas d’acquisition de la nationalité Malagasy, par la filiation ou par
Mariage, l’acquisition résulte d’une déclaration de l’intéressé « Toute déclaration de
nationalité doit être, à peine de nullité, enregistrée au Ministère de la Justice » (article 58
CNM).
Si l’intéressé ne remplit pas les conditions requises par la loi, le Ministère de la Justice
doit refuser d’enregistrer la déclaration.
Cette décision de refus est notifiée avec ses motifs au déclarant, qui peut se pourvoir
devant le tribunal civil (état et capacité des personnes).
31/10/24
Sauf le cas de décision judiciaire passée en force de chose jugée, la validité d’une
déclaration enregistrée peut toujours être contestée par le Ministère Public, par toute
personne intéressée.
N.B :
La déclaration doit être faite en personne mais une procuration authentique donnée à
une autre personne est valable.
- Au-delà de 18 ans, il peut déclarer seul, même s’il n’a pas encore la majorité civile.
- De 16 ans à 18 ans, il doit se faire autoriser par l’un des parents qui a l’autorité parentale.
- En dessous de 16 ans, il doit se faire représenter par le parent qui a autorité sur lui ou par
le tuteur.
1. Acquisition de la nationalité malagasy (sur déclaration) en matière de filiation :
L’article 16 du CNM qui prévoyait les cas d’acquisition de la nationalité malagasy par
la filiation légitime et la filiation naturelle a été abrogé par la loi 2016-018 du 15 décembre
2016.
L’article 17 vise l’adoption faite par un ou une malagasy, or la nouvelle loi 2017-014 du
30 juin 2017 – pas plus que l’ancienne loi N°2005-001 du 07 septembre 2007 – fait mention
d’une adoption plénière faite conjointement par deux époux hétérosexuels – adoption
conjointe. Dans ce cas, l’un au moins doit être malagasy. Et dans ce même cas, l’intéressé –
l’adopté – doit avoir résidé à Madagascar depuis 5 ans au moment de la déclaration, et la
réclamation doit être faite au cours de la minorité de l’enfant.
Cependant, l’article 17 risque de ne pas recevoir application parce qu’il est concurrencé
par l’article 21 qui dispose que « l’enfant qui a fait l’objet d’une légitimation adoptive
acquiert la nationalité malagasy si son père adoptif est malagasy ». Il n’y a ni déclaration, ni
stage de 5 ans de résidence à Madagascar.
a) Conditions
Article 23 du CNM : « La déclaration que la femme entend prendre la nationalité
malagasy doit être faite devant l’Officier de l’État civil, au plus tard au moment de la
célébration du mariage. »
La déclaration est établie en deux exemplaires dont l’un est remis à l’intéressé et l’autre
adressé avec une expédition de l’acte de mariage au Ministère de la Justice.
Lorsque le mariage est célébré à l’étranger, la déclaration que la femme entend prendre
la nationalité malagasy est faite, au plus tard, au moment de la transcription de l’acte sur les
registres de l’état civil des agents diplomatiques ou consulaires malagasy – article 23 alinéa 4
(nouveau).
A. La naturalisation
C’est une procédure qui permet de conférer la nationalité d’un État par une décision
DISCRETIONNAIRE.
1. Les conditions
Les conditions d’âge, de santé physique, mentale et morale de résidence et
d’assimilation sont nécessaires.
- Condition d’âge :
L’article 27 fixe l’âge minimum à 18 ans. L’étranger a intérêt à avoir fixé sa nationalité
avant sa majorité – service militaire, accès à certaines écoles nationales, …
- Condition de santé :
Il ne peut être question d’admettre des individus qui, loin de constituer un
enrichissement, seraient une charge – malades physiques ou mentaux – ou un danger –
individu de mauvaise moralité.
- Condition de moralité :
Il faut être visionnaire et n’avoir pas encouru certaines condamnations susceptibles de
porter atteinte à l’honorabilité – crimes ou délits : usure, outrage public à la pudeur,
vagabondage ou mendicité.
- Condition de résidence :
Avoir eu sa résidence habituelle à Madagascar pendant les 5 années qui précèdent le
dépôt de la demande et l’avoir conservée au moment de la signature du décret de
naturalisation. La durée du stage, en principe, n’est pas susceptible de réduction.
Cependant, l’article 29 alinéa 1er accorde une dérogation par décret pris en conseil des
ministres, sans condition de stage à l’étranger qui a rendu des services importants à
Madagascar, tels que l’apport des talents scientifiques, artistiques ou littéraires, l’introduction
d’industries ou d’inventions utiles, la création d’établissements industriels ou d’exploitations
agricoles, et de façon générale, celui dont la naturalisation présente, pour la République de
Madagascar, UN INTÉRÊT EXCEPTIONNEL.
- Condition d’assimilation :
La résidence favorise l’assimilation mais ne la garantit pas. Celle-ci se vérifie dans la
possession de la langue malagasy.
2. Procédures :
La naturalisation résulte d’un acte de l’autorité publique. Elle est accordée par décret –
article 28 du CNM.
3. Décret de naturalisation :
Il est publié au journal officiel – article 55 du CNM.
Cette publication est importante pour permettre l’exercice de recours éventuels et faire
courir certains délais.
Aux termes de l’article 38 du CNM, l’étranger naturalisé est soumis aux incapacités
suivantes :
En ce qui concerne l’enfant (ou les enfants), l’article 40 (nouveau) du CNM dispose que
« Devient de plein droit malagasy, au même titre que ses parents, l’enfant mineur dont celui
des parents à l’égard duquel la filiation est établie, acquiert la nationalité malagasy ».
