Introduction à l'électrostatique et champ électrique
Introduction à l'électrostatique et champ électrique
Électrostatique
1. Champ électrostatique
1.a. Loi de Coulomb
Coulomb (ingénieur et physicien français 1736-1806) a étudié expérimentalement les forces
entre des petites sphères chargées électriquement, au moyen d’une balance de torsion. Il en a
déduit que cette force décroît comme l’inverse du carré de la distance entre les sphères (comme
la loi de gravitation de Newton), et qu’elle est proportionnelle à la quantité de charge portée
par chacune des sphères.
Cette loi a depuis été confirmée à l’échelle microscopique, et même à l’échelle de l’atome.
Dans sa formulation moderne, on l’énonce pour des charges ponctuelles. En pratique, une
charge est ponctuelle si sa taille est négligeable par rapport aux dimensions du système étudié.
Par exemple, les électrons sont si petits qu’on peut les considérer comme ponctuels, même à
l’échelle de l’atome.
Voici l’énoncé de la loi de Coulomb, pour deux charges ponctuelles, immobiles dans
le référentiel, situées aux points P1 et P2 et portant respectivement les quantités de
charge q1 et q2 : la force exercée par une charge sur l’autre s’écrit :
→
− 1 q 1 q2 → −
F 1→2 = u 12 (1)
4π0 (r12 )2
où r12 est la distance entre les deux charges, et :
−−→
→
− P1 P 2
u 12 = −−→ (2)
||P1 P2 ||
est le vecteur unitaire dirigé de P1 vers P2 .
Il existe deux types de charges électriques de signes opposés. Lorsque les charges sont de
même signe, la force est répulsive. Lorsque les charges sont de signes opposés, la force est
attractive. Par convention, on a attribué une valeur négative à l’un des types. Par exemple, les
électrons ont une charge négative alors que les protons ont une charge positive.
Dans le système d’unités international, la quantité de charge s’exprime en Coulomb (C).
La constante 0 est la permittivité électrique du vide (ou constante diélectrique). Il s’agit d’une
constante fondamentale, dont la valeur approchée est :
électrostatique, qui est un champ vectoriel, c’est-à-dire une application qui à tout point de
l’espace associe un vecteur.
Le champ électrostatique créé par une charge ponctuelle q1 située au point P1 est
défini pour tout point M de l’espace par :
→
− 1 q1 → −
E (M ) = 2
u1 (5)
4π0 (P1 M )
où →
−
u 1 est le vecteur unitaire allant de P1 vers M .
N
→
− 1 X qi → −
E (M ) = ui (7)
4π0 i=0 (Pi M )2
N −−→
1 X q i Pi M
= (8)
4π0 i=0 (Pi M )3
Une ligne de champ est une courbe de l’espace telle qu’en tout point M de cette
→
−
courbe le champ E (M ) est tangent à la courbe.
Ce sont des courbes orientées, c’est-à-dire auquelles on attribue un sens, qui est celui du
champ électrique.
Pour tracer les lignes de champ de différentes distributions de charges ponctuelles : charges
ponctuelles.
Pour une charge ponctuelle seule, les lignes de champ sont des droites radiales. Voici par
exemple des lignes pour une charge positive, représentées dans un plan contenant la charge.
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2.0
1.5
1.0
0.5
0.0 1
y
0.5
1.0
1.5
2.0
2.0 1.5 1.0 0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
x
Ce champ présente une invariance par rotation autour du point où se trouve la charge. Les
lignes doivent donc avoir une répartition angulaire uniforme (l’angle entre deux lignes voisines
est constant).
Voyons les lignes de champ pour deux charges de signes opposés :
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2.0
1.5
1.0
0.5
0.0 -1 1
y
0.5
1.0
1.5
2.0
2.0 1.5 1.0 0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
x
Les propriétés générales des lignes de champ électrostatique sont visibles sur ces deux
exemples. Les lignes partent des charges positives et vont, soit vers une charge négative, soit à
l’infini. À proximité d’une charge ponctuelle, les lignes de champ sont radiales, pratiquement
identiques à celles d’une charge seule. Une ligne de champ électrostatique n’est jamais fermée
sur elle-même.
Un plan Πs est un plan de symétrie de la distribution des charges si, pour toute charge
qi située au point Pi , il y a au point Pi0 , symétrique par rapport au plan, une charge
identique qi .
Dans le cas d’une charge ponctuelle seule, tout plan contenant la charge est un plan de sy-
métrie. Dans l’exemple précédent, tout plan contenant les deux charges est un plan de symétrie.
Voici un autre exemple, avec deux charges de même signe :
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2.0
1.5
1.0
0.5
0.0 1 1
y
0.5
1.0
1.5
2.0
2.0 1.5 1.0 0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
x
Dans cet exemple, tout plan contenant les deux charges est plan de symétrie, mais le plan
médian (d’équation x = 0) est aussi un plan de symétrie.
Par ailleurs, le champ est nul au point (0, 0) et on voit 4 lignes se rejoindre en ce point.
La symétrie des charges par rapport à un plan implique des propriétés de symétrie pour le
champ électrostatique. Une distribution symétrique par rapport à un plan peut se décomposer
en paires de charges symétriques, comme celle de l’exemple précédent. Il suffit donc de consi-
dérer ce cas particulier ; le principe de superposition permettra de généraliser. Notons P et P 0
les deux points symétriques par rapport au plan Πs , portant la même charge q.
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Πs
(P,q) (P’,q)
M M’
→
− →
−
E ⊥ (M ) = − E ⊥ (M 0 ) (10)
→
− →
−
E k (M ) = E k (M 0 ) (11)
On a donc montré que la symétrie de la distribution des charges par rapport à un plan
implique la symétrie du champ électrique par rapport à ce plan.
