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Communication et Changement de Comportement

Le document traite de la communication en tant qu'outil pour le changement de comportement et la relation d'aide, en abordant des concepts tels que la communication interpersonnelle, le counseling et la gestion des rumeurs. Il met en avant l'importance d'une communication efficace pour influencer positivement les comportements et souligne les obstacles et facteurs qui peuvent affecter ce processus. Enfin, il présente des techniques et étapes clés pour un counseling réussi, ainsi que des stratégies pour combattre les rumeurs.

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Communication et Changement de Comportement

Le document traite de la communication en tant qu'outil pour le changement de comportement et la relation d'aide, en abordant des concepts tels que la communication interpersonnelle, le counseling et la gestion des rumeurs. Il met en avant l'importance d'une communication efficace pour influencer positivement les comportements et souligne les obstacles et facteurs qui peuvent affecter ce processus. Enfin, il présente des techniques et étapes clés pour un counseling réussi, ainsi que des stratégies pour combattre les rumeurs.

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Module communication pour le Changement de Comportement et Relation d’Aide

Plan

 Notion sur la communication en général ;

 Gestion des rumeurs ;

 Communication Interpersonnelle ;

 Le Counseling ;

 La Causerie Éducative ;

 Les Visites à domicile ;

 Communication pour le changement de comportement ;

 Le plaidoyer ;

 La mobilisation sociale.
NOTION SUR LA COMMUNICATION EN GÉNÉRAL

I. Définition :

La communication, c’est entrer en relation avec une autre personne ou un groupe de personnes pour :

 Dialoguer ;

 Échanger des idées ;

 Transmettre un message ;

 Entretenir une conversation ;

 Induire un changement favorable ;

 Etc.

C’est un échange d'information entre émetteur et récepteur à travers un canal pour faire passer
un message afin de : convaincre, persuader, motiver, rassurer, en vue d’un changement de
comportement.

Ce changement de comportement se traduira par l’effet du message sur le récepteur.

Les éléments du schéma général de la communication :

Émetteur : Transmet le message

Message : C’est le contenu de l’information à faire passer.

Feed-back : Retour de l'information. Permet de contrôler que le message est bien reçu.

Récepteur : C'est celui qui reçoit le message ou l’information.

Effet : C’est l’impact recherché ou le changement de comportement recherché

Canal : C'est le moyen ou la méthode utilisée pour transmettre le message

II. Les différents types de communication :


1. La communication interpersonnelle (CIP) :

C'est un entretien face à face, un échange d'informations, de sentiments et d'attitudes entre individus
ou entre groupes d’individus qui peuvent se voir et s'entendre.

Exemple : counseling, causeries.

2. La communication de groupe :

Elle s'intéresse à un grand public sans utilisation des médias de masse.

Exemple : réunions, assemblées générales.

3. La communication de masse : c'est la communication qui s'étend à un grand public, à une très large
échelle par l’intermédiaire de mass media : la radio, la télévision, le satellite, le téléphone, les lettres,
le télégraphe, les films, etc.

4. La communication intra personnelle : elle fait appel à l’introspection c'est à dire ce qui se passe à
l’intérieur d'un individu quand il pense ou ressent des émotions.

IV. Les différentes formes de communication :

 La communication verbale (paroles) ;

 La communication non verbale (gestes mimiques, expression du visage)

V. Les différentes techniques de communication :

• La causerie éducative ;

• La visite à domicile ;

• Le counseling.

VI. Les canaux et supports de communication :

1. Canaux interpersonnels :

Face à face, distribution communautaire, visites à domicile, éducation des pairs, discussions de groupe,
conseils, pièces de théâtre, marionnettes, festivals locaux de musique

2. Canaux modernes :

 Audiovisuels : TV-vidéo, cinéma, etc.

• Audio : Radio, cassette audio, compacts disques (CD), téléphone

• Visuel : la presse écrite, les imprimés.

3. Canaux traditionnels : la danse populaire, la musique et le chant collectif, théâtre, les marionnettes,
les veillées de type rituel ou initiatique

4. Les types de supports :

• Télévision (dossier, émission, spot télévisé, microprogramme, etc.);

• Vidéo (documentaire, vidéo forum, etc.);

• Cinéma (film court métrage, etc.),


• Journaux (quotidiens, mensuels, etc.);

• Revues (quotidiennes, mensuelles, etc.)

• Les imprimés (affiche, boite à image, dépliant, brochure).

VII. Les obstacles de la communication :

Certaines situations peuvent entraver la bonne marche de la communication, ce sont :

• les mots - les émotions ;

• le cadre de référence ;

• L'interprétation ;

• Le choix du moment ;

• Le manque de compréhension ;

• La culture;

• La différence d'âge/sexe ;

• La monotonie de la stratégie et du canal ;

• Le langage (choix des mots/vocabulaire);

• Le lieu,

• La langue de communication.

VIII. Les facteurs qui influencent la communication

1. Émetteur :

• Facteurs positifs : Disponibilité, bonne écoute, discrétion, respect des autres, maitrise du sujet,
ponctuel, patience, bonne diction, bonne attitude, désir de bien communiquer.

• Facteur négatifs : Non-maitrise du sujet, timidité, mauvaise diction, impatience.

2. Message :

• Facteurs positifs : Clarté précision concision, intéressant, utilisation des aides visuelles.

• Facteurs négatifs : Confus, compliqué, inapproprié, le message mal formulé, trop long ou trop
court, non testé.

3. Canal :

• Facteurs positifs : Direct, approprié, adapté.

• Facteurs négatifs : Indirect, inapproprié, inadapté

4. Récepteur :

• Facteurs positifs : Disponibilité, discipline, patience, bonne écoute, Intérêt, attention.

• Facteurs négatifs : Impatience, indiscipline, non disponible, refus du message, méfiance, ne


donne pas de feed-back.
NB : En fonction de la qualité du canal et du message d’une part, de la disposition et de la disponibilité
de l'émetteur et ou récepteur d'autre part, le feed-back et l’effet seront influencés négativement ou
positivement.

5. Feed-back :

• Indicateurs positifs : Approprié, pertinent, immédiat, opportun, spécifique.

• Indicateurs négatifs : Non approprié, non pertinent, non immédiat, non opportun, trop
général, absent.

6. Effet ou impact :

En définitive, l'effet ou l'impact du message dépendra aussi des facteurs tels que la Perception que se
fait le récepteur du message reçu, les valeurs intériorisées par le récepteur et l'image de soi.