07/11/24
B. La réintégration
Son régime est calqué sur celui de la naturalisation mais avec des conditions moins
sévères et des effets plus complets.
1. La demande de réintégration
On ne peut réintégrer quelqu’un qui n’a pas été malagasy. Il faut observer que la qualité
de malagasy doit avoir été personnelle au demandeur. Il faut rapporter tous les moyens de
preuve.
Il ne faut pas non plus de ceux qui, devenus malagasy à un moment donné, ont perdu
rétroactivement leur nationalité et sont réputés n’avoir jamais été malagasy. Il en est ainsi, par
exemple, des malagasy qui ont décliné la nationalité malagasy au moment de l’indépendance
ou de ceux dont la naturalisation a été annulée ou rapportée. (Article 90 CNM)
Ne peut être également réintégré, l’individu qui a été déchu de la nationalité malagasy,
à moins que, dans le cas où la déchéance a été motivée par une condamnation, il n’ait obtenu
la réhabilitation judiciaire – Article 33 du CNM.
Enfin, il ne faut pas être sous le coup d’un arrêté d’expulsion d’assignation à résidence
non rapportée lors de la demande de réintégration.
La réintégration peut être obtenue à tout âge et sans condition de stage – pas de
condition de santé, de moralité ou d’assimilation.
La décision de refus qui doit être motivée est passible d’un recours en annulation
devant le Conseil d’État.
b) L’admission de la demande :
Comme pour la naturalisation, le Ministère de la Justice puis le Président de la
République se prononcent discrétionnairement sur l’opportunité de la demande.
2. Le décret de réintégration :
Le décret est signé par le Président de la République puis publié au Journal Officiel.
Le décret peut faire l’objet d’un recours en annulation devant le Conseil d’État.
Les sanctions des fraudes éventuelles commises par l’intéressé ou par les tiers sont
identiques à celles de la naturalisation.
Dans une situation bien déterminée, une personne peut être amenée à prouver, soit sa
qualité de malagasy, soit sa qualité d’étranger. Cette nécessité d’apporter la preuve de la
nationalité peut se situer dans le cadre d’une contestation d’une situation contentieuse. ou
en l’absence de tout litige: comme à l’occasion d’une formalité administrative.
A. Principe
B. Portée du principe
1. En matière administrative
Le privilège de l’action d’office de l’Administration lui permet de prendre d’office
des mesures qui lui paraissent justifiées en raison de la qualité de malagasy (ou d’étranger) –
Exemple : inscription sur les listes de recrutement de l’armée – ou d’étranger (expulsion,
radiation des cadres de la fonction publique, …) d’un individu sans qu’elle (l’Administration)
soit obligée de prouver au préalable et d’une manière définitive cette qualité de national ou
d’étranger.
2. En matière pénale
La qualité de malagasy ou d’étranger peut être un élément constitutif de l’infraction.
Pour le national malagasy, par exemple, la trahison, le délit d’insoumission. Et pour l’étranger,
l’expulsion.
Il faut envisager ces modes de preuve selon qu’il s’agit de la nationalité malagasy ou
d’une nationalité étrangère.
b) Forme du certificat
Le certificat de nationalité est un titre. En effet, il doit être établi avec la même
prudence et la même rigueur qu’un jugement.
C’est ainsi que l’article 88 du CNM précise que « le certificat de nationalité indique …
les éléments pris en considération pour dire que l’intéressé est malagasy, les dispositions
légales applicables ainsi que les documents qui ont permis de l’établir ».
Le certificat de nationalité doit être motivé, aussi bien en fait qu’en droit. Autrement
dit, le certificat de nationalité doit indiquer à quelle catégorie des nationaux appartient
l’intéressé, quel fait ou quel titre lui confère la qualité de national.
2 . La preuve judiciaire
La preuve en justice se fait directement ou indirectement.
a) La preuve directe :
Ce sont les cas où la nationalité a été acquise par déclaration de l’intéressé ou par
décision de l’autorité publique. Un titre a dû être établi (à titre de rappel) pour les cas :
- Article 17, réclamation de la nationalité malagasy par l’enfant adoptif ayant résidé cinq (5)
ans à Madagascar.
- Article 22, déclaration de la femme étrangère qui épouse un malagasy et désire prendre la
nationalité de son époux.
- Article 27, décret de naturalisation
- Article 30, décret de réintégration
- Article 92, dispositions transitoires, déclaration d’option en faveur de la nationalité malagasy
b) La preuve indirecte :
Dans tous les cas où elle n’a pu être préconstituée, il faut établir l’existence de toutes les
conditions requises par la loi – article 80 du CNM. L’intéressé doit établir :
- Dans les cas de l’article 9 (nouveau), que l’un de ses parents, au moins, est malagasy.
- Dans le cas de l’article 11,
→ Que ses parents soient inconnus
→ Qu’il est né à Madagascar
→ Que tels et tels faits autorisent à faire présumer que l’un, au moins, des parents
est malagasy
En général, il faut toujours établir la qualité de malagasy de celui dont on prétend tenir
la nationalité malagasy. Exemple : dans le cas de l’article 9 (nouveau), il faut prouver que son
père ou sa mère est malagasy.