Un cas particulier intéressant est celui d’un point M situé sur le plan de symétrie. Dans ce
cas, la composante perpendiculaire en ce point est égale à son opposée, ce qui implique qu’elle
est nulle (à condition qu’il n’y ait pas de charge en ce point). En un point du plan de symétrie,
le champ électrostatique est donc contenu dans ce plan. On vérifie cette propriété sur les trois
exemples précédents.
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Un plan Πa est un plan d’antisymétrie de la distribution des charges si, pour toute
charge qi située au point Pi , il y a au point Pi0 , symétrique par rapport au plan, une
charge opposée −qi .
Pour démontrer les propriétés du champ électrostatique en présence d’un plan d’antisymé-
trie, on procède comme précédemment, en considérant le cas du doublet antisymétrique.
Πa
(P,q) (P’,-q)
M M’
→
− →
−
E ⊥ (M ) = E ⊥ (M 0 ) (12)
→
− →
−
E k (M ) = − E k (M 0 ) (13)
Un champ vectoriel vérifiant cette propriété est dit antisymétrique par rapport au plan.
Lorsque le point M appartient au plan d’antisymétrie, le champ électrostatique en ce point
est perpendiculaire à ce plan.
Dans le cas du doublet de charges opposées, le plan médian x = 0 est un plan d’antisymé-
trie :
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M M'
E'
M'
E
M
θ
Axe
Une manière simple d’exprimer l’invariance par rotation du champ électrostatique est d’utiliser
les coordonnées cylindriques autour de cet axe, et la base locale associée. Sachant que les
vecteurs de la base locale sont eux-mêmes invariants par rotation, l’invariance par rotation du
champ électrostatique est équivalente à l’invariance des composantes sur la base locale par
rapport à θ :
Er (r, z) (16)
Eθ (r, z) (17)
Ez (r, z) (18)
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2. Potentiel électrostatique
2.a. Circulation du champ électrostatique
Soit une courbe orientée allant d’un point A à un point B.
→
−
En tout point M de cette courbe, on considère le vecteur tangent unitaire t orienté dans le
sens de la courbe. Si on divise la courbe en N petits intervalles égaux de longueur curviligne
∆l, on peut considérer la somme suivante :
N
X →
− →
−
E (M ) · t (M )∆l (19)
i=1
→
−
On peut aussi introduire le vecteur déplacement élémentaire sur la courbe : d→
−
r = t dl et
écrire la circulation sous la forme :
Z B
→
−
CAB = E (M ) · d→
−
r (21)
A
→
−
Supposons que E soit le champ électrostatique créé par une charge ponctuelle située au point
O. L’utilisation des coordonnées sphériques par rapport à ce point permet d’écrire ce champ :
→
− q → −
ur
E = (22)
4π0 r2
Un déplacement élémentaire le long de la courbe s’écrit :
d→
−
r = dr→
−
u r + rdθ→
−
u θ + r sin θdφ→
−
uφ (23)
En conséquence, la circulation sur la courbe s’écrit :
Z B
q dr q 1 1
CAB = = − (24)
4π0 A r2 4π0 rA rA
Il s’agit d’une intégrale d’une fonction de r entre rA et rB . Cette intégrale ne dépend que de la
distance des points A et B à la charge.
On en conclut que la circulation du champ électrostatique créé par une charge ponctuelle
ne dépend que des points initial et final (A et B) et pas de la courbe entre ces deux points. Un
champ vérifiant cette propriété est appelé champ conservatif. Avec le principe de superposition,
cette propriété est généralisée au champ créé par un ensemble de charges ponctuelles.
On remarque par ailleurs que la circulation change de signe lorsqu’on change le sens de
parcours :
Z B Z A
→
− →
− →
− →
−
E (M ) · t (M ) dl = − E (M ) · t0 (M ) dl (25)
A B
Cela est dû au changement de sens du vecteur tangent unitaire (la longueur dl est positive).
. Exercice : Calculer la circulation pour le champ d’une charge ponctuelle, en fonction de
rA et rB , les distances des deux points à la charge.
Si la courbe est la trajectoire suivie par une charge ponctuelle, le travail de la force élec-
trique est :
2.b. Potentiel
La conservation de la circulation permet de définir un champ scalaire appelé potentiel
électrostatique. À tout point M de l’espace, on peut associer un potentiel V (M ). Pour cela,
il faut tout d’abord fixer une convention pour la valeur du potentiel en un certain point. Dans
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le cas d’une charge ponctuelle, il est commode de choisir ce point de référence à une distance
infinie de la charge, et de fixer le potentiel en ce point à zéro. On définit alors le potentiel au
point M comme la circulation entre ce point et un point à l’infini, que l’on peut écrire :
Z ∞
→
− → −
V (M ) = E · t dl (27)
M
Cette intégrale ne dépend que de la position du point M (c’est ce qui permet de définir une
valeur unique en chaque point). Pour la calculer, il suffit de considérer un chemin rectiligne, le
long de la droite passant par la charge. On obtient, si P1 est le point où se trouve la charge :
1 q1
V (M ) = (28)
4π0 P1 M
Dans le système d’unités SI, le potentiel s’exprime en volt (V) et le champ électrique en
volt par mètre (V/m).
Le potentiel obéit au principe de superposition. Pour un ensemble de charges, on a donc
N
1 X qi
V (M ) = (29)
4π0 i=1 Pi M
La relation entre le champ électrostatique et le potentiel a été écrite sous forme d’une
intégrale (27). On en déduit que la circulation du champ électrostatique entre deux points est
l’opposée de la différence de potentiel entre ces deux points :
B
→
− →
Z
−
E · t dl = −(V (B) − V (A)) (30)
A
Ep (M ) = qV (M ) (31)
Cela se démontre en remarquant que la travail de la force électrostatique entre deux points est
égal à l’opposé de la variation d’énergie potentielle entre ces deux points.
