Correction détaillée et commentée — Exercices (Suites
et produits)
Corrigé commenté
Préambule
Cette correction propose :
— des démonstrations complètes et structurées ;
— des commentaires pour comprendre les idées clefs ;
— un encadré « À retenir » à la fin de chaque question.
Exercice 1
On reprend les énoncés de l’image et on corrige point par point.
1. Produit trigonométrique
On définit
n−1
Y
Un (x) = cos(2k x), x ∈ R \ {kπ, k ∈ Z}, n ∈ N∗ .
k=0
Objectif. Calculer sin(x) Un (x) et en déduire une expression explicite de Un (x) en
fonction de x et n.
Idée clef. Utiliser l’identité trigonométrique d’angle double
sin(2t) = 2 sin t cos t.
Appliquer cette identité itérativement en remplaçant t par 2k x.
Démonstration. Pour k ≥ 0 on a
sin(2k+1 x)
sin(2k+1 x) = 2 sin(2k x) cos(2k x) =⇒ cos(2k x) = .
2 sin(2k x)
En multipliant ces égalités pour k = 0, 1, . . . , n − 1 on obtient
n−1 n−1
Y
k
Ysin(2k+1 x)
cos(2 x) = .
k=0 k=0
2 sin(2k x)
Le produit telescopique apparaît : au numérateur on a sin(21 x) sin(22 x) · · · sin(2n x) et
au dénominateur 2n sin(20 x) sin(21 x) · · · sin(2n−1 x). Toutes les valeurs intermédiaires
sin(21 x), . . . , sin(2n−1 x) se simplifient, il reste
sin(2n x)
Un (x) = .
2n sin x
Multiplions par sin x :
sin(2n x)
sin x Un (x) = .
2n
Commentaire. Cette identité est très utile pour étudier le comportement asymptotique
de Un quand n → ∞ (par exemple si x est fixé, | sin(2n x)| est borné par 1 donc Un = O(2−n )
si sin x ̸= 0).
sin(2n x)
À retenir. Pour sin x ̸= 0 : Un (x) = . En particulier |Un (x)| ≤ 2−n /| sin x|.
2n sin x
2. Étude de la suite Vn
On considère
2n+1
X 1
Vn = √ , n ∈ N∗ .
k=1
k2 +1
Objectif. Encadrer Vn et déterminer la limite de la suite (Vn ) quand n → ∞.
1
Analyse et idée. Pour k ≥ 1, on compare √ à une fonction plus simple de k,
2
k +1
1
par exemple . On remarque que pour k ≥ 1 :
k
√ √ 1 1
k2 + 1 ≤ 2k ⇒ √ ≥√ .
k2 +1 2k
Ainsi la somme est minorée par une constante multiple de la série harmonique qui diverge.
Pour obtenir un encadrement plus fin on peut aussi utiliser l’intégrale comparatrice.
1
Démonstration (comparaison intégrale). La fonction t 7→ √ est décroissante
t2 + 1
sur [1, ∞). Donc pour tout entier k ≥ 1 :
Z k+1 Z k
dt 1 dt
√ ≤√ ≤ √ .
k t2 + 1 k2 + 1 k−1 t2 + 1
En sommant de k = 1 à 2n + 1 et en simplifiant on obtient
Z 2n+2 Z 2n+1
dt dt
√ ≤ Vn ≤ √ .
2
t +1 2
t +1
1 0
2
Les primitives sont données par l’arcsinus hyperbolique (ou arsinh) :
Z
dt √
√ = arsinh(t) = ln(t + t2 + 1).
t2 + 1
Donc
arsinh(2n + 2) − arsinh(1) ≤ Vn ≤ arsinh(2n + 1) − arsinh(0).
Comme arsinh(t) → +∞ quand t → +∞, il en résulte
lim Vn = +∞ .
n→∞
√ √
Remarque alternative (comparaison simple). Pour k ≥ 1, k2 + 1 ≤ 2 k donc
2n+1 2n+1
X 1 1 X 1
Vn = √ ≥√ ,
k=1
k2 + 1 2 k=1 k
et la série harmonique diverge, d’où la divergence de Vn .
À retenir. Vn → +∞. La comparaison intégrale fournit un encadrement explicite
via arsinh.
3. Inégalité récurrente et limites
Énoncé (reformulé) : soit a ≥ 0 et (un )n∈N une suite vérifiant pour tout n ≥ 0 :
un+1 ≤ a un .