Constituent des éléments de preuve de cette possession d’état les pièces justifiant,
qualifiant l’intéressé de malagasy – passeport, papier militaire, CIN, le livret de
Fokontany, … –, la conduite de l’intéressé, les fonctions qu’il a pu occuper et qui
supposent normalement la qualité de malagasy, le lieu où il a vécu, …
Cela consiste à prouver qu’un individu n’est plus malagasy ou n’a jamais été malagasy.
- Cas de répudiation :
Lorsque la nationalité a été perdue par déclaration ou décision de l’autorité publique, la
preuve se fera conformément à l’article 82 du CNM, à savoir la production d’un exemplaire
enregistré de la déclaration du Journal Officiel où elle a été publiée ou d’une attestation du
Ministère de la Justice – article 83 du CNM.
- Cas de déchéance :
Résultant surtout d’une décision de l’autorité publique, il faudra s’en tenir aux règles de
preuve de l’article 82 du CNM.
REMARQUE: Lorsque la nationalité malagasy se perd autrement que par l’un des modes
visés aux articles 83 et 84 du CNM (répudiation et déchéance), la preuve n’en peut résulter
qu’en établissant l’existence des faits et des actes qui ont pour conséquence la perte de la
nationalité malagasy – Article 85 du CNM (prouvé par tout moyen).
Les dispositions de l’article 86 alinéa 1er – « en dehors des cas de perte ou déchéance
de la nationalité malagasy, la preuve de l’extranéité peut être faite par tous moyens » –
peuvent être appliquées en matière de preuve d’une nationalité étrangère déterminée.
14/11/24
Ce sont :
- L’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère par un Malagasy majeur (article 42)
- Le Malagasy, même mineur, qui ayant une nationalité étrangère est autorisé sous sa
demande, par le gouvernement Malagasy à perdre la nationalité Malagasy (article 45) (cette
autorisation intervient par décret)
- La femme Malagasy qui épouse un étranger et qui déclare expressément vouloir acquérir
conformément à la loi nationale de son mari la nationalité de ce dernier. (Article 47 aliéna 1er)
Elle perd la qualité de Malagasy si les époux fixent leur premier domicile hors de Madagascar
après la célébration de leur mariage, et si la femme acquiert nécessairement la nationalité du
mari en vertu de la loi nationale de ce dernier. (Article 47 alinéa 2)
- L’attitude du Malagasy (homme ou femme) qui se comporte en fait comme le national d’un
pays étranger dont il a la nationalité. Ce cas de perte est facultatif pour le gouvernement
(article 48)
Remarque : le CNM n’a pas de disposition prévoyant la perte de la nationalité par désuétude,
contrairement au code de la nationalité française en son article 95 ; qui prévoit la perte de la
nationalité française aux nationaux établis à l’étranger depuis 50 ans sans esprit de retour
§2. L’acquisition de la nationalité étrangère
Le Malagasy majeur, selon l’article 42 CNM, perd la nationalité Malagasy s’il acquiert
volontairement une nationalité étrangère.
Toutefois, jusqu’à expiration d’un délai de 15 ans (article 43) à compter soit de son
incorporation dans l’armée active, soit de l’inscription sur les tableaux de recensement en cas
de dispense du service actif, la perte de la nationalité Malagasy est subordonnée à
autorisation du gouvernement Malagasy.
L’autorisation n’est pas nécessaire pour les exemptés (non pas les dispensés), pour les
réformés, pour les hommes dégagés des obligations militaires. C’est-à-dire ceux qui auraient
définitivement passé l’âge des obligations militaires même s’ils sont insoumis.
La déchéance ne vise les naturalisés et ceux qui ont acquis la nationalité Malagasy par
événement familial que lorsqu’ils sont indignes.
L’article 50 CNM dispose que « l’individu qui a acquis la qualité de Malagasy peut,
par décret, être déchu de la nationalité Malagasy » ; mais la mesure est limitée dans le temps.
La déchéance n’est encourue que si les faits reprochés à l’intéressé se sont produits
dans le délai de 10 ans à compter de la date d’acquisition de la nationalité Malagasy. Dans
ce délai, la mesure est susceptible d’être prise à tout moment.
- Si l’intéressé est condamné pour crime ou délit contre la sûreté intérieure ou extérieure
de l’Etat (exemple : participation à un coup d’Etat, intelligence avec une puissance étrangère,
etc…)
- Si l’intéressé est condamné pour injures ou outrage à la Constitution et aux institutions
de la République (en 1960, la République était militante) ou pour s’être soustrait aux
obligations résultant pour lui de la loi sur le recrutement de l’armée ou du service
national.
En principe, la nationalité est faite pour les personnes physiques. Mais pour les
personnes morales, la question est depuis longtemps controversée. A savoir s’il est légitime de
parler de « nationalité » des personnes morales de la même façon que l’on parle de celles des
personnes physiques. La doctrine présente deux courants opposés.
La doctrine qui penche par la négative a une position consistant à mettre en évidence
toutes les différences qui séparent une personne physique d’une personne morale. Les critères
d’attribution ne peuvent être les mêmes.
Une société par exemple n’a ni père ni mère, le « jure sanguinis » est inconcevable, les
effets de l’allégeance sont différents. Une société ne vote pas, ne peut se voir imposer
d’obligation militaire. Sa « nationalité » est dépourvue de contenu affectif (NIBOYET), c’est-
à-dire appartenance sociologique à une collectivité.
A cet argument, on affirme que l’absence d’une nationalité de fait n’enlève pas la
nationalité de droit.