Si la particule chargée a une masse m, et n’est soumise qu’à la force électrostatique, son
énergie mécanique, qui est conservée, s’écrit :
1
E = mv 2 + qV (M ) (32)
2
Considérons comme exemple deux charges ponctuelles q1 et q situées initialement à une dis-
tance a l’une de l’autre. La charge q1 est fixe dans le référentiel. Soit → −
v 0 la vitesse de la
seconde dans ce référentiel à l’instant initial. La charge q est en mouvement mais le champ
qu’elle ressent est bien un champ électrostatique car il est créé par une charge immobile dans
le référentiel.
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v0
Charge fixe
q1
q
Ex = − ∂V
∂x
Ey = − ∂V
∂y (39)
Ez = − ∂V
∂z
Pour écrire cette relation sous forme vectorielle, on introduit l’opérateur gradient, qui agit
sur un champ scalaire pour donner un champ vectoriel. L’expression du gradient d’un champ
scalaire f en coordonnées cartésiennes est :
−−→ ∂f →
− ∂f →
− ∂f →
−
gradf = ux+ uy + uy (40)
∂x ∂y ∂y
La relation entre le champ électrostatique et le potentiel peut donc s’écrire :
→
− −−→
E = −grad V (41)
Une surface équipotentielle est l’ensemble des points qui ont une même valeur du
potentiel.
V (x, y, z) = Vi (43)
où Vi est une constante. Il existe une infinité de surfaces équipotentielles, obtenues en faisant
varier la valeur de Vi .
Considérons un point M sur une surface équipotentielle et faisons un déplacement élémen-
taire de ce point tangent à la surface en ce point. La variation infinitésimale du potentiel pour
ce déplacement est :
→
− −−→
dV = E (M ) · dOM (44)
Comme le déplacement se fait sur la surface (localement celle-ci est assimilable à son plan tan-
→
−
gent), la variation de potentiel est nulle. On en déduit que le vecteur E (M ) est perpendiculaire
à la surface au point M .
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Les surfaces équipotentielles sont donc coupées perpendiculairement par les lignes
de champ.
Sur une figure, on représente un plan contenant des lignes de champ et non coupé par des
lignes de champ. C’est le cas d’un plan contenant toutes les charges, car il s’agit alors d’un
plan de symétrie. L’intersection des surfaces avec ce plan sont des lignes équipotentielles. On
choisit de représenter des lignes dont les valeurs du potentiel sont équidistantes, par exemple
une ligne tous les volts. Voici un exemple de tracé pour le doublet de charges opposées :
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0 1 -1
0.5
1.0
1.5
2.0
2.0 1.5 1.0 0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
Au voisinage des deux charges, les lignes équipotentielles n’ont pas été traçées car elles se-
raient trop rapprochées pour être discernées.
On remarque que le plan x = 0 est une surface équipotentielle de potentiel nul, ce qui se
démontre aisément avec la relation (29).
La circulation du champ électrique le long d’une ligne de champ est égale à l’opposée de la
variation de potentiel. Les potentiels sont donc décroissants dans le sens des lignes de champ.
Lorsqu’on suit une ligne de champ, la norme du champ est inversement proportionnelle à
l’espacement entre les lignes équipotentielles. La représentation des lignes et de champ et des
lignes équipotentielles permet donc d’avoir en tout point la direction et le sens du champ, et
aussi une information sur son intensité. Sur la figure ci-dessus, l’intensité du champ augmente
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lorsqu’on s’approche d’une charge (et tend vers l’infini). Sur l’axe x = 0 (correspondant au
plan de symétrie), l’écartement progressif des lignes équipotentielles lorsque |y| augmente
donne une information sur l’évolution du champ avec y.
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3. Théorème de Gauss
Le théorème présenté dans cette partie s’applique aussi en dehors du cadre de l’électrosta-
tique. C’est pourquoi on parle ici de champ électrique et pas seulement de champlectrostatique.
Soit une surface notée S. En tout point de la surface, on peut définir un vecteur normal (per-
pendiculaire) à la surface. Ce vecteur est unitaire, c’est-à-dire de norme 1. Il y a deux sens
possibles pour ce vecteur normal. L’orientation de la surface consiste à choisir un sens au
vecteur normal.
Considérons une subdivision de la surface en petites parcelles d’aire ∆s. On suppose pour
simplifier qu’elles ont toutes la même aire. Soit M le centre d’une parcelle. On considère le
produit scalaire suivant :
→
−
E (M ) · →
−
n (M )∆s (45)
Le champ électrique, aussi bien que le vecteur normal, dépendent en général du point M . On
considère alors la somme sur les N parcelles, de manière à couvrir toute la surface :
N
→
−
E (M ) · →
−
X
n (M )∆S (46)
i=1
Lorsqu’on fait tendre ∆S vers zéro, c’est-à-dire N vers l’infini, la limite obtenue est une
intégrale de surface appelée flux du champ électrique à travers la surface, et notée :
→
−
ZZ
ΦS = E (M ) · →
−
n (M ) dS (47)
S
Dans cette écriture, dS est une aire infinitésimale. On associe à cette surface infinitésimale
un vecteur
−
→ −
dS = →
n dS (48)
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Le flux est la somme (au sens intégral) du produit scalaire de ce vecteur et du champ électrique.
En calcul numérique, cette intégrale est calculée de manière approchée sous la forme d’une
somme discrète, avec N parcelles.
n
n
n n
Pour une surface fermée, l’orientation de la normale se fait implicitement dans le sens sortant
(sauf mention contraire). Le flux du champ électrique à travers cette surface fermée est le flux
sortant du champ électrique.
