Chapitre 1 : Définition et schéma de la communication
1.
La communication renferme trois aspects fondamentales :
La forme ou l’aspect formelle
La relation ou l’aspect relationnelle
La situation (lieu) ou l’aspect situationnelle
1.1 L’aspect formel : le schéma de la communication
La forme appelle deux fonctions :
• Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il est communication ?
• Qu’est-ce qu’il faut pour s’assurer que le message est perçu et compris ?
Pour qu’il est communication, il faut mettre en œuvre en les reliant les composantes suivantes : un émetteur
qui à partir d’un environnement ou d’une sphère émet un message élaboré selon un code donné à travers
un canal en direction d’un récepteur qui reçoit lui également dans un environnement ou une sphère donnée.
Le code fait l’objet de deux opérations : l’opération d’encodage ou codage de la part de l’émetteur et de
décodage de la part du récepteur. Mais pour s’assurer que le message est perçu et compris, l’émetteur doit
recevoir la réponse du récepteur. Cette réponse est appelée communément feed-back. Tout le processus se
déroule dans un environnement ou une sphère globale.
NB :
➢ Le code : il a pour fonction de rendre le message intelligible, compréhensible. Par définition, il est
cognitif. Par ailleurs, le code consacre l’étymologie du mot communiquer, « comminucare » qui
signifie : « mettre en commun ».
➢ Le feed-back ou retro information permet de s’assurer que le message est perçu et compris.
1.2 L’aspect relationnel
La communication intègre une dimension relationnelle et psychologique. Cette dimension s’appuie sur trois
éléments :
• La motivation càd le besoin ou la nécessité de communiquer
• La psychologie des interlocuteurs
• L’environnement ou la sphère socioculturel des interlocuteurs
1.3 L’aspect situationnel (le lieu)
L’endroit où se déroule la communication peut être favorable ou non à celle-ci.
Bien communiquer suppose donc :
• Une bonne lecture du contexte de communication à travers les trois aspects cités plus haut
• Définir un objectif de communication
• Définir une démarche de communication
• Définir les moyens de communication
Au regard de ces concepts de base, la communication peut être définie comme : « le processus relationnel
par lequel en réponse à un besoin ou une nécessité, un émetteur et un récepteur se transmettent ou
s’échangent des informations ».
Sous l’angle empirique, la communication renvoie à 04 champs théoriques :
• Les théories de l’attention : elles fondent le marketing et repose sur le principe selon lequel la
manière de présenter le produit est plus importante que le produit lui-même.
• Les théories des besoins et de la motivation en référence à la pyramide d’Abraham Maslow
• Les théories de l’organisation ou des systèmes : elles fondent le management qui a pour ciment la
communication
• Les théories de la persuasion : elles sont au nombre en 04 :
a) La théorie de l’homme-individuel
Elle veut que chacun d’entre nous ait une personnalité propre (ego) qui le distingue de tout
autre individu. Cette théorie nous rappelle qu’ontologiquement parlant aucun être n’est
supérieur à un autre être.
b) La théorie de l’homme conditionné
Elle est fondée sur le processus du stimulus-reflexe ou réflexe conditionné en référence aux
expériences de Pavlov.
c) La théorie de l’homme normé ou conforme
Elle considère l’homme comme un être social appartenant à es groupes qui définissent des
normes, des statuts, des symboles, etc.
d) La théorie de l’homme rationnel
Elle est fondée sur le fait que l’homme agit selon un processus réfléchi qui obéit à la logique.
homogénéité et cohérence
Chapitre 2 : Grille de lecture
2.
2.1 Les schémas mentaux
Il détermine notre façon de parler ou de nous comporter en somme de communiquer. On distingue 04
schémas mentaux : idée, action, relation humaine, méthode.
1. Nature
a) Schéma mental idée
Il se caractérise par la propension (tendance) à être bavard, volubile, loquace.
b) Schéma mental action
Il se caractérise par la propension à parler peu.
c) Schéma mental relation humaine
Il se caractérise par la propension à évoquer le nom de personnage.
d) Schéma mental méthode
Il se caractérise par la propension à structurer son message, à organiser sa pensée, à aller du simple complexe
du général au particulier.