Les sociétés étant dotées de la personnalité morale sont des véritables sujets de droit;
distincts des individus qui les composent à l’instar des personnes physiques. Puisqu’il y a
analogie entre personne physique et personne morale, pourquoi ne pas admettre que ces
dernières n’ont pas de nationalité ?
Dans tous les cas même, la personnalité juridique n’est qu’un bienfait de la loi.
Aucun être ne possède naturellement la personnalité : les esclaves et les étrangers dans
l’Antiquité en étaient dépourvus.
Le concept de personnalité est unique. Quel que soit l’être (c’est-à-dire l’individu ou un
groupement) auquel on l’applique, c’est l’aptitude à être titulaire de droits et à assumer
des obligations.
En outre, les intérêts attachés à la notion de nationalité des personnes morales sont
multiples :
- Pour savoir quelle est la loi qui régit une société, il faut déterminer quelle est sa nationalité
- Au plan de la condition des étrangers, il est important de déterminer la nationalité d’une
société pour savoir quels sont les droits dont elles disposent.
- La nationalité commande la mise en œuvre de la protection diplomatique des sociétés.
Il faut remarquer que l’on utilise abusivement le terme nationalité sur les choses ; en
particulier les navires, les bateaux et les aéronefs. Par commodité, l’on parle de nationalité car
ce sont des choses qui représentent des intérêts, tels que leur rattachement à tel ou tel État.
Dans la plupart des cas, un organe étatique participe à la création de la société. Dans les
pays anglo-saxons, seules les sociétés « enregistrées » (incorporated), c’est-à-dire inscrites
sur un registre public, sont des personnes morales.
La personne morale a la nationalité du pays où se trouve situé son siège social. Le siège
social constitue le critère le plus fréquemment retenu par la jurisprudence. Il coïncide
d’ailleurs normalement avec le lieu d’immatriculation.
Par siège social il faut entendre le lieu où résident des organes juridiques de la société
(Administrateurs, Assemblée Générale, etc…) ; lieu où sont débattus les contrats et marchés
se rapportant à la base de l’entreprise ; le lieu d’où la personne morale est effectivement
dirigée. En un mot, il s’agit du siège réel.
Le critère de siège social réel de la société est plus objectif ; et donc plus réaliste. Il
exprime un lien effectif entre une société et un État. Retenir le siège social statutaire par
exemple; reviendrait à permettre aux fondateurs de choisir la nationalité de la société qu’ils
créent.
§3. Le contrôle
Aux termes des articles 22 aliéna 1er et 23 alinéa 1er ; de l’ordonnance 62-041 du 19/09/62 ;
- « Les personnes morales dont le siège social est à Madagascar jouissent de tous les droits
reconnus aux Malgaches et compatible avec leur nature et leur objet » (article 22 alinéa
1er)
- « Les personnes morales dont le siège social est à l’étranger ne jouissent que des droits
reconnus aux étrangers » (article 23 alinéa 1er)
L’article 22 alinéa 2 de l’ordonnance précitée précise que « Toutefois, si leur gestion est
placée de quelque manière que ce soit sous le contrôle d’étrangers ou d’organismes
dépendants eux-mêmes d’étrangers, elles ne jouissent que des droits reconnus aux
étrangers »Concernant les personnes morales dont le siège social est à l’étranger, l’article 23
alinéa 2 dispose que « Toutefois, si leur gestion est placée de quelque manière que ce soit sous
le contrôle de Malgaches ou d’organismes dépendants eux-mêmes de Malgaches, elles
jouissent de tous les droits reconnus aux Malgaches, et compatible avec leur nature et leur
objet »
Titre III. Les étrangers
21/11/24
Loi n°62-066 du 6 juin 1962 modifiée par la loi n°95-020 du 24 juillet 1995 et par la
loi n°2003-028 du 27 aout 2003 fixant l’organisation et le contrôle de l’immigration.
Les décrets n°94-652 du 11 octobre 1994 fixant les modalités d’application de la loi
n°62-066 du 6 juin 1962, modifié par les décrets n°94-1154 du 19 septembre 1997,
celui n°2003-397 du 27 aout 2003 et n°2004-153 du 30 mars 2004
Arrêté interministériel n°8481/97 MAE/MIN INTER/SESP du 19 septembre 1997
portant application du décret n°94-652 du 11 octobre 1994 fixant les modalités
d’application de la loi n°62-066 du 6 juin 1962 modifiée par le décret n°97-1154 du 19
septembre 1997, fixant les conditions et modalités d’octroi des visas d’entrée et de
séjour aux étrangers non immigrés et immigrants.
Le conflit de lois apparaît lorsque les législations de deux ou plusieurs Etats ont
cumulativement vocation à régir une question de droit privé donnée. Il peut être résolu par le
recours à diverses méthodes. C’est le « for » qui se prononce, qui résout le problème juridique
et qui recherche la loi applicable. Pour ce faire, il met en œuvre des règles de conflits de lois
qui lui permettent de localiser le droit avec lequel la question (exemple : un contrat) entretient
le lien le plus fort. Lorsque des liens existent avec plusieurs pays, il est inévitable que
l’exercice soit parfois très hasardeux.
A- Données problèmes
Tout litige interne ou international d’une ou plusieurs questions de droit substantiel (loi
de fond par opposition à la loi de forme)
Exemple n.1: si X demande à Y la réparation du préjudice que celui-ci a causé en invoquant
l’article 204 LTGO ou l’article 1384 alinéa 1er du C. Civ. L’unique question de droit est de
savoir si le comportement de Y (supposé non fautif) est de nature à engager sa responsabilité.