Le champ électrique est en tout point de la sphère colinéaire au vecteur normal, et le produit
scalaire est indépendant du point considéré. Le flux sortant du champ électrique à travers cette
sphère est donc :
ZZ
1 q1 q1
ΦS = dS = (49)
4π0 r2 0
Considérons à présent une sphère non centrée sur la charge, mais la contenant encore :
Dans ce cas le calcul du flux est beaucoup plus difficile car le produit scalaire n’est pas
uniforme sur la surface. D’une part les deux vecteurs ne sont plus colinéaires, d’autre part la
distance à la charge n’est pas constante et donc la norme du champ électrique ne l’est pas. Le
flux est pourtant identique à celui de la sphère centrée (on l’admet) :
q1
ΦS = (50)
0
Cette propriété vient du fait que le champ électrique est une force centrale variant comme
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l’inverse du carré de la distance. Voyons maintenant le cas d’une sphère ne contenant pas la
charge :
Dans ce cas, on remarque que le produit scalaire est négatif dans une partie de la sphère (la
zone proche de la charge), positif ailleurs. Le résultat est un flux nul (on l’admet) :
ΦS = 0 (51)
Pour généraliser ces résultats à un ensemble de charges ponctuelles, il suffit de remarquer que
le flux obéit au principe de superposition : le flux du champ électrostatique créé par un en-
semble de charges est la somme des flux des champs électrostatiques créés par chaque charge.
Lorsqu’une charge se trouve à l’intérieur de la surface, elle contribue au flux total. Lorsqu’elle
se trouve à l’extérieur, elle ne contribue pas au flux total. On obtient ainsi :
→
−
ZZ
1 X int
E (M ) · →
−
n (M )dS = q (52)
S 0 i i
Le flux sortant du champ électrique à travers une surface fermée est égal à la quantité
de charge à l’intérieur de la surface, divisée par 0 .
Lorsqu’on se place très loin, c’est-à-dire à une distance r très grande devant la distance a des
deux charges, toutes les lignes de champ semblent venir du même point, le point O où se
trouvent pratiquement confondues les deux charges. Appliquons alors le théorème de Gauss à
une sphère de centre O et de rayon r :
3q
Φs = (56)
0
Ce résultat suggère que le champ électrostatique à grande distance est pratiquement iden-
tique à celui d’une charge ponctuelle portant la quantité de charge 3q. C’est effectivement ce
que l’on peut montrer en effectuant un développement limité pour r grand devant a.
Une distribution de charges dont la quantité de charge totale est non nulle est appelée
monopôle. À grande distance de la distribution, le champ électrique est identique à celui d’une
charge ponctuelle.
n'1
q n1 n2
S1
S2
4. Dipôle électrostatique
4.a. Définition
20
15
10
0 -1 1
y
10
15
20
20 15 10 5 0 5 10 15 20
x
et voici trois charges dont la somme est nulle, deux charges q > 0 et une charge 2q < 0, qui
pourraient représenter les charges partielles dans la molécule d’eau :
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20
15
10
1
0 -2
y
10
15
20
20 15 10 5 0 5 10 15 20
x
Nous allons nous intéresser au cas du doublet afin de déterminer la structure du champ créé
par un dipôle à grande distance. La charge −q se trouve au point A, la charge q au point B. Le
moment dipolaire est défini par :
→
− −→
p = q AB (59)
Pour un ensemble de charges dont la somme est nulle, le moment dipolaire est :
N
→
−
X −−→
p = qi OPi (60)
i=1
Pour préciser la définition du dipôle, on doit ajouter que le moment dipolaire ne doit pas être
nul. Dans le cas contraire, il ne s’agit pas d’un dipôle.
On admet la propriété suivante :
Le champ éléctrostatique créé par un dipôle est identique au champ créé par un dipôle
formé de deux charges ponctuelles opposées et de même moment dipolaire.
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1 D = 3, 33 · 10−30 C · m (61)
La molécule d’eau est aussi dipolaire, car l’oxygène est plus électronégatif que l’hydrogène.
Son moment dipolaire est 1,85 D. L’atome d’oxygène porte une charge partielle −2δe alors que
chacun des atomes d’hydrogène porte une charge partielle +δe. Connaissant la géométrie de
la molécule (distances et angle), on peut calculer son moment dipolaire en utilisant la formule
(60). On peut aussi le voir comme la somme de deux moments dipolaires :
→
− −−→ −−→
p = δeOH1 + δeOH2
A (-q) B (q)
Z
O
a
On utilise pour cela les coordonnées sphériques M (r, θ, φ), les deux charges étant placées
sur l’axe OZ, à une distance a l’une de l’autre.
Tout plan contenant les deux charges est un plan de symétrie de la distribution, donc un
plan de symétrie du champ électrostatique. Il s’en suit que le champ n’a pas de composante
selon le vecteur →
−
u φ.
Le potentiel électrostatique en un point M est :
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q 1 1
V (M ) = − (62)
4π0 BM AM
ra (63)
−−→ −−→
. Exercice : En calculant (BO + OM )2 , exprimer 1/BM en fonction de a, θ et r. Effectuer
un développement limité à l’ordre 1 en a/r. Procéder de même pour 1/AM .
On obtient ainsi le potentiel dans l’approximation dipolaire :
1 p cos θ
V (r, θ) = (64)
4π0 r2
où p = qa est la norme du moment dipolaire.
En utilisant l’expression du gradient en coordonnées sphériques, on obtient le champ élec-
trostatique :
∂V 1 2p cos θ
Er = − = (65)
∂r 4π0 r3
1 ∂V 1 p sin θ
Eθ = − = (66)
r ∂θ 4π0 r3
On remarque que le champ électrostatique décroît comme l’inverse du cube de la distance,
c’est-à-dire beaucoup plus vite que le champ d’un monopôle, qui décroît comme l’inverse du
carré de la distance.
. Exercice : Vérifier la direction du champ pour θ = 0 et θ = π/2, à l’aide des plans de
symétrie et d’antisymétrie.
