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Causes des inondations dans le 12e arrondissement de Cotonou
Le 12e arrondissement (quartiers : Fidjrossè, Akogbato, Agoglès, Yagbé, etc.) est l'une des zones les
plus vulnérables de la municipalité en raison de sa position côtière et de sa topographie.
1.1. Facteurs naturels favorisant les inondations
Topographie de cuvette : La majeure partie de l'arrondissement est située en dessous ou au niveau de
la mer. C'est une zone de "bas-fonds" naturels où convergent les eaux de ruissellement des
arrondissements environnants.
Nappe phréatique affleurante : Le sol est sablonneux mais la nappe est très proche de la surface
(parfois à moins de 50 cm). Dès les premières pluies, le sol est saturé et ne peut plus absorber l'eau.
Proximité du complexe lagunaire et marin : En période de fortes marées ou de crue de la lagune,
l'évacuation naturelle des eaux de pluie vers les exutoires est bloquée par un effet de "refoulement".
1.2. Facteurs anthropiques des inondations
Urbanisation incontrôlée : L'explosion démographique a poussé les populations à construire dans les
couloirs naturels d'écoulement des eaux et dans les zones marécageuses (Akogbato notamment).
Déficit de drainage initial : Pendant des décennies, le développement des habitations a précédé
l'installation des infrastructures d'assainissement.
Obstruction des ouvrages : L'incivisme des populations (jet de déchets solides, sables et boues dans
les caniveaux) réduit la section d'écoulement des eaux, provoquant des débordements rapides.
1.3. Manifestations et impacts des inondations
Sur le plan sanitaire : Recrudescence du paludisme, des maladies cutanées et des maladies hydriques
(choléra, typhoïde) dues au mélange des eaux de pluie avec les fosses septiques débordantes.
Sur l'habitat : Effondrement de murs, humidité persistante dans les logements et destruction des
appareils électroménagers.
Sur l'économie : Paralysie des commerces locaux, inaccessibilité des voies de transport (Fidjrossè-
Plage vers l'aéroport) et coûts élevés de réparation des véhicules.
2. Assainissement pluvial dans le 12ᵉ arrondissement
2.1. Situation avant les travaux du PAPC
Avant le lancement du Programme d'Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC), la situation était
critique :
Absence totale de collecteurs primaires dans certains quartiers périphériques.
Existence de "points noirs" (zones de stagnation permanente) rendant certaines rues impraticables 6
mois sur 12.
Dépendance totale au pompage d'urgence (motopompes) par les sapeurs-pompiers lors des pics de
pluie.
2.2. Mesures de gestion adoptées par la population (Stratégies de survie)
Remblaiement anarchique : Apport de terre barre, de gravats ou de pneus pour surélever les entrées
de maisons.
Motopompes individuelles : Les foyers les plus aisés s'équipent de pompes pour vider leurs cours.
Passerelles de fortune : Installation de ponts en bois (planches) pour permettre la circulation
piétonne au-dessus des eaux stagnantes.
2.3. Types d’ouvrages d’assainissement en cours de réalisation (PAPC et Asphaltage)
En 2025, le visage de l'arrondissement change grâce à :
Grands Collecteurs Primaires : Canaux en béton de grande section capables de drainer des volumes
massifs vers l'exutoire final.
Bassins de rétention : Aménagement de zones de stockage temporaire pour réguler le débit des eaux.
Caniveaux de voirie : Construction de collecteurs latéraux associés au pavage et au bitumage des rues
(Projet Asphaltage Phase 2).
2.4. Changements observés et effets attendus
Accessibilité : Des quartiers autrefois enclavés comme Akogbato deviennent accessibles même après
de gros orages.
Valorisation foncière : Le prix du foncier et des loyers augmente significativement dans les zones
désormais assainies.
Réduction des nuisances : Disparition progressive des odeurs de stagnation et diminution de la
prolifération des moustiques.
3. Stratégies d’amélioration de la gestion des risques
3.1. Mesures techniques et institutionnelles proposées
Pour pérenniser ces investissements lourds, plusieurs leviers doivent être activés :
Maintenance préventive : Création d'une brigade municipale dédiée exclusivement au curage des
caniveaux avant la saison des pluies (avril/mai).
Gestion des déchets solides : Renforcer la collecte des ordures ménagères (via la SGDS) pour éviter
que les caniveaux ne servent de poubelles.
Police de l'eau et de l'urbanisme : Interdire strictement toute nouvelle construction dans les zones
identifiées comme exutoires naturels non bâtis.
Sensibilisation communautaire : Impliquer les chefs de quartiers dans la surveillance des ouvrages
d'assainissement pour empêcher les branchements sauvages de fosses septiques dans les collecteurs
d'eau de pluie.
Système d'Alerte : Utiliser des capteurs de niveau d'eau connectés pour alerter les autorités en cas de
risque de débordement majeur.
Ces efforts combinés visent à transformer le 12e arrondissement en une zone urbaine résiliente face
au changement climatique.
Sources consultées :
Rapports du Programme d'Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC).
Ministère du Cadre de Vie et des Transports du Bénin.
Études géographiques sur la vulnérabilité de Cotonou face aux changements climatiques.