Si la réponse étant affirmative, Y invoque alors une clause limitative de responsabilité. Est-ce
qu’une telle clause est valable ? (Deuxième question juridique qui se pose). Le juge doit
résoudre les deux questions juridiques pour trancher le litige
Exemple .2 : Y prétend être enfant adoptif de Z, et réclame en cette qualité une part de la
succession de Z à X (fils légitime de Z) et X prétend que l’adoption est nulle. Il faut résoudre
d’abord la question de la validité de l’adoption. Et dans le cas d’une réponse positive, il faut
résoudre aussi la question du montant des droits successoraux d’un enfant adoptif.
C’est à propos de chaque question de droit que se pose le problème du DIPRI. Si on analyse
les deux exemples, on remarque deux éléments, une allégation ou une prétention (mais non
pas affirmation) et un ensemble de faits invoqués à l’appui de cette prétention.
- Faits : préjudice causé à X par la chose dont Y est le gardien (arrêt Franck)
- Prétention : réparation par Y du préjudice subi par X
Ces deux éléments (faits et prétentions) suffisent à identifier la question de droit. Celui
qui formule la prétention (c’est-à-dire le demandeur) indique le texte applicable selon lui, qui
lui donne gain de cause.
Pour le premier exemple : article 1384 alinéa 1er [Link] ou article 204 LTGO, et pour
le deuxième exemple, le droit de la succession.
Il faut préciser que le demandeur peut ne pas citer le texte applicable ou s’il le cite, le
juge n’en est pas lié. Il a le pouvoir de substituer à la règle invoquée, celle qui lui paraît en fait
applicable en l’espèce.
Lorsque le litige est international, un problème préalable doit être résolu :
déterminer si la loi du «for» doit être écartée au profit d’une loi étrangère; car le juge
peut substituer à la règle interne invoquée, non seulement une autre règle interne, mais aussi
éventuellement une règle d’un autre ordre juridique si celui-ci se trouve être compétent.
Tout ordre juridique comprend soit la règle qui donne satisfaction au demandeur, soit
celle qui donne satisfaction au défendeur; dès lors que l’on admet de tenir compte non
seulement des dispositions expresses de la loi, mais aussi des règles implicites
Exemple : si ni la loi, ni la jurisprudence, ni la coutume d’un État n’ont dit que la présence au
foyer d’un enfant légitime entraînait la nullité de l’adoption ; c’est que selon la règle implicite
de cet État, l’adoption en présence d’un enfant légitime est valable. Tout système juridique est
donc un ensemble de règles autonome et concret, qui contient en puissance la solution de tout
problème de droit qui peut se poser.
Aucun obstacle ne s’oppose à ce que le juge puise la règle applicable dans un ordre
juridique étranger plutôt que dans le sien.
Dans l’immense majorité des hypothèses, si le litige est purement interne, il est évident
que le juge applique la loi du for.
Mais dès que le litige présente un ou plusieurs éléments d’extranéité, le juge ne peut
appliquer cumulativement à la même question de droit, deux règles qui ne résolvent peut-être
pas de la même façon le litige.
Devant cette nécessité de choix, il faut que la règle du DIPRI pose un critère de choix
qui permet au juge de retenir une législation et une seule parmi les législations en présence.
Habituellement, les critères retenus sont :
Sont néanmoins régis par la loi Malgache les apatrides domiciliés à Madagascar ».
Article 29 : « Les biens relèvent de la loi du lieu de leur situation (lex rei sitae), en particulier
les immeubles sis à Madagascar, même ceux possédés par les étrangers, sont régis par la loi
Malgache ».
Le problème se pose lorsque à propos d’une même question de droit, plusieurs ordres
juridiques sont en présence et lorsque chacun d’eux comprend une norme ayant vocation à
régir la question.
Le problème ne se pose pas tellement lorsque la question de droit a des liens avec deux
ou plusieurs Etats souverains, dont l’autonomie législative est totale. (Exemple: à Madagascar
nous avons une autonomie législative totale, non divisée selon les zones géographiques du
pays (nord, sud etc…)).
Mais qu’advient-t-il si d’une part, la question n’ait de lien qu’avec un seul État, mais
que le système juridique de celui-ci ne soit pas unifié ?
D’autre part à l’inverse, il se peut que la question ait des liens avec plusieurs Etats mais
que leur législation en la matière soit unifiée.
En effet, les pays n’ont pas un corps de règle unique pour toute la population et sur tout
le territoire; mais plusieurs corps de règles entre lesquelles les questions de droit sont
réparties: soit selon un critère personnel (exemple : distinction suivant l’appartenance
ethnique ou religieuse), soit selon un critère territorial (exemple : distinction suivant les
cantons, les provinces, etc…). Dans le premier cas, on parle de conflits interpersonnels et
dans le second : de conflits inter-territoriaux.
Les conflits interpersonnels sont surtout fréquents dans les Etats non laïques où l’on
distingue selon la confession de l’individu. On le rencontre aussi dans les pays colonisés ou
qui l’ont été. Exemple : en France, dans les territoires d’Outre-Mer, le Droit Civil applicable
aux populations indigènes reste pour une partie, coutumier. Ces règles coutumières consacrent
par exemple la polygamie et prohibent l’établissement de la filiation naturelle.