La figure suivante représente des lignes du champ électrostatique créé par le dipôle :
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100
75
50
25
0
x
25
50
75
100
100 75 50 25 0 25 50 75 100
z
→
− →
−
ΓO = →
−
p ∧ E ext (68)
Ce moment s’annule lorsque le dipôle est aligné avec le champ extérieur. Il y a donc deux
positions d’équilibre, l’une parallèle au champ extérieur, l’autre antiparallèle.
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. Exercice : À l’aide d’un schéma représentant les forces, montrer que seule la position
parallèle est stable.
Supposons que le champ électrostatique extérieur soit dirigé suivant l’axe X et notons α
l’angle que fait le dipôle avec cet axe. Le potentiel électrostatique du champ extérieur est :
→
−
Ep = −→
−
p · E ext = −pEext cos(α) (71)
l’agitation thermique, les orientations peuvent être très différentes, mais l’orientation parallèle
correspond à la moyenne.
E p
+ x
Le dipôle étant aligné avec le champ de l’ion, soit Ox l’axe joignant l’ion et la molécule. La
force ressentie par la molécule s’écrit :
→
− ∂||Eext || →
−
F =p ux (75)
∂x
La norme du champ est croissante lorsqu’on s’approche de l’ion. Il s’en suit que le gradient est
dirigé vers l’ion et que la force ressentie par la molécule est attractive (en moyenne), dirigée
vers l’ion.
Les interactions de van der Waals sont des interactions entre molécules, causées par les
dipôles permanents ou les dipôles induits. On distingue :
. L’interaction entre deux dipôles permanents, c.a.d. deux molécules polaires (Keesom).
. L’interaction entre un dipôle permanent et un dipôle induit (Debye).
. L’interaction entre un dipôle instantané et un dipôle induit (London).
Dans les trois cas, l’énergie d’interaction entre les deux dipôles est plus basse si les deux mo-
ments dipolaires sont de même direction et de même sens (parallèles). Comme il sera vu dans
le chapitre de physique statistique, cela implique que les états parallèles sont plus probables
et qu’en moyenne on peut considérer que les dipôles sont effectivement parallèles. Il s’en suit
que la force est en moyenne attractive.
D’une manière générale, le gradient de la norme du champ est dirigé vers le point de
convergence apparent des lignes de champ, et si le dipôle est parallèle au champ, la force qu’il
ressent est dirigée vers ce point de convergence.
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5. Distributions continues
5.a. Distributions volumiques
Les distributions continues sont utilisées lorsque le nombre de charges ponctuelles est trop
grand pour qu’on puisse les traiter individuellement. Par exemple, lorsqu’un un corps macro-
scopique solide est chargé, c’est en raison d’un excès d’électrons ou d’un défaut d’électrons et
le nombre d’électrons en plus ou en moins peut être très grand. Les nuages électroniques dans
les atomes ou dans les molécules peuvent être modélisés par des distributions continues.
Notons d la distance moyenne entre les charges ponctuelles. Si on considère une sphère
de rayon R inclue dans le corps chargé, on peut définir une densité volumique de charge pour
cette sphère par :
N |e|
ρ(R) = 4 (76)
3
πR3
où N est le nombre algébrique de charges positives et e la charge élémentaire.
Les charges sont généralement réparties de manière aléatoire dans le volume. Si R est de
l’ordre de la distance d, la densité fluctue beaucoup lorsque R varie. En revanche, lorsque R
devient grand devant d, la densité est pratiquement constante. La figure suivante montre le
résultat d’une simulation. La distance moyenne entre les charges est d’environ 0,03.
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ρ(x, y, z) (77)
Ce type de distribution des charges est appelé distribution continue, par opposition aux distri-
butions discrètes formées de charges ponctuelles.
Soit un point M de l’espace et un volume infinitésimal dV centré sur ce point (on peut
imaginer un cube). La quantité de charge portée par ce volume est :
L’expression de Er (r) est obtenue à l’aide du théorème de Gauss, appliqué à une sphère S
de rayon r. En effet, le champ électrostatique est colinéaire au vecteur normal en tout point de
cette sphère et sa norme est la même en tout point, puisque r est constant sur la sphère. Le flux
sortant du champ électrostatique sur la sphère s’écrit donc :
ΦS = Er (r)4πr2 (82)
Lorsque r > R (en dehors de la sphère), la quantité de charge dans la sphère S est :
4
Q = πR3 ρ0 (83)
3
C’est bien sûr la quantité de charge de la sphère chargée. Le théorème de Gauss conduit donc
à:
1 Q
Er (r) = (84)
4π0 r2
On voit que ce champ est identique à celui créé par une charge ponctuelle qui serait placée au
centre de la sphère.
. Exercice : Calculer le champ à l’intérieur de la sphère chargée (r < R).
Cet exemple permet, par analogie, de calculer le champ de gravitation créé par un corps
sphérique. Le champ de gravitation a en effet la même forme que le champ électrostatique :
c’est un champ central en 1/r2 . Pour passer de l’un à l’autre, il suffit de changer la constante
multiplicative de la manière suivante :
q
→ −Gm (85)
4π0
Surface
e Chargé
Neutre
Conducteur
D’un point de vue macroscopique, on considère que la charge est répartie sur une épaisseur
nulle. Voyons comment se fait le passage à la limite. Si on note dS l’aire de la surface infinité-
simale du conducteur, la quantité de charge portée sous cette surface est :
dq = ρe dS (86)
où ρ est la densité de charge dans la couche chargée. Lorsque e tend vers zéro, il faut faire
tendre la densité volumique ρ vers l’infini pour que la quantité de charge reste constante. On
définit la densité surfacique de charge par la limite suivante :
lim ρe = σ (87)
e→0
dq = σ dS (88)
Une distribution surfacique de charge est définie par sa densité surfacique, qui est un champ
scalaire puisqu’elle peut varier d’un point à l’autre de la surface du conducteur.
