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Troubles Psychotiques Aigus : Bouffées Délirantes

Le document traite des troubles psychotiques brefs, notamment la Bouffée Délirante Aiguë (BDA), caractérisée par une installation brutale de symptômes délirants et une évolution généralement résolutive. Il aborde les facteurs déclenchants, l'étude clinique, le diagnostic, l'évolution, le pronostic et la conduite à tenir face à ces troubles. La BDA est fréquente chez les jeunes adultes et peut évoluer vers d'autres troubles psychotiques, nécessitant un suivi et un traitement appropriés.

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Troubles Psychotiques Aigus : Bouffées Délirantes

Le document traite des troubles psychotiques brefs, notamment la Bouffée Délirante Aiguë (BDA), caractérisée par une installation brutale de symptômes délirants et une évolution généralement résolutive. Il aborde les facteurs déclenchants, l'étude clinique, le diagnostic, l'évolution, le pronostic et la conduite à tenir face à ces troubles. La BDA est fréquente chez les jeunes adultes et peut évoluer vers d'autres troubles psychotiques, nécessitant un suivi et un traitement appropriés.

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FACULTE DE MEDECINE DE BEJAIA

COMITE PEDAGOGIQUE DE LA 5e ANNEE DE MEDECINE


GRADUATION DE PSYCHIATRIE
POLYCOPIE DE COURS

TROUBLES PSYCHOTIQUES BREFS

(BOUFFEES DELIRANTES AIGUES : BDA)


Pr. EH. ADJA - faculté de médecine de Bejaia

PLAN

I. INTRODUCTION GENERALE
II. FACTEURS DECLENCHANTS/FACTEURS ETIOLOGIQUES :
III. ETUDE CLINIQUE
IV. DIAGNOSTIC POSITIF
V. EVOLUTION ET PRONOSTIC
VI. CONDUITE A TENIR
VII. CONCLUSION

CAMPUS ABOUDAOU : 25 Février 2025

1
I. INTRODUCTION:

 La Bouffée Délirante Aigue est état délirant d'installation brutale, avec une
symptomatologie riche et polymorphe et d'évolution rapidement et
spontanément résolutive. Le retour à l'état psychique antérieur sans
séquelles, avec labilité de l'humeur.

 La BD est décrite comme un = « coup de tonnerre dans un ciel serein », et les


récidives sont fréquentes+++, et parfois l’évolution se fait vers la
schizophrénie ou le trouble bipolaire.

 La notion de bouffée délirante polymorphe a été introduite par V. Magnan en


1866.L’école française développa avec Chaslin, la confusion mentale
primitive qui englobe en partie la bouffée dé[Link], l’école
allemande a agi dans le sens de rejet de l’autonomie de la Bouffée Délirante.

 Ds la CIM 10 : la BD porte le nom troubles psychotiques aigues transitoires.

 Le DSM IV et DSM-5 permet de distingué le trouble psychotique bref et


transitoire et le trouble schizophréniforme.

II. FACTEURS DECLENCHANTS/FACTEURS ETIOLOGIQUES

 Terrain prédisposé :
- Personnalité pré morbide : schizoïde ; hystérique
 Evènements déclenchant :
- Affections somatiques, traumatisme psychique, stress émotionnel.
 Facteurs situationnels individuels (transplantation,isolement social) ou
collectifs+++.
 Prise de toxique.
 La puerpéralité.

Le plus souvent, il n’y a pas de facteur déclenchant évident.

III. ETUDE CLINIQUE

 Description :
- Le début est le plus souvent brutal, parfois on retrouve une phase
prodromique dans les semaines précédentes avec : insomnie, troubles de
comportement, ou un Délire d’emblée+++, avec thèmes polymorphes,
riches, multiples et variables (persécution, grandeur, possession, influence et
mystique...) et à mécanismes polymorphes, multiples avec automatisme
mental. Pas de systématisation.