A la suite de cette activité, le facilitateur va introduire une discussion en séance plénière, suivie d'un
exposé illustré et portant sur le processus du changement de comportement.

Activité :

Une sage-femme conseille une femme enceinte sur l’importance des consultations prénatales.
GESTION DES RUMEURS

I. Définition :

Une rumeur est un bruit qui se répand d'une personne à une autre ou à d'autres sans qu'on sache
d’où elle provient. Il s'agit souvent d'informations erronées ou approximatives.

II. Origines des rumeurs :

Les rameurs proviennent des origines diverses :

• Malentendus au cours des conversations ;

• Publications de nouvelles qui peuvent être erronées, incomplètes ou mal comprises ;

• Croyances erronées dues à des mauvaises interprétations qui peuvent être d'ordre religieux
ou socioculturel. Etc.

III. Caractéristiques de la propagation des rumeurs :

 La rumeur naît souvent dans les lieux de rassemblement, bar, marché, etc.

 La rumeur est incontrôlée ;

 Elle se propage rapidement et souvent amplifiée ;

 Elle est très difficile à étouffer, plus les communicateurs officiels essaient de la démentir plus
elle s'affirme ;

 Elle est parfois basée sur un fait réel ;

 Souvent l'émetteur n'est pas identifié.

IV. Rumeurs relatives à la SR :

PF VIH/ SIDA IST

Les moustiques transmettent le Avoir une IST est signe de virilité


SIDA chez l’homme et de
Le stérilet est abortif
vagabondage sexuel chez la
femme

Le SIDA ne concerne que les Un homme est véritablement


La pilule rend stérile étrangers mature que lorsqu’il a contacté
une IST.

On peut contracter le SIDA en Une femme jolie et bien


Le stérilet se promène dans le
mangeant avec une personne présentable ne peut être
corps.
infectée. victime d'une IST

Le miel transmet le VIH/SIDA On attrape les IST uniquement


La pilule engendre la naissance
avec les professionnelles du
d'enfants mal formés
sexe
V. Démarche pour combattre les rumeurs :

 Identifier la rumeur et si possible sa provenance ;

 Expliquer le pourquoi de la rumeur ;

 Donner le message correct à plusieurs sources en qui la population a confiance (chefs religieux,
traditionnels, autorités sanitaires, etc.) et avec des preuves convaincantes ;

 Utiliser la persuasion et non l’imposition.

N.B : On peut faire appel aux personnes influentes pour combattre la rumeur. On doit tenir compte
des valeurs et de la perception des groupes cibles.

COMMUNICATION INTERPERSONNELLE

I. Définition :

La communication interpersonnelle se définit comme toute interaction directe et consciente entre


deux ou plusieurs individus.

C'est une communication de proximité. Elle assure le contact direct avec le ou les récepteurs. Elle est
à double sens et s’effectue souvent sans support intermédiaire.

Elle peut prendre la forme individuelle ou celle du groupe.

II. Quelques principes de la communication interpersonnelle :

• Avoir confiance en soi ;

• Eviter de juger ou d'évaluer trop rapidement ;

• Eviter de s'en tenir à la première impression ;

• Ecouter attentivement de façon continue même si la personne qui parle en ce qu’elle dit nous
déplaît ;

• Apprendre à centrer son attention : sur celui qui parle ;

• Reformuler pour vérifier si on a bien compris ce que dit notre interlocuteur et si on raisonne
bien sur les mêmes données ;

• Bien étudier les questions avant de les poser ;

• Savoir contrôler ses émotions, voire sa colère ;

• Reconnaître et assurer ses responsabilités ;

• Eviter d'imposer son point de vue ;

• Accepter de négocier.

III. Différentes formes de CIP :

On distingue plusieurs formes de communication interpersonnelle.

Nous citerons essentiellement :

• le counseling ;
• la visite à domicile ;

• l'animation de groupe ou causerie éducative ;

• la discussion de groupes (Focus Groups/Discussions).

Certaines de ces formes de communication sont développées par la suite dans le présent manuel, à
savoir : le counseling, la visite à domicile et l'animation de groupe.

IV. Techniques de CIP :

Le but de la CIP est d'aider l'interlocuteur à explorer ce qu'il pense et ressent, à mieux comprendre
et/ou à prendre et évaluer ses propres décisions. A cet effet, l'interlocuteur utilisera un certain nombre
de techniques dont :

• L'écoute active ;

• La communication verbale ;

• La communication non verbale.

1. L'écoute active :

C'est la compétence de base indispensable pour l'interlocuteur à reformuler le contenu d'un entretien,
et les émotions exprimées.

Ecouter n'est pas seulement le fait de saisir les contenus et les sentiments que l'interlocuteur a
exprimés.

2. La communication verbale :

Elle s'exprime généralement par les méthodes suivantes :

4.2.1. Les questions ouvertes :

C'est une technique souvent utilisée pour recueillir des informations ou des précisions sur un point.

Les questions utilisées par l'interlocuteur sont des questions ouvertes nécessitant une réponse plus
étendue qu'un oui ou qu'un non.

Les questions ouvertes encouragent l'interlocuteur à s'exprimer.

a. La reformulation :

La reformulation permet de vérifier que l'on a bien compris ce que la personne voulait bien dire.

La reformulation a trois objectifs :

• Permet au récepteur de vérifier son niveau de perception afin d'être sûr qu'il comprend bien
ce que l'émetteur est en train de lui décrire ;

• Faire comprendre à la personne que vous écoutez ce qu'elle dit ;

• Résumer les observations et les commentaires de la personne, en reprenant ce qu'elle a dit,


mais d'une manière plus concise.

Exemple : C'est ce que vous avez décidé de faire et les raisons sont...

b. La paraphrase :
C'est tout simplement la reformulation personnelle de ce que quelqu'un a dit.

Exemple : Si je comprends bien ce que vous dites...

3. La communication non verbale :

Elle s'exprime par les éléments suivants :

 Le silence ;

 Le contact visuel ;

 Le langage du corps.

LE COUNSELING

I. Définition :

Le counseling se définit comme étant un entretien conseil, un tête-à-tête qui a lieu dans un endroit
calme au cours duquel une personne aide une autre à identifier les solutions possibles à son problème,
ainsi que les conséquences de sa décision.