Les conflits inter-territoriaux existent dans les Etats à structure fédérale (USA, Inde,
etc…). Chaque État fédéré ayant ses propres juges et ses propres lois. Ce sont des conflits
inter-fédéraux.
En présence d’une question de droit qui se trouve en contact avec plusieurs ordres
juridiques contenant tous une règle susceptible de lui apporter une réponse ; deux méthodes
sont proposées :
(« vested rights »)
Cette théorie a été conçue au XVIIème siècle par l’école hollandaise comme un
corollaire fondé sur la courtoisie, du principe de la territorialité des lois : chaque souverain
applique sa propre loi dans les limites de son territoire, mais (doit garder intact/ respecter ?)
en contrepartie ; les droits acquis de ses nationaux, sur le territoire d’un autre souverain
conformément à la loi locale.
Les anglo-saxons ont été séduits par cette théorie. Tous les auteurs qui ont illustré la
théorie ont mis l’accent sur la nécessité de respecter des droits acquis comme des faits dont il
serait absurde de nier l’existence.
Mais SAVIGNY a critiqué cette théorie en observant que « pour reconnaître si des
droits sont bien acquis, il faut d’abord savoir d’après quel droit local nous devons juger de
leur acquisition ».
Exemple : si un mariage a été célébré entre deux français à l’étranger, leur qualité d’époux
devra certes être respectée, mais seulement si le mariage est valable. Comment savoir s’il l’est,
si l’on n’a pas pris partie sur la loi applicable aux conditions de validité du mariage ?
L’erreur de la théorie des droits acquis est d’assimiler des droits à des faits, c’est-à-dire
de les considérer comme doués d’une existence réelle et autonome. Or, un droit subjectif
n’existe pas dans l’absolu, il n’est rien d’autre que l’application d’une règle de droit
objectif à une situation de fait, individuelle. C’est pourquoi il est important de passer
d’abord à la détermination du droit objectif compétent.
28/11/24
Sous-section 2. La règle du DIPRI désigne une règle substantielle (une règle de fond
applicable)
Si une loi substantielle doit être appliquée à la question de droit, la première façon de
choisir parmi les lois en présence consiste à s’interroger sur la nature de la question (de quoi
s’agit-t-il ?) et à en déduire quel élément la localise ; c’est-à-dire déterminer l’ordre
juridique avec lequel elle présente objectivement les liens les plus significatifs.
C’est la méthode de SAVIGNY : « Si le juge doit résoudre une question de droit de tel type, il
doit appliquer la loi désignée par tel élément » (de rattachement).
Abstraite car la désignation de la loi applicable s’effectue sans que le juge ait eu besoin
de prendre connaissance de la teneur matérielle, concrète des lois en présence.
Neutre car la règle ne cherche pas à privilégier l’une des solutions possibles du litiges.
Dénuée de nationalisme enfin, car elle ne privilégie pas la loi du for par rapport aux lois
étrangères
§2. Choix fondé sur le but des règles ou sur la volonté de leur auteur
Dans ce cas-là, la règle doit être déclarée applicable même si la catégorie (la matière)
à laquelle elle appartient est rattachée à une autre législation.
De telles règles ont été désignées sous le nom de « loi d’application immédiate »
(FRANCESCAKIS) ou loi d’application nécessaire (SPERDUTI).
Remarque : on retient cette dernière appellation, car il s’agit de loi car il s’agit de loi de police
A- Loi de police
Comment identifier les lois de police ? Le législateur qui les a édictées ne se prononce
pas sur leurs natures. FRANCESCAKIS propose comme telle (comme loi de police) « les lois
dont l’observation est nécessaire pour la sauvegarde de l’organisation politique, sociale, ou
économique du pays »
Le Droit Civil, comme le Droit Administratif et même le Droit Pénal, parle de « loi de
police et de sûreté ».
Qu’en conclure ?
Parce qu’il y a des lois qui ne concourent pas plus intensément que les autres à
l’organisation sociale, politique ou économique du pays - mais n’ont en pas moins un
caractère « d’application nécessaire - (Exemple : les règles qui visent à la protection des
consommateurs n’ont qu’un but de protection individuelle) - ce but n’en rend pas moins
nécessaire leur application à tous les consommateurs résidents sur le territoire.
Nonobstant la soumission du contrat par la volonté des parties, à une loi étrangère
moins protectrice : le but de protection des règles ne doit pas pouvoir être tenu en échec
par la seule volonté des cocontractants.
Lorsque la loi de police est la loi du for, elle doit être appliquée sans avoir égard à la
règle de conflit de lois (CE, 25 juin 1973, Syndicat Général du personnel de la compagnie
Wagon-lee*, [Link] 1974.344, [Link]).
Exemple : les règles protectrices de la concurrence ont pour objectif de permettre à la loi du
marché de jouer librement sur le territoire national. Elles doivent donc être déclarées
applicables à tous les accords, même soumis à une loi étrangère dont les effets anti-
concurrentiels seraient ressentis sur le marché national
Des lois de police existent aussi à l’étranger. On peut en tenir compte à Madagascar.
Il ne devrait pas y avoir d’obstacles si la loi de police étrangère est désignée par notre
règle de conflits.
Deux ou plusieurs lois de police sont susceptibles d’entrer en conflit d’une même
question de droit.