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y ΠS
z
E
M ΠS
x
σ
Soit (0xyz) un repère cartésien, le plan chargé étant confondu avec le plan (Oxy). Soit M un
point quelconque de l’espace, hors du plan chargé. Tout plan contenant ce point et perpendi-
culaire à (Oxy) est un plan de symétrie de la distribution donc le champ électrostatique en ce
point est contenu dans ce plan. Considérons deux de ces plans perpendiculaires entre eux, Πs
et Π0s . Le champ électrostatique au point M (qui appartient à ces deux plans) est contenu dans
ces deux plans, ce qui implique qu’il est dirigé suivant z :
→
−
E = Ez (x, y, z)→
−
uz (89)
L’utilisation des plans de symétrie a donc permis de déterminer la direction du champ. Un
autre plan de symétrie est le plan chargé lui-même. Le champ électrostatique est symétrique
par rapport à ce plan. Comme le champ est perpendiculaire au plan, cette symétrie s’écrit :
Voilà tout ce que permettent de dire les symétries et les invariances. Il reste à déterminer
la fonction Ez (z). Le théorème de Gauss permet de le faire. Pour cela, il faut choisir une
surface fermée S particulière. Soit M (z) un point de l’espace hors du plan chargé et M 0 (−z)
son symétrique par rapport au plan. La surface à utiliser est un cylindrique droit délimité par
deux plans parallèles à Oxy et contenant respectivement les point M 0 et M . La génératrice
du cylindre est perpendiculaire au plan Oxy. La figure ci-dessous représente un cylindre de
révolution, mais un cylindre à base carrée convient aussi.
n(z)
z M
Charge
x -z M'
n(-z)
où l’on a utilisé la symétrie du champ par rapport au plan Oxy. Ces deux flux sont donc égaux.
Le flux à travers la surface latérale est nul puisque le champ est en tout point perpendiculaire à
la normale. Le théorème de Gauss s’écrit donc :
qint
2Ez (z)A = (94)
0
La charge située à l’intérieur de la surface est représentée sur la figure : il s’agit d’un disque
d’aire A chargé avec une densité σ. On obtient finalement pour z > 0 :
σ
Ez (z) = (95)
20
Pour z < 0 on a :
σ
Ez (z) = − (96)
20
On remarque que le champ est uniforme de chaque côté du plan chargé. Lorsqu’on s’éloigne
du plan, l’intensité du champ ne décroît pas. Cela peut sembler étrange mais c’est une consé-
quence du caractère infini du plan. Dans la réalité, les surfaces planes chargées sont finies, et
donnent bien un champ tendant vers zéro à l’infini.
On voit par ailleurs que le champ présente une discontinuité sur le plan chargé. Le plan
chargé étant un plan de symétrie de la distribution, le champ sur ce plan doit être contenu dans
ce plan, ce qui implique que Ez (0) = 0. La présence d’une discontinuité de la composante
normale du champ électrique sur les surfaces chargées est une propriété générale.
Déterminons un potentiel électrostatique. En raison de l’invariance par translation, le po-
tentiel est une fonction de z seulement. Le champ électrostatique s’écrit donc :
→
− dV −
E =− → uz (97)
dz
On obtient l’équation différentielle suivante :
dV σ
=− pour z > 0 (98)
dz 20
dV σ
= pour z < 0 (99)
dz 20
dont la solution générale est :
σ
V (z) = − z + A pour z > 0 (100)
20
σ
V (z) = z + B pour z < 0 (101)
20
On constate que le potentiel ne peut pas tendre vers 0 lorsque |z| → ∞. D’une manière
générale, il n’est pas possible d’annuler le potentiel à l’infini pour les distributions qui ne
sont pas localisées dans un volume fini. Le potentiel n’est pas unique. Dans le cas présent,
il y a deux constantes A et B que l’on peut choisir librement. Quelque soient les constantes
choisies, l’opposé du gradient du potentiel est le champ électrostatique écrit plus haut. Il est
cependant d’usage de choisir les constantes afin que le potentiel soit une fonction continue. On
prendra donc A = B = 0.
Il faut remarquer que V (z) n’est pas dérivable en z = 0, ce qui fait qu’on ne peut utiliser le
gradient pour obtenir le champ électrostatique sur le plan chargé (nous avons vu qu’il est nul).
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A
σ
E E U
-σ
B
Le champ électrique peut donc se calculer en considérant la superposition du champ d’un plan
infini de densité surfacique de charge σ, avec le champ d’un plan infini de charge opposée. La
figure montre les champs à superposer. Le résultat est un champ nul à l’extérieur, uniforme à
l’intérieur du condensateur, de norme :
σ
E= (102)
0
Le vecteur est dirigé des charges positives vers les charges négatives (sur la figure σ > 0).
Le champ est uniforme à l’intérieur du condensateur plan infini, nul en dehors. Les surfaces
équipotentielles sont des plans parallèles aux plaques. Chaque plaque conductrice est elle-
même équipotentielle dans tout son volume. Pour voir la relation avec la différence de potentiel
entre les deux plaques, il faut écrire la circulation du champ électrostatique entre les deux
plaques, par exemple entre deux points A et B en vis-à-vis. Sachant que cette circulation ne
dépend pas de la courbe reliant les deux points, on prend un segment. La circulation est égale
à l’opposée de la différence de potentiel :
Z B
→
− → −
E · t dl = VA − VB (103)
A
Le champ étant uniforme et colinéaire à la tangente, on obtient :
VA − VB U
E= = (104)
e e
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où l’on a introduit la tension U entre les deux plaques. Pour la figure ci-dessus, on a VA > VB .