II. Les étapes du counseling :

Avant le counseling :

• Demander un endroit privé où se fera le counseling ;

• Vérifier si le contenu de la trousse PF est complet ;

• Consulter l’aide-mémoire.

Pendant le counseling :

Exemple : en cas de counseling « Evaluation du risque d'infection ». Les étapes ci-dessous énumérées
constituent la démarche du counseling, qui correspond à l'acronyme BERCER.

Etape 1: Bienvenue

• Saluer avec respect et sympathie, offrir le siège ;

• Se présenter par son nom et qualification ;

• Dire à la personne que l’entretien est confidentiel.

Etape 2 : Ecouter et questionner

• Demander d'exposer la raison de la visite ;

• Ecouter attentivement le client ;

• Encourager le client à continuer à parler ;

• Poser des questions pour mieux comprendre le problème du client ;

• Essayer de comprendre sans juger, garder la neutralité ;

• Ne pas interrompre le client quand il parle.


Etape 3 : Renseigner sur la méthode

• Demander à la personne de citer les méthodes qu'elle connait ;

• Présenter les différentes méthodes contraceptives ;

• Montrer et donner à toucher les échantillons de méthodes citées ;

• Informer sur les méthodes disponibles au niveau du volontaire PF, des ASC des membres CO
et au niveau des cliniques PF ;

• Dire si nécessaire les limites de ses compétences.

Etape 4 : Aider à choisir

• Demander la méthode que la personne voudrait utiliser.

Etape 5 : Expliquer l'utilisation

• Expliquer les notions essentielles pour l'utilisation ;

• Demander à la personne de répéter ce qu'elle a compris ;

• Vérifier ce qui n'est pas compris ;

• Reprendre avec patience les informations qui ne sont pas comprises ;

• Donner éventuellement une documentation à emporter chez soi ;

• Dans le cas du condom, faire la démonstration avec le mannequin.

Etape 6 : Référer/Rendez-vous

• Référer la cliente à la clinique PF la plus proche ;

• Rappeler sa disponibilité pour une autre rencontre ;

• Remercier de l'entretien ;

• Ranger le matériel qui a servi pour le counseling.

III. Caractéristiques d'un cadre approprié :

Pour le counseling, on doit avant tout disposer d'un cadre propre, aéré et confortable. II doit pouvoir
assurer la confidentialité. La confidentialité est une règle fondamentale à l'instauration d'une relation
de confiance entre le conseiller et le patient (client).

Le conseiller doit savoir que toute divulgation des renseignements nécessite le consentement
préalable du client.

La séance de counseling est un entretien confidentiel et le conseiller doit nécessairement veiller au


respect de cette confidentialité qui est une obligation pour le conseiller et un droit pour le client.

IV. Qualités d'un bon conseiller :

Un bon conseiller doit être capable de :

• Maitriser tous les aspects du VIH/SIDA ;


• Avoir des aptitudes à la communication interpersonnelle et connaître les techniques de
counseling (BERCER) ;

• Être accessible, et savoir gérer les réactions des gens ;

• Développer des capacités d'empathie : pouvoir s'identifier à quelqu'un et ressentir ce qu'il


ressent ;

• Être cohérent et exact ;

• Savoir reconnaître ses limites.

V. Attitudes d'un bon conseiller :

Un bon conseiller doit observer les attitudes suivantes :

• S'intéresser au bien être des autres ;

• Avoir du respect pour autrui (ponctualité, politesse...) ;

• Maîtriser les techniques d'écoute (contact visuel, attention, paraphrase, résumé.);

• Maîtriser les techniques d'expression (adaptation du niveau du langage, utilisation de


questions ouvertes, expression de motivation) ;

• Assurer la confidentialité ;

• Être honnête et franc ;

• Mettre en confiance et avoir confiance en soi ;

• Etre ouvert et tolérant ;

• Faire preuve d'empathie, mais pas nécessairement de sympathie ;

• Être clair et ferme ;

• Se mettre à jour régulièrement ;

• Respecter les croyances, les attitudes et les valeurs des autres ;

• Savoir remercier pour la confiance accordée.

VI. Défis :

Le counseling est un moment privilégié pour aider à la résolution des problèmes des patients. Le
conseiller doit être préparé à affronter certains défis lors du counseling dont les principaux sont :

L'interlocuteur qui a de la gêne à exposer son problème :

Si l'interlocuteur refuse de parler dès le début de l'entretien, le conseiller à un moment doit intervenir
et poser des questions suivantes :

« Je vois qu'il est un peu difficile de parler. C'est le cas quand on se rencontre pour la première fois ».

« Je me demande si vous n'êtes pas anxieux ? »

« Vous savez, parfois, quand quelqu'un vient alors qu'il n'en a pas envie. Il décide ne rien dire. Je me
demande si ce n'est pas un peu comme ça dans votre cas ? »
Si l’interlocuteur s'arrête de parler au milieu de l'entretien, le conseiller doit éviter de briser le silence
ou de considérer qu'il est inacceptable. La meilleure solution consiste a attendre et laisser le patient
faire l'effort nécessaire pour exprimer ce qu’il ressente ou pense. Toutefois, il ne faut garder le silence
pendant longtemps. Vous devez éventuellement reformuler votre question afin de l’aider à renouer
avec le dialogue. « Dites-moi ce que vous en pensez ou que ressentez-vous ? »

L'interlocuteur se met à pleurer :

Le conseiller ne doit pas interrompre de sitôt. Un moment après, il dira que c'est une réaction naturelle
quand on est triste.

Consoler le patient en le touchant doit être bien étudié selon les contextes culturels car il faut éviter
de créer des situations prêtant à équivoque, surtout si le conseiller et le patient sont de sexe oppose.

L'interlocuteur menace de se suicider :

Dans cette situation, une réaction de panique de la part du conseiller peut faire peur au patient.

Il est recommandé de prendre une attitude mesurée, de montrer au patient qu’on s'intéresse à lui :

qu'on vient de le connaitre mais s'il se suicidait, on aurait perdu un ami.

L'interlocuteur refuse toute aide :

Dans cette situation, il faut lui demander le motif pour lequel il est venu solliciter vos services (tout en
restant courtois et poli). Cette question débloque souvent la situation.

L'interlocuteur estime qu'il n'a pas de soutien au problème :

L'exemple de circonstances dans lesquelles ceci arrive concerne par exemple les cas où une fille ou une
femme veut une interruption volontaire de grossesse (IVG).