Exemple:
Un salarié d’une société établie dans un pays A, accomplit son travail dans le pays B de son
domicile. La législation du pays A prohibe toute adhésion à un syndicat. Celle du Pays B
interdit au contraire, à l’employeur, de licencier un salarié pour des motifs d’appartenance
syndicale. Si le salarié adhère à un syndicat et que son employeur le licencie, le licenciement
est-t-il abusif ?
Chaque État a intérêt à ce que sa loi s’applique à cette question qui met en jeu son
organisation sociale.
Si l’une des lois de police est celle du for, on imagine mal que le juge l’écarte au profit de
la loi étrangère.
Mais dans l’hypothèse (rare) d’un conflit de polices étrangères, où les exigences des deux
Etats sont réellement inconciliables, il faut en sacrifier une.
Selon la Convention de Rome, il faut tenir compte de certains éléments pour décider si une loi
de police unique doit être appliquée :
→ la nature de la disposition, son objet, l’étroitesse du lien avec la situation litigieuse, les
conséquences de l’application ou de la non-application de cette loi.
Article 27 « Les lois de police et de sûreté obligent tous ceux qui habitent le territoire »
Sous réserve de ce qui a été dit, ajoutons que la loi de police et de sûreté, implique
l’ingérence de l’Etat dans le domaine du droit privé.
Ici, la distinction droit public-droit privé, tend à s’estomper. Ceci dans le but de
sauvegarde de l’organisation politique, sociale, ou économique du pays.
Article 28 :
Sont néanmoins, régis par la loi Malgache, les apatrides domiciliés à Madagascar »
Le statut personnel regroupe l’ensemble des problèmes dans lesquels les personnes se
trouvent impliquées ou directement mises en cause.
Les sous catégories du statut personnel sont : le nom, la capacité, le mariage, la filiation.
Au statut personnel convient la loi personnelle (car il y a un territoire).
Et si on analyse l’article 28, la loi personnelle est la loi nationale. De nombreux pays,
sous l’influence de MANCINI, ont adopté la même position.
Il est intéressant de noter que le législateur Malagasy et la Jurisprudence ont fait une
place accrue au domicile et à la résidence habituelle à côté de la nationalité.
Le domicile supplée (remplace) la nationalité pour les individus qui n’en ont
aucune (les apatrides) (article 28 alinéa 2).
Voici quelques exemples d’état des personnes avec les problèmes juridiques :
- Les questions relatives au nom : la femme divorcée peut-t-elle porter le nom de son ex-
mari ?
- Les questions relatives au mariage : conditions de fond, droits et devoirs des époux,
causes et effets du divorce, etc…
- Les questions relatives à la filiation : filiation légitime, hors mariage, adoptive, etc…
05/12/24
Il s’agit d’étudier les incapacités. Le droit interne les classe d’une part en incapacités
générales et incapacités spéciales à certains actes. D’autre part, en incapacité de
jouissance entraînant la privation des droits ; et incapacité d’exercice ; entraînant seulement
la nécessité d’une représentation et d’une assistance de l’incapable (incapable assisté =
incapable représenté).
Les incapacités spéciales de jouissance comme en droit français (article 909 du [Link]),
c’est-à-dire l’incapacité de recevoir un legs pour le médecin et les ministres des cultes des
personnes soignées ou assistées
En droit Malagasy, il n’existe pas de prohibition, mais une possibilité d’annulation «…
Peuvent être annulées les donations faites par le donateur à toute personne qui l’aura soigné
ou assisté à l’occasion de sa dernière maladie… » (article 123 loi n°68-012 du 04 juillet
1968).
Sous-section 2. Le Mariage
A propos des fiançailles, quelle loi détermine leur force obligatoire ? La sanction de
leur rupture ?
Le droit Malagasy ne régit pas la matière; mais on voit dans la rupture fautive des
fiançailles une source d’une responsabilité quasi-délictuelle soumise à la loi du lieu de la
rupture.
Pourtant le problème est au fond celui de la liberté du mariage. Il pourrait être rattaché
au statut personnel, donc soumis à la loi nationale. Au cas où les deux fiancés n’ont pas la
même nationalité, on retiendrait la nationalité de l’auteur de la rupture, puisque c’est sa
liberté qui est en cause
Mais s’ils ne le sont pas ; pour savoir si le mariage est valable, il faut se placer avant
la célébration. En général, les conditions sont relatives à la personne de chaque époux.
Exemples: conditions d’âge, de consentement, d’aptitude physique, autorisation parentale,
etc…
Il est possible d’appliquer à chacun sa loi nationale pour déterminer les conditions qui
le concernent. C’est l’application distributive des lois nationales consacrées par la
jurisprudence.
Mais les empêchements bilatéraux concernant à la fois les 2 époux (exemple : règle qui
interdit le mariage entre oncle et nièce) prend en considération un lien préexistant entre eux.
Le mariage n’est alors valable que si aucune des deux lois nationales ne l’annule: C’est
l’application cumulative.
La grande majorité des législations prévoit l’intervention d’un officier public. C’est-à-
dire d’un organe étatique qui élabore un acte public. Cet acte confère au mariage sa validité
formelle.
Mais la possibilité de conclusion d’un mariage sans une intervention d’une autorité
étatique est soumise à la loi du lieu de conclusion : « locus regit actum ». C’est la règle de
conflit ordinaire en matière de forme des actes, mais c’est une loi supplétive. Les parties
peuvent suivre les dispositions d’une autre loi ; celle qui régit notamment l’acte au fond.
