JACQUES PRÉVERT (1900 - 1977)
Jacques Prévert est un poète parisien mais son père est de Nantes. Il a vécu une enfance diminuée
mais heureuse.
Prevert appartient au groupe du surréalisme avec Yves Tanguy et Marcel Duhamel. En plus, il va
partager un appartement avec eux près de Montparnasse, dans la rue du Château, qui deviendra un
endroit de réunion du groupe des surréalistes (le groupe de la rue du Château). Après, l’appartement
sera aussi partagé avec d’autres participants du groupe surréaliste comme Benjamin Perret et
Raymond Queneau.
Prevert appartient au groupe des surréalistes mais il y a des choses qu’il n' a jamais adoptées, comme
le hasard. Le hasard est une technique fondamentale d'écriture automatique du surréalisme mais, par
contre, il pratique la latitude subversive. Il va écrire des textes d'écriture automatique mais il ne
publiera aucun de ces textes. En 1928 il rejette les impositions du groupe surréaliste. Il reste fidèle en
esprit au surréalisme et il reste en contact et ami avec de nombreux surréalistes, mais il rejette le
système.
En 1932 va former un groupe de théâtre appelé “Le Groupe Octobre” d'affiliation politique, un groupe
de théâtre populaire avec une claire orientation à la révolution d’octobre (la révolution russe). Il va
écrire des textes et il va avoir une attitude militante pendant 4 ans jusqu'à 1936, qui doit arrêter pour
un moyen économique.
A partir de 1932 va collaborer avec de cinéastes et il va écrire un grand nombre de dialogues de
cinéma et scénarios. Prévert collabore avec Jean Renoir, il va écrire le scénario de “Le crime de
monsieur Lange” (1935). Ensuite, il va collaborer aussi avec Marcel Carné et il va écrire le scénario
de “Les quai des prunes” (1938) ou encore “Les enfants du paradis” en 1943. Il va encore collaborer
avec Jean Grémillon. → ce sont les cinéastes les plus innovateurs du cinéma à l’époque et le plus célèbres
On peut dire que le caractère de Jacques Prévert est profondément libre et rejette toutes les
contraintes. Il est sorti du groupe surréaliste parce que la caractéristique de Prévert est de réagir contre
toute la poésie. Il rejette toutes les appartenances en groupe et surtout, il déteste la hiérarchie. Il va
défendre la liberté et la simplicité. Sa poésie est une poésie qui veut pour tous, compréhensible pour
tous et il déteste la prétention littéraire (il déteste la prétention en général). C’est une poésie
contestataire, une poésie qui est motivée par le désir de l’auteur de protester.
Il est surréaliste dans la mesure qu’il conteste les formes connues (il ne va pas écrire des sonnets, des
alexandrins) mais au même temps il se montre indifférent au système de la critique, aux avis des
autres et aux systèmes poétiques établis (par ex: les types de vers). Ce qui caractérise sa poésie c’est
qu'il utilise un langage simple, populaire, proche de la parole parlé et donc, marqué par l’oralité. Dans
la langue de Prévert on a une importance donnée à la parole contemporaine, vivante (point de départ
de Prévert), qui veut être comprise par tout le monde parce qu’au meme temps, il se méfie des traits
généraux, il se méfie du langage poétique établi et des intellectuels. Comme il veut être compris et lu
par tous, il va rechercher volontairement la simplicité. Il va, d’une manière récurrente, démasquer la
fausseté de tous les mensonges (le langage a des mensonges). Il va multiplier le style pour se moquer
du stéréotype mais sa poésie sera surtout concise.
Bref, concise dans la mesure dans les choses sont prises comme s’ils faisaient partie de la vie, d’une
manière très simple avec beaucoup d’humour. L’humour c’est un caractéristique très remarquable en
lui, surtout un humour envers le pouvoir, la puissance. Il se moque de la cruauté, du pouvoir. Cet
humour a pour finalité de récupérer le bonheur et c’est un humour qui est réalisé souvent par des
répétitions ou par les jeux de mots (voir fiche). Il va utiliser beaucoup de jeux de mots (il va jouer
avec le sens littéral, contrepèteries, néologismes). Il va surtout utiliser des techniques surréalistes
comme les énumérations ou les éventaires. Prévert va aussi utiliser la typographie, c’est-à-dire, les
différentes lettres, les différentes écritures et l’espace (disposition spatiale). L’espace devient un
élément de la poésie. C’est Mallarmé, a la fin du XIXème siècle, qui a introduit la typographie comme
élément du poème comme remplacement de la syntaxe.