Il est toujours bon d'apprendre à mieux connaître la personne, parfois la perception des choses peut
changer.

Le conseiller ne connait pas la réponse à un fait :

Il est parfaitement judicieux que le prestataire dise qu'il ne connaît pas la réponse et peut essayer de
l'obtenir pour le patient.

Le conseiller doit être conscient que plus il est franc, plus la personne à qui il s’adresse n’aura tendance
aussi à vouloir faire preuve de franchise.

VII. Principaux défis rencontrés au cours du counseling :

Les autres défis possibles en cours de counseling peuvent être les suivants :

• Le conseiller n'a pas le temps ;

• Le conseiller n'arrive pas à établir une bonne relation avec le patient (client);

• Le conseiller et le patient (client) se connaissent ;

• Le patient (client) délire (égarement momentané de l’esprit);

• Le patient (client) pose des questions sur la vie privée du conseiller ;

• Le conseiller est embarrassé par le sujet.


Pour le conseiller, répondre à ces autres défis, exigera de faire preuve de tact (discernement), de
subtilité et d'une bonne organisation, entre autres qualités.

NB : La personne qui fait une séance de counseling, doit aussi dire à son Interlocuteur les limites de
sa connaissance, de ses compétences et référer en cas de nécessité.

VIII. Fiche d’apprentissage pour le counseling sur l’évaluation des facteurs de risques :
LA CAUSERIE EDUCATIVE

I. Définition de la causerie :

la causerie est une technique d’animation de groupe qui consiste en un entretien entre un animateur
et un groupe de personnes en vue d’apporter des messages précis à ce groupe pour un changement
ou renforcement de comportement.

II. But de la causerie éducative :

La causerie vise toujours un changement de comportement. Dans une séance de causerie, l’animateur
utilise souvent des supports visuels ou audiovisuels.

III. Etapes de planification d’une séance d’animation :

3.1. Préparation :

• Prendre rendez-vous en accord avec la population cible ;

• Informer les autorités locales ;

• Repérer un lieu : espaces suffisant, bien aéré, calme, loin des distractions ;

• Planifier des heures convenables ;

• Prévoir la présentation de 15 à 20 minutes ;

• Prévoir quelques minutes pour une discussion ;

• Prévoir un thème simple et unique, ne pas s’engager à traiter plusieurs thèmes à la fois ;

• Définir le but et l’objectif du thème ;

• Préparer tout le matériel nécessaire à l’avance (affiches, dépliant, échantillons …).

3.2. Pendant la séance (exécution) :

• Accueillir et installer les invités ;

• Saluer l’auditoire ;

• Établir un climat approprié ;

• Se présenter et présenter les autres si nécessaire ;

• Introduire le sujet (qui a entendu parler du sujet d’aujourd’hui ? qui a eu l’expérience) ;

• Demander l’avis de l’auditoire sur le thème ;

• Développer le sujet selon le choix de la méthode ;

• Recueillir les expériences de l’auditoire ;

• Dissiper les rumeurs ;

• Renforcer les connaissances ;

• Soutenir les informations par les supports audio-visuels ;

• Évaluer les acquis des participants ;


• Faire la synthèse ;

• Remercier ;

• Clôturer la séance ;

• Fixer un autre rendez-vous.

3.3. Après la séance (évaluation) :

• Séance d’évaluation avec réflexion et feed-back par des collègues ;

• Ranger le matériel ;

• Remplir la fiche technique d’animation ;

• Revoir son plan de travail IEC si nécessaire ;

• Rédiger le rapport de la séance.

IV. Les qualités d’un bon animateur :

4.1. Attitudes :

• Accueillant ;

• Respectueux, poli, courtois ;

• Attentif aux réactions du public ;

• Patient ;

• Disponible ;

• Tenue adaptée au milieu ;

• Langage clair et simple (parler posément et à haute voix).

4.2. Compétences de base en communication de la relance :

• Maitriser le sujet ;

• Faire des synthèses ;

• Adopter un langage simple ;

• Faire participer l’auditoire ;

• Écouter attentivement.

V. Rôle de l’animateur du groupe :

Au cours d’une séance de causerie éducative, le rôle de l’animateur consiste à aider le groupe à
s’exprimer et à atteindre ses objectifs.

Une même séance peut amener l’animateur à donner de l’information, à en récolter, à animer un
débat par exemple.
La confusion des rôles ou la rigidité dans rôle unique peut gêner la progression et les capacités
créatives du groupe.

Il faut donc être capable de changer de rôle au moment où il faut.

Pour ce faire, l’animateur pourra être amené à assumer les fonctions suivantes :

o Stimuler la participation : à travers des questions permettant l’expression et l’échange


d’idée, en faisant progresser le groupe vers les objectifs de la séance et en valorisant une
démarche collective et consensuelle.

Il doit être capable d’écouter et d’observer sans porter de jugement.

Il doit être flexible, connaissant ses propres limites, et s’adaptant aux réactions des autres.

o Contrôler les discussions : en assurant une chance égale de participation à chacun, faisant
donc preuve d’une vigilance complète à l’égard de ce qui se passe tout en essayant de
maintenir le déroulement de la séance dans le cadre proposé. Il a aussi le devoir de maintenir
l’ordre et la cohérence, afin d’éviter la confusion et le conflit.

En fait, la participation active des membres du groupe incombe à ceux-ci, mais dépend de la qualité
de conduite par l’animateur.

o Clarifier les points de vue : en suscitant une définition commune aux objectifs, en
reformulant et reliant les interventions des différents participants et en faisant
régulièrement les points des différents arguments et idées formulés

o Donner des informations appropriées et précise qui répondent aux questions posées par les
participants.

o Gérer la dynamique de groupe en tenant compte des caractéristiques et des comportements


qui risquent de perturber le déroulement de la séance.

Il est par conséquent conseillé d’adopter les attitudes suivantes :

Type de participants possibles et attitudes suggérées à l’animateur :


VI. Avantages de la causerie éducative :

La causerie éducative ne devrait jamais être une activité qu’on organise partout ou pour n’importe
qu’elle besoin.

Elle répond généralement aux besoins suivants :

Donner à plus d’une personne à la fois des informations sur la sexualité, les IST/SIDA, la PF, les
méthodes contraceptives …

Ce qui permet une économie de temps.

Cependant, au cours d’une séance de causerie, il est conseillé de développer un thème.

Aider les personnes ayant le même problème à partager leurs expériences et à se soutenir
mutuellement dans leurs décisions en la matière.