Soit S l’aire des plaques (qui en réalité sont finies). Les charges portées par les plaques sont
Q = Sσ et −Q. En utilisant les résultats précédents, on en déduit :
0 S
Q= U (105)
e
La quantité de charge des plaques est proportionnelle à la tension. Le coefficient de propor-
tionnalité est la capacité du condensateur :
0 S
C= (106)
e
L’unité de la capacité dans le système d’unités international est le Farad (F). La capacité est
proportionnelle à l’aire et inversement proportionnelle à l’entrefer. En pratique, les condensa-
teurs à grande capacité sont réalisés en enroulant deux feuilles métalliques séparées par une
feuille isolante.
. Exercice : Pour e = 10 µm, quelle aire faut-il pour obtenir une capacité de 1 µF ?
Le calcul approché du potentiel créé dans l’espace par deux plaques auquelles on applique
une différence de potentiel peut être effectué par une méthode numérique. Voici le résultat
d’un calcul pour deux disques de rayon 6 mm espacés de 2 mm. Les lignes équipotentielles
sont représentées dans un plan contenant l’axe des deux disques.
10.0
7.5
5.0
2.5
r (mm)
0.0
2.5
5.0
7.5
10.0
10.0 7.5 5.0 2.5 0.0 2.5 5.0 7.5 10.0
z (mm)
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Les lignes équipotentielles sont parallèles et régulièrement espacées dans le condensateur, sauf
au voisinage des bords. Il s’en suit que la relation E = U/e est tout à fait valable. On constate
la présence d’un champ électrique au voisinage des faces externes des deux plaques, environ 10
fois plus faible qu’à l’intérieur (car les équipotentielles sont 10 fois plus espacées). Il y donc
une faible densité de charge sur les faces externes. Celle-ci diminue lorsqu’on augmente de
rayon des disques (sans changer l’espacement). On remarque aussi que la structure du champ
électrostatique en dehors du condensateur est celle d’un dipôle.
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6. Équations locales
6.a. Forme locale du théorème de Gauss
Une forme locale du théorème de Gauss s’obtient en considérant un volume infinitésimal.
Plaçons-nous en coordonnées cartésiennes et considérons le volume infinitésimal (parallélépi-
pède rectangle) défini sur la figure suivante :
z
z+dz
z face y+dy
face y
n
Ey(x,y+dy,z)
n y+dy y
y
x+dx
Chaque face est rectangulaire et a une normale colinéaire avec un des vecteurs de la base. Par
exemple, les faces en vis-à-vis notées y et y + dy ont pour normale sortante respectivement
−→−
u y et →
−
u y . Le flux sortant du champ électrique à travers ces deux faces s’écrit :
Cette équation est la forme locale du théorème de Gauss. Il s’agit d’une équation différen-
tielle à dérivées partielles vérifiée par le champ électrique (pas seulement électrostatique) en
tout point de l’espace.
À première vue, on perd en généralité en écrivant la forme locale puisqu’elle s’applique
à une distribution volumique seulement. En fait, les mathématiciens ont résolu ce problème
en introduisant les distributions, qui permettent de définir la densité ρ même en présence de
charges ponctuelles ou surfaciques.
On introduit l’opérateur divergence défini en coordonnées cartésiennes par :
→
− ∂Ex ∂Ey ∂Ez
div E = + + (111)
∂x ∂y ∂z
La divergence est un opérateur linéaire qui transforme un champ vectoriel en champ sca-
laire. Il permet d’exprimer la forme locale du théorème de Gauss sous une forme indépendante
du système de coordonnées :
→
− ρ
div E = (112)
0
Cette équation constitue une loi fondamentale de l’électromagnétisme, vérifiée par le champ
électrique en toute circonstance. Dans le domaine de l’électrostatique, elle est équivalente à la
loi de Coulomb.
Pour l’expression de la divergence en coordonnées cylindriques et sphériques, voir le for-
mulaire en annexe.
Revenons à la forme intégrale du théorème de Gauss, en exprimant la charge intérieure
comme l’intégrale de volume de la densité, et en remplaçant cette dernière par la divergence
du champ électrique multipliée par 0 :
→
− → →
−
ZZ ZZZ
E ·−
n dS = div E dv (113)
S V
Le flux sortant d’un champ vectoriel à travers une surface fermée est égal à l’intégrale
de sa divergence sur le volume délimité par la surface.
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y
Ey(x,y,z) Ey(x+dx,y,z)
t
D C
y+dy
t t
y A B
t
x
x x+dx
Le vecteur tangent unitaire a été représenté pour les quatre côtés du rectangle. Exprimons la
circulation sur les côtés DA et BC :
A
→
−
Z
E · t dt = −Ey (x, y, z)dy (115)
D
Z C
→
−
E · t dl = Ey (x + dx, y, z)dy (116)
B
En procédant de même pour les côté AB et CD et en divisant par dxdy, on obtient la circulation
sur tout le rectangle, qui est nulle. Le passage à la limite donne ainsi :
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∂Ey ∂Ex
− =0 (117)
∂x ∂y
En effectuant deux permutations circulaires sur les axes (x, y, z), on obtient deux autres équa-
tions similaires. Ce résultat peut s’exprimer plus simplement en introduisant l’opérateur ro-
tationnel, qui est défini en faisant le produit vectoriel d’un opérateur de dérivation avec le
champ :
∂
Ex
−→→− ∂x
∂ ∧ Ey
rot E = ∂y (118)
∂ Ez
∂z
Dans cette écriture, les composantes du rotationnel sur la base sont calculées sous forme
d’un produit vectoriel. Pour l’expression en coordonnées cylindriques ou sphériques, voir le
formulaire en annexe.