1. Montrer par récurrence que un ≤ an u0 pour tout n ≥ 0.
2. Discuter la limite limn→∞ un selon le signe de u0 et la valeur de a.
Démonstration (récurrence). Pour n = 0 : u0 ≤ a0 u0 est vrai. Supposons un ≤ an u0 .
Alors
un+1 ≤ a un ≤ a · an u0 = an+1 u0 .
L’assertion est vraie pour n + 1. Par récurrence, un ≤ an u0 pour tout n.
Discussion des limites. On distingue les cas suivants (supposons u0 fixé) :
— Si 0 ≤ a < 1 et u0 ≥ 0, alors an → 0 donc 0 ≤ un ≤ an u0 → 0, d’où un → 0.
— Si a = 1, on a un+1 ≤ un , donc la suite est décroissante (au sens non strict). Si elle
est minorée (par exemple si un ≥ 0 pour tout n) alors elle converge vers une limite
ℓ ≥ 0. Sans hypothèse de positivité on ne peut pas conclure à la convergence (mais
on sait qu’elle est décroissante non bornée inférieurement possible).
— Si a > 1 et u0 > 0, la borne un ≤ an u0 ne permet pas d’assurer la convergence :
la borne diverge, et un peut diverger (ou rester modeste si l’inégalité est très
lâche). Par exemple si l’inégalité est en fait une égalité un+1 = aun on obtient
un = an u0 → +∞. Si u0 = 0, alors un ≡ 0.
3
Conclusion. L’information essentielle est : si 0 ≤ a < 1 et que la suite est non négative,
alors un → 0. Sinon, il faut des hypothèses complémentaires pour conclure.
À retenir. L’inégalité un+1 ≤ aun entraîne un ≤ an u0 . Si 0 ≤ a < 1 et u0 ≥ 0,
alors un → 0.
4. Trois suites définies par récurrence (cas pratiques)
On prend u1 = 1 et on calcule u2 , u3 , u4 , on conjecture une formule et on prouve par
récurrence.
un
(a) un+1 = . Calcul :
un + 1
1 1 1/2 1 1/3 1
u1 = 1, u2 = = , u3 = = , u4 = = .
1+1 2 1/2 + 1 3 1/3 + 1 4
1
Conjecture : un = pour tout n ≥ 1. Démonstration par récurrence : vraie pour n = 1.
n
Supposons un = 1/n. Alors
1/n 1/n 1
un+1 = = = .
1 + 1/n (n + 1)/n n+1
Donc la formule est vérifiée.
un
(b) un+1 = p . Calcul :
u2n + 1
√
1 1/ 2 1 1
u1 = 1, u2 = √ , u3 = p = √ , u4 = √ .
2 1/2 + 1 3 4
1 √
Conjecture : un = √ . Preuve par récurrence : si un = 1/ n alors
n
r √
p p n+1 n+1
2
un + 1 = 1/n + 1 = = √
n n
et √ √
1/ n 1/ n 1
un+1 =p =√ √ =√ .
u2n + 1 n + 1/ n n+1
un
(c) un+1 = . Calcul :
un + 2
1 1/3 1 1/7 1
u1 = 1, u2 = , u3 = = , u4 = = .
3 1/3 + 2 7 1/7 + 2 15
On remarque les dénominateurs : 1, 3, 7, 15 qui valent 21 −1, 22 −1, 23 −1, 24 −1. Conjecture :
1
un = .
2n −1
4
Preuve par récurrence : pour n = 1 c’est vrai. Supposons un = 1/(2n − 1). Alors
1/(2n − 1) 1 1
un+1 = = = .
1/(2n − 1) + 2 1 + 2(2n − 1) 2n+1 − 1
Ainsi la formule est vraie pour tout n.
À retenir. Les trois exemples montrent l’usage des calculs explicites et de la
récurrence pour identifier une forme fermée :
— (a) un = 1/n √;
— (b) un = 1/ n ;
— (c) un = 1/(2n − 1).
Remarques pédagogiques et clés de compréhension
— Rechercher des identités classiques (ici l’identité d’angle double) permet souvent
de transformer un produit en un quotient qui simplifie grâce à un phénomène de
télescopage.
— Les comparaisons avec des intégrales sont un outil puissant pour étudier la conver-
gence/divergence des suites définies par des sommes (séries partielles).
— Pour conjecturer une formule fermée d’une suite récurrente, calculez toujours les
premiers termes, repérez un motif (arithmétique, géométrique, puissance, factorielle,
etc.) puis démontrez par récurrence.
Si tu veux, je peux :
— générer un fichier PDF prêt à imprimer ;
— simplifier certains passages en Darija (latin) ou en arabe classique ;
— ajouter des exercices complémentaires avec indications.