Répondre à des questions que certaines personnes n’osent pas poser.

Aider à exercer une influence positive du groupe sur la prise de décision de l’individu.

Susciter une interaction et une participation active de chacun au sein du groupe par rapport au sujet
débattu.

VII. Les caractéristiques de la composition du groupe pour une bonne causerie éducative :

Pour réussir une causerie éducative, les conditions suivantes doivent être respectées sur le plan de la
composition du groupe. Il faut que le groupe soit :

Homogène : les membres qui composent doivent avoir les mêmes caractéristiques (sexe, âge,
appartenance socioculturelle).
En effet, les questions relatives à la sexualité, IST/SIDA, peuvent difficilement être abordées par les
groupes mixtes. L’expérience montre que les échanges sont plus faciles et plus naturels quand le
groupe est constitué de personnes de même sexe ou sensiblement de même âge.

Restreint : un groupe composé de dix à quinze participants facilite l’interaction au sein du groupe.

Au-dessous de cette taille, les apports de participants ne sont plus variés et l’interaction est moindre.
Au-dessus, on ne peut aboutir à la construction des sous-groupes.

VIII. Les autres types d’animation de groupes :

• La vidéo-débat ;

• Le ciné-débat ;

• Le théâtre.
LES VISITES A DOMICILE

I. Définition

La visite à domicile est une technique de la communication interpersonnelle qui consiste à rendre visite
à un homme ou à une femme à domicile en vue de résoudre un problème précis ou prodiguer des
conseils. Ceci pour :

Bien comprendre les situations qui sont à l’origine des problèmes de la personne ou des personnes
visitées.

Partager avec les personnes tout ce qu’ils doivent connaitre.

S’assurer que les personnes ont compris les conseils et peuvent les mettre en pratique.

Pour ce faire ; on organise de temps à temps, des visites à domicile pour aider les gens à résoudre leurs
problèmes de santé, discuter avec eux et surtout encourager les clientes qui sont sous méthodes
contraceptives à poursuivre le traitement.

II. Importance des visites à domicile :

• Aider les familles à améliorer leur état de santé ;

• Recueillir les renseignements ;

• Encourager les clients sur le SE/SR/PF ;

• Sensibiliser la communauté sur le SE/SR/PF ;

• Recruter de nouvelles accepteuses ;

• Aider à trouver des solutions aux problèmes.

III. Avantages des visites à domicile

L’on s’occupe immédiatement des problèmes là où ils se posent.

Les familles apprennent à considérer l’agent comme un ami et non comme un représentant
du gouvernement ou comme un fonctionnaire.

Les agents apprennent à mieux connaître les membres de la communauté et peuvent ainsi
découvrir les plus aptes à intégrer dans certaines activités.

IV. Les limites des visites à domicile

Les visites à domicile prennent du temps. L’agent ne peut faire qu’un certain nombre de famille.

Les familles qui ne reçoivent pas de visite peuvent se sentir frustré.

Il n’est pas toujours possible d’organiser une visite à une heure qui convienne à la famille.

Les moyens de déplacements peuvent être limités.

V. Principales règles qui régissent la visite à domicile

• Être positif ;

• Ne pas critiquer ;

• Ne pas oublier les objectifs de la visite ;


• Ne pas exiger les biens de la famille.

VI. Les étapes d’organisation des visites à domicile

6.1. Avant la visite à domicile :

• Informé les autorités du milieu ;

• Identifier les personnes à visiter ;

• Les informés en l’avance ;

• Vérifier la trousse de la visite ou sac IEC ;

• Faire un petit rappel de la manière dont vous allez faire la visite ;

• Indiquer les points essentiels sur lesquels vous allez insistés

• Réfléchir à des solutions pratiques aux problèmes pratiques fréquents du milieu ;

• Prévoir de quoi écrire.

6.2. Au cours de la visite à domicile :

• Saluer les gens avec courtoisie ;

• Se présenter en insistant sur la contribution qu’on peut apporter aux gens pour résoudre
leurs problèmes ;

• Observer, écouter attentivement ou sentir ce qui se passe dans la famille ;

• Au cours de la discussion ; il faut féliciter aux gens les efforts fournis pour résoudre certains
problèmes ;

• Fixer un rendez-vous pour les problèmes dont la solution demande plus de temps et de
moyens ;

• Noter les points essentiels de doléance des gens sans pouvoir faire des promesses ;

• Noter aussi le degré de connaissance et les attitudes des gens dans la résolution de leur
problème.

6.3. A la fin de la visite à domicile :

• Encourager les gens, les remerciés.

6.4. Après de la visite à domicile :

• Écrire tous le renseignement reçu ;

• Trier les problèmes qu’on peut résoudre avec l’information et l’éducation pour la santé.
COMMUNICATION POUR LE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT

I. Définitions :

C'est un processus qui consiste à échanger des idées ou des informations avec soi-même ou avec une
ou plusieurs personnes, afin d'apporter le savoir, le savoir-faire et le savoir être nécessaires pour un
changement de comportement.

La communication ne se limite pas à l'échange d'informations, d'idées, de sentiments, mais vise à faire
adopter par la population cible un nouveau comportement qui contribuera à améliorer sa condition
de vie, sa santé.

C'est un ensemble d'interventions orientées vers des groupes préalablement ciblés pour obtenir et/ou
renforcer un comportement favorable devant contribuer à résoudre un ou des problèmes.

C'est une discipline appuyant des programmes et projets de développement.

II. Les approches de communication pour le changement de comportement :

1. L'approche traditionnelle :

Aspect informatif sous forme de messages délivrés à des individus par des professionnels des secteurs
concernés (médecins, sages-femmes, éducateurs), l'élaboration des messages est laissée à l'initiative
individuelle de ces acteurs.

2. L'approche médiatique :

Elle est basée sur l'impact des médias sur les connaissances et les attitudes des populations (presse
écrite, parlée, télévisée et l'affichage).

Elle concerne un temps limité, s'apparente à la publicité.

Exemple : Journée Mondiale de Lutte contre le Sida.

3. Mobilisation sociale :

Processus de ralliement à l'action d'un grand nombre de gens pour réaliser un but sociétal à travers
des efforts individuels.

Engage différents niveaux de la société (décideurs, responsables, prestataires, communautés,


utilisateurs, etc.).