Du point de vue métrique, il faut dire que Prévert utilise un grande nombre des répétitions et ils sont
très importants dans les poèmes. Les répétitions sont fondamentales pour lui et elles sont utilisées
depuis la poésie la plus ancienne, De sorte que la répétition est peut-être l'élément premier qu’il y a
dans la poésie et le rythme.
Le rythme est très important pour Prévert. Un rythme très évident, avec sonorité et avec des
répé[Link] répétitions peuvent être phonétiques, lexicales, sémantiques et syntaxiques. Chez
Prévert, ces répétitions sont souvent très voyantes. La caractéristiques du rythme (les répétitions) c’est
qu’il se puisse sur des comparaisons complètes (Prévert utilise des comparaisons complexes, très
symétriques, avec des images fermées).
Prevert essaie de faire des images fermées qui donnent l’impression d’ un sens complet et avec un fait
de totalité. Les comparaison chez Prévert sont souvent originales, pleines, banales, quotidiennes… Un
autre traité important chez Prévert c’est l'utilisation des images (Prévert est fasciné par les images et le
cinéma, qui créent un effet de surprise) et les images sont souvent fondées sur des effets
contradictoires, sur des oppositions (par ex: un instants d’éternité -- voir figures d’opposition). La
progression des poèmes Prévert est souvent visuelle. Prevert aime beaucoup le cinéma et il utilise
dans la progression une succession des visions, d’images comme s’il s'agissait d’un film, il utilise
souvent les éléments contraires, très voyants. Exemple: la mort dans un cri et l’enfant dans la vie
(antithèse très claire). Dans les poèmes de Prévert, il n’y a pas des relations causales, il n'y a qu'une
succession d’images qui sont toujours aléatoires.
Caractéristiques de Prévert:
Prévert ne théorise pas, à la différence d’autres auteurs, il déteste et rejette la théorie. Il utilise une
multiplicité des formes et il parle toujours de la réalité, souvent avec un grand sens de l’humeur. Il
critique mais il présente aussi toujours des valeurs positives, capable de changer le moment. Dans les
poèmes de Prévert on a un mélange de merveilleux et de réalisme, c’est la caractéristique de la poésie
de Prévert. Il présente souvent une conscience collective, c’est-à-dire, face au jeu romantique, face à
la voix poétique (de lui-même et de ses douleurs), il va présenter une conscience collective souvent
d’une façon impersonnelle.
Du point vue thématique, Prévert aborde tout le champ/ écrit du bonheur de vivre, la fraternité
notamment envers les animaux et mais aussi envers les êtres humains, et surtout envers les humains
les plus faibles (envers les victimes, les opprimés, les misérables). Il parle aussi de l’enfance, où il va
montrer des enfants en vacances mais il va montrer aussi l’élève qui refuse d'apprendre, l’enfant
persécuté. Il va parler des étrangères, toujours d’une manière positive, et aussi de marginaux de façon
générale. Il va toujours montrer une sensibilité envers la douleur. Il parle souvent sur le passage du
temps, de la vie, la mort, l’enfance. Enfin, il parle souvent de la liberté. De l’autre côté, il critique
toutes les formes de pouvoir, des politiciens, l’armée, la dictature, la guerre, l’église et les
représentants de l’église (sa poésie est profondément anticléricale), il critique l'école et les profs
abusifs, le capitalisme , les bourgeois et la famille. Il va rejeter l'intellectualisme, les intellectuels. De
façon générale on peut dire qu’il se moque des puissants et des oppresseurs.
“Les Paroles”, publié 1945 (entre 1930 et 1944) qui a un immense succès. C’est un livre admiré par
des générations entières. Par la suite, il va écrire plusieurs livres de poésie qui ressemblent tous, plus
ou moins, à la même poétique. “Histoires” (1946), “Spectacles” (1949), “La pluie et le beau temps”
(1955), “Choses et Autres” (1972), “Fatras” (1966).