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- C’est un délire vécu avec intensité et sentiment de dépersonnalisation et de
déréalisation et participation affective avec variations de l’humeur.
- Angoisse avec parfois une note confusionnelle.
- Des Troubles du comportement.
- Une Insomnie +/-complète est habituelle.
- Déshydratation, hypotension, langue saburrale, oligurie et constipation.

 CARACTÉRISATION DE L’IDÉE DÉLIRANTE

a. Thèmes

Le thème délirant correspond au sujet principal sur lequel porte le délire.


La thématique délirante correspond à l’ensemble des idées du patient sur
lesquelles porte sa conviction délirante.
Les thématiques peuvent varier à l’infini, être uniques ou multiples dans un même
délire, s’associer entre elles de façon plus ou moins logique. Chaque thème peut
être trouvé dans plusieurs types de trouble psychiatrique.

La thématique la plus fréquente est la persécution, il faut dans ce cas rechercher


s’il existe un persécuteur désigné, c’est-à-dire une personne nominativement
désignée comme étant à l’origine des persécutions ou du complot.

b. Mécanismes

Le mécanisme du délire correspond au processus par lequel le délire s’établit et


se [Link] s’agit du mode d’élaboration et d’organisation du délire.
Il existe 4 types de mécanisme à l’origine des idées délirantes : les mécanismes
interprétatif, hallucinatoire, intuitif et imaginatif.

c. Systématisation

Le degré de systématisation évalue l’organisation et la cohérence des idées


délirantes.
 Elles peuvent être « non systématisées » (ou « paranoïdes ») si elles
sont à thèmes multiples (polymorphes), sans cohérence ni lien logique
entre elles.
 Elles sont dites systématisées (ou « paranoïaques ») si elles portent sur
un thème unique (persécution, jalousie, érotomanie) et ont une
organisation interne respectant la logique, même si le postulat de base est
faux.

3
d. Adhésion

L’adhésion aux idées délirantes, qui correspond au degré de conviction attaché à


ces idées, est variable mais peut être élevée.

 Lorsque la conviction est inébranlable, inaccessible au raisonnement et


aux critiques, l’adhésion est dite « totale ».
 Lorsque l’adhésion est partielle, le patient est en mesure de critiquer son
propre délire.

e. Retentissement émotionnel et comportemental

Le retentissement émotionnel et comportemental doit être évalué


systématiquement : le niveau d’anxiété, souvent majeur, le risque suicidaire, et le
risque de passage à l’acte hétéro agressif. La dangerosité pour soi-même ou
pour autrui peut être la conséquence directe des idées délirantes (échapper au
complot, expier ses fautes, se venger d’un persécuteur).

 Critères diagnostic DSM5

1. Trouble psychotique bref

A. Présence d’un (ou plus) des symptômes suivants. Au moins l’un des
symptômes (1), (2) ou (3) doit être présent :
1. Idées délirantes.
2. Hallucinations.
3. Discours désorganisé (p. ex. déraillements fréquents ou incohérence).
4. Comportement grossièrement désorganisé ou catatonique.
N.B. : Ne pas inclure un symptôme s’il s’agit d’une modalité de réaction
culturellement admise.
B. Au cours d’un épisode, la perturbation persiste au moins un jour mais moins
d’un mois, avec retour complet au niveau de fonctionnement prémorbide.
C. La perturbation n’est pas mieux expliquée par un trouble dépressif caractérisé
ou bipolaire avec caractéristiques psychotiques, ou un autre trouble psychotique
comme une schizophrénie ou une catatonie, et n’est pas due aux effets
physiologiques d’une substance (p. ex. une substance donnant lieu à abus, un
médicament) ou à une autre affection médicale.