Le rotationnel est un opérateur vectoriel linéaire, qui transforme un champ vectoriel en
un champ vectoriel. D’après ce qui précède, les trois composantes du rotationnel du champ
électrostatique sont nulles, donc :
−→→− →
−
rot E = 0 (119)
→
− ρ
div E = (120)
0
−→→− →
−
rot E = 0 (121)
∂ 2V ∂ 2V ∂ 2V ρ
2
+ 2
+ 2
=− (124)
∂x ∂y ∂z 0
C’est une équation différentielle à dérivées partielles appelée équation de Poisson de l’élec-
trostatique (Poisson, mathématicien français, 1781-1840).
Là encore, on simplifie l’écriture en introduisant un opérateur de dérivation appelé lapla-
cien, et défini en coordonnées cartésiennes par :
∂ 2V ∂ 2V ∂ 2V
∇2 V = + + (125)
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
V∞
V0 V1
Chaque conducteur est équipotentiel. Ici, les potentiels sont V0 et V1 . La différence de potentiel
appliquée est U = V1 − V0 . En dehors des conducteurs, le milieu peut être le vide, ou un gaz
équivalent électriquement au vide. L’équation locale vérifiée par le potentiel est donc :
∂ 2V ∂ 2V ∂ 2V
+ + =0 (126)
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
∂ 2V ∂ 2V
+ =0 (127)
∂x2 ∂y 2
Il faut tout d’abord définir un maillage du plan. Un maillage comporte plusieurs dizaines de
milliers de nœuds. La figure suivante représente une partie du maillage. Les mailles sont des
rectangles de dimensions (∆x, ∆y). Les nœuds sont repérés par deux indices (i, j). L’objectif
du calcul numérique est d’obtenir une valeur approchée des potentiels aux nœuds, que l’on
note Vi,j .
Δx
(i,j+1)
Δy D C
A B
(i,j-1)
y
Pour discrétiser une dérivée seconde, considérons les développements de Taylor suivants, pour
une fonction f à une variable :
h2 00 h3
f (x + h) = f (x) + hf 0 (x) + f (x) + f 000 (x) + O(h4 ) (128)
2 3
2
h h3
f (x − h) = f (x) − hf 0 (x) + f 00 (x) − f 000 (x) + O(h4 ) (129)
2 3
En sommant ces deux équations, on obtient :
f (x + h) + f (x − h) − 2f (x)
f 00 (x) = + O(h2 ) (130)
h2
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bord
Vi,j = V bord (133)
Si le maillage comporte N nœuds, on obtient ainsi un système de N équations linéaires à
résoudre (la linéarité vient de celle de l’équation de Laplace). En principe, ce système pourrait
être résolu par la méthode d’élimination de Gauss. En pratique, cela ne fonctionne pas bien
car le nombre d’inconnues (plusieurs milliers ou millions) est trop grand, ce qui conduit à
des erreurs importantes. Ce type de système est résolu par des méthodes itératives, comme la
méthode de Gauss-Seidel.
Pour en savoir plus sur la méthode de Gauss-Seidel : Équation de Poisson : résolution
numérique.
Exemples de résolution numérique : Condensateur plan à deux dimensions, Lentille élec-
trostatique à deux conducteurs.
La méthode de discrétisation précédente est appelée méthode des différences finies, car elle
consiste à remplacer les dérivées par des différences. Une autre manière de procéder consiste à
utiliser le théorème de Gauss. Considérons pour cela une surface S fermée parallélépipédique,
dont la projection sur le plan XY est le rectangle (A, B, C, D). L’extension verticale de cette
surface est notée ∆z.
Comme il n’y a pas de charges, le théorème de Gauss nous dit que flux sortant du champ
électrique sur cette surface est nul. Voyons par exemple comment le flux sur la face (AB) peut
se discrétiser. L’aire de cette face est ∆x∆z. La composante du champ électrique qui intervient
dans ce flux est Ey :
∂V
Ey = − (134)
∂y
Il faut donc discrétiser une dérivée première :
Vi,j − Vi,j−1
Ey → − (135)
∆y
On obtient finalement pour la discrétisation du flux sur la face (AB) :
→
− → Vi,j − Vi,j−1
ZZ
E ·− n dS → − ∆x∆z (136)
AB ∆y
. Exercice : Procéder de même pour les 3 autres faces et retrouver l’équation (132).
La discrétisation du théorème de Gauss conduit donc au même résultat que la discrétisation
du laplacien. Cette méthode est appelée méthode des volumes finis. Comparée à la méthode des
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différences finies, elle a l’avantage de permettre une discrétisation aisée de certaines conditions
limites, ou des problèmes à géométrie complexe, par exemple les problèmes en coordonnées
cylindriques.
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7. Annexe : formulaire
7.a. Coordonnées cylindriques
Opérateur gradient :
−−→ ∂f →
− 1 ∂f →
− ∂f →
−
gradf = ur+ uθ+ uz (137)
∂r r ∂θ ∂z
Opérateur divergence :
−→→ 1 ∂az ∂aθ ∂ar ∂az 1 ∂(raθ ) ∂ar
rot−
a = − →
−
ur+ − →
−
uθ+ − →
−
uz (139)
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r ∂θ
Opérateur laplacien :
1 ∂ 2f ∂ 2f
2 1 ∂ ∂f
∇f= r + + (140)
r ∂r ∂r r2 ∂θ2 ∂z 2
−→→ 1 ∂ ∂aθ 1 ∂ar 1 ∂raφ 1 ∂raθ ∂ar →
rot−
a = (sin θaφ ) − →
−
u r+ − →
−
u θ+ − −
uφ
r sin θ ∂θ ∂φ r sin θ ∂φ r ∂r r ∂r ∂θ
(143)
Opérateur laplacien :
∂ 2f
1 ∂
2 2 ∂f 1 ∂ ∂f 1
∇f= 2 r + 2 sin θ + 2 2 (144)
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ2