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Enjeux économiques de la mondialisation

Le document aborde les enjeux de la mondialisation, en examinant ses impacts économiques et sociaux à travers divers chapitres rédigés par des experts. Il souligne la nécessité d'une régulation efficace pour maximiser les bénéfices du libre-échange tout en minimisant les inégalités. Enfin, il met en lumière la complexité des dynamiques culturelles et économiques à l'échelle mondiale, tout en reconnaissant que la mondialisation est un processus inévitable.

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Enjeux économiques de la mondialisation

Le document aborde les enjeux de la mondialisation, en examinant ses impacts économiques et sociaux à travers divers chapitres rédigés par des experts. Il souligne la nécessité d'une régulation efficace pour maximiser les bénéfices du libre-échange tout en minimisant les inégalités. Enfin, il met en lumière la complexité des dynamiques culturelles et économiques à l'échelle mondiale, tout en reconnaissant que la mondialisation est un processus inévitable.

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C. Chavagneux, F.

Milewski
J. Pisani-Ferry, D. Plihon
M. Rainelli, J.-P. Warnier

Les enjeux
de la mondialisation
Les grandes questions
économiques et sociales
III
Les textes de cet ouvrage (sauf celui de Jean-Pierre Warnier) ont
été précédemment publiés dans le Nouveau Manuel de sciences
économiques et sociales, La Découverte, Paris, 2003. Ils ont été revus
et actualisés à l’occasion de la présente édition.

Les auteurs

Christian Chavagneux est journaliste, rédacteur en chef adjoint du mensuel Alter-


natives économiques, rédacteur en chef de la revue
L’Économie politique et chercheur associé au Centre for
Global Political Economy de l’Université de Sussex.
Françoise Milewski est économiste et rédactrice en chef à l’OFCE (Observatoire
français des conjonctures économiques).
Jean Pisani-Ferry économiste, est directeur de Bruegel, centre de recherche
et de débats sur les politiques économiques en Europe
([Link]), et professeur associé à l’université
Paris-IX-Dauphine
Dominique Plihon est professeur d’économie à l’université Paris-Nord et direc-
teur du Master « Banque, finance, gestion des risques ».
Michel Rainelli est professeur de sciences économiques à l’université de
Nice Sophia-Antipolis.
Jean-Pierre Warnier est ethnologue et professeur émérite à l’université
René-Descartes-Paris-V.

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ISBN : 978-2-7071-5245-9

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sente pour l’avenir du livre, tout particulièrement dans le domaine
des sciences humaines et sociales, le développement massif du
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sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC, 20, rue
des Grands-Augustins, 75006 Paris). Toute autre forme de reproduction, intégrale ou
partielle, est également interdite sans autorisation de l’éditeur.

© Éditions La Découverte, Paris, 2007.


Introduction

U ne recherche statistique sur l’occurrence des termes écono-


miques les plus fréquemment utilisés dans les médias placerait
probablement « mondialisation » en haut du classement. Il s’agit
d’une réalité ancienne — on parle ainsi d’une « première mondiali-
sation » pour la fin du XIXe siècle et le début du XXIe siècle — aux
multiples formes : expansion du commerce international, flux
migratoires, circulation des capitaux, des idées, des images, etc.
Bien que la très grande majorité des économistes soit favorable
au libre-échange, la question de la relation entre l’ouverture interna-
tionale des économies et leur taux de croissance est toujours en
débat. Comme l’explique Michel Rainelli (chapitre I), le libre-
échange n’implique pas le « laisser-faire », au contraire : qu’il s’agisse
de reconversion des salariés et des territoires menacés pas la concur-
rence internationale, de la construction stratégique d’avantages
compétitifs, de la régulation d’un système financier efficace, de la
politique commerciale, l’intervention de l’État est souvent néces-
saire pour que l’échange procure les gains attendus et pour que
ceux-ci ne soient pas trop inégalement répartis.
La globalisation financière, analysée ici par Dominique Plihon
(chapitre II), constitue la manifestation la plus spectaculaire, souvent
aussi la plus critiquée, de la mondialisation. La liberté de circulation
des capitaux, qu’elle soit le vecteur d’opérations purement spécula-
tives, de placements ou d’investissements directs à l’étranger, a en
effet conduit à une intégration mondiale des marchés des capi-
taux, du marché des changes jusqu’aux marchés financiers, donc à
une très forte interdépendance entre les économies. Il en a résulté
des avantages en termes de croissance pour des pays engagés dans
un processus de rattrapage économique parce que les capitaux sont
investis là où leur rendement est le plus élevé, mais avec, en contre-
partie, des contraintes fortes sur les politiques économiques et
4 LES ENJEUX DE LA MONDIALISATION