2. Avantage et inconvénient
Caractéristiques avantages Inconvénients
Types
Idée • Eclaire dans bien des cas • Ennui l’interlocuteur
• Rassure également • Prédispose peu à
l’écoute
Action • Va à l’essentiel ; apporte • Déroute l’interlocuteur
la concision qui attend le débat
Relation humaine • Apporte l’ouverture, la • Ennui l’interlocuteur
convivialité
Méthode • Facilite l’accès au • Déroute l’interlocuteur
message non initié
Remarque :
Le meilleur communicateur, ce n’est pas celui qui est doté d’un schéma mental particulier mais plutôt celui
qui sait faire usage de manière opportune ou intelligente de tel ou tel schéma en tant qu’émetteur ou
récepteur.
2.2 Le paradigme de Lasswell
Polities (1948)
Harold Dwight Lasswell analyse la démarche de communication des hommes politiques américains en
direction de l’électorat. Il s’appuie alors sur la phrase interrogative suivante : « who gets what, when, where,
how ? » ou « Qui a dit quoi, à qui, par quel canal et avec quels effets ? »
Il s’agit là d’une grille de lecture ou d’analyse du message qui comporte 05 niveaux de lecture ou d’analyse.
Traduite du langage naturel au langage scientifique ou documentaire, cette grille constitue également une
grille de lecture ou d’analyse du message ou contenu scientifique. Cela appelle 02 questions :
• En quoi la connaissance des éléments externes au message ou contenu est nécessaire à l’éclairage
de celui-ci ? Ces éléments ne sont rien d’autres que les 04 autres niveaux de lecture.
• Peut-on accéder au message ou contenu sans recourir nécessairement à l’éclairage des 04 autres
niveaux de lecture ?
LANGAGE LANGAGE LANGAGE SCIENTIFIQUE
NATUREL AUDIO-VISUEL OU DOCUMENTAIRE
Qui dit Émetteur Auteur • Biographie
• Bibliographie
Quoi Message Contenu
A qui Récepteur Lecteur / Lectorat
Par quel canal Canal / média Document
Avec quels effets Impact / Audience Portée • Educative
ou valeur • Informative
• Cognitive (théorique ou pratique)
REGLES DE TECHNIQUE D’argumentation et de persuasion
3.
3.1 Définition
« Argumenter au sens stricte désigne l’art de justifier un choix, une idée, une opinion et de la mettre en
valeur en prouvant sa validité ».
L’argumentation ou la persuasion vise les objectifs suivants :
• Expliquer ce que l’on a dit
• Amener l’interlocuteur à dire oui
• Démontrer l’intérêt qu’il y a à accepter
• Expliquer pourquoi on dit non
Au regard de ces objectifs, la persuasion ou l’argumentation constitue une démarche dans la trilogie :
accepter, demander, refuser.
3.2 Les règles de l’argumentation ou de la persuasion
• La capacité d’écoute
• La connaissance de soi ou connaitre les autres
• L’identification des besoins des individus
• La capacité de se mettre à la place de l’autre : la capacité d’empathie
• L’aptitude physique
• La politesse
• La valeur de l’exemple
• La motivation : susciter l’intérêt et proposer un but
• L’humour
• La préparation de l’autre
• La participation
A. Le raisonnement et la logique formelle
a) La logique
On s’appuie fondamentalement sur les chiffres.
b) le raisonnement
On s’appuie sur les processus de pensée que sont :
• la définition : on détermine le sens ou l’essence de l’objet à définir
• l’explication : pourquoi ou comment
• la description : mettre en relief ce qui caractérise ou fait l’intérêt de l’objet d’écrire
• la comparaison : élément commun, élément qui s’oppose ou élément spécifique
• l’analyse : problème, cause, conséquence, solution
• l’illustration : citation ou exemple
B. Les sentiments ou les valeurs
Il faut s’assurer au préalable que l’interlocuteur est sensible aux sentiments ou aux valeurs que l’on brandit.