Si le mariage est célébré par une autorité étatique, il suffit de se référer à l’article 170
alinéa 1er du [Link] « Le mariage contracté en pays étranger entre Français et entre Français
et étrangers sera valable s’il a été célébré dans les formes usitées dans le pays ».
Mais les intéressés ont le choix entre la forme locale et le recours au représentant de leur
pays qui procède selon sa propre loi.
Lorsque l’enfant et ses deux parents sont de même nationalité, c’est incontestablement
la loi de cette nationalité qui régit aussi bien l’établissement que les effets du lien du mariage.
Mais l’éventualité d’une discordance entre les nationalités se manifeste souvent. Deux
personnages au moins sont en jeu : le parent et l’enfant. Ils sont souvent trois, en raison de
l’indivisibilité de la filiation légitime : le père, la mère et l’enfant.
§1. L’établissement de la filiation
Elle a cessé d’être soumise à la loi des effets du mariage, depuis l’entrée en vigueur
de la Convention de la Haye du 02 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations
alimentaires.
B) L’autorité parentale
Elle constitue un effet essentiel du lien de filiation. Elle est en principe soumise à la loi
des effets du lien de filiation.
L’adoption revêt très souvent un caractère international, car le faible nombre des
enfants adoptables dans les pays occidentaux incitent les personnes désireuses d’adopter, à le
faire à l’étranger.
L’adoption présente des aspects très différents suivant les législations (de nombreux
systèmes l’ont longtemps ignorée). A relever que l’adoption est une pure création de la Loi.
Elle ne se calque pas sur une réalité biologique.
A) Conditions de fond
B) Conditions de forme
Les formalités requises pour la validité de l’adoption sont comme dans tous les autres
types de filiation ; intimement liés au fond. La nécessité ou l’inutilité d’une formalité et la
nature de celle-ci, relèvent de la loi personnelle de l’adopté.
Comme le mariage, l’adoption crée un lien destiné à durer. Il y a donc intérêt à faire
coïncider le rattachement des effets avec celui de la création (ou de l’établissement de la
filiation adoptive).
Conformément à une tendance exprimée dans une résolution de l’Institut de Droit
International en 1973 ; on devrait donc appliquer selon le cas, la loi de l’adoptant unique ou la
loi des effets du mariage des deux adoptants.
Les effets de la filiation adoptive seraient ainsi soumis à la même loi que ceux de la
filiation légitime. Ce qui est logique puisque le statut de l’enfant adoptif est calqué sur celui
de l’enfant légitime.
09/01/25
Le statut réel est défini par la nature des questions qui y sont regroupées, ce sont celles
qui concernent directement les biens. Les biens d’une personne peuvent être considérés soit
individuellement (ut singuli), soit dans leur universalité (patrimoine)
En particulier les immeubles sis à Madagascar, même ceux possédés par des étrangers
sont régis par la loi Malgache».
Il s’agit de l’application de la règle «lex rei sitae». La formule en fait n’est applicable
qu’aux biens corporels qui occupent une position dans l’espace. Des substituts doivent être
découverts pour déterminer la loi applicable aux divers biens incorporels.
Par ailleurs, la loi réelle coïncide fréquemment avec la loi du for ou la la lex fori. Elle
est aussi considérée comme loi de police car elle concerne l’organisation économique de
l’Etat.
Mais pour les biens appelés à se déplacer, il faut trouver un régime stable comme c’est
le cas des navires en haute-mer, des aéronefs survolant la haute-mer ou l’espace
atmosphérique, ou les biens qu’ils transportent, ou les bateaux de la navigation fluviale
internationale (comme sur le Nil).
On fit appel pour les bateaux et navires à la loi du pavillon. Et pour les aéronefs, la loi
du pays d’immatriculation.
Les moyens de transport sans pavillon (automobiles, wagons) ont une situation
instantanée difficile à déterminer. Faute de lien d’attache suffisamment stable, la loi du lieu
de leur situation effective peut être retenue (c’est le moins mauvais parti).
□ Les droits de propriétés littéraire et artistique sont protégés contre la contrefaçon dans
les conditions prévues par la loi du pays où leur protection est réclamée. Le lieu où l’
œuvre a été publiée pour la première fois, doit aussi être pris en considération.
□ Le fonds de commerce est un bien incorporel de nature très différente de ce que l’on
vient d’envisager. Il est beaucoup plus facile à localiser car s’il n’occupe pas lui-même
une position dans l’espace, il n’en vas pas de même des éléments qui le composent. On
peut donc le traiter comme un bien corporel et lui appliquer la loi de sa situation. Il
faudra distinguer au cas où l’entreprise comprend des succursales disséminées dans
plusieurs pays: dans ce cas il faut considérer un fonds de commerce par succursale. La loi
réelle jouera le même rôle à l’égard du fonds qu’à l’égard des biens corporels.
Les faits juridiques affectent les uns des droits réels, et les autres des droits personnels.
Les faits créateurs d’obligation sont les délits et quasi-délits (le droit romain)
Plusieurs rattachements ont été proposés. Une nette majorité se dégage en faveur de
l’application de la loi du lieu où le délit a été commis (c’est le principe lex loci delicti). C’est
aussi la solution proposée par la jurisprudence, et la doctrine est consacrée par l’ordonnance
de 1962 (article 30 alinéa 2) « En matière d’obligation délictuelle et quasi-délictuelle, la loi
du lieu du délit ou quasi-délit est la seule applicable »