4. Le plaidoyer :

C'est un processus de collecte d'organisation et de formation de l'information en arguments à


communiquer par le truchement de différents canaux interpersonnels aux responsabilités politiques
et soutien actif pour la réalisation des objectifs visés.

5. Le marketing social :

C'est une approche globale et systématique qui comporte la conception, la mise en œuvre et le
contrôle de programmes visant à faire accepter ou régler certaines idées sociales. Il procure le bon
service, à la bonne personne, au bon moment, au bon prix, au bon endroit

Les 4 = produit/service-prix-promotion-place - distribution.


Elle tient compte des aspects socio-économique et culturel de la communauté.

La communication ne servira pas seulement comme moyen

de modification du comportement, mais comme un outil de changement social.

La communauté est l'actrice principale pour la définition de ses problèmes et la résolution de ceux-ci.

6. L'approche de l'éducation par les pairs :

Elle se justifie par le fait que la personne est plus sensible et fait davantage confiance aux messages
provenant de ses pairs que d'autres plus ou moins âgés.

7. L'utilisation des relais communautaires ou animateurs des services de base :

Dans le cadre de l'exécution de nombreux programmes et projets aussi bien en milieu rural comme en
milieu urbain, notre pays possède d’immenses expériences dans l’utilisation des animateurs au niveau
des services de base.

Servant de relais entre les prestataires, les communautés et les ménages, ces animateurs jouent un
rôle appréciable d'information, de sensibilisation et d'incitation des ménages (première unité des
soins) à un changement de comportement qui se matérialise par une utilisation accrue et par une
demande forte des services de santé de qualité.

A côté d'autres approches d'intervention, à savoir les radios de proximité, les médias traditionnels...
les relais au Mali à l'image des animateurs des zones d'ombres sous d'autres cieux constituent une
opportunité à valoriser et à motiver davantage pour des actions efficaces et pérennes au service du
bien-être socio-sanitaire de la femme et de l'enfant.

III. Facteurs influençant le changement de comportement :

C'est une question intéressante. Chacun d'entre nous a déjà changés de comportement au moins une
fois. Pourquoi l'avons-nous fait ? Qu'est ce qui nous a poussés à le faire ?

Parce que l'ancien comportement est source de gêne, de douleur physique, de maladie.

Les gens changent de comportement parce qu'ils connaissent les avantages du nouveau
comportement ou les désavantages du comportement qu'ils veulent changer.

Ceci se rapporte à la raison. Parce que nous connaissons les caractéristiques du nouveau
comportement, les éléments nécessaires à la pratique du nouveau comportement, la raison ici est la
pratique.

Les gens changent de comportement parce qu'ils ont peur des conséquences négatives du
comportement à changer (conséquences lointaines) ou parce qu'ils éprouvent de l'enthousiasme à
éviter des risques à des personnes qu'ils aiment en adoptant le nouveau comportement.

Les gens changent de comportement tout simplement parce que leur entourage (parents et amis) a
adopté un nouveau comportement dans un domaine donné.

Les gens changent de comportement parce que l'environnement socioculturel, économique, juridique
etc. le permet.

Quelles sont les difficultés liées au changement de comportement surtout dans le domaine de
l'excision par exemple ?
Il est difficile de répondre à cette question par oui ou non. Nous sommes dans un domaine où les
exciseuses et les excisées considèrent la pratique de l'excision non seulement comme élément culturel
mais aussi comme leur propriété qu’elles tiennent à garder jalousement.

L'adoption d'un nouveau comportement a un coût, nécessite un apprentissage parfois long et


contraignant.

Compte tenu de tout ce qui précède, le changement de comportement dans le domaine de l'excision
peut être facile dans quelques cas mais habituellement il est difficile.

Le changement de comportement est encore plus difficile quand les actions visées sont de nature
préventive.

Le changement de comportement est aussi difficile quand les problèmes posés par l'ancien
comportement ne surviennent pas tout le temps.

Le changement est enfin difficile, quand les problèmes liés à l'ancien comportement surviennent des
semaines, mois ou années plus tard.

Le comportement est le résultat de plusieurs facteurs qui ont agi les uns sur les autres. Ces facteurs
sont nombreux.

On peut les classer en deux grandes catégories :

 Les facteurs personnels

 Les facteurs environnementaux

Les facteurs personnels :

Les facteurs personnels correspondent à tout ce qui peut influencer un comportement et qui est
interne à l’individu.

Ce sont les facteurs qui conduisent à l'intention de faire un comportement de façon générale, ce sont
ceux qui permettent de savoir et de vouloir.

Exemple de facteurs personnels influençant un comportement :

Physiologiques : Hérédités, constitution biologique, besoins, pulsion.

Physiques : Habiletés psychomotrices (capacité à manipuler courir, Etc..

Psychologiques : Besoins, connaissances, croyances, attitudes, perceptions, valeurs, type de


personnalité, habiletés cognitives (analyser, choisir), auto renforcement par observation.

Sociodémographiques : Sexe, âge, degré de scolarité.

Autres : Revenu, culture, religion.

Les facteurs environnementaux :

Les facteurs environnementaux correspondent à tout ce qui influence un comportement et qui est
externe à l'individu. Ce sont les facteurs qui permettent de faire un comportement lorsque l'on a
décidé de la faire.

Ce sont ceux qui permettent de continuer de faire un comportement ou d'adopter un comportement.

De façon générale, ce sont ceux qui permettent le pouvoir.


Exemple de facteurs environnementaux qui influencent un comportement :

Relations : conjoint, famille immédiate, parents, amis compagnons ;

Interpersonnelles : de travail ou de loisir, barman, coiffeuse, décideurs ;

Services et ressources : accessibilité (temps, transport, coût, location, etc.) disponibles, quantité et
qualité ;

Lieu de travail : environnement social et physique, type de village, ville de loisir ….

Résidence : géographie, climat, économie, culture publicité, politique, gouvernement pays, continent.

IV. Difficultés liées au changement de comportement :

Quelques causes de résistance au changement :

1. l'être humain préfère la stabilité ;

2. les habitudes sont sources de confort, de sécurité et de plaisir ;

3. le conformisme ;

4. la crainte de perdre les intérêts économiques ou sociaux (prestige) ;

5. la mauvaise compréhension du changement.

Quelques éléments pour vaincre les résistances au changement de comportement :

1. laisser les personnes concernées s'approprier le changement et non le leur imposer ;

2. obtenir le soutien des leaders d'opinion ;

3. réconcilier le projet de changement avec les valeurs établies ;

4. le projet doit montrer ses avantages ;

5. le changement ne doit pas menacer l'autorité, l'autonomie ou la sécurité des personnes concernées

6. le projet utilise les méthodes, outils et expériences que les participants adorent ;

7. les participants ont unanimement bien diagnostiqué le problème ;

8. le changement fait l'objet d'une décision de groupe ;

9. ceux qui initient ou défendent ont conscience et comprennent les sentiments les craintes de ceux
qui doivent subir le changement. Ils savent y remédier ;

10. on n'oubliera pas le temps nécessaire pour les explications, les discussions et les compromis.

V. Les étapes du changement de comportement :

Le changement de comportement est un processus long. Chaque individu à son rythme qui lui est
propre pour adopter un comportement donné.

Pour adopter un comportement précis, l'individu passe par les étapes suivantes :

Étape 1 : Connaissance

• Se souvient de tel ou tel message ;


• Comprend ce que signifient les messages ;

• Peut nommer des produits, des méthodes ou d'autres pratiques, et/ou des ressources, des
services/produits.

Étape 2 : Approbation

• Réagit favorablement aux messages ;

• Parle des messages et du sujet avec des personnes de son entourage (famille, amis) ;

• Approuve la pratique ;

• Incite la famille, les amis et la communauté à approuver la pratique.

Étape 3 : Intention

• Se rend compte que certaines pratiques de la santé peuvent répondre à un besoin personnel
;

• A l'intention de consulter un prestataire ;

• A l'intention d'adopter une pratique sanitaire à un moment donné.

Étape 4 : Pratique

• S'adresse à un prestataire d'information/produits/services ;

• Choisir une méthode ou une pratique et commence à s'en servir ;

• Continue de s'en servir.

Étape 5 : Plaidoyer

• Pratique la méthode et en reconnaît les avantages ;

• Conseille la pratique à d'autres ;

• Soutient des programmes dans la communauté.

VI. Plan de communication pour le changement de comportement :

La planification de la communication se concrétise suivant un processus cyclique comportant les cinq


étapes suivantes résumées sous l'acronyme d’« A.C.C.E.S »

 Analyse de la situation : La planification prend comme point de départ les problèmes d'ordre
comportemental ayant des conséquences sur la santé de la reproduction de l'individu.

Par la suite, les priorités sont définies sur la base de critères objectifs et subjectifs.

 Choix de cibles et formulation des objectifs : Pour les problèmes prioritaires retenus, nous
essayerons d'identifier les populations cibles à toucher et de formuler des objectifs qu'on tend
à réaliser.

 Conception de stratégie(s) de communication : Pour les objectifs formulés, il faut choisir des
alternatives et déterminer la manière appropriée pour sa réalisation.

 Exécution de stratégie(s) : Une stratégie de communication conçue et élaborée doit être mise
en œuvre, exécutée et concrétisée.
 Suivi et évaluation : A chaque étape d'exécution de la stratégie, interviennent le suivi et
l'évaluation.
LE PLAIDOYER

I. Éléments clés :

Est un ensemble d’action menés par un individu, un groupe, une communauté, pour influencer la prise
de décision, dans un domaine quelconque dans l’intérêt public en vue de changer ou d’assurer la mise
en application des politiques, lois, règlements, procédures, normes, programmes, dans le sens
souhaité par individu, le groupe ou la communauté qui entreprend ces actions.

II. Définition du plaidoyer :

Il existe plusieurs définitions pour expliquer le concept plaidoyer. Parmi celles-ci, on peut citer :

● Le plaidoyer est le fait de prendre la parole pour attirer l'attention d'une communauté sur une
question et orienter les décideurs vers une solution.

● Le plaidoyer est l'action des personnes participantes à des processus décisionnels qui influencent
leur vie.

● Le plaidoyer est une action visant à influencer les politiques, les décisions, les programmes d'une
institution, quelle qu'elle soit.

Ces définitions ont des points communs :

• Une idée à défendre ;


• Une décision à influencer ;

• Une action à entreprendre ;

• Un cadre bien défini.

Le plaidoyer peut être défini comme un ensemble d'actions cohérentes menées par un Individu, un
groupe, une communauté, pour influencer la prise de décision, dans un domaine quelconque d'intérêt
public, en vue de changer ou d'assurer la mise en application des politiques, lois, règlements,
procédures, normes, programmes, dans le sens souhaité par l'individu, le groupe ou la communauté
qui entreprend ces actions.

III. Éléments constitutifs du plaidoyer :

Ce sont :

- un/des objectif(s) ;

- des données ;

- un/des public(s) cible(s) ;

- un/des message(s) à véhiculer ;

- un/des groupe(s) de pression ;

- des fonds ;

- Une évaluation.

Une action de plaidoyer peut comprendre l’ensemble de ces éléments.

Cependant, on peut également faire une sélection d'éléments pertinents permettant de réaliser
l'action présente.

IV. Enjeux du plaidoyer :

En Afrique, de nombreuses organisations émergent à côté des structures gouvernementales pour


réguler la vie politique, économique, sociale.

Ces organisations utilisent de plus en plus le plaidoyer pour se faire entendre.

En effet, le plaidoyer permet :

• de défendre des idées ;

• d'informer les décideurs ;

• de sensibiliser l'opinion ;

• d'influencer la prise de décision ;

• de pousser à réformer les lois, les politiques ;

• de faire prendre des mesures dans le sens souhaité ;

• de rendre les instances de décision plus démocratiques.

Bien utilisé, le plaidoyer constitue un puissant outil dans l'influence de la prise de décision pour l'intérêt
de la collectivité.
Le plaidoyer joue un rôle important partout où un changement doit s'opérer, partout où la prise de
décision est recherchée.

V. Définition d'un leader d'opinion :

Un leader d'opinion est une personne dotée d'un statut socio-économique, culture politique,
administratif et/ou d'une moralité qui lui confère un certain pouvoir et une certaine crédibilité auprès
de la population.

C'est un meneur qui est capable d'influencer et d'induire un changement de comportement et


d'attitude dans la communauté.

VI. Caractéristiques d'un leader d'opinion :

• Il est populaire ;

• Il a un langage facile ;

• Il est actif dans la communauté ;

• Il est rassembleur de foule ;

• Il passe fréquemment dans les médias ;

• Il occupe une fonction dans la communauté ;

• Il est visible dans les groupes d'influence, comme les hommes d'affaires, les gens de spectacle,
les journalistes, les politiciens, les administrateurs.