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 Formes cliniques:

o symptomatiques :

- psychose hallucinatoire aigue : Hallucinations avec automatisme mental


- Interprétative : influence, persécution, jalousie
- Imaginative : discours fantastique, expérience mystique survient sur une
constitution hystérique, mytho maniaque.
- Forme confuso-onirique.

o Etiologiques :

- BDA primaire : sans cause apparente, rencontré souvent sur une


personnalité pathologique.
- BD secondaire : à la prise de toxique.
- BD secondaire à un facteur psychologiques ou réactionnelles.
- Psychose puerpérale : précoces ou tardives, les thèmes délirants
concernent la relation mère enfant.
- BD secondaire à une cause organique : trauma crânien, hémorragie
méningé, infection…

IV. DIAGNOSTIC POSITIF

Le diagnostic est le plus Souvent facile devant :

 Un syndrome délirant riche, polymorphe et variable dans le temps,


 Avec présence fréquente de troubles de l’humeur,
 De début brutal,
 De durée limitée (quelques semaines).

V. EVOLUTION ET PRONOSTIC

Selon Conférence de Consensus de 2003 :

- Résolution complète sans rechute : 25 %


- Rechute à plus ou moins long terme : 25 %
- évolution vers un autre trouble psychotique : 50 %
(Schizophrénie : 1/3, Trouble bipolaire : 1/3, Autres troubles psychotiques
chroniques : 1/3)

La BD est considère comme accès inaugural d'une schizophrénie si on a :


 personnalité schizoïde
 délire moins riche, plus dissocié, automatisme mental au premier plan
 résolution incomplète, critique imparfaite du délire
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Ou considère comme un Accès inaugural d'une psychose délirante chronique non
dissociative :
- âge de survenue supérieur à 30 ans,
- caractère plus organisé du délire.

 Pronostic lié au risque d'évolution vers la schizophrénie

Le Pronostic favorable :

- si les critères suivants sont présents:


- début brutal de l'épisode
- existence de facteurs déclenchant
- brièveté de l'accès
- absence de personnalité schizoïde antérieure
- bonne réponse au traitement
- bonne critique du délire
- participation thymique
- richesse et polymorphisme du délire
- absence d'antécédents familiaux de schizophrénie

VI. CONDUITE A TENIR

1) A court terme (2-3 semaines)

 Urgence psychiatrique (Angoisse massive, risque d’actes médico-légaux


 Le traitement précoce améliore le pronostic+++.
- Hospitalisation en service de psychiatrie :
 Bilan organique clinique et para clinique (éliminer une pathologie
organique sous-jacente ou associée (traumatique, infectieuse, cérébrale...)
: Radiographie thoracique, ECG, NFS, urée créatinine.
 Eliminer une prise de toxiques (alcool ; amphétamines ; LSD....).
 Corriger la déshydratation.
 TDM (scanner): si 1er épisode ou confusion importante.
- Environnement institutionnel calme, ferme et rassurant,
- Neuroleptiques (IM) et dès que possible PO :
o Neuroleptiques sédatifs pour calmer l’angoisse et l’agitation=
CHLORPROMAZINE : amp 25mg 2-3amp /jr en IM
o Neuroleptiques anti hallucinatoires pour calmer le délire=
HALOPERIDOLE : amp 5 mg 2 -3amp /jr
o Corriger l’insomnie par un neuroleptique sédatif type
LEVOMEPROMAZINE
- Adapter la posologie en fonction de la symptomatologie et de son
évolution.
- Sismothérapie : si les neuroleptiques ne sont pas efficaces.
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o Surveillance :
- Apparition d’effets secondaires du traitement qu’il faudra corriger.
- Evolution de la symptomatologie.
- Etat général : TA, pouls, hydratation, conscience, température.
o Réassurance et soutien : psychothérapie
o Garder le traitement Pendant 1 à 2 ans.

2) A moyen terme :

- Diminution progressive du traitement neuroleptique,


- Tests psychométriques.
- Sortie de l’hôpital et suivi régulier en consultation.
- Mesures de réinsertion professionnelle+/-.

3) A long terme
:
- Surveiller l’apparition de complications évolutives,
- Suivi régulier en consultation

VII. CONCLUSION

o Touche essentiellement les adolescents et les adultes jeunes (18-30 ans),


o Guérison : se fait souvent sans séquelles,
o Psychothérapie : est nécessaire même après sortie de l’hôpital.

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