Il existe toutefois le raisonnement pratique c’est-à-dire on adhère à une situation pour ses effets. Mais en
matière d’argumentation ou de persuasion, l’usage des qualificatifs peut être délicat. Les qualificatifs sont
objectifs ou subjectifs. Les objectifs renvoient à l’objet qualifié (masculin, féminin…). Les subjectifs renvoient
au sujet qualifiant, sentant, percevant. Ils sont affectifs (aimables, affables…) ou évaluatifs. Les évaluatifs
sont de types axiologiques (bon, bien, mal…, beau, belle, laid…) ou non-axiologiques (grand, petit…, chaud,
froid…)
Difficultés et obstacles de la communication
4.
Lorsqu’il y a échec du processus de communication, il faut s’arrêter et rechercher :
• la nature des problèmes ou des difficultés de communication
• les facteurs d’échec obstacle ou barrière
4.1 Les difficultés de communication
Elles sont cognitives, techniques, affectives ou économiques.
a) les difficultés de type cognitif
Elles sont liées au code.
b) les difficultés de type technique
Elles sont liées au canal : long, rigide, saturé
c) les difficultés de type affectif
Elles ont liées à la personnalité de l’émetteur et du récepteur : timide, impulsif, euphorique, enthousiaste,
gagné par le stress ou le trac…
d) les difficultés de type économique
Elles sont liées au rapport qualité/cout de la communication car émettre, transmettre ou conserver le
message représente un coût.
4.2 Les obstacles ou barrières
Les difficultés s’expliquent par l’existence de facteurs d’échec, d’obstacles de barrière. Les barrières sont
latentes ou apparentes. Par ailleurs, elles sont individuelles ou collectives.
4.2.1 les barrières individuelles
Elles sont liées à la personnalité de l’émetteur ou du récepteur. Les barrières individuelles sont au nombre
de 05.
a) la rigidité du système de référence
En effet, le groupe auquel on appartient détermine notre façon de parler ou de nous comporter en somme
de communiquer.
b) Les attitudes
Il peut s’agir de confiance aveugle ou de suspicion systématique à l’endroit d’autrui ou des autres.
c) Le jugement porté sur l’importance de la communication par rapport aux attentes, à l’enjeu ou au
but
C’est le cas par exemple de l’entretien d’embauche.
d) L’inaptitude à communiquer en tant qu’émetteur ou recepteur
Bien communiquer suppose :
• Une bonne lecture du contexte de communication
• Un objectif de communication
• Une démarche de communication
• Les moyens de communication
e) La conception de son propre rôle, de son statut et de ceux de l’interlocuteur.
C’est le cas dans les relations interpersonnelles :
• Élève maitre
• Enfant parent
• Subordonnée chef
4.2.2 les barrières collectives
Elles sont liées au groupe qui désigne ici un ensemble d’acteurs en relation interactives qui concourent à
l’atteinte d’un objectif collectif ou commun. Les barrières collectives interviennent à deux niveaux :
• au sein du groupe
• entre les groupes
A) Au sein du groupe
il peut s’agir du groupe dans son ensemble mais aussi de la relation de l’individu à son groupe.
a) Le groupe dans son ensemble
On note essentiellement les barrières suivantes :
• Existence de sous-groupes qui s’opposent
• Mauvaise définition des rôles et des responsabilités
• Influence néfaste du chef
• Manque de confiance due à des échecs antérieurs
• Réseau de communication défectueux
• Système de rémunération favorisant la compétition individuelle
b) La relation de l’individu à son groupe
• Opposition de principe entrainant repli sur soi
• Inimitié ou manque de motivation entrainant blocage vis-à-vis du groupe
• Contestation de la répartition des rôles
• Coalition du groupe contre l’individu considéré comme souffre-douleur
B) Entre les groupes
• Divergence d’intérêt et de but
• Réseau de communication défectueux