sociales d’États placés sous la surveillance des « marchés ». La régu-


lation de cette globalisation financière est l’enjeu principal.
La mondialisation est souvent présentée, et ressentie, comme un
processus quasi naturel, anonyme, qui s’impose mécaniquement à
tous les pays et que personne ne peut plus maîtriser. Christian
Chavagneux (chapitre III) montre que cette représentation « féti-
chiste » masque le jeu des acteurs. Les principaux d’entre eux sont
les firmes multinationales (FMN), les États, les organisations non
gouvernementales (ONG), les réseaux marchands informels et les
mafias. Leur interaction stratégique, faite de rapports de forces, de
négociations, de compromis temporaires, produit une gouver-
nance mondiale émergente, qu’aucun d’eux ne contrôle suffisam-
ment pour que l’on puisse lui imputer tous ses effets, positifs ou
pervers. Sur ce plan aussi, l’enjeu est la construction d’une régula-
tion plus efficace et moins injuste.
Les flux commerciaux et financiers ne quadrillent pas l’espace
économique de façon homogène. Ils sont concentrés au sein des
zones régionales qui structurent cet espace. L’Europe est l’une
d’elles. Jean Pisani-Ferry (chapitre IV) nous rappelle que la Commu-
nauté européenne est née d’une idée simple : rendre la guerre
impossible en créant entre les ex-belligérants un espace d’intégra-
tion économique. Le meilleur signe du succès de ce projet est l’élar-
gissement de l’Union européenne : en 2004, dix nouveaux membres
sont entrés, suivis par deux autres en 2007. Mais cet élargissement
à vingt-sept complexifie à l’excès les nombreux problèmes, institu-
tionnels, économiques, sociaux, qui restent à résoudre. Va-t-on
assister à une convergence vers un « modèle européen » ou en rester
à la construction d’un marché aussi concurrentiel que possible ?
Va-t-on s’orienter vers une fédération ou privilégier la coopération
interétatique dans une Europe à plusieurs vitesses ? Depuis le rejet
du projet de traité constitutionnel par les électeurs français et néer-
landais en 2005, l’avenir est incertain.
La décision de s’engager plus avant dans le processus de la
construction européenne, au cours des années 1980, était justifiée
par la volonté de reconquérir une marge d’autonomie pour des poli-
tiques économiques, au moment où la globalisation financière
semblait condamner les États nationaux à la paralysie. La création
d’une union monétaire a ainsi permis, au prix d’une série de sacri-
fices, de bénéficier d’une stabilité monétaire dans un monde agité.
Mais les politiques budgétaires demeurant la responsabilité des
États, le problème de la coordination des politiques économiques
n’est toujours pas résolu et cela explique une partie des mauvaises
INTRODUCTION 5

performances de la zone euro. Françoise Milewski (chapitre V)


explique ici que l’enjeu de la coopération européenne est l’emploi.
Parmi les maux dont la mondialisation est rendue responsable,
il y aurait l’homogénéisation culturelle de la planète. Les défen-
seurs des traditions et des cultures, locales ou nationales, s’alarment
devant le déferlement de modes de vie (symbolisés par une boisson
gazeuse et une marque industrielle de hamburger) et de produits
culturels (films, musiques, séries TV, etc.) orchestré par des multina-
tionales occidentales. Jean-Pierre Warnier (chapitre VI) montre qu’ils
commettent deux erreurs : il n’a jamais existé de culture figée dans
sa pureté originelle, toutes les traditions ayant une histoire, celle
d’une succession d’emprunts sélectifs et d’innovations ; l’humanité
est une « machine à produire de la différenciation culturelle », pour
des raisons de construction identitaire et de distinction inégali-
taire. Il conviendrait plutôt de parler d’une dialectique de l’homogé-
néisation et de la différenciation : les nouveaux moyens de
communication favorisent la première, mais les phénomènes de
rejet, de réinterprétation, de métissage, ainsi que les politiques cultu-
relles, témoignent de la seconde.
Défenseurs de la mondialisation « libérale », plus ou moins
régulée, et militants d’une « autre mondialisation » s’accordent au
moins pour considérer que la mondialisation est notre destin.
À moyen terme, il ne semble pas y avoir d’alternative.

Pascal Combemale

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