VII. Activités d’un leader d’opinion :

• Participation à une campagne de sensibilisation (présider une campagne, mobiliser la


communauté, etc.) ;

• Appui logistique ;

• Apparition dans la publicité en faveur de la SR ;

• Participation à des débats radio télévisés ;

• Déclaration d’intention en faveur de la SR.


LA MOBILISATION SOCIALE

I. Définition :

La mobilisation sociale est un processus de ralliement à l'action d'un grand nombre de gens pour
réaliser un but social commun à travers des efforts et des contributions de tous en vue de soutenir les
actions de développement.

II. Avantages :

● Engagement social et politique ;

● Motivation des comportements ;

● Soutien social aux efforts de développement ;

● Responsabilisation de la communauté ;

● Responsabilisation des prestataires ;

• Synergie d'action entre tous les partenaires ;

● Contribution financière et matérielle aux efforts de développement.

III. Les acteurs de la mobilisation sociale :

● Les communautés ;

● Les structures formelles du Gouvernement ;

● Les groupements socioprofessionnels, associations de jeunes, de femmes, de parents, d'élèves...

● Les organisations religieuses ;

● Les organisations non-formelles ;

● Les partis politiques ;

● Les organisations non-gouvernementales ;

● Les médias ;

● Les prestataires de services ;

● Les leaders de tout bord ;

● Les utilisateurs de service ;

● Les personnalités influentes ;

● Les mutuelles à vocation sociale et financière ;

● Les coopératives.
Utilisation des médias et supports de communication

I. Définition des médias et supports de communication :

Les supports de communication sont un ensemble d'outils qui utilisent le son, et/ou l'image et parfois
le toucher pour illustrer, renforcer ou peut être dit par la parole.

Proverbe chinois : Si j'entends, j'oublie ; si je vois, je me rappelle ; et si je fais, je maîtrise.

Selon des études menées dans le domaine des sciences de la communication sociale, nous retenons
en tant qu'adultes :

10% de ce que nous lisons

20% de ce que nous entendons.

30% de ce que nous voyons.

50% de ce que nous voyons et entendons en même temps.


80% de ce que nous disons.

90% de ce que nous disons en faisant quelque chose à propos de quoi nous réfléchissons et qui nous
implique.

Audiovisuel : ce sont des messages qui s'adressent à la fois à l'oeil et à l’oreille et combinant les
pouvoirs de l'image et du son.

Le média : un ensemble de supports relevant d'un mode semblable de communication.

Exemple : la radio

Support : tout véhicule de message qui a le plus souvent une existence éphémère.

Exemple : le dépliant

II. Les types de médias :

Médias modernes :

Audiovisuels : TV vidéo, cinéma etc.

Audio : Radio, cassette audio, compacts disques (CD), téléphone

Visuel : la presse écrite, les imprimés.

Médias traditionnels :

La danse populaire, la musique et le chant collectif, le théâtre, les marionnettes, les veillées de type
rituel ou initiatique.

III. Les types de supports :

• Télévision (dossier, émission, spot télévisé, microprogramme, etc.) ;

• Vidéo (documentaire, vidéo forum, etc.) ;

• Cinéma (film court métrage, etc.) ;

• Journaux (quotidiens, mensuels, etc.) ;

• Revues (quotidiennes, mensuelles, etc.) ;

• Les imprimés (affiche, boite à image, dépliant, brochure) ;

• Les tableaux, les transparents, les diapositives ;

IV. Principaux supports de communication


V. L'utilisation des médias et supports selon les situations de communication :

• Communication individuelle ;

• Le dépliant ;

• La boîte à image (album à feuillets) ;

• Les modèles et les objets réels.

VI. Le choix des médias et supports de communication :

Le choix dépend des paramètres suivants :

• les publics cibles ;

• l'objectif de communication ;

• le message ;

• le coût.

VII. Description et utilisation efficace des supports de communication :

 Boîte à images :

• Tenir la boîte à images face à l'individu et au groupe ;

• Montrer du doigt l'image dont vous parlez ;

• Regarder la personne à qui vous parlez et non la boîte à images.

 Livrets/Dépliants :

• Ouvrir le livret/dépliant face au client ;

• En se référant aux images dans votre explication, les indiquer du doigt ;

• Donner livret/dépliant au client pour rapporter à la maison ;

• Dire au client de partager le livret/dépliant avec d'autres personnes.

 Flanellographes :

• Les figurines sont utilisées pour renforcer les réponses données par les participants du
groupe ;

• En plus, elles sont utilisées pour s'assurer des points essentiels ;

• Obtenir la participation des membres du groupe ;

• Assurer que le tableau est placé à l'abri du vent ;

• Développer votre thème ou l'histoire petit à petit en choisissant chaque figure


progressivement.

 Affiche :

• Les afficher dans un endroit où tout le monde peut les voir et où elles sont à l'abri des
intempéries ;
• Les afficher à hauteur des yeux et les remplacer quand elles sont usées ;

 Modèle/Mannequin :

• Utiliser avec une personne ou avec un petit groupe ;

• Placer le modèle où tout l'auditoire peut le voir.

 Échantillons :

• Permettre aux clients de tenir les échantillons ;

• Utiliser un échantillon de pilule par exemple pour décrire l’utilisation correcte seulement
avec un petit groupe ou quelques personnes ;

• Toujours utiliser les échantillons quand vous expliquez aux clients l’utilisation de la méthode
de la PF qu'ils/elles ont choisi ;

• En aidant le client à pratiquer avec l'échantillon, vous assurez l’utilisation correcte de la


méthode.

VIII. Avantages et Inconvénients de quelques supports de communication


Remarque :

- Un media est un moyen de communication, ce n’est une fin en soi. Il n’existe pas de média ou de
support de communication idéal, mais on peut trouver un support ou média approprié.

- Le renforcement du message requiert l’utilisation de plus d’un support ou média.

Les pratiques familiales essentielles (P.E.F) en communication pour le changement de comportement


:

- Les membres des familles assistent aux causeries-débats organisés dans le village.

- Les membres des familles reçoivent bien les relais au cours de leur visite à domicile.

- Les membres des familles exécutent les conseils reçus du relais et des prestataires.

- Les familles participent aux activités de mobilisation sociale organisées dans le village.

- Les membres des familles adoptent des attitudes positives pour une amélioration de leur santé.

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